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Blog de Jean-Claude Grosse

L'insurrection poétique des corps/J.C.Grosse

Rédigé par grossel Publié dans #poésie

au Yémen en novembre 1994 pour le colloque : être absolument moderne à la Maison Rimbaud à Aden, aventure qui a duré 3 ans; la maison Rimbaud a été fermée le 30 juin 1997 et transformée en hôtel Rambow.; au parc du Mugel à La Ciotat en août 2011 avec Baïkala pour une découverte de la poésie russe; un livre sillage réalisé par Aïdée Bernard à partir de mon testament amoureux
au Yémen en novembre 1994 pour le colloque : être absolument moderne à la Maison Rimbaud à Aden, aventure qui a duré 3 ans; la maison Rimbaud a été fermée le 30 juin 1997 et transformée en hôtel Rambow.; au parc du Mugel à La Ciotat en août 2011 avec Baïkala pour une découverte de la poésie russe; un livre sillage réalisé par Aïdée Bernard à partir de mon testament amoureux
au Yémen en novembre 1994 pour le colloque : être absolument moderne à la Maison Rimbaud à Aden, aventure qui a duré 3 ans; la maison Rimbaud a été fermée le 30 juin 1997 et transformée en hôtel Rambow.; au parc du Mugel à La Ciotat en août 2011 avec Baïkala pour une découverte de la poésie russe; un livre sillage réalisé par Aïdée Bernard à partir de mon testament amoureux
au Yémen en novembre 1994 pour le colloque : être absolument moderne à la Maison Rimbaud à Aden, aventure qui a duré 3 ans; la maison Rimbaud a été fermée le 30 juin 1997 et transformée en hôtel Rambow.; au parc du Mugel à La Ciotat en août 2011 avec Baïkala pour une découverte de la poésie russe; un livre sillage réalisé par Aïdée Bernard à partir de mon testament amoureux
au Yémen en novembre 1994 pour le colloque : être absolument moderne à la Maison Rimbaud à Aden, aventure qui a duré 3 ans; la maison Rimbaud a été fermée le 30 juin 1997 et transformée en hôtel Rambow.; au parc du Mugel à La Ciotat en août 2011 avec Baïkala pour une découverte de la poésie russe; un livre sillage réalisé par Aïdée Bernard à partir de mon testament amoureux
au Yémen en novembre 1994 pour le colloque : être absolument moderne à la Maison Rimbaud à Aden, aventure qui a duré 3 ans; la maison Rimbaud a été fermée le 30 juin 1997 et transformée en hôtel Rambow.; au parc du Mugel à La Ciotat en août 2011 avec Baïkala pour une découverte de la poésie russe; un livre sillage réalisé par Aïdée Bernard à partir de mon testament amoureux

au Yémen en novembre 1994 pour le colloque : être absolument moderne à la Maison Rimbaud à Aden, aventure qui a duré 3 ans; la maison Rimbaud a été fermée le 30 juin 1997 et transformée en hôtel Rambow.; au parc du Mugel à La Ciotat en août 2011 avec Baïkala pour une découverte de la poésie russe; un livre sillage réalisé par Aïdée Bernard à partir de mon testament amoureux

Le 1° temps de mon insurrection poétique pour ce Printemps des poètes 2015 traite de l'insurrection poétique des corps.

Le 2° temps, dans une semaine, traitera de l'insurrection poétique des consciences.

L'insurrection poétique des corps

L'affiche de ce 17° Printemps évoquant Vladimir Maïakovski, je ne peux m'empêcher de citer ces lignes d'une fiction d'un auteur classé XXX :

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EMMANUELLE, NOUS ET MOI
OU
DU PLAISIR DE CROISER DES ÉCRITURES

(entre l'auteur XXX et l'éditeur J.Cl.G)

C'est le 4 juin 1968 que j'ai osé aborder Emmanuelle.
68. Paris. Quartier latin. L'imagination au pouvoir.
Retrouvée la force des mots-tocsin. Du vent, semble-t-il, des pétales tombés sous les talons d'une danse mais l'homme pourtant, avec toute son âme, ses lèvres, sa carcasse...
Rejoint par nous de 68, Vladimir Maïakovski, le poète des mots-tocsin: Désembourbez l'avenir nous crie-t-il depuis 1925 et à moi: Calcule, réfléchis, vise bien et avance -ne serait-ce que dans le détail- chez toi, à table, dans tes rapports, tes moeurs pour atteindre la taille de la puissante vie à venir.
Et nous de 68 de lui répondre sur les murs où s'écrit la parole en archipel par la salve d'avenir de René Char: Vivre devient la conquête des pouvoirs extraordinaires dont nous nous sentons profusément traversés mais que nous n'exprimons qu'incomplètement faute de loyauté, de discernement cruel et de persévérance. La bêtise aime à gouverner. Arrachons lui ses chances.

Et moi avec les feuillets d'Hypnos: Obéissez à vos porcs qui existent. Je ne plaisante pas avec les porcs. Je me révolte et me soumets à mes dieux qui n'existent pas. Poésie, la vie future à l'intérieur de l'homme requalifié.

(- Mon héros, je l'imagine poète. C'est pourquoi il mythifie 68. L'auteur, XXX.)

(- La poésie du héros est fascinée par l'absence, ce qui n'est pas; elle est plaintive à l'égard de ce qui est. À cette poésie de la nostalgie, de l'utopie, j'oppose la poésie de la présence, poésie de l'acceptation, de l'acquiescement à ce qui est. Alors le séjour de l'homme est séjour du divin selon Héraclite. Note de l'éditeur: J.Cl.G, directeur de la revue APORIE où ce texte est paru, qui a souhaité croiser son écriture avec celle de l'auteur, XXX.)

Beaucoup de monde. Prenant plaisir à parler, écouter, échanger, partager. Audace des idées, chaleur des sentiments, force des émotions, subtilité des sensations. Fête de l'esprit et des corps. Impossible de ne pas rencontrer celle qui veut changer l'amour au milieu de ceux et celles qui veulent changer la vie. Je suis de ceux-là. Je la rencontrerai donc. J'ai beaucoup entendu parler d'elle. En bien. En mal. Elle a des partisans, des détracteurs. Les ambivalents. Les sceptiques. Les imbéciles: Que va-t-on faire de notre liberté puisque l'érotisme est libérateur? Allons-nous passer nos jours à rien d'autre qu'à faire l'amour en imaginant des positions nouvelles, des combinaisons inédites? Les hommes auront-ils assez de sperme pour tant d'orgasmes? Les femmes ne vont-elles pas avoir leurs orifices irrités? A-t-on trouvé d'autres adoucissants que le beurre?

(- Le Sida et le Stob - il s'agit d'une maladie nouvelle, encore inconnue du grand public, aux effets similaires à ceux du Sida; elle s'attrape quand on fait l'amour sans amour; elle a été mise au point par des virus préoccupés de vertus - n'ayant pas encore été découverts à l'époque, en 68, il est facile à l'auteur, XXX, de faire de l'ironie et de ridiculiser les imbéciles en leur faisant poser des questions saugrenues. Aujourd'hui, les mêmes imbéciles posent des questions pleines de bon sens, dans le vif du sujet. Note de J.Cl.G.)

(- J.Cl.G. fait de l'ironie pour me ridiculiser mais je lui fais remarquer 1° que les expressions qu'il emploie: saugrenues et dans le vif du sujet sont déplacées, 2° que le pape fait des prouesses en refusant d'utiliser les préservatifs des imbéciles. L'auteur, XXX.)

Et d'autres, snobs: l'érotisme sadien, c'est quand même autre chose, Histoire d'O, bien mieux écrit. Chacun a son mieux: Sexus, c'est bandant un max! Lolita, pervers comme tout, c'est chou!

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Je mets en ligne ces poèmes tirés de La Parole éprouvée, publiée aux Cahiers de l'Égaré le 14 février 2000, encore disponible pour 20 € chez l'éditeur,

Les Cahiers de l'Égaré, 669 route du Colombier, 83200 Le Revest.

Ils évoquent une insurrection des corps à laquelle j'adhère encore.

Il va de soi que je m'intéresse de très loin à ces Printemps des poètes, déjà 17, qui comme pour tout ce qui se fait aujourd'hui et pour ceux qui y participent n'ont d'écho que si c'est médiatisé donc médiatique.

Le succès en poésie (comme en théâtre, en musique, en installations ...) va au succès, la lumière à la lumière.

Pas question que la lumière fouille l'ombre, qu'elle se découvre et découvre.

La légende des siècles aura raison de ces phalènes printanières sachant s'adapter à leur environnement.

Je participe à peu d'événements, Poésie sous l'arbre au Parc du Mugel à La Ciotat (2 fois en 6 ans) ou à Oppède-le-Vieux (1 fois).

J'ai aussi participé au colloque : Il faut être absolument moderne, à la Maison Rimbaud à Aden au Yémen en novembre 1994. La Maison Rimbaud inaugurée en 1993, repeinte en bleu rimbaud en 1994, a été fermée le 30 juin 1997 et est devenue l'hôtel Rambow.

Je lis pour quelques marcheurs au repos, des poèmes de grands poètes (mais avec le temps d'une petite vie, j'observe combien s'évanouit ma passion pour pas mal de grands poètes qui me lassent; ils finissent par me paraître faux!), quand j'organise des sentiers des 4 saisons, printemps, été, automne, hiver (il y en eut 4; je reprendrai peut-être avec le jeu L'invitation à la vie).

Je constate que mes poèmes d'amour pour chaque jour de toujours sont chaque jour en tête des pages lues. J'ignore qui lit, qui copie. C'est fait pour circuler. Ça circule. Et j'en suis chaviré.

Jean-Claude Grosse

Les ailes du désir

Faux les papiers d’identité

Entre mes désirs et mes réalisations

un abîme

Échapper à cette arithmétique de comptable

à ces budgets

ces bilans

qui figent les élans

stérilisent les projets

Plaquer des échos morts au fond de nos lobes frontaux

tel est le but avoué des gouverne-mentaux

Faire taire en moi la mécanique répressive

Déranger par un grand rire sonore les pièges de la névrose

Loin de l’éclat de l’or et du dollar

les sous-développés sèchent au soleil

Miracles de la technique

nous sommes dépossédés de nos pouvoirs de création

Je veux retrouver

mon corps

et toutes les postures

mon esprit

et son étoile polaire

mon cœur

et son exubérance tropicale

mon âme

sans ses impostures

Oh ! terrible le réveil à gueule de bois

paralysie des audaces gargantuesques

inventer 101 torche-culs

pour 1001 nuits de merde

Dispersion 1

entouré de limites

je tourne en rond

champ miné

pulvérisé par leur minable savoir

j’essaie de me trouver

mais

on me sonde

on me triture

à l’ultra-son

à l’infra-rouge

à l’électro-choc

à l’insuline

je me répands sur des lamelles de verre

dans des éprouvettes

des cornues des ballons

je deviens rouge de chiffres et d’hypothèses

sur l’autel des théories on m’immole

je suis fixé au stade sadico-anal

car je me gratte le cul avec plaisir

j’ai sucé jusqu’au sang le sein maternel

je suis donc jouisseur en sus

j’ai pissé dans mes langes et j’étais aux anges

alors je rêve de paradis perdu

j’ai chié dans le pot et à côté du pot pour les faire chier

ça ils ne l’ont jamais supporté

je me suis masturbé et je ne suis pas devenu sourd

qu’ils sont lourds !

que de progressions

de régressions

que de fixations

de transgressions

j’ai bien du mal à me construire

ils m’ont dispersé

aux quatre petits coins de leur grand pouvoir

Dilatation

Que se dilate

l’espace exigu de mon corps

où fouille l’inévitable mort !

Voici un estomac vorace

où tout ce qui passe

est réduit en bouillie

sans souci de poésie

Voici un intestin

long serpentin

qui réduit mon destin

aux spasmes de l’instinct

Voici un sexe

champ de complexes

où s’agitent les poisons

de mes futures trahisons

Je hais cette vie limitée

dans mon corps délimité

Je cherche ma liberté

hors de ce modèle contrefait

Intestins

Secrets glissants dans mes boyaux lisses

secrets en mouvement dans mes intestins gros et grêle

tous les jours se tisse un lien nouveau

avec le royaume fermenté de la décomposition

vrai festin des restes digérés et malodorants

d’où naissent des énergies renouvelées et surprenantes

Dans l’univers fécal fument mes rêves d’hier

et s’élabore par une alchimie explosive

mon humeur d’aujourd’hui exécrable

Ébauche

Je suis une débauche

de gestes coincés

de mots empesés

de billevesées

de sentiments pesants

une débauche

d’agitations

d’excitations

de soumissions

de démissions

une débauche

qui empile dans le passé

tout ce que je n’ai pas fait

qui enfourne l’avenir

et tout ce qui est appelé à mourir

une vraie débâcle du présent

une fuite éperdue de l’instant

Portrait (rat) uré

Ça parle

lente progression à travers une somme de régressions

brusque réalisation d’une série de différances

clarté éphémère au terme d’un cheminement obscur

frayage surprenant qui défraie la chronique

Je fonctionne à lacan

Dispersion 2

Des milliards d’impressions sur ma peau

des milliards de réactions dans mon cerveau

des milliards d’excitations venues du dehors

pénétrant mes dedans par les yeux les doigts les narines les oreilles

les milliards de neurones de mes pauvres nerfs mis à vif

des milliards de stimuli

des milliards de réflexes

des milliards d’informations

reçues au fond des cellules

expédiées du fond des cellules

tout cela me dépasse

je ne suis pas à la bonne échelle

je ne suis pas responsable

de cette organisation proliférante de l’infime

de ces cellules qui se divisent

de ces molécules qui se combinent

de ces électrons rebelles

de ces radicaux libres

de ces particules étranges

je ne suis pas responsable

de ces milliards d’automatismes de l’intime

à logique primaire binaire

je me désolidarise de moi-même

je vais m’organiser autrement

je ne serai pas reproductible par clonage

Jean-Claude Grosse (Printemps des Poètes 2015)

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