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Blog de Jean-Claude Grosse

Comment se relever de ses morts / Annie Bergougnous

5 Septembre 2017 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré

5 des 13 photos de la série comment se relever de ses morts par Annie Bergougnous
5 des 13 photos de la série comment se relever de ses morts par Annie Bergougnous
5 des 13 photos de la série comment se relever de ses morts par Annie Bergougnous
5 des 13 photos de la série comment se relever de ses morts par Annie Bergougnous
5 des 13 photos de la série comment se relever de ses morts par Annie Bergougnous

5 des 13 photos de la série comment se relever de ses morts par Annie Bergougnous

FB peut être un outil de rencontres et de découvertes. Je m'en sers ainsi, quand je sens des affinités électives possibles, des attractions étranges probables. Je choisis plutôt la proximité pour que le virtuel puisse devenir réel.

Il y a quelques mois, j'ai découvert la page d'Annie Bergougnous, apprécié très vite son talent de photographe qui a l'oeil, le sens du moment, de la situation, que ce soit dans les bric-à- brac, scènes saisies sur le vif, de gens, d'inscriptions, d'animaux, de moments, ou dans des séries où l'auto-portrait est l'objet de son attention. Dans ce registre, elle opte pour la métonymie, jamais présente dans la totalité du cadre. N'est offert qu'une partie du visage, du corps, ombres et lumières viennent mettre à cru un oeil ou flouter le visage. Les reflets sont évidemment un sujet abordé et traité par la photographe. Son regard sur la foule et les phénomènes touristiques est plutôt caustique. Son regard sur la beauté de la nature est pénétrant. Je pense à une photo d'araignée de Provence, une épeire, magnifique.

Récemment, le 29 août, elle a mis en ligne une série de 13 photos, série forte sur la mort. Il s'agit d'une "scénographie" de la mort du fils. Ou plutôt d'une tentative de se mettre à la place de son fils Vivien, parti accidentellement, il y aura 3 ans, le 8 octobre, à 30 ans, drame qui lui fait le plus grand mal. Elle se décrit comme Je est une femme augmentée par le chagrin. Peut-on ressentir ce que l'autre a ressenti ? Tentative donc d'identification au fils mort. Tentative peut-être de prendre sa place, acte sacrificiel. Pour ressentir, tenter de ressentir ce qu'il a ressenti. Je pense qu'Annie Grosse-Bories sous une forme différente est passée par ce cheminement. L'impossibilité de se détacher du lieu de l'accident (le carrefour de la mort à Jagüey-Grande à Cuba où le 19 septembre 2001, nous avons perdu un fils, Cyril Grosse, 30 ans, un frère, Michel Bories, 52 ans, artiste-peintre en pleine reconnaissance et deux Cubaines Lili et sa mère soit 4 morts, apprises le 28 septembre) est probablement à l'origine du cancer qui l'a foudroyé 9 ans après, le 29 novembre 2010. Dans L'éternité d'une seconde Bleu Giotto, l'épousée dit à l'épousé de ressentir avec le ventre.

Série que j'ai présentée ainsi : elle est d'une audace, d'une authenticité inouïes, vous en jeu, vous en "Je est une femme augmentée par le chagrin", vous en joue. Un travail d'épitaphier me semble nécessaire, pluriel si possible, pour la diversité de nos réactions face à ce qui nous est le plus intime et le plus étranger, notre disparition.

J'ai sollicité des amis complices en écriture et ayant la fibre métaphysique car la mort est le sujet métaphysique majeur, nous concernant tous. Des écritures ont surgi. D'autres surgiront.
Je pense qu'Annie Bergougnous mérite plusieurs expositions à Hyères, au Revest, à La Seyne. J'aimerais lui faire rencontrer Bernard Plossu qui a aussi un oeil.

Je lui ai proposé d'être l'éditeur de la forte série des photos sur la disparition du fils à travers elle, présentée par elle sous le titre à forte résonance (avec les sous-titres) :

LE BORD DES FALAISES.
"Comment se relever de ses morts"
ou
"La légèreté, c'est mieux".
(photos taken by AB)

Voici un des textes produit pendant les 48 h de présence sur ma page FB (je ne laisse pas les messages plus de 3 jours en général puisque FB, c'est la volatilité donc, refuser d'y durer).

Comprendre que le Je se cache dans le jeu. Ici, la souris, ici le chat. A qui le tour ? A quelle hauteur ? Pleure, mon enfant. Joue bien le Je. Ne sois pas triste. A tout briser, on finit souvent par trouver la grâce de tout recommencer. Jamais rien d'autre qu'un présent, inouï, immense, incommensurable... infini ? Affolant ! Et s'il n'y avait d'autre créateur que soi ? Que ferais-je ? Qui serais-Je ? Page blanche au goût salé du secret. La beauté. Alexandre Mathieu Motokiyo Ferran.

Annie Bergougnous est d'accord avec un livre pluriel. Au travail donc pour une sortie que je souhaite le 14 février 2018 (pour les 70 ans d'Annie Grosse-Bories)

les 8 photos complétant la série comment se relever de ses morts d'Annie Bergougnous
les 8 photos complétant la série comment se relever de ses morts d'Annie Bergougnous
les 8 photos complétant la série comment se relever de ses morts d'Annie Bergougnous
les 8 photos complétant la série comment se relever de ses morts d'Annie Bergougnous
les 8 photos complétant la série comment se relever de ses morts d'Annie Bergougnous
les 8 photos complétant la série comment se relever de ses morts d'Annie Bergougnous
les 8 photos complétant la série comment se relever de ses morts d'Annie Bergougnous
les 8 photos complétant la série comment se relever de ses morts d'Annie Bergougnous

les 8 photos complétant la série comment se relever de ses morts d'Annie Bergougnous

belle métaphore de la vie, cette feuille saisie dans son désir d'élan, d'envol si seulement le vent, le tourbillon; de la vie verte à la vie jaunie: il suffit d'un petit peu de temps; une épeire dans une main
belle métaphore de la vie, cette feuille saisie dans son désir d'élan, d'envol si seulement le vent, le tourbillon; de la vie verte à la vie jaunie: il suffit d'un petit peu de temps; une épeire dans une main

belle métaphore de la vie, cette feuille saisie dans son désir d'élan, d'envol si seulement le vent, le tourbillon; de la vie verte à la vie jaunie: il suffit d'un petit peu de temps; une épeire dans une main

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