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Blog de Jean-Claude Grosse

Les Petits Riens dans la clinique analytique (Lucian Freud...)

2 Juin 2007 , Rédigé par Jean-Claude Grosse Publié dans #cahiers de l'égaré

Les Petits Riens
dans la clinique analytique

de Jean-Paul Charancon
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La présentation des Essais de Jean-Paul Charancon a eu lieu le mercredi 30 mai 2008 dans la grande salle d’accueil des adolescents au CATTP de l’Hôpital de La Seyne, à partir de 18 H.
12 personnes, psychologues pour la plupart, se sont retrouvées pour cet hommage à Jean-Paul Charancon, disparu trop jeune et dont les essais publiés à titre posthume par Les Cahiers de l’Égaré permettent de mesurer la perte tout en laissant trace d’une partie de son travail.

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Le Docteur Tonnellier, sur le départ, a évoqué avec émotion l’amitié qui les liait, racontant entre autres, leurs conversations durant leurs allers-retours vers Meyrargues.

Sophie Charancon a expliqué que les essais retenus pour publication étaient ceux dont Jean-Paul était « satisfait », les « » signifiant une insatisfaction permanente. 8 essais ont donc été retenus.
Jean-Claude Grosse, responsable des Cahiers de l’Égaré, a expliqué pourquoi il a voulu cette publication, en relation avec les agoras du Revest qui se sont déroulées une fois par mois, à La Maison des Comoni, le théâtre du Revest, à partir d’octobre 1995 jusqu’en décembre 2004, pour 72 agoras, Jean-Paul Charancon ayant participé à 3 agoras, une sur Faire son deuil mais le texte n’a pas été livré, deux sur Des premiers mots aux dernières paroles avec Paul Mathis, fin 2002.
Lecture fut faite par Jean-Claude Grosse de l’essai donnant son titre au livre : Les Petits Riens dans la clinique analytique.
Une discussion a prolongé la lecture, sur les qualités de l’essai, mettant en jeu l’appareil conceptuel lacanien mais aussi des images, rendant le texte accessible au plus grand nombre, à un public plus large que le public des spécialistes des « souffrants », ce qui correspondait à un souci pédagogique de transmission et de partage de Jean-Paul Charancon venu à la psychologie et à la psychanalyse par l’enseignement : il fut instituteur jusqu’à sa rencontre avec Jean-Pierre Barbier-Jardet. « Parole pleine » dit une participante.

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Le livre circula. 8 exemplaires ont été vendus soit 100% des personnes pouvant l’acheter. Le tirage a été de 62 exemplaires, ce que permet l’impression numérique.

Ceux qui sont intéressés peuvent le demander à Sophie Charancon ou aux Cahiers de l’Égaré, pour 15 euros plus frais d’envoi. Le livre fait 115 pages et comporte 9 illustrations.

Table des matières :

- Préface
- Moïse
- Léonard de Vinci
- La maltraitance
- Prévention
- Les petits riens dans la clinique analytique
- Les enjeux de la nomination
- L’occulte: la mathématique de Freud
- Styles et trouvailles (sur Francis Bacon et Lucian Freud)

Quelques illustrations de Michel-Ange, Léonard de Vinci, Francis Bacon, Lucian Freud.

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Lucian Freud
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Lucian Freud

Extrait (page 68):

Pour illustrer nos propos, nous exposerons deux courtes vignettes cliniques issues de notre pratique.


Yoan
Yoan est un enfant de 10 ans, adopté dans un orphelinat en Roumanie quand il avait un an et demi. Les parents assez exigeants, trouvent Yoan trés instable, en classe et à la maison. À notre première rencontre, la mère en sa présence annnonce qu'il vole dans les tirelires. Seuls, après cet entretien, il dessine une maison avec en dessous " ça c'est des tuyaux". Je lui demande ce qu'il a dessiné à côté du logis.

- Ça, c'est rien, c'est pas important, c'est ce qui est en dessous.
J'insiste pour qu'il parle de ce qu'il juge sans importance.
- C'est des céréales.
- des céréales c'est quoi?
- du blé
- du blé? (silence)
- avoir du blé, ah oui avoir de l'argent.

Le blé, colporté par la chaîne des signifiants apparaît comme un vecteur pour affronter son rapport à l'autre et sa place dans le monde.Yoan compte-t-il parce qu'il a couté cher ?
Son adoption s'accompagna de tout un cortège de "dessous de table" distribués à une cohorte de fonctionnaires zélés roumains.
Enfant adopté à quel prix ?
Positionné comme une sorte d'interprète sauvage (diseur de non-dit) du désir inconscient des parents.
Yoan aux dires de la mère aurait un talent de musicien; objet agalmatique, il se révèle précieux, de valeur. À quel forçage, ce talent, don du ciel, fait-il appel ? Pour Yoan d'où vient-il ? quelle en est l'origine ?

Ce petit rien trahit le feu qui couve dans la parole et donna prix à celle de Yoan. Il compris ce que parler veut dire, en déployant son fantasme sur le mode "un enfant est volé".



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