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Blog de Jean-Claude Grosse

Moi, l'élu de Say Salé

24 Août 2009 , Rédigé par grossel Publié dans #les 4 saisons d'ailleurs

Moi, l'élu, lecture sur les gradins du Revest par Murielle Gebelin, Gilles Desnots, JC Grosse, Albertine Benedettole 7 juin 2009
Moi, l'élu, lecture sur les gradins du Revest par Murielle Gebelin, Gilles Desnots, JC Grosse, Albertine Benedettole 7 juin 2009

Moi, l'élu, lecture sur les gradins du Revest par Murielle Gebelin, Gilles Desnots, JC Grosse, Albertine Benedettole 7 juin 2009

Lecture publique
samedi 22 août 2009
à 21 H
pour la Fête des Zabitants au parc municipal à Corsavy

Lecture publique
  vendredi 24 juillet 2009
à 19 H (durée 50 minutes)

sur les gradins antiques du jardin public du Revest-les-Eaux

 Lecture publique
dimanche 21 juin 2009
à 19 H (durée 50 minutes)

sur les gradins antiques du jardin public du Revest-les-Eaux

Lecture publique de Moi, l’élu
de l’auteur burkinabé Say Salé
dimanche 7 juin 2009
de 19 H 20 à 20 H 10

sur les gradins antiques du jardin public du Revest-les-Eaux
 
(photos de Pascal Fayeton)
 
Malgré une lettre du maire aux 4 Saisons d’Ailleurs leur enjoignant de demander une autorisation administrative aux services compétents de la Préfecture lesquels services contactés se sont étonnés d’une telle demande concernant un espace public municipal et après prise de contact avec le directeur de cabinet du maire pour l’informer de cet étonnement de la Préfecture et de notre décision de faire la lecture comme annoncée, celle-ci s’est donc déroulée sur les gradins antiques du jardin public du Revest-les-Eaux, dimanche 7 juin 2009.
Les élections européennes étaient en cours de dépouillement dans la mairie annexe. Personne n’a été gêné.
La lecture a duré une cinquantaine de minutes pour le plus grand plaisir de la trentaine de personnes rassemblées.
Tout le monde a pu constater que ces gradins donnant sur le village pourraient avoir un usage populaire d’animation rendu quasi impossible par l’étroitesse de l’espace de jeu, limité par un massif de plantes méditerranéennes ayant le bon goût de masquer un égout, non, une rivière de jardin public à eau stagnante, d’une saleté repoussante. On ignore quel est l’architecte de cette réalisation.

En tout cas, l’actuelle municipalité signe là son incurie, confirmée par l’usage monofonctionnel du parking dédié aux seules bagnoles, par le bloc d’éclairage public contre la scène, à la tour, rendant impossible là encore toute manifestation d’animation populaire, la tour n’étant donc plus qu’un objet patrimonial.
 
Pauvre Revest dénaturé par une équipe se vantant sans cesse dans ses bulletins de ses réalisations sans concertation aucune et niant une histoire car la tour fut le lieu de fortes manifestations théâtrales tout comme l’ancien parking mais ça, ce n’est pas la « tasse de thé » du maire (ses propres mots à nos oreilles prononcés en septembre 2005).
Voilà pour l’environnement de la lecture.

Say Salé comme nous nous en doutions n’a pas obtenu son visa pour notre pays. Faut-il s’en étonner ? Il a participé aux deux livres écrits par des intellectuels africains en réponse au discours de Dakar de monsieur Sarkozy.

Voici le mail qu'il nous a adressé avant la lecture:

Cher Monsieur,
 
Vous ne serez sans doute pas surpris d’apprendre que je ne pourrai être parmi vous, samedi prochain, ayant renoncé à l’espoir d’obtenir un visa. Il aurait fallu que je sois invité par une structure universitaire, un organisme public, ou une de ces forces occultes qui ouvrent les portes au bon moment….
Difficile de ne pas être amer, et surtout désolé de constater à nouveau l’enlisement de la France et de l’Union Européenne dans des politiques de repli qui annoncent leur isolement croissant dans le monde, précédant l’oubli et la mort dans l’indifférence.
Beaucoup de personnes que j’ai rencontrées en France croient encore candidement que l’Afrique a et aura besoin de l’Europe, de la France…
Vos lois sur les étrangers sont comme un retour du refoulé colonial. Je ne vous juge pas, la mémoire du passé historique est tellement difficile à construire sereinement ; et ce serait ne pas être lucide sur nos errances africaines. Je remarque simplement que là comme ailleurs, quand le peuple s’absente de la Res Publica (ce mot doit paraître bien désuet en France, non ?), il abandonne le pouvoir à des êtres sans scrupule, dont la vision du monde et de l’intérêt général est borné par leur ego, l’ignorance et la peur.
En fin de compte, il est logique que je n’aie pas obtenu de visa.
Saluez chaleureusement Jean-Claude Grosse, votre public et tous ceux que j’espère pouvoir rencontrer un jour…
 
Bien à vous
 Say Salé

Quatre lecteurs et lectrices des 4 Saisons d’Ailleurs ont endossé la foultitude de personnages de la pièce. L’humour de l’auteur s’est très vite mis à fonctionner et a été apprécié par le public qui a demandé à la fin comment Say Salé avait pu rendre aussi bien une atmosphère de village français.
 
Il  a été répondu que cette pièce est une fiction et qu’une quelconque ressemblance serait pure coïncidence. Il a été précisé toutefois que Say Salé avait séjourné au Revest, en 2008, invité par Les Cahiers de l’Égaré (en lien avec le film de Cyril Grosse Le temps perdu dans lequel Say Salé joue son propre rôle de réalisateur de cinéma) et qu’il avait été très curieux des mentalités revestoises, observables depuis les terrasses des cafés. À l'occasion de ce séjour, il avait suivi la campagne des municipales de 2008. Il est donc avec sa sensibilité et sa formation de cinéaste très à même de percevoir les enjeux d’une élection municipale sachant que peu ou prou, cela se passe à peu près partout de la même façon. Ce n’est donc pas le contenu qui est essentiel connu de tous, clientélisme, corruption, … mais la forme dans laquelle sont mises en relief ces pratiques coutumières. La farce lui semble la meilleure forme pour cela.
 
Le plaisir a été tel que d’autres lectures sont déjà programmées, au Revest, à Cuers, Hyères, La Seyne, La Cadière.
 
À noter la présence d’Orphéon, la compagnie éjecté de L’Abattoir après les municipales 2008 à Cuers. Orphéon et Les Cahiers de l’Égaré ont en commun d’avoir édité en 2001 et 2002, Christophe Pellet, né à Toulon, grand prix de littérature dramatique 2009.
 
Say Salé

Say Salé est un auteur farcesque issu du continent africain. De son vrai nom : Camille Mouyéké. Né en 1962 à Brazzaville. Après un DEUG d'art à l'université de Paris VIII et une maîtrise en cinéma, il se lance dans la réalisation et signe plusieurs courts métrages (dont les Mavericks en 1998). En 2000, il réalise son premier long métrage, Voyage à Ouaga, qui a été présenté dans d'innombrables festivals internationaux. Il a joué son propre rôle de réalisateur sans moyens dans le film Le temps perdu, fiction de 53' inachevée, tournée au Burkina Faso et au Niger par Cyril Grosse (1971-2001) en 1993 avec une aide du ministère de la culture du Burkina Faso. Comment à 22 ans et pour son unique séjour en Afrique, Cyril Grosse trouva-t-il le tout jeune cinéaste Camille Mouyéké (31 ans à ce moment-là) et comment obtint-il une aide du ministère de la culture du Burkina Faso ? Parmi les traits d'humour du film, les délires sur Ulysse de Joyce (dans Le temps perdu 1 à 2'15 et dans Le temps perdu 2 à 3'40) que Cyril Grosse cherchait à créer au théâtre. Il se heurta au refus du petit-fils de James Joyce. À noter aussi le sujet : la rencontre entre un homme noir du peuple et une comédienne blanche. Dans le film, Marie-Sophie part au désert à la fin. Dans la réalité, la comédienne a fini mystérieusement en Afrique, un ou deux ans après. Des rushes, j'ai pu tirer 5 séquences, en playlist sur You tube et sur dailymotion. Camille Mouyéké est devenu un ami après la disparition de Cyril. Il est venu séjourner chez moi en 2008, au moment des élections municipales. J'étais tête de liste d'une des 3 listes. Il a été amusé par cette compétition électorale. Il m'a à nouveau rendu visite en juillet 2015 et s'est amusé des débats au sein des EAT.
Say Salé utilise le sarcasme, la parodie, la farce pour mettre en relief les processus de conditionnement et d’abrutissement des gens, ainsi que les processus de soumission volontaire.
Moi, Avide 1°, l’Élu est sa première farce. L’action se passe à Gogoland au moment des élections municipales.
EAT (manger, pisser, écrire) au temps des queues de cerises est sa 2° farce.

 
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