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Blog de Jean-Claude Grosse

Chez Marcel Conche/Entretiens d'Altillac 4

14 Juillet 2012 , Rédigé par grossel Publié dans #les entretiens d'Altillac

  CHEZ MARCEL CONCHE / ENTRETIENS D’ALTILLAC (4)

 

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LE TEMPS QUI RESTE

___

 

 

 

 

Marcel Conche a eu 90 ans cette année. C’est l’arithmétique des jours. Il vient de recevoir un courrier d’une jeune dramaturge qui prépare un spectacle Nous serons vieux aussi et qui, s’adressant au vieux qu’il est devenu, voudrait savoir ce qu’il ressent à la pensée du temps qui lui reste à vivre. Elle a joint à sa demande le texte d’une chanson Le temps qui reste signé Jean-Loup Dabadie et qu’interpréta Serge Reggiani :

 

Combien de temps...

Combien de temps encore

Des années, des jours, des heures, combien ?

Quand j'y pense, mon coeur bat si fort...

Mon pays c'est la vie.

Combien de temps...

Combien ?

 

Je l'aime tant, le temps qui reste...

Je veux rire, courir, pleurer, parler,

Et voir, et croire

Et boire, danser,

Crier, manger, nager, bondir, désobéir

J'ai pas fini, j'ai pas fini

Voler, chanter, parti, repartir

Souffrir, aimer

Je l'aime tant le temps qui reste

 

Je ne sais plus où je suis né, ni quand

Je sais qu'il n'y a pas longtemps...

Et que mon pays c'est la vie

Je sais aussi que mon père disait :

Le temps c'est comme ton pain...

Gardes-en pour demain...

 

J'ai encore du pain

Encore du temps, mais combien ?

Je veux jouer encore...

Je veux rire des montagnes de rires,

Je veux pleurer des torrents de larmes,

Je veux boire des bateaux entiers de vin

De Bordeaux et d'Italie

Et danser, crier, voler, nager dans tous les océans

J'ai pas fini, j'ai pas fini

Je veux chanter

Je veux parler jusqu'à la fin de ma voix...

Je l'aime tant le temps qui reste...

 

Combien de temps...

Combien de temps encore ?

Des années, des jours, des heures, combien ?

Je veux des histoires, des voyages...

J'ai tant de gens à voir, tant d'images..

Des enfants, des femmes, des grands hommes,

Des petits hommes, des marrants, des tristes,

Des très intelligents et des cons,

C'est drôle, les cons ça repose,

C'est comme le feuillage au milieu des roses...

 

Combien de temps...

Combien de temps encore ?

Des années, des jours, des heures, combien ?

Je m'en fous mon amour...

Quand l'orchestre s'arrêtera, je danserai encore...

Quand les avions ne voleront plus, je volerai tout seul...

Quand le temps s'arrêtera..

Je t'aimerai encore

Je ne sais pas où, je ne sais pas comment...

Mais je t'aimerai encore...

D'accord ?

 

 

Le texte est sur la table du petit bureau où Marcel nous reçoit ce lundi 4 juin 2012. Cela a l’air de l’amuser. Il se met à le lire tout en le commentant avec la distance critique qui convient et la situation, à ce moment précis, est d’autant plus drôle qu’au-dessus de nous, dans cette pièce hors du temps, une tête d’Epicure veille.

 

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Epicure dont toute la philosophie eut une seule fin : acquérir la santé de l’âme (cf. Lettre à Ménécée : « Quand on est jeune il ne faut pas hésiter à s’adonner à la philosophie, et quand on est vieux il ne faut pas se lasser d’en poursuivre l’étude. Car personne ne peut soutenir qu’il est trop jeune ou trop vieux pour acquérir la santé de l’âme. »).

Or il est clair que le sujet qui parle dans le texte ne va pas bien : tout dans son propos exprime le trouble, l’agitation, la fièvre. Sûr qu’il ne veut pas mourir et s’affole, son pays c’est la vie, dit-il, comme s’il y était chez lui de toute éternité. Et ça part dans tous les sens, du rire aux larmes, assez vulgairement, avec un désir de tout et de son contraire, et révèle pour finir une confusion mentale plutôt inquiétante.

Marcel rappelle alors que le temps qui reste est une idée indéterminée, inconsistante, sans contenu. Or il n’est pas possible, ajoute-t-il pour couper court, de spéculer sur l’indéterminé.

 

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A quoi on peut ajouter que cette indétermination du temps qui reste présente cependant l’avantage paradoxal de rendre l’existence vivable : que deviendrait en effet notre vie si notre état civil mentionnait à la fois la date de notre naissance et celle de notre mort ? On se dirait encore trois ans ou encore six mois…Sûr que ce savoir serait le poison parfait pour anéantir tout vouloir vivre. Nous serions morts avant de mourir, ou, pour paraphraser La Fontaine dans la fable Le philosophe scythe, on cesserait de vivre avant que l’on soit mort.

Car la perspective de mourir est nécessairement relativisée par l’ignorance du jour et de l’heure qui permet ainsi aux mortels de s’embarquer pour l’incertain, parfois au risque de leur vie (cf. Pascal : « Quand on travaille pour demain, et pour l’incertain, on agit avec raison », Pensées fr.234 Br.).

 

Un instant plus tard, Marcel nous redit : Je ne crains pas la mort, une parole fidèle à Epicure qui voulait délivrer les mortels de la crainte de la mort pour les laisser mieux apprécier les joies que leur offre la vie éphémère. Car cette mort, celui des maux qui fait le plus frémir, insistait-il, n’est rien pour nous, puisque tant que nous existons la mort n’est pas, et que quand la mort est là nous ne sommes plus.

 

Quelques temps plus tôt, à St Emilion, Marcel, invité à conclure le 6ème festival Philosophia sur le thème de la nature, surprenait le public avec cette histoire qu’il se plaît à raconter : Dans mon village il y a un menuisier. Ce menuisier a tous les clients qu’il veut. D’autre part sa femme est la coiffeuse du village. En plus il a trois vaches. Le résultat c’est qu’il est toujours souriant. Il respire le bonheur. Il est plein de bonheur. Alors à quoi bon la philosophie ? Mais justement c’est là qu’on voit qu’elle est bonne… parce que si je le rencontre et que je lui dis : vous savez, votre médecin m’a dit quelque chose que je ne devrais pas vous répéter… enfin je vous le dis quand même… vous serez mort avant trois jours ! Alors qu’est-ce qui se passe ? Le bonheur de mon menuisier s’effondre totalement. Tout ça, parce qu’il n’a pas voulu méditer la Lettre à Ménécée… (Rires dans la salle).

Car cette méditation l’aurait peut-être conduit à ce bonheur fondamental, sous- jacent à tous les autres bonheurs, qu’Epicure veut nous donner. C’est un peu comme avec la mer : il y a des vagues en surface et il y a le calme des profondeurs qu’elles n’affectent pas. Ce calme, c’est précisément l’ataraxie, l’absence de trouble.

 

Je note relativement au temps qui reste qu’il ne reste jamais que le présent. Je cite alors Marc-Aurèle disant qu’on perd autant, que l’on soit très âgé ou que l’on meure de suite : le présent est en effet la seule chose dont on peut être privé, puisque c’est la seule qu’on possède, et que l’on ne perd pas ce que l’on n’a pas. Ce qui reviendrait à soutenir qu’il n’y a pas de différence entre mourir à 20 ans et à 80 ans.

Marcel n’est pas d’accord, soulignant qu’à 20 ans on peut davantage attendre de l’avenir. Une objection conforme à Epicure qui pensait que l’avenir n’est ni entièrement en notre pouvoir ni tout à fait hors de nos prises. Mais on voit bien soudain à quel point, sur la pensée du présent, épicurisme et stoïcisme se séparent.

 

Marcel ajoute toutefois que ne pas craindre la mort ne l’empêche pas de s’inquiéter du « mourir », de la forme qu’il prendra, et d’évoquer les souffrances qu’endura Montaigne, mort étouffé par un phlegmon. Mais il n’est cependant pas candidat au suicide, même s’il ne le condamne pas. Il l’a peut-être envisagé quand, sa retraite prise à Treffort, il acheta, nous dit-il, un revolver : pour y penser de plus près ?

 

Jean-Claude Grosse évoque le probable suicide de Marilyn Monroe à 36 ans. Il vient de publier pour le 50èmeanniversaire de sa mort Marilyn après tout, un ouvrage collectif des Ecrivains associés du Théâtre. Marcel n’a pas voulu y participer. Même s’il a toujours dit être sensible au charme féminin,on comprend que cette actrice ne l’émeut pas beaucoup. Il fait incidemment part de sa préférence pour Jean Seberg. Elle aussi suicidée à 40 ans dans des circonstances troubles et dont le corps fut retrouvé telle une épave dans le coffre de sa voiture, anéanti par les drogues et l’alcool. Elle avait pris parti pour les Black Panthers mais sa vie semblait aspirée par l’échec jusqu’à la déchéance.

J’évoque alors le suicide de Romain Gary qui fut son mari et qui avait annoncé son refus de vieillir. Fidèle là aussi à de Gaulle (« la vieillesse est un naufrage »), il avait déclaré  deux ans avant de se tirer une balle dans la bouche à 66 ans : « Vieillir ? Catastrophe. Mais ça ne m'arrivera pas. Jamais. J'imagine que ce doit être une chose atroce… » Sans doute fut-il toujours hanté par ce qu’il nomme la dévirilisation, cela dès sa jeunesse dont il parle dans La promesse de l’aube. Et cette diminution venue lui fut intolérable. Au-delà de cette limite, écrivit-il aussi, votre ticket n’est plus valable. Ticket : à prendre dans un sens amoureux.

Une façon de voir la vie, conditionnée par une certaine capacité physique.

 

A quoi Marcel objecte la figure de Sophocle à l’âge de 95 ans, heureux de s’être débarrassé de la sexualité, cette « bête dévoreuse »… et de pouvoir vivre enfin toute relation humaine avec désintéressement. Ce que Romain Gary, suggère-t-il, a sans doute manqué.

 

Quant à la mort en soi, précise-t-il à la fin de Métaphysique (PUF, 2012), je crois qu’elle équivaut à une fin de vie et qu’il n’y a rien à espérer ou à attendre après. Mais si je crois qu’il n’y a rien, je ne le sais pas. Je suis sceptique à l’intention d’autrui, pour le laisser libre de croire qu’’il y a une vie après la mort.

A cet instant il parle de sa sœur qui pense qu’elle retrouvera son mari au paradis, et ses yeux deviennent très rieurs…

 

Une fin de vie : comme on le lit dans Montaigne, la mort est le bout et non le but. Sur ce point, Marcel, dans Le silence d’Emilie (Les Cahiers de l’Égaré, 2010), a clairement prévenu : j’entends que ma vie terrestre se referme sur elle-même, la mort ne signifiant rien d’autre que l’achèvement de la vie, et n’ouvrant sur aucun mystère sinon le mystère de la nuit – où il n’y a rien à voir.

Un détachement jadis exprimé par Epicure qui ne considérait pas la non-existence comme un mal.

Marcel revient alors sur le titre du spectacle envisagé : Nous serons vieux aussi. Mais qu’en sait-elle, demande-t-il ? Il ajoute que bien des soldats partis à la guerre de 14 auraient probablement voulu vieillir…

Vieillir, dit-il, j’invente la vie au fur et à mesure. J’ai mon présent. J’avance comme si j’avais 50 ans à vivre. L’idée du temps qui resterait à vivre est une idée triste, dépressive, qui annihile le présent. Le jour de ma mort n’est arrêté nulle part

 

013.JPGphotos de F.C.

 

 

 François Carrassan

 

 

 

 

 

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L'île aux mouettes/JC Grosse

13 Juillet 2012 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré

 

  La Mouette

la mouette à tête rouge (JP Grosse)

 

 

L’Île aux mouettes

de Jean-Claude Grosse

Les Cahiers de l’Égaré

 

 

 

L’Île aux mouettes est un récit dramatique et un texte pluriel :

écrits intimes, poésie, théâtre, essais, méditations …

Personnages : 16, 9F/7H

des amoureux, des parents, des enfants, des passionnés de théâtre …

Thèmes : la vie, l'amour, F/H, la transmission, le partage,les incompréhensions,

les conflits intimes et relationnels,

les différentiels culturels, l'art du théâtre,

la mort brutale du fils, la mort brutale de l'épousée…

Lieux :

le Baïkal, la Méditerranée, la grotte Chauvet, Cergy-Pontoise, Corsavy, l’hôpital …

 

L’île aux mouettes est un récit dramatique articulé autour de deux personnages, la mère (l’épousée), le père (l’épousé), confrontés à la disparition brutale du fils, metteur en scène, répétant La Forêt d’Ostrovski au Baïkal (9 personnages sont mis en situation pour ce module). Quelle mémoire gardent-ils du fils ? Quels effets dévastateurs sur eux et les autres personnages, la sœur, Baïkala, l’amoureuse du fils ? Le dernier mois de vie de l'épousée est l'occasion de revenir sur une vie de couple et de parents…

L’eau, les mouettes à tête rouge, les rites chamaniques sont des éléments vivants de ce récit composé de modules aux écritures plurielles (écrits intimes, poèmes, monologues, dialogues, méditations, essais, jeu), agençables selon les partis pris de lecture ou de mise en scène.

 

format 13,5 X 20,5

248 pages

couverture quadri avec 3 photos

 

La vie est comme un zèbre,

une bande blanche,

une bande noire …

 

En exergue, cette citation

Voir le monde dans un grain de sable
Le paradis dans une fleur sauvage
Tenir l'infini dans le creux de la main
Et l'éternité dans une heure

William Blake

 

 

15 euros frais de port compris à l'ordre des

Cahiers de l'Égaré

669 route du Colombier

83200 Le Revest

 

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Sibérie/Joana Preiss avec Bruno Dumont

3 Juillet 2012 , Rédigé par grossel Publié dans #films

 

 

 

 

Sibérie,

film de Joana Preiss avec Bruno Dumont

 

Quand passant devant le MK2 de Beaubourg, j’ai vu l’affiche et le thème de Sibérie, j’ai eu tout de suite envie de le voir. J’ai attendu 3 jours, le 1° juillet, et je l’ai vu avec un comédien russe et un membre de l’équipe du Théâtre Garonne.
Mon envie était liée à mon expérience du transsibérien de 2004, 4 jours aller Moscou-Oulan-Oudé et 4 jours retour un mois après.

 

 

 

 

Le transsibérien pris par le metteur en scène Cyril Grosse en 2000 avec comédiens et techniciens pour rejoindre les artistes du Molodiojny Theatr’ et répéter-créer au bord du Baïkal, à Baklany, deux spectacles nous a habité en 2004. On y a revécu nombre d'anecdotes et notre voyage à 3 fut riche de péripéties, sur les quais en particulier. Mais nous avions la chance d'être avec un accompagnateur russe.

 

 

 

 

En 2010, pour les 10 ans du séjour à Baklany de Cyril Grosse, j’ai emmené avec moi écrivains et comédiens, rejoindre écrivains et comédiens d’Oulan-Oudé et ce furent 21 jours intenses avec en particulier le retour au mémorial de Baklany, consacré à Cyril, disparu en 2001.


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Cette affiche et ce film avaient donc été fortement investis par moi et par le comédien russe, participant des aventures de 2000, 2004 et 2010, Victor Ponomarev.

Car l’aventure de 2000 fut comme toute aventure artistique, une aventure humaine, sentimentale avec ses coups de foudre, ses séparations, ses fêtes et saouleries, ses "aventures pour le cul" cherchées et trouvées par hommes et femmes comme disent les Russes (avec les risques possibles et cela se sent dans le film quand Joana ou le personnage, bourrée, se fait  brancher par quatre ou cinq hommes, bourrés ou en cours ; en Russie et ailleurs, cela peut conduire au viol voire au meurtre ; y a bon montée d’adrénaline pour certains et certaines ; quelque chose est cherché, pas nécessairement sexuel et tout peut arriver, rarement le meilleur, le pire plutôt ou rien).

Donc, ce thème du délitement d’un couple dans le huis clos d’un compartiment du transsibérien pouvait m’intéresser car à l’opposé de ce que j’ai vécu avec l'épousée, la mouette à tête rouge,  pendant 43 ans, disparue en 2010, quelques semaines après mon retour du Baïkal. Notre   histoire d’amour (3 poèmes audio) s’était nourrie de la disparition du fils et de notre questionnement difficile, douloureux sur quelle mémoire vivante on entretient avec un disparu.

Dans Sibérie, le couple, déjà délité se délite jusqu’à l’image finale, très forte, celle du personnage féminin endormi, bouche ouverte, quasi-rigide, comme morte, filmé anatomiquement par le personnage masculin, hors champ.

On ne sait rien par le film de quand, comment ils se sont rencontrés, (apparemment à Novossibirsk, ville que je connais bien pour y être allé 3 fois pour les rencontres Cyril Grosse); de comment leur histoire a pu en arriver là. On a beaucoup de mal  à saisir la durée ; en tout cas, on comprend que ce n’est pas un voyage de 7 jours (le temps Moscou-Vladivostok) que le film raconte. Pour l’espace ou les lieux, on a les mêmes difficultés : ils ne sont pas très situables (une chambre d’hôtel dans quelle ville; dans quelle ville, l’homme est-il accueilli et parle-t-il au micro; dans quelle boîte danse-t-elle). Voilà une histoire sans origine avec une fin annoncée, présentée comme intemporelle.
Joana Preiss dit avoir passé deux ans sur le montage. Je parlerai de démontage, de déconstruction : tout est fait pour nous égarer. Et ce parti pris m’a rendu ce film insupportable. Si on rajoute à cela, la complaisance avec les noirs, les images rayées, floues, le son parfois inaudible (pour elle), on aboutit à un film qui ne nous touche pas, qui ne m’a pas touché. Idem pour les deux autres spectateurs.

Ce qui sauve ce film, c’est cette terre russe, ces paysages,  cette taïga, ces rivières, ces brouillards, cette neige, une nature immense, insensible aux marivaudages et autres considérations esthétisantes sur le cinéma, le corps numérique et que sais-je.

Ce qui sauve ce film, c’est ce train mythique, son allure lourde et paisible, sa vitesse qui fait défiler caténaires et pylônes avec lenteur et majesté, ses vitres un peu sales, ses coquetteries (rideaux qui flottent dans le couloir, …)

mais dans le train de ce film, il n’y a pas d’autres voyageurs ; quelques gestes du quotidien sur le quai de gare sont saisis mais nos amoureux défaits sont plutôt oublieux des gens.

Étrangers, ils ont peu de curiosité sauf sous l’emprise de l’alcool.

Leurs caméras ne sont pas amoureuses.

Bref, une déception telle que j’ai renoncé à aller voir le Faust d’Alexandre Sokhourov.

 

Jean-Claude Grosse

 

 

Siberia by Joana Preiss - Extract 3 (English subtitles) from Capricci Films on Vimeo.

 

Une chanson écrite et interprétée par Dasha Baskakova après la disparition de Cyril Grosse

Entre toi et moi ... le ciel

 

 

 

 

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