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Blog de Jean-Claude Grosse

Gabrielle et Christian, les amours interdites

1 Septembre 2016 , Rédigé par grossel Publié dans #pour toujours

Gabrielle et Christian, les amours interdites
Gabrielle et Christian, les amours interdites
Gabrielle et Christian, les amours interdites
le 11 mars 2016, hommage à Gabrielle Russier, à Vanosc en Ardèche, en présence de la fille de Gabrielle Russier et du maire de Vanosc
le 11 mars 2016, hommage à Gabrielle Russier, à Vanosc en Ardèche, en présence de la fille de Gabrielle Russier et du maire de Vanosc
le 11 mars 2016, hommage à Gabrielle Russier, à Vanosc en Ardèche, en présence de la fille de Gabrielle Russier et du maire de Vanosc
le 11 mars 2016, hommage à Gabrielle Russier, à Vanosc en Ardèche, en présence de la fille de Gabrielle Russier et du maire de Vanosc

le 11 mars 2016, hommage à Gabrielle Russier, à Vanosc en Ardèche, en présence de la fille de Gabrielle Russier et du maire de Vanosc

Le 11 janvier 2016 a été diffusée l'émission Affaires sensibles consacrée aux amours interdites de Gabrielle Russier et Christian R.

Émission très honnête quant aux faits. Un regret, le changement du pasteur Michel Viot, le protecteur de Christian des années 1968 devenu un anti-soixante-huitard convaincu.

Cette affaire avait fait beaucoup de bruit à l'époque. J'ai consacré plusieurs articles à cette affaire. Et je constate, statistiques à l'appui, que ces articles sont lus, très lus.

Évidemment, je ne peux que me surprendre en relevant la coïncidence, Gabrielle Russier est née le 14 février 1937. L'épousée est née le 14 février 1948. Deux amours interdites, la nôtre, heureuse, ayant commencé en 1964, 4 ans avant mais Le Quesnoy n'était pas Marseille et j'étais le professeur.
J'ai fait écrire des textes à quelques écrivains pour un livre Gabrielle Russier/Antigone avec une préface de Raymond Jean, son professeur de littérature à l'Université d'Aix, couverture avec un portrait réalisé par Cueco. C'était en 2008-2009 pour le 40° anniversaire du suicide de Gabrielle Russier, le 1° septembre 1969. Ces écrivains ont travaillé ensemble 2 jours les 8 et 9 décembre 2008 dans un Lycée à Hyères. Ce fut très enrichissant.

Ma lettre à Gabriella, attribuée à pépé Christian, une fiction, semble plaire aux lecteurs. La fiction est encombrée des valises dont nous héritons à la naissance. Heureusement, prénommer Gabriella au lieu de Gabrielle, l'arrière petite-fille, changera peut-être la nature de son héritage. Il suffisait d'un a.
En janvier 2015, je reçois le témoignage d'une ancienne élève de Gabrielle Russier, année 1968-1969, avec 15 lettres de Gabrielle à cette élève, devenue amie de Gabrielle. J'ai publié ce récit :

À Gabrielle Merci pour l'utopie.

Une lecture en a été faite le 11 mars à Vanosc, Ardèche. Plus de 50 personnes dont le maire très chaleureux.

Les associations La Vanaude et Au pré des femmes ont donné rendez-vous le vendredi 11 mars 2016 pour une lecture en écho avec la journée internationale du droit des femmes.

Journée pour toutes et pour une : Gabrielle Russier, professeur de français dans un lycée à Marseille en 1968, accusée de détournement de mineur, incarcérée, disparue volontairement le 1er septembre 1969.

Trois lectrices de l'association Les mots passants lui ont rendu hommage à travers des textes, des lettres, des poèmes.

La magie de la lecture a amené un éclairage nuancé de vérités et d'émotions sur une douloureuse histoire de femme et d'enseignante. En présence de la fille de Gabrielle Russier, qui écrira peut-être sur cette histoire, son histoire et en présence d'Anne Riebel, l'ancienne élève et amie dont j'ai édité le témoignage, épuisé.

La Vanaude. 07690. VANOSC. Annexe municipale. 20H30.

J'aime ce travail des traces. Avec internet, c'est comme si ça devenait ineffaçable, même après ma disparition. De toute façon, c'est ineffaçable. Il sera toujours vrai que ce qui est passé a réellement eu lieu, a été éprouvé, senti. Nos productions immatérielles, sentiments, émotions, pensées, nos paroles, sensations sont enregistrées pour toujours, for ever. Croire que ce qui passe, passe à jamais, never more, est croyance dominante et très rétrécissante, réductrice, mutilante. Vivre avec la conscience du for ever peut changer le rapport à soi, à l'autre, aux autres, à la nature. Si ça vous chante, continuez sur ce chemin dont j'ignore où il mène, holzwege.

Faut aller voir du côté du rhéomode de David Bohm.

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Elle s'appelait Gabrielle Russier

1 Septembre 2016 , Rédigé par grossel Publié dans #pour toujours

Gabrielle Russier s'est suicidée le 1° septembre 1969.

Une pensée pour elle en cette rentrée scolaire 2014

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Retour sur Mourir d’aimer 2

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couverture du livre publié le 1° septembre 2009 par Les Cahiers de l'Égaré

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Le téléfilm de Josée Dayan, Mourir d’aimer, librement inspiré du Mourir d’aimer d’André Cayatte (1971) et de l’histoire de Gabrielle Russier  avec Christian Rossi (octobre 1967 - 1° septembre 1969), ne m’a ni ému ni révolté. C’est pourtant ce que j’attendais, que j’avais vécu avec Annie Girardot, que je n’ai pas connu avec Muriel Robin. Pourquoi ? Dans l’adaptation de Philippe Besson, la prof et l’élève sont plutôt monolithiques. L’élève n’a pas de faiblesse : il est déterminé, sait ce qu’il veut, assume ce que le hasard de la rencontre lui propose, définit la liberté et applique cette définition, vit conformément à elle. La prof, une fois l’étonnement passé, accepte aussi ce qui s’offre à elle, ne résiste pas à l’amour, résiste plutôt bien aux pressions, on la sent forte, le suicide final est l’issue du film mais n’est pas nécessaire dans cette histoire avec de tels personnages. Disons-le, Muriel Robin par sa puissance donne une impression de femme forte sur le plan psychologique, capable de tenir tête, d’ironiser, on le voit avec la proviseure, magistralement caricaturale dans son autoritarisme, son rigorisme, avec sa collègue, avec ses élèves. Ses émotions sont réelles mais on sent qu’elle a de la ressource face à l’adversité. J’imagine qu’avec Jeanne Balibar dans le rôle, j’aurais été ému et révolté, avec un lycéen moins beau, plus inquiet, plus ambivalent ou même un tantinet cynique, façon Julien Sorel. Les leçons de Gabrielle Delorme dans sa classe sont une des forces de ce film. Stendhal-Flaubert, Rimbaud, Eluard, la Joconde, LHOOQ de Duchamp, l’irrévérence, tout cela pose avec justesse la question : quoi enseigner et comment ? c’est quoi enseigner ? L’histoire d’amour ne pose pas avec une telle justesse la question : qui aimer et comment ? c’est quoi l’amour ? c’est quoi aimer ?  Notons d’ailleurs que l’école pas plus que la maison ne sont lieux d’apprentissage des sentiments. Il y a de l’éducation sexuelle, pour savoir comment ça se fait, pour se protéger mais pas d’éducation des sentiments. Et ce n’est pas avec la littérature que ça s’apprend, même si beaucoup pensent que la médiation des œuvres est nécessaire (littéraires, poétiques, picturales, musicales). Le décalage historique, du temps de Giscard, n’a pas grand intérêt : on est dans une France toujours coincée. Sous le Mitterrand de 1981, avec l’abolition de la peine de mort, avec l’espoir (vite déçu, dès 1983), la rigidité morale des parents engagés aurait été plus fortement contradictoire. Bref
Le débat a présenté les caractéristiques insupportables des débats télé. Interventions au couteau, cadrées sur l’essentiel du point de vue de l’animateur donnant son point de vue plutôt qu’animant le débat, intervenants dans leurs rôles et non comme personnes, donneurs de leçons, énonciateurs de la loi, de ses incohérences mais de sa nécessité. Il s’agit de conforter l’ordre, la loi, l’institution jusqu’à la caricature comme Philippe Meirieu. Le débat devait poser deux questions :
   - c’est quoi enseigner quand les savoirs sont tous frappés d’imposture. S’agit-il de transmettre de tels savoirs, qui font les traders (formés aux mathémathiques financières par Polytechnique,  Dauphine, employés par Goldman Sachs, la banque d'"affaires" qui en 80 ans a provoqué 20 crises),
destructeurs de l’économie réelle sous le nom de performances financières et d’enrichissement général, qui font les entrepreneurs et commerciaux formés dans les plus prestigieuses grandes écoles et universités (dirigeants de multinationales de l'agroalimentaire, comme Cargill, Monsanto, concepteurs de gigantesques batteries de viande ignoble comme Smithfield Foods), affameurs d'une bonne partie de l'humanité et destructeurs de la planète sous les noms d’aménagement du territoire, de croissance, de progrès technique et scientifique, d’amélioration du niveau de vie. Ou s’agit-il d’apprendre à juger, à douter, à avoir sur tout l’esprit critique ?
   - c’est quoi apprendre à juger ? cela ne suppose t-il pas de se mettre en jeu comme personne qui fait ce qu’elle dit, qui vit ce qu’elle éprouve, en recherche de vérité avec sa liberté, sa raison, développant le meilleur d’elle-même pour soi et autrui. Une telle authenticité, une telle vérité de parole et de vie, une telle évidence, voilà ce qui fait exemple, voilà ce qui fait qu’un prof suscite admiration éventuelle (pouvant devenir amour non d’un corps, d’un sexe mais d’un être dans son âme), enthousiasme individuel et collectif, émulation et non compétition, solidarité, écoute et parole propre(s). Un tel prof devient un passeur de volonté pour la vérité, la beauté…
Et l’amour alors ? Il est ce qui peut nous arriver de mieux même s’il y a erreur sur la personne, même s’il est malheureux. Il est ce qui nous sort de nos certitudes, de nos conforts, il est vie, chair, peau, sexe, sentiments, projets, rêves, transgression. Dans la possible relation d’amour prof-élève - que l’initiative vienne du jeune ce qui est sans doute plus fréquent qu’on ne croit, qu’elle vienne de l’adulte, qu’elle soit coup de foudre, qu’elle prenne du temps pour s’installer, qu’elle dure et soit heureuse (et il y en a sans doute beaucoup plus qu’on ne croit mais ces histoires sans histoires n’intéressent pas), qu’elle échoue et fasse souffrir – ce qui me paraît essentiel c’est comme dans toute relation vraie entre deux adultes, entre deux personnes, le respect de l’autre. Ce respect doit être encore plus marqué dans une relation d’amour avec un jeune. La fausseté des déclarations, la perversité, les abus de pouvoir, la séduction, les rapports de force, la jalousie, les chantages, c’est cela le terrible dans une relation. En clair pour aimer inconditionnellement, il faudrait des qualités d’âme que souvent nous n’avons pas. La passion amoureuse est une maladie dont on ne meurt pas en général, dommageable seulement pour soi et l’autre, qui ne fait pas de mal au monde. L’amour ordinaire est souvent calcul, ajustement d’intérêts. Il est très répandu, dure ce qu’il dure. L’amour inconditionnel est rare, peut ne pas s’accomplir sexuellement, souvent même ne passe pas par le sexe (Socrate résiste au désir d’Alcibiade, le prof peut résister au trouble de l’élève pour mieux l’élever au sens d’élévation pas d’élevage, ce peut être aussi l’élève qui résiste, élevant le prof). Par la sexualité, « sublimée » sans doute, l'amour inconditionnel est cheminement vers l’être de l’autre qui chemine, sans jonction possible mais il s'agit de deux cheminements si proches que c’est le bonheur, bien plus que le plaisir, que c’est la délicatesse, bien plus que l’étreinte.
Dernier point que je veux aborder : qui évaluera les dégâts causés par les profs haineux de leurs élèves et réciproquement, par les profs fonctionnaires et réciproquement (représentez-vous les comme vous voulez) ? Et qui poursuivra en justice ceux qui enrôlent pour leurs sales guerres des jeunes dont on abaisse l’âge de la majorité ? Sous Napoléon, la majorité sexuelle est à 11 ans, Juliette a 13 ans. Tout cela montre que la société fixe les limites qui l’arrangent. Rien à voir avec chacun de nous.

À lire :
De l’amour de Marcel Conche, Les Cahiers de l’Égaré
Analyse de l’amour et autres sujets de Marcel Conche, PUF
Éloge de l’amour d’Alain Badiou, Flammarion

 
Jean-Claude Grosse

L'amour et l'enseignement ont en commun de relever d'un jeu de la solidité et de la fragilité. Jeu facilement dénié, durci, au nom d'un sérieux de la séparation entre elles, plus ou moins hiérarchisée. C'est que solidité et fragilité sont inséparables, figures changeantes, jamais si claires, de tout un entrelacement. Respecter ce jeu, voire en faire vivre quelque chose par l'enseignement, peut pourtant être vu comme vitalement sérieux. L'émoi amoureux, mais aussi de la "connaissance", ouvre toute solidité à la fragilité comme toute fragilité à la solidité. Tout émoi profond, avec ses ambiguïtés, fait saillir celle de la clarté du monde, comme obtention plus ou moins forcée et instrumentalisée d'un résultat.
Il ne s'agit donc pas seulement de débattre de certaines relations amoureuses entre majeurs et mineurs, mais de donner à entendre que, si une émotivité excessive peut amener des catastrophes, le modèle d'une rationalité pure, purement répressive de soi et des autres, entraîne dans nombre de domaines, y compris l'enseignement, assèchement, mensonges et redoutables retours de bâton irrationnels.
Ni chez les acteurs principaux, ni chez les participants au débat, ne fut créé l'espace physique de parole qu'il faudrait, entre fragilité et solidité, pour rendre sensible, non pas le seul amour naissant, mais l'importance de la survenue d'un fécond champ magnétique, plus ou moins intense, entre les hommes, pour qu'ils ne crèvent pas trop de complexification fonctionnelle. Les jeux ambigus, souvent durement payés, font aussi scandale parce qu'ils forment à autre chose que la forme et la force. Le problème, c'est moins la sexualité, facilement mécanique, que le sort que notre société réserve à la sensualité et à la sensibilité, à leur " formation " et à leur portée, en termes de vérité aussi.

 
Gérard Lépinois
 
"En tout cas, l'intérêt suscité par l'affaire Russier semble encore vif : le dossier de presse la concernant a été dérobé à la bibliothèque de la Fondation nationale des sciences politiques où on pouvait le consulter. De plus, dans divers centres de documentations et bibliothèques, la presse de l'époque a été, par la suite, consciencieusement découpée et subtilisée. S'agit-il de certains proches des protagonistes de l'affaire ? ou simplement d'admirateurs de Gabrielle Russier émus par sa personnalité ou les circonstances ? Le mystère reste entier."
Conclusion de l’article de Corinne Bouchoux paru en 1992
 

débat du 4 décembre 2008 à Hyères
sur l'affaire Gabrielle Russier

 
 
Quand je me suis sentie "emportée" par une histoire, ce qui est le cas de l'affaire Gabrielle Russier, je cherche toujours à aller plus loin. En l'occurrence j'ai cherché à savoir ce qu'il est advenu des protagonistes de cette histoire tragique : Christian Rossi a t'il pu "refaire sa vie" ?, ses parents se sentent-ils responsables ?, les enfants de Gabrielle, comment vivent-ils ?
J'ai trouvé dans votre blog un article du 26/11/09 qui avance que Valérie "a sombré dans la folie". Or sur le forum des "Cahiers de l'égaré" dans un article du 14/12/09, elle prend la parole pour demander les coordonnées de Raymond Jean.
Laquelle de ces deux informations avez vous retenu ?
Merci.
Anne

Les deux me semblent justes. Mais à des moments différents: aujourd'hui, Valérie a 50 ans. Au moment du suicide de sa mère, Valérie avait 10 ans.
Valérie a eu des difficultés de nature psychologique, a dû travailler sur elle-même; elle a fini par devenir psychologue scolaire après des études de psychologie tardives et après bien sûr tout un tas d'épisodes, de chutes et rechutes, mots sans doute inadéquats comme l'expression "sombrer dans la folie" que j'ai utilisée en méconnaisance des faits et des effets, "folie" dont certains peuvent revenir aujourd'hui car l'écoute, le suivi me semblent plus adaptés aux cas individuels. Je dis "en méconnaisance" car notre regard sur autrui sauf à être à l'écoute (attention flottante) est toujours à côté de la plaque.
D'après ce que je sais de 2° main, Christian qui refuse tout contact, a refait sa vie pour employer votre expression. Mais à part lui, qui peut dire les effets sur lui, d'hier à aujourd'hui. Joël, le frère de Valérie semble s'en tirer sur les plans professionnel et familial mais lui seul "sait" ce qu'il a vécu. Je ne sais rien des parents de Christian qui après le suicide ont dit que si c'était à refaire, ils recommenceraient. De 2° main, on m'a dit qu'ils s'étaient séparés puis remis ensemble.
Je ne souhaite pas que ces petites indiscrétions circulent, étant trop respectueux des choix qui me semblent avoir été faits tant par Christian que par Joël et Valérie. Aucun ne s'est exprimé lors de l'émission de France 2.
J'attends la sortie du livre de Jacques Layani car il montrera comment 40 ans après, cette affaire continue à remuer des gens dans le monde entier.
Quant aux auteurs du livre Gabrielle Russier/Antigone, ils ont privilégié leur imaginaire pour évoquer quelques protagonistes de ce drame ou tragédie. Je me suis pour ma part intéressé au personnage de Christian qui vit, revit, devenu prof, deux histoires avec deux de ses élèves à 20 ans d'intervalle, l'une à 30 ans, l'autre à 50 ans. Façon pour moi d'insister sur ce qu'on appelle "les valises" dont on hérite ou qu'on transmet, "valises" qui ne sont pas les nôtres d'où comment échapper à la répétition des vies, des destins. Mon histoire est une fiction. Pour montrer aussi que la justice ne corrige pas: elle sanctionne mais ne change rien du coeur, du ça.
Cordialement
Jean-Claude Grosse

 
Elle s'appelait Gabrielle Russier
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À Gabrielle Russier/Anne Riebel

1 Septembre 2016 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré

Le 1° septembre 2014 paraît un témoignage fort d'une élève de Gabrielle Russier, Anne Riebel. Soit 45 ans après son suicide à Marseille, le 1° septembre 1969.

Un an d'enseignement, un an dans le cercle de poésie et d'amitié de Gabrielle Russier. Anne Riebel a gardé jusqu'à ce jour, les lettres et petits mots de Gabrielle Russier pendant cette année d'utopie qui l'a marquée à vie. 15 lettres entre le 15 juin 1968 et juin 1969, deux textes inédits de Gabrielle Russier, une carte postale, deux petits mots (des conseils écrits de sa main), voilà le trésor offert aujourd'hui par une élève devenue femme, 46 ans après la rencontre, après toi, le reste de ma vie.

Ce témoignage réussit en quelques pages à nous restituer un contexte et à mesurer la traque dont non seulement Gabrielle Russier a été victime mais aussi les jeunes qui étaient attirés par son enseignement et sa manière d'être avec eux comme jeunes et pas seulement comme élèves.

L'édition de ce livre aux Cahiers de l'Égaré doit beaucoup au précédent livre que nous lui avions consacré, Gabrielle Russier/Antigone, paru le 1° septembre 2009 pour le 40° anniversaire de sa disparition. Un an avant, les 3 et 4 décembre 2008, 7 écrivains s'étaient retrouvés à la bagagerie du Lycée du Golf Hôtel à Hyères. Ce furent deux journées riches.

Le livre édité, offert aux enfants de Gabrielle (sa fille était entrée en contact avec moi) est aujourd'hui épuisé mais il a cheminé.

Le 10 février 2014 à 23 H 35, je recevais ce message par le formulaire de mon blog :

Bonsoir, je suis la petite-fille de Gabrielle Russier, j'aimerais savoir si vous l'aviez connu.

Bien à vous,

je répondais le 12 février à 19 H 15, s'ensuivirent quelques autres messages avec cette jeune fille de 18 ans qui allait passer son bac.

Et le 26 mars 2014, je reçois un mail par le formulaire de mon blog, Anne Riebel me propose de lire son témoignage. J'accepte et devant l'indéniable intérêt et émotion de ce document, partagé avec deux autres lectrices, j'en décide la publication.

J'ai pris conscience en faisant ce travail éditorial d'une coïncidence comme je les aime : Gabrielle est une valentine (14 février 1937), la mouette à tête rouge, Annie, qui fut mon élève en 1964, 4 ans avant l'affaire, mais dans le nord, fut aussi une valentine (14 février 1948).

Déjà le 24 janvier, j'avais reçu un mail étonnant :

Bonjour,

Mon nom est Jocelyne Hermann Salley issue de l'école des Beaux Arts de Troyes; j'ai abordé la peinture en 1990; aujourd'hui je vis de ma peinture

en 2006 j'ai eu entre mes mains complètement pas "hasard"le livre Beverly trouvé sur les quais à Paris

Le plus étonnant lorsque j'ai découvert les peintures de Michel Bories je travaillais à cette époque les mêmes couleurs.

Je voulais juste vous en parler, ce livre m'a donné confiance en moi encore maintenant dans les moments de doutes

merci de m'avoir lu

bien cordialement

JHS

Beverly est un roman écrit par Cyril Grosse avec le peintre Michel Bories, entre 1992 et 1994 dans le cadre d'un projet Défi-Jeunes, Ulysse à Hollywood. Il avait 21 ans. Le roman est suivi d'Un carnet d'Hermann Salley, écrit par Michel Bories, Hermann Salley étant un peintre, peut-être faussaire, inventé par Cyril Grosse. Page 18, ligne 5 de ce roman, le narrateur écrit cette phrase: À peine seize ans, impatient d'en avoir trente et un. Cyril Grosse est mort accidentellement à Cuba entre 30 et 31 ans. Michel Bories est décédé le même jour dans le même accident ainsi que deux Cubaines, une mère et sa fille, le 19 septembre 2001 à 16 H au carrefour surnommé le Triangle de la mort à Jaguey-Grande. Le 19 septembre 2001, à l'heure française de l'accident, je dégueulais tripes et boyaux. Ce n'est qu'après coup que j'ai fait le rapprochement.

Pour évoquer ces coïncidences, je suis assez tenté par l'hypothèse de l'holomouvement posée par David Bohm dans La plénitude de l'univers, l'univers comme hologramme conservant toutes les informations et en créant sans cesse des nouvelles; hypothèse que je formule ainsi, nous concernant: tout instant que je vis, passe, never more mais rien ne peut faire que ce que j'ai vécu n'ait pas eu lieu, donc il est vrai éternellement que j'ai écrit ce message, ce jour à 14 H 30, for ever; c'est un des thèmes abordés dans ma pièce L'éternité d'une seconde bleu Giotto, inédite.

Dernière coïncidence, TNT m'a livré les livres le 11 août à 11 h 55. Et c'est le 11 août 2014, à approximativement 11h 55 dit la police que Robin Williams s'est suicidé, délivré à 63 ans, Robin Williams, le professeur du Cercle des poètes disparus. Anne Riebel donne à son livre ce sous-titre : À Gabrielle Russier. Dans son cercle de poésie et d'amitié.

Ceux qui sont intéressés par le livre d'Anne Riebel doivent le commander aux Cahiers de l'Égaré, 669 route du Colombier, 83200 Le Revest, 14 €, frais de port compris, par chèque à l'ordre des Cahiers de l'Égaré. Le livre ne sera pas disponible en librairie.

Jean-Claude Grosse, directeur des Cahiers de l'Égaré

À Gabrielle Russier/Anne Riebel
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