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Blog de Jean-Claude Grosse

La nuit où le jour s'est levé / Théâtre du Phare

16 Janvier 2017 , Rédigé par grossel Publié dans #spectacles, #agoras

la métaphore des mains accoucheuses, la roue Cyr aux usages physiques et métaphoriques "efficaces", photos de  CHRISTOPHE RAYNAUD DE LAGE
la métaphore des mains accoucheuses, la roue Cyr aux usages physiques et métaphoriques "efficaces", photos de  CHRISTOPHE RAYNAUD DE LAGE

la métaphore des mains accoucheuses, la roue Cyr aux usages physiques et métaphoriques "efficaces", photos de CHRISTOPHE RAYNAUD DE LAGE

La nuit où le jour s'est levé

(ou le désir d'enfant comme chemin spirituel)

Théâtre du Phare

J'aurais pu aller voir ce spectacle rien que sur ce titre. La nuit se suffit comme nuit, le jour comme jour, entre ces deux grands moments du rythme quotidien, le rythme nycthéméral, arrivant alternativement, jour puis nuit, des états fugaces entre chien et loup, loup et chien et nous, vivant selon des rythmes circadiens, commandés par nos horloges biologiques internes toutes les 24 H, liées au rythme naturel nycthéméral et qui régulent le rythme de l'état de veille/sommeil, le rythme de la pousse des ongles ou des cheveux, le rythme de la production d'hormones, la pression sanguine, l'état de vigilance, la température corporelle...

Pour dire la nuit où le jour s'est levé, il faut que quelque chose se soit déréglé, mon rythme : sommeil profond-sommeil paradoxal-éveil s'est déréglé, insomnie ou réveil brutal provoqué par un rêve, un cauchemar, je passe le temps de nuit qui reste en activités diurnes, le reste de la journée sera maussade. Ne pas jouer avec les rythmes circadiens et nycthéméral, l'absence de sommeil engendre de graves conséquences en quelques jours. S'il vous plaît, laissez-moi dormir quand c'est l'heure et pour le temps qu'il faut, mes 8 H.

Ah, ce n'est pas le sens du titre ? C'est une métaphore qui signale un moment d'illumination, le moment où de l'obscurité, jaillit la lumière, une révélation, une vérité enfouie ? Ce spectacle racontera donc l'histoire d'une émergence, d'une révélation, d'une remontée au grand jour à l'occasion d'une nuit particulière. Ce qui émergera, ce sera l'inouï désir d'enfant.

Longue digression sur un titre, exercice souvent enrichissant.

J'ai donc vu vendredi 13 janvier 2017, date de chance, au PJP, Pôle Jeune Public, au Revest, la nouvelle création du Théâtre du Phare, La nuit où le jour s'est levé; j'ai beaucoup aimé; un grand moment de douceur, une ode à l'amour parce que trois hommes portent une voix de femme, Suzanne, 23 ans, en désir d'enfant (un tel désir a peu à voir avec le désir majoritaire de se trouver un homme ou une femme, en général pour peu de temps, j'y reviendrai), font le récit des péripéties de la vie de cette femme qui livrant sa vie au hasard (pas par la méthode de la roulette russe, celle-là a ma préférence, on peut opter aussi pour le Yi Jing, pour les dés) découvre par hasard l'amour (pas celui que vous croyez, attendez, cherchez), un amour sans raisons, sans explications ou justifications mais incarné qui l'amène à triompher des obstacles rencontrés, extérieurs (il y a toujours des obstacles quand les papiers sont de faux-papiers ou ne sont pas valables partout, quand le mensonge est d'abord l'arme du démuni avant de faire choix de dire simplement la vérité; sans papiers, apparemment on n'est rien; des solidarités inattendues ou sollicitées vous viennent en aide et vous sortent de là) et intérieurs (doutes, hésitations, bonnes raisons de la raison); fabuleuse fin, ce sont les gendarmes qui font passer la frontière à cette femme "enceinte" d'un enfant encore sans nom qu'elle porte contre son ventre, pas dans son ventre, sous son manteau, le gosse étrangement calme, miracle.

Trois auteurs: Sylvain Levey, Magali Mougel, Catherine Verlaguet (écritures efficaces, narratives et expressives, je n'ai pas vu ou senti les coutures, c'est une écriture à 6 mains m'a précisé Catherine Verlaguet), un metteur en scène subtil, Olivier Letellier, qui évite l'illustration et sait proposer des métaphores comme celle des mains qui aident à l'accouchement clandestin, une scénographie fluide dans sa complexité, l’usage ludique d’un lampadaire comme téléphone, un jeu d'acteurs et circassiens convaincant et prenant, très beaux usages de la roue Cyr (elle est utilisée pour représenter des lieux, des gens, des conflits), dans des éclairages clairs-obscurs, fluides comme nuages atténuant la lumière du soleil.
Bref, pour moi, un moment rare sur l'aile de l'Amour, plus fort que le monde dans sa brutalité, plus fort que nos mauvaises raisons et nos mauvaises peurs.

À débattre éventuellement, est-ce vraiment une pièce sur l'engagement, sur les petits engagements au quotidien (quid du "grand" engagement politique ou citoyen compatible d'après moi avec le "faire sa part" des Colibris) comme le dit l'équipe dans son dossier de présentation ou est-ce une ode à l'amour ? Les deux, camarade, si on affirme, l'amour est engagement, n'est qu'engagement ce qui n'est pas encore compris ni vécu par le grand nombre, méfiant devant cette puissance spirituelle unifiant corps et esprit, m'unissant à tout ce qui existe, visible, invisible, infime, infini, présent impermanent mais jamais manquant, passé éternellement mémorisé...; précision : l'amour comme engagement a peu à voir avec la volonté (ou avec Meetic) même si elle compte; l'Amour comme puissance, comme pouvoir d'unification et d'universalisation, non comme sentiment générateur de chaos affectif m'embarque, m'enveloppe, m'englobe, m'engage corps et âme, contre ma volonté s'il le faut, contre ma raison si nécessaire; ce n'est pas le triomphe de l'irrationnel ou de l'inconscient sur le calcul, la stratégie de vie du chacun pour soi; c'est une plongée ou un envol, les deux, camarade, dans la Vie créatrice.

Le désir d'enfant de Suzanne, 23 ans, ce n'est pas un projet de vie, ce n'est pas un calcul, c'est un désir de connexion à la Vie, à la transmission d'une vie puis d'une autre et ainsi de suite, longue lignée (je n'emploie pas chaîne) de passeuses et de traversées, une aventure de femmes, inaccessible aux hommes même avec toute l'empathie possible, avec tout l'accompagnement enchanté à la manière de Magali Dieux (voir la formidable vidéo en lien); le désir d'enfant c'est s'inscrire, c'est surtout être inscrit, embarqué, engagé dans ce qui m'a précédé et dans ce qui me suivra, balayé mon petit « moi », mon ego, l'enfant comme projection, prolongement de moi, substitut phallique. Dans cette pièce, le désir d'enfant prend le visage, le corps d'un enfant, d'un garçon qu'elle aide à naître et que la mère biologique « abandonne » parce que les conditions politiques et sociales l'obligent à ce renoncement, on est au Brésil, en un temps de dictature, il y a des trafics d'enfants, le couvent est un lieu hors norme transformé en maternité clandestine. Ce n'est donc pas son corps qui porte l'enfant, c'est pourtant elle qui se trouve investie par la mère supérieure, Maria Luz, du soin de l'enfant et qui va s'investir dans le soin d'abord de l'éloigner de son pays d'origine où l'attend le pire des sorts, donc de le ramener avec elle en France puis de l'adopter dans son pays d'adoption. C'est donc un enfant réel et symbolique qui va incarner son désir d'enfant, elle n'est sans doute pas stérile, on ignore si elle a connu des histoires sentimentales et sexuelles avec des hommes, c'est sans importance. Elle va se retrouver mère, la mère, après avoir dit OUI à ce que le hasard lui a proposé sur son chemin d'aventures, chemin où les obstacles tant extérieurs qu'intérieurs comme les bonheurs sont des "appuis" pour en faire un cheminement spirituel. Le désir d'enfant est décrit dans cette pièce pour ce qu'il est fondamentalement, un don de la Vie, on peut dire aussi du Hasard créateur, cher à Marcel Conche et donc une adoption, une acceptation. Il met en jeu des coïncidences, des synchronicités, encore faut-il entendre ou voir, être disponible, mot à revisiter, la disponibilité me semblant relever du silence, du vide plus que d'une aptitude, attitude à tout recevoir, plutôt attitude d'accueil à ce qui s'offre. Chapeau pour cette forte vision de la maternité, de la mère qui rejoint de grandes traditions de sagesse et d'initiation, invitation à l'Amour.

(J'ai tenté de parler de ce désir d'enfant dans une note sur "Le silence d'Émilie" de Marcel Conche ou dans ma pièce "L'éternité d'une seconde Bleu Giotto". C'est là-dessus que je travaille en ce moment, pour un grand bout de temps, sur "Ma dernière bande, rendre l'âme", car en partant, nous rendons. Quoi ?

Le désir d'enfant de Suzanne est désir de vie et en même temps porteur de "mort", je mets exprès des " " à "mort" car je suis de plus en plus persuadé que nous avons une vision simpliste, sclérosante, apeurée de la mort)

(merci Emmanuelle Arsan pour nos 17 ans de correspondance heureuse, sans rencontre, sans rien entre nous qui pèse ou qui pose, Khalil Gibran (lire les pages formidables du Prophète sur ce qu'est un enfant), Marcel Conche (pour sa métaphysique du Hasard), Deepak Chopra (pour Le livre des coïncidences , Le chemin vers l'amour) et autres passeurs)

Jean-Claude Grosse, le 16 janvier 2017

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Le fabuleux pouvoir de vos gènes/Deepak Chopra

4 Janvier 2017 , Rédigé par grossel Publié dans #notes de lecture, #agoras

deux livres stimulants, accessibles, sans concessions
deux livres stimulants, accessibles, sans concessions

deux livres stimulants, accessibles, sans concessions

Le fabuleux pouvoir de vos gènes

Deepak Chopra, 2016

Livre de 384 pages, le fabuleux pouvoir de vos gènes demande de l'attention et de la persévérance. J'ai mis plusieurs semaines à le lire parce que je me suis essayé à effectuer un certain nombre de choix faciles dans différents domaines, alimentation, activités, méditation... Ce sont des choix pour la vie, il n'y a donc pas lieu de se précipiter, il faut évaluer ce qui nous convient. Ce n'est pas un livre de prescriptions, c'est un livre de conseils que chacun est libre de suivre selon ses besoins, ses désirs, ses buts. Il y a donc lieu de faire le point, une sorte de bilan, un peu comme le dit l'inscription d'un cadran solaire non loin de chez moi : si tu ne sais pas où tu vas, arrête-toi, fais la pause et regarde d'où tu viens.

Je ne vais pas décrire mes choix et décisions. Chacun doit les faire pour lui-même s'il est convaincu de l'intérêt profond de ce qui est proposé. Que ces choix et décisions soient complètement fondés scientifiquement, rien n'est moins sûr. Mais la probabilité est grande. Et surtout, le fait de croire aux effets positifs de ce que l'on décide se suffit comme le prouve le fameux effet placebo. Nos convictions, croyances sont agissantes.

Avec ce livre, il en est de même avec le précédent, le fabuleux pouvoir de votre cerveau, Deepak Chopra fait le point sur ce que nous savons, met en question les hypothèses, évalue les effets possibles de ce savoir évolutif sur les gènes. C'est une somme, vivante, non une bible, sur les usages possibles au quotidien d'un savoir récent, en construction, qui met à mal nombre de certitudes, de lieux communs nous venant d'un savoir précédent, devenu obsolète en grande partie, mais qui continue à être colporté, diffusé, partagé. La réactivité de la "communauté" scientifique aux avancées techniques, scientifiques est freinée par des lourdeurs, des enjeux de prestige, de profit, par des cabales, des résistances dogmatiques. La réactivité de la société est bien entendue en résonance avec celle de la "communauté" scientifique, « communauté » étant un euphémisme. Selon le niveau de culture, le statut socio-professionnel et autres déterminations plus ou moins agissantes, les groupes et les individus seront plus ou moins en phase ou plus ou moins en décalage avec l'état actuel des connaissances, avec l'état actuel des polémiques, avec l'état actuel des incertitudes.

Au sortir de ce livre, ce qui domine pour moi est l'impression d'avancées, de percées aux potentialités considérables mais aussi le sentiment que nos savoirs sont plein d'incertitudes, qu'ils ne sont pas acquis durablement, qu'ils sont instables. Il faut donc avoir une curiosité scientifique inlassable, hélas difficile, imposssible à satisfaire car les domaines concernés sont très spécialisés, que les spécialistes sont souvent seuls à se comprendre, que la vulgarisation n'existe pas ou peu, que les passeurs de ces savoirs évolutifs, voire révolutionnaires, sont rares. Autrement dit, l'objectif de vivre avec son temps, avec son temps scientifiquement parlant, qu'il s'agisse de nous, notre corps, notre esprit, qu'il s'agisse de la Terre, de l'Univers, est un objectif inatteignable mais auquel, pour ma part, je préfère ne pas renoncer. Me voir et me vivre selon ce que nous savons aujourd'hui de nous, vivre dans un Univers selon ce que nous en savons aujourd'hui me semble une tentative difficile mais aux effets bénéfiques, en tout cas préférables aux effets sclérosants des modèles précédents obsolètes ou en cours d'obsolescence. Et pour tout dire, je préfère passer une partie de mon temps à me mettre au courant (expression intéressante) de l'état actuel des recherches qu'à m'indigner en permanence des histrions qui occupent le devant de la soi-disant scène qui compte.

Obsolète, la séparation inné-acquis. Obsolète, l'ADN, signature immuable d'un individu. Obsolète, la démarche par causalité linéaire : un symptôme, une « maladie », un traitement. Obsolète probablement, le darwinisme pur et dur confiant au hasard seul, le moteur de l'évolution.

À reconsidérer, les rapports corps-esprit ou corps-mental. Le rôle, la place de la mémoire, des mémoires (le domaine à mon avis, le plus important comme le montre l'ADN, mémoire vivante, agissante en permanence de 3,5 milliards d'années d'évolution, c'est cette mémoire qui est à considérer comme intelligence créatrice, évolutive; l'IA -intelligence artificielle- a beaucoup à nous apprendre sur comment un système se corrige, se développe...). À reconsidérer, nos croyances sur la mort, les représentations que nous en avons. Faire appel à de nouveaux outils, concepts et réalités, la causalité nébuleuse, l'intelligence auto-organisationnelle par rétro-action, feed-back, homéostasie, le génome et sa plasticité, l'épigénome et ses capacités réparatrices ou destructrices découvertes par l'épigénétique selon qu'il y a activation ou désactivation par méthylation , le microbiome (les milliards de bactéries, plus nombreuses que nos cellules qui nous colonisent, très lointaines ou très anciennes et sans lesquelles nous ne pourrions digérer et nous défendre...) et ses interactions au plus petit niveau avec nos cellules. Admettre que nos corps fonctionnent bien, en harmonie, que nous n'avons presque qu'à laisser faire, sauf dans les domaines essentiels de l'alimentation, du sommeil, du stress, de l'activité physique, de l'environnement dans lequel nous vivons, que les dérèglements sont rares, peuvent être partiellement prévenus par une bonne hygiène et qualité de vie, la diversité des cellules et des organes n'étant pas régie par la seule loi de la survie pour chacune et chacun, auquel cas ce serait la guerre permanente en nous mais aussi par une autre loi, le service de l'ensemble, le vivre ensemble si je puis dire, chacun restant spécialisé mais en lien avec le reste, avec l'ensemble, ce n'est pas seulement chacun pour soi, c'est chacun pour tous (à relever le fait que cette diversification, cette spécialisation des cellules et des organes, 79 organes dans le corps humain dont un vient d'être découvert et nommer - il s'appelle le mésentère et est situé dans le système digestif, reliant l'intestin aux parois abdominales, on ne connaît pas encore ses fonctionns -; cette diversification est obtenue à partir d'une cellule qui se divise par mitose, 2 donnent 4 puis très vite on est à des milliards, d'où problème métaphysique, l'indéfiniment grand est-il engendré par division de l'unité ou faut-il postuler l'infini pour en dériver tout ce qui est fini, comptable ?). Ne pas s'énerver quand des paradoxes surgissent et ils sont nombreux, contribuant à nous déstabiliser. Porter un regard différent, nouveau sur nos maladies, l'Alzheimer (pour se faire une idée de comment on a avancé dans ce domaine, on lira L'éclipse de Rezvani où celui-ci décrit avec force détails, sorte de confession implacable, le développement de la maladie chez sa femme, Lula), les cancers, le diabète, l'obésité, nos dépressions. Ne pas croire à la toute puissance de nos choix de vie. Ne pas croire à leur inutilité pour retomber dans les mêmes compulsions de répétition. Avoir plutôt une approche holistique, corps-esprit, une approche tenant compte du contexte environnemental (vit-on en zone fortement polluée ou a-t-on la chance d'y échapper partiellement, ai-je échappé au nuage de Tchernobyl ou pas ?), interrogeant les comportements, remontant dans la psycho-généalogie pour découvrir de possibles héritages par transmission sans doute épigénétique après avoir été culturels et familiaux, une approche consciente de l'impact des mémoires qui nous constituent, donc des durées historiques dont nous sommes les héritiers et les passeurs. Je pense même qu'il faut élargir cette conscientisation jusqu'aux étoiles dont nous sommes des poussières.

Évidemment, je dis tout cela avec mes mots, pour me rendre accessible ce que j'ai retiré de ce livre stimulant, offrant un nombre important de nouvelles connaissances, portant sur la place publique les différends traversant la « communauté » scientifique dont l'ultime différend, métaphysique, primat de la matière, du hasard créateur, option matérialiste dominante chez les scientifiques, primat de la Conscience, d'une Intelligence créatrice, option spiritualiste, minoritaire chez les scientifiques, (il ne semble pas nécessaire de considérer cette Intelligence comme ayant à voir avec « Dieu », avec le créationnisme; comme je l'ai signalé plus haut, je pense que c'est la mémoire qui se constitue, qui se transmet, qui évolue, qui s'adapte, le moteur de cette intelligence créatrice). J'opte pour un mixte des deux, pour une approche corps-esprit, étroitement reliés.

Un exemple de la fécondité de cette approche. L'ADN de chacune de nos cellules, déplié, fait 2,5 m. Sont mémorisés 3,5 milliards d'années d'évolution des espèces avec 4 lettres A, C, G, T enroulés en double hélice, ingéniosité de stockage, ingéniosité de reproduction, de réparation... Par exemple, le chromosome1 humain, qui est le plus grand des chromosomes humains, contient environ 220 millions de paires de bases pour une longueur linéaire de 7 cm. L'ADN recèle toute l'information génétique permettant aux êtres vivants de vivre, de croître et de se reproduire. Certains constituant de l'ADN, l'adénine, la guanine semblent avoir été formés dans l'espace. Cette mémoire n'est pas une mémoire figée, c'est une mémoire évolutive dans le temps, l'évolution continuant, évolution dont on peut penser qu'elle s'accélère avec ce que l'épigénétique nous apprend, à savoir que des modifications acquises de comportements, transmises culturellement sont, dès une ou deux générations, aussi transmises épigénétiquement, transmission dont on ne sait pas dire encore sur combien de générations elle s'effectuera. Ces découvertes modifient l'approche inné-acquis, obligent à reconsidérer les rapports nature-culture (pour le dire clairement, il y a une intelligence créatrice de la nature, de l'univers, de la vie, du corps qui est sans doute sous-estimée par rapport à l'importance accordée à l'éducation, à la culture comme vecteurs de transmission; la tentation cartésienne, l'homme maître de la nature, est toujours dominante; humilité SVP; les mémoires de la Vie sont autrement plus efficaces que cette "mémoire" qu'on appelle Histoire, leçons de l'histoire; l'homme en société n'est pas capable pour le moment de s'auto-réguler, s'auto-corriger; des individus par démarche personnelle évoluent considérablement; un mouvement de fond semble se dessiner mais évidemment les accrocs au fric et au pouvoir veulent se servir au passage d'où le développement de toutes sortes de techniques et stages de bien-être). Cette mémoire est agissante à tout instant car les cellules meurent plus ou moins vite, certaines très rapidement, de l'ordre de la seconde, cellules gastriques par exemple, et donc elles doivent se reproduire à l'identique, se répliquer quasi en permanence (nous avons un corps nouveau, le même et un autre tous les 5 ou 6 mois). Autre information et non des moindres, notre ADN a une durée de vie d'1 million et demi d'années après notre mort. Le clonage a de beaux jours devant lui et donc une certaine immortalité. On ne s'explique pas autrement les recherches à visée très messianiques et lucratives de géants de l'IA comme Google et d'autres. Dernière information: seulement 10% de notre ADN est utilisé pour la fabrication de protéines. C'est ce sous-ensemble d'ADN qui intéresse les chercheurs occidentaux et qui est actuellement examiné et catégorisé. Les autres 90% sont considérés comme de l'ADN junk, l'ADN poubelle dit Deepak Chopra. Cependant, les chercheurs Russes, convaincus que la nature n'est pas stupide, ont rejoint les linguistes et les généticiens en entreprenant d'explorer ces 90% de d'ADN poubelle. Leurs résultats et conclusions sont tout simplement révolutionnaires ! (voir le 1° article en lien ci-dessous).

L'ADN étant utilisé par les êtres vivants pour stocker leur information génétique, certaines équipes de recherche l'étudient comme support destiné au stockage d'informations numériques au même titre qu'une mémoire informatique. Les acides nucléiques présenteraient en effet l'avantage d'une densité de stockage de l'information considérablement supérieure à celle des médias traditionnels avec une durée de vie également très supérieure. Il est théoriquement possible d'encoder jusqu'à deux bits de données par nucléotide, permettant une capacité de stockage atteignant 455 millions de téraoctets par grammes d'ADN monocaténaire demeurant lisibles pendant plusieurs millénaires y compris dans des conditions de stockage non idéales; à titre de comparaison, un DVD double face double couche contient à peine 17 gigaoctets pour une masse typique de 16 g, soit une capacité de stockage 400 milliards de fois moindre par unité de masse.

Prospective personnelle. Il me semble qu'on peut aborder le paradoxe never more, for ever sous l'angle de la mémoire. Tout ce que nous vivons d'immatériel, ce que nous pensons, éprouvons, ressentons, tout cela passe, ne reviendra pas, est passé une fois pour toutes, never more; il n'y a que l'instant présent en déduisent certains, vivons l'instant présent devient un mot d'ordre, rétrécissant, réducteur. Or, il sera toujours vrai que ce qui a passé a eu lieu, for ever, il sera toujours vrai que mon amour pour toi au jour le jour, instant par instant, a duré 50 ans. Outre que je m'en souviens avec plus ou moins de fidélité (en réalité nos mémoires construisent des fictions, des légendes; les chercheurs montrent aujourd'hui que se souvenir c'est se tromper), la mémoire au jour le jour de cet amour existe. Il en est de même de tout ce que j'ai pensé, éprouvé, ressenti, de mon premier cri à mon dernier souffle. J'écris donc un livre non pas d'éternité mais d'immortalité, infalsifiable, véridique, pas écrit d'avance ni utilisé pour un quelconque jugement dernier, livre que je rends en rendant l'âme, expression à revisiter en dehors de toute référence religieuse. Où est stocké ce livre d'immortalité ? Filant la métaphore du livre, on imagine une bibliothèque de tous les livres de chacun, une Babel cosmique. Il me semble que ce livre qui s'écrit instant après instant doit se mémoriser instant après instant dans notre cerveau, dans 4 neurones de notre hippocampe (4 neurones suffisent vu ce que j'ai dit plus haut sur la capacité de stockage dans les nucléotides), peut-être même se mémoriser épigénétiquement. Mais je ne suis pas un chercheur, seulement un questionneur.

J'espère vous avoir donné l'envie de faire votre usage personnel d'un livre qui peut permettre de vivre sa vie, autrement, « mieux », plus sereinement, plus responsablement, de façon plus élargie (le corps comme enveloppe est une notion un peu trop limitée, de même le corps comme machine, on est, on n'est qu'échanges, vie et mort cellulaire en permanence, toujours le même, toujours renouvelé), plus ouverte (sur les autres, à appréhender comme personnes plus que comme groupes, foules, masses, sur la Terre comme auto-organisation de mondes se survivant (la loi du plus fort, la loi du mieux adapté) et en même temps inter-dépendants (la chaîne alimentaire, les éco-systèmes...), l'univers comme le grand milieu ayant rendu possible sous certaines conditions et constantes, la Vie, vivre de façon plus consciente et plus libre, plus créative, plus intelligente, comme un Grand Jeu.

Mais ne soyez pas dupe de la présentation dithyrambique de l'éditeur :

« Selon les auteurs du best-seller Le fabuleux pouvoir de votre cerveau, contrairement à une croyance profondément ancrée, nous ne subissons pas nos gènes : nous pouvons en tirer parti. Les perspectives soulevées par la génétique nouvelle sont palpitantes. Vous découvrirez dans cet ouvrage comment influencer vos gènes de manière à transformer votre vie comme vous le souhaitez. Car vos gènes sont dynamiques et réagissent à tout ce que vous pensez, dites et faites.
Les Drs Deepak Chopra et Rudolph Tanzi vous indiquent les éléments clés pour ne plus subir votre patrimoine génétique : alimentation, sport, méditation, sommeil et gestion du stress et des émotions, tels sont les leviers que tout un chacun peut utiliser pour obtenir des effets sans précédent sur la prévention de la maladie, l’immunité, le vieillissement et les troubles chroniques.
• ouvrage révolutionnaire, qui prend le contre-pied de croyances obsolètes dans les milieux scientifiques et au sein du grand public
• ouvrage à la pointe de la science, mais très accessible à un public non averti
• des clés pratiques et éprouvées pour agir sur ses gènes et sa vie
• des connaissances illustrées par des récits touchants et bien réels
• ouvrage bénéficiant du soutien d’une partie de la communauté scientifique ».


Jean-Claude Grosse, 4 janvier 2017

 

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