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Blog de Jean-Claude Grosse

Commencement et fin

2 Février 2006 , Rédigé par Jean-Claude Grosse Publié dans #essais

Comment ça commence? Comment ça finit?
Un mot-objet de Pof, très représentatif du Pof-Art. Mot tiré du livre: 30 mots pour maman, aux Cahiers de l'Égaré.


Que dire sur le commencement?
Quand un commencement commence
un chemin se met à cheminer
jusqu'à une fin qui y met fin.

Le commencement contient-il                                                 le chemin                                         et la fin?

Il y a des tenants de cet abrutissement.

La fin
           révèle-t-elle ce que fut le chemin
et donne-t-elle son sens (double sens)
au commencement?

Il y a des tenants de cet abrutissement.

Si le commencement ne contient rien

et si la fin ne dit rien
y a-t-il encore chemin?




Tout commencement est arbitraire.
Il n'y a pas de point zéro.
Tu ne peux tout réinventer, tout recréer.
Pars de ce qui t'es donné
et que tu ne peux refuser.
Pars de cette violence qui t'est faite
et que tu peux organiser.

Dieu nous a donné la terre.
Nous la lui rendrons retournée, cultivée.
Il a fait l'animal humain.
Nous lui rendrons l'Homme. (1966)

J'ai osé cela, il y a 40 ans. Osé mêler Dieu à notre aventure terrestre et cosmique. Osé évoquer par trois fois un "nous", espoir d'unité et d'élévation très affirmé. Deux ans après, c'était 1968. Beaucoup, aujourd'hui, critiquent. Je souhaite aux jeunes et moins jeunes de connaître ce que nous sommes beaucoup à avoir vécu: un temps de parole, de propositions, de décisions et d'actions. J'ai peut-être eu la chance d'être bien placé: professeur dans le nord et doctorant  à Nanterre. Membre élu du comité de grève du lycée et membre du comité de grève de la ville. Le nouveau pouvoir, pendant trois semaines, ce fut l'assemblée générale quotidienne rassemblant 700 personnes en moyenne et qui décidait des tâches du jour pendant qu'au lycée, on jetait les bases, on posait les principes d'autres relations professeurs-élèves  et aux savoirs dont on percevait avec acuité les contenus idéologiques. Et quand j'allais à Nanterre, c'était pour retrouver un grand professeur, Henri Lefebvre et quelques leaders du mouvement du 22 mars dont Cohn-Bendit que j'ai longuement interviewé et enregistré sur magnétophone à bandes (où les ai-je mis pour l'Histoire?). Qui oserait 40 ans après, croire au "nous"? Je vois triompher le "moi". Du "nous" exacerbé au "moi" enflé, tel est notre trajet.

Dans l'état actuel des connaissances, il semble qu'aucun Dieu n'a de projet pour l'Homme, que la Terre et le Cosmos n'attendent rien de l'Homme. L'humanité est vouée à disparaître. Puis la Terre. Puis le Soleil. Règnent le hasard et le chaos, avec de ci de là, dans le désordre universel, quelques zones d'ordre éphémère. Cela, nous pouvons en être à peu près sûr malgré tous les créationnistes.
Dans l'état actuel de la pensée, il semble que des preuves n'existent ni pour une philosophie ni pour une religion.
Pour une religion, on a affaire à des croyances intimes ou forcées par coutumes et traditions.
Pour une philosophie, on a affaire à des convictions argumentées mais qui ne peuvent convaincre que celui qui veut être convaincu.
Donc, ma recherche de la vérité, but de la pensée et expression de ma liberté, ne peut être  qu'une recherche ininterrompue jusqu'à ma mort. Cela ne veut pas dire que je change de convictions comme il peut m'arriver de changer d'opinions plus fluctuantes parce que sans doute anecdotiques. Mais, il peut y avoir des tournants dans notre manière de voir, de sentir, de penser le monde.

Tout commencement est de hasard.
Ainsi de la vie.
Malgré code et programme bien établi
combien d'aléas.
Ainsi de la parole.
Tu ne peux tout réinventer, tout recréer.
Pars de ce qui est donné
de ce qui est là peut-être pour toi
si tu veux l'accueillir
et qui s'en va sans se soucier de toi
tu peux aussi le refuser
en tout ou partie sans que ça le dérange.
Toute fin est de hasard.
Ainsi de la mort.
Tu peux mettre le point final  (1996)

Le point final, je ne l'ai pas mis


10 ans après, je dirais les choses différemment.

Je renvoie au court essai:
D'une métaphysique pour vivre vraiment,
que j'ai mis en ligne sur le blog: les agoras du Revest,
ainsi que sur le forum: La cave du savoir sur le site: axiomfirst.

La fin est connue: ma mort, ta mort, sa mort, notre mort, votre mort, leur mort.
 Ce destin ne décide pas du dessin de ma vie, de ta vie, de sa vie, de notre vie, de votre vie, de leur vie.





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