Samedi 12 décembre 2009
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16:00
Ce 12 décembre, Michel Bories (alias Pof)
aurait eu 60 ans.
Il a disparu à Cuba, avec son neveu, Cyril Grosse,
qui était entre 30 et 31 ans, le 19 septembre 2001
Le Maire des États-Unis,
tableau du 20/9/1995, réalisé à Alès
Faut-il offrir ce métis du XIX° siècle
à Obama via Sarkozy ?
J'attends vos avis ?

du 1° septembre au 11 octobre
exposition Michel Bories
(1949-2001)
au Château Royal de Collioure
(2800 visiteurs, 65 pages de commentaires dans le livre d'or,
27 pays: Norvège, Suède, Danemark, Pays-Bas, Belgique, Allemagne, Suisse, Autriche, Italie, Pologne, Roumanie, Lettonie, Estonie, Russie, Chine, Israël, Angleterre, Écosse, Pays de Galle,
Irlande, France, Espagne, Catalogne, Canada, États-Unis, Mexique, Chili, 20 langues, 2 Horizons de 1982 au Musée d'art moderne de Collioure, 1 oeuvre à l'Hôtel du Département à Perpignan,
un reportage télé, 3 articles dans la presse; des expositions en préparation à Alès, Nîmes, Saint-Rémy de Provence, Région Picardie...)
Horizon du 4 septembre 1982 réalisé à Corsavy
au Musée d'art moderne de Collioure,
choisi par la conservatrice des Musées de Céret et Collioure
Horizon du 6 septembre 1982 réalisé à Corsavy
au Musée d'art moderne de Collioure
choisi par la conservatrice des Musées de Céret et Collioure
Effritements du temps et du royaume en Catalogne
réalisé en 1987, titré en 1997,
à l'Hôtel du département à Perpignan
Effritements du temps et du royaume en Catalogne, Michel Bories 1987.
Ce tableau a été réalisé pendant la période des écritures en 1987. Il est resté paisiblement accroché pendant
vingt ans dans la chambre de son neveu Cyril. Doucement le temps a fait aussi son œuvre… Il a sapé, craquelé, détaché, arraché… la peinture s’est écaillée, et, en 1997, Michel a baptisé
cette peinture : « Effritements du temps et du royaume en Catalogne ».
Tout autre peintre aurait masqué et restauré l’outrage du temps. Pas Michel. Par cet accident, par cette peinture qui se détache par morceaux, par la feuille qui se gondole… le
tableau finissait son cheminement pour acquérir tout son sens. Effritements du temps et du royaume en Catalogne… dans ce titre empreint de nostalgie c’est toute la ténacité de
l’identité catalane qui s’affirme. La terre catalane si chère à Michel Bories se faisait œuvre. Effritements… c’est l’histoire des Catalans qui résonne dans ce mot… En effet, de l’an
mil jusqu’au traité des Pyrénées en 1659 se déroule la grande histoire des Catalans : celle du Comté de Barcelone, du Royaume de Majorque, puis, le rattachement à la couronne d’Aragon,
enfin, la division de la terre catalane… Indépendance et soumission, grandeur et décadence, unité et effritement… Michel ne pouvait que relever la métaphore suggérée par cet accident
dans sa peinture. Ici l’œuvre est soumise aux aléas du temps, à une peinture qui s’écaille, à la torsion du support. L’encadrement voulu par Michel en renforce l’effet : l’œuvre crayeuse, est
comme posée sur une large caisse américaine, accrochée sur un mur que l’on espère blanc… Ces cadres blancs sur fond blanc donnent un sentiment de vertige et de plongée… comme un zoom
sur la tragédie qui se déroule silencieusement sous nos yeux. Regardez mon Royaume se meurt…
La légende des siècles tombe en miettes ?... qu’importe ! Ces miettes portent l’œuvre autant que les aplats ou les collages. Probablement qu’un jour il ne restera que quelques vestiges
blancs, épars, dispersées autour d’une composition carrée, rouge sang, et coiffée d’une espèce de blason solaire. Le rouge et l’or bien fixés et le masque blanc qui disparaît… comme une
identité catalane bien réelle qui résiste quand tout le reste a disparu. Regardez mon Royaume se meurt mais son âme demeure… Belle leçon d’histoire…
Mais aussi, belle leçon de peinture : le peintre donne naissance, il baptise, Chronos détruit… tout ? Non… pour une fois Chronos n’aura pas dévoré son enfant… comme la vieillesse et la mort
sont deux éléments de la vie, la dégradation peut être un élément de l’œuvre... par contre seul son créateur peut la détruire.
Laetitia Canal
Le peintre au travail
Disparition,
disponible aux Cahiers de l'Égaré,
35 euros plus 7 euros de port, hors commerce
Horizon
Par grossel
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Publié dans : grossel
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