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CONVERSION

Table rase.
Plus de presse
de radio
de télé.
Si beaucoup comme moi,
que de faillites !
système en crise.
Fuis
cocottes cyniques
grenouilles bénites
autruches confites.
Toutes espèces
de contemplatifs :
drogué
alcoolique
mystique
sage
naturiste
mélomane
Et toutes espèces
d’hommes d’action :
en portable.
Si beaucoup comme moi,
que de misanthropes !
faillite du système.
Refuse les comportements
majoritaires
populaires : …
les modes
minoritaires
snobinardes : …
Si beaucoup comme moi,
finie la commerie,
achevée la révolution.

Jean-Claude Grosse
La Parole éprouvée,
Les Cahiers de l'Égaré
 

 

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Photo prise à Petergoff en 2005

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Les agoras d'ailleurs

Les Cahiers de l'Égaré



SEL

Mercredi 9 février 2005 3 09 /02 /2005 00:00

Ne pouvant plus programmer dans la Maison des Comoni, les 4 Saisons du Revest vont inventer de nouvelles manières de faire circuler les œuvres, les pensées, les artistes, les poètes, les philosophes…

SEL est la gazette saléatoire des nouvelles activités des 4 Saisons du Revest.

Le n° 1 de février 2005 est disponible ci-dessous. Il est à faire circuler largement.

>>>SEL N°1.pdf

Par Jean-Claude Grosse - Publié dans : SEL
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Vendredi 11 novembre 2005 5 11 /11 /2005 18:56
SEL N°2 , gazette SALÉATOIRE des 4 Saisons du Revest, est enfin disponible.
SEL N°1 était sorti en février 2005. Voir l'article: La renaissance des 4 Saisons du Revest, du 9 février 2005.
Avec ce N°, SEL aura une parution régulièrement saléatoire. Bonne lecture.
Deux pages sont consacrées à partir de l'affaire Danse à Aix, à une réflexion sur ce que ces liquidations manifestent: 

DE L'ÉLITAIRE POUR TOUS IMPRATICABLE   À   LA DÉBILE SOLLICITUDE POUR CHACUN.
      
                                                                                                                       c'est signé: Le DRACula.
                                                           SEL N°2

Voici un commentaire écrit de Marcel Conche reçu le 10/11/05:
- Je suis sensible à la façon dont vous prêtez vie - à votre façon personnelle - à ma Métaphysique de l'apparence dans votre bel éditorial de SEL.
- Avec votre thèse de " La Politique comme art de l'écart ", vous touchez juste. La fidélité en politique est un mal, car elle aboutit à des entêtements d'autruche.
- Votre analyse de la situation actuelle de la culture est pénétrante et juste.
Par Jean-Claude Grosse - Publié dans : SEL
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Dimanche 1 janvier 2006 7 01 /01 /2006 22:29
SEL N° 3 sort ce 1 / 12 / 05 pour vous permettre d'assaisonner pendant ce mois de fêtes vos plats préférés:

La querelle d'Avignon 2005 avec DRAC  ULLA
Livres en liberté  vrai  ment ? avec GROSSEL
Halte aux constags! avec CONSTYPÉS
                     SEL N° 3

Voici un commentaire arrivé par mail: J'ai apprécié l'article de la (ma)-querelle d'Avignon. Il a de la vigueur non sans rigueur, le seligaud des Carpates. Notamment,quand il dit qu'aller au théâtre c'est comme aller dans une maison bien close. Le pessimisme artiste concernant les quidams sert de médiocre justification à des gens que tracasse, quant à leur légitimité artistique, tout l'argent qu'on leur donne. Mais pitié pour ces gens! Lourdement responsables, il faut bien qu'ils arrivent à dormir. De toute façon, révolution ou contre-révolution, les quidams pour eux ont toujours compté pour du mauvais beurre, du cholestérol socio-cul. Comme si les quidams ne savaient plus un certain latin, ainsi que leur nom l'indique. Bref, Ulla me plaît bien quand elle plante son pieu dans le coeur postiche des nouveaux élitistes. Elle a ce courage des prostituées qui acceptent, pour le bien public, de sucer même de l'insipide. Signé:LE COMTE çA PÉTUEUX DE MORNAGUE.
( lire commentaire et réponse )
Par Jean-Claude Grosse - Publié dans : SEL
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Vendredi 1 septembre 2006 5 01 /09 /2006 20:42
ANNIVERSAIRES

Juillet 2003: on fêtait les 20 ans des 4 Saisons du Revest.
C'était, il y a 3 ans.
Retour en vidéo sur cet anniversaire où on entend le maire du Revest fêter
Les 4 Saisons du Revest avant son tournement de reveste, en juillet 2004.


LES 20 ANS


vidéo d'après un film sur les 20 ans dû à Moaw, étudiante aux Beaux-Arts de Toulon

Discours du maire pour les 20 ans
(pdf)



Par Jean-Claude Grosse - Publié dans : SEL
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Vendredi 15 décembre 2006 5 15 /12 /2006 16:11
J'ai mis en ligne sur le blog des Cahiers de l'Égaré,
et deux critiques
l'une sur un spectacle vu au théâtre Garonne à Toulouse, le 22 novembre,
Enter the ghost
Pasolini (cliquer sur la photo)

l'autre sur un spectacle vu au Théâtre Europe à La Seyne, le 28 novembre,
Pelléas et Mélisande
Maeterlinck (cliquer sur la photo)

Voici la partie politique de l'article sur Pelléas et Mélisande:
Un travail de grande qualité donc, même si on peut faire quelques réserves (le spectacle aurait besoin de mûrir avec un certain nombre de représentations), qui fait de Hi Han, une des meilleures équipes du Var et qui devrait rayonner bien au-delà. Mais pour construire ce rayonnement, il faut collectivement s'en donner les moyens; ce ne peut pas être le seul travail de la compagnie; il faut une politique culturelle cohérente inscrite dans le temps, mettant en jeu villes, structures, agglomération, département.
Sauf que cette création soutenue par 5 structures et 4 collectivités ne sera jouée que 3 fois.
Il y a là un scandale.
Pourquoi appeler co-production le soutien d’une structure mettant à disposition son lieu pour un temps de travail ?
Correctif: la mise à disposition d'un lieu pendant 3 semaines est une aide, un soutien, non une co-production. D'où la question: n'y a-t-il pas mésusage de certains mots tant chez les compagnies que chez les structures? Les mots: co-production, co-réalisation, pré-achat doivent retrouver leur vraie signification contractuelle et ce pourrait être l'objet d'un débat national organisé par l'ONDA.
Peut-on parler de création quand le spectacle n’est donné qu’une fois, là où se déroule la première et quasi-dernière? Et que la structure accueillante n'a pas les moyens institutionnels et organisationnels (emploi du temps d'une salle municipale dévolue à d'innombrables activités) d'accueillir une série?
Quelle responsabilité du réseau Scènes (réseau de l'aire toulonnaise) dans ce déficit de représentations?
Quelle responsabilité de Châteauvallon qui n'accompagne pas apparemment de compagnies varoises, ne va pas voir leur travail (pour Hi Han et d'autres, c'est sûr) et qui n'accueille pas un tel travail pour une série, ce qui doit être, je suppose, dans les missions de cette structure, dite CNCDC?
Les 4 Saisons du Revest avaient donné à Hi Han d’autres conditions de travail lors de la création de Cabaret Toy, création étalée sur 2 ans avec, la 1° année, la proposition d’une maquette et la 2° année, 1 mois 1/2 de résidence avec 10 représentations.
La politique culturelle de TPM, (agglomération Toulon Provence Méditerranée), avec ses pôles, conception technocratique autoritaire de la culture (qui dans son dispositif a oublié la création théâtrale tout public) porte préjudice aux créateurs comme Hi Han qui ne trouvent plus un lieu d’accompagnement comme le fut la Maison des Comoni au Revest du temps où Les 4 Saisons du Revest étaient chargées de soutenir la création et les compagnies émergentes. TPM fait miroiter le pôle théâtral de La Seyne. En attendant, les compagnies varoises se démerdent comme elles peuvent. Toulon fait miroiter le Théâtre de la Place de la Liberté. En attendant, les compagnies toulonnaises se démerdent comme elles peuvent.
Comment est-il possible que les collectivités (région, département, agglo, ville) qui ont mis 26.000 euros en subvention sur cette création n'exigent pas des lieux et des réseaux (Scènes, Var en scènes) plus de responsabilité dans l'usage de l'argent public?
D'où ma conclusion:
Pensez à vous inscrire sur les listes électorales d'ici au 31 décembre 2006. Car les moeurs et pratiques actuelles ne changeront pas avec les politiques en place ici.
2007, 2008 seront peut-être l’occasion de remettre certaines choses à plat, y compris sur le plan de la culture qu’il ne faut plus laisser entre les mains de politiques clientélistes, de quelques technocrates imbus de leur "pouvoir" ou servilement soumis (j'en connais comme j'en connais qui sont au service des créateurs, essaient de défendre une conception juste de l'art et de la culture; il y en a qui déjà rient: juste, ça nous rappelle Ségolène!) et d’hypocrites directeurs (pas tous mais beaucoup) ne cherchant qu’à se faire mousser auprès de leurs tutelles, lesquelles ne se soucient pas trop, semble-t-il, des pratiques conduisant à dépenser 26.000 euros d'argent public pour 3 représentations.
Évidemment, mon propos n'a pas pour objectif de rendre la compagnie responsable de cet état de fait. Les compagnies démarchent mais rencontrent rarement une oreille au bout de leur portable ou un oeil au bout de leur mail. Quant à obtenir un rendez-vous?
Je précise que je ne porte aucun jugement sur ce cas précis; je pose des questions légitimes, en tant que citoyen, sans responsablité élective, institutionnelle, se mêlant de ce qui ne le regarde pas, qui est la seule définition valable du citoyen.
Heureusement, les comédiens touchent quelques euros et quelques cachets pendant le temps de la création (3; 20 ce serait mieux, mais il faut des dates, des acheteurs-diffuseurs pour qu'il y ait des dates, ce qu'on n'obtient pas avec 3 dates; bref, l'enfer de la culture soumise aux moeurs de ce milieu qui aurait besoin d'un sacré coup de balai, au moins en reprécisant les mots, en revisitant les attitudes et ça, ça demande une volonté collective) et peuvent ainsi espérer boucler leurs 53 cachets pour se maintenir comme intermittents du spectacle.
Bref, il n’est pas facile aujourd’hui, hormis celles et ceux qui connaissent les ficelles et procédures de ce milieu délétère, d’être artiste avec conviction et nécessité.
Jean-Claude Grosse


PS: Le journal des répétitions de Pelléas et Mélisande, dû à BSK, dessinateur, accompagnant les temps de répétition est disponible: il est d'une acuité et d'une acidité décapantes.

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Par Jean-Claude Grosse - Publié dans : SEL
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Jeudi 8 février 2007 4 08 /02 /2007 16:33
Lettre à Ségolène Royal,
avant le 11 février 2007


Madame,

Je me permets cette 3° lettre, par le biais de Désirs d’avenir, pour vous faire part de quelques remarques. J’ai observé qu’à Toulon, ont parlé, avant vous, 3 « pontes », qu’à Paris, ont parlé avant vous, des « pontes » et un comédien. Dans vos réunions participatives, les gens s’expriment, moins que vous mais c’est sans doute la règle du jeu ; sur le net aussi, les gens s’expriment : vous en avez réuni une vingtaine, le 3 février, question sans doute d’efficacité. Les vidéos que j’ai pu voir des débats sont bien sûr des montages et ne donnent pas une idée précise de ce qu’ils sont.
J’attends le 11 février pour me faire une idée de votre pacte avec nous.
Mais quelques "petits détails" peuvent par leur présence ou absence faire la différence. Je l’ai déjà signalé à propos de l’affiche de campagne actuelle, vous, au milieu des gens, pas assez colorés et vous, un peu trop visible, les gens, flous.

Donc, pour le 11 février, n’hésitez pas à rendre à Jules ce qui est à Jules quand vous et vos collaborateurs aurez trouvé une pépite individuelle, à rendre à tel débat collectif ce qui lui appartient ; n’hésitez pas non plus à mettre sur la scène non seulement des jeunes de la ségosphère , non seulement des « pontes » et des « éléphants » mais des « gens » selon votre mot, des gens qui vous auront touché, interpellé, qui auront contribué à ce pacte, de façon à ce qu’on voit cette France d’"en bas" comme pour les obsèques de Pierre, l’abbé, où les pauvres étaient devant, sauf l’inévitable Chirac. Donnez même la parole à quelques-uns d’entre eux, d’entre elles, jeunes et vieux, blancs et colorés, façon aussi de renvoyer une réalité de vérité à ceux, les médias et les sarkozistes, qui se sont abaissés à faire de ce début de campagne, une campagne à l’américaine où l’on a une fois de plus la preuve que Chirac qui a dit vouloir pour cette Présidentielle, du débat d’idées, laisse son camp se vautrer dans la calomnie, l’imposture et la posture.
En clair, pour conclure, faites surtout que l’égalité que vous avez commencé à mettre en mouvement : "bas" égale "haut" parce que les citoyens sont des experts et que donc les « gens » égalent les « experts » ne soit pas bafouée dès le 11 février par une personnalisation excessive, par la réapparition du « haut » plus haut que le « bas ». Je vous ai donné deux autres conseils dans deux précédentes lettres : si elles ne sont pas arrivées jusqu’à vous ou à vos synthétiseurs, tant pis.
J'ai lu ou entendu Christiane Taubira dire en substance que le plus beau cadeau que les "gens" pourraient vous faire en vous élisant, c'est d'être difficiles à gouverner. Je vais préciser ma pensée à ce sujet: si c'est être exigeant dans le sens de l'élévation, alors d'accord et c'est un cadeau que les gens se font à eux plus qu'à vous puisqu'ils voudront que la parole soit tenue, y compris par les jurys citoyens, expression en sourdine aujourd'hui. Si c'est pour défendre des corporatismes, des privilèges, des prés carrés, alors   ce ne sera pas un cadeau. À mon avis, le second cas de figure risque d'être le plus probable, sauf si d'ici à l'élection , vous réussissez à rassembler et à amplifier le mouvement de prise de parole qui ne doit pas retomber après le 11 février.
Avec mon soutien et ma vigilance.

PS:
voici ce que j'ai écrit à quelques jeunes sur un forum de la région lilloise, très actif et anti-Ségo, en réponse à un message:

À mon avis, ce qui se discute sur ce forum à propos de Bové peut déboucher sur des accords et non désaccords si on distingue tactique et stratégie.
Je crois que sur les finalités, on est d'accord; là où il y a divergences, c'est sur les moyens, les tactiques: va-t-on arriver à ce qu'on veut (liberté, égalité, fraternité, déclinées de façon concrète et pas en droits non respectés) par la gauche anti-libérale, par Bové, par la marche des oubliés, par de nouvelles émeutes, de nouvelles manifs anti-CNE, comme vous le pensez ou par Ségo... et d'autres formes comme je le pense?
Pour ma part, j'ai fait choix de Ségo mais pas benoîtement.
Quand elle dit la parole que je vous donne, que vous prenez, on ne pourra plus vous la reprendre, cela veut dire que la démocratie participative, ce n'est pas seulement les débats actuels, ce seront les jurys citoyens et toutes autres formes de prises de parole et/ou d'action, ne serait-ce que pour que la parole donnée le 11 février, le contrat ou le pacte républicain du 11 février soient respectés, appliqués.
En clair, par exemple, si j'étais jeune, je me dirais: OK, chiche, je vote Ségo, je fais voter pour elle mais dès maintenant, je regroupe, alerte, pour que le moment venu, ce qui a été annoncé à Grenoble (il y a une bonne dizaine de mesures importantes à mon avis pour les jeunes) devienne réalité, et on interpelle la Présidente, les ministres, on les veut sur le terrain, on veut d'autres débats sur les bilans de l'action. Sûr, c'est un énorme chantier démocratique et on comprend pourquoi la gauche anti-libérale a raté parce que chacun a préféré sa boutique (PC, LCR, Bové, ATTAC, comités...) à la démocratie.
Il me semble que 5 à 6000 débats, c'est une nouvelle démocratie en marche, peut-être par pour très longtemps mais ça dépend de nous de faire que ces mots deviennent réalité.
Attention! si la révolution démocratique est en marche, alors les débats ne doivent pas s’arrêter le 11 février, car même si plusieurs centaines de milliers de personnes ont été concernées, ça ne ferait pas assez par ex pour un référendum populaire (de 1 à 4,5 millions de signatures propose le rapport du PS sur une Nouvelle République).
La révolution démocratique, ça n’est pas le retour à la seule décision juste, d’en haut, ça n’est pas seulement la politique par la preuve, toujours fournie par en haut, c’est la tentative de mettre en permanence à égalité haut et bas. C’est placer le citoyen au coeur du projet, individuellement et collectivement, pour qu’il puisse décider, contrôler; et toutes les formes de parole ou d’action sont possibles, y compris la révolution, l’insurrection contre le pouvoir, le contraire du souhait de la droite selon Brecht (si le gouvernement n'est pas content du peuple, il change de peuple); ce que la constitution de 1793, me semble-t-il avait inscrit: le droit à l’insurrection quand le peuple ne se reconnaît plus dans le pouvoir.
Pour conclure, j'aime votre rage: vous avez comme dit Axiom les pieds dans la merde donc sur terre ET EN VOULANT L'ÉGALITÉ EN FAITS, ce que Ségo a dit à Toulon, citant Gambetta, vous écrivez et écrirez une nouvelle page de la bataille démocratique. Au passage, je vous signale que quelques grands changements ont eu lieu par "en haut": séparation de l'église et de l'état, droit de vote aux femmes, abolition de la peine de mort...Même si des choses sont venues d'"en bas", même si vous ferez peut-être advenir du changement dans le sens de nos valeurs, universalisables, jamais acquises, jamais conquises. Haut et bas, ça peut disparaître avec le concept de citoyen-expert ou d'expertise citoyenne.
Quant à la différence de méthodes entre Sarko et Ségo, l'une: médiatique, histrionesque, à l'américaine, l'autre: de terrain et de démocratie participative, elle est due au fait qu’il y a  deux Français: celui qui aime le spectacle médiatique et accepte que son temps de cerveau disponible soit rempli par les messages du PDG de TF1 au service du capitalisme le plus prédateur et par les programmes de divertissement, Sarkozy compris. Rien ne dit d’aiileurs que ce Français, soumis volontaire, n’aura pas un sursaut le 22 avril. L’autre Français qui se comporte aussi en spectateur, mais moins que l’autre, veut effectivement mettre son grain de sel (mon pseudo là où j’interviens, c’est grossel), individuellement et collectivement pour une société à valeurs (Liberté, Égalité, Fraternité) et pour des individus devenant eux-mêmes (il commence par lui; il commence à désapprendre la servitude volontaire si bien décrite par La Boétie, en renonçant à passer 3H24 par jour devant l’écran de télé à s’énerver sur ce que font les médias à Ségolène ou sur leur "silence" sur les autres candidats).





Par Jean-Claude Grosse - Publié dans : SEL - Communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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Lundi 9 avril 2007 1 09 /04 /2007 12:00
Le 1° avril 2007

Mon 1° tour de campagne:
tour, détour, retour, contour des candidats à la présidentielle

Lettre publique à quelques centaines d’honorables correspondants

Chers honorables correspondants,

Vous fréquentez et vous appréciez plus ou moins
le blog des 4 Saisons du Revest qui interviennent ailleurs qu’au Revest,
le blog des Agoras du Revest qui se déroulent ailleurs qu’au Revest,
le blog des Cahiers de l’Égaré qui n’ont édité aucun livre sur Le Revest.

Vous n’avez pas été sans remarquer que depuis quelques mois, articles politiques, analyses et propositions sur l’école (française et finlandaise), la lecture (sujet controversé), la culture, l’éducation artistique y occupent une certaine place, produits par d’honorables contributeurs dont votre serviteur, pour servir au débat public.

Nous allons bientôt faire le 1° tour de la présidentielle par nos votes.
Je me propose de tourner autour des différents candidats, un tour seulement, sachant que je me suis engagé pour Ségolène Royal sur deux tours et un tour d’honneur.

Les enjeux de cette présidentielle
Cette élection assurera un renouvellement du personnel politique si Ségolène l’emporte.
Ce sera moins vrai si c’est Sarkozy.
Cette élection est importante
à cause de l’état de la France, en dette et en crise,
à cause de l’état d’esprit des Français qui en découle,
état d’esprit qu’a bien saisi Ségolène en allant à l’écoute des Français qu’elle veut réconcilier avec la politique par la preuve,
alors qu’une bonne moitié penche et pense à droite dont la politique aggravera pourtant les conditions de travail et de vie.
Sarkozy n’aime qu’une partie des Français mais, paradoxe, il aimerait être aimé du plus grand nombre alors qu’il a, depuis des années, jeté de l’huile sur le feu et attiré la haine.
La différence entre Ségolène, sereine , déterminée et Sarkozy, irritable, insultant, est considérable (lire l'article sur l'irrespect de la loi qui caractérise Sarkozy, blog des Cahiers de l'Égaré).
Préférez-vous le climat actuel de sinistrose engendré par la précarisation du plus grand nombre (bilan de Sarkozy) ou la solidarité à venir envers le plus grand nombre favorisant la paix sociale et civile (La France présidente de Ségolène)?
(lire PROJET CONTRE PROJET, blog des agoras)



La question de l’identité nationale, du drapeau,
de La Marseillaise.
Je trouve pertinent que cette campagne présidentielle mette l’accent sur la question de l’identité nationale, du drapeau, de La Marseillaise.
C’est répondre à la question : voulons-nous vivre ensemble, comment ? pour aller où ? indépendamment de d’où l’on vient (lire les articles sur ce sujet, blog des agoras).


couverture illégale
sera-t-elle invalidée?

Je me sens et me vis comme Français, parfois avec fierté, parfois avec malaise.
Je me sens peu européen (de cette Europe-là) et encore moins mondain (de cette ONU-là).
Cependant j’ai conscience qu’il ne faut pas se replier, qu’il faut regarder le monde et l’Europe en face, y agir pour plus de liberté, d’égalité, de fraternité, valeurs d’origine française, de gauche, transculturelles parce qu’universelles, même si nous n’avons pas toujours été à la hauteur de ces valeurs, hier et aujourd’hui.
J’apprécie que Ségolène Royal se soit réappropriée, pour et avec nous, des symboles caricaturés par la droite et l’extrême droite, en les resituant dans leur histoire, en leur donnant une signification universaliste (lire son discours de Marseille, blog des 4 Saisons).
J’apprécie ses propositions aux harkis et aux rapatriés, afin de pacifier sans repentance ni amnésie une mémoire vivante, blessée (lire sa lettre ouverte, blog des agoras),
j’apprécie sa visite au camp des Milles d’où partirent deux convois sans retour vers Auchswitz,
j’apprécie ses références à Louise Michel, à Olympe de Gouges qu’elle veut panthéoniser.

Le 6° tour d’Arlette Laguiller et de Lutte ouvrière
Contrairement à Arlette Laguiller et à Lutte ouvrière, je ne crois pas que ce débat soit du bavardage et détourne des vraies questions.

Le Pacte présidentiel de Ségolène est une tentative d’aborder et de résoudre les problèmes essentiels des Français qui pour une fois, ont été écoutés pour l’élaboration des propositions (voir les 4 vidéos sur les 100 propositions pour la France, blog des agoras).

La démarche participative
La démarche participative porte en elle un potentiel révolutionnaire et il dépendra des gens de donner toute sa force, toute son exigence à cette démocratie.
Ce que Ségolène et Christiane Taubira souhaitent :
des électeurs exigeants, prenant la parole, comparant les propositions, les démarches et choisissant en connaissance de cause,
pas sur des préjugés, des clichés,
nous situant à leur niveau, avec notre petite part de vérité et de responsabilité individuelles.

Le tour d’arnaque du Parti des Travailleurs et de Gérard Schivardi
Comparons cette démarche à celle du Parti des Travailleurs et de Gérard Schivardi, s’autoproclamant candidat des maires : exemple de mépris de la démocratie dont il se réclame, escroquerie intellectuelle, slogan invalidé à juste raison par la Commission nationale de contrôle de la campagne présidentielle.
Schivardi n’est pas plus qu’un autre, candidat des maires.
Affirmer que le programme du PT permet cette OPA sur les maires relève d’une vision totalitaire : un mouvement de 6000 membres peut-il prétendre parler pour tous les maires. ?
Dans le passé, j’ai voté plusieurs fois PT, cette fois, ce ne sera pas le cas.

Je choisis Ségolène Royal parce qu’elle est la plus innovante dans cette élection tant par les formes que par le contenu de la campagne.
Elle seule peut, si nous la conduisons à l’Élysée dont elle fera un usage modeste, empêcher ce pays de continuer à décliner dans la morosité, l’amertume, le désespoir, la colère, la révolte, tous sentiments qui arrangent la droite en dressant les gens les uns contre les autres.
Voisins, voisines, je préfère vous sourire, vous parler que me méfier de vous.
Lointains, lointines, je préfère vous saluer quand je vous croise que changer de trottoir.

Le tour de force de Jacques Cheminade
J’ai voté pour lui en 1995 (après comparaison entre toutes les professions de foi) qui depuis n’a jamais réuni les 500 signatures.
Cette règle du jeu est contestable mais elle existe et ne pas réunir les signatures révèle une difficulté à convaincre, qui devrait logiquement amener le parti : Solidarité et progrès, à s’interroger.
Or le dernier éditorial du journal Nouvelle Solidarité a pour titre : Autant en emportent Sarko, Ségo, Bayrou…L’avenir est à nous.
Déni de la réalité du terrain, impuissance à se mettre en question, transformée en prophétie superlative sur le futur : risible et pitoyable, à quoi s’ajoute la mauvaise foi quand Cheminade indique que Ségolène Royal ne ressemble pas aux 2 autres ; pourquoi alors la mettre sur le même plan qu’eux ?
La formule : L’avenir est à nous, fait froid dans le dos puisque toute la démarche de ce parti est d’annoncer une catastrophe financière et économique qui jetterait le monde dans une barbarie sans nom. Se présenter comme sauveur savourant la catastrophe ne me paraît pas digne d’un homme politique de caractère, comme prétend l’être Cheminade.


Il y a peut-être des partisans de Sarkozy, Le Pen, de Villiers parmi mes honorables correspondants.

Le tour de magie de Bayrou
Peut-être aussi quelques séduits par Bayrou qui tente une OPA sur droite et gauche, gauche et droite, ballons à placer au centre, manœuvres de magicien qui tombera de haut, bientôt, parce qu’on connaît ses préférences pour le jeu à droite du terrain, ses références libérales (attention, austérité en vue, rigide, destructrice). Voter Bayrou, c’est voter pour l’impasse, la confusion, la cure d’amaigrissement.

Le choix de Ségolène pour assurer le changement
Ségolène veut dépasser vraiment clivages et pesanteurs par le dialogue social, la démarche participative.
C’est vrai: c’est une démarche réformiste, social-démocrate, gaulliste (oui-oui), d’association capital-travail, de participation, de collaboration de classes.
Hier, j’aurais refusé d'’adhérer.
Aujourd’hui, au vu de la situation, je dis : essayons ; l’alliance avec le petit capital, (les PME plus que le gros capital) est présentée comme donnant-donnant, gagnant-gagnant.
On jugera sur pièces.

Les voies de l’affrontement de classes ont toutes échoué : cela a provoqué le déclin du PC, de l’ultra-gauche, de l’alter-mondialisme et des syndicats .
Le syndicalisme d’appareils et de lutte des classes rassemble aujourd'hui 8% des salariés, ce qui rend le dialogue social (ou le rapport de forces) peu productif et fait le jeu des actionnaires.

Contrairement à Bayrou qui tente une opération magique n’ayant rien à voir avec ce dont le pays a besoin, Ségolène propose un syndicalisme de masse, 80%, comme dans les pays du Nord. Favoriser le salariat , rééquilibrer les rapports entre salariat et actionnariat.

La Tour de France de Sarkozy
Voter Sarkozy, c’est voter pour la continuation du régime en pire, régime qui divise les Français, les distingue en 2 catégories, les riches (en haut de la Tour) et nous autres (dans les fossés). N'oublions pas que les seuls bons Français qu’il fréquente sont les puissants qu’il sert, soit un tout petit nombre de riches qui ne sont pas prêts à partager leur train de vie.

Le retour de Le Pen
Voter Le Pen, c’est être assuré de voter pour un perdant, vote inutile, vote polluant d’extrême droite, vote protestataire qui a permis 5 ans de chiraquisme-raffarinade-villepintade.

Le détour des extrêmes gauches
Pourquoi voter extrême gauche ? Laguiller, Schivardi, Besancenot sont incapables de s’unir pour une seule candidature trotskyste. C’est donc qu’ils préfèrent leurs boutiques à nous, malgré tout ce qu’ils disent.

Le tour de la Vendée par de Villiers
de Villiers est caricatural : succédané d'extrême droite et de droite extrême. C’est la fermeture de la France, le repli sur la Vendée.

Du tour du Larzac au tour du monde par José Bové
José Bové : l’homme qui ose la désobéissance civile, le militant qui transgresse la loi pour faire évoluer la loi.
On peut regretter que les nonistes du référendum en mai 2005 (j’en ai été) n’aient pas réussi à se mettre d’accord, parce que l'intérêt des boutiques a primé sur l’intérêt des gens.
Formidable mouvement dont Ségolène a retenu la nécessité d’aller à l’écoute de tous, y compris des nonistes.

Le contour de Marie-George Buffet
Voteront pour elle ceux qui réclament la régularisation de tous les sans-papiers, position éminemment morale, au-dessus des considérations politiques et électorales. C'est honorable et respectable.
Au 2° tour, on retrouvera les voix Buffet.
Mais dès le 1° tour, ça peut compter : évaluez bien.
Je ne vous ferai pas le tour du vote utile.

La morale comme critère (c’est mieux que le cynisme) permet d’écarter au moins Sarkozy, Bayrou, Le Pen, de Villiers, Schivardi. Gain de temps!

Pour ma part, je suis pour la régularisation de tous les sans-papiers et suis donc en désaccord avec Ségolène sur cette question comme sur la question de l’énergie nucléaire qui donnera lieu à débat national.
Ségolène est cependant capable de revenir sur cette position du cas par cas. Elle plaide déjà pour la régularisation de ceux dont les enfants sont scolarisés. À nous d’exiger qu’elle aille plus loin.

Les atours de Ségolène Royal
Femme politique de principe et de valeurs mais pragmatique, capable d’évoluer, vite. Certains pensent faiblesse, je pense que c’est une force car le monde est complexe.
Je défie quiconque, même Attali, d’en présenter une vision sûre, fiable.

Face à un tel monde où les sentiments des gens pèsent lourds, autant que les réalités économiques et financières :
être humble,
ne pas croire détenir la vérité,
être à l’écoute,
savoir renoncer à des solutions que l’on croyait bonnes et qui se révèlent inapplicables ou sont perverties,
remettre en cause des pratiques, des attitudes, des dogmes,
regarder avec des yeux neufs,
avoir les oreilles grandes ouvertes.

Les jurys citoyens
Quand les jurys citoyens, par tirage au sort (on renoue avec la démocratie athénienne), évalueront le bilan de la présidente au nom de la France présidente, beau slogan, permettant de voir si le réformisme, la révolution douce de Ségolène tient ses promesses, fait ses preuves, nous vivrons un moment important des ajustements du Pacte présidentiel.

Dominique Voynet en panne autour de la planète Terre
Chez les Verts, les dissensions internes ont provoqué l’émiettement, l’impuissance.
Voter Voynet, c’est voter inutile dans la mesure où le Pacte de Ségolène intègre le développement durable, l’excellence environnementale,
dans la mesure où Nicolas, l’autre, brandit son Pacte écologique.
Au 2° tour, il y aura sûrement des accords, on retrouvera les voix Voynet.
Là aussi, évaluez bien.

Chasse, Pêche, Nature et Tradition:
les chasseurs, en 4X4 coûteux, ont leur candidat. La diversité est respectée même pour ceux qui la réduisent en éliminant des espèces.

Ségolène Royal à la campagne
Dans ma 4° lettre à Ségolène Royal du 27 février, j’avais dit quelques petites choses sur ce qui me semblait être une OPA sur la démocratie (au moment du retour des éléphants) et je faisais des propositions de réorientation de la campagne.
Je constate une nette évolution depuis 15 jours, tant dans le contenu que dans les formes. Ségolène a repris toute sa liberté, elle travaille à l’intuition et rationnellement, en prenant de vrais risques, en allant au contact, là où on ne l’attendait pas : places publiques, villages emblématiques, villes sinistrées, entreprises exemplaires, lieux de mémoire.
Sa campagne a gagné en dynamisme et en dynamique. Ses exhortations, ses adresses aux gens, dans un village, sur une place, montrent une capacité à se mettre sur les longueurs d’onde des gens, à les faire entrer en résonance avec le Pacte présidentiel, leur Pacte. Les vidéos de son passage à Correns le montrent bien.
Son affiche, comme la couverture de son livre, est sobre : pas de photo sur le livre, Noir et Blanc plus rouge pour l’affiche. Rien de tape à l’œil..,


Ayant fait le tour de mes choix d’hier et d’aujourd’hui,
ayant essayé de faire le tour de ce qui me paraît l’essentiel sur les 12 candidats dont je lirai attentivement la profession de foi comme à chaque fois,
j’espère vous rallier au vote Ségolène Royal dès le premier tour, le 22 avril.
En attendant : lisez, comparez, choisissez après mûre réflexion.
Cordialement,
Jean-Claude Grosse

Je vous donne l’adresse de mes 3 blogs dont le caractère politique s’atténuera après la présidentielle.
N’hésitez pas à les mettre dans vos favoris, à vous inscrire à la newsletter de votre blog préféré qui vous tiendra au courant des articles nouveaux.
http://les4saisons.over-blog.com
http://agoradurevest.over-blog.com
http://cahiersegare.over-blog.com
Pour accéder aux vidéos (38 mises en ligne), passez soit par les articles sur les blogs qui les resituent dans leur contexte ou visitez l’espace de grossel sur dailymotion
http://www.dailymotion.com/grossel

PS :
Parmi les nouveautés sur les blogs :
- une discussion filmée avec le philosophe Marcel Conche où il est question de science, de philosophie, de Nature et d’univers,…(durée 56 minutes),
- la conférence filmée du cosmologiste Edgar Gunzig qui nous met en présence des résultats les plus récents sur les origines de l’univers (durée 90 minutes),
- le retour filmé sur le spectacle Rien ne sera plus jamais comme avant de Katia Ponomareva (durée 54 minutes),
- à venir d’ici une semaine, la conférence du physicien des particules : Pierre Marage.
En juin, un reportage filmé sur la 12° rencontre mondiale de cosmologistes organisée par Edgar Gunzig.
En septembre ou octobre, une rencontre filmée entre le philosophe Marcel Conche, le cosmologiste Edgar Gunzig, peut-être le physicien des particules, Pierre Marage, qui connaît le travail de Marcel Conche sur Pyrrhon ou l’apparence absolue.
Ainsi qu’une conférence filmée de Marcel Conche.

Le regard d'Aurélie Filippetti sur Ségolène Royal





Vidéo Volée #3 Aurelie Filippetti

envoyé par VideoVolee

Aurélie Filippetti est l'auteur du roman:
Les derniers jours de la classe ouvrière

Visite de l'usine France Conception à Limoges


Par Jean-Claude Grosse - Publié dans : SEL - Communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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Lundi 23 avril 2007 1 23 /04 /2007 21:53


Comment battre un candidat de droite dure
qui rencontre l'adhésion de 31% des Français?

Sarkozy a été élu sans concurrence par 98% des adhérents de l'UMP.
Ségolène Royal a été choisie après débat interne
par 60% des adhérents du PS.
2 conceptions de la démocratie.
Sarkozy a obtenu 31% des voix au 1° tour en allant récupérer par des thèmes empruntés au FN plus de 8% des voix de Le Pen.
Ségolène Royal a obtenu 26% des voix au 1° tour avec une campagne sur un projet participatif, un pacte présidentiel issu de l'écoute des gens de tous milieux, de tous horizons.
2 conceptions de la politique.

Comment battre cet énervé-agité devenu soudainement, le 22 avril au soir, ouvert, respectueux, généreux, tolérant, protecteur, parce que le 2° tour l'oblige à rassembler, comment battre cette ombre portée de Air Force One, ce candidat comparé à Margaret Thatcher par la presse britannique, cette parodie de psychologie comportementaliste à l’américaine, cet histrion de caniveau et de dalle, ce people sans persistance ni consistance?

Il faut montrer derrière les mots changeants, les contradictions, les adaptations d’urgence, les changements de look, de tics, de débit, de manières, l’homme aux dents qui griffent le plancher tellement il le veut le suprême pouvoir, tellement ils veulent le garder les « héritiers » ou en obtenir une miette les nouvelles impétrantes aux noms « exotiques » (on peut toujours trouver des transfuges pour soutenir le candidat de la droite continue ne serait-ce que pour avoir un strapontin) ?


Il n'y a pas besoin de beaucoup de jugement pour constater, dans un ordre décroissant d'importance:

- Sarkozy s'émancipe du modèle français, ne veut plus de l'exception française et en cela, il est le fossoyeur de notre histoire. Cet homme qui a eu le culot cynique d'en appeler à Jaurès, à Blum, n'a rien à voir avec leur héritage ni avec celui de De Gaulle ni avec celui du Conseil National de la Résistance dans lequel communistes et gaullistes oeuvrèrent et qui donna naissance à la Sécurité sociale et à d'autres conquêtes.

- Sarkozy est l'expression française du libéralisme économique anglo-saxon dans ce qu'il a de plus impitoyable. Ayant fait allégeance à Bush, à Angela Merckel, elle-même allégée à Bush, Sarkozy nous aurait envoyés en Irak, comme Bush, Blair, Aznar, Berlusconi. Nous en serions à 500 morts et il aurait accueilli et décoré à Villacoublay chaque dépouille pour qu'on le voit bien, ému aux larmes de crocodile pendant que les mères pleureraient. Ce fayot des néo-conservateurs américains est à bon exemple: le pays le plus endetté du monde lui sert de modèle; on n'a donc aucune raison d'escompter une baisse du déficit national qui pèse sur chacun de nous à hauteur de 18.000 euros car cette dette enrichit nos créanciers avec des remboursements de plus en plus salés.

- L’Etat a, avec cette droite au pouvoir depuis 5 ans, perdu sur deux tableaux. Il encaisse moins d’impôts : ainsi, le « bouclier fiscal » instaurée par la Droite coûtera la bagatelle de 400 millions d’euros à l’Etat en 2007 et profitera pour l’essentiel (350 millions d’euros) à 16 000 contribuables, les plus riches. Et puisque l’Etat encaisse moins d’impôts, il doit emprunter plus et payer plus d’intérêts aux rentiers. Les rentiers ont du même coup gagné sur deux tableaux. Ils paient moins d’impôts et ils prêtent à l’Etat (en contrepartie du versement d’intérêts) les sommes qu’ils auraient dû payer sous forme d’impôts. Les créances de la dette publique sont, en effet, aux mains des heureux détenteurs des titres du Trésor public, notamment les Obligations Assimilables du Trésor (OAT) émises chaque mois par l’Agence France Trésor, remboursables au bout de 7 à 50 ans. 65% des détenteurs de la dette publique de notre pays sont des résidents français. Elle est détenue essentiellement par des entreprises d’assurance, des banques, des Sicav bien de chez nous. C’est par l’intermédiaire des dividendes versés aux actionnaires des banques et des compagnies d’assurance ou des produits d’épargne émis par ces organismes que les rentiers s’enrichissent. Les détenteurs de ces titres ont empoché 39 milliards d’euro en 2006. Près de six fois le budget de la justice ; 9 milliards de plus que le « financement de l’emploi ». Au total, une somme équivalente au total des budgets de l’armée, de la diplomatie, de la justice et de l’intérieur.
S’interroger sur l’origine du déficit public permet d’en déduire aisément la solution la plus évidente et la plus juste à y apporter : augmenter les impôts des riches et baisser les taux d’intérêts. On comprend tout aussi aisément pourquoi Sarkozy et la droite évitent de poser la question.



La méthode de Sarkozy est simple : opposer entre elles les différentes catégories qui composent 90 % de la population de notre pays, le salariat. Opposer donc:
-Les salariés du privé aux fonctionnaires.
-Les fonctionnaires « méritants » aux autres fonctionnaires.
-Les salariés payés au Smic aux bénéficiaires du RMI.
-Ceux « qui se lèvent tôt » à ceux qui n’ont pas de travail.
-Ceux qui bénéficient de la CMU à ceux qui n’en bénéficient pas.
-Les salariés à contrat à durée indéterminée à ceux qui subissent la précarité.
-Ceux qui veulent faire des heures supplémentaires à ceux qui ne veulent pas « travailler plus ».
-Ceux qui paient trop d’impôt et ceux qui n’en paient pas.
-Les enseignants et les parents d’élèves.
-Celui qui veut vivre tranquillement, en bon Français, à celui qui « égorge le mouton dans son appartement ».
-Les petits retraités aux retraités des régimes spéciaux.
-Les salariés qui font grève et ceux qui ne la font pas.
-Les grévistes des services publics et les salariés « pris en otage ».
-Ceux qui veulent faire leurs courses le dimanche et ceux qui ne veulent pas travailler le dimanche...
-Les jeunes que l’on discriminait du reste de la population en leur imposant le CPE. Un CPE que le gouvernement auquel participait (et participe toujours) Sarkozy n’a retiré que parce que des millions de jeunes et de salariés mobilisés l’ont obligé à le faire.
-Les salariés des entreprises de moins de 20 salariés que l’on oppose à ceux des entreprises plus importantes en leur imposant le CNE.
-Les salariés de plus de 57 ans pour lesquels le gouvernement auquel participe Sarkozy a créé des emplois spécifiques, des « emplois vieux », des CDD de 18 mois, renouvelables une fois.

Dans le monde que dépeint Sarkozy, il n’y a que des salariés (avec ou sans travail) et tous les problèmes que connaît notre société ne peuvent donc venir que d’eux.

- Coûts de Sarko:
Le programme du candidat sortant de l'UMP n'est pas encore connu (sur son site, un lien renvoie à une page) mais déjà chiffré. Ce n'est ni fiable, ni sincère puisque au
- 1 janvier 2007 : il annonçait 68 milliards d'euros,
- 1 février 2007 : il annonçait 35 milliards d'euros
- 15 février 2007 : il annonçait 15 milliards d'euros.
Les mesures de Nicolas Sarkozy se situent autour d'une centaine de milliards d'euros. Mais ça va tellement vite que nous n'arrivons pas à suivre. Chaque jour, une mesure nouvelle. Comment Sarkozy finance-t-il 68 milliards de baisse de prélèvements et les 50 milliards de dépenses supplémentaires qu'il a annoncés ?

Quelques piments  supplémentaires:

- Le pays qui a le plus fort déficit, qu’il fait peser sur le reste du monde, ce sont les USA et avec Bush, le mentor de Sarko, ça s’est aggravé, comme ici, chez nous, avec Raffarin, Villepin et Galopin. Les USA, c’est le pays qui veut imposer le libéralisme économique au monde entier et Sarko veut l’imposer à la France.

- Sarko a été ministre de l’économie et des finances: il a laissé un grand souvenir puisqu’il a vendu 700 tonnes d’or de la Banque de France, fruit du travail d’hier, au taux le plus bas; l’or a depuis remonté et Sarko n’a pas remboursé ce qu’il a fait perdre au pays: il doit bien y avoir un financier capable de nous dire combien on a perdu avec Galopin et combien il faut lui réclamer puisque les hommes politiques doivent être responsables pénalement et financièrement de leur politique.

Je continue à croire qu'il faut en passer par Ségo pour barrer la route à Sarko qui change plus vite que son ombre et dont la dangerosité est redoutable car ne faisant plus cas de l'exception française, du modèle français mais s'inscrivant dans ce que le libéralisme anglo-saxon (c'est-à-dire économique) a de pire. Puisque l’État est l’outil d’une politique à des fins privées, la faim des héritiers ou des nouveaux riches même si depuis le 22 avril, Sarkozy retrouve la définition juste de l'État: au service du faible et de l'exclu, protecteur donc, mais chez lui ce ne sont que des mots pour attraper les voix qui n'ont pas d'yeux, mots qui ne l'engageront pas malgré ses apparences de parler vrai et de mise des pieds dans les plats.
L'argument des Sarkozistes consistant à dire qu'il a osé aborder des sujets tabous comme le travail, l'immigration... fait sourire dans la mesure où certainas thèmes étaient abordés depuis longtemps par le FN et que d'autres sont développés depuis un an par les débats participatifs de Ségolène Royal.

Exemple :

Par décret en date du 1er février 2007, le ministre d’Etat de l’Intérieur simultanément, concomittamment candidat, vient de porter le plafond de dépenses autorisées par candidat de 15,4 millions d’euros à 18,2 millions. Mieux, les deux finalistes pourront dépenser non plus 20,6 millions d’euros, mais 24,4 millions au total.

Ce n’est pas tout :

Un décret du 23 janvier conditionne -rétroactivement !- leur remboursement à l’emploi de papier contenant « au moins 50% de fibres recyclées » ! Alors que les candidats ont commandé depuis longtemps le papier pour leurs professions de foi et les bulletins de vote...

Si un marché public était ainsi truqué, le montage dévoilé, tout le monde hurlerait au scandale. Le ministre démissionnerait, serait mis en examen, au minimum, pour trafic d’influence. Dans le cas présent, c’est la campagne qui est truquée. Il va de soi que le ministre d’Etat de l’Intérieur connaît précisément l’état des dépenses du candidat Nicolas Sarkozy. Qu’il a pu se procurer du papier « vert » avant les autres. Et qu’en augmentant le plafond de dépenses, il s’évite ainsi une invalidation de ses comptes de campagne.

Découvrez le vrai Sarkozy
avec l'hebdomadaire Marianne
(pdf de 12 pages)

Comment barrer l'imposteur et ses postures ?

Nous avons:

-un pacte présidentiel, issu de la parole des gens, (je peux témoigner de cette réalité, ayant posté 52 contributions sur le site Désirs d'avenir entre avril 2006 et le 10 février 2007 avec deux synthèses que le site m'a demandées suite aux réactions d'internautes et reprises dans Les Cahiers d'espérances (cherchez grossel)
http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=synthese&id=836

-100 propositions qui tiennent la route, de gauche, même si on va trouver plus à gauche, (facile d’être plus de gauche quand on sait qu’on n’accèdera pas au 2° tour ou au pouvoir le 6 mai: je vise là, la gauche de la gauche, PC, Verts,...) et je retrouve dans ces 100 propositions, 3 pour lesquelles je me suis investi, les propositions 27, 34 et 35

-une candidate qui a montré sa constance, sa ténacité, sa sincérité, qui n’a pas dévié de sa ligne de conduite (pas d’attaques personnelles, du débat d’idées, projet contre projet).

Contre ceux d’en face, les accapareurs à fins privées, en héritiers, de ce que la France a produit de mieux et qui est de gauche, d'abord notre devise, pour les contrer, un argumentaire aisé: le discours de François Hollande du 11 février donne la teneur de cet argumentaire.

"Dans cette campagne, il faudra opposer, confronter les projets. Au « travailler plus » de Nicolas Sarkozy, il faudra opposer le « travailler tous » de Ségolène Royal. Nicolas Sarkozy devra aller dire aux chômeurs qui attendent un emploi de travailler plus pour gagner plus, aux salariés délocalisés qu’il faut travailler plus pour gagner plus, aux salariés à temps partiel qu’ils peuvent demain travailler à temps complet, ou à ceux qui font les 3-8,le travail de nuit, qu’il faut travailler encore plus pour gagner plus.
Il faudra également opposer à la précarité de Nicolas Sarkozy, les sécurités de Ségolène Royal. Pour nous, le CNE ne peut pas être le contrat de droit commun des salariés français, le CPE ne peut pas être l’horizon des jeunes qui veulent entrer sur le marché du travail.
De la même manière, nous devons opposer à la baisse d’impôts pour les plus favorisés de Nicolas Sarkozy, la réussite pour tous. Baisse d’impôts, oui, mais pour qui ? Il propose la suppression de l’impôt sur la fortune à travers un bouclier fiscal à 50 %, c’est la baisse, voire la suppression de l’impôt sur les successions, c’est la baisse de l’impôt sur les revenus pour les plus favorisés. Mais rien sur la fiscalité qui pèse sur le plus grand nombre. Cette politique fiscale ne vise pas ceux qui se lèvent tôt le matin ou ceux qui se couchent tôt le soir, mais tout simplement ceux qui s’enrichissent en dormant."                                                   François Hollande


- Et nous avons un outil, lancé il y a un an, les débats participatifs.

"Lorsque nous nous sommes lancés, il y a désormais quelques mois, dans une grande phase d’écoute et de participation, l’enthousiasme des observateurs a pu être… hétérogène. C’est le lot légitime de la nouveauté. Aujourd’hui les faits sont là, la dynamique populaire est là, incontestable.
Chacun se sent responsable, chacun a sa part dans ce formidable élan démocratique. Ces anonymes que la politique, par un sentiment de caste et de confiscation, avait tenus éloignés du débat public, y ont remis un doigt, une main… les deux pieds. Et en face ? Des déplacements surmédiatisés ? Oui. Des émissions de télévision ? Oui. Des meetings où les participants annoncés sont quatre fois plus nombreux que les chaises !? Encore oui. Mais qui a vu l’UMP organiser une réunion de proximité, un débat citoyen, à côté de chez soi ? Pas vous. Pas moi. Personne.
Le chef fait de la mousse et ça fait office de campagne. D’un côté, des milliers de contributions, de l’autre, des milliers de crépitements de flashs. D’un côté, des citoyens acteurs, de l’autre, de la main d’oeuvre spectatrice. D’un côté, une société en mouvement, de l’autre, un plan média et des slogans. Ce n’est pas qu’un problème de méthode. Derrière ces deux méthodes, il y a deux projets de société."        Julien Dray

grossel a répondu:
Il y a deux méthodes parce qu’il y a aussi deux Français: celui qui aime le spectacle médiatique et accepte que son temps de cerveau disponible soit rempli par les messages du PDG de TF1 au sevice du capitalisme le plus prédateur et par les programmes de divertissement, Sarkozy compris. Rien ne dit d’aiileurs que ce Français, soumis volontaire, n’aura pas un sursaut le 22 avril. L’autre Français qui se comporte aussi en spectateur, mais moins que l’autre, veut effectivement mettre son grain de sel (mon pseudo là où j’interviens, c’est grossel), individuellement et collectivement pour une société à valeurs (Liberté, Égalité, Fraternité) et pour des individus devenant eux-mêmes (il commence par lui; il commence à désapprendre la servitude volontaire si bien décrite par La Boétie, en renonçant à passer 3H24 par jour devant l’écran de télé à s’énerver sur ce que font les médias à Ségolène)."


autre message de grossel:

La révolution démocratique, ça n’est pas le retour à la seule décision juste, d’en haut, ça n’est pas seulement la politique par la preuve, toujours fournie par en haut, c’est la tentative de mettre en permanence à égalité haut et bas. C’est placer le citoyen au coeur du projet, individuellement et collectivement, pour qu’il puisse décider, contrôler; et toutes les formes de parole ou d’action sont possibles, y compris la révolution, l’insurrection contre le pouvoir, le contraire du souhait de la droite selon Brecht (si le gouvernement n'est pas content du peuple, alors qu'on change de peuple); ce que la constitution de 1793, me semble-t-il avait inscrit: le droit à l’insurrection quand le peuple ne se reconnaît plus dans le pouvoir."

Pour le 6 mai, il faut un effort de plus. Je pense qu’il ne faut pas que les débats cessent. Des sujets n’ont pas été traités ou insuffisamment: l’énergie nucléaire, la défense ou l’armée, la lutte contre la spéculation prédatrice, la culture, la réforme des institutions, la réforme fiscale…

Grosse Jean-Claude dit sur le site du PS:
15 février 2007 à 10:34
Je pense que ça a commencé il y a un an avec les débats ouverts dès février 2006 sur Désir d’avenir (je m’y suis impliqué à partir d’avril 2006), que le pacte présidentiel, c’est essentiel mais en poursuivant les débats (il y a encore des sujets peu abordés comme la défense, domaine réservé du président: pour moi, pas d’accord, après ce qu’a dit Chirac sur la bombe iranienne; la lutte contre la prédation financière à laquelle participent la Caisse des dépôts et consignation, Natixis, fusion de la Banque Populaire et des Caisses d’Épargne et bien d’autres banques; la culture), pas en récitant les 100 propositions. Je pense que ce n’est pas projet contre projet: c’est faire trop d’honneur à Sarko qui fait une campagne à l’américaine, de caniveau. Il n’y a qu’un projet et je préfère mettre en avant notre projet que répondre aux attaques de cette droite dure et cynique même si sur certains points, il faut le faire: déclaration des patrimoines, démontage de l’intox sur les revenus de Ségolène, coût du “projet” de Sarko, du projet pour la France de Ségo. Je veux dire qu’il faut argumenter pour sortir des impasses dans lesquelles ils veulent nous obliger à aller en ramenant à l’essentiel: nous pouvons sortir de la spirale descendante par notre, votre volonté et intelligence collectives.

Il faut relayer les débats participatifs pour le pacte présidentiel dès maintenant par des débats dans les circonscriptions et même dans les communes: c’est en se rapprochant encore plus des gens qu’on peut renforcer le mouvement de reprise de confiance dans la politique et dans la gauche."




Par Jean-Claude Grosse - Publié dans : SEL - Communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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Vendredi 11 mai 2007 5 11 /05 /2007 15:33

Impressions après l'élection de Nicolas Sarkozy

Ns-edito-Big.jpg

Après 8 heures de présence sur 10,
comme assesseur titulaire présenté par le PS,
au bureau de vote N°1 du Revest, bureau centralisateur;
8 heures sans ennui à voir défiler 566 électeurs sur 668 inscrits;
8 heures pendant lesquelles,

seuls 2 ou 3 sarkozistes ont ostensiblement pris le seul bulletin de leur champion;
idem pour 1 ou 2 partisans de Ségolène;
8 heures pendant lesquelles j’ai pu observer les relations d’un maire UMP

avec « ses » employés municipaux et réciproquement;
curieux sentiment en voyant ces employés à 32 heures par semaine,

s’amusant de tout,
riant bruyamment avec leurs téléphones portables déversant musiques et blagues;
après 1 heure 1/2 consacrée au dépouillement;
certains m’ont dit dépouillage, croyant que c’était le bon mot,
je ne les ai pas démentis,
(avec l’école de Sarkozy, on n’aura plus cet étalage d’ignorance, héritée de mai 1968)
et à la signature des PV;
sachant dès 18 H 20, la tendance,

rapportée par 3 sources pendant le dépouillage,
(CR PACA, RG

et grâce à l’ordinateur portable d’un élu, branché sur le journal belge Le Soir),
à savoir : Sarkozy : 53-54 %, Royal : 47-46 %,
tendance explosée par les résultats du Revest,
accueillis par une cinquantaine de personnes,
sans cris de joie, sans larmes,

sans beaucoup de commentaires enflammés ou réfléchis,
(13,38 % d’abstentions, 63,94% pour Sarkozy, 36,06 % pour Royal;
ma lettre à mes 9 voisins n’a pas servi du tout;
l’une d’elles, le matin, m’avait salué, sourire sardonique,
mais je préfère mes voisins comme voisins,
même s'ils ont voté Le Pen ou Sarkozy

car leur vote dure une seconde pour 5 ans de présidence
tandis que leur voisinage, c'est en permanence,
donc être en bons termes, c'est souhaitable);
je me suis retrouvé spectateur

du cirque des soirs d’élection,
sans appréhension,

pas comme pendant le débat
et j’ai engrangé quelques impressions :
la présidence, c'est:
- 2 heures au Fouquet’s avec les « stars » et les « amis »,
- 1/4 d’heure place de la Concorde avec le peuple et les « artistes »,
- beaucoup de déplacements en voiture avec infractions au code,
- un peu de marche,
- du « bain de foule »,
- deux discours presque identiques,
l’un salle Gaveau,
l’autre place de la concorde
- où il maîtrise les sifflets contre Ségolène Royal
- mais pas ceux contre Mireille Mathieu

après La Marseillaise
quand elle chante je ne sais quelle sucrerie sur la paix,
- sa main dans celle de Cécilia,

enfin visible, enfin là,
avec filles et fils,
- un peu de déhanchement sur du Faudel,
- une interview de Johnny nous promettant

que son « ami » tiendra ses promesses,
- une victoire vécue sans triomphalisme excessif,
- il pense beaucoup à ceux qui n’ont pas voté pour lui,
- il faut les respecter,
- nous devons être ouverts, généreux, tolérants, à droite, au centre, à gauche, aux extrêmes;
- ils ont été trop fébriles dans l’autre camp,
- ils m’ont injustement diabolisé
- et les Français leur ont donné la leçon qu’ils méritaient;
- moi, magnanime, je donne l’exemple : élu par 53,06 % des voix,
je suis le président de tous les Français
- et je tiens déjà des discours de président,
différents par le ton,
non par le contenu,
des discours du candidat
- ça, c’était du côté de Nicolas Sarkozy
- du côté de la gauche,
- je suis estomaqué

par les déclarations de DSK et de LF sur les chaînes de mon zapping;
- à peine disent-ils « campagne courageuse »
- et exit celle qui a rassemblé presque 17 millions de voix.
- Ségolène s’exprime, à peine les résultats annoncés :
« quelque chose s’est levé et ne s’arrêtera pas »;
- elle sourit, s’adresse aux militants du haut d’un balcon;
- Juppé râle qu’on entende ce qu'elle dit;
- ce n’est quand même pas elle qui a gagné,
- respectons donc les résultats :
- tout pour Sarkozy

vainqueur du tout sauf Sarkozy
dont moi, Juppé, j’ai été longtemps, un vecteur.
- dans 10 jours, elle rassemblera,

plus qu’à Charléty,
à La Courneuve, dit-elle.

Je lui redis Merci Ségolène;
pas envie de juger sa campagne
en avance

sur les mentalités majoritaires
ouvreuse de voies et de voix;
- c’est déjà un autre jour,
même si certains croient à l’ivresse du moment,
avec lendemains qui chantent,

à droite;
- ils sont déjà tendus vers les législatives :
- faut avoir la majorité présidentielle

qui permettra de mettre en œuvre le projet du président;
- faut faire les meilleurs résultats possibles
pour contenir la main mise d’un seul parti sur le pouvoir
par une opposition conséquente;
- le cirque est fini;
- la fête a duré jusqu’à 1 H 1/2 du matin place de la concorde :
- ne font pas trop la fête les gens de droite, on dirait;
- demain, promis, ils vont travailler plus

pour gagner plus
- et les jeunes de Sarkozy sont allés se coucher;
- bonne nuit.
- La France à 53% de matière grise se porte bien:

elle rêve du rêve d'une France de Nicolas Sarkozy.
Pour 5 ans.
Moi, je vais passer à autre chose.

À la vie de chaque jour, vécue, goûtée, pensée.
Sans penser aux "changements" annoncés
par lui à la présidence,
qui a "rénové" la droite jusqu'à l'extrême,
jusqu'au coeur des Français à 53% de matière gr...;
par les autres dans l'opposition
qui vont "rénover" la gauche:
- les uns sur les "fondamentaux" de la gauche,
- les autres sur la social-démocratie "moderne",
- les autres sur le "centre" comme "nouvelle force"

plus forte que "la gauche de la gauche";
"changements" qui ne changeront rien dans ma vie au jour le jour.

grossel
alias Jean-Claude Grosse

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Par Jean-Claude Grosse - Publié dans : SEL - Communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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Lundi 14 mai 2007 1 14 /05 /2007 22:46

Sarkozy ou le triomphe des passions tristes

 
Je mets en ligne cet article de Taïké Eilée publié le 11 mai sur son blog: Les caprices du vent et sur agoravox, repris sur sarkostique. Cet article que j'ai lu attentivement me semble donner presque tous les éléments pour comprendre la rhétorique de Sarkozy et son corpus idéologique, tout ce qu'il a emprunté à Le Pen, en l'américanisant à la manière d'un évangéliste intégriste, inspirateur de Bush, et avec les techniques de l'analyse transactionnelle, celle du triangle dramatique dit triangle de Karpmann: persécuteur, sauveteur, victime (voir le blog metasysteme.fr).
Manque tout ce qui concerne la valeur-travail, le mérite, le travailler plus pour gagner plus; il n'a pas hésité à pomper en le déformant, en le droitisant, le pacte présidentiel de Ségolène Royal, ce qui rend plausible son appel à l'ouverture à gauche.
Cet article ne permet pas cependant de comprendre pourquoi Ségolène Royal n'a pas gagné puisque le même auteur considère dans un autre article, sur son blog et sur agoravox, qu'elle a gagné le débat du 2 mai, ce que j'ai pensé aussi et que j'ai présenté sur ce blog dans ma note sur le débat.
Il faudra donc trouver les raisons qui nous ont privé de la victoire de Ségolène Royal.
Je me laisse le temps de l'information et de la réflexion. Il n'y a pas urgence ou tout au moins, je ne veux pas me situer sur ce terrain.

grossel

31 % au premier tour, 53 % au second. Nicolas Sarkozy a survolé les élections présidentielles de 2007. Pourtant, au soir de sa victoire, nombre de Français avaient, pour la première fois, honte d’être français. Outre la déception compréhensible de ceux qui ont perdu une bataille, quelque chose d’autre ne passait pas... Le sacre sarkozyste revêtait un caractère à la fois irréel et révoltant. Une haine sourde grondait. Une douleur aiguë et lancinante se faisait sentir, qui aurait bien du mal à passer. La cause de cette réaction, inédite à l’occasion de l’élection d’un président de la République, est à rechercher dans le comportement du vainqueur, dans sa stratégie de campagne, et son utilisation redoutablement dangereuse des passions tristes.

Nicolas Sarkozy est élu président de la République depuis maintenant cinq jours. Parmi les premières réactions, on aura pu noter celle, réjouie, du Medef, qui promet de "contribuer avec enthousiasme à l’écriture de la nouvelle page qui s’ouvre pour la France", ou encore celle, plus inattendue, du leader d’extrême droite autrichien Jörg Haider, qui considère que le nouveau président français s’inspire de son "modèle" : "C’est une ironie de l’histoire que les Français élisent maintenant leur Jörg Haider, et une satisfaction que le "Napoléon de poche" Jacques Chirac appartienne désormais au passé." Quant à la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice, elle estime que l’élection de Nicolas Sarkozy ouvre "une période excitante pour la France". Condy ne s’y trompe pas, puisque 730 voitures ont brûlé dans le pays dès la nuit de son élection, et que de nombreuses manifestations hostiles ont pris le relais un peu partout sur le territoire depuis.

Pendant ce temps-là, Nicolas Sarkozy a pu commencer à mettre en pratique sa conception très "à l’américaine" de la présidence, et son idée - si chère à son coeur - selon laquelle les riches ne doivent plus avoir honte d’exhiber les fruits de leur réussite bien méritée, en s’offrant une petite croisière bien sympathique à Malte, à bord du superbe yacht de son ami, le milliardaire Vincent Bolloré, un yacht répondant au doux nom de Paloma, long de 60 mètres, avec jacuzzi sur le pont supérieur, que vous pourrez vous aussi, si le coeur vous en dit, louer pour quelques 193 431 euros la semaine pour vos prochaines escapades de winner... lorsque vous aurez eu la satisfaction préalable de travailler plus pour gagner plus. T’as trop raison Nico, quel intérêt d’avoir du temps libre quand on n’a pas de quoi payer à sa famille de vraies vacances dignes de ce nom ?

La France en mille morceaux


Prenons donc exemple sur les plus méritants des Français, les Neuilléens : "Les gens qui habitent Neuilly sont ceux qui se sont battus pour prendre plus de responsabilités, pour travailler plus que les autres" (Marianne, 14 au 20 avril 2007). Quelle belle parole Nicolas ! Gloire aux travailleurs de Neuilly ! Et honte aux "autres" (bande de fainiasses...) ! Telle est bien la France de Nicolas Sarkozy : une France clivée, divisée, entre battants et fainéants, bons travailleurs corvéables à merci et assistés misérables sur lesquels on peste avec rage, honnêtes gens revanchards qui ne jurent que par le triptyque "Travail-Famille-Patrie" et dégénérés de soixante-huitards avec lesquels il faut en finir au plus vite, braves gens qui rasent les murs dans les cités et racailles à nettoyer d’urgence au Kärcher, Français-qui-se-lèvent-tôt-le-matin et Français-génétiquement-mal-barrés...

Nicolas Sarkozy veut être le président de tous les Français, c’est en effet la moindre des choses... Mais il n’a cessé, durant sa campagne, de dresser des Français contre d’autres Français, il a attisé les haines, les jalousies, les ressentiments de tous contre tous. Nombre de ses électeurs ont voulu porter au sommet de l’Etat un Père Fouettard, un homme qui leur promettait de punir certaines catégories de la population trop favorisées ou trop câlinées (à leur goût) jusqu’à maintenant. Ce sera dur de rallier ceux qu’on a traités - à des fins électoralistes - comme des ennemis.

Spinoza n’aurait pas voté Sarkozy


Nicolas Sarkozy a usé de la méthode la plus efficace qui soit pour accéder au pouvoir (et pour l’exercer ensuite). Il a joué sur nos "passions tristes" : "Inspirer des passions tristes est nécessaire à l’exercice du pouvoir", enseignait Gilles Deleuze dans un cours sur Spinoza prononcé à Vincennes le 24 janvier 1978. "Et Spinoza dit, dans le Traité théologico-politique, que c’est cela le lien profond entre le despote et le prêtre, ils ont besoin de la tristesse de leurs sujets. Là, vous comprenez bien qu’il ne prend pas tristesse dans un sens vague, il prend tristesse au sens rigoureux qu’il a su lui donner : la tristesse c’est l’affect en tant qu’il enveloppe la diminution de la puissance d’agir".

Parmi ces passions tristes, la haine, l’envie, la jalousie, la colère, la vengeance furent particulièrement mises à profit par l’ancien ministre de l’Intérieur. Les boucs émissaires qu’il nous a trouvés ? Les "autres", c’est-à-dire : les assistés, les fonctionnaires (ces privilégiés...), les syndicalistes, les fraudeurs, les voyous, les racailles, "ceux qui profitent du système", "ceux qui demandent toujours et qui ne veulent jamais rien donner", et puis les égorgeurs de moutons, les soixante-huitards, les adeptes de la repentance, les élites de gauche - toujours du côté des délinquants et des assassins, jamais de celui des honnêtes gens, n’est-ce pas ? -, les juges trop laxistes de Bobigny, les policiers qui jouent au rugby avec les jeunes au lieu de les mettre en prison (revoyez cette séquence : quelle humiliation pour les policiers, quel sadisme de notre gendarme à Saint-Tropez !), et même les politiques et les technocrates (voyez ce morceau nauséeux du discours de Bercy), et j’en oublie sûrement.

Le (dé)goût des "autres"


Nicolas Sarkozy s’est voulu le candidat de "la France qui paie toujours pour tous les autres", "la France qui paie les conséquences de fautes qui ont été commises par d’autres"... les fameux "autres" dont nous venons de dresser une petite liste non exhaustive, et sur la haine desquels Sarkozy a construit sa victoire, en remuant les passions tristes de ses supporters... Cette méthode très efficace à court terme est néanmoins désastreuse sur le long terme : elle crée un climat malsain entre les gens, et ruine le peu d’unité qui peut exister entre membres d’une même nation. Les passions tristes parvenues au pouvoir sont, en quelque sorte, légitimées, elles n’ont plus à se cacher, à se modérer, à s’amender pour se renverser en passions joyeuses, qui, elles, unifient sainement le corps social.

On pourrait croire à une exception dans cet usage des passions tristes, lorsque Nicolas Sarkozy marque son rejet de la repentance, ce regard critique qu’un peuple porte sur son passé, et qu’il identifie à une "détestation de la France et de son Histoire". Mais, en fait, non ; car la réhabilitation du pays se fait, chez lui, par la stigmatisation des repentants, la dénonciation d’autres coupables (irrépressible manie de se défausser en désignant dans le même mouvement un bouc émissaire), et passe finalement par une exaltation presque délirante de la fierté d’être Français. Sarkozy réinvente ainsi une histoire exclusivement glorieuse de la France, qui "n’a pas commis de crime contre l’humanité", "n’a jamais commis de génocide", "n’a pas inventé la solution finale" (petite douceur adressée à nos amis allemands...), mais "a inventé les droits de l’homme" ; et mieux encore, "la France est le pays du monde qui s’est le plus battu dans l’univers au service de la liberté des autres" ("dans l’univers" !). Oublié le régime collaborationniste de Vichy. Oubliés le Code noir et l’esclavagisme. Oubliée la colonisation. Entre la flagellation perpétuelle et l’oubli, il y a une marge évidemment, et une juste attitude à trouver, mais Nicolas Sarkozy ne fait pas dans la nuance ; il réécrit l’histoire au Kärcher, pour flatter la fibre la plus nationaliste d’un électorat en mal de grandeur mythifiée.

Singer le grand loup blanc


Le nouveau chef de l’Etat français partage ce dégoût pour la repentance avec celui qui lui aura servi de principal modèle durant toute sa campagne présidentielle : Jean-Marie Le Pen.

La campagne de Nicolas Sarkozy démarre, en effet, le 21 avril 2002. La démangeaison extrémiste est là en France, et Sarko la sent... comme un loup affamé flaire sa future proie aux quelques gouttes de sang qui perlent de ses blessures. Le Pen, en fin tacticien, en vieux loup de la politique, a depuis longtemps flairé les thèmes porteurs, ceux qui rencontrent le plus fort écho dans le peuple, le "petit peuple" si souvent méprisé et tellement courtisé à la fois. Il a compris que le moyen le plus simple de fédérer un grand nombre de sympathisants autour de soi, c’est de leur faire peur et de désigner des boucs émissaires, en promettant de "punir" ces derniers. Avec lui, le bouc émissaire était unique, c’était l’immigré, ou, dans un langage plus convenu, "la politique d’immigraton des gouvernements successifs de gauche comme de droite". Sarkozy a repris à son compte la tactique lepéniste, mais en démultipliant les boucs émissaires, en divisant le pays à outrance.

Moi je dis les choses comme je pense


Le mimétisme avec Jean-Marie Le Pen se poursuit dans l’attitude de pourfendeur de tabous que Nicolas Sarkozy a, lui aussi, décidé de faire sienne. Le Pen disait : "Moi je dis tout haut ce que les gens pensent tout bas." Sarkozy ne cesse d’user de cette formule : "Moi je dis les choses comme je pense", en ayant bien pris soin, au préalable, de dire que, dans ce pays, "on ne peut plus rien dire sur rien". Son discours laisse constamment entendre que nous vivons sous le règne de la pensée unique, d’une quasi censure (instaurée par qui ?), et que lui seul vient parler vrai au milieu d’un discours trop policé et convenu. Lui, au moins, il parle franchement. Il n’hésite pas. Il n’a pas peur. Il ose ! Et puis, il parle comme les gens, les "vrais gens", ceux qu’il a découverts durant sa campagne : "Pendant des mois j’ai vu ce que le peuple vivait, ce qu’il ressentait, ce qu’il souffrait". Il a vu les Français, ceux d’en-bas, les vrais, les authentiques. Et il a compris que parler comme eux, ça pouvait rapporter gros : "Vous savez pourquoi je suis tellement populaire ? Parce que je parle comme les gens" (déclaration d’avril 2004, reprise dans Marianne). Alors il parle de "racailles", car dans les banlieues, les gens, ils parlent comme ça, les jeunes, ils se parlent comme ça. Y a pas à être choqué ! Les Français veulent que leurs représentants politiques leur ressemblent, soient, le cas échéant, aussi vulgaires qu’eux. Pas de chichi ! Sarkozy exauce ce voeu.

Les gens qui apprécient ces manières de faire se trompent, car évidemment l’authenticité est feinte, calculée, méprisante - et méprisable. Et puis, surtout, dire tout haut ce qu’on pense tout bas, cela n’est pas penser : "Bien penser, cela ne va pas de soi. [...] Si vous vous laissez aller, vous êtes pris par quelque chose qui n’est pas vous [...]. La nature mécanique nous guette toujours et nous tient toujours. [...] On pense faux comme on chante faux, par ne point se gouverner. [...] Bien penser est une chose que l’on se doit à soi-même, et qu’il faut vouloir. Ainsi l’homme n’est pas un spectacle permis à lui-même ; ni permis, ni possible". C’est toute la sagesse du philosophe Alain dans ses Propos, et notamment celui-ci, "Régler ses pensées", du 7 août 1929. Penser, c’est corriger ce qu’on pense, redresser constamment ses pensées, qui, sans cet effort, deviennent animales, et proprement étrangères à nous-mêmes - indignes de l’Homme.

Sarkozy, qui assimile la liberté à la transgression, ne se prive pas pour transgresser les odieux carcans de la pensée unique. Il lance ainsi des débats scientifiques, en toute liberté, sur le déterminisme génétique par exemple, il donne son avis à lui, sans prendre la peine de s’en référer aux autorités compétentes. Et sur quoi fonde-t-il ses convictions ? Sur sa propre expérience : "Moi j’ai jamais eu la pulsion d’aller violer un enfant de trois ans, j’en ai aucun mérite, et je ne pense pas que c’est mon éducation qui m’ait porté à ne pas avoir eu cette pulsion..." Ou encore : "Je ne me souviens pas moi, quand j’avais 14 ou 15 ans, d’avoir réfléchi à mon identité sexuelle, je suis hétérosexuel... Je ne me suis pas longuement interrogé pour savoir si j’aimais les hommes ou les femmes..." Ajoutant, au passage, que la campagne présidentielle est "un grand moment de sectarisme" (toujours cette foutue censure... à laquelle lui seul échappe). Alors, certes, Sarkozy ne prétend pas trancher les questions de manière définitive, l’infaillibilité papale ne fait pas encore partie de ses prérogatives. Mais il ose tout de même donner ses vérités scientifiques à lui. Un peu comme Le Pen lançait, lui aussi, des "débats", sur l’existence et l’inégalité des "races", contre l’avis de tous les scientifiques. Et lui aussi fondait ses convictions sur l’évidence ("Il y a des Noirs, il y a des Jaunes..."), le bon sens populaire, n’omettant pas de dénoncer "l’inhibition sémantique" des frileux...

N’ayez pas peur ! J’arrive...


Avec Le Pen, on était aussi habitué à l’exploitation éhontée des faits divers les plus sordides, des crimes les plus atroces, que le brillant tribun s’évertuait à narrer dans le détail jusqu’à faire frémir son auditoire, lors de dîners dont il s’était fait une spécialité, et qui lui permettait de conclure, solennellement, à la nécessité du retour de la peine de mort. Sarkozy a su, lui aussi, instrumentaliser les pires crimes de sang, sans une once de pudeur, pour justifier sa politique répressive (qu’il n’a pourtant pas su mettre en oeuvre durant ses nombreuses années passées place Beauvau), ou, du moins, pour se donner l’image du chef autoritaire et impitoyable qu’appelle de ses vœux, le vengeur masqué qui sommeille en chacun d’entre nous, dès lors qu’il est confronté à l’horreur, à l’innommable barbarie qui fauche les vies innocentes.

Morceaux choisis du discours de Bercy : "Je suis allé à la rencontre des Français [...] avec en moi le souvenir de cette famille à la Courneuve qui pleurait la mort d’un petit garçon de onze ans. C’était le jour de la fête des pères, deux bandes rivales s’affrontaient au pied de l’immeuble, il a pris une balle perdue. C’était le jour où j’ai parlé du Kärcher. Je ne regrette rien [c’est le même homme qui avait déclaré très cyniquement à l’époque : "Kärcher en septembre, 200 000 adhérents [à l’UMP] en novembre"...]. Je suis allé à la rencontre des Français avec dans ma mémoire la douleur des parents de cette jeune fille brûlée vive dans un bus auquel des voyous avaient mis le feu pour s’amuser. J’y suis allé avec dans la tête la voix de ce petit garçon que je tenais par la main devant le cercueil de son père gendarme et qui me tirait par la manche en me disant : "Sors mon papa de la boîte !" J’y suis allé avec devant les yeux l’image de la jeune Ghofrane battue à mort et atrocement torturée parce qu’elle refusait de donner son numéro de carte bleue à ses bourreaux. [...] Je suis allé à la rencontre des Français avec en moi le souvenir de ces familles immigrées, de ces pères, de ces mères, de ces enfants brûlés vifs dans l’incendie de cet hôtel sordide où on les avait entassés parce qu’on n’avait pas les moyens de les loger plus convenablement."

Certains, manifestement majoritaires aujourd’hui, apprécient ce genre de discours ; d’autres, peut-être minoritaires, continuent de ressentir un profond dégoût face à une telle manipulation émotionnelle de l’opinion. Car après avoir suscité l’effroi silencieux de l’assistance, avec tant de malheur et d’horreur exposés, on ne tarde pas à désigner du doigt un coupable - dont il ne viendra à l’idée de personne de contester la culpabilité -, et l’on se présente - tel un messie vengeur - comme celui qui saura le "liquider"...

Pour une contre-révolution morale


L’ennemi à abattre, c’est l’esprit de Mai 68, ce fantôme persistant, qui, depuis près de quarante ans, planerait sur la République, et lui empoisonnerait l’âme. Une République comme possédée par le démon de 68, et qui aurait besoin de toute urgence d’un grand "désenvoûtement" mené par notre nouvel exorciste, Sarkozy. Celui-ci emprunte son diagnostic au bon médecin Le Pen, qui imputait déjà à cette date "maléfique" de Mai 68 l’origine du laxisme moral français, par exemple dans ce discours sur la peine de mort du 20 mai 2006 (à la 7e minute). Une bonne introduction au discours terrible de Bercy que tint Sarkozy à la veille du second tour, et dans lequel il se livra à une charge haineuse, d’une violence inouïe, à l’encontre d’un héritage rendu responsable d’à peu près tous nos maux.

Sarkozy (ou plutôt Henri Guaino, l’auteur de ses discours récents) met parfois justement le doigt là où ça fait mal, sur les promesses non tenues de Mai 68 à l’égard des travailleurs, et joue sur les passions tristes de ces derniers : "Sarkozy joue du ressentiment des classes populaires qui se sont senties méprisées par l’idéologie soixante-huitarde", remarque le sociologue Jean-Pierre Le Goff, cité dans Libération du 4 mai 2007. Sa dénonciation du communautarisme soixante-huitard est, en revanche, plus choquante, venant d’un homme qui n’a cessé, ces dernières années, de "communautariser" la France (lire, à ce propos, cette bonne synthèse de l’Observatoire du communautarisme intitulée "Du communautarisme au républicanisme incantatoire : que penser du revirement rhétorique de Nicolas Sarkozy ?"). Carrément culottée enfin, la filiation que Sarkozy établit entre Mai 68 et les 8,5 millions d’euros de prime de départ et de stocks options de Noël Forgeard : "Voyez comment le culte de l’argent roi, du profit à court terme, de la spéculation, comment les dérives du capitalisme financier ont été portés par les valeurs de mai 68. Voyez comment la contestation de tous les repères éthiques, de toutes les valeurs morales [...] a préparé le terrain au capitalisme sans scrupule et sans éthique des parachutes en or, des retraites chapeaux et des patrons voyous..."

Dans Libération du 2 mai 2007, l’historien Henry Rousso, ancien directeur de l’Institut d’histoire du temps présent, rapprochait l’attitude de Sarkozy de celle des contre-révolutionnaires du XIXe siècle, consistant à "voir dans un événement historique révolutionnaire qu’on qualifie de maléfique les causes d’un supposé déclin français". Et de lui rétorquer, sans ménagement : "C’est un argument fantasmagorique, qui ne tient pas sur le plan historique. [...] Faire de 68 la cause unique de toutes les valeurs dominantes aujourd’hui est une absurdité." Selon l’historien, Sarkozy veut définir une culture de droite "en érigeant un ennemi imaginaire. Il reproche à Ségolène Royal et à la gauche de le diaboliser, mais c’est ce qu’il fait : il érige Mai 68 en une sorte de figure du diable... absolument indéfinissable."

Un drôle de moralisateur


L’objectif essentiel que se fixe Nicolas Sarkozy, c’est de mettre en oeuvre "la grande réforme intellectuelle et morale dont la France a une nouvelle fois besoin". De la morale avant toute chose ! "Le mot "morale" ne me fait pas peur. La morale, après mai 68, on ne pouvait plus en parler", lançait Sarkozy à Bercy, lui qui n’a décidément peur de rien. Eh bien parlons-en de la morale !

Nicolas Sarkozy veut rehausser "le niveau moral de la politique". Mais est-ce que c’est moral, lorsque l’on est ministre de l’Intérieur et favori de la future élection présidentielle, de pratiquer l’intimidation sur des journalistes ? De faire virer un journaliste du Figaro-Magazine, Joseph Macé-Scaron ? De faire virer le directeur de la rédaction de Paris-Match, Alain Genestar ? De censurer la biographie de sa femme Cécilia, Entre le coeur et la raison ? D’ignorer la séparation des pouvoirs, et de mépriser l’indépendance de la justice ? Est-ce moral de critiquer des Etats-Unis l’arrogance de la France lors de son refus de la guerre en Irak ? Est-ce bien moral d’aller à la pêche aux électeurs frontistes en dénonçant, sur TF1, devant des millions de téléspectateurs, les musulmans qui égorgeraient le mouton dans leur appartement, pour ensuite regretter ces propos, en petit comité, devant une association de jeunes de Nanterre ? Est-ce acceptable de se dire fier de son bilan de ministre de l’Intérieur, sur lequel on prétend être jugé, alors que Alain Bauer, président de l’observatoire national de la délinquance, affirme que "l’indicateur de la violence a continué imperturbablement à monter depuis 1994", et que Sébastian Roché, secrétaire général de la société européenne de criminologie, parle d’un "bilan globalement négatif" ? Est-ce moral, pour l’ancien maire de Neuilly-sur-Seine (de 1983 à 2002), de n’avoir pas respecté la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain) ? Et puis, dire tout et son contraire, est-ce moral ? Et mentir ? (voir cet "article-somme")

Et que dire des allégations du fameux numéro de Marianne de l’avant-premier-tour ? "A entendre les chiraquiens, même ceux qui se sont ralliés à son panache, c’est lui, Sarkozy, qui, ministre du Budget de Balladur, lança la justice sur la piste du scandale des HLM de Paris [...]. Objectif ? Abattre Chirac ! C’est lui encore, prétendent-ils, qui aurait fait révéler, au Canard enchaîné, l’affaire de l’appartement d’Hervé Gaymard, en qui il voyait un adversaire." Ou encore, dans un autre registre : " Se faire, fût-ce en partie, offrir un luxueux appartement aménagé par le promoteur qu’on a systématiquement favorisé en tant que maire, et dans l’espace dont on a, toujours comme maire, financé l’aménagement, est-ce un exemple d’attitude hautement morale ? [...] Publier un livre consacré à l’ancien ministre Georges Mandel qui se révèle, pour partie au moins, être un plagiat coupé-collé de la thèse universitaire de Bertrand Favreau, certaines erreurs comprises, est-ce la quintessence du moralisme intégral ?" Etc. Etc. Il y aurait toute une page de l’hebdomadaire à citer...

Kärchériser Bercy ?


Si Sarkozy n’est pas un parangon de vertu, ses amis politiques ne brillent pas tous non plus par leur probité : Patrick Balkany, Alain Carignon, Gérard Longuet, Alain Juppé, Bernard Tapie ou Charles Pasqua sont des spécimens de choix, qui ont tous eu très sérieusement maille à partir avec la justice. Eric Besson, inconnu du grand public avant la campagne, sera devenu, au terme de celle-ci, l’incarnation même de la traîtrise. Même si la concurrence était rude cette année : entre Tapie, Séguéla, Sevran et Hanin, le choix pouvait demander réflexion...

Tout ce beau monde a donc rejoint la France de TF1... pardon, la France sarkozyste, qui, elle, a réussi à échapper à la décadence morale de notre temps, n’a jamais cédé au "relativisme intellectuel et moral", n’a jamais perdu de vue la "différence entre le beau et le laid", avec des figures de proue comme Steevy du Loft, Miss Dominique de La Nouvelle Star, Doc Gynéco de Nice People (condamné aussi pour fraude fiscale), Richard Virenque et Marielle Goitschel de Je suis une célébrité, sortez-moi de là !, le big boss Arthur, vice-président d’Endemol France, cette merveilleuse société qui nous gratifie des plus belles émissions de la télévision française, qui participent activement à élever le niveau de conscience des futurs électeurs : Loft Story, Nice People, La Ferme Célébrités, 1ere Compagnie, Star Academy, Opération Séduction, 120 minutes de bonheur... sans oublier les sensationnels Véronique Genest de Julie Lescaut, Roger Hanin de Navarro, Bernard Tapie de Commissaire Valence, Henri Leconte et Johnny, nos exilés suisses, et puis Carlos, Thierry Roland, Philippe Candeloro, Rika Zaraï, Michou, Gilbert Montagné (c’est le raffinement de la beaufitude...), on se croirait presque sur le plateau des Enfants de la télé... avec Enrico bien sûr et Christian Clavier (l’autre mauvais sosie de Louis de Funès, lui aussi en beaucoup moins drôle)... et puis Charlotte Rampling, qui fait un peu tache au milieu de toutes ces lumières... et je gardais le meilleur pour la fin : Charles Villeneuve, le déjà mythique présentateur du Droit de savoir, cette émission de TF1 absolument neutre politiquement, qui, entre les deux tours de la présidentielle, le 1er mai, jour de la fête du Travail, aura eu l’ingénieuse idée de programmer un numéro consacré... aux faux chômeurs ! RMIstes fraudeurs ! et malades imaginaires ! Quelle coïncidence de retrouver là les boucs émissaires privilégiés de Nicolas Sarkozy ! Et j’oubliais, dans l’assistance du Palais Omnisports de Paris-Bercy, celui qui détient 42,9 % de la chaîne TF1, Martin Bouygues. La grande famille de "la France d’après" réunie au grand complet !

Un conflit de valeurs


Nicolas Sarkozy a gagné une élection qu’il a placée sous le signe des valeurs - et qui ne se réduisent certes pas à celles qu’incarnent les grands personnages évoqués à l’instant... Il a voulu qu’on parle "sans complexe" de l’identité nationale. Et cette discussion a créé un sacré malaise, qui se ressent en ce tout début de mandature. Car Nicolas Sarkozy a "joué", là encore, sur ce thème. Il a fait mine de défendre un héritage moral français, alors qu’il n’en défendait en réalité qu’une partie, l’air de rien. En gros, la défense de l’identité nationale s’est réduite, avec lui, à une réponse ferme et sans détour à la "menace" islamiste. "On n’égorge pas le mouton dans son appartement" est la formule choc qui résume toute cette campagne "morale" de Nicolas Sarkozy. Bien sûr, on peut l’enrichir un peu, comme cela était fait sur Radio-Notre-Dame le 26 avril 2007 : "La polygamie, c’est pas en France, l’excision, c’est pas en France, le voile obligatoire, c’est pas en France, la loi des grands frères qui choisissent les relations de leurs soeurs, c’est pas en France, le père qui oblige la fille à se marier avec quelqu’un, c’est pas en France... Je leur dis tranquillement et simplement, que nul ne doit être condamné à vivre dans un pays qu’il n’aime pas." Si l’on met de côté le ton un brin méprisant utilisé par l’ancien candidat de l’UMP, on peut et on doit même être d’accord sur le fond. Le problème est ailleurs.

D’abord, en prétendant parler d’identité nationale, Sarkozy (incorrigible) montre encore du doigt un bouc émissaire : cette fois, c’est le musulman. Selon le sociologue Emmanuel Todd, cette stratégie classique consistant à désigner des boucs émissaires permet à des responsables politiques incapables de régler les problèmes économiques fondamentaux qui se posent au pays de faire diversion. C’est un aveu (à peine déguisé) d’impuissance. Ensuite, et c’est là que se situe peut-être la plus grosse imposture, Nicolas Sarkozy nous indique, par l’idée même de son ministère de l’immigration et de l’identité nationale, qu’il résume la question de l’identité française à celle de l’assimilation des immigrés ; il réduit cette question, au fond, à l’égalité hommes-femmes et au rejet de certaines coutumes venues d’ailleurs. Emmanuel Todd pointe cette imposture : car la France, c’est aussi "le pays de l’égalité", "du respect de la population", "attaché à des valeurs universalistes", alors que Sarkozy "ne croit pas en l’égalité", "promet d’être dur aux faibles". C’est encore lui "qui est allé faire des génuflexions devant Bush", "qui a trahi la tradition gaulliste". En conséquence de quoi Todd prétend que Sarkozy est "en réel conflit avec l’identité nationale", "ne sait pas ce qu’est la France", et finalement "ne considère pas que Sarkozy aime la France".

On pourrait encore ajouter que la France est un pays profondément attaché à sa laïcité, et que le nouveau président de la République n’a pas montré de très sérieux gages en cette matière cruciale. En témoignent les inquiétudes exprimée par le philosophe Henri Pena-Ruiz, dans une tribune du 15 février 2007 adressée à celui qui était encore ministre de l’Intérieur. Et puis, pour ceux qui auraient déjà oublié les convictions de leur nouveau président en matière religieuse, rafraîchissons-leur la mémoire, avec ces quelques réflexions tirées du livre de Nicolas Sarkozy, La République, les religions, l’espérance, paru en 2004 : "Je crois au besoin de religieux pour la majorité des femmes et des hommes de notre siècle. [...] On ne peut pas éduquer les jeunes en s’appuyant exclusivement sur des valeurs temporelles, matérielles, voire même républicaines. [...] La dimension morale est plus solide, plus enracinée lorsqu’elle procède d’une démarche spirituelle, religieuse, plutôt que lorsqu’elle cherche sa source dans le débat politique ou dans le modèle républicain." Dit autrement : iI est impossible d’éduquer un enfant de façon purement laïque, sans l’assistance nécessaire de la religion. Une vie athée est impensable. On comprend mieux les frictions qui animèrent son entretien avec l’athéiste Michel Onfray...

Puisqu’il faut croire...


Tenant d’une politique économique que d’aucuns qualifient d’ultra-libérale, et qui devrait précariser les moins nantis - si l’on en croit l’analyse du collectif de militants et de chercheurs "L’Autre campagne" et son film Réfutations -, Nicolas Sarkozy a pourtant réussi le tour de force de les ramener à lui, "tous ces sans grade, tous ces anonymes, tous ces gens ordinaires auxquels on ne fait pas attention, que l’on ne veut pas écouter, que l’on ne veut pas entendre", et ce par l’adoption d’une posture autoritaire, de chef, contempteur de la décadence intellectuelle et morale, annonçant la liquidation et la mort de la pensée 68, et le retour aux bonnes vieilles valeurs traditionnelles et religieuses (on se demande, au passage, qui peut bien être ce "on" dans la bouche de Sarko... c’est quand même un homme qui a été ministre de l’Intérieur depuis 2002 et qui était ministre du Budget dès 1993 qui parle... et qui nous avoue donc que, jusqu’ici, il n’a pas fait attention aux gens ordinaires... c’est bien cela qu’il faut comprendre ?). Tour de passe-passe coutumier de toutes les droites dures, et des néoconservateurs américains en particulier. Libéralisme dur dans une main, valeurs morales réactionnaires et autoritarisme liberticide dans l’autre ; la deuxième main vient remédier - très superficiellement - aux maux infligés par la première : d’un côté, on mine la cohésion sociale, on crée du malaise et du désordre, de l’autre, on vient apaiser les âmes désespérées et on mate les perdants - potentiellement réfractaires - du système. Un cocktail classique qui a fait ses preuves, qui endort le pauvre terrorisé et stimule le riche jamais rassasié.

Le climat anxiogène installé par Sarkozy durant sa longue campagne (démarrée il y a cinq ans déjà) perdure dans ces premiers jours de son "ère". La gauche et Libération nous promettent de la casse, des "fractures" ; le Front national, via Alain Soral, nous assure, de son côté, que le programme du nouveau président reprend à 90 % le sien propre (dans son pan "économico-social"). Soral, qui n’imagine pas une seconde que Sarkozy le mettra réellement en oeuvre, promet néanmoins, au cas improbable où il le ferait, d’aller "lui baiser les pieds". Fractures promises, convergences "extrémistes"... Pas de quoi rassurer tout le monde. La balle est maintenant dans le camp de Nicolas Sarkozy : saura-t-il devenir le président de tous les Français ? saura-t-il sortir de l’image caricaturale qui lui colle à la peau ? et apaiser l’incroyable défiance d’un nombre considérable de Français, dont rend compte un clip circulant sur Dailymotion, déjà vu plus de deux millions de fois, et redoutablement flippant : Le vrai Sarkozy ? Puisque Nicolas se veut l’apôtre de l’espérance, nous le suivrons sur ce point : nous espérerons en lui, à défaut de croire.

11 mai 2007,Taïké Eilée

 

 

 

 

Par Jean-Claude Grosse - Publié dans : SEL - Communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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