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CONVERSION

Table rase.
Plus de presse
de radio
de télé.
Si beaucoup comme moi,
que de faillites !
système en crise.
Fuis
cocottes cyniques
grenouilles bénites
autruches confites.
Toutes espèces
de contemplatifs :
drogué
alcoolique
mystique
sage
naturiste
mélomane
Et toutes espèces
d’hommes d’action :
en portable.
Si beaucoup comme moi,
que de misanthropes !
faillite du système.
Refuse les comportements
majoritaires
populaires : …
les modes
minoritaires
snobinardes : …
Si beaucoup comme moi,
finie la commerie,
achevée la révolution.

Jean-Claude Grosse
La Parole éprouvée,
Les Cahiers de l'Égaré
 

 

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Photo prise à Petergoff en 2005

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Les agoras d'ailleurs

Les Cahiers de l'Égaré



voyages

Samedi 2 septembre 2006 6 02 /09 /2006 16:00
Terres en vue
ou
Les Maures,
un territoire de Méditerranée


Projet de gestion intégrée des zones côtières (GIZC), initié en 2005 sur les communes de Ramatuelle, La Croix Valmer, Cavalaire et Le Rayol Canadel.


Ce mardi 6 juin, vers 10 H, j’ai embarqué sur un bateau de la compagnie Les Iles d’Or, à Cavalaire, pour une découverte des terres depuis la mer, entre le cap Camarat et Le Rayol.
photo Jean Belvisi

Les intervenants, compétents, venus de Maltae, du Parc national de Port-Cros, des différentes communes, du Conseil régional, nous ont fait découvrir une ou plusieurs façons de regarder, de lire ces paysages, ces côtes, les unes mitées par l’habitat secondaire (4500 résidences secondaires à La Croix Valmer, soit 75% du foncier de la commune), les autres « naturelles », d’autres intégrées comme ce village d’une vingtaine d’habitations, Le Tellier, dont l’impact sur le paysage est moindre que la piscine de la villa voisine. De quoi réfléchir, faire réfléchir les élus quand ils pondent des PLU, de quoi donner envie de réagir, de proposer d’où ces ateliers car c’était un atelier sous son apparence de balade en mer.
Photo Jean Belvisi

Quelques sites remarquables comme la villa Foncin, les jardins du Rayol, le sentier sous-marin.
La Maison Foncin. Photo Jean Belvisi.

De quoi se rendre compte que ce qui fut possible au XIX° siècle ne le serait plus aujourd’hui mais où l’on voit aussi comment la puissance publique se réapproprie pour le compte de tous, ces sites. Le bateau faisant des tours sur lui-même et la féerie des dauphins sautant dans les vagues arrières. Avec explications sur leur présence là.
Photo Jean Belvisi

Bref, 2 H 1/2 de promenade instructive et citoyenne qui m’a amené dans mes impressions de retour à souhaiter que l’on réussisse à barrer la route aux individualistes friqués-propriétaires privés ( y compris de bateau, voilier ; il y a jusqu’à 300 mouillages dans une petite crique du côté de la pointe du Brouis, en été) qui dénaturent ces côtes et nous interdisent de nous approprier cette beauté naturelle (ce que le directeur de Port-Cros appelle le caractère des lieux et qui n'est pas quantifiable) dont nous avons tant à tirer pour nous réconcilier avec nous-mêmes et la nature (à preuve, les 1.200.000 visiteurs annuels des îles d'or où on ne peut séjourner mais où on va comme certains vont à Dieu, pour s'y ressourcer, se réconforter et autres usages, ludiques, esthétiques, contemplatifs, méditatifs, à comparer aux quelques centaines de villas secondaires qui mitent la côte et empêchent cette appropriation au sens poétique du terme). À quand l'expropriation de quelques-uns pour le bénéfice du plus grand nombre ? J'oubliais l'objection: la liberté de faire ce qui me plaît, la liberté de quelques jets-skis d'emmerder tout le monde, la liberté d'avoir ma piscine à 20 mètres de la mer...

Habiter la terre en poète disait Hölderlin.
Nous essayerons cela avec le sentier de l’été, le 2 juillet 2006, de 16 H à 23 H et plus si affinités, avec le poète grec Odysseus Elytis en partage et une présentation de la métaphysique de la nature de Marcel Conche.
grossel

Balades des 4 Saisons / Habiter la terre en poète
photo JCG
SENTIER DE L’ÉTÉ
avec
LES 4 SAISONS DU REVEST, MALTAE
et le SIVOM du littoral des Maures

DIMANCHE 2 JUILLET 2006
DE 16 HEURES JUSQU’À 23 HEURES


LE POÈTE EN PARTAGE SERA ODYSSEUS ELYTIS
collage d'Elytis

Rendez-vous à l'entrée du Jardin du Rayol à 16 H

Les participants sont invités à s’inscrire auprès de Maltae au
04 94 35 42 92

Les participants sont invités à partager leur pique-nique du soir, leurs souvenirs littéraires ou poétiques sur la mer, à prendre appareil photo et (ou) camescope pour surprendre le coucher du soleil à une heure tardive puis surprendre le lever de la lune s’il y en a une.
Il y aura de la marche-promenade, de la baignade, de la lecture, de la prise de vue, de la singularité et du partage.
Les animateurs de ce sentier seront :
Jean-Claude Grosse, passeur du poète grec mais aussi ce soir-là, de la métaphysique de la nature de Marcel Conche,
Jean Belvisi, photographe.
Visitez sur le blog : Les 4 Saisons du Revest
l’article et l’album photos consacrés au sentier du printemps du 26 mars 2006 où le poète en partage fut Saint-John Perse.

photo Jean Belvisi

dans le cadre de la Gestion Intégrée des Zones Côtières
"un territoire des Maures en Méditerranée"
Le sentier de l'automne et le sentier de l'hiver auront lieu en octobre et décembre 2006
















Présentation des

ateliers du paysage

par
Maltae
maltae@wanadoo.fr

Par Jean-Claude Grosse - Publié dans : voyages
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Lundi 4 septembre 2006 1 04 /09 /2006 11:22
VISSOTSKI / BASKAKOV
En juillet 2005, nous allions sur les traces de CG, là où il avait répété en juillet 2000, son dernier spectacle:(C'est possible) ça va ou l'un de nous est en trop.
En juillet 2002, les comédiens du Molodiojni Theatr', d'Oulan-Oudé en Sibérie, avec lesquels CG avait travaillé, édifiaient un mémorial en son souvenir, à Baklany, au bord du lac Baïkal, en pleine nature (2 H 1/2 en bateau avec puissant moteur et pêcheur expérimenté sont nécessaires pour y arriver).

C'est au cours d'une des soirées que nous avons passées à Baklany, le 25 juillet 2005, que le metteur en scène Anatoli Baskakov a chanté une chanson de Vissotski,
La chasse aux loups,
Je m'élance de toutes mes forces, les muscles bandés
Mais aujourd'hui, comme le jour précédent,
Ils m'ont cerné, ils m'ont cerné:
Gaiement ils me rabattent vers les servants,

Derrière les sapins s'activent les fusils à deux coups:
Les chasseurs dans l'ombre sont dissimulés.
Sur la neige tombent les loups
En cibles vivantes transformés.

C'est la chasse aux loups, c'est la chasse sans pitié !
Aux carnassiers gris, aux adultes et aux nourrissons !
Les rabatteurs crient et les chiens aboient jusqu'à la nausée.
Le sang sur la neige et les taches rouges des fanions...

Ce n'est pas à armes égales que s'amusent avec les bêtes
Les chasseurs, mais aux yeux ils n'ont pas froid !
Avec les fanions nous coupant la retraite,
Ils tirent d'une main assurée et leurs coups ne manquent pas !

C'est la chasse aux loups, c'est la chasse sans pitié !
Aux carnassiers gris, aux adultes et aux nourrissons !
Les rabatteurs crient et les chiens aboient jusqu'à la nausée.
Le sang sur la neige et les taches rouges des fanions.

Nos pattes et nos mâchoires sont d'une grande rapidité.
Pourquoi, chef de la meute, réponds, réponds,
Galopons- nous vers les fusils, traqués,
Et n'essayons-nous pas d'enfreindre l'interdiction ?

Le loup ne peut ni ne doit cette loi transgresser...
J'ai fait mon temps :
Celui â qui j'étais prédestiné
A levé son fusil en souriant...

C'est la chasse aux loups, c'est la chasse sans pitié !
Aux carnassiers gris, aux adultes et aux nourrissons !
Les rabatteurs crient et les chiens aboient jusqu'à la nausée.
Le sang sur la neige et les taches rouges des fanions.

Subir, je n'ai pas voulu. J'ai couru.
Au-delà des fanions, le désir de vivre est plus grand !
Seulement, tout joyeux, derrière moi j'ai entendu
Les hommes pousser des cris d'étonnement.

Je m'élance de toutes mes forces, les muscles bandés,
Mais aujourd'hui, ce n'est pas comme le jour précédent !
Ils m'ont cerné, il m'ont cerné,
Mais les chasseurs sont restés gros-jean !

C'est la chasse aux loups, c'est la chasse sans pitié !
Aux carnassiers gris, aux adultes et aux nourrissons !
Les rabatteurs crient et les chiens aboient jusqu'à la nausée.
Le sang sur la neige et les taches rouges des fanions.

Traduction d'Hélène Ravaisse.


pour le 25° anniversaire de sa mort. Omoul,(le fameux poisson du Baïkal qu'on mange cru ou grillé), et vodka avaient accompagné les toasts, cérémonial russe dans lequel excelle Baskakov, en poète.

site Vladimir Vissotski
(chansons à écouter et à lire)

Hommage à Vladimir Vissotski


Vladimir Vissotski, chanteur, poète, acteur, mari de l’actrice française Marina Vlady est mort le 25 juillet 1980. 25 ans après, les Russes ont voulu rendre un vibrant hommage à celui qui est toujours considéré comme "La voix pour la couleur d’une nation."

Lundi 25 juillet 2005.
Les Russes ont rendu lundi hommage à Vladimir Vissotski, poète, chanteur et acteur dont la voix rauque séduit toujours en Russie, y compris les jeunes générations, 25 ans jour pour jour après sa mort. Des centaines de personnes sont venues déposer des fleurs sur sa tombe au cimetière Vagankovskoïé à Moscou, certains avec des guitares pour chanter ses chansons.
Et une statue de Vissotski, de six mètres de haut, a été inaugurée lundi à Novossibirsk (Sibérie) alors que les chaînes russes diffusaient des reportages et des films consacrés au poète.
"Toute une époque a passé, mais il n’y a pas eu depuis sa mort une autre personnalité qui jouirait d’un amour populaire aussi absolu que Vissotski", écrivait lundi le quotidien officiel Rossiïskaïa Gazeta.
"Vissotski était pour nous une gorgée d’oxygène", a expliqué sur la chaîne NTV Vadim Toumanov, écrivain, ancien prisonnier politique et ami du chanteur.
Des manifestations consacrées à Vladimir Vissotski sont organisées ces jours-ci à travers toute la Russie, mais aussi dans des ex-républiques soviétiques, dans l’est de l’Europe, en Israël et aux Etats-Unis.
Un concert, intitulé "Sauvez nos âmes..." d’après une chanson de Vissotski sur le naufrage d’un sous-marin, était prévu lundi soir dans la capitale russe.
Le musée Vissotski dirigé par le fils du poète, Nikita Vissotski, a présenté dimanche un spectacle, "Les pommes du paradis", qui retrace le destin du poète par le monologue d’une actrice incarnant toutes les femmes de sa vie.
Vissotski, qui était marié à l’actrice française Marina Vlady et dont les chansons circulaient à l’époque soviétique sur des bandes magnétiques enregistrées par des amateurs lors de concerts semi-clandestins, souffrait d’alcoolisme.
Il est mort le 25 juillet 1980 à 42 ans et son enterrement a réuni une foule énorme repoussant au second plan les Jeux olympiques à Moscou.

vidéos



Baikal1
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Anatoli
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Par Jean-Claude Grosse - Publié dans : voyages
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Mardi 21 novembre 2006 2 21 /11 /2006 15:57
Il y a un mois, à peu près, ce fut nuit d'anniversaire. Des artistes russes hébergés à la maison nous firent voyager à travers l'âme de leur pays, vodka et chansons servant de guide.
vidéos à boire cul sec




Anatoli
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Alarusse
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Par Jean-Claude Grosse - Publié dans : voyages
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Samedi 19 mai 2007 6 19 /05 /2007 10:47
Images du sud marocain

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Par Jean-Claude Grosse - Publié dans : voyages
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Samedi 2 juin 2007 6 02 /06 /2007 16:36

Un jour, je trouve un commentaire au bas d’un article que j’ai mis en ligne et constitué de déclarations de femmes soutenant Ségolène Royal, commentaire signé Aïdée. Ce prénom m’alerte ; il y a l’adresse d’un site que je visite.
3 semaines plus tard, un autre commentaire de remerciements pour mes contributions ou réflexions politiques pendant cette campagne présidentielle qui me laisse un drôle de doute: me suis-planté?
Et là je comprends que cette signature correspond à la jeune femme que je "connais" depuis plus de 15 ans, que j’ai vue pour la dernière fois, en juillet 2003, pour les 20 ans des 4 Saisons du Revest.
Je suis sensible à cette fidélité qui se manifeste en pointillés, très légère, et qui me permet de suivre le chemin que trace cette jeune femme de 34 ans, avec son compagnon, Stéphane, et trois enfants aux prénoms chargés d'histoires fabuleuses : Mona, Luciole, Hélios, dans un coin de l’Hérault où je ne suis jamais allé leur rendre visite.
Voici donc une présentation de l’activité de Textures végétales, l’atelier animé par Aïdée et Laure.

a--d--e6.jpg l'atelier

Fondé en 2004 par deux passionnées de papier végétal, l'Atelier Textures Végétales propose de faire découvrir cette technique ancestrale à travers la présentation de créations artistiques et l'animation d'ateliers.

Sa particularité est d'utiliser des fibres végétales brutes et de mettre en valeur la texture et la teinte naturelle de chaque plante à travers différents types de créations : luminaires, chapeaux, livres d'artistes, bijoux, masques, décors...

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Toutes les fibres nécessaires à la fabrication du papier sont préparées par l'Atelier qui peut ainsi intervenir sur le choix des plantes, un matériel vivant, et sur leur transformation au moment de la cuisson.
(Fibres de poireau, yucca, prêle, châtaignier, palmier, micocoulier, genêt, bougainvillier, iris, noisetier, salsepareille, fougère, ail, papyrus, roseau, plantain, ortie, ... parfois colorées au curcuma, hèble, térébinthe...)

En effet, les plantes offrent des fibres différentes selon la saison et le milieu de cueillette (plantes de garrigue, plantes de rivière, plantes du potager...).

D'autre part, la pratique artisanale de la papérisation permet d'obtenir une large palette de matières et de couleurs, offrant ainsi à l'imaginaire un support de création inédit.

L'Atelier Textures Végétales, c'est aussi surprendre le public avec des oeuvres insolites et poétiques réalisées entièrement en dentelles végétales :

* Sculptures végétales lumineuses

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* Performances artistiques (créations selon un thème, un lieu, un événement...)
* Installations d'oeuvres in situ
* Création de marionnettes géantes, décors scéniques et costumes

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L’atelier Textures Végétales a développé quatre ateliers tout public, chacun
d’entre eux étant décliné sous différentes formes selon le type de public (festivals, scolaires, animations environnement, centres culturels, médiathèques,…) et l’âge des participants (enfants dès 5 ans et adultes).

Le contenu pédagogique, le matériel utilisé et la durée de l’activité sont adaptés à chaque animation.

Atelier "papiers"

Découverte du mode de fabrication du papier, cette matière si familière et pourtant si mal connue. Réalisation d’une série de feuilles reflétant la grande variété de papier que la technique artisanale permet d’obtenir.

* Initiation à la fabrication du papier : La feuille se crée en disposant les fibres sur un tamis recouvert d’eau, elle est ensuite couchée sur la pile pour être mise sous presse.
* Création de différents types de papiers constitués d’une ou plusieurs fibres végétales, et destinés à différents usages : écriture, reliure, décoration,…

Atelier " toiles végétales "

Découverte du papier en tant que création et non uniquement comme support (pour l’écriture, le dessin…)

Réalisation d’œuvres composées avec une palette de matières et de couleurs constituée par les différentes fibres papérisées.

* Initiation à la fabrication du papier : La feuille se crée en disposant les fibres sur un tamis recouvert d’eau, elle est ensuite couchée sur la pile pour être mise sous presse.
* Réalisation d’un grand format permettant à chacun d’exprimer sa sensibilité grâce aux techniques acquises.

Atelier " photophores "
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Découverte de la dentelle végétale, technique apparentée à celle de la fabrication du papier qui permet la réalisation de matières extrêmement aériennes et la mise en valeur des fibres par transparence.

Utilisation de cette technique pour la création d’un objet décoratif en volume destiné à être illuminé.
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Initiation à la fabrication du papier : La feuille se crée en disposant les fibres sur un tamis recouvert d’eau, elle est ensuite couchée sur * la pile pour être mise sous presse.
* Réalisation de dentelles végétales, et pratique des techniques décoratives spécifiques à la dentelle.

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* Mise en volume par moulage

Atelier " masques "

Découverte des différentes qualités de papiers végétaux, dentelles végétales ou papiers texturés.

Découverte de la dentelle végétale, technique apparentée à celle de la fabrication du papier qui permet la réalisation de matières extrêmement aériennes et la mise en valeur des fibres par transparence.

Utilisation de ces techniques pour la création d’un masque moulé sur argile. Travail sur l’expression du masque grâce à une palette de végétaux particulièrement contrastée.

* Initiation à la fabrication du papier : La feuille se crée en disposant les fibres sur un tamis recouvert d’eau, elle est ensuite couchée sur la pile pour être mise sous presse.
* Réalisation de dentelles végétales et pratique des techniques décoratives spécifiques à la dentelle.
* Modelage en argile pour créer un masque selon son imaginaire.
* Moulage des dentelles sur argile.
* Application de végétaux pour faire ressortir l’expressivité du masque.


Extrait de "la Caravane ",
émission tournée lors du Festival du Vent à Calvi (oct 06),
diffusée le 30 decembre 2006 sur Real Time Discovery Channel.


Par Jean-Claude Grosse - Publié dans : voyages - Communauté : L'art e(s)t la vie
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Mardi 3 juillet 2007 2 03 /07 /2007 19:25

Le 9 juin 2007, j'ai assisté à une lecture au Clos Mayol, organisée par Sylvie di Roma. Arrivé en avance, j'ai parcouru le parc à l'abandon du Clos Mayol, envahi par les plantes. La vidéo de la lecture (sur le blog des Cahiers de l'Égaré) montre cette promenade sur des chansons de Dasha Baskakova aux titres évocateurs: Dans ta ville, je n'ai pas de place et Bye Bye.

Pour les 2 vidéos mises en ligne ici, j'ai fait un autre choix: ne montrer que la promenade dans le parc, la même pour les 2 vidéos et accompagner chacune différemment sur le plan sonore, la 1° avec une interview de Félix Mayol, la 2° avec 4 chansons de Mayol.
Voyage dans l'espace et le temps.

J'ai pu réaliser ce montage grâce aux ressources du site de Jean Dubé dont je recommande la fréquentation.

1941. Le 1° mai. 46 ans jour pour jour après ses débuts à Paris, Félix Mayol, le célèbre chanteur des années 1900-1930, à la retraite (il a alors 68 ans), se remet d'un accident cardiovasculaire lorsqu'il reçoit chez lui, dans son clos, en banlieue de Toulon, la radio marseillaise et son interviewer, Jean Guinebert.
De cette émission seules les minutes en on
des, sans extraits musicaux ni annonces ont été miraculeusement récupérées des poubelles et transférées sur bande, en 1982. Cette bande, son propriétaire, Jean Cocart-Fredet, autrefois de l'émission des «Cinglés du Music-Hall», a bien voulu en transmettre une version digitalisée à Jean Dubé qui l'a mise en ligne sur son site.
Cette interview de 1941 sert de fond sonore à la 1° vidéo prise le 9 juin 2007 à l'occasion d'une lecture au Clos Mayol: les premières 8 minutes 30 au cours desquelles on entend, entre autres, Mayol parler de son premier engagement, à Paris, de son muguet-fétiche, du 1° mai du maréchal Pétain et surtout chanter le «Lilas blanc».
Félix Mayol décède le 1° novembre 1941 au Clos Mayol.

La 2° vidéo d'une promenade dans le Clos Mayol, le 9 juin 2007, prend appui en fond sonore sur 4 chansons de Félix Mayol, trouvées sur le site de Jean Dubé.


Par Jean-Claude Grosse - Publié dans : voyages
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Mercredi 26 septembre 2007 3 26 /09 /2007 11:28
Carnets VoyAgeuRs - Écrire les Maures

Le projet Carnets VoyAgeuRs associe 8 bibliothèques-médiathèques du Var, des associations comme Maltae (Mémoire à lire Territoire à l’écoute), des institutions. _Commencé en septembre 2007, il se prolongera jusqu’en juin 2008 avec l’exposition « Carnets VoyAgeuRs dans le Var ».
J’ai participé à un atelier d’écriture itinérant co-organisé par Maltae et la médiathèque du Cannet des Maures, ce 1° jour de l’automne, 22 septembre, au lac des Escarcets près du Cannet des Maures.
9 participants pour un « voyage » de 10 heures à 13 heures.
Filmant pour laisser trace de l’événement, je pris assez souvent du retard d’autant que la curiosité m’incitait à des haltes, avant les haltes et pauses destinées à l’écriture.
Il y eut deux haltes.
Lors de la 1°, je proposai de prendre au sérieux les mots utilisés sur le programme de toutes les manifestations et demandai à chacun si nous devions utiliser « voyage » ou « promenade ». Un riche échange s’ensuivit où furent précisées les significations de mots comme « territoire, paysage, appropriation libre, gratuite, ludique, appropriation privée, foncière, usage, échange, nomadisme choisi, nomadisme contraint, habiter, écrire en marchant, à l’arrêt, dehors, dedans, lecture ou écriture du territoire et (ou) du paysage, lecture scientifique ou (et) sensible, écriture sensible ou (et) scientifique. » Je note que cet échange a montré la diversité des points de vue mais aussi leur complémentarité et non leur opposition._
On reprit la marche en se promettant de partir à la halte suivante sur les traces du mot « Escarcets ».
La 2° halte eut lieu près du barrage de retenue de ce lac artificiel après un cheminement sans boussole dans un sous-bois de je ne sais quoi. Heureusement, notre photographe depuis un an de nos aventures a un GPS, enfin quelque chose de moderne pour se situer et s’orienter, suivre les drailles des sangliers n’étant pas le meilleur moyen de retrouver un chemin sillonné de traces de VTT.
Un quart d’heure d’écriture sans consignes précises mais avec quelques indications : jeux avec le mot, inventaire de choses vues au plus près, du plus loin, selon l’œil que chacun a, le regard qu’il porte sur choses et gens. Puis lecture de ce que chacun avait écrit. Avec un moment d’émotion intense suite à l’annonce du décès du conseiller général de ce coin des Maures, Jean-Yves Gosse, très apprécié de ceux qui se soucient du territoire dans son usage par tous, librement, comme nous ce matin-là.
Pas le temps de faire un bilan même sommaire mais le retour en voiture permit de préciser la nécessité d’un temps plus long (une journée et non une matinée) et sans doute de consignes ou amorces entre deux haltes pour que l’esprit travaille s'il veut et peut en cheminant et que l’écriture s’effectue pour certains pendant la marche.

Voici le texte que j’avais écrit pendant mon quart d’heure :

Arrivée par la piste._
Un pêcheur a dû passer la nuit au bord du lac avec ses 4 cannes et sa barque. Belle plage ocre.
Beaucoup de roseaux, des genêts, des joncs, une végétation d’eau et une végétation de terre avide d’eau.

Des odeurs.
Peu de sons hormis le bruit du moteur d’un avion de tourisme.
On suit un des cours d’eau à sec qui alimente cette retenue artificielle pour la lutte contre les incendies.
L’érosion, ancienne, nous propose d’énormes encriers, quelques trous d’eau, des cannes et des papyrus pour notre travail d’écriture._
Dans les roseaux, j’entends un gibier d’eau.
Ombres et lumières sur le lac.
J’aime prendre mes photos en plan d’ensemble ou en plan rapproché.


Voici un texte travaillé pour un futur carnet peut-être.

Je n’ai jamais été homme de carnet voyageur. J’ai été homme de carnet penseur avant même de commencer mon métier de prof de philo et de lettres. Cela a duré quelques années. Ces carnets noirs existent toujours : je ne les ai jamais relus. A été relu par contre un cahier datant de 1962 : « cahier d’un curieux » pour « vivre le plus possible mes possibles en respectant les degrés d’urgence ». J’ai été étonné, 45 ans après, de voir combien j’avais eu le souci d’une vie construite en conscience. Ce cahier qui va très au détail a selon moi, le mérite de montrer que la volonté qui se travaille et la pensée qui se fonde sur notre liberté donnent à chacun le pouvoir de s’émanciper de quantité de « conditionnements », de « valeurs » qui n’en sont pas, pour tenter de devenir cause de soi-même, pas du tout équivalent au « deviens qui tu es » nietzschéen.
Ce 22 septembre, premier jour de l’automne 2007, j’accompagne un groupe de quelques personnes pour un atelier d’écriture itinérant autour du lac des Escarcets que je découvre. Je suis donc d’abord voyeur, mobilisant mon œil pour apprécier des plans d’ensemble ou des détails que j’essaie de saisir avec le camescope. Il est encore tôt et la lumière n’est pas trop dure : je peux apprécier des dégradés, des camaïeux de bleus. Quand la réverbération est vive, je me mets à l’ombre pour atténuer ce qui est déjà bien éclairé, trop éclairé. On sait que le soleil ne peut être regardé en face, lui qui met tout en valeur mais aussi bien peut l’écraser.
Le bon usage du regard demanderait une maïeutique comme celle de Socrate pour le bon usage de la parole en vue de la vérité. Sauf que cette maïeutique socratique est un mythe et ce n’est pas aujourd’hui que je vais clarifier la question. En tout cas, porter « son » regard sur un paysage, un visage est certes un acte immédiat mais dans lequel interviennent beaucoup de médiations dont certaines doivent nous échapper à moins d’une grande vigilance à soi. Le regard macho sait-il qu’il chosifie la femme regardée ? Le regard d’amour sait-il qu’il déréalise la femme aimée, désirée, le désir visant ce qui toujours manque ? Le regard du scientifique sait-il qu’il modifie la chose observée ?
Devant la profusion, comme c’est le cas ce matin-là, je suis comme égaré.
Toute saisie en est impossible. Me manque le temps. Mes sens même en émoi n'appréhendent guère. Je vois peu, j'entends mal... Me font défaut, les mots. Quant à la façon de tourner les choses, je ne sais comment m'y prendre. Et pour ce qui est d'aller au fond des choses, au delà des apparences vers la réalité, mon esprit n'est pas capable d'élaborer l'hypothèse platonicienne supérieure me permettant de sortir de la caverne où m'enchaînent mes sens. Mes sensations, même fausses, ne sont pas des illusions et la caverne qui ce matin a la forme d'un lac n'est pas une prison. Elle est "mon" monde, il est mon umwelt d'une matinée.
Ma prise sera donc petite...
Pêcheur, je suis un pêcheur ! Comme celui rencontré sur la plage ocre du lac des Escarcets.
Sur barque, bateau à voile ou à moteur, je pêche à la traîne, à allure réduite, pour quelques goujons ou maquereaux.
Sur la rive, la berge ou le bord, assis, debout, lançant, ferrant, je reviens sans rien.
Cette métaphore du pêcheur me parle bien.
Je n'ai jamais pêché. Je n'ai jamais été initié. Je m'imagine pêcheur. Pas tout à fait en toute ignorance. J'ai vu et abordé des pêcheurs. Alors ça mord ? demandais-je. J'ai eu quelques confidences: je ne pêche pas pour ramener la plus belle prise mais pour trouver la tranquillité.
Un sage, ce pêcheur-là!
Assis sur un pliant, sous un saule pleureur pleinement féminin, devant le lac paisible où miroitent mille éclats de soleil, le sage pêcheur a calé ses quatre longues cannes. Peut-être que ça mordra. Au bout de son hameçon, un appât passe-partout, attrape-tout. Attention flottante, peu fixée sur le flotteur mais sur l'autour.
La métaphore est parlante. Mon pêcheur fait silence.
Après le temps de la pêche, le temps de l’écriture.
Au moment où j'écris, travaillé par le désir d'écrire, je suis source sulfureuse de désirs innommés, innombrables dévorants sans chairs à se mettre sous les dents, et que j'essaie d'incarner noir sur blanc par des mots appropriés.
Les innombrables se révèlent innommables et me révèlent la démesure du projet d'écriture.
Sur le papier se dissipent les agitées de la nuit. J’ai « pensé » « rêvé » à un texte possible toute la nuit de samedi à dimanche. Mal nommées par les mots mal mariés, les aveuglantes retournent à l'azur. Je n'y vois que du bleu. Surviennent l'hostilité envers ces mots que n'enflamme pas l'émeri de la poésie et le dégoût de soi, profusion inouïe et inaptitude à la profération.

Quel usage de la parole, vouloir ? De la parole qui veut son effacement au dit qui se veut définitif, mille et un usages de mort, de vie.
Préférer l'usage du silence ? De la tentation du silence, par orgueil ou impuissance, au silence de la réconciliation, par amour et humilité, mille et un usages d'éloignement, de rapprochement.
Et l’accessoire question : quel bon usage, pouvoir ?

Ce matin, à la première halte, trop courte, car j’aurais aimé lire à voix haute quelques passages des « Rêveries d’un promeneur solitaire », j’ai questionné mes compagnons de voyage sur le sens des mots proposés par le papier de présentation : « écrire le territoire, lire le paysage, écrire les Maures, le lac des Escarcets ». Jouant le jeu socratique, les réponses des compagnons de cette appropriation libre, gratuite, ludique d’un paysage impossible à mettre en boîte furent riches, diverses, complémentaires et non opposées.

Ce travail effectué, restait à commencer, après une heure d’itinérance qui fut aussi errance dans les sous-bois de tamaris, restait à commencer à écrire sans consignes précises. Et à partager au bout d’un quart d’heure, les lignes d’encre jetées sur les carnets voyageurs.

Que dire sur le commencement ?

Quand un commencement commence
un chemin se met à cheminer
jusqu'à une fin qui y met fin.

Le commencement contient-il le chemin et la fin?
Il y a des tenants de cet abrutissement.

La fin révèle-t-elle ce que fut le chemin
et donne-t-elle son sens (double sens)
au commencement ?
Il y a des tenants de cet aboutissement.

Si le commencement ne contient rien
et si la fin ne dit rien
y a-t-il encore chemin ?

Le dernier texte partagé, dans un intense moment d’émotion, lié à l’annonce de la disparition brutale, dans la nuit du 21 septembre, d’un élu, Jean-Yves Gosse, défenseur de ce territoire artificiel au fort goût d’authenticité, fut une méditation spontanée sur la vie et la mort, commencement et fin, questionnement sans fin jusqu’à la fin, sur la brièveté de la vie qui pourtant continue quand l’un de nous disparaît, éloïse (éclair) dans la nuit éternelle comme dit Montaigne.

22-24 septembre 2007, Jean-Claude Grosse


Par Jean-Claude Grosse - Publié dans : voyages
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Lundi 1 octobre 2007 1 01 /10 /2007 14:42
Cher Jean Claude,
Oulan-Oudé déjà une semaine

Je me permets de t'écrire et de te dire un grand merci pour cette rencontre avec Anatoli et son théâtre
c'est un homme extraordinadaire qui nous aide dans toutes nos démarches et nous avons découvert son théâtre
et son équipe de comédiens très sympathiques.
A partir de cette semaine je vais commencer à donner des cours de jonglage à l'académie de théâtre, et notre projet se met doucement en place pour ce qui est de l'artistique.
Nous sommes très touchés par ce que tu as écrit sur ton blogue, nous essayerons d'aller sur le mémorial de Cyril, je pense qu'Anatoli pourra nous y emmener.
Nous allons mettre un lien de ton blogue sur notre site, enfin je vais demander à mon ami en France de le faire je ne suis pas un expert
dans la technologie moderne.

En espérant que l'on se rencontre à notre retour
Amitiés
1° octobre 2007, 04 H 44 33, Gérard

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Deux voyages vers la Sibérie

Chers Amis

Voilà maintenant 6 mois que nous voyageons vers l’est … nous sommes partis un matin de printemps et en passant la frontière Hongroise les arbres nous saluaient, les branches touchaient terre sous le poids de leurs fleurs, nous enivrant de leur parfum !
Nous avons parcouru la Serbie, la Roumanie, l’Ukraine nous voilà en Russie…nous avons passé la frontière un 6 septembre après des heures de négociations et d’attente avec toujours l’espoir, à 22 h du soir nous avons ouvert le champagne russe à quelques Kms de la frontière.
Puis 14 jours de traversée, rouler toujours rouler parfois avec une moyenne de 40 km/H mais aussi les nombreux contrôles de police, les embouteillages, les directions perdues dans les grandes villes, les demi-tours avec la remorque, les réparations sur le bas côté de la route, la rencontre avec les routiers, les mauvaises routes qui sont toujours trop longues, la taïga qui n’en finit plus, l’arrivée dans les montagnes avec des côtes à 17 % sur plusieurs kms, l’œil rivé sur le thermostat du camion, au moins on n’aura pas eu froid … et c’est en automne que nous sommes arrivés à Oulan Oudé, capitale de la Bouriatie, les arbres sont devenus comme des crayons de couleurs que l’on aurait planté dans la montagne*, il commence à faire frais sur le plateau, le dernier poste de police nous a laissé passer, étonné de voir un tel convoi aux portes de leur ville.
Accueilli par l’académie de Théâtre, en quelques heures ils nous arrangent un logement de transition et on gare le convoi dans le service technique du théâtre, nous voilà devenu citadin pour quelques mois, on utilise les transports en commun, ça fait du bien de se faire conduire …
Dans quelques jours nous aurons notre appartement, l’école pour les enfants va reprendre et les échanges culturels vont se mettre en place doucement, nous avons le temps …
La météo annonce 0° la nuit et 11° la journée, déjà un peu plus au nord il fait -7°, on nous demande mais pourquoi venir dans ce pays où il fait si froid ? la neige est proche et les enfants rêvent de boules et de bonhommes de neige, de patin à glace sur le Baïkal, de balades en transsibérien…
Il est tard je vais me coucher, 23h 30, pour vous ça fait 16h 30….
Je vous embrasse
25 septembre 2007, Gérard Clarté,
compagnie Les frères Kazamaroffs

Étapes pour la traversée du continent

Voici un planning approximatif qui donne les grandes lignes du projet, des contacts sont encore à chercher, des confirmations de rendez-vous à venir, et des visas à trouver !
Départ le 5 mars 2007 de l’école St Exupery d’Athis Mons, pour cette occasion un carnaval est organisé de 14 H à 16h.
Après quelques jours de voyage et quelques étapes éclairs (traversée de l’Italie et de la Slovénie), arrivée en Hongrie ler Avril avec des étapes de 15 jours :
1er Avril au 15 Avril : Hongrie, à Varosbécre, petit village de 90 habitants; nous serons aussi en contact avec l’alliance française de Pécs.
16 Avril au 29 Avril : Serbie, à Kanisza, centre culturel Jozsef Nadj
30 Avril au 13 Mai : Roumanie, à Timisoara ; nous serons accueillsi par l’association Casa des Clowni site http://www.maisondesclowns.com
14 Mai 27 mai : Roumanie, à Sinaïa, ville jumelée avec Athis- Mons, en partenariat avec l’association Amitié Sinaïa….
Deux jours de visite chez des amis en Transylvanie, et nous partons pour la traversée de l’Ukraine, arrivée à la frontière Russe vers le 2 ou 3 juin, et s’il n’y a pas de problème, direction la Sibérie…
Nous traverserons la Russie en passant par Rostov sur le Don, Saratov, Samara, Kazan, Ekaterinbourg, Tcheliabinsk puis nous longerons le transsibérien, arrivée à Oulan-Oude en Sibérie, où l’on nous attend pour un festival qui a lieu du 28 juin au 4 juillet, thème du festival « Contes épiques et contes populaires du Baïkal ».
Nous sommes invités par l’organisation des festivals de la Bouriatie, l’Académie de la culture et des arts, et par Mr Anatoli Baskakov metteur en scène à Oulan-Oudé. Nous resterons tout l’hiver en Sibérie.
Départ pour la Mongolie en Avril 2008 ; nous passerons environ un mois et demi là-bas puis retour via la Russie.
Nous repasserons par l’Ukraine, la Roumanie et la Hongrie…et rentrerons au bercail fin Août 2008.

Gérard Clarté tient un carnet de voyage avec photos qu'on peut lire et voir.



Les Frères Kazamaroffs est le nom de la compagnie animée par Gérard Clarté, passé aux arts du spectacle après avoir travaillé 3 ans chez Michelin. Il entre comme monteur en chapiteau chez Annie Fratellini, et grâce à la rencontre de Janos Schneller, jongleur hongrois, il rentre à l'école du cirque de Budapest de 1985 à 1988. Depuis il n'a cessé de jouer dans différents cabarets et cirques contemporains (Archaos, Acid Cirq, Achille Tonic....). Il fonde avec Benoît Belleville la compagnie les Frères Kazamaroffs pour réaliser le spectacle Cirque Clandestin.

Curieuse, notre rencontre puisqu’il a été mis en relation avec moi par Jana et Robert Prosperini, Jana, présidente de l'IDEC, lui président de FranCEIRus et de l' ARAPEN, qui m’avaient demandé à l’été 2005 d’organiser l’accueil artistique en Avignon de professeurs venus de toute la Russie et enseignant là-bas le Français.
Bien agréable mission.
L’expérience ayant été concluante, une pérennisation est envisagée.

Un premier jalon a été posé cet été à Hyères pour ces futures rencontres sur théâtre et pédagogie, s’adressant à des professeurs russes, se déroulant en Avignon pendant 5 jours au moment du festival, rencontres appelées Rencontres Cyril Grosse, bel hommage à quelqu’un pour qui la Russie a beaucoup compté (il a répété et créé son dernier spectacle en 2000 au lac Baïkal et à Oulan-Oudé; sa dernière compagne fut Dasha Baskakova, formidable chanteuse selon moi)) et qu’il a découverte grâce à sa sœur Katia qui l’avait précédé de quelques années en Sibérie où elle avait fait une formation de 6 mois à Oulan-Oudé, découvrant entre autres, Olga Fomenko, comédienne qu’elle a engagé dans ses deux créations :

Lors de l’accueil 2005, j’avais donné pas mal de pièces éditées par Les Cahiers de l’Égaré dont les deux que j’ai écrites : La lutte des places et La vie en jeu. Pièces jamais créées en France malgré un intense travail en direction des théâtres et compagnies. De lassitude et ayant compris ce qu’est ce milieu, j’ai renoncé à démarcher.
Quelle surprise par suite de recevoir à Hyères, 2 ans après, un DVD de leur création à Novossibirsk, en mai 2007.

Comme dit Euripide dans une de ses pièces:

l'attendu ne s'accomplit pas;
à l'inattendu, un dieu ouvre la voie.

J'en ai eu un nouvel exemple avec un projet pour la télévision sur le sabordage de la flotte à Toulon, à partir de la pièce de Jean-Richard Bloch que j'ai rééditée en 1998, pièce que j'ai vainement cherché à faire recréer à Toulon pendant 4 ans (arsenal ou Châteauvallon; pièce recalée comme a dit la presse locale en 2002), projet auquel on m'a proposé de m'associer début septembre 2007.



Évidemment, d’autres pièces ont été distribuées en juillet 2007, pièces à nombreux personnages. Une ou plusieurs d’entre elles seront créées à Novossibirsk en mai 2008 et j’assisterai à leur création.


C’est grâce à l’enthousiasme d’Anna Léontiéva, professeur à l’université de Novossibirsk, que ce travail se développe.
Ce qui m’a frappé en regardant plusieurs fois ce DVD, c’est l’intelligence du texte qu'ont ces amateurs de la langue française, leur plaisir et la qualité de leur jeu, les partis pris modernes de mise en scène (les acteurs circulent dans les rôles par exemple, cela dans une salle de classe).
Ces étudiants sont seulement en 2° année de Français.

Anna Léontiéva m’a demandé à Hyères pourquoi je m’intéressais à la Russie.
Outre que nos enfants par leurs prénoms russes nous ont amené la Russie dans la maison, outre que mon militantisme pendant des années au PCI m’a amené à m’intéresser au communisme, au stalinisme, au trotskisme, il me semble depuis longtemps que la littérature russe est une des plus riches du monde avec des géants, que le théâtre russe, le cinéma russe y compris soviétique, au moins au début, que la musique russe, que nombre de réalisations russes y compris soviétiques montrent que la Russie est un grand pays et les Russes, un grand peuple et qu'on devrait avoir davantage de relations avec ce pays et ce peuple de grande culture.
J'ai découvert en lisant le dernier Journal étrange de Marcel Conche que lors de la campagne de Russie, le commandant en chef des armées russes, Koutouzov, n'avait pas cherché à faire prisonnier Napoléon, pourtant envahisseur de son pays dont il savait que le général Hiver aurait raison, parce qu'il n'avait pas confondu Napoléon et la France, que son amour de la France, (il donnait ses ordres en français), alliée naturelle de la Russie, avait été plus fort que la haine de l'empereur Alexandre pour le petit Corse.
Et je persiste à penser que nos élites ont tort de se subordonner à l’ami américain qui ne nous veut pas du bien contrairement à tout ce qui se dit. Disant cela, il me faut préciser que je désigne au moins les néo-conservateurs au pouvoir.
En ce qui me concerne, je pense qu’il y a beaucoup à faire avec la Russie et à ma façon, j’y contribue, avec d’autres.

Pour en revenir à Gérard Clarté, ayant été invité par Jana et Robert à présenter un travail à Cosne sur Loire et ayant évoqué son projet de voyage jusqu’en Mongolie, ils eurent l’idée de le renvoyer sur moi comme homme de ressources.
Je ne lui ai trouvé que le point de chute à Oulan-Oudé, chez Baskakov.
J’espère qu’il pourra aller à Baklany et ramener des photos ou une vidéo du mémorial, le Baïkal étant gelé, s’il y va cet hiver.

En accompagnement de ce voyage de Gérard Clarté et des Frères Kazamaroffs, accueillis par le Molodiojny Theatr' d'Oulan-Oudé, je propose 2 vidéos sur notre voyage en transsibérien en 2004, 4 jours - 4 nuits de Moscou à Oulan-Oudé avec les bruits des trains, les éclairs dans la nuit, la pluie, le soleil et ses effets, les musiques entendues dans le wagon, les paysages, la taïga, l'eau, les fleuves, les lacs ...
Nous avions pour objectif de rencontrer les artistes du Molodiojny avec lesquels Cyril G. et sa compagnie L'Insolite Traversée avaient travaillé sur

C'est possible ça va


spectacle conçu et répété pendant plusieurs semaines à Baklany, un coin en pleine nature au bord du lac Baïkal (ni route, ni chemin, ni train, seulement le bateau pour y accéder). Ce fut le dernier spectacle de Cyril G., disparu le 19 septembre 2001.
En juillet 2002, les amis russes de Cyril édifiaient un mémorial à Baklany.
Nous voulûmes le voir et passer quelques jours à Baklany. Ce fut notre été 2004. Deux vidéos rendent l'atmosphère de ce séjour.
En tout cas, je suis heureux que Gérard Clarté, sur mes conseils, ait pris contact avec Anatoli Baskakov, le metteur en scène du Molodiojny et que ce nouveau voyage artistique vers l'est ait lieu.
grossel



Baikal1
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Anatoli
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Oulan-oudé 1
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Oulan-oudé 2
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Oulan-oudé 4
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Par Jean-Claude Grosse - Publié dans : voyages - Communauté : L'art e(s)t la vie
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Samedi 12 janvier 2008 6 12 /01 /2008 21:33
Voici des nouvelles fraîches des Frères Kazamaroffs, partis pour plus de 6 mois en Sibérie à Oulan-Oudé et dont j'ai parlé dans mon article du 1/10/2007.

Voeux de Sibérie

Cher(e)s Ami(e)s,
 
 
Lundi 31 décembre, le froid ne nous a pas empêchés de sortir, avec  toute la smala sur la place Sovietov   pour s'amuser à faire des glissades sur les toboggans de glace. Une multitude de gens de tous âges se lançant dans des rires et des cris, sur les pentes verglacées d'un pont -levis de château russe reconstitué en glace à l'occasion des fêtes.
Une multitude de petits commerces se sont installés, vente de raquettes pour mieux glisser et moins abîmer les anoraks 50 roubles, petit tour en calèche ou en troïka à 50 roubles aussi   les 5mn, ou photo avec le Père Gel et… Mickey !
Une chaude ambiance  à -15°C !
Mais après avoir passé deux heures dehors, même bien emmitouflés dans nos parquas doublés
le froid commence à pénétrer par nos chaussures, seule Angèle ne se plaint pas elle dort dans sa luge ; alors nous sommes rentrés dans notre barre d'immeuble…pour attendre minuit nous avons joué au rami ( jeux roumain entre stratégie et hasard )…
 
Depuis plus d'une semaine on voyait bien des vendeurs de feux d'artifice installés un peu partout dans la ville avec deux tréteaux et une planche en guise de table et un écriteau   « Défense de FUMER, vente interdite aux moins de 16 ans ».
On avait oublié que l'on était aux portes de la Chine, qu'ils étaient les inventeurs de cette fabuleuse distraction, et qu'elle était bien ancrée dans la culture bouriate.
Ainsi, après minuit, pendant plus de trente minutes, installés sur notre balcon au 5ème étage, les pieds dans la neige, nous avons regardé la ville s'embraser de mille feux d'artifice, de toutes parts jaillissaient des bleus, des rouges, des argentées,   des qui sifflent, des qui font des étincelles, des rasantes, des fontaines, des tourbillonnantes,  dans tous les quartiers les gens exprimaient leur envie de passer dans l'année de la Souris, en espérant je pense avoir tous leur  morceau de gruyère !…
 
Le matin nous découvrons un peu partout des petits tas de sable qui ont servi à bloquer les boîtes explosives, ainsi que les cartouches vidées …du bonheur d'hier soir. Dispersé dans la nuit, il faudra attendre une année entière pour retrouver cet émerveillement !
Nous ne serons plus là ; en avril on va faire chauffer le moteur pour partir vers la Mongolie, rencontrer les constructeurs de yourtes, Kiki le chameau de Côme, les steppes et ses nomades et toutes les surprises que nous réserve le voyage…
 
On vous envoie à TOUS nos meilleurs voeux pour cette nouvelle année
 
Amitiés
 
Gérard, Corinne, Silène, Amina, Imré, Angèle 


3 pages du carnet de voyage des Frères Kazamaroffs à Oulan-Oudé à ouvrir  

1° page

2° page

3° page


Meilleurs-Voeux-2-copie.jpg

Meilleurs-Voeux-3-1-copie.jpg
Gazette des Passeurs (Cambodge)

Je reçois depuis quelques jours la gazette des passeurs partis au Cambodge pour former des clowns à l'hôpital. Pourquoi ne pas vous en faire profiter ?


Par Jean-Claude Grosse - Publié dans : voyages - Communauté : L'art e(s)t la vie
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Mercredi 14 mai 2008 3 14 /05 /2008 19:00
Paris
du 24 avril 2008 au 6 mai 2008

par JCG

Cela faisait trois ans que je n’étais pas monté  à Paris.
Très content de ce séjour qui m’a permis de voir et d’approcher Rosalie, Lili, Lison, une petite fille de déjà 5 semaines, au fort caractère  et bien jolie dont nous avons fêté le 1° mois de vie.


Les parents me semblent s’occuper d’elle comme il faut, par paroles et gestes apaisants.


U-Turn - AaRON
envoyé par Myla

(paroles magnifiques sur Lili, dans le film: Je vais bien, ne vous en faites pas)

Lili, take another walk out of your fake world
Please put all the drugs out of your hand
You'll see that you can breath without not back up
Some much stuff you got to understand

{Refrain:}
For every step in any walk
Any town of any thaught
I'll be your guide
For every street of any scene
Any place you've never been
I'll be your guide

Lili, you know there's still a place for people like us
The same blood runs in every hand
You see it's not the wings that makes the angel
Just have to move the bats out of your head

{Au Refrain}

Lili, easy as a kiss we'll find an answer
Put all your fears back in the shade
Don't become a ghost without no colour
Cause you're the best paint life ever made

2 traductions

{LILI}

Lili, fais un tour hors de ton monde inventé
s'il te plait, enleve toutes ces drogues de ta main
tu verras que tu pouras respirer sans faire marche arrière
tu as beaucoup de choses à apprendre

pour chaque pas de chaque marche
dans chaque ville
je te guiderai

pour chaque rue de chaque lieu
chaque endroit où tu n'as jamais été
je te guiderai

Lili, tu sais, il y aura toujours une place pour des gens comme nous
le meme sang coule dans toutes les veines
tu vois, l'habit ne fais pas le moine
tu dois juste faire sortir ces voix de ta tête

pour chaque pas de chaque marche
dans chaque ville
je te guiderai

pour chaque rue de chaque lieu
chaque endroit où tu n'as jamais été
je te guiderai

Lili, aussi simplement qu'un baiser, nous trouverons une réponse
renvoie toutes tes peurs dans l'ombre
ne deviens pas un fantome sans couleur
car tu es la meilleure peinture vivante jamais faite

LILI

Lili fais un autre pas en dehors de ton monde illusoire,
S'il te plaît poses toutes ces drogues que tu as dans la main,
tu verras que tu peux respirer sans rechuter
Tant de choses que tu dois comprendre

A chaque pas dans chacune de tes marches
Dans chaque ville de chacun de tes rêves
Je serai ton guide
Sur chaque route de n'importe quel lieu
Dans tous les endroits où tu n'es jamais allée
Je serai ton guide

Lili, tu sais, qu'il reste une place pour les gens comme nous
Le même sang coule dans chaque main
Tu vois que ce ne sont pas les ailes qui font l'ange
Tu dois seulement faire sortir les démons de ta tête

A chaque pas dans chacune de tes marches
Dans chaque ville de chacun de tes rêves
Je serai ton guide
Sur chaque route de n'importe quel lieu
Dans tous les endroits où tu n'es jamais allée
Je serai ton guide

Lili, aussi simple qu'un baiser nous trouverons une réponse
Laisse toutes tes peurs dans l'ombre derrière toi
Ne deviens pas un fantôme sans couleur
Car tu es la plus belle peinture que la vie ait jamais faite

A chaque pas dans chacune de tes marches
Dans chaque ville de chacun de tes rêves
Je serai ton guide
Sur chaque route de n'importe quel lieu
Dans tous les endroits où tu n'es jamais allée
Je serai ton guide



Content de ce séjour pour les livres choisis en librairie  et quelques-uns déjà lus avec notes de lecture mises en ligne.
Content pour les balades sur les quais, la présence de Jolie Môme rue Mouffetard, dimanche 4 mai, de 11 H à 13 H, content pour les gens sur les pelouses  du Parc de La Villette,


  au bord du canal Saint-Martin,


très colorés, content pour toutes ces filles à l’aise, pensant à Thomas Quyncet, le personnage du roman Le Peintre de Cyril Grosse, méditant sur le temps qui passe et toutes les histoires qui ne seront jamais écrites, jamais commencées mais virtuellement disponibles, possibles, comme dans l’univers quantique et sur sa vie, ratée ?, lui, le milliardaire, l'enfant choyé de sa mère, Rose O'Brien.

"Thomas Quyncet voyait dans les treize carnets de sa mère, Rose O'Brien, un triomphe de la sensibilité sur les conventions sociales, une révolution intérieure, une négation de l’esclavage quotidien, contre la mort, contre le désespoir et la fatalité, une force de vie. L’écriture comme une deuxième, une troisième, une centième vie, parallèles. Invulnérable. Vie, force de vie, rage, vivant, dédaigneux, tout ce qui, aujourd’hui, lui manquait. Dans des domaines aussi différents que la politique, la littérature, l’art, il avait cherché ce que sa mère, elle, avait trouvé sans efforts, et que ce fût sa mère le touchait d’autant plus. C’était ça, la musique était comme ça, et la danse : l’abolition de règles strictes, l’abolition de la physique, l’abolition du temps. C’était ça, une substance fabriquée par notre corps, pour notre corps. Il avait croisé dans sa vie tellement d’escrocs, de menteurs, de types mesquins, hypocrites, il avait fréquenté tellement de cercles, de milieux et aussi d’artistes – princes du partage, de la vérité et de la paix – avides de son fric, haineux, prêts à s’égorger, jaloux les uns des autres, que la générosité de sa mère et sa bonté lui faisaient l’effet d’une île perdue au milieu de l’océan, une île imaginaire, lumineuse. Depuis dix ans, il fuyait la compagnie, ne recevait que quelques intimes comme Antonina ou Hermann Salley. Les seules sorties qu’il s’accordait encore étaient celles avec Joseph. Il n’allait plus au cinéma – lui qui, dans sa jeunesse pouvait voir trois films par jour –, ni au théâtre. Il écoutait de la musique. Mais cette fuite, ce repli sur soi ne le comblaient pas plus. Aucune synthèse, un doute constant. Un balancier au mouvement perpétuel marquait son échéance.
Quai de Conti, longeant la Seine sur les pavés inégaux, hagard. Un boxeur, se disait-il, qui après l’uppercut tourne et vrille sur le ring, repart au combat, réplique coup pour coup, n’ayant comme alternative que vaincre ou finir K.O. Et Thomas essayait de vaincre. Ses yeux – rebelles, lui semblait-il, aux injonctions de son cerveau – envisageaient l’eau verte du fleuve et ses courants : une solution, un cachet d’aspirine pour sa tête, une piqûre de morphine. Se laisser couler. Plus il essayait de considérer le problème, plus son caractère aporétique lui apparaissait. Une question, une autre question, plus dangereuse que la précédente et la suivante plus vertigineuse, plus insoluble encore. Lui qui s’était habitué aux problèmes d’échec, à des heures de pénétration dans de petites pièces capitonnées, se trouvait devant un problème d’une autre dimension, sans points de fuite, sans repères chiffrés auxquels se retenir. La douce et lisse abstraction de l’échiquier, reproduite à échelle humaine, transformait ses lignes en d’effrayantes perspectives. Réalité non géométrique de la vie, chambre d’enfant. Il avait l’impression de n’avoir prise sur rien. Il avait fait un rêve, et maintenant il était son rêve dont la seule issue. Il volait, soit qu’il fût un oiseau, soit que ce fût lui, Thomas, dans le ciel. L’air se dérobait, insensiblement, et ne lui offrait plus sa résistance. Abolition de la pesanteur. Il chutait. Et à cet instant précis, ce n’était plus une image. Vaincre l’oppression de son propre cœur car, en comparaison, l’oppression des autres. Il s’arrêta sous le Pont-Neuf. À sa droite, deux clowns tiraient un orgue de barbarie, décoré de pétales de jacinthe, et se dirigeaient vers le Pont des Arts. Grimés, emperruqués, prêts à aller au boulot. Sous une bâche étaient entreposées de vieilles chaises en osier, une cage et une glacière. Un peu plus loin, sur un fauteuil recouvert d’un tissu rouge, une jeune femme les regardait partir, en fumant une cigarette. Parfois, j’imagine, parfois, je crois rêver. Vision de fin d’après-midi, au soleil. Il eut envie de s’approcher, de s’asseoir en face d’elle. Parler à une belle inconnue, se lever et repartir. Il sortit de la poche intérieure de sa veste son étui en cuir, dont il tira un double corona de Hoyo de Monterrey. Une réponse absurde, doublement absurde. Il était donc le genre de type à fumer un cigare, comme si un cigare pouvait changer la donne. Le monde sauvé par un Hoyo de Monterrey. Doublement absurde parce qu’il avait la gueule de l’emploi. Fumons un Hoyo, face à la Seine. Formule magique de publicitaire. Dictature du bonheur. Il fit tourner le double corona entre ses doigts, chauffa le pied lentement et craqua une seconde allumette. La tête s’enflamma et des volutes de fumée mauve vrillèrent et disparurent. Il avait la gueule de l’emploi et alors qu’il croyait être Thomas Quyncet, sa reine se dandinait au bout de son cigare, sur les cendres brûlantes. Thomas, simplement Thomas. Une heure auparavant, dans le café où, assis seul à une table, il dégustait un expresso, il s’était vu représenter sur un flipper. Il n’avait d’abord pas fait attention. Un adolescent jouait dans son coin ; il avait levé les yeux au hasard, il avait détaillé le titre : Love Supreme, A murder mystery – les lettres se tortillaient, flammèches irréelles – ; et il avait scruté le visage du quatrième en partant de la gauche. Un homme d’âge mûr, grand, maigre, avec une moustache et des cheveux blancs, coiffés en brosse. Voilà ce qu’il était : une gueule sur un flipper, un cliché. Le Milliardiaire en Smoking, qui vous regarde, méprisant, le bras d’une jolie fille langoureusement posé sur son épaule, un des suspects de l’enquête que mène le détective intrépide. C’était grotesque, de tous les points de vue. Manque, vie, force de vie. Une image oui, un symbole ridicule. Sous le Pont-Neuf, fumant un Hoyo de Monterrey, voilà en gros la situation. Il allait sur ses soixante ans, soixante ans l’année prochaine. Et il avait l’impression d’être déjà mort. Tout au long de son existence, il avait été obsédé par sa forme physique, gardant, malgré les excès auxquels il s’était livré, une parfaite maîtrise de son poids. Il s’était inventé – au fil des jours et des années – des règles d’hygiène personnelle, des régimes ésotériques : après une nuit d’alcool par exemple, il se tenait à jeun quelques heures, en buvant du café. Il nageait plusieurs fois par semaine, il entretenait ses muscles. C’était un des rares points d’équilibre entre lui et sa nationalité. Pourtant il sentait que sa carcasse le lâchait et que ce repère devenait aussi flou que l’étaient ses idées. Il pouvait se considérer, à soixante ans, comme un homme encore beau, plutôt bien conservé. Mais d’une part, il savait au prix de quels efforts, de quel manque de laisser-aller, il en était ainsi, d’autre part, la sensation de l’inutilité de ses efforts et du vide de sa prestance l’empêchait d’en jouir. Approche de la mort, incertitude quotidienne, certitude qu’un jour son corps ne fonctionnerait plus, qu’il ne pourrait plus, en toute liberté, faire l’amour, et qu’il passerait un temps plus ou moins long privé de sensualité. À quoi bon alors tous ces exercices ? Obèse, la fin serait la même. De paradoxe en paradoxe, traînant les pieds. Vue de l’extérieur, même avec bienveillance et sans a priori, la vie des autres paraît simple. À chaque problème, chante le sage, sa solution. Jolie petite philosophie optimiste. Suite logique d’événements sans conséquences. Il avait changé tant de fois de costumes, distribué ses bons mots dans tant de langues que la foule, déroutée par le caméléon qui, debout, variait de minute en minute et ne suivait aucune trame précise, avait dû, depuis longtemps, quitter les lieux. Non linéarité. Plus la société prônait un retour à des valeurs universelles – et d’une certaine manière indiscutables –, plus lui apparaissait la complexité de toute chose. Une sorte d’anti-pensée, comme il existe une anti-matière. Aucune ligne, aucune synthèse, alors qu’il aurait été si doux de se concentrer en un être unique, indivisible. De pouvoir penser la matière sans anti-matière, et Dieu sans la présence du vide. Une personnalité stable, sûre d’elle, engageante, comme le personnage qu’il s’était fabriqué – l’acteur grimaçant qui sautait sur un trampoline dans son dos –, et qui, toujours avait l’air sûr de lui, dont les répliques tranchaient dans les conversations, aiguisées par quarante années d’habitude et de labeur. Sa vie. Un flash-back linéaire de films hollywoodiens, comme dans sa jeunesse The great sinner. Gregory Peck fermait les yeux, l’image se troublait, se voilait doucement ; et les formes mobiles du passé remontaient à la surface. Dans tous les films – et il en avait vu des milliers – le même procédé, et toujours cette même manière de raconter une vie. Linéarité sans à-coups, sans ruptures, suivant les rails inamovibles et parfaits du destin et de la pellicule. La vie des autres paraît toujours très simple, facile à raconter. Il avait suivi, avec un plaisir hypnotique, la vie de personnages inventés, sur la page, ou dans les faisceaux lumineux d’un projecteur de cinéma. Alors pourquoi pas la sienne ?
Quai des Grands-Augustins, des jeunes filles en robes courtes le croisaient en souriant, nonchalantes et souples, de toutes jeunes filles – étudiantes, vendeuses dans des supermarchés, actrices, quoi d’autre –, avec une joie de début d’été. Et comme si elles s’étaient données le mot, elles lui souriaient toutes, en passant. Pauvre vieux cheval avec son cigare. Ces yeux et ces mines, ces démarches ondulantes. Il s’arrêta. Son enfance, oui. The great sinner, Pandora, The barefoot comtessa, Ava Gardner, dont il ne connaissait pas, dont il ne connaîtrait jamais le parfum. Il la contemplait : comment pouvait-elle être si simple et si sophistiquée ? Comtesse aux pieds nus. Il se souvenait encore de cette scène : elle dansait en compagnie de gitans, au bord d’une route. Elle possédait l’élégance d’une riche héritière et la rage d’une enfant de la balle ; à la fin du film, elle mourait, peut-être de n’avoir pas su trouver de lien entre ces deux tensions. Les jeunes passantes lui rappelaient l’Ava Gardner de son enfance. De ce point de vue, il embrassait le Pont-Neuf, la Conciergerie, Notre-Dame déjà, les deux quais, face à face. Les volutes du premier tiers de son double corona se dispersaient dans l’air tiède, se frayaient un chemin jusqu’à se dissiper. Volutes irrégulières,, spirales, autant de formes du chaos. La cendre violacée, au terme d’une combustion régulière, se détacha de l’extrémité du cigare et finit sur les pavés. Rassasiant : une expression qu’il goûtait autant que son Hoyo. Dire d’un cigare qu’il est rassasiant, comme on le dirait d’une émotion forte, d’un grand vin, d’une femme. Rassasiante à force de senteurs et de goûts. États de la matière, changements : les reflets de l’eau sur les berges, et sur les arcs du Pont-Neuf – figures mathématiques, ellipsoïdes mouvantes et réelles – croisant les courbes de la fumée de son cigare, se fondant en elle – arabesques d’un art mental, imaginaire et aussitôt oublié –. Thomas tanguait sur ses pieds, et ces images l’enivraient comme l’enivrait son cigare, et ces jeunes femmes, allant, venant, le croisant, le renversant, lui souriant. Se laissera tomber, se laisse tomber, tombera, tomba. Images, bouts de phrases, une mélancolie d’adolescent, un désespoir de vieux. Soupir sur les partitions. Les notes se suivent, s’enchaînent jusqu’au soupir qui trouble l’harmonie. Un soupir, une courte respiration. Le soleil chauffait son front et ses tempes ; la lumière l’éblouissait. Y aller, le faire, tomber à la renverse, oublier. Multiplications de pourquoi, courbes mathématiques oui, réalité non mathématique de la vie. Il était barbouillé ; son estomac déclinait ses douleurs sur le mode dodécaphonique ; il lâcha deux pets, coup sur coup, qui le soulagèrent, puis un troisième, moins arrogant. Il jeta un coup d’œil à droite, un autre à gauche. Les jeunes filles s’éloignaient, indolentes. Avec l’âge, tout se détraque, le corps est une mauvaise affaire, un truc d’occasion, assez cher à réparer. Il n’avait pas d’appétit, ça, c’était pas nouveau, ce qui l’était, c’est que quoi qu’il mangeât, il était malade, flatulent. Barbouillé, un mot français qui dit bien ce qu’il veut dire. L’estomac toujours, et il n’arrivait pas à se retenir de péter, il n’essayait même plus, du reste. Jeune, il pétait par jeu, bruyamment, pour choquer. Aujourd’hui, son ventre n’était plus cet allié, le frère farceur de sa jeunesse, mais un traître ; pas plus tard que cette nuit, avec les entraîneuses, il l’avait lâché. Mon estomac au bord du gouffre, poème par Thomas le malchanceux. Intérieur. Extérieur. Une plongée dans les sinuosités de ses intestins l’aurait peut-être fait rire. Déréglé, comme dans son enfance, un écart de plus de cinquante ans, des gargouillements du nouveau-né aux flatulences d’un quinquagénaire finissant. Il repartit vers le Pont Saint-Michel. Une fin de journée splendide, égayant le visage de jeunes filles inconnues.
Pourquoi pas un film, alors ? Plantez vos caméras et déroulons en flash-back nos tissus précieux, sortons-les des armoires où ils croupissent, détaillons-en les motifs, et à la loupe – opaque – de vos objectifs, saisissons-en les entrelacs. Il était prêt, il avait le titre : Avant le saut. Il refusait, depuis toujours, et systématiquement, les interviews, écrites, télévisées, radiophoniques, protégeant la seule petite chose qu’il possédait, son intimité. Il avait écarté de nombreuses propositions : commenter la vie de son père, ou plus tard, disserter sur sa fortune, ses collections. Il lui était arrivé d’organiser des séances de ce genre – pour Hermann Salley, surtout –, mais il n’était jamais apparu sur un écran, et sa voix, jamais, n’avait troublé les ondes. Film de sa vie, interview par lui-même, à son usage exclusif. Intime. Qu’aurait-il eu à raconter ? Que voulait-il encore ? Extrême-onction : vos dernières volontés. Déroulement continu, écoulement fluide ou au contraire, éclat, fulgurance, une vie entière se déroulant à une vitesse inimaginable pour l’esprit humain, une dilatation psychologique du temps transformant de pauvres minutes en années. Que lui restait-il ? Sa mère bien sûr, Joseph, Marie et Élisabeth. L’amour qu’il leur portait. Même s’il ne savait pas, s’il n’avait jamais su, et, peut-être, ne saurait jamais l’exprimer autrement que par ce personnage qui jouait à sa place son propre rôle. Plus Thomas Quyncet se redressait et se déployait en un cynisme érudit, plus il vieillissait et plus son corps se déglinguait. Dire son amour pour eux, alors qu’il ne parvenait même pas à le vivre. Amour, amour, mon bel amour perdu. Love and be silent. Un don, une aptitude au bonheur, à la joie. Plénitude : être, aimer, donner. Platitudes chrétiennes, trinité occidentale : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Que lui restait-il ? Deux ou trois petites choses qu’il considérait encore comme des victoires. Par exemple, de ne s’être jamais conformé aux modes d’existence de son père. Son hygiène avait atteint tous les domaines de sa vie. Il niait la profusion de ses biens et de ses possibilités par un ascétisme rigide, à la limite de l’obsession. Outre ses rapports tendus avec la nourriture – alors qu’une vingtaine de personnes travaillait dans sa cuisine, pour son plaisir –, il se crispait aussi quant aux moyens de locomotion. Il ne se servait jamais de sa voiture, et son chauffeur avait depuis longtemps pris l’habitude d’être au service de sa femme. Il prenait le taxi, parfois ; il marchait des heures durant. Il avait sillonné Paris, il avait marché dans New York, Boston et dans toutes les villes dans lesquelles il s’était arrêté. La marche comme un oubli de soi, une ivresse instantanée et instinctive. Sa pensée se contractait. Ses idées les plus désespérées côtoyaient un enthousiasme inouï. Il inspirait, il expirait, il se dilatait. Idéal, idéalisme sur lequel il tirait ensuite. Quoi d’autre ? Sa fortune, sa naissance. Hormis une somme conséquente déposée en Suisse, à l’usage de Joseph et Marie, il n’avait pas placé son argent. Il dilapidait son capital en salaires et mécénat – de méticuleux banquiers avaient usé leurs combinaisons à le faire changer d’avis, et certains y avaient perdu leur santé mentale –. C’était une équation enfantine : pas de spéculation immobilière, ni de jeux en Bourse, le calcul inversé des termes de la vie d’Henry Quyncet donnait les termes exacts de celle de Thomas Quyncet. Un pied de nez macabre au mythe de l’homme d’affaires, une négation du self-made-man. De ce point de vue particulier, Thomas se considérait comme une aberration, un contre-exemple dans son milieu, et son milieu lui rendait sa considération à l’identique. On le traitait d’original, de doux rêveur – les plus intéressés –, de malade, d’assassin – les autres –. S’ajoutait à cette donnée, une seconde, de notoriété publique, plus grave, que l’on appelait l’affaire de l’aile sud. Thomas ne croyait pas à la charité chrétienne – il ne croyait pas, tout court –, ni aux dons – une méthode, selon lui barbare, qui signifiait qu’une personne donne à d’autres personnes, de l’argent ou des biens, à répartir entre d’autres personnes, la chaîne permettant aux premiers de ne pas voir les derniers, et aux seconds de récupérer une partie de la somme de l’opération –. Ainsi, il avait cédé l’aile sud de son hôtel particulier à des clochards de passage. Peu à peu, le bruit s’était répandu, et l’aile était devenue un repaire de tout ce que la ville comptait de zonards, de chômeurs, de types qui ne savaient pas où dormir. Les règles de l’aile gauche étaient simples ; il n’y en avait pas. On débarquait quand on voulait, on cassait tout, on repartait. À heures fixes, les cuisiniers préparaient des repas qu’ils déposaient sur des tables roulantes, avec du vin et de la bière. Thomas n’était pas fier de son aile sud ; la charité n’était pas loin, la différence lui semblait infime. La misère, la faim, l’ignorance lui paraissaient des questions qu’un homme seul, aussi riche fût-il, ne pouvait pas résoudre. Mais il s’était éloigné des combats – politiques et amoureux – de sa jeunesse, il vieillissait, et sa sensibilité ne le portait plus, il manquait de courage. Lors d’une promenade, il avait imaginé ce petit tour de passe-passe avec sa conscience, et l’avait mis en œuvre le lendemain. Il avait organisé les travaux d’aménagement, repensé les entrées et sorties, imaginé la disposition des lits, des tables, des salles de bain et fait installer une bibliothèque de livres de poche de plus de dix mille titres. Élisabeth de Sainte-Amande, qui était opposée à ce qu’elle appelait la nouvelle lubie de son mari, déserta, plus de cinq mois, le luxueux domicile conjugal pour une destination qu’elle tint secrète. La seule concession qu’elle obtint de son époux fut la séparation totale des deux parties de l’hôtel particulier, afin, hurlait-elle, que leur vie de couple fût préservée. L’aile sud. Il ne parlait jamais de l’aile sud. Il y faisait un tour, il y mangeait parfois, mais, en bref, ce n’était pas à mettre au compte de ses réussites. Quoi d’autre ?
Fuir, et se perdre, contre le temps, contre le piège du temps, perdre connaissance, se perdre au sud du sud, s’oublier soi-même, respirer d’autres souffles, se réveiller ailleurs mais vivant, se réveiller avec toi mon amour. Tender is our love, sweet are your lips, lonely I am. Fuir, marcher des heures, des jours sur des chemins de montagne, alone, alone, le vent cinglant nos visages, et l’air nous renversant, marcher, marcher, courir, dévaler des pentes rouges, écraser les bois morts, nuages de neiges évaporées sur les cimes, plaques de neige fondante qui ruissellent et forment, très loin, dans la vallée, des rivières et des torrents. S’y plonger, comme dans l’eau de la Seine, prête à me prendre, si maintenant je le décide. Ivres, mon amour. Ivresse qui craque et brûle entre tes mains, ivresse des cimes, qui, là, proches et à prendre, gémissent et mordent, hurleront tout à l’heure. Fuir, être stryge sous l’amoncellement des forêts ou dans les arbres sous les coups de bûcherons abrutis, se perdre avec toi dans la lumière alanguie du soleil et entre les nuages-dromadaires, mouvants, dinosaures de notre enfance, et leurs ombres glissant devant nous sur les montagnes, sur les chaînes de sapins fous. Fuir, fuir, fuir. Se fuir. Se perdre dans des odes mentales, composer de longues rimes de nos plaisirs incandescents, célébrer notre amour partout, tous les jours, se dire bonjour mon bel amour, célébrer notre amour par des messages incohérents, sur du papier, sur des nappes, sur des tables vernies, graver notre fuite, l’inscrire partout, la hurler, l’écrire sur des écrans. Fuir, mon amour, escape, a stream is our love, rêver de tous les pays de nos sommeils ensemble, de l’Espagne et de la Catalogne, au sud du sud, de sommets, de déserts, de plaines, d’océans, et de mers trop petites dans des barques à deux voiles. Fuir nos absences, et tous les jours où nous ne sommes pas ensemble, réussir nos ratages, reprendre, recommencer, rater encore, recommencer. Il ouvrit les yeux. La façade occidentale de Notre-Dame l’écrasait, au loin. Il tira une longue bouffée ; il ouvrit les yeux. Plus ouverts, plus vivants. Où suis-je ? Loin de toi. Où es-tu ? Loin de moi. My beautiful lost love. Façade orientale, façade occidentale. En direction de. Il accéléra son allure, son ventre grognait toujours. Il croisait encore des jeunes filles qui, pour lui, n’existaient plus. Eau verte, bleue. Et le courant, les clapotis et le vent, douce brise sur ses yeux ouverts, fermés, le sifflement d’un merle sur une branche, caché, invisible, rugissement, pépiement, mugissement, rumeur, surdité de la ville, moteurs et mécaniques. Quai des Grands-Augustins, sous le tablier crasseux du Pont Saint-Michel. En passant par ici : un coup d’œil sur les pavés, un autre, le courant l’emporterait peut-être, peut-être pas. C’est une sensation presque jubilatoire : se dire qu’à tout instant je peux disparaître, comme ça, en claquant des doigts, t’oublier mon amour, faire disparaître la Seine et tout ce qui m’entoure. Arrêt définitif. En finir avec. Ma réalité et par là même la réalité. Rien. Du vide parfait. Silence. Mort. À qui dis-tu bonjour, mon amour, qui regardes-tu, qui croises-tu ? Si je faisais la somme de mes échecs. Le nôtre, notre échec. Film de ma vie, orage, souvenirs éteints, larmes d’enfant. Ne nous disons plus adieu, mon amour, comme dans les mauvais films, sur un quai de gare, dans un hôtel borgne, dans un palace. Rendons-nous l’un à l’autre. Je t’aime. Je t’aime dans la lumière espacée de cet après-midi de juin. On ne sait jamais comment ça arrive. Le temps passe, et l’on croit toujours, comme des gamins, qu’il reste un espoir, que l’on finira bien par se retrouver. Toute une vie d’attente et de mensonges. Le temps passe, rien ne change, et l’on ne se retrouve pas. Pas de happy end. Vide parfait. Le film de ma vie ? Une histoire d’amour, un ratage, comme des milliers d’autres avant et après moi. Nous avons joué, mon amour, nous avons perdu. Soixante ans demain, et je suis mort. Rendez-vous clandestins, jeux de dupes. Les combats amoureux de ma jeunesse, oui. Combats politiques et amoureux. Sentimental, aigri par toutes ces années d’errances, à passer à côté, à se fuir, et au bout du compte à ne rien voir. Et je pleure sur de vulgaires chansons d’amour, seul, à l’abri des regards. Sentimental, incohérent, immature. Tout l’amour, que j’avais au fond du cœur, pour toi, Rina Ketty me faisait pleurer et Barbara Streisand, l’amour dont tu méprisais la loi. Mots vides, phrases creuses, qui me touchent encore, à mon âge. S’allongeant, fixant le plafond dans le noir. Alors qu’il eût été si facile d’être différent. Jouisseur, ludique, comme je l’étais à vingt ans.
Figure de cire déterminée de A à Z. Choisir, inventer, connaître, voilà ce à quoi il avait cru. Personnage, figure d’un amour qui s’évanouit dans le temps. Your own. Vingt, trente, quarante, cinquante, infini, éternité dérisoire. Où en sommes-nous aujourd’hui ? Une autre bouffée, et la cendre du deuxième tiers se détacha, tache grise sur les pavés mornes. Les deux tours de Notre-Dame séchaient au soleil, un échafaudage et d’immenses bâches vertes recouvraient la partie centrale de la façade occidentale, frontispice caché pour cause de travaux. Nettoyage de printemps, madame. Des ouvriers, perchés là-haut, à côté de gargouilles, circulant, courbés, fumant des clopes, riant sur les arcs-boutants, grimaçant de leurs dents noires au-dessus du portail de Marie, redonnaient aux pierres un semblant de leur couleur d’origine. To live and die, to love and do. Quai de Montebello, rive gauche. Toi et moi, à New York, il y a si longtemps, sur les rives de l’Hudson. Vent glacial de février, et nous, qui pensions que ce serait possible, nous le pensions encore. Et j’en rêvais. Je te rêvais mère de mes enfants, maîtresse, amante, femme d’une vie, d’une douce et longue, longue vie. Suis-je Thomas dans le rêve de Mary, suis-je le papillon de tes rêves, rêves-tu encore de moi, Mary ? La chanson d’Hendrix que nous écoutions après avoir fait l’amour. En soixante-sept ou soixante-huit. And the wind cries Mary, oui, le vent te pleure, Mary, le vent te pleure. Ton nom et le nom de notre amour. To live and die, to love and do. Tender is our love, sweet are your lips, lonely I am. Your own. Et les noms, et les mots de cette époque : Révolution, Socialism Workers Party, Quatrième Internationale, toi et moi dans l’Histoire, fiévreux, acharnés, tout à notre amour, à nos luttes, aux réunions du parti. Love and be silent ? Non, répondions-nous, hurler, se battre, hurler, se battre, et faire l’amour des heures durant, partout, dans des lits, contre des portes, dans des cours intérieures, sur les pavés, sur la terre humide, dans des champs – ciels lourds, après-midi de mai, le vent griffait nos peaux nues et des gouttes de pluie déjà dans le dos et sur les jambes –. Faire l’amour, oui. Ils avaient fait l’amour partout, spontanément, dans des hôtels, sur des moquettes défraîchies, dans des salles de réunion, sur de petites tables qui basculaient, et ils étaient tombés ensemble, ils avaient ri, ils avaient été obscènes, et gamins. Ils avaient fait l’amour, ivres, à la pointe du jour, ou sans boire, vers midi, et à toutes les heures de la journée. Spontanés, oui, irresponsables, un relâchement rapide et continu, une détente de leurs corps enlacés, des joies enfantines d’adultes amoureux. Obscènes et enfantins, joueurs, et le paradoxe n’était qu’apparent. Elle lui glissait des mots obscènes au creux de l’oreille, elle gémissait, homme et femme, sans distinction, et elle l’empoignait si fort, et elle le mordait si violemment qu’il perdait connaissance, oubliait son histoire et leur pays, les lieux, les noms et les langues. Ils avaient fait l’amour sous des tentes de meetings, dans un coin, alors qu’à la tribune de sombres barbus à lunettes proclamaient la Révolution Permanente. Ils s’étaient blessés, ils s’étaient manqués, ils avaient disparu ensemble, ils s’étaient dissous, d’individus séparés saisissant une réalité provisoire, ils devenaient mouvement, mouvement de leurs deux corps, un processus. Et aujourd’hui, des années après, il savait à quel point il avait été heureux avec elle, à quel point, à cette époque-là de sa vie. Arrêtons. Face à la Seine, une lettre à la main. Des mots pour toi mon amour. Des mots vite tracés, maintenant. Nous revoir, fuir et se perdre, mon amour, recommencer, tout reprendre à zéro. Il avait conscience du ridicule de la situation, lui écrire et la revoir peut-être, trente ans après, ou presque, alors que depuis ils ne s’étaient plus donnés de nouvelles. Film de sa vie, film d’une vie ratée, à se fuir, à la fuir, elle. Il la suivait de loin. Moi, à Paris, mon amour, et toi, mouvante et abstraite. Que cesse le temps qui nous sépare. Sur la berge, une vieille femme chantait. Les chatoiements de l’eau verte – qui s’écoulait, inlassable, d’une source lointaine à une destination qu’il ne connaissait pas, l’océan peut-être, cet océan qui l’éloignait un peu plus d’elle – se reflétaient sur les verres légèrement fumés de ses lunettes. Il s’arrêta à une dizaine de mètres d’elle. C’était une solide grand-mère – qui, peut-être, n’avait pas d’enfants, mais elle lui évoquait ça, une grand-mère –. Ses cheveux gris – ramenés en chignon et piqués d’une marguerite – étaient soignés – longtemps peignés, lui semblait-il –, comme l’était son costume – un chemisier blanc et une longue jupe plissée, dont les fleurs mauves et bleues chantaient elles aussi au soleil, douce mélodie d’amitiés et de repas de familles, fleurs de carnaval, guillerettes et optimistes pour la scène –. Peut-être vivait-elle dehors, mais tout, dans les traits de son visage, dans la grâce qu’elle mettait à lancer – de sa voix grêle et aiguë – ses airs nostalgiques, dans sa présentation – l’ensemble relevé d’une paire d’escarpins dorés, imitant les trucs de spectacles et de revues, pointe de faux luxe dans un pauvre univers –, tout en elle respirait, quoi, le courage et l’envie d’être debout face à une foule de passants et de passantes qui ne s’arrêtaient pas, qui ne jetaient pas une oreille à ses efforts, comme si elle eût été invisible. Ses mains graciles s’agrippaient à un mauvais micro en plastique, relié par un fil à une boîte minuscule, caisse de résonance, qui atténuait sa voix, la lançait dans le vide, au gré du vent. Pourquoi à soixante ans décide-t-on de sortir de chez soi – si le chez-soi existe – et de s’en aller sur les pavés, devant d’impossibles individus – hommes, jeunes ou vieux, femmes, belles ou pas, adolescents, étudiants, promeneurs, ayant d’infinies préoccupations, d’autres désirs, un rendez-vous, peu importe – pour chanter avec trac des airs dont tout le monde se fout. Ne sentait-elle pas – cette pauvre vieille, cette vieille folle – qu’elle n’existait pour personne, et qu’elle gênait le déroulement de ces existences, son harmonie. Pourquoi chantait-elle ? À cause de lui, peut-être, pour cet homme qui s’était arrêté, pour l’observer, l’écouter, et se poser la question, et des hommes qui, comme lui, dans le temps, sous le crépitement des feuilles et leur doux balancement, sous le soleil – vertes, jaunes, mordorées, flamboyantes, lumineuses – avaient fumé un cigare, et des femmes, rentrant d’une escapade, et qui, un peu mélancoliques, écoutaient cette voix de grelot. La vieille tremblait en chantant, son autre main serrait les paroles qu’elle déchiffrait à mesure, ou faisait mine de déchiffrer. Et ses yeux allaient et venaient – des mots sur la feuille, protégés par une pochette translucide, aux gens qui passaient –. Et sa voix – si faible et fausse, si aiguë et en même temps si enthousiaste, si volontaire et amoureuse – lui donnait envie de pleurer. Souffrance, cruauté, misère humaine, vieillesse, tristesse. Les amours perdues, et l’eau s’écoulait encore, plus sale, plus lente, et ses scintillements l’affaiblissaient encore, et ses yeux se plissaient de plus en plus, ne se retrouvent plus, et les amants délaissés peuvent toujours chercher. Mais pourquoi ? Pourquoi cette vieille folle s’était plantée là et pourquoi chantait-elle justement cette chanson stupide ? Mes amours perdues hantent toujours mes nuits, et les Rois cachés là-haut, dans leur galerie, riaient en le voyant, et les deux tours de Notre-Dame, comme des bras ouverts se dissipaient, s’étiolaient à une vitesse vertigineuse. Il fouilla ses poches et en tira deux billets qu’il déposa en passant dans une corbeille en osier ; et la vieille chanteuse, transportée, n’aperçut même pas la somme qu’une silhouette fugitive venait de lui laisser. Souffrance, misère humaine, des milliers de vies monotones et solitaires, de gens seuls, de vies absurdes, d’esclavages quotidiens, d’impuissances, se multipliant l’un, l’autre, s’additionnant, se superposant, des milliers de dérives et de vies inutiles, mornes, sans raccourcis, d’infinies espérances, de rares moments de bonheur, grappillés ici et là, amours, amours perdus, vides et oubliés. Comme ces vieux qu’ils allaient, avec sa mère, visiter, des années auparavant, au milieu des années cinquante. Hospices de Brooklyn et du Bronx, charité chrétienne, conformisme de sa maman. Hospices, mouroirs organisés dans lesquels des vieilles et des vieux hurlaient et se chiaient dessus, prostrés dans leurs cages, les yeux dans le vide, pleurant lorsqu’ils leur parlaient ; et le long de couloirs qui puaient la maladie, la dégénérescence et la mort déjà, d’autres, débraillés et se grattant les couilles dans de mauvais pantalons, quémandaient une cigarette, comme s’il s’agissait de sauver leur peau. Sa mère passait de chambre en chambre, s’asseyait et discutait, et lui, gardait le souvenir de ces jours de visite. Jamais il n’oublierait ces cris, ces membres tordus, bleuis, rouges et cette vieille qui lui avait raconté les supplices qu’ils enduraient, tous, les infirmières sadiques et les repas qu’elle vomissait. Miss Brockett, qui l’avait embrassé sur la bouche, et qu’il était revenu voir plusieurs fois, jusqu’à ce qu’on lui annonce – une grosse blonde, un peu tarée et nymphomane – qu’elle avait changé de service. Qu’est-ce que ça voulait dire un service, puisqu’il l’avait cherchée partout et qu’il ne l’avait pas trouvée ? Des couloirs gris et blancs et verdâtres, interminables, des clameurs de désespoir, des rires de dingues, des visages marqués et ce type de quarante-cinq ans qui avait passé la moitié de sa vie dans des hôpitaux à se faire greffer des organes et poser des plaques en métal, sur tous les membres, tous les os, toutes les parties de son corps – mais avait-il encore un corps –, des vis, des bouts de ferraille, plantés à coups de marteau, et qui riait de ses propres blagues. Ses rires résonnaient encore, stridents et brutaux, rires de mouettes agonisantes, se posant sur l’une des fenêtres, cris d’oiseaux. Il devait avoir quinze, seize ans à l’époque, et il sortait à peine d’une enfance et d’une adolescence choyées par sa mère, une éducation artiste et pieuse – longues heures de prières et de sermons, chez lui ou dans des nefs, sur des bancs de bois dur –. Mais il savait que, bientôt, il ne croirait plus ; une ironie malveillante l’empêchait de pénétrer ces rengaines ; et les visites aux hospices entretenaient cet état d’esprit, le métamorphosant en une colère froide dont il contenait l’explosion. Pendant dix-huit ans, il serait l’enfant modèle, dont rêvait sa mère, Rose O’Brien."
Le Peintre, pages 92 à 110, Cyril Grosse, édité par Les Cahiers de l'Égaré, en février 2002

Content de retrouver une ville plus propre,  avec moins de déjections canines, moins de voitures, avec les vélib’ très utilisés et dont je me suis servi, préférant  quand même remonter  à pieds, de la place Monge à Stalingrad par la Bastille et le canal puis poursuivre jusqu’au parc Pajol ou à celui de La Villette, là où c’est populaire, où ça guinche,


pique-nique, glande, chite, joue de la musique, des percussions, joue au roller, au skate, au ballon de foot, de volley, de basket, content de retrouver quelques amis, content de visionner des films en DVD, américains bien sûr, comme À vif, avec Jody Foster ou L'assassinat de Jesse James, avec Brad Pitt, content de retrouver le foyer vietnamien où on mange pas cher...
Par Jean-Claude Grosse - Publié dans : voyages - Communauté : L'art e(s)t la vie
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