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Blog de Jean-Claude Grosse

L'identité: tolérance et/ou intolérance/ Joël Poulain

IDENTITE


TOLERANCE ET/OU INTOLERANCE



«Ce qui fait que je suis moi-même et pas un autre, c'est que je suis à la lisière de deux pays, de deux ou trois langues, de plusieurs traditions culturelles. C'est cela mon identité»
Amin Maalouf "Les identités meurtrières"

«Le terme d'identité ne signifie que même chose, il pourrait être rendu en Français par mêmeté»
Voltaire "Dictionnaire philosophique"

«Je considère l'identité, en général, comme étant une relation entre une chose dont on sait qu'elle existe à un moment et une chose dont on sait qu'elle a existé à un autre moment. Chaque homme sensé comprendra parfaitement le sens de votre question  si on vous demande : si elles sont une seule et même chose ou deux choses différentes. D'où nous pouvons inférer avec certitude que chaque homme sensé possède une notion claire et distincte de l'identité»
John Reid philosophe Anglais XVIIIe siècle

Tolérance du latin Tolérantia patience et souffrance

«Toute personne a droit à l'éducation. Celle-ci doit favoriser la compréhension, la tolérance et l'amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la Paix»
Article 26 de la Déclaration
universelle des droits de l'homme

«Je n'accepte pas qu'on me tolère»
Cocteau


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Nous essaierons de démontrer que la notion "d'identité" n'est pas si évidente que le laisseraient penser les deux auteurs du XVIIIe siècle invoqués en présentation à savoir Voltaire et John Reid. Cette notion est liée directement à des phénomènes historiques, statuts sociaux, rôles sociaux, droits juridiques, conceptions philosophiques et progrès technico-scientifiques.
Si "banalement" l'identité répond à un principe logique qui lui-même implique deux effets (inclusion et exclusion) l'identité peut cependant se révéler, contemporainement être, source davantage de paradoxes que de logique. L'identité est logiquement l'expression de la formule tautologique A=A, d'où Voltaire, l'assimilant au principe synonymique de mêmeté. Si A=A, tout ce qui se rapporte à A est alors inclus dans A, inversement est exclu tout ce qui n'est pas assimilable à A, à savoir, par exemple B...
L'identité serait alors assimilable aux concepts d'être et d'essence. Pour que A soit A il faut bien qu'il y ait un "Etre" susceptible de définir A, définir impliquant là aussi distinction. Si je sais ce qu'est A, je sais par là même qu'il n'est pas B, qui plus est, si je sais ce qu'est B, je saurai encore mieux distinguer A de B.
L'identité suppose donc connaissance, localisation, détermination.
C'est, via la fameuse question d'Aristote «qu'est-ce?» (to de ti), que nous pouvons espérer appréhender "l'espèce" ou la sorte de chose considérée. Si nous posons cette question en désignant Socrate, de nombreuses réponses "identitaires" peuvent être proposées : "Socrate est un homme" "Socrate est un philosophe" "Socrate est le maître de Platon" etc... Mais nous avons tendance à penser que de toutes ces réponses, la seule qui stipule l'identité spécifique de Socrate est la première. L'identité génétique, universelle, la plus certaine. Socrate, de l'espèce humaine donc distinct de tous les autres êtres vivants, qui plus est, cette spécificité humaine lui donnera, de facto, la faculté de Raison (le fameux logos si chéri par les Grecs). Ce n'est donc pas une "mince" identité mais est-elle suffisante pour cerner "l'être même" de Socrate?
Socrate n'est pas homme (homo sapiens) comme il est philosophe ou le maître de Platon. De ces trois prédicats "être un homme" est cependant le seul à s'appliquer à Socrate tout au long de son existence. Cette identité générique conçue comme staticité, pérennité et universalité. Tout homme est homme tout au long de sa vie quoique... (comme dirait Devos!) contemporainement, cette logique "naturaliste" soit mise à bas, puisque, de nos jours, on pourrait concevoir que Socrate puisse être transexuel! On peut cependant concevoir que "homme", ici, ne soit pas lié à une identité sexuelle, voir la déclaration des DROITS de l'homme n'excluant pas, bien sûr, les femmes!... une réponse juste n'est pas pour autant pertinente, "savoir" que Socrate est homme comme identité "naturelle" n'exclut pas, au contraire, la question de savoir qui, en tant qu'homme, est véritablement Socrate? Le "quid est" Socrate est encore énigmatique...! Pour répondre en vérité à l'interrogation aristotélicienne, il ne s'agit pas, en effet, de se contenter de caractériser la "chose" en soulignant certains de ses traits évidents mais superficiels car trop généraux, ni même de relever certaines de ses caractéristiques, aussi incontournables apparemment  seraient-elles, mais bien d'en "capturer", d'en saisir, d'en comprendre (chose plus difficile que savoir) la nature, l'essence, la "substantifique moelle" bref ce "je ne sais quoi" d'une identité!
Que cette identité soit une révélation, un dévoilement ou une quête! L'identité-révélation est celle qu'on peut découvrir en soi, malgré soi, à la suite de découvertes, rencontres, connaissances, identité révélée à la suite d'expériences, d'un amoindrissement d'inconscience ou de travail sur l'inconscient! Je me révéle à moi-même par la révélation de ma propre identité! Autrui peut être un élément déterminant.
L'identité-dévoilement suppose, elle, un "être déjà là" une vérité à redécouvrir, à reconnaître, vérité de style platonicien, vérité réminiscence ou de style Heideggerien, l'Etant, mon identité apparente cachant cet "être là" en moi, qu'il s'agit de mettre à jour! Dans les deux cas, l'identité est directement liée au principe logique, classique d'identification. L'identité est, alors, sens, modèle, valeur, vérité. Référent essentiel, elle correspond au fameux "Etre" cher aux essentialistes. L'identité la plus complexe, la plus problématique et paradoxale sera celle impliquant une quête . En effet, cette quête n'implique pas un "être déjà là" de l'identité, qui plus est, cette identité est à construire, on ne sait donc pas ce qu'elle sera, et surtout, si même on y accède! Cette quête suppose un engagement total face à ce désir d'identité, d'où enjeu problématique de cette quête, dimension existentialiste, de liberté, de choix, de responsabilité. Enjeu paradoxal, cette quête ne sera peut-être qu'inachèvement, désir d'identité comme identité même du désir, sans fin, insatiable.
Il y aurait alors toujours un "en-deça" et un "au-delà" à cette identité, nous pourrions alors concevoir parallèlement à cette quête, non un besoin d'identification, signe de sécurisation mais plutôt un désir d'identisation, de risque, de défi, de déni même! Je prends le risque d'avoir telle identité, même de transgresser toutes formes d'identité (ex. le transexuel).
Par défi face à une identité naturelle, originelle et face à une identité de normalité qui plus est, par déni, je refuse l'identité qui me forge, me détermine pour créer de toutes pièces ma "propre identité".
Identité- identisation, sans fin mais pas sans finalité, puisque la créativité, l'originalité, la liberté en sont les éléments moteurs!
Nous allons maintenant tenter de répertorier les différentes formes, fonctions et valeurs possibles de l'identité.
Si on peut dire que Socrate est génériquement un homme, on peut également attribuer à tout homme une identité que nous nommerons de fait identité naturelle, identité d'hérédité génétique, identité "malgré nous".
Identité physiologique mais qui, déjà en elle-même, révèle une ambiguité et un double enjeu possible de toute identité.
Une identité-unicité, universalité à savoir la forme et fonction du programme chromosomique.
Programme comme plan, fonction, finalité. Le programme chromosomique qui identifiera, pour la vie, un homme ou une femme, s'il y a erreur, défaut, ce sera alors la défaillance et l'identité "d'handicapé". Ce programme chromosomique unitaire, identifiant et identique selon les sexes déterminera ce que l'on appelle la vie, ces conditions majeures préalables. "L'Etre-homme" comme identité générique dépend de cette première forme d'identité. Mais, nous le savons, la génétique nous l'apprend, qu'à cette unité et unicité d'identité chromosomique qui fait qu'homme ou femme nous sommes tous semblables, il y a une autre forme parallèle d'identité, celle-ci foncièrement différentielle à savoir l'identité génétique. Certes, nous "héritons" d'un programme génétique (hérédités de pathologies, de défauts, de réactions) mais il y a toujours une marque de singularité qui fera que mon programme génétique est l'expression d'une identité d'originalité, de radicale différence. Intervient alors tout l'enjeu du vivant tout le "jeu des possibles" (comme disait François Jacob).
Aussi, la vie exprimerait, en elle-même, deux types d'identité, une identité de situation, expression d'un hasard (le moment propice à la vie, pourquoi là et maintenant?) et une identité de condition (après l'apparition de la vie, les conditions nécessaires à l'identité du vivant). Comme disait Merleau Ponty "Les hasards se compensent pour donner du sens".
Ce double enjeu, identité-similitude et identité-différence va aussi s'exprimer au sein d'une autre forme d'identité, celle-ci artificielle, voulue par l'homme, identité formelle, à la fois historique et sociale, à savoir l'identité juridique. Si pour Aristote l'homme est un "animal politique" ou comme dit Kant animé "d'une insociable sociabilité" il va lui falloir équilibrer, concilier voire dépasser ces formes, ces états "intérieurs" apparemment contraires! Il va falloir passer du physiologique, du naturel, du fait ("droit" du plus fort) au physique, au culturel, au Droit pris au sens positif.
La déclaration universelle des droits de l'homme va, d'entrée de jeu, exprimer cette ambiguité de l'Identité-Homme en tant qu'être humain. Dans l'article 1 de cette dite déclaration, les hommes sont définis, identifiés à partir de la proclamation d'une égalité de Droit, en cela, ils ont bien une identité de ressemblance, d'unité identificatrice. Tout homme en tant qu'homme (A=A) est inclus dans l'ensemble juridique de l'égalité d'où cette inclusion, qui, en retour, exclut toute identité-négation de l'homme, à savoir, par exemple, l'esclavage, l'avilissement sous toutes ses formes, condamnation de la non-reconnaissance de cette identité identificatrice, unifiante.
Cependant, dès l'article 2 de cette même déclaration on constate que cette identité va pouvoir, voire, devoir se différencier, se pluraliser. Si de Droit, tout homme a droit à la même identité juridique (égalité) il a aussi droit à une identité foncièrement différentielle, à savoir celle de sa singularité, de son individualité, de ce qu'il est malgré lui ou par lui-même, droit à la différence d'identité religieuse, de croyances politiques, philosophiques ; pas de distinctions, malgré les différences de sexes, de langues, de cultures. D'une identité universelle, nous passons alors à des identités relatives et celles-ci vont, à nouveau, se différencier à partir d'identités particulières. A partir du XVIIIe siècle "être homme" est synonyme de même identité juridique "planétairement" mais historiquement et socialement cette identité "homme" n'est pas la même.
Mircea Eliade a montré par un "regard ethnologique" qu'être "homme" socialement, culturellement ne correspond pas du tout à la même identité en Océanie, par exemple, chez les Arapesh ou les Mundugumor.
De même, la reconnaissance juridique dans certains pays ne donne plus du tout le même statut à "l'être homme". Il ne s'agit plus d'être seulement hétérosexuel, viril, voire "macho" avec rôle, fonction, codes bien déterminés, être homme devient une identité tant universelle que singulière. Comme dit Merleau Ponty "Pour être homme il faut être un peu plus et un peu moins qu'homme". De même Foucault a démontré dans son ouvrage "la volonté de savoir", ô combien, l'inadéquation à l'identité est aussi une inadéquation décidée aux rôles sociaux et aux carcans que pourrait instituer toute stabilisation de l'identité.
Avec cette référence à Foucault, nous sommes au point charnière entre d'une part, une identité identificatrice lien sécurisant voire sclérosant, staticité et d'autre part une identité-identisation-individualisation, lieu de risques, "d'ouverture", de dynamique...
Dans des articles précédents relatifs aux valeurs, (Agora 96-97, Agora 97-96) nous avions démontré, ô combien les valeurs pouvaient avoir ce double enjeu, soit de valeurs-références, soit de valeurs-différences.
Nous nous connaissons comme humains naturellement bipèdes, sexués, morphologiquement à la fois semblables et différents (petits, grands, homme ou femme), or, spécificité de l'homme, il ne se contente pas de cette identité de fait, de nature, de condition. En tant que "chose pensante" l'homme va être en aptitude de créer des situations, par lui-même et pour lui-même, d'où, conséquence, cette identité de Droit, que nous avons déjà cerné comme plus complexe.
Cette dimension juridique permet, propose, impose des formes possibles d'identité tout en n'aliénant pas l'homme à une seule forme d'identité, ce qui serait aporie.
"Obéir c'est être libre" disait Rousseau, obéir aux lois pour permettre, en liberté, de réaliser toutes les "identités-unités"! L'article 1 de la déclaration exprime bien ces multiples formes d'identité : une identité universelle (tous) une identité originelle (naissent) une identité finale et pérenne (demeurent) et une identité de situation (libres et égaux).
Les lois positives sont bien des lois en tant que texte écrit, formel, à caractère général et impersonnel, c'est l'identité "d'union" qui domine par rapport à l'identité-distinction, qui, là, ne serait que privilège...
Cependant, les lois positives sont reflet historique d'un lien social, aussi, elles véhiculent des identités relatives, mouvantes, éducatives. Identités différentielles, complémentaires, identités de circonstances. Cela est encore plus "frappant" dans le droit pénal. Les "identités" de victimes, de responsables, de coupables sont de plus en plus floues, quitte même à faire vaciller les valeurs et repères!
N'assiste-t-on pas, parfois, au grand cri de scandale des juristes face à des dérives de pénalisation?
Je revendique l'identité de responsable mais pas celle de coupable, de même, certains hommes politiques ont pu récemment être jugés coupables mais pas punissables, pas condamnables...
Il y a alors "vide juridique" par "trouble d'identification", de sens, de valeur! On peut alors se poser la question de savoir si le problème lié à l'identité est d'ordre réaliste (qu'est-ce qu'être réellement responsable, coupable) ou plutôt conceptuel (qu'est-ce que les idées-identités de responsabilité et de culpabilité)?
En d'autres termes, notre attribution de l'identié dépend-elle des choses elle-mêmes ou de notre "vision" du monde?
"Le moi est la conscience que j'ai de moi" disait Locke, en cela toute attribution d'identité soit à soi-même, soit à l'autre, soit à nous par l'autre ne comporterait-elle pas inéluctablement illusion, leurres voire mauvaise foi?
Identités naturelles, identités juridiques, l'homme ne pourrait-il pas aussi être identifié, identifiable par des identités venues de l'extérieur, d'un passé, d'un lieu, identités que nous nommerons "environnementales".
Les" identités avec nous", identités à la fois de conditions et de situations. Je suis né, malgré moi, quelque part et cette identité me "porte" un minimum voire cas extrêmes et dangereusement au maximum!
Je vis dans un lieu, un paysage, un pays, un climat spécifique, ce n'est pas "innocent" d'être lapon ou "homme bleu" du désert.
Je ne m'identifie pas au même extérieur, de même, cet extérieur ne m'identifie pas intérieurement de la même façon. Un lapon aime-t-il nécessairement le soleil? de même l'homme du désert peut-il un instant s'imaginer la neige voire l'aimer?
Là encore, même ambiguité quant à l'identité environnementale chez l'homme. Unité d'identité, "être lapon" ou "être persan" (voir en fin d'article le "fameux" texte de Montesquieu "comment peut-on être Persan?"), différencialité et multiciplicité possible d'identités, il y a des hommes "lapons" et des hommes du "désert", l'homme est partout, omniprésent, "omnivore", quantité possible d'identités, de goûts. Il n'y a, en revanche, pas d'ours blanc au sahel, ni de chameau sur la banquise.
Cette identité environnementale, à la fois naturelle et culturelle (de nature et de fait) peut prêter à plusieurs enjeux d'identités. Soit identité exclusive et nivelante d'où intolérable car intolérante ( ex. Français d'abord) ou intégrante, plurielle et tolérante.
A la question-inquisition "comment peut-on être Persan" il vaut mieux la question d'ouverture "qu'est-ce qu'être Persan"?
Qu'est-ce qu'être Français? Né en France, imprégné des paysages et des mœurs françaises, français d'origine, environnement naturel, social, familial, culturel, à la fois public, juridique et privé (la famille). Etre Français n'est-ce que revendiquer Travail-Famille? On peut brouiller les cartes, les identités entre Nation et Patrie.
Lorsque Descartes dit "je suis une chose qui pense" ce n'est ni un "je" individuel, ni un "je" Descartes-Français qui s'exprime, c'est une identité-universelle qu'il proclame. Identité au delà de tous les clivages, de toutes les limites et exclusions. Ce "je" est une identité commune (chose pensante). Cependant, bien des identités différentielles vont alors s'exprimer, et ce, à partir des multiples pensées qui pourraient s'exprimer suite à cette "merveilleuse" faculté qu'est la Pensée!
Lorsque Kant proclame "Philosopher, ce n'est pas apprendre à penser" ne fait-il pas la distinction entre un "penser" passif identifiant et unifiant, pensées en une "pensée" unique et l'acte de penser créateur de singularité et de différenciation?
L'identité environnementale est à la fois positive et négative, l'émigré en témoigne qui, le plus souvent, "être frontalier", ne sait plus à quelle identité se rattacher et se sent frustré de toute reconnaissance d'identité, ce qui le met parfois comme dit Tahar ben Jelloun "dans la plus haute des solitudes".
Identité environnementale qui peut être positive aussi en tant qu'enrichissement "ma langue, ma culture sont allemandes mais depuis que j'ai découvert l'antisémitisme allemand, je suis juif" Thomas Mann.
En revanche, les identités environnementales peuvent être négatives, signes, sources, pathos, moyens d'exclusion et d'intolérances.
La "ghettoïsation", la déportation voire l'élimination des Kosovars de Serbie en est la tragique illustration. Identité abusive de "race", de nation, de pensée (totalitarisme) de croyances (intégrisme) et de mœurs (le rigorisme moral) tels sont les multiples "ingrédients" des dérives identitaires possibles, consécutives d'un environnement trop prégnant!
"Identité naturelle est signe d'hérédité", cependant elle n'exclut pas le changement au sein même de cette identité, changement de nature, en effet, il y a changement entre le fœtus et le vivant nouveau né, de même, il y aura plus net changement entre l'existant et "le mort" qui lui est en fin d'identité, bien qu'on ne sache pas ce qu'est cette identité de "mort" tout en "sachant" qu'il y a bien mort comme arrêt de la dynamique de la vie. L'identité naturelle peut aussi connaitre des changements de degré, on n'a pas le même pouvoir d'identité en tant que nouveau né qu'en tant que vieillard, l'un est en "instance" d'identité, l'autre est en "sursis" d'identité. L'enfant a une identité lié à un éveil de la conscience, comme dit Kant "l'enfant sent d'abord", en cela il est en symbiose avec son milieu, sorte de confusion, puis il "se" sent, première forme d'identité comme identification, définition, distanciation et distinction. L'identité sert alors à authentifier, valider. Identité repère. Pour le vieillard, il se sera durant toute sa vie, en principe pensé comme identité, tel rôle, telle existence, telles relations, tels échecs et réussites, il pensera aussi à ses multiples identités, ce sera alors tout le travail de la mémoire pour se reconnaitre et trouver dans son identité à la fois moult changements et permanences! C'est le même homme de la naissance à la mort mais quels changements! Même éblouissement que pour le morceau de cire de Descartes.
Il n' y a ainsi aucun argument qui ne permette de refuser la compatibilité entre l'identité et le changement. Qu'il s'agisse de la confusion entre l'identité qualitative et l'identité numérique, de l'adoption d'une définition exorbitante de l'identité comme ne s'appliquant qu'à ce qui est permanent ou immuable ou encore d'une interprétation indigente du principe de l'indiscernabilité des identiques, rien n'autorise à soutenir que l'identité et le changement s'excluent logiquement, en cela les conceptions relatives à l'identité du XVIIe et XVIIIe siècles (voir citations d'introduction) sont quelque peu à dépasser!
Identité naturelle, de fait, identité de Droit (égalité-justice, universalité), ne pourrait-on pas alors évoquer une identité de choix, d'intention, de valeurs, les identités culturelles?
Les identités naturelles et de Droit peuvent, à des degrés divers, nous contraindre (je suis physiquement ce que la nature a voulu, et le Droit ne me permet pas tout), nous pourrons ainsi les concevoir comme des identités de conditions (naturelles et sociales), en revanche, les identités culturelles peuvent être le lieu de situations, donc de mise en œuvre d'une liberté, d'une responsabilité.
Certes, on ne choisit pas toujours et totalement les identités culturelles dont nous héritons (culture nationale, familiale, éducative) mais par rapport à ces identités de références, de modèles, voire d'identification, il y a une possibilité de "marge", de parenthèse, de choix, de refus, d'authenticité conçue comme chez Sartre, à savoir comme processus jamais achevé de construction et d'invention de soi.
Culturellement, nous pourrions alors concevoir trois "états" de l'homme, "états" déterminant des formes spécifiques d'identité. Premièrement, "l'homme - objet". Celui-ci peut être, soit l'esclave, soit l'homme par trop normalisé, "la marionnette".
L'esclave n'a qu'une identité par  "procuration", qui plus est, paradoxalement son identité est de n'en avoir pas et de ne pouvoir en prétendre aucune! Déclaré "chose" (Res). Il est ainsi "non conscience", il ne peut être identifiable uniquement que par rapport à l'identité, elle totale, du maître, qui est conscience de soi achevée. Identité d'objet, l'esclave ne peut en changer, son identité sert ici à une infériorisation.
De même, l'homme par trop normal, "le conformiste" a, certes, une identité mais qui en l'identifiant le nie dans toute sa potentielle singularité!.
Cette identification - grégarité peut être, plus ou moins, voulue et a pu servir tous les fascismes,"tous comme un seul homme", malheur à qui veut une identité différentielle, c'est la trahison et aussi la mort!
Le conformiste et l'esclave sont des êtres "dits", à savoir déjà nommés, définis, cernables - typiques et topiques -  on sait qui ils sont, d'où ils viennent, où ils vont. Identité nivelante, castratrice, mortifère, il faut comme disait Nietzsche "que tout aille du même pas que soi".
Paradoxalement c'est la culture qui produit ici ces modèles réducteurs d'identité - on peut les cerner dans les phénomènes de bandes, de croyances, de modes et d'idéologie identitaire sécuritaire! Il ne s'agit pas d'être soi mais plutôt et surtout "d'être comme l'autre", et ce, jusqu'à l'aveuglement, d'où, danger de perte de soi et d'adhésion à un autre sans savoir qui est vraiment cet Autre!
Deuxièmement - "l'homme- sujet". La notion de sujet est fort complexe.
Certes, être "sujet" est déjà mieux qu'être enfant (infans, celui qui n'a pas encore la parole) et qu'être esclave - objet! Mais sujet peut à la fois signifier sujet de droits (le citoyen) ou le sujet qui de toute façon est subordonné (sujet du Roi). Foucault l'a bien démontré, "être sujet et être subordonné à un système de contraintes sont une seule et même chose", un sujet est toujours produit dans et par la subordination à un ordre, des règles, des normes, des lois.
Comme dit aussi Joan Scott "ce ne sont pas les individus qui ont des expériences mais des sujets qui sont produits par ces expériences".
Le sujet serait donc, par rapport à l'identité, à la fois, en condition et en situation, à la fois en héritage et en choix. C'est Derrida qui disait pertinemment " qu'hériter c'est choisir", je suis dans tel ou tel conditionnement, que puis je faire ? je suis identifié de telle ou telle  façon, est-ce mon identité?
Lorsque Simone de Beauvoir déclare qu'on ne "nait pas femme mais qu'on le devient" il y a, là, exprimé tout l'enjeu de l'identité. Soit stricte identification de laquelle on ne peut sortir, être femme "jusqu'aux bouts des ongles" ou une identisation, que vais-je faire de cet "être femme", Colette et Georges Sand ont assumé cette nouvelle forme d'identité-féminité, il en est, bien sûr, de même pour l'homme!
L'émergence du sujet est un lieu - charnière entre l'essentialisme et l'existentialisme.
L'essentialisme définit des identités indubitables, pérennes, universelles.
Il y aura des identités homme-femme. Identité - vérité unique.
Face à cette conception totalisante, voire totalitaire et par là réductionniste, il y aura aussi la thèse existentialiste relative à l'identité, celle-ci est " radical devenir", à construire, l'homme est un  "projet", l'homme est ce qu'il se fera, formules favorites de Sartre. Nous passons alors au troisième "état" possible de l'homme en rapport avec l'identité, à savoir "l'homme - individu".
Le fait naturel de naître peut se transformer en acte volontaire et intentionnel de naître à soi, par soi et pour soi. Il ne s'agit pas, bien sûr, d'un égoïsme par trop naturel  et réductionniste mais du "surgissement" de l'individu. Il ne s'agit pas non  plus de l'individualisme naïf contemporain qui peut être  aussi insignifiant qu'évanescent, symptôme de "L'ère+ du vide" si chère à Lipovetsky. L'individu au sens positif serait celui qui a le courage de réaliser ce voeu de Nietzsche "deviens qui tu es".
Il y aura donc deux naissances, l'une involontaire et l'autre choisie, voulue, sensée ou porteuse de sens à venir. L'identité serait alors pur artifice au sens de créations, et pour ce faire, il faut alors tout un processus, un cheminement, un accouchement, une maïeutique (moins ici de la vérité que du soi) et c'est ce que nous concevons sous le terme d'identisation .
Autant l'identification est adhésion, passivité voire démission d'une autonomie pour être  comme l'Autre, autant l'identisation est séparation, acte, engagement pour être soi au risque d'une radicale originalité, d'une singularité sans repères (re-père?).
Lorsque Merleau Ponty dit que "naître c'est à la fois naître du monde et naître au monde " ne formule-t-il pas toute la complexité du terme de naissance?
Naître c'est alors une aventure, un voyage, "voyager c'est s'enfoncer dans le tombeau de l'espace" (Kerrouac), voyager  serait également être toujours un "être frontalier", jamais totalement identifiable!
"Ne jamais être de plein- pied", formule favorite de Julien Green! L'identité serait alors finalité sans fin, inaccessible, serait-ce d'ailleurs nécessaire d'y accéder, ne serait-ce pas détermination, et pour reprendre Spinoza, cette "détermination serait alors négation". Dire que je suis ceci ou cela c'est exclure, de facto, que je puisse être autre. N'est-ce pas présomptueux  voire dangereux de pouvoir, de vouloir s'identifier?
Althusser se proclamait "type à part".  Derrida invoquait les "marges", les "plis", l'identisation serait à la fois refus et quête de toutes autres formes d'identité, sachant qu'elles ne sont peut-être que phantasmes.
Lorsque Montaigne, dans sa sagesse, éveille notre conscience dubitative en affirmant "je sais ce que je fuis mais je ne sais pas ce que je cherche" en filigrane n'évoque -t-il pas déjà ce processus d'identisation ?
" Faire de sa vie un chef-d'oeuvre" s'imposait comme but,   Oscar Wilde, ce qu'il nommait le "self fashioning". Dès lors par rapport à la notion d'identité comme modèle, repère, référent, ne pourrions-nous pas évoquer celles plus "désidentifiantes" d'éthique et d'esthétique ?
Tout ce travail d'identisation est une remise en cause radicale d'une assimilation trompeuse de l'identité à la définition.
S'identifier, est-ce par là, se définir?
Etre identifié est-ce par là être défini?
Cocteau dans une de ses formules "magiques " ne disait-il pas " qu'après les aveux vienne le mystère"?
La culture aurait donc un possible double rapport à l'identité. Certes, toute culture est, en soi, productrice d'identités, de valeurs, de sens, signes, symboles, mais parrallèlement la culture, comme rapport à soi, ne serait-elle pas, aussi , possibles transgressions, transcendances de ces mêmes identités - valeurs? L'identisation ne peut être que tolérance, l'intolérance annihilant toute velléité d'innovation, de création...
Nuance subtile, l'identisation ne permet pas tous les intolérables, elle  élargit seulement la part du tolérable. L'identité comme généalogie, comme histoire, comme chemin déjà tracé ne doit-elle pas contenir des marges, des limites pour passer d'une généalogie à une naissance, d'une histoire à une méta-histoire, à une historicisation comme individuation, être "chemin qui peut-être ne mène nulle part" (Heidegger).
Par ces ouvertures possibles au sein même de l'identité ne comprend-on pas mieux les crises de conscience comme crise d'identité chez l'adolescent? Ne voit-on pas mieux la "vanité" d'une carte d'identité, repère social sans aucune et heureusement peut-être, intimité!?
Ne conçoit-on pas mieux le lien entre identité et altérité (point de vraie identité sans différence)? En cela le cri d'alarme de Jacquard est fondé quant aux abus possibles de la génétique avec le clonage "l'altérité est à l'homme ce que l'aléatoire est à la nature".
Ne sait-on pas mieux le double enjeu d'une identité religieuse et/ou politique? Entrer "en parti" n'est-ce pas le risque d'une identification pernicieuse, exemple, l'aveuglement des intellectuels "staliniens"...
De même, entrer "en religion" peut exprimer un "don de soi" à moins, comme le font les protestants de pratiquer "la sola fides" (Luther).
Si dans tous ces symptômes et pathologies s'expriment les dangers potentiels de toute identité-identification, l'identisation elle-même n'est-elle pas sans risques, sans danger? Il faut le courage d'être soi, le courage de "penser par soi même" (Kant).
Le monde contemporain ne révèle-t-il pas dans nos sociétés contemporaines de plus en plus des expressions de dépressions alors qu'à la fin du XIXe, début du XXe siècle à l'époque de Freud, on constatait plus de névroses?
Les névroses ne seraient-elles pas produites par un trop grand refoulement de soi, et ce, au profit d'une norme, d'une identité sociale prégnante, d'une identification passage obligé? Etouffement du soi, d'où pathologie?
A contrario, les dépressions ne seraient-elles pas symptôme d'une volonté "avortée" quant à un accouchement de soi, impuissance à être soi, à s'identiser et ce par séparation par rapport à toute forme d'identification?
Deux drames, premièrement, ne plus être soi par fusion dans une identité inadéquate, deuxièmement, ne pas encore être soi, par inadéquation de soi par rapport à une identité singulière, trop longue ou impossible à venir?
Qu'en est-il de la notion de tolérance?
Si l'identité, nous l'avons vu est une "chose" complexe, par dérive, soit possible et pernicieux carcan, soit par absence de marques et aussi tragique deshérance, la notion de Tolérance ne pourrait-elle pas n'être soit qu'acceptation forcée voire passive, soit réelle indifférence?
La Tolérance ne serait-elle pas, à la fois, un moindre mal soit face aux rejets de tous ordres soit face à toutes formes de violences, serait-elle pour autant suffisante?
Est-elle réelle compréhension?
C'est Luther, le premier à avoir traduit le terme de tolérance (du latin tolerancia) emprunté à saint Augustin dans le sens de patience charitable, de souffrance dictée par l'amour divin (caritas).

Il reste des bribes de ces sens, en médecine on doit bien "tolérer des médicaments", c'est-à-dire les supporter, ne pas avoir de rejets!
En sociologie, contemporainement, on invoque des "seuils de tolérance" à ne pas dépasser, sous peine d'insupportables effets, d'où risque par exemple de violences raciales voire de xénophobie.
Luther distingue la Tolérance due à l'amour et l'Intolérance due à la foi, la paix d'Augsbourg (1555) confirmera cela, une seule religion dans la diversité des rites!
Leibniz, au XVIIe siècle accentuera ce bien fondé de la Tolérance en affirmant la compatibilité universelle des êtres différents. Il fait ainsi, face à l'intolérance de la foi, du groupe, du communautaire, triompher la tolérance par la Raison et ainsi fait naître le sujet de Droit!
La tolérance est née ainsi comme moyen. Est-elle cependant en elle-même une fin, une finalité?
Comme dit Goethe dans ses maximes et réflexions "la tolérance ne devrait, au fond, n'être qu'une attitude provisoire, elle doit conduire à la vraie et totale reconnaissance", "tolérer c'est injurier".
Ainsi, la tolérance comme patience voire prudence (phronésis chez Aristote), en tant qu'abstention de jugement ne saurait être une fin en tant que réelle connaissance et acceptation des différences. Comme disait Claudel "la tolérance, il y a des maisons pour cela". Serait-elle le lieu du "caché", de ce qu'on sait mais qu'on ne veut pas voir! De ce qu'on accepte sans vraiment comprendre!
La tolérance ne serait-elle pas fragilité (ex : l'édit de Nantes! 1598-1685)
La tolérance n'est pas un état contemplatif ni un comportement pacifiste béat, c'est une dynamique qui me fait aller vers l'Autre, vers les autres au gré et au risque de toutes leurs différences!
Dynamique qui consiste à prévoir, comprendre et promouvoir tout ce qui veut être, qui consiste à ne pas nécessairement recevoir ce qu'on attendait. C'est la tolérance qui nous fera aller tout au long du chemin qui nous mène du primate à l'humain puis de l'humain à ce beau néologisme dé Albert Jacquart à savoir l'humanitude (faire le plein de toutes les qualités de l'homme).
C'est cette "dynamique" de la tolérance qui permettra ce subtil et toujours précaire équilibre entre l'identification nécessaire en tant qu'unification à tout groupe, toute communauté, toute nation et culture et l'identisation nécessaire en tant que diversification nécessaire à tout individu qui veut être "quelqu'un à part entière".
La tolérance, historiquement, a toujours été liée à une volonté de progrés, de reconnaissance du nouveau... du "jusque là inconnu".

C'est sur le terreau de la foi qu'apparut la notion de tolérance au XVIe siècle, Luther en fut le "mentor" (le père spirituel). Le 7 août 1518, Luther avait reçu une citation l'invitant à comparaître devant les juges de Rome pour hérésie. Le Pape condamnant 41 propositions de sa réforme et comparant cet hérétique "au sanglier de la forêt qui a l'audace de labourer les vignes du seigneur". Luther l'impie qui voulait précisémment distinguer la tolérance inhérente à l'amour de l'intolérance en vigueur le plus souvent à cette époque au sein de la foi "unique et officielle". Comme on déclara à la Paix d'Augsbourg en 1555 "une seule religion dans la diversité des rites".
Erasme dans "l'éloge de la folie" voulut aussi lutter contre toutes les haines produites soit par la foi soit par une Raison pas encore assez raisonnable.
Au XVIIe siècle la tolérance eut comme terrain de lutte une autre forme de vérité, cette fois-ci, à la fois philosophique et scientifique. Galilée, Copernic, Bruno, Kepler... furent témoins et victimes du fait de "dire une vérité vraie" mais jugée intolérable, insoutenable par rapport à une vérité, elle, officielle et idéologique!
En philosophie, Descartes par le doute, l'esprit critique lutta contre la scolastique, école dogmatique, il n'y a de vérité que celle de la foi, incontestable mais indémontrable. La Raison comme exercice de pensée fut alors l'alliée inconditionnelle de l'esprit de tolérance, tant pour les vérités théoriques que morales d'où cette critique acerbe de Descartes envers ceux qui prennent pour "indubitables des préceptes que l'on sait pourtant être fort incertains", d'où morale provisoire. Cet éveil de la Raison face à tout fanatisme, à toute intolérance s'accentua au XVIIIe siècle, siècle des "lumières", donc, par excellence, le siècle des tolérances!
En politique, émergence des théories multiples du pouvoir, des formes possibles de l'Etat de Droit, apparition de multiples gardes-fous contre tous excès possibles de pouvoir donc d'intolérable. Ce sont les constitutions, garanties contre le despotisme.
Ce furent aussi les codes civil et pénal, garanties contre tout arbitraire et jugements intolérants et intolérables.
Fleurissent alors les "vœux de tolérances". Voltaire en est un symbole avec son "traité de tolérance", écrit en parallèle avec un autre ouvrage et cela n'est pas innocent à savoir "Mahomet ou du fanatisme".
Au XIXe siècle, la tolérance eut pour champ de lutte la morale officielle et surtout la sexualité sans oublier bien sûr les critiques de l'intolérable social de la condition ouvrière, cible de Marx et plus connu peut-être de Zola!
Au XXe siècle, on est confronté à l'intolérable de deux guerres, l'enfer de Verdun et le paroxysme de l'inhumain avec la politique raciale et l'impérialisme du Nazisme.
Qui plus est, au XXe siècle, la fameuse libération des mœurs des années 60 a rendu intolérable les atteintes arbitraires au choix de vie privée dont le PACS est le symptôme, le dernier avatar d'une intolérance par trop naturelle!
Ainsi la tolérance est un "moindre mal" mais ce n'est pas encore "le plus grand bien", elle est certes un moyen, mais elle ne doit pas être une fin!
Les limites de la tolérance sont d'un côté l'intolérable  (son ennemi juré) et de l'autre côté, la vraie compréhension.
Ainsi, nous poserons deux questions et nous ferons quatre références-citations qui nous "tiennent à cœur".

Question 1 : Peut-on tout tolérer?
Question 2 : Tolérer est-ce suffisant?

Citations :
1- Malraux "juger n'est pas comprendre ; si on comprenait, on ne jugerait pas".
2- Merleau Ponty "pour être homme il faut être un peu plus et un peu moins qu'homme" d'où lien étroit entre identité et tolérance...
3- Terence "rien de ce qui est humain ne m'est étranger".
4- Karl Jaspers dans "la dialectique de la reconnaissance". "La tolérance n'ignore pas les critères, mais n'en a pas de définitifs, elle est, en tant qu'accomplissement positif de la reconnaissance elle-même en mouvement, se trompant et tombant juste, toujours encore à conquérir".
Ces lignes datent de 1931, elles sont encore d'actualité...

Joël Poulain L'Agora du 6 janvier 1999

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