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Blog de Jean-Claude Grosse

Articles avec #cahiers de l'egare tag

Le livre des cendres d'Emmanuelle

11 Mai 2017 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré, #poésie, #pour toujours

couverture et fin du livre des cendres d'Emmanuelle
couverture et fin du livre des cendres d'Emmanuelle

couverture et fin du livre des cendres d'Emmanuelle

Est paru le 7 mai 2017, au soir d'une présidentielle ordinaire à la française, cuisine électorale soignée avec plats mijotés longtemps à l'avance, petits plats dans les grands,  Livre des cendres d'Emmanuelle, édition courante aux Cahiers de l'Égaré, édition de tête chez Le Sélénite.

Note de l'éditeur de l'édition courante

En 2007, peu avant sa mort l’année suivante, Louis-Jacques Rollet-Andriane m'a confié ce Livre des cendres d’Emmanuelle. Il m'avait appris par deux lettres, deux ans après, en 2005 donc, la disparition d'Emmanuelle et je venais lui rendre visite chez lui, pour la première fois à Chantelouve d’Emmanuelle, la maison du Var qu’il habitait avec sa femme, Marayat, depuis le milieu des années 70. 

Il y eut une deuxième visite. La troisième, décalée pour cause de neige, n'eut pas lieu. Quand je repris contact en avril 2008, Louis-Jacques Rollet-Andriane venait de disparaître à son tour. Pendant mes deux visites, je pus filmer Chantelouve et en particulier le faux livre contenant les cendres d'Emmanuelle, au milieu d'autres livres de l'une des bibliothèques.

J'ai édité les derniers textes d’Emmanuelle Arsan : Le sexe et la fronde, Pourquoi la jalousie est une boucle étrange, Lesbos Alpha, Lesbos Omega, Pour qu'il puisse y avoir une dernière parole, Liberté charmée et l'irremplaçable Bonheur. J'ai entretenu avec elle une longue correspondance, du 19 mars 1988 au 31 mars 2005, partiellement publiée dans Bonheur et Bonheur 2. Nous ne nous sommes jamais rencontrés et sans doute est-ce la raison de cette correspondance heureuse selon sa propre formule, « sans rien entre nous qui pèse ou qui pose »

J'ai envoyé le tapuscrit de Louis-Jacques Rollet-Andriane à Pierre Pascual, jeune éditeur et passionné par toute Emmanuelle, en juin 2016. Nous avons décidé d’en sortir une édition conjointe en hommage à Emmanuelle Arsan, à Louis-Jacques et Marayat qui aimaient que les amours, les corps (et certainement les livres) soient libres, multiples. 

Une histoire commencée avec la publication en 1959 sans nom d'auteur et sans nom d'éditeur, du roman Emmanuelle, trouve une forme d'achèvement avec la publication sans nom d'auteur et sans nom d'éditeur du Livre des cendres d'Emmanuelle, en 2017, dix ans après que son auteur me l'ait confié. Mais il va de soi que pour Pierre Pascual comme pour moi-même, l'oeuvre plurielle d'Emmanuelle Arsan continue et continuera à « faire l'amour ».

 

Jean-Claude Grosse

 

Avant-propos de l'édition de tête

 

En 2007, peu avant sa mort l’année suivante, Louis-Jacques Rollet-Andriane a confié ce Livre des cendres d’Emmanuelle à l’éditeur ami Jean-Claude Grosse qui venait lui rendre visite chez lui, à Chantelouve d’Emmanuelle, la maison du Var qu’il habitait avec sa femme, Marayat, depuis le milieu des années 70.

Jean-Claude Grosse, qui a édité les derniers textes d’Emmanuelle Arsan et entretenu avec elle une longue correspondance, m’a envoyé ce tapuscrit en juin 2016 ; nous avons décidé d’en sortir une édition conjointe en hommage à Emmanuelle Arsan, à Louis-Jacques et Marayat qui aimaient que les amours, les corps (et certainement les livres) soient libres, multiples. 

Le Livre des cendres d’Emmanuelle est un vibrant hommage à Marayat qui, pendant plus de quarante ans, a illuminé la vie de Louis-Jacques, façonnant avec lui l’enfant de leur vie : Emmanuelle

À sa mort, Louis-Jacques conservera les cendres de Marayat dans un livre. C’est ce livre « que personne n’a écrit, que nul ne lira » que Louis-Jacques décide de transformer en poèmes vivants, pour que sa femme, celle qui fut tout autant que lui « Emmanuelle », vive encore. 

Ce recueil vient clore une aventure commencée en 1959 avec la publication du premier tome anonyme de celle qui portait ce prénom qui aura traversé les décennies.

Après EmmanuelleEmmanuelle à Rome, Les enfants d’EmmanuelleLes soleils d’Emmanuelle, le Livre des cendres d’Emmanuelle vient achever en poèmes l’histoire d’une vie ; une vie pleinement et multiplement vécue par celles qui portaient tous les visages, investissaient tous les corps : Louis-Jacques et Marayat.

Lorsqu’il y a quelques années j’ai commencé à écrire moi aussi une Emmanuelle, j’avais décidé d’adopter pour parler du couple mythique que formaient L.J. et Marayat, le féminin pluriel. J’ai découvert dans ces poèmes que Marayat utilisait elle-même ce féminin pluriel pour parler d’ « elles ».

Le futur sera féminin pluriel. 

J’ai tenté de respecter tant que faire se pouvait la forme du tapuscrit original qui ne comportait pas de nom d’auteur en choisissant de n’en faire figurer aucun sur la couverture.

Le respect de cet anonymat et de tous les jeux/je qui en découlent rendra je l’espère hommage à celui qui s’écrivit pendant des décennies au travers de son Emmanuelle rêvée, et qu’une fois son incarnation terrestre disparue il ne pouvait plus investir. 

Après maintes réflexions, j’ai décidé de faire coexister pour la première fois, sur la page de grand titre, le nom de Louis-Jacques avec celui d’Emmanuelle, non loin du visage esquissé de Marayat. 

Trio enfin réuni.

Pour Louis-Jacques et Marayat, le chiffre trois était le chiffre de l’amour, rien ne pouvait naître du couple fermé sur lui-même ; Emmanuelle était cet(te) autre attendu(e) invoqué(e) espéré(e), cet(te) autre qui était possiblement eux-mêmes, « elles-mêmes », simultanément ou à tour de rôle. 

Je ne reviendrai pas pendant des pages et des pages sur l’identité d’Emmanuelle Arsan, je me suis expliqué sur ce choix dans la préface de La Philosophie Nue il y a quelques mois. Louis-Jacques aura le dernier mot ; Marayat, la dernière image, déjà floue, presque éteinte ; la Siamoise nue s’efface pour n’être plus que toutes les femmes, Emmanuelle, rien de moins. 

Que l’auteur ait remis ces poèmes en personne à celui qui serait susceptible de les éditer prouve qu’il acceptait enfin que son nom soit accolé à une « œuvre emmanuelle » (même si tristement amputée de sa moitié), et qu’il espérait que cette œuvre soit partagée. 

C’est aujourd’hui chose faite, dix ans après, dans cet écrin couleur de cendres.

 

 

Pierre Pascual 

 

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Les 3 jours Tutor du Revest

1 Mai 2017 , Rédigé par grossel Publié dans #Le Revest-les-Eaux, #voyages, #ateliers d'artistes, #les 4 saisons d'ailleurs, #cahiers de l'égaré, #jean-claude grosse

oeuvres d'artistes à l'occasion du tortutrankil du 1° mai 2017
oeuvres d'artistes à l'occasion du tortutrankil du 1° mai 2017
oeuvres d'artistes à l'occasion du tortutrankil du 1° mai 2017
oeuvres d'artistes à l'occasion du tortutrankil du 1° mai 2017
oeuvres d'artistes à l'occasion du tortutrankil du 1° mai 2017
oeuvres d'artistes à l'occasion du tortutrankil du 1° mai 2017
oeuvres d'artistes à l'occasion du tortutrankil du 1° mai 2017
oeuvres d'artistes à l'occasion du tortutrankil du 1° mai 2017
oeuvres d'artistes à l'occasion du tortutrankil du 1° mai 2017
oeuvres d'artistes à l'occasion du tortutrankil du 1° mai 2017

oeuvres d'artistes à l'occasion du tortutrankil du 1° mai 2017

29-30 avril-1° mai, Tutor au Revest

2° saison

J'avais raté la 1° saison, je n'allais pas rater la 2° saison.

Une association revestoise, avec apparemment beaucoup de connexions, de relations, des soutiens divers, dont la municipalité présente à différents endroits par son maire, l'adjointe à la culture, a organisé ce long week-end du 1° mai, un parcours artistique vivant, des rencontres artistiques informelles (expo, photo, vidéo, peinture, sculpture, musique et ovni artistiques) dans le village. 43 artistes visibles dans 12 lieux, 4 maisons du village, église, Cercle revestois, tour du Revest, Maison des Comoni.

J'ai déambulé en 3 temps, dimanche matin de 10 H 15 à 12 H 45, dimanche après-midi de 15 H 15 à 19 H 15, lundi du 1° mai de 10 H 45 à 12 H 45. Plus de 8 H pour voir, entendre, sentir, vivre, échanger, discuter, offrir une quinzaine de livres à des artistes (Donjon Soleil sur les 10 ans des 4 Saisons du Revest, De l'impasse à la traverse sur les 20 ans, Disparition sur le peintre disparu Michel Bories).
1° point de déambulation, l'église où une œuvre vivante constituée de papillons attend que nous en libérions un, moment unique de libération d'un papillon unique, celui que nous choisissons de libérer, moment de prise de conscience de l'effet papillon parce que papillon après papillon, l'oeuvre change, se vide, laissant apparaître une œuvre vivante (tu assistes au plus à 3 métamorphoses infimes de l'oeuvre qui comporte 532 papillons), mais aussi quand tous les papillons seront libérés, une autre œuvre ; à chaque papillon libéré, l'oeuvre change et ouvre par fragments sur l'oeuvre d'en-dessous dont j'ai deviné au 2° jour qu'elle est constituée de lettres, pour des mots sans doute. J'ai choisi, j'ai été choisi par le papillon N° 33 sur les 532, le papillon libéré était celui du Christ libéré. Je l'ai dédié à … Très belle expérience vécue en écoutant l'artiste Christine Pereira dont les propos sont éminemment philosophiques (de tradition extrême-orientale mais à valeur universelle). Titre de l'oeuvre: C'était, ce fut, ce n'est plus. Je rajouterais: ce sera pour toujours car si le présent passe, never more, le passé ne s'efface pas, il sera toujours vrai que je t'ai dit Je t'aime le 14 février 1967 et ainsi pour tout ce que nous produisons d'immatériel (paroles, émotions, sentiments, pensées...) du premier cri au dernier souffle, c'est notre livre d'éternité, unique, infalsifiable, non écrit à l'avance, non destiné à un quelconque jugement dernier. Mon prochain thème d'écriture: où va ce livre d'éternité au fur et à mesure que nous l'écrivons; cette mémoire inaltérable, cette vérité éternelle, métaphoriquement parlant, est-elle "semblable" à l'ADN, mémoire de 3,5 millions d'années d'évolution, agissante en permanence à travers l'ARN ?

2° point : l'attente avec Caro Coss ; sur un châssis de 5X5 cm, j'ai écrit « mon » texte sur l'attente : attendre, suspens du temps, du trop plein, présence du vide créateur. Quand j'attends, salle d'attente, file d'attente, bouchon, quai de gare, queue de petite surface, queue à un meeting politique, à un concert, j'ai l'habitude de fermer les yeux, de rester immobile ou debout, de respirer lentement, laissant pénétrer ce qui est produit par les autres, sonnerie de portable, discussion au téléphone ou à voix bien audible, pets sonores, sans porter de jugement genre quel con, quelle conne; ce vide récepteur qui évacue le stress de l'attente peut devenir créateur parce que soudain, une pépite surgit au milieu des banalités, un jugement sur le comportement sexuel du partenaire (jamais entendu d'homme parler comme ça), une épreuve vécue avec intensité. Bref, je n'aime pas attendre mais quand cela m'arrive, j'en fais un usage mien.

3° étape : la « paper doll », on pouvait l'habiller avec des post-it ; j'ai écrit ceci sur un post-it : je t'habille, tu te déshabilles quand tu veux. Ça semble coquin, une invitation. J'y ai mis beaucoup de respect: la décision t'appartient. Je ne te demande rien. J'ai offert à l'artiste, Agnès Albérola, Bonheur 2, ma correspondance heureuse avec Emmanuelle Arsan.

4° point : contemplation par deux fois, seul, de « Contemplation », une œuvre visuelle modifiée par un éclairage coloré changeant avec accompagnement de battements d'un cœur, on va d'un rouge léger à un vert suivi d'un bleu pour finir sur du rouge et ça recommence, un cycle à partir d'un panneau vertical éclairé pouvant évoquer une artère aux deux sens du terme, l'interne, l'externe : tout est circulation, tout est circulaire. Ayant vécu un accident cardiaque que j'ai traité avec "négligence" ou à propos, juste respirer calmement, aspirine pendant 6 jours, et visite chez le cardio, 6 jours après d'où urgences et stents, cette contemplation m'a permis de m'adresser à monsieur coeur, de le saluer, de lui dire toute la confiance que j'ai en lui. Aurélie Magnoni, artiste, signe cette proposition.

Avec Alexandre de l'Atelier du parfum, c'est à un voyage, yeux fermés, que je suis invité, description de l'endroit, une île paradisiaque avec ses cocotiers et ses senteurs. On peut sur rendez-vous, sur entretien et essais, obtenir le parfum qui nous signe, par celui qui s'ajoute, un plus acheté dans une boutique, un artifice, mais celui qui émane de notre corps. Un seul atelier de ce genre en France, à Toulon ; presque un magicien, Alexandre, très séduisant avec son costume noir, son castelet noir, sa cravate rouge.

Dans la cave de cette maison de village, un concert avec deux instrumentistes et une vidéo de vie quotidienne et de fêtes en Afrique, très doux. Mais descente et remontée de l'escalier de bois à allure très lente pour bien assurer chaque pas sur chaque petite marche.

À la tour, peintures numériques, enluminures et musique créée pour les deux artistes. J'ai demandé le morceau pour l'alphabet des vanités : 26 lettres et Le livre des vanités. J'ai lu le texte accompagnant quelques unes des lettres. Un trou dans l'alphabet, rien pour la lettre Y. J'ai déclaré : c'est ma vanité. Je vais tenter d'écrire un texte pour la lettre Y. Bertrand Dhermy signe cette illumination au sens rimbaldien d'enluminures, painted-plates qui hélas n'est pas le sens donné à l'oeuvre de Rimbaud.

Chez l'ami Robert, le Bob des piliers du bar du château, expo de peintures, deux artistes ; j'ai apprécié le travail de France Gaillet. Il veut proposer d'accueillir pour la Saison 3, des œuvres de Michel Bories. L'espace est bien, permettant d'accueillir une dizaine de pièces dont Le Maire des USA, œuvre de 1995, proposée à Barak Obama pour la Maison Blanche durant le temps de ses deux mandats. La proposition n'a rencontré aucun écho.

À la maison des Comoni, j'ai été sensible au travail des réalisateurs de courts-métrages : Kino Porquerolles et Barbak Gougoutte. Le film Respire, réalisé par Barbak et Gougoutte du Revest a été récemment primé. Univers surprenant, un loueur d'appartement donnant les clefs à deux impressionnants loulous mutiques, saisi d'une subite douleur poitrinaire, se retrouve entre les mains d'un des loulou qui l'invite et l'incite à respirer, profondément ; inspir, respir, deviennent intensément présents, respir profond qui le libère de sa douleur et le libère tout court ou tout long, mélange de corps, de ventres énormes, hors-normes, images nous réconciliant avec le hors-norme car les normes sont dans les têtes, arbitraires. Du premier cri au dernier souffle, la vie est respir. Le savez-vous, en écrivant ce passage, je respire, j'expire des millions d'atomes, j'inspire un atome expiré par César au moment de son assassinat. Je ne me vois plus pareil depuis que je sais ça. Je trie mes atomes et molécules pour ne pas polluer les autres, loin, très loin, l'effet papillon. Je suis très sensible à cela, c'est un de mes thèmes dans L'Île aux mouettes.
Apparemment, dans la salle d'exposition, il y a eu des lectures aléatoires. Les aléas de mes déambulations ne m'ont pas mené jusque-là.

Et last but not least, la salle des mariages avec Gregory, le Docteur Prout et ses machines.

Vue la machine diplomatique conçue pour voir un pouce sous tous les points de vue; machine essentielle en ces temps de campagne électorale mais comme j'ai dit au docteur, les points de vue même multiples ne permettent pas de dégager une vue d'ensemble ; deux argumentaires sont généralement d'égale force rationnelle, pour ou contre également justifiés donc la décision sera irrationnelle. Vue aussi la machine à instruction massive qui canarde à coups de fumées, l'ennemi; vue la machine électrostatique à ébouriffer les cheveux.
Le parcours artistique organisé par l'association Tutor, 43 artistes dans 12 lieux d'exposition, a fait venir dans les 1500 personnes en déambulatoire de santé :artères débouchées, coeur palpitant, oreilles décollées, yeux rivés, pensées d'éternité.
Une très belle initiative qui sera sans doute reproduite, l'an prochain. Mon souhait, être associé à cet événement avec peut-être un salon de lecture.

 

Un extrait non publié de L'Île aux mouettes sur le respir à partir de la confusion chez Hamlet entre dormir, mourir, rêver

Shakespeare - ma douce Ophélie, sors du noir ! entre dans la grande bleue ! dans le bleu du lac ! toi la magnifique aux cheveux rouges, voici les 24 roses rouges de notre mouette ! toi la magnifique en robe Mouette, voici les 24 roses blanches de la mouette ! va au profond de toi ! toi qui écoutes tant les autres et si peu toi ! écoute les mouettes criardes, les mouettes rieuses ! elles veulent te déchiqueter crue, vivante, toi, la mouette blessée ! fais la morte ! ma belle et pure Ophélie aux émanations d’amour ! elles détestent le silence !

(Ophélie entre dans sa 14° apnée ; une infirmière vient)

L’infirmière - dites-lui au revoir, elle est en train de partir

Le père - veuillez nous laisser avec elle s’il vous plaît ! Merci !

(Ophélie est en apnée depuis une heure)

Le médecin réanimateur - votre épouse est décédée depuis une heure ! nous avons prévenu la morgue ! ils viendront la récupérer dans une heure !

Le père - veuillez nous laisser avec elle s’il vous plaît ! merci !

Le narrateur - Depuis le démarrage de l’apnée, tous, après une lente inspiration, retiennent leur souffle, ferment les yeux, s’immobilisent. Ils tiennent plus ou moins longtemps. La poupée Kitty fait entendre sa musique. L’épousée soudain, sort d’apnée, après un hoquet d’une grande violence, replonge, reste quelques minutes, hoquet très violent, elle crache du sang noir et fumant, elle émerge du coma, ses paupières s’agitent, sa main gauche serre la main droite de l’époux. Là bas, à Baklany, au Baïkal, en synchronicité avec ce qui se passe ici, la chamane Koulbertichova sort de son rêve lucide. Elle vomit du sang noir et fumant. Elle bave, éructe. Elle est trempée par la transpiration. Les sœurs Gorenko, koutouroutsouks de la chamane, qui vivent à Baklany, sont en nage aussi, elles vocalisent kouarr kriièh kouêk, le cri de la mouette abattue dans La Mouette et tombée sur la plage, la même ou une autre.

Le père - tu nous reviens ?... elle nous revient !

Shakespeare - Ophélie, ma douce Ophélie, reviens-nous ! ta chaise t’attend ! tu sais que l'eau veut détruire ton cerveau. Tiens ! voici le crâne de César ! Que devient César une fois mort et changé en boue, poussière et eau ? il pourrait boucher un trou et arrêter le vent du dehors. Oh ! que cette argile, qui a tenu le monde en effroi, serve à calfeutrer un mur et à repousser la rafale d'hiver !

Ophélie, toi qui distilles le sublime amour, tu n’es pas encore destinée à l’eau et à la poussière ! à devenir boue bouche-trou !

Hamlet est fasciné par la mort ! Mourir … dormir, rien de plus ... et dire que par ce sommeil nous mettons fin aux maux du cœur et aux mille tortures naturelles qui sont le legs de la chair : c’est là un dénouement qu’on doit souhaiter avec ferveur. Mourir … dormir, dormir ! peut-être rêver !

Ce ne sera pas ton dénouement, Ophélie ! Ta chaise t’attend ! Reprends ta place !

Le narrateur - L’épousée ouvre les yeux, sourit. Le brancardier de la morgue arrive, trop tard, trop tôt. Le personnel médical est sidéré. Le médecin réanimateur annule le PV du décès.

Ophélie - kouarr kriièh kouêk

(tous poussent un profond soupir de soulagement, vocalisent kouarr kriièh kouêk, tous embrassent la mouette, se pressent sur elle ! bienvenue ! à Baklany, la chamane Koulbertichova danse, les sœurs Gorenko vocalisent)

Shakespeare (hurlant pour l’obtenir) - … Silence ! (puis chuchotant) … Le reste … c’est silence …

Jean-Claude Grosse
 

le maire des USA, 1995, par Michel Bories
le maire des USA, 1995, par Michel Bories

le maire des USA, 1995, par Michel Bories

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sur 1907, batailles dans le midi/Philippe Chuyen/Les Cahiers de l'Égaré

7 Février 2017 , Rédigé par grossel Publié dans #SEL, #cahiers de l'égaré, #agoras, #pour toujours

le 4 février 2017 au Bateau Blanc à Brignoles; Marcelin Albert et Ernest Ferroul en meeting; un régiment insurgé; les vignerons libres de Maraussan; manifestation à Montpellier
le 4 février 2017 au Bateau Blanc à Brignoles; Marcelin Albert et Ernest Ferroul en meeting; un régiment insurgé; les vignerons libres de Maraussan; manifestation à Montpellier
le 4 février 2017 au Bateau Blanc à Brignoles; Marcelin Albert et Ernest Ferroul en meeting; un régiment insurgé; les vignerons libres de Maraussan; manifestation à Montpellier
le 4 février 2017 au Bateau Blanc à Brignoles; Marcelin Albert et Ernest Ferroul en meeting; un régiment insurgé; les vignerons libres de Maraussan; manifestation à Montpellier
le 4 février 2017 au Bateau Blanc à Brignoles; Marcelin Albert et Ernest Ferroul en meeting; un régiment insurgé; les vignerons libres de Maraussan; manifestation à Montpellier
le 4 février 2017 au Bateau Blanc à Brignoles; Marcelin Albert et Ernest Ferroul en meeting; un régiment insurgé; les vignerons libres de Maraussan; manifestation à Montpellier
le 4 février 2017 au Bateau Blanc à Brignoles; Marcelin Albert et Ernest Ferroul en meeting; un régiment insurgé; les vignerons libres de Maraussan; manifestation à Montpellier
le 4 février 2017 au Bateau Blanc à Brignoles; Marcelin Albert et Ernest Ferroul en meeting; un régiment insurgé; les vignerons libres de Maraussan; manifestation à Montpellier

le 4 février 2017 au Bateau Blanc à Brignoles; Marcelin Albert et Ernest Ferroul en meeting; un régiment insurgé; les vignerons libres de Maraussan; manifestation à Montpellier

Le samedi 4 février à 17 H, à la librairie Le Bateau Blanc de Brignoles, fut présenté à l'invitation de son directeur, Gérard Desprez
1907, Batailles dans le Midi, la grande révolte des vignerons de Philippe Chuyen, publié aux Cahiers de l’Égaré
40 participants,
présentation du projet, lire ci-dessous,
lecture de la scène 1 (très actuelle),
un chant d’époque par la chorale Article 9 de Correns,
en présence du maire de Montfort sur Argens, du président du syndicat des vignerons du Var, de la présidente des caves coopératives du Var
le maire de Montfort m'a dit souhaiter faire un événement à Montfort,  avec expo photos de la révolte, lecture, dégustation…

Texte de présentation par Philippe Chuyen:

C’est plutôt le contraire qui se produit d’’habitude : lorsqu’on parle d’un livre de théâtre c’est qu’on s’intéresse au texte et peut être qu’on veut le monter, c'est-à-dire créer un spectacle à partir de ce texte. C’est en effet un peu curieux cette idée de vouloir éditer un texte à partir d’un spectacle qui a été créé il y a bientôt 10 ans et qui à présent n’est plus joué… Je fais ici les choses un peu à rebours, en sens inverse, c’est peut-être une manière aussi de remonter le temps, ce n’est pas mal de remonter le temps, ou plutôt de penser qu’on peut le remonter, le rattraper. Enfin de toute façon vous savez que ce qui est passé existe à tout jamais, que les rayons lumineux des espaces que nous avons créés filent quelques parts là-haut dans l’univers… Je sais ça nous fait une belle jambe mais c’est aussi le rôle des livres que de faire la « nique » au temps qui passe.

Donc, j’ai pensé que c’était dommage de laisser échapper la mémoire de cette aventure théâtrale qui se déroula entre 2007 et 2012 et qui fut une belle réussite tout de même, car avant tout ce fut une étroite collaboration entre une Cie de théâtre (Artscénicum) et une Chorale (Article 9) : 2 entités issues de deux villages voisins, très proches : Montfort, Correns : 2 villages un peu jumeaux et donc souvent pas d’accord. Ça c’était déjà une vraie réussite de les associer pour une fois, de les réunir pour l’amour de l’art. Même 10 ans après, il fallait le souligner.

Bien sûr je n’oublie pas que pour publier un livre, il faut un éditeur qui veut bien mettre son nom en bas à droite. Par chance, il s’est trouvé que depuis quelque temps j’en connaissais un. Un qui s’est intéressé aux Pieds Tanqués et qui a eu bien raison ! Merci à lui de m’avoir aiguillonné pour publier 1907. Il se trouve en plus qu’il aime bien le vin …. Et la perspective d’approcher les milieux viticoles n’était pas pour lui déplaire.

Bon. Mais de quoi parle-t-on ? Selon les historiens Le 9 juin 1907, 8000 personnes marchent dans les rue de Brignoles, ils sont près de 800 000 à Montpellier et beaucoup de varois dont notamment ceux de Néoules ont fait le déplacement. Si l’on est 100 fois plus nombreux le même jour à Montpellier, c’est que le mouvement a commencé non loin de là, dans l’Aude dans le village d’Argelliers. Là où la misère était sans doute la plus cruelle, à cette époque, pour le peuple de la vigne. Mais l’histoire nous raconte dans le même temps que si le mouvement est parti de ce petit village, c’est qu’il était aussi la patrie de naissance d’un homme déterminé, très déterminé : vigneron, cafetier, comédien, un peu illuminé tout de même, presque un fada pourrions-nous dire ! Mais si obstiné qu’on peut se demander si ce sont les événements qui l’ont révélé ou bien lui qui les a provoqués.

Durant près 7 ans avant 1907, il a parcouru les chemins, de village en village, pour soulever ses compatriotes, montant sur les platanes pour haranguer les gens et leur dire que la misère n’était pas une fatalité. Au début, on riait de lui puis on s’est mis à l’écouter et peu à peu, de fada il est passé au statut de prophète, de demi dieu. Il y avait quand même dans cette histoire de la matière à fiction.

Mais je ne vais pas ici raconter toute l’affaire, vous la connaissez sans doute et si vous l’avez oubliée ou bien si vous n’en avez jamais entendu parlé vous pouvez bien entendu acheter le livre (je remercie au passage M Despret de la Libraire le Bateau Blanc qui nous accueille aujourd’hui). Quant aux causes historiques et socio-économiques je vous renvoie à l’importante bibliographie sur le sujet. Beaucoup d’ouvrages ont été édités ou réédités en 2007 à l’occasion du centenaire.

Mais j’en reviens à l’édition de mon livre et l’importance de son sujet. La mémoire d’un pays, la mémoire de ceux qui l’ont construit, c’est en effet le fond de la marmite. Ce qu’on ne voit plus mais qui est fondamental. Et je pense que les événements de 1907 sont pour tout le Midi de la France et particulièrement pour le Var porteur de beaucoup de sens. Notre département a été par exemple celui qui a construit le plus de caves coopératives de 1914 aux années 50 . Et je le rappelle c’était un Montfortais Octave Vigne (ça ne s’invente pas !) qui fut responsable d’une mission interministérielle pour organiser, financer et accompagner le mouvement coopératif, mouvement dont Jaurès disait qu’il était un socialisme pratique.

Ces coopératives, conséquence directe du mouvement, ont structuré pendant longtemps la vie des villes et des villages. L’immense besoin d’organisation qu’avait la filière viticole s’est retrouvée dans la consolidation du syndicalisme à l’image de la Confédération Générale des Vignerons du Midi qui au lendemain de 1907 fut la première organisation indépendante en France à structurer une filière agricole et qui par la suite a permis de se battre et de toujours se relever.

Cette aventure nous rappelle donc que seul nous ne sommes rien, il n’y a que l’union, l’entraide et l’intérêt pour l’autre qui compte pour bâtir une société durable. Certes ce n’est pas facile de prendre des décisions à plusieurs mais cette expérience nous montre que de toute façon on n’a pas le choix.

Ainsi, j’en profite pour remercier du fond du cœur la Fédération des caves Coopératives du Var pour avoir favorisé à partir de 2008 la diffusion du spectacle et aujourd’hui pour l’ aide financière dans l’édition de ce livre, tout comme le syndicat des vignerons du Var.

Voilà nous allons à présent vous lire un extrait….

Philippe Chuyen

L’événement qui se développe là-bas et qui n’a pas épuisé ses conséquences, est un des plus grands événements sociaux qui se soient produits depuis trente-cinq ans. On a pu d’abord n’y pas prendre garde ; c’était le Midi et il y a une légende du Midi. On s’imagine que c’est le pays des paroles vaines. On oublie que ce Midi a une longue histoire, sérieuse, passionnée et tragique.

Jean Jaurès, 29 juin 1907

ACTE I / LA CRISE

Sur le plateau, un espace de jeu circulaire est délimité en fond de scène par une estrade étagée en forme d’arc de cercle et par deux bancs et des portants à costumes à jardin et à cour. Deux musiciens sont assis devant l’estrade.

Lumière faible. Des coulisses, des slogans sont lancés.

  • –  Sept ans que nous serrons la ceinture et nous sommes au dernier cran !

  • –  De tant sarrar, la talhòla peta ! 1

  • –  Beure tant de bon « bi » e posquer pas manjar de pan ! 2

  • –  Qu’anam devenir se vendèm pas lo bi ? 3

  • –  La France s’arrête-t-elle où commence la vigne ?

  • –  Sensa cèla la baudu a pòt pas virar ! 4

  • –  Fau que nos donen rason o la bombarda petarà ! 5

  • –  Crebar de fam en bolegant la terra, jamai ! 6

    1. « À trop serrer la taillole se déchire ! »
    2. « Boire autant de bon vin et ne pas pouvoir manger de pain ! » 3. « Qu’allons-nous devenir si nous ne vendons pas le vin ? »
    4. « Sans celle la toupie ne peut pas tourner ! »
    5. « Il faut qu’on nous donne raison ou la bombarde va cracher ! » 6. « Crever en remuant la terre, jamais ! »

– Du pain ou du plomb !
– Perqué tant sucrar lo vin quand los impòsts son tant salats !
1 – L’orage gronde gare aux éclats !
– La correja a plus gès de trauc !
2
– Vive le vin naturel, la sane des vieux de 60 ans !

Une musique de Requiem démarre. Le chœur en coulisse entonne une plainte sans parole. Puis, les uns après les autres, les choristes entrent en scène, se posi onnent et se répar ssent sur l’estrade.

* Scène 1

Les comédiens entrent, se placent sur le devant de la scène et s’adressent au public.

1er comédien – Le 9 juin 1907, venues de tout le sud vi cole mais surtout des quatre départements du Languedoc : Gard, Hérault, Aude, Pyrénées-Orientales, 800 000 personnes marchent dans les rues de Montpellier.

2e comédien – Au même instant, de l’autre côté du Midi, 8 000 personnes dé lent dans le Var, à Brignoles.

1er comédien – Les processions sont saisissantes. Les manifestants paraissent calmes mais sur les visages on peut lire une farouche détermina on.

1. « Pourquoi autant sucrer le vin quand les impôts sont si salés ! »

2. « La ceinture n’a plus de cran ! »

Chant Enfants de la viticulture, 1907, Marius Birot, chanté par la chorale Article 9 de Correns

Enfants de la viticulture

Marchons sous le même étendard

La misère enfin est trop dure,
Il faut agir et sans retard (bis).

Argelliers nous donne l’exemple,

Suivons ce groupe de vaillants.

Agissons car il en est temps,
Et que personne ne contemple.

Aujourd’hui c’est plus les paroles,

Ce sont des actes qu’il nous faut.

Nous portons au front l’auréole,

Du travail, voilà notre drapeau.

Ce n’est pas un but poltique

Qui guide notre mouvement.

C’est pour honorer la République.

Donnez du pain à nos enfants !

Ce pain, si on nous le refuse,

Viticulteurs nous le prendrons,

Depuis longtemps on nous amuse.

Aujourd’hui, exigeons !

Vivre en remuant notre terre,

Ce qui est notre sol natal.

Notre pays méridional
Doit briser toutes les barrières.

Amour sacré de notre Vigne.
Ton jus doit élever les cœurs,
Nous saurons de toi nous rendre dignes.

Soutiens-nous et nous serons vainqueurs.

Roussillon, toi force vivante,
Regarde l’Aude et l’Hérault,
Ne reste pas indifférente,
Ne formons plus qu’un seul réseau ! »

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Entretiens avec Marcel Conche/Les Cahiers de l'Égaré

21 Novembre 2016 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré

Entretiens avec Marcel Conche/Les Cahiers de l'Égaré

début du livre : Marcel Conche y donne un aperçu de sa philosophie.

J’en viens à des concepts clés, dont je fais usage habituellement.

Nature. J’entends, par là, la φύσις grecque, omni-englobante, omni-génératrice, qui englobe absolument tout ce qu’il y a. Je n’utilise pas la nature comme n’étant que la moitié du réel, par opposition à ce qui est culture, histoire, esprit, liberté, etc.

Ensuite, monde. Pour moi monde, c’est-à-dire cosmos. Un monde est nécessairement fini, contre Kant qui parle, dans sa première des Antinomies de la Raison Pure, du monde infini dans l’espace et le temps. C’est impossible et contradictoire avec la notion de monde, parce qu’un monde est nécessairement structuré, donc fini, parce qu’il n’y a pas de structure de l’infini.

Ensuite, mal absolu. C’est-à-dire mal qui ne peut se justifier à quelque point de vue que l’on se place. Qui est sans relations, absolu, veut dire sans relation, donc il n’y a rien qui puisse le justifier.

Ensuite, apparence absolue. Absolue, c’est-à-dire sans relation ; sans relation à un sujet ou un objet. C’est la notion que nous retenons de notre lecture de Pyrrhon.

Ensuite, temps rétréci. Nous ne pouvons vivre dans le temps immense de la Nature. Nous vivons dans un temps finitisé, que j’appelle le temps rétréci. Et c’est ainsi que nous pouvons croire à l’être, alors que nous ne sommes pas vraiment.

Ensuite, le réel commun. Je distingue le réel commun et le réel des philosophes. C’est-à-dire pour nous, être en tant que nous sommes des êtres communs. Ce cahier est réel. Pour un savant, c’est la même chose ; pour les philosophes, il y a autant de réels que de grandes métaphysiques. Pour les philosophes, d’abord, le réel est ce qui est éternel, et ce qui est éternel varie d’un philosophe à l’autre, d’un métaphysicien à l’autre.

Ensuite, scepticisme à l’intention d’autrui. C’est une notion dont je fais usage habituellement. Le scepticisme à l’intention d’autrui, cela veut dire d’abord que je ne suis pas sceptique. Je suis tout à fait assuré de la vérité de ce que je dis. Mais ce n’est pas le cas de tout le monde ; alors je suis sceptique pour laisser une porte de sortie à ceux qui ne voient pas les choses comme moi. Parce que, si vivre dans l’illusion les rend heureux, pourquoi pas ? Cela ne me gêne pas du tout.

Ensuite, sagesse tragique. C’est une notion que j’ai empruntée à Nietzsche il y a trente-huit ans, dans mon livre Orientation philosophique, dans le chapitre Sagesse tragique. Je laisse de côté ce que Nietzsche entend par ce mot ; pour moi cela veut dire qu’il faut toujours s’efforcer de réaliser ce que l’on peut réaliser de meilleur, quoique ce soit périssable et appelé à disparaître.

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À Gabrielle Russier/Anne Riebel

1 Septembre 2016 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré

Le 1° septembre 2014 paraît un témoignage fort d'une élève de Gabrielle Russier, Anne Riebel. Soit 45 ans après son suicide à Marseille, le 1° septembre 1969.

Un an d'enseignement, un an dans le cercle de poésie et d'amitié de Gabrielle Russier. Anne Riebel a gardé jusqu'à ce jour, les lettres et petits mots de Gabrielle Russier pendant cette année d'utopie qui l'a marquée à vie. 15 lettres entre le 15 juin 1968 et juin 1969, deux textes inédits de Gabrielle Russier, une carte postale, deux petits mots (des conseils écrits de sa main), voilà le trésor offert aujourd'hui par une élève devenue femme, 46 ans après la rencontre, après toi, le reste de ma vie.

Ce témoignage réussit en quelques pages à nous restituer un contexte et à mesurer la traque dont non seulement Gabrielle Russier a été victime mais aussi les jeunes qui étaient attirés par son enseignement et sa manière d'être avec eux comme jeunes et pas seulement comme élèves.

L'édition de ce livre aux Cahiers de l'Égaré doit beaucoup au précédent livre que nous lui avions consacré, Gabrielle Russier/Antigone, paru le 1° septembre 2009 pour le 40° anniversaire de sa disparition. Un an avant, les 3 et 4 décembre 2008, 7 écrivains s'étaient retrouvés à la bagagerie du Lycée du Golf Hôtel à Hyères. Ce furent deux journées riches.

Le livre édité, offert aux enfants de Gabrielle (sa fille était entrée en contact avec moi) est aujourd'hui épuisé mais il a cheminé.

Le 10 février 2014 à 23 H 35, je recevais ce message par le formulaire de mon blog :

Bonsoir, je suis la petite-fille de Gabrielle Russier, j'aimerais savoir si vous l'aviez connu.

Bien à vous,

je répondais le 12 février à 19 H 15, s'ensuivirent quelques autres messages avec cette jeune fille de 18 ans qui allait passer son bac.

Et le 26 mars 2014, je reçois un mail par le formulaire de mon blog, Anne Riebel me propose de lire son témoignage. J'accepte et devant l'indéniable intérêt et émotion de ce document, partagé avec deux autres lectrices, j'en décide la publication.

J'ai pris conscience en faisant ce travail éditorial d'une coïncidence comme je les aime : Gabrielle est une valentine (14 février 1937), la mouette à tête rouge, Annie, qui fut mon élève en 1964, 4 ans avant l'affaire, mais dans le nord, fut aussi une valentine (14 février 1948).

Déjà le 24 janvier, j'avais reçu un mail étonnant :

Bonjour,

Mon nom est Jocelyne Hermann Salley issue de l'école des Beaux Arts de Troyes; j'ai abordé la peinture en 1990; aujourd'hui je vis de ma peinture

en 2006 j'ai eu entre mes mains complètement pas "hasard"le livre Beverly trouvé sur les quais à Paris

Le plus étonnant lorsque j'ai découvert les peintures de Michel Bories je travaillais à cette époque les mêmes couleurs.

Je voulais juste vous en parler, ce livre m'a donné confiance en moi encore maintenant dans les moments de doutes

merci de m'avoir lu

bien cordialement

JHS

Beverly est un roman écrit par Cyril Grosse avec le peintre Michel Bories, entre 1992 et 1994 dans le cadre d'un projet Défi-Jeunes, Ulysse à Hollywood. Il avait 21 ans. Le roman est suivi d'Un carnet d'Hermann Salley, écrit par Michel Bories, Hermann Salley étant un peintre, peut-être faussaire, inventé par Cyril Grosse. Page 18, ligne 5 de ce roman, le narrateur écrit cette phrase: À peine seize ans, impatient d'en avoir trente et un. Cyril Grosse est mort accidentellement à Cuba entre 30 et 31 ans. Michel Bories est décédé le même jour dans le même accident ainsi que deux Cubaines, une mère et sa fille, le 19 septembre 2001 à 16 H au carrefour surnommé le Triangle de la mort à Jaguey-Grande. Le 19 septembre 2001, à l'heure française de l'accident, je dégueulais tripes et boyaux. Ce n'est qu'après coup que j'ai fait le rapprochement.

Pour évoquer ces coïncidences, je suis assez tenté par l'hypothèse de l'holomouvement posée par David Bohm dans La plénitude de l'univers, l'univers comme hologramme conservant toutes les informations et en créant sans cesse des nouvelles; hypothèse que je formule ainsi, nous concernant: tout instant que je vis, passe, never more mais rien ne peut faire que ce que j'ai vécu n'ait pas eu lieu, donc il est vrai éternellement que j'ai écrit ce message, ce jour à 14 H 30, for ever; c'est un des thèmes abordés dans ma pièce L'éternité d'une seconde bleu Giotto, inédite.

Dernière coïncidence, TNT m'a livré les livres le 11 août à 11 h 55. Et c'est le 11 août 2014, à approximativement 11h 55 dit la police que Robin Williams s'est suicidé, délivré à 63 ans, Robin Williams, le professeur du Cercle des poètes disparus. Anne Riebel donne à son livre ce sous-titre : À Gabrielle Russier. Dans son cercle de poésie et d'amitié.

Ceux qui sont intéressés par le livre d'Anne Riebel doivent le commander aux Cahiers de l'Égaré, 669 route du Colombier, 83200 Le Revest, 14 €, frais de port compris, par chèque à l'ordre des Cahiers de l'Égaré. Le livre ne sera pas disponible en librairie.

Jean-Claude Grosse, directeur des Cahiers de l'Égaré

À Gabrielle Russier/Anne Riebel
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Balade chez Marcel Conche

10 Septembre 2015 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré

Balade chez Marcel Conche
Balade chez Marcel Conche
Balade chez Marcel Conche
Balade chez Marcel Conche
Balade chez Marcel Conche

Le Cahier de l'Égaré : Heureusement qu'on meurt, sur une parole de Marcel Conche a été livré mercredi 2 septembre.

François Carrassan, l'auteur et moi-même, l'éditeur, nous nous sommes donc rendus chez Marcel Conche du samedi 5 au mardi 8 septembre, lui apporter notre opus.

Ce petit livre de 92 pages en format 12 X 17 (couverture et intérieur ivoire) avec 5 photos en noir et blanc comprend 4 essais en lien avec des rencontres antérieures, ce que nous nommons entre nous Les Rencontres d'Altillac.

- Marcel Conche n'est pas un être nécessaire

- Le goût de la vie

- Le temps qui reste

- Comment mourir ?

J'ai rédigé l'avant-propos qui tente de rendre l'atmosphère Jardin d'Épicure des rencontres d'Altillac.
Rencontrer Marcel Conche, échanger avec lui pendant plusieurs heures (jamais plus de 2 H à la fois) est une balade intellectuelle et sensible qui traverse les siècles et les espaces. Marcel Conche se promène et nous promène, l'actualité éclairée par des épisodes "similaires" du passé, par exemple la destruction des temples païens, vivants, par les chrétiens quand ils s'imposèrent sous Constantin, comparée à celle des temples en ruines par Daech.

Quelle chance nous avons de profiter de ces heures de discussions avec partages de part et d'autre (échanges de livres, de CD, de bouteilles de vin, de fromages et de miel, dégustation de "ses" figues)
La mémoire de Marcel est prodigieuse; il évoque comme personne des quantités de personnes, connues en leur temps, oubliées depuis,
Emile Faguet, Martial Gueroult, Eric Weil, Henri Gouhier, Étienne Souriau, Mizrahi, Deleuze, Pradines et son traité de psychologie sur les seuils de sensation;
Konstantinova Irina, La Jeune Fille de Kachine,
la dernière édition aux PUF de son Montaigne,
son livre en cours d'écriture (à presque 94 ans): Penser encore (sur Spinoza et autres sujets)
Nous le reverrons en mars pour son anniversaire.

JCG

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Cervantes-Shakespeare / écritures 2014

23 Avril 2014 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré

26 H, 19 F, de Méditerranée, Atlantique, Aquitaine, Ile de France, Normandie, Bourgogne, Corse dont 25 nouveaux se sont inscrits en 15 jours pour le projet, début janvier 2014.

Quelques auteurs hispanisants et anglo-saxons sont sollicités pour en être.

Projet faisant suite aux projets pluriels Envies de Méditerranée (2010), Marilyn après tout (2012), Diderot pour tout savoir (2013-2014).

Cervantes-Shakespeare : hasardantes coïncidences


Je ne suis pas intervenu donc hasard ou pas ? les statistiques pourraient-elles prédire cela ?
le projet Cervantes-Shakespeare est maintenant sur les chemins vagabonds

je souhaite aux auteurs de grimper haut avec l'échelle de leurs rêves JCG

Cervantes-Shakespeare

une « pétrifiante » coïncidence

morts tous les deux le 23 avril 1616

un projet ludique mais pas seulement

pour le 399° anniversaire de cette coïncidence

(pas le 400°; nombres et lettres, « jeux » créatifs, répétitifs de l'inconscient, du ÇA)

le 23 avril 2015

à laquelle il faut ajouter l'autre « pétrifiante » coïncidence

Shakespeare naît et meurt un 23 avril (1564-1616)

La coïncidence de la date de leur mort est partiellement fabriquée (on se reportera aux notes 1 et 2 des articles de Wikipedia sur ces deux auteurs).

http://fr.wikipedia.org/wiki/William_Shakespeare

http://www.inlibroveritas.net/auteur360-oeuvres.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Miguel_de_Cervantes

http://www.inlibroveritas.net/auteur4390.html

On passera outre la fausseté de la stupéfiante coïncidence pour s'inscrire dans la légende qui fait que chaque 23 avril est la journée mondiale du livre (en Espagne les femmes offrent un livre aux hommes qui ne lisent pas, les hommes des roses rouges aux femmes qui ne les aiment pas) et que le Falstaffday se fête dans les pubs anglais, œuvres en mains, chaque 23 avril depuis 1717 (comme il y a un Bloomday qui se fête dans les pubs de Dublin, œuvre en mains, chaque 16 juin depuis 1954, 50 ans après la journée du roman).

Par contre la coïncidence entre date de naissance et date de mort de Shakespeare n'est pas fabriquée.

Ces « pétrifiantes » coïncidences comme les appelaient les réalistes sûrs (genre : l'improbable rencontre sur une table de dissection d'un parapluie féminin et d'une machine à coudre masculine ?!?) posent la question du hasard que beaucoup récusent pour dire c'est le destin, c'était écrit.

Un premier enjeu se joue entre une métaphysique théologisée (Dieu créateur et ses créatures, métaphysique pour paresseux préférant obéir et peu penser puisque une seule cause initiale suffit à expliquer l'infinité des conséquences aussi variables et contradictoires soient-elles) et une métaphysique du hasard (faire du hasard le moteur, le créateur aveugle de tout ce qui apparaît, disparaît, se transforme, est une entreprise difficile à penser surtout quand pensant l'homme, on le pense comme liberté et volonté ou comme multiples déterminations et déterminismes). Lire l'article en lien : La métaphysique du hasard de Marcel Conche. http://leportique.revues.org/180

Si on choisit une métaphysique du hasard, des calculs se mettent en place pour le prévoir, des jeux s'inventent pour le déjouer, le mettre de son côté. Y a-t-il de l'impossible ? Tout est-il possible ? Quelles probabilités pour tel possible ? Y a-t-il de l'improbable ? C'est quoi la chance ? La malchance ? Le kairos ? Un mauvais concours de circonstances ? Place aux nombres et aux calculs, de plus en plus puissants avec les calculateurs Ada et Turing, ou avec Gaia. Les chercheurs auront bientôt la capacité de calculs exaflopiques. Ils pourront alors définir les caractéristiques de ce qui leur résiste aujourd'hui, matière et énergie noires, avant de les déceler. Les écrivains feront place à des situations, des lieux réels, imaginaires, des personnages de leur choix ou qui leur échoient dans leurs rêves, en introduisant le plus d'aléatoire possible (on lira L'aléatoire de Marcel Conche). Et pour vivre sa vie, on valsera-hésitera entre croire la maîtriser, la livrer au hasard (coup de dés, pile ou face, roulette russe avec arme à blanc ou chargée mais jamais, un coup de dés…), inventer chaque jour ses « impossibilités de vivre » en alternant souffrance et résilience, tirer trigrammes et hexagrammes du Yi Jing avec 3 pièces et tous autres bricolages, poser des questions à Siri, un 31/12 (quel est le sens de la vie ? 3 réponses : 1- 42 ; 2- qui suis-je, où vais-je et dans quelle étagère ? 3- j'ai arrêté de me poser ce genre de questions) ou ayant dit blablabla, j'ai obtenu : avez-vous pensé à devenir orateur, Jean-Claude ?

http://www.lolagassin.com/serge3.htm

http://www.chinastral.com/chinastral/yi-king/yi-king.html

Une anecdotique question subsidiaire en découle : y a-t-il immortalité des œuvres « immortelles » qui ont eu beaucoup de chances d'arriver jusqu'à nous dans des versions multiples sans qu'on puisse décider laquelle est la vraie ou la plus vraisemblable et dont les supports sont périssables ?

Un paradoxe prend forme : ce qui a eu lieu a eu lieu pour toujours, rien ne peut l'effacer, rien ne peut effacer ce qui a été dit, pensé, ressenti, éprouvé, fait, été. Nous oublions ou commémorons, réécrivons : c'est sans importance ou incidence par rapport au fait que c'est inscrit dans le temps infini ou éternel. Mais où passe donc le passé ? Où ça se stocke tout ça si ça se stocke et qui est incommensurable ? Y a-t-il un lieu de mémoire ou est-ce dans l'Immémorial, l'Utopie ? Ça reste en l'état, ça se disperse ou ça se réduit en éléments irréductibles pour d'autres combinaisons (analogie : codes génétiques, génomes) ? Le périssable du corps, de l'esprit sans doute, se conjugue avec l'impérissable éternité de ce qui a eu lieu, de ce qui est passé. Comme avec la madeleine de Marcel Proust, exemple ne valant que pour un vivant et pour la question que se posait Bergson à propos du retour des souvenirs oubliés dans Matière et mémoire, comment ça revient si ça revient, sous quelles formes et autres questions possibles aujourd'hui grâce aux avancées scientifiques mais voulant des écritures de poètes, d'épitaphiers et des pensées de métaphysiciens du hasard ?

Le projet

23 avril 2015 : 399e anniversaire de la mort de Shakespeare et Cervantes, œuvres accomplies.

L'un, l'Anglais, a fait le tour complet du cœur selon le titre du spectacle mis en scène et joué seul par Gilles Cailleau 542 fois depuis le 2 juillet 2002, pour 28000 spectateurs sous chapiteau pour 35 spectateurs.

L'autre, l'Espagnol, a réussi l'exploit de ridiculiser et de tuer le genre dominant que constituait le roman de chevalerie dont les méfaits sur les cœurs et les esprits étaient notoires.

Flaubert a tenté quelque chose contre la bêtise (la connerie = la commerie) avec Bouvard et Pécuchet. A-t'il réussi ?

Shakespeare ou les passions humaines et les passions politiques.

Cervantes ou l’espoir, l’utopie, la résistance.

Le 2° livre du Don Quichotte fut publié en janvier 1615 soit 400 ans dans un an ; le 1° l'avait été en 1605. Don Quichotte, un redresseur de torts à travers.

Il y en a qui continuent aujourd'hui, genre Les enfants de Don Quichotte, Jeudi Noir, Génération Précaire, Le Grand Don, Germinal, La manif de droite, À la rue O-bloque et autres artivistes tentant de renouveler formes et contenus de la militance comme de l'art en lien avec notre société de précaires fabriqués par les puissants de la finance et rejetés par les réactionnaires de tous bords.

Ils ont eu des précurseurs car il y en a toujours et nous serons les précurseurs de nos suiveurs et suivants survivants. Shakespeare et sa troupe ont construit, enthousiasme et nécessité aidant, le Globe Theatre, dans la nuit du 28 décembre 1598, dit-on. Regardons comment nous gérons nos lieux et carrières. Jeux de pouvoir et de coulisses, tout cela pour une durée de 10 ans, 20 ans pour les plus chanceux.

On lira cet essai de portrait quantique de l'homme Shakespeare et de son œuvre et celui sur le SPL qui peut-être inspirera l'un d'entre les auteurs à venir :

http://les4saisons.over-blog.com/shakespeare-antibiographie/bill-bryson

http://fr.wikipedia.org/wiki/Shakespeare_Programming_Language

et ceux-ci sur Cervantes et Don Quichotte

http://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/cervantes_l_homme_des_masques_et_des_secrets.asp

http://fr.wikipedia.org/wiki/Don_Quichotte#Influences_de_Don_Quichotte

http://donquijotedelamancha.free.fr/fiches.html

Appel à textes : 30 auteurs français, 5 anglo-saxons, 5 hispanisants.

Pas de sélection mais l'éditeur fera en sorte que le nombre de participants ne dépasse pas 40, que la parité F/H soit à peu près respectée, qu'un renouvellement des contributeurs s'effectue.

L'éditeur sollicitera quelques auteurs de son choix. Il invite à participer Bernd Lafrenz, qui en Allemagne joue avec humour depuis le 23 avril 1983, pièce après pièce, l'oeuvre de Shakespeare. Déjà 9 pièces en solo à son actif, plus de 4000 représentations, 800000 spectateurs en live et 200000 téléspectateurs, 1,5 million de kilomètres parcourus.

Texte de 2000 mots pour les textes confrontant, mêlant (et toute autre sauce) Shakespeare et Cervantes. Ou deux textes de 1000 mots si on les traite séparément. Le souhait est de voir traiter les deux, ensemble ou séparément. Ou un texte de 1000 mots, si on ne traite qu'un des deux géants.

On tentera de privilégier dialogues et formes théâtrales. Mais les formes restent libres, à inventer ou à imiter avec intelligence. Si un rêve de rencontre prend une forme graphique, pourquoi pas ! On s'essayera à provoquer des coïncidences arbitraires, déroutantes (décidées par jeux de hasard ou tirage du Yi Jing), des rencontres stupéfiantes à probabilités quasi-nulles (à indiquer après calcul) à partir de Cervantes et de Shakespeare : vies, œuvres, thèmes, lieux, milieux, époques, personnages, rêves et songes (le royaume où tout est possible dit Borges, le travail nocturne de Fellini dans Le livre de mes rêves, un fabuleux déclencheur).

Skakespeare et Cervantes parlent de l'arbitraire des hommes (et non pas du libre arbitre). Le projet consiste en un appel à la responsabilité, impossiblement pure, des auteurs quant à leur arbitraire à chacun. L'arbitraire du pouvoir, du devoir, de l'art, de l'amour, comme version humainement vivable du hasard ? Jeux entre sens, non-sens, avec « nonsense », absurde.

Tout texte dépassant les limites sera refusé par l'éditeur.

Appel à texte sur 15 jours, début janvier 2014.

Livraison des textes, fin décembre 2014.

Édition par Les Cahiers de l'Égaré, fin mars 2015.

Tirage fonction de l'écho envisagé et des manifestations suscitées, 500 ou 1000.

Exploitation jusqu'au 400° anniversaire soit fin 2016.

Une étape de mi-parcours est prévue en Avignon à Présence Pasteur en juillet 2014. Des textes ou des planches de dessins N et B en l'état, achevés ou non, seront lus et discutés avec le public.

Semaine du 18 au 25 octobre 2015, exposition et lectures au Bateau Lavoir à Paris avec mise en valeur des 4 projets pluriels initiés par les EAT Méditerranée avec l'ensemble des EAT (Envies de Méditerranée, Marilyn après tout, Diderot pour tout savoir, Cervantes-Shakespeare : hasardantes coïncidences).

Ayant déjà l'expérience de l'investissement et du talent des participants à trois projets aboutis, je ne doute pas que ce 4° et dernier projet que je porte avec mes collègues sera de la plus grande qualité dans la diversité.

Amitiés vives dans le partage d'écritures vivantes.

Le 16 janvier 2014

Chers amis,

voilà, le projet Cervantes-Shakespeare est sur les chemins vagabonds ; vous en êtes : merci

les aventures seront fortement perturbées par les vents violents

déjà dans les rangs dérangés du groupe on s'amuse avec

chat qui expire sert vent d'est

ou Dan qui chante pour faire la manche et Sang-froid qui pense rencontrent dans un bistro de Calais, Gilden et Rosen partis à la recherche de leur cousin

ou signé Dona Manuela de la Letra, arrière-arrière.... petite-fille de Cervantès par la branche maternelle et arrière-arrière... de William Shakespeare par un côté très tangent au paternel

je vous renvoie l'appel à texte, à prendre au pied de l'Esprit qui ne manquera pas de souffler sous l'éteignoir

je voudrais préciser quelques points

- il s'agit d'être hasardant tant dans l'écriture que sur le fond: rien n'est acquis, on n'est sûr de rien, il y a peu de probabilités mais c'est possible

pour favoriser ce processus, j'ai demandé à Gérard Lépinois d'animer un atelier de procédures hasardantes une fois par mois de février à juin pour ceux qui peuvent fréquenter la Maison des auteurs de la SACD; le travail de cet atelier sur Sha-Cer sera intégré au livre; je vous communiquerai lieu et dates plus tard

- je pense à l'invention d'un ou deux personnages qui comme Padox pourrait être repris, développé, un don du groupe à l'humanité espérante-désespérée

Padox, c'est vous, c'est moi, c'est Guignol, Tintin, le Gros Dégueulasse, Bidochon et Gaston. Il a été inventé et écrit par Gérard Lépinois, créé par Alain Roussel, mis en cris et chuchotements par Jeanne Heuclin, Padox, le personnage unique d'un spectacle de théâtre noir, marionnette pour représenter les hommes, l'homme d'aujourd'hui et qui a fait le tour du monde

- je pense, parce que nos deux hommes C/S en partie s'opposent, à un affrontement idéologique entre le personnage (à inventer) du Manifeste (à écrire) des cyniques, des nipotes (en italien = népotisme), des oligarques, des ploutocrates et celui (à inventer) du Manifeste (à écrire) des Riens, moins que rien; je vous indique quelques liens sur les maîtres du monde et vous communique deux manifestes du Sous-Comité décentralisé des gardes-barrières en alternance ; je pense que la théâtralisation courte de cet affrontement serait efficace littérairement et peu probable politiquement ; évidemment Noam Chomsky est à prendre en compte

http://r-eveillez-vous.fr/wp-content/uploads/2011/03/manifeste.pdf

http://www.diogene.ch/IMG/pdf/second-manifeste-diogene.pdf

je vous souhaite de grimper haut avec l'échelle de vos rêves

amitiés vives JCG

sur les maîtres du monde, attention à ne pas prendre au pied de la lettre mais avec esprit critique

http://www.syti.net/Targets.html

http://www.syti.net/Organisations.html

http://www.syti.net/MeilleurDesMondes.html

http://youtu.be/x2Mi5r4njo4

http://youtu.be/jE6wppWhOx0

http://www.desobeir.net/

Déclaration attribuée à Thomas Jefferson Troisième président des Etats-Unis de 1801 à 1809

citation qui est peut-être un faux :

Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l'inflation (?), ensuite par la récession (?), jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis.

aparté :

La lecture du mardi midi 14 janvier au Théâtre 13 Seine fut truculente

nous ne sommes pas restés sur notre faim avec Une famille aimante mérite de faire un vrai repas, de Julie Aminthe

la discussion fut très révélatrice sur cette comédie de l'impuissance, des faux semblants, des micro-mouvements au sein d'une famille lambda (la fuir, y rester, quel combat, tout cela métaphores possibles du néo-cannibalisme et de ses tuyauteries : absorber, déjecter...)

on avait envie d'un bon manifeste digeste genre celui du Sous-Comité décentralisé des gardes-barrières en alternance

la discussion courte mais dense a mis en avant l'influence de la télévision sur le façonnage, le formatage des esprits mais cela suppose qu'on regarde la télé qui absorbe 3 H 25 de la vie des gens chaque jour soit notre temps libre, possiblement créateur

sur l'impossibilité pour certains jeunes de s'évoquer, se représenter, s'identifier sans référence à des émissions mais cela suppose le renoncement à son temps libre, à son pouvoir créateur

la discussion a porté aussi sur le clivage dont nous sommes constitués : conscients qu'on est manipulé et soumis à cela

ou travaillés subconsciemment, inconsciemment par des modèles dominants sans même nous en apercevoir

mais Huxley, Orwell, d'autres ont bien décrit il y a déjà quelque temps vers quoi nous allons; Huxley me semble plus pertinent qu'Orwell

d'autres nous alertent depuis longtemps: Chomsky par exemple en décrivant les mécanismes de manipulation

comment se fait-il qu'on découvre au détour d'une discussion des évidences assez mal admises

ce n'est plus le temps des héros ai-je entendu

bien sûr, on nous a convaincus que victimes, nous étions aussi des bourreaux

que nous étions tous des salauds en puissance et en actes, micro-actes dans ma cuisine, au lit ... le confessionnal n'est plus loin et pire

qu'exploités, aliénés, nous étions surtout des soumis volontaires

je préférerais un temps de héros; je me réfugie donc dans des films où un balèze tout seul ou une femme toute seule aussi ... vous voyez le genre ; ça me dispense d'agir, de susciter mon enthousiasme et celui des autres, d'aiguiser mon désir, de me coltiner à certains de mes rêves; les Américains sont très forts dans ces films à héros solitaires qui s'en prennent aux puissants qui ne respectent pas règles, films de "droite" permettant l'identification; que seraient des films de "gauche" où ce serait des groupes invisibles qui agiraient sur des cibles elles-mêmes invisibles ?

au théâtre, y a t-il encore des héros ? il me semble que non, peut-être sur les scènes privées

dans la vie, il y en a beaucoup, on ne les voit pas JCG

Cervantes-Shakespeare / écritures 2014
Cervantes-Shakespeare / écritures 2014
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Diderot pour tout savoir/Les Cahiers de l'Égaré

27 Septembre 2013 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré, #EAT (Écrivains Associés du Théâtre)

Vient de paraître

Diderot pour tout savoir

aux Cahiers de l'Égaré

176 pages, 13,5 X 20,5, 18 euros PVP

diffusé distribué par Soleils

23 rue de Fleurus

75006 Paris

Tel : 01 45 48 84 62
Fax : 01 42 84 13 36

Diderot [did o] pour tout savoir est un projet à l’initiative des Cahiers de l’Égaré, des 4 Saisons d’ailleurs, des Écrivains associés du théâtre (EAT National et filiales EAT Atlantique, EAT Méditerranée, EAT Nord- Pas-de-Calais).
Trente-six écrivains à parité F/H se confrontent à la diversité et modernité des écritures de Diderot avec des textes de 1000 mots. Ils se demandent en quoi il éclaire ou peut éclairer notre monde, notre temps, nos mœurs, nos aigreurs, nos peurs, nos récentes percées scientifiques, nos vieilles spéculations métaphysiques.
Comme lui ou contre lui ou toute autre attitude, posture en rapport à lui, ils s’essaient à des voies nouvelles. Ils font commentaire, diversion, digression, mettent en abyme, réfutent, confrontent, se démarquent, se mettent en jeu.

manifestations prévues autour et à partir du livre

sous forme de lectures de textes et discussion
12 octobre, bibliothèque Armand Gatti à La Seyne sur mer
16 novembre, théâtre de L'Isle 80 en Avignon
7 décembre, Librairie Dialogues Théâtre à Lille
9 décembre, Maison des auteurs à la SACD
31 mars,
salle Vasse à Nantes

SOMMAIRE

Préface

Projet Diderot 2013-2014 page 11

ALBO Michèle
Diderot conteur ou Les Deux Amis de Bourbonne 13

AUBERT Grégoire
Diderot à contre-pied 15

SUITE DIDEROT
Lettre de Johann Joachim Winckelmann
à Denis Diderot 21

AZAMA Michel
Denis, grand fou 24

BAUDOUIN Jean-Michel
Esprit des ténèbres 34

BENEDETTO Albertine
Ecic n’set aps nu ocnet 38

CAILLEAU Gilles
La dernière année de Denis Diderot ne fut pas
très heureuse 41

Une lettre 42

CARRASSAN François
Les droits précaires de l’homme 45

CHARLEMAGNE Malika-Sandrine
Requiem pour un philosophe… 50

CHRYSSOULIS Dominique
À Sophie pour la vie 53

SUITE DIDEROT
Baudelaire Dufaÿs et l’Aquafortisme 57

DESNOTS Gilles
Une lettre inédite de Denis Diderot à Sophie Volland 59

DOCTEUR VALENTIN G. DUCHMOLL
L’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert résumée
en 26 tweets alphabétiques pour les jeunes
et les malentendants 63

ESCUDIÉ René
Rencontre de monsieur Denis D.
et madame Christine B. 66

FLOUREZ Bertrand-Marie
I, comme idéologie ou intégrisme ? 70

GREGO Moni
Ma Sophie est un homme et une femme
quand il lui plaît 74

GROSSE Jean-Claude
Opacité/Transparence. Entretien entre une cosmologiste
et un philosophe 80

SUITE DIDEROT
Seurat et Signac 85

GRUVMAN Henri
C’était 87

JABÈS Sophie
Jacques et Jacqueline, Jacqueline et Jacques,
histoire d’une fatalité 90

KERGARIOU Caroline de
Nouvel entretien très indiscret d’un philosophe
avec la maréchale de *** 92

LEIRIS Noëlle
La véridique histoire du Bandeur Masqué et de
la si jolie si jolie si jolie petite petite Miss O’Murphy 97

SUITE DIDEROT
Cher Martin Heidegger 103

LÉPINOIS Gérard
Sentir-penser 106

LOMBARDOT Roger
Le bijou calcifié 109

MALLET Sabine
Hommage aux cylopédistes ou petit galimatias
à la Jacques 113

MARIEL Henri
« Qui aperit vulvam aperit atque mentem » 116

SUITE DIDEROT
Anna et Aube 121

OPPERT Benjamin
Le parking Diderot de la Gare-de-Lyon… 124

PAQUET Dominique
L’acteur chez Diderot : un art philosophique 127

PATRIS Anne-Pascale
La lettre 130

PILLOT René
Le paradoxe du public 134

PROSPERINI Robert
Mille mots pour Diderot 140

SUITE DIDEROT
Cher Larry 145

RONIGER Jom & TANON Pauline
La Diderot 147

THYRION Françoise
Abécédaire de Denis Diderot par moi-même 152

VALMER Michel
De vous à moi. Rêve de Mirabelle - Mirabilia Volland 156

VIOUX Danielle
Fontange des Souleurs 160

VIVARELLI Diana
Mon unique consolation 166

VUILLERMET Claudine
La rencontre du paradoxe 170

Diderot pour tout savoir/Les Cahiers de l'Égaré
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Homo Botticelli/Roger Lombardot/Les Cahiers de l'Égaré

26 Septembre 2013 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré

Vient de paraître

Homo Botticelli

suivi de La Rose

de Roger Lombardot

aux Cahiers de l'Égaré

72 pages, 13,5 X 20, 5, 10 euros PVP

distribué, diffusé par
Soleils

23 rue de Fleurus

75006 Paris

Tel : 01 45 48 84 62
Fax : 01 42 84 13 36

Dix ans après La Rose, Roger Lombardot revient sur les peintures de la grotte Chauvet Pont-d’Arc, connues pour être les plus anciennes de l’Humanité, et nous plonge dans une saisissante aventure de l’esprit.
«– Je vous le répète: pour percevoir la dimension sublime de l’œuvre, il faut avoir conscience d’évoluer à l’intérieur d’elle... reconnaître qu’on se trouve là où l’humain a donné chair à la pensée... se sentir irrigué par les peintures, leur essence, leur quintessence... »

La pièce sera créée à l'Atelier-Théâtre

à Laurac en Vivarais (Ardèche)

du 10 octobre au 1° novembre 2013

Homo Botticelli/Roger Lombardot/Les Cahiers de l'Égaré
Homo Botticelli/Roger Lombardot/Les Cahiers de l'Égaré
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L'incertaine apparence de l'île de Port-Cros

11 Novembre 2012 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré

 

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L’incertaine apparence de l’île de Port-Cros

____

 

 

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La petite île de Port-Cros aura connu une histoire chaotique, parfois pleine de bruit et de fureur, en parfaite contradiction avec le Parc national qu’elle est devenue voici 50 ans.

Elle aura aiguisé des appétits guerriers, industriels et agricoles, touristiques aussi, qui auraient dû la ravager pour toujours. Rétrospectivement, rien ne paraîtra donc jamais plus improbable que son avenir en cœur de parc.

Mais quelques amoureux de la beauté, de la poésie et du silence eurent raison des logiques dominantes et le rendirent possible. Elle reste aujourd’hui à l’écart de la Côte d’Azur.

Les photos de Bernard Plossu, en tirage Fresson, loin du bruit et des apparences, révèlent la gravité de sa lumière.

 

 

François Carrassan

 

 

 

Ce livre paraît aux Cahiers de l'Égaré ce 13 novembre 2012


Texte de François Carrassan :


Un moment bienheureux

 

40 Photos de Bernard Plossu selon le procédé Fresson :

 

Loin du bruit

 


Le Procédé Fresson

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J'utilise le procédé Fresson depuis 1967.
Les tirages au charbon qui en résultent sont mats et ont du grain, avec une ambiance qui me permet  de garder  le même climat que dans mes photographies noir et blanc.

L’idée de montrer Port-Cros en couleur Fresson m’a semblé non seulement originale mais aussi un moyen de révéler l’aspect inattendu de la lumière de Provence.

 

Ainsi Port Cros ne « brille » pas sur papier glacé, éclatante sous un soleil redondant, mais au contraire apparaît comme un lieu où la lumière voilée donne la véritable intensité de la Méditerranée.

Ainsi on ne joue pas de la beauté trop évidente, mais de l'opacité que crée l’excès de lumière, comme si un invisible rideau mat calmait le jeu et donnait alors à ce site sa vraie dimension poétique, sans le trahir par l'apparence quasiment kitsch des ciels trop bleus des trop belles photographies…

Le miracle Fresson est  de savoir restituer la vraie couleur des lieux, plutôt que de les embellir bêtement.
Rien n'est plus difficile que de faire de la couleur dans "le midi"
.Grâce à Fresson et à son papier mat,  nous sommes dans le domaine de la vraie nature et pas dans l'éclat des apparences.

Nous sommes dans la gravité de la lumière.

Bernard Plossu

 

Le procédé au charbon direct (avec pigments constitués de charbon de bois pulvérisé) a été inventé par Théodore-Henri Fresson vers 1890. Son fils Pierre a réalisé, en 1952, le premier tirage charbon couleur.

Les pigments sont couchés sur un papier gélatiné sensibilisé au bichromate de potassium et, sous l’action des ultra-violets, la gélatine durcit, emprisonnant le pigment. Chaque image est ensuite dépouillée par un frottement régulier d’un mélange de sciure de bois et d’eau.

Cette technique s’apparente au procédé offset : trois images en cyan, jaune et magenta se superposent pour recréer les couleurs ; une quatrième couche noire est ensuite ajoutée.

On obtient une quadrichromie dont les tons sont continus, sans trame.

(in PLOSSU Couleur Fresson, Théâtre de la Photographie et de l’Image, Nice, 2007)

 

 

Bernard Plossu et François Carrassan ont signé leur livre


à la librairie Charlemagne à Hyères


le 18 décembre 2012, à partir de 17 heures

 


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