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Blog de Jean-Claude Grosse

Articles avec #cahiers de l'egare tag

L'île aux mouettes/JC Grosse

13 Juillet 2012 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré

 

  La Mouette

la mouette à tête rouge (JP Grosse)

 

 

L’Île aux mouettes

de Jean-Claude Grosse

Les Cahiers de l’Égaré

 

 

 

L’Île aux mouettes est un récit dramatique et un texte pluriel :

écrits intimes, poésie, théâtre, essais, méditations …

Personnages : 16, 9F/7H

des amoureux, des parents, des enfants, des passionnés de théâtre …

Thèmes : la vie, l'amour, F/H, la transmission, le partage,les incompréhensions,

les conflits intimes et relationnels,

les différentiels culturels, l'art du théâtre,

la mort brutale du fils, la mort brutale de l'épousée…

Lieux :

le Baïkal, la Méditerranée, la grotte Chauvet, Cergy-Pontoise, Corsavy, l’hôpital …

 

L’île aux mouettes est un récit dramatique articulé autour de deux personnages, la mère (l’épousée), le père (l’épousé), confrontés à la disparition brutale du fils, metteur en scène, répétant La Forêt d’Ostrovski au Baïkal (9 personnages sont mis en situation pour ce module). Quelle mémoire gardent-ils du fils ? Quels effets dévastateurs sur eux et les autres personnages, la sœur, Baïkala, l’amoureuse du fils ? Le dernier mois de vie de l'épousée est l'occasion de revenir sur une vie de couple et de parents…

L’eau, les mouettes à tête rouge, les rites chamaniques sont des éléments vivants de ce récit composé de modules aux écritures plurielles (écrits intimes, poèmes, monologues, dialogues, méditations, essais, jeu), agençables selon les partis pris de lecture ou de mise en scène.

 

format 13,5 X 20,5

248 pages

couverture quadri avec 3 photos

 

La vie est comme un zèbre,

une bande blanche,

une bande noire …

 

En exergue, cette citation

Voir le monde dans un grain de sable
Le paradis dans une fleur sauvage
Tenir l'infini dans le creux de la main
Et l'éternité dans une heure

William Blake

 

 

15 euros frais de port compris à l'ordre des

Cahiers de l'Égaré

669 route du Colombier

83200 Le Revest

 

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Marilyn à Paris après tout

29 Juin 2012 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré

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Deux séances lecture-dédicace ont eu lieu à Paris dans deux lieux différents et mémorables; accueil chaleureux; remerciements donc à Marie du Vagenende et à Jean-Christophe Millois de la librairie de Paris

 

le dimanche 24 juin de 16 à 18 H à la brasserie Le Vagenende, initiative de Dominique Chryssoulis

4 textes lus : Dans le sillage de Marilyn de Jean-Claude Grosse / La clandestine de Simone Balazard / Le combat de Dominique Chryssoulis / Flashes de Noëlle Leiris

lecteurs: les comédiens Camille Dalo, Victor Ponomarev, Noëlle Leiris

une trentaine de personnes qui ont posé quelques questions sur l'origine du projet, son accueil

 

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  Camille Dalo et Victor Ponomarev à la brasserie Le Vagenende

 

 

 

 

le jeudi 28 juin de 18 à 19 H 45 à la Librairie de Paris, place de Clichy, initiative de Noëlle Leiris

4 textes lus : Le combat de Dominique Chryssoulis / un extrait en russe de Triptyque de femmes de Dasha Kosacheva / Water Boy de René Escudié / Flashes de Noëlle Leiris

lecteurs: les comédiens Camille Dalo, Victor Ponomarev, Noëlle Leiris

une trentaine de personnes qui ont posé quelques questions sur l'origine du projet, son accueil

Alain Riou, critique de cinéma, fin connaisseur des films et chansons de Marilyn a été éblouissant dans son évocation; à la question Marilyn artiste ? sa réponse fut double: elle était irremplaçable, en particulier dans la comédie; son originalité tient à ce qu'elle voulait être comme tout le monde sans y arriver. Beau paradoxe à méditer. Quant à Victor Ponomarev, il nous fit cette confession : dans toute femme qu'il rencontre, il y trouve Marilyn, et ce n'est pas en termes de comparaison; c'est plus profond; ça renvoie à la sensualité, la féminité ... Noëlle Leiris elle,  est sensible à l'innocence, au charme, au rayonnement de Marilyn ... on peut la contempler sans lassitude.

Le N° hors série de Télérama de mai 2012 sur Marilyn donne la parole à plus de femmes que d'hommes sur Marilyn; il y a des propos intéressants mais les 36 auteurs du livre Marilyn après tout font des propositions plus variées, plus personnelles.

 

que l'amour

(slam de SheinB)

 


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MMM (Moi Marilyn Monroe)/Bagheera Poulin

13 Mai 2012 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré

  Vient de paraître 


MMM

(Moi Marilyn Monroe)


poème théâtral et musical

de Bagheera Poulin

en français et anglais

traduction anglaise de Chloé Baker

couverture de didouch*

128 pages

format 13,5 X 20,5

18 euros, frais de port inclus

à l'ordre des Cahiers de l'Égaré

669 route du Colombier

83200 Le Revest

 

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teaser de MMM

 

 

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Vous qui lisez ne me regardez pas/Gilles Cailleau

9 Novembre 2011 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré

Paru, fin novembre 2011

Vous qui lisez ne me regardez pas

de Gilles Cailleau

400 pages, 13,5 X 20,5

en souscription
23 euros franco de port
à l'ordre des Cahiers de l'Égaré
669 route du Colombier
83200 Le Revest

 

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VOUS QUI LISEZ, NE ME REGARDEZ PAS

(œuvres quasi complètes)
Autant d’écritures que d’histoires racontées.

On voyage beaucoup dans le temps et l’espace,

une mappemonde à portée de regards

et des rêves possibles sur des noms de villes, villages, de lieux divers, inattendus ;

l’amour beaucoup, jamais toujours

mais c’est beau, frais,

douloureux

et suprêmement déllicieux, tentateur,

éprouvant, tendre et cruel.


Jean-Claude Grosse

 

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L'argent/Le hasard et la mort/Gérard Lépinois

9 Novembre 2011 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré

Viennent de paraître deux livres de Gérard Lépinois

 

L'Argent

(tel un divin néant pour une humanité ultime ?)

106 pages, 16,5 X 24, 20 euros frais de port compris

chèque à l'ordre des Cahiers de l'Égaré

669 route du Colombier

83200 Le Revest

 

L’argent
Tel un divin néant pour une humanité ultime ?
Qu’on s’en satisfasse ou non, un vide propre au commerce – généralisé indissociablement comme réalité et modèle, simplicité et sophistication – s’installe doublement : et comme vide
de l’argent, et comme vide de l’absence d’argent. Ces vides se complètent et tendent à passer pour l’essentiel de la vie.
Le second ne concerne pas seulement la pauvreté, mais aussi tout ce dont on prétend pouvoir faire l’expérience en dehors du primat de l’échange marchand. C’est ce dehors lui-même qui paraît devenir presque impossible.

 

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Le hasard et la mort

200 pages, 16,5 X 24, 25 euros frais de port compris

chèque à l'ordre des Cahiers de l'Égaré

669 route du Colombier

83200 Le Revest

 

Le hasard et la mort
Un coup de dés jamais n’abolira le hasard, mais il suffit d’un seul pour le faire exister. Pour faire exister quoi, au juste ? Certainement pas, hypostasiés, le hasard ou la fortune. Et si ce qu’on appelle hasard était
coextensif aux innombrables coups de dés qui en relèvent ? Y a-t-il d’abord, dans l’existence très en général, autre chose que des coups de dés (même s’ils se passent de dés et ne prennent pas forcément la forme de coups) ? Localement, il semble bien y avoir des nécessités ou, sur un autre plan, des mérites, mais que subsiste-t-il d’eux à l’échelle impensable de la pluralité
des mondes ? À remarquer qu’en tant que paysans, attachés au mieux à la localité terre,
il est heureux que nous puissions essayer de nous raccrocher à quelque nécessité ou mérite, car vivre un « pur » hasard incessant risquerait fort de nous disloquer l’entendement et le reste.
Mourir, c’est au moins devoir être arraché à notre échelle humaine (je ne me risquerai pas à dire que c’est en changer). Le problème, c’est que nous y tenons beaucoup à cette échelle, à cette mesure de toutes choses : aux aléas et aux nécessités, aux mérites et aux démérites, etc., de l’existence humaine. Il semble à nombre d’entre nous que cela vaut beaucoup mieux que rien, puisque mourir condamne pour eux à l’inexistence.
« Rien » est ce drôle de mot qui, étymologiquement, dit la chose pour en arriver, dans notre langue, à dire la non-chose. Il suggère à sa façon que nous n’arrivons pas à penser la mort autrement que comme une négation de nos choses (êtres, affaires, faits, etc.). « Néant », si on s’en tient à son étymologie, est pire encore, car il peut signifier« non-race ».
Pourtant, nos choses sont bel et bien hasardeuses. Intégralement, aucune nécessité ne les ordonne et aucun mérite (ni démérite) n’en rend compte ; loin s’en faut.

 

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Gilles et Bérénice de Gilles Cailleau

8 Novembre 2011 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré

Le livre de Gilles Cailleau est paru lundi 10 octobre. Il sera disponible pour les représentations du spectacle à La Garde du 12 au 15 octobre et pendant la tournée du spectacle.
Bonne chance au livre et au spectacle. JCG

 

 

 

couv-GILLES BERENICE complet

 

EN GUISE DE POSTFACE POUR GILLES ET BÉRÉNICE


Les grandes tragédies classiques sont interprétées la plupart du temps par des acteurs d’expérience. Il est rare de jouer Phèdre, Hermione ou Oreste à 20 ans. Chemin faisant, on en oublierait que les histoires que ces textes racontent sont celles de très jeunes gens.
Ni Bérénice, ni Titus, ni Antiochus n’ont plus de 19 ans, ce sont des gamins que la vie bouscule. Ils vivent leur premier amour. Leur première déception. Imaginez Titus : il perd son père, on le bombarde empereur... Et ces trois gosses, le monde est à leurs pieds, alors! ce qu’il leur faut faire d’efforts pour ne pas attraper la grosse tête.
Bien sûr, ils s’aiment, mais ils ne savent pas faire. À chaque fois qu’ils se parlent, ils se vexent.
Et c’est ça qui est magnifique et mystérieux dans BéréNICE, l’implacable adresse du langage de racine, dans laquelle s’incarne la maladresse incroyable de ses héros. Dans cette langue si pure, ces 2 garçons et cette fille bafouillent. Ils cafouillent en alexandrin. La poésie de la pièce, ce n’est pas la pureté de son langage, c’est le mariage improbable entre des contraires : la perfection du langage et le bredouillage des sentiments.

Peut-être alors cette tragédie, on le lui a assez reproché, n’est que l’histoire d’une brouille amoureuse... Mais comme elle arrive à des adolescents, elle suffit à effacer le monde. Ce qui m’amène à l’autre secret de la pièce.
On les compte sur les doigts de la main, les tragédies où personne ne meurt à la fin. La tragédie, on le sait depuis Eschyle et Sophocle, c’est l’opposition des irréconciliables. Antigone doit choisir entre sa loi et la loi. Elle en meurt et tous autour d’elle. Ici, les mêmes choix agôniques. « Je t’aime » est interdit. Mais pourquoi, alors que Roméo et Juliette meurent de ce même amour interdit, Titus, Bérénice et Antiochus y survivent ?
Peut-être pour la même raison que nous survivons, nous, la plupart du temps, à nos chagrins. Si l’auteur tragique simplifie la vie en tirant les conséquences de nos douleurs et de nos choix, nos existences sont plus compliquées. On ne peut pas mourir à chaque chagrin d’amour, on se relève... Bref ! La vie malicieuse repousse comme du chiendent sur nos cœurs anéantis.
D’ailleurs, qui-ce qui est le plus tragique dans nos défaites ? Le matin le plus difficile, est-ce celui où on s’est quitté, ou celui, quelques mois après, où on se réveille en s’apercevant qu’on n’en souffre plus ?
Et c’est ça le courage de Racine dans Bérénice. Il ne simplifie rien, il ne se débarrasse de personne. Bérénice, Titus et Antiochus, on le sait, vont devoir vivre avec leur douleur, mais leur véritable douleur, celle dont ils ne parlent jamais, parce qu’elle leur est intolérable, c’est qu’ils savent déjà qu’ils vont passer à autre chose, s’apaiser, en aimer un ou une autre...
Si ces trois gamins apprennent quelque chose, c’est le courage de vivre.
 

 

Gilles Cailleau le 13 septembre 2011

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Envies de Méditerranée

5 Novembre 2010 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré

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Le projet Envies de Méditerranée, porté par les EAT Méditerranée et Les Cahiers de l’Égaré, a pour but de mettre les auteurs de théâtre, regroupés dans les EAT, au centre du dispositif théâtral, le temps d’une manifestation pour convaincre institutions et publics que leur marginalisation est préjudiciable au théâtre, à ses vérités de miroir, à ses incursions profondes dans les corps, les cœurs et les âmes. Sans les auteurs de théâtre, le théâtre n’a pas de vérité durable et universelle. Sans les auteurs de théâtre vivants, le théâtre passe à côté des souffrances individuelles et collectives du monde réel d’aujourd’hui.
Pour atteindre cet objectif, les EAT Méditerranée ont fait choix d’écrire des textes de 7 minutes (1000 mots) sur le thème: Envies de Méditerranée. Il s’agit pour eux, à partir de leur ancrage spatio-temporel, réel et imaginaire, de dire de quelle Méditerranée, ils ont envie, manifestant éventuellement par contrepoint leur rejet d’autres usages de la Méditerranée si tant est que celle-ci est réductible à des pratiques et des usages. Ils ont décidé d’associer à leur démarche des dramaturges des autres rives de la Méditerranée ainsi que quelques invités: poètes, essayistes, penseurs.
27 textes de 7 minutes (1000 mots) ont été recueillis. 9 de femmes, 18 d’hommes, 1 d’Algérie, 2 du Liban. En d’autrestemps, on fera mieux, plus équilibré.
Pour quels usages?
D’abord, une édition des textes par Les Cahiers de l’Égaré.


Parution le 19  novembre 2010.  128 pages. 13,5 x 20,5.

20 euros franco de port.

 Commande par chèque à l'ordre des Cahiers de l'Égaré

669 route du Colombier

83200 Le Revest

 

Ensuite, ces textes pourront faire l’objet

– de levers de rideaux avant spectacle dans les théâtres des Régions méditerranéennes: Nice, Grasse, Draguignan, Toulon, Châteauvallon, Le Revest-les-Eaux, Aix-en- Provence, Cavaillon, Avignon, Laurac-en-Vivarais, Privas, Valence, Montréal les sources, Villeneuve-lez-Avignon, Marseille, Arles, Nîmes, Alès, Montpellier, Roquebrun, Sète, Béziers, Narbonne, le L.A.C., Perpignan, Collioure, Cassagnes, Corsavy…
– d’installations d’auteurs, avec l’aide de lieux, de municipalités, voulant faire entendre la parole plurielle et singulière des auteurs de théâtre comme parole vivante pouvant toucher le plus petit nombre là où ça fait le plus mal ou le plus de bien.
Dans les deux types de manifestations, les auteurs seront soutenus par des comédiens se saisissant de leurs textes. Des metteurs en scène pourront mettre en espace les levers de rideaux ou les installations. Ces manifestations se dérouleronttout au long des saisons théâtrales.

La première manifestation Envies de Méditerranée a eu lieu au Théâtre Denis à Hyères, le 21octobre 2010, en partenariat avec la Compagnie de l’Écho et la Ville d’Hyères-les-Palmiers. 7 textes ont été proposés au public dans une mise en espace de Gilles Desnots.
Bonne chance à ces Envies de Méditerranée.

 

Jean-Claude Grosse
Président des EAT MED, filiale des EAT
Éditeur des Cahiers de l’Égaré

 

TABLE DES MATIÈRES
Le projet Envies de Méditerranée

 
Les auteurs et leur texte

Etel Adnan
Daniel Aranjo– Suite saphique.
Nicky Attiki
Habib Ayyoub– Icare de Nazareth
Michel Bellier– L’arche des noyés
Albertine Benedetto– Une Iliade
Aïdée Bernard– Envie de corps, exagérément
Marcel Conche– Marcel et la Méditerranée
Gilles Desnots– Envie de Méditerranée
René Escudié– Cépages
Arlette Fétat– Désir_de_Méditerranée.com
Alain Gibaud– L’odyssée d’Ahmed
Alain Gras– Derrière la colline
Moni Grego– Toujours recommencée
Jean-Claude Grosse– Duel des rives
Gérald Gruhn– Besoin de Méditerranée ?
Marie Kern– L’arbre aux mille écus : histoire de Méditerranée
Gérard Lépinois– ?
Roger Lombardot– Tragédie moderne
Jean-Louis Maligne– Un endroit simple et juste
Armel Marin– Troie, Phrigie, Beyrout, Bône, Algérie
Marcel Moratal– La baignoire bleue
André Morel– Court métrage pour l’épopée de la Méditerranée
Jean-Yves Picq– Neige fondue
Salah Stétié– L’autre sel
Pauline Tanon– À Tamanrasset
Danielle Vioux– Marseille-Monde

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Fiction du capital/Gérard Lépinois

26 Mai 2008 , Rédigé par Jean-Claude Grosse Publié dans #cahiers de l'égaré

Vient de paraître



Sollicitude
(extrait P.129-130)


La publicité semble être une question secondaire. On la trouve facilement plaisante. Elle se donne même comme la fantaisie de la réalité.
Cette dénomination indique pourtant clairement l’« essence » de ce qui est public, et donc proclame tout de suite la prétention d’annexer et de convertir celle-ci.
La publicité procède par stratégie et tactique. Quoi qu’on en dise, elle est, sous toutes ses formes, une théorie et une pratique de la force.
Elle est indissociable de tout un fonctionnement social et en donne une image, à la fois, déformée et fidèle.
Elle ouvre un champ de bataille majeur, où la guerre doit être menée avec des moyens paradoxaux en regard de l’image toute faite et refaite qu’on en a. Et c’est, précisément, la doxa qu’elle vise, afin de la transmuer.
La guerre économique doit se dérouler sur fond de libération, largement imaginaire, des corps et des esprits.
La publicité, à travers de multiples pressions éphémères, aide à constituer une atmosphère inéluctable. Comme facteur d’immanence, elle tend à envahir toute la sphère publique. Celle-ci sera aussi remplie d’elle que possible, mais la saturation (notion changeante) devra être évitée.
À haute dose, elle crée un continuum, au-delà de ses discontinuités, et une stagnation, au-delà de ses rotations. Elle finit par être là, même où elle semble absente ; et par sembler ne pas être là, même où elle est présente. Sa stagnation rotative prend alors, si l’on peut dire, un poids énorme de légèreté.
Son ton, son style de base s’insinuent partout. Loin d’avoir lieu seulement de temps à autre, elle annexe à son domaine jusqu’aux intervalles qui séparent ses apparitions. Sa logique étroite de l’irrationnel tient lieu de bien commun.
Elle fait école, soi-disant buissonnière : elle devient la vie, en tant que déni de la vie. Elle n’a rien de spontané, alors qu’elle en a tout l’air. Elle est la médiation par excellence qui, grâce à sa sophistication, devient capable d’être vécue comme immédiate.
S’ouvre tout un champ pour l’invention et la mise au point d’armes psychologiques (mais le corps entier est visé). Elles ont pour cible les masses.
Pourtant, il s’agit de pacifier. Quand on utilise un vocabulaire guerrier, c’est en modifiant son sens : il doit pouvoir signifier la vie comme griserie, détachement de tout, gratuité fantasmatique des plaisirs et de la jouissance, etc.
Il n’est question de cible qu’au prix d’un enveloppement et d’une pénétration qui ont peu à voir avec le rapport archaïque entre la flèche et l’animal.
La publicité contribue beaucoup à rendre naturelles, à travers toute une immanence, les formes de transcendance à l’usage des masses qui conviennent le mieux au développement du capitalisme.
En un sens, elle est bonne pour les hommes. Elle ne les traite pas comme des récepteurs passifs. Elle ne s’adresse pas à eux comme à des contenants et ne leur adresse pas des contenus. Elle est plus fine et perverse que cela. Elle les traite comme des hommes à la transcendance irrépressible : des hommes libres.

Fiction du capital de Gérard Lépinois
15x21, 224 pages, 15 euros
ISBN: 978-2-35502-006-3


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Les Petits Riens dans la clinique analytique (Lucian Freud...)

2 Juin 2007 , Rédigé par Jean-Claude Grosse Publié dans #cahiers de l'égaré

Les Petits Riens
dans la clinique analytique

de Jean-Paul Charancon
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La présentation des Essais de Jean-Paul Charancon a eu lieu le mercredi 30 mai 2008 dans la grande salle d’accueil des adolescents au CATTP de l’Hôpital de La Seyne, à partir de 18 H.
12 personnes, psychologues pour la plupart, se sont retrouvées pour cet hommage à Jean-Paul Charancon, disparu trop jeune et dont les essais publiés à titre posthume par Les Cahiers de l’Égaré permettent de mesurer la perte tout en laissant trace d’une partie de son travail.

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Le Docteur Tonnellier, sur le départ, a évoqué avec émotion l’amitié qui les liait, racontant entre autres, leurs conversations durant leurs allers-retours vers Meyrargues.

Sophie Charancon a expliqué que les essais retenus pour publication étaient ceux dont Jean-Paul était « satisfait », les « » signifiant une insatisfaction permanente. 8 essais ont donc été retenus.
Jean-Claude Grosse, responsable des Cahiers de l’Égaré, a expliqué pourquoi il a voulu cette publication, en relation avec les agoras du Revest qui se sont déroulées une fois par mois, à La Maison des Comoni, le théâtre du Revest, à partir d’octobre 1995 jusqu’en décembre 2004, pour 72 agoras, Jean-Paul Charancon ayant participé à 3 agoras, une sur Faire son deuil mais le texte n’a pas été livré, deux sur Des premiers mots aux dernières paroles avec Paul Mathis, fin 2002.
Lecture fut faite par Jean-Claude Grosse de l’essai donnant son titre au livre : Les Petits Riens dans la clinique analytique.
Une discussion a prolongé la lecture, sur les qualités de l’essai, mettant en jeu l’appareil conceptuel lacanien mais aussi des images, rendant le texte accessible au plus grand nombre, à un public plus large que le public des spécialistes des « souffrants », ce qui correspondait à un souci pédagogique de transmission et de partage de Jean-Paul Charancon venu à la psychologie et à la psychanalyse par l’enseignement : il fut instituteur jusqu’à sa rencontre avec Jean-Pierre Barbier-Jardet. « Parole pleine » dit une participante.

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Le livre circula. 8 exemplaires ont été vendus soit 100% des personnes pouvant l’acheter. Le tirage a été de 62 exemplaires, ce que permet l’impression numérique.

Ceux qui sont intéressés peuvent le demander à Sophie Charancon ou aux Cahiers de l’Égaré, pour 15 euros plus frais d’envoi. Le livre fait 115 pages et comporte 9 illustrations.

Table des matières :

- Préface
- Moïse
- Léonard de Vinci
- La maltraitance
- Prévention
- Les petits riens dans la clinique analytique
- Les enjeux de la nomination
- L’occulte: la mathématique de Freud
- Styles et trouvailles (sur Francis Bacon et Lucian Freud)

Quelques illustrations de Michel-Ange, Léonard de Vinci, Francis Bacon, Lucian Freud.

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Lucian Freud
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Lucian Freud

Extrait (page 68):

Pour illustrer nos propos, nous exposerons deux courtes vignettes cliniques issues de notre pratique.


Yoan
Yoan est un enfant de 10 ans, adopté dans un orphelinat en Roumanie quand il avait un an et demi. Les parents assez exigeants, trouvent Yoan trés instable, en classe et à la maison. À notre première rencontre, la mère en sa présence annnonce qu'il vole dans les tirelires. Seuls, après cet entretien, il dessine une maison avec en dessous " ça c'est des tuyaux". Je lui demande ce qu'il a dessiné à côté du logis.

- Ça, c'est rien, c'est pas important, c'est ce qui est en dessous.
J'insiste pour qu'il parle de ce qu'il juge sans importance.
- C'est des céréales.
- des céréales c'est quoi?
- du blé
- du blé? (silence)
- avoir du blé, ah oui avoir de l'argent.

Le blé, colporté par la chaîne des signifiants apparaît comme un vecteur pour affronter son rapport à l'autre et sa place dans le monde.Yoan compte-t-il parce qu'il a couté cher ?
Son adoption s'accompagna de tout un cortège de "dessous de table" distribués à une cohorte de fonctionnaires zélés roumains.
Enfant adopté à quel prix ?
Positionné comme une sorte d'interprète sauvage (diseur de non-dit) du désir inconscient des parents.
Yoan aux dires de la mère aurait un talent de musicien; objet agalmatique, il se révèle précieux, de valeur. À quel forçage, ce talent, don du ciel, fait-il appel ? Pour Yoan d'où vient-il ? quelle en est l'origine ?

Ce petit rien trahit le feu qui couve dans la parole et donna prix à celle de Yoan. Il compris ce que parler veut dire, en déployant son fantasme sur le mode "un enfant est volé".



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