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Blog de Jean-Claude Grosse

Articles avec #les 4 saisons d'ailleurs tag

Envie de Baïkal/Envie de Méditerranée

20 Septembre 2010 , Rédigé par grossel Publié dans #les 4 saisons d'ailleurs

Envie de Baïkal/Envie de Méditerranée
EdeB
Baïkal-Méditerranée 2010-2011


 

1/ rappel
Le projet Baïkal-Méditerranée a pour objectif de lier culture, environnement, éducation.
Rappel du contexte
-    2010 c’est le dixième anniversaire de la rencontre entre L’Insolite Traversée de Cyril Grosse et le Molodiojny Theatr’ d’Anatoli Baskakov; c’était en 2000 pour une double création franco-russe avec répétitions pendant 2 mois et demi en pleine nature à Baklany (où se trouve le mémorial dédié à Cyril Grosse) au Baïkal, création à Oulan-Oudé, tournée à Moscou, Gap, Le Revest, Vitry. Le mariage de Gogol, mis en scène par Anatoli Baskakov. (C’est possible) ça va ou l’un de nous est en trop, mis en scène par Cyril Grosse, décédé en 2001 à l’âge de 30 ans
-    http://www.youtube.com/watch?v=C-ARISqBZxM
-    de cette aventure et de cette disparition sont nées les Rencontres de l’Institut Sibérien de la Francophonie en Avignon depuis juillet 2005 pour les professeurs et étudiants russes enseignant ou apprenant le français, animées par Les 4 Saisons d’ailleurs, héritières des 4 Saisons du Revest (causeries sur le théâtre, écritures, voix, spectacles in et off)
-    et les Rencontres théâtrales Cyril Grosse à Novossibirsk depuis 2008 dont les 3° se sont déroulées fin mai 2010 avec au centre des Rencontres, des extraits de l’adaptation traduction par Cyril Grosse d’Ulysse de James Joyce (Ulysse in Nighttown, publié hors commerce par Les Cahiers de l’Égaré), extraits joués en français et en russe. Rencontres présidées par Robert Prosperini, inspecteur d’académie chargé de relations internationales au ministère de l’E.N., en partenariat avec l’ARAPEN, FranCEIRus, Les 4 Saisons d’ailleurs, Les Cahiers de l’Égaré, récompensant les meilleures présentations et l’ensemble des participants (Cahiers de l’Égaré, DVD de spectacles offerts aux élèves de l’école 162, aux étudiants de l’Université pédagogique de Novossibirsk et  de l’Institut sibérien de la francophonie)
-    2010, ce sont les rencontres croisées franco-russes ; notre projet a été labellisé
-    le projet a été élaboré à Batère (1500 m d’altitude) Corsavy (66150) là où demeure Cyril Grosse, les 10 et 11 août 2009 avec pour les Français : Roger Lombardot, Gilles Desnots, François Clavier, Jean-Claude Grosse, pour les Russes : Anatoli Baskakov, Tiomka Baskakov (sorti 1° du Gitis en 2009), Dasha Baskakova, Olga Fomenko, Vitya Ponomarev
-    http://www.youtube.com/watch?v=PJC4F7ntUZc
-    le projet vise à approfondir la différence entre France et Russie, afin de dépasser le seul cadre des relations humaines singulières, pour mieux découvrir et connaître les fondements socioculturels des deux peuples  (Russie-Occident, Philosophie d’une différence, de Maryse Dennes chez Mentha, ouvrages et articles de Gérard Conio à L’Âge d’homme ou sur le blog des 4 Saisons d’ailleurs, rubrique Pages)
-    http://les4saisons.over-blog.com
-    le thème sera : une goutte d’eau du Baïkal, source de vies, mémoire des mondes des univers et des hommes
-    la métaphysique de la Nature de Marcel Conche sera un doux guide (Montaigne) pour apprivoiser si possible le Baïkal
-    la forme sera celle d’un bocal agité (forme due à Moustapha Aouar et quelques autres dont Gérard Lépinois, pratiquée au Revest depuis 2002 avec le bocal varois ; Gare au Théâtre N° 16, novembre 2002)

Il s’agit dans ce projet de confronter deux approches d’un même espace, d’un même territoire, par ceux qui y vivent depuis toujours, par ceux qui le découvrent pour la première fois. La distance, la différence de langues, de cultures, autant d’éléments à prendre en compte par les uns et les autres pour une production commune nourrie de ces différences. Par exemple, 3 rituels (chamanique, orthodoxe, bouddhiste) peuvent être pratiqués par la même personne (Baskakov, grand connaisseur et praticien de Stanislavski)

 

 


Baïkal en 2010 sur le thème : Envie de Baïkal, une goutte d’eau et le Baïkal, avec des auteurs français et russes, des comédiens et metteurs en scène des deux pays pendant 18 jours au bord du Baïkal, du 28 juillet au 18 août. Conditions spartiates sous la tente et travail à l’école de Soukhaya.
Méditerranée 2011  avec des auteurs français et russes, des comédiens et metteurs en scène des deux pays pendant 18 jours en septembre 2011au bord de la Méditerranée, à Port-Cros ; thème non défini encore mais mer morte, civilisations mortelles semblent des pistes possibles par opposition à eau douce, nature infinie, éternelle.

2/ Bilan d’étape
Au 25 juin 2010, ce projet a reçu le soutien de :
-    Cultures France, projet labellisé dans le cadre de l’année croisée France- Russie ;
-    EAT (soutien du Président Jean-Paul Alègre)
-    Soutien de M. JL Goester  conseiller culturel de l’Ambassade de France à Moscou
-    Soutien de M. V Miller vice ministre de la culture russe à Novossibirsk et qui doit
venir à Toulon durant l’été 2010
-    La Ville de Hyères qui a octroyé une subvention de 4000 euros.
Compte tenu du fait que nous ne savons pas encore si nous aurons le soutien du Conseil Général du Var, nous avons dû réduire le nombre de participants à la partie russe de ce projet se déroulant sur deux ans : partiront en Russie deux auteurs EAT du Var (Gilles Desnots et Jean-Claude Grosse) et trois comédiens dont deux Varois (Bérénice Desnots, Gilles Bouvet, Vitya Ponomarev). Ils ont déjà travaillé sur un dossier documentaire d’une quarantaine de pages, comprenant photos, vidéos, textes scientifiques, textes littéraires, articles de presse sur l’actualité du Baïkal. Trois auteurs EAT Méditerranée écriront en France (Roger Lombardot, Pauline Tanon, Philippe Rousseau). Au Baïkal, 5 auteurs russes, une dizaine de comédiens, deux interprètes traductrices rejoindront les 5 Français.



LE PROJET BAIKAL-MEDITERRANEE

S’ARTICULE SUR
LE PROJET ENVIE DE MEDITERRANEE

EdeM.jpg

 

Ce projet, porté par les EAT Méditerranée, Les 4 Saisons d’Ailleurs et Les Cahiers de l’Égaré a pour but de mettre les auteurs de théâtre, regroupés dans les EAT (Écrivains associés du théâtre), au centre du dispositif théâtral, le temps d’une manifestation à répétition, pour convaincre tutelles et publics que leur absence est préjudiciable au théâtre, à son audience. Sans les auteurs de théâtre, le théâtre n’a pas de réalité. Sans les auteurs de théâtre vivants, le théâtre passe à côté du réel d’aujourd’hui.
Pour atteindre cet objectif, les EAT Méditerranée ont fait choix d’écrire d’ici au 15 juin 2010 des textes de 7 minutes (1000 mots) sur le thème : Envie de Méditerranée. Il s’agira pour eux de dire de quelle Méditerranée, ils ont envie, manifestant par contrepoint leur rejet d’autres usages de la Méditerranée. Ils ont décidé aussi de faire appel à des dramaturges des autres rives de la Méditerranée pour que ces Envies de Méditerranée fassent sens par l’échange.
Une trentaine de textes de 7 minutes (1000 mots) pour quels usages ?
D’abord, une édition des textes par Les Cahiers de l’Égaré. Des artistes peintres pourraient proposer leur vision, leur envie de Méditerranée, 15 aquarelles, peintures, collages, dessins… Parution à l’automne 2011 avec les textes bilingues de Baïkal-Méditerranée.
Ensuite, ces textes pourraient faire l’objet
-    soit de levers de rideaux avant spectacle dans les théâtres de la Région : 30 textes soit 2
textes pour 15 théâtres plus exposition de photos, de peintures…
-    soit d’une ou plusieurs installations d’auteurs, à l’initiative des auteurs avec l’aide de lieux,
de municipalités, estimant juste de défendre la place des auteurs de théâtre comme paroles vivantes pouvant toucher le plus grand nombre
Dans les deux types de manifestations, les auteurs seraient soutenus par des comédiens se saisissant de leurs textes. Des metteurs en scène pourraient mettre en espace les levers de rideaux ou les installations.

Au 25 juin 2010, nous avons reçu 16 textes de la rive Nord. Ces textes circulent entre les 16 auteurs et ont été communiqués aux directeurs de théâtre ayant manifesté un intérêt. Les textes des rives Sud et Est sont attendus pour le 1° septembre. Dans le Var, plusieurs structures ont manifesté leur intérêt pour les Levers de rideaux Envie de Méditerranée : le théâtre Denis à Hyères, le théâtre du Rocher à la Garde, la Maison des Comoni au Revest, les Chantiers de la Lune et Orphéon Théâtre Intérieur à La Seyne, le Comédia à Toulon. Contact a été pris avec Châteauvallon. La Compagnie l’Echo a déjà prévu une soirée consacrée aux auteurs et à Envie de Méditerranée à la fin du mois d’octobre.
Plusieurs théâtres ont répondu favorablement dans le Vaucluse, à Avignon en particulier.
Et à Marseille, nous avons des accords de principe avec le Théâtre de Lenche, la Minoterie, Massalia.

Le 21 juillet 2010 à partir de 14 H, salle Mozart du Conservatoire d’art dramatique du grand Avignon, un premier lever de rideau pour accueillir les Russes francophones de Novossibirsk. 2 Envies de Baïkal (Roger Lombardot, Philippe Rousseau) et 3 envies de Méditerranée (Moni Grego, André Morel, Jean-Claude Grosse) seront lues. Un extrait de Neige fondue de Jean-Yves Picq sera lu dans une traduction russe.

Ce projet se poursuivra en 2011, culminant avec deux manifestations :

                               1/Nous proposerons pour l’automne 2011, une rencontre des 3 rives à La Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon, peut-être avec les Russes présents à ce moment-là. Contact a été pris, avec un accord de principe.

                               2/ En septembre 2011, les Russes du projet Baïkal-Méditerranée viendront dans le Var, apporter leur propre envie de Méditerranée, sous la forme de textes, vidéos d’une part, et au cours de rencontres avec des auteurs, comédiens et metteurs en scène français : résidence de travail prévue à Port Cros, en partenariat avec la FOL 83 pour l’élaboration d’une forme artistique qui sera présentée en même temps que la forme artistique présentée en Russie en août 2010. Les structures varoises intégrées au projet Envie de Méditerranée joueront un rôle d’accueil. Ces temps de représentations pourront aussi permettre l’organisation de débats, films, concerts (Dasha Baskakova, présente en août et qui écrira des chansons non folkloriques sur le Baïkal) avec les acteurs de la vie culturelle, associative, artistique, politique du Var, intéressés par cette thématique de la Méditerranée.

Ces deux projets sont désormais liés même si chacun conserve une spécificité. Ils ont en commun de s’étendre sur deux années et de concerner de manière privilégiée le Var et deux Régions (PACA et Languedoc-Roussillon).

Jean-Claude Grosse et Gilles Desnots
Les 4 Saisons d’ailleurs
Les Cahiers de l’Égaré


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Envies de Baïkal

20 Septembre 2010 , Rédigé par grossel Publié dans #les 4 saisons d'ailleurs

Envie de Baïkal/Envie de Méditerranée
EdeB
Baïkal-Méditerranée 2010-2011

 

 

1/ rappel
Le projet Baïkal-Méditerranée a pour objectif de lier culture, environnement, éducation.
Rappel du contexte
-    2010 c’est le dixième anniversaire de la rencontre entre L’Insolite Traversée de Cyril Grosse et le Molodiojny Theatr’ d’Anatoli Baskakov; c’était en 2000 pour une double création franco-russe avec répétitions pendant 2 mois et demi en pleine nature à Baklany (où se trouve le mémorial dédié à Cyril Grosse) au Baïkal, création à Oulan-Oudé, tournée à Moscou, Gap, Le Revest, Vitry. Le mariage de Gogol, mis en scène par Anatoli Baskakov. (C’est possible) ça va ou l’un de nous est en trop, mis en scène par Cyril Grosse, décédé en 2001 à l’âge de 30 ans
-    http://www.youtube.com/watch?v=C-ARISqBZxM
-    de cette aventure et de cette disparition sont nées les Rencontres de l’Institut Sibérien de la Francophonie en Avignon depuis juillet 2005 pour les professeurs et étudiants russes enseignant ou apprenant le français, animées par Les 4 Saisons d’ailleurs, héritières des 4 Saisons du Revest (causeries sur le théâtre, écritures, voix, spectacles in et off)
-    et les Rencontres théâtrales Cyril Grosse à Novossibirsk depuis 2008 dont les 3° se sont déroulées fin mai 2010 avec au centre des Rencontres, des extraits de l’adaptation traduction par Cyril Grosse d’Ulysse de James Joyce (Ulysse in Nighttown, publié hors commerce par Les Cahiers de l’Égaré), extraits joués en français et en russe. Rencontres présidées par Robert Prosperini, inspecteur d’académie chargé de relations internationales au ministère de l’E.N., en partenariat avec l’ARAPEN, FranCEIRus, Les 4 Saisons d’ailleurs, Les Cahiers de l’Égaré, récompensant les meilleures présentations et l’ensemble des participants (Cahiers de l’Égaré, DVD de spectacles offerts aux élèves de l’école 162, aux étudiants de l’Université pédagogique de Novossibirsk et  de l’Institut sibérien de la francophonie)
-    2010, ce sont les rencontres croisées franco-russes ; notre projet a été labellisé
-    le projet a été élaboré à Batère (1500 m d’altitude) Corsavy (66150) là où demeure Cyril Grosse, les 10 et 11 août 2009 avec pour les Français : Roger Lombardot, Gilles Desnots, François Clavier, Jean-Claude Grosse, pour les Russes : Anatoli Baskakov, Tiomka Baskakov (sorti 1° du Gitis en 2009), Dasha Baskakova, Olga Fomenko, Vitya Ponomarev
-    http://www.youtube.com/watch?v=PJC4F7ntUZc
-    le projet vise à approfondir la différence entre France et Russie, afin de dépasser le seul cadre des relations humaines singulières, pour mieux découvrir et connaître les fondements socioculturels des deux peuples  (Russie-Occident, Philosophie d’une différence, de Maryse Dennes chez Mentha, ouvrages et articles de Gérard Conio à L’Âge d’homme ou sur le blog des 4 Saisons d’ailleurs, rubrique Pages)
-    http://les4saisons.over-blog.com
-    le thème sera : une goutte d’eau du Baïkal, source de vies, mémoire des mondes des univers et des hommes
-    la métaphysique de la Nature de Marcel Conche sera un doux guide (Montaigne) pour apprivoiser si possible le Baïkal
-    la forme sera celle d’un bocal agité (forme due à Moustapha Aouar et quelques autres dont Gérard Lépinois, pratiquée au Revest depuis 2002 avec le bocal varois ; Gare au Théâtre N° 16, novembre 2002)

Il s’agit dans ce projet de confronter deux approches d’un même espace, d’un même territoire, par ceux qui y vivent depuis toujours, par ceux qui le découvrent pour la première fois. La distance, la différence de langues, de cultures, autant d’éléments à prendre en compte par les uns et les autres pour une production commune nourrie de ces différences. Par exemple, 3 rituels (chamanique, orthodoxe, bouddhiste) peuvent être pratiqués par la même personne (Baskakov, grand connaisseur et praticien de Stanislavski)

Baïkal en 2010 sur le thème : Envie de Baïkal, une goutte d’eau et le Baïkal, avec des auteurs français et russes, des comédiens et metteurs en scène des deux pays pendant 18 jours au bord du Baïkal, du 28 juillet au 18 août. Conditions spartiates sous la tente et travail à l’école de Soukhaya.

 

Méditerranée 2011  avec des auteurs français et russes, des comédiens et metteurs en scène des deux pays pendant 18 jours en septembre 2011au bord de la Méditerranée, à Port-Cros ; thème non défini encore mais mer morte, civilisations mortelles semblent des pistes possibles par opposition à eau douce, nature infinie, éternelle.

2/ Bilan d’étape
Au 25 juin 2010, ce projet a reçu le soutien de :
-    Cultures France, projet labellisé dans le cadre de l’année croisée France- Russie ;
-    EAT (soutien du Président Jean-Paul Alègre)
-    Soutien de M. JL Goester  conseiller culturel de l’Ambassade de France à Moscou
-    Soutien de M. V Miller vice ministre de la culture russe à Novossibirsk et qui doit
venir à Toulon durant l’été 2010
-    La Ville de Hyères qui a octroyé une subvention de 4000 euros.
Compte tenu du fait que nous ne savons pas encore si nous aurons le soutien du Conseil Général du Var, nous avons dû réduire le nombre de participants à la partie russe de ce projet se déroulant sur deux ans : partiront en Russie deux auteurs EAT du Var (Gilles Desnots et Jean-Claude Grosse) et trois comédiens dont deux Varois (Bérénice Desnots, Gilles Bouvet, Vitya Ponomarev). Ils ont déjà travaillé sur un dossier documentaire d’une quarantaine de pages, comprenant photos, vidéos, textes scientifiques, textes littéraires, articles de presse sur l’actualité du Baïkal. Trois auteurs EAT Méditerranée écriront en France (Roger Lombardot, Pauline Tanon, Philippe Rousseau). Au Baïkal, 5 auteurs russes, une dizaine de comédiens, deux interprètes traductrices rejoindront les 5 Français.



LE PROJET BAIKAL-MEDITERRANEE

S’ARTICULE SUR
LE PROJET ENVIE DE MEDITERRANEE

EdeM.jpg

 

Ce projet, porté par les EAT Méditerranée, Les 4 Saisons d’Ailleurs et Les Cahiers de l’Égaré a pour but de mettre les auteurs de théâtre, regroupés dans les EAT (Écrivains associés du théâtre), au centre du dispositif théâtral, le temps d’une manifestation à répétition, pour convaincre tutelles et publics que leur absence est préjudiciable au théâtre, à son audience. Sans les auteurs de théâtre, le théâtre n’a pas de réalité. Sans les auteurs de théâtre vivants, le théâtre passe à côté du réel d’aujourd’hui.
Pour atteindre cet objectif, les EAT Méditerranée ont fait choix d’écrire d’ici au 15 juin 2010 des textes de 7 minutes (1000 mots) sur le thème : Envie de Méditerranée. Il s’agira pour eux de dire de quelle Méditerranée, ils ont envie, manifestant par contrepoint leur rejet d’autres usages de la Méditerranée. Ils ont décidé aussi de faire appel à des dramaturges des autres rives de la Méditerranée pour que ces Envies de Méditerranée fassent sens par l’échange.
Une trentaine de textes de 7 minutes (1000 mots) pour quels usages ?
D’abord, une édition des textes par Les Cahiers de l’Égaré. Des artistes peintres pourraient proposer leur vision, leur envie de Méditerranée, 15 aquarelles, peintures, collages, dessins… Parution à l’automne 2011 avec les textes bilingues de Baïkal-Méditerranée.
Ensuite, ces textes pourraient faire l’objet
-    soit de levers de rideaux avant spectacle dans les théâtres de la Région : 30 textes soit 2
textes pour 15 théâtres plus exposition de photos, de peintures…
-    soit d’une ou plusieurs installations d’auteurs, à l’initiative des auteurs avec l’aide de lieux,
de municipalités, estimant juste de défendre la place des auteurs de théâtre comme paroles vivantes pouvant toucher le plus grand nombre
Dans les deux types de manifestations, les auteurs seraient soutenus par des comédiens se saisissant de leurs textes. Des metteurs en scène pourraient mettre en espace les levers de rideaux ou les installations.

Au 25 juin 2010, nous avons reçu 16 textes de la rive Nord. Ces textes circulent entre les 16 auteurs et ont été communiqués aux directeurs de théâtre ayant manifesté un intérêt. Les textes des rives Sud et Est sont attendus pour le 1° septembre. Dans le Var, plusieurs structures ont manifesté leur intérêt pour les Levers de rideaux Envie de Méditerranée : le théâtre Denis à Hyères, le théâtre du Rocher à la Garde, la Maison des Comoni au Revest, les Chantiers de la Lune et Orphéon Théâtre Intérieur à La Seyne, le Comédia à Toulon. Contact a été pris avec Châteauvallon. La Compagnie l’Echo a déjà prévu une soirée consacrée aux auteurs et à Envie de Méditerranée à la fin du mois d’octobre.
Plusieurs théâtres ont répondu favorablement dans le Vaucluse, à Avignon en particulier.
Et à Marseille, nous avons des accords de principe avec le Théâtre de Lenche, la Minoterie, Massalia.

Le 21 juillet 2010 à partir de 14 H, salle Mozart du Conservatoire d’art dramatique du grand Avignon, un premier lever de rideau pour accueillir les Russes francophones de Novossibirsk. 2 Envies de Baïkal (Roger Lombardot, Philippe Rousseau) et 3 envies de Méditerranée (Moni Grego, André Morel, Jean-Claude Grosse) seront lues. Un extrait de Neige fondue de Jean-Yves Picq sera lu dans une traduction russe.

Ce projet se poursuivra en 2011, culminant avec deux manifestations :

                               1/Nous proposerons pour l’automne 2011, une rencontre des 3 rives à La Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon, peut-être avec les Russes présents à ce moment-là. Contact a été pris, avec un accord de principe.

                               2/ En septembre 2011, les Russes du projet Baïkal-Méditerranée viendront dans le Var, apporter leur propre envie de Méditerranée, sous la forme de textes, vidéos d’une part, et au cours de rencontres avec des auteurs, comédiens et metteurs en scène français : résidence de travail prévue à Port Cros, en partenariat avec la FOL 83 pour l’élaboration d’une forme artistique qui sera présentée en même temps que la forme artistique présentée en Russie en août 2010. Les structures varoises intégrées au projet Envie de Méditerranée joueront un rôle d’accueil. Ces temps de représentations pourront aussi permettre l’organisation de débats, films, concerts (Dasha Baskakova, présente en août et qui écrira des chansons non folkloriques sur le Baïkal) avec les acteurs de la vie culturelle, associative, artistique, politique du Var, intéressés par cette thématique de la Méditerranée.

Ces deux projets sont désormais liés même si chacun conserve une spécificité. Ils ont en commun de s’étendre sur deux années et de concerner de manière privilégiée le Var et deux Régions (PACA et Languedoc-Roussillon).

Jean-Claude Grosse
Les 4 Saisons d’ailleurs
Les Cahiers de l’Égaré

 

P.S. pour des raisons politiques, la ville de Hyères n'a pas renouvelé son soutien en 2011 et donc le volet croisé franco-russe Envies de Méditerranée n'a pas eu lieu.

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Moi, l'élu de Say Salé

24 Août 2009 , Rédigé par grossel Publié dans #les 4 saisons d'ailleurs

Moi, l'élu, lecture sur les gradins du Revest par Murielle Gebelin, Gilles Desnots, JC Grosse, Albertine Benedettole 7 juin 2009
Moi, l'élu, lecture sur les gradins du Revest par Murielle Gebelin, Gilles Desnots, JC Grosse, Albertine Benedettole 7 juin 2009

Moi, l'élu, lecture sur les gradins du Revest par Murielle Gebelin, Gilles Desnots, JC Grosse, Albertine Benedettole 7 juin 2009

Lecture publique
samedi 22 août 2009
à 21 H
pour la Fête des Zabitants au parc municipal à Corsavy

Lecture publique
  vendredi 24 juillet 2009
à 19 H (durée 50 minutes)

sur les gradins antiques du jardin public du Revest-les-Eaux

 Lecture publique
dimanche 21 juin 2009
à 19 H (durée 50 minutes)

sur les gradins antiques du jardin public du Revest-les-Eaux

Lecture publique de Moi, l’élu
de l’auteur burkinabé Say Salé
dimanche 7 juin 2009
de 19 H 20 à 20 H 10

sur les gradins antiques du jardin public du Revest-les-Eaux
 
(photos de Pascal Fayeton)
 
Malgré une lettre du maire aux 4 Saisons d’Ailleurs leur enjoignant de demander une autorisation administrative aux services compétents de la Préfecture lesquels services contactés se sont étonnés d’une telle demande concernant un espace public municipal et après prise de contact avec le directeur de cabinet du maire pour l’informer de cet étonnement de la Préfecture et de notre décision de faire la lecture comme annoncée, celle-ci s’est donc déroulée sur les gradins antiques du jardin public du Revest-les-Eaux, dimanche 7 juin 2009.
Les élections européennes étaient en cours de dépouillement dans la mairie annexe. Personne n’a été gêné.
La lecture a duré une cinquantaine de minutes pour le plus grand plaisir de la trentaine de personnes rassemblées.
Tout le monde a pu constater que ces gradins donnant sur le village pourraient avoir un usage populaire d’animation rendu quasi impossible par l’étroitesse de l’espace de jeu, limité par un massif de plantes méditerranéennes ayant le bon goût de masquer un égout, non, une rivière de jardin public à eau stagnante, d’une saleté repoussante. On ignore quel est l’architecte de cette réalisation.

En tout cas, l’actuelle municipalité signe là son incurie, confirmée par l’usage monofonctionnel du parking dédié aux seules bagnoles, par le bloc d’éclairage public contre la scène, à la tour, rendant impossible là encore toute manifestation d’animation populaire, la tour n’étant donc plus qu’un objet patrimonial.
 
Pauvre Revest dénaturé par une équipe se vantant sans cesse dans ses bulletins de ses réalisations sans concertation aucune et niant une histoire car la tour fut le lieu de fortes manifestations théâtrales tout comme l’ancien parking mais ça, ce n’est pas la « tasse de thé » du maire (ses propres mots à nos oreilles prononcés en septembre 2005).
Voilà pour l’environnement de la lecture.

Say Salé comme nous nous en doutions n’a pas obtenu son visa pour notre pays. Faut-il s’en étonner ? Il a participé aux deux livres écrits par des intellectuels africains en réponse au discours de Dakar de monsieur Sarkozy.

Voici le mail qu'il nous a adressé avant la lecture:

Cher Monsieur,
 
Vous ne serez sans doute pas surpris d’apprendre que je ne pourrai être parmi vous, samedi prochain, ayant renoncé à l’espoir d’obtenir un visa. Il aurait fallu que je sois invité par une structure universitaire, un organisme public, ou une de ces forces occultes qui ouvrent les portes au bon moment….
Difficile de ne pas être amer, et surtout désolé de constater à nouveau l’enlisement de la France et de l’Union Européenne dans des politiques de repli qui annoncent leur isolement croissant dans le monde, précédant l’oubli et la mort dans l’indifférence.
Beaucoup de personnes que j’ai rencontrées en France croient encore candidement que l’Afrique a et aura besoin de l’Europe, de la France…
Vos lois sur les étrangers sont comme un retour du refoulé colonial. Je ne vous juge pas, la mémoire du passé historique est tellement difficile à construire sereinement ; et ce serait ne pas être lucide sur nos errances africaines. Je remarque simplement que là comme ailleurs, quand le peuple s’absente de la Res Publica (ce mot doit paraître bien désuet en France, non ?), il abandonne le pouvoir à des êtres sans scrupule, dont la vision du monde et de l’intérêt général est borné par leur ego, l’ignorance et la peur.
En fin de compte, il est logique que je n’aie pas obtenu de visa.
Saluez chaleureusement Jean-Claude Grosse, votre public et tous ceux que j’espère pouvoir rencontrer un jour…
 
Bien à vous
 Say Salé

Quatre lecteurs et lectrices des 4 Saisons d’Ailleurs ont endossé la foultitude de personnages de la pièce. L’humour de l’auteur s’est très vite mis à fonctionner et a été apprécié par le public qui a demandé à la fin comment Say Salé avait pu rendre aussi bien une atmosphère de village français.
 
Il  a été répondu que cette pièce est une fiction et qu’une quelconque ressemblance serait pure coïncidence. Il a été précisé toutefois que Say Salé avait séjourné au Revest, en 2008, invité par Les Cahiers de l’Égaré (en lien avec le film de Cyril Grosse Le temps perdu dans lequel Say Salé joue son propre rôle de réalisateur de cinéma) et qu’il avait été très curieux des mentalités revestoises, observables depuis les terrasses des cafés. À l'occasion de ce séjour, il avait suivi la campagne des municipales de 2008. Il est donc avec sa sensibilité et sa formation de cinéaste très à même de percevoir les enjeux d’une élection municipale sachant que peu ou prou, cela se passe à peu près partout de la même façon. Ce n’est donc pas le contenu qui est essentiel connu de tous, clientélisme, corruption, … mais la forme dans laquelle sont mises en relief ces pratiques coutumières. La farce lui semble la meilleure forme pour cela.
 
Le plaisir a été tel que d’autres lectures sont déjà programmées, au Revest, à Cuers, Hyères, La Seyne, La Cadière.
 
À noter la présence d’Orphéon, la compagnie éjecté de L’Abattoir après les municipales 2008 à Cuers. Orphéon et Les Cahiers de l’Égaré ont en commun d’avoir édité en 2001 et 2002, Christophe Pellet, né à Toulon, grand prix de littérature dramatique 2009.
 
Say Salé

Say Salé est un auteur farcesque issu du continent africain. De son vrai nom : Camille Mouyéké. Né en 1962 à Brazzaville. Après un DEUG d'art à l'université de Paris VIII et une maîtrise en cinéma, il se lance dans la réalisation et signe plusieurs courts métrages (dont les Mavericks en 1998). En 2000, il réalise son premier long métrage, Voyage à Ouaga, qui a été présenté dans d'innombrables festivals internationaux. Il a joué son propre rôle de réalisateur sans moyens dans le film Le temps perdu, fiction de 53' inachevée, tournée au Burkina Faso et au Niger par Cyril Grosse (1971-2001) en 1993 avec une aide du ministère de la culture du Burkina Faso. Comment à 22 ans et pour son unique séjour en Afrique, Cyril Grosse trouva-t-il le tout jeune cinéaste Camille Mouyéké (31 ans à ce moment-là) et comment obtint-il une aide du ministère de la culture du Burkina Faso ? Parmi les traits d'humour du film, les délires sur Ulysse de Joyce (dans Le temps perdu 1 à 2'15 et dans Le temps perdu 2 à 3'40) que Cyril Grosse cherchait à créer au théâtre. Il se heurta au refus du petit-fils de James Joyce. À noter aussi le sujet : la rencontre entre un homme noir du peuple et une comédienne blanche. Dans le film, Marie-Sophie part au désert à la fin. Dans la réalité, la comédienne a fini mystérieusement en Afrique, un ou deux ans après. Des rushes, j'ai pu tirer 5 séquences, en playlist sur You tube et sur dailymotion. Camille Mouyéké est devenu un ami après la disparition de Cyril. Il est venu séjourner chez moi en 2008, au moment des élections municipales. J'étais tête de liste d'une des 3 listes. Il a été amusé par cette compétition électorale. Il m'a à nouveau rendu visite en juillet 2015 et s'est amusé des débats au sein des EAT.
Say Salé utilise le sarcasme, la parodie, la farce pour mettre en relief les processus de conditionnement et d’abrutissement des gens, ainsi que les processus de soumission volontaire.
Moi, Avide 1°, l’Élu est sa première farce. L’action se passe à Gogoland au moment des élections municipales.
EAT (manger, pisser, écrire) au temps des queues de cerises est sa 2° farce.

 
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L'affaire "Gabrielle Russier" vue par 7 auteurs

23 Décembre 2008 , Rédigé par grossel Publié dans #les 4 saisons d'ailleurs

LA BAGAGERIE
Lycée professionnel du Golf Hôtel à Hyères
MERCREDI  3 ET JEUDI 4 DECEMBRE 2008

ACTION "GABRIELLE RUSSIER"

 
Etape 2 , rencontre entre les auteurs et avec l’artiste associée, puis débat public.

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Journée du 3 Décembre
(article annonçant les 2 journées)

Les objectifs des deux jours :
1/ contribuer à l’élaboration de la forme artistique à présenter en avril
2/ travailler au devenir éditorial des textes
3/ organiser la séance publique du 4

Après un tour de table et une présentation rapide de chaque texte par les auteurs, la discussion a considérablement « ouvert la focale » sur des thèmes politiques, sociaux, psychologiques, culturels, donnant tout son sens à ces journées :
- stimulation intellectuelle dans le cadre d’un débat riche à partir d’expériences d’écritures très différentes des auteurs ;
- affaire Gabrielle Russier intéressante dans la mesure où est abandonnée toute idée de commémoration, ressassement du passé, entreprise mémorielle, pour aller vers des questionnements sur la société, l’homme, la vie, ses mythes, ses valeurs, ses comportements, hier et aujourd’hui.

Ainsi plusieurs axes de réflexion se sont dégagés :

- qu’est-ce qu’une vie humaine ?  notions de fragilité, exemplarité, fabrication, transmission ; « qu’est-ce qu’une vie si on ne se la raconte pas » ?
- le temps, la postérité : ce qui reste des faits, d’une vie, avec le temps ; déformation, oubli, fragments, recomposition du passé avec sa mémoire et celle des autres , temps de la personne, temps de la société. Pour évoquer l’affaire Russier, la distance avec les faits permet une réflexion stimulante car pas d’enjeu immédiat ; mais cette même distance pose la question de l’analyse, l’interprétation que l’on peut faire de ce passé avec notre seul regard de 2008, fait d’ignorance et de simplification, si l’on n’y prend garde.
- La personne dans et face à la société : le contexte de l’affaire Russier, mai 68, homme sur la Lune en 69 , illustrations d’une ouverture, mais en contre point l’affaire, l’oppression politique, sociale ; discussion sur l’oppression actuelle ; grande fragilité, complexité d’un homme plein de contradictions, soumis chaque jour à des possibilités d’ouverture et de fermeture.
- Le jugement : juger, faire un choix manichéen, fonctionnement binaire de la société : un dépassement est-il possible ? y a t-il une voie possible, souhaitable, entre relativisme absolu produisant l’image d’un homme salaud universel, et le manichéisme traditionnel, les bons d'un côté, les méchants de l'autre ? Difficulté des hommes de sortir de schémas, de se libérer
- Une tragédie : l’affaire Russier, une forme archétypale, renvoyant à

Harold et Maud, West side story, la tragédie classique.
Et si tout cela n’était qu’une fabrication à commencer par  l’histoire d’amour entre Gabrielle et Christian ?

- La mort : le suicide, la mort choisie ou pas, le sens de la mort ; Gabrielle n’a t-elle pas été assassinée ? La nécessité de dire les choses avant de mourir ; la mort par laquelle commence le cycle de la tragédie, mais aussi l’affaire Russier : sans sa mort, on n'en parlerait plus depuis longtemps ; la mort comme fondatrice.
- Une affaire Gabrielle Russier, possible aujourd’hui ? oui si l’angle par lequel vient le scandale est la pédophilie ou l’homosexualité, par exemple ; oui car poids des conservatismes ; mais une telle histoire irait-elle jusque devant les tribunaux ?

Des manques à interroger et pouvant être l’occasion d’un nouveau travail d’écriture :
- sur la forme archétypale de l’affaire et des protagonistes ;
- sur deux hypothèses : - si Gabrielle avait survécu, que dirait-elle de cela, et de notre intérêt pour l’affaire : n’y a t il pas plus important, plus urgent aujourd’hui ?
                                    - et si c’était Christian qui s’était donné la mort ?
- inclure dans l'ouvrage à publier pour mars 2009 par Les Cahiers de l'Égaré : un résumé de l’affaire, le fruit de nos discussions, en faisant attention de ne pas construire un discours aui aurait la prétention de poser une parole de vérité sur cette affaire.
- Travailler sur la photo de Gabrielle qui pousse à des interprétations contradictoires où chacun peut trouver son compte : c’est Jeanne d’Arc, un ange de pureté, ou l’incarnation du vice, de la folie.

Sur la forme artistique : réfléchir notamment au public et à la manière de l’accrocher pour le faire venir ; définir clairement ce que l’on est et ce que l’on fait ; penser à la diffusion de la forme artistique.
 

(article sur l'affaire Gabrielle Russier)

Présents : Albertine, Gérard, Gilles, Jean-Claude, Muriel, Roger, Katia. Absente: Sylvie.

A/ Matinée consacrée à l’organisation de la séance publique du jour et au devenir des textes.

1/ Sur la forme
-important de construire le public à partir d’une tête d’affiche comme Del Castillo, et à partir d’une accroche thématique :
- un titre accrocheur et qui ouvre : donc pas "L’affaire Russier" mais par exemple « si on racontait une histoire (ou une tragédie) ».
- important de croiser les disciplines, pour faire rêver le public ; ouvrir mais ne pas gommer l’histoire, ni même 68 .
- lien entre cette histoire et la réflexion politique, philosophique, sur la société, donne à notre initiative un aspect provocateur à exploiter.
- Problématiser dans ce sens pour le public :
Une histoire d’amour entre un prof et un élève est-ce une histoire d’amour comme les autres ?
Une affaire Russier est-elle possible aujourd’hui ?

      
-questions d’autant plus légitimes que l’on est dans un lycée et que l’on s’adresse d’abord à des jeunes ; ne pas exclure les jeunes en restant sur l’affaire Russier, si lointaine, et sur 68 dont ils ignorent tout. Mais essentiel de partir de là.

2/ Sur le fond
- Les 2  questions pour le public  poussent à s’interroger sur  :
Qu’est ce qu’aimer ? Qu’est-ce qu’enseigner ?  Quelle différence entre détournement de mineur et pédophilie ? quelle est la particularité de la relation prof/élève ? Quels sont les interdits, et comment se déplacent-ils avec le temps ? Où se situe le seuil de transgression ? Comment et par qui arrive le scandale ?


-Des éléments de réponse sont proposés :
- avant de frapper, la société met à distance la victime en la déshumanisant, en la chosifiant. Visible avec le pédophile : pas de sentiment possible, définition froide, renvoyant à un acte sexuel, à une maladie ; au contraire "détournement de mineur" est plus riche, plus ouverte comme expression. Passer de "détournement de mineur" (en 68) à "pédophilie" (depuis quelques années), c'est le signe, le symptôme d'une "aggravation" des faits et de leur répression: tout est fait pour qu'on exclue le pédophile. Qui a intérêt à cette aggravation qui jette dans l'oubli des personnes comme Patrick Font par exemple.
- Idée d’une sacralisation du prof et de l’élève dans la société qui rend difficile toute sortie des normes ; idée de désacralisation aujourd’hui qui fait du prof et du jeune des criminels potentiels ; dans les deux cas, "affaires Russier" possibles mais aggravées.
- Le corps du prof et le corps de l’élève : bien souvent ignorés ou à la base du scandale. Entre prof et élève, une parole sans corps,  difficile de parler de relations de personne à personne, et ça coince aujourd’hui, vue l’évolution de la société
- Poids des interdits en 68-69, d’où le slogan "il est interdit d’interdire".

B/ Après-midi consacré à la discussion sur les textes de Muriel et Gérard

- Importance des mots pour dire l’amour, par exemple : l’amour n’existe que par les mots qui le font exister. La parole peut magnifier l’amour. Aujourd’hui, dans tous les domaines, difficultés à dire, à nommer : cerveaux bourrés de raccourcis et de lieux communs.
- Le théâtre, une manière de dire les choses : dans nos textes, importance des monologues, qui vont dans la chair des choses, imposent un rapport frontal, quand le dialogue propose fuite et transversalité. Mais dialogue pas vain quand donne toute sa place à l’intériorisation.
- Une formule de Gérard : sur l’homme pas encore humain. Une clef pour comprendre l’affaire Russier et tous les problèmes d’aujourd’hui : humanisation, lente, chaotique. Etre humain, c’est être capable de reconnaître le monde dans son mystère, reconnaître les autres et être reconnu par eux.
- Quelques pistes pour la suite :
               -  distinguer l’objet livre de la forme artistique ;
            -  on peut imaginer une incarnation de Gabrielle à partir de croisements de fragments des textes ;
               -  le slam, intéressant pour remettre le mot au centre.
               -  art de la formule dans les textes de Gérard, permettant mise en relation des textes.


C/ DEBAT AVEC LE PUBLIC JEUDI 4 DECEMBRE 17H à 19H

Notes prises par Albertine durant le débat :
JEUDI 4 DECEMBRE 2008 17h-19h


17 présents (dont les auteurs) + 3 élèves qui ont assisté au slam de Muriel avant de repartir, pour eux, 68 ne leur dit rien.
Sont présents du lycée : un élève, les trois documentalistes, un professeur
Présentation des 4 Saisons d’ailleurs
La semaine du souffle culturel : au mois d’avril, présentation d’une forme artistique au théâtre Denis à Hyères.

Chaque auteur présente brièvement son texte.

Sylvie Combe a écrit du point de vue de Gabrielle qui attend dans sa salle de bain, en se rimmellisant, son amant, pensant à l'écart d'âge, à son vieillissement

Jean-Claude Grosse a fait écrire par Christian
, devenu professeur, une lettre à Gabriella, sa petite fille, il est devenu le mari de son élève Gabrielle-Petit Chat, le père de Christian, mort dans un accident de voiture avec son oncle Gabriel-Garcia, et de Gabrielle qui vient de donner naissance à Gabriella, arrière petite fille de Gabrielle-Gatito et de Christian, père de Gabrielle-Petit Chat et de son frère Gabriel-Garcia.

Albertine Benedetto a écrit un monologue du point de vue de la mère à la fin de sa vie, son fils enfin revenu pour s'occuper d'elle

Gilles Desnots a imaginé le difficile dialogue entre le père, sur son lit de mort et son fils devenu curé des Accoules sous le nom de Père Russier

Muriel Gébelin a écrit du point de vue de Satan, la co-détenue de Gabrielle, aux Baumettes, Satan sur laquelle Gabrielle a exercé une influence positive

Roger Lombardot a fait enregistrer un message de Neil Armsrtrong, au moment où le vaisseau spatial va alunir le 20 juillet 1969, événement entre les 8 semaines d'emprisonnement (avril-juin 1969) et le suicide (1° septembre 1969)

Gérard Lépinois a écrit divers textes de réflexion favorisant des éclairages simultanés comme l'a pratiqué le cubisme ou Claude Simon dans La Route des Flandres.


Lecture d’un texte de Gérard Lépinois : Les reins

Postérité du travail : une édition, un débat thématique au mois d’avril, une forme artistique
Première étape : faire le point à partir de ce foisonnement d’idées suscité par le travail mené pendant ces deux jours autour de Gabrielle Russier et des textes produits.

Débat :

Une histoire d’amour est-elle possible entre un professeur et un élève ?

- MF : c’est un professeur, c’est une femme, elle est plus âgé; Simone de Beauvoir radiée de l’EN pour affaire sur mineur (détournement pour Sartre)
- Témoignage d’élève : pas de problème à condition que ça reste discret. Gênant parce que c’est un prof.
- MF : fascination des élèves pour certains profs.
- Qu’est-ce qui est choquant ?
- L’élève : c’est le regard des gens. Même si l’amour n’a pas d’âge. Prof pas sérieux.

- Gérard : L’élève peut-il être considéré comme un homme ?
- Françoise : une femme professeur peut aimer pas seulement des hommes accomplis
- Rencontre de deux personnes : l’amour est possible
- Ludovic : on se bride, on est cadre de l’institution
- Roger : relation maître-élève. Le théâtre, c'est très physique, on se touche d'où prudence avec de très jeunes comédiens
- JC : la tenue vestimentaire, question qui se pose pour les élèves mais aussi pour les profs
- Les jeunes sont sensibles de plus en plus au physique des professeurs et le disent
- Difficile d’évacuer le corps
- F : il y a le costume qui correspond à l’institution. Les gens ont tendance à laisser leur vie privée en dehors du cadre professionnel. Codes ni écrits, ni dits. On s’y conforme pour éviter les ennuis.
- JC : Réfléchir sur la manière dont ces normes s’acquièrent
- Roger : notion de responsabilité
- Gilles : Intrusion de l’intime dans le cadre social d’où le besoin de se cacher
- MF : relation prof-élève d’une grande richesse, désir d’aller vers les élèves
- Gilles : Rôle de la représentation très important, image qui peut évoluer dans le temps.

Deuxième temps de la réflexion

- Gilles : cette femme transgresse, à partir de quand et comment est-ce qu’on bascule dans l’affaire ?
- F : contexte dans lequel Gabrielle a été située comme une prof qui passe du côté des élèves. C’est plus cet aspect qui compte que la relation amoureuse.
- Gilles rappelle le contexte de l’appel a minima de 1969 : l’Etat croit pouvoir remettre en ordre la société. Casser tout ce qui peut être cause de désordre. Mouvement de sympathie pour Gabrielle à partir du procès. Aujourd’hui : vague conservatrice, défoulement du conservatisme, une affaire Russier possible.
- Muriel : peur de se regarder en face
- MF : possible
- JC : aujourd’hui il y aurait un contre-pouvoir, comité de soutien
- Roger : les contre-pouvoirs sont mous ! il faut alerter le monde entier avant que l’entourage proche réagisse.
- F : sentiment d’être démuni. Manque de relations de proximité.
- Roger : un metteur en scène intervient à Avignon dans un contrôle d’identité. Violences policières. Où est le soutien du Festival d’Avignon ? Se bagarre seul pendant des mois.
- Gilles : deux choses complémentaires.
1) Porosité de l’opinion publique par rapport à l’idéologie sécuritaire. La sensibilité collective a évolué
2) les contre pouvoirs existent formellement mais pas assez puissants. Des associations essentiellement, ni les partis politiques, ni les syndicats. Il faudrait militer 24h sur 24h, impossible !
- Association Ni pute ni soumise : témoignage. Le combat des femmes est loin d’être fini. Les pères pédophiles restent protégés.

19h 05 Conclusion faite par Gilles :
un débat riche
créer du lien
objectif artistique : maintenir une parole contre l’oppression économique et politique
L'Affaire G. R. nous parle aujourd’hui : elle touche à des choses essentielles dans la société. Au-delà du fait divers, dimension universelle.


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L'affaire Gabrielle Russier, 40 ans après

1 Décembre 2008 , Rédigé par Jean-Claude Grosse Publié dans #les 4 saisons d'ailleurs

L'affaire Gabrielle Russier, 40 ans après


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Les 3 et 4 décembre 2008, Les 4 Saisons d’ailleurs (anciennement Les 4 Saisons du Revest) accueillent 7 auteurs: Roger Lombardot (EAT, Écrivains Associés du Théâtre)), Jean-Claude Grosse (EAT), Gérard Lépinois, Gilles Desnots, Albertine Benedetto, Sylvie Combe, Muriel Gébelin.
Ils ont travaillé sur un thème proposé par l’association : l’affaire Gabrielle Russier.
Ils ont en commun, la lecture de deux livres: Les écrous de la haine de Michel del Castillo et
les Lettres de prison de Gabrielle Russier, précédées de Pour Gabrielle de Raymond Jean.
 
Au printemps 1968, cette jeune professeur d’un lycée marseillais vit une histoire d’amour avec l’un de ses élèves. Les parents, l’institution scolaire, puis l’ensemble de la société crient au scandale. Gabrielle est arrêtée, emprisonnée, jugée, harcelée. Elle se suicide le 1° septembre 1969.

article du 16 juin 2008 consacré à cette affaire sur le blog des 4 Saisons d'ailleurs


Quarante ans après, en contre-point des commémorations, réflexions, évocations des événements de Mai 68, l’affaire Gabrielle Russier nous interpelle sur la complexité des sociétés et des relations humaines.
Ce que nous avons désiré interroger, c’est le rapport prof-élève, jeune-adulte, individu-société, hier, aujourd’hui.
Une affaire Russier paraît impensable en 2008. Pour autant les difficultés de vivre ensemble sur fond de remontée d’un Ordre Moral conservateur sont très réelles et douloureuses.
 
Ces 7 auteurs nous livrent le fruit de leur travail d’écriture : monologue, dialogue, poésie, théâtre, correspondance, essai.
Les Cahiers de l'Égaré éditeront sans doute un livre à partir de ces écritures.

Les 3 et 4 décembre, ils échangeront entre eux, leurs expériences et construiront avec notre artiste associée: Katia Ponomareva, les bases d’une forme artistique finalisée au printemps 2009 que Les 4 Saisons d’Ailleurs présenteront au public en avril prochain, au Théâtre Denis à Hyères, forme vivante éphémère accompagnée d'une création vidéo pour durer un peu.
Nous inviterons si possible  Michel del Castillo pour la journée d'avril 2009 ainsi que l'ami de Gabrielle Russier qui a accepté d'être parmi nous le 4 décembre.
 
Le Jeudi 4 décembre, à partir de 17H, vous êtes invités à nous rejoindre :
 
À LA BAGAGERIE au Lycée Professionnel du Golf Hôtel à Hyères

       La bagagerie se situe au centre du Lycée Professionnel du Golf Hôtel, à Hyères: suivre après la voie "rapide" qui traverse la ville, la direction "Golf Hôtel".
       C’est un lieu mis à notre disposition par le lycée, pour accueillir artistes et projets.
      
POUR UNE LECTURE PUBLIQUE DES TEXTES

UN ECHANGE ENTRE LES AUTEURS ET LE PUBLIC en présence d'un ami de Gabrielle Russier

UNE ADRESSE  AUX ARTISTES, AUX ÉLÈVES ET PROFESSEURS, À TOUS,  SUR LA  FORME ARTISTIQUE À VENIR.

 
Pour annoncer votre participation, pour toute information complémentaire, appeler au 06 73 54 33 20.
Merci, et à l’avantage de vous voir.                                                                                                       

Pour Les 4 Saisons d’Ailleurs, 
Gilles Desnots, directeur artistique

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La beauté et sa signification/ Marcel Conche

18 Septembre 2007 , Rédigé par Jean-Claude Grosse Publié dans #les 4 saisons d'ailleurs

La beauté et sa signification
par Marcel Conche

Je me suis rendu au 3° festival francophone de philosophie qui s’est tenu du jeudi 13 septembre au dimanche 16 septembre 2007 à Saint-Maurice dans le Valais.
Le thème en était : La beauté, c’est quoi ?
53 intervenants ont été programmés dont Marcel Conche, le dimanche 16 à 14 H 30, dans le théâtre  du Martolet (900 places), au sous-sol du collège-lycée de Saint-Maurice, sur le thème : La beauté et sa signification.
Les formes proposées étaient multiples et riches: conférences, débats, credos, joutes, cafés radio-philo au bar "au Philosophe", expo, théâtre, musique et même banquet philosophique, symposium (en grec, boire ensemble).

Ayant pris le temps de photographier et de filmer quelques aspects de Saint-Maurice d'Agaune dans le Valais, le Chablais plus précisément, lieu des Portes du soleil, avant de filmer la conférence de Marcel Conche : La beauté et sa signification, il m’a semblé opportun de construire les 4 vidéos qui rendent compte de l’événement avec des éléments de beauté pris sur le vif.
Séjour agréable dans ce coin traversé par le Rhône et entouré des Dents du midi dont le tour de 42 kilomètres demande plusieurs jours.
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Appréciez la beauté en compagnie de Marcel Conche.


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Le Clos Mayol: souvenir, souvenir

2 Juillet 2006 , Rédigé par Jean-Claude Grosse Publié dans #les 4 saisons d'ailleurs



 J'ai eu l'occasion pour les 20 ans des 4 Saisons du Revest en juillet 2003 d'organiser une soirée dans le petit théâtre sous la verrière du Clos Mayol. Étienne Oumedjkane joua Les méfaits du tabac d'Anton Tchekhov pour une quarantaine de personnes qui mirent ensuite en commun ce qu'elles avaient apporté dans leur panier. André Faure-Mayol, le petit neveu de Félix Mayol, fut de la soirée. J'avais pu quelques jours avant, visiter la maison, la villa Félix, et son parc, guidé par l'héritier de Félix Mayol, son petit neveu, André Faure-Mayol, qui m'avait dit ses soucis pour tenter de maintenir ce lieu dans l'esprit de son créateur tout en me montrant les richesses accumulées, un patrimoine qui devrait être partagé. J'ai trouvé un site qui s'efforce de restituer Mayol, le grand Mayol.



Depuis, le petit neveu, un vieux monsieur, est décédé.
J'ai pu revoir le petit théâtre, il y a quelques jours, le jour de la fête de la musique.
J'ai chanté: Viens Poupoule et Cousine cousine, les deux titres marqués sur le frontispice, au-dessus du rideau de scène.



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