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Blog de Jean-Claude Grosse

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Chez Marcel Conche/Entretiens d'Altillac 4

14 Juillet 2012 , Rédigé par grossel Publié dans #les entretiens d'Altillac

  CHEZ MARCEL CONCHE / ENTRETIENS D’ALTILLAC (4)

 

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LE TEMPS QUI RESTE

___

 

 

 

 

Marcel Conche a eu 90 ans cette année. C’est l’arithmétique des jours. Il vient de recevoir un courrier d’une jeune dramaturge qui prépare un spectacle Nous serons vieux aussi et qui, s’adressant au vieux qu’il est devenu, voudrait savoir ce qu’il ressent à la pensée du temps qui lui reste à vivre. Elle a joint à sa demande le texte d’une chanson Le temps qui reste signé Jean-Loup Dabadie et qu’interpréta Serge Reggiani :

 

Combien de temps...

Combien de temps encore

Des années, des jours, des heures, combien ?

Quand j'y pense, mon coeur bat si fort...

Mon pays c'est la vie.

Combien de temps...

Combien ?

 

Je l'aime tant, le temps qui reste...

Je veux rire, courir, pleurer, parler,

Et voir, et croire

Et boire, danser,

Crier, manger, nager, bondir, désobéir

J'ai pas fini, j'ai pas fini

Voler, chanter, parti, repartir

Souffrir, aimer

Je l'aime tant le temps qui reste

 

Je ne sais plus où je suis né, ni quand

Je sais qu'il n'y a pas longtemps...

Et que mon pays c'est la vie

Je sais aussi que mon père disait :

Le temps c'est comme ton pain...

Gardes-en pour demain...

 

J'ai encore du pain

Encore du temps, mais combien ?

Je veux jouer encore...

Je veux rire des montagnes de rires,

Je veux pleurer des torrents de larmes,

Je veux boire des bateaux entiers de vin

De Bordeaux et d'Italie

Et danser, crier, voler, nager dans tous les océans

J'ai pas fini, j'ai pas fini

Je veux chanter

Je veux parler jusqu'à la fin de ma voix...

Je l'aime tant le temps qui reste...

 

Combien de temps...

Combien de temps encore ?

Des années, des jours, des heures, combien ?

Je veux des histoires, des voyages...

J'ai tant de gens à voir, tant d'images..

Des enfants, des femmes, des grands hommes,

Des petits hommes, des marrants, des tristes,

Des très intelligents et des cons,

C'est drôle, les cons ça repose,

C'est comme le feuillage au milieu des roses...

 

Combien de temps...

Combien de temps encore ?

Des années, des jours, des heures, combien ?

Je m'en fous mon amour...

Quand l'orchestre s'arrêtera, je danserai encore...

Quand les avions ne voleront plus, je volerai tout seul...

Quand le temps s'arrêtera..

Je t'aimerai encore

Je ne sais pas où, je ne sais pas comment...

Mais je t'aimerai encore...

D'accord ?

 

 

Le texte est sur la table du petit bureau où Marcel nous reçoit ce lundi 4 juin 2012. Cela a l’air de l’amuser. Il se met à le lire tout en le commentant avec la distance critique qui convient et la situation, à ce moment précis, est d’autant plus drôle qu’au-dessus de nous, dans cette pièce hors du temps, une tête d’Epicure veille.

 

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Epicure dont toute la philosophie eut une seule fin : acquérir la santé de l’âme (cf. Lettre à Ménécée : « Quand on est jeune il ne faut pas hésiter à s’adonner à la philosophie, et quand on est vieux il ne faut pas se lasser d’en poursuivre l’étude. Car personne ne peut soutenir qu’il est trop jeune ou trop vieux pour acquérir la santé de l’âme. »).

Or il est clair que le sujet qui parle dans le texte ne va pas bien : tout dans son propos exprime le trouble, l’agitation, la fièvre. Sûr qu’il ne veut pas mourir et s’affole, son pays c’est la vie, dit-il, comme s’il y était chez lui de toute éternité. Et ça part dans tous les sens, du rire aux larmes, assez vulgairement, avec un désir de tout et de son contraire, et révèle pour finir une confusion mentale plutôt inquiétante.

Marcel rappelle alors que le temps qui reste est une idée indéterminée, inconsistante, sans contenu. Or il n’est pas possible, ajoute-t-il pour couper court, de spéculer sur l’indéterminé.

 

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A quoi on peut ajouter que cette indétermination du temps qui reste présente cependant l’avantage paradoxal de rendre l’existence vivable : que deviendrait en effet notre vie si notre état civil mentionnait à la fois la date de notre naissance et celle de notre mort ? On se dirait encore trois ans ou encore six mois…Sûr que ce savoir serait le poison parfait pour anéantir tout vouloir vivre. Nous serions morts avant de mourir, ou, pour paraphraser La Fontaine dans la fable Le philosophe scythe, on cesserait de vivre avant que l’on soit mort.

Car la perspective de mourir est nécessairement relativisée par l’ignorance du jour et de l’heure qui permet ainsi aux mortels de s’embarquer pour l’incertain, parfois au risque de leur vie (cf. Pascal : « Quand on travaille pour demain, et pour l’incertain, on agit avec raison », Pensées fr.234 Br.).

 

Un instant plus tard, Marcel nous redit : Je ne crains pas la mort, une parole fidèle à Epicure qui voulait délivrer les mortels de la crainte de la mort pour les laisser mieux apprécier les joies que leur offre la vie éphémère. Car cette mort, celui des maux qui fait le plus frémir, insistait-il, n’est rien pour nous, puisque tant que nous existons la mort n’est pas, et que quand la mort est là nous ne sommes plus.

 

Quelques temps plus tôt, à St Emilion, Marcel, invité à conclure le 6ème festival Philosophia sur le thème de la nature, surprenait le public avec cette histoire qu’il se plaît à raconter : Dans mon village il y a un menuisier. Ce menuisier a tous les clients qu’il veut. D’autre part sa femme est la coiffeuse du village. En plus il a trois vaches. Le résultat c’est qu’il est toujours souriant. Il respire le bonheur. Il est plein de bonheur. Alors à quoi bon la philosophie ? Mais justement c’est là qu’on voit qu’elle est bonne… parce que si je le rencontre et que je lui dis : vous savez, votre médecin m’a dit quelque chose que je ne devrais pas vous répéter… enfin je vous le dis quand même… vous serez mort avant trois jours ! Alors qu’est-ce qui se passe ? Le bonheur de mon menuisier s’effondre totalement. Tout ça, parce qu’il n’a pas voulu méditer la Lettre à Ménécée… (Rires dans la salle).

Car cette méditation l’aurait peut-être conduit à ce bonheur fondamental, sous- jacent à tous les autres bonheurs, qu’Epicure veut nous donner. C’est un peu comme avec la mer : il y a des vagues en surface et il y a le calme des profondeurs qu’elles n’affectent pas. Ce calme, c’est précisément l’ataraxie, l’absence de trouble.

 

Je note relativement au temps qui reste qu’il ne reste jamais que le présent. Je cite alors Marc-Aurèle disant qu’on perd autant, que l’on soit très âgé ou que l’on meure de suite : le présent est en effet la seule chose dont on peut être privé, puisque c’est la seule qu’on possède, et que l’on ne perd pas ce que l’on n’a pas. Ce qui reviendrait à soutenir qu’il n’y a pas de différence entre mourir à 20 ans et à 80 ans.

Marcel n’est pas d’accord, soulignant qu’à 20 ans on peut davantage attendre de l’avenir. Une objection conforme à Epicure qui pensait que l’avenir n’est ni entièrement en notre pouvoir ni tout à fait hors de nos prises. Mais on voit bien soudain à quel point, sur la pensée du présent, épicurisme et stoïcisme se séparent.

 

Marcel ajoute toutefois que ne pas craindre la mort ne l’empêche pas de s’inquiéter du « mourir », de la forme qu’il prendra, et d’évoquer les souffrances qu’endura Montaigne, mort étouffé par un phlegmon. Mais il n’est cependant pas candidat au suicide, même s’il ne le condamne pas. Il l’a peut-être envisagé quand, sa retraite prise à Treffort, il acheta, nous dit-il, un revolver : pour y penser de plus près ?

 

Jean-Claude Grosse évoque le probable suicide de Marilyn Monroe à 36 ans. Il vient de publier pour le 50èmeanniversaire de sa mort Marilyn après tout, un ouvrage collectif des Ecrivains associés du Théâtre. Marcel n’a pas voulu y participer. Même s’il a toujours dit être sensible au charme féminin,on comprend que cette actrice ne l’émeut pas beaucoup. Il fait incidemment part de sa préférence pour Jean Seberg. Elle aussi suicidée à 40 ans dans des circonstances troubles et dont le corps fut retrouvé telle une épave dans le coffre de sa voiture, anéanti par les drogues et l’alcool. Elle avait pris parti pour les Black Panthers mais sa vie semblait aspirée par l’échec jusqu’à la déchéance.

J’évoque alors le suicide de Romain Gary qui fut son mari et qui avait annoncé son refus de vieillir. Fidèle là aussi à de Gaulle (« la vieillesse est un naufrage »), il avait déclaré  deux ans avant de se tirer une balle dans la bouche à 66 ans : « Vieillir ? Catastrophe. Mais ça ne m'arrivera pas. Jamais. J'imagine que ce doit être une chose atroce… » Sans doute fut-il toujours hanté par ce qu’il nomme la dévirilisation, cela dès sa jeunesse dont il parle dans La promesse de l’aube. Et cette diminution venue lui fut intolérable. Au-delà de cette limite, écrivit-il aussi, votre ticket n’est plus valable. Ticket : à prendre dans un sens amoureux.

Une façon de voir la vie, conditionnée par une certaine capacité physique.

 

A quoi Marcel objecte la figure de Sophocle à l’âge de 95 ans, heureux de s’être débarrassé de la sexualité, cette « bête dévoreuse »… et de pouvoir vivre enfin toute relation humaine avec désintéressement. Ce que Romain Gary, suggère-t-il, a sans doute manqué.

 

Quant à la mort en soi, précise-t-il à la fin de Métaphysique (PUF, 2012), je crois qu’elle équivaut à une fin de vie et qu’il n’y a rien à espérer ou à attendre après. Mais si je crois qu’il n’y a rien, je ne le sais pas. Je suis sceptique à l’intention d’autrui, pour le laisser libre de croire qu’’il y a une vie après la mort.

A cet instant il parle de sa sœur qui pense qu’elle retrouvera son mari au paradis, et ses yeux deviennent très rieurs…

 

Une fin de vie : comme on le lit dans Montaigne, la mort est le bout et non le but. Sur ce point, Marcel, dans Le silence d’Emilie (Les Cahiers de l’Égaré, 2010), a clairement prévenu : j’entends que ma vie terrestre se referme sur elle-même, la mort ne signifiant rien d’autre que l’achèvement de la vie, et n’ouvrant sur aucun mystère sinon le mystère de la nuit – où il n’y a rien à voir.

Un détachement jadis exprimé par Epicure qui ne considérait pas la non-existence comme un mal.

Marcel revient alors sur le titre du spectacle envisagé : Nous serons vieux aussi. Mais qu’en sait-elle, demande-t-il ? Il ajoute que bien des soldats partis à la guerre de 14 auraient probablement voulu vieillir…

Vieillir, dit-il, j’invente la vie au fur et à mesure. J’ai mon présent. J’avance comme si j’avais 50 ans à vivre. L’idée du temps qui resterait à vivre est une idée triste, dépressive, qui annihile le présent. Le jour de ma mort n’est arrêté nulle part

 

013.JPGphotos de F.C.

 

 

 François Carrassan

 

 

 

 

 

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Les entretiens d'Altillac 2 avec Marcel Conche

1 Juillet 2011 , Rédigé par grossel Publié dans #les entretiens d'Altillac

Visite à Marcel Conche

 

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photo François Carrassan

 

François Carrassan et moi-même avons rendu visite à Marcel Conche pendant la Pentecôte 2011. Nous avons fait le choix de ce week-end dans une sorte de somnolence intellectuelle et nous en avons payé le prix, le 11 juin, avec des bouchons en série, aux péages, sur des rétrécissements de voies, sur des jonctions d'autoroutes, tous les points noirs entre Toulon et Montpellier en passant par Aix, Arles, Nîmes où c'était la féria sur 9 kilomètres d'autoroute avant Nîmes. De quoi faire l'expérience infernale de la société de la bagnole et, comme dit Guy Debord, de ses esclaves motorisés.
Après Montpellier, en allant vers Millau, Rodez, Figeac puis Gagnac sur Cère, découverte et traversée de paysages superbes, variés par des routes vides, la France rurale, la France profonde, celle des éleveurs et des producteurs invisibles ce jour-là. Quel contraste entre l'agitation d'en bas, dans les plaines, et le silence des plateaux, des Causses...
Trop de retard pour rendre visite, le samedi soir.
L'hostellerie Belle Rive à Gagnac est accueillante et paisible.

Nous passons le dimanche avec Marcel Conche. Les échanges sont vifs, enjoués. Marcel rit beaucoup. Il est question d'Éric Weil, François ayant été son étudiant à Nice. De Clément Rosset, aussi, qui, fidèle à Nietzsche, n’a jamais vu dans la morale autre chose que l’expression du ressentiment. Et François s’amuse à rappeler que Rosset résumait la pensée de Weil ainsi : si quelque chose ne va pas, appelez la police… Et François évoque une conférence donnée par Eric Weil, dans les années 1970, devant une assemblée de professeurs de philosophie inquiets pour leur profession qu’on cherchait à réformer. Le titre en était  L’avenir de la philosophie. Les professeurs s’attendait à une défense corporatiste de leur métier. Et voilà que Weil développe, indifférent à leurs revendications, sa thèse de la philosophie comme mise en ordre du monde en proie à la discordance et à la violence. Et il concluait sa conférence en disant que, devant le désordre présent du monde, la philosophie avait un bel avenir. Il ajoutait pour finir : « l’homme charnel en moi dit hélas ». Ce fut le coup de grâce pour l’assemblée. Et François rit encore en revoyant  les mines dépitées des professeurs qui n’avaient que leur pitance en tête.
Marcel considère que la question du fondement de la morale est une question pour philosophe ; dans la pratique, les gens n'ont  pas besoin d'un fondement pour suivre sans les connaître, les impératifs  kantiens.  (Marcel ne se situe pas sur ce plan pour fonder la morale universelle des droits de l'homme, mais sur ce qui se passe quand deux personnes acceptent le dialogue, Hitler et un Juif par exemple ; mais  là, on peut se douter, contrairement à Marcel, qu'Hitler balancera son discours raciste et sa solution finale à la tête du Juif, et que  le principe du dialogue ne suffit donc pas à garantir une égalité d’échange entre Hitler et le Juif, comme entre deux humains en général; à quoi Marcel rétorque que si Hitler balance un tel discours, il n'est pas dans le dialogue lequel est clairement défini dans Le fondement de la morale).


Marcel-Conche2.JPG

photo JCG

 

Conversation à sauts et à gambades dans une atmosphère bien peu ordinaire, avec un homme allant sur 90 ans, d'une mémoire exceptionnelle (dates, noms, prénoms, circonstances, faisant remonter, revivre le passé de la Corrèze sous Pétain, la famille, les amitiés nouées pendant la scolarité …), d'une assurance intellectuelle tempérée par de rares concessions, passant des sujets philosophiques aux questions personnelles, avec naturel, des vérités philosophiques aux opinions politiques (son opposition à l'intervention en Libye, la blague corrézienne de Chirac, la candidature israélienne au FMI, la démocratie et la non-satisfaction des besoins vitaux et humains pour de plus en plus de gens), aux sentiments (tomber amoureux, être amoureux, aimer), conversation en va et vient permanent entre la Grèce antique et le monde d'aujourd'hui, mise en perspective particulièrement éclairante.
Échappées sur les improvisations permanentes de la Nature, sans plan, sans pensée (dernière en date : la bactérie tueuse), les poètes, les créateurs étant ses rejetons qui, comme l’homme, n’auraient jamais dû exister… (Rires).
Des sujets sont plus ou moins approfondis :
De l'homme à l'animal : continuité ou discontinuité ? Quel est le rôle du  cerveau  dans  l’expression de la pensée ? (exemple de Bergson avec L'évolution créatrice ou Les données immédiates de la conscience dont les chapitres s'appuyant sur des recherches scientifiques sont dépassés.)
Comment parler de la spécificité de l'homme en dehors des notions de conscience, d'intentionnalité ( pour Marcel, par le « Dasein » défini comme l'Ouvert ; l'homme : « être » ouvert à ce qui s'offre à lui, sur quoi il peut porter un nombre indéfini de jugements vrais alors que l'abeille ne sort pas des significations « abeille » de son monde d'abeille) ; mais reste entière la question de l’apparition de cette ouverture ( de cette « éclaircie » comme dit Heidegger)…
La fonction des droits de l'homme (sur ce sujet, François propose une  position  intéressante à partir de la formule bien connue de  Montesquieu : une chose n’est pas juste parce qu’elle est loi, mais elle doit être loi parce qu’elle est juste ;  mais les sauts et gambades n'ont pas permis de développer : nous nous sommes égarés ou éloignés du sujet) ; si les droits de l'homme sont le moyen pour l’individu de s’opposer à l’ordre établi et  à la loi étatique dès lors qu’il ressent leur injustice (cf. logement, nourriture, santé, éducation) et s’ils sont, dans le même temps, définis par l’Etat, n'est-on pas dans une situation paradoxale ?  Il arrive aussi que les Droits de l’Homme soient relativisés au nom de la souveraineté nationale ( un concept qui ressemble de plus en plus au phantasme d’un passé et d’une puissance perdus ) et soient sacrifiés au nom de petits arrangements entre amis de la scène internationale
 

Marcel-Conche.JPGphoto FC

 

Le scénario proposé par Christian Girier : Un Infini bonheur ou Le pot de miel et le tsunami, semble intéresser Marcel comme le projet de livre Avec et sans Marcel Conche dans l'esprit de Philosopher à l'infini. Projet pouvant voir le jour pour fin 2012.
 

 

Remarques pertinentes  sur Avec Marcel Conche, dans le cas d'une réédition.
 

 

François prend à la dérobée quelques photos de Marcel. Ce qui en émerge, c'est le côté bien planté sur terre de l'homme. Indéniablement, Marcel est paysan par tout un tas d'aspects : il est rusé (ruse différente de celle du paysan mais née dans ce monde), se sert de ses capacités pour tracer son chemin de liberté. Et il a toujours  raison…

 

Marcel conche3

photo FC

 

Le retour se fait le lundi sans problème majeur. Revenant déjeuner à un restaurant de Lunel, pratiqué le samedi, François a le plaisir de retrouver un carnet noir, échappé d'une poche. Hasard, signe, destin ? Les mots manquent.

 

 

 

JCG et FC

 


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Les entretiens d'Altillac 2 avec Marcel Conche

1 Juillet 2011 , Rédigé par Jean-Claude Grosse Publié dans #les entretiens d'Altillac

Je rendrai visite à Marcel Conche durant le week-end de Pentecôte, les 11-12 et 13 juin 2011.
J'aurai avec moi, le livre Avec Marcel Conche auquel ont contribué 28 auteurs et qui est sorti des presses le 27 mai
On ne trouvera pas dans ce livre ma Note sur un silence. On la trouvera ici.
 
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J'aurai peut-être aussi la réponse d'Edgard Gunzig, mon ami cosmologiste, organisateur des rencontres de Peyresq, à la question que m'a posée Marcel Conche :
jusqu'à quand peut-on prévoir une éclipse, quelques années, siècles, millénaires, plus ?
Jean-Claude,

ça dépend évidemment de la précision souhaitée, mais avec "une assez bonne précision" (de l'ordre de la seconde) on peut prévoir plusieurs siècles à l'avance, même plusieurs millénaires et même dizaines de millénaires, voire cent à deux cents millénaires ; dans ces derniers cas je ne sais pas très bien avec quelle précision ...
Par contre pour les millions d'années, la prédiction est impossible, le système est totalement chaotique (imprédictible).

NB Je connais un logiciel qui permet de prévoir les éclipses et les positions de toutes les planètes de - 5000 environs avant J.C. jusqu'à + 100.000 ans après JC.
Le spécialiste Français de cette prévision à très long terme est le professeur Lascar du Collège de France ...


Amitiés à Marcel
 
Je lui proposerai un scénario de film qui serait réalisé par Christian Girier :
Un Infini bonheur ou le pot de miel et le tsunami
Et mon ami François Carrassan lui présentera son livre à venir :
Il n'y a pas d'autre monde
 
Le silence d'Émilie
de Marcel Conche
(paru le 19 octobre 2010)
 
édition hors commerce
sur souscription
20 euros franco de port
à l'ordre des Cahiers de l'Égaré
669 route du Colombier
83200 Le Revest
 
COUV le silence emilie
entre Marcel Conche, philosophe et Edgard Gunzig, cosmologiste 
 
J'écrivais l'article ci-dessous: Marcel Conche sur le départ pour la Corse, le 4 juillet 2008.
Dans quelques jours, vers fin juillet (2009) mon ami Marcel va quitter la Corse pour revenir dans la maison de son enfance, des circonstances rendant possible ce retour, aujourd'hui souhaité.

Il raconte dans Corsica, son séjour corse qui a duré un an.

C'est donc en Corrèze qu'Edgard Gunzig et moi irons le voir, le 11 novembre 2009.
Dans Les dossiers de la Recherche N° 35, trimestriel de mai 2009, Le big bang, il y a un article d'Edgard Gunzig: L'espace-temps s'est créé lui-même, apprécié par Marcel. J'attends beaucoup de cet échange que je filmerai entre un métaphysicien de la Nature et un théoricien de l'autoémergence de l'Univers.
Depuis le Journal IV, Diversités, j'ai reçu la plaquette Regard N° 104 consacrée aux réponses de Marcel Conche et d'Émilie à un questionnaire auquel deux numéros avant avait répondu Michel Onfray.
Pour ceux qui suivent le cheminement de Marcel, Télérama comme le Nouvel Observateur ont parlé de la muse de Marcel, je crois qu'il faudrait plutôt dire son initiatrice à la "religion" d'Émilie.

Regard est une aventure plus que sympathique que l'on doit à l'artiste
Chaque plaquette est tirée à 2500 exemplaires approximativement.
On s'y abonne pour 18 euros les 6 N° à l'ordre de
Regard-Marie Morel
01260 Le Petit Abergement.

Autant j'avais trouvé assez plates les réponses de Michel Onfray, autant celles de Marcel Conche m'ont paru aller à l'essentiel, pas du tout dans le goût du jour (le mauvais goût).
 
Celles d'Émilie me semblent en partie stéréotypées, je veux dire que lorsqu'on lit ses lettres dans le Journal étrange ou Confessions d'un philosophe on a affaire à une écriture et à une pensée, la brièveté des réponses semble limiter la profondeur de sa pensée. Je préfère donc ses lettres à ce qu'elle dit dans ce Regard.
Quant à Marcel, il me semble avoir "compris" Émilie, sa "religion" et je suis sûr qu'il avancera encore en compréhension puisque avec Émilie, une manifestation concrète et complexe d'harmonie avec le Tout est incarnée. Ce pourrait être le cas de bien d'autres à condition d'avoir l'héroïsme du coeur, d'être dans la Bonté.

Exemples:
Avez-vous assez de temps ?
Non, jamais assez dit Michel Onfray,
Oui, toujours plus qu'il ne m'en faut dit Marcel Conche,
Jamais répond Émilie.
Qu'est-ce qui vous rend heureux ?
Mille petites choses dans une journée. Michel Onfray
Les traités de paix. Marcel Conche
La poésie de la vie. Émilie.
Que préférez-vous chez les autres ?
la rectitude répond Michel Onfray,
la bonté répond Marcel Conche,
la justice répond Émilie.
 
Je signale aussi la parution dans le N° de juillet-août de Philosophie Magazine d'un entretien de Brigitte Bardot, commenté par Marcel Conche. C'est réjouissant car à son pessimisme pensé évoquant Cioran et son inconvénient d'être né, Brigitte Bardot répond en contre-point par son amour des animaux et de la nature, en quoi elle est sur la ligne de la Bonté du Tout, plus essentielle que l'unité des contraires: amour-haine, paix-guerre... caractéristique des mondes humains. À corriger par cette constatation fondamentale que si l'humanité avait choisi la loi du plus fort, elle n'existerait déjà plus; c'est bien la considération du faible, de l'enfant qui a permis à l'humanité de persévérer.
Jean-Claude Grosse, le 4 juillet 2009

Marcel Conche
sur le départ pour la Corse

Mon ami Marcel Conche quitte dans 3 jours (on est en juillet 2008) le village où j'allais lui rendre visite pour une autre région où j'irai aussi lui rendre visite. La prochaine avec Edgard Gunzig, cosmologiste ami, pour une discussion filmée entre un philosophe du Tout et un chercheur de l'origine de l'univers. Ce devrait être une de ces rencontres dont on verra les images tant que nous durerons.
À 86 ans, ce changement de vie, de pays, de visages, de paysages, révèle l'ouverture d'esprit et de coeur de cet homme qu'on ne peut réduire à la seule dénomination de "philosophe" même s'il en est un, éminent, convaincant.
Il s'offre un avenir, un destin. Il s'offre à un à venir, à des hasards de rencontres nouvelles.
Ce qui garde jeune de coeur.
Je lui souhaite de longs matins devant la mer.

 

Elle est retrouvée
quoi ?
L'éternité !
C'est la mer mêlée au soleil
(ou)
C'est la mer allée avec le soleil
Arthur Rimbaud


Poème manuscrit de JCG


Je suis heureux d'avoir publié sa conférence de Toulouse du 27 janvier 2008, parue le 1° juillet, juste pour son départ: La voie certaine vers "Dieu"

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