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Blog de Jean-Claude Grosse

Articles avec #poesie tag

Collioure Salon d’Automne 2009

25 Octobre 2009 , Rédigé par grossel Publié dans #poésie

Collioure Salon d’Automne 2009


Collioure
j’y suis
pour 42 jours
grâce à Michel Bories
1949-2001
exposé au château royal
je me promène
ville et collines
rencontre des gens
d’ici d’ailleurs
écoute discute
lis filme
regarde compare
Collioure
compte moins de 3000 habitants
ville très animée
dès 7 heures du matin
artisans du bâtiment
éboueurs
camions approvisionnant
commerces et restaurants
double marché hebdomadaire
avec plateaux de fruits de mer
dégustés sur parapet en ciment
arrosés au Collioure blanc
trains qui passent
trains qui s’arrêtent
Collioure
n’est plus le port de pêche qu’il fut
on conditionne toujours les anchois
à l’ancienne
à l’ancienne c’est bien
c’est fait main
Collioure
est terre de vignerons
de domaines de caves
il y a ceux qui se sont regroupés
ceux qui tiennent à leur identité
Collioure n’est plus la ville d’autarcie
des années 1900
ville de marins et de paysans
mer et montagne
deux mondes
aujourd’hui
Collioure
reçoit les touristes du monde
qui viennent attirés par son cadre
encadré par
une installation de 12 cadres
pour cadrer le cadre
Collioure attire
par son patrimoine paysager
mer montagne
Albères Méditerranée
climat de Côte Vermeille
soleil souvent
pluies torrentielles parfois
pleine lune toutes les 4 semaines
chaleur fraîcheur
ombres lumières
diurnes nocturnes
tramontane violente marinade poisseuse
par son patrimoine architectural
château royal et forteresse Vauban
église-phare Notre Dame des Anges
dont le clocher suffit
aux incroyants du monde entier
fort Saint-Elme
moulin à farine utilisé
comme moulin à huile
la glorieta
le couvent des dominicains
transformé en cellier Le Dominicain
regroupant 160 vignerons
faisant tout à la main
Collioure attire
par sa réputation de ville des fauves
Matisse Derain
les œuvres réalisées là sont parties
dans les grands musées du monde
le chemin du fauvisme
retrace cette aventure
de quelques mois de 1905
avec 20 reproductions d’oeuvres
surgissant dans une déambulation
de labyrinthe
Collioure tire profit depuis 50 ans
de ce qu’elle n’avait pas compris
une révolution picturale
vite révolue
fleurissent artistes et ateliers
rue des Treilles
rue de la Fraternité
rue de l’Egalité
rue du Mirador
rue Arago
rue Jules Ferry
rue Dagobert
rue Voltaire
la plupart font du Collioure
de la corrida du rugby
chacun son style
reconnaissable
après visite de découverte
Collioure tire profit aussi
de la mort et de la tombe
d’Antonio Machado
qui vécut 3 semaines là
Casa Quintana
où la Retirada
l’avait conduit par hasard
avant de mourir
sa mère mourant 3 jours après lui
70 ans après
Casa Quintana
maison vide
parfois ouverte pour l’aérer 
va être vendue
à la communauté de communes
pour devenir
Centre littéraire Antonio Machado
de quoi inviter
des milliers d’Espagnols
à se photographier avec le poète
Collioure vit sur son acquis
sans trop se donner les moyens
du patrimoine de demain
Collioure  qui a le cadre
n’a pas la vision
Collioure
travaille jour après jour
 va de fête en fête 
les fêtes de Saint Vincent
avec le feu d’artifice du 16 août
achevant en apothéose
la trépidation estivale
Collioure
en quelques heures
peut passer  de 3000 habitants
à 50000-150000 visiteurs
Collioure a appris
à gérer ces journées et nuitées
orgiaques
la police donne
un premier avertissement
en termes courtois
avant contravention
l’été c’est deux mois d’enfer
avec l’équinoxe
retour au quotidien
jusqu’à l’Automne des antiquaires
à la Toussaint
la Cour de Noël
achève l’année commerciale
commercialement
à Collioure
a été écrite une nouvelle page
de la peinture
il a fallu
les heureux hasards de 1905
pour de nouvelles pages
il faudrait
sans certitude de réussite
une politique volontariste
de commandes publiques
ce qu’a fait Augustin Hanicotte
faisant peindre les enfants
est la voie à suivre
des enfants créatifs
à l’artiste créateur peut-être
Collioure
ses quartiers anciens
ses rues en escaliers
leurs balcons fleuris
un vrai bonheur
le matin le soir
quand tout dort
pour les quartiers nouveaux
on n’a pas trop bétonné
le bord de mer 
mais les collines les plus proches
avec des résidences conformes
l’arrière pays
vers Notre Dame de Consolation
la tour  Madeloc
est occupé par les vignes
en terrain pentu
plus haut par les chênes liège
puis par le maquis
les vignerons
sculpteurs de montagne
méritent
qu’artistes
écrivains
racontent ce façonnage
où courbes et angles droits
conjuguent
leurs complémentarités
leurs contrariétés
Beatriz Garrigo
a essayé
au Musée d’art moderne
ses paysages en série
vus avec un cornet
gagnent en luminosité
profondeur ambiguïté
en quelques minutes
par le chemin de la Galère
tu es loin
de l’agitation de l’ennui
plus de touristes
braillards et débraillés
plus de touristes
profitant du soleil de la plage
des terrasses des cafés restaurants
plage Boramar
avenue Camille Pelletan
plage du port d’avall
des marchands de glace
rue Vauban
des boutiques de fringues et bijoux
du Croquant à l’Ancienne
je me suis offert
le Café Sola
Les Templiers
avec son enseigne
sa fresque de Willy Mucha
son escalier tapissé de tableaux
je me suis offert
un vieux Maury
Maison Galy
un cadran solaire
de Carpe Diem
l’absence d’un port de plaisance
est une chance pour Collioure
pas de yachts
pour l’étalage obscène
de la richesse obèse
mais le m’as-tu vu
s’exhibe
avec les commandos de choc
à l’entraînement dans la ville
sous les aboiements encourageants des chefs
torses nus muscles saillants
durs abdominaux tatouages tribaux
cuisses de béton entrecuisse suggestive
pour le plus long frisson
des femmes en admiration
des mâles par procuration
des anciens du bon vieux temps
Collioure
est une petite ville dynamique
avec son sens du commerce
sa base productive
et patrimoniale
avec ses boulistes
ses joueurs de cartes
l’art de vivre
du midi
que tout le monde nous envie
beaucoup de manifestations
municipales
associatives
déjeuner sur l’herbe
rue de la Fraternité
fête de l’amitié
avec sardinade
place du Marché
sardanes orchestrales
jouées par deux coblas
rivalisant d’audace et de perfection
place du 18 juin
bref
bon séjour
à Collioure
tu ne connais personne
personne ne te connaît
l’anonymat tranquille
pour ne pas te disperser
rester sur l’existentielle interrogation
pouvons-nous donner sens à notre vie
sachant que nous sommes mortels




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Bang Bang

22 Mars 2009 , Rédigé par grossel Publié dans #poésie

Je réactualise cet article du 22 novembre 2007

 

Bang Bang, chanson de Sonny Bono, 1966

 


Découvrir si tardivement cette chanson ne me fait pas avoir de regrets, le plaisir de la découverte l'emportant sans concurrence ou ambivalence. Si je compare les paroles de la chanson américaine écrite en 1966 par Sonny Bono et interprétée par Cher d'abord, sa femme, puis par Nancy Sinatra et les paroles de la chanson française, écrite pour Sheila en 1966 aussi, par Claude Carrère et Georges Aber, je suis obligé de reconnaître la supériorité de la 1° sur la 2°. Pareil d'ailleurs pour l'interprétation.
Je n'aime pas la chanson chantée par Sheila.
J'aime celle chantée par Nancy Sinatra dans sa version première, beaucoup moins dans sa version remixée sur la vidéo-montage de Kill Bill (en générique du film, on a une reprise de la version première).
J'aime aussi la version des Raconteurs.

Voilà une chanson qui raconte une histoire prenant quelques années (de 5 - 6 ans à 17 - 18 ans) en 3 couplets et 3 refrains, histoire racontée par la narratrice qui filtre ses souvenirs, retenant des couleurs (blanc, noir), des objets (chevaux de bois), des situations ( à l'église, jeu à rebondissements, tantôt lui gagne, tantôt elle), du temps qui passe (les saisons), des comportements (rire, dire, partir, sans même mentir), des sentiments et des émotions (je l'ai appelé mien, parfois je pleure).
Quant aux refrains, ils alternent les 2 personnes, elle et lui, en utilisant le je, le tu et le il. Sur trois refrains, le 1° et le 3° sont identiques: elle est la victime du bang bang. Dans le 2° refrain, c'est lui la victime.
Voilà une histoire d'amours et de batailles enfantines qui aboutit à une séparation sans drame, avec beaucoup de tristesse et d'émotion.
On compatit avec la narratrice.
Et on se prend à se demander pourquoi tant d'amours en dérive ? pourquoi tant d'amours sans retour ? pourquoi tant d'amours qui ne durent pas toujours ou plutôt le dernier jour comme au premier jour ?
Voilà bien un sentiment qui a peu à voir avec la raison et avec la volonté, le plus douloureux quand il n'y a pas réciprocité, le plus joyeux quand il y a retour, sentiment qui fait peur et envie, mais la peur est sans doute plus forte que l'envie d'où tous les jeux de séduction contre l'amour, d'où toutes les résistances pour ne pas avoir à larguer ses repères.
J'ai beaucoup échangé avec Emmanuelle Arsan sur l'amour dans Bonheur, publié par Les Cahiers de l'Égaré, en janvier 1993, épuisé. Tant pis. Mais il y aura Bonheur 2 en 2008 pour nos 20 ans d'amitié et d'échanges épistolaires, sans aucune rencontre entre nous.

 

 

 

Jean-Claude Grosse

 

 

 


I was five and he was six
We rode on horses made of sticks
He wore black and I wore white
He would always win the fight

Bang bang, he shot me down
Bang bang, I hit the ground
Bang bang, that awful sound
Bang bang, my baby shot me down

Seasons came and changed the time
When I grew up, I called him mine
He would always laugh and say
"Remember when we used to play?"

"Bang bang, I shot you down"
"Bang bang, you hit the ground"
"Bang bang, that awful sound"
"Bang bang, I used to shoot you down"

Music played and people sang
Just for me the church bells rang

Now he's gone, I don't know why
And till this day, sometimes I cry
He didn't even say "goodbye"
He didn't take the time to lie

Bang bang, he shot me down
Bang bang, I hit the ground
Bang bang, that awful sound
Bang bang, my baby shot me down

 

 

 

 

    J'avais cinq ans et il en avait six

    Nous chevauchions des chevaux de bois.

    Il portait du noir, je portais du blanc

    Il gagnait toujours la bataille.

     

    Bang Bang,

    Il m'a descendue

    Bang Bang,

    J'ai heurté le sol

    Bang Bang,

    Cet affreux bruit

    Bang Bang,

    Mon amour m'a descendue.

     

    Les saisons vinrent et changèrent le temps,

    Quand j'ai grandi je l'ai appelé mien.

     Il voulait toujours rire et dire,

     Souviens-toi quand souvent nous jouions.

     

     Bang Bang,

     Je t'ai descendu

     Bang Bang,

     Tu as heurté le sol

     Bang Bang,

     Cet affreux bruit

     Bang Bang,

     J'avais l'habitude de te descendre.

     

     La musique jouait et tout le monde chantait (que)

     Juste pour moi les cloches de l'église sonnaient.

     

     Maintenant il est parti,

     Je ne sais pas pourquoi.

     Et depuis ce jour,

     Parfois je pleure.

     Il n'a même pas dit au revoir,

     Il n'a pas pris le temps de mentir.

     

     Bang Bang,

     Il m'a descendue

     Bang Bang,

     J'ai heurté le sol

     Bang Bang,

     Cet affreux bruit

     Bang Bang,

     Mon amour m'a descendue

 


Paroles de Bang Bang pour Sheila par Claude Carrère et Georges Aber (1966)

Nous avions dix ans à peine
Tous nos jeux étaient les mêmes
Aux gendarmes et aux voleurs
Tu me visais droit au cœur
Bang bang, tu me tuais
Bang bang, et je tombais
Bang bang, et ce bruit-là
Bang bang, je ne l'oublierai pas

Nous avons grandi ensemble
On s'aimait bien il me semble
Mais tu n'avais de passion
Que pour tes jeux de garçon
Bang bang, tu t'amusais
Bang bang, je te suivais
Bang bang, et ce bruit-là
Bang bang, je ne l'oublierai pas

Un jour tu as eu vingt ans
Il y avait déjà longtemps
Que l'amour avait remplacé
Notre amitié du passé
Et quand il en vint une autre
On ne sait à qui la faute
Tu ne m'avais jamais menti
Avec elle tu es parti
Bang bang, tu m'as quittée
Bang bang, je suis restée
Bang bang, et ce bruit-là
Bang bang, je ne l'oublierai pas

Quand j'aperçois des enfants
Se poursuivre en s'amusant
Et faire semblant de se tuer
Je me sens le cœur serré
Bang bang, je me souviens
Bang bang, tout me revient
Bang bang, et ce bruit-là
Bang bang, je ne l'oublierai pas

 

 

 

 

 

 

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Les mots de la rencontre : poèmes

15 Mars 2008 , Rédigé par Jean-Claude Grosse Publié dans #poésie

Les mots de la rencontre

Semaine de la langue française, du 14 au 24 mars 2008 :
les mots de la rencontre.


Les 10 mots sont : apprivoiser, boussole, jubilatoire, palabre, passerelle, rhizome, s’attabler, tact, toi, visage.

Voici ce que j'en ai fait.

1- Deuil / clin d’œil

Nous nous sommes séparés
sans avoir réussi à nous apprivoiser
Ce que je n’ai pu te dire
ce qui aurait dû se dire
– mais j’étais paralysé
la peur d’être ridiculisé –
je te le dis ici
sur ce papier
pour ne l’avoir pas dit sur le fait
Je n’ai pas aimé ton arrivée
Pour l’agressivité j’étais prêt
Tu me dérangeais
J’étais déboussolé
Nous nous sommes rencontrés
J’étais noué
J’ai aimé ta façon
jubilatoire
de me dénouer
de me déjouer
Je me suis parlé
mis en mots
mis à table
Toi
tu t’en es servie
pour te jouer de moi
sans tact
À ce jeu
tu as vite gagné la partie
Je ne savais pas que
la moquerie est l’arme de la profonde incursion
dans le territoire de l’autre
Je me suis dit :
Elle n’est pas ce qu’elle paraît
cela est attesté par  son visage
 par sa voix
car j’ai aimé ta voix
telle qu’elle est encore sauvage
mais de ce stage
tu attendais de la dévoyer
comme tu l’as fait
de ton corps que tu as pris à bras le corps
pour en faire ce corps de danse qui prend feu dans tes solos
Alors je me suis dit :
Fais une profonde incursion dans son territoire
ce vendredi
dis-lui
j’aimerais masser ton dos
pour parfaire notre duo
mais j’avais peur que tu m’envoies paître
de ta voix non domestiquée encore
que tu nous faisais entendre la nuit
à ton insu du creux de tes draps de lit
où j’aurais tant voulu faire des folies
dans un touchant corps à corps

Sur le plancher
par deux fois je me suis approché

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2- C’est toujours la même histoire

Je n’ai jamais eu le temps de te rencontrer
ni le temps d’un éclair
ni le temps d’une éternité
Je n’ai jamais ouvert la fenêtre
sur vos visages éphémères
sur vos visages sans âge
Je n’ai jamais eu le temps de vous entreprendre
Toujours j’étais débordé
submergé
noyé dans mon nombril
sans même un poil pour brin de gaîté
Alors j’ai collectionné mes velléités
Collectionneur de timbres-poste
sans destinataires
je les ai collés sur les pages vides
de mes agendas
et j’ai fermé les rideaux ridés
de ma jeunesse close
Jeunesse-Terminus
moi qui me voulais Don Juan d’Orient-Express
me voici fonctionnaire à carrière d’Omnibus
Je rêvais de soirs bondissants
soirs de léopards soirs de guépards
de palabres languissantes
me voici enchaînement de jours croupissants
Désormais les chambres de mes désirs sont condamnées
Plus jamais je ne coucherai dans les draps de mes bras
les filles-libellules nées des marais de ma paresse
Plus de passerelles entre rêves d’ailleurs
aux verts luxuriants
et réalité d’ici
aux gris ternis
Maintenant j’accroche les heures
au porte-manteau des habitudes
Je frotte les minutes sur du papier d’émeri usé
pas question fonctionnaire de faire des étincelles
Mes élans ennuyés s’engluent
dans la toile d’araignée
que j’ai tissée
pour réduire à l’impuissance
l’inhabituel
Je suis l’omnibus de la rectitude honnête
L’écartement de mes écarts est le plus petit du monde
J’ai l’air d’une bouteille de whisky
derrière les barreaux d’une prison
C’est vrai que je bois comme un trou
ça redonne du punch au fonctionnaire sans mystère
Taupe sans rêves je fais les cent pas
dans le cul-de-sac de ma villa
Aveugle aux mots
je ne sais plus comment les tripoter
pour me faire jouir
C’en est fini de ma sensibilité érotique
Je suis un fonctionnaire sans tressaillements
Aux soupirs du soleil je me suis attaché par les pieds
À une longue corde brisée j’ai suspendu mes oreilles
À travers des passoires
je fais passer les incongrus grumeaux affectifs
de ma pensée logique qui vague divague
Avec pour tête une serrure fermée à double tour
et pour cœur une valise à double fond
je peux tenter la fin du voyage

Pas de nouveauté au carrefour de la bêtise

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3- La chevauchée fantastique

Inutile de chercher à se faire entendre
Ils se font sourds
puisque tu n’es qu’un nomade
un barbare
Tes paroles tu les veux limpides
ils les reçoivent troubles
tu soulèves trop de poussière
dans tes chevauchées de misère
Tes caresses tu les veux fertiles
ils les ressentent louches
là où tu passes ils croient
que l’herbe ne repousse pas
Dans ta tête tu t’affoles
tu as un tel désir de les aimer à la mongole
mais ils n’ont guère de goût pour les différences
elles les dérangent
alors tu es condamné à la solitude
Tu désirais être pour eux
l’amorce d’un carrefour
ils ne connaissent que le sur place
Tu désirais être pour eux
l’annonce d’un tourbillon
ils ne connaissent que le calme plat
Et tu es seul à aimer
ces chemins qui ne mènent nulle part
chemins de razzia
et chemins de joie
alors tu es condamné à l’altitude
Tu feras des descentes
mais ils n’adopteront pas la tente
ils ne connaissent que la propriété privée
et le jardin potager
Toi qui voulais être levain de leur quotidien
levier de leur médiocrité
Là-haut l’air se fait plus pur
là-bas l’herbe se fait plus drue
il n’y a plus d’arbres soucieux de leurs racines
et de leur cime
il n’y a plus que l’herbe drue
sans origine ni fin
comme toi
Tu voulais pousser dans les interstices
pour les obliger
à penser rhizome
entre les lignes

Ils ont préféré
penser dans la ligne

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Jean-Claude Grosse

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