Manifestations Diderot pour tout savoir
Diderot n'a pas eu d'après moi, la célébration qu'il méritait il y a eu quelques événements (il n'a pas fait très attention, occupé qu'il est avec le noyau qui l'étouffe depuis si longtemps) il n'y a pas eu de Panthéon (il s'en moquerait peut-être mais pas sûr)
avec nos moyens, nous avons inscrit dans le temps une quinzaine de manifestations à partir d'écritures vivantes nourries de Diderot
La Seyne-sur-Mer Théâtre Apollinaire (12 octobre 2013),
Ferrières en Bray La Grange (2 fois, 9 novembre 2013, 15 février 2014),
Avignon Théâtre de l'Isle 80 (16 novembre 2013),
Lille Librairie Dialogues Théâtre (7 décembre 2013), Paris Maison des Auteurs de la SACD (9 décembre 2013)
Caen (le 23 février 2014), Marseille le Non Lieu (le 25 mai 2014)
Paris, Le Grand Parquet, Jardins d'Éole, le 27 mai 2014 à 19 H
Nantes Théâtre La Ruche (le 19 juin 2014),
Avignon (2 fois cet été, les 11 et 13 juillet 2014 à Présence Pasteur et à l'Espace Alya),
Grasse Lycée pour des Biélorusses (13 et 26 juillet 2014)
Forges-les-Eaux Théâtre municipal (le 13 novembre 2014)
Hyères Théâtre Denis (le 11 décembre 2014, 19 H)
Paris au Bateau Lavoir entre le 18 et le 25 octobre 2015, soirée du 22 octobre 2015, lecture pour la première fois en public de la Suite Diderot, 6 textes de Marc Israël-Le Pelletier.
JEAN-CLAUDE GROSSE
OPACITÉ/TRANSPARENCE
ENTRETIEN ENTRE UNE COSMOLOGISTE
ET UN PHILOSOPHE
10 août 2013. Soirée (g)astronomie au gîte de Batère, 1 500
mètres d’altitude, à Corsavy. Ciel constellé. Pour observation
après le repas.
Ont été invités Ada Lovelace, descendante de Lord Byron,
36 ans, cosmologue, génie du calcul intensif et Marceau Farge,
fils de paysans corréziens, 91 ans, philosophe naturaliste
d’une grande liberté d’esprit.
MARCEAU – Je me suis souvent demandé, Madame, ce que
nous apportait la science : des certitudes valables un
temps seulement, souvent contestées du temps même de
leur prééminence, sur lesquelles s’appuient des volontés
intéressées de maîtriser la nature et l’homme. N’est-ce pas
ainsi qu’il faut voir la recherche acharnée des constantes
universelles ?
ADA – Les quinze constantes physiques actuelles sont d’une
précision et d’un équilibre qui nous ont rendu possible :
matière, vie, conscience. Votre méditation métaphysique,
cher Marceau, n’est qu’une spéculation solitaire sans
vérifications. Les chercheurs avec leurs télescopes
comme Hubble captent des lumières (la gamma, la X,
l’ultraviolette, la visible, l’infrarouge, la radio) de plus
en plus faibles provenant de l’univers (sans lumières, ils
sont dans le noir). Voir faible c’est voir loin dans l’espace
indéfini et tôt dans le temps immense. Nos tâtonnements
lents, rigoureux, collectifs, débouchent sur un modèle
d’univers cohérent et beau, en symbiose avec nous.
80MARCEAU – La disproportion entre l’opacité et la clarté ne
plaide-t-elle pas pour la méditation impatiente et quasi-
aveugle sur l’opacité ? Elle ne dérange pas l’ordre des
choses étant sans volonté de puissance, sous-jacente au
désir de savoir.
ADA – Vous provoquez là ! Votre métaphore n’a rien
d’aveuglant. Nous, chercheurs, mettons en place des
notions nous permettant d’éclairer l’opacité : hasard, chaos,
inflation, singularité, fluctuation quantique. Nous voyons
se multiplier les paradoxes qui mettent en difficulté nos
modèles à contraintes et constantes
MARCEAU – la métaphysique a inventé des modèles depuis
longtemps. Anaximandre, son infini, son germe universel,
Héraclite, le feu comme principe de création, destruction,
bien avant votre big bang, Démocrite, ses atomes, Épicure, le
clinamen (une déviation, une mutation). La contemplation
ouvre sur des visions développées en métaphores
ADA – vos métaphores métaphysiques, Marceau, sont figées.
Nos paradoxes scientifiques sont dynamiques. Pensez
aux effets du paradoxe EPR (1935) qui révèle qu’ici est
identique à là (1998). Observer en 1998 que l’expansion
de l’univers, décelée en 1929, est en accélération oblige à
poser l’existence d’une énergie répulsive responsable de
cette accélération : l’énergie noire. Les calculs intensifs,
pétaflopiques, bientôt exaflopiques, que j’entreprends
avec les calculateurs Ada et Turing sont réalisés pour tenter
de la caractériser avant de la déceler.
MARCEAU – On a donné votre prénom à un calculateur
pétaflopique ? (Elle rit.) Rien n’interdit ma méditation de
se nourrir de vos calculs. Échange chiffres contre images.
Pour évoquer la recherche de la vérité, j’imagine un archer
tirant dans le noir. Où est la cible ?
ADA – Les constantes sont d’une telle précision qu’il faut que
votre archer vise une cible d’un centimètre carré, placée aux confins de l’univers. Enlevez un 0 à 10 puissance 35 et vous avez
un univers vide, stérile.
MARCEAU – Savoir que nous sommes des poussières d’étoiles
dans un univers anthropique, connaissances scientifiques
du jour, enrichit ma pensée de la Nature, m’évite de
m’égarer dans une théologie créationniste ou dans une
métaphysique matérialiste, déterministe et réductionniste
comme celle du Rêve de d’Alembert de Diderot
ADA – d’autant que nous distinguons deux sortes de matières,
la matière lumineuse, visible, connue et la matière noire,
jamais observée, inconnue, comme l’énergie noire
MARCEAU – si vous permettez que je vous appelle Ada, le noir,
Ada, semble dominer en astrophysique
ADA – 73 % d’énergie noire, 23 % de matière noire, 4 % de
matière ordinaire dont 0,5 % de matière lumineuse, telles
sont les proportions proposées aujourd’hui pour l’Univers
MARCEAU – soit 0,5 % de clarté pour 99,5 % d’opacité.
Le raccourci de la méditation sur le Tout de la Réalité
me convient mieux que le long chemin sinueux de la
connaissance parcellaire qui bute sur le mur de Planck.
ADA – Cela nous mène où, Marceau ?
MARCEAU – vous Ada à savoir presque tout sur presque
rien, moi à voir la Nature comme infinie, éternelle, un
ensemble ouvert, aléatoire, en perpétuelle création de
mondes inédits, ordonnés, périssables, inconnaissables.
Notre conversation par exemple n’était pas programmée
bien qu’annoncée. Elle est inédite et restera unique. Parce
que c’est vous, parce que c’est moi. L’infini ne s’épuise
pas et ne se répète donc pas. Dans de telles conditions de
créativité au hasard et d’inconnaissance de cette créativité,
la seule attitude me semble être le respect de ce que je ne
peux connaître complètement selon le théorème de Gödel
de 1931.
ADA – Connaisseur à ce que j’entends. Le chemin de la
connaissance scientifique est à l’opposé de votre raccourci
méditatif sur le Tout. Il ne vise à expliquer que du détail,
même aux dimensions de l’Univers. Il rend compte de ce
qui existe par des lois et du chaos, facteur de créativité.
MARCEAU – Pourquoi ce détail, Ada, l’origine de l’Univers,
plutôt que tel autre ? parce que la métaphysique vous attend
aux confins. Expliquer par du nécessaire et du contingent
n’empêche pas les trous noirs entre les différents domaines
expliqués incomplètement.
ADA – Ce sont les visages troués de votre Nature.
MARCEAU – Je médite sur ces visages mais j’en vois les limites,
Ada. L ’Univers n’est pas la Nature. Vous vouliez un
tableau fidèle. La Réalité vous impose le flou quantique.
ADA – Votre raccourci vous a demandé une vie pour déboucher
sur une métaphore de dix lignes
MARCEAU – sur l’étonnement et l’émerveillement, chère Ada.
Ce qui nous a construits par asymétries et découplages,
des atomes primordiaux aux éléments chimiques, puis par
code depuis LUCA, des gènes aux hémisphères cérébraux,
si dissemblables, le droit (celui des images), le gauche
(celui des calculs). Ce qui nous a conduits par les chemins
sinueux de la causalité probabiliste, par les raccourcis de la
liberté, à Corsavy, aujourd’hui, pour contempler la Beauté.
(Il plonge ses yeux rieurs dans les siens. Elle rit.)
Fascinante la découverte de Stephen Hawking !
En observant l'expansion de l'univers, on découvre une énergie extraordinaire. C'est une grande explosion. Mais parallèlement, une force de gravité joue comme un lien et tient tout cela en place.
Ce sont deux forces qui s'opposent. Si la force de gravité avait été légèrement plus intense, l'univers tout entier aurait été écrasé en un trou noir en un million d'années.
Si elle avait été plus faible, tout aurait explosé et aucune galaxie ne se serait formée. C'est un équilibre impressionnant.
La différence est d'un pour 10 puissance 59 pour cent - le trillionième, d'un trillionième, d'un trillionième de pour cent.
C'est aussi délicat que cela.
Plus délicat que de danser sur le fil d'une lame de couteau !
Carolyne Cannella, 23 juillet 2010
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Vers les dunes de Merzouga - Blog de Jean-Claude Grosse
dans les dunes de Merzouga au coucher puis au lever du soleil en compagnie de JP et de Chérifa/ un étourneau de la casbah Mohayout / devant le ksar d'Aït-ben-Haddou avec Choumicha Rabeh, artiste...
https://les4saisons.over-blog.com/2016/11/vers-les-dunes-de-merzouga.html
les échelles des nombres dans l'infiniment grand et dans l'infiniment petit
