Vers les dunes de Merzouga
dans les dunes de Merzouga au coucher puis au lever du soleil en compagnie de JP et de Chérifa/ un étourneau de la casbah Mohayout / devant le ksar d'Aït-ben-Haddou avec Choumicha Rabeh, artiste peintre
Vers les dunes de Merzouga
Partis le lundi 31 octobre de Marrakech vers 9 h du matin, nous sommes revenus à Marrakech le vendredi 4 novembre vers 16 h. 1100 kms environ, en empruntant quelques routes inédites pour nous, particulièrement risquées suite à des pluies une semaine avant.
En six ans et plus, j'ai pu voir l'extraordinaire transformation du Maroc. D'abord les routes, beaucoup réaménagées comme la montée vers le col du Tichka à 2260 m, infernale montée, encombrée de poids lourds, devenue route à 3 voies. Ou comme la piste de 20 kms après le col du Tichka vers Telaouet, fief jadis du Glaoui dont la kasbah mal en point est devenue musée ; c'est maintenant une route praticable en cours d'élargissement, qui va devenir dans les deux ans qui viennent attractive pour les circuits touristiques. On arrive au célèbre ksar d'Aït-ben-Haddou en découvrant au passage celui de Tamedakhte. Pareil pour la plus extraordinaire route du Maroc, 137 kms entre Ouarzazate et Demnate que nous avons parcourue en 5 heures, à refaire un jour en sens inverse, route de flancs de montagne, de fonds de vallée, 10° en moyenne, route défoncée, noyée, bref, un régal pour le chauffeur qui a croisé en tout et pour tout sept 4X4 d'Espagnols frimeurs. Donc pas encore une route à touristes mais une route à couper le souffle par la variété des paysages. Et bien sûr la magnifique route du sud pour aller de Rissani à Ouarzazate par Tazzarine, Nkoub, Agdz. La route du nord de Ouarzazate à Errachidia puis Erfoud, Riffani est très prisée par les circuits touristiques car elle va vers les gorges du Dadès, de la Todra par la vallée des roses ou vallée du M'Goun. Il est évident que le tourisme est une source de développement pour ce pays et donc les infrastructures doivent être en bon état. Les entrées des villes sont particulièrement soignées. En cours l'entrée de Rissani. Les bâtiments publics, officiels sont mis en valeur, écoles, administrations. On voit apparaître des complexes sportifs et culturels en direction de la jeunesse, pas seulement à Marrakech. La flotte des taxis s'est intégralement renouvelée. Plus de grosses Mercedes polluantes sauf exception dans les coins les plus reculés. On voit de plus en plus des panneaux photovoltaïques pour faire fonctionner les pompes des puits et même les panneaux des contrôles de police.
1° nuit dans les gorges du Dadès dans un dar en hauteur, dominant les gorges dont la cascade. 2° nuit à la casbah Mohayout à Merzouga. 3° nuit en bivouac. 4° nuit à Ouarzazate.
Merzouga ce n'était rien, il y a vingt ans. En 2005, grosses inondations qui détruisent le village. Aujourd'hui, on n'a que l'embarras du choix pour être hébergé. Après 4 visites de kasbahs, nous optons pour la kasbah Mohayout.
C'est à partir de cet hébergement que j'ai fait ma première marche dans les dunes, le matin vers 9 30, ma première balade en dromadaire jusqu'au bivouac, 1 h ½ l'après-midi vers 16 h, ma première soirée et première nuit en bivouac, mon premier lait de chamelle. Le bivouac, installé dans une cuvette au pied d'une dune qui nous domine d'une centaine de mètres, accueille une vingtaine de personnes. Indonésiennes, Allemands, Belges, Français. Grande discussion le soir avec un Français dont je ne sais rien. Discussion sur le cosmos, sur notre petitesse. Pascal en pratique et sa peur des deux infinis, nous, nous y sommes habitués ou accoutumés. J'observe le ciel, la nuit tombe vite, vers 17 h 30. Je me lève deux fois pour, dans un silence d'une densité exceptionnelle, voir l'évolution de la voûte étoilée. Les pléiades, Orion me sautent dessus. Ce n'est que la 2° fois que la grande ourse et l'étoile polaire sont visibles. Il doit être 3 h du matin. Impossible de dormir. Ça cogite, en lien avec un texte écrit le matin à la casbah après la marche ardue dans les dunes et dont j'ai fait cadeau au personnel qui l'a encadré et affiché dans l'entrée. Ce fut une nuit méditative, une grande nuit, pas comme la nuit mystique de Pascal mais une nuit d'insomnie à forte charge émotionnelle et spirituelle.
Voici le dit des dunes de l'erg Chebbi à Merzouga :
1 – Ce matin 2 novembre 2016
fête des morts / de tous les morts
tu marches / pieds nus / sur le sable très ancien / des dunes de l'erg Chebbi
Les dunes ondunent / nés des vents de sable
Beaucoup de traces / d'empreintes /
pas assez pour tout imprimer / pas assez pour tout saccager
Les dunes sont plus vastes que les pas des hommes aux semelles de vent /
que les sillages des trials / des quads / des buggys / des 4 x 4
Tu traces ton sillage en tanguant sur des crêtes vierges
Tu ne remarques même pas le tracé / non loin de là / des chameliers et de leurs caravanes
Personne n'empruntera ton tracé
Chacun peut y aller de sa singularité
même si des habitudes s'observent /
beaucoup préfèrent les sommets / assez peu les cuvettes
Personne ne lira ton allégresse car cette marche ardue t'euphorise
Le silence t'enveloppe /
Yeux mi-clos / tu parcours formes et courbes /
douce sensualité / hors d'atteinte de tes mains / de tes désirs /
rien d'agressif dans ces ondulations figées / pas d'appel d'appâts charmeurs
Il a fallu tant et tant de tempêtes / pour aboutir à cette permanence / de rondeurs et d'arêtes /
qui fait la nique à l'impermanence du flux héraclitéen
Tu écoutes la chamade de ton cœur cardiaque après une rude montée
Tu te laisses rouler sur le sable ruisselant qui ne t'ensevelit pas
Ce soir / au sommet d'une dune / tu regarderas le coucher du soleil
puis le ciel étoilé te mettra en présence de l'infini et de l'éternité
Tu resteras sans voix / il n'y a pas de mots pour de tels moments /
Au petit matin / le lever du soleil te ramènera au temps circulaire /
celui qui s'écoule comme sable entre tes doigts de pied
Tu regardes le mur de pisé du Dar Mohayout où tu écris
La paille y laisse d'innombrables signes sans messages à déchiffrer
Les étourneaux s'approchent à vingt centimètres de ta page
Ils picorent des miettes sur la table en zellige
puis s'envolent dans un froissement d'ailes /
tu connais leur murmuration / quand ils sont des milliers / cherchant leur aire pour la nuit
Les eucalyptus s'agitent / frémissent selon
Ma page s'est remplie
Je retrouve mes esprits / je suis en vie / je pense à mes morts /
sont-ils redevenus poussière ?
Je leur dédie cette journée si particulière / moi au désert
Sable / Poussière / Est-ce même matière ?
2 – Ce 2 novembre 2016 vers 16 H
fête des morts / de tous les morts
tu grimpes sur ton dromadaire / en décubitus sternal
Quand il se relève / pattes avant puis arrière / en deux temps /
tu t'agrippes bien au harnais
Tu es en tête de caravane / tu accompagnes le mouvement de l'animal /
d'un mouvement du bassin sur la selle dure
Le guide suit une piste sinueuse évitant trop grandes montées ou descentes
Tu vois le sens de l'économie des efforts en acte / pas mesurés / cadence lente
Du haut de l'animal sans nom /
les musulmans ne leur donnent pas de nom /
auquel tu parles /
tu l'as nommé Joseph / Jésus ne doit pas être loin
tu vois bien la configuration des dunes sur 180° /
tu vois aussi qu'en avançant / ça change
Le paysage immuable change avec ton déplacement /
dunes après dunes / grandeurs variables /
Avant le bivouac / arrêt sur une arête /
grimpette glissante jusqu'à un sommet /
grimper une dune c'est expérimenter la reprise /
se reprendre / glisser et remettre ça /
épuisant
Au sommet / tu assistes à un coucher de soleil dans le désert / il est 17 H 30
tu te poses une question mystifiante /
si la lumière solaire met 8 minutes pour arriver sur Terre /
que vois-tu ? au moment où tu vois ce qui t'environne dont ton ombre immense ?
Pas d'émotion particulière / moins qu'au bord de l'océan / mais plus de questions /
le désert est pour toi propice au questionnement / c'est ton premier désert
c'est sans doute l'effet de la 1° fois /
Tu descends vers le bivouac / à grandes enjambées / t'es un géant de la descente
Accueil par les Berbères du campement / Thé vert à la menthe / Cacahuètes / Repas
Va savoir / toi qui en général préfères écouter / tu vas te mêler à une conversation
tu laisses passer l'épisode sur la mort de tout un tas de langues
tu saisis l'émoi pascalien d'un baroudeur s'interrogeant sur sa place dans le cosmos /
Qu’est-ce l’homme dans la nature ?
Un néant à l’égard de l’infini /
un tout à l’égard du néant /
un milieu entre rien et tout /
la nuit est tombée depuis un bon moment déjà / il regarde la voûte étoilée
c'est clair / on n'est pas à l'échelle / l'échelle des grandeurs donne le vertige
notre échelle de 24 H par jour / de 365 jours par an / ça fait petit
par rapport aux 100 000 années-lumière de la Voie Lactée que nous contemplons /
10 puissance 21
toutes ces lumières qui nous arrivent ont mis plus ou moins de temps pour nous arriver
regarder une étoile / c'est regarder du temps passé / une étoile vieille / peut-être morte /
et des distances astronomiques /
tu essaies de repérer les étoiles que tu connais / Les Pléiades
tu évoques les grands nombres /
les 10 puissance 40 /
10 puissance 47 molécules d'eau sur Terre
10 puissance 50 atomes pour la Terre
10 puissance 85 atomes pour l'univers
50 billions de cellules pour le corps humain
8 ×10 puissance 60 d'intervalles de temps de Planck depuis le Big Bang
les petits nombres /
les 10 puissance – 20 /
une cellule humaine 10 puissance – 5
une molécule d'ADN 10 puissance – 9
un atome 10 puissance – 10
un noyau 10 puissance – 15
un quark / 10 puissance – 18
le temps de Planck / 10 puissance – 43 seconde
pour connaître tes chances à la loterie / évalue à 10 puissance – 9
pour tes chances au poker / à 10 puissance – 6
et soudain tu penses à la dune de 180 mètres qui domine le bivouac
des milliards de grains de sable accumulés / entassés
tu en es sûr / tu connais la théorie du grain de sable qui enraye toute machine /
et tu la pratiques chaque fois que tu as des chances de réussir le désordre dans l'ordre
à quelque part donc dans cette distribution / il y a
le grain de sable qui fera s'écrouler la dune de Merzouga en une grande vague ocre
quel grimpeur par une glissade aux effets secondaires inattendus provoquera l'effondrement ?
quel rapace se jetant sur le fennec des sables ?
quelle patte d'oiseau ?
Tu te lèves deux fois
vers 1 H du matin / tu repères sans difficulté Orion
et vers 3 H / elle est là / bien visible / l'étoile polaire /
à 5 fois la distance des roues arrière de la Grande Ourse
Au petit matin /
tu refuses de faire comme les autres /
tu ne grimpes pas au sommet de la dune /
pour regarder le lever du soleil /
tu ne seras pas dupe / même si c'est beau /
c'est ta Terre qui tourne sur son axe autour du soleil
3 – La tentation du désert
Les marchands de sable détestent prêcher dans le désert. Que le désert croisse !
Honneur à qui favorise le désert ! à qui recèle un désert !
Prophètes de malheur, annonceurs d’apocalypses naissent du désert. Brament dans le désert. Aboulique, la foule. Boulimiques, les masses. Venues du Nord, déferlent par les autoroutes du soleil. Maximalisation du Sud.
A l’heure de midi, le midi brûle. Le désert croît. Déserts, les chantiers. Licenciés, les ouvriers. Moi, les pieds dans l’eau. Indifférent au paradis.
Prophètes de bonheur, annonceurs d’âges d’or surgissent du désert. Exultent dans le désert. Mimétique, la foule. Léthargiques, les masses. Venues du froid, s’allongent sur le sable chaud.
Sieste sous parasol. A l’heure de midi, il fait nuit. Le désert croît. Déserts, les embarcadères. Désarmés, les rafiots. Moi, la tête dans les étoiles. Indifférent à l’enfer.
Les assoiffés de pouvoir déversent sur la foule, les grandes eaux de leurs mirages.
Fébriles, les assujettis fascinés par ces images qui ne désaltèrent pas.
Qui en appellerait à la traversée du désert ?
Sur les plages de sable, l’indifférence d’aujourd’hui. Molle. Obèse. Prolifique.
Dans les déserts de sable, l’indifférence d’hier. Dure. Sèche. Érémitique.
Du désert, aimer à la folie le grain de sable qui enraye la machine, saboteur de toute folie des grandeurs.
Du désert, garder le grain de sable, inaltérable, ne pas s’attarder à la dune, sa répétition en masse, altérée par tout vent de sable.
Favoriser le désert
jusqu'au mira (g cl) e de l'oasis
(Hammadraout, Yémen, 1994 dans La Parole éprouvée, 2000, Les Cahiers de l'Égaré)
4 – Passion nomade
Sédentaire depuis des millénaires, que reste-t-il dans tes sur place du nomade que tu fus si longtemps ? Sais-tu seulement cette part de toi, cette part d’autrefois laissée au désert ?
Installé dans le dur des murs de ta maison, tu aimes ce qui est dur : sûreté de tes options, pureté de tes émotions, dureté de tes décisions. Installé pour durer, tu es incapable de reconnaître le nomade que tu fus autrefois.
Installé dans le dur, tu en oublies la précarité de tes conditions de vie, la fragilité de tout ce que tu as acquis.
Installé pour durer, tu voudrais durer, préférant l’état au passage mais tu es en transit, n’ayant aucun héritage à transmettre. Tu es en transit et tu te crois le maître, rejetant en toi le métèque.
À l’extrême de mon attention, je suis plein d’attentions pour toute chance fragile, toute combinaison unique, refusant la profusion, la production en série, l’immonde prolifération, l’intolérable pollution. Par petits écarts en portée et en direction, je passe du proche au lointain, inventant la diversité par proximité, la succession par approximation. Imprévisible, imperceptible, je surgis, négligeant les grands départs, les grands écarts, les longues migrations des campeurs qui se déplacent sur les autoroutes du conformisme. Sans avoir à prendre place dans les sur place saisonniers des sédentaires qui vont s’exposer sur les rivages sans infini, j’ai à portée de mémoire, lointains et prochains, découverts autrefois, la première fois.
(Campement de La Ripelle au Revest, 1975 dans La Parole éprouvée, 2000, Les Cahiers de l'Égaré)
5 – Dispersion 1
entouré de limites je tourne en rond
champ miné pulvérisé par leur minable savoir
j’essaie de me trouver
on me sonde on me triture à l’ultra-son à l’électro-choc à l’infra-rouge à l’insuline
je me répands sur des lamelles de verre
dans des éprouvettes des cornues des ballons
je deviens rouge de chiffres et d’hypothèses
sur l’autel des théories on m’immole
je suis fixé au stade sadico-anal
car je me gratte le cul avec plaisir
j’ai sucé jusqu’au sang le sein maternel
je suis donc jouisseur en sus
j’ai pissé dans mes langes et j’étais aux anges
alors je rêve de paradis perdu
j’ai chié dans le pot et à côté du pot pour les faire chier
ça ils ne l’ont jamais supporté
je me suis masturbé et je ne suis pas devenu sourd
qu’ils sont lourds !
que de progressions de régressions
que de fixations de transgressions
j’ai bien du mal à me construire
ils m’ont dispersé
aux quatre petits coins de leur grand pouvoir
(Bures-sur-Yvette, 1961 dans La Parole éprouvée)
6 – Dispersion 2
Des milliards d’impressions sur ma peau
des milliards de réactions dans mon cerveau
des milliards d’excitations venues du dehors
pénétrant mes dedans par les yeux les doigts les narines les oreilles
les milliards de neurones de mes pauvres nerfs mis à vif
des milliards de stimuli
des milliards de réflexes
des milliards d’informations reçues au fond des cellules
expédiées du fond des cellules
tout cela me dépasse
je ne suis pas à la bonne échelle
je ne suis pas responsable de cette organisation proliférante de l’infime
de ces cellules qui se divisent
de ces molécules qui se combinent
de ces électrons rebelles
de ces radicaux libres
de ces particules étranges
je ne suis pas responsable de ces milliards d’automatismes de l’intime
à logique primaire binaire
je me désolidarise de moi-même
je vais m’organiser autrement
je ne serai pas reproductible par clonage
(Paris, 1973 dans La Parole éprouvée)
7 – Homme de maturation lente, je suis dépassé par les énervés.
Lourds de leur légèreté, sourds aux nécessaires solidarités, ils osent.
Croyant être au cœur des choses quand ils ne sont qu'au bord.
N'est-on pas toujours seulement au bord des choses et des êtres ?
Peut-être même est-on toujours à côté ?
Alors qu'on croyait avoir bien ciblé, bien visé !
Sait-on ce qu'on dérange quand on avance
ce qu'on détruit quand on bouge ?
(Ouverture manuscrite de La Parole éprouvée)
8 – Imprévisible, investir les interstices de leurs territoires sédentaires.
À la manière du sable. Partout. Chaque trou.
Ils ne contrôlent pas tout.
Présence légère, camper à la nomade. Au bord des choses.
Sans frénésie. Sans appétit.
Solidaire, choisir une position.
Sans tourner le dos à ses frères.
Ni leur faire face.
Installer la caravane, provisoire. Sans rien déranger.
Occuper la position, précaire, à l'extrême de l'inattention.
Provoquer le déplacement à l'épuisement de la distraction
quand l'habitude fait voir un territoire
là où l'on avait choisi un emplacement. Sans rien emporter.
En laissant tout en place et en plan.
Partir sur la pointe des pieds.
Crainte de gêner en faisant du bruit.
Pas d'itinéraire à suivre.
Nos pères ne transmettent pas leurs repères.
Pas de voies à ouvrir.
Nos fils ne veulent pas hériter pas de nos repaires.
Le désert efface toute trace de réussite hargneuse et tapageuse
de qui a fait son chemin.
Ne pas s'attarder.
Passer à la ligne.
N'aimer que les inachèvements.
Opter pour la dérive et l'inconséquence.
Seulement habité par un souffle.
(Finale manuscrit de La Parole éprouvée)
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