Les cellules buissonnières Lise Barnéoud
de livre en livre, de phrases en phrases même, bonds et rebonds pour fabriquer, affiner son discours personnel créant son réel
Les cellules buissonnières
Lise Barnéoud
PP, juillet 2023
J’avais découvert le microchimérisme foetal-maternel, un peu par hasard, m’interrogeant sur une remarque faite par l’épousée lors de son entrée à l’hôpital, le 29 octobre 2010, vers 21 H, pendant ce qui s’est révélé être son testament oral. « il faut que je te dise : il y a un morceau de Sylvain qui se balade quelque part dans mon corps. »
Il y avait d’abord eu : « je sais que je vais passer. Où vais-je passer ? »
Cette question m’a mise en mouvement et m’agit encore 14 ans après puisqu’on tombe sur cette évidence que le passé passe mais ne s’efface pas. Où passe donc le passé qui ne s’efface pas ? Ce que j’ai désigné par notre livre d’éternité et la bibliothèque de nos livres d’éternité.
Ce n’est que vers 2021 que je me suis coltiné progressivement au morceau de Sylvain. J’avais répondu en lacanien faisant son lacon : si tu entends, « Sylvain », il ne devait pas venir.
Et ce fut K. Jusqu’à ce que M. me dise : mais ils étaient peut-être deux, votre femme portait peut-être des jumeaux.
De voir surgir autre chose que son désir d’avoir un garçon, de voir surgir un jumeau possible, ce fut bouleversant.
Questions : qu’est devenu ce jumeau ? Évanescent ? Évacué par fausse couche sans s’en rendre compte ? Fusionné avec K. ? Bouffé, étranglé par K. ?
J’ai été tenté d’écrire une légende des jumeaux puis j’ai compris que c’était charger la valise déjà très chargée de K. J’y ai donc renoncé mais le sujet m’avait happé.
Sous le sapin de Noël 2023, R. piocha un livre dont une amie I. m’avait signalé la sortie : Les cellules buissonnières via un article de Libération (intégralement reproduit plus bas). J’avais déjà écouté la série scientifique en une dizaine d’épisodes in utero peut-être sur France-Inter et trouvé un article documenté sur le microchimérisme.
Je m’étais servi de ce nouveau domaine de recherche pour contester un spectacle vu à Toulon, texte de Catherine Verlaguet, Le processus, sur une adolescente qui finit par décider d’avorter, d’interrompre le processus, un jour avant que l’embryon ne soit vivant, viable, 10 semaines je crois.
La lecture du livre très bien documenté de Lise Barnéoud m’a passionné et interpellé.
Passionné
parce qu’on fait le tour d’un domaine de recherche vraiment très récent, ne dégageant des fonds de recherche qu’après de dures batailles contre des dogmes « scientifiques », l’ADN comme signature spécifique à chacun, le placenta comme barrière-frontière infranchissable, le système immunitaire comme défense d’un « moi » contre tout ce qui lui est étranger…
parce qu’une fois levés les bâtons mis dans les roues par les pontes masculins de la génétique, les chercheurs de ce nouveau domaine se divisent en intuitifs de génie comme le précurseur, Georg Schmor (1893), ou comme Thomas Starlz (1972) et en contre-intuitifs travaillant d’abord sur ce qui serait négatif, hostile dans les phénomènes observés comme Diana Bianchi ou Lee Nelson, avant qu’elles n’acceptent de revoir leur préjugé.
Je vous laisse découvrir les perspectives ouvertes par ce qui porte le nom de chimére. Le mot chimère renvoie à 4 significations. Dans sa signification médicale, le mot chimère a été employé pour la 1° fois dans un article A human blood-Group Chimera du docteur Robert Race, publié par The British Médical en juillet 1953. Parce qu’avec ce mot, « ça faisait un bon titre a t-il raconté et parce que ça reflétait bien ce qu’il y avait d’incongru dans la juxtaposition chimérique », en l’occurrence pour Mme Mc K., jeune femme de 28 ans, pourvue d’ « un quota suffisant de courbes et de bosses pour attirer et épouser un conjoint » d’avoir un sang du groupe O et du groupe A en même temps. (P.65)
Interpellé
parce que Lisa Barnéoud est amené à dire « nous avons tendance à rechercher dans la science des justifications de nos visions du monde « p.162, « les discours de la science servent souvent à renforcer les stéréotypes sociaux et culturels dominants, les faisant apparaître naturels » p.164. Voilà qui conforte une conviction que j’ai acquise, il y a quelque temps quand j’ai posé que le réel, ce que j’appelle le réel est fabriqué par le discours que je tiens.
Discours noir, réel noir. Discours rose, réel rose.
Tu veux changer le réel, change tes mots.
Mais comme ça semble vraiment gonflé de poser cette puissance créatrice des mots de notre discours, on va chercher dans la science des justifications, des « preuves ». La physique quantique et la cosmologie sont particulièrement sollicitées par tous les éveillés, les woke.
Ayant constaté cela, sachant d’autre part que la recherche scientifique, surtout concernant le vivant, c’est dans l’objectif d’agir, plus que de connaître, d’agir, y compris en méconnaissance des effets primaires, secondaires et pervers des greffes, des vaccins (à ARN messager, les deux Nobel de cette technique me semblent des apprentis-sorciers), des transfusions sanguines (affaire du sang contaminé), des fausses couches, des avortements, des césariennes, des fécondations in vitro, des tests prénataux (marché estimé à 3-4 milliards de dollars en 2020), des médicaments (thalidomide, médiator), des amniocentèses… d’où les dépôts de brevets de ces chercheurs micro-chimériques (on voit les labos derrière et devant, devant parce que les chercheurs visent à les intéresser, derrière dès que c’est intéressant financièrement),
j’ai fini par poser que la science est idéologique comme toute construction humaine, que je n’ai pas à en attendre des « preuves », que j’ai à m’en méfier, voire à la combattre (l’I.A sans doute, la vaccination Covid 19), que je dois faire choix du discours que je veux tenir, discours ultra-minoritaire puisque singulier.
C’est ainsi que j’ai renoncé à des constructions-conceptions encore très dominantes aujourd’hui : la mort comme anéantissement, le déterminisme, le darwinisme, le matérialisme, le marxisme, l’athéisme, la lutte des classes, la démocratie représentative comme modèle, la culture comme facteur d'émancipation, l’art comme création-fabrication du nouveau…
J’ai trouvé dans le livre de Lise Barnéoud, des pistes allant dans le sens de ce que je pose aujourd’hui comme réel.
Mais le microchimérisme accède à l’éternité par le biais des cellules d’origine foetale, des cellules d’origine maternelle, dont certaines sont des cellules-souches, cellules buissonnières, nomades, trans-frontalières, engendrant des générations de nouvelles cellules,
brouillant la notion d’hérédité parents-enfants, puisqu’une hérédité à l’envers s’observe, les femmes pouvant hériter des gènes de leur progéniture, que même une hérédité horizontale existe avec les 10 à 30% de grossesses uniques démarrant pourtant avec deux embryons, dont un évanescent, fantôme ou deux fusionnant,
brouillant la distinction entre le soi et le non-soi puisque
avec le microbiote, notre 2° cerveau, nous savons maintenant que nous sommes colonisés par des milliards de bactéries, mille fois plus vieilles que nous,
avec l’épigénétique, nous savons que l’environnement (lieu de vie, climat, cadre, conditions d’existence), l’hygiène de vie (habitudes, activités physiques et créatrices), la méditation sont décisifs pour le ralentissement du vieillissement et que le microchimérisme révèle que nous sommes des assemblages hétéroclites, des holobiontes…
Aujourd’hui je n’ai pas besoin de ces « preuves » pour choisir « mon » discours.
Mais ce livre se révèle être un moment d’un cheminement comme si de livre en livre, de bonds en rebonds, s’affinait mon discours.
Le maillon Maximilian Volochine est important : Max, le poète, avait proposé entre 1911 et 1917, à Marina Tsvétaïéva d’écrire comme Marina mais aussi pour ses poèmes russes par un homme inventé, nommé Pétoukhov, qu’elle finirait par haïr et, pour ses poèmes romantiques par des jumeaux inventés, une femme et un homme, les Krioukov.
Proposition inouïe qui va bien au-delà de l’utilisation d’hétéronymes. S’inventer des jumeaux…
Marina, par orgueil, voulant signer Tsvétaïéva, tout ce qu’elle écrivait, refusa cette proposition.
Aveu de 1932 :
« C’est vrai que Pétoukhov aurait été un bon poète. Quant aux jumeaux, je les pleure jusqu’à ce jour. »
Je pense que la phrase de Marina Tsvétaïéva dans son récit De vie à vie, consacré à Maximilian Volochine, « Tous les poèmes qui furent, qui sont et qui seront écrits le sont par une seule femme, une femme - sans nom. » est particulièrement éblouissante, ouvre le champ des possibles.
Exprimée à ma façon : Toutes les vies qui furent, qui sont, qui seront sont vécues par une seule femme, une femme - sans nom, par un seul homme, un homme - sans nom.
Nous voici sans identité, dans la fluidité, dans l’entrelacement de toutes les hérédités. Même plus besoin de passer par les nombres univers comme j’y ai été amené à un certain moment pour éviter l’usage de la physique quantique et des poussières d’étoiles de Carl Sagan et Hubert Reeves.
Ma métamorphose remonte à 2020. Du naturalisme métaphysique de Marcel Conche à un cheminement d’attention au miracle mystère de la naissance et au mystère miracle de la mort.
Exit, le recours aux explications scientifiques, aux constructions et déconstructions idéologiques. C’est la guerre sans fin des récits.
Je n’ai plus aucun intérêt pour le cirque politique, le cirque médiatique, le cirque sportif, le cirque olympique, j’en ai assez des bruits du monde. Je ne réclamerai jamais la censure de qui que ce soit, de quelque débat que ce soit. Mais je n’ai plus envie de dépenser de l’énergie à tenter de construire une vérité même complexe sur ce qui se produit dans le monde et n’ai nulle envie d’user de mon imagination pour, par des romans, tenter de cerner des personnages publics, célèbres, riches, menteurs, voyous, cyniques…
J’en suis à me demander avec plein de doutes, d‘hésitations quels mots, quels verbes plutôt, vais-je employer pour vivre la Vie dans l’émerveillement, l’enthousiasme, la joie, la gratitude, l’empathie, la compassion. Selon l’inouïe proposition de Jésus « aimez vos ennemis comme vous-mêmes »
En tentant les verbes, ça pourrait donner s’émerveiller des détails de la vie, s’enthousiasmer des imprévus et surprises offerts par la vie, joier-jouir de jour comme de nuit, en veilleur ou-et dormeur, de tous les incidents, accidents, instants, moments, éclats visuels, auditifs, gustatifs, olfactifs, tactiles, de tous les échanges par inspir-expir…
Il est des livres qui bouleversent notre vision du monde.
par Olivier Monod
Dans les Cellules buissonnières (Premier Parallèle, 2023), la journaliste scientifique Lise Barnéoud relate des cas scientifiques extrêmes qui nous permettent de mieux comprendre la composition de nos propres corps. Comme celui de l’Américaine Karen Keegan, mère de trois enfants, qui s’est vu dire par les médecins : «Deux de vos fils ne correspondent pas à votre ADN.» Une découverte fortuite alors que ceux-ci passaient des examens de compatibilité avec leur mère en vue de lui donner un rein. Idem pour Lydia Fairchild, dont les tests de maternité nécessaires à l’obtention d’une aide sociale aux Etats-Unis révèlent que, d’un point de vue génétique, elle n’est pas la mère de ses deux enfants.
Le livre de Lise Barnéoud est une plongée dans ces résultats scientifiques des plus troublants connus sous le nom de «microchimérisme». Comme la créature mythologique mi-chèvre mi-lion à queue de serpent, beaucoup d’entre nous (tous ?) sont constitués de plusieurs populations de cellules ne contenant pas le même génome. «L’équation maintes fois apprise "1 individu = 1 génome" ne couvre pas toutes les réalités», déconstruit la journaliste scientifique. Mais d’où proviennent ces cellules autres ? Une première piste nécessite de décortiquer les mécanismes de la grossesse et de se pencher sur la notion de «jumeau évanescent».
LA «REINE DES PREUVES»
Tous les embryons ne vont pas au bout de leur développement. Quand une grossesse commence avec deux fœtus mais qu’un seul arrive à son terme, on appelle l’autre un «jumeau évanescent». Ce cas toucherait 10 % à 30 % des naissances uniques. Une trace de ce frère ou de cette sœur jamais né(e) peut perdurer dans le corps de son jumeau avec lequel il a partagé quelques jours le même utérus. Ses cellules ont pu s’insérer dans l’être en formation à côté de lui, allant jusqu’à devenir des constituantes à part entière de certains de ses organes. Dans le cas de Karen Keegan, les médecins pensent même que les deux fœtus ont fusionné. Concrètement, certains de ses ovules contiennent les informations génétiques de Karen et d’autres celles de sa sœur qui n’est jamais née. Cette affaire donne son sous-titre au livre de Lise Barnéoud : L’enfant dont la mère n’était pas née et autres folles histoires du microchimérisme. Le cas de Karen Keegan, décrit dans un article scientifique, a sauvé Lydia Fairchild face à l’administration américaine. En découvrant cette folle histoire, l’avocat de cette dernière lui propose de faire un frottis du col de l’utérus. Bingo, certaines cellules récoltées sont compatibles avec l’ADN de ses enfants. Lydia a bien porté ses enfants, même si elle est génétiquement leur tante. De quoi se faire des nœuds à l’arbre généalogique.
Le microchimérisme n’a pas que des conséquences sur la parentalité. Dans les affaires criminelles, il peut également remettre en cause la «reine des preuves», à savoir l’ADN. Lise Barnéoud raconte ainsi comment, en 2004, la police scientifique de l’Alaska identifie le sperme présent sur une scène de crime comme étant celui d’un individu déjà en prison. L’homme avait des cellules séminales identiques à celles de son frère. Pas de jumeau évanescent dans ce cas précis : le mécanisme de transmission est une greffe de moelle osseuse entre les frangins. La littérature scientifique fleurit de cas similaires où les cellules du donneur sortent de l’organe greffé pour se balader dans le corps du receveur et parfois s’insérer dans d’autres organes sans en altérer le fonctionnement. «Je est un autre», écrivait Rimbaud.
Le microchimérisme bouleverse également les croyances scientifiques. Le dogme dominant pour expliquer le fonctionnement du système immunitaire repose sur la capacité des défenses du corps à distinguer le soi - les cellules du corps qu’il ne faut pas tuer - du non-soi - les cellules étrangères à dézinguer. Cette théorie avait, certes, déjà été fragilisée par la découverte du microbiote, cette flopée de bactéries qui vivent sur la peau ou dans les intestins, essentielles au bon fonctionnement du corps humain. Mais voilà qu’on découvre aussi que certaines parties de notre corps peuvent être constituées de deux populations cellulaires génétiquement distinctes. L’immunité de l’organisme est donc une relation de coopération entre nos cellules, celles dites microchimériques et les micro-organismes.
À TRAVERS LE PLACENTA
La principale source de microchimérisme reste la grossesse. En témoigne la première référence au microchimérisme trouvée par Lise Barnéoud, qui remonte à 1893, quand un médecin allemand trouve des cellules du placenta dans les poumons de femmes mortes en couches. Mais la grossesse est encore insuffisamment explorée par la science moderne. «Quand je voyais écrit, il y a quelques années, dans les manuels de biologie de ma fille, que le placenta ne laissait pas passer les cellules, je n’en revenais pas»,se désole Nathalie Lambert, chercheuse à l’Inserm et spécialiste du microchimérisme, invitée à la présentation du livre à Paris le 21 septembre. Car les échanges entre un fœtus et sa mère vont bien au-delà de quelques nutriments, de l’oxygène et des défenses immunitaires. Le placenta laisse aussi passer des cellules. Ce transit à travers le placenta est même probablement l’une des conditions de réussite de la grossesse. En effet, les cellules de l’embryon se rendent en priorité dans le thymus de la femme enceinte pour inciter le système immunitaire à accepter la présence du fœtus dans son organisme. «Elles s’assurent que l’embryon reçoive le gîte et le couvert», résume Lise Barnéoud.
Si les cellules passent dans un sens, elles peuvent donc passer dans l’autre. Ainsi, la mère donne à son fœtus ses propres cellules et, potentiellement, celles des embryons qu’elle a déjà portés, voire celles de sa propre mère qui peuvent encore être présentes dans son organisme. Dans une étude publiée en 2021 dans la revue The Lancet, Nathalie Lambert a découvert des cellules microchimériques de leur grand-mère dans le sang de cordon de cinq bébés sur 28.
LES CINQ GOMMETTES
Quand elle présente son livre à la presse, Lise Barnéoud propose à chacun de coller une gommette sur son épaule pour chaque voie de transmission prouvée de cellules microchimériques qui nous concerne. Une gommette pour sa mère, une pour sa grand-mère. Une gommette pour chaque grossesse de sa propre mère avant sa naissance. Une gommette si on a subi une transplantation solide ou une greffe de moëlle osseuse. Enfin, pour les femmes, une gommette pour chaque grossesse menée à terme ou non. On a fini avec cinq gommettes sur l’épaule. De quoi sérieusement revisiter le concept de sa propre identité.
Malgré l’importance conceptuelle de ce phénomène, il reste peu étudié avant les années 90. «Nous manquons encore beaucoup d’informations de base sur ces sujets. Comme nous avions du mal à démontrer une application possible, nous n’avions pas suffisamment de financement»,regrette J. Lee Nelson, chercheuse américaine retraitée de l’institut Fred-Hutchinson de Seattle, également là à la présentation du livre à Paris et grande spécialiste du sujet.
Néanmoins, les résultats récents étayent le rôle de ces cellules dans nos corps et relancent l’intérêt des financeurs. Alors, que font-elles, ces cellules porteuses d’un ADN différent mais qui nous constituent ? Est-il dangereux d’être «multi-génétique» ? C’est que ces cellules peuvent se retrouver dans n’importe quel organe.
Dans un article publié dans la revue PlosOneen 2012, J. Lee Nelson trouvait des neurones masculins (contenant des chromosomes XY) dans le cerveau de 37 femmes sur 59 autopsiées. Certains chercheurs pensent même qu’elles peuvent se transmettre par le sperme. «La chanson Can’t Get You Out of My Head [«je ne peux pas te sortir de ma tête», ndlr] n’a jamais semblé aussi juste», se marre aujourd’hui J. Lee Nelson. Les cellules microchimériques peuvent avoir un impact positif ou négatif en fonction des cas, comme souvent en biologie. Lise Barnéoud raconte ces femmes greffées d’un rein qui déclenchent un cancer des années après leur opération. Surprise, leurs cellules cancéreuses sont toutes mâles, donc issues de l’organe greffé. Le microchimérisme pourrait aussi jouer un rôle dans le développement de certaines maladies auto-immunes, dont les trois quarts des victimes sont des femmes, souvent de plus de 45 ans. Enfin, dans les cas de jumeaux évanescents de sexes différents, si des cellules mâles et femelles se côtoient dans le même appareil génital, cela peut donner lieu à des malformations. Comme cette petite Américaine opérée en 1962 et qui présentait du tissu ovarien d’un côté et du tissu testiculaire de l’autre…
LE CÔTÉ OBSCUR
Au début de ses recherches, dans les années 90, J. Lee Nelson a par ailleurs démontré qu’on avait plus de chances de trouver des cellules mâles dans le sang des femmes atteintes de sclérodermie, une maladie auto-immune, que dans le sang de femmes en bonne santé. Voilà pour le côté obscur. Car «ce n’est pas parce qu’on voit des pompiers à chaque fois qu’il y a un incendie, qu’il faut en conclure qu’ils causent l’incendie», temporise Lise Barnéoud.
J. Lee Nelson a d’ailleurs «toujours cru que les bons côtés l’emportaient sur les moins bons». Des études épidémiologiques laissent ainsi penser que les femmes qui ont des cellules mâles dans le sang ont moins de risques de développer certains cancers (sein, ovaires et cerveau). Elles auraient un effet protecteur, donc. De quoi pousser des scientifiques à plancher sur leur effet curatif éventuel. Selim Aractingi, chercheur à l’hôpital Cochin à Paris, obtient des résultats positifs en utilisant ces cellules pour guérir des plaies cutanées et même réparer les tissus après des accidents cérébraux chez la souris. Il espère pouvoir utiliser chez l’humain le potentiel thérapeutique de ces cellules attirées par les zones blessées et capables de s’insérer dans un organe tout en garantissant son fonctionnement. D’autres résultats tendent à prouver que les cellules microchimériques de la mère «éduquent» le système immunitaire de l’enfant. Dernier espoir évident : la possibilité d’augmenter la tolérance des greffes. Mais ce n’est pas pour toute de suite.
Lise Barnéoud Les cellules buissonnières Premier Parallèle, 208 pp., 19 €
---------------------------------------------------
Pour résumer ma position aujourd’hui
Naissance = miracle et mystère
Mort = mystère et miracle
(miracle = heureusement qu'on meurt, dixit Marcel Conche)
Ces deux mots, selon moi, n'ont pas à être élucidés, conceptualisés (tentation humaine)
mais doivent induire des attitudes
Le savoir sert à confirmer l’impossibilité de savoir
mais sert aux pouvoirs
/image%2F0551669%2F20220408%2Fob_6a8507_264864480-10216303165371656-2030107155.jpg)
La vie ? processus ? mystère ? - Blog de Jean-Claude Grosse
hier après-midi et soirée, 21 février 2024, goûter de retrouvailles à 7, 3 comédiennes, la cinquantaine passée, 2 techniciens du spectacle, même génération, une jeune fille et un pépé, ...
https://les4saisons.over-blog.com/2022/04/la-vie-processus-mystere.html
/https%3A%2F%2Fwww.radiofrance.fr%2Fs3%2Fcruiser-production%2F2023%2F04%2Fa35297e8-f671-459d-821f-ce6829df207c%2F400x400_sc_fi-inutero-3000x3000.jpg)
In utero : podcast et émission en replay | France Inter
Tout commence là. Nous venons tous de là. C'est là que nous sommes nés. Nous avons tous été une cellule, puis deux, quatre, huit, puis des millions de milliards de cellules. Nous avons tous ...
/image%2F0551669%2F20240629%2Fob_10164d_maximilianvoloshine.jpeg)
De vie à vie Marina Tsvétaïéva - Blog de Jean-Claude Grosse
De vie à vie / Maximilian Volochine / maison des Volochine (mère et fils) à Koktébel, Crimée De vie à vie Marina Tsvétaïéva (traduction André Markowicz) Éditions Mesures De vie à vie (l...
https://les4saisons.over-blog.com/2024/06/de-vie-a-vie-marina-tsvetaieva.html
un récit essentiel existence-ciel, jalon de mon cheminement
/image%2F0551669%2F20240805%2Fob_c7be38_cellules-buissonnieres.png)
/image%2F0551669%2F20240805%2Fob_f0aa0a_lise-barne-oud-large.jpg)
/image%2F0551669%2F20240805%2Fob_e19a7b_de-vie-a-vie.png)