Débat citoyen au Théâtre Liberté
articles de Var Matin, le bocal varois de juin 2002 avec des auteurs algériens et des auteurs pieds-noirs, le livre franco-russe né du bocal agité au lac Baïkal en août 2010 pour les 10 ans du séjour de Cyril Grosse pour la création du spectacle C'est possible, ça va; le schéma de l'euro éthique présenté par un gilet jaune, Olivier; le roman inachevé de Cyril Grosse
Grand débat : culture et citoyenneté
Captation réalisée au Liberté, scène nationale de Toulon le 17 février 2019 Châteauvallon et Le Liberté, scène nationale de Toulon, fidèles à leurs vocations de lieux de création, d'ouve...
j'interviens à 23' pendant une dizaine de minutes; l'atelier constituant intervient à 37'
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Le comédien, co-directeur du Théâtre Liberté à Toulon est l'invité de Patricia Martin. Châteauvallon et Le Liberté, scène nationale de Toulon, organisent deux débats publics ouverts à to...
voilà une base utile pour interroger Charles Berling, dans un esprit constructif
ce que j'entreprends, je le fais par conviction et avec passion mais aussi parce que m'a précédé Cyril Grosse (1971-2001), écrivain, metteur en scène, comédien
Renouer le dialogue entre ceux qui ne veulent plus parler et ceux qui ne veulent pas les écouter c'est toujours une victoire, peu importe le nombre. Ça porte toujours ses fruits. Bravo ! Aline
Compte-rendu du débat du 17 février au Théâtre Liberté
Quand j'ai proposé par lettre ouverte portée avec une gilette jaune le 1° février que le Théâtre Liberté, Châteauvallon, l'Opéra de Toulon s'ouvrent à des débats citoyens en écho au mouvement des Gilets Jaunes, j'avais le projet que se créent des passerelles entre deux mondes, celui de la culture administrée selon des impératifs de « rentabilité » et celui des GJ, en majorité des actifs, des gens au RSA, des chômeurs, des retraités aux revenus modestes les situant plus dans la survie, la galère que dans une vie choisie.
Quand samedi 16 février, j'ai évoqué le débat citoyen du dimanche au Théâtre Liberté, les GJ auxquels je m'adressais me demandaient : où est ce théâtre ? - derrière vous ! Qu'on le veuille ou non, il y a bien des gens qui n'ont pas accès à la culture proposée, qui sans doute aussi ne se sentent pas concernés par cette culture qu'ils trouvent « élitiste ».
Donc, d'une part le Théâtre a communiqué, newsletter, presse, radio et d'autre part j'ai informé largement différents groupes de GJ, de l'initiative. J'ai même adressé un mail à plus de 150 « amis ». J'observe que depuis que je m'affiche gilet jaune, un bon nombre d' « amis » me boudent, m'isolent, m'ignorent. C'est leur choix. C'est vrai en particulier chez les artistes. Très peu d'échos, de propositions, d'échanges. Et pourtant je connais bien ce milieu mais silence radio côté collectif 83 des compagnies s'il existe encore, côté La Réplique en sommeil et réactivée, côté compagnies varoises, théâtres des villes voisines, côté comédiens...
À mon avis, nous nous sommes retrouvés à 150 maxi dans la salle Albert Camus (quelle belle figure tutélaire !). Donc avec deux forces de frappe communicationnelles (Liberté, GJ), on a rassemblé presque 10 fois moins que pour l'Agora du Zénith, le 18 janvier, agora préparée en 15 jours par 4 femmes GJ au départ (1350 participants comptés, chiffre divisé par 2 par le journaliste Claude Ardid dans un article fielleux et mensonger paru dans Charlie-Hebdo). Cela fait question.
Le débat au Théâtre Liberté dimanche 17 février 2019 a duré 2 H, 19 h 30-21 h 30. Il a été démocratique sans monopolisation par la direction. Salle et scène faisaient un presque cercle, 130 ? dans la salle, 20 personnes sur le plateau = celles qui ont voulu monter, dont 7 GJ. Ont été posées deux questions de forme sans que cela entraîne une modification du cours des choses (question sur la captation non prévue pour un live donc quid de la restitution, question sur les remontées au national). J'ai laissé tomber la question de la présidence et modération par un duo de citoyens ce qui est peut-être une erreur mais ce débat citoyen montre ses limites quand choix n'est pas fait de démocratie directe avec vote sur les propositions nées de l'intelligence collective en acte; on débat, on ne décide pas. Un débat citoyen n'est pas encore une assemblée citoyenne.
Le déroulement a été correct selon moi, la parole a bien circulé. Des propositions ont été faites dont le festival des possibles sur un mois; la quasi-absence des artistes (9 peut-être) n'a pas contribué à relayer cette proposition de festival hors programmation préparé en amont avec des citoyens volontaires et le Théâtre. Pas de décision prise. Il faudra renouveler la proposition à Châteauvallon.
À toutes les demandes d'ouverture citoyenne, à toutes les remarques sur l'accessibilité, il a été répondu que le Théâtre Liberté le faisait déjà, que c'était sa vocation, dans ses gènes. Comme étaient présentes des associations en lien et partenariat avec le Théâtre, on a eu droit à des exemples concrets d'interventions sur le territoire sous des formes diverses, genre école de la 2° chance. Donc, le Théâtre est satisfait de ce qu'il fait (c'est son droit le plus légitime, il fait bien et au mieux, ce qu'il fait, c'est incontestable) et on sait le lui dire, des usagers lui renvoient une image gratifiante. Mais peut-être aux dires de la gilette jaune qui a porté la lettre ouverte avec moi faudrait-il apporter davantage de lisibilité sur les actions nées de ces partenariats parce que ça pourrait donner envie de connaitre le lieu, de le fréquenter, de le rendre plus « populaire ». Peut-être aussi donner des idées d’autres utilisations possibles. (Beaucoup de "peut-être" qui disent beaucoup sur le rapport au lieu).
Mais le débat a été beaucoup plus large que les missions ou vocations du théâtre. Par suite le rôle du lieu se trouve décalé quand sont mises en cause les politiques municipales et de quartiers. Le lieu théâtre n'est pas responsable de la carence en lieux là où ils seraient nécessaires (maisons du peuple ou maisons des citoyens, maisons du droit, maisons de quartiers, maisons des jeunes, maisons inter-générationnelles). Les retraités sont bien servis sur Toulon, 27 foyers des anciens. Les comités de quartiers sont en sommeil.
Les jeunes ont été au coeur du débat pendant un bon moment. Ont disparu les maisons des jeunes et de la culture, fort utiles au temps de l'éducation populaire. Différentes interventions ont fait remarquer que plein d'expressions artistiques sont nées ailleurs que dans les lieux officiels, que des lieux alternatifs existent, se créent, que les jeunes savent aussi investir des espaces publics où barbecue et musique font bon ménage. La musique adoucit-elle les mœurs ? en lien avec la question : la culture permet-elle de faire barrage à la violence ? Réponses négatives chez Hannah Harendt, George Steiner.
Ont été évoqués deux exemples de prise de responsabilité de leur destin par des jeunes : la manifestation-grève scolaire des lycéens contre l'inaction des gouvernements sur le plan climatique à l'appel de Greta Thunberg et l'émouvant discours d'Emma Gonzalez sur la tuerie de Parkland. Paradoxe, il a été très peu question des artistes, très peu présents d'ailleurs. A été signalé que beaucoup d'étudiants qui se forment en arts à Toulon s'en vont ensuite vers Arles, Marseille, Avignon. La ville ne profite pas du vivier d'artistes qu'elle forme.
Les GJ présents ont été présents et ont dit ce qu'il fallait dire sur le revenu universel de base, sur le pouvoir constituant à récupérer par les citoyens, sur les inégalités socio-culturelles, sur la diversité des cultures, sur l'euro éthique.
Le journaliste Claude Ardid (qui dans Charlie Hebdo a écrit un article dénaturant l'agora GJ du Zénith Oméga du 18 janvier) a rajouté une couche fielleuse hostile aux GJ traversés affirme-t-il par des propos racistes, antisémites. Je le laisse à ses « accusations » et à son dithyrambe pro-France = pro-Macron. Il a toutefois fait remarquer à juste titre qu'il y avait moyen de s'informer et de s'instruire en France y compris par les chaînes de télévision. C'est vrai. Encore faut-il la curiosité et l'envie de devenir citoyen => celui qui s'occupe de ce qui ne le regarde pas, à savoir l'intérêt général. Et là, il y a tout un travail d'éducation populaire et politique à faire, ce que font les ateliers constituants en ce moment un peu partout en France.
Une anecdote nous fut racontée par un monsieur de plus de 80 ans. Il y a plus de 50 ans, il avait avec deux autres amis peint en blanc sur une magnifique Chevrolet, le slogan : US Go Home. Le débat n'eut point lieu mais se posait la question pertinente de la domination culturelle américaine (je dirai même la guerre culturelle à travers le droit à la propriété des biens immatériels) avec en filigrane la peu pertinente question : y a-t-il une exception culturelle française ?
Grâce au metteur en scène Jean-Baptiste Sastre, j'ai appris que Georges Bernanos dont il a mis en scène le texte La France contre les robots a écrit Les grands cimetières sous la lune à Toulon au Grand Café de la rade. Il a même écrit un texte sur Toulon. Nous avons aussi évoqué Simone Weil, philosophe et militante dont Albert Camus a publié L'enracinement. François Cheng évoque magnifiquement cette figure de l'absolu dans la 6° lettre de son livre De l'âme.
En conclusion, l'essentiel de ce débat semble être la nécessité de lieux de proximité pour les jeunes. De même que les stades de foot sont de partout, les maisons de jeunes et inter-générationnelles doivent s'édifier partout sur le territoire. Doit aussi être réinvesti l'espace public comme les GJ l'ont brillamment fait en ouvrant les Champs-Elysées aux manifestations contre les riches, pour la dignité humaine et le respect de la Vie, hier encore reléguées de la Nation à la Bastille et à République.
Reste à préparer le débat citoyen de Châteauvallon du lundi 25 février à 19 H. Doit-il s'orienter vers ce qu'on pourrait appeler le 2° acte de l'éducation populaire en lien avec le 2° acte de la décentralisation culturelle ayant pour axe : des cultures de tous aux cultures avec tous, des Je aux Nous ?
Jean-Claude Grosse
78 ans, GJ, auteur dramatique, éditeur
Lettre partiellement lue pendant le débat (ce que j'ai mis en italiques)
Propositions pour un théâtre en liberté
Le Théâtre Liberté porte un joli nom.
La liberté est une valeur première de la République. Elle se décline en libertés individuelles et collectives. Les libertés constitutionnelles ont été réclamées et obtenues par des mouvements, révolutions, insurrections. La liberté ne se limite pas aux libertés arrachées puis octroyées. La liberté est une histoire individuelle et collective en cours où de nouvelles libertés restent sans cesse à proclamer, la liberté c'est une histoire de libérations successives avec parfois des régressions politiques majeures. Cette succession de libérations repose sur ce qui fonde la liberté absolue de chacun : le pouvoir de dire NON (ce qu'a si bien énoncé La Boétie), pouvoir lié au fait que l'homme pense, et n'est pas un perroquet. Comme disait hier à Toulon un slogan : « je pense donc je gêne ».
Le théâtre Liberté a décidé d'organiser un débat citoyen sur culture et citoyenneté, sur « la place de l'art et de la culture dans notre société en mutation ». Mais il faut dire au préalable que sans le mouvement des Gilets jaunes, enceint de 3 mois d'existence et qui n'est pas prêt de s'arrêter, il n'y aurait pas eu ce grand débat national appelé de ses vœux par le Président de la République, dont il bat l’estrade pour faire one-man-show.
Pendant trois mois, les lieux de culture sont restés étrangement silencieux. Ce n'est que depuis peu que certains se réveillent, à la suite d’appels lancés par certaines personnalités, dont l’ancien directeur de la revue Mouvement, et à la suite de la tribune de Marie-José Malis, présidente du Syndicat des entreprises artistiques et culturelles, le Syndeac, parue le 21 janvier 2019 dans « Libération », qui appelait à un 2° acte de la décentralisation culturelle.
Un premier débat citoyen a eu lieu au Théâtre de la Cité à Toulouse, le 8 février.
La forme n’étant pas étrangère au fond, il ne peut revenir à la direction du théâtre Liberté le soin de conduire le débat qui nous assemble. Ici, chaque voix doit compter, et nous devons, toutes et tous, être sur un pied d’égalité afin que puisse s’exercer la pleine fraternité d’un échange démocratique. Je propose en conséquence qu’un duo de citoyen.ne.s issue de cette assemblée préside et modère le débat qui va suivre. La désignation pourrait se faire par tirage au sort, on se satisfera pour ce soir du volontariat.
De toute manière, il est évident que ce débat ne peut être qu'un début, si nous voulons œuvrer durablement à la « mutation » qu’évoque l’intitulé de ce débat.
Dans le champ culturel, comment pouvons-nous percevoir la mutation qui s'annonce ? La politique culturelle, telle qu’elle s’est développée en France, débute avec le Front populaire, et s’inscrit dans une revendication de temps libéré du travail, ce qu’on appela le loisir. André Malraux a ultérieurement forgé la notion de « culture pour tous ». Antoine Vitez parlait pour sa part de « culture élitaire pour tous ». Et tout récemment, Frédéric Mitterrand parlait de « culture pour chacun ». Mais il semble déraisonnable que « la » culture (quelle culture, y en a-t-il une seule ?) puisse être égale pour tous , pas plus que pour chacun d'entre nous. Comme le rappelle Jacques Rancière dans « le partage du sensible », il n'est pas de démocratie sans capacité de distinction. Lorsque la gauche est arrivée au pouvoir en 1981 avec François Mitterrand, Jack Lang s'est proclamé ministre des artistes, et a voulu faire croire qu'un pouvoir -fut-il socialiste- pouvait lui aussi être créatif voire créateur . Mais à partir de ces mêmes années 1980 a été paupérisé et démantelé tout le réseau de l'éducation populaire et des lieux d'action culturelle . Le ministère de la culture a labellisé à tour de bras des équipements culturels qu’il a lestés de « cahiers des charges » puis d'obligations de résultats et maintenant de contrats de performance. Comme tout domaine d'activité humaine (l’'éducation, la santé, la science, le sport, etc., etc ), La culture a été mise sous la tutelle de paradigmes exclusivement économiques. Il est grand temps de constater la faillite d'une telle entreprise, y compris en terme de démocratisation culturelle ; Il est grand temps de rappeler à la finance qu'elle ne doit être qu'un outil -certes utile- mais qu’elle ne peut avoir prétention à gouverner L'entièreté de nos vies.
Dans la diversité qui le constitue, le mouvement des Gilets jaunes manifeste à l'évidence un profond désir de citoyenneté et de dignité . Les gens ne veulent plus laisser la conduite des affaires à quelques puissants auto-proclamés qui, depuis des années, nous mènent droit dans le mur . À l'instar des lycéens qui, samedi dernier, manifestaient encore leur colère contre l'inaction climatique et proclamaient : « Nous, enfants du XXIe siècle, allons prendre les commandes », la culture ne saurait être en reste .
Je suis poète, éditeur, militant associatif et citoyen. J’ai 78 ans et tant qu’il me reste un souffle de vie, j’entends bien être l’un de ces enfants du 21ème siècle. Ce n'est qu’ensemble, les uns et les autres, que nous pouvons reprendre les choses en main en faisant intelligence collective.
Après la « culture pour tous », il est grand temps de faire place à la culture de tous, car chacune et chacun est porteur d’une culture, voire de plusieurs. Il est grand temps d'inventer un nouveau chapitre de la politique culturelle de notre pays qui sache faire culture avec tous. C'est un édifice commun où chacun peut apporter sa pierre .
Concrètement, je propose que le Théâtre Liberté libère dès que possible un mois entier de sa programmation afin d’instaurer un laboratoire des possibles.
Ce mois serait un festival d’un genre nouveau, préparé en amont avec des citoyens volontaires, avec les sources vives du territoire (artistes, non-artistes, publics, non-publics). Il s'agirait que les gens (les artistes sont d'abord des gens et tous sont des humains, ce qui nous est commun c'est notre humanité et ça veut dire quoi concrètement de nos rapports à nous, aux autres, aux végétaux, aux animaux, à la Terre, à l'air, à l'eau...) se saisissent de leur vécu, de leur quotidien, de leurs rapports à l'actualité, aux enjeux planétaires immédiats et donnent à ces matériaux, à ces contenus, des formes simples, partageables, transmissibles sur tout le territoire de la métropole. Parmi les formes déjà disponibles, inventées, il y a celles d'Augusto Boal qui ont servi en Afrique (éducation sur le sida), en Amérique latine, théâtre forum, théâtre invisible. Il y a les formes inventées par Moustapha Aouar et Gérard Lépinois, bocal agité, petits-petits, pièces pour 1M2. Il y a les théâtres à vif. Bien sûr, agoras, projections de films citoyens, initiatives locales (la vallée du Gapeau en transition, la monnaie locale La Fève), scènes ouvertes aux slameurs, aux poètes, aux performeurs, utilisations des nouveaux médias (vidéos...) sont à prendre en compte. Dans le cadre du festival de théâtre lycéen aux Comoni, j'ai vu des jeunes migrants scolarisés à Dumont pour apprendre le français (avec l'association L'autre, c'est nous) donner un exemple de présence particulièrement retentissante avec leur vécu (un peu comme le Groupov avec des survivants du Rwanda)... Ne faisons pas catalogue : les exemples sont multiples.
Voilà une proposition que je soumets au vote de cette assemblée, afin que la citoyenneté qui vient donne une direction, un cap, au Théâtre Liberté, et que ce lieu-ci fasse école.
Le Théâtre Liberté peut-il se prononcer sur cette perspective, un festival des possibles d'un mois dès la saison 2019-2020, préparé en amont démocratiquement, avec des citoyens volontaires ?
Nous sommes à Toulon. De grâce, ne laissons pas nos désirs en rade, ni même en cale sèche. Prenons le large d’aventures nouvelles.
Jean-Claude Grosse
78 ans, GJ, auteur dramatique, éditeur
ma lettre ouverte du 1° février 2019
Lettre ouverte aux directeurs de la scène nationale de Toulon
(Le Liberté et Châteauvallon)
Bonjour Charles Berling et Pascale Boeglin,
Je vous écris en tant que sympathisant actif des Gilets Jaunes qui à Toulon ont réussi l’exploit d’organiser une agora citoyenne avec 1300 participants au Zénith Oméga le 18 janvier, et aussi en tant qu’ancien directeur artistique bénévole de la Maison des Comoni au Revest (de la création 1984 jusqu’à fin 2004) où nous avons organisé près de 70 agoras entre 1995 et fin 2004.
À ma connaissance, vous ne vous êtes pas exprimés sur ce mouvement ni n'avez fait de proposition d’organisation d'une agora citoyenne sous la responsabilité des Gilets Jaunes alors que d’une part les GJ revendiquent de récupérer et redonner le pouvoir constituant au peuple, que d’autre part un grand débat national est organisé.
Chaque samedi, près de 3000 personnes, les silencieux, celles et ceux qui ne vont pas au Théâtre Liberté, se retrouvent place de la Liberté, quel nom fabuleux, manifestent pacifiquement (avec parfois débordements), se font gazer, éborgner, matraquer (on se souvient d’un certain colonel de la police nationale à Toulon).
Je suppose que vos portes sont fermées les samedi après-midi.
Or vous savez utiliser la Place de la Liberté pour vos présentations de saison, vous savez aussi aller dans différents lieux de la ville à la rencontre de la population (j’en ai profité quelques fois); vous avez des thématiques d’ouverture sur la Méditerranée, ce vaste cimetière de migrants noyés; vous n’hésitez pas à bousculer un peu les codes, les approches; bref, vous êtes un lieu de vie artistique et culturelle où c’est vous qui décidez, proposez. Mais ce lieu que vous dirigez est un lieu public donc appartenant à tous puisque payé avec les impôts. Or la justice fiscale est aussi au coeur des revendications des GJ car ils vivent dans leur corps les inégalités nées des injustices fiscales dont une des conséquences est l'impossibilité pour eux de se payer une place de théâtre. Leur ouvrir les portes ne serait que justice, qu'ils accèdent au moins une fois comme les couches favorisées aux biens culturels.
Il me semble que vous devez et devriez prendre en compte ce désir profond, têtu de démocratie horizontale.
Je suis prêt à discuter avec vous, en compagnie d'organisateurs GJ de l’Agora 2019, des modalités d’une agora citoyenne dans votre théâtre, demande s’appuyant sur l’appel du Syndéac du 22 janvier ;
"A l’école des gilets jaunes
Nous n’avons pas pris la parole collectivement sur le mouvement des gilets jaunes parce que nous étions probes. Nous étions nous aussi à l’école de ces personnes, écoutant leur colère légitime, ses contradictions inévitables et ses inventions. Et comme nous tous, nous savons que ce qui se joue là, porté par les habitants, est une séquence décisive de notre histoire. Elle pèsera sur nous tous, si elle est maltraitée. Notre destin s’y joue, en grande partie.
Les adhérents du Syndeac, dans leurs lieux, leurs compagnies, se disent prêts à accueillir tous les débats que voudront organiser les habitants, avec les intellectuels et tous ceux qui se sont déclarés prêts à les accompagner ; ils disent et diront sur les lieux des réunions populaires, sur les ronds-points et ailleurs, qu’ils ont beaucoup à y apprendre, qu’ils veulent partager la difficulté nouvelle des questions, y venir avec ce qu’ils sont : des gens dont la fonction est de travailler à mettre en formules éclaircies, désirables, et libératrices, les points en impasse de notre vie. Et que pour cela, plus que jamais, car pour tout le monde dans ce moment de l’histoire une manière nouvelle de nommer le monde et d’y organiser notre action, doivent être inventées, ils ont besoin des autres, du réel des existences. »
Marie-José Malis Présidente du Syndeac
En espérant une réponse positive à cette demande que je rends publique.
Bien cordialement,
Jean-Claude Grosse
PS: j'avais écrit cette lettre suite à la lettre écrite par Jeanne-valérie Held au Théâtre de la Cité à Toulouse ce qui eut pour effet de provoquer un débat citoyen sur la culture, le 8 février, débat qu'on peut suivre sur ce lien
https://www.facebook.com/TheatredelaCiteCDN/videos/2150838134939332/
Prix Ilan Halimi pour les Courts-métrages en Liberté * Le Liberté
C'est avec beaucoup de fierté que nous pouvons annoncer que le projet Dignités des Courts-métrages en Liberté figure parmi les lauréats du Prix Ilan Halimi et...
https://www.theatre-liberte.fr/actions-blog/prix-ilan-halimi-pour-les-courts-metrages-en-liberte
une action de fond initiée par le Théâtre Liberté, déjà 3 ans, la 4° en cours; quelle évaluation portée sur une telle action, ça peut faire l'objet d'un débat: il y aura des pour, des contre, des mitigés
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Si l'année 1968 fut la révolte de la jeunesse, elle fut aussi le prélude d'un grand chambardement politique. L'année qui suivit de Gaulle quittait le pouvoir en démissionnant de son poste de ...
68, de Gaulle et moi de la compagnie varoise Artscénicum théâtre, pièce on ne peut plus d'actualité dont on attend la programmation pour 10-12 représentations au Liberté ou à Châteauvallon
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" C'est le citoyen qu'on intimide et pas le délinquant " François Sureau
Performance inspirée par l'entretien de François Sureau, Le Monde 04/02/2019
une performance d'Olivier de Sagazan qui décoiffe
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Extrait du reportage sur le théâtre blabla Réalisation Viviane Riberaigua http://www.rhizome-juice.com/videos-et-films-d-entreprise/ Production et réalisation de video et reportages d'entrepr...
le théâtre blabla de Toulon a une veine satirique forte: Gargantua blabla, Frankenstein blabla et bientôt Père Ubu et mère Blabla; quand passeront-ils au Liberté ou à Châteauvallon ?
lien de la vidéo de Céline sors de ce corps réalisée par Vincent Lapierre, un morceau d'anthologie: ni texte, ni costume, ni décor, ni scène : quelle artiste ! vous devez vous connecter sur FB; une idée pour le livre rond-point initié par Gabriel Jean-Gil ou pour le Cahier de nos rêves initié par Jeanne-valérie H.
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Céline, sors de ce corps ! #GiletsJaunes LE REPORTAGE EST ICI ! ➜ https://youtu.be/4O8HEyFrsJ4
https://www.facebook.com/VincentLapierre/videos/251041145822326/
un slam pour le livre rond-point initié par Gabriel Jean-Gil
Collapsionniste Songe. Hors de la coquille.
Collapsionniste Songe
Tu casses les z’E : Collapsionist’ Song
Tu as alors un titre d’anthologie pour morceau de rock
à écorcher les stades
Une chanson, c’est un rêve
J’ai traversé la rue avec ça : un mot et un titre
qui se mêlent ensemble de créer un aphorisme…
Sauf que
J’hésite, toujours
entre un pavé ou des petits cailloux
N’avoir que l’embarras du choix
Attendre la suite, savoir déceler les anfractuosités
Infernales expectatives, la mécanique de l’ire
Pour, quelquefois, de divines conclusions
à venir ou à
satisfaire
De quoi le rêve est-il le nom ? Soudain, parti au quart de tour
empêtré de colère, pétri de révolte
Mur de face et de profil. Se lézarde par le milieu
Ode à l’expression. Se fissure
Désir d’écoute et de participation. S’effrite
Envol et poussières, je n’ai pas de mot d’aile
L…
Envol et claquements. Unisson. Explosions.
Collapsionist’Song…
J’ai traversé la rue par un temps de barbeuk
de fromage et d’alcool, un pastiche d’aventure
Kit de survie à la clé, je n’ai que faire de la haine
Un pavé ?
Ou des petits cailloux ?
J’ai traversé la rue, ça aurait pu ressembler à ce rêve
où l’espoir veille à moitié
Mosaïque des enjeux non miscibles
intransmissibles
Sagas cités.
Un pavé ?
Ou des petits cailloux ?
Une flaque de boue ?
Une plaque d’égout ?
Des pages vérolées de cris enroués
Des rages apprivoisées
Un tsunami d’images
J’ai enfin des formes pleines
Certes, parfois artificielles
Certes, parfois incertaines
Des formes expresses et prédécoupées
Toutes prêtes
Toutes pleines de couleurs bêtes
Je ne sais pas si l’art c’est
plutôt donner forme ?
Ou plutôt prendre forme ? Collapsionnist Song
D’ailleurs,
quelle allure a l’art quand on dit
qu’il veaux de l’or ?
Et quel air joue l’art quand mord la terreur ?
Lent roulement
Enrouement
Devient trop lourd à l’ère des yakafokon
Et comment se nomme l’art infâme
de diffuser l’info
tronquée sous d’infimes et feutrés prétextes ?
Roue rit, roue ment, à l’orée du fake fake fake
(-Se sentir un peu fakir, alors ?)
(-Même pas en rêve !) Collapssss… Song
Parfois, une colère élégante. Oui.
Trop.
Zoom sur la face lisse et factice de la statue.
La violence du marbre.
Battre comme plâtre.
Pour nos fractures.
Elle se démultiplie, l’image,
places, monuments, salles communales
Nous sommes un pays d’esthétique.
Portons bonnets, mais dépoitraillés.
S’habiller de gilet n’empêche pas de geler
mais au moins, laisse aux bras leur liberté
de battre des L
Aller fouetter la crème ailleurs
si la crémaillère de ces nouveaux lieux
tourne allègre.
J’ai traversé la rue et des larmes ordinaires
La routine chamaillée avec la clé dans la serrure
La routine se vandalise, se renouvelle
dans les espaces-surprises.
Me voici dans ce hors-champ déchu
à tenter de dompter
ma Collapsionist Song dans un cahier-décharge.
Ceci ne serait qu’une brève de dépotoir
pas encore prête car les aiguilles de ma Rolex (tiens tiens!)
tournent centripètes désormais en sens inverse
Aurais-je raté ma vie ?
Avoir besoin de connaître l’heure malgré tout, conscience du temps.
Glisser les pieds dans les chaussures appropriées, s’appuyer au sol en confiance,
avoir les pieds sur terre.
Eviter de décisionner tant que l’on porte un pyjama, en connaître les rayures, débattre,
se libérer.
La parole est une arme de construction massive
Que faire si c’est la colère qui l’utilise ?
Un pavé ?
Ou des petits cailloux ?
Des couleurs ?
Ou des coulures en apesanteur ?
Comment se souvenir si l’artiste ne dénonce pas ? *
Collapsionist Song.
Inventaire des dégâts
Reconnaissance des fêlures au faciès
Appel des blessés aux meurtrissures sans nom
* Cette question n’est pas de moi, je la copie
* Dans l’urgence je me donne ce droit
* Devant l’effondrement, je me donne ce droit
- C’est vous qui avez fait ça ? *
- Non, c’est vous ! *
- Non, c’est vous ! *
- Non, c’est vous ! *
Mü
Février 2019
Renouer le dialogue entre ceux qui ne veulent plus parler et ceux qui ne veulent pas les écouter c'est toujours une victoire, peu importe le nombre. Ça porte toujours ses fruits. Bravo ! Aline
Quelques réflexions après le débat ouvert au Théâtre Liberté sur Culture et citoyenneté le dimanche 17 février à 19h30.
Ce soir-là, dès le début des échanges, ça partait un peu dans tous le sens (les vaccins, le dernier livre lu, la question du partage des richesses, etc…) et cela m’a fait penser d’emblée à quel point il était difficile de définir le sens du mot Culture.
Ainsi, je voudrais (à l’instar d’un certain JC Grosse qui rappela un peu d’Histoire) prendre appui sur le sens que lui a donné notre société moderne d’Après-guerre avec le programme d’éducation populaire du CNR, puis après 58 avec Malraux et ses politiques de décentralisation, mais aussi un peu avant si on considère l’expérience du Front Populaire de 36 à 39 et l’action d’un Jean Zay, sans oublier dans cette courte liste ce qu’en fit le gouvernement de Vichy.
Donc, il me semble que cette Culture (avec un grand C) au sens moderne, enjeu politique dès lors qu’on a voulu qu’elle contribue à la formation du citoyen et au rayonnement d’un pays (le soft power), marchant sur ses deux jambes que sont l’éducation et l’excellence, avec d’un côté l’apprentissage par la pratique et de l’autre la création (il serait à ce titre opportun de savoir à quel moment le terme de création est apparu pour définir le travail de l’artiste qui créé… ?), a peu à peu penché sur sa deuxième patte (peut être dans les années 80 avec Jack Lang) et viré vers quelque chose que j’appellerais aujourd’hui l’ère de l’artiste démiurge.
Sans vouloir péjorer à outrance ce déséquilibre, je pense qu’il est conforme avec l’évolution d’un individu post moderne et connecté, alternant sans cesse de la position du flatteur à celle du flatté, déviance conforme avec l’évolution de son moi, de ses besoins intarissables de reconnaissance, de sa volonté à montrer à quel point il est beau et intelligents et dans un contexte où le libéralisme irrigue peu à peu tous les recoins de sa vie, avec ses nouvelles aspirations (pour ne pas dire obsessions) à la célébrité.
Il semblerait donc que dans sa marche vers la gloire, l’homme post moderne ne cherche plus à s’éduquer et se grandir par la culture mais à briller et se magnifier par elle, l’artiste reconnu et célébré représentant le modèle suprême, le Graal. Placé en haut de la pyramide de la créativité et de l’innovation humaine, ce dernier est devenu celui qu’on s’arrache, qu’on adule, et opportune adéquation avec le monde marchand, celui qu’on vend (que représente en effet aujourd’hui dans notre société un artiste qui ne se vend pas ?).
C’est sur cette évolution précisément qu’il y aurait, je pense, matière à réfléchir et imaginer collectivement quelles significations nous voudrions donner au mot Culture pour l’avenir.
Renier nos fondamentaux qui voudraient que la Culture fasse partie de la formation du citoyen par la pratique d’une discipline artistique, l’apprentissage de l’histoire de l’art (et de l’histoire tout court), par la formation à ce qui est beau (notion certes difficile à appréhender mais dont la difficulté prouve que l’initiation est fortement conseillée) ? Ou bien nous résoudre définitivement à ce que la Culture ne soit qu’un bien (les artistes) que nous consommerions comme les autres, diffusé par les divers programmateurs et vendeurs de produits culturels et dont l’action servirait de faire valoir à toute politique dite culturelle ?
C’est entendu que la culture marchande montre chaque jour un peu plus (et nous ne reviendrons pas en arrière je pense) son écrasante domination ; bien entendu qu’elle a gagné les pratiques des plus jeunes qui s’identifient à leurs idoles et que la jambe de l’éducation est en piteux état, gangrenée non seulement par l’affaiblissement des vocations à transmettre mais aussi par la part toujours plus petite de l’artistique au sein de l’éducation de l’individu.
Faut-il s’y résoudre et baisser les bras ? L’exemple norvégien (je crois) a démontré que les élèves qui passe le plus temps en activité périscolaire (notamment artistique) sont, des enfants européens, les plus avancés, ceux parlant le plus de langues vivantes, les plus épanouis, bref les plus heureux.
Pourquoi ne faisons-nous pas comme eux ? Pourquoi donc ce pays, la France, si fière de son exception culturelle et si sûre de sa suprématie intellectuelle qui a mis si haut l’éducation du citoyen libre et responsable, ne fait-elle pas aujourd’hui sa Révolution culturelle en investissant massivement dans l’éducation artistique ?
Philippe C.
Renouer le dialogue entre ceux qui ne veulent plus parler et ceux qui ne veulent pas les écouter c'est toujours une victoire, peu importe le nombre. Ça porte toujours ses fruits. Bravo ! Aline
Bonjour Jean-Claude,
Merci de ce compte-rendu et je n'y trouve pas grand chose à redire...
J'étais dimanche au théâtre; mon sentiment est que le liberté en "récupérant"(entre autre) ta proposition d'ouvrir le théâtre au mouvement des GJ, a mené la soirée à sa main en la plaçant sous le sceau de" la place de la culture dans un monde en mutation" (de mémoire), ce qui lui a permis d'égrener le panel des actions entreprises par le théâtre en matière de médiation (ateliers divers et variés,travail d'ouverture du théâtre etc) et de justifier sa présence sur le territoire...le tout conforté par les retours gratifiants de personnes présentes (un peu de brosse à reluire quand même). J'ai malheureusement le sentiment, qu'hors le liberté,il n'y a guère de salut, tant il chapeaute l'ensemble des activités culturelles et socio-cu (il faudra que je retrouve ce papier sur la dérive du culturel vers le socio-cul).
Pour le coup, il s'est avéré compliqué de porter le débat sur ce mouvement des GJ et sur les choses qui clochent dans notre modèle économique et sur la question de la représentativité (ces élu.e.s qui votent sans trop savoir de quoi il retourne); certains l'ont tenté et c'était revigorant comme un cheveu sur la soupe dans ce bouillon (de culture !) ou l'entre-soi et l'auto-satisfaction priment. Ce n'était peut-être pas l'endroit pour imaginer une assemblée citoyenne digne de ce nom , c'était à l'invitation du théâtre et il ne faut peut-être pas trop en demander non plus...
Je repense aux débats abrités par Chateauvallon qui ont suivi l'élection du FN et du relatif consensus qui avait cours autour de valeurs à défendre et d'un bastion à ériger...là, c'est différent, me semble-t-il, le constat n'est pas le même pour tout le monde, les GJ ne font pas l'unanimité non plus (la télé a fait son œuvre qui a mis la focale sur des dérives et autres débordements).
Je crois surtout avoir observé dans le public (et sur la scène) dimanche, une certaine forme d'impatience, de condescendance, voire d'intolérance vis à vis de prises de parole et de propositions atypiques, décalées ou simplement politiques, réactions pas très bienveillantes qui m'auront agacé quelque peu...
C'était comment à Chateauvallon hier ?
Voilà pour ce qui concerne mon maigre ressenti...
Et sinon, je ne "boude" pas, je m'arrête parfois au rond-point de Hyères, je discute avec les gens, les ami.e.s impliqué.e.s, je marchais avec les GJ samedi....j'écoute, j'essaye de comprendre, j'ai des réserves aussi parfois, bref je chemine et n'affiche surtout aucun mépris à l'égard d'un mouvement qui a quelque chose d'historique quand même !
Quand aux artistes, je pense qu'il faut laisser à chacun le soin de s'inscrire à sa façon et à sa mesure dans ce mouvement...Je constate surtout que nous sommes une profession explosée (il est loin le temps des troupes et une compagnie aujourd'hui se résume le plus souvent à deux personnes ) ou chacun essaye d'exister ou en tout cas de ne pas disparaître complètement; plus qu'artiste, j'aurai tendance à me considérer davantage comme un travailleur du spectacle (payé au smic le plus souvent).
Et cette impression depuis quelques années déjà, d'être comme un fantôme qui ne fait que traverser les théâtres le temps d'une ou deux représentations...
Mon activité aujourd'hui est essentiellement sur le terrain (théâtre forum, ateliers dans les collèges autour des discriminations etc et cela me demande pas mal d'énergie) et j'essaye de garder du jus pour de la création aussi...
Tu évoques La Réplique, tu as eu qui ?
Merci d'y croire
Amicalement
Pascal R.
Bonsoir Jean-Claude,
Merci pour ce travail de transcription qui laissera une trace sur les discussions qui ont lieu actuellement sur le thème de la culture et ses enjeux dans cette crise sociale majeure que traverse le pays grâce à la forte mobilisation des GJ.
J'ai trouvé dommage que cette opportunité de rencontre au Théâtre Liberté n'ait pas vraiment eu lieu.
Je ne m’attendais à rien de très nouveau dans ce faux débat présenté dimanche soir au Théâtre Liberté. Je n'ai pas été déçu, il ne s'est pas vraiment dit grand chose qui puisse prétendre à un grand soir.
Je retiens l'intervention de Florance Morali et de son constat pertinent sur la situation à Toulon et celle de Michel Costagutto, que j'ai trouvé magistral sur les jeunes générations et leurs pratiques culturelles.
S’il y a deux choses à retenir de cette soirée, c'est à mon sens ces deux interventions qui font un constat intéressant mais en rien surprenant.
Le constat est le même dans toutes les assemblées sur ce thème depuis 30 ans et rien de neuf sous le soleil de Toulon !
Une personne a dit, c'est dans les quartiers, ceux des banlieues que s'invente l'art d'aujourd'hui ! Je suis entièrement d’accord avec ça ! Dire ainsi que l'art d'aujourd'hui s'invente dans les quartiers populaires c'est accepter l'idée que la liberté d'expression est plus forte à cet endroit-là que dans les quartiers bourgeois.
C'est accepter l'idée que c'est dans ces endroits s'invente aussi ce monde en pleine mutation, et qu’il serait bon d’ouvrir des espaces pour permettre cet élan de créativité de continuer à s'inventer, de continuer à créer, à produire, à chercher et à inventer le monde de demain.
J’aurais aimé que ce débat prenne une tournure plus politique, joue son rôle d’accompagnateur et de soutien à l’émergence d’une pensée innovante.
Toulon ne rattrapera son retard que lorsqu’elle la politique culturelle de cette ville deviendra un enjeu prioritaire dans sa perspective de développement, économique, environnemental, politique et touristique et face à la concurrence qui se joue entre la Métropole de Marseille d’un coté et celle de Nice de l’autre.
Elle est la seule et unique voie possible qui permettra de changer les mentalités, les modes de vie, la manière de vivre cette ville et le fait de se l’approprier durablement sans avoir le désir de la quitter, de sortir de son enclavement et de rayonner durablement, de la rendre plus belle. Il faudrait ne pas la laisser entre les mains de parisiens en villégiature ! Toulon doit devenir une ville étudiante et culturelle. C’est sans doute la seule voie possible d’une survie identitaire pour ce territoire.
Merci beaucoup Jean-Claude ...tu as beaucoup d'humilité car ton initiative n'a été signalé, me semble-t-il, par aucun des deux directeurs du lieu national !
J'espère que le débat à Chateauvallon a rassemblé valablement un peu de monde ?
Je me permets de revenir sur ma question relative aux "remontées"
grâce à ton lien j'ai pu entendre l'interview de Charles Berling sur France Inter..
et une des premières interrogations de Patricia Martin...porte sur les remontées faites par le Théâtre Liberté .... :-)
Pour en revenir au débat au Liberté il me semble que la mobilisation des équipes à un pesant de coût et d'énergie disproportionné avec le bénéfice ...
mais j'espère que les besoins exprimés vont ...remonter
Personnellement, je ne suis pas convaincue de la nécessité et l'intérêt de donner une valeur identique à la parole "lambda"...à vif ...
qui parfois faute de connaissance et/ou d'information réclame des avantages existants !!!
et celle des connaisseurs qui ont étudié, pesé et comparé les sujets avant d'en extraire la substance ...
Par contre je crois à la nécessité et l'intérêt des lieux d'expression, comme les théâtres et les cinémas (pièces ou films suivis de débat)
et à ceux de l'organisation démocratique, filtres utiles de représentativité grâce aux députés, maisons de quartier, (à renflouer d'urgence)
C.I.L., syndicats et autres corporations !
Pourquoi les Gouvernements n'utilisent-ils pas ces leviers ?
Je ne suis pas une spécialiste politique mais en conclusion tout ce que je vois et entends me paraît relever de cette bonne vieille lutte des classes
qui n'est pas prête de s'endormir compte tenu des faramineuses injustices économiques embourbant en outre les dérives identitaires et autres racismes et xénophobies
y compris corporatistes !
Ou sont l'amour et la fraternité dans tout çà ???
Bravo à toi Jean-Claude de donner tant de toi-même pour trouver des carrefours de rencontre, des chemins de parole et des voies d'apaisement.
Je te souhaite un bon week end
Christine V.
Un exemple de bocal agité
Organisé en juin 2002 par Jean-Claude GROSSE Théâtre Les 4 Saisons du Revest
Présenté dans plusieurs lieux du village Le Revest, sur le thème : ”1962, l’exode des premiers pieds-noirs”. Réalisé en liaison internet avec l’Institut d’Art Dramatique à Alger, où les formes ont été présentées simultanément.
L’EDITO (N°16 des Bocals agités, novembre 2002, éditions Gare au théâtre, co-édition Les Cahiers de l'Égaré)
”Le 1er Bocal varois (algéro-varois) est la dernière manifestation de vie de Cyril Grosse (13/04/1971 - 19/09/2001).
Il en avait fait la proposition aux 4 Saisons du Revest en mai 2001. Les dates avaient été calées : 6-7-8 juin 2002, après la tournée de « Père ». Un thème avait été choisi : 1962 - 2002, 40 ans après l’Indépendance de l’Algérie, le retour des Pieds-Noirs. Il devait en être l’agitateur, ayant participé à deux « Bocals » à Vitry. Le 1er bocal varois et ce livre - N° 16 - lui ont été dédiés. Auteurs algériens : deux femmes, deux hommes. Auteurs varois : trois hommes, deux femmes (1 défection). Journée d’écriture à la Bibliothèque de théâtre Armand Gatti à Cuers (à 30 Km du Revest). C’est le jour de France-Uruguay. Une télé est installée pour les accros. Le soir la municipalité reçoit les bocalistes. La distribution des textes et la constitution des équipes selon le principe du choix entraînent des marchandages.
La répartition des lieux : cinq en extérieur, cinq en intérieur, se fait le vendredi matin. Effervescence dans le village. Les jeunes qui se rassemblent place de la mairie, d’abord estomaqués, se prennent au jeu. On les retrouvera le samedi soir pour deux présentations sous la pluie. L’esprit de Clepsydre, premier théâtre-parcours de 6h au Revest, il y a 19 ans, est retrouvé. Le public va de lieu en lieu : cour de l’école maternelle, bureau de vote (le dimanche 9, c’est le 1er tour des législatives, il faut tout remettre en ordre), place de la mairie, salles de l’école de musique et Maison des Comoni. La pluie nous empêche de monter à la Tour, d’aller aux abords du cimetière, dans l’oliveraie. Certains spectateurs sont venus de loin : de Paris (Nabil El Azan - Nicolas Roméas), de Lyon (Les Subsistances), de Nîmes (Jean-Pierre Wollmer), de Bordeaux. Pendant ce temps-là, à Alger, les élèves de l’Institut National d’Art Dramatique mettent en scène et jouent les textes des auteurs français envoyés par Internet. Nous en remercions Sonia, directrice de l’I.N.A.D.
Ce bocal a déjà des retombées annexes : le 11 septembre à la Tour face au Ground Zéro à l’ouest des comédiens projetteront quatre textes sur les attentats ; le 27 novembre dans la Maison des Comoni, le théâtre du Revest, auteurs et artistes évoqueront le sabordage sans gloire de la flotte il y a 60 ans. C’est la reprise des Théâtres à vif, inventés par « L’Insolite Traversée » en 1995. Le 2ème bocal varois est en préparation. Il aura lieu les 30 juin, 1er et 2 juillet 2003. Il sera très ouvert, géographiquement vers Paris, Lyon, Nîmes, l’Algérie... artistiquement à des danseurs, plasticiens, photographes... Il aura pour thème : l’Invitation à la vie. J’en serai l’agitateur.
Et à l’été 2004, en quatre mois, c’est une utopie en caravane que nous réaliserons : 50 artistes partiront du Revest et se rendront à Oulan-Oudé et au lac Baïkal, à 10.000 kms, là où Cyril avait élaboré en quatre mois son dernier spectacle franco-russe « (C’est possible) ça va ou l’un de nous est en trop ».
Mustapha Aouar, entarté pendant le débat, a pris à la légère ce qui reste l’acte-énigme de ce bocal, renvoyant chacun à son image dans un miroir ébréché.”
J.C. Grosse
fondateur et directeur artistique des 4 Saisons du Revest (depuis mars 1983)
Textes de Habib Ayyoub, Mustapha Benfodil, Sylvie Di Roma, Djalila Hajar Bali, Jean-Claude Grosse, Laurence Huet, Philippe Malone, Christophe Pellet, Sallam, Nadjet Taïbouni
Agité par : Gérard Lépinois
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Bilan du Bocal Agité varois raconté par des acteurs de l'événement
A cette occasion, et comme l'un des principe du Bocal agité est l'échange, les textes rédigés par les auteurs varois ont été envoyés par Internet à l'Institut National d'Art Dramatique d'Al...
Les 10 mots qui nous relient - Blog de Jean-Claude Grosse
Le bocal agité sur les 10 mots qui nous relient s'est déroulé mardi 22 mars, 24 rue des Riaux à Toulon. En partenariat avec L'Écrit-Plume de Sylvie Combe et l'association Idéal. Plusieurs ...
http://les4saisons.over-blog.com/article-les-10-mots-qui-nous-relient-22-mars-toulon-70263434.html
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Bocal agité: les 10 mots pour dire demain - Blog de Jean-Claude Grosse
Bocal agité: les 10 mots pour dire demain Ce bocal agité s'est déroulé samedi 28 mars au Café-Culture de Toulon, petit cours La Fayette, à partir de 9 H, en collaboration avec L'Écrit-Plume ...
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Bocal agité sur la mer - Blog de Jean-Claude Grosse
Bocal agité sur la mer le temps de l'écriture Bocal agité du 6 mai au Café-Culture de Toulon, de 10 H à 16 H. Thème : la mer. En partenariat avec le Café-Culture, l'atelier d'écriture : caf...
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BOCAL AGITÉ TOULON - Blog de Jean-Claude Grosse
Prochains bocals agités: le jeudi 15 avril 2006 au collège de La Farlède, avec une classe de 3°, sur le thème: Famille, je vous haime! le samedi 6 mai 2006 au Café-Culture de Toulon, sur le t...
un exemple de Théâtre à vif (27 novembre 2002 sur le sabordage de la flotte à Toulon)
La recréation de Toulon 1942
de Jean-Richard Bloch
à Toulon
Un Théâtre à vif-Agora consacré au sabordage de la flotte à Toulon le 27 novembre 1942 s’est déroulé le 27 novembre 2002 à La Maison des Comoni, le théâtre du Revest, village aux portes de Toulon.
N’ayant pu faire aboutir le projet de création de la pièce de Jean-Richard Bloch, Toulon 1942, suite aux refus de la municipalité de Toulon et du Conseil Général du Var de soutenir ce projet, et ne voulant pas l’enterrer après quatre ans et demi de travail (juin 1998 - novembre 2002), je me suis décidé à le transformer en Théâtre à vif.
Théâtre à vif est une forme inventée par la compagnie de théâtre L’Insolite Traversée. Il s’agit en trois jours de partir de l’actualité ou d’un événement historique, de faire un montage d’articles de journaux, d’études historiques et de textes littéraires / philosophiques selon des rapports d’opposition, de complémentarité offrant sur l’actualité ou sur l’événement des éclairages multiples, de mettre ce montage en espace dans des lieux non-institutionnels, d’en laisser une trace imprimée.
Les 4 Saisons du Revest ont repris à leur compte, cette forme pour faire vivre l’héritage et l’esprit de L’Insolite Traversée, après la dissolution de la compagnie.
Le premier Théâtre à vif, nouvelle formule, s’est déroulé à la Tour du Revest le 11 septembre 2002, en relation avec les attentats du 11 septembre 2001.
Pour le Théâtre à vif consacré au sabordage, nous avions pensé louer un bateau et effectuer six rotations dans la rade entre 5h et 18h, pour 100 personnes à chaque rotation.
L’absence de moyens nous a contraints à faire appel à la solidarité des écrivains et des comédiens, et à organiser ce Théâtre à vif à La Maison des Comoni. Le 29 juin 2002, nous réunissions les auteurs pressentis pour évoquer l’histoire de la pièce de Jean-Richard Bloch, l’histoire du projet Toulon 1942 depuis juin 1998, les axes possibles d’écritures. Cinq auteurs non rémunérés ont livré huit textes d’un quart d’heure : Gilles Desnots, Philippe Malone, Henri Milian, Sylvie di Roma, Jean-Claude Grosse. Le 23 septembre 2002, le collectif des compagnies varoises se saisissait des textes pour les mettre en espace. Neuf compagnies ont travaillé gratuitement pour rendre possible ce Théâtre à vif.
Le Théâtre à vif du 27 novembre 2002 s’est déroulé de la façon suivante :
- entrée libre
- présentation de la soirée par Jean-Claude Grosse
- mise en espace d’un extrait de Toulon 1942 de Jean-Richard Bloch par la compagnie des Menteurs et le Théâtre de l’Imparfait
- mise en espace de Oui ou Non ? d’Henri Milian par la compagnie Artscénicum et le Théâtre du Nord Varois
- mise en espace de Faites votre choix ! de Sylvie di Roma par la compagnie Sur le Chemin des Collines et Kaïros Théâtre
- pause
- mise en espace d’A la flotte ! de Jean-Claude Grosse par la compagnie des Menteurs et le Théâtre de l’Imparfait
- mise en espace de Triptyque sans sabord de Gilles Desnots par la compagnie Le Bruit des Hommes et la compagnie Hi-Han
- mise en espace de G-7 de Philippe Malone par la compagnie Les Draïs
- débat animé par Philippe Granarolo avec la participation de l’historien Jean-Marie Guillon
- buffet et vin de l’amitié
Le Théâtre à vif-Agora a duré 3 heures (1heure 1/2 de théâtre, 1heure 1/2 de débat) et a rassemblé 150 personnes.
Une exposition de photos et de livres accompagnait le Théâtre à vif. Une vidéo de France 3 et une cassette audio de l’émission Les Jours du Siècle consacrées au sabordage étaient mises à disposition. Un cahier de l’Egaré consacré à ce Théâtre à vif-Agora a été édité à 100 exemplaires. Ce cahier de 108 pages comprend les six textes mis en espace, les trois textes non mis en espace, l’histoire de la pièce de Jean-Richard Bloch, son analyse par Sylvie Jedynack, l’histoire du projet Toulon 1942 depuis juin 1998 avec les articles de presse parus à ce sujet, le dossier écrit par l’historien Jean-Marie Guillon.
Quelle analyse faire de cette histoire ?
- les politiques étaient partagés : soutenir ou non ce projet ?
entre 1998 et 2001 (Toulon FN), aucune aide n’a été demandée à Toulon ; dés 1999, le Conseil Général du Var (Président : Hubert Falco, Vice-Président Culture : Arthur Paecht) est hostile ; la Région (Président : Michel Vauzelle, Vice-Président Culture : Christian Martin) est favorable : elle vote 200.000F dont 50.000 seront dépensés ; l’Etat est d’abord favorable (quand Toulon est FN) puis souhaite le consensus de tous les partenaires (quand Toulon est gagnée par Hubert Falco en mars 2001)
après les élections de mars 2001, une réunion est organisée le 10 mai 2001 au Revest regroupant Le Revest, Toulon, le Département, la Région, l’Etat, les six théâtres de l’aire toulonnaise, le metteur en scène, des membres de la famille de J.R. Bloch ; la réunion débouche sur un accord à hauteur de 1MF. Dés juillet, un dossier d‘aide est déposé à Toulon, à hauteur de 200.000F ; le consensus de façade du 10 mai 2001 est rompu en janvier 2002 : Toulon ne soutient pas, le Conseil Général pas davantage ; je renonce au projet par courrier en février 2002 puis je mets en place le Théâtre à vif qui se déroulera gratuitement. Le texte A la flotte, sur un mode parodique, met en présence et en face à face les arguments des uns et des autres : les politiques et les artistes ; les seuls qui ne se soient pas manifestés, ce sont les gars de la marine, toujours muette mais très influente et ménagée (exception notable : la lettre du préfet maritime en 1998 refusant l’accès au Clémenceau, qui 5 ans après, erre en Méditerranée à la recherche d’un chantier de démolition)
une mention spéciale est à donner à Claude-Henri Bonnet, l’adjoint à la culture d’Hubert Falco ; son hostilité au projet a été motivée à la fois par des considérations personnelles (son père était officier à bord d’un navire au moment du sabordage ; et lui-même a été officier de marine avant d’être à la fois adjoint au maire de Toulon et directeur de l’Opéra de Toulon, lieu fréquenté pour l’essentiel par la bourgeoisie toulonnaise et la marine) et par des considérations historiques, politiques et artistiques (il méprise le réseau des théâtres de l’aire toulonnaise).
- les metteurs en scène pressentis ont joué un double jeu :
*Jean-Louis Hourdin, d’abord enthousiaste, rêvant d’une revue des formes théâtrales des années 30 (cabaret expressionniste, mélodrame bourgeois, théâtre d’agit-prop, théâtre d’avant-garde…) s’est désisté sans motiver ses raisons
*Bernard Bloch, enthousiaste pour des raisons politiques en 1999 (le FN était encore aux commandes à Toulon) considérait en 2001 que l’urgence était ailleurs (Toulon était passée entre les mains de la droite républicaine) ; d’autre part, ses réserves sur la pièce l’avaient conduit à envisager d’abord une réécriture, ensuite une mise à la question de la pièce ; bref, Bernard Bloch porte une responsabilité non négligeable dans le fiasco ( il a attendu le 9 mai 2001 pour dire qu’il n’aimait pas la pièce, affirmant que ce pouvait être une motivation aussi forte pour un metteur en scène que l’amour)
La réussite comme l’échec d’un projet sont liés à des conditions favorables ou défavorables. Pour Toulon 1942, les réticences politiques de la droite toulonnaise et varoise étaient trop fortes. La mise en échec du projet s’est faite en douceur ( en faisant traîner, en laissant espérer, en mettant en avant l’absence de moyens financiers).
Le journal Var-Matin (du groupe Lagardère), pourtant informé par un dossier de presse très détaillé du Théâtre à vif du 27 novembre 2002 et en possession du Cahier de l’Egaré consacré au 60e anniversaire du sabordage n’a pas annoncé la seule manifestation qui ait eu lieu pour cet anniversaire, s’appropriant l’anniversaire en consacrant une page de mémoire au sabordage. Cette partialité, cette hostilité m’ont amené à ne plus communiquer nos activités à ce journal sans déontologie.
Ecrivains et comédiens ont, sans moyens , pris la parole, faisant échec à la censure douce mais réelle du projet initial. Donc, même si les pouvoirs locaux (mairie, département, marine, presse) ont mis en échec le projet de recréation de Toulon 1942 de Jean-Richard Bloch, ils n’ont pas empêché une expression gratuite d’artistes libres sur le sabordage.
La soirée du 27 novembre 2002, inégale sur le plan théâtral (par manque de temps et par absence de moyens) a montré, par la scène représentée de la pièce de Jean-Richard Bloch, que la pièce fonctionne encore bien.
Comme l’a dit l’historien Jean-Marie Guillon, la soirée du 27 novembre 2002 appartient déjà aux historiens car si ceux-ci ont à dire le pourquoi et le comment du sabordage, ils ont aussi à montrer comment et pourquoi le travail de mémoire se fait, dans un rapport de forces entre ceux qui veulent oublier, ceux qui veulent se souvenir, ceux qui veulent comprendre, ceux qui ne voient que par le présent…
En conclusion en me lançant dans ce projet que je savais difficile, je pensais arriver à lever les difficultés. La réalité a été différente de mes espérances. La pièce de Jean-Richard Bloch reste à découvrir.
Directeur artistique des 4 Saisons du Revest
27 novembre 2002
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