Là où ça prend fin ?
12 ans 29 novembre 2010-29 novembre 2022
une histoire de la vraie vie : voyage à trois couples au Maroc en camping-car, sans doute 1978, on s'offre une balade à pieds (en snob d'aujourd'hui, ça donne trek) de 3 jours, 2 nuits dans les gorges de la vallée du M'Goun (Haut-Atlas) avec mulets, guides; le 1° soir, les guides nous proposent un méchoui de chevreau; les trois mecs sont enthousiastes, les trois femmes protestent si violemment, menaçant les mâles de divorce (on entend les chevreaux ligotés par les guides chevroter) que les trois mecs renoncent; guides dépités, ambiance cassée; au petit matin, soulevant les pierres sur lesquelles on a reposé nos têtes de mâlades, des scorpions énormes, frayeur rétrospective, rires des guides, rire général; les deux jours suivants, on a respecté le rythme des femmes s'arrêtant souvent, chantant, dansant dans l'eau
je n'ai pas été l'épitaphier d'Annie à Corsavy, juste sa photo prise en juin 2008 ; je prépare un parcours de vie avec photos, séquences super-8 des années 1965-1970; Katia a réalisé un magnifique montage La danseuse amoureuse de 7'57" destiné à rester privé; j'ai filmé 1'49" du dernier respir d'Annie, privé aussi
deux poèmes
Élévation
Un jour enfin nous marcherons
le long des rivages tant désirés
héritiers insatisfaits d’un passé loin des côtes
étonnés de nous retrouver face au grand Océan
Avec la montée sur les falaises
nous abandonnerons de vieilles peurs de vieux espoirs
Tu auras renoncé à remonter aux grandes houles de tes origines
à affronter les fables délicieuses de ta généalogie
J’aurai renoncé aux nostalgies de paradis et d’âges d’or
éloigné de toute maîtrise comme de toute servitude
vivant la vie sans hurler à la mort ni aboyer à la lune
Ce sera si simple de prendre
nus un bain d’écumes le matin
Nos corps se dilateront
Notre âme s’enchantera
Quand nous reviendrons au bord
des sourires ensoleillés s’échangeront
Étourdis nous nous découvrirons aimants
En raison nous nous voudrons parfaits amants
donneurs de voix à des enfants de papier
ouvreurs de voies à nos enfants de chair
jusqu’à épuisement de nos jours et de nos nuits
01/07/1967 Le Quesnoy
Je t’ai connue lumineusement étonnée
et nous avons été emportés par les tourbillons
qui soulèvent jusqu’à la légèreté de l’être
Je t’ai connue farouchement préservée
et nous avons été emportés par les tourbillons
qui creusent jusqu’au malaise de l’âme
Toi que j’accompagne et qui m’accompagnes
franchissons le cap de nos 33 ans tous voiles levés
sur nos corps abîmés sur nos cœurs apaisés
Cultivons l’apprivoisement lent
de nos tourments de vieillissants destinés au mourir
Nos enfants sont grands maintenant
Sur les routes pavées de mépris
de profit et de haine
comme nous ils ne marchent pas
Comme nous ils ont choisi les sentiers
où l’on ne passe qu’un à la fois
que l’on ne trace qu’une fois
Il y faut pour cheminer
l’insolente patience
l’inépuisable confiance
l’amour de sa vie
C’est ce que nous leur avons transmis
C’est de nous ce qu’ils ont appris
La levée peut avoir lieu
01/07/1999 Le Revest
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Ultime performance de la mouette à tête rouge - Blog de Jean-Claude Grosse
hommage à Annie Grosse-Bories, la mouette à tête rouge, en ce 29 novembre 2019, by Katia Ponomareva le baiser/6 juillet 2003 au Revest pour notre remariage, mis en scène par Katia Ponomareva; l...
https://les4saisons.over-blog.com/article-la-mouette-115756926.html
les mails envoyés aux amis pendant le mois du passage
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Pour ma Valentine du 14 février 1948 - Blog de Jean-Claude Grosse
comment se relever de ses morts ? question vitale, foudroyante, sans réponse; des dates, des gestes, des actes, des mots, des pensées, des émotions, des sentiments, tristesse, joie, nostalgie, a...
la valentine du 14 février a fait 14 apnées entre 16 H et 21 H le 29 novembre 2010
"Je ne fige pas les gens dans mon scan." On adorait danser, ici le 21 juin 2008 pour les 60 ans de la meilleure amie d'Annie, Maïté, à Lille
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toute l'ingénuité de la mouette à tête rouge en 35 secondes, filmée et interrogée par Bernd Lafrenz, comédien allemand; c'était à Corsavy, au-dessus de Batère fin août 2008; un document ...
25 juin 2013 toute l'ingénuité de la mouette à tête rouge en 35 secondes, filmée et interrogée par Bernd Lafrenz, comédien allemand; c'était à Corsavy, au-dessus de Batère fin août 2008; un document irremplaçable car ce qui part d'un être cher c'est d'abord la voix; on a toujours des images; aujourd'hui on peut avoir visage et voix, l'âme ou l'esprit; enregistrons donc ceux qu'on aime! mais n'en faisons pas des scans.
villa joie où règne le silence, pas de musique, pas de radio (les nouvelles, l'actualité) depuis le 11 septembre 2001, pas de télé (les nouvelles, l'actualité) depuis le 11 septembre 2001, parfois des replay de qualité / début décembre 2022, dès que j'ai récupéré mon compte FB, allez tchao / 1° iris 22/11/2022 / olivier Annie / deux oliviers de 50 X 2 => les 100 ans de Marcel Conche / parterre à olives / restanque front de mer / restanque corniche à vertige / restanque savane sèche / restanque sentier de colline / rites improvisés pour Annie / la licorne / propos de petite fille de 6 ans
ce 29 novembre 2021, à 21 h, 11° année du passage de la mouette à tête rouge, l'épousée, qui par sa question lors de son admission à l'hôpital Sainte-Anne, le 29 octobre vers 19 h: je sais que je vais passer, où vais-je passer ? me mit sur le chemin qui m'a conduit au livre d'éternité, livré à l'imprimeur, ce vendredi 26 novembre, pour parution le 14 février 2022
1 – La question (question de vie et de mort) Livre II du livre d'éternité
Imagine, tu vas à l’hôpital pour rencontrer le chirurgien. Il veut t’informer des résultats des investigations effectuées depuis 9 H du matin sur l’épousée. Il est 18 H.
− nous avons découvert un carcinum de 5 cm dans le cervelet de votre épouse
− l’épousée, docteur. C’est quoi un carcinum, docteur ?
− une tumeur. À cette étape, on ne sait pas si elle est bénigne ou maligne
− je l’ai amenée pour des douleurs insupportables dans le dos et des vomissements de bile
− oui mais l’urgence, c’est le carcinum. Elle sera opérée demain, au cervelet, j’ignore l’heure. Rassurez-vous : tout va bien se passer. Allez voir l’épousée – c’est joli votre appellation – et rassurez-là
− vous êtes un drôle, docteur. Je dois me rassurer et rassurer l’épousée
− il vaut mieux être rassuré et rassurant dans ce genre de situation. Moi, j’ai l’habitude. Je ne saurais pas vous dire ce que vous devez faire et comment le faire mais c’est nécessaire que vous installiez l’épousée dans un climat de calme et de confiance
Imagine, te voilà missionné : instaurer un climat de calme et de confiance entre l’épousée et ce qu’elle va affronter, une trépanation, l’ouverture de sa boîte crânienne, au niveau du cervelet, pour ablater le carcinum.
Il imagine le trépan, entend le bruit du foret, les craquements de la boîte osseuse, ressent les vibrations, il a comme une nausée, le ventre secoué par des spasmes intestinaux. Il s’installe sur un fauteuil du couloir desservant la chambre de l’épousée, respire profondément, calmement comme il a appris dans des séances de gymnastique douce. Il peut enfin entrer dans la chambre, croisant l’anesthésiste venu visiter la patiente.
− elle vous attend
Souriante, elle l’accueille.
– Je sais que je vais passer. Où vais-je passer ?
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livré à l'imprimeur le 26 novembre; au départ, une question : je sais que je vais passer; où vais-je passer ?
scène 4 – Le narrateur
On est le 29 novembre 2010. Dans la chambre N° 8 des soins continus. L’épousée y est depuis 8 jours. Elle est dans le coma depuis le 25 novembre. Le 23 novembre, un pet-scan a révélé où se situe le cancer primitif, dans l’utérus, avec métastases dans un ganglion, dans les vertèbres lombaires et au cervelet. Une grenade explosive dans le corps de l’épousée. L’épousé a révélé le résultat à l’épousée. L’oncologue qui a étudié le dossier ne donne pas plus de six mois d’espérance de vie dans le meilleur des cas si l’épousée sort de son état critique entre la vie et la mort. Son gynécologue n’avait rien décelé par échographie quelques mois auparavant. Quand le cancer s’est-il déclenché ? Attendait-il son moment ? Quand s’est-il mis à flamber ? Des questions sont sans réponse : pourquoi un cancer de l’utérus – lieu de la femme-mère ? quelle est la part du choc provoqué par la disparition du fils, 9 ans plus tôt ? quelle est la part du traitement substitutif pris depuis 12 ans par l’épousée, voulant rester femme, jeune, belle ? et la peur de la retraite, prise presque contre son grè ? la peur de vieillir tout en rêvant d’être une grand-mère aimante et drôle ? la peur de mourir d’un cancer depuis des années ? la charge du père ? l’ambivalence vis à vis de ce père qui enterre tous les siens, survivant à tous les deuils ? le conflit, à la limite de la rupture, avec l’épousé à propos du père à charge ? pourquoi l’épousée est-elle en analyse depuis 30 ans ? a t-elle hérité de valises dans l’enfance, l’adolescence qui en ont fait une femme à s’étouffer d’angoisse, à se lever vingt fois dans la nuit pour uriner ? Il est 21 H. L’épousée est sortie de sa 13° apnée. Les précédentes apnées ont duré 1/4 H chacune. Elles ont commencé à 16 H. Cela fait 5 heures que la mère se bat. Elle n’est pas seule. À Baklany, depuis qu’elles ont été informées par i-phone, Koulbertichova et les sœurs Gorenko se sont réunies sur la plage à l’endroit de chute de la mouette. Elles ont allumé un grand feu. Il est sept heures de plus, donc déjà 4 H du matin, le 30 novembre. Koulbertichova prépare des plantes de la forêt qu’elle pile et mélange. Elle étale le mélange sur un plateau, le secoue comme un tamis. Les poudres se dispersent. Elle trace à chaque apnée, un chemin, avec son index gauche, inhale trois pincées, absorbe trois pincées, boit trois gorgées d’eau du lac. Elle vocalise, kouarr kriièh kouêk, accompagnée par les sœurs Gorenko. Comme la première fois, elle cesse de respirer,
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out-of-the-body experience. Sur l’île aux mouettes, on entend un vacarme insoutenable : kouarr kriièh kouêk. Jamais, il n’a été si puissant, si effrayant. À l’hôpital, la fille met la poupée musicale Kitty en marche. Elle l’a mise en marche à chaque apnée. Chaque fois, l’épousée est sortie d’apnée.
Le père - disons-lui tout ce que nous avons à lui dire !
La fille - maman, on est tous là, avec toi ! ... commence, papa !
Le père - mon amour ! je te remercie pour ce que tu me fais vivre depuis un mois ! c’est si intense ! si éprouvant ! aujourd’hui, c’est encore plus violent ! je sens au plus profond le combat de la vie ! ta vie ! contre la mort ! ta mort ! oscillation ! hésitation ! respirer ! ne plus respirer ! cœur battant ! cessant de battre ! cerveau avec influx ! sans influx ! La vie simplifiée ! la mort simplificatrice ! l’apnée comme entre-deux ! mon amour ! entre la vie et la mort ! essai de la mort ! essai de trompe-la- mort ! c’est toi qui vas décider ! si tu décides de rejoindre tes morts ! pars sereine ! tu nous as laissé le temps de nous préparer ! d’accepter ! si tu décides de rester avec tes vivants ! nous serons heureux de te retrouver !
La fille - ah ! maman ! nos virées à Cannes au moment du festival ! comme on s’amuse ! des midinettes ! tu es d’un culot monstre ! au moment des projections ! pour te retrouver avec les stars ! Comme Nina ! Quel monde merveilleux ! Un seul sur un million reçoit en partage une vie intéressante, lumineuse, pleine de signification ... Tu aimes courser les acteurs que tu adores, pour un autographe ! ça marche ! papa ne veut jamais venir avec nous !
Le père - ... je n’aime pas ce cinéma !
La fille - et nos courses ! fringues ! décoration ! alimentation ! plantes ! nous choisissons ensemble ! j’adore ! comme on est bien ! ça va continuer maman ! tu te bats comme une mouette ! tu vas les avoir ! j’ai prévu de te faire danser avec ta robe de mariée ! Mouette ! dans mon prochain
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spectacle ! Nous sortons tous de la mer ! un spectacle sans mots ! sur la grossesse vécue par la mère ! son rêve d’enfant ! ... par le fœtus ! investi d’imaginaire ! ... sur l’accouchement ! ... la mère ! sa joie ! sa déception ! ... le nourrisson ! rejeté ! accueilli ! ... papa a pris de trop belles photos de moi avec toi ! après la tétée ! je sais que je t’ai déçue ! puis que tu m’as accueillie ! tu ne peux pas partir aujourd’hui ! maman ! c’est le jour de ma naissance ! je ne veux pas être ta maladie !
Le père - je note ! phrase terrible de notre fille ! je suis ta maladie ! ... mon amour ! je t’explique ce qui se passe ! tu as un excès d’eau dans le cerveau ! deux millilitres ! une goutte d’eau en trop ! drainage inefficace ! les médecins ne peuvent pas résorber les deux oedèmes de ton cerveau ! Nous avons dû décider ! retrait thérapeutique ! tu es seule ! sans aide médicale aucune ! sauf notre présence active ! sers-toi de tes ressources ! ... ma fille ! si ta mère part aujourd’hui ! ce ne sera pas à cause de toi mais à cause de la maladie ! je te dis même plus ! si la maladie l’emporte aujourd’hui ! c’est comme si ta mère te disait ! je te donne la vie ! ta vie ! c’est le jour de ta naissance ! je t’offre sans réserve ! tu es ma fille rêvée ! vis ta vie pleinement ! sans culpabilité ! tu n’es coupable de rien ! ... Dites-lui ce que vous avez à lui dire !
Le frère de la mère, artiste peintre - ma chère soeur, tu sais combien tu m’énerves ! toujours en retard ! à prendre ton temps ! aujourd’hui ! c’est une qualité ! prends ton temps ! trompe l’adversaire ! toi qui as affronté le scandale de la mort d’un fils ! et d’un artiste !... Quand je pense à ma vocation d’artiste, je n’ai pas peur de la vie dit Nina à Treplev ! Faut trouver sa vocation ! Ton fils ! le théâtre, l’écriture ! Moi ! le street art ! ... depuis peu ! je réalise des groupes de centaines d’aveugles en papier mâché installés aux endroits les plus fréquentés ! des séries nommées a certain vision of life ! des nains ! des géants ! des noirs ! des jaunes ! pas de normaux ! des obèses ! des anorexiques ! ... ça dérange ! c’est arraché ! vandalisé ! tagué ! ça fait bouger ! dans deux sens opposés ! donc ça bouge pas ! ... Ta vocation ? l’écoute des jeunes en mal d’amour ! Sans un peu d’amour de soi ! pas un peu d’amour possible pour l’autre ! aimez-vous les uns les autres ! c’est sans doute simpliste ! partage encore ton don pour l’amour ! nous sommes des aveugles en ce domaine ! dans tous d’ailleurs !
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Le vieil ami philosophe, 90 ans - je ne comprends pas bien ce qui se passe ! ma chère étudiante d’hier ! vous êtes magnifique ! vous avez un visage de jeune fille ! vous ressemblez par l’âme et la beauté à Elizaveta ! rencontrée cet été ! à Baklany !... comment Koulbertichova a-t-elle pu anticiper cette rencontre ? c’est sidérant ! aucune évidence là-dedans ! quoique ! ... ma chère amie ! vos apnées m’impressionnent ! comment votre corps, réduit à ses deux fonctions les plus vitales, respiration, circulation, peut-il faire preuve d’autant de résistance ? ma raison échoue à expliquer la dissociation des fonctions ! ... j’ai tenu à être avec vous en ces moments difficiles ! vous me faites vivre l’expérience quasi-physique du passage ! ça relève du mystère ! ça nous dépasse ! il faut accepter sans explication ! lâcher prise ! Koulbertichova en a donné la formule pour tous ! la paix est l’aile ! l’arme, l’amour !
Le père de l’épousée, 90 ans - ma fille ! ma chérie ! c’est ton père qui te parle ! j’ai retrouvé un peu de forces et tous mes esprits pour venir ! ça fait deux ans et un jour que vous m’avez accueilli chez vous ! j’y suis bien ! c’est bien pour un vieux con comme moi de savoir qu’on s’occupe bien de lui ! je marche dans le séjour avec le déambulateur ! arrêts sur photos ! je sais ! je prends Cyril, pour mon père ! je suis peu regardant ! baisers envoyés à ceux que j’ai perdus : mon père, ma mère, ma femme, un fils, un petit-fils ! j’ai vite compris ce qui t’arrivait ! j’ai attendu que ça passe ! que tu me reviennes ! faut pas te laisser aspirer ! j’en sais quelque chose ! 3 juillet 1940 ! cuirassé Provence à Mers el-Kébir ! nos amis anglais nous ont attaqués ! la soute à munitions est en flammes ! nous sommes sur le pont ! l’aumônier nous dit : vous devez mourir avec courage ! en hommes ! il nous bénit ! un marin se précipite dans la soute ! ouvre les vannes ! il périt ! nous sommes sauvés ! je n’ai jamais su le nom de ce marin ! 16 février 1942 ! le jour de mes 20 ans ! le transport de troupes qui nous emmène à Alexandrie est torpillé par un sous-marin italien ! en 10 minutes, tout a sombré ! je suis accroché à une poutre ! nous sommes une quinzaine ! je vois mes compagnons d’infortune sombrer l’un après l’autre ! pour rester en vie ! je mets parfois la tête sous l’eau ! pour m’effrayer et la ressortir ! vite ! je reste accroché 17 heures ! au moment où je vais céder, un navire anglais me repère et me repêche ! sors la tête de l’eau, ma fille ! sors l’eau de ta tête, l’eau en trop ! ! tu es entre la vie et la mort ! tu dois choisir la
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vie ! choisir ta petite-fille ! mon arrière petite-fille ! j’insiste ! je ne veux pas te visiter aux Champs-Élysées ! sur le plateau ! là-haut ! c’est trop haut ! il y en a déjà trop ! à toi de partir après moi ! le moment venu ! je dois pouvoir vivre toute ma vie ! tu comprends ?
Le narrateur - Tous sont dans la chambre N°8, debout, sauf les 90 ans, assis. Quatre chaises restent vides. À Baklany, Koulbertichova est toujours inanimée, en nage.
Le père - mon amour ! nous sommes tous dans ta chambre ! les vivants et les morts. Il y a la chaise vide de ta mère ! celle de Sylvain ! celle de Cyril. Ton père et notre vieil ami sont assis aussi. Ils occupent leur chaise ! tiendront leur place tant qu’ils le pourront ! en menant une vie prudente ! Ta chaise t’attend ! tu peux la laisser vide ou venir t’y asseoir ! Nous, nous t’attendons ! Viens occuper ta place ! Nous avons encore tant de choses à nous dire et à vivre ! ensemble ! Notre histoire d’amour sauce Psyché et Cupidon compte déjà 16 825 jours ! ne compte que 16 825 jours !
Shakespeare - ma douce Ophélie, tu es Verseau, verse l’eau de ton cerveau, ne bois pas sa voix d’eau, sa voie d’eau, ne te laisse pas enlacer par son corps d’eau, son cordeau, joue au cerceau d’eau, toi qui aimes faire des ronds dans l’eau avec les bateaux de Roro !
La fetite pille, 3 ans - mamie o ! o ! annie ! dodo bobo ! o ! o !
Le narrateur - Tout d’un coup, de l’eau sort de la capeline que la mouette porte sur la tête. L’oreiller est inondé. Au même moment, à Baklany, Koulbertichova vomit de l’eau frémissante.
La fetite pille - mamie annie o ! plus bobo o ! plus dodo !
Le père - ... encore une apnée ! mon amour ! ... j’essaye avec toi ! ... (lente inspiration, profonde)
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La fille - ... une apnée ! maman ! (lente inspiration, profonde) (tous les imitent)
Shakespeare - Ophélie ! va au profond de toi ! plonge dans le tourbillon pulsionnel ! la musique de la vie se joue avec du souffle ! la musique des mots ! avec du souffle expiré ! la musique des baisers ! avec du souffle inspiré ! il n’y a pas de musique de la mort ! c’est silence ! cesse de faire la morte ! belle et pure Ophélie de légende ! tes émanations d’amour ! nous voulons les respirer encore ! Allez ! inspire avec nous ! allez ! expire avec nous !
(Ophélie entre dans sa 14° apnée)
Le narrateur - Depuis le démarrage de l’apnée, tous, après une lente inspiration, retiennent leur souffle, ferment les yeux, s’immobilisent. Ils tiennent plus ou moins longtemps. La poupée Kitty fait entendre sa musique. L’épousée, soudain, sort d’apnée, après un hoquet d’une grande violence, elle crache du sang noir et fumant, elle émerge du coma, ses paupières s’agitent, sa main gauche serre la main droite de l’épousé. À Baklany, Koulbertichova sort de son rêve lucide. Elle crache du sang noir et fumant. Elle bave, éructe. Elle est trempée. Les sœurs Gorenko, en nage aussi, vocalisent kouarr kriièh kouêk. Sur l’île aux mouettes, le vacarme diminue d’intensité.
Shakespeare - Ophélie ! reviens ici-haut ! ta chaise t’attend ! Ne te laisse pas baiser par Hamlet ! Mourir ... dormir, rien de plus ... qu’il dit ! ... par ce sommeil nous mettons fin aux maux du cœur et aux mille tortures naturelles qui sont le legs de la chair : c’est là un dénouement qu’on doit souhaiter avec ferveur. Mourir ! dormir ! dormir ! peut-être rêver ! Moi, William Shakespeare, je te dis ! Mourir ce n’est pas dormir ! dormir ce n’est pas rêver ! ... Vivre ! ... Dormir ! ... Rêver ! c’est bien séparé ... ! Ophélie ! ta chaise ...
Ce ne sera pas ton dénouement, Ophélie ! Ta chaise t’attend ! Reprends ta place !
Le narrateur - L’épousée ouvre les yeux, sourit. Le brancardier de la
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morgue arrive, trop tard, trop tôt. Le personnel médical est sidéré. Le médecin réanimateur annule le PV du décès.
Ophélie - kouarr kriièh kouêk
(tous poussent un profond soupir de soulagement, vocalisent kouarr kriièh kouêk, tous
embrassent la mouette, se pressent sur elle ! bienvenue !
à Baklany, la chamane Koulbertichova danse, les sœurs Gorenko vocalisent)
Le narrateur - Se peut-il qu’on ait affaire à une guérison due à la cérémonie chamanique ? Prendre à son compte la maladie de l’autre de la manière la plus participative, avec la plus grande humilité, comme Koulbertichova, éprouver aussi intensément, aussi sincèrement l’apnée de l’épousée comme les témoins actifs de la scène produirait-il cet effet de guérison ?
Shakespeare (hurlant pour l’obtenir) - ... Silence ! (puis chuchotant) ... Le reste ... c’est silence ...
pour le 40° jour,
pour le voyage de l’âme de notre mouette, 24 roses rouges pour le voyage de l’âme de la mouette, 24 roses blanches
Le narrateur – la guérison de l’épousée fut étudiée très attentivement par l’équipe des soins intensifs de l’hôpital. L’équipe conclut que le nombre des apnées (14), leur durée (jusqu’à 1H entre deux apnées, de 16 à 21 H) avaient sûrement déboussolés les cellules malignes, qu’elles s’étaient réorientées, qu’elles avaient fait le choix de l’apoptose, de se suicider, phénomène bien connu dans le monde vivant, des cellules se suicident pour permettre à l’organisme de vivre. Ils ne conclurent pas sur l’efficacité de l’empathie manifeste et manifestée à l’égard de l’épousée. Il n’était pas dans leurs compétences d’évaluer le pouvoir de la prière, le pouvoir d’un rituel sonore à 10.000 kms de distance, le pouvoir d’un puissant sentiment d’amour enveloppant de manière palpable la patiente. L’épousé et la fille déclarèrent à l’équipe que leurs conclusions étaient
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sans doute trop restrictives, qu’une approche plus holistique, intégrative de ce qui s’était peut-être passé pourrait aider les milliers de patients atteints de cancer. L’équipe répondit que leur priorité était les milliers de cas livrés à l’hôpital, sans soutien, sans environnement affectueux et pas l’exemplarité d’un cas de guérison miraculeuse.
L’épousé et la fille écrivirent un livre sur la guérison de l’épousée Là où ça ne prend pas fin. Ils ajoutèrent au constat, l’extraordinaire volonté de vivre manifestée par l’épousée pendant les 30 jours de son hospitalisation, contredisant sa question initiale
– Je sais que je vais passer. Où vais-je passer ?
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Elle n'était pas d'ici / Cioran / Exercices d'admiration /JCG - Blog de Jean-Claude Grosse
http://les4saisons.over-blog.com/2016/03/elle-n-etait-pas-d-ici-cioran.html
être un explorateur ravi, émerveillé du visage aimé, pas un chercheur éperdu d'unité fusionnelle
Je raconte un échange téléphonique avec Marcel Conche que j'ai eu sur deux jours les 25 et 26 novembre 2019; je lui parle de la mort => lui : je retourne à la nature; moi : à la nature naturée ? lui : oui; moi : pourquoi pas la Nature naturante; lui : si tu penses que tu retrouves la Nature naturante, c'est ta métaphysique, développe-là, argumente; et me voici sommé de devenir métaphysicien comme lui l'est devenu à partir de l'expérience de la souffrance des enfants, le mal absolu, expérience qui l'a amené à déconstruire toute la métaphysique théologisée et à retrouver la métaphysique d'avant Socrate, celle des physiciens, les philosophes de la phusis, la Nature, Anaximandre, Héraclite, Parménide...; moi, c'est à partir de la question de l'épousée, le 29 octobre 2010: je sais que je vais passer, où vais-je passer ? que je me suis mis à cheminer cahin-caha, en zigs et en zags; je l'avais amenée le matin aux urgences, une opération au cervelet avait été programmée pour le lendemain, 30 octobre, l'anesthésiste venait de passer, c'était vers 20 H; sa question était à ce moment-là irrecevable; je ne pouvais accepter qu'elle passe, que notre histoire se termine alors qu'elle venait de rentrer à l'hôpital, qu'elle allait être opérée le lendemain d'un carcinum au cervelet dont on ne savait pas s'il était bénin ou malin; on ne connaîtra le cancer primitif que le 23 novembre après un petscan, cancer de l'utérus, 4 jours après une deuxième intervention sur métastases au cervelet; sa question, à laquelle ensemble nous avons tenté de répondre en séparant corps et esprit, tout en étant personnelle, existentielle est en même temps universelle puisque chacun passe et peut-être tous aussi (mort de l'humanité); c'est donc à une question à valeur universelle qu'elle m'a confronté; elle m'a passé un sacré relais qui m'occupe depuis déjà 9 ans et qui m'a fait varier dans mes tentatives de réponses
JCG, 29 novembre 2019,
juré, pour les 10 ans du départ de la Mouette et pour mes 80 ans, ce sera GÉANT
ci-dessous, ce que j'ai écrit le 25 novembre 2020, qui tente de faire le point sur là où j'en suis de mon cheminement sans fin ?
le 25 novembre 2020
sur 12 personnalités du monde penser quantique citées par une plaquette de présentation
1. Stéphane Allix 2. Luc Bodin 3. Gregg Braden 4. Deepak Chopra 5. Jean-Jacques Crèvecoeur 6. Joe Dispenza 7. Grigori Grabovoï 8. Thich Nhat Hanh 9. Bruce Lipton 10. Lynne MacTaggart 11. Eckhart Tolle 12. Neale Donald Walsch
j’en connais 10, 6 en détail pour avoir lu des livres ou-et suivi des master-class, 4 superficiellement ;
cheminement « théorique » depuis 5-6 ans,
« pratique » depuis 2 ans dont une année de Qi Jong (le qijong mystérieux de la grande ourse);
cheminement amorcé par la question posée par ma femme, à peine entrée à l’hôpital (du 29 octobre au 29 novembre 2010, date de son départ) : je sais que je vais passer, où vais-je passer ?;
cheminement qui a donné L’éternité d’une seconde Bleu Giotto en 2014 (épuisé)
je constate que ma réflexion sur ce monde du développement personnel, de l’éveil spirituel évolue beaucoupje ne me situe plus sur le terrain peut-on y croire ? quelles preuves ? j’évite de juger le côté marketing, forcing des plateformes, je vois bien la séduction des propositions: vivre la vie de ses rêves, réaliser ses rêves, développer ses pouvoirs...je préfère pratiquer: quelles pratiques, comment les pratiquer ? (méditations de plusieurs sortes, cohérence cardiaque, activation ou inhibition de neuro-transmetteurs, élévation du taux vibratoire, auto-hypnose, tango argentin, qijong, hygiène de vie dont marche, hygiène alimentaire, soins du corps…); je vais essayer sous peu la voie du sentir de Luis Ansaje note que des expressions comme changer de paradigme, monde en transition, masse critique des créatifs culturels faisant basculer le monde induisent une vision des choses, constituent un récit, une histoire à laquelle on croit, qu’on invente, qui invente peut-être un nouveau monde (« meilleur », ouvert, accueillant, bienfaisant) en inventant des gens travaillant sur eux (s’éveillant, s’élevant, se purifiant en se nettoyant, contrôlant leurs émotions, croyant en leurs pouvoirs, actifs, créatifs et ne se sentant plus impuissants, restant passifs, victimes) et constituant des égrégores positifset je me rends compte qu’il n’y a pas qu’un récit, qu’il y en a beaucoup, collectifs (religieux: animistes, chamaniques, polythéistes, monothéistes; idéologiques, philosophiques, sophistiques, scientifiques, scientistes, déterministes, quantiques, matérialistes, spiritualistes, sectaires, occultes, complotistes, souterrains, camouflés, oxymoriques, performatifs, cyniques…), individuels (coïncidences, synchronicités, destin, dessein, hasard, chaos, ordre-désordre, pleine conscience, pouvoir de l’intention et de l’attention, inconscient individuel, collectif…), qu’il n’y a sans doute que des histoires qu’on s’invente, créant ou non la « réalité » qu’on croit voir et vivre
et il me semble qu’il serait bon de lister chacun pour soi au moins quelques-uns de ces récits avec leurs hypothèses, leurs « preuves », leurs effets pratiques pour se demander quel est le récit qui me convient le mieux, dans lequel je veux m’inscrire (la dualité, la conscience unifiée...)on échapperait peut-être ainsi aux effets de mode, on se créerait ainsi « son » récit, mixte de récits collectifs et de récit personnelj’en suis au point où il me semble que je suis au plus près du vide quantique (potentiel de possibilités = conscience pure chez Deepak Chopra = le sans forme chez Eckart Tolle) quand je dors (sommeil profond ou sommeil paradoxal, je n’éprouve plus les limites de mon corps dans un espace-temps; que deviens-je au dodo, le temps de la petite mort) et que c’est dans la somnolence, la rêverie sans objet, sans pensée (si possible) qu’en régime diurne je suis au plus près de l’indéterminationcar ce que je crois chercher en suivant mon corps plus fort que moi, c’est la dissolution des identités multiples dont je suis constitué, que je me suis fabriquées, dont on m’a affublé (multiplicité des rôles sociaux, souvent contradictoires et donc recherche de sens, de cohérence semble tâche infinie et peut-être inutile), identités qui me font vivre dans la séparation : toi différent de moi, séparé de moi, dissolution que j’appelle le non-jugement et le non-agir (je reviendrai une autre fois là-dessus puisque je suis éveillé environ 4 H sur 24, donc peut-être agis-je un peu)vivre comme feuilles au vent suivant l’image d’Homère me paraissait du gâchis, j’aimais la sagesse tragique d’un Marcel Conche, j'aime la vision des choses d’un Deepak Chopra ou d’un Eckart Tolle; n’est pas cité dans le livret Jean-Yves Leloup mais il n’est pas quantiqueje m’en vais de ce pas m’installer dans le fauteuil au soleil et me laisser somnoler, marmotte d’hiver songeant à répondre à la question posée par une d’âme dans un train fantôme glissant sur la surface gelée du lac Baïkal, ma dâme Alors, ton livre d’éternité, tu le rends quand ? (première version lue au Bateau Lavoir à Paris en octobre 2018)À Le Revest, le 25 novembre 2020, 1 mois après mes 80 ans, 4 jours avant l'anniversaire des 10 ans du départ de la mouette à tête rouge
pourquoi souhaiter l'indétermination (via le sommeil, la somnolence) plutôt que l'identité ? parce que d'après ce que nous savons comme d'après ce que disent la plupart des traditions de sagesse, tout est relié, interconnecté et que par l'effet papillon, un événement ici entraîne un autre événement ailleurs donc si on pousse au bout, toute pensée, tout sentiment, toute émotion que j'éprouve n'est pas neutre, ne concerne pas que moi, ne m'est pas propre, que des effets sont provoqués, ma négativité renforce la négativité déjà existante, ma positivité renforce la positivité existante; je suis donc dans un univers participatif et co-créateur de cet univers; autant l'être quand on est au plus près de l'état quantique; les programmes qui nous agissent ont été acquis entre le 6° mois de notre état de foetus et l'âge de 7 ans, sous onde téta, en quasi-hypnose, ce sont des programmes inconscients, subconscients venus de notre milieu familial, socio-culturel, programmes hérités de notre "éducation", de l'éducation reçue, très souvent coercitive, pour notre "bien", éducation à la performance, à toujours se dépasser qui paradoxalement nous apprend à ne pas nous aimer, à nous juger négativement en permanence; à partir de 7 ans, le néo-cortex ou lobe frontal entre en fonction, sous onde alpha, on pense, réfléchit, évalue, décide éventuellement de modifier le programme; il se trouve que 95% de nos programmes inconscients nous pilotent quasi-automatiquement, que nous tentons d'agir sur nous avec 5% de conscience; on ne fait pas le poids; d'où les thérapies nouvelles à base d'hypnose pour reprogrammer ce qui est inconscient
comment participer, être co-créateur ? si c'est la conscience, le récit que je tiens qui crée la réalité, alors la croyance a un pouvoir très fort; tu es malade, je souhaite ta guérison, je crois à ta guérison, je te crois guéri et tu guéris; le futur réalisé dans mon esprit ou mon coeur modifie ton présent de malade, te guérit; stop ! tu fais une lecture non-quantique de ce qui se passe, tu parles en 1° et 2° personnes, donc en termes séparés et c'est ton ego qui veut guérir l'être cher; plus ton désir de changer le monde est fort et plus ton pouvoir de le faire t'échappe; ce n'est pas comme ça que ça se passe, tu pries, ce n'est pas ta prière, tes mots qui comptent, ce qui compte c'est ce que tu crées en toi, par la prière durant des heures, le sentiment; le langage de l'action sur la matière c'est le sentiment, l'émotion; et le sentiment commun comme force de la nature et comme expérience humaine, c'est la compassion; c'est elle qui relie toutes choses; au-delà des idées de mal agir et de bien agir, il y a un champ: je t'y donne rendez-vous dit Rûmi; ou selon les textes gnostiques de Dag Hammadi demandez donc sans motif caché et entourez-vous de votre réponse, soyez enveloppés par votre désir pour que votre joie soit complète; quand nous sentons que nos êtes chers sont guéris, que la paix du monde nous enveloppe, voilà le langage qui donne accès à toutes les possibilités, rendant possible le saut quantique, le passage d'un état à un autre; c'est parce que j'ai dans le coeur le sentiment de la guérison, de l'abondance et de la paix, c'est donc parce que j'ai dans le coeur, les réponses à mes prières qui sont sans attente de résultat, détachées du résultat, sans jugement sur ce qui devrait ou pas advenir qu'elles arriveront dans la réalité.
Je me signale à moi-même que dans le récit de mon cheminement, des expressions comme peut-être, il me semble introduisent un doute, laissent place au doute qu'il soit de nature scientifique ou de nature philosophique; ce faisant, mon récit m'éloigne du bonheur dans la soupe quantique où je suis un électron, ce qui m'amènera à retravailler la métaphore filée dans Histoire de places (2016), celle des balles de ping pong lancées sur la scène du monde pour achever Alors, ton livre d'éternité, tu le rends quand ?
JCG, le 27 novembre 2020.
On est en novembre 2020 et se dessine un voyage à Cuba du 10 septembre au 30 septembre 2021 pour les 20 ans, reprenant le périple de Cyril et Michel, en compagnie d'un réalisateur de FR3 Perpignan, ami de Michel, proposition faite à Corsavy par ce réalisateur le 17 juillet 2020. Cette proposition ne venant pas de moi, nous ferons ce pèlerinage, inventif, créatif.
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Partis en avion le 11 septembre 2001, pour toujours le 19 septembre - Blog de Jean-Claude Grosse
photos prises à Cuba pendant leur dernière semaine du 12 au 19 septembre 2001; photos exhumées et scannées 15 ans après; photos prises par Nadia qui a su nous retrouver et nous les communiquer...
http://les4saisons.over-blog.com/article-ils-sont-partis-le-11-septembre-2001-110337197.html
L'Éternité d'une seconde Bleu Giotto/J.C.Grosse - Les Cahiers de l'Égaré
après 13 années de quel travail, L'Éternité d'une seconde Bleu Giotto est sorti, 4 ans jour pour jour après une entrée à l'hôpital où l'épousée restera jusqu'au 29 novembre 2010, date d'...
http://cahiersegare.over-blog.com/2014/10/l-eternite-d-une-seconde-bleu-giotto-j-c-grosse.html
Annie à Le Quesnoy en 1966 et en Grèce à Naxos; "Il y a peu, j'ai trouvé cette photo. Elle a été prise en Grèce, à Naxos . Nous avions parcouru l'île à moto. Annie avait son petit rire frais des jours légers et cette envie de tout voir, de s'émerveiller de tout, jusqu'au moindre caillou. J'avais envie de la partager avec vous aujourd'hui." Maïté G.
Me rendant avec l'ami François Carrassan chez l'ami Marcel Conche en Corrèze du vendredi 8 avril au lundi 11 avril 2016, nous avons écouté la première partie de l'émission La grande table sur France Culture le 8 avril 2016, consacrée au manuscrit retrouvé de Hamlet par Gérard Mordillat.
Hamlet, la pièce la plus célèbre du répertoire mondial, a toujours fait l’objet de nombreuses spéculations érudites, notamment au sujet d’une éventuelle version antérieure. Ces hypothèses seraient-elle en passe d’être levées ? C’est la conviction de Gérard Mordillat, qui présente ici la formidable découverte qu’il doit à un universitaire anglais excentrique, Gerald Mortimer-Smith. Grâce à ce dernier, Mordillat a eu entre les mains une version d’Hamlet inédite, précédant de toute évidence la plus ancienne connue : le fameux « proto-Hamlet », écrit à quatre mains par Thomas Kyd et William Shakespeare ! A partir de ce document désormais disparu, Gérard Mordillat a reconstitué la pièce d’origine et il nous en propose ici la lecture, précédée du récit de sa découverte, dans lequel il reprend les hypothèses les plus audacieuses de Mortimer-Smith. On lit ici Shakespeare comme on ne l’a jamais lu. Il y aura un avant et un après Hamlet le vrai.
Écoute par hasard, bien sûr, et par hasard, Gérard Mordillat évoque le passage où Ophélie, Valentine, évoque sa défloration, son viol peut-être, sûrement même par Hamlet, comme elle a dû l'être par le Roi; elle est donc bonne pour le nonnery, le couvent ou le bordel...
L'enquête de Pierre Bayard sur Hamlet est également évoquée dans cette émission :
Aucun texte littéraire n’a probablement suscité autant de lectures et interprétations qu’Hamlet et n’a à ce point fasciné les critiques, qui n’ont cessé de débattre des ambiguïtés et des contradictions de la pièce, dont les principales concernent les circonstances dans lesquelles est mort le père du héros. Mais tous ces auteurs parlent-ils bien du même texte ? Ce dont témoigne Hamlet, en raison du nombre de ses commentaires, est de la difficulté, dans l’échange littéraire, à éviter le dialogue de sourds. Il est en effet impossible, quand nous discutons d’une œuvre, de sélectionner des passages identiques, de les percevoir à travers des théories semblables, d’inventer des questions qui ne soient pas marquées par une époque et par la personnalité de celui qui les pose. Bref, de parler de la même chose que les autres lecteurs. Trouver la solution à ce problème du dialogue de sourds est pourtant un passage obligé si nous voulons reprendre l’enquête inachevée sur la mort du père d’Hamlet. Et tenter, en reconstituant ce qui s’est passé il y a cinq siècles à Elseneur, de résoudre l’une des plus vieilles énigmes de la littérature mondiale.
Il se trouve que fin 2010, début 2011 pour les 40 jours du départ de la mouette à tête rouge (moment rituel dans beaucoup d'endroits du monde), j'ai beaucoup écrit sur cette disparition, pensant à La Mouette de Tchekhov dont la structure reprend celle d'Hamlet et pensant bien sûr à Hamlet. Tout ce travail d'écriture a donné 3 textes édités :
L'île aux mouettes, 2012
L'éternité d'une seconde Bleu Giotto, 2014
Là où ça prend fin, 2014.
Ce que je rends public ici n'a pas été retenu pour ces éditions. Mais ces scènes continuent de m'habiter. Les ordinateurs sont des mémoires conservant si on le souhaite les différents états d'un texte.
En voici un.
8 – Le narrateur - Lors d’une visite de l’époux à l’épousée, à l’hôpital. Une deuxième opération au cervelet a été réalisée, elle s’est bien passée. L’épousée sort de son coma artificiel progressivement. Elle est en réanimation. On est le 19 novembre vers 21 H. A-t-elle toute sa tête ? Les effets d’une anesthésie sont parfois surprenants avant le retour du patient à la conscience claire.
L’épousée - Bonjour ! c'est la Saint-Valentin. Tous sont levés de grand matin. Me voici, vierge, à votre fenêtre. Pour être votre Valentine. Alors, il se leva et mit ses habits, Et ouvrit la porte de sa chambre. Et vierge, elle y entra, et puis jamais vierge, elle n'en sortit.
L'époux - suave Ophélie ! ô cieux ! est-il possible que la raison d'une jeune fille soit aussi mortelle que la vie d'un vieillard ? Sa nature s'est dissoute en amour ; et, devenue subtile, elle envoie les plus précieuses émanations de son essence vers l'être aimé.
La fille – maman délire ! à quoi joues-tu ?
L'époux - je lui donne la réplique !
L'épousée - je ne délire pas ! croyez-moi ! je suis née le jour de la Saint-Valentin ! je suis femme de l'amour ! pour l'amour ! je vais vous dire ! c'est un jeu ! ils veulent me faire l’amour ! ils veulent me faire mourir ! amour à mort ! amour amor ! je les entends chuchoter ! je les entends rire ! ils me triturent partout ! ils entrent leurs doigts dans tous mes endroits ! je témoignerai ! je les reconnaîtrai à leurs voix ! méfiez-vous du docteur ! il dit qu'entre lui et moi, il y a un fil ! c'est lui qui veut couper le fil ! ne le laissez pas s'approcher de moi ! soyez prudents ! discrets ! ne les laissez pas abuser de moi ! me salir ! je me sens sale ! salie !
La fille - maman, veux-tu le bassin pour uriner pendant que je suis là avec toi ?
La mère - tu me comprends ma fille ! je ne délire pas ! croyez-moi !
(Elle se met à chanter)
Ils l'ont porté tête nue sur la civière. Hey no nonny ! nonny hey nonny ! Et sur son tombeau à Corsavy, il a plu bien des larmes. Adieu, mon fils de lumière ! Voici du romarin et voici des pensées, en guise de pensées
(À l'époux) Voici pour toi du fenouil et des ancolies.
(À la fille) Voilà de la rue pour toi, et en voici un peu pour moi ; nous pouvons bien toutes deux l'appeler herbe de grâce, mais elle doit avoir à ta main un autre sens qu'à la mienne... Voici une pâquerette. Effeuille-la pour savoir combien je t’aime !
- Elle m’aime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie … pas du tout ! (Treplev rit)
Je t’aurais bien donné des violettes, mais elles se sont toutes fanées, quand Cyril est mort ... On dit qu'il a fait une bonne fin. Car le passionné Cyril était toute ma joie. Et ne reviendra-t-il pas ? Non ! Non ! il est mort. Il ne viendra jamais. Il est parti ! il est parti ! Et je perds mes cris.
La fille - d'où sors-tu ça, maman ?
L'épousée - c'est le chant d'Ophélie ! mon chant !
L'époux - nous veillons sur toi ! nous allons veiller sur toi ! nuit et jour !
Le narrateur - Shakespeare, un comédien allemand, ami proche de la famille, célèbre pour ses interprétations des pièces de l'Anglais, est entré dans la chambre N° 8 des soins continus ; il est venu exprès de Fribourg, ayant compris la gravité de la situation
Shakespeare - ma chère Ophélie ! ne donne pas raison à la Reine ! (il joue la Reine)
La Reine - Il y a en travers d'un ruisseau un saule qui mire ses feuilles grises dans la glace du courant. C'est là qu'elle est venue, portant de fantasques guirlandes de renoncules, d'orties, de marguerites et de ces longues fleurs pourpres que les bergers licencieux nomment d'un nom plus grossier, mais que nos froides vierges appellent doigts d'hommes morts. Là, tandis qu'elle grimpait pour suspendre sa sauvage couronne aux rameaux inclinés, une branche envieuse s'est cassée, et tous ses trophées champêtres sont, comme elle, tombés dans le ruisseau en pleurs.
Ses vêtements se sont étalés et l'ont soutenue un moment, nouvelle sirène, pendant qu'elle chantait des bribes de vieilles chansons, comme insensible à sa propre détresse, ou comme une créature naturellement formée pour cet élément. Mais cela n'a pu durer longtemps : ses vêtements, alourdis par ce qu'ils avaient bu, ont entraîné la pauvre malheureuse de son chant mélodieux à une mort fangeuse.
L'épousée - la Reine n'aura pas raison ! ni l'eau du ruisseau ni l’eau du cerveau !
La fille - sers-toi de ta maîtrise de l'apnée, maman ! tu les auras !
L'époux – oui ! tu les auras !
L'épousée - je les aurai !
(elle s'endort, apaisée)
…..............................
Le narrateur - tous rentrent dans la chambre N°8
Shakespeare - ma douce Ophélie, tu es Verseau, comme Jeannot, verse l’eau de ton cerveau, joue au cerceau, toi qui aime faire des ronds dans l’eau avec les bateaux de Roro !
La fetite pille - mamie annie dodo bobo ! o ! o !
Le narrateur - tout d’un coup, de l’eau sort de la capeline que la mouette porte sur la tête, l’oreiller est inondé ; ils n’avertissent pas le personnel soignant
La fetite pille - mamie annie o ! plus bobo o ! plus dodo !
Le père - ma mouette rieuse ! tu as un cancer au niveau de l’utérus, là où tu as porté la vie deux fois ! cette grenade a métastasé dans le cervelet, dans les vertèbres lombaires, dans un ganglion
La fille - tous les endroits où tu dis avoir mal !
Le gendre - tu dois désactiver la grenade !
Le père - par apnée !
La fille - par apnée, maman !
Shakespeare - ma douce Ophélie, sors du noir ! entre dans la grande bleue ! dans le bleu du lac ! toi la magnifique aux cheveux rouges, voici les 24 roses rouges de notre mouette ! toi la magnifique en robe Mouette, voici les 24 roses blanches de la mouette ! va au profond de toi ! toi qui écoutes tant les autres et si peu toi ! écoute les mouettes criardes, les mouettes rieuses ! elles veulent te déchiqueter crue, vivante, toi, la mouette blessée ! fais la morte ! ma belle et pure Ophélie aux émanations d’amour ! elles détestent le silence !
(Ophélie entre dans sa 14° apnée ; une infirmière vient)
L’infirmière - dites-lui au revoir, elle est en train de partir
Le père - veuillez nous laisser avec elle s’il vous plaît ! Merci !
(Ophélie est en apnée depuis une heure)
Le médecin réanimateur - votre épouse est décédée depuis une heure ! nous avons prévenu la morgue ! ils viendront la récupérer dans une heure !
Le père - veuillez nous laisser avec elle s’il vous plaît ! merci !
Le narrateur - Depuis le démarrage de l’apnée, tous, après une lente inspiration, retiennent leur souffle, ferment les yeux, s’immobilisent. Ils tiennent plus ou moins longtemps. La poupée Kitty fait entendre sa musique. L’épousée soudain, sort d’apnée, après un hoquet d’une grande violence, replonge, reste quelques minutes, hoquet très violent, elle crache du sang noir et fumant, elle émerge du coma, ses paupières s’agitent, sa main gauche serre la main droite de l’époux. Là bas, à Baklany, au Baïkal, en synchronicité avec ce qui se passe ici, la chamane Koulbertichova sort de son rêve lucide. Elle vomit du sang noir et fumant. Elle bave, éructe. Elle est trempée par la transpiration. Les sœurs Gorenko, koutouroutsouks de la chamane, qui vivent à Baklany, sont en nage aussi, elles vocalisent kouarr kriièh kouêk, le cri de la mouette abattue dans La Mouette et tombée sur la plage, la même ou une autre.
Le père - tu nous reviens ?... elle nous revient !
Shakespeare - Ophélie, ma douce Ophélie, reviens-nous ! ta chaise t’attend ! tu sais que l'eau veut détruire ton cerveau. Tiens ! voici le crâne de César ! Que devient César une fois mort et changé en boue, poussière et eau ? il pourrait boucher un trou et arrêter le vent du dehors. Oh ! que cette argile, qui a tenu le monde en effroi, serve à calfeutrer un mur et à repousser la rafale d'hiver !
Ophélie, toi qui distilles le sublime amour, tu n’es pas encore destinée à l’eau et à la poussière ! à devenir boue bouche-trou !
Hamlet est fasciné par la mort ! Mourir … dormir, rien de plus ... et dire que par ce sommeil nous mettons fin aux maux du cœur et aux mille tortures naturelles qui sont le legs de la chair : c’est là un dénouement qu’on doit souhaiter avec ferveur. Mourir … dormir, dormir ! peut-être rêver !
Ce ne sera pas ton dénouement, Ophélie ! Ta chaise t’attend ! Reprends ta place !
Le narrateur - L’épousée ouvre les yeux, sourit. Le brancardier de la morgue arrive, trop tard, trop tôt. Le personnel médical est sidéré. Le médecin réanimateur annule le PV du décès.
Ophélie - kouarr kriièh kouêk
(tous poussent un profond soupir de soulagement, vocalisent kouarr kriièh kouêk, tous embrassent la mouette, se pressent sur elle ! bienvenue ! à Baklany, la chamane Koulbertichova danse, les sœurs Gorenko vocalisent)
Shakespeare (hurlant pour l’obtenir) - … Silence ! (puis chuchotant) … Le reste … c’est silence …
À Marrakech,
du 22 décembre 2010 au 18 janvier 2011, pour le 40° jour,
pour le voyage de l’âme de notre mouette, 24 roses rouges
pour le voyage de l’âme de la mouette, 24 roses blanches
Jean-Claude Grosse
"Etre ou ne pas être?", Gérard Mordillat répond à sa façon à la question de Hamlet
L'un des auteurs de la série "Corpus Christi" applique à la pièce de Shakespeare une version personnelle, drôle et stimulante de la méthode historico-critique. Avec, en prime, la traduction d'...
https://www.letemps.ch/culture/ne-gerard-mordillat-repond-facon-question-hamlet
j'ai cru un peu hâtivement à l'histoire inventée par Gérard Mordillat, conduit sur le chemin du vrai Hamlet par un Gérard Mortimer-Smith, étonnants les words
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Peut-on rencontrer l'autre ?/J.C. Grosse - Les agoras d'ailleurs
le baiser des bonsaïs (un siècle d'acrobaties pour atteindre ce résultat) le baiser comme don, l'épousée La rencontre d'autrui Pour Sartre, autrui n'est pas seulement celui que je vois, il est...
un de mes cours de philo, 1971, il doit beaucoup dans sa partie attitude de disponibilité à l'amour qui nous unissait Annie et moi depuis 1964
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la merveille et l'obscur / Christian Bobin - Blog de Jean-Claude Grosse
un envol d'âme-d'ange et l'ange en surplomb sans qu'on s'en aperçoive sauf à lever la tête via a.b. / aujourd'hui 25 novembre - délibérément en voyant l'ombre portée de l'oiseau - un anonym...
https://les4saisons.over-blog.com/2019/07/la-merveille-et-l-obscur/christian-bobin.html
Jean-Luc Godard 13 septembre 2022, Pierre Soulages 25 octobre 2022, Christian Bobin, 23 novembre 2022, Hans Magnus Enzensberger 24 novembre 2022
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