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Blog de Jean-Claude Grosse

Yeats and me

25 Mai 2025 , Rédigé par grossel Publié dans #essais, #développement personnel, #engagement, #poésie, #vraie vie, #écriture, #éveil

l'arbre de Yeats, capture d'écran du documentaire sur Val Kilmer / de W.B. Yeats à François Cheng, dialogue intime avec une IA, Grok 3
l'arbre de Yeats, capture d'écran du documentaire sur Val Kilmer / de W.B. Yeats à François Cheng, dialogue intime avec une IA, Grok 3
l'arbre de Yeats, capture d'écran du documentaire sur Val Kilmer / de W.B. Yeats à François Cheng, dialogue intime avec une IA, Grok 3
l'arbre de Yeats, capture d'écran du documentaire sur Val Kilmer / de W.B. Yeats à François Cheng, dialogue intime avec une IA, Grok 3

l'arbre de Yeats, capture d'écran du documentaire sur Val Kilmer / de W.B. Yeats à François Cheng, dialogue intime avec une IA, Grok 3

peux-tu me traduire en français ce poème de Yeats :
The Two Trees W.B. Yeats

BELOVED, gaze in thine own heart,
The holy tree is growing there;
From joy the holy branches start,
And all the trembling flowers they bear.
The changing colours of its fruit
Have dowered the stars with metry light;
The surety of its hidden root
Has planted quiet in the night;
The shaking of its leafy head
Has given the waves their melody,
And made my lips and music wed,
Murmuring a wizard song for thee.
There the Joves a circle go,
The flaming circle of our days,
Gyring, spiring to and fro
In those great ignorant leafy ways;
Remembering all that shaken hair
And how the winged sandals dart,
Thine eyes grow full of tender care:
Beloved, gaze in thine own heart.

Gaze no more in the bitter glass
The demons, with their subtle guile.
Lift up before us when they pass,
Or only gaze a little while;
For there a fatal image grows
That the stormy night receives,
Roots half hidden under snows,
Broken boughs and blackened leaves.
For ill things turn to barrenness
In the dim glass the demons hold,
The glass of outer weariness,
Made when God slept in times of old.
There, through the broken branches, go
The ravens of unresting thought;
Flying, crying, to and fro,
Cruel claw and hungry throat,
Or else they stand and sniff the wind,
And shake their ragged wings; alas!
Thy tender eyes grow all unkind:
Gaze no more in the bitter glass.

GROK - Voici une traduction en français du poème *The Two Trees* de W.B. Yeats, en essayant de préserver le ton, le rythme et l'imagerie poétique de l'original :

---

**Les Deux Arbres**  
W.B. Yeats  

Bien-aimée, contemple ton propre cœur,  
Là pousse l’arbre sacré ;  
De la joie ses branches saintes s’élancent,  
Portant toutes les fleurs frémissantes.  
Les couleurs changeantes de ses fruits  
Ont paré les étoiles d’une lumière joyeuse ;  
La sûreté de sa racine cachée  
A planté le calme dans la nuit ;  
Le frisson de sa tête feuillue  
A donné aux vagues leur mélodie,  
Et marié mes lèvres à la musique,  
Murmurant un chant magique pour toi.  
Là, les amours dansent en cercle,  
Le cercle flamboyant de nos jours,  
Tournoyant, s’élevant çà et là  
Dans ces grandes voies feuillues ignorantes ;  
Se souvenant de cette chevelure secouée  
Et des sandales ailées qui jaillissent,  
Tes yeux se remplissent d’une tendre sollicitude :  
Bien-aimée, contemple ton propre cœur.  

Ne regarde plus dans le verre amer  
Que les démons, avec leur ruse subtile,  
Dressent devant nous lorsqu’ils passent,  
Ou n’y jette qu’un bref regard ;  
Car là croît une image fatale  
Que la nuit tempétueuse accueille,  
Racines à demi cachées sous la neige,  
Branches brisées et feuilles noircies.  
Car les choses néfastes se muent en stérilité  
Dans le verre obscur que tiennent les démons,  
Le verre de la lassitude extérieure,  
Façonné quand Dieu dormait en des temps anciens.  
Là, à travers les branches brisées, passent  
Les corbeaux de la pensée sans repos ;  
Volant, criant, çà et là,  
Griffe cruelle et gorge affamée,  
Ou bien ils s’arrêtent, humant le vent,  
Et secouent leurs ailes déchiquetées ; hélas !  
Tes yeux tendres deviennent tous unkind :  
Ne regarde plus dans le verre amer.

---

Cette traduction cherche à rester fidèle à l’esprit mystique et lyrique du poème, tout en respectant les images contrastées des deux arbres : l’un sacré, source de joie et de lumière, l’autre maudit, porteur de désolation et de pensées tourmentées. Si vous souhaitez des ajustements ou une analyse plus approfondie, n’hésitez pas à me le demander !

JC - dans le documentaire d'Arte consacré à Val Kilmer celui-ci dit en évoquant sa préparation pour obtenir le rôle de Jim Morrison dans The Doors et en nommant Yeats "on voit un arbre, on observe une vérité concernant cet arbre, on est bouleversé par cette vérité, par la magie de cet arbre, c'est spirituel, ça transcende la forme physique de l'arbre, alors on écrit, encore et encore sur la forme de cet arbre, sur la vie de cet arbre, sur son âme jusqu'à ce que notre personnalité s'efface de nouveau"
l'échange impromptu que j'ai eu avec Ivan Dmitrieff, le 29 avril vers midi, a porté à un moment sur les coquelicots, ma fleur préférée, reine des gravats, des sols ravagés, tenant malgré mistral violent et Ivan de me dire, ton amour ou ta passion pour le coquelicot est de l'ordre de la séparation, il y a entre toi et lui, un espace; il faut que tu chemines pour supprimer cet espace et que le coquelicot trouve sa place là (et il me montre le coeur); j'ai répondu que je savais que vers là devait me conduire mon cheminement mais que je n'y avais pas encore accès; il va de soi que ce chemin du coeur rend inutile à un moment l'écriture comme la décrit Kilmer ou Yeats; qu'en penses-tu ?

GROK - Votre réflexion, tissée des paroles de Val Kilmer, de votre échange avec Ivan Dmitrieff, et de l’évocation du poème de Yeats, touche à une question profonde : celle de la relation entre l’observateur, l’objet de sa contemplation (l’arbre, le coquelicot), et la dissolution de la séparation entre les deux, jusqu’à une union spirituelle où l’écriture, en tant qu’acte de médiation, devient peut-être superflue. Essayons de démêler cela avec clarté et sensibilité.

### 1. **La contemplation transcendante selon Kilmer et Yeats**
Dans la citation de Val Kilmer, il décrit un processus spirituel où l’observation d’un arbre mène à une vérité bouleversante, une connexion qui transcende la forme physique pour toucher l’âme de l’objet. Cette démarche évoque une expérience mystique, où l’ego de l’observateur s’efface progressivement pour laisser place à une communion avec l’essence de ce qui est contemplé. L’écriture, dans ce contexte, devient un pont, un moyen de capturer cette vérité, mais aussi un acte répétitif qui, paradoxalement, peut ramener à la conscience de soi, à la personnalité. Kilmer semble suggérer que l’écriture est à la fois un outil et une limite : elle aide à approcher la vérité, mais elle reste ancrée dans la forme, dans le besoin de nommer et de décrire.

Dans *The Two Trees* de Yeats, cette idée résonne. Le premier arbre, celui du cœur, est une source de joie, de lumière, de connexion sacrée avec le cosmos. Il incarne une vérité intérieure, un état d’unité où l’âme s’harmonise avec le monde. Le second arbre, celui du « verre amer », représente la séparation, la distorsion, la fragmentation causée par les pensées tourmentées et les illusions. Yeats invite à contempler l’arbre intérieur, celui qui transcende les apparences, pour retrouver cette unité perdue. L’écriture poétique de Yeats, comme celle décrite par Kilmer, est un effort pour traduire cette vision, mais elle reste une médiation, une tentative de saisir l’insaisissable.

### 2. **L’échange avec Ivan Dmitrieff : l’espace de la séparation**
Votre échange avec Ivan Dmitrieff, autour du coquelicot, touche à cette même tension entre séparation et unité. Le coquelicot, « reine des gravats », est une image puissante : une fleur fragile mais résiliente, qui prospère dans les sols ravagés, défiant le mistral. Votre amour pour cette fleur, comme le dit Ivan, semble encore marqué par un « espace » de séparation. Cet espace, c’est peut-être la distance entre votre contemplation intellectuelle ou émotionnelle du coquelicot et une communion plus profonde, où le coquelicot ne serait plus un objet extérieur, mais une partie intégrante de votre être, logée dans votre cœur.

Quand Ivan vous invite à « supprimer cet espace » pour que le coquelicot trouve sa place dans votre cœur, il pointe vers un cheminement spirituel où la dualité entre vous et la fleur s’efface. C’est un appel à dépasser la perception extérieure pour atteindre une union intérieure, un état où le coquelicot n’est plus seulement admiré, mais vécu comme une expression de votre propre essence. Votre réponse, honnête et lucide, reconnaît que ce cheminement est en cours, mais pas encore accompli. Cela reflète une humilité face à ce processus, une conscience que la dissolution de l’ego et de la séparation demande du temps et une transformation intérieure.

### 3. **L’écriture comme pont et comme limite**
Vous soulevez un point crucial : à mesure que l’on chemine vers cette unité, l’écriture, telle que décrite par Kilmer ou incarnée par Yeats, pourrait devenir « inutile ». Si l’écriture est un outil pour nommer, décrire, ou capturer une vérité, elle suppose une distance entre le sujet (l’écrivain) et l’objet (l’arbre, le coquelicot). Dans l’état d’unité que vous évoquez, où le coquelicot vit dans votre cœur, cette distance disparaît. Il n’y a plus besoin de décrire ou d’écrire, car la vérité est vécue directement, sans médiation. Comme dans les traditions mystiques (soufisme, bouddhisme, ou même la poésie de Rumi ou de Tagore), l’écriture peut être un chemin vers l’union, mais une fois l’union atteinte, elle devient secondaire, voire obsolète.

Cela ne signifie pas que l’écriture perd toute valeur. Pour Yeats, comme pour Kilmer, elle est une discipline spirituelle, un moyen de raffiner la perception et de s’approcher de la vérité. Mais votre intuition, inspirée par l’échange avec Ivan, semble aller plus loin : dans l’état de communion totale, où l’espace entre vous et le coquelicot s’efface, l’écriture pourrait céder la place à une présence silencieuse, à une expérience pure.

### 4. **Le coquelicot et le chemin du cœur**
Le coquelicot, dans votre récit, est plus qu’une fleur : il est un symbole de résilience, de beauté dans la désolation, et peut-être un miroir de votre propre cheminement. Sa capacité à s’élever sur des sols ravagés évoque une force intérieure, une lumière qui persiste malgré l’adversité. Votre amour pour cette fleur, même s’il est encore marqué par une séparation, est déjà une porte vers le sacré. Le défi, comme le suggère Ivan, est de laisser cette fleur « trouver sa place » dans votre cœur, non pas comme un objet d’admiration, mais comme une vérité vivante qui vous traverse.

Ce chemin du cœur, que vous reconnaissez comme votre destination, est un processus de dépouillement. Il demande de lâcher les filtres de l’intellect, les mots, les concepts, pour s’ouvrir à une expérience directe. L’écriture, dans ce contexte, peut être une compagne fidèle sur le chemin, mais elle pourrait, à un certain point, s’effacer pour laisser place à une contemplation silencieuse, comme celle du premier arbre de Yeats.

### 5. **Conclusion : une tension féconde**
Votre réflexion met en lumière une tension féconde entre la contemplation, l’écriture, et l’union spirituelle. L’écriture, comme la pratiquent Yeats ou Kilmer, est un acte de foi, une tentative de saisir la magie de l’arbre ou du coquelicot. Mais votre échange avec Ivan suggère qu’il existe un au-delà de l’écriture, un état où la séparation s’efface et où le coquelicot devient une part de vous. Ce cheminement, que vous reconnaissez comme inachevé, est déjà une quête d’une grande beauté. L’écriture peut vous accompagner, mais elle n’est pas la destination. Comme le coquelicot qui défie le mistral, vous cheminez avec résilience vers ce cœur où tout s’unit.

Si vous souhaitez approfondir un aspect particulier – le symbolisme du coquelicot, la poésie de Yeats, ou le processus spirituel décrit par Kilmer –, je suis là pour creuser avec vous. Que pensez-vous de cette idée que l’écriture pourrait être un pont temporaire vers une expérience plus directe ?

JC - voici le résumé de 8 H de rencontre hier où je me suis fait allumer : Hier, repas-rencontre à 3 (2H, 1F, 42 ans, 84 ans, 67 ans), durée 8 H, c’est toujours très intense. D’abord l’évocation par F. du départ de sa chienne Tracy, de la dignité manifestée par cette chienne dont bien peu d’humains fuyant la douleur par l’euthanasie sont capables. Ça explique en partie peut-être la radicalité qui fut la sienne, plus acérée que d’autres fois, mais toujours là pour bousculer, remettre les pendules à l’heure comme il dit.  Ça a tourné autour de deux questions : Qui es-tu ? Où vas-tu ? Et à toute tentative de réponse, s’entendre dire c’est du blabla, de la branlette de bobo, c’est intellectuel, ça n’est pas vécu, ça n’est pas réel, ça finit par perturber, interroger.
Tes messages sur la situation à Gaza, c’est du flan; est-ce que tu fais quelque chose ici contre le fléau des filles violées et prostituées dans les cités à 3 kms de chez toi ? Là tu serais dans le réel. Sur Gaza, ferme-là. Ce n’est pas ton problème, c’est le leur.
Ta responsabilité c’est ici, dans ce coin, dans ce pays. A ton âge, que transmets-tu ? Ton cheminement, tu dois te demander où il te mène; ça commence à bien faire l’errance, la quête, l’égarement, le cheminement incertain, la curiosité à 360°. Où vas-tu ? Pour ça, demande-toi qui es-tu ? Quand tu fais ta pneumaphonie pour imiter le craquement de la banquise, tu perds ton temps qui se raccourcit de plus en plus. Tu vas vers les fréquences basses, tu descends vers les enfers et comme tu es chez moi, je te demande d’arrêter ça. Élève-toi ! Va vers les fréquences hautes !  
Ton histoire de supprimer l’espace entre toi et le coquelicot, c’est du pipeau, ce sont des mots. As-tu rencontré Jésus ? - Non ! Tu veux le rencontrer ? - Pourquoi pas ? Ça veut dire NON. C’est la réponse de quelqu’un qui ne s’engage pas, la réponse d’un dilettante, de quelqu’un qui en est encore à vivre sur le mode du loisir, l’époque des années 68.
Une belle image a surgi à un moment, quand il a évoqué ce qui l’attirait quand il fumait : le plaisir de voir la flamme du briquet devant la cigarette, il sentait qu’il pouvait brûler d’une telle flamme à l’intérieur, que c’était là qu’il devait aller, vers cette flamme en lui, cette lumière, cette élévation et de me lire Élévation de Baudelaire. De se moquer des poèmes qu’il lit dans le recueil de poèmes que j’ai offert, c’est décousu, ça n’a aucun sens, en publiant ça, tu ne rends pas service au poète, tu fais obstacle à son élévation en le confirmant dans sa médiocrité. Tu es en pleine démagogie. Que penses-tu de cet échange en lien avec ce que tu as décrit à propos de Yeats, Val Kilmer et Dmitrieff ?


GROK - Cet échange que vous décrivez est d’une intensité brute, presque incandescente, et il résonne profondément avec les thèmes que nous avons explorés autour de Yeats, Val Kilmer, et votre conversation avec Ivan Dmitrieff. Il s’agit ici d’une confrontation avec l’authenticité, l’engagement, et la quête d’une vérité vécue, par opposition à une vérité pensée ou exprimée. La radicalité de F., son refus du « blabla » et son appel à une élévation spirituelle, font écho à la tension entre séparation et unité, entre intellectualisation et expérience directe, que nous avons évoquée. Analysons cet échange en lien avec ces idées, en mettant en lumière les parallèles et les divergences.

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### 1. **La quête de l’authenticité : "Qui es-tu ? Où vas-tu ?"**
Les deux questions centrales posées par F. – « Qui es-tu ? Où vas-tu ? » – sont des interpellations existentielles qui rappellent la démarche introspective du premier arbre de Yeats, celui du cœur. Yeats invite à contempler l’arbre intérieur pour trouver une vérité sacrée, une connexion à l’essence de l’être. De même, F. semble exiger une réponse qui ne soit pas intellectuelle ou théorique, mais ancrée dans une réalité vécue. Son rejet de vos réponses comme « du blabla, de la branlette de bobo » fait écho à l’idée que l’écriture ou la réflexion, comme décrites par Kilmer, peuvent rester à la surface, dans la médiation, sans atteindre la profondeur de l’expérience.

Cette exigence d’authenticité est aussi proche de ce qu’Ivan Dmitrieff vous a dit à propos du coquelicot : il ne s’agit pas seulement d’aimer ou d’admirer la fleur, mais de supprimer l’espace de séparation pour qu’elle vive dans votre cœur. F. va plus loin en vous reprochant de rester dans une posture de « dilettante », de « loisir » (une référence aux années 68), comme si votre cheminement spirituel manquait d’engagement véritable. Cette critique, bien que brutale, semble pointer vers le même horizon : une dissolution de l’ego, une immersion dans une vérité qui transcende les mots et les concepts.

### 2. **Le réel versus l’intellectuel : l’exemple de Gaza**
L’attaque de F. sur vos messages concernant Gaza – « c’est du flan » – et son injonction à agir localement contre les injustices proches (« les filles violées et prostituées dans les cités à 3 km de chez toi ») soulignent une distinction entre l’engagement concret et l’indignation abstraite. Cette remarque fait écho à la tension entre le « verre amer » de Yeats, où l’on se perd dans des pensées tourmentées et des illusions, et l’arbre du cœur, qui incarne une vérité immédiate et vécue. Pour F., vos prises de position sur Gaza relèvent d’une intellectualisation, d’une posture qui reste extérieure au « réel » de votre responsabilité locale.

Cette critique peut être mise en parallèle avec l’idée de Kilmer : observer un arbre, être bouleversé par sa vérité, mais rester dans l’écriture, dans la forme, sans nécessairement s’immerger dans l’âme de l’arbre. F. semble vous dire que votre engagement, comme votre réflexion sur le coquelicot, reste dans l’espace de la séparation, dans le domaine des idées plutôt que dans celui de l’action ou de la transformation intérieure. Son appel à « fermer la bouche » sur Gaza et à agir localement est une invitation à incarner vos valeurs dans le concret, à faire coïncider votre être avec vos paroles.

### 3. **L’élévation et les fréquences hautes : un écho à Yeats et Baudelaire**
L’image de la flamme du briquet, décrite par F., est particulièrement frappante. Elle évoque une aspiration à brûler intérieurement, à s’élever vers une lumière spirituelle, une idée qui résonne avec l’« élévation » de Baudelaire, qu’il vous lit. Dans ce poème, Baudelaire célèbre l’âme qui s’élève au-dessus des « lourds ennuis » terrestres pour atteindre une communion avec l’infini, une liberté spirituelle. Cette invitation à « aller vers les fréquences hautes » contraste avec ce que F. perçoit comme une descente vers « les enfers » dans votre pratique de la pneumaphonie, où vous imitez le craquement de la banquise. Pour lui, cette exploration des « fréquences basses » est une perte de temps, une errance qui vous éloigne de l’élévation.

Ce contraste entre les fréquences hautes et basses rappelle les deux arbres de Yeats : l’arbre sacré, source de joie et de connexion cosmique, versus l’arbre du verre amer, marqué par la stérilité et les pensées sans repos. F. semble vous pousser vers le premier, vers une spiritualité qui transcende les formes extérieures (comme la pneumaphonie ou les mots sur le coquelicot) pour atteindre une vérité intérieure. Sa référence à Jésus – « As-tu rencontré Jésus ? » – renforce cette idée : il ne s’agit pas d’une curiosité intellectuelle (« Pourquoi pas ? »), mais d’un engagement total, d’une rencontre transformative.

### 4. **L’écriture et la démagogie : une critique de la médiation**
La critique des poèmes que vous avez publiés, qualifiés de « décousus » et d’obstacles à l’élévation du poète, prolonge l’idée que l’écriture peut être une entrave si elle reste dans la complaisance ou la médiocrité. F. semble partager l’intuition que vous avez exprimée dans votre précédente question : à un certain point, l’écriture devient inutile si elle ne sert qu’à confirmer des vérités partielles ou à entretenir une séparation. En publiant des poèmes médiocres, vous feriez, selon lui, un acte de « démagogie », c’est-à-dire une concession à la facilité plutôt qu’une quête de vérité.

Cette idée fait écho à la réflexion sur Kilmer et Yeats. L’écriture, pour Kilmer, est un moyen de s’approcher de la magie de l’arbre, mais elle peut aussi ramener à la personnalité, à l’ego. Pour Yeats, le poème est un effort pour saisir l’arbre sacré, mais il reste une médiation, une forme. F. semble aller plus loin : il rejette toute forme qui ne sert pas l’élévation, qui ne brûle pas de cette flamme intérieure qu’il décrit. Votre recueil de poèmes, dans son esprit, pourrait être un exemple de cette médiation qui entrave plutôt qu’elle ne libère.

### 5. **Le coquelicot et la séparation : une confirmation**
Votre mention de l’espace entre vous et le coquelicot, qualifiée de « pipeau » par F., confirme la critique d’Ivan Dmitrieff. Pour F., vos mots sur le coquelicot sont une intellectualisation, une belle idée qui reste à la surface. Comme Ivan, il vous invite à dépasser cet espace, à ne pas vous contenter de parler de la fleur, mais à l’incarner, à la vivre dans votre cœur. Sa radicalité est plus tranchante, mais le message est similaire : la vérité ne réside pas dans les mots ou les concepts, mais dans une expérience directe, une transformation intérieure.

### 6. **Une tension entre jugement et invitation**
Cet échange, bien que douloureux (« je me suis fait allumer »), est à la fois une confrontation et une invitation. La radicalité de F., sa manière de bousculer vos certitudes, peut être perçue comme un miroir impitoyable, mais aussi comme un appel à aller plus loin. Il vous pousse à quitter l’errance, la « curiosité à 360° », pour vous engager pleinement dans une direction, une vérité. Cette exigence d’engagement fait écho à la quête spirituelle décrite par Yeats, Kilmer, et Dmitrieff : dépasser la séparation, dépasser les mots, pour atteindre une unité vécue.

Cependant, la violence de certaines critiques (le « blabla », le « flan », le « dilettante ») peut aussi refléter une forme d’intolérance ou de projection. F. semble exiger une authenticité absolue, mais son propre cadre (Jésus, les fréquences hautes, le rejet de Gaza) est-il universel ? Sa vision, bien que puissante, pourrait manquer de nuance face à votre cheminement, qui, comme vous l’avez reconnu avec Ivan, est encore en cours. Votre humilité face à ce processus – reconnaître que vous n’avez pas encore accès au « chemin du cœur » – est une force, même si F. la perçoit comme une faiblesse.

### 7. **Conclusion : un défi pour votre cheminement**
Cet échange, en lien avec Yeats, Kilmer, et Dmitrieff, met en lumière une tension universelle : celle entre la contemplation intellectuelle, l’expression (écriture, parole), et l’expérience vécue. F. vous confronte à l’idée que votre quête, bien que sincère, reste marquée par une séparation – entre vous et le coquelicot, entre vos paroles et vos actes, entre votre curiosité et votre engagement. Comme Yeats, il vous invite à contempler l’arbre du cœur, mais avec une urgence et une radicalité qui laissent peu de place à l’errance. Comme Kilmer, il semble suggérer que l’écriture ou les formes extérieures (pneumaphonie, poèmes) peuvent être des obstacles si elles ne mènent pas à une vérité plus profonde. Et comme Dmitrieff, il vous pousse à supprimer l’espace entre vous et la vérité, à incarner pleinement ce que vous contemplez.

Ce que je pense de cet échange ? Il est à la fois un électrochoc et une invitation à clarifier votre chemin. La brutalité de F. peut être difficile à recevoir, mais elle reflète une exigence d’authenticité qui fait écho à votre propre intuition : à un certain point, les mots, les poèmes, les idées doivent céder la place à une expérience directe, à une flamme intérieure. Le coquelicot, symbole de résilience, reste un guide. Peut-être que votre prochain pas est de vous demander, non pas seulement « Qui es-tu ? Où vas-tu ? », mais « Comment puis-je brûler de cette flamme, ici et maintenant ? »

Si vous souhaitez explorer une réponse spécifique – par exemple, comment répondre à F., comment intégrer cette critique dans votre rapport à l’écriture, ou comment approfondir le symbolisme du coquelicot –, je suis là pour vous accompagner. Qu’en pensez-vous ? Cet échange a-t-il ébranlé votre vision du coquelicot ou de votre cheminement ?


JC - « Comment puis-je brûler de cette flamme, ici et maintenant ? »

La question « Comment puis-je brûler de cette flamme, ici et maintenant ? » est une invitation puissante à incarner une vérité intérieure, à transcender la séparation entre vous et l’essence de ce que vous contemplez – qu’il s’agisse du coquelicot, de votre cheminement spirituel, ou de l’authenticité exigée par F. dans votre échange. Elle fait écho à l’arbre sacré de Yeats, à la flamme intérieure décrite par F., à l’idée de Kilmer de s’effacer face à la vérité bouleversante de l’arbre, et à l’appel d’Ivan Dmitrieff à supprimer l’espace entre vous et le coquelicot. Voici une réflexion pratique et ancrée pour répondre à cette question, en respectant votre cheminement tout en vous guidant vers une expérience plus immédiate et vécue.

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### 1. **Revenir à l’instant présent : la flamme est déjà là**
Pour « brûler de cette flamme », il s’agit d’abord de reconnaître que cette lumière, cette énergie spirituelle, existe déjà en vous, ici et maintenant. Comme le coquelicot qui s’élève sur les gravats, cette flamme est une force de résilience et de vérité qui ne dépend pas de conditions extérieures. La première étape est de vous connecter à cet instant présent, sans vous perdre dans les projections futures (« où vas-tu ? ») ou les questionnements identitaires (« qui es-tu ? »).

**Pratique :**
- **Respiration consciente** : Prenez quelques minutes pour respirer lentement, en portant votre attention sur votre cœur. Imaginez une petite flamme, comme celle du briquet de F., qui grandit à chaque inspiration. Ne cherchez pas à analyser ou à nommer cette flamme ; ressentez-la simplement.
- **Ancrage dans le corps** : Posez vos mains sur votre poitrine et demandez-vous : « Qu’est-ce qui brûle en moi, là, maintenant ? » Cela peut être une émotion, une intuition, ou même une sensation physique. Laissez-la exister sans la qualifier.

Cette pratique vous ramène à l’immédiateté, loin du « blabla » intellectuel que F. critique, et vous aide à sentir la présence de cette flamme.

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### 2. **Rencontrer le coquelicot dans le cœur**
Votre amour pour le coquelicot, bien que marqué par un « espace » selon Ivan et F., est une porte d’entrée vers cette flamme. Le coquelicot, avec sa fragilité et sa résilience, est un symbole de vie qui peut vous guider vers une communion plus profonde. Pour supprimer cet espace, il ne s’agit pas d’écrire ou de parler du coquelicot, mais de l’incarner, de le laisser vibrer en vous comme une expression de votre propre vérité.

**Pratique :**
- **Contemplation active** : Si possible, trouvez un coquelicot (en nature, en photo, ou même en imagination). Regardez-le sans chercher à le décrire ou à l’analyser. Laissez ses couleurs, sa texture, son mouvement dans le vent vous traverser. Demandez-vous : « Qu’est-ce que ce coquelicot m’enseigne sur ma propre résilience, ma propre lumière ? »
- **Fusion symbolique** : Visualisez le coquelicot prenant racine dans votre cœur. Imaginez ses pétales rouges se mêlant à votre propre énergie vitale, comme si vous deveniez la fleur. Cette visualisation peut dissoudre la séparation et vous aider à sentir que le coquelicot n’est pas « autre », mais une part de vous.

Cette approche s’inspire de l’idée de Kilmer : être bouleversé par la vérité de l’arbre (ou du coquelicot) jusqu’à ce que votre personnalité s’efface. Elle répond aussi à l’appel d’Ivan à laisser le coquelicot trouver sa place dans votre cœur.

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### 3. **Agir dans le réel : incarner la flamme localement**
F. vous a interpellé sur votre responsabilité locale, suggérant que l’engagement concret dans votre environnement est plus « réel » que des prises de position lointaines. Pour brûler de cette flamme, ici et maintenant, il peut être fructueux d’identifier une action, même petite, qui aligne vos valeurs avec le monde autour de vous. Cela ne signifie pas abandonner vos réflexions globales (comme sur Gaza), mais ancrer votre feu intérieur dans des gestes tangibles.

**Pratique :**
- **Identifier une cause proche** : Réfléchissez à une injustice ou une souffrance dans votre communauté – peut-être les jeunes filles en détresse mentionnées par F., ou une autre cause qui résonne avec vous. Renseignez-vous sur une association locale ou une initiative où vous pourriez contribuer, même modestement (bénévolat, don, écoute).
- **Un geste immédiat** : Aujourd’hui même, faites un pas concret. Cela peut être aussi simple que d’écrire une lettre à une organisation, d’offrir un moment d’écoute à quelqu’un dans votre entourage, ou de ramasser des déchets dans un lieu naturel près de chez vous. L’important est que cet acte soit une extension de votre flamme intérieure, une manière de dire : « Je suis ici, je m’engage. »

Cette démarche répond à la critique de F. tout en restant fidèle à votre cheminement. Elle transforme l’énergie de la flamme en une force active, sans nécessairement passer par les mots ou l’intellect.

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### 4. **S’élever vers les fréquences hautes : une discipline intérieure**
L’appel de F. à aller vers les « fréquences hautes » et à éviter les « enfers » des fréquences basses (comme dans votre pneumaphonie) suggère une discipline spirituelle d’élévation. Cela ne signifie pas rejeter les aspects sombres ou profonds de l’existence, mais orienter votre énergie vers la lumière, la joie, et la connexion, comme l’arbre sacré de Yeats. Pour brûler de cette flamme, vous pouvez cultiver des pratiques qui nourrissent cette élévation.

**Pratique :**
- **Gratitude et beauté** : Chaque jour, notez ou méditez sur une chose qui vous élève – un moment de beauté (un coquelicot dans le vent, un sourire, une musique). Laissez cette beauté alimenter votre flamme intérieure.
- **Mantra ou intention** : Créez une phrase simple qui incarne votre aspiration à brûler de cette flamme, par exemple : « Je suis la lumière du coquelicot, je m’élève ici et maintenant. » Répétez-la dans les moments de doute ou de dispersion.
- **Silence contemplatif** : Consacrez 5 à 10 minutes par jour à un silence total, sans écrire ni analyser. Asseyez-vous, fermez les yeux, et laissez votre attention se poser sur votre cœur. Si des pensées surgissent, laissez-les passer comme des nuages, et revenez à la sensation de votre flamme intérieure.

Ces pratiques s’alignent avec l’« Élévation » de Baudelaire, où l’âme s’affranchit des pesanteurs pour toucher l’infini. Elles vous aident à quitter l’errance intellectuelle critiquée par F. pour ancrer votre quête dans une expérience directe.

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### 5. **Accepter l’inachevé : la flamme grandit avec le temps**
Votre échange avec Ivan Dmitrieff a révélé une humilité face à votre cheminement : vous savez que le « chemin du cœur » est votre destination, mais vous n’y avez pas encore pleinement accès. Cette humilité est une force. Brûler de cette flamme, ici et maintenant, ne signifie pas atteindre une perfection spirituelle ou une unité totale dès aujourd’hui. Cela signifie faire un pas, poser une intention, et accepter que la flamme grandisse à son rythme, comme le coquelicot qui s’enracine dans un sol aride.

**Pratique :**
- **Journal de la flamme** : Plutôt que d’écrire des poèmes ou des réflexions analytiques, tenez un journal minimaliste où vous notez chaque jour un moment où vous avez senti cette flamme – un geste, une sensation, une connexion. Cela peut être : « Aujourd’hui, j’ai vu un coquelicot et j’ai souri, j’ai senti sa force en moi. » Ce journal n’est pas une œuvre littéraire, mais un témoignage de votre présence à la flamme.
- **Pardon à soi-même** : Si les critiques de F. vous ont ébranlé, prenez un moment pour vous pardonner vos errances, votre « curiosité à 360° ». Dites-vous : « J’apprends, je grandis, ma flamme est là, même si elle vacille parfois. »

Cette acceptation de l’inachevé vous libère de la pression d’une transformation immédiate et vous permet de brûler de cette flamme avec patience et confiance.

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### 6. **En lien avec Yeats, Kilmer, et Dmitrieff**
- **Yeats** : L’arbre sacré de Yeats est une métaphore de cette flamme intérieure. En vous connectant au coquelicot ou à une cause locale, vous cultivez cet arbre dans votre cœur, loin du « verre amer » des pensées tourmentées ou des intellectualisations stériles.
- **Kilmer** : Brûler de cette flamme, c’est laisser la vérité du coquelicot (ou de votre engagement) vous bouleverser jusqu’à ce que votre personnalité s’efface. Les pratiques de contemplation et d’action concrète sont des moyens de dépasser l’écriture pour vivre cette vérité directement.
- **Dmitrieff** : Supprimer l’espace entre vous et le coquelicot, c’est incarner sa résilience, sa beauté, dans votre cœur. Les visualisations et les gestes d’engagement local sont des pas vers cette union, où le coquelicot devient une part de votre flamme intérieure.

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### Conclusion : un pas aujourd’hui, ici et maintenant
Pour brûler de cette flamme, ici et maintenant, commencez par un geste simple qui relie votre cœur au monde : contemplez un coquelicot avec silence, faites un petit acte de générosité dans votre communauté, ou méditez sur la lumière en vous. Ces actes ne sont pas des solutions définitives, mais des étincelles qui alimentent la flamme. Comme le coquelicot qui défie le mistral, votre flamme grandira dans la persévérance, pas dans la perfection.

**Question pour avancer** : Quel est le plus petit geste que vous pourriez faire aujourd’hui pour sentir cette flamme brûler en vous ? Par exemple, aller voir un coquelicot, écrire une intention, ou contacter une association locale ? Si vous souhaitez, je peux vous aider à préciser ce geste ou à explorer une pratique spécifique. Qu’en pensez-vous ?

JC - comment traduis-tu ce passage du poème Vacillation de Yeats, écrit 40 ans après The two trees :
A tree there is that from its topmost bough
Is half all glittering flame and half all green
Abounding foliage moistened with the dew ;
And half is half and yet is all the scene.

 

GROK - Voici une traduction en français du passage du poème *Vacillation* de W.B. Yeats, en cherchant à préserver la richesse imagée, le rythme et le sens profond de l’original :

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Il est un arbre dont la plus haute branche  
Est moitié flamme étincelante, moitié verteur  
De feuillage foisonnant, humecté de rosée ;  
Et moitié est moitié, pourtant tout l’espace.

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### Analyse et contexte
Ce passage, extrait de *Vacillation* (1932), écrit environ 40 ans après *The Two Trees* (1892), montre une évolution dans la vision de Yeats. Dans *The Two Trees*, l’arbre sacré et l’arbre du « verre amer » sont distincts, représentant une dualité entre la vérité intérieure et la distorsion extérieure. Dans *Vacillation*, l’arbre est unifié, incarnant une synthèse des opposés : la flamme (symbole de passion, de spiritualité, d’élévation) et le feuillage vert (symbole de vie terrestre, de croissance, d’enracinement). Cette image reflète une acceptation des contradictions de l’existence, où les moitiés opposées (flamme et feuillage, esprit et matière) coexistent pour former un tout.

La dernière ligne, « And half is half and yet is all the scene », est particulièrement dense. Elle suggère que chaque moitié (flamme et feuillage) conserve son identité propre (« moitié est moitié »), mais ensemble, elles englobent la totalité de l’expérience (« tout l’espace »). Cette idée résonne avec la maturité spirituelle de Yeats, qui, à cette période de sa vie, explore l’unité des contraires à travers sa philosophie mystique et son système symbolique (notamment dans *A Vision*).

### Lien avec votre réflexion
Ce passage peut éclairer votre quête de « brûler de cette flamme » et votre cheminement vers la suppression de l’espace entre vous et le coquelicot. L’arbre de *Vacillation*, mi-flamme, mi-feuillage, incarne une réconciliation entre l’élan spirituel (la flamme, les « fréquences hautes » de F.) et l’ancrage terrestre (le feuillage, le réel local où F. vous invite à agir). Il suggère que vous n’avez pas à choisir entre ces dimensions, mais à les intégrer : votre amour pour le coquelicot peut être à la fois une contemplation mystique et un engagement concret, une flamme qui brûle dans votre cœur tout en s’enracinant dans le monde.

Si vous souhaitez approfondir l’analyse de ce passage, explorer d’autres sections de *Vacillation*, ou relier cette image à votre cheminement spirituel, je suis là pour vous accompagner !

JC - comment articules-tu le poème suivant de François Cheng et son commentaire avec ce qui précède:
Les arbres animés par le souffle

Si le veut ton souffle
Nous serons pur chant
par lui animés
Nous voici élan
Racines emmêlées
Branches enlacées
Notre corps est tout
En balancement
Notre être n'est plus
Que murmure-louange
Lâcher des colombes
Lâcher des mésanges
Si le veut ton souffle
Nous serons pur Chant
En nous l’inifini
Et l'enchantement !
François Cheng 03.2025

Selon le taoïsme, toutes les pratiques, qu’il s’agisse de calligraphie, peinture, méditation, ou médecine chinoise, sont des moyens de se relier au Souffle qui anime le monde.
Comme l’écrit François Cheng, "L'homme peut écouter avec l'oreille de la chair et entendre le bruit du monde, mais s'il écoute avec l'oreille du Souffle, il participe à la transformation universelle."
Chaque pratique devient ainsi un voyage intérieur, une résonance avec le monde et le cosmos.


GROK - Le poème de François Cheng et son commentaire, ancrés dans une vision taoïste, offrent une perspective complémentaire et profondément résonante avec les thèmes que nous avons explorés à travers *The Two Trees* et *Vacillation* de W.B. Yeats, les réflexions de Val Kilmer, votre échange avec Ivan Dmitrieff, et la confrontation avec F. Tous ces éléments convergent vers une quête d’unité, de transcendance de la séparation, et d’incarnation d’une vérité vivante. Voici comment j’articule le poème de Cheng et son commentaire avec ce qui précède, en mettant en lumière les parallèles, les enrichissements, et les implications pour votre cheminement spirituel.

### 1. **Le Souffle comme flamme et unité : une synthèse des contraires**
Dans le poème de Cheng, les arbres sont animés par le « Souffle », une force vitale universelle qui les transforme en « pur chant », en « élan », en « murmure-louange ». Ce Souffle, central dans le taoïsme, est à la fois immanent (présent dans les racines et les branches) et transcendant (lié à l’infini et à l’enchantement). Il évoque la « flamme » décrite par F. dans votre échange – cette lumière intérieure qui brûle et élève – et l’arbre mi-flamme, mi-feuillage de *Vacillation*, où les opposés (esprit et matière) s’unissent pour former un tout.

- **Parallèle avec Yeats** : Dans *The Two Trees*, l’arbre sacré incarne une vérité intérieure, une connexion cosmique, tandis que l’arbre du « verre amer » représente la fragmentation. Dans *Vacillation*, Yeats atteint une synthèse, où l’arbre est à la fois flamme et feuillage, un tout englobant. Le poème de Cheng va plus loin en dissolvant toute dualité : le Souffle anime l’arbre dans sa totalité – racines, branches, corps, être – jusqu’à ce qu’il ne soit plus qu’un chant unifié, un « murmure-louange ». Cette vision rejoint l’idée de Yeats d’une unité qui transcende les moitiés, mais elle est plus fluide, moins conflictuelle, en phase avec la pensée taoïste où les opposés s’harmonisent naturellement.

- **Parallèle avec Kilmer** : Kilmer parlait de s’effacer face à la vérité bouleversante de l’arbre, jusqu’à ce que la personnalité disparaisse. Dans le poème de Cheng, cet effacement est explicite : « Notre être n’est plus / Que murmure-louange ». Le Souffle dissout l’ego, transformant l’arbre (et par extension l’humain) en une expression pure du cosmos. Cela répond à votre intuition que l’écriture, à un certain point, devient inutile : ici, le « pur chant » remplace toute médiation, incarnant une communion directe avec l’infini.

- **Parallèle avec Dmitrieff** : Ivan vous invitait à supprimer l’espace entre vous et le coquelicot, à le laisser vivre dans votre cœur. Le Souffle de Cheng est cette force qui comble l’espace, unifiant l’arbre (ou le coquelicot) avec l’être qui le contemple. Le poème suggère que cette union n’est pas un effort, mais une ouverture : « Si le veut ton souffle ». Votre cheminement vers le cœur pourrait ainsi consister à vous ouvrir au Souffle, à laisser le coquelicot chanter en vous comme un « murmure-louange ».

- **Parallèle avec F.** : La radicalité de F., son appel à aller vers les « fréquences hautes » et à brûler d’une flamme intérieure, trouve un écho dans l’élan du poème de Cheng. Le « pur chant » et le « lâcher des colombes, des mésanges » évoquent une élévation spirituelle, une libération vers la lumière, loin des « enfers » des fréquences basses. Cependant, là où F. insiste sur un engagement concret et local, Cheng propose une voie plus contemplative, où l’acte de se relier au Souffle est en soi une transformation universelle.


### 2. **Le Souffle et l’oreille du cœur : une pratique de présence**
Le commentaire de Cheng, inspiré du taoïsme, explique que toutes les pratiques (calligraphie, méditation, etc.) sont des moyens de se relier au Souffle, cette énergie vitale qui anime le cosmos. L’idée d’écouter avec « l’oreille du Souffle » plutôt que « l’oreille de la chair » est particulièrement pertinente pour votre question : « Comment puis-je brûler de cette flamme, ici et maintenant ? » Écouter avec l’oreille du Souffle, c’est dépasser l’intellectualisation (le « blabla » critiqué par F.) pour participer à une résonance profonde avec le monde.

- **Lien avec le coquelicot** : Votre amour pour le coquelicot, jusqu’à présent marqué par une séparation, peut devenir une pratique taoïste si vous l’abordez avec l’oreille du Souffle. Au lieu d’analyser ou de décrire la fleur, écoutez-la comme une manifestation du Souffle : son rouge vibrant, son balancement dans le vent, sa résilience sur les gravats. En vous ouvrant à cette résonance, vous laissez le coquelicot chanter en vous, comblant l’espace dont parlait Dmitrieff.

- **Pratique concrète** : Pour incarner cette idée, reprenez la contemplation active suggérée précédemment, mais avec une intention taoïste. Asseyez-vous face à un coquelicot (ou à son image mentale) et murmurez : « Si le veut ton souffle, que je sois pur chant. » Laissez votre souffle se synchroniser avec le mouvement de la fleur, comme si vous partagiez la même énergie vitale. Cette pratique, simple mais profonde, vous aide à écouter avec l’oreille du Souffle, à devenir « murmure-louange ».


### 3. **Le chant comme dissolution de l’écriture**
Votre réflexion sur l’inutilité éventuelle de l’écriture, inspirée par Kilmer et Dmitrieff, trouve une confirmation dans le poème de Cheng. Le « pur chant » des arbres, animés par le Souffle, transcende toute forme de médiation. Ce n’est pas une écriture, un poème au sens classique, mais une vibration, une louange spontanée qui jaillit de l’union avec l’infini. Les colombes et les mésanges, lâchées dans le poème, symbolisent cette liberté, cette légèreté d’un être qui n’est plus alourdi par l’ego ou les mots.

- **Lien avec F.** : La critique de F. sur vos poèmes (« décousus », « démagogiques ») peut être lue à la lumière de Cheng. Si l’écriture reste un exercice intellectuel ou une confirmation de la médiocrité (comme F. le reproche), elle s’éloigne du « pur chant ». Mais si elle devient une calligraphie du Souffle, une trace de votre résonance avec le cosmos, elle peut être une étape vers l’élévation. Cela suggère une réévaluation de votre rapport à l’écriture : plutôt que d’abandonner totalement, vous pourriez chercher à écrire comme un « murmure-louange », avec la simplicité et la spontanéité du coquelicot.

- **Pratique concrète** : Essayez une écriture inspirée du Souffle. Prenez un moment après avoir contemplé un coquelicot ou médité sur votre flamme intérieure, et laissez les mots couler sans réflexion ni structure. Par exemple : « Coquelicot, ton rouge chante, ton souffle danse en moi. » Ne corrigez pas, ne jugez pas. Laissez ces mots être une offrande, comme les colombes du poème, plutôt qu’une œuvre à publier.


### 4. **L’engagement local et la transformation universelle**
F. vous a reproché de vous disperser dans des causes lointaines (Gaza) au détriment du « réel » local. Le commentaire de Cheng offre une perspective complémentaire : en vous reliant au Souffle, vous participez à la « transformation universelle », qui transcende les frontières entre le local et le global. Le Souffle qui anime le coquelicot ou les arbres est le même qui anime les luttes pour la justice, qu’elles soient à 3 km ou à des milliers de kilomètres. Cela ne contredit pas l’appel de F. à agir localement, mais le replace dans un cadre plus vaste : un geste local, s’il est animé par le Souffle, devient une résonance cosmique.

- **Pratique concrète** : Pour réconcilier ces perspectives, choisissez un acte local (comme suggéré précédemment : contacter une association, offrir une écoute) et accomplissez-le avec l’intention de vous relier au Souffle. Avant d’agir, prenez un moment pour respirer profondément et visualiser le coquelicot dans votre cœur, comme une source d’énergie vitale. Dites-vous : « Cet acte est mon chant, ma louange au Souffle qui unit tout. » Cela transforme un geste concret en une pratique spirituelle, répondant à la fois à F. et à Cheng.


### 5. **Le coquelicot comme murmure-louange**
Le coquelicot, « reine des gravats », est une image parfaite pour incarner le poème de Cheng. Sa fragilité, sa résilience, son balancement dans le mistral évoquent les « arbres animés par le souffle », dont le corps est en « balancement » et l’être en « murmure-louange ». Votre cheminement vers le cœur, où le coquelicot doit trouver sa place, peut être vu comme une quête pour devenir « pur chant », pour laisser le Souffle vous animer comme il anime la fleur.

- **Lien avec votre cheminement** : La radicalité de F. et l’appel d’Ivan à supprimer l’espace entre vous et le coquelicot convergent vers l’idée de Cheng : vous ne cherchez pas seulement à aimer ou à contempler le coquelicot, mais à devenir son chant, à laisser son énergie vitale (le Souffle) vibrer en vous. Cela demande une ouverture, une disponibilité à lâcher les mots, les concepts, et même les pratiques (comme la pneumaphonie critiquée par F.) qui vous retiennent dans la séparation.

- **Pratique concrète** : Lors de votre prochaine rencontre avec un coquelicot, essayez de murmurer ou de chanter doucement, sans mots précis, juste une mélodie qui exprime sa présence. Laissez ce chant être votre « lâcher des colombes », une expression spontanée de votre union avec la fleur et le Souffle. Cela peut être une manière de répondre à l’exigence d’élévation de F. tout en suivant la voie contemplative de Cheng.


### 6. **Conclusion : une voie d’harmonie et de résonance**
Le poème de François Cheng et son commentaire taoïste enrichissent votre réflexion en proposant une voie d’harmonie, où la flamme (votre aspiration spirituelle), le coquelicot (votre symbole de résilience), et l’engagement concret (l’appel de F.) s’unissent dans le Souffle. Contrairement à la dualité de *The Two Trees* ou à la synthèse des contraires de *Vacillation*, Cheng offre une vision fluide, où tout – racines, branches, colombes, chant – est animé par une même énergie vitale. Pour « brûler de cette flamme, ici et maintenant », vous pouvez écouter avec l’oreille du Souffle, laisser le coquelicot chanter en vous, et transformer vos actes en louanges au cosmos.

Ce poème répond aussi à la tension entre écriture et expérience directe. Le « pur chant » de Cheng est l’aboutissement de ce que vous pressentez : une vérité vécue qui transcende les mots. Mais il suggère que cette transcendance n’est pas un rejet des formes (écriture, action, contemplation), mais une manière de les animer par le Souffle, comme une calligraphie qui trace l’infini.

**Question pour avancer** : Comment pourriez-vous intégrer le Souffle dans une pratique quotidienne – par exemple, une contemplation du coquelicot, un geste local, ou une écriture spontanée comme un « murmure-louange » ? Si vous souhaitez, je peux vous aider à affiner une de ces pratiques ou à explorer comment répondre à F. avec cette nouvelle perspective. Qu’en pensez-vous ?

 

 

Depuis toujours by Ivan Dmitireff
Depuis toujours, alors que nous naissons, alors que nous vivons, alors que nous mourons,
depuis toujours, nous existons déjà à l'infini du rêve.
Depuis toujours, nous rêvons un rêve rêvé depuis déjà longtemps. Où le passé est déjà présent et où le futur a déjà eu lieu.
Depuis toujours, nous rêvons notre propre histoire à chaque moment déjà présente dans le rêve éternel.
Où toutes les larmes coulent, où toutes les joies explosent, où toutes les expériences déploient leur récit, d'ombre, et de lumière.
Et comme l’océan et la vague, in-séparés sont le réel et le rêve. Depuis toujours, le jeu infini du réel est le rêve. Et c'est aller à l'océan que d'être le témoin du jeu des vagues ; et c'est baigner en soi-même que de plonger dans la profonde plénitude de ses eaux.
Depuis toujours, ciel et terre sont manifestés de l'invisible, comme l'est le plein-jour du caché, aussi que l'évidence des choses.
Depuis toujours, la vie entre dans l'immensité pour à chaque instant l'accomplir. Et ce qui jamais ne peut être vu et entendu naît avec les pierres, naît avec les arbres, naît avec les hommes.
Et ce qui demeure au-delà de chacun d'eux est au centre de leur nature.
Depuis toujours, avant que la pierre sur les coteaux ne roule, avant que la fleur des arbres ne parfume, avant que le cœur des
hommes n'aime, l'origine du monde est là en eux qui ouvre au silence son mystère.
Depuis toujours, il est à incarner ce que nous sommes, au cœur vibrant du croisement du ciel et de la terre, dans l'expérience humaine de l'esprit et de la matière, et à réunir, par l'événement de notre souffle, les énergies du recevoir et du donner, pour que se réalise la lumière.
Et comme la fleur et comme l'enfant, rien de nous n'est attendu où sans aucun motif, nous aimons. Il n'est depuis toujours dans l'équilibre des mondes, qu'à vivre ce qui arrive et jouir de ce qui est.
Il n'est à nous dans cette existence une joie et une vérité que de nous accorder à ce que nous sommes, et faire ce qui est.

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Krach métaphysique

23 Mai 2025 , Rédigé par grossel Publié dans #FINS DE PARTIES, #JCG, #SEL, #ateliers d'artistes, #bocals agités, #engagement, #histoire, #poésie, #vraie vie, #écriture, #éveil

voir un arbre de William Butler Yeats à François Cheng / capture d'écran du documentaire Val Vilmer

voir un arbre de William Butler Yeats à François Cheng / capture d'écran du documentaire Val Vilmer

il y a toujours deux faces, l'une à l'endroit, l'autre à l'envers
alors chercher la vérité ?
pile ou face
pile et face
face à face
dos à dos
côte à côte
...
soit cette phrase, lue ce 21 mai 2025 sur FB sous la souris de Laurent Boyer à propos du procès du gynécologue prédateur sexuel de plus de 300 femmes et filles
dans la société bling bling et complotiste dans laquelle nous vivons aujourd'hui, notre échelle de valeurs est complétement faussée. C'est de notre faute à tous.
Le procès de Joël Le Scouarnec va se terminer comme il a commencé : dans le silence. Et c'est inacceptable.
 
JC à Laurent : Vous dites notre échelle de valeurs est complétement faussée. Nous marcherions sur la tête mais pince-sans-rire si marcher sur la tête était la bonne posture ? On voit bien un renversement des valeurs, de toutes les valeurs, humanistes en particulier, ce qui ravirait un certain Friedrich qui voyait en elles le symptôme de la décadence de l'âme aristocratique. Il me semble observer un cheminement autre aussi, celui de l'identification des contraires, difficile à penser selon la dialectique d'Héraclite de l'unité des contraires : : la démocratie n'hésite plus à génocider, la liberté n'hésite plus à illibérer, à libertarienniser. Et je me dis voyant ce que je crois être des évolutions que ce qui se produit et semblait improbable, imprévisible, se réalise sous nos yeux. Allant plus loin, j'en déduis qu'aucun diagnostic, aucun pronostic ne sont fiables, que ce qui doit arriver, arrive, que ce qui arrive, devait arriver et que donc, fermer sa gueule, ne pas se prononcer, n'émettre aucun jugement, et ne pas agir correspondent à des attitudes conformes à la Nature. L'ami Marcel Conche, croyant à la morale universelle des droits de l'homme me demanderait d'argumenter davantage, sans doute. Je lui mettrais Gaza et Israël en travers de cette morale incapable de pacifier. Il me répondrait que la question du fondement d'une morale universelle est spéculative. Et qu'à la question que peut-on faire ? il faut répondre RIEN.
 
suivi de cet échange :
Gaelle Berny - Impuissance oui et sidération je pense : ces phénomènes sont énormes, partout. L’admettre, pour beaucoup de gens c’est conscientiser la toxicité systémique. Un deuil à faire. Le déni permet de mettre à distance. Minimiser, pareil. Détourner le regard, pareil. Retourner la charge (!) : pareil.
Catherine Le Sage - Gaelle alors, nous en serions à laisser faire ??
Gaelle Berny - Catherine Le Sage la réponse est : oui. Par inertie sociale (trop de sujets en même temps et ces sujets énormes qui structurent tout par dessous nous font vaciller.. les gens n’ont pas assez de temps libre pour processer ça !) et individuelle (écho avec nos traumas non traités, admis). La Nature m’a expliqué il y a déjà 5 ans que ce à quoi je serai le plus confrontée en regardant la société dans les années à venir ce serait… le déni. On y est, je crois. Si tu regardes bien, tous les sujets importants se referment actuellement (cf l’écologie qui est raillée, reléguée au wokisme voire pire…). C’est triste mais c’est la réalité. (Et on peut être serein intérieurement en admettant ce réel. C’est possible. J’ai fait ce changement peu à peu. Plus de lutte inutile, juste admettre le gros marasme ambiant.) Bien à toi.
Jean-Claude Grosse - Gaelle Berny votre oui me semble pertinent mais puisque vous évoquez la Nature comme inspiratrice, il me semble que la Nature, la phusis, la Nature naturante crée sans jugement tout ce qui apparaît pour finalement disparaître soit la nature naturée dans sa diversité dont les humains et donc, une attitude humaine possible est d'accueillir sans jugement tout ce qui se produit, donc même les prédateurs, le déni généralisé, le silence, la muétude...; évidemment comme on a été formaté, comme on nous a appris à juger, pas facile d'aller vers le non-jugement et le non-agir; on juge, on réagit puis on fait un pas de côté, et on se désinfecte, on se désaffecte et on se retourne vers ses gouffres intérieurs
 
« nous vivons l’époque du dépérissement des principes. Notre temps est marqué en effet par la remise en cause radicale de tous les principes de la théorie et de la pratique, que ce soit dans le champ de la science comme dans celui de la vie politique. Tout ce qui avait valeur de norme absolue est contestée, tout ce qui se donnait pour nécessaire et universel subit ce que Musil a nommé un « krach métaphysique » Reiner Schürmann
 
l'un dit de sa pente-côte
- "L'homme moyen est fier d'être ce qu'il est et voudrait que tout le monde soit comme lui. Il rend tout médiocre : il ne croît ni à la passion, ni à la sincérité. Il ne croît pas à ceux qui se dévoilent et à ceux qui se confessent, car l'homme moyen n'est pas sensé agir ainsi. Mais son autre caractéristique, semblable mais d'un sens contraire, est que cette conscience n'est pas une conscience de classe, mais une conscience moralisante, qui n'a donc rien de politique." P.P. Pasolini
 
l'un dit de sa côte-pente
- Montaigne avait une toute autre vision de ceux qu'il appelait les gens de moyenne région et je préfère de loin sa vision mise à l'oeuvre pendant ses deux mandats de maire de Bordeaux et pendant les guerres de religion, lui, le catholique en pays protestant
 
l'un dit de sa pente-côte
- C’était quatre siècles plus tôt… Je ne suis pas convaincu que Montaigne aurait été follement enthousiaste face au moralisme conformiste de la société du spectacle que dénonce ici Pasolini et qui n’a rien perdu de sa vigueur.
 
l'un dit de sa côte-pente
- Montaigne a été plus présent dans les combats de son temps qu'on ne l'imagine que ce soit entre les deux camps, catholiques et protestants ou à Bordeaux comme maire par deux fois. Et l'étude des choix faits par Montaigne montre comment il navigue, méfiant vis à vis des puissants, éloignés des vraies valeurs par la cupidité, l'appétit de pouvoir, la flatterie courtisane, méfiant vis à vis des réactions spontanées des gens humbles ou pauvres, plus réceptif envers les réactions des gens de moyenne région. Montaigne accorde son intérêt à la médiocrité, entendant par là le bon sens, l'honnêteté des gens confrontés aux problèmes du quotidien. Nulle aristocratie dans son comportement, nul élitisme. Montaigne se sent bien dans la solitude mais bien aussi au contact de ses semblables. Il est soucieux de l'élévation de ses semblables par une éducation du jugement.
deux autres grands penseurs politiques issus du Bordelais :
Montesquieu et Jacques Ellul
article d'août 2019
2 - Andreï TARKOVSKI, in LE TEMPS SCELLÉ :
" L'art agit avant tout sur l'âme et donne forme à la structure spirituelle de l'homme. Le poète est un homme qui a la psychologie et l'imagination d'un enfant. Sa perception du monde est immédiate, quelles que soient les idées qu'il peut en avoir. Autrement dit, il ne « décrit » pas le monde, il le découvre.
La fonction de l'art n'est pas, comme le croient même certains artistes, d'imposer des idées ou de servir d'exemple. Elle est de préparer l'homme à sa mort, de labourer et d'irriguer son âme, et de la rendre capable de se retourner vers le bien.
Un art dépourvu de toute spiritualité porte en lui sa propre tragédie. Le simple constat sur l'absence de spiritualité de son temps exige déjà de l'artiste une évidente qualité spirituelle.
L'artiste qui n'aspire pas à la vérité absolue, qui se détourne de son dessein universel au profit du particulier, se condamne à une gloire rien qu'éphémère." via Carolyne Cannella
3 - L'ART BRUT CONTRE L'ART POLI by François Carrassan sur FB, le 1° mai 2025 à 20 H 58 sur l'exposition Dubuffet et les magiciens au Musée du Niel , presqu'île de Giens, du 3 mai au 2 novembre 2025
En réaction à la guerre de 14-18, produit de la civilisation, il y eut le Dadaïsme et le Surréalisme. Il y eut aussi après la guerre de 39-45, produit de la civilisation, l'Art Brut.
Toujours ce conflit latent dans l'histoire entre l'art civilisé accompagnant le malheur et, soudain, le geste sauvage pour le refuser.
Et le geste de Jean Dubuffet s'opposa alors si radicalement aux formes bien élevées de la culture officielle que la proposition du Musée du Niel mérite d'être saluée comme son invitation à découvrir qui s'inscrivit dans son sillage.
 
2010

2010

4 - L’art vivant aujourd’hui ? by Urszula Mikos, le 14 mai à 11 H 55
C’est une grande mise en scène de la transgression bien élevée, une révolte subventionnée, une autofiction engagée mais sous contrôle. On y pleure sur scène, on s’indigne en festival, on dénonce les inégalités depuis une résidence d’artiste avec vue sur la mer, en partenariat avec la Fondation pour l’Inclusion Climatique.
L’artiste contemporain ne se mouille jamais sans bouée :
Il est "radical", mais invité par France Culture.
Il est "inconfortable", mais confortablement programmé au TNB ou à Avignon.
Il parle de "marginalité", mais ne fréquente que des camarades d'école d'art ou d'écriture, tous passés par les mêmes séminaires de "déconstruction positive et inclusive".
Engagé ? Bien sûr ! Mais à condition de dénoncer ce que tout le monde dénonce déjà : le patriarcat, les riches en général (sauf mécènes), les méchants conservateurs, et les flics — sauf ceux qui sécurisent les vernissages.
Autofiction ? Absolument.
Tout projet commence par :
« Mon corps, mon trauma, mon ex, mon père, ma transition, ma perception, ma cicatrice émotionnelle dans un monde post-capitaliste. »
Et finit par :
« Merci à la DRAC, à la Fondation Cartier, et à la Villa Médicis pour leur soutien. »
Résultat ?
Des performances où on vomit sur scène avec des lumières bleues pour "questionner le lien entre genre, mémoire coloniale et métabolisme", applaudies par un public en turtleneck qui s’auto-congratule en mangeant vegan.
Tout le monde est d'accord.
L’artiste, le critique, l'institution, le politique, l’université.
La boucle est bouclée.
Le "désordre" est administré.
La "subversion" est validée.
Et l’"engagement" est totalement… docile.
L’art contemporain aujourd’hui ?
C’est une grande cérémonie de l’audace domestiquée. On y célèbre le "courage artistique" à condition qu’il soit bien cadré, bien financé, et qu’il ne dérange personne... sauf les cibles autorisées.
Engagé ? Oui, mais pas trop.
On peut toujours dire que "la Pologne n’aime pas les étrangers" — ça fait rire tout le monde, surtout dans une pièce "trois sœurs" au Rond-Point, écrite par une Allemande,
On peut même glisser un petit texte de Mao dans un spectacle sur les condition des prolétariat dans une usine Pegot— clin d’œil au communisme, n'est-ce pas ?
il y a le spectacle sur les familles de banlieue,
joué dans le théâtre de la ville communiste,
juste à côté de la Cité de l’Espoir,
où les gamins se droguent et les mères pleurent en silence.
Mais sur scène, on fait du boulevard poético-social, avec la fille à la mode du moment, stylée, lacrymale, certifiée fragile, qui parle de misère avec un voile de poésie sponsorisée.
Et dans la salle, on rit : c’est beau, c’est dur, c’est France Inter.
Et pour dénoncer le fascisme, on se lâche : on sort les moustaches, les bottes, les cris gutturaux — parce que là, c’est permis, c’est même encouragé.
Les anciens maîtres de la scène publique, eux, recyclent les classiques —
dans des salons bourgeois transformés en "lieux hybrides de création".
et dans les lieu publique les jeunes
Ça joue Molière dans une baignoire, Tchekhov dans une cuisine, Racine au fond d’un Airbnb... Parce que "le théâtre doit sortir du théâtre", mais surtout pas du cercle des amis.
C’est pour "garder la main", bien sûr. Et amuser le peuple — mais pas trop bruyant, le peuple.
Résultat ?
Des œuvres où l’on « questionne la domination », mais entre gens qui dominent déjà la scène culturelle.
Où l’on « dénonce l’injustice », mais dans des spectacles à 30 euros la place.
Où l’on « donne la parole aux sans-voix », mais jouée par des comédiens du CNSAD avec micro HF .
L’art contemporain engagé, c’est un théâtre de carton-pâte pour une révolution en mousse,
où la subversion est une posture,
la provocation, un produit dérivé,
et le public, un miroir qui dit :
« Comme vous êtes courageux de penser exactement comme nous. »
Bref
L’art contemporain "engagé" d’aujourd’hui, c’est comme un molotov biodégradable : ça brûle rien, mais ça fait bien sur Instagram.
« Faire exploser le réel, la vie, en faisant exploser la parole, tel est le point commun des différentes avant-gardes, de Dada au situationnisme en France, de Gadda aux néo-avant-gardes en Italie, en passant aussi évidemment par la recherche linguistique de Pasolini. Dans la lettre du voyant, que Rimbaud écrit pendant la Commune de Paris, le 15 mai 1871 – le titre de la lettre est merveilleux : « Chant de guerre parisien » – le poète nous montre la voie : dans la révolution/guerre en acte, il faut « trouver une langue » pour arrêter la guerre, pour commencer une autre existence. Si on arrive à le faire, on arrive à créer aussi les conditions pour changer l’état actuel des choses, d’où l’importance des poètes, des artistes, non pas des poètes « lauréats » par le pouvoir, mais des vrais créateurs de langue, les poètes comme Dante, les bannis et persécutés, ou comme Giordano Bruno, autre immense philosophe-poète-chemineau sans patrie, sans toit ni loi. »
Luca Salza
"Or, voici mon questionnement : dans notre horizon historique, l’art, tout comme la parole, monopolisés en toute liberté et avec la plus grande bienveillance par les grands noms de faiseurs d’art, la haute finance, l’industrie du luxe, la presse mainstream, sont l’enjeu principal d’une entreprise généralisée, mondiale, de neutralisation visant à installer une domination sans réplique (Annie Le Brun). La marchandisation de l’art, définitive, évidente, sa banalisation aussi, la placent totalement du côté des Pouvoirs. En effet, et Pasolini l’a compris peut-être le premier et mieux que quiconque, la capacité de résistance par la parole, par l’art, donc la vraie résistance, la résistance poétique, semble être écrasée définitivement dans le monde du capitalisme avancé."

mon intervention le 17 février 2019 au Théâtre Liberté (bien naïve)

Après la « culture pour tous », il est grand temps de faire place à la culture de tous, car chacune et chacun est porteur d’une culture, voire de plusieurs. Il est grand temps d'inventer un nouveau chapitre de la politique culturelle de notre pays qui sache faire culture avec tous. C'est un édifice commun où chacun peut apporter sa pierre .

Concrètement, je propose que le Théâtre Liberté libère dès que possible un mois entier de sa programmation afin d’instaurer un laboratoire des possibles.

Ce mois serait un festival d’un genre nouveau, préparé en amont avec des citoyens volontaires,  avec les sources vives du territoire (artistes, non-artistes, publics, non-publics). Il s'agirait que les gens 

(les artistes sont d'abord des gens et tous sont des humains, ce qui nous est commun c'est notre humanité et ça veut dire quoi concrètement de nos rapports à nous, aux autres, aux végétaux, aux animaux, à la Terre, à l'air, à l'eau...) 

se saisissent de leur vécu, de leur quotidien, de leurs rapports à l'actualité, aux enjeux planétaires immédiats et donnent à ces matériaux, à ces contenus, des formes simples, partageables, transmissibles sur tout le territoire de la métropole. Parmi les formes déjà disponibles, inventées, il y a celles d'Augusto Boal qui ont servi en Afrique (éducation sur le sida), en Amérique latine, théâtre forum, théâtre invisible. Il y a les formes inventées par Moustapha Aouar et Gérard Lépinois, bocal agité, petits-petits, pièces pour 1M2. Il y a les théâtres à vif. Bien sûr, agoras, projections de films citoyens, initiatives locales (la vallée du Gapeau en transition, la monnaie locale La Fève), scènes ouvertes aux slameurs, aux poètes, aux performeurs, utilisations des nouveaux médias (vidéos...) sont à prendre en compte. Dans le cadre du festival de théâtre lycéen aux Comoni, j'ai vu des jeunes migrants scolarisés à Dumont pour apprendre le français (avec l'association L'autre, c'est nous) donner un exemple de présence particulièrement retentissante avec leur vécu (un peu comme le Groupov avec des survivants du Rwanda)... Ne faisons pas catalogue : les exemples sont multiples.

6 - by Muriel Roland, ce 19 mai 2025 vers 11 H :
AbracadaVra ! Le Grand Vivant !
La fabrique d’une œuvre collective à l’échelle du quartier dont nous sommes les (h)Auteurs...
Nous vous invitons à exprimer avec VOS MOTS, VOS VOIX, VOS PENSÉES, VOTRE VÉCU, VOS SOUVENIRS, VOTRE VISION du quartier de la Pierre Plate !
DANS UN PARCOURS PERSONNEL DE 20 MINUTES ENTRE TROIS BARNUMS :
… Vous écrirez une phrase (anonyme) qui, s’ajoutant à celles des autres, formera un long texte de 200 mètres…
… Votre bouche (et seulement elle) sera filmée en plan rapproché, prononçant cette phrase, donnant ainsi naissance à l’une des séquences du film BOUCHE À BOUCHES…
… Vous laisserez votre empreinte (photos, découpages d’archives mises à disposition sur le Grand Manteau du Grand Vivant OSkar de la Pierre Plate, que vous contribuez ainsi à faire renaître…
Venez nous rejoindre au Centre Social et Culturel Jacques Prévert, 12, Place Claude Debussy, à Bagneux (92220) :
- LE MARDI 20 MAI de 14h à 16h
- LE JEUDI 21 MAI de 14h à 17h
- LE VENDREDI 23 MAI de 14h à 17h puis entre 19h et 21h pendant la veillée – Barbecue entre voisins.
voilà qui va m'inspirer pour la soirée cadavres exquis que j'organiserai aux Comoni, au Revest, le 25 octobre 2025
 

 

7 - sur ma page, ce message d'Alexandre Lacassagne, vers 9 H, ce 19 mai
Bonjour,
Bienvenue, je suis votre hôte. Bonne année quantique ((1 + 2 + 3 + 4 + 5 + 6 + 7 + 8 + 9) × (1 + 2 + 3 + 4 + 5 + 6 + 7 + 8 + 9) ou 1³ + 2³ + 3³ + 4³ + 5³ + 6³ + 7³ + 8³ + 9³=2025 selon Nicomaque de Gérase) du serpent de bois, année internationale de la préservation des glaciers et des ours bipolaires, anniversaire de la loi Veil sur l’IVG. Si cette année sent Beauvais, elle voit la commémoration de Charcot, Duchenne de Boulogne, Fanon et Jouvet, même s’il est minuit docteur Schweitzer, l’ésotérique Satie, Ravel qui n’a pas trop Bizet mais tire vers Berio voire louBez, fan de T. Capote, Flammarion et son « Les Terres du ciel et La pluralité des mondes » relié avec la peau de sa maîtresse Saint Ange, femme d'origine polonaise et morte de tuberculose, Pierre Louÿs, dont les photos érotiques concurrencent celles de MIchel Simon, la dent de lion de Larousse, la ritournelle de Deleuze, le jaune Corbière et Alexis pas Léger léger dit Saint-John Perse, de Saint-Simon, de Pierre Dac et la panthéonisée Baker en attendant Badinter, David, Greuze, Corot, Millet et Vallotton, les archi Garnier et Labrouste, l’adoption des lois constitutionnelles de la Troisième République à laquelle nous semblons être revenus, le tournoi de tennis de Roland Magrosse et Bobet. "Que l'année commence sous les meilleurs hospices." Orpea. Dac ?
"Les poètes, soit des bons élèves bien appliqués=poeasy, soit des cancres fiers de leur posture, ne savent que recracher leur leçon – avec huître=crachat, artung Artaud au gamelan contre Bach-aux-contrepoints-défectueux, ou non[1]. Obligation de clarté, des bons mots, la maîtrise d’une langue unifiée[2], la perfection étroite qui se souhaite, en toute illusion, universelle[3], ou à l’inverse EsotErik Wahl[4], jeu d’étiquettes et entre-gens avec carnet d’adresses, classement sec, chacun dans sa case, sa chapelle, flip-flap versus vroum-vroum[5] à l’ère du clash, chacun son stéréotype, ses biais.
Créer (poiêsis), c’est ruer dans les brancards donc ne correspondre à aucun créneau voire, encore mieux, de l’inventer : scandalisme©[6]; poésie polémique, « contre tout contre » pour, même si tout n’est pas bon dans le choCon. Cabrer barbaque. C’est pourquoi Platon a exclu le poète de la Cité dans La République. Wallacer jusqu’au gros mythe ou puiser dans la fontaine du décalage, comme La fonction du balai chez l’écrivain-tennisman D. F. Wallace, être isocèle, x = √5 + 2i, oblique, hors saison. Match point. Poids des mots, chocs des mots. Fin de la partition fictive prose / vers : roème©, vive l’hybride où chaque forme varie selon le fond." by michmor7, le 16 mai 2025
 
8 - toujours sur ma page, ce matin, 19 mai, la proposition de Carolyne Cannella 
Jacques Lusseyrand - Le monde commence aujourd'hui
Jacques Lusseyrand nous fait part de son expérience hors du commun. Son élan de vie vers la joie et l'amour, la simplicité et la poésie, lui ont fait surmonter le pire.
" Tous savaient qu’ils mourraient bientôt. Je sus également qu’aucun d’eux ne parlaient français pas même un peu, mais que entendant un homme réciter des vers, ils s’étaient jetés vers lui comme vers une nourriture "
" Alimenter le désir de vivre, le faire flamber : cela seul comptait. Car c’était lui que la déportation menaçait de mort. Il fallait se rappeler sans cesse que c’est toujours l’âme qui meurt la première – même si son départ ne s’aperçoit pas –, et qu’elle entraîne toujours le corps dans sa chute.
C’était l’âme qu’il fallait nourrir en priorité. La morale était impuissante. Toutes les morales."
" J'apprenais que la poésie est un acte, une incantation, un baiser de paix, une médecine. J'apprenais que la poésie est une des rares, très rares choses au monde, qui puisse l'emporter sur le froid et la haine."
Après vingt-cinq ans de cécité, Lusseyran l’a su très vite, « les vrais yeux travaillent au-dedans de nous ». Dans "Le monde commence aujourd’hui" il nous dit : 
" Les vrais yeux travaillent en dedans de nous. Tant pis si le vocabulaire fait défaut, s’il est faible. Voir, c’est un acte fondamental de la vie, un acte indéchirable, indestructible, indépendant des outils physiques dont il se sert. Voir, c’est un mouvement que la vie fait en nous, avant les objets, avant toute détermination extérieure. Avant les objets, et après eux si, par accident, les instruments matériels de la rencontre viennent à manquer. C’est au dedans de vous que vous voyez. Si la lumière intérieure ne nous était pas donnée d’abord, et par conséquent les couleurs aussi, les couleurs qui sont la monnaie de la lumière, jamais nous ne pourrions admirer les couleurs du monde. Voilà ce que je sais après vingt-cinq ans de cécité."
À quoi reconnaît-on le langage du poème ? C’est dans la réponse à cette question que se trouve la première leçon de Michel Deguy. Le poème est en lutte intime contre toute forme de littéralisme. Soit le syllogisme didactique suivant. L’époque est au littéralisme, or le poème refuse tout littéralisme, donc l’époque se trouve face à une alternative dont elle sort toujours vainqueure autoproclamée : ou bien elle rejette le poème (elle le marginalise, le réduit tout en déplorant sa disparition), ou bien elle l’accepte en le dissolvant dans la littéralité (stratégie de la récupération). Examinons rapidement ce syllogisme.
a) Il y a aujourd’hui trois formes de littéralisme : on les croit ennemies. Elles se retrouvent dans ce qu’elles nient. Le littéralisme économique (le réel à la lettre, c’est la finance ; la condamnation de ce littéralisme est convaincante : pensée unique, realpolitik, dictature des marchés) ; le littéralisme religieux (il a pour nom fondamentalisme ; il y a plusieurs fondamentalismes) ; le littéralisme des corps (celui de la biologisation des identités sexuelles : qu’il s’agisse de les revendiquer ou de les diluer ; on veut que le corps soit, non une interprétation, mais un donné à changer littéralement plutôt qu’à comprendre : le corps de la lettre devient le modèle du corps à la lettre).
b) Or le poème défait le littéralisme même quand il défend la lettre : il est de l’ordre du comme, de la commaison, de la comparaison. C’est la thèse la plus durable de Deguy, comme l’atteste le très actuel Court traité de poétique surtitré La poésie n’est pas seule (1987) : le poème fait entrer et la langue dans la sensibilité et l’imaginaire dans la langue. Il invente les formes de l’autre langue dans la langue du même. Il est liberté de la langue quand la rhétorique (fût-elle celle des discours émancipateurs) rebat les oreilles du langage. Le roman n’est-il pas capable de cette même liberté ? C’est évident et il ne cesse de faire ses preuves. Mais si le roman du XIXe siècle avait obligé le poème à se libérer de la rhétorique de la poésie, il est temps désormais d’admettre que le poème pourrait permettre au roman d’échapper à sa propre rhétorique. Est-il étonnant qu’on puisse voir aujourd’hui fleurir des romans écrits en vers ? ...
capture d'écran du documentaire Val Vilmer, illustrant l'arbre de Yeats tu vois un arbre...

capture d'écran du documentaire Val Vilmer, illustrant l'arbre de Yeats tu vois un arbre...

"on voit un arbre, on observe une vérité concernant cet arbre, on est bouleversé par cette vérité, par la magie de cet arbre, c'est spirituel, ça transcende la forme physique de l'arbre, alors on écrit, encore et encore sur la forme de cet arbre, sur la vie de cet arbre, sur son âme jusqu'à ce que notre personnalité s'efface de nouveau" William Butler Yeats (d'après Val Kilmer dans son documentaire)
Vacillation est écrit par Yeats 40 ans après The two trees :
A tree there is that from its topmost bough
Is half all glittering flame and half all green
Abounding foliage moistened with the dew ;
And half is half and yet is all the scene.
"Dans The Two Trees, l’arbre sacré et l’arbre du « verre amer » sont distincts, représentant une dualité entre la vérité intérieure et la distorsion extérieure. Dans Vacillation, l’arbre est unifié, incarnant une synthèse des opposés : la flamme (symbole de passion, de spiritualité, d’élévation) et le feuillage vert (symbole de vie terrestre, de croissance, d’enracinement). Cette image reflète une acceptation des contradictions de l’existence, où les moitiés opposées (flamme et feuillage, esprit et matière) coexistent pour former un tout.
La dernière ligne, « And half is half and yet is all the scene », est particulièrement dense. Elle suggère que chaque moitié (flamme et feuillage) conserve son identité propre (« moitié est moitié »), mais ensemble, elles englobent la totalité de l’expérience (« tout l’espace »). Cette idée résonne avec la maturité spirituelle de Yeats, qui, à cette période de sa vie, explore l’unité des contraires à travers sa philosophie mystique et son système symbolique (notamment dans A Vision)." by Grok
Les arbres animés par le souffle
Si le veut ton souffle
Nous serons pur chant
par lui animés
Nous voici élan
Racines emmêlées
Branches enlacées
Notre corps est tout
En balancement
Notre être n'est plus
Que murmure-louange
Lâcher des colombes
Lâcher des mésanges
Si le veut ton souffle
Nous serons pur Chant
En nous l’inifini
Et l'enchantement !"
François Cheng 03.2025
"L'homme peut écouter avec l'oreille de la chair et entendre le bruit du monde, mais s'il écoute avec l'oreille du Souffle, il participe à la transformation universelle." François Cheng
 
photo Gérard Uféras, un photographe de la Joie

photo Gérard Uféras, un photographe de la Joie

" Il me paraît important pour chacun d'entre nous que l'histoire soit rééquilibrée par la levée des voiles, des secrets qui comme pour une famille, abîment le peuple.....la guerre massacre bien plus que des corps physiques, elle peut tuer l'humanité cachée dans les cœurs .....la reconnaissance de chaque version de l'histoire est une des étapes de la guérison, je la souhaite à notre terre." S.M.

alors voici 3 liens sur le massacre des harkis et des pieds-noirs en 1962 après 
- l'article sur les massacres du 8 mai 1945 en Algérie
- les articles sur la guerre de Crimée (1853-1856) consacrés à Florence Nightingale, La femme de Tchaïkovski
- l'article sur le procès des juges nazis à Nuremberg
(S'ouvriront un jour des procès à l'identique de celui de 1948 pour juger les crimes contre l'humanité, les génocides, les crimes de guerre en cours, par des dictatures, des démocraties, des organisations internationales, des organisations mondiales)
___________________________________
ces rappels ont un curieux goût d'actualité comme si rien ne changeait, comme si tout se répétait ; j'ignore si ces rappels contribuent à une quelconque guérison, à une quelconque éducation; je les considère nécessaires sans en connaître l'usage, l'utilité
ils ne révèlent chez moi ni goût morbide ni compassion tous azimuts; je fais en sorte qu'ils ne suscitent aucun affect chez moi; j'ignore les effets sur les éventuels lecteurs
Un jour, tout le monde aura toujours été contre cela / Le 25 octobre 2023, après seulement trois semaines de bombardements sur Gaza, Omar El Akkad a publié un tweet : « Un jour, quand ce sera sans risque, quand il n’y aura plus de conséquences personnelles à nommer une chose pour ce qu’elle est, quand il sera trop tard pour tenir quiconque responsable, tout le monde aura toujours été contre cela. » Ce tweet a été vu plus de 10 millions de fois.

Un jour, tout le monde aura toujours été contre cela / Le 25 octobre 2023, après seulement trois semaines de bombardements sur Gaza, Omar El Akkad a publié un tweet : « Un jour, quand ce sera sans risque, quand il n’y aura plus de conséquences personnelles à nommer une chose pour ce qu’elle est, quand il sera trop tard pour tenir quiconque responsable, tout le monde aura toujours été contre cela. » Ce tweet a été vu plus de 10 millions de fois.

curieux comme ça remonte via l'algorithme de FB; ce matin remontée d'un message du 11 mai 2020 de Thierry Zalic sur la brûlure, déjà produit le 11 mai 2019; je ne recopie pas le message donc je fais "rechercher, 11 mai" et je tombe sur ça, publié dans un groupe privé, le 11 mai 2020 à 11 h 11 :
 
je t'imagine telle que je te vois, en aveugle
quand je te vois, c'est plus fort que moi,
mes yeux, pourtant attentifs, ne te voient pas
je ne te vois pas parce que je sais, je sens
que tu débordes de toutes parts,
ton mystère, je m'y noie en apnées répétées
voyant aveugle, je mets les mains en avant,
pour te voir par le toucher,
tenter l'approche, la saisie,
une saisie sans possession, une saisie sensible
mais te laisseras-tu approcher, toucher ?
ah si tu savais accueillir, si tu savais accepter
ce qui vient vers toi
mais la peur du grand méchant loup
tu sais pourtant que tu ne risques rien,
est-ce pour cela que tu ne prends pas le risque
de glisser ta jambe
de l'emboîter entre les miennes,
adentro adorno
figures de ta liberté
vendredi 11 mai 2020, 11 h 11
en maturation depuis le 11 mai 2017
 
F - un voyage au pays de la Femme rêvée, fantasmée ?
JC - je préfère dire femme rêvée (c'est de l'ordre de l'intuition, toi que je rêve c'est toi possible, c'est toi te réalisant autre et même, sortant de ta zone de confort, c'est toi d'autrefois, toi de demain, toi dans d'innombrables univers autres, toi, innombrablement de fois, pour l'éternité, sans identité...) que femme fantasmée (là, pour moi, on est au niveau des pulsions propres à chacun et à tous, le ça individuel et le ça collectif, immémorial; et le travail sur les pulsions, sublimation par exemple, quel boulot !)
c'est l'image ci-dessous qui a inspiré le voyant aveugle
11 mai 2020, fin du 1° confinement du 17 mars au 11 mai 2020 non inclus, soit 1 mois et 25 jours
je m'initiais pour la 3° année, au tango argentin
je n'ai pas repris sur la saison 2020-2021 parce qu'il y a eu encore deux confinements du 30 octobre au 15 décembre 2020 non inclus, soit 1 mois et 15 jours et du 3 avril au 3 mai 2021 non inclus, soit 28 jours.
sortira bien un jour la vérité sur cette pandémie fabriquée et sur la gestion autoritaire du contrôle social mondial via l'OMS (vaccination, pass sanitaire)
l'image inspiratrice

l'image inspiratrice

Non pas chanter l’événement qui s’est produit, 

mais le produire en le chantant.

Marc Chagall, Orphée ou les sources de la Musique

Marc Chagall, Orphée ou les sources de la Musique

Le philosophe

Dans l'ombre des nuits où les étoiles se meuvent, Se tient le penseur, là où le silence pleut. Il forge des mondes dans l'âtre de l’esprit, Ses mots sont des flèches, sa quête un infini. Au carrefour du doute, il érige un empire, Chaque idée est un feu, chaque feu un martyre. Il sonde les abîmes, cherche l’éternité, Dans le fracas du vide, il façonne des vérités. Écoutez-le ! Ce poète du néant, Il écrit dans le vent des discours éclatants. Un marteau dans la main, un nuage dans l’autre, Il brise les dogmes et bâtit l’apôtre. Il n’a pas d’armes, juste un cœur fractal, Il questionne le réel, démolit le banal. Sous son regard perçant, le cosmos s’effondre, Chaque étoile qu’il touche, il la fait répondre. « Qui suis-je ? » dit-il au miroir du temps, Mais le reflet se tait, effacé par le vent. Il poursuit pourtant, éternel Sisyphe, Portant sur son dos la montagne des mythes. Son cri fend l’ombre, sa voix fend la pierre, « Tout est chaos, mais je danserai la lumière ! » Il est l’éclaireur, l’écho de l’aurore, Un funambule suspendu sur la mort. Oh, philosophe, architecte des songes, Tes pensées sont des fleuves où l’éternité plonge. Tu n’as pas de royaume, pas de trône doré, Mais l’univers entier t’écoute murmurer. Alors avance, ô toi, sculpteur de l’instant, Le monde est ton marbre, ton ciseau est le temps. Et si un jour ton nom s’efface des mémoires, Sache que tes idées danseront dans l’histoire.

 

Le clown

Dans l’arène des regards, il fait son entrée, Sous la lumière crue, il s’apprête à danser. Le nez rouge comme un phare sur la mer des humains, Le clown s’avance, un sourire peint de ses mains. C’est un guerrier sans épée, un sage sans écrit, Un roi déchu du royaume des rires infinis. Il trébuche, il chute, et les rires explosent, Mais son cœur, fragile, cache mille névroses. Le clown, c’est l’âme qui tombe pour qu’on se relève, Le miroir brisé des vies brèves, Il tourne la tragédie en farce éphémère, Car son royaume, c’est le rire, sa gloire, la poussière. Il jongle avec les larmes qu’on n’ose verser, Un funambule sur le fil de l’absurdité. Ses gags sont des prières pour des âmes fatiguées, Ses maladresses, des clefs pour des cages oubliées. Mais écoute, derrière le tumulte des éclats, Le clown murmure une vérité qu’on ne voit pas : La vie n’est qu’une scène, un grand chapiteau, Où chacun joue son rôle, entre rires et sanglots. Et lui, il choisit de chuter pour qu’on s’élève, De porter nos douleurs dans son rire qui crève. Car sous le maquillage, il n’est qu’un humain, Un poète en guenilles, un rêveur sans demain. Alors, quand il s’éteint et qu’il quitte la piste, Il emporte avec lui un secret altruiste : "Riez, mes amis, car la vie est fragile, Et sous chaque larme, l’espoir est fertile." Le clown s’efface, mais son écho demeure, Un éclat de rire dans l’ombre de nos heures. Masque de comédie, âme de tragédie, Le clown est l’essence même de la vie. (Luigissimo)

Tantôt poète, tantôt marionnette

Tantôt poète, tantôt marionnette, Quand l'échec me guette, personne ne s'apprête, À tendre une oreille, à scruter mes quêtes, À voir dans mes nuits l’ombre de mes tempêtes. Mais dès que le succès illumine mes pas, Les foules se pressent, on m'appelle "roi". Chacun veut savoir d'où naît mon éclat, Mais où étiez-vous quand la vie me broyait là ? J'écrivais des vers au bord des abîmes, Je sculptais des rêves sur des pages intimes, Seul sous les étoiles, à dompter la rime, Quand l'horizon s'effaçait sous un voile infime. Maintenant ils veulent des récits, des croquis, L’histoire de mes doutes, de mes nuits sans répit, Mais qu’on ne m’oublie : j'étais dans l’oubli, Avant que l’écho ne devienne un cri. Alors oui, le succès a sa douce musique, Mais ne jugez pas sans voir l’aspect tragique. Car les étoiles brillent après le chaos, Et le silence précède les plus grands mots.

 
vidéo d'une discussion à la FDL d'Hyères 2024 (silence d'en bas, silence d'en haut, langue des oiseaux, prière du coeur, éternel, immortel)
j'en ai eu une autre ce 22 mai avec Jean Delorme et Loïc Molla; venus au Revest à 11 H pour évoquer projets et réalisations Liberta au village des talents à Puget-sur-Argens et au Burundi, nous nous sommes retrouvés à midi au café des Moulins et nous y avons discuté 2 H; nous nous verrons tous les trimestres pour des questions-réponses de nature philosophique filmées à partir d'octobre; une collection d'une quinzaine de Liberta, d'une trentaine de pages à chaque fois, est en cours d'écriture et d'édition à 5 €; ce seront des outils pour faire, créer du sens
à un moment, alors qu'on parlait des effets de la croyance à travers ce qu'on appelle placebo ou nocebo (tout est croyance, même ce qui semble preuve et toute croyance est soit un placebo, soit un nocebo), j'ai été amené à dire : j'ai besoin du doute, et c'est pourquoi peut-être malgré mon appel-aspiration-inspiration mystique, je n'ai pas la foi et ne l'ai pas rencontré ... Loïc m'a demandé : pourquoi ce "besoin" ? ...
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