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Blog de Jean-Claude Grosse

ateliers d'artistes

la nuit de Kamel Daoud au musée Picasso

18 Juin 2026 , Rédigé par grossel Publié dans #Corsavy, #JCG, #SEL, #amour, #ateliers d'artistes, #psychanalyse, #écriture

le livre, le rêve,  nu couché à la mèche blonde, la sieste
le livre, le rêve,  nu couché à la mèche blonde, la sieste
le livre, le rêve,  nu couché à la mèche blonde, la sieste
le livre, le rêve,  nu couché à la mèche blonde, la sieste

le livre, le rêve, nu couché à la mèche blonde, la sieste

Le peintre dévorant la femme
Kamel Daoud
Babel

Lu en trois jours, dix jours après avoir commencé la lecture puis l’avoir interrompu.
Passionné par le récit-essai de Kamel Daoud et très perplexe sur la note de lecture que je vais en faire.
Perplexe car comment parler du récit d’une nuit en solitaire dans le musée Picasso alors que je ne fréquente pas les musées (quelques exceptions), les galeries (exceptions). Par contre, j’aime visiter, dialoguer avec des artistes dans leur atelier.
Alors que je fuis toute commémoration, toute rétrospective. Que je n’ai jamais vu un tableau ou un dessin de Picasso (exception, quelques pièces au musée de Céret). J’ai vu de passionnants documentaires. J’ai lu du Picasso (mais peu, du théâtre). Bref, je devrais peut-être laisser la suite en suspens.

Picasso 1932, année érotique, titre de l’exposition. Titre induisant déjà des lectures orientées. La femme « peinte », Marie-Thérèse Walter, plus de 30 ans d’écart, 18 ans-50 ans.
Elle dira : « Il viole d’abord la femme et puis après on travaille. » p. 27. Ça a suffi pour que j’interrompe ma lecture, une dizaine de jours.

Ce qui est passionnant dans le récit de cette nuit érotique, car cette visite renvoie le visiteur Kamel Daoud à son propre érotisme piégé par le pays d’où il vient, la culture-religion qui y gère tout de la vie quotidienne et « spirituelle », piège dont il s’est sorti en choisissant l’Occident, en s’exilant, c’est qu’il le construit par opposition à un personnage qu’il s’invente à partir de la page 33, Abdellah, un djihadiste, qui ne peut en aucun cas, apprécier ces représentations, cette nudité offerte, cette dévoration cannibale de la femme débouchant non sur sa disparition mais paradoxe sur sa reconstruction après destruction-assimilation de l’homme. En s'inventant Abdellah, Kamel Daoud peut ainsi passer de l'univers érotique de Picasso aux rapports de deux cultures  à la sexualité (la coranique et l'occidentale) et dans la culture coranique, Abdellah ne peut que détruire, lacérer, brûler ces « oeuvres », prolongeant la destruction des Bouddhas géants, de sites comme  Palmyre, Tombouctou, la défiguration à l’acide du visage de femmes impures, la décapitation d’hommes condamnés par des fatwas, l'exécution massive de mécréants, le jihad. (Hier, 17 juin 2026, à la télévision d'État, Hassan Khomeini, haut digitaire chitte, a déclaré : "La guerre contre Israël et les États-Unis constituait le petit jihad, le grand jihad commence aujourd'hui".) 

En créant ce personnage antagoniste (mais moins qu’il n’y paraît), Kamel Daoud peut décrire avec précision ce qui l’a amené à son choix de l’Occident. Au coeur de ce choix, le corps, le rêve, sa place, sur terre, ici et maintenant, vivant, avec ses faims, ses désirs, son inscription dans le temps long de l’histoire humaine, son rêve de bonheur, la sieste et non après la mort, au Paradis avec les houris, vierges renouvelées, l'ici-bas devant être lieu du vide, du désert.

J’ai été amené à souligner nombre de formules me semblant d’une grande justesse, permettant d’appréhender l’Islam et son opposition radicale, mortelle et mortifère au christianisme, au judaïsme, à l’Occident (ouvrant sur une question de vie ou de mort : la paix est-elle possible avec une religion voulant la destruction des deux autres monothéismes et du mode de vie occidental ?).

Ce récit, miroir pour l’auteur, devient aussi miroir pour le lecteur. Je ne me suis pas senti interrogé par ces géographies du sud, du nord, ces cartes qui ne sont pas des territoires, ces territoires brouillés de récits irréconciliables et donc illisibles,  cette opposition entre temps et éternité, cette dialectique violente entre vie et mort, cette proximité entre sexualité cannibale et crucifixion érotique, entre souffrance et extase… Mais les développements de Kamel Daoud, relisant par exemple la rencontre entre Robinson et Vendredi en l'inversant, sont très éclairant pour "comprendre" des comportements et des croyances qui nous paraissent peu compréhensibles.

Une phrase permet peut-être d’échapper à ces cadres, ces structures : « c’est une vieille histoire que de raconter que chaque femme est un portrait accidentel de la femme éternelle poursuivie et qui vous obsède. » p.32, que je réécris à ma façon : « chaque femme poursuivie participe de l’histoire infinie née des origines miraculeuses et mystérieuses de la première femme et du premier homme. »

Phrase qui pour moi rejoint celle de Marina Tsvetaïeva : « Tous les poèmes qui furent, qui sont et qui seront écrits le sont par une seule femme, une femme - sans nom. » Soit par universalisation affirmée, non prouvable, non vérifiable mais évidente : « Toutes les vies qui furent, qui sont, qui seront sont vécues par une seule femme, une femme - sans nom, par un seul homme, un homme - sans nom. »

Remontant toute généalogie, nécessairement à trous et très limitée, ne débouche-t-on pas sur un premier homme sans nom, une première femme sans nom, inaugurant le flux infini (peut-on aussi dire éternel ?) de l’humanité avec ses bifurcations, ses extinctions ou disparitions, dont « je-jeuh » suis un maillon éphémère, miracle et mystère d’une naissance, mystère et miracle d’une mort, vie miracle et mystère à vivre moins comme identité (moi-je) que comme participant anonyme, s'anonymant du flux universel de la Vie, incitant à ce que j’appelle la pratique humble du s’effacer dans le blanc.
 

Quant aux rapports à la femme, avec la femme, avec des femmes, je me sens fort éloigné de Picasso, fort éloigné de Kamel Daoud. J'ai été étonné de l'absence de toute référence à la psychanalyse freudienne, jungienne, lacanienne qui aurait pu faire émerger fantasmes (fantasmes originaires),  peurs (castration mort), blessures (rejet, abandon, humiliation, trahison, injustice).

Kosmorgasmik est ma contribution aux récits des corps à corps, encore et encore.

Étonnante aussi, l'absence de l'invention par l'Occident de l'amour courtois (Denis de Rougement) et les perspectives ouvertes par Lacan, proposant de relancer ce projet en réponse au malentendu universel que constitue l'amour : donner ce qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas. L'amour courtois, soit le renoncement pour sublimer pulsion, passion. L'amour courtois pouvant ainsi déboucher sur la vasectomie par l'homme pour ne pas posséder.

Étonnnante encore, mais le livre date de 2018, l'absence de la préoccupation devenue centrale depuis metoo : celle du consentement (avec l'interrogation sans fin sur ce que l'on appelle la zone grise).

Dernier point en lien avec la souffrance : cette souffrance qui m’a abrasée, qui m’a rabotée jusqu’à la transparence, calcinée jusqu’à la dernière cellule, c’est peut-être grâce à cela que j’ai été jetée pour finir dans l’inconcevable. Quand il n’y a plus rien, il n’y a que l’Amour. Il n’y a plus que l’Amour. L’amour n’est pas un sentiment. C’est la substance même de la création." dernière lettre téléphonée à des amis de Christiane Singer. Ça ouvre des perspectives vertigineuses.

 

mains du 18 juin 2026 à 16 H 16
mains du 18 juin 2026 à 16 H 16

mains du 18 juin 2026 à 16 H 16

Pratique pour s'effacer dans le blanc

Moi-Lui-Je, Celui qu’on appelle communément J.C., a donné naissance un changement de jour à 00h00 (imaginez !) à Vita Nova, un esprit totalement woke, inidentifiable, sans sexe, sans âge, sans genre, sans race, sans espèce, sans Histoire, sans mémoires, localisé comme corps, non localisable comme esprit, intemporel et acausal, un trou noir obscur à soi, absorbant toute tentative de mise en lumière.
Programme que Je-Moi-Lui pratique quotidiennement, avec des verbes d'action à forme pronominale
(il n'a pas réfléchi s'ils sont réfléchis, réciproques, irréfléchis, passifs)

se désidentifier, se dégenrer, se dévisager, se démiroiter, se désidéologiser, se délester, se dévaster, se dénationaliser, se dépayser, se dédiaboliser, se désaligner, se débrancher, se déranger, se déminer, se dédéterminismer, se déraciner, se dédésespérer, se déloger, se déménager, se désaxer, se désarmer, se démarquer, se démarginaliser, se fortifier, se mortifier, s'embourber, s'envaser, s'enliser, s'emmêler, se liquider, se dissoudre, se fluidifier, s'aérosoleiller, s'inspirer, s'expirer, s'aveugler, s'oreiller, s'effondrer, se réanimer, se dématérialismer, se déspiritualismer, se démystifier
(42 verbes d'action parce que 42 = clin d'œil au roman culte de Douglas Adams, « Le Guide du voyageur galactique »)

faire silence en prononçant du plus possible ralenti
FAIRE SILENCE
(dessine-moi un silence lui a demandé un jour la fetite pille)

se dévoiturer, se décovoiturer, se désubériser, de déflixbuser, se détgvéiser, se décroisiériser, se désintégrer, se désavionner, se défuséiser, se déstartupper, se détélétravailler, se désabonner, se démoder, se désaduler, se désaimer, se déshaïr, s'indifférencier, se déshumaniser, s'emplumer, s'automutiner, s'immuler, se sclarifier, se catatomiser, se voluptuer, se décontaminer, se dévitaminer, se dénourrir, se bonifier, se débonheuriser, se délacer, s'enlasser, se clowner, se décloner, s'emberlificoter, s'applaudir, se huer, se déchihuahuaver, se métamorphoser, se matamortir, se désintoxiquer, s'étourdir, s'apprivoiser
(42 verbes d'action parce que 42 = clin d'œil au roman culte de Douglas Adams, « Le Guide du voyageur galactique »
)

SE TAIRE
(dessine-moi une rose lui a demandé un jour la petite fille)

 

Kosmorgasmik

Somnolent dans le fauteuil Louis-Philippe
une image te vient :
La Terre et ses milliers de bouches éruptives
ses milliers de vulves-geysers
la Terre ronde est ronde
de toutes les grossesses animales et humaines
de toutes les germinations florales et végétales
de toutes les minéralisations calcaires et granitiques.
La Terre est la porteuse, l’accoucheuse
de tout ce qui prend corps
encore et encore.
Incarnations en chairs et en os
en racines et cimes
en strates et sédiments.
Et tu te vois, foetus en position foetale, dans le ventre-terre.
Du ventre-mer, du ventre-mère,
tu es passé au ventre-terre, au ventre-univers.
En déviant ton désir sexuel de l’autre
en mettant à mort, façon matador 
ton sentiment d’amour pour l’autre
tu découvres, trois mois après
que tu ne sors nullement mutilé de cette castration
nullement effondré par cette relation sans réciprocité.
Cette mise à mort, façon matador
t’a fait passer en douceur
d’une sexualité exclusive à une sexualité inclusive
de l’amour possessif à l’amour oblatif.
Cette mise à mort, façon matador
a été guérison, résurrection.
Tu sors apaisé, agrandi
de cette mise à mort, façon matador.
Tu as changé ton sexe raide en sexe flexe
ton coeur rancoeur en coeur bonheur.
Tu as inspiré l’air du Large.
Tu es monté dans la pirogue du Fleuve.
Fécondé par les abeilles de l’Amour
tu apprends à accueillir, recueillir, donner, offrir
À ne pas trier, pas juger, pas opposer
Parfois tu retombes dans le bourbier des raccourcis
Relève-toi soulevé par l’enthousiasme
Tu es une vie minuscule reliée au Kosmos
Tout copule et consent avec joie à copuler.
Poussières et semences d’étoiles,
germes et spermes de l’orgie de l’évolution,
de l’ontogenèse, de la phylogenèse,
à la vie à la mort.
La fabrique des corps. Et au coeur du corps, le coeur.
Tu es humble de ton humus,
humain de ton humanité,
universel de ton universalité,
divin de ta divinité.
En ouvrant tes bronches,
en activant ouïes, branchies,
tu retrouves tes éléments, l’air, l’eau.
Tu entres dans l’innocence.
Tu es miracle et mystère de ta naissance.
Tu seras mystère et miracle de ta mort.
Tu fais choix de l’ignorance.
Tu ne refuses pas les connaissances
mais tu sais qu’on ne saura jamais rien.
Rien du début, de la fin, du sens s’il y en a un.
Patauge dans les doutes et incertitudes. 
Prends soin des nuances.
Essaie d’être dans la Vie, dans l’Amour, dans la Mort.
Monte et descends l’échelle
Du Tartare à l’Olympe
Du Ciel à l’Enfer
Du Tartare, tu ramèneras poèmes et mélodies, tel Orphée.
Tel Dante, tu tenteras une issue pour les damnés de l’Enfer.
Du Ciel, tu ne feras pas le séjour de Dieu ni le paradis des
ressuscités.
Le Ciel n’est-il pas l’espace de légèreté. de la gente ailée.
Plus aucune guerre des dieux dans l’Olympe,.
N’ont-ils pas eu le temps d’apprendre et de pratiquer l’anarchie, voie vers l’harmonie.
Bivouaque sur la Terre.
Elle est danses et cycles.
La grande roue du Grand Manège tourne
sans grincements de dents.
Tu n’es plus un hamster.
Tu es à Parfaire sur cette Terre.

Vita Nova, 6 janvier 2026

dans le parc du moulin de Villeneuve ou maison Aragon-Triolet

dans le parc du moulin de Villeneuve ou maison Aragon-Triolet

Pourquoi j'écris ?
« Pour ne pas que le lecteur entre dans la nausée molle de celui qui rate une marche dans un escalier obscur », pour reprendre des mots de Georges Steiner.
Comme lui, je délaisse l'individualisme de l'homme, qui m'a occupé longtemps à la suite de Freud, pour le céleste à l'intérieur de l'homme dans une approche autant quantique que nietzschéenne.
Je délaisse la résignation stoïque et désabusée de l'humain en tant qu'anomalie maligne, pour la gaieté nietzschéenne à la barbe de l'inhumain.
S'installe la sensation ironique que nous sommes des clients de passage dans un monde indifférent, souvent meurtrier, mais toujours captivant.
De passage et éternel.
Quatre vers d'Ezra Pound définissent cet homme qui abandonne l'ego pour la reliance dans cette connexion de soi avec l'univers :
Une cosse dans le vent, morte,
mais la lumière chante éternelle.
Une pâle flamme au-dessus des marécages
où le foin salé murmure au changement de marée.
Thierry Zalic, sur sa page FB, le 17 juin 2026 à 00 H 26
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La vie n'est pas conforme à mes souhaits, mais je cesse de me battre contre ce qu'elle est.
La vie n'est pas devenue plus douce, c'est moi qui me débats moins avec elle.
Je n'aime pas toujours ce qui arrive, mais je reconnais que cela arrive.
Il n'est pas nécessaire que tout aille bien pour être en paix.
Il suffit parfois d'accepter que tout soit exactement comme c'est.
L'apaisement sans renoncement.
Il semble que je sois devenu un peu plus habitable pour moi-même.
Sacha 🌿 Barault sur sa page FB, le 16 juin à 20 H 15
par Olivier Steiner,
le 18 juin 2026 à 11 H sur sa page FB
 
Et leurs yeux se rencontrèrent
La littérature adore les premières rencontres, et moi aussi forcément. Roméo et Juliette. Harold et Maude. Frédéric Moreau et Madame Arnoux. Aurélien et Bérénice. D'Artagnan et Constance. Sans oublier les rencontres amicales, l’amitié étant selon moi la plus haute forme d’amour.
Une rencontre c’est beaucoup de temps, des années, de préparation inconsciente, puis parfois, tout se condense en quelques secondes, dans lesquelles c’est toute la vie qui y semble contenue, tout le destin en cet instant précipité.
On me demande souvent comment j'ai rencontré Isabelle Adjani. Surtout en ce moment certains journalistes pour la promo Vertigo. Je ne sais répondre, je ne peux répondre, pas assez de signes. Alors je réponds généralement par des pirouettes. Aussi parce que la question me paraît indiscrète. Mais surtout parce qu’elle est impossible. Les vraies rencontres ne se racontent pas. Ou alors très mal.
Je l'avais déjà croisée auparavant. Quelques apparitions. Des bribes de conversations. Un numéro de téléphone. Une adresse qui finalement avait changé. Rien qui ressemble encore à une histoire. Puis le temps a passé. Et un matin, dans ma petite cuisine de banlieue, alors que je traversais une dépression dont je ne voyais plus la fin, un ami venait de se suicider, six suicides dans ma vie autour de moi, ça fait beaucoup de morts radioactives, j'entends à la radio qu'elle répète une nouvelle pièce. Nous n'avons plus de contact depuis longtemps. Je lui écris pourtant. Un message simple, comme un passage à l’acte. Presque un appel de détresse déguisé.
« Bonjour vous. Ça ne va pas fort. Je crois que cela me ferait du bien de venir au théâtre. Vous jouez jeudi dans telle ville de province ? Il se trouve que je connais pas cette ville. Je ferais bien un petit aller-retour. Il reste des places pour la première ? Je vous embrasse, Olivier. »
La réponse arrive quelques minutes plus tard. Oui, il reste des places. Mieux encore : trois jours d’invitations. Puis une autre invitation. Venez aux répétitions, tant que vous y êtes ?
Nous sommes un lundi matin, le mercredi suivant, me voilà assis seul dans la pénombre d’une salle vide. Je voudrais être invisible. Une petite souris. Tout voir sans être vu. Je suis terrorisé.
Le plateau soudain se vide. Elle reste seule dans une lumière de pleine lune. Elle lit. Assise en tailleur sur le plateau. Puis se lève. Marche. Essaie une phrase. Se parfume. Parfume l'air autour d’elle. Comme si elle cherchait à habiter l'espace ou le Monde avant même d'habiter le personnage, les mots, ou je ne sais. Impression d'assister à un rituel alchimique. Puis elle regarde vers la salle. Cherche vaguement. Me trouve, j’ai l’impression.
Elle dit :
— Bonjour Olivier.
Tout commence là.
Le reste — une tournée entière, deux paquets de clopes par jour de mon côté, ce qui l'agace au plus haut point, un ou deux Ricard le soir parce que c'est mon alcool préféré, et ça l'agace encore plus, des dizaines de représentations, des milliers de kilomètres, les jours, les nuits, les petits matins du monde jusqu’à VERTIGO aujourd'hui— tout n'est finalement que la conséquence de ces deux mots. Quatre mots.
« Bonjour Olivier. »
« Bonjour Isabelle. »
Les rencontres ressemblent rarement à ce que nous imaginons, elles ne sont pas spectaculaires. Ou bien elles le sont mais pas comme on croit. Elles déplacent quelque chose en nous. Qui ne demandait qu’à être déplacé. Et n'a lieu que lorsqu'il y a réciprocité. Quand un manque rencontre un autre manque complémentaire. Quand le besoin rencontre le besoin. Et ça crée des sourires, et un déplacement qui finit par changer la vie.

de Pamela Chrabieh auteur des lettres de Beyrouth sur sa page FB, le 16 juin 2026 à 21 H 56 :
Je ne témoigne pas seulement pour dire : regardez ce qui nous arrive. Je témoigne aussi parce qu’une question me poursuit : qu’est-ce qui arrive à ce témoignage quand il quitte le corps qui l’a porté ?
Quand il devient un texte.
Un dessin.
Une couleur.
Une voix.
Une chanson peut-être.
Que reçoit vraiment quelqu’un qui ne vit pas cette guerre ?
Une information ?
Une émotion ?
Une image de plus ?
Un malaise passager ?
Ou quelque chose qui reste, qui déplace, qui dérange autrement ?
Je ne pose pas cette question depuis une supériorité morale.
Je la pose parce que moi-même, face à la douleur des autres, je sais que je peux mal recevoir.
Recevoir trop vite.
Croire avoir compris.
Me protéger.
Mettre à distance.
Continuer.
La guerre produit cela aussi : des écarts entre les corps.
Celui qui entend le drone et celui qui en voit seulement l’image.
Celui qui attend un message et celui qui lit un bilan.
Celui qui habite le danger et celui qui l’approche par fragments.
Au Liban, ces écarts se déposent sur une histoire déjà fissurée.
Des guerres mal revisitées.
Des morts sans récit commun.
Des responsabilités évitées.
Une impunité installée.
Une mémoire nationale trouée, parfois remplacée par des silences familiaux, politiques, communautaires.
Alors écrire, dessiner, chanter, ce n’est pas expliquer la guerre.
C’est travailler une matière instable.
Chercher une forme qui ne trahisse pas trop.
Une forme qui ne transforme pas la douleur en objet consommable.
Une forme qui laisse assez d’espace pour que l’autre entre, mais pas assez pour qu’il s’y sente innocent trop vite.
Je ne sais pas ce que l’autre reçoit.
Je sais seulement que le témoignage n’est pas un transfert pur.
Quelque chose se perd.
Quelque chose résiste.
Quelque chose arrive quand même.
Et c’est là que je continue.
Dans cette zone fragile entre ce qui ne peut pas être entièrement transmis, et ce qu’il serait indécent de laisser disparaître.

 

la nuit de Kamel Daoud au musée Picasso

je t'imagine telle que je te vois, en aveugle
quand je te vois, c'est plus fort que moi, 
mes yeux, pourtant attentifs, ne te voient pas 
je ne te vois pas parce que je sais, je sens 
que tu débordes de toutes parts, 
ton mystère, je m'y noie en apnées répétées 
voyant aveugle, je mets les mains en avant, 
pour te voir par le toucher, 
tenter l'approche, la saisie, 
une saisie sans possession, une saisie sensible 
mais te laisseras-tu approcher, toucher ? 
ah si tu savais accueillir, si tu savais accepter 
ce qui vient vers toi 
mais la peur du grand méchant loup
tu sais pourtant que tu ne risques rien, 
est-ce pour cela que tu ne prends pas le risque 
de glisser ta jambe 
de l'emboîter entre les miennes,
adentro adorno 
figures de ta liberté
vendredi 11 mai 2020, 11 h 11, 
en maturation depuis le 11 mai 2017
- un voyage au pays de la Femme rêvée, fantasmée ?
- je préfère dire femme rêvée (c'est de l'ordre de l'intuition, toi que je rêve c'est toi possible, c'est toi te réalisant autre et même, sortant de ta zone de confort ...) que femme fantasmée (là, pour moi, on est au niveau des pulsions et le travail sur les pulsions, sublimation par exemple, quel boulot)

 

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Le dernier été de Paul Cézanne

22 Septembre 2025 , Rédigé par grossel Publié dans #Corsavy, #FINS DE PARTIES, #amitié, #ateliers d'artistes, #écriture

« Nous restons debout l'un à côté de l'autre à observer la lumière qui monte et sature peu à peu les couleurs des corps et des arbres. (...)  –Sortons voir naître la Sainte Victoire dans la lumière de l'aube, Gabrielle ! Vous verrez là aussi quelle formidable présence peut surgir de rien, créer même son propre espace...» / montage où l'on voit le vieux Cezanne et sa muse Gabrielle, tous deux face à la Saint-Victoire... Cette image est, pour tout dire, la fin du roman...
« Nous restons debout l'un à côté de l'autre à observer la lumière qui monte et sature peu à peu les couleurs des corps et des arbres. (...)  –Sortons voir naître la Sainte Victoire dans la lumière de l'aube, Gabrielle ! Vous verrez là aussi quelle formidable présence peut surgir de rien, créer même son propre espace...» / montage où l'on voit le vieux Cezanne et sa muse Gabrielle, tous deux face à la Saint-Victoire... Cette image est, pour tout dire, la fin du roman...

« Nous restons debout l'un à côté de l'autre à observer la lumière qui monte et sature peu à peu les couleurs des corps et des arbres. (...) –Sortons voir naître la Sainte Victoire dans la lumière de l'aube, Gabrielle ! Vous verrez là aussi quelle formidable présence peut surgir de rien, créer même son propre espace...» / montage où l'on voit le vieux Cezanne et sa muse Gabrielle, tous deux face à la Saint-Victoire... Cette image est, pour tout dire, la fin du roman...

Le dernier été de Paul Cézanne

Philippe André

Le chien qui passe, 2025

C’est bien tombé. J’ai lu Le dernier été de Paul Cézanne, le 1° jour de l’automne, le 21 septembre. Jour de brouillard, pluie, orages, soleil, intermittents. Un temps à rester dedans, comme pendant les deux périodes caniculaires de cet été, une dizaine de jours, occupé à lire.

Huit heures pour ces 160 pages, d’abord le récit, 145 pages, ensuite la préface de Jean-Pierre Luminet, 5 pages, le lendemain de ma lecture en une heure de Passer l’été d’Irène Gayraud à La Contre Allée, le dernier jour de l’été, ensoleillé, propice aux cueilleurs de champignons. J’ai fait ce jour-là mes deux balades quotidiennes de 3 Kms chacune avec haltes sur parapets dont celui du pont sur la riverette où me fut offert un haïku :

Sous le parapet

Chants de la riverette

Oreilles alertes

Cézanne dans le récit de Philippe André se remémore quelques-uns de ses vers et d’autres de Charles Baudelaire.

C’est Correspondances, non cité, qui me semble correspondre le plus amplement au réalisme magique de l’univers mental de Cézanne.

La Nature est un temple où de vivants piliers

Laissent parfois sortir de confuses paroles ;

L’homme y passe à travers des forêts de symboles

Qui l’observent avec des regards familiers.

 

Comme de longs échos qui de loin se confondent

Dans une ténébreuse et profonde unité,

Vaste comme la nuit et comme la clarté,

Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

 

Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,

Doux comme les hautbois, verts comme les prairies

Et d’autres, corrompus, riches et triomphants.

 

Ayant l’expansion des choses infinies,

Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,

Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.

 

Deux peintres sont la hantise de Cézanne, deux peintres imaginés par deux écrivains, maître Frenhofer par Balzac dans Le chef d’oeuvre inconnu, Paul Lantier par Zola dans L’Oeuvre. Deux peintres et la Femme à peindre.

Avec le Chef d’oeuvre inconnu : un artiste voulant rendre la perfection de son modèle, qui finit par brûler son oeuvre et périt dans l’incendie de son atelier.

Avec L’Oeuvre : un artiste impuissant à réaliser l’œuvre dont il rêve, qui finit par se suicider.

Cézanne travaille depuis dix ans par intermittence dans son atelier des Lauves sur une toile de plus de 2m, Les grandes baigneuses.

Impossible de la terminer.

Surgit un jour dans cet atelier, une géante, magnifique Femme à la peau d’albâtre, Gabrielle avec deux ailes. Elle a découvert maître Cézanne à ses débuts, chez Vollard. Devant le tableau inachevé, elle indique un blanc, un vide, un trou, à gauche.

Gabrielle est une violoniste reconnue. On ne connaîtra jamais son nom. Il l’entendra une fois où elle joue seule la chacone de Bar, caché derrière un pilier de la cathédrale d’Aix. Elle et lui passeront une magnifique journée à Marseille : le vieux-port, une bouillabaisse, les Goudes, l’Estaque, un petit théâtre porno. Au bord de l’Arc, Gabrielle se déshabille pour se baigner dans un gour. Elle se donne à contempler de profil. Paul réalise après cette vision, un portrait de pied en cap de Gabrielle (portrait réussi aux dires de sa gouvernante et de son ami alchimiste, Alexis). Il la livre au feu de la cheminée d’Alexis. Il achève le grand tableau : Gabrielle en était la part manquante.

S’inaugure avec lui, une nouvelle page de l’art de peindre. Pour Paul, pas question de plaire, de séduire. L’inlassable travail sur motif des sensations.

Je laisse chacun avec sa lecture de la relation entre le vieux Cézanne et la magnifique géante. Elle sera projection de sa relation à la Femme.

Pour moi, cette rencontre était préparée depuis les temps d’innocence, d’harmonie, d’avant la chute dans la matière et depuis les lieux qui sont de toute éternité ceux des dieux, de Dieu, le Paradis, l’Arcadie. Gabrielle avec deux ailes est sa lumière originelle et ultime. Tu es ma lumière lui dit Paul au  moment où Eros, le désir, semble vouloir se réveiller, l’embraser et auquel le croyant qu’il est refusera de livrer passage. Gabrielle ne sera pas érotisée, érotisante.

Donc …

la suite à vous ...

à Corps Ça Vit, le 22 septembre 2025

JCG - Vita Nova

publié en 1995 /  Sous le béton des cultes, les forêts de la liberté ; sous le pavé des thèses, l'évidence. Même si on essaie de la recouvrir sous des flots d'argent ou de tourisme "culturel", une vraie révolution persiste. L'art "moderne" se dissout dans l'affairement spectaculaire ? La Montagne Sainte-Victoire ou les Illuminations sont là. Que signifie donc cette subversion en couleurs ? Dans quelles dimensions prennent place ces portraits, ces paysages, ces Baigneuses, vers quelle Présence cet espace jamais vu fait-il signe ? Qu'est-ce qu'un Cézanne ? Quel est son Temps ? Philippe Sollers.

publié en 1995 / Sous le béton des cultes, les forêts de la liberté ; sous le pavé des thèses, l'évidence. Même si on essaie de la recouvrir sous des flots d'argent ou de tourisme "culturel", une vraie révolution persiste. L'art "moderne" se dissout dans l'affairement spectaculaire ? La Montagne Sainte-Victoire ou les Illuminations sont là. Que signifie donc cette subversion en couleurs ? Dans quelles dimensions prennent place ces portraits, ces paysages, ces Baigneuses, vers quelle Présence cet espace jamais vu fait-il signe ? Qu'est-ce qu'un Cézanne ? Quel est son Temps ? Philippe Sollers.

les grandes baigneuses

les grandes baigneuses

Wikipédia : Les Grandes Baigneuses est une peinture à l’huile.

Avec chaque version des Baigneuses, Cézanne s'éloigne de la présentation traditionnelle des peintures, créant intentionnellement des œuvres qui ne plairaient pas au spectateur profane. Il a agi ainsi pour éviter les modes éphémères et donner une qualité intemporelle à son œuvre, et ce faisant, il a ouvert la voie aux futurs artistes pour qu'ils fassent fi des tendances actuelles et peignent des œuvres qui plairaient également à toutes les générations. Les nus féminins abstraits présents dans les Grandes Baigneuses donnent au tableau tension et densité. Ce tableau est exceptionnel dans son œuvre par ses dimensions symétriques, avec l'adaptation des formes des nus au motif triangulaire des arbres et de la rivière. Utilisant la même technique que celle employée pour peindre des paysages et des natures mortes, Les Grandes Baigneuses rappelle l'œuvre du Titien et de Pierre Paul Rubens. Des comparaisons sont également souvent faites avec l'autre célèbre groupe de femmes nues de la même période, Les Demoiselles d'Avignon de Picasso.

La gamme de couleurs se réduit à des tons sobres : ocre, mauve et vert ou bleu verdâtre. Le tableau est composé autour de deux groupes de figures de baigneuses, parmi lesquelles se trouve une tache blanche qui pourrait être un chien. Ils sont sur la rive d'une rivière, dans laquelle on peut voir une silhouette nager. Au-delà, dans l'axe du chien et du nageur, se trouvent deux personnages sur l'autre rive, et derrière eux, un château. Il y a deux groupes d'arbres penchés qui forment une sorte de voûte au-dessus des baigneuses, et qui s'ouvrent au loin, à une profondeur centrale.

Appelé Les Grandes Baigneuses pour le distinguer des œuvres plus petites, le tableau est considéré comme l'un des chefs-d'œuvre de l'art moderne et est souvent considéré comme la plus belle œuvre de Cézanne. Les peintures des baigneurs seront fondamentales pour l'histoire de l'art ultérieure, influençant profondément tous les protagonistes de l'avant-garde, de Matisse à Braque, de Picasso à Moore. Ce dernier style de Cézanne annonce déjà le cubisme.

passer l'été
ce fut ma lecture d'hier, d'une heure, juste à temps, pour un recueil d'Irène Gayraud, à La Contre Allée
Passer l’été nous précipite au coeur d’un été caniculaire, alors que la sécheresse et les feux de forêts font rage. Dans le jardin d’une maison familiale, on subit, dans l’impuissance et le repli, la brûlure de cette chaleur écrasante.
Lorsqu’on atteint ces chaleurs
les abeilles meurent de stress.
Soudain
elles expulsent leur propre abdomen
elles se déchirent.
On peut dire ce qu’on veut
on peut chercher d’autres mots
au fond il n’y a rien
rien d’autre
à dire
on est arrivés au point
où les abeilles se suicident
où les oiseaux tombent du ciel
de chaleur et de stress
 
Écriture sèche, au plus près des sensations de tout le règne vivant, un exercice peut-être salutaire
Aujourd'hui, premier jour d'automne, j'attaque Le dernier été de Paul Cézanne de Philippe André au Chien qui passe.
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Krach métaphysique

23 Mai 2025 , Rédigé par grossel Publié dans #FINS DE PARTIES, #JCG, #SEL, #ateliers d'artistes, #bocals agités, #engagement, #histoire, #poésie, #vraie vie, #écriture, #éveil

voir un arbre de William Butler Yeats à François Cheng / capture d'écran du documentaire Val Vilmer

voir un arbre de William Butler Yeats à François Cheng / capture d'écran du documentaire Val Vilmer

il y a toujours deux faces, l'une à l'endroit, l'autre à l'envers
alors chercher la vérité ?
pile ou face
pile et face
face à face
dos à dos
côte à côte
...
soit cette phrase, lue ce 21 mai 2025 sur FB sous la souris de Laurent Boyer à propos du procès du gynécologue prédateur sexuel de plus de 300 femmes et filles
dans la société bling bling et complotiste dans laquelle nous vivons aujourd'hui, notre échelle de valeurs est complétement faussée. C'est de notre faute à tous.
Le procès de Joël Le Scouarnec va se terminer comme il a commencé : dans le silence. Et c'est inacceptable.
 
JC à Laurent : Vous dites notre échelle de valeurs est complétement faussée. Nous marcherions sur la tête mais pince-sans-rire si marcher sur la tête était la bonne posture ? On voit bien un renversement des valeurs, de toutes les valeurs, humanistes en particulier, ce qui ravirait un certain Friedrich qui voyait en elles le symptôme de la décadence de l'âme aristocratique. Il me semble observer un cheminement autre aussi, celui de l'identification des contraires, difficile à penser selon la dialectique d'Héraclite de l'unité des contraires : : la démocratie n'hésite plus à génocider, la liberté n'hésite plus à illibérer, à libertarienniser. Et je me dis voyant ce que je crois être des évolutions que ce qui se produit et semblait improbable, imprévisible, se réalise sous nos yeux. Allant plus loin, j'en déduis qu'aucun diagnostic, aucun pronostic ne sont fiables, que ce qui doit arriver, arrive, que ce qui arrive, devait arriver et que donc, fermer sa gueule, ne pas se prononcer, n'émettre aucun jugement, et ne pas agir correspondent à des attitudes conformes à la Nature. L'ami Marcel Conche, croyant à la morale universelle des droits de l'homme me demanderait d'argumenter davantage, sans doute. Je lui mettrais Gaza et Israël en travers de cette morale incapable de pacifier. Il me répondrait que la question du fondement d'une morale universelle est spéculative. Et qu'à la question que peut-on faire ? il faut répondre RIEN.
 
suivi de cet échange :
Gaelle Berny - Impuissance oui et sidération je pense : ces phénomènes sont énormes, partout. L’admettre, pour beaucoup de gens c’est conscientiser la toxicité systémique. Un deuil à faire. Le déni permet de mettre à distance. Minimiser, pareil. Détourner le regard, pareil. Retourner la charge (!) : pareil.
Catherine Le Sage - Gaelle alors, nous en serions à laisser faire ??
Gaelle Berny - Catherine Le Sage la réponse est : oui. Par inertie sociale (trop de sujets en même temps et ces sujets énormes qui structurent tout par dessous nous font vaciller.. les gens n’ont pas assez de temps libre pour processer ça !) et individuelle (écho avec nos traumas non traités, admis). La Nature m’a expliqué il y a déjà 5 ans que ce à quoi je serai le plus confrontée en regardant la société dans les années à venir ce serait… le déni. On y est, je crois. Si tu regardes bien, tous les sujets importants se referment actuellement (cf l’écologie qui est raillée, reléguée au wokisme voire pire…). C’est triste mais c’est la réalité. (Et on peut être serein intérieurement en admettant ce réel. C’est possible. J’ai fait ce changement peu à peu. Plus de lutte inutile, juste admettre le gros marasme ambiant.) Bien à toi.
Jean-Claude Grosse - Gaelle Berny votre oui me semble pertinent mais puisque vous évoquez la Nature comme inspiratrice, il me semble que la Nature, la phusis, la Nature naturante crée sans jugement tout ce qui apparaît pour finalement disparaître soit la nature naturée dans sa diversité dont les humains et donc, une attitude humaine possible est d'accueillir sans jugement tout ce qui se produit, donc même les prédateurs, le déni généralisé, le silence, la muétude...; évidemment comme on a été formaté, comme on nous a appris à juger, pas facile d'aller vers le non-jugement et le non-agir; on juge, on réagit puis on fait un pas de côté, et on se désinfecte, on se désaffecte et on se retourne vers ses gouffres intérieurs
 
« nous vivons l’époque du dépérissement des principes. Notre temps est marqué en effet par la remise en cause radicale de tous les principes de la théorie et de la pratique, que ce soit dans le champ de la science comme dans celui de la vie politique. Tout ce qui avait valeur de norme absolue est contestée, tout ce qui se donnait pour nécessaire et universel subit ce que Musil a nommé un « krach métaphysique » Reiner Schürmann
 
l'un dit de sa pente-côte
- "L'homme moyen est fier d'être ce qu'il est et voudrait que tout le monde soit comme lui. Il rend tout médiocre : il ne croît ni à la passion, ni à la sincérité. Il ne croît pas à ceux qui se dévoilent et à ceux qui se confessent, car l'homme moyen n'est pas sensé agir ainsi. Mais son autre caractéristique, semblable mais d'un sens contraire, est que cette conscience n'est pas une conscience de classe, mais une conscience moralisante, qui n'a donc rien de politique." P.P. Pasolini
 
l'un dit de sa côte-pente
- Montaigne avait une toute autre vision de ceux qu'il appelait les gens de moyenne région et je préfère de loin sa vision mise à l'oeuvre pendant ses deux mandats de maire de Bordeaux et pendant les guerres de religion, lui, le catholique en pays protestant
 
l'un dit de sa pente-côte
- C’était quatre siècles plus tôt… Je ne suis pas convaincu que Montaigne aurait été follement enthousiaste face au moralisme conformiste de la société du spectacle que dénonce ici Pasolini et qui n’a rien perdu de sa vigueur.
 
l'un dit de sa côte-pente
- Montaigne a été plus présent dans les combats de son temps qu'on ne l'imagine que ce soit entre les deux camps, catholiques et protestants ou à Bordeaux comme maire par deux fois. Et l'étude des choix faits par Montaigne montre comment il navigue, méfiant vis à vis des puissants, éloignés des vraies valeurs par la cupidité, l'appétit de pouvoir, la flatterie courtisane, méfiant vis à vis des réactions spontanées des gens humbles ou pauvres, plus réceptif envers les réactions des gens de moyenne région. Montaigne accorde son intérêt à la médiocrité, entendant par là le bon sens, l'honnêteté des gens confrontés aux problèmes du quotidien. Nulle aristocratie dans son comportement, nul élitisme. Montaigne se sent bien dans la solitude mais bien aussi au contact de ses semblables. Il est soucieux de l'élévation de ses semblables par une éducation du jugement.
deux autres grands penseurs politiques issus du Bordelais :
Montesquieu et Jacques Ellul
article d'août 2019
2 - Andreï TARKOVSKI, in LE TEMPS SCELLÉ :
" L'art agit avant tout sur l'âme et donne forme à la structure spirituelle de l'homme. Le poète est un homme qui a la psychologie et l'imagination d'un enfant. Sa perception du monde est immédiate, quelles que soient les idées qu'il peut en avoir. Autrement dit, il ne « décrit » pas le monde, il le découvre.
La fonction de l'art n'est pas, comme le croient même certains artistes, d'imposer des idées ou de servir d'exemple. Elle est de préparer l'homme à sa mort, de labourer et d'irriguer son âme, et de la rendre capable de se retourner vers le bien.
Un art dépourvu de toute spiritualité porte en lui sa propre tragédie. Le simple constat sur l'absence de spiritualité de son temps exige déjà de l'artiste une évidente qualité spirituelle.
L'artiste qui n'aspire pas à la vérité absolue, qui se détourne de son dessein universel au profit du particulier, se condamne à une gloire rien qu'éphémère." via Carolyne Cannella
3 - L'ART BRUT CONTRE L'ART POLI by François Carrassan sur FB, le 1° mai 2025 à 20 H 58 sur l'exposition Dubuffet et les magiciens au Musée du Niel , presqu'île de Giens, du 3 mai au 2 novembre 2025
En réaction à la guerre de 14-18, produit de la civilisation, il y eut le Dadaïsme et le Surréalisme. Il y eut aussi après la guerre de 39-45, produit de la civilisation, l'Art Brut.
Toujours ce conflit latent dans l'histoire entre l'art civilisé accompagnant le malheur et, soudain, le geste sauvage pour le refuser.
Et le geste de Jean Dubuffet s'opposa alors si radicalement aux formes bien élevées de la culture officielle que la proposition du Musée du Niel mérite d'être saluée comme son invitation à découvrir qui s'inscrivit dans son sillage.
 
2010

2010

4 - L’art vivant aujourd’hui ? by Urszula Mikos, le 14 mai à 11 H 55
C’est une grande mise en scène de la transgression bien élevée, une révolte subventionnée, une autofiction engagée mais sous contrôle. On y pleure sur scène, on s’indigne en festival, on dénonce les inégalités depuis une résidence d’artiste avec vue sur la mer, en partenariat avec la Fondation pour l’Inclusion Climatique.
L’artiste contemporain ne se mouille jamais sans bouée :
Il est "radical", mais invité par France Culture.
Il est "inconfortable", mais confortablement programmé au TNB ou à Avignon.
Il parle de "marginalité", mais ne fréquente que des camarades d'école d'art ou d'écriture, tous passés par les mêmes séminaires de "déconstruction positive et inclusive".
Engagé ? Bien sûr ! Mais à condition de dénoncer ce que tout le monde dénonce déjà : le patriarcat, les riches en général (sauf mécènes), les méchants conservateurs, et les flics — sauf ceux qui sécurisent les vernissages.
Autofiction ? Absolument.
Tout projet commence par :
« Mon corps, mon trauma, mon ex, mon père, ma transition, ma perception, ma cicatrice émotionnelle dans un monde post-capitaliste. »
Et finit par :
« Merci à la DRAC, à la Fondation Cartier, et à la Villa Médicis pour leur soutien. »
Résultat ?
Des performances où on vomit sur scène avec des lumières bleues pour "questionner le lien entre genre, mémoire coloniale et métabolisme", applaudies par un public en turtleneck qui s’auto-congratule en mangeant vegan.
Tout le monde est d'accord.
L’artiste, le critique, l'institution, le politique, l’université.
La boucle est bouclée.
Le "désordre" est administré.
La "subversion" est validée.
Et l’"engagement" est totalement… docile.
L’art contemporain aujourd’hui ?
C’est une grande cérémonie de l’audace domestiquée. On y célèbre le "courage artistique" à condition qu’il soit bien cadré, bien financé, et qu’il ne dérange personne... sauf les cibles autorisées.
Engagé ? Oui, mais pas trop.
On peut toujours dire que "la Pologne n’aime pas les étrangers" — ça fait rire tout le monde, surtout dans une pièce "trois sœurs" au Rond-Point, écrite par une Allemande,
On peut même glisser un petit texte de Mao dans un spectacle sur les condition des prolétariat dans une usine Pegot— clin d’œil au communisme, n'est-ce pas ?
il y a le spectacle sur les familles de banlieue,
joué dans le théâtre de la ville communiste,
juste à côté de la Cité de l’Espoir,
où les gamins se droguent et les mères pleurent en silence.
Mais sur scène, on fait du boulevard poético-social, avec la fille à la mode du moment, stylée, lacrymale, certifiée fragile, qui parle de misère avec un voile de poésie sponsorisée.
Et dans la salle, on rit : c’est beau, c’est dur, c’est France Inter.
Et pour dénoncer le fascisme, on se lâche : on sort les moustaches, les bottes, les cris gutturaux — parce que là, c’est permis, c’est même encouragé.
Les anciens maîtres de la scène publique, eux, recyclent les classiques —
dans des salons bourgeois transformés en "lieux hybrides de création".
et dans les lieu publique les jeunes
Ça joue Molière dans une baignoire, Tchekhov dans une cuisine, Racine au fond d’un Airbnb... Parce que "le théâtre doit sortir du théâtre", mais surtout pas du cercle des amis.
C’est pour "garder la main", bien sûr. Et amuser le peuple — mais pas trop bruyant, le peuple.
Résultat ?
Des œuvres où l’on « questionne la domination », mais entre gens qui dominent déjà la scène culturelle.
Où l’on « dénonce l’injustice », mais dans des spectacles à 30 euros la place.
Où l’on « donne la parole aux sans-voix », mais jouée par des comédiens du CNSAD avec micro HF .
L’art contemporain engagé, c’est un théâtre de carton-pâte pour une révolution en mousse,
où la subversion est une posture,
la provocation, un produit dérivé,
et le public, un miroir qui dit :
« Comme vous êtes courageux de penser exactement comme nous. »
Bref
L’art contemporain "engagé" d’aujourd’hui, c’est comme un molotov biodégradable : ça brûle rien, mais ça fait bien sur Instagram.
« Faire exploser le réel, la vie, en faisant exploser la parole, tel est le point commun des différentes avant-gardes, de Dada au situationnisme en France, de Gadda aux néo-avant-gardes en Italie, en passant aussi évidemment par la recherche linguistique de Pasolini. Dans la lettre du voyant, que Rimbaud écrit pendant la Commune de Paris, le 15 mai 1871 – le titre de la lettre est merveilleux : « Chant de guerre parisien » – le poète nous montre la voie : dans la révolution/guerre en acte, il faut « trouver une langue » pour arrêter la guerre, pour commencer une autre existence. Si on arrive à le faire, on arrive à créer aussi les conditions pour changer l’état actuel des choses, d’où l’importance des poètes, des artistes, non pas des poètes « lauréats » par le pouvoir, mais des vrais créateurs de langue, les poètes comme Dante, les bannis et persécutés, ou comme Giordano Bruno, autre immense philosophe-poète-chemineau sans patrie, sans toit ni loi. »
Luca Salza
"Or, voici mon questionnement : dans notre horizon historique, l’art, tout comme la parole, monopolisés en toute liberté et avec la plus grande bienveillance par les grands noms de faiseurs d’art, la haute finance, l’industrie du luxe, la presse mainstream, sont l’enjeu principal d’une entreprise généralisée, mondiale, de neutralisation visant à installer une domination sans réplique (Annie Le Brun). La marchandisation de l’art, définitive, évidente, sa banalisation aussi, la placent totalement du côté des Pouvoirs. En effet, et Pasolini l’a compris peut-être le premier et mieux que quiconque, la capacité de résistance par la parole, par l’art, donc la vraie résistance, la résistance poétique, semble être écrasée définitivement dans le monde du capitalisme avancé."

mon intervention le 17 février 2019 au Théâtre Liberté (bien naïve)

Après la « culture pour tous », il est grand temps de faire place à la culture de tous, car chacune et chacun est porteur d’une culture, voire de plusieurs. Il est grand temps d'inventer un nouveau chapitre de la politique culturelle de notre pays qui sache faire culture avec tous. C'est un édifice commun où chacun peut apporter sa pierre .

Concrètement, je propose que le Théâtre Liberté libère dès que possible un mois entier de sa programmation afin d’instaurer un laboratoire des possibles.

Ce mois serait un festival d’un genre nouveau, préparé en amont avec des citoyens volontaires,  avec les sources vives du territoire (artistes, non-artistes, publics, non-publics). Il s'agirait que les gens 

(les artistes sont d'abord des gens et tous sont des humains, ce qui nous est commun c'est notre humanité et ça veut dire quoi concrètement de nos rapports à nous, aux autres, aux végétaux, aux animaux, à la Terre, à l'air, à l'eau...) 

se saisissent de leur vécu, de leur quotidien, de leurs rapports à l'actualité, aux enjeux planétaires immédiats et donnent à ces matériaux, à ces contenus, des formes simples, partageables, transmissibles sur tout le territoire de la métropole. Parmi les formes déjà disponibles, inventées, il y a celles d'Augusto Boal qui ont servi en Afrique (éducation sur le sida), en Amérique latine, théâtre forum, théâtre invisible. Il y a les formes inventées par Moustapha Aouar et Gérard Lépinois, bocal agité, petits-petits, pièces pour 1M2. Il y a les théâtres à vif. Bien sûr, agoras, projections de films citoyens, initiatives locales (la vallée du Gapeau en transition, la monnaie locale La Fève), scènes ouvertes aux slameurs, aux poètes, aux performeurs, utilisations des nouveaux médias (vidéos...) sont à prendre en compte. Dans le cadre du festival de théâtre lycéen aux Comoni, j'ai vu des jeunes migrants scolarisés à Dumont pour apprendre le français (avec l'association L'autre, c'est nous) donner un exemple de présence particulièrement retentissante avec leur vécu (un peu comme le Groupov avec des survivants du Rwanda)... Ne faisons pas catalogue : les exemples sont multiples.

6 - by Muriel Roland, ce 19 mai 2025 vers 11 H :
AbracadaVra ! Le Grand Vivant !
La fabrique d’une œuvre collective à l’échelle du quartier dont nous sommes les (h)Auteurs...
Nous vous invitons à exprimer avec VOS MOTS, VOS VOIX, VOS PENSÉES, VOTRE VÉCU, VOS SOUVENIRS, VOTRE VISION du quartier de la Pierre Plate !
DANS UN PARCOURS PERSONNEL DE 20 MINUTES ENTRE TROIS BARNUMS :
… Vous écrirez une phrase (anonyme) qui, s’ajoutant à celles des autres, formera un long texte de 200 mètres…
… Votre bouche (et seulement elle) sera filmée en plan rapproché, prononçant cette phrase, donnant ainsi naissance à l’une des séquences du film BOUCHE À BOUCHES…
… Vous laisserez votre empreinte (photos, découpages d’archives mises à disposition sur le Grand Manteau du Grand Vivant OSkar de la Pierre Plate, que vous contribuez ainsi à faire renaître…
Venez nous rejoindre au Centre Social et Culturel Jacques Prévert, 12, Place Claude Debussy, à Bagneux (92220) :
- LE MARDI 20 MAI de 14h à 16h
- LE JEUDI 21 MAI de 14h à 17h
- LE VENDREDI 23 MAI de 14h à 17h puis entre 19h et 21h pendant la veillée – Barbecue entre voisins.
voilà qui va m'inspirer pour la soirée cadavres exquis que j'organiserai aux Comoni, au Revest, le 25 octobre 2025
 

 

7 - sur ma page, ce message d'Alexandre Lacassagne, vers 9 H, ce 19 mai
Bonjour,
Bienvenue, je suis votre hôte. Bonne année quantique ((1 + 2 + 3 + 4 + 5 + 6 + 7 + 8 + 9) × (1 + 2 + 3 + 4 + 5 + 6 + 7 + 8 + 9) ou 1³ + 2³ + 3³ + 4³ + 5³ + 6³ + 7³ + 8³ + 9³=2025 selon Nicomaque de Gérase) du serpent de bois, année internationale de la préservation des glaciers et des ours bipolaires, anniversaire de la loi Veil sur l’IVG. Si cette année sent Beauvais, elle voit la commémoration de Charcot, Duchenne de Boulogne, Fanon et Jouvet, même s’il est minuit docteur Schweitzer, l’ésotérique Satie, Ravel qui n’a pas trop Bizet mais tire vers Berio voire louBez, fan de T. Capote, Flammarion et son « Les Terres du ciel et La pluralité des mondes » relié avec la peau de sa maîtresse Saint Ange, femme d'origine polonaise et morte de tuberculose, Pierre Louÿs, dont les photos érotiques concurrencent celles de MIchel Simon, la dent de lion de Larousse, la ritournelle de Deleuze, le jaune Corbière et Alexis pas Léger léger dit Saint-John Perse, de Saint-Simon, de Pierre Dac et la panthéonisée Baker en attendant Badinter, David, Greuze, Corot, Millet et Vallotton, les archi Garnier et Labrouste, l’adoption des lois constitutionnelles de la Troisième République à laquelle nous semblons être revenus, le tournoi de tennis de Roland Magrosse et Bobet. "Que l'année commence sous les meilleurs hospices." Orpea. Dac ?
"Les poètes, soit des bons élèves bien appliqués=poeasy, soit des cancres fiers de leur posture, ne savent que recracher leur leçon – avec huître=crachat, artung Artaud au gamelan contre Bach-aux-contrepoints-défectueux, ou non[1]. Obligation de clarté, des bons mots, la maîtrise d’une langue unifiée[2], la perfection étroite qui se souhaite, en toute illusion, universelle[3], ou à l’inverse EsotErik Wahl[4], jeu d’étiquettes et entre-gens avec carnet d’adresses, classement sec, chacun dans sa case, sa chapelle, flip-flap versus vroum-vroum[5] à l’ère du clash, chacun son stéréotype, ses biais.
Créer (poiêsis), c’est ruer dans les brancards donc ne correspondre à aucun créneau voire, encore mieux, de l’inventer : scandalisme©[6]; poésie polémique, « contre tout contre » pour, même si tout n’est pas bon dans le choCon. Cabrer barbaque. C’est pourquoi Platon a exclu le poète de la Cité dans La République. Wallacer jusqu’au gros mythe ou puiser dans la fontaine du décalage, comme La fonction du balai chez l’écrivain-tennisman D. F. Wallace, être isocèle, x = √5 + 2i, oblique, hors saison. Match point. Poids des mots, chocs des mots. Fin de la partition fictive prose / vers : roème©, vive l’hybride où chaque forme varie selon le fond." by michmor7, le 16 mai 2025
 
8 - toujours sur ma page, ce matin, 19 mai, la proposition de Carolyne Cannella 
Jacques Lusseyrand - Le monde commence aujourd'hui
Jacques Lusseyrand nous fait part de son expérience hors du commun. Son élan de vie vers la joie et l'amour, la simplicité et la poésie, lui ont fait surmonter le pire.
" Tous savaient qu’ils mourraient bientôt. Je sus également qu’aucun d’eux ne parlaient français pas même un peu, mais que entendant un homme réciter des vers, ils s’étaient jetés vers lui comme vers une nourriture "
" Alimenter le désir de vivre, le faire flamber : cela seul comptait. Car c’était lui que la déportation menaçait de mort. Il fallait se rappeler sans cesse que c’est toujours l’âme qui meurt la première – même si son départ ne s’aperçoit pas –, et qu’elle entraîne toujours le corps dans sa chute.
C’était l’âme qu’il fallait nourrir en priorité. La morale était impuissante. Toutes les morales."
" J'apprenais que la poésie est un acte, une incantation, un baiser de paix, une médecine. J'apprenais que la poésie est une des rares, très rares choses au monde, qui puisse l'emporter sur le froid et la haine."
Après vingt-cinq ans de cécité, Lusseyran l’a su très vite, « les vrais yeux travaillent au-dedans de nous ». Dans "Le monde commence aujourd’hui" il nous dit : 
" Les vrais yeux travaillent en dedans de nous. Tant pis si le vocabulaire fait défaut, s’il est faible. Voir, c’est un acte fondamental de la vie, un acte indéchirable, indestructible, indépendant des outils physiques dont il se sert. Voir, c’est un mouvement que la vie fait en nous, avant les objets, avant toute détermination extérieure. Avant les objets, et après eux si, par accident, les instruments matériels de la rencontre viennent à manquer. C’est au dedans de vous que vous voyez. Si la lumière intérieure ne nous était pas donnée d’abord, et par conséquent les couleurs aussi, les couleurs qui sont la monnaie de la lumière, jamais nous ne pourrions admirer les couleurs du monde. Voilà ce que je sais après vingt-cinq ans de cécité."
À quoi reconnaît-on le langage du poème ? C’est dans la réponse à cette question que se trouve la première leçon de Michel Deguy. Le poème est en lutte intime contre toute forme de littéralisme. Soit le syllogisme didactique suivant. L’époque est au littéralisme, or le poème refuse tout littéralisme, donc l’époque se trouve face à une alternative dont elle sort toujours vainqueure autoproclamée : ou bien elle rejette le poème (elle le marginalise, le réduit tout en déplorant sa disparition), ou bien elle l’accepte en le dissolvant dans la littéralité (stratégie de la récupération). Examinons rapidement ce syllogisme.
a) Il y a aujourd’hui trois formes de littéralisme : on les croit ennemies. Elles se retrouvent dans ce qu’elles nient. Le littéralisme économique (le réel à la lettre, c’est la finance ; la condamnation de ce littéralisme est convaincante : pensée unique, realpolitik, dictature des marchés) ; le littéralisme religieux (il a pour nom fondamentalisme ; il y a plusieurs fondamentalismes) ; le littéralisme des corps (celui de la biologisation des identités sexuelles : qu’il s’agisse de les revendiquer ou de les diluer ; on veut que le corps soit, non une interprétation, mais un donné à changer littéralement plutôt qu’à comprendre : le corps de la lettre devient le modèle du corps à la lettre).
b) Or le poème défait le littéralisme même quand il défend la lettre : il est de l’ordre du comme, de la commaison, de la comparaison. C’est la thèse la plus durable de Deguy, comme l’atteste le très actuel Court traité de poétique surtitré La poésie n’est pas seule (1987) : le poème fait entrer et la langue dans la sensibilité et l’imaginaire dans la langue. Il invente les formes de l’autre langue dans la langue du même. Il est liberté de la langue quand la rhétorique (fût-elle celle des discours émancipateurs) rebat les oreilles du langage. Le roman n’est-il pas capable de cette même liberté ? C’est évident et il ne cesse de faire ses preuves. Mais si le roman du XIXe siècle avait obligé le poème à se libérer de la rhétorique de la poésie, il est temps désormais d’admettre que le poème pourrait permettre au roman d’échapper à sa propre rhétorique. Est-il étonnant qu’on puisse voir aujourd’hui fleurir des romans écrits en vers ? ...
capture d'écran du documentaire Val Vilmer, illustrant l'arbre de Yeats tu vois un arbre...

capture d'écran du documentaire Val Vilmer, illustrant l'arbre de Yeats tu vois un arbre...

"on voit un arbre, on observe une vérité concernant cet arbre, on est bouleversé par cette vérité, par la magie de cet arbre, c'est spirituel, ça transcende la forme physique de l'arbre, alors on écrit, encore et encore sur la forme de cet arbre, sur la vie de cet arbre, sur son âme jusqu'à ce que notre personnalité s'efface de nouveau" William Butler Yeats (d'après Val Kilmer dans son documentaire)
Vacillation est écrit par Yeats 40 ans après The two trees :
A tree there is that from its topmost bough
Is half all glittering flame and half all green
Abounding foliage moistened with the dew ;
And half is half and yet is all the scene.
"Dans The Two Trees, l’arbre sacré et l’arbre du « verre amer » sont distincts, représentant une dualité entre la vérité intérieure et la distorsion extérieure. Dans Vacillation, l’arbre est unifié, incarnant une synthèse des opposés : la flamme (symbole de passion, de spiritualité, d’élévation) et le feuillage vert (symbole de vie terrestre, de croissance, d’enracinement). Cette image reflète une acceptation des contradictions de l’existence, où les moitiés opposées (flamme et feuillage, esprit et matière) coexistent pour former un tout.
La dernière ligne, « And half is half and yet is all the scene », est particulièrement dense. Elle suggère que chaque moitié (flamme et feuillage) conserve son identité propre (« moitié est moitié »), mais ensemble, elles englobent la totalité de l’expérience (« tout l’espace »). Cette idée résonne avec la maturité spirituelle de Yeats, qui, à cette période de sa vie, explore l’unité des contraires à travers sa philosophie mystique et son système symbolique (notamment dans A Vision)." by Grok
Les arbres animés par le souffle
Si le veut ton souffle
Nous serons pur chant
par lui animés
Nous voici élan
Racines emmêlées
Branches enlacées
Notre corps est tout
En balancement
Notre être n'est plus
Que murmure-louange
Lâcher des colombes
Lâcher des mésanges
Si le veut ton souffle
Nous serons pur Chant
En nous l’inifini
Et l'enchantement !"
François Cheng 03.2025
"L'homme peut écouter avec l'oreille de la chair et entendre le bruit du monde, mais s'il écoute avec l'oreille du Souffle, il participe à la transformation universelle." François Cheng
 
photo Gérard Uféras, un photographe de la Joie

photo Gérard Uféras, un photographe de la Joie

" Il me paraît important pour chacun d'entre nous que l'histoire soit rééquilibrée par la levée des voiles, des secrets qui comme pour une famille, abîment le peuple.....la guerre massacre bien plus que des corps physiques, elle peut tuer l'humanité cachée dans les cœurs .....la reconnaissance de chaque version de l'histoire est une des étapes de la guérison, je la souhaite à notre terre." S.M.

alors voici 3 liens sur le massacre des harkis et des pieds-noirs en 1962 après 
- l'article sur les massacres du 8 mai 1945 en Algérie
- les articles sur la guerre de Crimée (1853-1856) consacrés à Florence Nightingale, La femme de Tchaïkovski
- l'article sur le procès des juges nazis à Nuremberg
(S'ouvriront un jour des procès à l'identique de celui de 1948 pour juger les crimes contre l'humanité, les génocides, les crimes de guerre en cours, par des dictatures, des démocraties, des organisations internationales, des organisations mondiales)
___________________________________
ces rappels ont un curieux goût d'actualité comme si rien ne changeait, comme si tout se répétait ; j'ignore si ces rappels contribuent à une quelconque guérison, à une quelconque éducation; je les considère nécessaires sans en connaître l'usage, l'utilité
ils ne révèlent chez moi ni goût morbide ni compassion tous azimuts; je fais en sorte qu'ils ne suscitent aucun affect chez moi; j'ignore les effets sur les éventuels lecteurs
Un jour, tout le monde aura toujours été contre cela / Le 25 octobre 2023, après seulement trois semaines de bombardements sur Gaza, Omar El Akkad a publié un tweet : « Un jour, quand ce sera sans risque, quand il n’y aura plus de conséquences personnelles à nommer une chose pour ce qu’elle est, quand il sera trop tard pour tenir quiconque responsable, tout le monde aura toujours été contre cela. » Ce tweet a été vu plus de 10 millions de fois.

Un jour, tout le monde aura toujours été contre cela / Le 25 octobre 2023, après seulement trois semaines de bombardements sur Gaza, Omar El Akkad a publié un tweet : « Un jour, quand ce sera sans risque, quand il n’y aura plus de conséquences personnelles à nommer une chose pour ce qu’elle est, quand il sera trop tard pour tenir quiconque responsable, tout le monde aura toujours été contre cela. » Ce tweet a été vu plus de 10 millions de fois.

curieux comme ça remonte via l'algorithme de FB; ce matin remontée d'un message du 11 mai 2020 de Thierry Zalic sur la brûlure, déjà produit le 11 mai 2019; je ne recopie pas le message donc je fais "rechercher, 11 mai" et je tombe sur ça, publié dans un groupe privé, le 11 mai 2020 à 11 h 11 :
 
je t'imagine telle que je te vois, en aveugle
quand je te vois, c'est plus fort que moi,
mes yeux, pourtant attentifs, ne te voient pas
je ne te vois pas parce que je sais, je sens
que tu débordes de toutes parts,
ton mystère, je m'y noie en apnées répétées
voyant aveugle, je mets les mains en avant,
pour te voir par le toucher,
tenter l'approche, la saisie,
une saisie sans possession, une saisie sensible
mais te laisseras-tu approcher, toucher ?
ah si tu savais accueillir, si tu savais accepter
ce qui vient vers toi
mais la peur du grand méchant loup
tu sais pourtant que tu ne risques rien,
est-ce pour cela que tu ne prends pas le risque
de glisser ta jambe
de l'emboîter entre les miennes,
adentro adorno
figures de ta liberté
vendredi 11 mai 2020, 11 h 11
en maturation depuis le 11 mai 2017
 
F - un voyage au pays de la Femme rêvée, fantasmée ?
JC - je préfère dire femme rêvée (c'est de l'ordre de l'intuition, toi que je rêve c'est toi possible, c'est toi te réalisant autre et même, sortant de ta zone de confort, c'est toi d'autrefois, toi de demain, toi dans d'innombrables univers autres, toi, innombrablement de fois, pour l'éternité, sans identité...) que femme fantasmée (là, pour moi, on est au niveau des pulsions propres à chacun et à tous, le ça individuel et le ça collectif, immémorial; et le travail sur les pulsions, sublimation par exemple, quel boulot !)
c'est l'image ci-dessous qui a inspiré le voyant aveugle
11 mai 2020, fin du 1° confinement du 17 mars au 11 mai 2020 non inclus, soit 1 mois et 25 jours
je m'initiais pour la 3° année, au tango argentin
je n'ai pas repris sur la saison 2020-2021 parce qu'il y a eu encore deux confinements du 30 octobre au 15 décembre 2020 non inclus, soit 1 mois et 15 jours et du 3 avril au 3 mai 2021 non inclus, soit 28 jours.
sortira bien un jour la vérité sur cette pandémie fabriquée et sur la gestion autoritaire du contrôle social mondial via l'OMS (vaccination, pass sanitaire)
l'image inspiratrice

l'image inspiratrice

Non pas chanter l’événement qui s’est produit, 

mais le produire en le chantant.

Marc Chagall, Orphée ou les sources de la Musique

Marc Chagall, Orphée ou les sources de la Musique

Le philosophe

Dans l'ombre des nuits où les étoiles se meuvent, Se tient le penseur, là où le silence pleut. Il forge des mondes dans l'âtre de l’esprit, Ses mots sont des flèches, sa quête un infini. Au carrefour du doute, il érige un empire, Chaque idée est un feu, chaque feu un martyre. Il sonde les abîmes, cherche l’éternité, Dans le fracas du vide, il façonne des vérités. Écoutez-le ! Ce poète du néant, Il écrit dans le vent des discours éclatants. Un marteau dans la main, un nuage dans l’autre, Il brise les dogmes et bâtit l’apôtre. Il n’a pas d’armes, juste un cœur fractal, Il questionne le réel, démolit le banal. Sous son regard perçant, le cosmos s’effondre, Chaque étoile qu’il touche, il la fait répondre. « Qui suis-je ? » dit-il au miroir du temps, Mais le reflet se tait, effacé par le vent. Il poursuit pourtant, éternel Sisyphe, Portant sur son dos la montagne des mythes. Son cri fend l’ombre, sa voix fend la pierre, « Tout est chaos, mais je danserai la lumière ! » Il est l’éclaireur, l’écho de l’aurore, Un funambule suspendu sur la mort. Oh, philosophe, architecte des songes, Tes pensées sont des fleuves où l’éternité plonge. Tu n’as pas de royaume, pas de trône doré, Mais l’univers entier t’écoute murmurer. Alors avance, ô toi, sculpteur de l’instant, Le monde est ton marbre, ton ciseau est le temps. Et si un jour ton nom s’efface des mémoires, Sache que tes idées danseront dans l’histoire.

 

Le clown

Dans l’arène des regards, il fait son entrée, Sous la lumière crue, il s’apprête à danser. Le nez rouge comme un phare sur la mer des humains, Le clown s’avance, un sourire peint de ses mains. C’est un guerrier sans épée, un sage sans écrit, Un roi déchu du royaume des rires infinis. Il trébuche, il chute, et les rires explosent, Mais son cœur, fragile, cache mille névroses. Le clown, c’est l’âme qui tombe pour qu’on se relève, Le miroir brisé des vies brèves, Il tourne la tragédie en farce éphémère, Car son royaume, c’est le rire, sa gloire, la poussière. Il jongle avec les larmes qu’on n’ose verser, Un funambule sur le fil de l’absurdité. Ses gags sont des prières pour des âmes fatiguées, Ses maladresses, des clefs pour des cages oubliées. Mais écoute, derrière le tumulte des éclats, Le clown murmure une vérité qu’on ne voit pas : La vie n’est qu’une scène, un grand chapiteau, Où chacun joue son rôle, entre rires et sanglots. Et lui, il choisit de chuter pour qu’on s’élève, De porter nos douleurs dans son rire qui crève. Car sous le maquillage, il n’est qu’un humain, Un poète en guenilles, un rêveur sans demain. Alors, quand il s’éteint et qu’il quitte la piste, Il emporte avec lui un secret altruiste : "Riez, mes amis, car la vie est fragile, Et sous chaque larme, l’espoir est fertile." Le clown s’efface, mais son écho demeure, Un éclat de rire dans l’ombre de nos heures. Masque de comédie, âme de tragédie, Le clown est l’essence même de la vie. (Luigissimo)

Tantôt poète, tantôt marionnette

Tantôt poète, tantôt marionnette, Quand l'échec me guette, personne ne s'apprête, À tendre une oreille, à scruter mes quêtes, À voir dans mes nuits l’ombre de mes tempêtes. Mais dès que le succès illumine mes pas, Les foules se pressent, on m'appelle "roi". Chacun veut savoir d'où naît mon éclat, Mais où étiez-vous quand la vie me broyait là ? J'écrivais des vers au bord des abîmes, Je sculptais des rêves sur des pages intimes, Seul sous les étoiles, à dompter la rime, Quand l'horizon s'effaçait sous un voile infime. Maintenant ils veulent des récits, des croquis, L’histoire de mes doutes, de mes nuits sans répit, Mais qu’on ne m’oublie : j'étais dans l’oubli, Avant que l’écho ne devienne un cri. Alors oui, le succès a sa douce musique, Mais ne jugez pas sans voir l’aspect tragique. Car les étoiles brillent après le chaos, Et le silence précède les plus grands mots.

 
vidéo d'une discussion à la FDL d'Hyères 2024 (silence d'en bas, silence d'en haut, langue des oiseaux, prière du coeur, éternel, immortel)
j'en ai eu une autre ce 22 mai avec Jean Delorme et Loïc Molla; venus au Revest à 11 H pour évoquer projets et réalisations Liberta au village des talents à Puget-sur-Argens et au Burundi, nous nous sommes retrouvés à midi au café des Moulins et nous y avons discuté 2 H; nous nous verrons tous les trimestres pour des questions-réponses de nature philosophique filmées à partir d'octobre; une collection d'une quinzaine de Liberta, d'une trentaine de pages à chaque fois, est en cours d'écriture et d'édition à 5 €; ce seront des outils pour faire, créer du sens
à un moment, alors qu'on parlait des effets de la croyance à travers ce qu'on appelle placebo ou nocebo (tout est croyance, même ce qui semble preuve et toute croyance est soit un placebo, soit un nocebo), j'ai été amené à dire : j'ai besoin du doute, et c'est pourquoi peut-être malgré mon appel-aspiration-inspiration mystique, je n'ai pas la foi et ne l'ai pas rencontré ... Loïc m'a demandé : pourquoi ce "besoin" ? ...
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Art-thérapie

29 Avril 2025 , Rédigé par grossel Publié dans #ateliers d'artistes, #développement personnel, #engagement, #éveil

Art-thérapie
Art-thérapie
Art-thérapie
Art-thérapie

N'ayant pu programmer la séquence art-thérapie prévue avec Patricia Raccah, lors de la soirée schizophrénie et création artistique du 15 avril 2025, je lui ai demandé de proposer son dossier pour publication. JCG

L’ART-THERAPIE
Après plus de trente années passées auprès d’enfants déficients pouvant présenter des troubles de comportement et un master en art-thérapie, je me suis un peu reconnue dans  le personnage de l’ « instithérapeute » du livre d’Henri Bauchau, « l’Enfant bleu ».
Trois options nous étaient proposés lors de la formation à l’Université René Descartes (Paris V) : peinture, musicothérapie ou arts de la scène (dramathérapie et danse thérapie).
Mais j’ai su, suite à la présentation faite de France Schott-Billmann, psychanalyste et danse-thérapeute, que cette formation allait parfaitement répondre aux besoins de mes élèves ; leur difficulté majeure se situant dans leur relation aux autres : agressivité, violence, intolérance, sentiment de persécution. Un enfant qui va mal a beaucoup de mal à voir se refléter son mal-être en miroir.
Cette formation m’a permis de travailler avec des personnes qui ont eu une influence essentielle sur ma pratique professionnelle et sur ma façon d’aborder mon aide pour les enfants qui m’étaient confiés :


- France Schott-Billmann : avec qui j’ai suivi de nombreux stages de danse en dehors même de la formation et avec qui j’ai ensuite participé à la création de l’association DFLSR (Danse Rythme Lien Social et Thérapie).


- Laura Sheleen : danseuse américaine (auprès de Balanchine) et chorégraphe formée par Martha Graham. Elle a mené une recherche constante sur l’espace et le temps en lien avec la psychanalyse et la mythologie (création de rituels dansés qui permettent d’incarner des formes symboliques, géométriques et thérapeutiques sous le titre de « Corps Espace Temps ». Elle a aussi élaboré une approche originale de fabrication et de mise en jeu du masque, nommé Mythodrame.


- Henry Samba : conteur, danseur, percussionniste.
Formations théâtre Forum et théâtre arc-en-ciel.


Activités proposées aux élèves :
Art-thérapie : dessin
Expression Primitive
Masques
Tambourins
Bâtons
Musique et contes
Marionnettes
Soundpainting : langage de signes universels pour une composition musicale en temps réel.

Patricia Raccah

Art-thérapie
Art-thérapie
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travail au masque
travail au masque
travail au masque
travail au masque

travail au masque

UNE SEANCE D’EXPRESSION PRIMITIVE AVEC LES ENFANTS

Petite invocation pour se relier à la terre, à l’horizon, au ciel :
Oyo/oyo-o : bras dirigés vers le bas pour évoquer la terre
Oyé/oyé-é : gestes sur les côtés pour évoquer l’horizon
Oyi/oyi/oyi-oya : bras sur la tête pour évoquer le ciel

Rituel des prénoms :
Chaque enfant donne son prénom au groupe, qui le répète ensuite en reprenant la structure rythmique donnée.

Salutations : en se déplaçant dans l’espace, toujours en marquant la pulsation avec les pieds.

Production de gestes rythmés par les enfants (sur 4 temps) : les enfants, placés sur 2 lignes disposées face à face, proposent à tour de rôle un geste sonorisé sur 4 temps, geste qui est repris par les autres enfants de leur groupe.

Petites séquences rythmiques
           Exemple de la pomme :
1e geste : je la cueille
2e geste : je la mange
3e geste : je jette les pépins
4e geste : je suis content.
Après avoir intégré cette séquence rythmique, certains enfants en ont proposé d’autres sur le même modèle :
1e geste : je prends une feuille
2e geste : je la déchire
3e geste : je jette un morceau à droite
4e geste : je jette l’autre bout à gauche
Ou encore :
1e geste : je coupe des arbres
2e geste : je mets les branches dans la brouette
3e geste : je pousse la brouette
4e geste : je vide la brouette

Réponse au tambour : je tape un rythme sur le tambourin, les enfants l’écoutent et l’exécutent corporellement.
Danse des indiens : Les enfants forment une ronde et se placent les uns derrière les autres. Ils chantent :
Hennananna, Hennananna, Hennananna hé.
Ils vont représenter symboliquement tour à tour :
La terre : mouvement des bras vers le bas, 2 fois à l’intérieur du cercle, 2 fois à l’extérieur
L’eau : ondulation des bras, 2 fois à l’intérieur du cercle, 2 fois à l’extérieur
L’air : mouvement des bras vers le haut
Le feu : le corps penché, claquement des mains.

Patricia Raccah

 

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15 avril 2025

22 Avril 2025 , Rédigé par grossel Publié dans #Le Revest-les-Eaux, #SEL, #ateliers d'artistes, #cahiers de l'égaré, #développement personnel, #engagement, #films, #poésie, #psychanalyse, #spectacles, #vraie vie, #écriture, #éveil, #voyages

affiche de la soirée / STILL IN BLUE d'un moment relevant la poésie de l’ordinaire (formulation de LLB)
affiche de la soirée / STILL IN BLUE d'un moment relevant la poésie de l’ordinaire (formulation de LLB)
affiche de la soirée / STILL IN BLUE d'un moment relevant la poésie de l’ordinaire (formulation de LLB)
affiche de la soirée / STILL IN BLUE d'un moment relevant la poésie de l’ordinaire (formulation de LLB)

affiche de la soirée / STILL IN BLUE d'un moment relevant la poésie de l’ordinaire (formulation de LLB)

Départ pour ma première lecture publique... à Toulon. le manuscrit est encore chaud...et il a peut-être trouvé un éditeur... / Fin du premier jour...très chouettes rencontres! Et un éditeur pour mon manuscrit  Joie / Frédéric Jean Gilles 2 tableaux
Départ pour ma première lecture publique... à Toulon. le manuscrit est encore chaud...et il a peut-être trouvé un éditeur... / Fin du premier jour...très chouettes rencontres! Et un éditeur pour mon manuscrit  Joie / Frédéric Jean Gilles 2 tableaux
Départ pour ma première lecture publique... à Toulon. le manuscrit est encore chaud...et il a peut-être trouvé un éditeur... / Fin du premier jour...très chouettes rencontres! Et un éditeur pour mon manuscrit  Joie / Frédéric Jean Gilles 2 tableaux
Départ pour ma première lecture publique... à Toulon. le manuscrit est encore chaud...et il a peut-être trouvé un éditeur... / Fin du premier jour...très chouettes rencontres! Et un éditeur pour mon manuscrit  Joie / Frédéric Jean Gilles 2 tableaux

Départ pour ma première lecture publique... à Toulon. le manuscrit est encore chaud...et il a peut-être trouvé un éditeur... / Fin du premier jour...très chouettes rencontres! Et un éditeur pour mon manuscrit Joie / Frédéric Jean Gilles 2 tableaux

Déroulement de la soirée

Handicaps, schizophrénie et création artistique
15 avril 2025, 19 H 30 - 22 H 30

pot de l'amitié jusqu'à 23 H 45

Salle Pétrarque, Maison des Comoni, Le Revest-les-Eaux

1 - présentation

2 - témoignages
- vidéo paracousie de Frédéric Jean Gilles
- Bahie et Papou, correspondance éditée par Les Cahiers de l’Égaré entre Patricia et Germaine Raccah, (mai 2024)
- Germaine Raccah, schizophrène poète dit ce qu’est la schizo pour elle et lit Vertige circomplexe
- Djé SaintJames Qu'est ce que vous avez à me regarder ? Vous ne savez même pas qui vous regardez
- Laurence Loutre-Barbier présente Jean-Pierre Verdier, artiste illuminé et clochard céleste
- Frank César Lovisolo video-performance sur Antonin Artaud
- Patricia Raccah Le consentement de Galatée
- Djé SaintJames chanson Psycho
- Bernard Hofmann que dit la psychiatrie sur la schizophrénie
- Patricia Raccah présente son travail d'art thérapeute auprès d'enfants déficients intellectuels ayant parfois des troubles de comportements associés
- prise en charge familiale de l'autisme Sandrine Gendre
 
3 - court-métrage Il dentro de Nathalie Havez
 
4 - lecture de Frédéric Jean Gilles Si la mer meurt

5 - vente de livres
 
6 - pot de l'amitié offert par la municipalité

 

L'Apostrophe (en 2006, Clara, 16 ans), Obscur à soi (en 2011) / quelques-uns des livres montrés et vendus
L'Apostrophe (en 2006, Clara, 16 ans), Obscur à soi (en 2011) / quelques-uns des livres montrés et vendus
L'Apostrophe (en 2006, Clara, 16 ans), Obscur à soi (en 2011) / quelques-uns des livres montrés et vendus
L'Apostrophe (en 2006, Clara, 16 ans), Obscur à soi (en 2011) / quelques-uns des livres montrés et vendus
L'Apostrophe (en 2006, Clara, 16 ans), Obscur à soi (en 2011) / quelques-uns des livres montrés et vendus
L'Apostrophe (en 2006, Clara, 16 ans), Obscur à soi (en 2011) / quelques-uns des livres montrés et vendus
L'Apostrophe (en 2006, Clara, 16 ans), Obscur à soi (en 2011) / quelques-uns des livres montrés et vendus
L'Apostrophe (en 2006, Clara, 16 ans), Obscur à soi (en 2011) / quelques-uns des livres montrés et vendus

L'Apostrophe (en 2006, Clara, 16 ans), Obscur à soi (en 2011) / quelques-uns des livres montrés et vendus

Résumé – Si la mer meurt
Récit littéraire, poétique et spirituel
Si la mer meurt est une traversée intérieure. Celle d’un homme qui tente de se reconstruire après plusieurs épisodes de décompensation psychique. Dans une langue dense, fragmentée, parfois brutale mais toujours vivante, le narrateur trace les contours d’une existence marquée par la maladie mentale, l’errance, les amours, les ruptures, mais aussi les fulgurances mystiques et la lumière têtue du vivant.
À travers des fragments poétiques, des souvenirs d’hospitalisation, des voix intérieures, des rencontres amoureuses et des instants de grâce, le récit navigue entre lucidité et vertige. Il n’est ni un journal, ni un témoignage classique, mais une tentative de dire l’indicible, d’écrire depuis la faille sans s’y perdre. L’écriture devient ici un lieu de recomposition, de dialogue avec le chaos, une manière de rester debout.
Entre spiritualité laïque, exploration du corps et regard tendre sur les marges, Si la mer meurt est un texte à la frontière de la poésie, de l’autofiction et du chant intérieur. Une parole rare, vulnérable et tenace, pour dire ce qu’on traverse quand tout vacille — et ce qui, malgré tout, tient.

Frédéric Jean Gilles

Si la mer meurt

Frédéric Jean Gilles

Chapitre 5 - L’écriture
 

Il noircira des pages. 

Il les raturera. 

Les pliera. 

Les chiffonnera. 

Les lancera à travers la pièce comme on chasse un doute à mains nues.
Puis il les ramassera. 

Il les relira. 

Il les trouvera sublimes. 

Puis affreuses. 

Puis peut-être supportables. 

Il les brûlera. 

Ou les réécrira. 

Encore. 

Encore.
Quelque part, un éditeur bâillera en découvrant son manuscrit. 

Il tournera la première page sans conviction.
Puis il tournera la suivante. 

Et ce seul geste, ce glissement du doigt sur le papier, ce sera déjà une victoire.
Un passage. 

Un frisson. 

Une trace.

 

oeuvres exposées, 2 de Djé SaintJames, 2 de germaine Raccah
oeuvres exposées, 2 de Djé SaintJames, 2 de germaine Raccah
oeuvres exposées, 2 de Djé SaintJames, 2 de germaine Raccah

oeuvres exposées, 2 de Djé SaintJames, 2 de germaine Raccah

Texte inédit que Germaine Raccah tenait absolument à dire

MOI LA TETE DE LITOTE AU TRAIN-TRAIN D’UNE VIE ENTIERE CHEZ LES FOUS
Germaine RACCAH

POUR LES GRIFFES D’UN ONGLE POINTU
Alors que du Génie, la plume de sable est pleine
pour prendre le pouls d’une fanfaronne lente lente,
Je tire un miroir étrange à l’évasive énigme de tous
mes âges pour le pétale proverbial de ne jamais
marcher et n’avoir de finitude que de mordre
une lune grevant le poing pour creuser ses plumes de blette et de persil
à l’affection appuyée pour être un mat
député et les cuisses bondissantes en mini-shorts
de fringantes oiselles aux cheveux de grenade
accouchant en quelques heures de minutes
et de languides mamelles, trois petites
pioupioutes appelées
                   CAMILLE, PAULETTE et MERVEILLE
Comme un Beau Conte songeant au beau tableau
de Yung tout accroché  pour ce que pèse une plume
et ses ongles si longs de bruns et de violettes
et des dessins remarqués avec la croûte de son nez avalée dans la gorge
convoquant un génie adorable pour des
idéales caresses envisageables
Pour entendre le Grand Voyage Bleu
c’est un épouvantail
que le merle chante
le chat ou le pinson
               d’un bruit
et s’épouille aux oreilles
le battement du cœur
et son propre ventre
tranchant la Nuit au poing de
                          son cigare
pour arracher la bouche
                      de la misère
et que broute un bruit du Tonnerre
Entendre le doigt d’acier, de feu, de sang
pendant tout ce temps qu’elle rêve
alors qu’une lame est montée
                       tout là-bas
comme une onde d’Enfer et j’ai peur sans réponses
avec le Diable dépeçant un terrible coutelas
pour attacher les maléfices des poux à
mes yeux perturbés
de grandes vagues d’innocence et de
                         désespérance
                     et un Gros bruit mordant
pour arrêter nos ombres alarmées
dans ce désir qui ne voudrait y consentir
c’est alors que je vois sous mes paupières
sortant dans les ères en fermant les yeux
comme un gros ours et les Belles Lettres qui
dansent où gésit la peur de l’énorme mouche
aux ailes de cafards en rognons de petits
pois fendant un diable chaud
pour trouver l’eau au pic des glaises qu’un doux
rêve pousse et s’accroche à la cervelle remuant
une tête de porc-épic sibyllin et ses poux de
lèvres vivaces aux confins de tous les mots.
C’est au délire que les bourreaux lentement
égrainent un sablier avec les griffes crochues,
mordues, déchiquetant, broyant une belle pour
visualiser ses pouilles énormes comme adoucies
dans une plume d’ongle.
Et les pieds de son ongle et
oncles, précipités en rencontrant en somme un
sentiment de froid spectral
et la sensation de ses bouchers pour nous
secourir comme de ces géants avec une lame
teintée de soufre et d’argent
nous assaillir autour de notre cœur, caresser,
cadrer ce qui nous reste de cette belle cervelle
de légume, un fou déchéant et son pou
nous accueillir grain à grain lentement,
avec une noisette et sans pépins de
raisins et de courges.
Mais alors que le monde
             poussif et violent,
pour une cravate pointue
à la tige du Nombril
esthétise l’ongle comme son pays de grenades,
sourit alors un dieu de froid et chaud
signifiant au bord de ses coquettes jeunesses
           de noisettes ou
           de matrices
         que persistent ces grosses dindes
caressant un granite aux ongles
        de grenat épars
pour tapisser le ventre
dans un monde troué

4 pages d'un des trois livres d'artiste présentés par Germaine Raccah; âgée de 70 ans, elle en a réalisé 200 dans sa vie, exemplaires uniques, dispersés au gré de...
4 pages d'un des trois livres d'artiste présentés par Germaine Raccah; âgée de 70 ans, elle en a réalisé 200 dans sa vie, exemplaires uniques, dispersés au gré de...
4 pages d'un des trois livres d'artiste présentés par Germaine Raccah; âgée de 70 ans, elle en a réalisé 200 dans sa vie, exemplaires uniques, dispersés au gré de...
4 pages d'un des trois livres d'artiste présentés par Germaine Raccah; âgée de 70 ans, elle en a réalisé 200 dans sa vie, exemplaires uniques, dispersés au gré de...

4 pages d'un des trois livres d'artiste présentés par Germaine Raccah; âgée de 70 ans, elle en a réalisé 200 dans sa vie, exemplaires uniques, dispersés au gré de...

Qu'est ce que vous avez à me regarder ?

Vous ne savez même pas qui vous regardez...

Mais ni les uns ni les autres ne savez qui vous regardez

Car moi même je ne sais pas qui est devant vous... alors Qu'est ce que vous regardez à part un type qui se donne en spectacle ?

Ou alors vous me connaissez car je suis musicien, parce que je suis écrivain ? Parce que je suis peintre, parce que je suis comédien, parce que je suis père de famille, parce que je suis amoureux transit... tout ça pourquoi ? Pour qu'on m'aime...  juste pour qu'on m'aime plusieurs fois mais jamais de la même façon... jamais pour les mêmes raisons...

Bien sûr qu'un artiste est schizophrène car il ne peut être dans son art comme dans la vie... mais... et vous ?
Êtes vous les même au travail, avec vos amis ou dans ces putains de repas de Noël ?

Et ce soir quel masque avez vous mis ? Sûrement le plus beau, celui qui vous met en valeur, celui que vous mettez pour sortir, celui qui nous fera dire il est vraiment sympa, elle est adorable ? Alors que tu es un connard et que toi tu es à gerber... et qui a raisons ? Hein qui ?

— Mais vous avez des amis ?

Je veux dire vous avez beaucoup d’amis ?
Qu’est ce que vous apportez à vos amis pour
qu’ils vous soutiennent comme ça ?

Qu’est ce que vous apportez à vos amis pour
qu’ils vous soutiennent comme ça ?

Qu’est-ce que vous apportez ?

une conscience solidifiée habite une salle des fêtes
assombrie au plafond d’un esprit dont le sol se
dérobe comme dix mille cafards quand perce un
rai de lumière quand les pensées s’assemblent en
un bref unisson que le corps ne rejette plus...
Quand les cafards saisissent une vérité que nul n’énonce jamais.

Mais une nuit tout m’a été révélé...

Je suis la réincarnation de Jésus...

Oui, oui je suis la réincarnation de Jésus Christ et je peux vous le prouver ! 
Je peux vous le prouver... en me taillant les veines !
Il n'y aura pas de sang et vous verrez couler de l'eau rien de plus, une eau claire et limpide, vous verrez ! 

Et tous ils étaient là
tous jusqu’au dernier
et tous ils connaissaient mon nom.

Souviens-toi de la lumière et crois en la lumière
Un instant de clarté avant la nuit éternelle
ne me laisse pas oublier.
Je suis triste
Je sens que le futur est sans espoir et que les choses
ne peuvent pas aller mieux
Je m’ennuie et rien ne me satisfait
Je suis un ratage absolu en tant que personne
Je suis coupable, je suis puni
Je voudrais me tuer ou tuer quelqu'un...

J’arrivais à pleurer avant mais maintenant je suis
au-delà des larmes
J’ai perdu tout intérêt pour les autres
Je n’arrive pas à prendre de décision...

Je n’arrive pas à manger
Je n’arrive pas à dormir
Je n’arrive pas à penser
Je n’arrive pas à dépasser ma solitude, 
ma peur,
mon dégoût,

Je n’arrive pas à écrire
Je n’arrive pas à aimer
Mes frères sont en train de mourir, mon amour est
en train de mourir, et c’est sûrement moi qui les tue.

Mais moi aussi je fonce tête baissée vers ma propre mort
Je suis terrifié
Je n’arrive pas à être seul
Je n’arrive pas à être avec d’autres
Je n’arrive pas à faire l’amour
Je n’arrive pas à baiser !

À 4h48
quand le désespoir me rendra visite encore une fois accompagné de mon hystérie, de mes idées sombres puis de mes rêves les plus doux, qui eux aussi me donnent envie de chialer et de hurler à la mort, je me pendrai au son du souffle de mon amour.

Je n’ai pas envie de mourir
Je suis tellement déprimé d’être mortel que j’ai
décidé de me suicider.

Je suis jaloux de mon amour qui dort et lui envie
son sommeil artificiel
Quand elle se réveillera elle m’enviera ma nuit passée
à ruminer sans fermer l’œil et ma parole intacte de fou.

Je me suis résolu à mourir cette année
Certain parleront d’auto‑complaisance
quelle chance ils ont de ne pas connaître LA... vérité.

Certain reconnaîtront le simple fait de la douleur
Ceci est en train de devenir ma normalité.
– – – – –
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Souviens toi de la lumière et crois en la lumière x4

Ça n’a pas duré longtemps, je ne suis pas resté longtemps. Mais en buvant un café noir amer
l’odeur de l’hôpital me revient dans un nuage de
tabac froid et quelque chose me touche à cet endroit
qui sanglote encore et une plaie d’il y a deux ans
s’ouvre comme un cadavre une honte longtemps
enterrée hurle son chagrin putréfié...

Une salle entière de visages sans expression les
yeux livides braqués sur ma douleur, si vides de
sens qu’il doit y avoir un désir de nuire un désir de m'epier, de m'espionner de regarder cette espèce de bête que je suis à vos yeux alors que vous êtes la même curiosité immonde pour les miens.

Vous vous moquez de moi car je suis différent et c'est pour cela que vous me traitez de fou et bien moi je me moque de vous car vous êtes tellement normaux, tellemét nombreux, tellement identiques, tellement pathétique.

Je comprend votre regard sur moi...
Mais vous comprenez-vous le mien ?
Ferez-vous l'effort de me comprendre ?
Ferez-vous l'effort de m'aimer tout de même ?
Djé SaintJames Physalia
Jean-Pierre Verdier aux éditions Fage
Jean-Pierre Verdier aux éditions Fage

Jean-Pierre Verdier aux éditions Fage

Un Voyage Parfait.

J’avais dix-huit ans. Une nuit alors que tout le monde dort, une voix me contacte par télépathie, douce et angélique, m’invitant à aller dans le jardin de la maison de mes cousins. Là, un OVNI gigantesque et très élevé traverse le ciel en disant mon prénom et psalmodiant de l’amour. Cette soucoupe volante était blanche irradiante comme une soucoupe volante typique. Elle est passée à une vitesse inconcevable à très haute altitude. Elle faisait dix fois le diamètre du soleil vue à l’œil nu et laissa derrière elle une trace blanche très bien dessinée et très géométrique en triangle allongé. Depuis je ne suis plus tout à fait le même. Cette intelligence extra terrestre que l’on peut s’amuser à appeler un ange ou une armée d’anges, je l’ai comparée par la suite à une galaxie habitée en regardant des photos de galaxies qui lui ressemblaient. Je me suis amusé à penser que sa vitesse était infiniment grande par fantaisie de l’incommensurable.
Le lendemain, l’atmosphère est argentée et illuminée mais tout m’agresse. La seule issue imaginable est la mort. Ma mère cuisine dans mon estomac, mon estomac qui est la casserole. Et puis le disque de Led Zeppelin s’enraie, se secoue, se répète alors je grimpe sur la fenêtre pour rejoindre l’OVNI de la veille, le céleste, la perfection mais le cri de ma mère m’arrête dans un état transcendental… L’ambulance du SAMU arrive, on me rattrape dans ma fuite. Direction : l’hôpital psychiatrique. C’est le seuil de quarante années de calvaire. On me plante un gros shoot de poison dans le cul, je meurs en pleine conscience.

Dans le miroir, un jour de descente d’acide, je me suis vu fait de flammes vertes : 21st Century Schizoid Man. Maintenant encore souvent je me vois d’une autre couleur. Combien valent mes visions ? Pourquoi vouloir les dévaluer à ce point ?

La pensée fractale est la pensée du schizophrène. Il faut avoir beaucoup de pensées pour être schizophrène. Quelqu’un qui ne pense pas n’est pas schizophrène, il est hébété. Je pense aussi en ultrasons. J’ai des acouphènes que je visualise comme un grondement de tonnerre roulant dans une sphère de voix angéliques d’enfants, un son de foudre en train de manger du chocolat, une étoile qui explose en couleurs irisées et chaque couleur produit un son, une sirène aiguë emportée par un roulement de boules de pétanques molles comme des fruits.

Moi j’ai les symptômes de toutes les schizophrénies : pensée morcelée, personnalité multiple, sentiments électriques et je confonds le rêve et la réalité.
Être schizophrène c’est avoir un psychique cinématographique désorganisé dans le temps, la chronologie est imparfaite. Le principe de la réparation est d’établir une chronologie de synthèse plus juste dans les films de la vie pour pouvoir passer d’une scène à une autre avec aisance, essayer d’avoir un voyage facile, un voyage parfait.

Sortir de l’hôpital sera pour Jean-Pierre intégrer la rue.

Dans la rue je pouvais habiter quelque part avec mes visions, les étoiles, le soleil levant et couchant. Je me sentais nomade et prophète parce que j’avais l’impression de lire l’avenir dans les étoiles, l’avenir de l’humanité.
Quand il faisait beau, je dormais au milieu de la rue.
Plus d’argent, je vivais de ce qu’on me donnait, ramassais des immondices nutritives ou fécondes. Je mangeais tout, ce n’était pas de la boulimie mais une exaltation par le hasard positif.
Je ne manquais de rien jusqu’à ce jour où j’ai violemment ressenti le froid. Je gelais. La police me déplaçait sans cesse. J’ai fait ma première manche avec Bernard Le Prophète. On ne se parlait pas. Il a une plaque commémorative au métro Saint-Jean. Il est mort de froid. Et je suis resté là. Seul.

Durant les six dernières années de sa vie, Jean-Pierre occupera une minuscule chambre à la Croix-Rousse à Lyon. C’est là qu’il peint ses visions. Après le travail, il a une sensation de fatigue qui débouche sur une envie de créer plus. La peinture lui donne une existence dans la société autre que celle apparente de clochard délirant.

La peinture me prouve mon intelligence vis-à-vis de tout ce que j’ai connu, vis-à-vis aussi de la société. Le tableau décrit toute une histoire. D’une œuvre, j’attends une résonnance de ma vie, de mes sentiments, une forme d’extase mystique, émotionnelle, lumineuse.

Jean-Pierre peint 100 tableaux.
On organise une exposition :

100 FRAGMENTS PSYCHEDELIQUES DE COSMOS.

Noir. Jean-Pierre décède le 22 avril 2021. Il a toute sa vie investit beaucoup d’espoir dans la mort, se représentant, avec une foi innocente, l’après comme une merveille. « J’ai aimé, j’ai souffert et pourtant jusqu’ au bout j’aurai aimé les humains comme des divinités ».

Jean-Pierre Verdier et Laurence Loutre-Barbier se sont rencontrés sur le trottoir, puis ce fut une histoire d’amour psychédélique et artistique de neuf années.
Les images (photographies, dessins, peintures et poésies) deviennent leurs territoires.
Ils regardent ensemble : c’est un début d’échange et de confiance.
Ils sont deux, visiblement différents à regarder pour voir et ils offrent dès lors au non conforme et à l’informel leur temps. Ils vagabondent... Ils abordent la terre inconnue d’un avenir partageable qui s’étendra bien au-delà de ce qu’on aurait pu imaginer, c’est la terre de leur histoire, de leur voyage.

 

Deux livres :
Laurence Loutre-Barbier, Voyage Parfait, Fage éditions
Jean-Pierre Verdier, Fage éditions, collection Paroles d’artiste

 

15 avril 2025

Ange Musso, maire du Revest avec le livre de Sandrine Gendre / 2 avril journée mondiale de sensibilisation à l'autisme / avril bleu, mois de l'autisme

"J’ai récemment rencontré Sandrine Gendre, cette maman qui a écrit son livre Dodo, Eco, Kakan, Lettres à Mathis, autiste. Elle y décrit son quotidien et ses douleurs. Le regard des français sur le handicap doit évoluer. Les obstacles et les discriminations restent bien réels.

Soutenons les métiers du soin et de l’accompagnement. Soutenons les Accompagnants des Élèves en Situation de Handicap par la formation initiale et continue à l’autisme par exemple. N’attendons pas le mois d’avril, mois de l’autisme, pour agir. Il faut étoffer notre système de solidarité."

Ange Musso, le 14 février 2025, sur sa page FB

4 pages d'un des trois livres d'artiste présentés par Germaine Raccah; âgée de 70 ans, elle en a réalisé 200 dans sa vie, exemplaires uniques, dispersés au gré de...
4 pages d'un des trois livres d'artiste présentés par Germaine Raccah; âgée de 70 ans, elle en a réalisé 200 dans sa vie, exemplaires uniques, dispersés au gré de...
4 pages d'un des trois livres d'artiste présentés par Germaine Raccah; âgée de 70 ans, elle en a réalisé 200 dans sa vie, exemplaires uniques, dispersés au gré de...
4 pages d'un des trois livres d'artiste présentés par Germaine Raccah; âgée de 70 ans, elle en a réalisé 200 dans sa vie, exemplaires uniques, dispersés au gré de...

4 pages d'un des trois livres d'artiste présentés par Germaine Raccah; âgée de 70 ans, elle en a réalisé 200 dans sa vie, exemplaires uniques, dispersés au gré de...

Docteur Bernard Hoffman

Avant de vous décrire la schizophrénie,  je vais vous raconter une brève histoire, un bref contact avec la maladie et sa réalité bien que ma spécialité ne soit pas la psychiatrie.

Je venais d’être nommé interne en médecine et effectuais mon service militaire quand le Médecin chef de la base aérienne m’appelle pour me demander de le  remplacer pour la  consultation d’un général d’aviation qu’il reçoit tous les mois . Ce patient est Schizophrène.
Ne t’inquiète pas, je sais que tu n’es pas psychiatre,  tu l’écoutes 10mn, c’est tout .
Bien mon commandant!
Heure prévue, arrive le général en grand uniforme. Je n’ai pas le temps de lui dire de s’installer qu’il part dans un déluge de paroles incohérentes, sans que je puisse placer un mot.
Au bout d’un moment qui m’a semblé très long, Il fait une pause. Un peu abasourdi, je profite de cet intervalle pour le remercier et lui dire que la consultation est terminée.
Cet épisode très frustrant m’a permis cependant de comprendre deux choses. La première, qu’entre la psychiatrie théorique de la faculté et la pratique il y a un monde que je n’imaginais pas. ce type de patient ne peut évidemment être soigné et suivi par un médecin non psychiatre. Il ne peut être guéri d’un coup de bistouri comme on vide un abcès.
La deuxième conséquence, à défaut de toute communication possible avec lui, me fut de tenter d’imaginer quelle pouvait être la vie de ce général.
La maladie mentale n’est pas une maladie comme les autres, ni pour le Patient, ni pour son entourage.
Un peu de psychologie ne suffit pas.
Pour vous exposer quelques notions sur cette terrible affection, j’ai donc choisi de vous décrire la vie d’un schizophrène depuis sa conception jusqu’à sa mort parce que derrière la maladie existe un être humain qui souffre.
En effet, même si les causes précises de cette pathologie restent inconnues, un certain nombre d’observations, font penser qu’elle a  une origine génétique associée à des actions environnementales.
Ces deux éléments étant totalement imbriqués.
De par son origine génétique, la schizophrénie débute donc dès la conception du nouvel être.
Les chercheurs ont montré qu’existait effectivement non pas une anomalie génétique bien précise, mais plutôt un dysfonctionnement sur de multiples gènes.
Il s’agirait d’un désordre entre les messages donnés par ces gènes communiquant entre eux mais aussi des erreurs dans leurs réponses aux stimuli de l’environnement.
Nous savons que la vie consiste en bonne partie en une succession de réponses aux évènements naturels auxquels notre corps est soumis.
La personne victime de ce désordre schizophrénique va réagir de façon soit inadaptée, soit disproportionnée à ces stimuli.
De cette constatation,  la recherche actuelle émet l’hypothèse, qu’une grande partie du dysfonctionnement chez le schizophrène provient d’une réponse immunitaire exagérée lors des agressions virales ou bactériennes. Les agents nocifs sur la substance cérébrale seraient les cytokines.  Ces molécules sont les moyens de défense de nos globules blancs. Leur production excessive chez le malade  interfère avec la transmission électro chimique situé au niveau des synapses neuronales.
La synapse étant je vous le rappelle, la prise électro-chimique entre deux neurones.
Il a été montré que tout stress, tout traumatisme intervenant, soit au cours de la grossesse, soit au cours de l’accouchement serait susceptible d’engendrer ou de faire le lit des dysfonctionnements neurologiques de type schizophrénique.
Au total donc, dés la conception puis l’accouchement et la petite enfance, tous stress d’ordre mécanique, infectieux ou psychologique pourra en théorie construire un premier dysfonctionnement propice au développement de la maladie.
Cet enfant va cependant évoluer le plus souvent jusqu’à la puberté de façon quasiment normale. La maladie se développe rarement dans l’enfance.
Ce n’est qu’à l’âge de 18, 20 ans, la plupart du temps qu’apparaissent les premiers signes pouvant évoquer un début de schizophrénie.
L’apparition à l’adolescence et chez l’homme jeune,  a pu être expliqué par le fait qu’à la puberté, un certain nombre de connexions neuronales, disparaissent, pour être remplacées par d’autres connexions.                                    Chez  le schizophrène , ces connexions, ne seraient pas remplacées ou serait bloquées. Cette anomalie sans doute prédisposée génétiquement elle aussi, serait majorée par un certain nombre de facteurs environnementaux existant à cet âge : en particulier un milieu familial perturbé, une vie urbaine stressante, un type de malnutrition , les vaccins multiples  et surtout l’usage de drogues dont principalement le cannabis qui multiplierait par 4 le risque .        Cette première période est donc marquée par des signes le plus souvent frustres qui plus est peuvent, dans le contexte de l’adolescence, période difficile, être relativement négligés .
Et pourtant les  soignants disent que plus le diagnostic est fait tôt meilleur sera le pronostic.
Quels sont ces signes cliniques ?.
Il en existe trois groupes qui sont rarement présents ensemble et à des degrés d’intensité divers.
Les signes dits « positifs »
Positifs parce qu’ils s’ajoutent aux perceptions ordinaires mais de façon exagérée.
Ce sont des hallucinations auditives , olfactives , visuelles  ou des modifications des sensations corporelles. S’y ajoutent des idées délirantes  de type persécution, transmission de pensée, culpabilité…
Vécus comme réels, ces symptômes sont souvent très angoissants et source de souffrance considérable.
Ils peuvent aussi conduire à des actes violents pour le malade lui-même ou son entourage.

les signes dits négatifs
Ils s’expriment par la réduction de l’ensemble des activités mentales et physiques.
Ils se traduisent par un manque d’ énergie, de concentration devant une tache …
Les malades présentent une atténuation de leurs émotions et de leur vie sociale .
ils peuvent être confondus avec un état  de dépression simple.

Il existe au total une désorganisation de la pensée et du comportement rendant cette pensée et le discours totalement flous jusqu’à l’incohérence.

A ce stade la maladie est évidemment évoquée mais du fait que le malade n’a pas la perception objective de ses propres troubles, il ne consulte que tardivement et surtout ne reconnait pas qu’il est malade.
Ceci a pour conséquence que ni lui ni son entourage ne sont capables de gérer la prise en charge mais surtout le traitement médicamenteux, qui , même s’il n’est pas totalement satisfaisant sur bon nombre de points, améliore tout de même la vie des patients dans 30 à 40% des cas.

Je passe sur les difficultés diagnostiques avec d’autres affections psychiatriques ou métaboliques plus « médicales » en précisant que ce diagnostic n’est pas toujours facile car nous ne disposons pas encore de tests biologiques ou IRM marquants .
Ce problème fait que certains praticiens hésitent longtemps avant de cataloguer schizophrène un patient sachant les conséquences énormes que cela implique pour ce patient mais aussi l’entourage.


Le pronostic
La schizophrénie est une maladie lourde pour celui qui en est atteint et difficile à prendre en charge pour le praticien et la famille du malade.
Il existe un taux de suicide important qui montre jusqu’où peut conduire la souffrance de ces malades.
Le traitement fait principalement appel aux neuroleptiques qui agissent non pas encore sur les causes profondes de la maladie, causes encore inconnues, mais améliorent grandement le confort du patient en réduisant considérablement la manifestation des signes indésirables .
Certains reprochent à la recherche actuelle qui dépend essentiellement des laboratoires pharmaceutiques, de se focaliser sur le traitements des symptômes plus que sur le traitement des causes de la maladie pour des raisons financières. C’est sans doute vrai mais nous sommes malgré tout déjà satisfaits des effets de l’aspirine ou du doliprane lorsque nous souffrons et même si cela n’a aucun effet sur la cause de la maladie.
Donc même si on parle de camisole thérapeutique chimique , elle a son intérêt dans de nombreux cas , environ 30% des patients qui répondent très bien aux neuroleptiques.
C’est pourquoi le psychiatre peut selon l’apparition ou la prédominance d’un type de symptôme prescrire un neuroleptique adapté à ce symptôme.
A cause de l’échec relatif des traitements neuroleptiques, ont été définies des thérapeutiques psychosociales.                    Leur premier intérêt est d’épauler la mise en place des médicaments . Comme on l’a vu il y a chez le schizophrène un problème de mauvaise observance des traitements cause principale de rechute. Il est donc fondamental de tenter de faire accepter au malade sa thérapeutiques. Leurs effets sont très bénéfiques .
Elles doivent quasiment persister toute la vie .
Il faut aussi accompagner la famille qui se trouve souvent désemparée face à la maladie et soumise à une contrainte et des efforts psychologique et matériels très importants .
Elles abordent la maladie sur son coté positif c’est à dire par exemple en développant le caractère créatif et artistique du schizophrène.
C’est bien pourquoi je termine sur cette note plus joyeuse et positive qui sera décrite par nos conférenciers et les patients présents à cette soirée, patients qui par des moyens personnels et appropriés à leurs symptômes  ont pu se dégager de l’emprise de cette maladie.

 

5 jours avant, le 10 avril 2025, le projet Artaud avait été présenté accompagné de 3 conférences à l'Université de Toulon; par le lien ci-dessous, vous accédez à l'ensemble des travaux exceptionnels de Frank auquel un lien particulier me lie : je fus son professeur au lycée Rouvière, il se souvient de moi, il fut mon élève, je ne m'en souviens pas mais je suis heureux de nos retrouvailles depuis la manifestation TUTOR organisée par des Revestois d'accueil d'artistes chez l'habitant; c'est lui qui a pris la photo de l'Olivetti d'Andy Warhol, vue dans un appartement, photo que je mets parfois en couverture

l'Olivetti sur laquelle je travaillerai peut-être un jour à tenter de dire le Rien de "je n'ai rien à dire"; c'est l'Olivetti d'Andy Wharhol, photographiée au Revest par Frank Lovisolo lors d'une manifestation qui a eu 2 épisodes : Tutor 2

l'Olivetti sur laquelle je travaillerai peut-être un jour à tenter de dire le Rien de "je n'ai rien à dire"; c'est l'Olivetti d'Andy Wharhol, photographiée au Revest par Frank Lovisolo lors d'une manifestation qui a eu 2 épisodes : Tutor 2

affiche de Il dentro réalisé par Nathalie Havez
affiche de Il dentro réalisé par Nathalie Havez
affiche de Il dentro réalisé par Nathalie Havez
affiche de Il dentro réalisé par Nathalie Havez

affiche de Il dentro réalisé par Nathalie Havez

Il dentro, court-métrage de Nathalie Havez

SYNOPSIS :

Un jeune homme anonyme entame un parcours allégorique et initiatique entre les murs de mémoires, à la recherche d’une voie, et voix vers la libération.

An anonymous young man starts an allegorical and initiatic journey between the walls of memories, looking for a path and voice towards release.

NOTE D’INTENTION :

« Il n’y a qu’un voyage, le voyage au‐dedans de soi. » Rainer Maria RILKE

LA GENÈSE

Est‐il possible de mémoriser toute connaissance humaine au moyen d’un nombre fini d’images ?

C’était le pari audacieux de l’humaniste Giulio Camillo (1480‐1544), considéré comme l’un des personnages les plus célèbres de son temps, celui de la Renaissance Italienne. En bâtissant son « théâtre de la mémoire », qui restera inachevé, Guilio avait l’utopie d’élaborer un système mnémonique universel : Un théâtre fait d’une scène, sur laquelle se tenait un unique spectateur, et de 49 gradins, sur lesquels étaient peints différents « lieux ». Dans chaque lieu, le spectateur‐acteur pouvait associer mentalement des images, chacune renvoyant à des concepts ou des correspondances et symboliques. La finalité : créer un outil mnémotechnique pouvant servir à la formation du parfait orateur et savant.

« L’homme qui est incapable de s’asseoir au seuil de l’instant en oubliant tous les événements dupassé, celui qui ne peut pas, sans vertige et sans peur, se dresser un instant tout debout, commeune victoire, ne saura jamais ce qu’est un bonheur […] Imaginez l’exemple extrême : un homme qui serait incapable de ne rien oublier et qui serait condamné à ne voir partout qu’un devenir ; celui‐là ne croirait pas à sa propre existence, il ne croirait plus en soi, il verrait tout se dissoudre en une infinité de points mouvants et finirait par se perdre dans ce torrent du devenir [… ] Toute action exige l’oubli, comme la vie des êtres organiques exige non seulement la lumière mais aussi l’obscurité. » Nietzsche

"Giancarlo Giordano, les couleurs du noir" est un mini-documentaire écrit par Francesco Occhetto et réalisé par Eugenio Scarsi. C'est un hommage à Giancarlo Giordano (Racconigi, 1940), un peintre piémontais de longue date qui, en 1969, a découvert la souffrance en tant qu'agent de santé à l'hôpital psychiatrique de sa ville, où il a travaillé pendant vingt-trois ans, jusqu'en 1992, vivant avec la démission de l'homme emprisonné dans une institution dégradante. Un témoignage humain et pictural, le sien, qui a voulu être dévoilé à travers ce court-métrage – tourné dans l'atelier de l'artiste et dans l'asile de Racconigi en septembre 2021 – afin qu'une trace vivante reste, comme vivant est l'art douloureux et expressif de Giordano, « la déclaration de l'amour qui vient des cercles infernaux mais regarde la lumière d'une hypothétique rédemption collective. Nous remercions, pour le soutien technique, les « Artistes collectifs par hasard » de Canale d’Alba; pour la musique la chanteuse et violoncelliste Simona Colonna; pour le matériel photographique de la sculptrice Marina Pepino; pour le matériel photographique Marina Pepino; pour les interventions critiques de l’historien Tommaso Salzotti et le professeur Giovanni Tesio.
Nathalie Havez a réalisé il dentro dans l'asile devenu urbex de Racconigi et a rencontré Giancarlo Giordano
court-métrage montré le mardi 15 avril vers 21 H 21, aux Comoni au Revest
 
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Serge Pey poésie d'action

16 Septembre 2024 , Rédigé par grossel Publié dans #Corsavy, #ateliers d'artistes, #bocals agités, #engagement, #poésie, #spectacles, #vraie vie, #écriture, #voyages, #épitaphier

oeuvres de Serge Pey (poésie des bâtons) / page 95 de Nierika
oeuvres de Serge Pey (poésie des bâtons) / page 95 de Nierika
oeuvres de Serge Pey (poésie des bâtons) / page 95 de Nierika
oeuvres de Serge Pey (poésie des bâtons) / page 95 de Nierika

oeuvres de Serge Pey (poésie des bâtons) / page 95 de Nierika

Serge Pey

La bibliothèque de Corsavy recèle des trésors. Internet et téléphonie étant intermittents, beaucoup de temps pour lire. Parcourir les rayons. Enfiler les livres selon ce qui ressemble à une logique, non de lecteur mais de chercheur. Deux questions m’animent depuis 2010 :
Je sais que je vais passer. Où vais-je passer ?
Un morceau de S. se balade dans mon corps.
Après les livres de fins de temps, de Pétrarque à Cormac McCarthy et Gao Xingjian, mon regard baladeur s’est porté sur deux livres de Serge Pey,

l’un de 1993, Nierika ou les mémoires du cinquième soleil, Castex éditions
l’autre de 1999, Coplas infinies pour les Hommes-taureaux du dimanche, Éditions des Polinaires


J’en soupçonnais l’intérêt,

étant depuis longtemps partisan de la démarche d’Antonin Artaud
et depuis longtemps aussi attiré par le duende, tel que décrit par Federico Garcia Lorca, lorsqu’il saisit les cantaors, les matadors...

 

Poésie orale sous peyotl, vécue et écrite entre 1978 et 1992,
poésie des pieds sous influence flamenco, en lien avec La Jocelito et Pedro Soler.

Prière au feu
(Poème pour le peyotl, 2 mai 1989, pages 94-96 dans Nierika)

Merci
Pour nous avoir
Protégé
Sur le chemin
Pour avoir éloigné
De nos pas
Le tigre et
Le scorpion
Et le non et le oui
Et l’espace de la
Deuxième clarté
Merci
Pour nous avoir
Protégé
Du couteau
Et de la fleur à
Plume de corbeau
Et de l’arbre dont les
Ombres molles
Entourent
Les ventres
Merci
Pour nous avoir
Protégé de la lance
Et de l’écoulement de
La fin
Dors
Et repose en paix
Dans la nuit
Parmi les cendres
Qui te couvrent
Que ta réserve de
Falaises te garde dans
Les étoiles
Dors
Sous la pierre
Femelle
Et le bois ramassé
À Midi
Dors
Sous la pierre mâle
Accorde-moi la
Vision de la Beauté
Pour
Que je vive
Dans le colibri
Le seul qui
Boive sans se
Consumer
Dans le sexe rouge
De la rivière
Réveille-toi
Et incendie
Les cheveux
Qui attachent
Mes cerveaux

 

 

XXX (copla Les voyelles de la corrida, pages 102-103 dans Coplas infinies)

Le taureau est le A
face au ciel

L’arène est le O
face au ciel

Le taureau est le A dans le O
face au ciel
…
L’homme est le I qui attend le A dans le O
face au ciel
…
Les sabots du A sont des U dans le O
face au ciel
…
Les râteaux du E effacent
les empreintes du A
et lissent le O
face au ciel
…
Ainsi A Égalité de EIOU
Face au ciel
…
Ainsi AEIOU
face au ciel

Ainsi
AEIOU Nom
du cercle
plus grand que le O

AEIOU
souffle à l’intérieur
du cercle
face au ciel

Les voyelles de la corrida sont les voyelles de Rimbaud dont le nom est le masculin de Rime belle.

C’est ainsi que le nom Pey conduit Serge Pey au peyotl, plante sacrée, ça crée.

 

Térée, roi de Thrace, fait couper la langue de Philomène, pour l'empêcher de parler et l'emprisonne, après l'avoir violée. Illustration de Charles Eisen de "The Copper Plate Magazine" / La langue arrachée (de Philomèle), poème-Action hommage à Serge Pey avec Beatriz Lalanne chant et musique, 2018
Térée, roi de Thrace, fait couper la langue de Philomène, pour l'empêcher de parler et l'emprisonne, après l'avoir violée. Illustration de Charles Eisen de "The Copper Plate Magazine" / La langue arrachée (de Philomèle), poème-Action hommage à Serge Pey avec Beatriz Lalanne chant et musique, 2018
Térée, roi de Thrace, fait couper la langue de Philomène, pour l'empêcher de parler et l'emprisonne, après l'avoir violée. Illustration de Charles Eisen de "The Copper Plate Magazine" / La langue arrachée (de Philomèle), poème-Action hommage à Serge Pey avec Beatriz Lalanne chant et musique, 2018

Térée, roi de Thrace, fait couper la langue de Philomène, pour l'empêcher de parler et l'emprisonne, après l'avoir violée. Illustration de Charles Eisen de "The Copper Plate Magazine" / La langue arrachée (de Philomèle), poème-Action hommage à Serge Pey avec Beatriz Lalanne chant et musique, 2018

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Armand Gatti

17 Septembre 2023 , Rédigé par grossel Publié dans #Corsavy, #FINS DE PARTIES, #Le Revest-les-Eaux, #SEL, #agoras, #ateliers d'artistes, #engagement, #notes de lecture, #pour toujours, #poésie, #spectacles, #voyages, #écriture, #épitaphier

Gatti, 100 ans le 26 janvier 2024, portrait Ernest Pignon-Ernest
Gatti, 100 ans le 26 janvier 2024, portrait Ernest Pignon-Ernest
Gatti, 100 ans le 26 janvier 2024, portrait Ernest Pignon-Ernest
Gatti, 100 ans le 26 janvier 2024, portrait Ernest Pignon-Ernest

Gatti, 100 ans le 26 janvier 2024, portrait Ernest Pignon-Ernest

Un poète et un photographe se retrouvent dans ce livre : Armand Gatti et Paolo Gasparini. De leur rencontre à Cuba en 1962 au moment du Débarquement de la Baie des Cochons, naitra plus qu’une complicité, un dialogue. Je me suis demandé comment ce lien avait pu durer jusqu’à la mort de Gatti. Rien n’est simple...

26 janvier 2024, les 100 ans de Gatti, Maison de la Poésie à Paris et à la BAG à La Seyne-sur-mer
26 janvier 2024, les 100 ans de Gatti, Maison de la Poésie à Paris et à la BAG à La Seyne-sur-mer
26 janvier 2024, les 100 ans de Gatti, Maison de la Poésie à Paris et à la BAG à La Seyne-sur-mer
26 janvier 2024, les 100 ans de Gatti, Maison de la Poésie à Paris et à la BAG à La Seyne-sur-mer

26 janvier 2024, les 100 ans de Gatti, Maison de la Poésie à Paris et à la BAG à La Seyne-sur-mer

La poésie de l’étoile
Paroles, textes et parcours
Armand Gatti et Claude Faber, 
postface de Bertrand Cantat
entretiens entre octobre et novembre 1997
Collection Les passeurs de frontières
Descartes et Cie, 1998
Après Golovanov, traduit par Hélène Châtelain, compagne d’Armand Gatti, il me fallait lire en cohérence avec ce que j’avais lu. 
Deux livres d’Armand Gatti me faisaient signe : 
- La poésie de l’étoile, entretiens, 
- La parole errante, 1760 pages, chez Verdier 
(les 3 tomes des oeuvres théâtrales, Verdier, sont au Revest). 
Plusieurs raisons à ce choix : Gatti vu et écouté au banquet du Livre à Lagrasse, deux ans de suite, Gatti et Jean-Jacques Hocquard vus à La parole errante (les anciens studios Méliès) à Montreuil, Gatti vu en Avignon avec les loulous, Gatti vu à la Bibliothèque Armand Gatti à La Seyne-sur-Mer. 
Je n’ai pas échangé avec lui mais j’ai écouté, j’ai lu, j’ai suivi.
Les entretiens sont passionnants. Ce n’est pas une biographie au sens classique, ni des entretiens édifiants sur une stature. Gatti et le journaliste essaient de mettre au jour, ce qui a mis en mouvements 
- l’enfant vivant dans un bidonville de Monaco avec un père d’origine italienne, éboueur, anarchiste, soucieux de verticalité et dont la langue est la Baleine et une mère également italienne et franciscaine, insistant pour qu’il soit le premier en français (sinon, tu lècheras toujours le cul des riches), 
- l’adolescent de 16 ans qui rejoint le maquis de Berbeyrolle en Corrèze avec des livres de poèmes et comme arme, une poire à lavement, 
- le camp de concentration (la cloche sous-marine à - 200 m, les jouets des enfants juifs entassés dehors, les 3 rabbins et leur théâtre, leur humour dans le camp, la question trouvée dans une boîte hermétique : le mot chien aboie-t-il ?, 
- l’évasion et les 3 mois pour rejoindre Bordeaux, le chemin inverse de celui d’Hölderlin, 
- le journalisme, le prix Albert Londres, 
- les grands voyages de reporter en Sibérie, en Chine, au Guatémala, Nicaragua…, 
- le cinéma : L’enclos, primé à Cannes, 
- le théâtre institutionnel avec Jean Vilar, 
- la bifurcation vers un théâtre pour et avec les loulous (chômeurs, prisonniers, délinquants) 
- et en fin d’entretien, le projet L’été indien. 
Gatti a 73 ans en 1997, né en 1924. Il meurt en 2017.
S’il y a une ligne dans cette vie, c’est le choix de la prise de conscience contre toute prise de pouvoir, c’est le choix de la connaissance comme ouvrant les possibles contre tout dogmatisme, religieux, idéologique, c’est la conviction qu’il faut placer la barre haut quand il s’agit d’écriture, de poésie. 
D’où son amitié avec Michaux, 
d’où sa passion pour le hassidisme et la kabbale, pour les idéogrammes chinois, 
d’où sa passion pour la physique quantique dont il parle très bien et dont il montre bien quelle nous permet de voir autrement qu’à travers le déterminisme de la physique newtonienne.
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Depuis ces entretiens de 1988, le boson de Higgs dont il parle a été fabriqué mais aussi a été découverte l’expansion accélérée de l’univers et nous ne sommes peut-être donc pas l'agonie d'une étoile… 
Et le sous-commandant Marcos n'est plus le porte-parole anonyme des Indiens du Chiapas. 
Lire Jérôme Baschet, la rébellion zapatiste.
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De là où j’en suis aujourd’hui, je trouve sa cherche très intéressante avec deux bémols, les mots combat, résistance. 
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Si tu crois que tu es fait pour l’aventure de l’écriture comme renversement du constat de Felipe :
« vos mots racontent mais ils ne disent rien » 
alors pratique tes injonctions : « au commencement était le verbe et le Verbe était Dieu. Voulez-vous être Dieu avec moi… Nous ne dirons plus ici l’Histoire, nous dirons l’Univers. »
et n'en fais pas une croisade, un combat, une résistance; 
t'as pas besoin d'ennemis à désigner; 
crée, invente des langues
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Gatti, l’homme qui faisait parler les arbres, les chiens, les loups, la baleine, qui rendait la parole des morts comme L’inconnu N°5, comme les dix Irlandais en grève de la faim au temps de Bobby Sands, comme Rosa collective ou les Indiens du Chiapas.
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Armand Gatti ne cache pas son intention : « nous préparons la guerre civile des mots »
Claude Faber
Pour moi, une certitude est une capitulation. La qualité principale de l’homme, c’est d’être imprévisible. Il faut aller à l’encontre de toute modélisation. Les normes ne conduisent qu’aux déformations de l’humain.
Armand Gatti
La page du livre
Claude Faber : Mais avec le métier de journaliste, tu vas multiplier les voyages, donc les trajectoires et les rencontres. Peut-on dire que cette période va te servir à collecter la matière que tu utiliseras plus tard pour tes pièces ?
Armand Gatti : Oui, puisque je n’ai rien oublié de ces voyages. Ils m’ont permis de mieux connaître le monde et surtout le destin des hommes. Quand j’ai découvert la Sibérie en 56–57, j’ai pris conscience de tout un continent, d’une véritable aventure humaine, faite de visages, d’immensité et de froid. Sans ce métier, je n’aurais peut-être jamais aussi bien découvert l’Amérique latine et toute cette vie qui prend souvent des airs baroques et exubérants. Prenons l’exemple du Nicaragua, j’ai une anecdote qui mériterait de figurer dans les œuvres de Garcia Lorca. Quand je suis arrivé à Managua, mes valises ont immédiatement disparu. Je suis allée au commissariat pour me plaindre et j’ai gueulé si fort qu’ils m’ont mis en prison. Les policiers m’ont dit que dans la cellule d’à côté, il y avait une petite Française. Alors moi, j’ai essayé de communiquer avec elle, mais elle ne répondait pas. Quand l’ambassadeur français est venu me chercher, j’ai appris qui était la Française. C’était une 4 CV de Renault. Il faut savoir que Somoza, le dictateur du pays, était représentant en automobiles. Là-bas, il n’y avait que des grosses voitures américaines. Or, ces monstres n’étaient pas faits pour les petites routes du Nicaragua. Il fallait voir ces scènes odieuses quand, à certains passages trop étroits ou trop mauvais, les Indiens portaient chaque voiture avec son propriétaire resté au volant. C’était d’un lugubre. Le proprio poussait la compassion parfois à descendre et marcher derrière. Pour « être aimable » avec Somoza, le gouvernement français n’avait rien trouvé de mieux que de lui offrir une petite 4 CV. Comme tout bon dictateur, il n’a pas pu s’empêcher de défiler dans les rues, vantant les mérites de son nouveau véhicule. L’ambassadeur des USA a très mal pris la chose et il est intervenu. Du coup, Somoza à la solde des Américains, s’est excusé, a traité publiquement la voiture de salope et la mise en prison. L’histoire peut sembler incroyable mais c’est vrai.
Ne jamais chercher le prophète
Chercher le combattant,
Seul le combat de chaque jour invente
Seul le combat de chaque jour crée
Ne cherchez pas le prophète
Seul le combat possède le don de la prophétie.
Rosa Collective, Armand Gatti
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Pauline Tanon a avec Jean-Jacques Hocquard consacré une belle étude à Gatti et aux arbres. Dans le maquis des mots. Actes-Sud, 2014.
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Merci à Georges Perpès et à Françoise Trompette d’avoir pensé à lui pour la Bibliothèque de théâtre Armand Gatti qui a démarré à L'abattoir à Cuers et se retrouve depuis 2012, à La Seyne, place Martel Esprit, devenue aussi lieu d’écritures théâtrales et du projet Un auteur dans ma classe qui en est à sa 8° année : Théâtre de la Jeunesse # 8, sous la houlette depuis 4 ans, depuis 2019 de Cyrille Elslander et Hélène Mégy.
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préambule très précis donnant à voir la démarche d'écriture de Gatti par Michel Séonnet
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en lecture, après Gatti, parce que jamais lues et pourtant je les avais depuis 1988, Mémoires d'Hélène de Sophie Chauveau dont j'ai fait la connaissance à à la FDL d'Hyères en mai, éditions Robert Laffont/JJ Pauvert, avec en titres sur le rabat de 4° de couverture : Jean-Claude Carrière (les années sauvages), sans nom d'auteur Le prix d'un Goncourt, Emmanuelle Arsan (Emmanuelle) et deux autres titres
les 3 tomes des 45 oeuvres de Gatti, parution 1° juin 1991; apparemment indisponible chez verdier

les 3 tomes des 45 oeuvres de Gatti, parution 1° juin 1991; apparemment indisponible chez verdier

Résumé

Quatre mille pages, quarante-cinq pièces : l’oeuvre d’Armand Gatti, homme de théâtre et écrivain, est hantée par l’expérience des camps et des maquis (d’abord celui de 40-45 bien sûr, mais aussi ceux du Guatemala, de l’Irlande du Nord et des banlieues d’ici). Hantée par le Verbe aussi, arme de résistance et de révolution. Ses mises en scène ? Jamais dans un théâtre classique, toujours dans des lieux dérangeants, habités, urbains (cités, prisons, usines). Ses spectacles ? Jamais payants, toujours avec banquets d’anarchistes. Jamais répétés, encore moins ressassés, toujours créations uniques. Ils s’étirent sur trois jours et se dispersent parfois même partout, parmi les figures de pierres. Armand Gatti n’est pas seul, bien sûr. Jean-Jacques Hocquart, Gilles Durupt, Hélène Chatelain, Stéphane Gatti, l’accompagnent depuis fort longtemps dans sa guérilla urbaine. Depuis quinze ans, de Toulouse à Marseille, de Fleury-Mérogis à Avignon, ils opèrent dans les villes ensemble. C’est ainsi, qu’à partir d’un lieu dont ils font leur base, ils vont chercher et tirent à eux tous les laissés pour compte avec lesquels ils vont fomenter leurs spectacles.

Gatti dans son bureau à Montreuil le 26/1/2004 et le bureau le 24/8/2023; la maison de Gatti à Montreuil deviendra-t-elle en 2024 pour le centenaire maison des Illustres ?
Gatti dans son bureau à Montreuil le 26/1/2004 et le bureau le 24/8/2023; la maison de Gatti à Montreuil deviendra-t-elle en 2024 pour le centenaire maison des Illustres ?

Gatti dans son bureau à Montreuil le 26/1/2004 et le bureau le 24/8/2023; la maison de Gatti à Montreuil deviendra-t-elle en 2024 pour le centenaire maison des Illustres ?

La rébellion zapatiste

 

Jérôme Baschet

La rébellion zapatiste
Insurrection indienne et résistance planétaire
Édition mise à jour et augmentée d'une nouvelle postface
1er janvier 1994. Dans le Sud du Mexique surgit un mouvement politique absolument neuf. Autour de son porte-parole, le sous-commandant Marcos, émerge une ample dynamique sociale, forte de décennies de luttes menées par les paysans indiens du Chiapas.
La rébellion zapatiste, prenant ses distances à l ’égard des doctrines de Lénine ou de Che Guevara, ouvre la voie à une autre pensée révolutionnaire. Son but n’est pas de prendre le pouvoir, mais de construire un monde où il y ait place pour de nombreux mondes ; son combat pour la justice sociale et la dignité partagée, qui se déploie dans l’expérience de l’autonomie, s’adresse à tous ceux qui résistent à l’ordre néolibéral.
Étude approfondie des idées et des valeurs du zapatisme, ce livre met aussi en perspective les apports et les stratégies d’un mouvement qui continue d’être une source d’inspiration bien au-delà du Mexique, rencontrant un vif écho auprès d’intellectuels et d’activistes du monde entier. Parution 2 janvier 2019
poème aztèque néolithique, entendu hier matin dans un entretien d'Ivan Illich en 1972
et qui me semble convenir au Songe d'une nuit d'été vu hier soir
et à la vie de chacun d'entre nous, 
la vie nous est prêtée pour un petit temps seulement mais elle est couleur, chant, odeur, saveur avant effacement, 
idem pour toute rencontre
"C'est un poème néolithique aztèque écrit par un Espagnol en lettres espagnoles, mais dans le Nahuatl. Ce poème [adressé à un dieu] dit :
Pour un tout petit temps seulement, nous sommes prêtés l'un à l'autre.
Nous vivons parce que tu nous dessines.
Nous avons de la couleur parce que tu nous peins.
Et nous respirons parce que tu nous chantes.
Mais seulement pour un tout petit temps, nous sommes prêtés l'un à l'autre.
Parce que nous nous effaçons comme dans le dessin même quand il est fait dans l'obsidienne.
Nous perdons notre couleur comme même le quetzal, le bel oiseau vert perd sa couleur.
Et nous perdons notre son et notre respir comme même le chant de l'eau.
Pour un tout petit temps, nous sommes prêtés l'un à l'autre."
Ivan Illich, extrait d'un entretien télévisé avec Jean-Marie Domenach en 1972. Illich dit le poème à 49'50"
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