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Blog de Jean-Claude Grosse

bocals agites

Krach métaphysique

23 Mai 2025 , Rédigé par grossel Publié dans #FINS DE PARTIES, #JCG, #SEL, #ateliers d'artistes, #bocals agités, #engagement, #histoire, #poésie, #vraie vie, #écriture, #éveil

voir un arbre de William Butler Yeats à François Cheng / capture d'écran du documentaire Val Vilmer

voir un arbre de William Butler Yeats à François Cheng / capture d'écran du documentaire Val Vilmer

il y a toujours deux faces, l'une à l'endroit, l'autre à l'envers
alors chercher la vérité ?
pile ou face
pile et face
face à face
dos à dos
côte à côte
...
soit cette phrase, lue ce 21 mai 2025 sur FB sous la souris de Laurent Boyer à propos du procès du gynécologue prédateur sexuel de plus de 300 femmes et filles
dans la société bling bling et complotiste dans laquelle nous vivons aujourd'hui, notre échelle de valeurs est complétement faussée. C'est de notre faute à tous.
Le procès de Joël Le Scouarnec va se terminer comme il a commencé : dans le silence. Et c'est inacceptable.
 
JC à Laurent : Vous dites notre échelle de valeurs est complétement faussée. Nous marcherions sur la tête mais pince-sans-rire si marcher sur la tête était la bonne posture ? On voit bien un renversement des valeurs, de toutes les valeurs, humanistes en particulier, ce qui ravirait un certain Friedrich qui voyait en elles le symptôme de la décadence de l'âme aristocratique. Il me semble observer un cheminement autre aussi, celui de l'identification des contraires, difficile à penser selon la dialectique d'Héraclite de l'unité des contraires : : la démocratie n'hésite plus à génocider, la liberté n'hésite plus à illibérer, à libertarienniser. Et je me dis voyant ce que je crois être des évolutions que ce qui se produit et semblait improbable, imprévisible, se réalise sous nos yeux. Allant plus loin, j'en déduis qu'aucun diagnostic, aucun pronostic ne sont fiables, que ce qui doit arriver, arrive, que ce qui arrive, devait arriver et que donc, fermer sa gueule, ne pas se prononcer, n'émettre aucun jugement, et ne pas agir correspondent à des attitudes conformes à la Nature. L'ami Marcel Conche, croyant à la morale universelle des droits de l'homme me demanderait d'argumenter davantage, sans doute. Je lui mettrais Gaza et Israël en travers de cette morale incapable de pacifier. Il me répondrait que la question du fondement d'une morale universelle est spéculative. Et qu'à la question que peut-on faire ? il faut répondre RIEN.
 
suivi de cet échange :
Gaelle Berny - Impuissance oui et sidération je pense : ces phénomènes sont énormes, partout. L’admettre, pour beaucoup de gens c’est conscientiser la toxicité systémique. Un deuil à faire. Le déni permet de mettre à distance. Minimiser, pareil. Détourner le regard, pareil. Retourner la charge (!) : pareil.
Catherine Le Sage - Gaelle alors, nous en serions à laisser faire ??
Gaelle Berny - Catherine Le Sage la réponse est : oui. Par inertie sociale (trop de sujets en même temps et ces sujets énormes qui structurent tout par dessous nous font vaciller.. les gens n’ont pas assez de temps libre pour processer ça !) et individuelle (écho avec nos traumas non traités, admis). La Nature m’a expliqué il y a déjà 5 ans que ce à quoi je serai le plus confrontée en regardant la société dans les années à venir ce serait… le déni. On y est, je crois. Si tu regardes bien, tous les sujets importants se referment actuellement (cf l’écologie qui est raillée, reléguée au wokisme voire pire…). C’est triste mais c’est la réalité. (Et on peut être serein intérieurement en admettant ce réel. C’est possible. J’ai fait ce changement peu à peu. Plus de lutte inutile, juste admettre le gros marasme ambiant.) Bien à toi.
Jean-Claude Grosse - Gaelle Berny votre oui me semble pertinent mais puisque vous évoquez la Nature comme inspiratrice, il me semble que la Nature, la phusis, la Nature naturante crée sans jugement tout ce qui apparaît pour finalement disparaître soit la nature naturée dans sa diversité dont les humains et donc, une attitude humaine possible est d'accueillir sans jugement tout ce qui se produit, donc même les prédateurs, le déni généralisé, le silence, la muétude...; évidemment comme on a été formaté, comme on nous a appris à juger, pas facile d'aller vers le non-jugement et le non-agir; on juge, on réagit puis on fait un pas de côté, et on se désinfecte, on se désaffecte et on se retourne vers ses gouffres intérieurs
 
« nous vivons l’époque du dépérissement des principes. Notre temps est marqué en effet par la remise en cause radicale de tous les principes de la théorie et de la pratique, que ce soit dans le champ de la science comme dans celui de la vie politique. Tout ce qui avait valeur de norme absolue est contestée, tout ce qui se donnait pour nécessaire et universel subit ce que Musil a nommé un « krach métaphysique » Reiner Schürmann
 
l'un dit de sa pente-côte
- "L'homme moyen est fier d'être ce qu'il est et voudrait que tout le monde soit comme lui. Il rend tout médiocre : il ne croît ni à la passion, ni à la sincérité. Il ne croît pas à ceux qui se dévoilent et à ceux qui se confessent, car l'homme moyen n'est pas sensé agir ainsi. Mais son autre caractéristique, semblable mais d'un sens contraire, est que cette conscience n'est pas une conscience de classe, mais une conscience moralisante, qui n'a donc rien de politique." P.P. Pasolini
 
l'un dit de sa côte-pente
- Montaigne avait une toute autre vision de ceux qu'il appelait les gens de moyenne région et je préfère de loin sa vision mise à l'oeuvre pendant ses deux mandats de maire de Bordeaux et pendant les guerres de religion, lui, le catholique en pays protestant
 
l'un dit de sa pente-côte
- C’était quatre siècles plus tôt… Je ne suis pas convaincu que Montaigne aurait été follement enthousiaste face au moralisme conformiste de la société du spectacle que dénonce ici Pasolini et qui n’a rien perdu de sa vigueur.
 
l'un dit de sa côte-pente
- Montaigne a été plus présent dans les combats de son temps qu'on ne l'imagine que ce soit entre les deux camps, catholiques et protestants ou à Bordeaux comme maire par deux fois. Et l'étude des choix faits par Montaigne montre comment il navigue, méfiant vis à vis des puissants, éloignés des vraies valeurs par la cupidité, l'appétit de pouvoir, la flatterie courtisane, méfiant vis à vis des réactions spontanées des gens humbles ou pauvres, plus réceptif envers les réactions des gens de moyenne région. Montaigne accorde son intérêt à la médiocrité, entendant par là le bon sens, l'honnêteté des gens confrontés aux problèmes du quotidien. Nulle aristocratie dans son comportement, nul élitisme. Montaigne se sent bien dans la solitude mais bien aussi au contact de ses semblables. Il est soucieux de l'élévation de ses semblables par une éducation du jugement.
deux autres grands penseurs politiques issus du Bordelais :
Montesquieu et Jacques Ellul
article d'août 2019
2 - Andreï TARKOVSKI, in LE TEMPS SCELLÉ :
" L'art agit avant tout sur l'âme et donne forme à la structure spirituelle de l'homme. Le poète est un homme qui a la psychologie et l'imagination d'un enfant. Sa perception du monde est immédiate, quelles que soient les idées qu'il peut en avoir. Autrement dit, il ne « décrit » pas le monde, il le découvre.
La fonction de l'art n'est pas, comme le croient même certains artistes, d'imposer des idées ou de servir d'exemple. Elle est de préparer l'homme à sa mort, de labourer et d'irriguer son âme, et de la rendre capable de se retourner vers le bien.
Un art dépourvu de toute spiritualité porte en lui sa propre tragédie. Le simple constat sur l'absence de spiritualité de son temps exige déjà de l'artiste une évidente qualité spirituelle.
L'artiste qui n'aspire pas à la vérité absolue, qui se détourne de son dessein universel au profit du particulier, se condamne à une gloire rien qu'éphémère." via Carolyne Cannella
3 - L'ART BRUT CONTRE L'ART POLI by François Carrassan sur FB, le 1° mai 2025 à 20 H 58 sur l'exposition Dubuffet et les magiciens au Musée du Niel , presqu'île de Giens, du 3 mai au 2 novembre 2025
En réaction à la guerre de 14-18, produit de la civilisation, il y eut le Dadaïsme et le Surréalisme. Il y eut aussi après la guerre de 39-45, produit de la civilisation, l'Art Brut.
Toujours ce conflit latent dans l'histoire entre l'art civilisé accompagnant le malheur et, soudain, le geste sauvage pour le refuser.
Et le geste de Jean Dubuffet s'opposa alors si radicalement aux formes bien élevées de la culture officielle que la proposition du Musée du Niel mérite d'être saluée comme son invitation à découvrir qui s'inscrivit dans son sillage.
 
2010

2010

4 - L’art vivant aujourd’hui ? by Urszula Mikos, le 14 mai à 11 H 55
C’est une grande mise en scène de la transgression bien élevée, une révolte subventionnée, une autofiction engagée mais sous contrôle. On y pleure sur scène, on s’indigne en festival, on dénonce les inégalités depuis une résidence d’artiste avec vue sur la mer, en partenariat avec la Fondation pour l’Inclusion Climatique.
L’artiste contemporain ne se mouille jamais sans bouée :
Il est "radical", mais invité par France Culture.
Il est "inconfortable", mais confortablement programmé au TNB ou à Avignon.
Il parle de "marginalité", mais ne fréquente que des camarades d'école d'art ou d'écriture, tous passés par les mêmes séminaires de "déconstruction positive et inclusive".
Engagé ? Bien sûr ! Mais à condition de dénoncer ce que tout le monde dénonce déjà : le patriarcat, les riches en général (sauf mécènes), les méchants conservateurs, et les flics — sauf ceux qui sécurisent les vernissages.
Autofiction ? Absolument.
Tout projet commence par :
« Mon corps, mon trauma, mon ex, mon père, ma transition, ma perception, ma cicatrice émotionnelle dans un monde post-capitaliste. »
Et finit par :
« Merci à la DRAC, à la Fondation Cartier, et à la Villa Médicis pour leur soutien. »
Résultat ?
Des performances où on vomit sur scène avec des lumières bleues pour "questionner le lien entre genre, mémoire coloniale et métabolisme", applaudies par un public en turtleneck qui s’auto-congratule en mangeant vegan.
Tout le monde est d'accord.
L’artiste, le critique, l'institution, le politique, l’université.
La boucle est bouclée.
Le "désordre" est administré.
La "subversion" est validée.
Et l’"engagement" est totalement… docile.
L’art contemporain aujourd’hui ?
C’est une grande cérémonie de l’audace domestiquée. On y célèbre le "courage artistique" à condition qu’il soit bien cadré, bien financé, et qu’il ne dérange personne... sauf les cibles autorisées.
Engagé ? Oui, mais pas trop.
On peut toujours dire que "la Pologne n’aime pas les étrangers" — ça fait rire tout le monde, surtout dans une pièce "trois sœurs" au Rond-Point, écrite par une Allemande,
On peut même glisser un petit texte de Mao dans un spectacle sur les condition des prolétariat dans une usine Pegot— clin d’œil au communisme, n'est-ce pas ?
il y a le spectacle sur les familles de banlieue,
joué dans le théâtre de la ville communiste,
juste à côté de la Cité de l’Espoir,
où les gamins se droguent et les mères pleurent en silence.
Mais sur scène, on fait du boulevard poético-social, avec la fille à la mode du moment, stylée, lacrymale, certifiée fragile, qui parle de misère avec un voile de poésie sponsorisée.
Et dans la salle, on rit : c’est beau, c’est dur, c’est France Inter.
Et pour dénoncer le fascisme, on se lâche : on sort les moustaches, les bottes, les cris gutturaux — parce que là, c’est permis, c’est même encouragé.
Les anciens maîtres de la scène publique, eux, recyclent les classiques —
dans des salons bourgeois transformés en "lieux hybrides de création".
et dans les lieu publique les jeunes
Ça joue Molière dans une baignoire, Tchekhov dans une cuisine, Racine au fond d’un Airbnb... Parce que "le théâtre doit sortir du théâtre", mais surtout pas du cercle des amis.
C’est pour "garder la main", bien sûr. Et amuser le peuple — mais pas trop bruyant, le peuple.
Résultat ?
Des œuvres où l’on « questionne la domination », mais entre gens qui dominent déjà la scène culturelle.
Où l’on « dénonce l’injustice », mais dans des spectacles à 30 euros la place.
Où l’on « donne la parole aux sans-voix », mais jouée par des comédiens du CNSAD avec micro HF .
L’art contemporain engagé, c’est un théâtre de carton-pâte pour une révolution en mousse,
où la subversion est une posture,
la provocation, un produit dérivé,
et le public, un miroir qui dit :
« Comme vous êtes courageux de penser exactement comme nous. »
Bref
L’art contemporain "engagé" d’aujourd’hui, c’est comme un molotov biodégradable : ça brûle rien, mais ça fait bien sur Instagram.
« Faire exploser le réel, la vie, en faisant exploser la parole, tel est le point commun des différentes avant-gardes, de Dada au situationnisme en France, de Gadda aux néo-avant-gardes en Italie, en passant aussi évidemment par la recherche linguistique de Pasolini. Dans la lettre du voyant, que Rimbaud écrit pendant la Commune de Paris, le 15 mai 1871 – le titre de la lettre est merveilleux : « Chant de guerre parisien » – le poète nous montre la voie : dans la révolution/guerre en acte, il faut « trouver une langue » pour arrêter la guerre, pour commencer une autre existence. Si on arrive à le faire, on arrive à créer aussi les conditions pour changer l’état actuel des choses, d’où l’importance des poètes, des artistes, non pas des poètes « lauréats » par le pouvoir, mais des vrais créateurs de langue, les poètes comme Dante, les bannis et persécutés, ou comme Giordano Bruno, autre immense philosophe-poète-chemineau sans patrie, sans toit ni loi. »
Luca Salza
"Or, voici mon questionnement : dans notre horizon historique, l’art, tout comme la parole, monopolisés en toute liberté et avec la plus grande bienveillance par les grands noms de faiseurs d’art, la haute finance, l’industrie du luxe, la presse mainstream, sont l’enjeu principal d’une entreprise généralisée, mondiale, de neutralisation visant à installer une domination sans réplique (Annie Le Brun). La marchandisation de l’art, définitive, évidente, sa banalisation aussi, la placent totalement du côté des Pouvoirs. En effet, et Pasolini l’a compris peut-être le premier et mieux que quiconque, la capacité de résistance par la parole, par l’art, donc la vraie résistance, la résistance poétique, semble être écrasée définitivement dans le monde du capitalisme avancé."

mon intervention le 17 février 2019 au Théâtre Liberté (bien naïve)

Après la « culture pour tous », il est grand temps de faire place à la culture de tous, car chacune et chacun est porteur d’une culture, voire de plusieurs. Il est grand temps d'inventer un nouveau chapitre de la politique culturelle de notre pays qui sache faire culture avec tous. C'est un édifice commun où chacun peut apporter sa pierre .

Concrètement, je propose que le Théâtre Liberté libère dès que possible un mois entier de sa programmation afin d’instaurer un laboratoire des possibles.

Ce mois serait un festival d’un genre nouveau, préparé en amont avec des citoyens volontaires,  avec les sources vives du territoire (artistes, non-artistes, publics, non-publics). Il s'agirait que les gens 

(les artistes sont d'abord des gens et tous sont des humains, ce qui nous est commun c'est notre humanité et ça veut dire quoi concrètement de nos rapports à nous, aux autres, aux végétaux, aux animaux, à la Terre, à l'air, à l'eau...) 

se saisissent de leur vécu, de leur quotidien, de leurs rapports à l'actualité, aux enjeux planétaires immédiats et donnent à ces matériaux, à ces contenus, des formes simples, partageables, transmissibles sur tout le territoire de la métropole. Parmi les formes déjà disponibles, inventées, il y a celles d'Augusto Boal qui ont servi en Afrique (éducation sur le sida), en Amérique latine, théâtre forum, théâtre invisible. Il y a les formes inventées par Moustapha Aouar et Gérard Lépinois, bocal agité, petits-petits, pièces pour 1M2. Il y a les théâtres à vif. Bien sûr, agoras, projections de films citoyens, initiatives locales (la vallée du Gapeau en transition, la monnaie locale La Fève), scènes ouvertes aux slameurs, aux poètes, aux performeurs, utilisations des nouveaux médias (vidéos...) sont à prendre en compte. Dans le cadre du festival de théâtre lycéen aux Comoni, j'ai vu des jeunes migrants scolarisés à Dumont pour apprendre le français (avec l'association L'autre, c'est nous) donner un exemple de présence particulièrement retentissante avec leur vécu (un peu comme le Groupov avec des survivants du Rwanda)... Ne faisons pas catalogue : les exemples sont multiples.

6 - by Muriel Roland, ce 19 mai 2025 vers 11 H :
AbracadaVra ! Le Grand Vivant !
La fabrique d’une œuvre collective à l’échelle du quartier dont nous sommes les (h)Auteurs...
Nous vous invitons à exprimer avec VOS MOTS, VOS VOIX, VOS PENSÉES, VOTRE VÉCU, VOS SOUVENIRS, VOTRE VISION du quartier de la Pierre Plate !
DANS UN PARCOURS PERSONNEL DE 20 MINUTES ENTRE TROIS BARNUMS :
… Vous écrirez une phrase (anonyme) qui, s’ajoutant à celles des autres, formera un long texte de 200 mètres…
… Votre bouche (et seulement elle) sera filmée en plan rapproché, prononçant cette phrase, donnant ainsi naissance à l’une des séquences du film BOUCHE À BOUCHES…
… Vous laisserez votre empreinte (photos, découpages d’archives mises à disposition sur le Grand Manteau du Grand Vivant OSkar de la Pierre Plate, que vous contribuez ainsi à faire renaître…
Venez nous rejoindre au Centre Social et Culturel Jacques Prévert, 12, Place Claude Debussy, à Bagneux (92220) :
- LE MARDI 20 MAI de 14h à 16h
- LE JEUDI 21 MAI de 14h à 17h
- LE VENDREDI 23 MAI de 14h à 17h puis entre 19h et 21h pendant la veillée – Barbecue entre voisins.
voilà qui va m'inspirer pour la soirée cadavres exquis que j'organiserai aux Comoni, au Revest, le 25 octobre 2025
 

 

7 - sur ma page, ce message d'Alexandre Lacassagne, vers 9 H, ce 19 mai
Bonjour,
Bienvenue, je suis votre hôte. Bonne année quantique ((1 + 2 + 3 + 4 + 5 + 6 + 7 + 8 + 9) × (1 + 2 + 3 + 4 + 5 + 6 + 7 + 8 + 9) ou 1³ + 2³ + 3³ + 4³ + 5³ + 6³ + 7³ + 8³ + 9³=2025 selon Nicomaque de Gérase) du serpent de bois, année internationale de la préservation des glaciers et des ours bipolaires, anniversaire de la loi Veil sur l’IVG. Si cette année sent Beauvais, elle voit la commémoration de Charcot, Duchenne de Boulogne, Fanon et Jouvet, même s’il est minuit docteur Schweitzer, l’ésotérique Satie, Ravel qui n’a pas trop Bizet mais tire vers Berio voire louBez, fan de T. Capote, Flammarion et son « Les Terres du ciel et La pluralité des mondes » relié avec la peau de sa maîtresse Saint Ange, femme d'origine polonaise et morte de tuberculose, Pierre Louÿs, dont les photos érotiques concurrencent celles de MIchel Simon, la dent de lion de Larousse, la ritournelle de Deleuze, le jaune Corbière et Alexis pas Léger léger dit Saint-John Perse, de Saint-Simon, de Pierre Dac et la panthéonisée Baker en attendant Badinter, David, Greuze, Corot, Millet et Vallotton, les archi Garnier et Labrouste, l’adoption des lois constitutionnelles de la Troisième République à laquelle nous semblons être revenus, le tournoi de tennis de Roland Magrosse et Bobet. "Que l'année commence sous les meilleurs hospices." Orpea. Dac ?
"Les poètes, soit des bons élèves bien appliqués=poeasy, soit des cancres fiers de leur posture, ne savent que recracher leur leçon – avec huître=crachat, artung Artaud au gamelan contre Bach-aux-contrepoints-défectueux, ou non[1]. Obligation de clarté, des bons mots, la maîtrise d’une langue unifiée[2], la perfection étroite qui se souhaite, en toute illusion, universelle[3], ou à l’inverse EsotErik Wahl[4], jeu d’étiquettes et entre-gens avec carnet d’adresses, classement sec, chacun dans sa case, sa chapelle, flip-flap versus vroum-vroum[5] à l’ère du clash, chacun son stéréotype, ses biais.
Créer (poiêsis), c’est ruer dans les brancards donc ne correspondre à aucun créneau voire, encore mieux, de l’inventer : scandalisme©[6]; poésie polémique, « contre tout contre » pour, même si tout n’est pas bon dans le choCon. Cabrer barbaque. C’est pourquoi Platon a exclu le poète de la Cité dans La République. Wallacer jusqu’au gros mythe ou puiser dans la fontaine du décalage, comme La fonction du balai chez l’écrivain-tennisman D. F. Wallace, être isocèle, x = √5 + 2i, oblique, hors saison. Match point. Poids des mots, chocs des mots. Fin de la partition fictive prose / vers : roème©, vive l’hybride où chaque forme varie selon le fond." by michmor7, le 16 mai 2025
 
8 - toujours sur ma page, ce matin, 19 mai, la proposition de Carolyne Cannella 
Jacques Lusseyrand - Le monde commence aujourd'hui
Jacques Lusseyrand nous fait part de son expérience hors du commun. Son élan de vie vers la joie et l'amour, la simplicité et la poésie, lui ont fait surmonter le pire.
" Tous savaient qu’ils mourraient bientôt. Je sus également qu’aucun d’eux ne parlaient français pas même un peu, mais que entendant un homme réciter des vers, ils s’étaient jetés vers lui comme vers une nourriture "
" Alimenter le désir de vivre, le faire flamber : cela seul comptait. Car c’était lui que la déportation menaçait de mort. Il fallait se rappeler sans cesse que c’est toujours l’âme qui meurt la première – même si son départ ne s’aperçoit pas –, et qu’elle entraîne toujours le corps dans sa chute.
C’était l’âme qu’il fallait nourrir en priorité. La morale était impuissante. Toutes les morales."
" J'apprenais que la poésie est un acte, une incantation, un baiser de paix, une médecine. J'apprenais que la poésie est une des rares, très rares choses au monde, qui puisse l'emporter sur le froid et la haine."
Après vingt-cinq ans de cécité, Lusseyran l’a su très vite, « les vrais yeux travaillent au-dedans de nous ». Dans "Le monde commence aujourd’hui" il nous dit : 
" Les vrais yeux travaillent en dedans de nous. Tant pis si le vocabulaire fait défaut, s’il est faible. Voir, c’est un acte fondamental de la vie, un acte indéchirable, indestructible, indépendant des outils physiques dont il se sert. Voir, c’est un mouvement que la vie fait en nous, avant les objets, avant toute détermination extérieure. Avant les objets, et après eux si, par accident, les instruments matériels de la rencontre viennent à manquer. C’est au dedans de vous que vous voyez. Si la lumière intérieure ne nous était pas donnée d’abord, et par conséquent les couleurs aussi, les couleurs qui sont la monnaie de la lumière, jamais nous ne pourrions admirer les couleurs du monde. Voilà ce que je sais après vingt-cinq ans de cécité."
À quoi reconnaît-on le langage du poème ? C’est dans la réponse à cette question que se trouve la première leçon de Michel Deguy. Le poème est en lutte intime contre toute forme de littéralisme. Soit le syllogisme didactique suivant. L’époque est au littéralisme, or le poème refuse tout littéralisme, donc l’époque se trouve face à une alternative dont elle sort toujours vainqueure autoproclamée : ou bien elle rejette le poème (elle le marginalise, le réduit tout en déplorant sa disparition), ou bien elle l’accepte en le dissolvant dans la littéralité (stratégie de la récupération). Examinons rapidement ce syllogisme.
a) Il y a aujourd’hui trois formes de littéralisme : on les croit ennemies. Elles se retrouvent dans ce qu’elles nient. Le littéralisme économique (le réel à la lettre, c’est la finance ; la condamnation de ce littéralisme est convaincante : pensée unique, realpolitik, dictature des marchés) ; le littéralisme religieux (il a pour nom fondamentalisme ; il y a plusieurs fondamentalismes) ; le littéralisme des corps (celui de la biologisation des identités sexuelles : qu’il s’agisse de les revendiquer ou de les diluer ; on veut que le corps soit, non une interprétation, mais un donné à changer littéralement plutôt qu’à comprendre : le corps de la lettre devient le modèle du corps à la lettre).
b) Or le poème défait le littéralisme même quand il défend la lettre : il est de l’ordre du comme, de la commaison, de la comparaison. C’est la thèse la plus durable de Deguy, comme l’atteste le très actuel Court traité de poétique surtitré La poésie n’est pas seule (1987) : le poème fait entrer et la langue dans la sensibilité et l’imaginaire dans la langue. Il invente les formes de l’autre langue dans la langue du même. Il est liberté de la langue quand la rhétorique (fût-elle celle des discours émancipateurs) rebat les oreilles du langage. Le roman n’est-il pas capable de cette même liberté ? C’est évident et il ne cesse de faire ses preuves. Mais si le roman du XIXe siècle avait obligé le poème à se libérer de la rhétorique de la poésie, il est temps désormais d’admettre que le poème pourrait permettre au roman d’échapper à sa propre rhétorique. Est-il étonnant qu’on puisse voir aujourd’hui fleurir des romans écrits en vers ? ...
capture d'écran du documentaire Val Vilmer, illustrant l'arbre de Yeats tu vois un arbre...

capture d'écran du documentaire Val Vilmer, illustrant l'arbre de Yeats tu vois un arbre...

"on voit un arbre, on observe une vérité concernant cet arbre, on est bouleversé par cette vérité, par la magie de cet arbre, c'est spirituel, ça transcende la forme physique de l'arbre, alors on écrit, encore et encore sur la forme de cet arbre, sur la vie de cet arbre, sur son âme jusqu'à ce que notre personnalité s'efface de nouveau" William Butler Yeats (d'après Val Kilmer dans son documentaire)
Vacillation est écrit par Yeats 40 ans après The two trees :
A tree there is that from its topmost bough
Is half all glittering flame and half all green
Abounding foliage moistened with the dew ;
And half is half and yet is all the scene.
"Dans The Two Trees, l’arbre sacré et l’arbre du « verre amer » sont distincts, représentant une dualité entre la vérité intérieure et la distorsion extérieure. Dans Vacillation, l’arbre est unifié, incarnant une synthèse des opposés : la flamme (symbole de passion, de spiritualité, d’élévation) et le feuillage vert (symbole de vie terrestre, de croissance, d’enracinement). Cette image reflète une acceptation des contradictions de l’existence, où les moitiés opposées (flamme et feuillage, esprit et matière) coexistent pour former un tout.
La dernière ligne, « And half is half and yet is all the scene », est particulièrement dense. Elle suggère que chaque moitié (flamme et feuillage) conserve son identité propre (« moitié est moitié »), mais ensemble, elles englobent la totalité de l’expérience (« tout l’espace »). Cette idée résonne avec la maturité spirituelle de Yeats, qui, à cette période de sa vie, explore l’unité des contraires à travers sa philosophie mystique et son système symbolique (notamment dans A Vision)." by Grok
Les arbres animés par le souffle
Si le veut ton souffle
Nous serons pur chant
par lui animés
Nous voici élan
Racines emmêlées
Branches enlacées
Notre corps est tout
En balancement
Notre être n'est plus
Que murmure-louange
Lâcher des colombes
Lâcher des mésanges
Si le veut ton souffle
Nous serons pur Chant
En nous l’inifini
Et l'enchantement !"
François Cheng 03.2025
"L'homme peut écouter avec l'oreille de la chair et entendre le bruit du monde, mais s'il écoute avec l'oreille du Souffle, il participe à la transformation universelle." François Cheng
 
photo Gérard Uféras, un photographe de la Joie

photo Gérard Uféras, un photographe de la Joie

" Il me paraît important pour chacun d'entre nous que l'histoire soit rééquilibrée par la levée des voiles, des secrets qui comme pour une famille, abîment le peuple.....la guerre massacre bien plus que des corps physiques, elle peut tuer l'humanité cachée dans les cœurs .....la reconnaissance de chaque version de l'histoire est une des étapes de la guérison, je la souhaite à notre terre." S.M.

alors voici 3 liens sur le massacre des harkis et des pieds-noirs en 1962 après 
- l'article sur les massacres du 8 mai 1945 en Algérie
- les articles sur la guerre de Crimée (1853-1856) consacrés à Florence Nightingale, La femme de Tchaïkovski
- l'article sur le procès des juges nazis à Nuremberg
(S'ouvriront un jour des procès à l'identique de celui de 1948 pour juger les crimes contre l'humanité, les génocides, les crimes de guerre en cours, par des dictatures, des démocraties, des organisations internationales, des organisations mondiales)
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ces rappels ont un curieux goût d'actualité comme si rien ne changeait, comme si tout se répétait ; j'ignore si ces rappels contribuent à une quelconque guérison, à une quelconque éducation; je les considère nécessaires sans en connaître l'usage, l'utilité
ils ne révèlent chez moi ni goût morbide ni compassion tous azimuts; je fais en sorte qu'ils ne suscitent aucun affect chez moi; j'ignore les effets sur les éventuels lecteurs
Un jour, tout le monde aura toujours été contre cela / Le 25 octobre 2023, après seulement trois semaines de bombardements sur Gaza, Omar El Akkad a publié un tweet : « Un jour, quand ce sera sans risque, quand il n’y aura plus de conséquences personnelles à nommer une chose pour ce qu’elle est, quand il sera trop tard pour tenir quiconque responsable, tout le monde aura toujours été contre cela. » Ce tweet a été vu plus de 10 millions de fois.

Un jour, tout le monde aura toujours été contre cela / Le 25 octobre 2023, après seulement trois semaines de bombardements sur Gaza, Omar El Akkad a publié un tweet : « Un jour, quand ce sera sans risque, quand il n’y aura plus de conséquences personnelles à nommer une chose pour ce qu’elle est, quand il sera trop tard pour tenir quiconque responsable, tout le monde aura toujours été contre cela. » Ce tweet a été vu plus de 10 millions de fois.

curieux comme ça remonte via l'algorithme de FB; ce matin remontée d'un message du 11 mai 2020 de Thierry Zalic sur la brûlure, déjà produit le 11 mai 2019; je ne recopie pas le message donc je fais "rechercher, 11 mai" et je tombe sur ça, publié dans un groupe privé, le 11 mai 2020 à 11 h 11 :
 
je t'imagine telle que je te vois, en aveugle
quand je te vois, c'est plus fort que moi,
mes yeux, pourtant attentifs, ne te voient pas
je ne te vois pas parce que je sais, je sens
que tu débordes de toutes parts,
ton mystère, je m'y noie en apnées répétées
voyant aveugle, je mets les mains en avant,
pour te voir par le toucher,
tenter l'approche, la saisie,
une saisie sans possession, une saisie sensible
mais te laisseras-tu approcher, toucher ?
ah si tu savais accueillir, si tu savais accepter
ce qui vient vers toi
mais la peur du grand méchant loup
tu sais pourtant que tu ne risques rien,
est-ce pour cela que tu ne prends pas le risque
de glisser ta jambe
de l'emboîter entre les miennes,
adentro adorno
figures de ta liberté
vendredi 11 mai 2020, 11 h 11
en maturation depuis le 11 mai 2017
 
F - un voyage au pays de la Femme rêvée, fantasmée ?
JC - je préfère dire femme rêvée (c'est de l'ordre de l'intuition, toi que je rêve c'est toi possible, c'est toi te réalisant autre et même, sortant de ta zone de confort, c'est toi d'autrefois, toi de demain, toi dans d'innombrables univers autres, toi, innombrablement de fois, pour l'éternité, sans identité...) que femme fantasmée (là, pour moi, on est au niveau des pulsions propres à chacun et à tous, le ça individuel et le ça collectif, immémorial; et le travail sur les pulsions, sublimation par exemple, quel boulot !)
c'est l'image ci-dessous qui a inspiré le voyant aveugle
11 mai 2020, fin du 1° confinement du 17 mars au 11 mai 2020 non inclus, soit 1 mois et 25 jours
je m'initiais pour la 3° année, au tango argentin
je n'ai pas repris sur la saison 2020-2021 parce qu'il y a eu encore deux confinements du 30 octobre au 15 décembre 2020 non inclus, soit 1 mois et 15 jours et du 3 avril au 3 mai 2021 non inclus, soit 28 jours.
sortira bien un jour la vérité sur cette pandémie fabriquée et sur la gestion autoritaire du contrôle social mondial via l'OMS (vaccination, pass sanitaire)
l'image inspiratrice

l'image inspiratrice

Non pas chanter l’événement qui s’est produit, 

mais le produire en le chantant.

Marc Chagall, Orphée ou les sources de la Musique

Marc Chagall, Orphée ou les sources de la Musique

Le philosophe

Dans l'ombre des nuits où les étoiles se meuvent, Se tient le penseur, là où le silence pleut. Il forge des mondes dans l'âtre de l’esprit, Ses mots sont des flèches, sa quête un infini. Au carrefour du doute, il érige un empire, Chaque idée est un feu, chaque feu un martyre. Il sonde les abîmes, cherche l’éternité, Dans le fracas du vide, il façonne des vérités. Écoutez-le ! Ce poète du néant, Il écrit dans le vent des discours éclatants. Un marteau dans la main, un nuage dans l’autre, Il brise les dogmes et bâtit l’apôtre. Il n’a pas d’armes, juste un cœur fractal, Il questionne le réel, démolit le banal. Sous son regard perçant, le cosmos s’effondre, Chaque étoile qu’il touche, il la fait répondre. « Qui suis-je ? » dit-il au miroir du temps, Mais le reflet se tait, effacé par le vent. Il poursuit pourtant, éternel Sisyphe, Portant sur son dos la montagne des mythes. Son cri fend l’ombre, sa voix fend la pierre, « Tout est chaos, mais je danserai la lumière ! » Il est l’éclaireur, l’écho de l’aurore, Un funambule suspendu sur la mort. Oh, philosophe, architecte des songes, Tes pensées sont des fleuves où l’éternité plonge. Tu n’as pas de royaume, pas de trône doré, Mais l’univers entier t’écoute murmurer. Alors avance, ô toi, sculpteur de l’instant, Le monde est ton marbre, ton ciseau est le temps. Et si un jour ton nom s’efface des mémoires, Sache que tes idées danseront dans l’histoire.

 

Le clown

Dans l’arène des regards, il fait son entrée, Sous la lumière crue, il s’apprête à danser. Le nez rouge comme un phare sur la mer des humains, Le clown s’avance, un sourire peint de ses mains. C’est un guerrier sans épée, un sage sans écrit, Un roi déchu du royaume des rires infinis. Il trébuche, il chute, et les rires explosent, Mais son cœur, fragile, cache mille névroses. Le clown, c’est l’âme qui tombe pour qu’on se relève, Le miroir brisé des vies brèves, Il tourne la tragédie en farce éphémère, Car son royaume, c’est le rire, sa gloire, la poussière. Il jongle avec les larmes qu’on n’ose verser, Un funambule sur le fil de l’absurdité. Ses gags sont des prières pour des âmes fatiguées, Ses maladresses, des clefs pour des cages oubliées. Mais écoute, derrière le tumulte des éclats, Le clown murmure une vérité qu’on ne voit pas : La vie n’est qu’une scène, un grand chapiteau, Où chacun joue son rôle, entre rires et sanglots. Et lui, il choisit de chuter pour qu’on s’élève, De porter nos douleurs dans son rire qui crève. Car sous le maquillage, il n’est qu’un humain, Un poète en guenilles, un rêveur sans demain. Alors, quand il s’éteint et qu’il quitte la piste, Il emporte avec lui un secret altruiste : "Riez, mes amis, car la vie est fragile, Et sous chaque larme, l’espoir est fertile." Le clown s’efface, mais son écho demeure, Un éclat de rire dans l’ombre de nos heures. Masque de comédie, âme de tragédie, Le clown est l’essence même de la vie. (Luigissimo)

Tantôt poète, tantôt marionnette

Tantôt poète, tantôt marionnette, Quand l'échec me guette, personne ne s'apprête, À tendre une oreille, à scruter mes quêtes, À voir dans mes nuits l’ombre de mes tempêtes. Mais dès que le succès illumine mes pas, Les foules se pressent, on m'appelle "roi". Chacun veut savoir d'où naît mon éclat, Mais où étiez-vous quand la vie me broyait là ? J'écrivais des vers au bord des abîmes, Je sculptais des rêves sur des pages intimes, Seul sous les étoiles, à dompter la rime, Quand l'horizon s'effaçait sous un voile infime. Maintenant ils veulent des récits, des croquis, L’histoire de mes doutes, de mes nuits sans répit, Mais qu’on ne m’oublie : j'étais dans l’oubli, Avant que l’écho ne devienne un cri. Alors oui, le succès a sa douce musique, Mais ne jugez pas sans voir l’aspect tragique. Car les étoiles brillent après le chaos, Et le silence précède les plus grands mots.

 
vidéo d'une discussion à la FDL d'Hyères 2024 (silence d'en bas, silence d'en haut, langue des oiseaux, prière du coeur, éternel, immortel)
j'en ai eu une autre ce 22 mai avec Jean Delorme et Loïc Molla; venus au Revest à 11 H pour évoquer projets et réalisations Liberta au village des talents à Puget-sur-Argens et au Burundi, nous nous sommes retrouvés à midi au café des Moulins et nous y avons discuté 2 H; nous nous verrons tous les trimestres pour des questions-réponses de nature philosophique filmées à partir d'octobre; une collection d'une quinzaine de Liberta, d'une trentaine de pages à chaque fois, est en cours d'écriture et d'édition à 5 €; ce seront des outils pour faire, créer du sens
à un moment, alors qu'on parlait des effets de la croyance à travers ce qu'on appelle placebo ou nocebo (tout est croyance, même ce qui semble preuve et toute croyance est soit un placebo, soit un nocebo), j'ai été amené à dire : j'ai besoin du doute, et c'est pourquoi peut-être malgré mon appel-aspiration-inspiration mystique, je n'ai pas la foi et ne l'ai pas rencontré ... Loïc m'a demandé : pourquoi ce "besoin" ? ...
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un perdant magnifique Victor Ponomarev

14 Février 2025 , Rédigé par grossel Publié dans #FINS DE PARTIES, #Le Revest-les-Eaux, #Corsavy, #les 4 saisons d'ailleurs, #pour toujours, #spectacles, #voyages, #écriture, #bocals agités, #engagement

un perdant magnifique Victor Ponomarev
un perdant magnifique Victor Ponomarev
avis au lecteur :
cet article ne pourrait d'aucune manière devenir un livre, plein d'hyper-liens à ouvrir, revenir à l'article, télécharger deux PDF de livres dont un de 332 pages; c'est une réalisation rendu possible par internet; la lecture en mosaïque sur la page de l'ordi est-elle possible ? je n'ai pas essayé; ChatGPT pourrait-il être sollicité en cours de lecture, sans doute
amusez-vous donc : il y en a pour des heures et des heures donc prendre tout son temps, faire défiler, prendre l'atmosphère, lire ensuite en 6 moments le récit, la légende en 6 chapitres que je fabrique, revenir et ouvrir en fonction des attractions étranges...
carte envoyée depuis St Petersbourg par Vitya, le 10 mai 2023, les deux vieux amoureux ressemblent de dos à JC et A. / photo d'A prise par Edouard Gordeev, un photographe renommé de Saint-Pétersbourg, à la demande de V, depuis un café dont je ne me souviens plus le nom, sur l'esplanade donnant sur la cathédrale Saint-Isaac; c'est Edouard qui avait prêté le parapluie; il en avait toujours 2 ou 3 selon les filles ou femmes qu'il souhaitait photographier; c'était en juillet 2004
carte envoyée depuis St Petersbourg par Vitya, le 10 mai 2023, les deux vieux amoureux ressemblent de dos à JC et A. / photo d'A prise par Edouard Gordeev, un photographe renommé de Saint-Pétersbourg, à la demande de V, depuis un café dont je ne me souviens plus le nom, sur l'esplanade donnant sur la cathédrale Saint-Isaac; c'est Edouard qui avait prêté le parapluie; il en avait toujours 2 ou 3 selon les filles ou femmes qu'il souhaitait photographier; c'était en juillet 2004
carte envoyée depuis St Petersbourg par Vitya, le 10 mai 2023, les deux vieux amoureux ressemblent de dos à JC et A. / photo d'A prise par Edouard Gordeev, un photographe renommé de Saint-Pétersbourg, à la demande de V, depuis un café dont je ne me souviens plus le nom, sur l'esplanade donnant sur la cathédrale Saint-Isaac; c'est Edouard qui avait prêté le parapluie; il en avait toujours 2 ou 3 selon les filles ou femmes qu'il souhaitait photographier; c'était en juillet 2004

carte envoyée depuis St Petersbourg par Vitya, le 10 mai 2023, les deux vieux amoureux ressemblent de dos à JC et A. / photo d'A prise par Edouard Gordeev, un photographe renommé de Saint-Pétersbourg, à la demande de V, depuis un café dont je ne me souviens plus le nom, sur l'esplanade donnant sur la cathédrale Saint-Isaac; c'est Edouard qui avait prêté le parapluie; il en avait toujours 2 ou 3 selon les filles ou femmes qu'il souhaitait photographier; c'était en juillet 2004

note au lecteur

jouer et être joué, être un perdant magnifique face à αἰὼν l'enfant roi d'Héraclite fragment 130

Aiôn est un terme issu de la philosophie antique, désignant le temps cyclique, par opposition à Chronos (le temps physique) et Kairos (le temps métaphysique).

être un perdant magnifique avec la mort
(pas face à la mort ou contre la mort, avec)
c'est ce que fut me semble-t-il Vitya, Victor Ponomarev, débarqué dans notre famille en 1994, il avait 20 ans
faisant un travail d'épitaphier le concernant, sans vouloir être exhaustif (chacun-personne reste un mystère avec ses secrets, ses peurs, ses espoirs, ses blessures), je fouille mes mémoires (souvenirs, photos, vidéos, articles, spectacles) et écris cet article fort long comme tous ceux que j'écris, donc survolé par les gens pressés, article constellé d'hyper-liens, faits pour être ouverts, que beaucoup de lecteurs sur les 110 abonnés hésiteront à ouvrir, ne sachant lequel ouvrir
auteur de l'article, je me laisse porter par les propositions nocturnes et celles du matin au moment de la méditation; propositions, suggestions, associations me viennent, je ne les trouve pas
Vitya est au coeur du récit, d'une légende car je me garderai bien de prétendre à la vérité de ce récit => tout récit est légende même les autobiographies
mais aussi le couple que nous formions et formons encore car faisant ce travail, je me rends compte des empreintes laissées par un être aimé, complexe, secret au possible, un Verrseau, généreux dans le jeu, toujours jouant, autodidacte tant en théâtre que dans tout ce qu'il avait appris par lui-même en cherchant sur la toile (très informé des actualités, très orienté politiquement, une métaphysique de l'animalité humaine en lien avec l'instinct de survie ne laissant pas de place semble-t-il au 3° ordre, celui du coeur, croyant tout de même à l'âme)
une discussion avec lui était toujours redoutable : il ne laissait rien passer et ne lâchait jamais sur une conviction; sa puissance argumentative usant de tous les procédés rhétoriques (élever le ton, s'énerver (un jeu), injurier, prendre un ton câlin (je te charrie), jouant le cynisme sans remords) était perturbante plutôt que convaincante
Vitya me bousculait, c'est ainsi qu'il est devenu l'antagoniste, Boris Siderev, du futur Vita Nova que jeuh J.-C. suis devenu
cher lecteur, je n'ai donc aucun conseil à te donner, fais ton chemin de lecture dans un article qui remonte à la mythologie grecque, passe par Héraclite, Dante et sa Divine comédie, Pétrarque et son Triomphe de la mort, Goya, Leonard Cohen, voyage dans les espaces interstellaires et les univers parallèles
 
1994, 20 ans, 2024, 50 ans / dans un TGV / 1 juillet 2022 Paris Saint-Lazare /
1994, 20 ans, 2024, 50 ans / dans un TGV / 1 juillet 2022 Paris Saint-Lazare /
1994, 20 ans, 2024, 50 ans / dans un TGV / 1 juillet 2022 Paris Saint-Lazare /
1994, 20 ans, 2024, 50 ans / dans un TGV / 1 juillet 2022 Paris Saint-Lazare /

1994, 20 ans, 2024, 50 ans / dans un TGV / 1 juillet 2022 Paris Saint-Lazare /

d'entrée de jeu, ne pas se méprendre sur ce titre, pouvant être reçu comme provocateur, malveillant

avec la mort - je dis avec et non contre la mort, face à la mort - nous sommes tous des perdants

Vitya fut un perdant magnifique

les derniers moments

Depuis le 24 janvier 2024, la Terre a tourné.
 

Chose commune que commencement et fin sur le circuit du cercle. Héraclite fragment 119.
Le chemin montant descendant est un et le même. Héraclite fragment 118.

Le 24 janvier 2024, je souhaitais par téléphone, ses 50 ans à Victor Ponomarev, Vitya
un fils pour nous depuis 1994,
également un gendre depuis 1997
acteur formidable dans de nombreux spectacles
Il avait assuré malgré la douleur et sa faiblesse physique les représentations des 20 et 21 décembre 2023 à la scène nationale de Flers dans
D’autres mondes
et L’horizon des événements de Frédéric Sonntag..
Il n’avait pu passer Noël 2023 avec nous.
Son dernier Noël avec nous fut celui de 2022, qu’il passa surtout dans son cabanon.
Il avait été hospitalisé le 15 janvier 2024 après deux chimiothérapies, destinées comme les précédentes à le prolonger.
Le 31 janvier, je suis monté à l’hôpital Saint-Louis pour le voir. Je l’ai vu le 31, le 1° février, les 3 et 4.
Vitya est décédé le 4 février 2024 à 50 ans et onze jours.
La magnifique et terrible discussion entre une voix fatiguée (lui) et une oreille un peu sourde (moi) que nous avons eue le 1° février vers 15 H m’a profondément marqué.  
Il fut question du Temps éternel αἰὼν et du temps qui passe chronos avec h.

Aiôn est un terme issu de la philosophie antique, désignant le temps cyclique, par opposition à Chronos (le temps physique) et Kairos (le temps métaphysique).


Surgit une oeuvre noire de Goya Cronos sans h dévorant un de ses enfants, oeuvre qui le hante depuis quelques jours
et d'agiter ses bras maigres comme s'il voulait chasser des fantômes
de crier « maman » parce que des mains cherchent à l’attraper.

Il voit tantôt l’enfer, tantôt le paradis.
Il me parle de façon hachée de l'inachèvement de l'homme, du mystère qui enveloppe toutes nos questions existentielles, de la nécessité de se taire.
L’homme se rassure par des certitudes scientifiques éphémères et des croyances. Il faut accepter que le début et la fin de la vie sont des mystères.
J'ai l'impression d'entendre Héraclite l'obscur parfaitement clair.
Il me dit aussi savoir quand il a attrapé son cancer, quand une metteur en scène l'a humilié, ne l'a pas considéré comme un être humain sensible et vivant pouvant proposer pour en faire un acteur robot manipulé harcelé par elle pour obtenir ce qu’elle voulait.
On parle Théâtre avec un T majuscule. J’évoque l'âme éternelle de la Tragédie et de la Comédie, les deux tentatives de l’homme de se représenter les destins humains, tragiques, comiques et leurs mille et une nuances.
Il me rappelle ce qu'il a gravé dans le caveau familial à Corsavy sur l'emplacement de Cyril : tu as été la porte vers mon THÉÂTRE, merci.
Le Temps avec majuscule (Aiôn) est un enfant qui joue en déplaçant les pions : la royauté d’un enfant. Héraclite fragment 130, un des plus célèbres et difficiles.
Nous avons le pion blanc vie mais à Aiôn appartient le pion noir mort.
Nous avons le pion blanc santé, Aiôn, le pion noir maladie. Nous avons le pion blanc jeunesse, Aiôn, le pion  noir vieillesse.
Peu à peu, le temps chronos passant, nous sommes cernés par la maladie, la vieillesse jusqu’à l’issue fatale.
Aiôn, l’enfant joueur gagne, il est le roi.
J’ai reçu l’oeuvre noire de Goya, de façon personnelle.
C’est quoi un père perdant ses fils. D’abord Cyril, maintenant Vitya. Cela me renvoie à la question de Cyril, un jour à Châteauvallon : c’est quoi être père ? J’ai bafouillé sur la transmission.
Puis, j’ai vu le circuit du cercle du fragment 119 :
Vitya s’est trouvé lui aussi confronté à cette question : quel père suis-je avec et pour Kristian ?
Il a eu le désir fort de partir avec Rosalie, voir pendant 18 jours, Kristian et Olga à Saint-Petersbourg, du 19 avril au 11 mai 2023.
Voyage rocambolesque puisque frontières russes interdites. Il leur a fallu passer par le chemin des réfugiés afghans ou pakistanais, en bus à Tallin, en Estonie.
J’ai reçu aussi cette perte des fils d’un point de vue sociologique quand la génération au pouvoir, adulte, ne se soucie pas de ce qu’on appelle les générations futures, quand la jeunesse est sacrifiée (celles de 14-18). C’est ce qu’on appelle le syndrome de Cronos.
Nous sommes à nouveau dans ce cercle.
Cronos mangeant son fils c'est aussi le père qui parce qu'il vieillit enterre de plus jeunes que lui donc ses fils ou des amis plus jeunes.
Après Vitya, ce fut Georges, ce fut Alain, ce fut Christian entre autres.
Ce qui me frappe en vivant la préparation des obsèques de Vitya, le 14 février 2024, c’est le pouvoir rassembleur d'une disparition, pouvoir rassembleur à l'image de la vie de Vitya :
il y aura cette cérémonie laïque à Corsavy, le 14 février, jour anniversaire de l’épousée que Vitya considérait comme sa mère
il y aura deux cérémonies orthodoxes à Saint-Petersbourg et à Oulan-Oudé,
deux familles,
trois générations,
deux cultures,
quatre pratiques : laïque, orthodoxe, bouddhiste, chamanique.
Tout s'est fait en concertation et dans le souci d'honorer Vitya.
Distances abolies par la fraternité, l’amour, l’amitié
et temps aboli grâce à internet, cette cérémonie se déroulant en temps réel par zoom.
Suite à la grève des agriculteurs espagnols dans cette période, la réalité pour mes acolytes et moi, fut que nous sommes arrivés après l’enterrement à 16 H 30.
Je n’ai pas cherché de signe là-dedans.
À la date du 24 janvier 2025, je n’ai toujours pas vu l’enregistrement du zoom.
Dans une vidéo qu'est-ce que la mort, Etienne Klein dit : le temps n'existe pas, la mort en est le visage.
Stéphane Allix et bien d’autres avancent : la mort n’existe pas, le temps non plus.
Tu ne sais pas à quel point tu ne sais pas ce que tu ne sais pas.

Un geste affectueux de Vitya, il nous reniflait comme un hérisson derrière l’oreille. C’était particulièrement agréable, chatouilleux, jubilatoire. Kdo de Vitya à ceux qui aimeront jouer aux hérissons en train de disparaître.
Au 28 octobre 2024, le hérisson européen a été classé comme « quasi menacé

 

 

 

rap de Kristian, 14 ans, fils de Vitya et Olga avec en fin de rap la voix fatiguée de Vitya; traduit en français ci-dessous

"Je me tiens devant le miroir à quatre heures du matin, je me regarde et je ne comprends pas qui je suis devenu. 
Je me tue la nuit Je veux être avec ceux que j'ai perdus Mon feu s'éteint
Il n'a pas brillé depuis le décès de Pono.
Je fais de mon mieux pour garder ta mémoire vivante, le grand Pono vit dans le cœur du petit
J'ai abandonné deux albums parce que ça fait mal de les écouter. 
Les larmes me viennent aux yeux à chaque ligne du putain de sixième sens
Et c'est un cercle vicieux, j'écris à nouveau des textes amers
J’ai même pensé à arrêter de lire, mais cela m’est étranger.
J'ai promis de continuer à faire de la musique, ce qui signifie que je dois continuer. 
Et je mentionne la France dans chaque morceau, non pas parce que je pense que c'est cool 
Montmartre garde notre bonheur, Montmartre garde ce que je n'oublierai jamais 

 

Nous nous battrons, nous avons des armes 
Je suis vraiment désolé que tu nous aies quitté si soudainement, je ne peux pas le comprendre.
Je suis en colère contre le monde, je ne peux pas l'accepter
Tu m'as promis que tu m'aimerais même du paradis 
Je continuerai à t'aimer d'ici 
Vitya, je n'aurais pas dû vivre ça
 
[Voix de Viti]
 
Tout va bien, tout va bien, j'espère... que... cette année il y aura quelque chose de mieux... J'espère bien sûr... Que tu enregistres enfin ton album cette année, que tu l'enregistres bien, avec un micro, avec des paroles, avec toutes les choses, je t’aime… » 

Cher Jean-Claude !
 
L’occasion qui me fait écrire est triste, sublime, complètement détachée de tout ce qu’on peut étreindre. Je ne savais rien de la maladie de Vitya, donc, quand j’ai lu votre lettre précédente où vous dites qu’il sera inhumé, j’avais un long moment de doute et d’engourdissement, espérant que j’ai oublié ce mot en français et que cela doit signifier quelque chose de positive. Mais hélas, des mots ne changent pas leurs signifiés tellement vite.
Frappante n'était pas seulement la nouvelle elle-même mais aussi le fait que Vitya est une des personnes les plus vitales que j’ai jamais rencontrée. Une personnalité énorme, de l’énergie même peut-être excessive pour ce monde, l’énergie qui rayonnait beaucoup, trop beaucoup mais n’était pas facile à vivre avec (pour lui en premier lieu).
Je ne suis pas capable de dire beaucoup et ne veux pas répéter des lieux communs, mais ce fait insondable qu`il  est parti s'intègre pour moi dans la chaîne des morts que vous avez survécu. (Si on peut dire "survivre la mort'). C'est pourquoi vous êtes ici pour moi la figure principale d'échelle énorme qui témoigne la présence de la lignée entière a сhaque instant éphémère aussi que dans l'éternité. Cela me reste inconcevable, comment vous laissez partir les plus proches, les plus talentueux, les plus lumineux et continuez votre vie, aussi tellement profonde et riche. Pour "tenir" tout ça il faut avoir de la sagesse très spécifique.
En pensant de Vitya, de vous, de nos voyages,de votre cimetière familiale à Corsavy et tous autres détails,  j'arrive à comprendre que la rencontre avec vous et par conséquent toute votre famille (comme ils sont tous visibles dans vous et se manifestent à travers de vous, vous faisant plus fort), donc, j`ai compris que cette rencontre avec vous tous étaient un des moments les plus magiques dans ma vie. La richesse indescriptible des gens des talents extraordinaires (aussi artistiques que spirituels) dans votre famille m'étonnait toujours. Finalement, ce que j`admire en particulier c`est la présence absolue de la beauté dans toutes ses histoires dures: la beauté physique, la beauté de leurs actions, de l`art qu`ils créent, et la beauté de ce, comment vous les voyez partir, en moudrant la douleur dans la poésie. La poésie pure - voilà le lien réel entre vous, votre famille et autres secrets de la vie et de la mort les plus beaux. Je suis infiniment reconnaissante d'avoir la possibilité de faire connaissance avec vous et votre famille, de toucher juste un peu ce monde magique, dont vous êtes à juste titre gardien. Que c'est beau que Vitya sera commémoré au quatre vents de religions différentes! Que ce soit le véritable mystère et initiation, libre et puissante comme Vitya était et que vous, son père, êtes.
 
Dasha,  depuis Saint-Petersbourg
avec gratitude et admiration la plus sincère à vous tous. 10 février 2024, 18 H 25
message lu lors de l'inhumation, le 14 février 2024
me
Saturne dévorant ses enfants / L'enfer de Dante vu par Miquel Barceló
Saturne dévorant ses enfants / L'enfer de Dante vu par Miquel Barceló
Saturne dévorant ses enfants / L'enfer de Dante vu par Miquel Barceló
Saturne dévorant ses enfants / L'enfer de Dante vu par Miquel Barceló
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Saturne dévorant ses enfants / L'enfer de Dante vu par Miquel Barceló

Saturne dévorant ses enfants / L'enfer de Dante vu par Miquel Barceló

la maman de Vitya, assassinée en 1993 rap d'accompagnement Je vous aime d'Axiom / plaque de Vitya, posée le 13 août 2024, à 11 H 30 avec un texte d'Ossip Mandelstam, 6 mois après son inhumation
la maman de Vitya, assassinée en 1993 rap d'accompagnement Je vous aime d'Axiom / plaque de Vitya, posée le 13 août 2024, à 11 H 30 avec un texte d'Ossip Mandelstam, 6 mois après son inhumation

la maman de Vitya, assassinée en 1993 rap d'accompagnement Je vous aime d'Axiom / plaque de Vitya, posée le 13 août 2024, à 11 H 30 avec un texte d'Ossip Mandelstam, 6 mois après son inhumation

Je vous aime (2006)
Axiom

verse
La haine irrigue nos veines
Et alimente nos peines
On ne sait qui consoler et partager les chagrins
La veuve ou l′orphelin
verse
Entre nous des différences
Nous partageons les souffrances
Et même si adversité rime avec diversité
Ensemble pouvoir dire en liberté
chorus
Je vous aime
Qui que vous soyez
Qui que je sois
Nous ensemble
Je vous aime quand même
chorus
Je vous aime
Qui que vous soyez
Qui que je sois
Nous ensemble
Je vous aime quand même
verse
La haine irrigue nos veines trop souvent
Xénophobie nous enchaîne
On se sert de la culture comme le front d'une clôture
Pour couver l′intolérance
verse
Les âmes sans humanité
Les larmes et le sang liés
Entachent les ailes du symbole, l'unité
chorus
Je vous aime
Qui que vous soyez
Qui que je sois
Nous ensemble
Je vous aime quand même
verse
Je vous aime (ô liberté)
Qui que vous soyez
Qui que je sois
Nous ensemble
Je vous aime quand même
verse
On peut se réconcilier
Panser les blessures
Et gommer les ratures qui salissent
La page que l'on doit écrire
Nos projets à venir
Accepter
Respecter
Et changer pour vous dire
chorus
Je vous aime (ô liberté)
Qui que vous soyez
Qui que je sois
Nous ensemble
Je vous aime quand même
chorus
Je vous aime (je vous aime, je vous aime)
Qui que vous soyez
Qui que je sois
Nous ensemble
Je vous aime quand même
verse
Les âmes sans humanité
Les larmes et le sang liés
Entachent les ailes du symbole, l′unité
Et même si adversité rime avec diversité
Ensemble pouvoir dire en liberté
chorus
Je vous aime
Qui que vous soyez
Qui que je sois
Nous ensemble
Je vous aime quand même
chorus
Je vous aime
Qui que vous soyez
Qui que je sois
Nous ensemble
Je vous aime quand même
chorus
Je vous aime
Je vous aime
Qui que vous soyez
Qui que je sois
Nous ensemble
Je vous aime quand même

 

Aujourd'hui, 4 février 2024, je vous quitte. Je quitte la rive et les gens. Je vous le dis encore vivant.

Aujourd'hui, 4 février 2024, je vous quitte. Je quitte la rive et les gens. Je vous le dis encore vivant.

Aujourd'hui, 4 février 2024, je vous quitte.
Je quitte la rive et les gens. Je vous le dis encore vivant.
Victor Ponomarev
24 01 1974 - 04 02 2024
Et quand je vais mourir, ayant servi mon temps,
Moi de tout temps l'ami de tout vivant sur terre,
Retentira plus haut et plus immensément
L'écho du ciel dans ma poitrine tout entière
Ossip Mandelstam
 
Corbeau blanc (2013)
Julien Doré
Ce soir je vous quitte
Je quitte la rive et les gens
Depuis mon île politique
Je prends l'exil des corbeaux blancs
Alors ce soir je vous quitte
Pour la force des puants
Je suis sale et plein de tiques
Je prends l'exil des corbeaux blancs
Je suis la courbe bleue tangible
Je suis l'herbe puis le vent
Tant mieux si ce soir je vous quitte
Je prends l'exil des corbeaux blancs
Tais-toi ce soir je vous quitte
De cette fièvre romantique
Je rends la couronne à vos dents
A vos mâchoires robotiques
A vos ventres de géants
Je sais que ce soir je vous quitte
Je vous le dis encore vivant
Je ne reviens pas des cimes
De là où la neige se pend
Je ne sortirai pas des lignes
Tracées par les corbeaux blancs
Si d'en bas vous me faites un signe
J'oublierai les liens du sang
Pour qu'une pluie d'atropine
Perce vos yeux de déments
Pour une de vos maigres épines
Je prends le nuage de corbeaux blancs
Pour qu'une pluie d'atropine
Perce vos yeux de déments
Moi je suis nu pour qu'on soit quittes
Je suis devenu corbeau blanc
Ça y est ce soir je vous quitte
mardi 11 février 2025, 19 H, Le petit chicago /
mardi 11 février 2025, 19 H, Le petit chicago /

mardi 11 février 2025, 19 H, Le petit chicago /

mardi 11 février, 19 H, Le Petit Chicago, place de l'équerre, Toulon
scène ouverte de poésie, animée par Cédric Lerible et Olivier Sadoul /
inscription                          poesiechicago@gmail.com
je me propose de dire deux textes (2 fois 3-4') si c'est possible
en lien avec l'inhumation de Vitya, le 14 février 2024, jour aussi de l'anniversaire d'A.B., le 14 février 1948
Annie, Vitya, Katia, Olga, 2007 sortie de résidence de création de Rien ne sera plus jamais comme avant
Annie, Vitya, Katia, Olga, 2007 sortie de résidence de création de Rien ne sera plus jamais comme avant

Annie, Vitya, Katia, Olga, 2007 sortie de résidence de création de Rien ne sera plus jamais comme avant

Vitya inhumé le 14 février 2024

La discussion que nous avons eue, Vitya et moi, le 1° février 2024 vers 15 H dans l’unité des soins palliatifs de l’hôpital Saint-Louis à Paris m’a profondément marqué.   Il fut question du Temps éternel Aiôn et du temps qui passe Chronos avec h.
Il me parle de façon hachée de l'inachèvement de l'homme, du mystère qui enveloppe toutes nos questions existentielles, de la nécessité de se taire. « Tu ne sais pas à quel point, tu ne sais pas ce que tu ne sais pas. » J'ai l'impression d'entendre Héraclite l'obscur parfaitement clair.
Aiôn est un enfant qui joue en déplaçant les pions : la royauté d’un enfant. Héraclite fragment 130. Nous avons le pion blanc vie, Aiôn, le pion noir mort. Nous avons le pion blanc santé, Aiôn, le pion noir maladie. Nous avons le pion blanc jeunesse, Aiôn, le pion  noir vieillesse. Peu à peu, chronos passant, nous sommes cernés par la maladie, la vieillesse jusqu’à l’issue fatale. Aiôn, l’enfant joueur gagne, il est le roi.
On parle Théâtre avec un T majuscule. J’évoque l'âme éternelle de la Tragédie et de la Comédie, les deux tentatives de l’homme de se représenter les destins humains, tragiques, comiques et leurs mille et une nuances. Il me rappelle ce qu'il a gravé dans le caveau familial à Corsavy sur l'emplacement de Cyril : tu as été la porte vers mon THÉÂTRE, merci.
Surgit une oeuvre noire de Goya Cronos sans h dévorant un de ses enfants, oeuvre qui le hante depuis quelques jours et d'agiter ses bras maigres comme s'il voulait chasser des fantômes de crier « maman » parce que des mains cherchent à l’attraper. Il voit tantôt l’enfer, tantôt le paradis. J’ai reçu l’oeuvre noire de Goya, de façon personnelle. C’est quoi un père perdant ses fils. D’abord Cyril, maintenant Vitya. Cela me renvoie à la question de Cyril, une nuit à Châteauvallon, au passage à l’an 2000 : c’est quoi être père ? J’ai bafouillé sur la transmission. Puis, j’ai vu le circuit du cercle. Vitya s’est trouvé lui aussi confronté à cette question : quel père suis-je pour Kristian ?
Cronos mangeant son fils c'est aussi le père qui parce qu'il vieillit enterre de plus jeunes que lui, donc des fils.
Quand la génération adulte au pouvoir ne se soucie pas de ce qu’on appelle les générations futures, quand la jeunesse est sacrifiée comme en 14-18, on appelle cela le syndrome de Cronos. Nous sommes à nouveau dans ce cercle.
Un geste affectueux de Vitya : il nous reniflait comme un hérisson derrière l’oreille. C’était particulièrement  chatouilleux. Le 28 octobre 2024, le hérisson européen a été classé comme « quasi menacé ».

 

Annie née le 14 février 1948

Apparemment, c’est une femme de l’absence. Toujours ailleurs. Perdue dans ses pensées. Fille d’air et de rêve. Mais à la pratiquer, avec amour, depuis quarante six ans, j’ai compris que c’est une femme de la présence, une présence légère, dans le présent. Elle ne pèse pas. Elle ne pose pas. Avec elle, tout est danse. Le présent n’est pas que l’instant. C’est le moment de maintenant, avec une pointe de souvenir. Une fleur, chaque jour, pour notre chat parti sans retour. Son nom parfois et alors, une bouffée de nostalgie. Elle est attachée à tout ce à quoi elle a donné de l’amour. Des photos et des mots pour les disparus, la mère, d’une embolie qu’elle embellit, le fils et le frère, dans le même accident. Des cartes aux anniversaires. Des cadeaux sans destinataire pour les recevoir. Quelle aptitude à ne rien laisser mourir malgré la souffrance, évidente, inconsolable. Chaque objet est à la fois d’hier et de maintenant, pas figé, souvent déplacé. L’œil toujours sollicité par quelque nouveauté, une disposition rare, un rapprochement inattendu, un éloignement surprenant. Tout ce qu’elle aime est sans cesse repris, reconsidéré. Petits riens qui changent tout. Combat de chaque instant contre la dégradation, l’usure, l’habitude, l’oubli. La maison vit, est habitée. Pas d’ennui possible avec une femme qui fait de sa maison, de notre vie, un récit, un poème. Avec elle, les simples jours deviennent les simples beaux jours, embellis par le regard, le sourire radieux qu’elle pose sur les choses et les gens. Les tristes jours deviennent les inoubliables tristes jours, adoucis par son sourire mélancolique. Elle rayonne d’amour. Solaire, elle donne le meilleur d’elle, une écoute qui apaise angoisses et peines, aide à mettre en mots, petits maux et grandes douleurs. Mais de ses angoisses et souffrances, vous ne saurez rien, les mots ne sont pas pour elle. Elle ne s’en sert pas pour elle. Tout se passe dans le regard, souvent mouillé, toujours caché. Ah ! la légère, l’aérienne ! Depuis quarante six ans, elle me fait la vie légère. Je l’aime sans comprendre pleinement la force du don qui l’habite. Mais en le vivant pleinement, passant des heures à contempler son visage sur lequel je ne vois pas passer l’âge. Elle a l’âge de son cœur, celui de l’adolescente qui m’a choisi une fois pour toutes. Mon désir d’elle et mon amour pour elle sont restés intacts à son contact.

Les perdants magnifiques de Leonard Cohen, 1966 / sainte Catherine Tekakwitha
Les perdants magnifiques de Leonard Cohen, 1966 / sainte Catherine Tekakwitha

Les perdants magnifiques de Leonard Cohen, 1966 / sainte Catherine Tekakwitha

le pion noir mort de l'enfant-roi du fragment 130 d'Héraclite est le pion ultime de la partie que nous jouons avec le pion blanc vie

αἰὼν παῖς ἐστι παίζων πεσσεύων· παιδὸς ἡ βασιληίη

« Le temps est un enfant qui joue : la royauté de l’enfant. »

nous sommes donc tous des perdants avec la mort

certains sont des perdants magnifiques

Leonard Cohen en fut un; il a écrit un roman : Les perdants magnifiques, 1966

Le narrateur est obsédé par le souvenir de sa femme Edith, suicidée dans une cage d'ascenseur, et tyrannisé par l'amant de cette dernière, le mystérieux et méphistophélique F. Le narrateur tente de conjurer ses obsessions par l'invocation, de plus en plus scabreuse au fil des pages, de la première sainte indienne du Canada, l'Iroquoise Catherine Tekakwitha, convertie par les Jésuites au XVII e siècle, si bien que le livre se déploie dans plusieurs directions - récit bourgeois d'un ménage à trois, biographie romancée d'une sainte historique, considérations hallucinées sur la drogue, Dieu, la culture pop, la guerre d'Espagne, les orgies et les Juifs, bref, l'univers de Cohen -, le cadre romanesque explosant à mesure, en poèmes, sketches, dialogues, prières.

Aujourd'hui Les Perdants magnifiques reste comme un pur joyau de pop-culture, parfaitement déjanté.

Comment puis-je commencer quelque chose de nouveau avec tout cet hier en moi ?

Catherine Tekakwitha, qui es-tu ? Es-tu (1656-1680) ? Est-ce assez ? Es-tu la Vierge Iroquoise ? Es-tu le lis des rives de la rivière Mohawk ? Puis-je t’aimer à ma façon ? Je suis un vieil érudit, plutôt mieux de ma personne maintenant que lorsque j’étais jeune. C’est ainsi que l’on améliore ses traits à rester assis sur son cul. Je t’ai suivie, Catherine Tekakwitha. Je veux savoir ce qui se passe sous cette couverture rose. En ai-je le droit ? Je suis tombé amoureux d’une image pieuse de toi. Tu te tenais parmi des bouleaux, mes arbres favoris. Dieu sait jusqu’à quelle hauteur tes mocassins étaient lacés. Derrière toi il y avait une rivière, sans doute la rivière Mohawk. Deux oiseaux au premier plan à gauche seraient ravis que tu leur chatouilles la gorge, ou si seulement tu te servais d’eux dans une parabole. Ai-je le droit de te suivre avec mon esprit poussiéreux plein du fatras de peut-être cinq mille livres ? Je vais même si rarement à la campagne. Peut-être pourrais-tu m’apprendre quelque chose sur les feuilles ? Que sais-tu des champignons narcotiques ? Lady Marilyn est morte il y a quelques années. Puis-je dire qu’un vieil érudit, dans quatre cent ans, peut-être de mon propre sang, s’intéressera à elle comme je m’intéresse à toi ? Mais pour le moment tu dois en savoir plus sur le ciel. Est-ce que ça ressemble à ces petits autels en plastique qui brillent dans le noir ? Je jure que ça ne me choquerait pas. Est-ce qu’après tout les étoiles sont minuscules ?

J'aurais voulu vivre dans le "folk song" comme Joe Hill, pleurer pour les innocents que ma bombe aurait mutilés, remercier le vieux paysan qui nous aurait nourris pendant notre fuite. J'aurais voulu avoir une manche vide retenue par une épingle double, et voir les gens sourire tandis que je saluais de la mauvaise main. [...] J'aurais voulu avoir ma tête portée à Pékin, avec un poème écrit sur mon épaule, sourire au dogme qui écrasait ma personnalité, faire face aux machines de Broadway. J'aurais voulu que la Cinquième Avenue se souvienne des pistes indiennes [...] J'aurais voulu écrire un pamphlet contre le contrôle des naissances, dans une langue très simple, un pamphlet qui serait venu au foyer, illustré de dessins [...] J'aurais voulu trafiquer dans l'immobilier, représentant d'un milliardaire anonyme et sans âge. J'aurais voulu bien écrire sur les Juifs. J'aurais voulu être fusillé dans les rangs des Basques pour avoir apporté l'Eucharistie contre Franco sur le champ de bataille....

Une soupe délicieuse me brûle la main. Un geyser visqueux m’inonde le poignet. Une pluie magnétique met ma montre Bulova à l’épreuve. Elle vacille à la recherche de son équilibre, puis elle s’abat sur mon poing comme un filet à gorille. Je m’étais faufilé dans sa fourrure humide, que je pressais entre mes doigts comme de la barbe-à-papa. Je suis au centre maintenant d’une exubérante artésienne de collerettes, d’innombrables bulbes, d’une constellation de cœurs muqueux en train de pomper. Des messages en morse moite me remontent le long du bras, paralysant mon cerveau, par des zones obscures, ils choisissent de nouveaux rois pour les prétendants épuisés de l’esprit. Je suis un phoque inventant des ondulations dans une vaste piscine électrique, je suis un fil de tungstène dans un océan d’ampoules, je suis créature des cavernes de Mary, je suis écume sur vague, les fesses de nurse Mary applaudissent avidement comme elle manœuvre pour frotter le trou de son cul sur mon bras, le rose de son rectum glissant comme le rêve d’une rampe démoniaque.

Le 30 août 2023, le pape François a évoqué Catherine Tekakwitha

François a souligné qu'"en Catherine Tekakwitha, nous trouvons donc une femme qui a témoigné de l'Évangile, non pas tant par de grandes œuvres, car elle n'a jamais fondé de communauté religieuse ni d'institution éducative ou caritative, mais par la joie silencieuse et la liberté d'une vie ouverte au Seigneur et aux autres". Même avant sa mort, survenue le 17 avril 1680 à l'âge de 24 ans, Catherine a accompli sa vocation avec simplicité, en aimant et en louant Dieu et en apprenant à ceux avec qui elle vivait à faire de même. Ses dernières paroles furent d'ailleurs : "Jésus, je t'aime".

"En bref, a conclu le pape, elle a su témoigner de l'Évangile en vivant l'ordinaire avec fidélité et simplicité. Puissions-nous, nous aussi, savoir vivre l'ordinaire de manière extraordinaire, en demandant la grâce d'être, comme cette jeune sainte, d'authentiques disciples de Jésus". 

un message d'anniversaire, envoyé le 28 janvier 2025 à 8 H 40

Que ce jour ordinaire te soit extra-ordinaire
Et que ce jour extraordinaire te soit ordinaire
Tu pourras ainsi balader-ballader le curseur d’un extrême, ordinaire, à l’autre, extraordinaire, et apprécier les mille et une nuances entre ces deux extrêmes

αἰὼν παῖς ἐστι παίζων πεσσεύων· παιδὸς ἡ βασιληίη

« Le temps est un enfant qui joue : la royauté de l’enfant. »

dans le texte consacré aux derniers jours de Vitya, m'appuyant sur le fragment 130, j'ai mis l'accent sur les pions noirs de l'enfant-roi qu'il joue contre les pions blancs que nous avons entre les mains

j'ai donc mis l'accent sur les pions du jeu

mais pourquoi αἰὼν est-il dit enfant ?

les jeux d'enfants et pour enfants avaient une grande importance dans la Grèce antique. Dans le cadre du projet ERC Locus Ludi. The Cultural Fabric of Play and Games in Classical Antiquity, une réflexion collective s’imposait sur l’énigmatique fragment d’Héraclite : « Le temps est un enfant qui joue : la royauté de l’enfant. »

Véronique Dasen est professeure d’archéologie classique à l’Université de Fribourg, rattachée au laboratoire ANHIMA, Paris (UMR 8210). Elle explore de manière pluridisciplinaire et anthropologique des facettes moins connues de l’Antiquité : l’histoire du corps et de ses pratiques, médicales et magiques, l’histoire de l'enfant et du genre, la culture ludique en tant que métaphore et fabrique d’une société. Elle dirige plusieurs projets de recherches, en dernier lieu le projet financé par le Conseil Européen de la Recherche (ERC) Locus ludi. The Cultural Fabric of Play and Games in Classical Antiquity (2017-2022, no 741520).

Un livre collectif a été publié par Les presses universittaires de Liège en 2020

Héraclite :
le temps est un enfant qui joue
David BOUVIER, Véronique DASEN (éds)
Presses Universitaires de Liège

 

couverture de l'essai collectif sur les jeux éducatifs en Grèce antique

couverture de l'essai collectif sur les jeux éducatifs en Grèce antique

le PDF du livre collectif, 14 contributions, 338 pages

on ira voir la mer / nous serons vieux aussi / d'autres mondes / l'horizon des événements
on ira voir la mer / nous serons vieux aussi / d'autres mondes / l'horizon des événements
on ira voir la mer / nous serons vieux aussi / d'autres mondes / l'horizon des événements
on ira voir la mer / nous serons vieux aussi / d'autres mondes / l'horizon des événements

on ira voir la mer / nous serons vieux aussi / d'autres mondes / l'horizon des événements

Vitya fut un perdant magnifique

le comédien, le récitant

au Revest en 1999, à Corsavy en 2009
au Revest en 1999, à Corsavy en 2009

au Revest en 1999, à Corsavy en 2009

l'énergie vityale (expression due à K.P.) lors d'une fête des voisins à Saint-Denis en 2022
l'énergie vityale (expression due à K.P.) lors d'une fête des voisins à Saint-Denis en 2022
l'énergie vityale (expression due à K.P.) lors d'une fête des voisins à Saint-Denis en 2022
l'énergie vityale (expression due à K.P.) lors d'une fête des voisins à Saint-Denis en 2022

l'énergie vityale (expression due à K.P.) lors d'une fête des voisins à Saint-Denis en 2022

Vitya dans le théâtre du goulag, parmi d'autres zeks en 2004 (spectacle accueilli au Revest)
Vitya dans le théâtre du goulag, parmi d'autres zeks en 2004 (spectacle accueilli au Revest)
Vitya dans le théâtre du goulag, parmi d'autres zeks en 2004 (spectacle accueilli au Revest)
Vitya dans le théâtre du goulag, parmi d'autres zeks en 2004 (spectacle accueilli au Revest)

Vitya dans le théâtre du goulag, parmi d'autres zeks en 2004 (spectacle accueilli au Revest)

Qui ne travaille pas ne mange pas

expose, sur le mode de la revue, le destin d’artistes détenus qui ont pratiqués le théâtre dans les camps staliniens.

Cie Mabel Octobre, 2004

disponible en DVD

« Au cours de plusieurs voyages en Russie, j’ai pu me rendre sur d’ex-lieux de détention (Magadan, Vorkouta, Pétchora, Inta) et recueillir de nombreux documents sur le théâtre au Goulag (archives papier, audio et vidéo, dont près de 40 interviews d’anciens détenus ayant pratiqué ou fréquenté le théâtre dans les camps staliniens). Comment aborder la représentation d’un monde révolu dans un monde actuel où le devoir de mémoire heurte nos consciences ? Sans me plier à l’exercice de la reconstitution historique, il m’importe de donner à voir et à entendre des visions du théâtre au Goulag en ne partant que de faits véridiques mais en les inscrivant dans un temps présent.

S’interroger sur un thème grave tel que le Théâtre au Goulag, pose la question essentielle de « comment se fait-il que l’art suive l’évolution de l’humanité, comment se fait-il que même dans les situations les plus extrêmes, sous des régimes totalitaires, dans les terribles conditions d’enfermement du Goulag, l’art puisse exister et, à sa façon, prospérer ? »

Judith Depaule

Vitya dans Vous en rêvez Youri l'a fait de la Cie Mabel Octobre 2007 (spectacle accueilli au Revest)
Vitya dans Vous en rêvez Youri l'a fait de la Cie Mabel Octobre 2007 (spectacle accueilli au Revest)
Vitya dans Vous en rêvez Youri l'a fait de la Cie Mabel Octobre 2007 (spectacle accueilli au Revest)
Vitya dans Vous en rêvez Youri l'a fait de la Cie Mabel Octobre 2007 (spectacle accueilli au Revest)

Vitya dans Vous en rêvez Youri l'a fait de la Cie Mabel Octobre 2007 (spectacle accueilli au Revest)

Vous en rêvez (Youri l’a fait)

chronique épique du premier homme cosmique

Cie Mabel Octobre (2007)

En quoi peut-on dire que Gagarine est le dernier grand héros positif d’une époque désormais révolue ? Quelles sont les images qui nous en restent ? Qu’est-ce qu’un héros du 20e siècle, a fortiori communiste ? Comment ça se fabrique ? Quels mécanismes de propagande cela induit ? Qu’en est-il du regard que nous portons sur lui et dans quelle mesure sommes-nous responsables de son héroïsation ? Où en est notre fascination pour le cosmos 50 ans après l’envoi du premier spoutnik le 4 octobre 1957 qui émut le monde entier ? Que reste-t-il du 1er homme de l’univers et de son sourire légendaire ?
À partir de documents d’archives (papier, photo, vidéo et audio), de témoignages recueillis pour l’occasion, d’un univers onirique musical et visuel, le spectacle explore ces questions et réinterroge notre envie ancestrale de nous élever dans les airs en quête d’une inaccessible liberté.

durée 1h30
disponible en DVD

monté à Paris le 31 janvier 2024 voir Vitya à l'hôpital Saint-Louis
faisant depuis le 24 janvier 2025, anniversaire de ses 51 ans, un travail d'épitaphier le concernant, travail passionnant, je me suis rendu compte que Vitya avait joué dans le spectacle sur Youri Gagarine de Judith Depaule en 2007 (accueilli au Revest), que dans D'autres mondes (2020) de Frédéric Sonntag - Asanisimasa il était Alexei Zinoviev, écrivain soviétique de science-fiction imaginant des mondes parallèles, que dans L'horizon des événements (2022) de Frédéric Sonntag - Asanisimasa il est un astrophysicien
je me suis donc dit qu'il nous fallait voyager dans l'univers, quitter un peu bruits et fureurs, folies meurtrières collectives et individuelles, folies des grandeurs, retrouver l'humilité évoquée par Carl Sagan
je connaissais ce documentaire de 1 H 01, mis en ligne le 27 avril 2020 et dédié à Carl Sagan
les voyages extraordinaires des deux sondes Voyager, toutes deux sorties du système solaire et continuant à envoyer des données depuis l'espace interstellaire, sans doute jusqu'en 2030
« On dit que l’astronomie incite à l’humilité et forge le caractère. Il n’y a peut-être pas de meilleure démonstration de la vanité humaine que cette lointaine image. Pour moi, cela souligne notre responsabilité de cohabiter plus fraternellement les uns avec les autres, et de préserver et chérir le point bleu pâle, la seule maison que nous ayons jamais connue. »
Carl Sagan, Pale Blue Dot, 1994.
Carl Sagan Pale Blue Dot 1994 / photo prise le 14 février 1990, le jour de ses 42 ans Le 14 février 1990, 13 ans après son lancement, la sonde Voyager 1, alors qu’elle se trouve à plus de 6 milliards de kilomètres de la Terre et avant de dire définitivement adieu au système solaire, prend un cliché mémorable et émouvant. On y voit un point bleu pâle, minuscule, qui passe presque inaperçu : c'est notre Terre.

Carl Sagan Pale Blue Dot 1994 / photo prise le 14 février 1990, le jour de ses 42 ans Le 14 février 1990, 13 ans après son lancement, la sonde Voyager 1, alors qu’elle se trouve à plus de 6 milliards de kilomètres de la Terre et avant de dire définitivement adieu au système solaire, prend un cliché mémorable et émouvant. On y voit un point bleu pâle, minuscule, qui passe presque inaperçu : c'est notre Terre.

« Regardez ce point. C’est ici. C’est notre foyer. C’est nous. Dessus se trouvent tous ceux que vous aimez, tous ceux que vous connaissez, tous ceux dont vous avez jamais entendu parler, tous les êtres humains qui aient jamais vécu. La somme de nos joies et de nos souffrances. Des milliers de religions, d’idéologies et de doctrines économiques remplies de certitudes. Tous les chasseurs et cueilleurs, tous les héros et tous les lâches, tous les créateurs et destructeurs de civilisations. Tous les rois et paysans, tous les jeunes couples d’amoureux, tous les pères, mères, enfants remplis d’espoir, inventeurs et explorateurs. Tous les moralisateurs, tous les politiciens corrompus, toutes les “superstars”, tous les “guides suprêmes”, tous les saints et pécheurs de l’histoire de notre espèce ont vécu ici… Sur ce grain de poussière suspendu dans un rayon de soleil.
La Terre est une scène minuscule dans l’immense arène cosmique. Songez aux rivières de sang déversées par tous ces généraux et empereurs afin que, nimbés de triomphe et de gloire, ils puissent devenir les maîtres temporaires d’une fraction… d’un point. Songez aux cruautés sans fin infligées par les habitants d’un recoin de ce pixel aux habitants à peine différents d’un autre recoin. Comme ils peinent à s’entendre, comme ils sont prompts à s’entretuer, comme leurs haines sont ferventes. Nos postures, notre soi-disant importance, l’illusion que nous avons quelque position privilégiée dans l’univers, sont mises en perspective par ce point de lumière pâle.
Notre planète est une poussière isolée, enveloppée dans la grande nuit cosmique. Dans notre obscurité, dans toute cette immensité, rien ne laisse présager qu’une aide viendra d’ailleurs, pour nous sauver de nous-mêmes. La Terre est jusqu’à présent le seul monde connu à abriter la vie. Il n’y a nulle part ailleurs, au moins dans un futur proche, vers où notre espèce pourrait migrer. Visiter, oui. S’installer, pas encore. Que vous le vouliez ou non, pour le moment, c’est sur Terre que nous nous trouvons.
On dit que l’astronomie incite à l’humilité et forge le caractère. Il n’y a peut-être pas de meilleure démonstration de la vanité humaine que cette lointaine image. Pour moi, cela souligne notre responsabilité de cohabiter plus fraternellement les uns avec les autres, et de préserver et chérir le point bleu pâle, la seule maison que nous ayons jamais connue. »
Carl Sagan, Pale Blue Dot, 1994.

Vitya fut un perdant magnifique

l'antagoniste

Dialogue à venir, le 21 mars 2028, entre celui qu'on appelait communément J.-C. et Boris Siderev
 
" J.-C. − Depuis le 21 décembre 2020, on est entré dans l’ère du Verseau.
Après 2160 ans d’ère des Poissons dirigée par la planète Neptune, période de dualité, de compétition, d’individualisme où la spiritualité (Christianisme) et l’égo (le Père, le Fils...) ont régné. Ce fut l’ère du Fils du Père communément appelé J.-C. dont le message ne pouvait être qu’inaudible
Matthieu 5…43 Vous avez appris qu'il a été dit: Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. 44 Mais moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, 45 afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes
il est né le divin enfant a été pendant plus de 2000 ans, extériorisé, objectivé, objet de cultes et rituels formalistes sauf chez les mystiques et les hystériques.
Entrés dans l’ère du Verseau, nous avons 2160 ans devant nous pour développer notre intelligence du cœur, le 3° ordre de Blaise Pascal (le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point).
2160 ans si nous le voulons de travail sur nous, de nettoyage, pacification, apaisement ; de développement de notre puissance d’amour inconditionnel qui suppose non-jugement et non-agir
/ dans le même temps, hommes politiques, financiers, technocrates, bureaucrates, médiocrates, peurs collectives persisteront à user, abuser de leurs pulsions de pouvoir sur l’autre, contre l’autre, pulsions dont l’extinction se réalisera par exténuation lente et mortifère et parce qu’elles glisseront sur certains d’entre nous comme pluie acide sur nos plumes de canard.
2160 ans devant nous : nous avons donc le temps de mijoter les nouvelles recettes relationnelles, de tricoter l’éternité du moment présent.
Je t’invite à suivre ce chemin, pour toi, ton chemin qui est aussi le chemin d’un nombre grandissant. Se constituent des égrégores positifs, des groupes d’amis préférant les échanges cœur à cœur aux échanges sur les réseaux sociaux. Comme les chenilles qui engendrent des papillons par prolifération de cellules imaginatives d’abord combattues par les cellules normales de la chenille, 1% d’égrégores positifs ignorés par les accros, les addicts au pouvoir sur l’autre suffira à changer de civilisation.
 
Boris Siderev − D’où tiens-tu ce chiffre « rassurant » ?
 
− C’est un chiffre qui court. Il suffit d’y croire pour que ça devienne la réalité, c’est l’effet placebo, applicable à tout.
 
− T’es un allumé !
 
− Sur la voie de l’illumination. À défaut d’être un illuminé.
 
− Ton changement de civilisation bute sur une donnée évacuée par la plupart des gens. Lévi-Strauss avait nettement soulevé ce problème : on est trop nombreux pour cette planète, 7 milliards et demi pour une planète à 2,5 milliards ; 5 milliards de trop. Tu la prends en compte ou pas cette donnée ?
 
D’où tiens-tu ce chiffre « effrayant » ?
 
− C’est un chiffre qui court. Il suffit d’y croire pour que ça devienne la réalité, c’est l’effet nocebo, applicable à tout. À ce niveau de surpopulation, le changement personnel n’est pas suffisant. Des choix et décisions politiques, économiques sont à faire, par quel gouvernement mondial, universel ? Or on en est encore aux nations et grands ensembles de nations sans aucune visée et vision universalistes. Comme on entre dans l’ère robotique, que donc les robots assumeront la plupart des tâches, que ce seront eux les producteurs et les serviteurs, le travail comme moyen de gagner sa vie sera de plus en plus rare. Le chômage sera de plus en plus massif. La lutte des places sera pratiquée avec encore plus d’agressivité par celles et ceux qui croient que c’est par l’effort et le travail personnel qu’on réussit sa vie. Il faudra de plus en plus assister les assistés pour éviter les explosions populaires, les émeutes de la faim, les grèves insurrectionnelles, les révolutions. La violence se développera. Gangs, mafias et milices se développeront. L’insécurité gagnera. Les gouvernements seront de plus en plus autoritaires. Les libertés individuelles et collectives seront bridées, voire supprimées. Cela ne diminuera pas la population. On vivra à crédit sur le dos de la planète de plus en plus tôt dans l’année. L’effet domino se fera sentir par la conjonction de tous les dérèglements. La planète deviendra de plus en plus invivable. Tes 2160 ans seront nécessaires pour faire émerger du chaos, une civilisation de l’harmonie et de l’amour. Entre temps, pandémies, faim, guerres feront un peu le nettoyage nécessaire. Romans et films de science-fiction annoncent depuis longtemps ces temps de catastrophes, d’apocalypses. Nous sommes prévenus donc potentiellement prémunis. Tu connais l’apoptose. C’est ce suicide collectif décidé par les cellules pour préserver la survie de l’organisme. Le suicide collectif est pratiqué dans des communautés sectaires pour préserver l’esprit de la secte et la survie du gourou. L’humanité saura choisir le suicide collectif de 5 milliards de gens, des pauvres de préférence, pour assurer la vie heureuse des 2,5 milliards d’heureux élus, tirés au sort comme le veut toute vraie démocratie, inspirée de la démocratie athénienne à 5000 citoyens sur le dos de 500.000 esclaves. Mon chemin comme tu vois ne ressemble pas à celui que tu me proposes. Mon chemin est celui de la servitude volontaire, garante de la paix civile et donc de la conservation de la société et de l’humanité.
Je suis volontaire pour le suicide collectif d’intérêt général.
 
− Je vois. Je reconnais là une forme supérieure d’altruisme, se sacrifier pour autrui. Les 5 milliards qui se suicideront volontairement seront tous et chacun des J.-C. se sacrifiant seul sur la croix pour nous sauver tous. Ça va au-delà du suicide métaphysique à la Camus, du suicide assisté pour mourir dans la dignité, du suicide à deux quand un couple veut finir en beauté. Poursuivons une autre fois cette discussion. Excuse-moi, j’ai envie de vomir, faut que j’aille aux toilettes.
 
− Va aux toilettes, imposteur. C’est bien que tu aies développé ce réflexe de vomissement chaque fois que tu mens.
 
− Et toi, quel réflexe as-tu développé ?

− Mon visage se masque, chaque fois que je dis la vérité.

− Pour un comédien comme toi, Boris, ça te va bien le masque.
 
− Un comédien, même s’il va chercher dans ses mémoires émotionnelles pour nourrir son jeu, est avant tout centré sur le personnage qu’il tente d’incarner. Il se met véritablement, corps et âme, au service du personnage. Il est en empathie profonde avec lui et c’est seulement ainsi que toi, spectateur, tu peux t’identifier au personnage, le recevoir comme si tu te voyais dans un miroir. Ma démarche est à l’opposé de la tienne. Comme tu sais que tout jugement, toute réaction est projection de toi sur l’autre, tu te décentres de l’autre, jamais responsable de ce que tu lui attribues, reproches, jamais bouc émissaire, tu te décentres de toi aussi, tu ne colles pas à tes émotions, réactions, tu te mets en témoin, en observateur curieux et aimant de celui que tu veux transformer consciemment. Est- ce bien ta démarche?
 
− Tu ne peux savoir comme je suis content de t’avoir comme interlocuteur et antagoniste et je l’espère comme ami, mon ours sibérien. Prends bien soin de toi. "
 
21 mars 2028
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mais qui est Boris Siderev ?

*** note d’un chercheur : Qui est Boris Siderev ?

Personnage antagoniste, il faut bien se demander d’où il sort ?

Comme tout chercheur, j’ai commencé par l’encyclopédie en ligne et à partir de là par d’autres entrées.
Boris Siderev est un comédien russe, né d’un père polonais qu’il n’a jamais connu et d’une mère russe qui après avoir été abandonnée a refait sa vie avec celui qui fut le beau-père de Boris, un alcoolique qui déserta très vite le milieu familial.
Boris enfant, adolescent se retrouva souvent seul pendant que sa mère travaillait, faisait des ménages. Elle buvait, avait des rapports naturels avec ses amants de passage, elle ne se cachait pas. L’enfant haletait.Il découvrit la rue, ses embûches, ses drames, ses rencontres, ses satisfactions épidermiques, ses violences, ses codes et la loi du plus fort ou du plus malin.

Enfant des rues, Boris eut l’idée un jour (c’était après le viol et l’assassinat de sa mère par un policier, un soir d’ivresse à la russe, un soir d’hiver, sa mère mourant de froid dans la rue, par moins 40°) de pénétrer dans le sous-sol, la chaufferie d’un immeuble collectif, hébergeant un théâtre indépendant, le Molodiojni Theatr’.
Il proposa ses services, accomplit toutes les tâches d’un technicien, apprit l’art russe de l’acteur, vivant et dormant au théâtre, comme gardien.

Il se vit confier le rôle de Zilov dans La chasse au canard d’Alexandre Vampilov.
Puis il fut Le moujik, la tête posée sur les rails, dans la pièce de Nina Sadour Allez, Roulez !
Une apprentie-comédienne-metteur en scène venue de France pour un stage de 6 mois, fut éblouie par l’acteur et le jeune homme de 20 ans.

ls se plurent. Elle le ramena dans ses bagages. Ils se marièrent, n’eurent pas d’enfant. Il entra dans le cercle familial de l’épousée et de l’épousé. Il devint un comédien français reconnu.

Il fut de plusieurs spectacles de L'Insolite Traversée, compagnie créée par Cyril Grossse (1971-2001) avec Jeanne Mathis et Frédéric Andrau.

Il fut Le prince de Hombourg de von Kleist, Pierrot dans Dom Juan, le récitant dans Testimony de Charles Reznikov.

Il fut remarqué par Le Canard enchaîné pour son interprétation d’un écrivain de science-fiction soviétique, Alexei Zinoviev, aussi alcoolisé que Charles Bukowski chez Bernard Pivot, dans le spectacle D’autres mondes de Frédéric Sonntag au Théâtre de Montreuil.

Il joua dans les spectacles de L’Ensemble À Nouveau, un ensemble reconnu comme continuateur de Pina Bausch.
Cette recherche permet-elle d’éclairer son rôle dans la métamorphose du vieux connard ? Le bonnard-Bonnard est né de leurs confrontations pendant les fêtes de fin d’année 2020.

manuscrit du Triomphe de la Mort / Enluminure du Triomphe de la Mort de Pétrarque - Ms Français 12423, fol.37v (détail) - XVIe s. - Bibliothèque nationale de France
manuscrit du Triomphe de la Mort / Enluminure du Triomphe de la Mort de Pétrarque - Ms Français 12423, fol.37v (détail) - XVIe s. - Bibliothèque nationale de France

manuscrit du Triomphe de la Mort / Enluminure du Triomphe de la Mort de Pétrarque - Ms Français 12423, fol.37v (détail) - XVIe s. - Bibliothèque nationale de France

le triomphe de la mort traduction Jean-Yves Masson

2 – La déclaration inaugurale


Pourquoi es-tu descendu regarder dans le placard les chemises où tuconserves tes écrits de jeunesse et d’autres plus récents jugés indécents, où tu as rangé la petite valise en osier des lettres de la jeune fille amoureuse de son professeur ?
Ces souvenirs, tu ne les as jamais cultivés. Tu n’avais nul besoin de ces écritures. Tu vivais au jour le jour, un amour dont tu ne fus pas l’initiateur.
Un professeur ne s’intéresse qu’à des élèves. Tu as été choisi par une élève, s’exprimant un jour, le 25 octobre 1964, dans un couloir de lycée.
– Je pense à vous autrement qu’à un professeur.
C’était une déclaration sans détour, sans ambiguïté, l’expression du désir d’une jeune fille, d’une jeune femme.
4 ans avant ce qui est devenue l’affaire Gabrielle Russier.
Il n’a offert aucune résistance. Il s’est laissé happer par cette demande. Il a dit oui avec le cœur. Dans sa tête, ce fut brouillard pendant 46 ans.
Il n’a reconnu cette déclaration pour ce qu’elle était, une déclaration de désir d’une jeune femme et non une déclaration d’admiration d’une élève, que le 28 août 2010. Au retour d’une aventure artistique de trois semaines au Baïkal. Il y était tombé amoureux d’une des traductrices, l’avait transformée en sirène du Baïkal entraînant dans les profondeurs du lac les pécheurs charmés dont lui.
C’était sa façon de sublimer une pulsion, une émotion, un sentiment, derendre l’autre inaccessible pour l’aimer à l’ancienne, à la troubadour.
C’était sa façon de rester fidèle à l’épousée pour toujours et fidèle à l’élue d’un jour.
Il avait raconté cet épisode d’exaltation fiévreuse à l’épousée.
- Mais ta Baïkalal, telle que tu me la décris, c’est ton fils, notre fils tel que nous
le connaissons. T’as fait un coup de jeune. Tu t’es pris pour lui, dix ans avant,
tombant amoureux de sa Baïkala. T’as télescopé les temps.

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Boris Siderev – je t’ai trouvé abject au Baïkal, baver après Baïkalal, trahir l’épousée pour une fille ayant 50 ans de moins que toi, ta petite fill en somme, un pédophile en puissance, aucune décence, aucune retenue, la toute puissance d’un gamin qui ne s’interdit rien et qui bien sûr est impuissant à réaliser son rêve parce que pour ça, il faut être un homme, un mâle. T’as sublimé parce qu’elle t’a préféré Tolia. Lui, il est beau, magnétique, charismatique, il sait plaire aux filles. Toi, t’es pas beau, t’as pas de charisme. Tu faisais pas le poids. Alors tu t’es inventé un amour sublimé, un amour courtois, une Baïkalal inaccessible puisque tu ne pouvais la baiser. Quand t’as fait ton odieuse crise de jalousie, le 17 août 2010, tu m’as dégoûté. Et révélé ton vrai visage, prêt à détruire ce que tu ne peux obtenir. T’es un bel enfoiré, un imposteur. Tu te fais passer pour un artiste de l’amour à l’ancienne, à la troubadour alors que t’es jaloux de celui qui obtient ce que toi, tu cherches vainement. En plus tu as raconté ta trahison à l’épousée. Tu te rends compte ? Lui dire la vérité, une vérité truquée, masquée. Lui faire mal gratuitement. Moi, je te trouve ignoble, à vomir. Quelle magnanimité, équanimité dans sa réponse qui l’arrangeait d’imaginer le télescopage des temps, toi pour ton fils, la sirène pour l’aimée de ton fils.
Lui – merci Boris de me faire part de tes ressentis. Il y a quelques mois, je serais sorti de mes gonds, usant de la dénégation, étant dans le déni. Je t’aurais dit, Tomber en amour, ce n’est pas vouloir baiser. Aujourd’hui, je me regarde dans le miroir de tes ressentis. Tes ressentis, dégoût, vomissements, c’est aussi moi.
Oui, j’avais du désir sexuel pour Baïkalal, un filet de désir. Si elle avait fait retour, l’aurais-je baisé selon ton expression ? Baiser pour moi veut dire baiser comme un mâle, comme un animal, comme une bête et cela m’est arrivé parfois avec l’épousée.
Je crois que nous pouvons aussi nous comporter autrement, en partenaires
consentants et inventifs, créatifs dans nos corps à corps. Le corps ne triche pas. L’autre sait, sent si tu le considères ou s’il n’est qu’un objet.
Cela nous est arrivé avec l’épousée, la lubridicité.
109
J’avais de la fascination pour la grâce, l’élégance, la classe de Baïkalal. J’avais
l’intuition de sa riche vie intérieure, de ses contradictions dynamisantes
et paralysantes.
Ma crise de jalousie ne m’a pas empêché d’écrire Dans le sillage de Baïkalal,
un testament amoureux. Peu importe qu’il soit un masque, une imposture comme tu dis. Toute écriture est posture donc imposture.
Ce qui compte, ce sont les effets sur les lecteurs, ce qui peut s’appeler l’effet de vie, théorisé par Marc-Mathieu Münch.
Y croient-ils ? Vibrent-ils ?
S’ils y croient, s’ils vibrent, il y a transmission, passage de relais, partage.
Mots et caresses de papier deviennent mots réels et caresses réelles.
Quant à l’épousée et moi, il me semble que cet amour subit, d’un jour, surgi au détour, nous a rapprochés. L’épousée et moi, nous avons renouvelé notre pacte d’amour le 28 août 2010.
C’était à leur trou d’eau, un trou d’eau au Riu Ferrer où ils aimaient se baigner nus, dans une eau à 12°, comme au Baïkal, l’été. Où ils aimaient jouir sur leur rocher, moussu vert épais pour l’accueil de deux corps allongés, offerts, prêts à recevoir et à donner, femme et homme-fontaines.
Ayant dit oui avec le cœur, il s’était éveillé à cette beauté, s’était émerveillé de cette beauté. Alors qu’elle allait sur 63 ans, il voyait la beauté de ce qu’on appelle vulgairement les outrages du temps. Elle ne s’acceptait pas en train de vieillir mais refusait tout maquillage. Il lisait telle ride comme la trace de ses rires et fous rires, telle autre comme la trace des larmes qui avaient accompagné la mort de leur fils et celle de son frère, 9 ans plus tôt, le 19 septembre 2001 quand l’instant-camion avait heurté l’instant-navire.
110
Il l’a lue comme un livre illustré jusqu’à ce qu’elle passe en un mois, 90 jours après le renouvellement de leur serment d’amour et de leur noce mystique.
Ce fut enfin la Baise, comme elle l’avait souhaitée le 14 juillet 1970 à Baklany au Baïkal.
La Baise désirée eut lieu le 28 août 2010, au trou d’eau du Riu Ferrer où ils aimaient se baigner nus, dans une eau à 12°, comme au Baïkal, l’été. Où ils aimaient aussi jouir de tout ce qui les entourait, si vivant, si changeant, si chargé en vibrations, si chargé érotiquement, ombres et lumières, chants du torrent, reflets, odeurs des mousses, arbres bandants, branches ployées, feuilles mortes...
Boris SiderevLa Baise ! La Baise ! Phonétiquement, pour un comédien, c’est fabuleux à gueuler ! La Baise ! La Baise ! t’ouvres grande la bouche et t’exploses la consonne ! La Baise, c’est ça ? C’est quoi qu’est ouvert ? C’est quoi qu'explose ?
Lui – Je n’en sais foutrement rien. C’est pas pour nous, les mâles, exclusivement phalliques. C’est pas pour elles, la plupart des femmes, phalliques aussi, clitoridiennes. C’est pour quelques mystiques et hystériques. Ça s’appelle la voluptas dolendi, l’extase, l’Autre Jouissance.
Boris Siderevla voluptas dolendi, au ra len ti la vo lup tas do len di di len do tas lup vo (rire)
111

Le narrateur – la guérison de l’épousée fut étudiée très attentivement par l’équipe des soins intensifs de l’hôpital. L’équipe conclut que le nombre des apnées (14), leur durée (jusqu’à 1H entre deux apnées, de 16 à 21 H) avaient sûrement déboussolés les cellules malignes, qu’elles s’étaient réorientées, qu’elles avaient fait le choix de l’apoptose, de se suicider, phénomène bien connu dans le monde vivant, des cellules se suicident pour permettre à l’organisme de vivre. Ils ne conclurent pas sur l’efficacité de l’empathie manifeste et manifestée à l’égard de l’épousée. Il n’était pas dans leurs compétences d’évaluer le pouvoir de la prière, le pouvoir d’un rituel sonore à 10.000 kms de distance, le pouvoir d’un puissant sentiment d’amour enveloppant de manière palpable la patiente.
L’épousée et la fille déclarèrent à l’équipe que leurs conclusions étaient sans doute trop restrictives, qu’une approche plus holistique, intégrative de ce qui s’était peut-être passé pourrait aider les milliers de patients atteints de cancer. L’équipe répondit que leur priorité était les milliers de cas livrés à l’hôpital, sans soutien, sans environnement affectueux et pas l’exemplarité d’un cas de guérison miraculeuse.
L’épousé et la fille écrivirent un livre sur la guérison de l’épousée Là où ça
ne prend pas fin
. Ils ajoutèrent au constat, l’extraordinaire volonté de vivre
manifestée par l’épousée pendant les 30 jours de son hospitalisation, contredisant sa question initiale
Je sais que je vais passer. Où vais-je passer ?

 

ÉPILOGUE -
À Baklany, au soleil levant, Koulbertichova apprivoise une mouette posée sur le mémorial. La mouette a, à la tête, une tache couleur rouge, du même rouge que les cheveux de l’épousée. Elle enlève délicatement une plume de la mouette, la lance en l’air. La plume vole au gré des vents du Baïkal qui jouent avec le nuage de Chernobylhome et va se poser sur l’océan de Foukirira.
558

 

Boris Siderev – C’est quoi ces récits de résurrection chamanique ? Ces exhortations à l’apnée prolongée, victorieuse des cellules malignes ?
Moi, sibérien, traversé par trois traditions pratiquées, la chamanique, l’orthodoxe, la bouddhiste, j’y crois.
Mais pourquoi pas un mot de ta décision d’homme, d’épousé, pas d’écrivain, de faire débrancher l’épousée, piègée par deux oedèmes, l’un au-dessus de la tente pouvant être partiellement drainé, l’autre sous la tente, comprimant le tronc cérébral d’où le coma, ne pouvant être drainé ?
Tu nous (ta fille, celle qui t’adore et moi, le comédien, ton gendre) as associés à la décison (merci), décision prise à trois, après que tu nous aies décrit la situation à notre arrivée en train le 27 décembre vers midi, durant 3 heures, le temps de « calmer » nos angoisses.
Décision prise à trois, le 27 décembre vers 16 H 30 en concertation avec le chef de service des soins intensifs et après avoir vu l’épousée, sans réactions (apparemment) à nos caresses et paroles.
Tu as écrit des mails très touchants et vrais sur ces moments, jamais publiés mais adressés à plein d’amis de l’épousée.
Pourquoi as-tu fait passer l’écrivain avant l’homme ? La fiction avant la réalité ?
Je suis tenté de te dire : Va au diable ! Il te faut les feux de l’Enfer !

quand je jette Le roi famine de Leonid Andreiev (ça m'arrive parfois d'être rendu fou par un livre) dans le feu de la sant-Joan à Corps Ça Vit le dimanche 23 juin 2024, à 22 H 15 / Le roi famine de Léonid Andréiev, 1908 Une pièce d’une noirceur absolue dont la trame est la révolte désespérée, impitoyable, des « crève-la-faim » poussés et trahis par un personnage étrange, à la fois provocateur, cynique et empathique, Le Roi Famine. Une pièce interdite à la mise en scène du vivant de son auteur mais qui scella la rupture d’Andréïev avec le camp révolutionnaire, indigné par son pessimisme.
quand je jette Le roi famine de Leonid Andreiev (ça m'arrive parfois d'être rendu fou par un livre) dans le feu de la sant-Joan à Corps Ça Vit le dimanche 23 juin 2024, à 22 H 15 / Le roi famine de Léonid Andréiev, 1908 Une pièce d’une noirceur absolue dont la trame est la révolte désespérée, impitoyable, des « crève-la-faim » poussés et trahis par un personnage étrange, à la fois provocateur, cynique et empathique, Le Roi Famine. Une pièce interdite à la mise en scène du vivant de son auteur mais qui scella la rupture d’Andréïev avec le camp révolutionnaire, indigné par son pessimisme.

quand je jette Le roi famine de Leonid Andreiev (ça m'arrive parfois d'être rendu fou par un livre) dans le feu de la sant-Joan à Corps Ça Vit le dimanche 23 juin 2024, à 22 H 15 / Le roi famine de Léonid Andréiev, 1908 Une pièce d’une noirceur absolue dont la trame est la révolte désespérée, impitoyable, des « crève-la-faim » poussés et trahis par un personnage étrange, à la fois provocateur, cynique et empathique, Le Roi Famine. Une pièce interdite à la mise en scène du vivant de son auteur mais qui scella la rupture d’Andréïev avec le camp révolutionnaire, indigné par son pessimisme.

Vitya fut un perdant magnifique

hypocondriaque et addict aux jeux virtuels

Inquiétude permanente concernant la santé, l'état et le fonctionnement de ses organes, provoquée par un trouble psychique bénin (anxiété, par exemple) ou grave (psychose, par exemple)

dans son cabanon au Revest ou dans son appartement du 18°, Vitya passait ses nuits à jouer à des jeux de rôles, parties avec amis, ennemis, discussion en jeu et hors jeu

Qu'es-tu devenu ?
 
Nuits de la lecture du 23 au 26 janvier sur le thème des patrimoines.
"Ce thème renvoie d’abord à la littérature de l’intime : au patrimoine que nous ont légué nos aïeux, à ce qui nous a été transmis, ou non, à travers les générations et que l’auteur choisit d’évoquer dans son œuvre ; un corps, des biens (y compris des livres), une culture, parfois des traumatismes, le patrimoine alors entendu comme l’histoire propre de notre famille, réelle ou construite, sans cesse actualisée." CNL - Centre national du livre
 
Désolé, dès que tu réfléchis mais il t'a fallu plus de 83 ans de vie réfléchie pour y réfléchir (parce que tu ne sais pas combien tu ne sais pas ce que tu ne sais pas !), il n'y a pas de patrimoine se transmettant, d'hérédité, d'héritage puisque remontant le temps des soi-disant généalogies, tu tombes sur une femme sans nom et sur un homme sans nom.
Comme dit géantement Marina Tsvétaïéva dans Du vivant sur du vivant (1932) à propos des poèmes écrits par des femmes, dont elle : « Tous les poèmes qui furent, qui sont et qui seront écrits le sont par une seule femme, une femme - sans nom. »
Soit Toutes les vies qui furent, qui sont, qui seront sont vécues par une seule femme, une femme - sans nom, par un seul homme, un homme - sans nom.
Tu trouves cette proposition réjouissante c’est-à-dire ouvrant des champs de possibles et surtout rendant la vie légère puisque inscrite dans un flux infini et éternel.
Ta contradiction : si tout est écrit d’une part, si tout doit tout de même être écrit par "chacun " (qui n'est personne généalogiquement situable en remontant) d’autre part, pourquoi te rajoutes-tu un travail d’épitaphier ?
L’écriture même sans mots, faite seulement d'attentions aux ressentis, aux émotions, aux intuitions de chacun (personne) s’inscrivant dans le récit infini, éternel, éternellement présent et sans nom d’auteur ne se suffit-elle pas ?
Tu n’as pas de réponse logique à cela.
Tu as l’intuition que c’est nécessaire.
Et tu as tenté de faire cela avec les matériaux laissés par les disparus.
24 janvier 2025, Vitya aurait eu 51 ans. Tu lui avais souhaité par téléphone son anniversaire, il était hospitalisé depuis le 15 janvier à l'hôpital Saint-Louis en soins palliatifs. Il avait remercié "mon pa-poudlard" (rire).
Le 24 au soir, pour toi et l'âme de Vitya, à voix haute, au micro de l'ordi, tu liras le récit de l'échange très haletant que vous avez eu le 1° février 2024 vers 15 H 30, dans sa chambre à l'hôpital Saint-Louis.
Il est décédé le 4 février. Il est inhumé à Corps Ça Vit depuis le 14 février 2024, jour anniversaire de l'épousée.
La grève des agriculteurs espagnols a eu pour effet que tu es arrivé après l'enterrement. Tu n'as pas pu assister à la cérémonie laïque imaginée par K. P.
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Serge Pey poésie d'action

16 Septembre 2024 , Rédigé par grossel Publié dans #Corsavy, #ateliers d'artistes, #bocals agités, #engagement, #poésie, #spectacles, #vraie vie, #écriture, #voyages, #épitaphier

oeuvres de Serge Pey (poésie des bâtons) / page 95 de Nierika
oeuvres de Serge Pey (poésie des bâtons) / page 95 de Nierika
oeuvres de Serge Pey (poésie des bâtons) / page 95 de Nierika
oeuvres de Serge Pey (poésie des bâtons) / page 95 de Nierika

oeuvres de Serge Pey (poésie des bâtons) / page 95 de Nierika

Serge Pey

La bibliothèque de Corsavy recèle des trésors. Internet et téléphonie étant intermittents, beaucoup de temps pour lire. Parcourir les rayons. Enfiler les livres selon ce qui ressemble à une logique, non de lecteur mais de chercheur. Deux questions m’animent depuis 2010 :
Je sais que je vais passer. Où vais-je passer ?
Un morceau de S. se balade dans mon corps.
Après les livres de fins de temps, de Pétrarque à Cormac McCarthy et Gao Xingjian, mon regard baladeur s’est porté sur deux livres de Serge Pey,

l’un de 1993, Nierika ou les mémoires du cinquième soleil, Castex éditions
l’autre de 1999, Coplas infinies pour les Hommes-taureaux du dimanche, Éditions des Polinaires


J’en soupçonnais l’intérêt,

étant depuis longtemps partisan de la démarche d’Antonin Artaud
et depuis longtemps aussi attiré par le duende, tel que décrit par Federico Garcia Lorca, lorsqu’il saisit les cantaors, les matadors...

 

Poésie orale sous peyotl, vécue et écrite entre 1978 et 1992,
poésie des pieds sous influence flamenco, en lien avec La Jocelito et Pedro Soler.

Prière au feu
(Poème pour le peyotl, 2 mai 1989, pages 94-96 dans Nierika)

Merci
Pour nous avoir
Protégé
Sur le chemin
Pour avoir éloigné
De nos pas
Le tigre et
Le scorpion
Et le non et le oui
Et l’espace de la
Deuxième clarté
Merci
Pour nous avoir
Protégé
Du couteau
Et de la fleur à
Plume de corbeau
Et de l’arbre dont les
Ombres molles
Entourent
Les ventres
Merci
Pour nous avoir
Protégé de la lance
Et de l’écoulement de
La fin
Dors
Et repose en paix
Dans la nuit
Parmi les cendres
Qui te couvrent
Que ta réserve de
Falaises te garde dans
Les étoiles
Dors
Sous la pierre
Femelle
Et le bois ramassé
À Midi
Dors
Sous la pierre mâle
Accorde-moi la
Vision de la Beauté
Pour
Que je vive
Dans le colibri
Le seul qui
Boive sans se
Consumer
Dans le sexe rouge
De la rivière
Réveille-toi
Et incendie
Les cheveux
Qui attachent
Mes cerveaux

 

 

XXX (copla Les voyelles de la corrida, pages 102-103 dans Coplas infinies)

Le taureau est le A
face au ciel

L’arène est le O
face au ciel

Le taureau est le A dans le O
face au ciel

L’homme est le I qui attend le A dans le O
face au ciel

Les sabots du A sont des U dans le O
face au ciel

Les râteaux du E effacent
les empreintes du A
et lissent le O
face au ciel

Ainsi A Égalité de EIOU
Face au ciel

Ainsi AEIOU
face au ciel

Ainsi
AEIOU Nom
du cercle
plus grand que le O

AEIOU
souffle à l’intérieur
du cercle
face au ciel

Les voyelles de la corrida sont les voyelles de Rimbaud dont le nom est le masculin de Rime belle.

C’est ainsi que le nom Pey conduit Serge Pey au peyotl, plante sacrée, ça crée.

 

Térée, roi de Thrace, fait couper la langue de Philomène, pour l'empêcher de parler et l'emprisonne, après l'avoir violée. Illustration de Charles Eisen de "The Copper Plate Magazine" / La langue arrachée (de Philomèle), poème-Action hommage à Serge Pey avec Beatriz Lalanne chant et musique, 2018
Térée, roi de Thrace, fait couper la langue de Philomène, pour l'empêcher de parler et l'emprisonne, après l'avoir violée. Illustration de Charles Eisen de "The Copper Plate Magazine" / La langue arrachée (de Philomèle), poème-Action hommage à Serge Pey avec Beatriz Lalanne chant et musique, 2018
Térée, roi de Thrace, fait couper la langue de Philomène, pour l'empêcher de parler et l'emprisonne, après l'avoir violée. Illustration de Charles Eisen de "The Copper Plate Magazine" / La langue arrachée (de Philomèle), poème-Action hommage à Serge Pey avec Beatriz Lalanne chant et musique, 2018

Térée, roi de Thrace, fait couper la langue de Philomène, pour l'empêcher de parler et l'emprisonne, après l'avoir violée. Illustration de Charles Eisen de "The Copper Plate Magazine" / La langue arrachée (de Philomèle), poème-Action hommage à Serge Pey avec Beatriz Lalanne chant et musique, 2018

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Cahier des Futurs Désirés à Corps Ça Vit

29 Juillet 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #Corsavy, #Le Revest-les-Eaux, #agoras, #bocals agités, #cahiers de l'égaré, #engagement, #écriture, #FINS DE PARTIES, #voyages, #pour toujours

deux cahiers format 21 X 29,7 avec deux pages de notes, une formule très pratique pour stimuler
deux cahiers format 21 X 29,7 avec deux pages de notes, une formule très pratique pour stimuler

deux cahiers format 21 X 29,7 avec deux pages de notes, une formule très pratique pour stimuler

de retour à Corsavy depuis le samedi 24 juillet 7 H 44 après 4 H 40 d'autoroute depuis Le Revest (450 kilomètres et deux pauses de 10', partis à 3 H 04), j'ai vite constaté la présence de nouveaux bancs, plus d'une dizaine pour un village de 217 habitants recensés plus les gens au camping, dans les résidences secondaires, le contraire de ce qui se fait dans les villes, genre Toulon (3 bancs, place de la Liberté, tout est fait pour dissuader SDF, marginaux, paumés); déjà de nombreuses rencontres, discussions (faut dire que j'ose m'adresser aux gens, même les inconnus; ma gueule de moine zen, crâne rasé, barbe rasée tous les 10 jours donc tantôt vieux, tantôt gamin semble favoriser les échanges) et une surprise: l'enseignante de français à l'université de New York qui vient l'été à Corsavy avec son mari, professeur de sport à l'université aussi, m'a dit qu'elle traduisait ma pièce Histoire de places, offerte il y a deux ans (l'été dernier, ils n'étaient pas venus) et qui avait été créée en Avignon off en 2016; pour vous allécher, sachez que Dennis Meadows (Halte à la croissance, club de Rome, 1972) avait acheté le mas de la Taillède avec un scientifique hollandais Hubert de Vries (je les avais rencontrés tous les deux; leur projet refusé par la direction départementale de l'agriculture les a amenés à revendre le mas, aujourd'hui néo-zélandais)

je profite de mes déambulations pour proposer le Cahier des Futurs Désirés, issu de deux réunions d'intelligence collective en août-septembre 2020

venir cet été à Corsavy, à 800 m d'altitude
le camping est ouvert
on peut s’installer ailleurs (en hauteur ou en cours d’eau) pour les sauvages; faut du matériel de camping, léger
ou au gîte de Batère à 1500 m
y a des balades horizontales ou pentues vers en haut, vers en bas
la piscine est fermée
les 3 restaurants sont ouverts (les filles, la crêperie, le camping)
la fromagerie de la Cazette (le maire est éleveur et fromager) est ouverte
les brebis bêlent et font du lait et 
les soeurs, filles du maire, font d’excellentes brousses, yaourts, tomme de brebis au lait cru, caillé, fromage à pâte molle avec beaucoup de caractère, à boire avec le vin du canigou qui n'existe pas ou un caramany…
l’épicerie (restaurant des filles, d'autres), une institution, est d’excellente qualité
 
une dizaine de bancs nouveaux ont été installés, utilisés par personne
pas comme dans les villes où on les retire pour se protéger des paumés
cela dit, la vie sociale n'existe quasiment plus; les réunions sur les padriss le soir en été c'est fini depuis au moins 10 ans, femmes sur l'un, hommes sur un autre, parfois mixtes; seuls les "sénateurs" se réunissent tous les matins sur la terrasse des filles (une majorité de chasseurs, des propos de cafés du commerce = commentaires sur ceci ou cela, tiré de l'actualité); ne pas chercher à s'asseoir à leur table; les boules, le soir 
 
Corsavy, pays de guérison pour quelques traumatisés (ce n’est pas le mot juste, "rescapés") de la vie (en face de chez moi, G., 17 ans de rue, à Corsavy depuis 9 ans ou M.,  une sacrée estropiée, métamorphosée)
 
quelques manifestations artistiques
concert de jazz de clôture de Jazz en Tech, le 6 août à 21 H avec un quartette féminin, au parc communal
conférence sur l’histoire ancienne de Corsavy, le 22 août à 17 H 30
concert classique par les stagiaires internationaux, de haut niveau, de Vilalte, le 30 août au parc communal
 
évidemment, si vous êtes du genre tête baissée sur votre smartphone, vous serez surpris par la très mauvaise desserte aussi bien en internet qu’en téléphonie mobile
ça a un charme fou
même au-dessus du cimetière, ça passe pas
le caveau de Cyril Grosse et de sa mère Annie Grosse-Bories

le caveau de Cyril Grosse et de sa mère Annie Grosse-Bories

Comme la démarche initiée en 2020 est dans la perspective d’un changement de paradigme, voici trois textes de lumière pouvant nous éclairer :

 

PAR LES VILLAGES
Joue le jeu. Menace le travail encore plus. Ne sois pas le personnage principal. Cherche la confrontation. Mais n'aie pas d'intention. Évite les arrière-pensées. Ne tais rien. Sois doux et fort. Sois malin, interviens et méprise la victoire. N'observe pas, n'examine pas, mais reste prêt pour les signes, vigilant. Sois ébranlable. Montre tes yeux, entraîne les autres dans ce qui est profond, prends soin de l'espace et considère chacun dans son image. Ne décide qu'enthousiasmé. Échoue avec tranquillité. Surtout aie du temps et fais des détours. Laisse-toi distraire. Mets toi pour ainsi dire en congé. Ne néglige la voix d'aucun arbre, d'aucune eau. Entre où tu as envie et accorde toi le soleil. Oublie ta famille, donne des forces aux inconnus, penche toi sur les détails, pars où il n'y a personne, fous toi du drame du destin, dédaigne le malheur, apaise le conflit de ton rire. Mets toi dans tes couleurs, sois droit, et que le bruit de feuilles devienne doux. Passe par les villages, je te suis." PETER HANDKE.

 

«Les biologistes ont découvert qu'à l'intérieur des cellules du tissu de la chenille, il y a des cellules appelées cellules imaginatives. Elles résonnent sur une fréquence différente. De plus, elles sont si différentes des autres cellules de vers que le système immunitaire de la chenille les prend pour des ennemis et tente de les détruire. Mais de nouvelles cellules imaginatives continuent d'apparaître, et de plus en plus... Soudain, le système immunitaire de la chenille ne peut plus les détruire assez vite et elles deviennent plus fortes en se connectant les unes aux autres pour former une masse critique qui reconnaît leur mission de réaliser l'incroyable naissance d'un papillon. 
En 1969 Margaret Mead a déclaré : "Nous ne devons jamais douter qu'un petit groupe de citoyens motivés et déterminés puisse changer le monde. Ce sera certainement ainsi que, malgré tout, nous nous sommes trouvés. Je crois fermement, comme beaucoup d'autres, qu'il y a une effervescence évolutive dans le tissu de la société actuelle. Malgré la clameur de la peur, de la cupidité, de la surconsommation et de la violence qui s'exprime à travers le tissu social, il existe une union d'hommes et de femmes que nous pouvons appeler des cellules imaginatives, qui révèlent un monde différent, une transformation, une métamorphose. 
Le poète uruguayen Mario Benedetti a écrit : "Que se passerait-il si un jour, au réveil, nous réalisions que nous sommes la majorité? Je prétends que les cellules imaginatives domineraient et feraient sortir le papillon d'un monde de vers. C'est le temps de l'éveil. Des groupes de cellules imaginatives se rassemblent partout ; elles commencent à se reconnaître ; elles développent les outils d'organisation pour augmenter le niveau de conscience, afin que la prochaine étape de notre société humaine se manifeste, pour créer une nouvelle société qui cessera d'être une chenille et deviendra un papillon. Une nouvelle dimension de la Vie, une société plus compatissante et plus juste, une humanité enracinée dans le bonheur et la compréhension mutuelle... 
Soyez des cellules enthousiastes ! Connectez-vous avec les autres, rassemblez-vous, rassemblez-vous... et unissons-nous tous pour construire une Humanité Nouvelle !» 

(On dit qu’il faut être 7% de créatifs culturels, de cellules imaginatives pour faire muter le système de l’intérieur). DEEPAK CHOPRA

Et pour les 5 enfants de Corsavy ayant participé le 27 août 2020

"Das Lied vom Kindsei" ("Lorsque l’enfant était enfant"), Peter Handke

Lorsque l’enfant était enfant,

Il marchait les bras ballants, Il voulait que le ruisseau soit une rivière

Et la rivière un fleuve, Et que cette flaque d’eau soit la mer.

Lorsque l’enfant était enfant,

Il ne savait pas qu’il était enfant, Pour lui, tout avait une âme

Et toutes les âmes n’en faisaient qu’une.

Lorsque l’enfant était enfant,

Il n’avait d’opinion sur rien, Il n’avait pas d’habitude

Souvent, il s’asseyait en tailleur, Partait en courant,

Il avait une mèche rebelle, Et il ne faisait pas de mines quand on le photographiait.

Lorsque l’enfant était enfant, vint le temps des questions comme celles-ci : Pourquoi est-ce que je suis moi et pourquoi est-ce que je ne suis pas toi ? Pourquoi est-ce que je suis ici et pourquoi est-ce que je ne suis pas ailleurs ? Quand a commencé le temps et où finit l’espace ? La vie sous le soleil n’est-elle rien d’autre qu’un rêve ? Ce que je vois, ce que j’entends, ce que je sens, n’est-ce pas simplement l’apparence d’un monde devant le monde ? Est-ce que le mal existe véritablement ? Est-ce qu’il y a des gens qui sont vraiment mauvais ? Comment se fait-il que moi qui suis moi, avant que je le devienne, je ne l’étais pas,

Et qu’un jour moi qui suis moi, je ne serai plus ce moi que je suis ?

[…] Lorsque l’enfant était enfant, Il s’est réveillé un jour dans un lit qui n’était pas le sien Et maintenant, ça lui arrive souvent. Beaucoup de gens lui paraissaient beaux Et maintenant, avec beaucoup de chance, quelques-uns. […]

Lorsque l’enfant était enfant, Le jeu était sa grande affaire Et maintenant, il s’affaire comme naguère Mais seulement quand il s’agit de son travail.

Lorsque l’enfant était enfant, Les pommes et du pain lui suffisaient comme nourriture, Et c’est toujours ainsi. […]

Au sommet de chaque montagne, il avait le désir d’une montagne encore plus haute,

Et dans chaque ville, le désir d’une ville encore plus grande, Et c’est toujours ainsi. […] Un inconnu l’intimidait, Et c’est toujours ainsi. Il attendait la première neige et toujours il l’attendra.

Lorsque l’enfant était enfant, il a lancé un bâton contre un arbre, comme un javelot Et il y vibre toujours.

Pendant ce mois d'août 2021, je vais tenter de réunir quelques filles et quelques garçons de 10 à 13 ans et leur proposer d'écrire une légende pour Corsavy. L'idée m'en est venue quand Rosalie, 13 ans, m'a demandé de lui raconter une histoire. Ça a donné ceci : une sirène, va savoir pourquoi, s'était égarée dans les bois, une forêt immense avec au milieu une petite mer. La sirène  s'accrocha aux branches, sauta de branche en branche et finit par s'arrimer au mât d'un trois mâts sans matelots ni capitaine. Une violente tempête provoquée par des vents violents fit couler le trois mâts et la sirène retrouva son élément. Là, Rosalie en quelques minutes, démonta ce récit, m'en montra les illogismes. 

Cahier des Futurs Désirés à Corps Ça Vit

25 participants à la réunion du 27 août 2020, salle des fêtes de Corsavy, 5 enfants, 20 adultes dont 2 « touristes » qui ont fait secrétaires de séance

de 8 à 85-86 ans

des habitants permanents et secondaires du village et des habitants de mas (5)

3 élus dont le maire 

 

déroulement:

- présentation de la soirée: 

réunion d’harmonie et d’harmonisation pour des futurs désirables pour Corsavy

réunion visant à produire par écritures individuelles des scénariis de futurs désirables

les textes écrits seront rassemblés dans un classeur mis à disposition des gens à la mairie

les textes écrits seront édités d’ici un an, avec d’autres éventuellement à venir, par Les Cahiers de l’Égaré, maison d’édition animée par JCG depuis 1988

ce livre sera vendu à prix coûtant (5 €) dès l’été 2021 et fera ainsi trace

 

- 2 temps d’écriture à partir de 18 H 10

        - 1° travail d’écriture, coeur ou raison: en quelques points, pas plus de 10, en faisant abstraction de vos peurs, de ce que vous croyez être des limites, que souhaitez-vous le plus, que désirez-vous le plus pour le futur à 6-10 ans pour Corsavy ; faites parler votre cœur, votre imagination mais si vous préférez la raison que souhaitez-vous de plus raisonnable pour Corsavy ?

 

- restitution à partir de 18 H 30 par chacun de son travail, sans discussions, ni commentaires

 

        - 2° travail d’écriture, jeu avec l’inconscient, si puissant, générer des coïncidences, poser des intentions

1 mettre Gratitude en acrostiche, soit 9 lignes puis un mot par lettre. 

2 chacun choisit 2 mots de son acrostiche

3 chacun relie ses 2 mots par à, de, par, pour ou sans. Cela devient le titre de son texte 

4 écrire son texte en incluant rêve, désir, gratitude, corsavy et les autres mots de l’acrostiche 

 

- restitution par chacun, à partir de 19 H 40, de son acrostiche, sans discussions ni commentaire

 

- remarque: un participant, le plus ancien, n’a pas « joué » le jeu des écritures; 

il a cependant pris longuement la parole pour dire ce qu’il souhaitait partager; 

ce fut le moment respect de la « différence »

 

- fin de réunion, 20 H 15

ma participation

  • Jean-Claude, 79 ans : futurs désirables pour Corsavy ; gratitude envers ce qu'offre Corsavy c'est-à-dire « profiter » de ce que nous donne Corsavy avec en retour se demander ce que l'on peut offrir (pas seulement « consommer » bon air, beau ciel étoilé, tempêtueux ciel orageux, beaux paysages, gibier, champignons, truites, saucisse catalane, escargots grillés, viande d'agneau et fromages de brebis, de chèvres, miels, mûres et framboises mais aussi remercier en paroles, en actes) ; retrouver ou trouver une nouvelle agriculture nourricière sur les terrasses inexploitées en pratiquant la permaculture (légumes, fruits, céréales, plantes médicinales, châtaignes, vers à soie...) ; retour partiel à la terre avec des jeunes ou familles passionnées par la sobriété heureuse ; favoriser des implantations en télé-travail. Gravitation Réalité Altitude Terre Interaction Temps Uchronie Démocratie Elévation. Réalité de l'élévation. Corsavy est territoire de gravitation et terre de magnétisme. Montagnes, vallées, torrents pèsent lourds et attirent-repoussent. Corsavy est terre d'altitude. Tout y est vivant, puissant, sacré, en interaction. Corsavy par ses estives est terre de libre pâturage, terre de démocratie, d'égalité entre règnes minéral, végétal, animal et espèces. Nous humains ne devons plus nous mettre au centre mais trouver notre place sans supériorité. Corsavy est terre de Vie, de temps immémorial, d'Eternité. Corsavy est terre d'uchronie (de fictions, de légendes écrites, de légendes non formulées, latentes, à écrire), propice aux rêves, aux désirs d'harmonie, d'élévation. Corsavy est propice à la pratique de l'essentielle solitude pour « communier » avec tout ce qui existe, sans dispersion, sans distraction.

  • (Parenthèse de JCG : Le passage de la "tête" au "coeur", de la mise en valeur à la mise en vie, ça c'est le plus difficile à comprendre pour les gens. Se déposséder de toute attente personnelle pour laisser vivre, indépendamment de soi. D'où la difficulté de la projection dans le futur car "on n'y sera plus". Aller du centre à la périphérie. Peut-être formuler une consigne dans ce sens. L'humain n'est plus au centre de Corsavy. Il regarde, il vit Corsavy dans une harmonie avec l'ensemble du vivant. Comment pourrait-il définir sa place, son identité, dans un système où l'oiseau, la vache, l'herbe, auraient la même valeur que lui?  Actuellement l'humain ne voit qu'à travers lui. Son environnement n'est qu'utilitaire, même du point de vue de la beauté, c'est un beau décor. On en profite. Reconsidérer tout cela. Se placer dans la peau d'un arbre pourquoi pas ? Un de ces vieux qui en a vu depuis des siècles et qui vit en parfaite symbiose avec son entourage. 

Trouver un autre vocabulaire, qu’on soit dans une démarche de gratitude, de respect du vivant

Pour une chose obtenue, retirée, extraite, une action de grâce-une offrande comme autrefois dans les sociétés animistes ; hier, les récits fondateurs du passé mythique éclairaient, organisaient le présent et le futur (oracles, offrandes…) ; aujourd’hui, si on ne veut pas que les dystopies de catastrophe (cinéma américain évidemment) se réalisent, il nous faut écrire les histoires d’un futur désirable ; évitons le vocabulaire de la maîtrise : pas de mise en valeur, d’exploitation du territoire ; parler de terreau, d'humus, plus que de territoire.

 

un parmi la cinquantaine de documents que j'ai rassemblés sur le changement de paradigme nécessaire; en cours de lecture Réparons le monde de Corine Pelluchon qui vient de recevoir le prix de la pensée critique Günther Anders (l'auteur essentiel de l'obsolescence de l'homme)

Notre capacité à relever le défi climatique et à promouvoir plus de justice envers les autres, y compris envers les animaux, suppose un remaniement profond de nos représentations sur la place de l’humain dans la nature. Dès que nous prenons au sérieux notre vulnérabilité et notre dépendance à l’égard des écosystèmes, nous comprenons que notre habitation de la Terre est toujours une cohabitation avec les autres. Ainsi, l’écologie, la cause animale et le respect dû aux personnes vulnérables ne peuvent être séparés. De plus, la conscience du lien qui nous unit aux autres vivants fait naître en nous le désir de réparer le monde et de transmettre une planète habitable. C’est à cette éthique qui n’a rien à voir avec des injonctions moralisatrices et culpabilisantes que ce recueil ouvre la voie.

Notre capacité à relever le défi climatique et à promouvoir plus de justice envers les autres, y compris envers les animaux, suppose un remaniement profond de nos représentations sur la place de l’humain dans la nature. Dès que nous prenons au sérieux notre vulnérabilité et notre dépendance à l’égard des écosystèmes, nous comprenons que notre habitation de la Terre est toujours une cohabitation avec les autres. Ainsi, l’écologie, la cause animale et le respect dû aux personnes vulnérables ne peuvent être séparés. De plus, la conscience du lien qui nous unit aux autres vivants fait naître en nous le désir de réparer le monde et de transmettre une planète habitable. C’est à cette éthique qui n’a rien à voir avec des injonctions moralisatrices et culpabilisantes que ce recueil ouvre la voie.


Publié dans #agora, #cahiers de l'égaré, #écriture, #JCG

un mois d'intelligence collective : 19 août-19 septembre 2020 ont abouti à Corps Ça Vit au Cahier des Futurs Désirés, 48 pages au format 21 X 29,7

un mois d'intelligence collective : 19 août-19 septembre 2020 ont abouti à Corps Ça Vit au Cahier des Futurs Désirés, 48 pages au format 21 X 29,7

19 août 2020, lettre d’appel à la réunion du 27 août 2020

- 19 septembre 2020, réunion conclusive

217 habitants recensés, 105 votants aux municipales de mars 2020 

40 participants aux réunions conflictuelles sur l’emplacement de l’antenne 4G, mercredi 29 juillet et lundi 3 août 2020

(en 2021, de ces réunions conflictuelles, sont sorties des réunions de concertation entre les différentes parties et un consensus s'est fait sur l'emplacement le plus approprié, celui du Pla de Couma comme proposé par les opposants et pas au-dessus de la Tour de Corsavy)

(je ne suis pas aller voir si les deux slogans antagonistes ont été effacés sur le mur à l'entrée du village : Non à l'antenne / Non aux doryphores. Oui à l'antenne)

25 à la réunion d’harmonie et d’harmonisation du 27 août 

8 à la réunion conclusive du 19 septembre =>

une radiographie de Corsavy aujourd’hui

pendant ce mois de pratique d’intelligence collective, un seul geste d’hostilité (l’enlèvement d’une affiche plastifiée sur un portail « privé » ai-je appris plus tard où étaient déjà affichés des documents) ; beaucoup de silence (quelques personnes sont venues à ma rencontre pour me parler ou me communiquer leurs propositions : Thierry, François, Elisabeth, Charlène, Jean, Rolande, Mireille, Roland, Antoine, Denise) ; des gens se sont excusés de ne pouvoir venir ; sur une liste de plus de 60 adresses mails, 3 à 4 retours à mes messages d’appels ou de compte-rendus => une radiographie de Corsavy aujourd’hui

8 personnes à la réunion conclusive = 8% des 105 votants = le % de créatifs culturels, de cellules imaginatives nécessaire pour que des changements s’opèrent, même minimes. Des graines ont été semées qui se développeront pendant que d’autres s’épuiseront avant terme.

C’est la Vie à Corps Ça Vit

Ce 2° Cahier après celui sur Qui est Antigone aujourd'hui ? est disponible depuis le 22 octobre 2020.

ISBN 978-2-35502-121-3, format 21 X 29,7, 48 pages, PVP : 5 €

 gravure de Michel Bories, artiste peintre, enfant du village, 1972, décédé à Cuba avec son neveu Cyril Grosse, autre enfant du village, écrivain, comédien, metteur en scène, le 19 septembre 2001

gravure de Michel Bories, artiste peintre, enfant du village, 1972, décédé  avec son neveu Cyril Grosse, autre enfant du village, écrivain, comédien, metteur en scène, le 19 septembre 2001 à Cuba au triangle de la mort; j'avais envisagé de célébrer les 20 ans de leur disparition (3 semaines du 10 au 30 septembre 2021) avec un réalisateur de FR3 Perpignan, Alain Sabatier  (son idée et envie) mais la situation sanitaire ne permet pas cette aventure qui aurait été artistique et littéraire et aurait donné naissance à un film, un peu comme j'ai fait en 2010 en allant avec des artistes au Baïkal, là où Cyril avait créé son dernier spectacle;  titre : (c'est possible) ça va ou l'un de nous est en trop (comprenne qui pourra mais le spectacle s'il ne fournissait aucune explication faisait ressentir vivement toutes les émotions éprouvées lors d'un exil comme lors d'un deuil)

Ce 19 septembre 2020, de 19 à 21 H, deuxième réunion sur quels futurs désirés pour Corsavy, le jour du 19° anniversaire de la disparition à Cuba, au triangle de la mort à Jaguëy-Grande de Cyril Grosse et Michel Bories, le neveu et l'oncle, tous deux artistes à se consumer. 19-19-19, insistance du 19, y compris dans la Covid 19. Leur âme participera de la créativité de la rencontre.

 gravure de Michel Bories, artiste peintre, enfant du village, 1973, décédé à Cuba, le 19 septembre 2001

gravure de Michel Bories, artiste peintre, enfant du village, 1973, décédé à Cuba, le 19 septembre 2001

Ce 15 octobre 2020 vers 11 H, discussion avec le maire du Revest, informé de la démarche effectuée à Corsavy.

- c'est une démarche intéressante. Dommage que ça ne mobilise pas davantage

- dans l'état actuel des consciences, ça ne peut pas mobiliser beaucoup, ça mobilise au mieux les créatifs culturels, les cellules imaginatives

- ça a au moins eu le mérite de décrisper la situation provoquée par l'emplacement de la 4G ; avec la 5G, on va être confronté à un sacré problème ; comme les antennes font moins de 15 m, les fournisseurs n'auront pas besoin de demander une autorisation ; la seule façon que nous aurons de réagir sera d'empêcher le raccordement sur le réseau électrique; action en justice du fournisseur...

- quand tu penses que ça sera pour voir des films, des séries, du porno sur son smartphone

- oui et pour jouer; plus de vie sociale, le confinement permanent dans sa bulle

dans le sillage de Baïkala, testament amoureux de JCG, reproduit sur papier de dentelles végétales par Aïdée Bernard, 5 m de long sur 12 cm, 1 exemplaire d'artiste acheté par la médiathèque Méjanes d'Aix-en-Provence; la subway dress réalisée par Aïdée Bernard; la jupe de correspondance réalisée par Aïdée Bernard (1 jupe achetée par la médiathèque d'Albi); la robe-peau d'Aïdée Bernard
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