emmanuelle arsan
Emmanuelle Arsan / Camille Moreau
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La couleur des idées - Camille Moreau
Pascale Seys reçoit la philosophe Camille Moreau avec qui elle s'entretient d'érotisme et d'érographie en lien avec la littérature et principalement à travers le mythe d'Emmanuelle', qui vient...
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émission du 20 septembre 2025
5 pages dans Première sur le livre de Camille Moreau à l'occasion de la sortie le 25 septembre 2024 du film Emmanuelle d'Audrey Diwan
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D'Emmanuelle à Emmanuelle, deux films au coeur de deux révolutions sexuelles
Il y a 50 ans, le grand public découvre le film "Emmanuelle", dont la jeune héroïne, interprétée par l'actrice Sylvia Kristel, explore sa sexualité librement, sans tabou ni respect des conven...
excellent documentaire dans lequel j'ai apprécié en particulier ce que dit Camille Moreau sur le mythe Emmanuelle Arsan / un documentaire pour faire le point sur "sa" sexualité et "son" rapport à l'autre, sur comment on prend en compte ou pas des mouvements comme #MeToo ou #NotAllMen / diffusé le 24/09/2024 à 21h08 Disponible jusqu'au 28/06/2025
Camille Moreau à la RTBF pour la sortie de sa biographie d'un pseudonyme / Emmanuelle 1° édition sans nom d'auteur ni d'éditeur, vendue sous le manteau / le 2° tome toujours sous le manteau avec nom d'auteur
les deux précédents livres de Camille Moreau / correspondance heureuse avec Emmanuelle Arsan / Livre des cendres d'Emmanuelle, paru en 2017, sans nom d'auteur ni d'éditeur = retour à l'anonymat
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Emmanuelle, nous et moi (nos émois)/J.C.Grosse - Blog de Jean-Claude Grosse
Sylvia Kristel Noémie Merlant 50 ans après la sortie, le 24 juin 1974, du film Emmanuelle de Just Jaeckin avec Sylvia Kristel est en préparation, une nouvelle version par Audrey Diwan avec Noém...
C'est le 4 juin 1968 que j'ai osé aborder Emmanuelle. 68. Paris. Quartier latin. L'imagination au pouvoir. Retrouvée la force des mots-tocsin. Du vent, semble-t-il, des pétales tombés sous les talons d'une danse mais l'homme pourtant, avec toute son âme, ses lèvres, sa carcasse... Rejoint par nous de 68, Vladimir Maïakovski, le poète des mots-tocsin: Désembourbez l'avenir nous crie-t-il depuis 1925 et à moi: Calcule, réfléchis, vise bien et avance -ne serait-ce que dans le détail- chez toi, à table, dans tes rapports, les moeurs pour atteindre la taille de la puissante vie à venir. Et nous de 68 de lui répondre sur les murs où s'écrit la parole en archipel par la salve d'avenir de René Char: Vivre devient la conquête des pouvoirs extraordinaires dont nous nous sentons profusément traversés mais que nous n'exprimons qu'incomplètement faute de loyauté, de discernement cruel et de persévérance. La bêtise aime à gouverner. Arrachons lui ses chances.
Louis-Jacques Rollet-Andriane auteur principal du livre Sauver Venise UNESCO, 366 p., 1971 / PDF intégral de ce qui est devenu le projet réalisé Mose-Moïse / Lire les pages 277 à 280 / Les 78 barrières sous-marines ont été testées pour la première fois ensemble le 10 juillet 2020 (en conditions de marées normales) et, après plusieurs tests toujours en conditions de marée normale, la place Saint-Marc est protégée pour la première fois de l'acqua alta le 3 octobre 2020. Fin octobre 2023 il y a eu dix jours consécutifs de marées exceptionnelles. La ville a été protégée par le Mose. Relevé dix fois depuis le début de la saison d'automne pour un coût de deux millions d'euros, le barrage, mis en service le 3 octobre 2020, a depuis permis de maintenir la ville au sec et d'éviter des millions de dégâts, d'éviter des désagréments. Sans le relèvement des vannes, 70 % de la surface aurait été submergée. Au 31 mai 2022, le coût indiqué pour la Mose était de 6,2 milliards d’euros, 670 millions de plus que les 5,5 milliards enregistrés en décembre 2020 et plus de deux milliards de plus – 51 % – que prévu initialement.
Bonheur dans l'univers d'Emmanuelle Arsan, filmé à L.A., chez un admirateur
http://www.dailymotion.com/video/x4uilw_bonheur-1-emmanuelle-arsan_creation
Extraits de Bonheur, texte d'Emmanuelle Arsan, publié aux Cahiers de l'Égaré, en 1993, épuisé et repris dans Bonheur 2, publié en 2008, aux Cahiers de l'Égaré, disponible; texte dit chez un...
http://www.dailymotion.com/video/x4usf7_bonheur-2-emmanuelle-arsan_creation
Une vie française Jean-Paul Dubois
livre paru en 2004 chez l'Olivier, prix Fémina, un téléfilm en a été tiré en 2011; Jean-Paul Dubois, lauréat du prix Goncourt 2019 pour "Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon" (L'Olivier)
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Jean-Paul Dubois - Entretien (Affaires culturelles)
Jean-Paul Dubois - Entretien (Affaires culturelles) par Arnaud Laporte sur France Culture (2021)
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"Le scénario d''Une vie française' a été lu par un psychiatre", Jean-Pierre Sinapi, réalisateur
Un père raconte sa vie à sa fille pour la sortir de sa schizophrénie. Coscénariste et réalisateur de cette adaptation audacieuse du roman de Jean-Paul Dubois, Jean-Pierre Sinapi commente trois...
Une vie française
Jean-Paul Dubois
2004, prix Fémina
3 réactions en lisant ce roman
Les 30 premières pages m’énervent. La pré-puberté, la pénétration dans un rôti, l’initiation au sexe, ça ne me parle plus. Le narrateur s’y vautre. Je décide d’arrêter la lecture.
Je pars sur Belles lettres de Julian Rios. Initiation au sexe encore. Le narrateur s’y vautre.
Deux narrateurs adolescents, masculins, mâles.
Eros ne travaille-il que les mâles ?
La littérature est-elle devenue éjaculante ?
Rien à voir, ni avec la littérature érotique à la Emmanuelle Arsan ou à la Pauline Réage (deux femmes) ni avec la littérature pornographique (les lettres de James Joyce me semblent indépassables ou même le monologue de Molly Bloom).
Ce n’est plus la littérature qui excite. Ce sont des vidéos. Et des accessoires. En temps réel.
Le marché des vidéos porno est devenu un marché mondial. Et ça touche aujourd’hui les enfants dès 6 ans.
J’ai décidé de reprendre la lecture du roman. Et au fur et à mesure de ma lecture, j’ai été pris. Embarqué par un narrateur, d’abord répulsif, qui le reste longtemps, ne devient jamais sympathique mais devient attachant, touchant, tellement ce qui lui tombe sur la gueule est énorme et tellement il s’en branle.
« Les nouvelles, bonnes ou mauvaises, surviendraient quand elles le voudraient. J’avais pris l’habitude de laisser les événements se glisser dans les courants d’aire et le bruit des portes qui claquent. »
Dès la 3° page, le narrateur se présente, Paul Blich, 54 ans. Il commence son récit avec l’annonce de la mort de son frère aîné. Il a 8 ans, son frère Vincent 10. On est en 1958. La V° république vient de naître par référendum. La télévision est déjà un outil de propagande.
Paul Blich raconte donc sa vie, de ses 8 ans à ses 54 ans.
Singularité. Sa vie se déroule sous des chapeaux
- Charles de Gaulle (18 janvier 1958-28 avril 1969)
- Alain Poher (premier intérim, 28 avril 1969-19 juin 1969)
- Georges Pompidou (20 juin 1969-2 avril 1974)
- Alain Poher (deuxième intérim, 2 avril 1974-27 mai 1974)
- Valéry Giscard d’Estaing (27 mai 1974-21 mai 1981)
- François Mitterrand (1) (21 mai 1981-7 mai 1988)
- François Miterrand (2) (8 mai 1988-17 mai 1995)
- Jacques Chirac (1) (17 mai 1995-5 mai 2002)
- Jacques Chirac (2) (5 mai 2002-?)
Sous les chapeaux des 5 premiers présidents de la V° République.
Paul Blick a 18 ans en 1968. Il obtient son bac dans les conditions que l’on sait. Entreprend des études de sociologie à la nouvelle université du Mirail à Toulouse, études se déroulant dans les conditions que l’on sait, le temps que les mandarins reprennent le pouvoir. 5 ans faisant de lui un gauchiste sans trop de convictions (il est contre le mariage mais finit par se marier sous la pression de sa belle-famille) mais suffisamment pour ne jamais voter.
Donc le regard de Paul Blick sur les chapeaux et les souliers des présidents, sur les événements survenant pendant leurs mandats n’est pas particulièrement complaisant. Regard désillusionné, lucide. Rien à attendre sinon le pire de « l’impolitique absolue, de l’adémocratie flamboyante ».
Le roman étant paru en 2004, on a échappé à Sarkozy, à Hollande, à Macron. S’il en écrit un allant de ses 54 ans à ses 80 ans, à quel roman aura-t-on droit ?
Mais ces 3 là valaient le détour. Le bon peuple de France a été servi. Et ça va continuer avec en embuscade, le RN.
La vie sous 5 présidents est racontée par un narrateur de 54 ans mais qui bien sûr n’a pas les mêmes souvenirs sous de Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac.
De Gaulle ne l’a guère marqué. Il l’a détesté. Omniprésent à la radio et à la première télévision.
Pompidou était banquier. Pas de quoi rêver.
Giscard et son accordéon, ça sonnait faux.
Mitterrand est celui que sa mère admire, lui, non.
Mitterrand c’est pour son premier septennat 1700 discours en public, 154 déplacements à l’étranger, 60 visites officielles dans 55 pays, 70 voyages d’une journée, 18 conseils européens et 6 sommets.
Devenu célèbre et riche grâce à deux livres de photographies Arbres de France (dont il accepte de faire la promotion), Arbres du Monde (dont il laisse l’éditeur s’occuper sur la dynamique du premier), il se voit proposer par le président un projet de photos le président et ses arbres préférés, à Paris, dans le Morvan, à Latché dans des Landes.
Et Paul de refuser. - Pourquoi ? - Je ne photographie jamais les humains. Mitterrand raccroche au nez de Paul.
À 54 ans, Paul a connu une célébrité éphémère, une richesse inattendue éphémère.
La mort accidentelle de sa femme Anna dans un crash de Jodel sur les contreforts de la Montagne Noire, piloté par l’avocat de la pègre toulousaine alors qu’elle lui a dit aller en voiture à Barcelone pour négocier la délocalisation de son entreprise de piscines et jacuzis Atoll, employant plus de 100 personnes lui fait découvrir la duplicité, les mensonges de la mère de ses enfants qu’il a élevé petits comme homme au foyer, lui fait découvrir aussi qu’il doit laisser « toutes les questions curieuses mais inutiles se dissoudre une à une dans la poussière du temps. »
Riche, il rembourse les dettes de l’entreprise d’Anna, se retrouve ruiné, refuse toute proposition de reconversion et devient jardinier.
Une des caractéristiques de l’écriture est que le Je du narrateur est souvent distancié par le on ou le nous. Parlant de sa belle-mère il écrit « celle qui donnait l’image d’une femme émancipée, épanouie, à l’humeur libérale, que l’on sentait capable de séduire, d’aimer et ne se cachant pas de goûter à tous les plaisirs de la vie. »
Cette pratique a l’intérêt de révéler ce qu’il y a de commun à la plupart des gens, formatés par leur milieu, l’époque, l’air du temps pour donc cesser de croire à l’unicité de notre destin.
Jean-Paul Dubois, s’ił vit encore, a 73 ans. Son personnage Paul Blick a 73 ans. Ce gauchiste de circonstance comme enfant de 68 a beaucoup de lucidité, un art d’accepter ce qui lui arrive, de laisser le temps dissoudre les bonnes et les mauvaises nouvelles, les politiques du mal présentées comme axe du Bien (voir comment il résume la politique américaine à propos de la guerre du Golfe déclenchée le 17 janvier 1991 : « je regardais comment l’Amérique s’y prenait pour embobiner le monde. Altération de la réalité. Malversations sémantiques. Falsification de causes. Amplification des effets. Témoignages truqués. Contrefaçon des preuves. Détournement des buts. Déguisement de la souffrance. Dissimulation des morts. Ces gens d’Outre-Atlantique incarnaient la forme civilisée de la barbarie. Manipulateurs de conscience, exterminateurs de pensée, inséminateurs d’idées prédatrices… »), les catastrophes (celle d’AZF à Toulouse, 10 jours après le 11 septembre 2001).
Salman Rushie qui a droit à un passage, dirait de Paul Blick que c’est un quiétiste, que ce quiétisme que Rushdie reproche à Orwell dans Patries imaginaires, est le signe d’un regard d’impuissance sur la réalité. Ne pouvant, ne voulant, croyant ne pas pouvoir modifier la réalité, on l’accepte et ce faisant, on est complice, collaborateur du système, producteur de cette réalité. On est dans le ventre de la baleine selon le titre d’Orwell.
Gauchiste quiétiste, petit-bourgeois par son mode de vie, Paul Blick vit au jour le jour, s’adaptant à ce qui lui arrive, à ce qui nous arrive.
Sa passion photographique pour les arbres sans les humains aurait pu lui ouvrir une autre voie.
Comme sa passion inaboutie pour les insectes.
A photographier les uns et les autres, il apprend et nous fait connaître des lexiques très précis, des univers vivants, autrement vivants, sans les humains.
L’autre voie serait-ce la disparition des prédateurs humains par les super-prédateurs malsains que nous portons aux commandes ?
Annoncée par une littérature des décombres ou des ruines comme celle que l’Allemagne d’après-guerre a vu émerger avec Günter Grass ou Wolfgang Borchert.
Une autre voie peut-être : comprendre que la réalité est d’abord en nous, que tous les contraires, monstres et autres chimères, anges et bêtes, mâles et femelles, sexe et mort, solitude et tropisme du troupeau existent d’abord comme pulsions, énergies avant de s’incarner. Donc travailler sur certaines de ces pulsions, réussir à les contenir.
Mon expérience récente est la transformation réussie d’un sentiment d’amour archaïque (voulant l’amour en retour) en un sentiment d’amitié, sans attente. Ce qui n’a pu être transformé, c’est le désir sexuel. Et je ne cherche pas à l’annihiler. Je suis vivant. Selon Bataille, « de l'érotisme, il est possible de dire qu'il est l'affirmation de la vie jusque dans la mort. »
tu parles avec des voisins de ta lecture de Rezvani traitant de la Bible dans Vers les confins
l'un d'eux te sort un titre : La Bible arrachée aux sables, Werner Keller, 1956, 604 pages, plus de 20 millions d'exemplaires et toi, tu n'en as jamais entendu parler; faut dire que la Bible, ce n'est pas ce que tu cherches spécialement à lire. Le catéchisme t'a suffi
un autre te sort un énorme journal, Zilbadone de Giacomo Leopardi, 2003, 2398 pages, l'auteur de L'éloge des oiseaux
pendant que tu écoutes ces lecteurs, le grand âne de Jérôme passe et repasse, à pas lents, obligeant les voitures à ralentir ou s'arrêter, il vient humer le marc de café que tu as mis dans les deux oliviers en pot devant ta porte
après Rezvani, que lire ?
tu choisis Mémoire de mes putains tristes, 2005, Gabriel Garcia Marquez, 209 pages
réécriture de Belles Endormies de Yasunari Kawabata.
et sorti en prévision, deux Salman Rushdie : Patries imaginaires, Les enfants de minuit, L'ombre du vent de Carlos Ruiz Zafón et deux romans de Julián Ríos : Belles Lettres et Album Babel
de Mémoire de mes putains tristes de Gabriel Garcia Marquez, je retiens ces citations :
Dès lors, je n’ai plus compté en années mais en décennies. Celle de la cinquantaine a été décisive, parce que j’avais pris conscience que presque tout le monde était plus jeune que moi. Celle de la soixantaine la plus intense, car j’avais cru ne plus pouvoir me permettre de faire des erreurs. Celle de soixante-dix à quatre-vingts a été terrible, car elle aurait pu être la dernière. Cependant, quand je me suis réveillé en vie le matin de mes quatre-vingt-dix ans dans le lit heureux de Delgadina, il m’est apparu que la vie ne s’écoulait pas comme le fleuve tumultueux d’Héraclite mais qu’elle m’offrait l’occasion unique de me retourner sur le gril et de continuer à rôtir de l’autre côté pendant encore quatre-vingt-dix années.
....................
Grâce à elle, j'ai affronté pour la première fois mon être véritable, tandis que s'écoulait ma quatre-vingt-dixième année. J'ai découvert que mon besoin obsessionnel de savoir que chaque chose est à sa place, chaque affaire traitée en son temps, chaque mot conforme à un style, n'était pas la juste récompense d'un esprit méthodique mais au contraire un système de simulation inventé pour cacher mon naturel désordonné. J'ai découvert que ma discipline nest pas une vertu mais une réaction contre ma négligence ; que ma générosité apparente cache ma mesquinerie, que je suis trop prudent parce que je suis mal-pensant, conciliateur pour ne pas succomber à mes colères rentrées, ponctuel pour qu'on ne sache pas à quel point le temps des autres m'est indifférent. Enfin, j'ai découvert que l'amour n'est pas une inclination de l'âme, mais un signe du zodiaque.
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C'était enfin la vraie vie, mon coeur était sauf et j'étais condamné à mourir d'amour au terme d'une agonie de plaisir un jour quelconque après ma centième année
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JCG : en lisant ce Mémoire, j'ai regardé ma vie actuelle et je l'ai aimée encore plus, d'autres façons, amoureux de l'amour, du désir d'une chair; peut-on ainsi accoler ces deux mots : amour et désir ? cela dépend de chacun sans doute.
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et ce propos
Je ne laisserai pas entrer le vieux !
C'est la réponse admirée et non génétique que Clint Eastwood a donné au chanteur country Toby Keith, quand on lui a demandé quel était son secret pour rester actif et brillant à son âge.
Quand je me lève tous les jours je ne laisse pas entrer le vieux. Mon secret est le même depuis 1959 : occupez-vous. Je ne laisse jamais le vieil homme entrer dans la maison. J'ai dû le traîner dehors parce que le gars était déjà confortablement installé, me donnant des coups de pied constamment, ne laissant aucune place à autre chose que la nostalgie. Tu dois rester actif, vivant, heureux, fort, capable.
C'est en nous, dans notre intelligence, attitude et mentalité. Nous sommes jeunes avec l'indépendance. Il faut apprendre à se battre pour ne pas laisser entrer le "vieux. "Ce vieux qui nous attend, debout fatigué au bord de la route pour nous décourager. Je ne laisse pas entrer le vieil esprit, le critique, l'hostile, les jaloux, l'être qui persécute notre passé nous lier avec des plaintes et des angoisses lointaines, des traumatismes revus ou des vagues de douleur. Il faut tourner le dos au vieux bavardage, plein de colère et de plaintes, sans courage, qui se renie que la vieillesse peut être créative, déterminée, pleine de lumière et de protection. Vieillir peut être agréable, et même amusant, si vous savez utiliser le temps, si vous êtes satisfait de ce que vous avez réalisé et si vous continuez à avoir l'illusion, ajoute Clint Eastwood, une légende qui a dix nominations aux Oscars, dont il a gagné quatre statues. Tous après avoir dépassé le seuil des soixante. Ça s'appelle "ne pas laisser le vieil homme entrer dans la maison. "Ces mots ont frappé le chanteur country Toby Keith si profondément qu'il l'a inspiré à écrire la chanson « Don't Let the Old Man in " (Ne laissez pas entrer le vieil homme), dédié au légendaire acteur.
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après Mémoire de mes putains tristes, de G G Marquez
Patries imaginaires de Salman Rushdie, chroniques, essais, discours des années 1980-1990 soit il y a presque 40 ans, articles écrits avant la fatwa de Khomeini du 14 février (Saint-Valentin) 1989 le condamnant à mort, et ayant engendré l'attentat du 12 août 2022...
articles qu'on peut lire dans le désordre;
un régal;
Rushdie est engagé, engagé comme écrivain, il se pense comme un écrivain de gauche, (laïque, pour la démocratie, le cosmopolitisme, les multitudes, contre le communalisme) créant, imaginant des univers dont thèmes, langues entrent en conflit avec les récits monolithiques politiques, religieux, historiques. Ses notes critiques sur pas mal d'écrivains sont passionnantes
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dans la foulée, j'ai pillé dans Les enfants de minuit, 1980;
les enfants de minuit, c'est le roman échevelé des 1001 enfants nés à minuit, le 15 août 1947, nuit de l'indépendance de l'Inde;
33 bocaux de chutney = 33 chapitres
ça commence par le nez du grand-père dont Salman a hérité, truffe très vivante quand on le regarde lors d'un entretien;
avec ce 1° roman, récompensé, Rushdie a usé de la voie du réalisme magique et comme Marquez cite Machado de Assis (1839-1908)
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https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9alisme_magique
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Joaquim_Maria_Machado_de_Assis
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il a su prendre son pif d'éléphant comme objet littéraire (Cyrano aussi mais c'est moins drôle) avec un feu d'artifice langagier qui ne se dément pas de tout le livre puisque c'est le pif qui guide aussi la fabrication des chutneys comme c'est le pif qui sert parfois à choisir
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après Salman Rushdie sur lequel je reviendrai, je suis passé à
Une vie française, de Jean-Paul Dubois, 2004, prix Fémina
et à Belles Lettres, de Juan Rios, 1996
j'ai failli abandonner Une vie française
et en me rendant compte avec Belles lettres (26 lettres de A à Z, 26 rencontres de partenaires sexuelles, d'Albertine à Zazie) que ces deux romans évoquaient l'initiation sexuelle de deux adolescents devenant hommes, j'ai repris Une vie française, sachant que sans doute j'abandonnerai en cours de lecture, tellement l'inscription de ces frasques dans la fresque historique allant de De Gaulle à Mitterrand et Chirac est superficielle
n'étant plus depuis longtemps ado boutonneux, turgescent, en proie aux pulsions vives, j'ai du mal avec les descriptions faites par ces deux écrivains
je n'ai pas une impression de littérature même si ça me semble plus subtil, plus élaboré chez Juan Rios
tout se passe à Londres ou dans la proximité et le monde est secoué de catastrophes, d'accidents mortels et de ruptures;
chez Dubois, tout se passe à Toulouse et dans les environs et là aussi il y a des catastrophes, des accidents mortels
bref, je n'ai pas trouvé à dialoguer pour le moment avec ces deux romans
à la différence de ce que j'ai vécu avec Garcia Marquez et avec Salman Rushie qui m'a fait découvrir le poète Raymond Carver
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résumé d'un lecteur sur babelio
Paul Blick a huit ans lorsque son frère meurt brutalement, le jour où la France entérine la Ve République. De Charles de Gaulle à Jacques Chirac, des premiers baisers aux premiers cheveux blancs, Blick hésite entre désir et révolte, confort bourgeois et recherche d’un absolu désillusionné. Cette vie française, à laquelle chacun peut s’identifier, est inscrite dans une Histoire en marche et subit le monde autant qu’elle le construit.
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résumé de l'éditeur
Petit-fils de berger pyrénéen, fils d'une correctrice de presse et d'un concessionnaire Simca à Toulouse, Paul Blick est d'abord un enfant de la Ve République. L'histoire de sa vie se confond avec celle d'une France qui crut à de Gaulle après 58 et à Pompidou après 68, s'offrit à Giscard avant de porter Mitterrand au pouvoir, pour se jeter finalement dans les bras de Chirac.
Et Paul, dans tout ça ? Après avoir découvert, comme il se doit, les joies de la différence dans le lit d'une petite Anglaise, il fait de vagues études, devient journaliste sportif et épouse Anna, la fille de son patron. Brillante chef d'entreprise, adepte d'Adam Smith et de la croissance à deux chiffres, celle-ci lui abandonne le terrain domestique. Devenu papa poule, Paul n'en mène pas moins une vie érotique aussi intense que secrète et se passionne pour les arbres, qu'il sait photographier comme personne.
Une vraie série noire – krach boursier, faillite, accident mortel, folie – se chargera d'apporter à cette comédie française un dénouement digne d'une tragédie antique. Jardinier mélancolique, Paul Blick prend discrètement congé, entre son petit-fils bien-aimé et sa fille schizophrène.
Si l'on retrouve ici la plupart des " fondamentaux " de Jean-Paul Dubois – dentistes sadiques, femmes dominatrices, mésalliances et trahisons conjugales, sans parler des indispensables tondeuses à gazon –, on y découvre une construction romanesque dont l'ampleur tranche avec le laconisme de ses autres livres. Cet admirateur de Philip Roth et de John Updike est de retour avec ce roman dont le souffle n'a rien à envier aux grandes sagas familiales, dans une traversée du siècle menée au pas de charge.
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ma lecture en cours (2/3)
finalement, hier, j'ai décidé de poursuivre la lecture de Une vie française
les descriptions érotiques, réelles ou fantasmées, pullulent, descriptions peu répétitives comme cela est souvent le cas dans ce genre de récits / Paul Blick sait raconter sa vie sexuelle, variée en partenaires souvent très actives, inventives, soucieuses de leur plaisir; le lexique est riche: on est presque dans un registre orgasmicosmique
et surprise, Paul Blick, personnage dont l'auteur ne souhaite pas qu'on l'apprécie (c'est un personnage répulsif, pour moi) finit par nous surprendre :
il devient homme au foyer, s'occupant de ses deux enfants, Vincent et Marie
puis photographe célèbre d'un livre fabuleux Arbres de France,
en préparation Arbres du Monde
ce roman étant paru en 2004, on comprend qu'il est écrit avec les préoccupations écologiques des années 2000 et pas seulement celles des années 1958-1995
les pages sur les arbres sont magnifiques : Paul Blick qui a toujours préféré photographier l'immobilité nous en révèle la profondeur, le mystère, loin des vaines agitations humaines
on comprend le refus de ce gauchiste de 1968 de ne jamais voter, de traiter de façon aussi superficielle des hommes politiques et des événements : aucun n'est grand, tous sont des caricatures
on se rend compte qu'en 2023, les travers ont empiré, que les problèmes sont les mêmes; sècheresse de 1974 avec rationnement de l'eau et dégâts considérables (les feux ne sont pas présents)
quand on a vécu cette période, on se souvient de l'exécution par guillotine de Christian Ranucci, le 28 juillet 1976 à Marseille (d'Estaing refusant toute intervention et grâce présidentielle), de celle de Mesrine, le 2 novembre 1979, Porte de Clignancourt, de l'affaire Greenpeace (L'affaire du Rainbow Warrior désigne le sabotage du navire amiral de l'organisation écologiste Greenpeace, le Rainbow Warrior, par les services secrets français le 10 juillet 1985)
bref, j'irai au bout de ce roman qui m'a hérissé et excité
les registres lexicaux sont variés, riches , chantournés (dictionnaire à portée de main)
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"Durant ces longues attentes je me disais que ces arbres devaient avoir, quelque part, une mémoire, sans doute bien différente de la nôtre, mais capable d'enregistrer l'histoire de leur pré, les fréquences bavardes des villes lointaines. Il ne faisait pour moi aucun doute qu'ils possédaient aussi une intelligence du monde tout aussi subtile que celle dont nous nous prévalons. Comme nous, ils avaient pour mission de construire leur destinée à partir de rien, d'un hasard et d'une nécessité combinés, d'une simple graine transportée par le vent ou un oiseau, et ensuite de s'accommoder du sel de la terre et des eaux de la pluie.
[...] Réfléchir au pied des arbres ne me valait rien de bon. A les fréquenter avec assiduité, à presque parler leur langage, je songeais que, désormais, j'aurais les plus grandes difficultés à photographier des humains" (pp. 227-228).
Joaquim Maria Machado de Assis - Wikipédia
Œuvres principales La Triologie réaliste, comprenant : Joaquim Maria Machado de Assis ( Rio de Janeiro, 1839 - ibidem, 1908) est un écrivain et journaliste brésilien, considéré par beaucoup d...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Joaquim_Maria_Machado_de_Assis
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Toby Keith - Don't Let the Old Man In
Music video by Toby Keith performing Don't Let the Old Man In. (C) 2018 Show Dog, LLC marketed and distributed by Thirty Tigers http://vevo.ly/8dORJO
Quand je me lève tous les jours je ne laisse pas entrer le vieux. Mon secret est le même depuis 1959 : occupez-vous. Je ne laisse jamais le vieil homme entrer dans la maison. J'ai dû le traîner dehors parce que le gars était déjà confortablement installé, me donnant des coups de pied constamment, ne laissant aucune place à autre chose que la nostalgie. Tu dois rester actif, vivant, heureux, fort, capable. C'est en nous, dans notre intelligence, attitude et mentalité. Nous sommes jeunes avec l'indépendance. Il faut apprendre à se battre pour ne pas laisser entrer le "vieux. "Ce vieux qui nous attend, debout fatigué au bord de la route pour nous décourager. Je ne laisse pas entrer le vieil esprit, le critique, l'hostile, les jaloux, l'être qui persécute notre passé... Clint Eastwood
ça y est; je sens la rentrée
- derniers jours et dernières soirées pour la fetite pille (15 ans)
- éléments pour la soirée du 29 septembre à 19 H 30 aux Comoni :
Jean-Claude Grosse et ses livres d’éternité ! Une traversée dans l’œuvre de JCG-Vita Nova
Conception et choix des textes : Dominique Lardenois Interprétation : Katia Ponomareva et Dominique Lardenois
- éléments concernant Jean-Loup Fontaine,
-- du 1 au 18 septembre à la maison du Grand Cerf à Ronchin
-- du 15 au 30 septembre à la médiathèque de Loos en Gohelle
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après Une vie française, j'ai sorti de ma bibliothèque de corps ça vit
- les cent plus beaux poèmes du monde, choix d'Alain Bosquet (qui s'en souvient ?)
- Poèmes de tous les jours (100 haïkus), collection Unesco
je tenterai de répondre à une question posée sur la page d'Annie Bergou par Angélique Ionatos
y a-t-il de la place pour les poètes ?
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- au plus près, entretiens avec Philippe Djian
voilà un auteur qui se moque de son écho dans le milieu institutionnel littéraire et qui est sans doute un des écrivains majeurs des 40 dernières années
- Ana Désir de Jean-Yves Loude
- La jouissance et l'extase de Françoise Rey, consacré à la rencontre entre Henry Miller et Anaïs Nin entre 1933 et 1934
/https%3A%2F%2Fwww.radiofrance.fr%2Fs3%2Fcruiser-production%2F2023%2F03%2F2325ef98-688e-46bf-8ec6-2b0431fb1927%2F1200x680_sc_djian.jpg)
Philippe Djian : "Aujourd'hui, qu'est-ce que je peux faire si je veux mettre le sexe de côté ?"
Philippe Djian, romancier, parolier et scénariste, auteur notamment de "37°2 le matin", publie un nouveau roman, "Sans compter" (Flammarion, 22 février).
/https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2FmeW7oKZFdBU%2Fhqdefault.jpg)
Philippe Djian : l'hiver meurtrier
Le romancier Philippe Djian, adapté de nombreuses fois au cinéma (notamment dans "37°2 le matin" de Jean-Jacques Beineix, "Impardonnables" d'André Téchiné, "Elle" de Paul Verhoeven), publie u...
les commentaires sous la vidéo sont intéressants
Salle Pétrarque, Maison des Comoni ,Le Revest-les-Eaux
Vendredi 29 septembre 2023
19 H 30 (Entrée libre)
Les Cahiers de l’Égaré
Les 4 Saisons du Revest et d’ailleurs
La Municipalité du Revest-les-Eaux En partenariat et avec le soutien de TPM et du Pôle
Présentent
Jean-Claude Grosse et ses livres d’éternité ! Une traversée dans l’œuvre de JCG-Vita Nova Conception et choix des textes : Dominique Lardenois Interprétation : Katia Ponomareva et Dominique Lardenois
Jean- Claude Grosse, le Festival de théâtre du Revest, la Maison des Comoni, tiennent une place essentielle dans mon parcours théâtral.
Après la publication en 2021 de Et ton livre d’éternité ?, j’ai proposé à Jean-Claude de puiser dans l’ensemble de ses œuvres (Théâtre, poésie, essais, critiques dramatiques et littéraires, prise de position…) pour une lecture publique à réaliser à la Maison des Comoni.
Son acceptation est une marque de confiance et je l’en remercie vivement.
D’autant qu’il ne souhaite pas intervenir dans mes choix. Comme il s’intéresse à tout, se passionne pour tout et que sa pensée est toujours en mouvement, la tâche est ardue mais exaltante.
Nous aurons donc à cœur de faire entendre toutes les facettes de la pensée et des écritures de Jean-Claude Grosse.
Je tiens enfin à remercier la municipalité du Revest-les-Eaux partenaire de cette soirée.
Bienvenue à toutes et tous.
Dominique Lardenois
Echanges avec le public à l’issue de la représentation ?
vente à prix réduit de Cahiers de l’Égaré
Verres de l’amitié
JEAN-CLAUDE GROSSE
1983-2023 : 40 ans d'activités artistiques au Revest- les-Eaux
1988-2023 : 35 ans d'activité éditoriale
Bibliographie :
Le Libre jeu – Théâtre- (1997)
La Vie en jeu – Théâtre- (1997)
La parole éprouvée – Poèmes (2000)
Le corps qui parle (Trois femmes)- (2001)
Pour une école du gai savoir –Essais- (2004)
Le fils du Baïkal coécrit avec Daria Kosacheva (2010)
Les Enfants du Baïkal (2010)
L’Île aux mouettes (2012)
L’Eternité d’une seconde Bleu Giotto (2014)
Là où ça prend fin (2014)
Histoire de places-Théâtre (2016)
Et ton livre d’éternité ? (2022)
Texte écrit sous le nom de E. Say Salé
Moi, Avide 1er, l’Elu et EAT (manger, pisser, écrire) au temps des queues de cerises (2016)
Vols de voix Farce pestilentielle à l’occasion de la présidentielle (2017)
Aux éditions les Promeneurs Solitaires
Journal d’un Egaré – textes écrits à différentes époques (2018)
Vers les confins / Rezvani
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"Le testament amoureux" de Serge Rezvani : un podcast à écouter en ligne | France Culture
Le bruit du temps se fait entendre - la Révolution Russe, la Seconde Guerre mondiale, mai-68 -, tandis que Serge Rezvani s'emploie à sauver la beauté.
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-le-testament-amoureux-de-serge-rezvani
passionnantes lectures
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Vers les confins - Serge Rezvani
Critiques, citations, extraits de Vers les confins de Serge Rezvani.
https://www.babelio.com/livres/Rezvani-Vers-les-confins/1334845
sur babelio
/https%3A%2F%2Fwww.mediapart.fr%2Fassets%2Ffront%2Fimages%2Fsocial%2Fog_image%2Fbillet_blog.png)
Après reprise du dernier chapitre de La traversée des Monts noirs, et deux jours et une nuit dans le tunnel passant dans les Monts noirs, on prend un convoi de camions militaires en route pour le...
https://blogs.mediapart.fr/grossejean-claude/blog/140823/vers-les-confins-rezvani
sur ma page mediapart
Rezvani retour en Avignon, Serge Rezvani en Avignon avec France Culture, le 14 juillet dans les jardins du Musée Calvet
/https%3A%2F%2Fwww.radiofrance.fr%2Fs3%2Fcruiser-production%2F2023%2F07%2Fad531f9d-0095-4f17-8e46-a65b569593f8%2F1200x680_sc_342810-646cd81d7c250.jpg)
"Serge Rezvani : joyeux retour en Avignon"
Une soirée musicale avec Serge Rezvani, où sera notamment interprétée sa nouvelle composition Pour une Marseillaise amie, qui complète notre hymne national avec les questionnements d'aujourd'hui.
La Traversée des Monts Noirs
supplément au Rêve de d'Alembert
de Serge Rezvani
(Belles Lettres 2012)
voilà un roman d'une densité telle qu'il faut une grande attention et concentration pour ne pas s'égarer, lu dans l’édition de 1992 chez Stock, disponible en 2012 aux Belles Lettres
un roman dialogué ou plutôt monologué par des personnages divers qui parfois se coupent, se contredisent, s'affrontent, se comprennent, partagent mais l'essentiel est ce qu'ils assènent à coups d'arguments affutés sur des sujets divers qui leur tiennent à coeur ou sur leurs sentiments, leurs relations ; rien de superficiel dans ces échanges et ces confidences ; on admet sans méfiance particulière malgré les mises en garde sur un tel ou un tel qu’il s’agit d’une mise à nu sincère des différents protagonistes d’une histoire d’amours sur fond d’une histoire de dominations et de migrations ; on est amené à les croire même si les versions sont multiples, les subjectivités étant en jeu
ces monologues-dialogues ont pour témoin un Français qui ne dit pas un mot de tout le roman mais nous décrit en didascalies les péripéties, déplacements, arrêts, les lieux, les moments ; lui se déplace assez peu, le train, le planétarium ; les confidents ne cessent d'être en différents points du globe (en monologues) mais principalement Pologne, Russie, Israël ; ces confidents l'ont adopté pour la raison qu'ils croient qu'il ne comprend pas le russe ; ils parlent devant lui, le prenant à témoin (donc nous, lecteurs), lui parlant parfois en français, parfois en anglais, ne lui demandant jamais son avis ; cette avalanche de discours en 3 langues est paradoxalement écrite dans une seule langue, la française ce qui rend d'autant plus savoureux les remarques de nature linguistique sur le russe mais aussi le français : noirs = rions ou autre palyndrome : roc cornu pour parler des Monts Noirs
les personnages sont essentiellement des scientifiques, la majorité d'origine juive ; il y a une femme, la dernière juive polonaise, fauvette, hantée par le cimetière de ses ancêtres de la « juiverie » impossible à retrouver sauf peut-être sous un roncier qu’elle fait brûler pour ramener les cendres en Israël, l'homme des fauvettes dit le professeur, Sterne, le dernier descendant polonais des comtes pendeurs qui ont parqué si longtemps en bas de leur château la « juiverie », un jeune mathématicien, Math, un vieil entomologiste, un neuro-ornithologue et un arpenteur sans arpents, sans doute palestinien ; n'apparaît jamais mais est évoqué, un enquêteur des lointains districts qui enquête sur des crimes très archaïques
ces scientifiques sont des virtuoses de la logique et quand on dit d'une logique qu'elle est diabolique, on en a l'illustration à longueur de pages avec une insistance à donner le tournis car chacun insiste, reprend, ressasse ; sont-ils pris au piège de la raison, du raisonnement ? sont-ils pris au piège de l'expérimentation aussi ? Car fauvette, le professeur, l'entomologiste, Math, Sterne, le neurologue dit le docteur sont des expérimentateurs et observateurs d'espèces de toutes sortes, oiseaux, insectes, mais aussi de leurs comportements pris dans l’engrenage de l’histoire perpétuelle de la domination (comment se comporte un dominant ? comment se comporte une dominée ? qu’en est-il du dominé quand il se transforme en dominant ?)
je suis incapable de dire si ce qui est raconté sur le plan scientifique (et qui est sidérant souvent) repose sur la réalité ou si l'auteur nous mène en bateau ; en tout cas, pour moi, cet univers de scientifiques est un univers de malades, ils ont la maladie des symposiums où tout est vide avec sérieux, ils ont la maladie de savoir et cela les rend extrêmement manipulateurs, tortionnaires justifiés aussi ; les scientifiques ne sortent pas grandis de ce roman (à part l’étonnement qu’on peut avoir devant leurs découvertes) d'autant que les échappées métaphysiques déduites de ces expérimentations se ramènent à peu de choses ; tout est dans l'inné, mécaniquement reproduit d'où l'immobilité sous l'apparence du mouvement, ça revient toujours, ça revient toujours au même, palingénésie
ce roman, sans doute bien documenté scientifiquement, date de 1992 ; 20 ans, cela suffit à le rendre en partie obsolète de ce point de vue ; les découvertes des dernières années en cosmologie mettent à mal la stabilité et même le chaos n'est plus le meilleur moyen de rendre compte de ce qui se passe et qui est dans ce que l'on pourrait appeler la créativité de la Nature pour un métaphysicien et les étonnants pouvoirs du vide quantique pour un cosmologiste ; les univers naissent du vide quantique, se déploient, vieillissent, meurent, redeviennent vide quantique pendant qu'ailleurs de nouveaux univers surgissent ; les considérations sur la matière noire ne sont plus aussi pertinents ; avec la métaphysique naturaliste de Marcel Conche, on aurait un roman moins noir ; la nature des Monts Noirs est chaotique, effrayante, elle est métaphorisée comme les autres lieux, la Pologne du dégel, de la boue, le désert israélien ; cette nature hostile, à traverser, où séjourner, est propice aux désirs d’envol, de départ des oiseaux migrateurs comme des éternels migrants, sans arpents, propice aussi aux nostalgies de retour des mêmes oiseaux, des mêmes migrants ; les scientifiques, fauvette en tête, agissent sur l’inné des oiseaux avec leur planétarium au ciel mobile faisant croire aux fauvettes qu’elles ont voyagé jusqu’en Israël et voici qu’une fauvette pond dans les Monts Noirs croyant être en Israël ; la duperie a fonctionné, la simulation du voyage immobile puisque seul le dôme a tourné ; que peut-on prouver ainsi ? que veut-on prouver ainsi ? à moins qu’il ne s’agisse d’humour avec de gros moyens financiers tout de même (noirs = rions); à moins qu'il ne s'agisse d'appliquer ces déductions d'observations aux hommes aussi ?
là où ce roman apporte beaucoup c'est sur la relation dominant-dominé, sur la dangerosité ou non de la symétrie (rendre à l'autre ce qu'il nous donne, lui reprendre ce qu'il s'est indûment approprié) ; les pages sur le crime de Sterne, écrasant un enfant palestinien de l’intifada avec ses pierres et son cocktail molotov, crime transformé en accident par Israël, crime insupportable pour fauvette qui était dans la voiture au moment des faits … montrent la complexité de la situation en Palestine avec les jeunes en guerre (sous chaque pierre, un couteau), en Israël avec les anciens comme l’entomologiste, venus de nulle part, les sans arpents de toujours et les jeunes comme Math, nés là, faisant des palestiniens les nouveaux sans arpents
évidemment, fauvette, la dernière juive de Pologne, travaillant dans les Monts Noirs, traquée avec son consentement par le dernier comte pendeur est le nœud du roman ; quatre hommes comme pour les fauvettes, quatre mâles pour une femelle, quatre hommes donc tournent autour d'elle qui va de l'un à l'autre sauf le professeur, pour finalement préférer le frère déclaré de l'enfant tué ; le roman se termine sans doute sur la mort de Sterne, tué par l'arpenteur, qui avait annoncé à Sterne que ça finirait par son assassinat, symétrie !
tout ce qui concerne ce crime de l’enfant et d’autres crimes similaires (celui d’un enfant juif poignardé par un enfant palestinien lequel est immédiatement lynché par les israéliens), avec références à l’actualité (propos d’un premier ministre nommant « animaux bipèdes » les enragés palestiniens, propos d’un Nobel de la paix israélien, propos de Leibowitz), révèle l’implication de Rezvani qui à travers les points de vue de ses personnages et leurs attitudes (fauvette va jusqu’au village de l’enfant écrasé au prix de sa vie) semble ne pas croire à une solution de paix possible. 20 ans après, ce qu'écrit Rezvani n'est pas obsolète. On en est au même point, pire peut-être, effets ravageurs de la symétrie ! Ce pessimisme (cette lucidité) me semble en lien avec la métaphysique sous-jacente aux développements scientifiques comme à la fin, celui consacré aux affinités répulsives, qu’on retrouve dans Isola Piccola :
« Mais savez-vous que c'est par une infinie répulsion que se tient en place l'univers ? En mathématique comme en chimie ou en physique l'élément d'affinité répulsive sert en quelque sorte de liant. Les affinités répulsives fondent la chimie, la biochimie, la physique nucléaire... et aussi le sexe ! L'univers ne tient ensemble que par le jeu des affinités répulsives. Nous-mêmes ne sommes que des charges électriques dont les phases ne cessent de s'inverser. Cette électricité déphasée, ces pertes et ces retours de tension font de l'univers une curiosité. Sans la folie des flux électriques répulsifs, l'univers ne serait pas cette curiosité qui maintient nos propres flux électriques en éveil. Nous crèverions d'ennui si nous n'étions non seulement plongés dans le chaos mais nous-mêmes chaos. Aucun de nous n'éprouve envers l'Autre ce qu'on nomme naïvement du sentiment... ou si vous préférez une affinité stable. » Isola Piccola
Évidemment, cette dernière affirmation est contredite par les 50 ans d'amour de Rezvani pour Lula et réciproquement et par l'Ultime amour
Jean-Claude Grosse, le 16 avril 2012
Fin d'après-midi et soirée du 8 août, je décide de me plonger dans Vers les confins de Serge Rezvani, dont j'ai lu La traversée des Monts noirs. Énorme et agréable surprise.
Ce roman foisonnant correspond à ce sur quoi je travaille en rendant compte de mes lectures de revues. Humour ravageur, dommage que je sois seul, je ne peux partager mes rires. Roman dont j'ai déjà lu un tiers. les livres I et II sur 4 livres. Après reprise du dernier chapitre de La traversée des Monts noirs, et deux jours et une nuit dans le tunnel passant dans les Monts noirs, on prend un convoi de camions militaires en route pour les Confins, désert sans fin où vivent les Esséniens, les descendants de la Bible d'avant sa défiguration par le Nouveau Testament.
Si avec la revue Front populaire, ça déboulonne, avec ce roman, on atteint l'apothéose des déboulonnages, où Spartacus précède de 70 ans, le Christ, où la doctoresse et la mathématicienne sont les seules femmes du voyage d'élucidation des crimes commis dans les Confins, les autres personnages s'appelant l'ami français, l'enquêteur du district, le criminologue, le chercheur en philosophies oubliés, où la philosophe du deuxième sexe n'est pas nommée mais déconstruite... Bref, un régal.
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deux extraits par la doctoresse, Déborah
« – Oui, je veux dire que la Vie est sans pensée, elle ! Sans programme, elle ! Que la Vie va s’épanouir là où se trouvent dans la Nature des interstices qui lui sont favorables. Elle s’improvise Vie ! Sans savoir qu’elle est Vie ! Voyez l’Australie. À peine s’était-elle détachée des autres continents qu’en quelques millions d’années elle invente les marsupiaux. N’est-ce pas sublime d’imaginer, avec notre étrange cerveau spécifiquement humain, que l’Univers se peuple à l’infini d’une Vie aveugle, sans conscience et à la fois de la même violence inventive que le Feu, lui aussi aveugle et sans conscience, des Mondes en fusion ? Que la Vie et le Feu cohabitent à l’infini dans l’Univers comme cohabitent Vie et Mort ? N’a-t-on pas découvert dans les abysses des mers les plus profondes – là où les feux telluriques jaillis du magma terrestre luttent avec l’eau – non seulement des particules de vie mais d’étranges amalgames de cellules formant des corps composés, munis d’étranges griffes et de crochets, capables de supporter des chaleurs proches de l’ébullition ?
Quand nous eûmes roulé un moment en silence, elle avait ajouté :
– La Vie ne connaît aucun obstacle. Et même quand je mets en garde ces bergers dont nous parlions tout à l’heure, à propos de la radioactivité des métaux qu’ils arrachent aux carcasses des grandes épaves ensablées, je sais qu’à l’échelle des générations, l’espèce humaine, le jour où elle sera atomisée, comme ces espèces animales ou végétales qui survivent et prolifèrent en dépit de tout autour des centrales nucléaires dévastées, oui l’espèce humaine même si elle est défigurée, même si elle est méconnaissable, je dis bien l’espèce humaine revenue s’il le faut à son animalité la plus primitive qui n’est que Vie sans figure humaine, s’arrangera pour survivre coûte que coûte en se réinventant autre par tâtonnements successifs. » (pages 102-103)
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évidemment, je constate la coïncidence d'inspiration avec un poème écrit en juillet et que j'ai mis en voix (5'45"), non partagé
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Metamorphosis
Cosmogonie orgasmique
Somnolent dans le fauteuil Louis-Philippe,
une image te vient :
La Terre et ses milliers de bouches éruptives,
ses milliers de vulves-geysers,
la Terre ronde est ronde
de toutes les grossesses animales et humaines,
de toutes les germinations florales et végétales,
de toutes les minéralisations calcaires et granitiques.
La Terre est la porteuse, l’accoucheuse
de tout ce qui naît, de tout ce qui prend corps.
Le corps, les corps, encore et encore.
Incarnations en chairs et en os,
en racines et cimes,
en strates et sédiments.
Et tu te vis, foetus en position foetale, dans le ventre-terre.
Du ventre-mer, du ventre-mère
tu es passé au ventre-terre, au ventre-univers
........................
Tu as inspiré l’air du Large.
Tu es monté dans la pirogue du Fleuve.
Tu as été fécondé par les abeilles de l’Amour.
Tu accueilles, tu recueilles, tu donnes, tu offres.
Tu ne tries pas, tu ne juges pas, tu n’opposes pas.
Ce qui advient devait arriver,
ce qui adviendra arrive déjà,
ce qui est advenu arrive toujours
parce que le passé ne s’efface pas.
Tout est mémorisé, devient mémoire vivante.
Tu t’es laissé glisser dans l’Océan que tu es.
Tu n’es pas une vie minuscule gouvernée par un zizi ridicule.
Tu es une vie Majuscule reliée au Tout.
Tout copule et consent avec joie à copuler.
Poussières et semences d’étoiles,
germes et spermes de l’orgie de l’évolution,
de l’ontogenèse, de la phylogenèse,
à la vie à la mort.
La fabrique des corps. Et au coeur du corps, le coeur.
Tu es humble de ton humus,
humain de ton humanité,
universel de ton universalité,
divin de ta divinité.
En ouvrant tes bronches,
en activant ouïes, branchies,
tu retrouves tes éléments, l’air, l’eau.
Tu entres dans l’innocence.
Tu es miracle et mystère de ta naissance.
Tu seras mystère et miracle de ta mort.
Tu fais choix de l’ignorance.
Tu ne refuses pas les connaissances
mais surtout tu sais qu’on ne sait rien.
Rien du début, rien de la fin, rien du sens s’il y en a un.
Tu acceptes d’être dans l’incertitude,
tu ne cherches pas de certitudes.
Tu ne crois plus qu’il y a la Vérité à chercher.
Tu essaies d’être dans la Vie, dans l’Amour, dans la Mort.
Tu montes et descends l’échelle,
Du Tartare à l’Olympe,
du Ciel à l’Enfer
et tu bivouaques sur la Terre.
Du Tartare, tel Orphée, tu ramènes poèmes et mélodies.
Épitaphier de tous les morts aimés.
Dans l’Enfer, pas de damnés condamnés à jamais.
Du Ciel, tu ne fais pas le séjour de Dieu ni le paradis des ressuscités.
Dieu ayant créé se cache, tsimtsoum.
Le ciel est espace de légèreté pour la gente ailée.
Dieu est dans le silence d’un souffle subtil.
Dans l’Olympe, aucune guerre des dieux.
Ils ont eu le temps d’apprendre et de pratiquer l’anarchie.
La Terre est danses et cycles.
La grande roue du Grand Manège tourne
bien huilée
sans grincements de dents.
Dieu et les dieux sont présences ineffables.
Tu n’es plus un hamster.
Tu es à Parfaire. Tu es un Parfait. Tu es Parfait.
Circonstances de lecture
Après avoir écrit sur deux N° de Front populaire dont un article approfondi sur 3 philosophes face à la bombe : Camus, Jaspers et Anders.
(Possibilité d’usage d’armes nucléaires dans la proxy war russo-ukrainienne-otanienne)
Plutôt perturbé, à la fois joyeusement et douloureusement par les « accusations et preuves » de mensonges, manipulations des idéologies humanistes, universalistes comme des religions d’amour, j’ai sorti, sans doute pas par hasard, le roman de Rezvani, Vers les Confins, faisant suite, 12 ans après, à La Traversée des Mont Noirs, en supplément au Rêve de d’Alembert.
Je l’ai lu en 3 jours. 4 livres de courts chapitres, IX pour le I (pages 11 à 87), X pour le II (pages 89 à 174), X pour le III (pages 176 à 264), XV pour le IV (pages 266 à 387)
Impressions subjectives, sans tri ni analyse.
Jubilatoire, drôle, parodique, décapant, désespérant, répétitif, symétrique, réversible, asymétrique, lard cochon, hypnotique, profond, léger, paradoxal, contradictoire, iconoclaste, manipulateur, séducteur, raisonneur, rationaliste, matérialiste, scientiste, démolisseur, dynamiteur, palindromique, poétique, lyrique, fantaisiste, magique, encyclopédique, musical = bruit infernal (du train puis de la chenillette), bavard, suspendu, pictural, amoureux, amoureusement féminin, des seins féminins, horriblement masculin érecteur, éjaculateur, émasculateur, cornaqué par le petit cornac, profondément juif, profondément humoristique yiddish
chaque mot mériterait une illustration mais je laisse chaque lecteur faire son travail de lecteur
Voilà des contes tirés des mille et une dunes d’un désert sans fin, illimité
Comme dit la 4° de couverture : « depuis l’aube de l’intelligence humaine, ne faisons-nous pas que délirer…poétiquement, dites-vous, pourquoi pas ? », reprise d’une remarque de la mathématicienne Adema, page 168
Évidemment, l’écrivain de langue française, d’origine russe et perse, de nulle part, muet dans La Traversée, est amené à se dévoiler comme écrivain, donc à parler d’écriture donc de lecture; puisque est énoncé le lieu commun bien éculé (pratiqué par qui ?) du lecteur faisant la moitié du chemin.
Lecteur, je vais tenter de faire la moitié du chemin emprunté par l’auteur se parodiant dans le personnage de l’écrivain de langue française.
Les lieux :
- les Monts Noirs, gelés, glacés, un tunnel sous les Monts qu’il faut deux nuits, un jour pour les traverser avec arrêt dans une gare de triage, de réapprovisionnement, de contrôles… Chemins de fer = trains de la mort de masse, des déportations de masse. Monts Noirs = métaphore = réalité des territoires immenses sous la coupe de tyrans et dictateurs, se prétendant porteurs d’un monde nouveau, d’un homme nouveau.
- Les Confins, du sable encore du sable, des dunes encore des dunes ; et des surprises, des carcasses d’engins indescriptibles, innommables, innommés car rien ne doit être nommé de ce qui est vu. Un cratère géant dû à la chute d’un météorite. Des Esséniens de la lointaine époque de la langue araméenne, des Sages, tous fous merveilleux, le Sage des poules, le Sage des tombes et peut-être le Sage des sages qui a la Réponse. La Déesse des sables, descendante de Lilith, préférée à Ève. S’il est trop curieux, s’il veut aller plus loin que la Montagne Rouge, l’écrivain de langue française est prévenu, il n’en reviendra pas.
Les personnages :
- ceux de la mission sous la responsabilité de l’enquêteur du district, la doctoresse Déborah, la mathématicienne Adema, le criminologue, le chercheur en philosophies oubliés, l’écrivain de langue française
- les personnages rencontrés : l’Arpenteur sans arpents, le Sage des poules, Sarah, le Sage des tombes, le Christ errant éternellement ressuscité, la Déesse des sables
- Les personnages évoqués : l’anthropologue, Math, Sterne, l’ornithologue des Fauvettes
Les styles :
- Très peu de descriptions, alors même que l’écrivain de langue française y est invité mais attention, seulement pour lui et eux, pas à diffuser, d’ailleurs, pas de prises de notes ou si, destruction des notes
- Très peu de narrations, sauf confidences de l’écrivain de langue française évoquant la maladie de son aimée de 50 ans ou certains de ses écrits antérieurs dont les paroles d’une neuve marseillaise
- Essentiellement des discussions entre les personnages avec insistance sur la nomination de l’émetteur de chaque réplique, et sa façon de dire, ironique, agacée, énervée, colérique, railleuse, câline, ce qui produit beaucoup de comique
Le sujet :
c’est quoi cette espèce tueuse douée d’intelligence et qui en est arrivée à rendre invivable son milieu de vie et à être au bord de la disparition collective ? Comment comprendre cette propension, cette pulsion archaïque à tuer, d’abord les siens, pères et frères assassinés, enfants égorgés, femmes lapidées, ensuite les autres, mis en esclavage et exterminés
est interrogée, questionnée la Bible; sont cités des épisodes et des recommandations à se demander comment ne pas se rendre compte de la monstruosité de ce qui est raconté et comment ne pas se détourner définitivement de ce genre de récit; comment expliquer la fascination exercée par ce Livre et par son symétrique, le Coran, tous deux engendrant des fous de Dieu, Yaveh, Allah depuis des millénaires
Comment est-on passé de la Bible, de son Dieu irascible, en colère au Nouveau Testament, au Fils du Père, mourant pour tous sur la croix, par amour de l’homme. Comment est-on passé de la colère divine à l’amour divin, sans pour autant renoncer aux meurtres de masse, aux inquisitions, aux bûchers pour sorcières, aux tortures les plus abominables, aux évangélisations forcées, aux missions colonisatrices … et comment s’est opéré le glissement vers les messianismes terrestres, eux-mêmes porteurs d’exterminations de masse
Ce livre n’épargne rien, aborde tous les aspects liés à trois questions : d’où venons-nous ? Où allons-nous ? Qui sommes-nous ?
D’où venons-nous ?
de la première femme, d’un utérus originel, d’entre les cuisses de la Mère, et donc d’incestes à répétition ?
de l’homme insufflé par le souffle divin, la femme étant tirée de la cuisse de l’homme ?
Genèse utérine = ire es tu - égal en grand écart
(Ève rêve)
Où allons-nous ?
Fin du monde, fin de l’humanité sont des métaphores; le temps de l’extinction sera peut-être le temps de la métamorphose (rire de Kafka se lisant), le temps de l’adaptation aux pires conditions de survie, comme les monstres animaux engendrés par la vie sous terre dans les confins; nous nous acheminons vers une métamorphose de monstres humains en monstres insectes
(rions noirs)
Qui sommes-nous ?
Des monstres originels, des monstres de tout temps, d’avant, de maintenant, d’après, d’ici, d’ailleurs, de nulle part, des monstres éternels
En conclusion :
Rezvani en écrivant ce livre poursuivait-il un but ? En revendiquant d’être artiste de lui-même, d’être créatif, en faisant travailler ses deux hémisphères, celui du langage, celui des images, ayant été témoin de la dégénérescence du cerveau de l’aimée (l’âme neuronale de Lula), Rezvani me semble-t-il, ne poursuit d’autre but que celui de se faire plaisir, avec désinvolture, sans attachement à l’oeuvre, « son » oeuvre, tant que son cerveau peut délirer poétiquement.
En regardant sur internet, j’ai très peu vu de notes de lecture sur ces deux livres (un 3° me semble annoncé).
C’est le signe me semble-t-il d’une liberté radicale, peu soucieuse de l’écho rencontré, de faire oeuvre dans le cocon menacé par le Feu de La Béate dans les Maures.
Comme j’ai trouvée cette liberté radicale, chez Emmanuelle Arsan qui n’a jamais accordé d’interviews, est restée d’une discrétion absolue, vivant à Chantelouve, menacée par le Feu dans la forêt dracénoise.
Je pense donc que ces deux livres écrits par Rezvani pour se faire plaisir en se grattant là où ça lui fait très mal (la tête) et où ça peut aussi nous faire très mal (le cul) ne sont lisibles que par les quelques-uns qui en auront le désir.
(l’arpenteur sans arpents n’est-il pas un chrétien palestinien, le symétrique des arpenteurs sans arpents que furent les juifs pendant des millénaires et se revendiquant aujourd’hui d’Israël colonisant à tout va des territoires palestiniens)
Après Onfray (va-t-il aussi profond et aussi drôlement?), on va avec Rezvani au coeur du magma pulsionnel, de l’énigme. Il n’y a pas de Réponse à la Question, il n’y a pas de Sage des Sages au-delà de la Montagne Rouge.
L’enquêteur du district chargé d’élucider les innombrables crimes commis dans les Confins, a compris qu’il n’y a rien à élucider. Ces crimes sont des crimes « naturels », perpétrés depuis la nuit des Temps.
Le crime précède la loi l’interdisant.
Le tribunal Russell ou le Tribunal pénal international doivent condamner avant l’exécution des crimes.
Pour raconter tout cela à nos amis-enne-amis extra-terrestres, une seule hellade suffira, soit un milliard de signes binaires.
Faut-il raconter ou faire silence ? Faut-il se souvenir ou oublier ? Faut-il parler, user des mots ou se penser en connexion avec le Tout ? Faut-il honorer le veau d’or ou pratiquer le don ?
J’inviterai certains amis à en être lecteurs.
Et pourquoi pas, organiser quelques lectures à voix haute de certains des très courts chapitres des 4 livres de ce Livre.
Longue vie encore à Rezvani, 95 ans en 2023, cent ans moins cinq comme il se présente, artiste pluri-indisciplinaire,
qu'il s'amuse, continue à s'amuser, qu'il en amuse quelques-uns d'entre nous.
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Serge Rezvani - Interview (18/02/2014, Danse des mots, Yvan Amar, RFI)
Emission Danse des mots, sur RFI, par Yvan Amar Diffusion le mardi 18 février 2014 Vers les confins Depuis des " annes-lumière ", Rezvani délire poétiquement dans des romans qui coulent et nous...
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ROMANS ET RECITS | Serge Rezvani
Paris, C. Bourgois, 1970 (réimpr. 1972 (collection " 10-18 "), 2000 (Éd. de la Mauvaise graine)), 137 p. (ISBN 2-9514990-4-3, [%5B ...
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Compositeur de certains des plus grands refrains de la chanson française, il a imaginé une version pacifiée de "La Marseillaise". Rencontrez Serge...
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