jean-claude grosse
nos années super 8 / l'épitaphier
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Ivresse - Blog de Jean-Claude Grosse
Ivresse est sculptée dans du châtaignier. Ce châtaignier a été déraciné par une tempête en 2004. Le sculpteur, Michel Gloaguen, a débité l'arbre en 2010, sculpté Ivresse puis ...
Kdo du 1° juillet 2025, ce PDF de 32 pages ou comment des lectures, des phrases se révèlent motrices d'une évolution, d'une métamorphose
pour ce 1° juillet 2025, anniversaire de 58 ans de mariage avec l'épousée, selon cette promesse : s'épouser jour après jour, jusqu'à ce que ça fasse toujours, non revenir sur notre passé, mais continuer à travailler les métamorphoses de nos évolutions, convictions, croyances;
c'est ainsi que je suis passé du pas-sage du corps de l'aimée épousée à l'âme éternelle qui l'avait habitée, en a habité bien d'autres et en habitera encore et encore; je suis passé de notre responsabilité vis à vis des corps et des âmes de nos tré-passés (travail d'épitaphier) à la dissolution de toute identité, au désir d'effacement dans le blanc (mince plaque de plâtre blanc, creusé dans le plâtre quelque part, merci, sans dates, sans nom, lieu non encore décidé Corps Ça Vit, Le Revest)
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Là où ça prend fin ? - Blog de Jean-Claude Grosse
12 ans 29 novembre 2010-29 novembre 2022 une histoire de la vraie vie : voyage à trois couples au Maroc en camping-car, sans doute 1978, on s'offre une balade à pieds (en snob d'aujourd'hui, ça ...
https://les4saisons.over-blog.com/2016/04/shakespeare-et-la-mouette-a-tete-rouge.html
LÀ OÙ ÇA PREND FIN ?
Élévation
Un jour enfin nous marcherons
le long des rivages tant désirés
héritiers insatisfaits d’un passé loin des côtes
étonnés de nous retrouver face au grand Océan
Avec la montée sur les falaises
nous abandonnerons de vieilles peurs de vieux espoirs
Tu auras renoncé à remonter aux grandes houles de tes origines
à affronter les fables délicieuses de ta généalogie
J’aurai renoncé aux nostalgies de paradis et d’âges d’or
éloigné de toute maîtrise comme de toute servitude
vivant la vie sans hurler à la mort ni aboyer à la lune
Ce sera si simple de prendre
nus un bain d’écumes le matin
Nos corps se dilateront
Notre âme s’enchantera
Quand nous reviendrons au bord
des sourires ensoleillés s’échangeront
Étourdis nous nous découvrirons aimants
En raison nous nous voudrons parfaits amants
donneurs de voix à des enfants de papier
ouvreurs de voies à nos enfants de chair
jusqu’à épuisement de nos jours et de nos nuits
01/07/1967 Le Quesnoy
Je t’ai connue lumineusement étonnée
et nous avons été emportés par les tourbillons
qui soulèvent jusqu’à la légèreté de l’être
Je t’ai connue farouchement préservée
et nous avons été emportés par les tourbillons
qui creusent jusqu’au malaise de l’âme
Toi que j’accompagne et qui m’accompagnes
franchissons le cap de nos 33 ans tous voiles levés
sur nos corps abîmés sur nos cœurs apaisés
Cultivons l’apprivoisement lent
de nos tourments de vieillissants destinés au mourir
Nos enfants sont grands maintenant
Sur les routes pavées de mépris
de profit et de haine
comme nous ils ne marchent pas
Comme nous ils ont choisi les sentiers
où l’on ne passe qu’un à la fois
que l’on ne trace qu’une fois
Il y faut pour cheminer
l’insolente patience
l’inépuisable confiance
l’amour de sa vie
C’est ce que nous leur avons transmis
C’est de nous ce qu’ils ont appris
La levée peut avoir lieu
01/07/1999 Le Revest
(dans mon esprit, il s'agissait de la levée du corps de JC, dans la réalité, ce fut d'abord celle des corps du fils et du beau-frère le 19 septembre 2001, puis celle du corps de l'épousée, le 29 novembre 2010, puis celle du corps du gendre, le 4 février 2024)
Dialogues avec Grok et Chat GPT, le 21 juin 2025, jour du solstice : Hawking et Oppenheimer auraient-ils pu échanger si leurs dates de vie et mort avaient été plus proches sur des sujets ou objets théoriques à l'époque comme les trous noirs ?
notre dernière photo ensemble, à l'IF à Elne (P.O.), le 3 septembre 2010, en rentrant de Corsavy où nous avions passé une dizaine de jours, vernissage de l'exposition de bois et vitraux de Michel Gloaguen; j'ai acheté Ivresse, une sculpture en châtaignier, brûlée pour la patiner, installée au Revest, Annie étant déjà partie / Annie à Rome avec les étudiantes assistantes sociales auxquelles elle donnait des cours à Malartic, lors d'un voyage à Rome
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On donne quoi quand on ne donne pas son temps ?/JC Grosse - Blog de Jean-Claude Grosse
1° juillet 1967 à Le Quesnoy, Nord, agapes au chalet de l'étang au Quesnoy, 6 juillet 2003 au Revest, Annie en led déclarant son amour pour toujours Je viens de me rendre compte d'une coïncide...
pour cette Saint-Valentin, pour les 75 ans de la Valentine, je voulais rassembler des amis
las, trop d'indisponibilités
je choisis la formule d'une célébration en solitaire et en souvenirs
ayant vu le démoniaque film Le talentueux Monsieur Ripley (1999) qu'on pourrait appeler Monsieur Replay, j'ai passé la nuit du 13 au 14 février avec son incessant double jeu, en lien avec les circonstances : rien ne semble prémédité mais tout s'enchaîne et se déchaîne
et au petit matin, vers 4 H s'offre à moi le cadeau :
je vais jouer l'épitaphier
je vais aller farfouiller dans les placards et dossiers,
exhumer lettres et photos non numérisées, cahiers...
à 18 H 30, le peintre Djé m'apporte l'oeuvre que je lui ai commandée
je mettrai en ligne le montage de 5'32"
j'improviserai
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Pour ma Valentine du 14 février 1948 - Blog de Jean-Claude Grosse
comment se relever de ses morts ? question vitale, foudroyante, sans réponse; des dates, des gestes, des actes, des mots, des pensées, des émotions, des sentiments, tristesse, joie, nostalgie, a...
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Pour les 75 ans de l'épousée, le 14 février 2023, au Revest. Pour nos 43 ans de mariage, le 1° juillet 1967, à Le Quesnoy. Pour les 22 ans de la disparition de C.G. et M.B., le 19 septembre 20...
petit film de 5'32, réalisé à partir de rushes de films super 8 des années 1967-1974
s'il y a une aînée et un cadet, il y a une mère, souvent discrète, dans l'ombre mais dont l'accompagnement est essentiel il y a aussi un père, absent souvent, présent parfois
PORTRAIT DE LA FEMME AIMÉE DEPUIS 40 ANS
Apparemment, c’est une femme de l’absence. Toujours ailleurs. Perdue dans ses pensées. Fille d’air et de rêve. Mais à la pratiquer, avec amour, depuis quarante ans, j’ai compris que c’est une femme de la présence, une présence légère, dans le présent. Elle ne pèse pas. Elle ne pose pas. Avec elle, tout est danse. Le présent n’est pas que l’instant. C’est le moment de maintenant, avec une pointe de souvenir. Une fleur, chaque jour, pour notre chat parti sans retour. Son nom parfois et alors, une bouffée de nostalgie. Elle est attachée à tout ce à quoi elle a donné de l’amour. Des photos et des mots pour les disparus, la mère, d’une embolie qu’elle embellit, le fils et le frère, dans le même accident. Des cartes aux anniversaires. Des cadeaux sans destinataire pour les recevoir. Quelle aptitude à ne rien laisser mourir malgré la souffrance, évidente, inconsolable. Chaque objet est à la fois d’hier et de maintenant, pas figé, souvent déplacé. L’œil toujours sollicité par quelque nouveauté, une disposition rare, un rapprochement inattendu, un éloignement surprenant. Tout ce qu’elle aime est sans cesse repris, reconsidéré. Petits riens qui changent tout. Combat de chaque instant contre la dégradation, l’usure, l’habitude, l’oubli. La maison vit, est habitée. Pas d’ennui possible avec une femme qui fait de sa maison, de notre vie, un récit, un poème. Avec elle, les simples jours deviennent les simples beaux jours, embellis par le regard, le sourire radieux qu’elle pose sur les choses et les gens. Les tristes jours deviennent les inoubliables tristes jours, adoucis par son sourire mélancolique. Elle rayonne d’amour. Solaire, elle donne le meilleur d’elle, une écoute qui apaise angoisses et peines, aide à mettre en mots, petits maux et grandes douleurs. Mais de ses angoisses et souffrances, vous ne saurez rien, les mots ne sont pas pour elle. Elle ne s’en sert pas pour elle. Tout se passe dans le regard, souvent mouillé, toujours caché. Ah ! la légère, l’aérienne ! Depuis quarante ans, elle me fait la vie légère. Je l’aime sans comprendre pleinement la force du don qui l’habite. Mais en le vivant pleinement, passant des heures à contempler son visage sur lequel je ne vois pas passer l’âge. Elle a l’âge de son cœur, celui de l’adolescente qui m’a choisi une fois pour toutes. Mon désir d’elle et mon amour pour elle sont restés intacts à son contact.
(2017)
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Elle n'était pas d'ici / Cioran / Exercices d'admiration - Blog de Jean-Claude Grosse
46 ans en 32 photos et 2 textes; dans les landes de Haworth, oui je l'y voyais bien mais aussi bien à Le Quesnoy, Corsavy, Paris, au Revest, à Toulon, Hyères, au Rayol, en Camargue, à Thassos ...
https://les4saisons.over-blog.com/2016/03/elle-n-etait-pas-d-ici-cioran.html
lettre découverte le 1° juillet, dite par Julie Dratwiak : Un mot, juste avant. Je n’ai pas cherché à dire plus que ce qui est venu : l’attente, les heures qu’on ne remplit jamais tout à fait, le vide qu’on apprend à aimer pour qu’il reste habité. Prends ces mots comme on reçoit une lettre sans enveloppe, posée au bord du lit. Écoute-les, referme-les comme on garde un secret. Et laisse-les vivre en toi, aussi longtemps qu’ils le voudront...
[A Nouveau, fragments 5] : Tableau 1 - En attendant je pleure
Résidence de recherche et d'écriture Juin 2021 Le jour de son accouchement, une femme, en donnant la mort, va perdre sa vie. Mais avant d'être ensevelie sous les larmes du monde, comme une tâch...
Et puis après j'ai souri [A Nouveau, fragments 5], l'esquisse (Un Possible 3 - Variation 2)
Hier, dans ma voiture, une amie Hongroise que je connais depuis deux ans, m'a raconté la mort de sa grand-mère. Le jour tombait, presque insensiblement. Son français maladroit, ses chuchotements et
j'ai réussi dans Les fiancés de la marée silencieuse à transformer un mariage de luxe ostentatoire en une révélation-métamorphose
les mariés de Venise Jeff Bezos et Lauren Sanchez, le dimanche 29 juin 2025; cette photo est un mentage (montage et mensonge), la dame a tout faux (à la KK, les seins, les hanches), le monsieur aussi (là, c'est plus compliqué ; n’est-ce qu’un jugement de ma part ou en quoi, objectivement, a-t-il faux ? je me suis mis à rire, parce que j'imaginais les mains du monsieur palper les faux seins de la dame, oui mais vraie peau et effets réels sur sa libido; imaginer un monologue intérieur de ce monsieur se demandant ce qu'il éprouve, pris de vertige parce qu'impossible de démêler le vrai du faux, que le faux est aussi du vrai
Les 5 chercheurs du conte d'Alain Cadéo, Joanne et les étoiles, pages 77-83, vieillissant mais toujours enthousiastes, aidés par leur « porteuse de vie », Joanne Krimsky, vont pouvoir se nourrir à « la soupe primordiale », grâce à l'observatoire Rubin au Chili qui a rendu public ses premières photos du cosmos, le 23 juin 2025. Alain Cadéo ne les nomme pas mais je sais de source insûre qu'il a réuni Einstein, Oppenheimer, Hawking, Kami Rita Sherpa, Elytis.
journal d'été à corps ça vit
13 juillet
Balade du matin, aquagym, je me prépare à recevoir K., G., et R.
Fin d’après-midi et soirée, au parc communal,
- dès 18 H 30, scène ouverte
- avec Ho Sud, 4 musiciens, multi-instrumentistes dont le maire, dont le chanteur (répertoire de qualité, par exemple un poème de Baudelaire, un autre de Charles Gros mais aussi sur les mineurs de Batère),
- une chanteuse polonaise interprétant des romances polonaises, russes, tziganes,
- un orgue de barbarie qui nous joue I can't get no, en nous racontant l'histoire du riff de Keith Richards (surgi dans son sommeil et enregistré tout de suite)
- 20 H 30, repas préparé par le comité des fêtes, très rajeuni, très actif, assiette de tapas ou sardinade ou maïs grillé,
- 22 H 30, feu d’artifice allumé par le maire au-dessus de la piscine
- 23 H-2H du matin, bal, sur la placette du village, avec chaque année Christian Fontaine.
J’ai dansé avec K. la groupie du pianiste, en apprenant que c’était la chanson préférée de Cyril
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Michel Berger "La groupie du pianiste" | Archive INA
Abonnez-vous http://bit.ly/inachansons 18 novembre 1978 Michel Berger "La groupie du pianiste" Émissions TV, Archive tv, Archive television, tv replay live, live music, french tv Images d'archive ...
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Histoire d'une chanson: (I Can't Get No) Satisfaction - The Rolling Stones
Découvrez l'histoire de la chanson (I Can't Get No) Satisfaction - The Rolling Stones
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The Rolling Stones - (I Can't Get No) Satsfaction (Live) - OFFICIAL
Now playing on Tik Tok... 👅 Follow & create @TheRollingStones https://rollingstones.lnk.to/TikTokYT Welcome to Goats Head Soup 2020. Featuring three unheard tracks, sitting alongside an all-new ...
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14 juillet, marche vers 9 H
10H-11H, mise en ligne laborieuse de la 2° note des lectures d’été
11 H 30, cérémonie au monument aux morts, discours du maire, toujours de qualité, avec tour d’horizon mondial, discours donc de citoyen du monde et même plus exactement discours tout simplement humain, lucide, avec du coeur, des valeurs,
il m’a donné l’exemplaire lu
puis apéritif offert par la municipalité au parc communal,
une quarantaine de personnes; c’est agréable de se retrouver; je suis revenu à la maison à 13 H
j'apprends par un ami, la présence de Rezvani en Avignon et fais le lien avec sa marseillaise amie, chantée par Cali et Léopoldine H
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Cali / Léopoldine HH. / Serge Rezvani - Pour une Marseillaise Amie (Official Video)
Album " Chansons pour Lula " de Serge Rezvani disponible le 24 mars : https://sergerezvani.lnk.to/chansonsp... Abonnez-vous à la chaîne Jacques Canetti Productions : https://canetti.lnk.to/youtub...
Fin d’après-midi, je reviens sur le livre rouge, sur ce que j’ai lu
Je retiens cette parole de Méphistophélès à Faust page 132
Grise est, cher ami, toute théorie.
Et vert, l’arbre doré de la vie.
Page 144 : l’esprit des profondeurs s’adressa à moi et dit : comprendre une chose est un pont et une possibilité de revenir sur le chemin. Par contre, expliquer une chose est un acte arbitraire et parfois même un assassinat. As-tu compté les assassins parmi les érudits ?
Note 78, page 561: Jung a déclaré à Aniela Jaffé que ces débats avec les morts avaient été le prélude à toute son oeuvre ultérieure. « les morts me sont apparus comme porteurs des voix de ce qui est encore sans réponse, de ce qui est en qu^te de solution, de ce qui est en mal de délivrance. Les morts ne semblent pas avoir plus d’informations que celles qu’ils détenaient au jour de leur mort. On aurait pu supposer qu’ils aient acquis après la mort des connaissances supérieures. Mais non, les morts sont dans l’attente de réponses données par les vivants. »
En 1959, lors d’une interview par la BBC, à la question : et maintenant croyez-vous en Dieu, Jung répond : maintenant (silence), difficile de répondre. Je sais. Je n’ai pas besoin de croire, je sais.
L’expérience immédiate, en phase avec la tradition gnostique, étudiée par Jung, se suffit à elle-même.
Page 147 : mon chemin n’est pas votre chemin. Je ne peux donc pas vous instruire. Le chemin est en nous mais pas dans les dieux ni dans les doctrines ni dans les lois. C’est en nous qu’est le chemin, la vérité et la vie. (En contraste complet avec Jean 14.6 Jésus lui dit : Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi).
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Les Simiots, ces horribles démons...
Le Site Grand Sud Insolite vous permet de découvrir la région Midi-Pyrénées en empruntant les chemins de traverse... Découvrir des recoins hors des sentiers battus, parfois oubliés, mais touj...
https://www.grandsudinsolite.fr/2472-66-pyrenees-orientales-les-simiots--ces-horribles-demons.html
le soir vers 20 H, petite virée côté lavoir de Montferrer; je tombe sur deux femmes, conversation; on n'arrête pas à corps ça vit de se parler;
je parle du rocher des sorcières au kilomètre 2 et des deux chiens sculptés naturellement dans le rocher, l'un de face, un chien de berger particulièrement bienveillant, l'autre de profil, plus archaïque
une des deux femmes me dit : ils ne sont pas là par hasard, ce sont des chiens protecteurs
et l'autre de rajouter, sans doute des simiots, la légende du Moyen-Âge qui a donné la fête de la Rodeille d'Arles-sur-Tech
pas de photo de ce rocher et des chiens; je vais tenter d'en prendre une ou deux
La vie ? processus ? mystère ?
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# balance ton pygmalion Judith Godrèche
entrons dans le vif d'une polémique en lien sans doute avec un basculement lent, inexorable, nécessaire de modes, de mondes et de comportements tant individuels que collectifs ce qu'on appelle un...
https://les4saisons.over-blog.com/2024/02/balance-ton-pygmalion-judith-godreche.html
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le jour d'après/nature et culture/JCG - Blog de Jean-Claude Grosse
Claude Lévi-Strauss, Françoise Héritier, Rousseau, Marshall Sahlins, Pierre Clastres, Sébastien Bohler, Marcel Conche, David Bohm déjà des contributions de poids pour un monde plus léger dè...
https://les4saisons.over-blog.com/2020/04/le-jour-d-apres/nature-et-culture/jcg.html
les 9 mois du paradis foetal : processus descriptible ? processus miraculeux ? sait-on ce qu'on interrompt dans une interruption volontaire de grossesse ? sait-on ce qu'est le ciel vécu par le foetus nautilus dans les profondeurs amniotiques ?
De la coquille au placenta, un coup de pouce viral de génie
Au cours du développement, chez les mammifères, le placenta est le premier organe à se former à partir des cellules du foetus. Il permet un ancrage du fœtus dans l'uterus maternel et des écha...
https://www.museum.toulouse.fr/-/de-la-coquille-au-placenta-un-coup-de-pouce-viral-de-genie
découverte fabuleuse, hasard, dessein ? qui peut trancher ?
Théâtralalère. Catherine Verlaguet. Mercredi 28 janvier 2015 dans le Club de la médiathèque Hermeland de Saint-Herblain. En partenariat avec le Théâtre Athénor.
sur Les Vilains Petits, et pour faire connaissance avec Catherine Verlaguet
J'ai vu « Le Processus » de Catherine Verlaguet, lauréate du Prix de la Pièce de théâtre contemporain pour le Jeune Public 2022, sélection 3ème/2nd, au Telegraphe ce mercredi 6 avril à 19h30 en partenariat avec le Planning Familial Varois.
— C’est ton corps, dit-il (Fabien, son petit ami). Je te suivrai quelle que soit ta décision.
Claire est au lycée. Elle tombe amoureuse et enceinte de Fabien, qui est aussi amoureux d’elle mais pas vraiment prêt à affronter ce qui leur arrive. Claire entame alors un processus d’avortement…
« C’est ce processus que je vous propose de suivre sans manichéisme : le positionnement des proches, l’efficacité des médecins, les doutes et les certitudes qui se mélangent, le tout entrecoupé de flash-back sur l’histoire d’amour, la naissance du désir et ce premier émoi entre Claire et Fabien.
« Je suis pour l’avortement. Je suis pour que les femmes disposent de leur corps. Je suis pour le fait que la décision d’avorter leur appartienne.
Je pense aussi qu’il est des cicatrices que l’on ne regrette pas, mais que l’on n’oublie pas pour autant." écrit C.V. comme Claire Valège, C.V., comme C.V., Curriculum Vitae.
Ce spectacle se vit en immersion sonore, casque sur la tête, sauf à la fin, 1° cachet abortif absorbé.
C'est très bien joué par Juliette Allain qui a, à son actif, au moins 80 représentations.
Dispositif simple, une table, une chaise.
Des techniques d'acteur également simples mais efficces pour les changements de personnages (il s'agit d'un solo d'actrice jouant tous les personnages).
Metteur en scène Johanny Bert, Théâtre de Romette (Auvergne).
Le débat avec le public et le planning familial, avec lecture de textes datant du manifeste des 343 (1971), du manifeste des 331 (1973) et de la loi Simone Veil (17 janvier 1975) a été centré sur les motivations de l'autrice-auteure, sur le personnage de Claire et son choix (c'est mon corps, c'est ma vie), sur la qualité de l'interprétation et sur le dispositif avec casque permettant d'être en direct et de façon intime avec Claire.
L'auteure-autrice a signalé l'importance pour elle d'éviter les clichés, de renverser la relation habituelle mettant l'intime sous la coupe du politique (on se sent et on se met sous le regard et le pouvoir de l'Autre, la pharmacienne, la mère, le médecin, le petit ami, les copines...), elle cherchant plutôt à montrer l'impact possible de l'intime sur le politique (je tiens à décider par moi-même, même si j'ai des doutes, des hésitations, des peurs, je tiens à les gérer moi-même ; les autres, l'Autre, les dispositifs légaux d'aide à l'avortement se mettant au service de mon choix).
Ce débat m'a fait remonter aux années 1974-1980 (retour à Toulon) parce qu'Annie Grosse-Bories a été longtemps secrétaire bénévole au Planning familial 83, avant de devenir assistante sociale, éducatrice spécialisée, puis psychologue clinicienne au CMPP de La Seyne, formatrice à l'école d'assistantes sociales de la Croix-Rouge et enfin psychanalyste (je cite ce parcours parce que révélant sa force d'engagement). C'était rue Peiresc sous la houlette de Jeanine Braendlin à l'époque.
C'est dire si j'ai suivi les luttes du planning familial. Et bien sûr, j'ai soutenu les interventions d'éducation sexuelle du Planning familial au Lycée Rouvière, avec humour déstabilisateur parfois quand par exemple j'ai fait croire que le sida, très destructeur, était renforcé par une autre maladie, le stob, attrapé quand on fait l'amour sans amour.
Dois-je dire que je perçois aujourd'hui le poids terrible de l'initiation sexuelle sur les jeunes, et ce de plus en plus jeune, dès 7 ans, garçons mais aussi filles (on se provoque, alors tu t'es branlée cette nuit...), parce que l'industrie pornographique (particulièrement florissante, entre les mains de mafias) est à l'oeuvre au travers des réseaux sociaux, parce que les réseaux pédophiles, pédo-criminels sont particulièrement puissants et opaques, parce que le tourisme sexuel et la prostitution sont pratiques courantes, ouvertes ou cachées, parce que tellement de possibilités sont proposées, y compris de changements de sexe (homo, lesbienne, drag-queen, bi, trans, woke, cancel-culture), parce que tout semble devenir possible (PMA, GPA grâce aux ventres ukrainiennes, clones, chimères...). Avec l'homme augmenté, l'intelligence artificielle, on va être pucé, prothésé, bionisé, remisé à l'éternité.
La vie comme la mort sont devenues de vastes champs d'expérimentations, de manipulations (suicide assisté, éternité par cryogénisation... ; film Soleil vert)
En écoutant ce qui se disait, j'ai soudain pris conscience que cette soirée était sous le signe d'une idéologie scientiste, d'un matérialisme dogmatique, d'un athéisme réducteur.
Pris de je ne sais quelle émotion devant l'ampleur de ce que je ressens comme un désastre, j'ai failli ne pas intervenir.
Je l'ai fait tout de même en tentant de socratiser le débat : qu'est-ce qui permet à Claire de dire avec cette certitude, cette assurance qu'à un jour près le cœur du foetus ne bat pas, donc pas de vie, donc pouvant se dédouaner, je ne tue pas.
L'affirmation c'est mon corps et j'en dispose comme je veux, aujourd'hui, me paraît d'une démesure, d'un orgueil décalés par rapport à ce qui m'apparaît comme mystère et miracle.
Ton corps est mystère parce qu'il est une incarnation de la Vie qui te le reprendra puisque naître c'est être voué à la mort, elle-même mystère.
Bienheureux ceux qui savent ce qu'est la mort, néantisation par exemple.
Ta liberté sera le suicide ou l'euthanasie.
Ton corps à naître, ta naissance est miracle même avec le soutien du corps médical, d'une science médicale devenue domination sanitaire d'experts sur les patients (voir avec la Covid).
Il y a un processus en cours bien plus mystérieux que le simple récit qu'en fait un cours de SVT, une rencontre entre spermatozoïde et ovule, division cellulaire, spécialisation cellulaire... Aujourd'hui, on sait que le fameux ADN, (1%), la soi-disant identité infalsifiable, génétiquement immuable (avec maladies génétiques prévisibles) de chacun est un dogme scientiste battu en brèche par les découvertes de l'épigénétique et par les travaux sur les 99% d'ADN dits poubelle, méprisés par les chercheurs américains et étudiés avec succès par les chercheurs russes.
Pour complexifier le tableau, je rajouterai que nous sommes mémoires, que ce sont toutes les mémoires de ce qu'on appelle évolution qui nous constituent, par exemple, l'extraordinaire parcours de l'atome de fer depuis l'explosion d'une super-novae jusqu'à ce qui caractérise notre sang, l'hémoglobine, en passant, oui, oui par le magma terrestre (une molécule d'hémoglobine qui se trouve à l'intérieur d'un globule rouge, ce sont 10000 atomes dont 4 de fer pour capter 4 atomes d'oxygène, transporté par circulation sanguine à chaque cellule du corps).
ou autre fantaisie, les 50000 milliards de bactéries, vieilles de 3,5 à 4,5 milliards d'années et qui colonisent notre ventre, le 2° cerveau, et sans lesquelles il n'y aurait aucune transformation de ce que nous mangeons.
Donc, il y a de quoi même avec la science s'émerveiller et se dire, on ne sait rien car savoir c'est savoir que ce qui reste à trouver est de plus en plus difficile à percer.
Allant ailleurs vers des traditions spirituelles fort anciennes et quasi-universelles (présentes dans toutes les aires et sociétés), ne peut-on supposer, poser qu'une âme vient s'incarner dans un corps, le temps d'une vie, d'une réincarnation, d'une résurrection et que la mort c'est rendre l'âme, l'âme hors pour une nouvelle réincarnation.
Prolongeant cette intervention, je pense qu'il y a deux approches que je ne souhaite pas opposer, n'invitant personne à faire un choix plutôt qu'un autre
- une approche scientiste qui se sert de la science pour séparer : ça c'est la vie, ça c'est la mort; ça c'est vivant, ça non; distinguer le plaisir et la procréation, ça c'est le propre de l'homme, ce n'est pas le propre des animaux qui rutent par nécessité de reproduction (moins le propre de la femme, dans une société patriarcale mais aujourd'hui elles revendiquent et pratiquent de plus en plus le droit de jouir sans entraves, de vivre leur plaisir clitoridien en solitaire ou pas avec godes ou pas), baiser ou faire l'amour pour le plaisir et par plaisir à 99,9999 % pour deux enfants dans une vie (on peut en devenir addict sans doute), abstinence, beurk, sublimation, késako, satisfaction immédiate, oui, oui, ça urge (d'où viols, forçages de toutes sortes, chantages, méprises sur le consentement non-consenti-consenti-consentant, la fameuse zone grise) ; on le devine : l'éducation sexuelle pour gérer toute cette complexité seulement physique, épidermique (qui ne prend pas en compte, émois, émotions, sentiments, désirs, fantasmes, résistances, réticences, rythmes...) n'est pas une éducation sentimentale, encore moins une éducation à l'amour.
- une approche spirituelle où je considère ma vie comme un cadeau, un don, gratuit fait par la Vie (le contraire du je n'ai pas demandé à naître), cadeau fait par la Vie, sans jugement, par amour inconditionnel, m'aimant aussi bien salaud que saint, héros que bourreau, avorteuse de « mon » fœtus que jeune mère accueillante du fœtus dont une légende raconte que quand un bébé vient au monde, il connaît les mystères de la création. Mais juste avant sa naissance, un ange pose le doigt sur sa bouche : « chut ! » et l’enfant oublie tout, il vient ainsi au monde innocent…
C’est pourquoi nous avons tous un petit creux au-dessus de la lèvre supérieure, signe de L’Empreinte de l’ange.
« Avant sa naissance, dit le Talmud, l'homme est un pur esprit et possède encore le savoir ultime de ses vies antérieures. C'est alors qu'un ange apparaît et lui enjoint de tenir ce savoir secret. L'ange pose son doigt sur la lèvre de l'enfant et à cet instant précis, le bébé oublie tout pour entrer dans la vie. Du geste de l'ange, il reste une trace: le petit creux qui dessine un fossé entre notre lèvre supérieure et la base de notre nez... Alors seulement, il peut pousser son premier cri. »
La tradition dit, en effet, qu'avant la naissance, l'âme "descendue" dans l'embryon connait "toute la Torah", qu'elle voit la vie qu'elle va mener lors de l'incarnation, les choix qu'elle devra faire et leurs conséquences....
Lors de la naissance, l'ange, en effet, lui pose le doigt sur la bouche afin qu'il oublie ce qu'il sait et ait le plaisir de le redécouvrir, de faire ses choix librement et la trace de ce doigt angélique est le sillon naso labial.
Cette tradition est parfaitement bien exploitée dans "Les bienveillantes" de Jonathan Little lorsque le "héros" rencontre ce vieux juif à qui il manque justement ce sillon naso labial, qui se "souvient" donc de tout y compris du moment de sa mort, et dont la rencontre donne lieu à un dialogue entre la "pensée occidentale" et la tradition juive.
Dit autrement et ça se dit aujourd'hui, ce ne sont pas les parents qui font les enfants mais les enfants (leur âme) qui choisissent leurs parents.
Avec le temps, à 80 ans passés, je suis passé d'une approche à l'autre.
Car la vie nous fait vivre, revivre des expériences. Par exemple Annie qui, entrée à l'hôpital en octobre 2010, revient sur la naissance de Sylvain-Katia et qui me dit un morceau de Sylvain se balade quelque part.
Elle croyait attendre un garçon, arriva une fille. Pas d'échographie à l'époque, en 1968. Et en 2022, je découvre que peut-être, elle attendait des jumeaux homo ou hétérozygotes et qu'un n'est pas apparu.
Voici de récentes découvertes sur ce qui se passe, le microchimérisme foetal-maternel
Pendant la grossesse, les cellules du bébé migrent dans la circulation sanguine de la mère et retournent ensuite dans le bébé, c'est ce qu'on appelle le « microchimérisme fœtal-maternel ».
Pendant 41 semaines, les cellules circulent et fusionnent et après la naissance du bébé, beaucoup de ces cellules restent dans le corps de la mère, laissant une empreinte permanente dans les tissus, les os, le cerveau et la peau de la mère, et y restent souvent pendant des décennies.
Chaque enfant laissera une empreinte similaire.
Des études ont également montré des cellules d'un fœtus dans le cerveau d'une mère 18 ans après son accouchement.
Des recherches ont montré que si le cœur d'une mère est blessé, les cellules fœtales se précipitent vers le site de la blessure et se transforment en différents types de cellules spécialisées dans la réparation du cœur.
Le bébé aide à réparer la mère, tandis que la mère construit le bébé.
C'est souvent pourquoi certaines maladies disparaissent pendant la grossesse.
C'est incroyable de voir comment le corps de la mère protège le bébé à tout prix, et comment le bébé protège et reconstruit sa mère - afin qu’il puisse se développer en toute sécurité et survivre.
Si vous êtes une maman, vous savez que vous pouvez ressentir intuitivement votre enfant même quand il n'est pas là ...
Eh bien, maintenant il y a une preuve scientifique que les mamans portent leurs enfants pendant des années et des années, même après qu'elles les aient mis au monde.
Pour conclure, à partir de là où j'en suis, je crois que tout est croyance, qu'il n'y a de preuve de rien, des arguments peut-être, que donc ce sont les mots que l'on emploie qui crée ce que l'on prend pour la réalité. Change de mots et tu changes la réalité. Change de mots et tes maux changent.
Dans cet état d'esprit, je trouve particulièrement beau, le récit d'Alain Cadéo, Le ciel au ventre, qui date d'avril 1993 et qui est le dialogue d'un père avec le foetus nautilus attendu par sa femme, foetus qui n'a rien d'inerte, de passif, riche déjà de toutes les convulsions galactiques, de toutes les incandescenses.
C'est aussi ce que j'ai tenté avec le texte Trois femmes (Le corps qui parle)
À Le Revest, le 8 avril 2022
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Microchimérisme fœtal : un bien ou un mal pour le fœtus et sa mère ?
Durant la grossesse, des cellules fœtales migrent chez la mère. Ces cellules peuvent persister plusieurs décennies dans des niches maternelles. Ce microchimérisme fœtal a quelques effets néga...
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1297958911000476
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Quel rôle jouent les cellules foetales sur le corps de la mère ?
Grâce au placenta, mère et enfant communiquent en continu pendant la grossesse. Et il peut arriver que le fœtus transmette à sa mère certaines de ses cellules, via le sang. Quelles conséquenc...
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Trois Femmes/J.C. Grosse - Les Cahiers de l'Égaré
Bonbon de et avec Katia Ponomareva Je mets en ligne ce texte commandé par la compagnie de Cyril Grosse (1971-2001) et qui aurait dû être mis en scène par lui les 19 et 20 octobre 2001. Le 19 ...
en attendant deux spectacles de Katia Ponomareva En attendant, je pleure Et puis après, j'ai souri
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Le fabuleux pouvoir de vos gènes/Deepak Chopra - Blog de Jean-Claude Grosse
deux livres stimulants, accessibles, sans concessions Le fabuleux pouvoir de vos gènes Deepak Chopra, 2016 Livre de 384 pages, le fabuleux pouvoir de vos gènes demande de l'attention et de la ...
https://les4saisons.over-blog.com/2017/01/le-fabuleux-pouvoir-de-vos-genes/deepak-chopra.html
deux livres qui changent vraiment la manière de voir et de vivre
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le pouvoir de l'univers est en vous/Deepak Chopra - Blog de Jean-Claude Grosse
Le pouvoir de l'univers est en vous Deepak Chopra et Menas Kafatos Deepak Chopra a écrit des livres importants, toujours en collaboration avec d'autres scientifiques, avec Rudolf Tanzi, sur le ...
https://les4saisons.over-blog.com/2018/08/le-pouvoir-de-l-univers-est-en-vous/deepak-chopra.html
Mayacumbra / Alain Cadéo
Mayacumbra
Alain Cadéo
Editions La Trace, 2019
La lecture de ce roman d'Alain Cadéo, 417 pages, m'a pris environ quinze jours mais j'ai lu en un jour les 150 dernières pages. Parce que ça s'emballe. Un mauvais pressentiment. Et il suffit de penser mauvais pressentiment pour que ça arrive. Car le réel n'est que la projection, la réalisation de nos pensées, désirs, rêves. On est en pleine mousse, mouise aussi, quantique. Ce qui n'était pas se met à exister parce qu'un désir le fait exister. Désirs de vie, désirs de mort, éros et thanatos.
Mayacumbra est le roman d'un éveillé. Cela est rare. Cela donne lieu à des bonheurs d'écriture innombrables. Un éveillé c'est-à-dire un homme qui sent, éprouve, vibre, au plus intime, du plus infime à l'infini, du moment présent, ici et maintenant à l'éternité installée dans ce moment présent, un homme qui ressent combien tout est relié parfois en harmonie, en grâce, en beauté, parfois en chaos, en conflit, en violence. C'est la qualité d'éveil de l'homme qui est le tremplin de l'écriture, inspirée, traversée de l'écrivain. Qui écrit ? L'homme, l'écrivain, la Voix derrière, la Source, la Bouche d'Ombre, la Bouche de Lumière, le Vide à haut potentiel d'où tout jaillit en fragmentation comme lave d'un volcan, la corne de Dieu.
Mayacumbra c'est une géographie à 4 niveaux,
-
la forêt humide où vivent les hommes invisibles, sans doute une tribu primitive, très organisée, adaptée à ce milieu, ce climat d'insectes, de serpents, d'animaux venimeux et d'oiseaux comme les ibis, aux environs de 1000 mètres d'altitude
-
la zone tampon, faite d'arbustes, buissons, herbes de toutes sortes, une sorte de bush entre 1000 et 1500 m
-
la zone du volcan éteint, la corne de Dieu, entre 1500 et 2300 m avec 3 étages / l'étage de la source qui, abondante, transforme le bas en bourbier, on patauge dans la boue à Mayacumbra, / la plateforme à 2000 m, où le jeune Théo, 27 ans, va s'installer, construire sa cabane, son refuge en bois puis l'habiller de pierres du volcan, choisies et jointées par ses mains et au-dessus jusqu'au sommet, jusqu'au cratère, / une zone de laves sèches, sans végétation
-
et si avec un camion, on descend la piste sinueuse puis la route droite, on arrive à la ville à environ 50 kms de Mayacumbra, fin de piste, rien après, cul de sac ; la ville et ses trafics, ses marchés, ses plaisirs monnayés, ses tentations, ses mystères et secrets (celui de Lisbeth)
Mayacumbra, ce sont de drôles de zozos, de drôles d'oizeaux, des hommes cabossés, en fuite, au bout du rouleau, au bout de la piste, en quête d'absolu, d'argent, d'émotions fortes, d'invisibilité, d'amour, de chair humaine ; s'y côtoient les contraires qui s'assemblent, les semblables qui se supportent jusqu'à ce que ça craque ; je ne donnerai pas leurs noms ; il y a une vraie jubilation à les découvrir ainsi que leur portrait, leurs actions, leurs interactions ; il y a deux femmes, la chinoise et Lita, la magnifique Lita, jeune femme entre trois mondes, médiatrice entre la forêt et le volcan, entre le marais et le bush, femme entre deux hommes, parlant d'elle à la 3°personne quand elle monte à la cabane voir celui qui se considère comme le gardien du volcan, Théo, le bâtisseur, contemplatif et actif « tu lui liras ? tes mots lui font du bien ; elle se souvient de tes phrases ; en bas elle se les récite ; c'est comme une prière »; là-haut, à 2000 m, sur une plateforme protectrice, la solide cabane qu'a construite Théo, 27 ans ; il cultive son jardin, cherche des pierres, aime Lita (il la rêve, elle viendra à lui), il tient son cahier de formules comme Montaigne en sa librairie, il sculpte érotiquement les poteaux porteurs de son refuge en compagnie de Ferdinand, l'âne; il est le facteur Cheval, le Gaudi du volcan.
Mayacumbra, c'est un roman de confinés aux confins du monde quand la vie, résumée aux petites habitudes, aux détails du quotidien pesant, soudain devient Vie par la part divine en nous, la part du jeu, de l'invention, de la créativité, la part du rêve éveillé, la part d'une graine qui envahit tout (le corps, le coeur, l'âme, l'espace) puis disparaît aussi vite qu'elle est apparue, la joie, quand aussi se déchaîne le Mal, la violence, la mort atroce, infligée par des hommes, quand enfin le feu, destructeur et salvateur à la fois, du volcan, bien vivant, de très ancienne mémoire, se déverse en lave en fusion emportant tout sur son passage, y compris la cabane et statufiant Théo.
C'est un roman de vibrations (p. 248) et pour l'écrire, il faut être un diapason et au diapason.
retour sur Mayacumbra : on ne se débarrasse pas d'un tel roman en une note de lecture puisque lire c'est écrire l'oeuvre
la mort est fort présente à la fin et c'est par ce thème que se termine le roman
Mayacumbra se termine par la lavification, la pétrification de Théo, gardien auto-proclamé du volcan et qui avait su, pu tisser des liens (vibratoires, au diapason) avec lui
avant l’éruption, une série d’assassinats particulièrement cruels, à froid, sadiques au possible, 3 assassins, 3 sortes d’assassins, Arnosen, le muet, Solstice, trois sortes de motivations
le nettoyage a été fait par Solstice, on peut penser que l’écrasement du muet libèrera le village mais l’absence d’Arnosen prive le village d’une sorte de régulateur, protecteur
survit Solstice qui, sûr, va se barrer; il a l'étoffe pour une nouvelle vie
Théo, le poète, le bâtisseur, statufié par la lave en fusion, se retrouve vite au milieu d’un petit jardin fertilisé par la lave (c’est toujours les fougères qui apparaissent en 1°, 3-4 ans après, vu à La Réunion)
par sa mort, il devient légende et protecteur bien plus efficace de cette zone entre 1500 et 2300 m car hommes invisibles de la forêt et petits blancs du village craignent les légendes, toujours chargées de menaces
l’éruption n’est pas rétablissement d’une justice immanente, elle coïncide avec des événements humains, une séquence violente et cruelle, l’éruption détruit et fertilise; le poète-bâtisseur est victime consentante par son obstination à monter, comme un sacrifice
il acquiert une dimension de légende par la parole d’autrui; d’être de chair, de poète avec ses mots, de bâtisseur avec ses mains, il devient poète de légende, porté par les mots des survivants et de leurs descendants, il s’est multiplié (il est multiplié) comme les petits pains; sa légende est à l'opposé de ce qu'il a été; vivant, c'est un voyant; pétrifié, c'est un rebrousse-chemin, un épouvantail
le paradoxe de ce roman est que ça finit « mal » alors qu’on avait affaire à un personnage fabuleux Théo, nous faisant aimer, la Vie, la Joie, l’infini, l’éternité, le présent et la présence, amoureux délicat, presque à l'ancienne; et tout bascule suite à un mauvais pressentiment, tout bascule dans la mort donnée à coeur joie et dans la mort donnée sans état d’âme (quoique) par le volcan
le roman nous laisse sur un mystère, le sort de Lita, la femme magnifique parlant d’elle à la 3° personne, comme absente d’elle-même alors qu’elle est si présente, si vivante au contact de Théo; on a aimé, on aimera encore cette chimère; bienvenue Lita dans les rêves où je t'inventerai
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Zoé / roman d'Alain Cadéo - Blog de Jean-Claude Grosse
Zoé d'Alain Cadéo Mercure de France, janvier 2015 Voilà un court roman de 151 pages en format 11,5 X 18,5, qu'on a très bien en mains et qu'on ne lâche pas. Deux personnages, un vieil homme ...
http://les4saisons.over-blog.com/2015/04/zoe-roman-d-alain-cadeo.html
Comme un enfant qui joue tout seul / Alain Cadéo
Comme un enfant qui joue tout seul
Alain Cadéo
Éditions La Trace, 2019
D'abord, noter la qualité du livre. L'éditeur aime le beau livre, belle couverture à rabats, belle photo aux beaux bleus, comme aquarellée, papier ivoire, caractères lisibles et aérés. Invitation à la lecture avec un livre bien en mains et marque-page indispensable pour un voyage qui a duré presque un mois. Refus de crayonner, d'éterniser ce qui s'offrait dans l'instant. Ô mémoire quels tours vas-tu me jouer ?
En 4° de couverture : Il faut peut-être des millénaires de gestation pour fabriquer une Rencontre...
Un sacré coup de pouce du destin pour la favoriser...
Un seul instant pour s’en saisir...
Une seule seconde pour passer simplement à côté.
Raphaël, Eléna... ou le destin croisé de deux âmes errantes.
Il y a ainsi, toujours, si vous cherchez, aussi minime, aussi lointaine soit-elle, une histoire en commun entre deux êtres qui finissent par se trouver..
Au sortir de son travail, dans un bureau d'un grand ministère, un homme, un cadre, un homme du pouvoir est apostrophé par un clochard qui, lui demandant une cigarette, lui crache au visage : pourquoi es-tu si dur ? Le clochard se retire sans autre mot d'explication. Cette question portée par cet anonyme, ce vagabond de la grande ville amène l'homme du pouvoir anonyme, lui-même anonyme mais se croyant indispensable, à quitter du jour au lendemain, sa carrière, son confort, ses certitudes et à partir à l'aventure, avec sa voiture, direction ?
Une petite ville de province, ville d'enfance, retour en passé mais depuis ici et maintenant, réappropriation, revisitation de souvenirs, de sensations, d'émotions, de sentiments, rencontres d'anciens, de voisins, de connaissances qui racontent. Remontées au présent dans le passé vers celles et ceux qui ont compté, galerie de portraits reconstitués à partir de photos, d'un tableau, de lettres ou billets, d'objets aussi reçus comme talismans, scapulaires, porte-bonheur, fétiches chargés de sens, d'émotions, de souvenirs et Retour par étapes vers l'océan, l'Océan, cette mémoire immémoriale d'où vient la Vie, où se noie les vivants, en passant par le restaurant Roméro, bien planté dans le sable à quelques pas de l'océan, mugissant sur tous les registres et s'y attardant parce qu'il y a Eléna.
Deux corps, deux cœurs, deux histoires, deux âmes se trouvent, se retrouvent près de l'étang aux carpes. Étaient-ils destinés l'un à l'autre ? Deux itinéraires, à un moment, le bon moment ? le kaïros ? se croisent, auraient pu ne pas se croiser. L'improbable est devenu l'évidence. Le hasard fait bien les choses dit-on. Il s'agit plutôt du cheminement spirituel de chacun, se saisissant ou pas d'événements, d'incidents, de mots, de signes, d'objets pour se relier à ce qui existe de toujours, l'éternité de nos récits imbriqués, réels, imaginés et participant d'un grand Tout, mouvant, remuant, vivant, chaotique et ordonné. Retrouvailles (ou trouvailles, enfin on voit, les yeux se décillent) avec les arbres-mères, avec le scarabée, la carpe guetteuse, la mésange et l'alouette, les saisons, les pluies et tempêtes.
Roman composé en récits alternés, Barnabé Raphaël, Eléna, pour finir par Raphaël, Eléna, enfin réunis au bord de l'océan dont les vagues ne jouent plus comme un enfant qui joue tout seul.
Roman qui donne envie de goûter instants et gens, rencontres et solitude.
Roman qui fait du bien, loin du bruit urbain, du gouvernement imbécile, calculateur des choses et des gens.
Roman du détail qui donne sens, prend sens, fait signe, roman du mot juste, qui alerte, provoque l'arrêt-sur-image.
Jean-Claude Grosse, 5 novembre 2019
EXTRAIT :
p.12/13
(…)
Mon premier prénom, celui que j'ai longtemps refoulé dans le grenier des oubliés, me revient aujourd'hui en fanfare : Barnabé. Le second, Raphaël, fut plus facile à porter. Prénom si répandu de nos jours, comme un lâcher de pauvres archanges ne sachant plus voler. Mais Barnabé me plaît. Sa double labiale me rappelle «A.O. Barnabooth», ses «borborygmes», Valéry Larbaud, dont j'ai toujours aimé le dandysme, son regard fiévreusement mélancolique, sa nonchalance de gosse de riches à bord de paquebots et des grands trains de luxe.
On fait tous sa vie. Moi, j'ai défait la mienne. Maille après maille. Jour après jour. Sans calculs ni trompettes. J'ai désappris, tout désappris, et «je suis un berceau qu'une main balance, au creux d'un caveau : Silence, silence».
J'ai désappris ou je me suis défait, lambeau par lambeau, de tout ce qu'on m'a enseigné.
Et j'en suis là, désincarné, marchant sur un trottoir bordé de tulipiers.
Dans cette ville de province du sud-ouest, vieillotte et surannée aux maisons basses, avril offre à mes yeux neufs, la couleur blanche de toutes les naissances.
Oui, j'ai trente-sept ans, toutes mes dents et l'énergie d'un condottiere. J'ai sillonné le monde à grandes enjambées. J'ai travaillé comme un bourricot, noria des forçats de l'ère post-moderne. J'ai séduit, intrigué, connu l'ivresse du pouvoir, pauvre de moi... Et la voix d'un clochard un jour m'a remis à ma place : «Pourquoi es-tu si dur ?» Je me souviens toujours de cette voix. Elle fut le déclencheur de ma dégringolade ou de mon ascension. C'est selon.
(...)
Petite note sur Mots de contrebande d'Alain Cadéo
ce matin, j'ai fini les mots de contrebande d'Alain Cadéo, 105 mots et ce qui émergeait c'était ce que j'étais en train de devenir, assis devant mon grand bureau, sans ordi, avec une grande feuille de papier canson et une plume à tremper dans l'encrier, le grand bureau soudain barque, pirogue pour aventures sur des rives éblouies et des captures d'argent-vif frétillant puis le grand bureau soudain traineau pour glissades infinies sur lac gelé et flambées jusqu'au ciel sans risque d'incendie se propageant sans limite; bref, avec Alain Cadéo et ses mots prenant au lasso les cavales des désirs inconfortables, toujours insatisfaits, pour les apprivoiser, je me sentais grandi avec humilité, essentiel, sans enflure nombrilique, apte à prendre toutes les dimensions (nain, géant, famélique, efflanqué, obèse) pour avec les mains, les dents, mordre, mâcher, palper les beautés du monde, du cosmos sous les moisissures, les putréfactions organisées par ceux qui prétendent savoir; je redevenais un chasseur, pêcheur, cueilleur, un sauvage, un primitif en connexion avec le Mystère, ce qui a été avalé par les trous noirs, pas prêts à rendre la Lumière (4% de l'univers est composé de matière lumineuse donc observable)
Jean-Claude Grosse
Journal d'un égaré/Les promeneurs solitaires
Est paru le 17 octobre, Journal d'un égaré de Jean-Claude Grosse, 317 pages, 43 entrées.
Journal d'un égaré
Jean-Claude Grosse
Sommaire
1 – Que dire sur le commencement ?
2 – La vie des plantes (Emanuel Coccia) / La Réunion, le choc végétal /
3 – De la grotte de Lascaux à la grotte du Vallon Pont d'Arc
4 – Invitation à création : 1000 mots pour la grotte Chauvet et l'Ardèche méridionale
5 – Lettres familières de Pétrarque à son frère Gherardo, moine à la Chartreuse de Montrieux
6 – On donne quoi quand on ne donne pas son temps
7 – L'été du Léthé du 1° juillet 2017 : Marie Madeleine
8 – Colloque sentimental (Paul Verlaine et Stefan Zweig)
9 – Propositions pour une pensée élaborée par frottements entre plusieurs corps et pensées
10 – La Liberté (Marcel Conche)
11 – Présentation de ma philosophie (Marcel Conche)
12 – Ultimes réflexions (Marcel Conche)
13 – Métaphysique (Marcel Conche)
14 – Penser encore (Marcel Conche)
15 – Épicure en Corrèze (Marcel Conche)
16 – Un peu de temps sur le Temps
17 – Un de mes voyages au Maroc
18 – Le dit des dunes de l'erg Chebbi à Merzouga
19 – Le dit de la petite pierre tirée de la mer à Port-Cros
20 – La vie / la poésie
21 – Exercices d'admiration
22 – La mort de la bien-aimée (Marc Bernard)
23 – Au-delà de l'absence (Marc Bernard)
24 – Tout est bien ainsi (Marc Bernard)
25 – Le corps quantique (Deppak Chopra)
26 – Le fabuleux pouvoir de vos gènes (Deepak Chopra)
27 – Albert Camus, l'engagement est-il absurde ?
28 – Marx, le retour (Yvon Quiniou)
29 – Marx (Yvon Quiniou)
30 – La dernière génération d'Octobre (Benjamin Stora)
31 – L'homme qui aimait les chiens (Leonardo Padura)
32 – Théologie de la provocation / Causes et enjeux du principe totalitaire (Gérard Conio)
33 – Le triomphe de l'artiste / La Révolution et les artistes / Russie 1917 – 1941 (Tzvetan Todorov)
34 – Le cauchemar de Don Quichotte (Matthieu Amiech et Julien Mattern)
35 – Internet, un séisme dans la culture ? (Marc Le Glatin)
36 – Nouveaux médias, nouveaux langages, nouvelles écritures
37 – Qui doit être au centre : l'élève ou l'enseignant ?
38 – Propositions sur l'éducation artistique, la culture et l'école
39 – Quel gay sçavoir pour le 3° millénaire ?
40 – Rêve d'une école de la vie
41 – Jeu de l'invitation à la vie
42 – Le cosmos et le lotus (Trinh Xuan Thuan) /
Opacité / Clarté, entretien entre une cosmologue et un philosophe
43 – Que dire sur la fin ?
1-2-3- Décroissez !
Changer la ville, changer la vie !
Tout commencement est arbitraire.
Il n'y a pas de point zéro
le point zéro de tout big bang est inaccessible.
Tu ne peux tout réinventer, tout recréer.
Pars de ce qui est donné
et que tu ne peux refuser.
Pars de cette violence qui t'est faite
et que tu peux organiser.
Dieu nous a donné la Terre.
Nous la lui rendrons retournée, cultivée.
Il a fait l'animal humain.
Nous lui rendrons l'Homme. (1966)
J'ai osé cela, il y a 50 ans. Osé mêler Dieu à notre aventure terrestre et cosmique. Osé évoquer par trois fois un "nous", espoir d'unité et d'élévation très affirmé. Deux ans après, c'était 1968. Beaucoup, aujourd'hui, critiquent les idées de 68. Je souhaite aux jeunes et moins jeunes de connaître ce que nous avons vécu: un temps de parole, de propositions, de décisions et d'actions. J'ai peut-être eu la chance d'être bien placé: professeur dans le nord et doctorant à Nanterre. Membre élu du comité de grève du lycée et membre du comité de grève de la ville, Le Quesnoy. Le nouveau pouvoir, pendant trois semaines, ce fut l'assemblée générale quotidienne rassemblant 700 personnes en moyenne et qui décidait des tâches du jour pendant qu'au lycée, on jetait les bases, on posait les principes d'autres relations professeurs-élèves et aux savoirs dont on percevait avec acuité les contenus idéologiques. Et quand j'allais à Nanterre où j'étais doctorant sur une Sociologie des lieux communs, c'était pour retrouver un grand professeur, Henri Lefebvre (Critique de la vie quotidienne, Le droit à la ville, La somme et le reste) et quelques leaders du mouvement du 22 mars dont Daniel Cohn-Bendit que j'ai enregistré en interview pendant 2 H.
Qui oserait 50 ans après, croire au "nous" ? Je vois triompher le "moi". Du "nous" exacerbé au "moi" enflé, tel est notre trajet majoritaire. Je note cependant l'émergence des créatifs culturels. Ils produisent de l'innovation. Cela suffira-t-il ?
Dans l'état actuel des connaissances, il semble qu'aucun Dieu n'a de projet pour l'Homme, que la Terre et le Cosmos n'attendent rien de l'Homme. L'humanité est vouée à disparaître. Puis la Terre. Puis le Soleil. Règnent le hasard et le chaos, avec de ci de là, dans le désordre universel, quelques zones d'ordre éphémère. Cela, nous pouvons en être à peu près sûrs malgré tous les créationnistes.
Dans l'état actuel de la pensée, il semble que des preuves n'existent ni pour une philosophie (une métaphysique) ni pour une religion.
Pour une religion, on a affaire à des croyances intimes ou forcées par coutumes et traditions.
Pour une philosophie, on a affaire à des convictions argumentées mais qui ne peuvent convaincre que celui qui veut être convaincu.
Je préfère les convictions aux croyances, les arguments fondés en raison plutôt qu'une adhésion irrationnelle à des dogmes ou une adhésion intime, indicible.
Donc, ma recherche de la vérité, but de la pensée et expression de ma liberté, ne peut être qu'une recherche ininterrompue jusqu'à ma mort. Cela ne veut pas dire que je change de convictions (il y a des convictions vécues qui se renforcent avec le temps, d'autres qui perdent de leur vigueur) alors qu'il peut m'arriver de changer d'opinions, plus fluctuantes parce que sans doute assez anecdotiques et superficielles (il en est ainsi pour moi des opinions politiques, même si j'observe ma fidélité parfois contre vents et marées et désillusions amères aux choix politiques, aux valeurs dites de gauche ; la seule opinion dite de gauche ou républicaine que j'ai refusée par deux fois, faire barrage au FN, la manipulation était énorme, tant et tant sont tombés dans le piège). Aujourd'hui, je m'abstiens.
Il peut aussi y avoir des tournants dans notre manière de voir, de sentir, de penser le monde.....
Que dire sur la fin ?
La fin est connue :
Individuellement
ma mort, ta mort, sa mort, notre mort, votre mort, leur mort.
Cette destination ne décide pas du dessin
de ma vie, de ta vie, de sa vie, de notre vie, de votre vie, de leur vie.
Quand les dessins de vie sont devenus destins, je parle de FINS DE PARTIES.
Les FINS DE PARTIES des « miens »
je m'en fais l'épitaphier
pour mon père :
Sur la pointe du pied
je suis parti
Crainte de déranger
même en faisant si peu de bruit (7 février 1986)
pour ma mère :
Au secret
je pars à regret
Beau jeu de ma vie
par quelle sortie
pour quelle impasse (19 mai 2001)
Je ne publierai pas de livre ayant pour titre FINS DE PARTIES.
J'ai écrit des articles sur mon blog : Disparition du Père, Disparition de maman, L'Insolite traversée de Cyril Grosse, Pensée pour Antonio Machado et Michel Bories dit Pof, Ultime performance de la mouette à tête rouge et d'autres. D'autres sont à venir.
On les trouve dans la catégorie FINS DE PARTIES, POUR TOUJOURS sur mon blog.
Je trouve qu'internet est un outil à utiliser contre l'oubli, pour se souvenir, pour transmettre un peu de ce que furent nos aimés (ou pas), pour faire le point aussi sur nos relations, mettre des mots sur les maux, heurs, bonheurs, malheurs.
Collectivement
Imaginez la scène. L’espace vide envahi tout à coup par des balles de ping-pong, animées chacune de sa vitesse, qui se touchent, se heurtent, se frôlent. Rebondissent. Incohérentes. Incapables de trajectoires.
Toujours détournées, arrêtées, relancées. Un désordre perpétuel.
- Aujourd'hui nous sommes 7 366 305 303… il accélère 304 305 306… 7, 8 puis la gestuelle qui annonce les autres tout en poursuivant, balles de ping-pong, qui nous agitons dans le
bocal du loto pour faire de bons numéros.
Vous imaginez l’agitation ? Quelqu’un peut comprendre le présent et prédire l’avenir avec une pagaille pareille ? Les expertises, c’est comme les médicaments. Ça a des effets secondaires prévisibles.
Nous sommes sur la pente :
je t'épuise, je m'épuise à t'épuiser,
tu l'épuises, tu t'épuises à l'épuiser, il l'épuise, nous l'épuisons, vous l'épuisez
quoi ?
La planète
Nous nous rendons très bien compte de la 6° extinction des espèces
et de notre disparition,
morts que nous sommes,
du bulbe, de la moelle, du cerveau, du cœur
depuis l'enfance.
Aucun sursaut.
Plus besoin de stimuli.
Achevés pour l'éternité ?
Ou ultime salto réflexe ?
La dernière génération d'Octobre / Benjamin Stora
La dernière génération d'Octobre
Benjamin Stora
Pluriel / Hachette Littératures

Ce livre m'a été offert lors de mon court séjour pour Marilyn après tout, à Lille, où j'ai rencontré des anciens de l'OCI (organisation communiste internationaliste dite lambertiste), dont la femme de Jean-Loup Fontaine, responsable de la région Nord Pas-de-Calais aux temps anciens de ma militance frénétique.
Jean-Loup Fontaine était cadre dans les PTT et il a été un dirigeant syndical régional apprécié. Il avait un violon d'Ingres, la poésie. Il fut récompensé par le prix Max-Pol Fouchet en 1993 pour L'Âge de la parole aux Éditions de la Différence. Mais il était décédé précocement d'un cancer, quelques jours avant le prix. Un dirigeant politique engagé dans la vie réelle que j'ai accueilli à Corsavy à l'occasion d'une ou deux cargolades (avec le vin bu au pourou, à la régalade) pendant des vacances d'été après les camps de formation à Chamrousse.
Je suis rentré à l'OCI en octobre 1969, après un GER (groupe d’études révolutionnaires) de quelques mois. Le mouvement de mai 1968 m'avait entraîné dans sa lame de fond. Enseignant depuis 4 ans au Lycée du Quesnoy, je me suis spontanément investi dans la grève et toutes les activités inhérentes à un tel investissement : membre élu du comité de grève du lycée, présence aux commissions de réflexion pour une école du gai savoir, membre élu aussi du comité de grève de la ville, nouveau pouvoir municipal, ayant à résoudre problèmes de collectes d'argent et d'approvisionnement de la population. Cela me valut d'être contacté par le PCF. Je déclinai l'offre. L'entrée des chars brejneviens à Prague le 20 août 1968 me dissuada définitivement de fréquenter ou de voter pour ce parti. Les élections des 22 et 29 juin 1968 furent une énorme claque. Il me fallut être à l'OCI pour comprendre. Le PCF en soufflant à de Gaulle en 1° page de L'Humanité, fin mai, le mot d'ordre de Dissolution de l'Assemblée Nationale, Élections anticipées, donna à la CGT les moyens de faire reprendre le travail à 10 millions de travailleurs en grève, pour que la question du pouvoir se règle par la voie électorale. Le mot d’ordre de l’OCI a été Comité national central des comités de grève. On eut droit à l'Assemblée bleue CRS la plus musclée de la 5° République. Un leader CFDT d'Usinor à Trith Saint-Léger que j’avais fréquenté pendant le mouvement résista à cette reprise. Il écrivit plus tard un livre sur cette « trahison » par la CGT et le PCF. Je cherche vainement à retrouver son nom. Le PCF n'a fait que régresser au fil du temps. Le 29 juin, je ne pus voter, notre fille naissant ce jour-là. Des gens bien intentionnés dirent qu'elle naquit le poing levé. Avec un collègue, nous eûmes droit à la destruction par le feu, sur la place de la ville, de nos mannequins, comme cela se fait dans le nord pour Caramantran. Devant le lycée, sur le goudron, nos noms à la peinture blanche et l'inscription Heraus. En 1974, lorsque je quittai le nord pour le sud, les inscriptions y étaient encore.
J'eus le temps en mai 68 d'aller à Paris pour une ou deux manifestations et à Nanterre où j'étais inscrit en 3° cycle de sociologie avec Henri Lefebvre comme directeur d'un mémoire sur la sociologie des lieux communs que je n'ai jamais terminé, sans doute parce qu'impossible d'y travailler sans moyens informatiques permettant d'établir des corpus, de quantifier afin de valider ou d'infirmer des hypothèses sur le poids et la stabilité des lieux communs dans les mentalités, selon les sexes, les âges, les milieux sociaux, la localisation régionale. Je reste persuadé de l'intérêt d'un tel sujet, l'étude des mentalités étant aujourd'hui un élément essentiel de la compréhension des comportements collectifs, de la résistance aux changements. J'ai interviewé Cohn-Bendit et quelques autres, Duteuil, Granotier, qui m'exposèrent leur théorie et pratique de la provocation-répression-élargissement ou généralisation. J'ai rencontré Baudrillard, Loureau, Lefebvre, Castel (je l'avais déjà eu comme professeur à Rennes pendant mes années Saint-Cyr, 1959-1961). Ma curiosité était diversifiée. J’en ai parlé dans Mai 68, Emmanuelle Arsan, Emmanuelle, nous et moi (doux émois)
À la rentrée de 68, j'adhérais sur incitation de mon collègue incendié, à la CIR (Convention des institutions républicaines, mouvement de François Mitterrand, où je participais à la commission relations parti-syndicats). Sûr que si j'y étais resté, j'aurais fait de la politique autrement, peut-être en carriériste. Mais survint un événement, l'absorption de l'usine de bonbons Lutti par La pie qui chante. Grève avec occupation. Je demande que notre section intervienne. Réponse : Lutti n'est pas l'épicentre de la lutte des classes. Cela me choque. J'interviens quand même, tombe sur des militants de l'OCI qui eux interviennent. Je me fais exclure de la CIR et rejoins 9 mois après, l'OCI. J'avais fait une expérience concrète du double langage de la social-démocratie ou du réformisme. Je ne fus ni du 1° ni du 2° Congrès d'Épinay (juin 1970, juin 1971).
À l'OCI, j'eus la responsabilité de plusieurs amicales, donc responsable d'un rayon, pseudo Redon, pensant à des grèves de ce temps en Bretagne, tout en militant syndicalement d'abord au SGEN, ensuite au SNES (tendance EEFUO) et enfin au SNLC-FO. Je suis resté à l'OCI qui devint OT puis PCI jusqu'à fin 1980 (jusqu'en 1974 dans le Nord, puis ensuite à Toulon) où je fus, avec une dizaine d'autres, exclu du PCI puis réintégré après appel à la commission de contrôle du parti par Pierre Lambert lui-même descendu à Toulon. Mais la violence de ce qui nous était arrivé nous avait définitivement coupé de tout désir de militer.
À la différence de Benjamin Stora - j'ai dix ans de plus - mon engagement ne compensait pas un exil et une solitude. Lui quittait l'Algérie en juin 1962, moi j'y arrivais en septembre et j'y suis resté jusqu'en février 1964. Je dirigeais une compagnie de transmission étalée sur 300 kilomètres de Tizi-Ouzou à Miliana. Je garde de ce séjour algérien - après mes 2 années à Saint-Cyr où j'ai vécu le schisme provoqué par l'OAS et les partisans de l'Algérie française, opposés par la violence de la guerre civile au reniement de de Gaulle ayant opté pour l'indépendance, au cœur des élèves-officiers de l'armée française (nous étions clivés, partagés et souvent ça finissait mal dans les travées des dortoirs le soir) - un bon souvenir (occupant à titre de protection des maisons de pieds-noirs abandonnées, en particulier à Tipasa, tout près des ruines dont Camus a parlé, négociant avec des fatmas de mechtas la préparation de couscous pour les hommes, me promenant tranquillement dans la casbah où quelques mois plus tôt, je me serais fait égorger), bref, j'ai côtoyé un peuple doublement manipulé qui avait payé un lourd tribut pour son indépendance et qui me paraissait sans haine envers les occupants en voie de retrait. Dans le midi, à partir de 1974, j'ai vécu l'inverse, le ressentiment aveugle des pieds-noirs et de leurs enfants, petits-enfants.
Je me suis rendu compte plus tard que les Algériens avaient été très divisés, deux clivages, entre harkis et indépendantistes (les harkis paient encore cher leur engagement aux côtés des Français), entre messalistes et FLN. Chose étonnante : c'est pendant qu'il est à l'OCI que Stora fait sa thèse sur Messali Hadj, soutenu par l'OCI quand la Ligue communiste révolutionnaire soutient le FLN. Moi, j'ai entendu parler de Messali Hadj entre 1959 et 1961 à Saint-Cyr. L'armée, pour accomplir ses missions, sait utiliser tous les savoirs dont elle a besoin ; c'est ainsi que j'appris que la revendication d'indépendance remontait à 1917, que Messali Hadj avait créé l'Étoile Nord-Africaine dès 1924 puis le Parti du Peuple algérien puis le MNA, mouvement national algérien, que le FLN était une dissidence du MTLD de Messali Hadj. Enfant de troupe à Tulle, je remontais pendant les vacances à Paris dans le 18° arrondissement à la Goutte d'Or, vivant avec mes parents et mon frère dans une chambre d'hôtel, quand MNA et FLN s'entretuèrent dès 1955. Cela se passait la nuit malgré le couvre-feu.
Je me souviens des cours d'action psychologique à Saint-Cyr qui visaient à laver le cerveau des opposants ou à gagner le cœur des populations avec les techniques en vogue des sciences humaines. (deux conceptions : infiltrer, déstabiliser et détruire y compris par la torture l'ennemi, choix d'un certain nombre de militaires, genre Aussaresses - j'appris la torture par des élèves-officiers marocains et tunisiens, comme le nom des poseuses de bombe, Djamila Bouhired, Djamila Boupacha mais pas Zohra Driff - ou couper le cordon entre population et terroristes en gagnant le cœur des populations, rôle du 5° bureau et des SAS). Le manuel d'un officier français sur les techniques de la guerre d'Algérie est devenu la bible de l'armée américaine pour ses guerres contre le terrorisme, préfacé par le général Petraeus : Contre-insurrection - Théorie et pratique du lieutenant-colonel français, David Galula. Mais comme le remarque Stora, la guerre d'Algérie ne fut pas au cœur des préoccupations des révolutionnaires qui lorgnaient vers le Viet-Nam, l'Amérique Latine, la Palestine. Lui s'en est fait l'historien reconnu.
Quant à moi, en juin 2002, j'organisais un bocal agité algéro-varois sur les 40 ans de l'indépendance et le retour des pieds-noirs, avec 5 auteurs algériens dont 2 femmes et 5 auteurs français dont 2 pieds-noirs, bocal de 3 jours avec livre publié à Gare au théâtre et représentation des textes par les compagnies varoises au Revest. En novembre 2002, j'organisais un théâtre à vif sur le 60° anniversaire du sabordage de la flotte. Je pense que de telles actions ont fini par lasser les tutelles soutenant l'action théâtrale des 4 Saisons du Revest d'où mon éjection en septembre 2004 de la maison des Comoni, le théâtre du Revest que j'avais créé et dirigé bénévolement 20 ans durant.
Le vécu militant de Stora fut bien sûr le mien : militantisme frénétique selon la méthode objectifs-résulats. Réfléchissant à ce volontarisme, à ce subjectivisme forcené, l'historien en voit la principale raison dans l'analyse très déterministe (matérialisme historique, l'histoire comme science) de la situation politique (pas une réunion sans analyse de la situation, toujours mobile) sous l'invariant des forces productives devenues destructives, évidence ou principe intangible du programme de transition de Trotski élaboré en 1938. 30 ans après c'était le même constat économique et politique d'où l'effondrement du capitalisme est imminent, d'où dégénérescence des appareils d'état bourgeois, imminence de la révolution et comme, autre fondement du programme de transition, la crise de l'humanité se résout à la crise de sa direction révolutionnaire, il y a urgence à construire le parti, d'où fierté d'en être un constructeur actif et conscient, sentiment de supériorité puisque on sait où on va, même si on ne sait pas où ça va et comment ça y va (la révolution ne se décrète pas et ne se lit pas dans le marc de café).
J'ai observé le même type de fonctionnement idéologique dans le mouvement de Jacques Cheminade, Solidarité et Progrès, quand je me suis intéressé à leurs propositions économiques, bien ciblées, lors de la présidentielle de 1995 (0,28% des voix). Catastrophisme de la situation (en 2013, la situation est toujours catastrophique comme en 1995, comme en 1968) donc urgence à intervenir, à s'engager.
Organisations pompe à fric par conséquent au nom de l'indépendance du mouvement. À l'OCI, la phalange, la cotisation mensuelle, était de 10% du salaire. Ajoutées à cette taxe, les incessantes campagnes financières et d'abonnements à Informations Ouvrières. La méthode objectifs-résultats est une méthode d'inspiration capitaliste censée combattre le capitalisme par des moyens capitalistes comme on combattait le stalinisme ou le gauchisme avec les méthodes staliniennes c'est-à-dire avec violence et autres ruses visant à s'assurer le contrôle des AG.
On trouvera dans ce livre nombre d'autres réflexions. Je retiens que mon séjour dans l'OCI a été le moment le plus propice au développement de ce parti. L'objectif de 10000 militants avait été fixé après l'arrivée au pouvoir de Mitterrand en 1981, le PCI ayant joué un rôle non négligeable dans ce succès en appelant au vote Mitterrand sans condition dès le 1° tour. Mais je n'étais plus au parti et j'avais été choqué du choix du parti après tout ce que j'avais entendu sur Mitterrand, ministre répressif pendant la guerre d'Algérie et sur ce qu'il avait été pendant la guerre, ses liens avec Bousquet. Les fluctuations tactiques et stratégiques d’un parti aussi rigide sur l’analyse de la situation ont donné ce « chef d’œuvre », la candidature de Schivardi, candidat des Maires de France à la présidentielle de 2007. Ils ont dû refaire les professions de foi suite à la plainte de l’association des maires de France et Shivardi a fait 0,34% des voix. En 2012, Cheminade a fait 0,25%.
Si j'en crois Stora, la doxa rigide du PCI qui faisait que cette organisation était atypique dans le paysage politique (Lutte Ouvrière aussi) a facilité l'adhésion, de jeunes en particulier, en recherche de repères, d'inscription dans une histoire. En militant, on entrait dans une famille et une histoire, une double histoire, celle du trotskisme héritier d'Octobre après la bureaucratisation des PC et celle du mouvement ouvrier international, gangrené par la social-démocratie et le stalinisme. La classe ouvrière mythifiée, universalisée comme sauveuse de l'humanité, cela empêchait de regarder à côté, de voir l'émergence d'autres mouvements, féministe, homosexuel, écologiste, jeunes branchés musique et drogues douces ou plus, remontée du religieux, des communautarismes, du racisme... Cela dispensait de penser, de produire de la théorie économique, politique ; on vivait sur des acquis vieux de 30 ans et plus. Le PCI était fermé à la nouveauté. Peu curieux de littérature, peinture, cinéma, théâtre, culture. Un parti hors mode. Changer le monde mais pas la vie. Les débats sur la vie quotidienne et encore moins les essais de vie autrement qui avaient agité les débuts de la révolution d'Octobre (Anatole Kopp : Changer la ville, changer la vie, plus les livres importants de Henri Lefebvre, aujourd’hui de Pierre Rahbi) n'étaient pas à l'ordre du jour. Cela engendrait aussi des exclusions à la pelle comme dans le mouvement psychanalytique, des réécritures des récits fondateurs, bref des pratiques cautionnées par le centralisme démocratique, un oxymore qui a causé les plus grands dégâts.
Après le PCI, Stora a quelques temps cherché à construire une aile gauche au PS. On voit bien que de telles tentatives, sans cesse reprises, ne donnent rien. Les lois de l'histoire sont plus fortes que les appareils dit le programme de transition. La preuve n'en a pas encore été faite.
Pour ma part, dès 1983, je suis devenu conseiller municipal du Revest-les-Eaux jusqu'en 1995. J'ai contribué à y créer un festival de théâtre puis un théâtre, la Maison des Comoni, que j'ai dirigé bénévolement pendant 21 ans. En 1997, je me suis présenté aux législatives anticipées sans étiquette mais sur une ligne de rupture avec la finance internationale (loi Glass-Steagal, mise en faillite des produits financiers dérivés toxiques, poursuite pénale de Soros qui avait spéculé contre le franc ...) et sur une ligne de rupture avec les partis comme moteur de la démocratie parlementaire, préconisant des candidatures de citoyens sur la base de signatures citoyennes (j’ai fait 1% des voix dans la 3° circonscription du Var, celle où Yann Piat avait été assassinée, en 1994). En 2006, je suis rentré au PS pour soutenir la candidature de Ségolène Royal ; j'ai vite compris qu'on devait son échec de 2007 pour l'essentiel au PS dont je suis sorti. En 2008, j'ai conduit une liste contre le maire actuel sur un programme de village écocitoyen et mes collègues avaient décidé avec moi qu'on renoncerait à nos indemnités pour les mettre au service de projets citoyens d'intérêt collectif. Le bon exemple ne nous a pas suffi pour gagner. On a quand même fait presque 15% des voix. La quasi-totalité de la liste de 2008 s'est représentée en 2014, moi m'abstenant en raison de mon âge, même programme, 28% des voix, 3 élus d'opposition. Ça ne suffit pas à faire évoluer le village ou plutôt le maire, professionnel de la politique, peu soucieux de laisser le souvenir d'un "visionnaire". Voir mon article: Le Revest, histoire d'un échec collectif. Devenu colibri, je l'ai vu en janvier 2016 pour lui parler incroyables comestibles et auto-suffisance alimentaire. Il faut 5 ha de terres agricoles. Réponse: nous n'en avons que 3. Les écoles du Revest ne profiteront pas des produits cultivés au Revest alors qu'il y a La Tourravelle, en friches et en ruines. À comparer avec le domaine de Tourris, redevenu productif avec 1200 oliviers et 5 ha de vignes. Je renonce définitivement à m'intéresser au devenir de ce village-dortoir de résidents aisés pour la plupart.
Si nous en sommes où nous sommes, je pense que nous le devons à notre soumission volontaire. Nous nous complaisons dans les contradictions, et les tentatives de mettre de l'ordre, de résoudre logiquement, humainement les situations sont généralement vouées à l'échec. Je pense de plus en plus que nous sommes agités par des forces et des énergies de faible valeur, de petite amplitude, style vide quantique et ses fluctuations, rien à voir avec le grand soir vainement attendu, les petites et grandes explosions de violence sociale comme moteur de l’Histoire, que nous sommes joués au milliardième de seconde dans des jeux de toutes sortes (les jeux financiers se jouent avec des machines et des modèles mathématiques donnant des milliards d'ordres à la seconde) et que nous sommes à l'image de ce qui se passe dans l'univers. Nous devrions développer des métaphores (une métaphore est sans doute plus heuristique qu’un concept, nous avons besoin de pluralité de significations dans un monde et un univers aussi opaques où la transparence n’est atteinte qu’occasionnellement) empruntées à l'univers et à ses incertitudes (je dis incertitudes pour prendre le contre-pied du scientisme qui ne parle que de lois, d'ordre, de constantes quand les plus récentes découvertes et théories semblent nous acheminer vers l'inconstance des constantes) pour tenter de parler de nous. Ne sommes-nous pas agités comme des mouvements browniens de 7 milliards de particules, d'hominuscules dans un bocal nommé Terre ?
JCG
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