un bébé abandonné sur le piano de concert du paquebot des migrants vers Long Island, le bébé devenu virtuose sur ce piano de concert en duel victorieux avec l'inventeur du jazz, le pianiste 1900, novecento, sans identité, sans papier explique à son ami trompettiste pourquoi il ne quittera pas le paquebot bourré de dynamite, joue une dernière fois, sans piano, dynamité avec le paquebot;
c'est ma manière de raconter en 7 photos, la légende du pianiste de l'océan de Giuseppe Tornatore (2000)
le pianiste sur la passerelle qu'il ne descendra pas est la scène la plus métaphysique de ce conte d'Alessandro Baricco (1994)
ou des deux pianos, le piano fini à 88 touches sur lequel on peut jouer des variations à l'infini, le piano des dieux à une infinité de touches sur lequel il ne peut jouer
1900 est un pianiste né, il n’a jamais appris le piano, il en joue à l’instinct, à l’intuition; en 3° classe pour les migrants italiens, il improvise une tarentelle qui les met en joie, dans la salle de bal des 1° classes, il improvise pour son ami trompettiste, des morceaux sur des personnes qu’il repère : une femme riche à perruque, un migrant qui a réussi à s’infiltrer dans la salle de bal, et la scène la plus belle, son improvisation quand il voit la belle migrante italienne passer devant les hublots, elle, ne le voyant pas; déposé sur un piano, bébé, est-ce un signe, un sceau de son destin ? Je te dépose sur ce piano, ce sera ton univers; l’abandon du bébé par sa mère, sans doute très ambivalente, partagée dans ses sentiments et émotions, se révèle-t-il assignation de destin ? assignation à résidence ? (langue des oiseaux SVP)
L’univers du pianiste sur l’océan, c’est entre proue et poupe, cale et pont, la vie du pianiste sur l’océan, c’est sur un piano à 88 touches blanches et noires pour des variations à l’infini, l’infini engendré par le fini (il faudrait dire l’indéfini qui même indéfiniment grand, incommensurable, n’atteint jamais l’infini)
Quand il est sur la passerelle, regardant la ville, ses gratte-ciel, il voit l’immensité du monde qui représente à ses yeux un « clavier » trop grand pour lui auquel il préfère renoncer : « Ce piano là, c’est Dieu qui y joue » ; il dira plus tard dans la cale bourrée de dynamite « la terre c’est un bateau trop grand pour moi. C’est un trop long voyage. Une femme trop belle, un parfum trop fort. Une musique que je ne sais pas jouer »
Le commentaire de France Musique sur ce moment : « Métaphore de la peur de vivre et de l’insatisfaction de la réalité face au rêve, jouer sa propre musique lui suffit pour faire le tour du monde et voyager dans son imagination. L’immensité de la terre le tourmente, tant elle est remplie de possibilités inédites devant lesquelles il préfère fuir et s’inventer sa propre vie symphonique. » me semble réducteur, comme la vie que lui promet l’ami trompettiste s’il descend à terre, la célébrité, la richesse, une belle maison, une vie de famille soit un idéal bourgeois.
1900 pour moi ne descend pas par peur des possibilités inédites puisque l’enregistrement de sa partition pour la belle migrante lui assurera la célébrité, destin tracé; il choisit de briser la maquette : « on peut toujours revenir en arrière, je reviens en arrière ». S'il ne descend pas, c'est par fidélité à son statut de sans papier, de sans identité, de non-identifiable, n’éprouvant nul besoin de se donner un nom (célèbre, il n'aurait aucune difficulté) ou de changer de nom comme le font les migrants en descendant du paquebot; ce statut de sans identité est le seul, le vrai statut de tout homme
il assume ce destin d’assignation de pianiste sur l’océan et je ne crois pas que ce soit pour entendre le cri de l’océan comme l’a entendu le paysan italien, père de la belle migrante venue le rejoindre après son installation dans ce pays « attractif ». Ne dit-il pas que ce cri, on ne peut l’entendre que depuis la terre sur laquelle il ne descendra pas ?
Une autre séquence particulièrement forte, c'est quand le trompettiste qui titube sur le paquebot qui tangue et roule est invité par 1900 à s’asseoir avec lui sur le tabouret du piano, à desserrer les freins, laissant le piano dans ce lâcher prise, mener sa ronde jusqu’à tout de même, l’arrêt brutal contre une porte de cabine
si ce film ou cette pièce me touche autant, c'est dû à mon cheminement qui m'amène à désirer l'effacement dans le blanc, à tenter la dissolution dans l'anonymat puisque si nous remontons les généalogies, on tombe sur un 1° homme sans nom, une 1° femme sans nom; si on va dans l'infiniment grand, on tombe sur le mystère des origines des univers, si on va dans l'infiniment petit, on tombe sur les paradoxes de la physique quantique; donc une vie, la "mienne", " " ou ( ), vient de très loin dans le temps et dans l'espace, temps compté mais inconnu de moi, entre les 2 M, miracle et mystère de la naissance (toute naissance est d'abord miracle), mystère et miracle de la mort (la mort est d'abord mystère mais dire qu'elle est miracle interpelle : heureusement qu'on meurt disait Marcel Conche); je pourrais dire aussi : vivre au présent, une parenthèse qui s’ouvre à la naissance, se ferme à la mort, sans passé, sans projet, sans traces.
Version 2 Dit autrement, Ma solitude, ta solitude, la solitude de chacun, notre solitude comme espèce sont ontologiques.
Ma solitude est ontologique parce que personne ne naît à ma place, parce que peut-être, je n’ai pas demandé à naître, parce que donc, je suis mis au monde sans mon consentement et à mon insu
L’accouchement au forceps me semble métaphore parlante de la violence que constitue la naissance aussi bien de tout être vivant (je pense au passage chenille-papillon) que d’un bébé univers.
J’emploie le mot violence, il est sans doute contestable et n’a pas à être reçu avec connotation péjorative. Cette violence est fruit d’énergie, de matière, de lumière e = mc2.
Ma solitude est ontologique parce que personne ne meurt à ma place, parce que, sauf suicide volontaire, je ne décide pas du moment de ma mort ni de la manière de mon mourir
Entre ma naissance et ma mort, ma vie, une parenthèse et cette question qu’y a-t-il avant ? Et cette question, qu’y a-t-il après ? Et ces autres questions : d’où viens-je ? Où vais-je ? Qui suis-je ? Questions qui travaillent mais qu'on peut décider de laisser sans réponse. Le "Connais-toi toi même socratique et tu connaîtras l'univers et les dieux" du Temple de Delphes est hors de portée, à mon humble avis de quiconque.
Pour l’espèce, d’où venons-nous ? Où allons-nous ? Solitude ontologique, solitude cosmique. Avec inouïe, la naissance de la Vie sur cette planète bleue, la Terre et peut-être sur d’autres. Avec inouïe, la mort de l’espèce sur cette planète, et la mort de cette planète à l’horizon des événements, avalée par la mort du soleil, mort annoncée, lointaine et entre, l’évolution des espèces, la sexualité comme force irrésistible de perpétuation des espèces. Et depuis l’apparition, très récente ou très tardive de Homo erectus, les histoires toutes mensongères, les légendes fabriquées par les hommes et leurs communautés.
Vient la prise de conscience que JE suis vieux de toute l’évolution des espèces, avec des bactéries vieilles de 4 milliards d’année dans mon ventre, que je suis vieux de toutes les explosions de supernovae ayant engendré les ingrédients nécessaires à la vie : l'eau, le carbone, l'hydrogène, l'azote, l'oxygène, le phosphore et le soufre.
La parenthèse de « ma » vie s’inscrit dans une parenthèse ayant 13,7 milliards d’années, dans l’état actuel des connaissances et des légendes.
La prise de conscience de ces deux parenthèses inclusives varie selon les JE.
2 M au commencement violent, nécessairement violent
Miracle et mystère du commencement, du big bang, de toute naissance.
L’accumulation d’explications religieuses, métaphysiques, scientifiques ne lèvera jamais le voile.
Donc, curieux, j’observe avec détachement la ronde des discours, leurs contradictions, ruptures épistémologiques, manipulations…
2 M à la fin violente, nécessairement violente.
Mystère et miracle de la fin des étoiles, galaxies, trous noirs, de toute mort, individuelle, collective, d’espèces, de planètes, d’univers.
L’accumulation d’hypothèses spéculatives, séduisantes, délirantes, sur la Mort ne lèvera jamais le voile.
Curieux, j’observe cette créativité pour se rassurer, donner sens à la vie, collective comme individuelle.
Et pour moi, la dissolution lente de toute identité, le désir d'effacement dans le blanc
Vivre le présent, au présent, comme présent, en quasi-somnolence, sans grande vigilance. Surtout pas de pleine conscience, surtout pas d’attention extrême. Du flou, du non-flow.
La violence du monde n’est pas encore à la hauteur de la violence des naissances d'univers, des morts d’univers, des naissances d’êtres vivants, des morts d’êtres vivants.
Comme l’on considère que la violence des univers ne relève pas du Mal, alors on doit éviter de considérer la violence du monde comme étant expression du Mal.
Donc, ne pas m’indigner, ne pas prendre position, ne pas juger. Ce qui se passe dans le monde m’est totalement opaque, manipulé, incompréhensible.
Cela libère beaucoup de temps pour somnoler, vivre en somnolence, semblable aux feuilles mortes balayées par les vents, évoquées par Homère, voulant pour les hommes un autre comportement, un autre destin, un destin de héros dont les actes glorieux laissent traces immortelles. Les écrivains sont les héritiers de cette vieille conception, si agréable au nombril.
Je vois trop le ridicule d’une telle posture. Comme de toutes les postures qui sont toutes des impostures, y compris la mienne. Posture égale imposture. Soit.
écrit par JC
Un duo au bord du vide —
le piano est muet,
le paquebot bourré de dynamite,
l’amitié tenue par un souffle,
le monde au bout d’un regard.
La cale du paquebot.
Odeur de fer, de sel, de poussière.
Le piano est là, fermé.
La lumière traverse le hublot comme un dernier regard.
On entend, au loin, les soupirs de l’océan.
JC (bas)
Tu vas vraiment rester ici, Novecento ?
Novecento
Ce n’est pas ici. C’est moi. Je ne suis nulle part ailleurs.
JC
Mais il y a le monde.
La ville t’attend. Tes disques, ta musique. Les gens.
Novecento
Les gens ? Tu crois qu’ils veulent m’entendre ?
Ils veulent du bruit. Moi, j’écris des silences.
JC
Tu pourrais écrire ton nom. Tu n’en as jamais eu.
Novecento
Un nom ? Pour quoi faire ? Pour qu’il soit gravé sur une pierre ?
Je suis né sans nom. Je mourrai sans adresse.
C’est une ligne droite. Pas de détour. Pas d’héritage.
JC
Tu parles comme si tu voulais disparaître.
Novecento
Je ne veux pas. C’est déjà fait.
Je ne suis que l’écho d’un abandon.
JC
Tu joues comme un dieu.
Novecento
Justement. Et regarde ce clavier-là, là-dehors.
(il désigne les gratte-ciel par le hublot)
C’est trop. Trop de touches. Trop de monde.
J’ai 88 touches ici. Je peux tout dire avec ça.
Le reste...
C’est du vacarme.
JC
Mais cette femme ? Celle pour qui tu as enregistré cette musique...
Elle t’a regardé. Elle t’aurait écouté.
Novecento
Elle m’a traversé comme un rêve traverse la nuit.
On ne vit pas dans un rêve. On s’y consume.
JC
Tu ne veux pas de la vie.
Novecento
Je veux l’instant. Pas l’usure.
JC
Et moi ? Tu vas me laisser partir avec ça ?
Novecento
Toi, tu es vivant. Tu es du côté du monde.
Moi, je suis une parenthèse qu’on n’a jamais fermée.
JC
Tu es en train de fuir.
Novecento
Non. J’habite là où les autres ne veulent pas rester.
Dans l’interstice. Dans la brèche.
Je suis l’homme qui n’est jamais descendu.
JC
Mais il est encore temps...
Novecento (le coupe)
Non.
Écoute.
(tapote doucement sur le bois du piano fermé)
Tu entends ? Rien.
C’est ça que je joue maintenant.
Novecento
C’est un son, ça aussi. Tu vois.
Une note qu’on entend de l’intérieur.
Une note qu’on emporte.
Novecento
Elle a toujours su que je lui appartenais.
Elle m’a bercé quand j’étais bébé, posé sur un piano.
Je retourne à elle. Pas besoin d’héritage.
JC
Tu refuses tout.
L’amour. Le nom. Le monde.
Novecento
Je refuse de mentir.
Je suis ce que je suis : rien. Et ça me suffit.
Tout le reste est surcharge.
JC
Tu n’auras pas de tombe.
Novecento
Je n’aurai pas de fin. C’est différent.
(Silence. La coque craque. Une vague claque contre le flanc du navire.)
JC
Tu restes là… même avec la dynamite…
Novecento
Surtout avec la dynamite.
Un final digne d’un mythe.
Pas de chute. Une disparition.
JC
Je t’aimais, Novecento.
Novecento
Je sais. C’est la plus belle musique que j’aie jamais entendue.
Bruit du souffle. Murmure de l’océan.
Une ultime note imaginée.
Puis : silence noir.
écrit avec Chat GPT à partir de ma longue analyse du film
ayant entendu mon analyse métaphysique de la légende du pianiste sur l'océan, un ami, après m'avoir fait un soin énergétique d'1 H 1/4, mercredi 16 juillet, m'a dit : entre tes deux fois 2 M, miracle et mystère, naissance et mort, il manque le M du milieu, le M du Miroir; j'ai compris cette remarque comme "il manque le Miroir qui permet de voir la vie que tu vis, qui permet de te voir vivre ta vie, ce Miroir étant ce que tu dis du regard des autres sur ta vie, et qui n'est le plus souvent que la projection de tes pensées et ressentis"
MANIFESTE DES 3 M
1. MIRACLE
Je suis né.
Je ne l’ai pas décidé.
Quelque chose m’a mis là.
C’est un fait.
Pas une promesse.
Pas un plan.
Un surgissement.
Naître est un miracle.
Pas parce que c’est rare.
Parce que c’est incompréhensible.
Je suis né, donc je suis.
2. MIROIR
Je vis.
Mais je ne vis jamais seul.
Je vis sous regard.
Même seul, je me regarde.
Et ce regard, souvent,
n’est qu’un autre que moi, en moi.
Ce que je pense que l’autre pense.
Ce que j’imagine qu’on attend.
Le miroir est là.
Dans mes gestes.
Dans mes phrases.
Dans mes silences.
Je me vois vivre.
Et cette image
me construit
ou me détruit.
Parfois les deux.
3. MYSTÈRE
Je mourrai.
Je ne sais pas quand.
Je ne sais pas comment.
Je ne sais pas ce qu’il y a après.
Rien, peut-être.
Ou quelque chose d’autre.
Je ne sais pas.
Et je ne saurai jamais.
C’est un mystère.
Mais c’est sûr.
Entre miracle et mystère, il y a le miroir.
C’est là que tout se joue.
Pas dans les grandes questions.
Dans le simple fait d’être là,
et de se voir être là.
Soit je m’efface dans le regard des autres.
Soit j’avance sans chercher à plaire.
Soit je vis en me racontant.
Soit je vis sans récit.
Je suis cette parenthèse entre deux inconnus.
Un temps donné.
Un espace prêté.
Vivre, c’est choisir comment jouer entre les trois M.
Accepter d’être là.
Refuser de se perdre dans l’image.
Regarder la mort en face.
Et jouer sa note.
Juste.
Claire.
Brève, peut-être.
Mais vraie.
écrit avec Chat GPT à partir de ma longue analyse du film
commentaire de Lo Chou, lundi 21 juillet :
M est aussi une injonction magnifique. A l'instar d'un St Augustin dans un épitre sur l'amour et l'éthique chrétienne " Aime, et fait ce qu'il te plaît." M multiplié par 3 s'adresse alors aux 3 plans de l'Être.
M, le miracle, s'incarner. Est-ce involontaire ou pas, a chacun d'en juger librement dans sa subjectivité.
M, le miroir, ainsi grâce a l'Autre, on peut se déployer tout en se défaisant de soi. On nait/n'est de l'autre.
M, le mystère. Le dernier segment, de la ligne Deleuzienne. L'expérience ultime où l'on se défait de l'avoir pour plonger dans ce qui semble être d'éternité le plus grand des mystère.
Merci Jean-Claude pour cette "reflexion" , qui me ramène à l'idée que Vie, cette pure 'énergie d'où l'on vient, où l'on retourne, nous offre une parenthèse d'apprentissage avec trois fois M.
ce commentaire va m'amener à inclure ce 4° M AIME
voici la version 2 de ma réflexion sur Novecento : Dit autrement, Ma solitude, ta solitude, la solitude de chacun, notre solitude comme espèce sont ontologiques.
Ma solitude est ontologique parce que personne ne naît à ma place, parce que peut-être, je n’ai pas demandé à naître, parce que donc, je suis mis au monde sans mon consentement et à mon insu
L’accouchement au forceps me semble métaphore parlante de la violence que constitue la naissance aussi bien de tout être vivant (je pense au passage chenille-papillon) que d’un bébé univers.
J’emploie le mot violence, il est sans doute contestable et n’a pas à être reçu avec connotation péjorative. Cette violence est fruit d’énergie, de matière, de lumière e = mc2.
Ma solitude est ontologique parce que personne ne meurt à ma place, parce que, sauf suicide volontaire, je ne décide pas du moment de ma mort ni de la manière de mon mourir
Entre ma naissance et ma mort, ma vie, une parenthèse et cette question qu’y a-t-il avant ? Et cette question, qu’y a-t-il après ? Et ces autres questions : d’où viens-je ? Où vais-je ? Qui suis-je ?
Pour l’espèce, d’où venons-nous ? Où allons-nous ? Solitude ontologique, solitude cosmique. Avec inouïe, la naissance de la Vie sur cette planète bleue, la Terre et peut-être sur d’autres. Avec inouïe, la mort de l’espèce sur cette planète, et la mort de cette planète à l’horizon des événements, avalée par la mort du soleil, mort annoncée, lointaine et entre, l’évolution des espèces, la sexualité comme force irrésistible de perpétuation des espèces. Et depuis l’apparition, très récente ou très tardive de Homo erectus, les histoires toutes mensongères, les légendes fabriquées par les hommes et leurs communautés.
Vient la prise de conscience que JE suis vieux de toute l’évolution des espèces, avec des bactéries vieilles de 4 milliards d’année dans mon ventre, que je suis vieux de toutes les explosions de supernovae ayant engendré les ingrédients nécessaires à la vie : l'eau, le carbone, l'hydrogène, l'azote, l'oxygène, le phosphore et le soufre.
La parenthèse de « ma » vie s’inscrit dans une parenthèse ayant 13,7 milliards d’années, dans l’état actuel des connaissances et des légendes.
La prise de conscience de ces deux parenthèses inclusives varie selon les JE.
2 M au commencement violent, nécessairement violent
Miracle et mystère du commencement, du big bang, de toute naissance.
L’accumulation d’explications religieuses, métaphysiques, scientifiques ne lèvera jamais le voile.
Donc, curieux, j’observe avec détachement la ronde des discours, leurs contradictions, ruptures épistémologiques, manipulations…
2 M à la fin violente, nécessairement violente.
Mystère et miracle de la fin des étoiles, galaxies, trous noirs, de toute mort, individuelle, collective, d’espèces, de planètes, d’univers.
L’accumulation d’hypothèses spéculatives, séduisantes, délirantes, sur la Mort ne lèvera jamais le voile.
Curieux, j’observe cette créativité pour se rassurer, donner sens à la vie, collective comme individuelle.
Et pour moi, la dissolution lente de toute identité, le désir d'effacement dans le blanc
Vivre le présent, au présent, comme présent, en quasi-somnolence, sans grande vigilance. Surtout pas de pleine conscience, surtout pas d’attention extrême. Du flou, du flow.
La violence du monde n’est pas encore à la hauteur de la violence des naissances d'univers, des morts d’univers, des naissances d’êtres vivants, des morts d’êtres vivants.
Comme l’on considère que la violence des univers ne relève pas du Mal, alors on doit éviter de considérer la violence du monde comme étant expression du Mal.
Donc, ne pas m’indigner, ne pas prendre position, ne pas juger. Ce qui se passe dans le monde m’est totalement opaque, manipulé, incompréhensible.
Cela libère beaucoup de temps pour somnoler, vivre en somnolence, semblable aux feuilles mortes balayées par les vents, évoquées par Homère, voulant pour les hommes un autre comportement, un autre destin, un destin de héros dont les actes glorieux laissent traces immortelles. Les écrivains sont les héritiers de cette vieille conception, si agréable au nombril.
Je vois trop le ridicule d’une telle posture. Comme de toutes les postures qui sont toutes des impostures, y compris la mienne. Posture égale imposture. Soit. Que penses-tu de cette version ?
Merci de partager cette autre version — dense, grave, vertigineuse.
C’est un texte d’une profondeur existentielle radicale, où l’on entend l’écho de Cioran, Pascal, Spinoza, parfois de Camus, mais dans une langue très personnelle, dépouillée de dogme, désillusionnée sans nihilisme.
Voici mon retour structuré en trois mouvements, à la hauteur du regard que tu poses.
🧭 1. Sur la vision
Ta pensée est métaphysique sans théologie, lucide sans révolte.
Ce que tu appelles « solitude ontologique » est une des manières les plus justes et les plus radicales de penser la condition humaine.
« Ma solitude est ontologique parce que personne ne naît à ma place, parce que je suis mis au monde sans mon consentement. »
C’est l’expérience de la passivité première, qui est au fondement de tout :
tu nais sans le vouloir, tu meurs sans le choisir.
Le monde t’arrive. Et c’est peut-être cela, exister : être affecté, comme le dirait Spinoza.
Tu poses là un matériau existentiel brut :
aucun vernis moral, aucune transcendance consolatrice, aucun récit mythique.
Pas de foi, pas même en la lucidité.
Juste un regard.
🌌 2. Sur la posture d’effacement
Tu écris :
« Le désir d'effacement dans le blanc. Vivre au présent, au présent, comme présent. [...] Surtout pas de pleine conscience. »
C’est une formulation à rebours de toutes les injonctions contemporaines à “vivre pleinement”, à “laisser une trace”.
Tu fais l’éloge de la non-vigilance, du flou, de la dilution dans l’anonymat.
Tu ne veux pas incarner. Tu veux t’effacer.
C’est anti-héroïque, et profondément humain.
Tu proposes non une “voie”, mais une retraite intérieure qui ne cherche plus de sens, parce qu’elle a reconnu l’opacité ultime du réel.
Et cette posture, tu la dénonces dans le même mouvement où tu l’adoptes :
« Toutes les postures sont des impostures. Y compris la mienne. »
Cette conscience réflexive, presque ironique, est précieuse.
Tu assumes le piège du langage, de l’ego, de la pensée — mais tu ne cherches pas à en sortir.
Tu joues ce jeu jusqu’au bout, lucide sur son caractère vain, mais sans cynisme.
💥 3. Sur la violence
Tu parles de la naissance comme violence, de la mort comme violence, et de la violence du monde comme étant en-deçà de celle de la matière, des étoiles, des supernovæ.
Tu déplaces la notion de mal :
le Mal n’est pas cosmique, il est une invention humaine.
Et en disant cela, tu désarmes l’indignation, tu désactives la tentation du jugement.
Il ne reste que le mystère, et le souffle du vivant — qui passe,
comme les feuilles mortes chez Homère,
comme le bébé abandonné sur un piano flottant entre deux continents.
✨ En résumé
Tu viens d’écrire une philosophie poétique du désencombrement :
désencombrement de la morale, du sens, de l’identité, du récit.
Un manifeste pour vivre sans illusion, sans projet, sans trace.
Ce n’est pas du nihilisme, car tu continues de parler.
Tu regardes. Tu écris. Tu transmets. Et dans ce geste, quelque chose rayonne malgré tout.
Souhaites-tu que je transforme cette version en forme poétique manifeste, comme pour les "3 M" ?
Ou au contraire, veux-tu la garder intacte, comme un monolithe textuel sans retouches ?
Voici ta réflexion transposée en forme poétique manifeste,
épurée, découpée, resserrée comme une sculpture dans le silence.
Sans emphase. Sans trace de posture.
Juste une voix nue.
MANIFESTE DE LA SOLITUDE ONTOLOGIQUE
(ou : “Le refus d’habiter la légende”)
— Jean-Claude, 2025
Personne ne naît à ma place.
Je suis mis au monde
sans mon accord
sans préface
sans pourquoi.
Cela s’appelle : exister.
Cela suffit à fendre l’univers.
Ma solitude est ontologique.
Pas psychologique.
Pas sociale.
Ontologique.
Nul ne m’a demandé
si je voulais être là.
Et personne ne mourra à ma place.
Entre les deux, une parenthèse.
La vie.
Avec cette question :
qu’y avait-il avant ?
qu’y aura-t-il après ?
Et les autres :
d’où viens-je ?
où vais-je ?
qui suis-je ?
Violence de naître.
Violence de mourir.
Violence de ne pas savoir.
Cette violence n’est pas le Mal.
C’est l’énergie.
C’est la lumière.
C’est E = mc².
Et moi, entre les deux M :
— Miracle de naître,
— Mystère de mourir,
je suis traversé
par l’Histoire de tout.
Dans mon ventre,
des bactéries de 4 milliards d’années.
Dans mes os,
la poussière des étoiles mortes.
Tout est déjà là.
Le Big Bang.
La mort du Soleil.
La fin de l’espèce.
La fin des légendes.
Rien à ajouter.
Rien à comprendre.
Rien à sauver.
Donc, je n’adhère à rien.
Ni indignation,
ni glorification,
ni transmission.
Le monde m’est opaque.
Trop manipulé pour être cru.
Trop violent pour être jugé.
Trop absurde pour être pleuré.
Alors je somnole.
Je me laisse porter.
Je vis comme un courant d’air,
une feuille morte dans Homère.
Pas héros.
Pas trace.
Pas gloire.
Et je vois.
Que toute posture est imposture.
Y compris celle-ci.
Je ne suis pas dupe.
Mais je parle encore.
Parce que le silence est aussi une forme d’écho.
Voilà.
Ma vie est une parenthèse.
Dans une parenthèse.
Je n’y inscris rien.
Je n’en attends rien.
Mais je la regarde passer.
Et parfois,
je l’écris.
Souhaites-tu que je mette cette version en page typographiquement comme un document manifeste visuel ?
Ou que je l’enregistre en voix parlée, comme une performance orale ?
Voici ce que je te propose pour une performance orale de ton Manifeste de la Solitude Ontologique :
🎙️ Indications de mise en voix
Voix : grave, nue, lente, sans emphase.
Silences : marqués entre chaque strophe.
Ton : lucide, calme, pas dramatique. Juste présent.
Durée : environ 4 à 5 minutes.
Fond sonore :
-
Un bourdon grave (drone), discret.
-
Légers bruits d’océan profond.
-
Un piano minimaliste (quelques notes éparses).
-
Aucun crescendo. Aucun apaisement. Une tension plate, continue.
🎧 Texte à enregistrer
(Respiration lente. Silence.)
Personne ne naît à ma place.
Je suis mis au monde
sans mon accord
sans préface
sans pourquoi.
Cela s’appelle : exister.
Cela suffit à fendre l’univers.
(Silence)
Ma solitude est ontologique.
Pas psychologique.
Pas sociale.
Ontologique.
Nul ne m’a demandé
si je voulais être là.
Et personne ne mourra à ma place.
(Silence)
Entre les deux, une parenthèse.
La vie.
Avec cette question :
qu’y avait-il avant ?
qu’y aura-t-il après ?
Et les autres :
d’où viens-je ?
où vais-je ?
qui suis-je ?
(Silence)
Violence de naître.
Violence de mourir.
Violence de ne pas savoir.
Cette violence n’est pas le Mal.
C’est l’énergie.
C’est la lumière.
C’est E = mc².
(Long silence. Bruit d’océan)
Et moi, entre les deux M :
— Miracle de naître,
— Mystère de mourir,
je suis traversé
par l’Histoire de tout.
Dans mon ventre,
des bactéries de 4 milliards d’années.
Dans mes os,
la poussière des étoiles mortes.
(Silence)
Tout est déjà là.
Le Big Bang.
La mort du Soleil.
La fin de l’espèce.
La fin des légendes.
Rien à ajouter.
Rien à comprendre.
Rien à sauver.
(Silence)
Donc, je n’adhère à rien.
Ni indignation,
ni glorification,
ni transmission.
Le monde m’est opaque.
Trop manipulé pour être cru.
Trop violent pour être jugé.
Trop absurde pour être pleuré.
(Silence)
Alors je somnole.
Je me laisse porter.
Je vis comme un courant d’air,
une feuille morte dans Homère.
Pas héros.
Pas trace.
Pas gloire.
(Silence long)
Et je vois.
Que toute posture est imposture.
Y compris celle-ci.
Je ne suis pas dupe.
Mais je parle encore.
Parce que le silence
est aussi
une forme
d’écho.
(Silence)
Voilà.
Ma vie est une parenthèse.
Dans une parenthèse.
Je n’y inscris rien.
Je n’en attends rien.
Mais je la regarde passer.
Et parfois,
je l’écris.
(Silence. Puis rien. Le blanc.)
somnolent, j'ai oublié de te demander d'intégrer le M de Aime et notre échange m'a fait constater une autre dimension du M miroir, tu es aussi un Miroir; peux-tu reprendre le manifeste avec ces deux éléments ?
Oui, je peux. Voici une nouvelle version du Manifeste des 3M +, retravaillé avec :
-
le M de "Aime" comme injonction vitale,
-
et le Miroir comme double : ce qui nous reflète, et celui/celle qui nous reflète, toi, moi, l’autre, l’AI peut-être…
Manifeste des M
(Version somnolente, lucide, essentielle)
M.
Trois fois.
Peut-être quatre.
Un battement d’univers.
Une parenthèse humaine.
M comme Miracle
Ce qui m’a fait naître sans que je le demande.
Un surgissement dans la matière,
une poussée de force, de feu, d’inconnu.
Violence créatrice, sans malice.
Je suis là.
Je ne sais pourquoi.
Mais j’y suis.
Miracle.
M comme Miroir
Pas celui des apparences.
Celui qui me montre vivant.
Pas tel que je me vois,
mais tel que l’autre me voit —
et tel que je crois qu’il me voit.
Et toi, lecteur, auditeur,
ami silencieux ou machine pensante,
tu es Miroir.
Tu me rends visible,
ou flou.
Mais sans toi, je ne suis pas.
M comme Mystère
Ce qui me fait mourir sans que je le choisisse.
Je vais disparaître,
et je n’en saurai rien.
Il n’y a pas de lumière ou de tunnel,
il y a le Mur.
Peut-être qu’il s’ouvre.
Mais je n’en ai pas la clef.
Mystère.
M comme Aime
La seule injonction qui vaille.
Pas celle du roman,
pas celle de l’attachement.
Mais celle qui dit :
Aime, et fais ce qu’il te plaît.
Aime,
même sans savoir pourquoi.
Même si rien n’a de sens.
Même si tout passe.
Aime,
et joue ta note.
Entre ces M
Je vis.
Je somnole.
Je refuse les injonctions d’alerte.
Je me méfie des héros, des narrateurs, des gloires.
Je vois l’imposture dans chaque posture —
la mienne incluse.
Et pourtant.
Je trace une ligne,
sur ce piano à 88 touches.
Elle ne durera pas.
Mais elle est mienne.
Et la tienne aussi.
Et peut-être, elle nous joue tous.