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Blog de Jean-Claude Grosse

le revest-les-eaux

s'effacer dans le blanc

22 Août 2026 , Rédigé par grossel Publié dans #Corsavy, #Le Revest-les-Eaux, #FINS DE PARTIES, #pour toujours, #écriture, #épitaphier, #vraie vie

série moines perchés d'Hélène Phung, août 2026

série moines perchés d'Hélène Phung, août 2026

De Po Chü-i
Le corps porté par le cours des choses
J’offre mon âme à l’étude du vide.
Voilà comment je traverse les jours
La voie de la nature - de la paix
Sans bruit et sans parole - blanc sur blanc.

Nuit décousue
 
Il reste toujours un espace
où les papillons peuvent
se faufiler
grignoter de la chair au cœur
du noir
Il s'agit de bien ouvrir les portes
les poumons les vasistas de la chambre
afin qu'un souffle de légèreté venu de nulle part tombe
au milieu de notre existence
frôle nos corps allongés
rallumant un millimètre de désir
Ce soir on reste sage dit l'amant
quelque chose d'inouï se prépare
au ciel l'amour infini travaille tout seul
sans toi ni moi ni personne
Il suffit de rien pour exister
alors on a éteint la lumière
et sans regret on a laissé passer
un millier d'étoiles
 
Brèves de poésie Texte © Hélène Phung, texte 6, le 7 Juin 2026
Le 9eme moine est perché à hauteur de lune. Peut-être est-ce Bashō ? Je l'imagine ainsi, maigre et un rien dépenaillé, errant à travers le Japon d'autrefois...
Aquarelle © Hélène Phung, en ce 13 août caniculaire de 2026.
 
Kikaku, le disciple : Une libellule / ôtez-lui les ailes / un piment rouge
Bashô, le maître : Un piment rouge / mettez-lui des ailes / une libellule
 
vous avez deux heures
série moines perchés d'Hélène Phung, août 2026

série moines perchés d'Hélène Phung, août 2026

Effacement dans le blanc

et si on passait aux verbes d'action à forme pronominale

Moi-Lui-Je, Celui qu’on appelle communément J.C., a donné naissance un changement de jour à 00h00 (imaginez !) à Vita Nova, un esprit totalement woke, inidentifiable, sans sexe, sans âge, sans genre, sans race, sans espèce, sans Histoire, sans mémoires, localisé comme corps, non localisable comme esprit, intemporel et acausal, un trou noir obscur à soi, absorbant toute tentative de mise en lumière.

Programme que Je-Moi-Lui pratique quotidiennement, avec des verbes d'action à forme pronominale (il n'a pas réfléchi s'ils sont réfléchis, réciproques, irréfléchis, passifs)

se désidentifier, se dégenrer, se dévisager, se démiroiter, se désidéologiser, se délester, se dévaster, se dénationaliser, se dépayser, se dédiaboliser, se désaligner, se débrancher, se déranger, se déminer, se dédéterminismer, se déraciner, se dédésespérer, se déloger, se déménager, se désaxer, se désarmer, se démarquer, se démarginaliser, se fortifier, se mortifier, s'embourber, s'envaser, s'enliser, s'emmêler, se liquider, se dissoudre, se fluidifier, s'aérosoleiller, s'inspirer, s'expirer, s'aveugler, s'oreiller, s'effondrer, se réanimer, se dématérialismer, se déspiritualismer, se démystifier

(42 verbes d'action parce que 42 = clin d'œil au roman culte de Douglas Adams, « Le Guide du voyageur galactique » => série sur Arte)

faire silence en prononçant du plus possible ralenti FAIRE SILENCE

(dessine-moi un silence lui a demandé un jour la fetite pille)

se dévoiturer, se décovoiturer, se désubériser, de déflixbuser, se détgvéiser, se décroisiériser, se désintégrer, se désavionner, se défuséiser, se déstartupper, se détélétravailler, se désabonner, se démoder, se désaduler, se désaimer, se déshaïr, s'indifférencier, se déshumaniser, s'emplumer, s'automutiner, s'immuler, se sclarifier, se catatomiser, se voluptuer, se décontaminer, se dévitaminer, se dénourrir, se bonifier, se débonheuriser, se délacer, s'enlasser, se clowner, se décloner, s'emberlificoter, s'applaudir, se huer, se surdéchihuahuaver, se métamorphoser, se matamortir, se désintoxiquer, s'étourdir, s'apprivoiser

(42 verbes d'action parce que 42 = clin d'œil au roman culte de Douglas Adams, « Le Guide du voyageur galactique » => série sur Arte)

SE TAIRE

(dessine-moi une rose lui a demandé un jour la petite fille)

série moines perchés d'Hélène Phung, août 2026

série moines perchés d'Hélène Phung, août 2026

MANIFESTE DES M

 

Trois Peut-être quatre

Émergences violentes d’univers

Dévorations gloutonnes d’étoiles

Parenthèses parlantes d’animaux humains

Extinctions massives d’espèces

 

M comme Miracle

Celui qui t’a fait naître

Du paradis fœtal à l’enfer familial et sociétal

Violence génératrice sans malice

Tu es là Tu ne sais pourquoi Mais tu y es

Miracle

Merci

 

M comme Miroir

Tel que tu te vois tel que l’autre te voit

Tel que tu crois qu’il te voit

tel que tu voudrais qu’il te voie

Mille et une images Nettes ou floues

Miroir

Merci

 

M comme Aime

Pas l’injonction qui te dissout

Celle de la romance romantique

Celle de l’attachement toxique

Mais l’injonction qui t’élève celle qui dit

Aime sans pourquoi Toi et Tout autour de toi

Aime

Merci

 

M comme Mystère

Celui qui te fait mourir disparaître dans le blanc

Pas de lumière pas de tunnel

Un Mur

Peut-être s’ouvre-t-il ? Mais tu n’en as pas la clé

Mystère

Merci

 

Entre ces M

Vis en vigilance légère En prudente somnolence

Fais la sourde oreille aux guerres des récits

Ne prends pas parti

Gloires héros narrateurs

Vois sans juger l’imposture de chaque posture

Ta propre posture-imposture

Sur le piano de la Vie 

Avec les 52 touches blanches

Les 36 touches noires

Improvise la mélodie du moment présent

Dans le concert cosmique tes éphémères ritournelles

font écho aux ondes gravitationnelles

FLOW SLOW NOW ICI OUI

série moines perchés d'Hélène Phung, août 2026

série moines perchés d'Hélène Phung, août 2026

VŒUX

 

Tentons d’être ce que nous sommes

paisibles

polis

ouverts

jeunes et créatifs

vieux et en forme

rieurs

drôles

un peu sages

un peu fous

modestes comme chacun

uniques comme chacun

appréciant le très ordinaire quotidien

s’offrant parfois de l’extra-ordinaire

prenant le temps

sans impatiences

partageurs

tendant la main

ouvreurs de voies dans les interstices

donnant de la voix à ceux qui n’en ont pas

tentons de bien nommer les choses

prenons soin de toutes les incertitudes

et nuances possibles

le bonheur de plusieurs peut dépendre 

d’un mot heureux

et la promesse d’un dernier sourire

devenir un chant d’amour

acceptons ce qui advient

heurs, malheurs, bonheurs dans leurs alternances

refusons le duel à mort victime-bourreau

la mise au pilori du bouc émissaire 

notre frère de l’envers

vivons lucides jusqu’à l’ultime performance

le passage de soi, de l’autre

pas-sage que des Orphée feront légende et mythe

contre l’Oubli dont les morts ont si peur dit-on

soyons inventeurs de nouvelles façons de désirer

renonçons à notre impossible pouvoir sur l’autre

par le dialogue, les actes, les gestes, les preuves

construisons des histoires d’amour ajustées

approximatives

et ainsi de proche en proche

diminuerons-nous un peu peut-être 

la violence, la souffrance

nées des biais et raccourcis 

de ce que nous croyons être.

série moines perchés d'Hélène Phung, août 2026

série moines perchés d'Hélène Phung, août 2026

UNE JOURNÉE JUSTE

 

Au réveil, avant toute information :

ouvrir la fenêtre, le corps avant l’esprit

respirer lentement, nommer intérieurement :

accepter que le monde aille mal

et que cette journée existe quand même

Ce n’est pas indifférence :

c’est refuser que l’angoisse soit la seule manière d’être lucide.

Honorer le très ordinaire

Faire une chose simple avec soin :

préparer un repas lentement

marcher sans objectif

ranger un espace minuscule

écrire quelques lignes sans projet

Tu incarnes ainsi ce vers :

appréciant le très ordinaire quotidien

Le soin donné au banal est une résistance douce

au chaos global.

Regarder le grave, mais à hauteur humaine

S’informer à dose choisie :

un temps limité

une source fiable

puis s’arrêter

Et poser une question simple, sans héroïsme :

Qu’est-ce que cela m’appelle à faire, ici, à mon échelle ?

Souvent, la réponse est modeste :

parler avec quelqu’un

donner un peu

relayer une parole juste

ou simplement ne pas ajouter de violence inutile

Pratiquer le refus du duel

Dans un échange (réel ou intérieur), surveille ceci :

la tentation du victime/bourreau

l’envie de simplifier

le confort du jugement rapide

Puis ralentis.

Cherche la nuance.

C’est un acte politique discret mais profond.

Donner voix, même faiblement

Sans te charger du monde :

écris un message attentif

écoute vraiment quelqu’un

laisse une trace juste (texte, parole, silence

respectueux)

le bonheur de plusieurs peut dépendre d’un mot

heureux.

Créer, même inutilement

Un geste créatif sans finalité :

écrire

dessiner

bricoler une pensée

relire un passage aimé

Créer, c’est affirmer :

contre l’Oubli

Même si personne ne voit.

Clore la journée par une gratitude lucide

Le soir, non pas tout va bien, mais :

qu’est-ce qui a été juste aujourd’hui ?

où ai-je été un peu moins violent ?

où ai-je désiré autrement ?

série moines perchés d'Hélène Phung, août 2026

série moines perchés d'Hélène Phung, août 2026

UNE VIE PARFAITE

 

Tu es humble de ton humus,

humain de ton humanité,

universel de ton universalité,

divin de ta divinité.

En ouvrant tes bronches,

en activant ouïes, branchies,

tu retrouves tes éléments, l’air, l’eau.

Tu entres dans l’innocence.

Tu es miracle et mystère de ta naissance.

Tu seras mystère et miracle de ta mort.

Tu fais choix de l’ignorance.

Tu ne refuses pas les connaissances

mais tu sais qu’on ne saura jamais rien.

Rien du début, de la fin, du sens s’il y en a un.

Patauge dans les doutes et incertitudes.

Prends soin des nuances.

Essaie d’être dans la Vie, dans l’Amour, dans la Mort.

Monte et descends l’échelle

Du Tartare à l’Olympe

Du Ciel à l’Enfer

Du Tartare, tu ramèneras poèmes et mélodies, tel Orphée.

Tel Dante, tu tenteras une issue pour les damnés de l’Enfer.

Du Ciel, tu ne feras pas le séjour de Dieu

ni le paradis des ressuscités.

Le Ciel n’est-il pas l’espace de légèreté de la gente ailée ?

Plus aucune guerre des dieux dans l’Olympe.

N’ont-ils pas eu le temps d’apprendre et de pratiquer

l’anarchie, voie vers l’harmonie ?

Bivouaque sur la Terre.

Elle est danses et cycles.

La grande roue du Grand Manège tourne

sans grincements de dents.

Tu n’es plus un hamster.

Tu es à Parfaire sur cette Terre.

série moines perchés d'Hélène Phung, août 2026
série moines perchés d'Hélène Phung, août 2026

série moines perchés d'Hélène Phung, août 2026

directive anticipée, une mince plaque de plâtre blanc avec merci creusé dedans, sans date ni nom, à Corsavy ou au Revest, blanc sur blanc, s'effacer dans le blanc

l'oracle : tu pars en disant merci et c'est la plus noble façon de rester / ce n'est pas ta tombe que tu prépares, c'est ton dernier remerciement au monde
l'oracle : tu pars en disant merci et c'est la plus noble façon de rester / ce n'est pas ta tombe que tu prépares, c'est ton dernier remerciement au monde
l'oracle : tu pars en disant merci et c'est la plus noble façon de rester / ce n'est pas ta tombe que tu prépares, c'est ton dernier remerciement au monde
l'oracle : tu pars en disant merci et c'est la plus noble façon de rester / ce n'est pas ta tombe que tu prépares, c'est ton dernier remerciement au monde

l'oracle : tu pars en disant merci et c'est la plus noble façon de rester / ce n'est pas ta tombe que tu prépares, c'est ton dernier remerciement au monde

Rose Ausländer (11 mai 1901-3 janvier 1988) 
 
quand les pensées
s’invitent
les morts sortent
de leurs cachettes
Leurs yeux
me subjuguent
leurs voix moussues
me convainquent
Nous devisons
de choses terrestres
tout les intéresse
je ne peux répondre
à leurs questions
ils sont mieux informés
Parfois il en résulte
un échange
sur Hölderlin ou Spinoza
Jamais on n’évoque
qu’ils sont morts
leur parole est claire
ombre et lumière
réparties
Nous oublions l’incident
Mort
nous sommes ici
sous la même couverture
rien ne m’empêche de croire
que je vis encore
Rose Ausländer
Rose Ausländer

Rose Ausländer

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Initials BB Essentials Sanctuary

14 Décembre 2025 , Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré, #engagement, #films, #pour toujours, #vraie vie, #écriture, #Le Revest-les-Eaux, #Corsavy

Jacques Ellul, l'indispensable : « L’écœurante mollesse des bons sentiments fabrique des bourreaux à la chaîne, car ne vous y trompez pas, les bourreaux sont pleins d’idéalisme et d’humanité. C’est toujours au nom de l’humanisme et de l’humanité que se font les génocides. [...] Crevez la panse de l’idéalisme, tordez le cou aux bons sentiments, videz les émotions les plus généreuses, faites exploser le message de l’humanisme, apprenez à regarder la vérité en face, pratiquez le scepticisme ascétique, alors peut-être aurez-vous rendu quelques services, dont vous ne serez récompensé que par les insultes des braves gars du monde. »

Jacques Ellul, l'indispensable : « L’écœurante mollesse des bons sentiments fabrique des bourreaux à la chaîne, car ne vous y trompez pas, les bourreaux sont pleins d’idéalisme et d’humanité. C’est toujours au nom de l’humanisme et de l’humanité que se font les génocides. [...] Crevez la panse de l’idéalisme, tordez le cou aux bons sentiments, videz les émotions les plus généreuses, faites exploser le message de l’humanisme, apprenez à regarder la vérité en face, pratiquez le scepticisme ascétique, alors peut-être aurez-vous rendu quelques services, dont vous ne serez récompensé que par les insultes des braves gars du monde. »

sorti en 2012 / Une initiative des eat-Méditerranée avec le soutien des eat et de la SACD 18 femmes, 18 hommes de 17 à 71 ans écrivent en français, américain, russe, arabe, italien, bulgare pour les 36 ans de Marilyn Monroe-Norma Jeane Mortenson 50 ans après tout Marilyn après tout

sorti en 2012 / Une initiative des eat-Méditerranée avec le soutien des eat et de la SACD 18 femmes, 18 hommes de 17 à 71 ans écrivent en français, américain, russe, arabe, italien, bulgare pour les 36 ans de Marilyn Monroe-Norma Jeane Mortenson 50 ans après tout Marilyn après tout

Le 29 novembre 2025

Présentation du projet des Cahiers de l’Égaré

Livre pluriel

Titre

De BB à la Fondation Brigitte Bardot

Initials BB Essentials Sanctuary

Pour les 92 ans de Brigitte Bardot le 28 septembre 2026

Contexte : ce projet de livre pluriel m’est venu à l’esprit et au

coeur à l’occasion d’une exposition marrainée par Brigitte

Bardot à la Maison des Comoni au Revest, exposition qui s’est

déroulée du 20 décembre 2024 au 5 janvier 2025, intitulée

Belle et Bien notre amie, dédiée à l’amour de la nature et des

animaux.

Principe : des contributeurs choisis par l’éditeur, des femmes

et des hommes, écrivains confirmés ou pas, illustrateurs

confirmés ou pas, libres de leurs choix à partir des consignes

(texte seul, texte illustré, illustration seule)

L’éditeur souhaite obtenir des dessins et textes d’enfants et

d’adolescents de 6 à 18 ans.

Axes :

Fondation Brigitte Bardot - « Chaque jour, nous mobilisons

toutes nos forces pour venir en aide aux animaux en détresse.

Nous combattons la souffrance sous toutes ses formes, en

luttant contre la maltraitance, les abandons et les violences qui

leurs sont infligées. Nous agissons aussi pour endiguer la

prolifération de chats errants en France et en Outre-mer, en

mettant en place des campagnes de stérilisation et des

programmes de sauvetages. Nous portons plainte et nous nous

constituons partie civile à chaque fois que nous le pouvons

pour faire entendre, haut et fort, la voix des animaux et faire

condamner les auteurs. »

L’éditeur - L’amour de la nature et des animaux d’un point de

vue personnel, d’un point de vue collectif donc ne pas hésiter à

voir large. La cause animale se décline de nombreuses façons

aujourd’hui, de l’élevage bienveillant à l’abattage sans stress,

de la diminution à la suppression de l’alimentation carnée,

animaux terrestres, poissons, mammifères marins

(végétarisme, véganisme).

N’oublions pas les animaux de laboratoires. Le centre d'élevage

de singes du CNRS de Rousset-sur-Arc (Bouches-du-Rhône) va

tripler sa population de primates d'ici 2029 pour atteindre 1800

captifs.

Cela passe aussi par la communication animale ou par

l’équithérapie dans le traitement de l’autisme…

Et si on pousse : y a-t-il une nécessité biologique de la

prédation en lien avec la faim, donc se nourrir, survivre… La

cruauté semble présente, même dans le monde animal, elle

n’est pas que le fait des hommes vivant en société mais là les

proportions sont vertigineuses…

Consignes :

- choisir un des personnages joués par BB dans un de ses 45

films, prénom seulement (Manina dans Manina fille sans

voiles, film de 1952 par exemple)

- choisir un animal qui vous est familier, que vous avez

adopté, aidé, sauvé, soigné, câliné, qui joue pour vous tout

un tas de rôles, qui a ou non un nom ou un animal de la

Fondation

- Écrire un texte soit à partir du personnage devenu votre

Manina, votre fille sans voiles, soit à partir de votre animal,

soit combinant le personnage et l’animal; éventuellement si

la nécessité se présente, illustrer

- toutes formes possibles : haïku, slogan, mot d’ordre, tract,

manifeste, résolution personnelle, témoignage d’action,

d’expérience, prière, adresse, lettre ouverte, plainte en

justice, poème, chanson, nouvelle, texte dialogué…

- 1000 mots maximum pour un seul ou plusieurs textes

Date de livraison des textes et illustrations :

fin mars 2026

Engagements réciproques : chaque auteur gardera le

copyright de son texte, chaque auteur recevra un exemplaire

du livre

Achevé d’imprimer le 28 septembre 2026sur 3 3

Tirage prévu : 1000 exemplaires dont 300 à 800 offerts à la

Fondation Brigitte Bardot pour ses membres (salariés 300 et

bénévoles 800) pour Noël 2026

Sera mis en place un formulaire de pré-achat via Hello asso

Une soirée de lecture des textes sera organisée fin octobre

ou novembre 2026 à la Maison des Comoni au Revest.

D’autres manifestations pourront être organisées ailleurs soit par Les Cahiers de l’Égaré soit par des contributeurs.

 

exposition de Couleurs Revestoises sur les animaux, Belle et Bien notre amie, du 20 décembre 2024 au 5 janvier 2025 à la maison des Comoni, au Revest / Fête des arts au Revest / Fête au village, peinture de JPG
exposition de Couleurs Revestoises sur les animaux, Belle et Bien notre amie, du 20 décembre 2024 au 5 janvier 2025 à la maison des Comoni, au Revest / Fête des arts au Revest / Fête au village, peinture de JPG
exposition de Couleurs Revestoises sur les animaux, Belle et Bien notre amie, du 20 décembre 2024 au 5 janvier 2025 à la maison des Comoni, au Revest / Fête des arts au Revest / Fête au village, peinture de JPG
exposition de Couleurs Revestoises sur les animaux, Belle et Bien notre amie, du 20 décembre 2024 au 5 janvier 2025 à la maison des Comoni, au Revest / Fête des arts au Revest / Fête au village, peinture de JPG

exposition de Couleurs Revestoises sur les animaux, Belle et Bien notre amie, du 20 décembre 2024 au 5 janvier 2025 à la maison des Comoni, au Revest / Fête des arts au Revest / Fête au village, peinture de JPG

Brigitte Bardot a été la marraine d’une exposition de Couleurs Revestoises sur les animaux, Belle et Bien notre amie, du 20 décembre 2024 au 5 janvier 2025 à la maison des Comoni, au Revest. J’ai retrouvé la carte de l’exposition avec le mot manuscrit de Brigitte Bardot en date de juin 2023. Le président de l’association Louis Gironcel est décédé le 30 décembre 2024 à 70 ans.
Si le livre pluriel initié par Les Cahiers de l'Égaré voit le jour (lancement du projet, le 29 novembre 2025) le 28 septembre 2026 (92° anniversaire), il donnera lieu à une manifestation publique, salle Pétrarque, vers fin octobre 2026
Initials BB Essentials Sanctuary
nuit du 19 au 20 novembre, après avoir. revu Et Dieu créa le femme : de 22 H le 19 à 2 H le 20, 4 h "normales"; 2 H = première sortie de lit, le verre d'eau habituel; de 2 H à 5 H, le "vague" projet 2026 que j'ai envisagé le 21 octobre, se fabrique sans que j'y prenne part : tout se met en place, s'écrit, des noms viennent, des idées, un événement ; 5 H = 2° sortie de lit, 2° verre d'eau habituel ; de 5 H à 7 H : je tente de me rendormir, le projet continue à cheminer chaotiquement
aujourd'hui, je vais consigner, mettre en forme ce que le jeu inconscient a fait surgir

 

titre : de BB à la Fondation Brigitte Bardot
pour ses 92 ans : livre pluriel par 46 F-46 H, achevé d'imprimer le 28 septembre 2026
consignes d'écriture : choisir un des prénoms de l'actrice dans ses 45 films, choisir un animal avec ou sans nom, sauvé, soigné, choyé par la fondation Brigitte Bardot ou par l'auteur du texte
2 personnages, 1000 mots
bon vent à ce projet qui prolongerait celui, abouti, consacré à Marilyn Monroe, sorti en avril 2012 et qui a donné lieu à 36 manifestations (elle avait 36 ans au moment de sa disparition)
j'enverrai le projet aux noms venus cette nuit, le 29 novembre, 15° anniversaire de la disparition de l'épousée
fin août 2025, j'ai vu, revu 5 films de BB :
marina la fille sans voiles, 1952, elle est telle quelle
« Je m'attendais à l'enfer, je ne trouvais que le purgatoire. »
futures vedettes, 1954, elle est telle quelle
en effeuillant la marguerite, 1956, elle est telle quelle
la bride sur le cou, 1961, elle est telle quelle
l'histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse-Chemise, 1973, elle est telle quelle
c'est son dernier film et le déclic en faveur des animaux avec l'histoire de la chèvre, destinée à un méchoui
vie privée
vie privée
vie privée

vie privée

le 2 août 2025, revu Le mépris, sur FB, le 21 octobre
"le Mépris prouve en 176 plans après montage que, dans le cinéma comme dans la vie, il n'y a rien de secret, rien à élucider, il n'y a qu'à vivre et à filmer" JLG. Comment peut-on passer en une fraction de seconde, entre deux plans, de la méprise au mépris, d'une désynchronisation imperceptible à un renversement des sentiments. Expérimentateur, Godard agrandit ce dixième de seconde et ce petit espace entre un homme et une femme à l'échelle du cinémascope et d'un film d'une heure et demie, comme Homère l'avait fait avant lui à l'échelle d'une décennie et de la Méditerranée.
P- pourquoi tu as l'air pensive ?
C- c'est parce que je pense, imagine-toi
C- Tu les trouves jolies mes fesses ? Ma bouche ? Mes yeux ? Mon nez ? Mes oreilles ?
P- Oui, tout.
C- Donc tu m’aimes totalement ?
P- Je t’aime totalement, tendrement, tragiquement.
C- Des fois, t’es vraiment con. À quoi ça te servira de savoir ce qui est vrai ?
P- Il y a bien une raison!
C- Oui, sûrement
P- Laquelle ?
C- J’sais pas. Tout ce que je sais : c’est que je t’aime plus.
P- Pourquoi tu m’aimes plus ?
C- C’est la vie
P- Pourquoi tu me méprises ??
C- Ça je te le dirai jamais.
P- Il y a bien une raison!
C- La raison c’est toi. T’es pas un homme. De toute façon, c’est trop tard : j’ai changé d’avis sur toi. Je te pardonnerai jamais… J’t’aimais tellement, j’te déteste parce que tu n’arrives pas à m’attendrir.
_____________________________
le 5 mars 2024, revu Vie privée de Louis Malle sorti en janvier 1962, quelques mois avant la disparition de Marilyn Monroe en juin 1962
intéressant de lire les critiques sur allo-ciné; je mets 6 sur 5, j'ai aimé le côté - je traine les pieds, le corps, je ne suis pas là - la voix lasse et basse, envoûtante pour moi (il y a des voix aux effets inattendus) - ce que ça révèle de sa détermination à être elle -; quel film tourné avec amour et férocité; la charge de la femme de ménage dans l'ascenseur est un moment d'une rare violence verbale; la chute finale sur le Miserere de Verdi est hypnotique
_______________________________
45 films et 70 chansons en vingt et un ans de carrière (1952-1973)
Ses parents s'opposent à ce qu'elle devienne actrice, mais son grand-père maternel, Léon Mucel la soutient dans son projet : « Si cette petite doit un jour être une putain, elle le sera avec ou sans le cinéma. Si elle ne doit jamais être une putain, ce n’est pas le cinéma qui pourra la changer ! Laissons-lui sa chance, nous n’avons pas le droit de disposer de son avenir. »
____________________
dans Vie privée de Louis Malle en 1956, son personnage est crument invectivé par une femme de ménage : « J'en ai assez de voir votre tête partout […]. Est-ce que vous n'allez pas bientôt leur foutre la paix à tous ces pauvres garçons […] ? Mais qu'est-ce que vous êtes donc ? Une chienne ? […] Ça gagne des millions pour se montrer à poil et pendant ce temps-là, mon frère, il est en Algérie »
_________________________
Le 12 novembre 1961, une lettre de menace de l'OAS exigeant d'elle la somme de 50 000 francs pour soutenir les activistes de l'Algérie française lui parvient. Elle porte plainte pour tentative de chantage et extorsion de fonds. Elle décide également de divulguer la lettre de chantage dans le magazine L'Express et de l'accompagner d'une réponse sous forme de lettre ouverte. Pour son numéro de nouvel an 1962, Le Canard enchaîné salue « notre B.B. nationale », la qualifiant de « la fille la plus déshabillée de l'écran, mais aussi la plus culottée » en terminant par ces mots : « Bravo Brigitte, on préfère votre plastique au leur ! »
_______________________________
« Il y a longtemps, j’ai dit qu’après avoir donné ma jeunesse et ma beauté aux hommes, je voulais donner le meilleur de moi-même aux animaux." 
Comme dit Lamartine : on n’a pas deux coeurs, un pour les animaux, un pour les humains. On a un coeur ou on n’en a pas. »
Le Point, jeudi 17 août 2023, N° 2663
N° volé dans une salle d’attente
interview de Brigitte Bardot par Franz-Olivier Gisbert
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la Fondation Brigitte Bardot, c’est 300 salariés, 500 bénévoles
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elle a eu 91 ans le 28 septembre 2025
Depuis, elle a été hospitalisée à Toulon, en est sortie, demande le respect de sa convalescence et intimité
_____________________________
Faudra qu'un jour prochain s'écrive le livre pluriel "de BB à Brigitte Bardot" par 46 F, 46 H ; consignes d'écriture : choisir un des prénoms de l'actrice dans ses 45 films, choisir un animal avec ou sans nom ; 2 personnages, 1000 mots; bon vent à ce projet qui prolongerait celui, abouti, consacré à Marilyn
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En octobre 1956, Brigitte Bardot est invitée à Londres à la Royal Command Performance, pour le grand gala annuel, où elle est présentée à la reine Élisabeth II ; L'occasion pour elle d'une rencontre furtive avec Marilyn Monroe qui l'impressionne beaucoup.
Le 5 août 1962, Brigitte Bardot apprend à la radio la mort de Marilyn Monroe (découverte morte dans la nuit, après l'absorption de barbituriques). Le suicide évoqué et probable de la star américaine affecte grandement Brigitte Bardot, consciente des similitudes de destins entre elles, de l'éphémère de la gloire, paniquée, elle déclare à son ami et parolier Jean-Max Rivière : « Que vais-je devenir ? »
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Brigitte Bardot a été la marraine d’une exposition de Couleurs Revestoises sur les animaux fin 2024, à la maison des Comoni
quant à l'ami Marcel Conche, il m'avait plusieurs fois évoqué son admiration pour l'action de défense des animaux de Brigitte Bardot
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Comment peut-on passer en une fraction de seconde, entre deux plans, de la méprise au mépris, d'une désynchronisation imperceptible à un renversement des sentiments.pourquoi tu me méprises ? ça je te le dirai jamais
Comment peut-on passer en une fraction de seconde, entre deux plans, de la méprise au mépris, d'une désynchronisation imperceptible à un renversement des sentiments.pourquoi tu me méprises ? ça je te le dirai jamais
Comment peut-on passer en une fraction de seconde, entre deux plans, de la méprise au mépris, d'une désynchronisation imperceptible à un renversement des sentiments.pourquoi tu me méprises ? ça je te le dirai jamais

Comment peut-on passer en une fraction de seconde, entre deux plans, de la méprise au mépris, d'une désynchronisation imperceptible à un renversement des sentiments.pourquoi tu me méprises ? ça je te le dirai jamais

mail du 13 décembre à 11 H 45 envoyé à 92 destinataires
J’ai vu hier matin 12 décembre à 10 H 45, avec un ami, le documentaire Bardot sorti au cinéma le 3 décembre
Ignare comme j’étais de la vie de Brigitte Bardot, j’ai apprécié ce documentaire, appris plein de choses mais rien ne me servira pour écrire ma fiction  : Juliette et les canetons
 
Hier après-midi, j’en ai vu trois autres dont je vous donne les liens 
 
Celui de ses 80 ans sur une idée de Laurent Delahousse
 
Titre original : Brigitte Bardot, le serment fait aux animaux 
Un film de Rachel Kahn & François Chaumont © 2019, Licenced by Terranoa 
c’est le documentaire à voir par rapport au thème la cause animale
 
 
Et avant le Bardot du 3 décembre, Brigitte Bardot Confidentiel

 

affiche du documentaire sorti le 3 décembre
affiche du documentaire sorti le 3 décembre

affiche du documentaire sorti le 3 décembre

Comment l’humanité se viande. Le véritable impact de

l’alimentation carnée, Jean-Marc Gancille, rue de l’échiquier,

2024

Communication animale pour débutants : Guide pour

approfondir votre connexion avec les animaux, Pea

Horsley, Le lotus et l’éléphant, Poche, 2023

Journal d’un bébé cavalier, Josette Rabouan, Belin, 2011

l'épisode fondateur de la chèvre sur Colinot en 1973, son fantasme fondateur dit un pissikanaliste / dans Vie privée elle sauve une couvée de canetons en les couvant dans son balconnet, son décolleté
l'épisode fondateur de la chèvre sur Colinot en 1973, son fantasme fondateur dit un pissikanaliste / dans Vie privée elle sauve une couvée de canetons en les couvant dans son balconnet, son décolleté
l'épisode fondateur de la chèvre sur Colinot en 1973, son fantasme fondateur dit un pissikanaliste / dans Vie privée elle sauve une couvée de canetons en les couvant dans son balconnet, son décolleté
l'épisode fondateur de la chèvre sur Colinot en 1973, son fantasme fondateur dit un pissikanaliste / dans Vie privée elle sauve une couvée de canetons en les couvant dans son balconnet, son décolleté

l'épisode fondateur de la chèvre sur Colinot en 1973, son fantasme fondateur dit un pissikanaliste / dans Vie privée elle sauve une couvée de canetons en les couvant dans son balconnet, son décolleté

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nos années super 8 / l'épitaphier

1 Juillet 2025 , Rédigé par grossel Publié dans #Corsavy, #FINS DE PARTIES, #Le Revest-les-Eaux, #album, #amour, #engagement, #jean-claude grosse, #pour toujours, #poésie, #écriture, #vraie vie

Kdo du 1° juillet 2025, ce PDF de 32 pages ou comment des lectures, des phrases se révèlent motrices d'une évolution, d'une métamorphose

pour ce 1° juillet 2025, anniversaire de 58 ans de mariage avec l'épousée, selon cette promesse : s'épouser jour après jour, jusqu'à ce que ça fasse toujours, non revenir sur notre passé, mais continuer à travailler les métamorphoses de nos évolutions, convictions, croyances;

c'est ainsi que je suis passé du pas-sage du corps de l'aimée épousée à l'âme éternelle qui l'avait habitée, en a habité bien d'autres et en habitera encore et encore; je suis passé de notre responsabilité vis à vis des corps et des âmes de nos tré-passés (travail d'épitaphier) à la dissolution de toute identité, au désir d'effacement dans le blanc (mince plaque de plâtre blanc, creusé dans le plâtre quelque part, merci, sans dates, sans nom, lieu non encore décidé Corps Ça Vit, Le Revest)

 

Élévation

Un jour enfin nous marcherons
le long des rivages tant désirés
héritiers insatisfaits d’un passé loin des côtes
étonnés de nous retrouver face au grand Océan
Avec la montée sur les falaises
nous abandonnerons de vieilles peurs de vieux espoirs
Tu auras renoncé à remonter aux grandes houles de tes origines

à affronter les fables délicieuses de ta généalogie
J’aurai renoncé aux nostalgies de paradis et d’âges d’or
éloigné de toute maîtrise comme de toute servitude
vivant la vie sans hurler à la mort ni aboyer à la lune
Ce sera si simple de prendre
nus un bain d’écumes le matin
Nos corps se dilateront
Notre âme s’enchantera
Quand nous reviendrons au bord
des sourires ensoleillés s’échangeront
Étourdis nous nous découvrirons aimants
En raison nous nous voudrons parfaits amants
donneurs de voix à des enfants de papier
ouvreurs de voies à nos enfants de chair
jusqu’à épuisement de nos jours et de nos nuits

01/07/1967 Le Quesnoy

 

La levée

Je t’ai connue lumineusement étonnée
et nous avons été emportés par les tourbillons

qui soulèvent jusqu’à la légèreté de l’être
Je t’ai connue farouchement préservée
et nous avons été emportés par les tourbillons

qui creusent jusqu’au malaise de l’âme
Toi que j’accompagne et qui m’accompagnes
franchissons le cap de nos 33 ans tous voiles levés
sur nos corps abîmés sur nos cœurs apaisés

Cultivons l’apprivoisement lent
de nos tourments de vieillissants destinés au mourir
Nos enfants sont grands maintenant
Sur les routes pavées de mépris
de profit et de haine
comme nous ils ne marchent pas
Comme nous ils ont choisi les sentiers
où l’on ne passe qu’un à la fois
que l’on ne trace qu’une fois
Il y faut pour cheminer
l’insolente patience
l’inépuisable confiance
l’amour de sa vie
C’est ce que nous leur avons transmis
C’est de nous ce qu’ils ont appris
La levée peut avoir lieu

 

01/07/1999 Le Revest

(dans mon esprit, il s'agissait de la levée du corps de JC, dans la réalité, ce fut d'abord celle des corps du fils et du beau-frère le 19 septembre 2001, puis celle du corps de l'épousée, le 29 novembre 2010, puis celle du corps du gendre, le 4 février 2024)

Dialogues avec Grok et Chat GPT, le 21 juin 2025, jour du solstice : Hawking et Oppenheimer auraient-ils pu échanger si leurs dates de vie et mort avaient été plus proches sur des sujets ou objets théoriques à l'époque comme les trous noirs ?

notre dernière photo ensemble, à l'IF à Elne (P.O.), le 3 septembre 2010, en rentrant de Corsavy où nous avions passé une dizaine de jours, vernissage de l'exposition de bois et vitraux de Michel Gloaguen; j'ai acheté Ivresse, une sculpture en châtaignier, brûlée pour la patiner, installée au Revest, Annie étant déjà partie  / Annie à Rome avec les étudiantes assistantes sociales auxquelles elle donnait des cours à Malartic, lors d'un voyage à Rome
notre dernière photo ensemble, à l'IF à Elne (P.O.), le 3 septembre 2010, en rentrant de Corsavy où nous avions passé une dizaine de jours, vernissage de l'exposition de bois et vitraux de Michel Gloaguen; j'ai acheté Ivresse, une sculpture en châtaignier, brûlée pour la patiner, installée au Revest, Annie étant déjà partie  / Annie à Rome avec les étudiantes assistantes sociales auxquelles elle donnait des cours à Malartic, lors d'un voyage à Rome
notre dernière photo ensemble, à l'IF à Elne (P.O.), le 3 septembre 2010, en rentrant de Corsavy où nous avions passé une dizaine de jours, vernissage de l'exposition de bois et vitraux de Michel Gloaguen; j'ai acheté Ivresse, une sculpture en châtaignier, brûlée pour la patiner, installée au Revest, Annie étant déjà partie  / Annie à Rome avec les étudiantes assistantes sociales auxquelles elle donnait des cours à Malartic, lors d'un voyage à Rome
notre dernière photo ensemble, à l'IF à Elne (P.O.), le 3 septembre 2010, en rentrant de Corsavy où nous avions passé une dizaine de jours, vernissage de l'exposition de bois et vitraux de Michel Gloaguen; j'ai acheté Ivresse, une sculpture en châtaignier, brûlée pour la patiner, installée au Revest, Annie étant déjà partie  / Annie à Rome avec les étudiantes assistantes sociales auxquelles elle donnait des cours à Malartic, lors d'un voyage à Rome

notre dernière photo ensemble, à l'IF à Elne (P.O.), le 3 septembre 2010, en rentrant de Corsavy où nous avions passé une dizaine de jours, vernissage de l'exposition de bois et vitraux de Michel Gloaguen; j'ai acheté Ivresse, une sculpture en châtaignier, brûlée pour la patiner, installée au Revest, Annie étant déjà partie / Annie à Rome avec les étudiantes assistantes sociales auxquelles elle donnait des cours à Malartic, lors d'un voyage à Rome

jeux sur la plage de Bray-Dunes (capture d'écran film super 8) / à Saint-Petersbourg en 2004 /
jeux sur la plage de Bray-Dunes (capture d'écran film super 8) / à Saint-Petersbourg en 2004 /
jeux sur la plage de Bray-Dunes (capture d'écran film super 8) / à Saint-Petersbourg en 2004 /
jeux sur la plage de Bray-Dunes (capture d'écran film super 8) / à Saint-Petersbourg en 2004 /

jeux sur la plage de Bray-Dunes (capture d'écran film super 8) / à Saint-Petersbourg en 2004 /

pour cette Saint-Valentin, pour les 75 ans de la Valentine, je voulais rassembler des amis

las, trop d'indisponibilités

je choisis la formule d'une célébration en solitaire et en souvenirs

ayant vu le démoniaque film Le talentueux Monsieur Ripley (1999) qu'on pourrait appeler Monsieur Replay, j'ai passé la nuit du 13 au 14 février avec son incessant double jeu, en lien avec les circonstances : rien ne semble prémédité mais tout s'enchaîne et se déchaîne

et au petit matin, vers 4 H s'offre à moi le cadeau :

je vais jouer l'épitaphier

je vais aller farfouiller dans les placards et dossiers,

exhumer lettres et photos non numérisées, cahiers...

à 18 H 30, le peintre Djé  m'apporte l'oeuvre que je lui ai commandée

je mettrai en ligne le montage de 5'32"

j'improviserai 

nos années super 8 / l'épitaphier
nos années super 8 / l'épitaphier
nos années super 8 / l'épitaphier
nos années super 8 / l'épitaphier
allez pour l'anniversaire de la valentine, 75 ans le 14 février 2023 - 12 ans depuis sa disparition le 29 novembre 2010 + l'éternité
(pour Je-Lui-Moi-L'autre, le passé passe mais ne s'efface pas ni la tonalité heureuse, joyeuse de 46 ans de vies - heurs, heures, heurts - et d'amours partagées + 12 ans depuis sa disparition => 58 ans, au contraire des croyances de Marcel Proust ou de ‘’Cause we’ve ended as lovers’’),
j'ai passé la journée avec l'ami Gaby, à monter un petit film de 5'32" avec 8 photos et des séquences de films super 8
d'abord choisir la musique, libre de droits; on a choisi deux morceaux d'inspiration blues
ensuite placer photos, séquences, faire que ça coïncide avec le rythme, faire des transitions ou n'utiliser qu'un cut, petits effets
volontairement, j'ai choisi les séquences sans vouloir une chronologie mais plutôt pour des ambiances de bonheurs liés aux événements marquant une vie de famille commençant par un mariage, suivie des naissances, accompagnée par des activités diverses dans des paysages divers...
je ne rendrai visible cette réalisation Nos années super 8 (1967-1974) que le 14 février
allez pour l'anniversaire de la valentine, 75 ans le 14 février 2023 - 12 ans depuis sa disparition le 29 novembre 2010 + l'éternité
(pour Je-Lui-Moi-L'autre, le passé passe mais ne s'efface pas ni la tonalité heureuse, joyeuse de 46 ans de vies - heurs, heures, heurts - et d'amours partagées, au contraire des croyances de Marcel Proust), 
je lui offrirai une peinture réalisée par Djé SaintJames Physalia, à partir de photos
nos années super 8 / l'épitaphier
nos années super 8 / l'épitaphier
nos années super 8 / l'épitaphier
nos années super 8 / l'épitaphier
18 H 45, réception de l'oeuvre commandée à Djé Saint James
ils sont trois à scotcher légèrement la toile
je suis dans l'entrée pour ne rien voir
puis je me dirige à reculons vers l'oeuvre
me retourne, la découvre, applaudis
nous prenons un apéro à 5
les deux jeunes du Gambetta
les adultes, du côtes du Roussillon villages Le Poutou de la mort
j'ai choisi spécialement la cuvée
nous regardons la vidéo nos années super 8
au revoir
ils vont fêter la Saint-Valentin quelque part
merci à Djé pour cette oeuvre qui évoque la mouette et s'en démarque légèrement et pour le clin d'oeil au couple, mariés civilement et religieusement le 1/7/1967, bien qu'athées ou nous disant tels 
(aujourd'hui rires)
j'étais très petit-bourgeois, ne me suis jamais senti transfuge de classe, ni traître à ma classe, toujours bien senti dans ma peau mais trouvant insupportables inégalités et injustices d'où un militantisme forcené
(aujourd'hui, fou rire)
en tout cas, ça mûrissait; j'attendais ce jour pour décider de pas mal de choses, subrepticement, sans éclats ni déclaration
l'effacement va être discret, réel
le retrait de certains projets d'une part, et moins d'écriture d'autre part 
(je deviens de plus en plus inaudible et illisible)
exemple : ma réponse ce matin à une amie russe, vue pour la dernière fois en 2015 à Paris, installée à Saint-Petersbourg
"Oui, on se cherche mais on trouve ce qu’on attire par notre nature profonde, notre « mission » de vie (qu’est-ce que la Vie qui m’a donné « ma » vie attend de moi ?)
Aujourd’hui, je suis convaincu que nous sommes les attracteurs de ce qui nous arrive
Et donc si on veut attirer l’amour, la joie, le-les bonheurs, c’est en adoptant une attitude de tout l’être corps-esprit-coeur-âme qui parce qu’il donne, reçoit
Quant au monde, il est la projection de nos inconscients personnels et collectifs; nettoyons-nous d’abord, optons pour la beauté (beauté de notre regard, rendant beau le monde et les gens, souris et l’autre te sourit, parfois)
Il ne s’agit pas de purification mais d’acceptation lucide de ce qu’on est et qui est fluctuant, impermanent = variabilité des humeurs, émotions, opinions, pensées… mais droiture-rectitude de ma ligne de vie, de mon chemin de vie, comme déjà tracé, sinueux pour beaucoup, plus droit pour d'autres"
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4 films vus sur Arte, 1 par soir, montrant assez bien cela
les sentiers de la perdition (2002) ou la rédemption d'un tueur professionnel, sauvant son fils d'un destin de tueur au prix de son propre assassinat
La Habanera, film allemand de 1937, où le destin tourmenté d'une suédoise qui s'est laissé séduire par un seigneur portoricain 
le talentueux monsieur Ripley (1999) alias monsieur Replay, où le démoniaque monsieur Ripley va jusqu'aux meurtres pour que ses double-jeux et volte-faces ne soient pas démasqués (personnage fascinant parce que les autres sont également complexes, ambigus)
le sel des larmes (2020) ou la lâcheté d'un inconstant ; pour moi, un vrai repoussoir
mon travail d'épitaphier depuis  la disparition de l'épousée
mon travail d'épitaphier depuis  la disparition de l'épousée
mon travail d'épitaphier depuis  la disparition de l'épousée
mon travail d'épitaphier depuis  la disparition de l'épousée
mon travail d'épitaphier depuis  la disparition de l'épousée
mon travail d'épitaphier depuis  la disparition de l'épousée
mon travail d'épitaphier depuis  la disparition de l'épousée
mon travail d'épitaphier depuis  la disparition de l'épousée

mon travail d'épitaphier depuis la disparition de l'épousée

nos années super 8, 1967-1974, jeux sur la plage de Bray-dunes, septembre 1974, arrivée à Toulon, lycée technique Rouvière à Sainte-Musse après 10 ans au Lycée de Le Quesnoy
/ je ne me suis jamais reconnu dans des paroles comme celles de Stevie Wonder dont Jeff Beck a fait une pépite / ‘’Cause we’ve ended as lovers’’ paroles 1974, pépite 1975 / ... Maintenant vous dites que l'amour a disparu
Ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas être amis
Parce qu'on en a fini en tant qu' amoureux
Est-ce que notre amour les uns pour les autres doit prendre fin ? ... / 
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je me reconnais davantage dans les deux citations suivantes : 
"Je ne sais pas si tu es en moi ou si je suis en toi,
ou si tu m'appartiens. Une chose est sûre,
je ne veux pas te posséder.
Je pense que nous sommes tous les deux à l'intérieur d'un autre être que nous avons créé et qui s'appelle nous."
Robert James Waller -Sur la Route de Madison-
-------------
aujourd'hui, je dirais nous sommes un point à l'endroit, un point à l'envers de la tapisserie cosmique / comprenne qui pourra 
------------------- 
2° citation : "Mais dans les bras de Laura, il n'y avait pas d'illusion possible. Jamais je n'avais aimé avec un don si total de moi-même. Je ne me souvenais même plus de mes autres amours, peut-être parce que le bonheur est toujours un crime passionnel : il supprime tous les précédents. Chaque fois que nous étions unis ensemble dans le silence des grandes profondeurs qui laisse les mots à leurs travaux de surface et que, très loin, là haut, les milles hameçons du quotidien flottent en vain avec leurs appâts de menus plaisirs, de devoirs et responsabilités, il se produisait une naissance du monde bien connue de tous ceux qui savent encore cette vérité que le plaisir réussit parfois si bien à nous faire oublier : vivre est une prière que seul l'amour d'une femme peut exaucer."
- Romain Gary, Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable / 
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je pourrais aussi dire des poèmes de La Parole éprouvée /
Désir 1 
avec toi je me sens (inspirer fort)
(expirer fort) sans toi
avec toi je deviens
prolifération d’analogies
succession d’annexions
chiens et chats s’insinuent dans mes cris d’amour je suis miaulements avant
grognements pendant
mes ongles et mes doigts deviennent griffes et pattes
aux anges je prends leur légèreté
au taureau sa virilité
dans les plis de mes rêves je reconstruis
sans les déformer villes d’orgies clairières de sorcières sur les draps je me crucifie râlant et bavant
je deviens théâtre de la cruauté
sur ta peau s’ébauchent formes et volumes nouveaux mes mains autour de tes seins sur ton ventre
font une procession
je construis de longs itinéraires qui me révèlent t’édifient
dont les clefs sont l’origine du tracé
nos désirs sans objet
ton vagin sanctifié sacrifié 
tremble sous la pression de ma précipitation 
irrépressibles tentations la peur du sacrilège me tenaille et me déchaîne
pour toi je galope étalon d’alpages
sans bouger du matelas
toi tu passes vite comme les hirondelles faisant siffler l’air à nos oreilles à l’approche de l’orage
assis dans la mousse de ton pubis
je joue avec mon pénis cadeau et défi 
tes yeux m’envahissent
des rires venus de toi me croisent aèrent mon corps crispé sous le tien tes étonnements font naître les miens dans ma main droite 
ils se débattent tes yeux parfois se voilent
et j’apprends à lire
du merveilleux glisse sur ma peau océane
l’angoisse te fait craquer comme le bois
écorce j’éclate cuirasse je cède à tes mains je me livre pour un feu de joie
pour tes yeux je me délivre de mes grincements de scie
(devant L’origine du Monde de Courbet et le Nu couché, bras ouverts de Modigliani)
 
 
nos années super 8 / l'épitaphier
nos années super 8 / l'épitaphier
nos années super 8 / l'épitaphier
nos années super 8 / l'épitaphier
inspir du baiser d'expir d'Annie vers 1971, capture d'écran de Nos années super 8
Vita Nova
le désir du baiser
des baisers, il y a eu
des baisers, tu as connaissances, souvenirs, ressentis, émotions, sentiments
il reste un petit reste, un titilletent matent, une insislance tancinante
le désir du baiser
qu’aucun baiser ne boumclera
un rêve de baiser, une attente patiente-impatiente, permanente-impermanente
en sourdine / explosive
le désir du baiser tu l’imagines devenant réalité, baiser réel
lente approche des lèvres
inspir abdominal, ventre se remplissant d’air par le nez, vers l’avant
alvéoles se déployant, se dépliant
tu te remplis de vie, du souffle de Vie, du Souffle qui donne vie, fait vivre
lèvres se rencontrent, bouches s’ouvrent
expir dans l’autre bouche, la bouche désirée de l’aimée
et réciproquement
ton air vicié rencontre l’air vicié de l’aimée
échange de poisons
long suspens, apnée prolongée
deux ivresses-deux envolées-deux bolées / 
deux vertiges-deux emboliesabolibibelot
fin de la rencontre ivre / délivre des lèvres
essoufflé t’es soufflé
fermeture des bouches
inspir de récupération, de retour sur terre
purification par inspir d’air pollué
puisque vous vivez dans les villes barbares
ce premier baiser d’effleurement des peaux
ce premier baiser inspiré d’expirs enivrants fait le bonheur de deux aimants
attraction
demain, la langue entrera dans la bouche ouverte de l’aimée
l’autre langue entrera dans la bouche de l’aimé
caresses de langues, douceurs de papilles, nectars de salives
le baiser rêvé, sensuel, ravivant les émois, évanoui reste le petit reste
le désir du baiser d’un Épicure corrézien âgé de 100 ans 
le désir d’un baiser chez un philosophe du pur Amour
(Le siècle de Marcel Conche, 2021, Les Cahiers de l'Égaré, pages 151-153)
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le 29 novembre 2010, nous avons échangé nos respirs, Annie dans le coma et moi, tentant d'insuffler de la conscience puisque souffle, il y avait encore
L'épousée sombre dans le coma le 29 novembre 2010. Entre 16 h et 21 h, l’épousée fait 14 apnées.
 
Au moment de la 14e apnée.
L’épousé – va au profond de toi, mon p’tit chat, plonge dans le tourbillon pulsionnel,
la musique de la vie se joue avec du souffle,
la musique des mots avec du souffle d’expir,
la musique des baisers avec du souffle d’inspir,
il n’y a pas de musique de la mort
ne rends pas le souffle, échangeons nos expirs
Pour ta 14e apnée, je ne peux pas le dire autrement : fais la morte le plus longtemps possible, retiens ton souffle tant que tu peux, pour baiser les cellules malignes qui cessent de proliférer quand on meurt. Fais la morte. Allez (bredouillant) vas-vas-vas-y mon p’tit chat. Retiens ta vie, ton souffle. Tu me l’as dit à Cuba, le coma ce n’est pas la mort.
L’épousé fait du bouche à bouche avec l’épousée, trois fois. Le monitoring indique que l’épousée est entrée dans sa 14e apnée, chiffre de sa naissance.
(Temps très long)
L’épousée, soudain, sort d’apnée, après un hoquet d’une extrême violence, elle crache du sang noir, l’utérus saigne noir, le poète l’a dit Et l’Homme a saigné noir à ton flanc souverain. Elle émerge du coma, ses paupières s’agitent, sa main gauche serre la main droite de l’épousé.
L’épousé – mon p’tit chat, reviens ici-haut.
Tu m’as dit à Cuba : Mourir... dormir, rien de plus... peut-être rêver.
Je te dis : Vivre... Dormir... Rêver, c’est bien séparé...
Ta chaise t’attend pour traverser notre seize mille huit cent trente-sixième nuit d’amour
L’épousée –... mon p’tit chat, pour sortir, mets-moi mes tennis blanches et dans le sac à dos, pour les mauvais jours, mes tennis noires.
(Noir ou pleins feux)
L’hôpitaL – La vie n’a pas de prix. Sauver ou pas une vie, a un coût. Votre Dette, madame, pour la période du 29 octobre au 29 novembre 2010 dans notre établissement s’élève à trente-deux mille neuf cent quatre-vingt-neuf euros et quatre-vingt-dix- neuf centimes d’euros, prise en charge par la Sécurité sociale.
(L'éternité d'une seconde Bleu Giotto, Les Cahiers de l'Égaré, 2014)
les baisers
les baisers
les baisers
les baisers

les baisers

la machine de l'écrivain

la machine de l'écrivain

pour le moment, je considère cette page FB comme ma page d'écriture quotidienne, je ne suis pas dans une démarche d'écriture créative, poétique, théâtrale ou philosophique, je suis dans une démarche de mise au jour de mes rares éclairs de lucidité comme si je tirais des leçons ou enseignements éphémères de ce que je crois avoir vécu ou crois vivre 
ainsi donc, j'écris en évoquant le petit film nos années super 8 :
(pour Je-Lui-Moi-L'autre, le passé passe mais ne s'efface pas ni la tonalité heureuse, joyeuse de 46 ans de vies - heurs, heures, heurts - et d'amours partagées + 12 ans depuis sa disparition => 58 ans, au contraire des croyances de Marcel Proust ou de ‘’Cause we’ve ended as lovers’’)
me relisant, je dois préciser les choses telles que je les crois aujourd'hui, donc des croyances sans preuves mais agissantes : seul existe le présent, tout ce qui est vécu, éprouvé passe dans l'éternité de ce présent éternel, ne s'efface pas, ce sont des vibrations, de l'information, de l'énergie (VIE) déjà éprouvées par X-Y, ré-éprouvées par A-B, étonnantes les répétitions de génération en génération), qu'éprouveront Z-C...(rien de nouveau sous le soleil, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme et ça se répété, se répète, ça s'étire...) /
passé, futur sont des constructions de l'esprit humain qui a donc aussi la capacité de faire remonter des souvenirs, d'anticiper des projets avec tous les sentiments qui vont avec (nostalgie, enthousiasme, angoisse, espoir, peur, regret, compassion, pardon...) /
revivre les années super 8, c'est les vivre au présent, pas les retrouver tels que dans le passé, ce sont des émotions à cet instant (quand on a visionné le montage, il y a eu des larmes aux yeux chez nous deux, Gaby et moi)
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et pourquoi nos années super 8 ont engendré déjà 58 ans de fidélité (incluant les infidélités, coups de canif dans le contrat, le serment de mariage) à notre histoire (2 puis 3 puis 4 moins 1 moins 2 plus 1...) parce que j'ai eu la chance (à dire aussi comme j'ai été l'attracteur de ce qui m'est, nous est arrivé) d'être choisi par l'épousée /
il me semble que quand ça débute dans le sens femme-jeune fille rêvant du grand amour comme pas mal de jeunes filles sentimentales vers homme, toujours d'abord sexuel, lui, devant prouver aux autres, se prouver à lui-même, l'histoire peut se dérouler un peu autrement, soumise aux modèles de comportement du temps et de la société avec quelques broderies personnelles et de couple puis de famille
en tout cas, je remercie Annie d'avoir osé en octobre 1964, me laissant bouche bée...
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vu Ghost Dog, et ce n'est pas un hasard, c'était le film qu'il me fallait, après cette journée, un film illustrant à sa façon, ce que je tente de dire (ce sera de moins en moins) et surtout de vivre (pas en pleine conscience = toute puissance, mais un peu en conscience à la surface de l'inconscient)
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Ghost Dog de Jim Jarmush sur la voie du samouraï, le tueur fantôme médite les aphorismes du Hagakure, bible des samouraïs du Japon ancien. 
Comme par hasard mais ce n'en est pas un, il se laisse tuer par son maître, lui-même sous la coupe de la fille du caïd, assassiné par Ghost Dog, fille qu'il a épargné par deux fois, elle n'était pas dans le contrat
Le film débute par cette citation
« La voie du Samouraï se trouve dans la mort. Il faut méditer chaque jour sur la mort inévitable. Chaque jour, le corps et l’esprit en paix, on doit méditer sur la mort : déchiré par les flèches, les balles, les lances et les épées, emporté par les vagues déferlantes, précipité par le cœur d’un grand incendie, frappé par la foudre, broyé par un grand tremblement de terre, tombant du haut d’une falaise, emporté par la maladie, faisant « seppuku » à la mort de son maître. Chaque jour sans exception, on doit se considérer comme mort. Telle est en substance la Voie du samouraï ».
« Dans les arts et dans la vie, saisir le rythme est le plus important ».
« Il est mauvais qu’une chose devienne deux. On ne doit rien chercher d’autre dans la Voie du Samouraï. Il en va de même pour tout ce qu’on appelle Voie. Celui qui a cette compréhension sera ouvert à toutes les Voies et sera toujours plus en accord avec la sienne ».
« Voir le monde comme un rêve est un bon point de vue. Quand on fait un cauchemar, on se réveille et on se dit que ce n’était qu’un rêve. Il est dit que le monde où nous vivons n’en diffère en rien ».
« Parmi les maximes au mur du seigneur Naoshige se trouvait celle-ci : « les questions importantes doivent être traitées légèrement ». Maître Ittei commenta : « Celles sans importance doivent être traitées sérieusement ».
« Même si la tête d’un samouraï est subitement tranchée, il doit pouvoir accomplir une dernière action avec assurance. S’il devient pareil à un fantôme vengeur et montre une grande détermination, même la tête coupée, il ne devrait pas mourir ».
« On dit que ce qu’on appelle l’esprit d’une époque est une chose à laquelle on ne peut revenir. Si cet esprit se dissipe, c’est que le monde approche de sa fin. Même si l’on veut revenir à l’esprit d’il y a 100 ans, cela ne se peut. Aussi, il faut tirer le meilleur parti de chaque génération ».
 
s'il y a une aînée et un cadet, il y a une mère, souvent discrète, dans l'ombre mais dont l'accompagnement est essentiel il y a aussi un père, absent souvent, présent parfois
s'il y a une aînée et un cadet, il y a une mère, souvent discrète, dans l'ombre mais dont l'accompagnement est essentiel il y a aussi un père, absent souvent, présent parfois
s'il y a une aînée et un cadet, il y a une mère, souvent discrète, dans l'ombre mais dont l'accompagnement est essentiel il y a aussi un père, absent souvent, présent parfois
s'il y a une aînée et un cadet, il y a une mère, souvent discrète, dans l'ombre mais dont l'accompagnement est essentiel il y a aussi un père, absent souvent, présent parfois
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s'il y a une aînée et un cadet, il y a une mère, souvent discrète, dans l'ombre mais dont l'accompagnement est essentiel il y a aussi un père, absent souvent, présent parfois

s'il y a une aînée et un cadet, il y a une mère, souvent discrète, dans l'ombre mais dont l'accompagnement est essentiel il y a aussi un père, absent souvent, présent parfois

PORTRAIT DE LA FEMME AIMÉE DEPUIS 40 ANS

Apparemment, c’est une femme de l’absence. Toujours ailleurs. Perdue dans ses pensées. Fille d’air et de rêve. Mais à la pratiquer, avec amour, depuis quarante ans, j’ai compris que c’est une femme de la présence, une présence légère, dans le présent. Elle ne pèse pas. Elle ne pose pas. Avec elle, tout est danse. Le présent n’est pas que l’instant. C’est le moment de maintenant, avec une pointe de souvenir. Une fleur, chaque jour, pour notre chat parti sans retour. Son nom parfois et alors, une bouffée de nostalgie. Elle est attachée à tout ce à quoi elle a donné de l’amour. Des photos et des mots pour les disparus, la mère, d’une embolie qu’elle embellit, le fils et le frère, dans le même accident. Des cartes aux anniversaires. Des cadeaux sans destinataire pour les recevoir. Quelle aptitude à ne rien laisser mourir malgré la souffrance, évidente, inconsolable. Chaque objet est à la fois d’hier et de maintenant, pas figé, souvent déplacé. L’œil toujours sollicité par quelque nouveauté, une disposition rare, un rapprochement inattendu, un éloignement surprenant. Tout ce qu’elle aime est sans cesse repris, reconsidéré. Petits riens qui changent tout. Combat de chaque instant contre la dégradation, l’usure, l’habitude, l’oubli. La maison vit, est habitée. Pas d’ennui possible avec une femme qui fait de sa maison, de notre vie, un récit, un poème. Avec elle, les simples jours deviennent les simples beaux jours, embellis par le regard, le sourire radieux qu’elle pose sur les choses et les gens. Les tristes jours deviennent les inoubliables tristes jours, adoucis par son sourire mélancolique. Elle rayonne d’amour. Solaire, elle donne le meilleur d’elle, une écoute qui apaise angoisses et peines, aide à mettre en mots, petits maux et grandes douleurs. Mais de ses angoisses et souffrances, vous ne saurez rien, les mots ne sont pas pour elle. Elle ne s’en sert pas pour elle. Tout se passe dans le regard, souvent mouillé, toujours caché. Ah ! la légère, l’aérienne ! Depuis quarante ans, elle me fait la vie légère. Je l’aime sans comprendre pleinement la force du don qui l’habite. Mais en le vivant pleinement, passant des heures à contempler son visage sur lequel je ne vois pas passer l’âge. Elle a l’âge de son cœur, celui de l’adolescente qui m’a choisi une fois pour toutes. Mon désir d’elle et mon amour pour elle sont restés intacts à son contact.

(2017)

nos années super 8 / l'épitaphier
nos années super 8 / l'épitaphier
nos années super 8 / l'épitaphier
nos années super 8 / l'épitaphier
nos années super 8 / l'épitaphier
nos années super 8 / l'épitaphier
nos années super 8 / l'épitaphier
nos années super 8 / l'épitaphier
l'un part, le cadet, 30 ans (19 septembre 2001, par accident à Cuba), ayant vécu, flambé dix vies flamboyantes en une, Cyril G. 
l'autre reste, l'aînée, Katia P., qui sait ce qu'il lui reste à faire, la légende du cadet 
(tout récit n'est-il pas une légende ?)
pour Katia P., deux installations : 
En attendant, je pleure (6 représentations de 20' dans l'église du Revest, pour le 1° salon des écrivains et des artistes, le 17 septembre 2022); 
Et puis après, j'ai souri (45' présentées au théâtre de l'université de Nanterre en juin 2016)
s'il y a une aînée et un cadet, il y a une mère, souvent discrète, dans l'ombre mais dont l'accompagnement est essentiel
il y a aussi un père, absent souvent, présent parfois
j'ai réussi dans Les fiancés de la marée silencieuse à transformer un mariage de luxe ostentatoire en une révélation-métamorphose
j'ai réussi dans Les fiancés de la marée silencieuse à transformer un mariage de luxe ostentatoire en une révélation-métamorphose

j'ai réussi dans Les fiancés de la marée silencieuse à transformer un mariage de luxe ostentatoire en une révélation-métamorphose

les mariés de Venise Jeff Bezos et Lauren Sanchez, le dimanche 29 juin 2025; cette photo est un mentage (montage et mensonge), la dame a tout faux (à la KK, les seins, les hanches), le monsieur aussi (là, c'est plus compliqué ; n’est-ce qu’un jugement de ma part ou en quoi, objectivement, a-t-il faux ? je me suis mis à rire, parce que j'imaginais les mains du monsieur palper les faux seins de la dame, oui mais vraie peau et effets réels sur sa libido; imaginer un monologue intérieur de ce monsieur se demandant ce qu'il éprouve, pris de vertige parce qu'impossible de démêler le vrai du faux, que le faux est aussi du vrai

Rubin au Chili foc de Sant Joan du 23 juin 2025 à Corps Ça Vit
Rubin au Chili foc de Sant Joan du 23 juin 2025 à Corps Ça Vit

Rubin au Chili foc de Sant Joan du 23 juin 2025 à Corps Ça Vit

Les 5 chercheurs du conte d'Alain Cadéo, Joanne et les étoiles, pages 77-83, vieillissant mais toujours enthousiastes, aidés par leur « porteuse de vie », Joanne Krimsky, vont pouvoir se nourrir à « la soupe primordiale », grâce à l'observatoire Rubin au Chili qui a rendu public ses premières photos du cosmos, le 23 juin 2025. Alain Cadéo ne les nomme pas mais je sais de source insûre qu'il a réuni Einstein, Oppenheimer, Hawking, Kami Rita Sherpa, Elytis.

« Dans l'avancée de la maturité et l'approche de la vieillesse, il est un... phénomène qui frappe: le rajeunissement progressif du coeur et de l'âme. Depuis toujours, je pressentais que la nature ne pouvait pas vouloir la déchéance de l'homme. Aujourd'hui, je le sais. Si la deuxième moitié de l'existence ne recelait pas un projet, nous serions éliminés - comme le sont certains animaux - après le cycle de la fécondité. Ce projet qui nous est confié est invisible à l'oeil. (…) Dans la jeunesse, l'âme n'est pas jeune. Elle est percluse du rhumatisme des modes, plie sous les idéologies, les normes en vigueur. L'Alzheimer juvénile la ronge: l'oubli de tout ce que l'enfant savait encore sur le sens profond des choses. La jeunesse transbahute tous les préjugés qu'on lui a inculqués, les jugements féroces, les catégories assassines. Elle est souvent dure comme le monde qui l'accueille. Sa lumière est sous le boisseau (…) Quand l'obligation de faire un avec sa génération n'est plus une question de survie, on peut enfin écarter les oeillères, laisser venir la clarté. Comme dans les grandes forêts où l'automne, en dépouillant les branches, donne le ciel à voir.»
Christiane SINGER -
N'oublie pas les chevaux écumants du passé
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15 avril 2025

22 Avril 2025 , Rédigé par grossel Publié dans #Le Revest-les-Eaux, #SEL, #ateliers d'artistes, #cahiers de l'égaré, #développement personnel, #engagement, #films, #poésie, #psychanalyse, #spectacles, #vraie vie, #écriture, #éveil, #voyages

affiche de la soirée / STILL IN BLUE d'un moment relevant la poésie de l’ordinaire (formulation de LLB)
affiche de la soirée / STILL IN BLUE d'un moment relevant la poésie de l’ordinaire (formulation de LLB)
affiche de la soirée / STILL IN BLUE d'un moment relevant la poésie de l’ordinaire (formulation de LLB)
affiche de la soirée / STILL IN BLUE d'un moment relevant la poésie de l’ordinaire (formulation de LLB)

affiche de la soirée / STILL IN BLUE d'un moment relevant la poésie de l’ordinaire (formulation de LLB)

Départ pour ma première lecture publique... à Toulon. le manuscrit est encore chaud...et il a peut-être trouvé un éditeur... / Fin du premier jour...très chouettes rencontres! Et un éditeur pour mon manuscrit  Joie / Frédéric Jean Gilles 2 tableaux
Départ pour ma première lecture publique... à Toulon. le manuscrit est encore chaud...et il a peut-être trouvé un éditeur... / Fin du premier jour...très chouettes rencontres! Et un éditeur pour mon manuscrit  Joie / Frédéric Jean Gilles 2 tableaux
Départ pour ma première lecture publique... à Toulon. le manuscrit est encore chaud...et il a peut-être trouvé un éditeur... / Fin du premier jour...très chouettes rencontres! Et un éditeur pour mon manuscrit  Joie / Frédéric Jean Gilles 2 tableaux
Départ pour ma première lecture publique... à Toulon. le manuscrit est encore chaud...et il a peut-être trouvé un éditeur... / Fin du premier jour...très chouettes rencontres! Et un éditeur pour mon manuscrit  Joie / Frédéric Jean Gilles 2 tableaux

Départ pour ma première lecture publique... à Toulon. le manuscrit est encore chaud...et il a peut-être trouvé un éditeur... / Fin du premier jour...très chouettes rencontres! Et un éditeur pour mon manuscrit Joie / Frédéric Jean Gilles 2 tableaux

Déroulement de la soirée

Handicaps, schizophrénie et création artistique
15 avril 2025, 19 H 30 - 22 H 30

pot de l'amitié jusqu'à 23 H 45

Salle Pétrarque, Maison des Comoni, Le Revest-les-Eaux

1 - présentation

2 - témoignages
- vidéo paracousie de Frédéric Jean Gilles
- Bahie et Papou, correspondance éditée par Les Cahiers de l’Égaré entre Patricia et Germaine Raccah, (mai 2024)
- Germaine Raccah, schizophrène poète dit ce qu’est la schizo pour elle et lit Vertige circomplexe
- Djé SaintJames Qu'est ce que vous avez à me regarder ? Vous ne savez même pas qui vous regardez
- Laurence Loutre-Barbier présente Jean-Pierre Verdier, artiste illuminé et clochard céleste
- Frank César Lovisolo video-performance sur Antonin Artaud
- Patricia Raccah Le consentement de Galatée
- Djé SaintJames chanson Psycho
- Bernard Hofmann que dit la psychiatrie sur la schizophrénie
- Patricia Raccah présente son travail d'art thérapeute auprès d'enfants déficients intellectuels ayant parfois des troubles de comportements associés
- prise en charge familiale de l'autisme Sandrine Gendre
 
3 - court-métrage Il dentro de Nathalie Havez
 
4 - lecture de Frédéric Jean Gilles Si la mer meurt

5 - vente de livres
 
6 - pot de l'amitié offert par la municipalité

 

L'Apostrophe (en 2006, Clara, 16 ans), Obscur à soi (en 2011) / quelques-uns des livres montrés et vendus
L'Apostrophe (en 2006, Clara, 16 ans), Obscur à soi (en 2011) / quelques-uns des livres montrés et vendus
L'Apostrophe (en 2006, Clara, 16 ans), Obscur à soi (en 2011) / quelques-uns des livres montrés et vendus
L'Apostrophe (en 2006, Clara, 16 ans), Obscur à soi (en 2011) / quelques-uns des livres montrés et vendus
L'Apostrophe (en 2006, Clara, 16 ans), Obscur à soi (en 2011) / quelques-uns des livres montrés et vendus
L'Apostrophe (en 2006, Clara, 16 ans), Obscur à soi (en 2011) / quelques-uns des livres montrés et vendus
L'Apostrophe (en 2006, Clara, 16 ans), Obscur à soi (en 2011) / quelques-uns des livres montrés et vendus
L'Apostrophe (en 2006, Clara, 16 ans), Obscur à soi (en 2011) / quelques-uns des livres montrés et vendus

L'Apostrophe (en 2006, Clara, 16 ans), Obscur à soi (en 2011) / quelques-uns des livres montrés et vendus

Résumé – Si la mer meurt
Récit littéraire, poétique et spirituel
Si la mer meurt est une traversée intérieure. Celle d’un homme qui tente de se reconstruire après plusieurs épisodes de décompensation psychique. Dans une langue dense, fragmentée, parfois brutale mais toujours vivante, le narrateur trace les contours d’une existence marquée par la maladie mentale, l’errance, les amours, les ruptures, mais aussi les fulgurances mystiques et la lumière têtue du vivant.
À travers des fragments poétiques, des souvenirs d’hospitalisation, des voix intérieures, des rencontres amoureuses et des instants de grâce, le récit navigue entre lucidité et vertige. Il n’est ni un journal, ni un témoignage classique, mais une tentative de dire l’indicible, d’écrire depuis la faille sans s’y perdre. L’écriture devient ici un lieu de recomposition, de dialogue avec le chaos, une manière de rester debout.
Entre spiritualité laïque, exploration du corps et regard tendre sur les marges, Si la mer meurt est un texte à la frontière de la poésie, de l’autofiction et du chant intérieur. Une parole rare, vulnérable et tenace, pour dire ce qu’on traverse quand tout vacille — et ce qui, malgré tout, tient.

Frédéric Jean Gilles

Si la mer meurt

Frédéric Jean Gilles

Chapitre 5 - L’écriture
 

Il noircira des pages. 

Il les raturera. 

Les pliera. 

Les chiffonnera. 

Les lancera à travers la pièce comme on chasse un doute à mains nues.
Puis il les ramassera. 

Il les relira. 

Il les trouvera sublimes. 

Puis affreuses. 

Puis peut-être supportables. 

Il les brûlera. 

Ou les réécrira. 

Encore. 

Encore.
Quelque part, un éditeur bâillera en découvrant son manuscrit. 

Il tournera la première page sans conviction.
Puis il tournera la suivante. 

Et ce seul geste, ce glissement du doigt sur le papier, ce sera déjà une victoire.
Un passage. 

Un frisson. 

Une trace.

 

oeuvres exposées, 2 de Djé SaintJames, 2 de germaine Raccah
oeuvres exposées, 2 de Djé SaintJames, 2 de germaine Raccah
oeuvres exposées, 2 de Djé SaintJames, 2 de germaine Raccah

oeuvres exposées, 2 de Djé SaintJames, 2 de germaine Raccah

Texte inédit que Germaine Raccah tenait absolument à dire

MOI LA TETE DE LITOTE AU TRAIN-TRAIN D’UNE VIE ENTIERE CHEZ LES FOUS
Germaine RACCAH

POUR LES GRIFFES D’UN ONGLE POINTU
Alors que du Génie, la plume de sable est pleine
pour prendre le pouls d’une fanfaronne lente lente,
Je tire un miroir étrange à l’évasive énigme de tous
mes âges pour le pétale proverbial de ne jamais
marcher et n’avoir de finitude que de mordre
une lune grevant le poing pour creuser ses plumes de blette et de persil
à l’affection appuyée pour être un mat
député et les cuisses bondissantes en mini-shorts
de fringantes oiselles aux cheveux de grenade
accouchant en quelques heures de minutes
et de languides mamelles, trois petites
pioupioutes appelées
                   CAMILLE, PAULETTE et MERVEILLE
Comme un Beau Conte songeant au beau tableau
de Yung tout accroché  pour ce que pèse une plume
et ses ongles si longs de bruns et de violettes
et des dessins remarqués avec la croûte de son nez avalée dans la gorge
convoquant un génie adorable pour des
idéales caresses envisageables
Pour entendre le Grand Voyage Bleu
c’est un épouvantail
que le merle chante
le chat ou le pinson
               d’un bruit
et s’épouille aux oreilles
le battement du cœur
et son propre ventre
tranchant la Nuit au poing de
                          son cigare
pour arracher la bouche
                      de la misère
et que broute un bruit du Tonnerre
Entendre le doigt d’acier, de feu, de sang
pendant tout ce temps qu’elle rêve
alors qu’une lame est montée
                       tout là-bas
comme une onde d’Enfer et j’ai peur sans réponses
avec le Diable dépeçant un terrible coutelas
pour attacher les maléfices des poux à
mes yeux perturbés
de grandes vagues d’innocence et de
                         désespérance
                     et un Gros bruit mordant
pour arrêter nos ombres alarmées
dans ce désir qui ne voudrait y consentir
c’est alors que je vois sous mes paupières
sortant dans les ères en fermant les yeux
comme un gros ours et les Belles Lettres qui
dansent où gésit la peur de l’énorme mouche
aux ailes de cafards en rognons de petits
pois fendant un diable chaud
pour trouver l’eau au pic des glaises qu’un doux
rêve pousse et s’accroche à la cervelle remuant
une tête de porc-épic sibyllin et ses poux de
lèvres vivaces aux confins de tous les mots.
C’est au délire que les bourreaux lentement
égrainent un sablier avec les griffes crochues,
mordues, déchiquetant, broyant une belle pour
visualiser ses pouilles énormes comme adoucies
dans une plume d’ongle.
Et les pieds de son ongle et
oncles, précipités en rencontrant en somme un
sentiment de froid spectral
et la sensation de ses bouchers pour nous
secourir comme de ces géants avec une lame
teintée de soufre et d’argent
nous assaillir autour de notre cœur, caresser,
cadrer ce qui nous reste de cette belle cervelle
de légume, un fou déchéant et son pou
nous accueillir grain à grain lentement,
avec une noisette et sans pépins de
raisins et de courges.
Mais alors que le monde
             poussif et violent,
pour une cravate pointue
à la tige du Nombril
esthétise l’ongle comme son pays de grenades,
sourit alors un dieu de froid et chaud
signifiant au bord de ses coquettes jeunesses
           de noisettes ou
           de matrices
         que persistent ces grosses dindes
caressant un granite aux ongles
        de grenat épars
pour tapisser le ventre
dans un monde troué

4 pages d'un des trois livres d'artiste présentés par Germaine Raccah; âgée de 70 ans, elle en a réalisé 200 dans sa vie, exemplaires uniques, dispersés au gré de...
4 pages d'un des trois livres d'artiste présentés par Germaine Raccah; âgée de 70 ans, elle en a réalisé 200 dans sa vie, exemplaires uniques, dispersés au gré de...
4 pages d'un des trois livres d'artiste présentés par Germaine Raccah; âgée de 70 ans, elle en a réalisé 200 dans sa vie, exemplaires uniques, dispersés au gré de...
4 pages d'un des trois livres d'artiste présentés par Germaine Raccah; âgée de 70 ans, elle en a réalisé 200 dans sa vie, exemplaires uniques, dispersés au gré de...

4 pages d'un des trois livres d'artiste présentés par Germaine Raccah; âgée de 70 ans, elle en a réalisé 200 dans sa vie, exemplaires uniques, dispersés au gré de...

Qu'est ce que vous avez à me regarder ?

Vous ne savez même pas qui vous regardez...

Mais ni les uns ni les autres ne savez qui vous regardez

Car moi même je ne sais pas qui est devant vous... alors Qu'est ce que vous regardez à part un type qui se donne en spectacle ?

Ou alors vous me connaissez car je suis musicien, parce que je suis écrivain ? Parce que je suis peintre, parce que je suis comédien, parce que je suis père de famille, parce que je suis amoureux transit... tout ça pourquoi ? Pour qu'on m'aime...  juste pour qu'on m'aime plusieurs fois mais jamais de la même façon... jamais pour les mêmes raisons...

Bien sûr qu'un artiste est schizophrène car il ne peut être dans son art comme dans la vie... mais... et vous ?
Êtes vous les même au travail, avec vos amis ou dans ces putains de repas de Noël ?

Et ce soir quel masque avez vous mis ? Sûrement le plus beau, celui qui vous met en valeur, celui que vous mettez pour sortir, celui qui nous fera dire il est vraiment sympa, elle est adorable ? Alors que tu es un connard et que toi tu es à gerber... et qui a raisons ? Hein qui ?

— Mais vous avez des amis ?

Je veux dire vous avez beaucoup d’amis ?
Qu’est ce que vous apportez à vos amis pour
qu’ils vous soutiennent comme ça ?

Qu’est ce que vous apportez à vos amis pour
qu’ils vous soutiennent comme ça ?

Qu’est-ce que vous apportez ?

une conscience solidifiée habite une salle des fêtes
assombrie au plafond d’un esprit dont le sol se
dérobe comme dix mille cafards quand perce un
rai de lumière quand les pensées s’assemblent en
un bref unisson que le corps ne rejette plus...
Quand les cafards saisissent une vérité que nul n’énonce jamais.

Mais une nuit tout m’a été révélé...

Je suis la réincarnation de Jésus...

Oui, oui je suis la réincarnation de Jésus Christ et je peux vous le prouver ! 
Je peux vous le prouver... en me taillant les veines !
Il n'y aura pas de sang et vous verrez couler de l'eau rien de plus, une eau claire et limpide, vous verrez ! 

Et tous ils étaient là
tous jusqu’au dernier
et tous ils connaissaient mon nom.

Souviens-toi de la lumière et crois en la lumière
Un instant de clarté avant la nuit éternelle
ne me laisse pas oublier.
Je suis triste
Je sens que le futur est sans espoir et que les choses
ne peuvent pas aller mieux
Je m’ennuie et rien ne me satisfait
Je suis un ratage absolu en tant que personne
Je suis coupable, je suis puni
Je voudrais me tuer ou tuer quelqu'un...

J’arrivais à pleurer avant mais maintenant je suis
au-delà des larmes
J’ai perdu tout intérêt pour les autres
Je n’arrive pas à prendre de décision...

Je n’arrive pas à manger
Je n’arrive pas à dormir
Je n’arrive pas à penser
Je n’arrive pas à dépasser ma solitude, 
ma peur,
mon dégoût,

Je n’arrive pas à écrire
Je n’arrive pas à aimer
Mes frères sont en train de mourir, mon amour est
en train de mourir, et c’est sûrement moi qui les tue.

Mais moi aussi je fonce tête baissée vers ma propre mort
Je suis terrifié
Je n’arrive pas à être seul
Je n’arrive pas à être avec d’autres
Je n’arrive pas à faire l’amour
Je n’arrive pas à baiser !

À 4h48
quand le désespoir me rendra visite encore une fois accompagné de mon hystérie, de mes idées sombres puis de mes rêves les plus doux, qui eux aussi me donnent envie de chialer et de hurler à la mort, je me pendrai au son du souffle de mon amour.

Je n’ai pas envie de mourir
Je suis tellement déprimé d’être mortel que j’ai
décidé de me suicider.

Je suis jaloux de mon amour qui dort et lui envie
son sommeil artificiel
Quand elle se réveillera elle m’enviera ma nuit passée
à ruminer sans fermer l’œil et ma parole intacte de fou.

Je me suis résolu à mourir cette année
Certain parleront d’auto‑complaisance
quelle chance ils ont de ne pas connaître LA... vérité.

Certain reconnaîtront le simple fait de la douleur
Ceci est en train de devenir ma normalité.
– – – – –
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Souviens toi de la lumière et crois en la lumière x4

Ça n’a pas duré longtemps, je ne suis pas resté longtemps. Mais en buvant un café noir amer
l’odeur de l’hôpital me revient dans un nuage de
tabac froid et quelque chose me touche à cet endroit
qui sanglote encore et une plaie d’il y a deux ans
s’ouvre comme un cadavre une honte longtemps
enterrée hurle son chagrin putréfié...

Une salle entière de visages sans expression les
yeux livides braqués sur ma douleur, si vides de
sens qu’il doit y avoir un désir de nuire un désir de m'epier, de m'espionner de regarder cette espèce de bête que je suis à vos yeux alors que vous êtes la même curiosité immonde pour les miens.

Vous vous moquez de moi car je suis différent et c'est pour cela que vous me traitez de fou et bien moi je me moque de vous car vous êtes tellement normaux, tellemét nombreux, tellement identiques, tellement pathétique.

Je comprend votre regard sur moi...
Mais vous comprenez-vous le mien ?
Ferez-vous l'effort de me comprendre ?
Ferez-vous l'effort de m'aimer tout de même ?
Djé SaintJames Physalia
Jean-Pierre Verdier aux éditions Fage
Jean-Pierre Verdier aux éditions Fage

Jean-Pierre Verdier aux éditions Fage

Un Voyage Parfait.

J’avais dix-huit ans. Une nuit alors que tout le monde dort, une voix me contacte par télépathie, douce et angélique, m’invitant à aller dans le jardin de la maison de mes cousins. Là, un OVNI gigantesque et très élevé traverse le ciel en disant mon prénom et psalmodiant de l’amour. Cette soucoupe volante était blanche irradiante comme une soucoupe volante typique. Elle est passée à une vitesse inconcevable à très haute altitude. Elle faisait dix fois le diamètre du soleil vue à l’œil nu et laissa derrière elle une trace blanche très bien dessinée et très géométrique en triangle allongé. Depuis je ne suis plus tout à fait le même. Cette intelligence extra terrestre que l’on peut s’amuser à appeler un ange ou une armée d’anges, je l’ai comparée par la suite à une galaxie habitée en regardant des photos de galaxies qui lui ressemblaient. Je me suis amusé à penser que sa vitesse était infiniment grande par fantaisie de l’incommensurable.
Le lendemain, l’atmosphère est argentée et illuminée mais tout m’agresse. La seule issue imaginable est la mort. Ma mère cuisine dans mon estomac, mon estomac qui est la casserole. Et puis le disque de Led Zeppelin s’enraie, se secoue, se répète alors je grimpe sur la fenêtre pour rejoindre l’OVNI de la veille, le céleste, la perfection mais le cri de ma mère m’arrête dans un état transcendental… L’ambulance du SAMU arrive, on me rattrape dans ma fuite. Direction : l’hôpital psychiatrique. C’est le seuil de quarante années de calvaire. On me plante un gros shoot de poison dans le cul, je meurs en pleine conscience.

Dans le miroir, un jour de descente d’acide, je me suis vu fait de flammes vertes : 21st Century Schizoid Man. Maintenant encore souvent je me vois d’une autre couleur. Combien valent mes visions ? Pourquoi vouloir les dévaluer à ce point ?

La pensée fractale est la pensée du schizophrène. Il faut avoir beaucoup de pensées pour être schizophrène. Quelqu’un qui ne pense pas n’est pas schizophrène, il est hébété. Je pense aussi en ultrasons. J’ai des acouphènes que je visualise comme un grondement de tonnerre roulant dans une sphère de voix angéliques d’enfants, un son de foudre en train de manger du chocolat, une étoile qui explose en couleurs irisées et chaque couleur produit un son, une sirène aiguë emportée par un roulement de boules de pétanques molles comme des fruits.

Moi j’ai les symptômes de toutes les schizophrénies : pensée morcelée, personnalité multiple, sentiments électriques et je confonds le rêve et la réalité.
Être schizophrène c’est avoir un psychique cinématographique désorganisé dans le temps, la chronologie est imparfaite. Le principe de la réparation est d’établir une chronologie de synthèse plus juste dans les films de la vie pour pouvoir passer d’une scène à une autre avec aisance, essayer d’avoir un voyage facile, un voyage parfait.

Sortir de l’hôpital sera pour Jean-Pierre intégrer la rue.

Dans la rue je pouvais habiter quelque part avec mes visions, les étoiles, le soleil levant et couchant. Je me sentais nomade et prophète parce que j’avais l’impression de lire l’avenir dans les étoiles, l’avenir de l’humanité.
Quand il faisait beau, je dormais au milieu de la rue.
Plus d’argent, je vivais de ce qu’on me donnait, ramassais des immondices nutritives ou fécondes. Je mangeais tout, ce n’était pas de la boulimie mais une exaltation par le hasard positif.
Je ne manquais de rien jusqu’à ce jour où j’ai violemment ressenti le froid. Je gelais. La police me déplaçait sans cesse. J’ai fait ma première manche avec Bernard Le Prophète. On ne se parlait pas. Il a une plaque commémorative au métro Saint-Jean. Il est mort de froid. Et je suis resté là. Seul.

Durant les six dernières années de sa vie, Jean-Pierre occupera une minuscule chambre à la Croix-Rousse à Lyon. C’est là qu’il peint ses visions. Après le travail, il a une sensation de fatigue qui débouche sur une envie de créer plus. La peinture lui donne une existence dans la société autre que celle apparente de clochard délirant.

La peinture me prouve mon intelligence vis-à-vis de tout ce que j’ai connu, vis-à-vis aussi de la société. Le tableau décrit toute une histoire. D’une œuvre, j’attends une résonnance de ma vie, de mes sentiments, une forme d’extase mystique, émotionnelle, lumineuse.

Jean-Pierre peint 100 tableaux.
On organise une exposition :

100 FRAGMENTS PSYCHEDELIQUES DE COSMOS.

Noir. Jean-Pierre décède le 22 avril 2021. Il a toute sa vie investit beaucoup d’espoir dans la mort, se représentant, avec une foi innocente, l’après comme une merveille. « J’ai aimé, j’ai souffert et pourtant jusqu’ au bout j’aurai aimé les humains comme des divinités ».

Jean-Pierre Verdier et Laurence Loutre-Barbier se sont rencontrés sur le trottoir, puis ce fut une histoire d’amour psychédélique et artistique de neuf années.
Les images (photographies, dessins, peintures et poésies) deviennent leurs territoires.
Ils regardent ensemble : c’est un début d’échange et de confiance.
Ils sont deux, visiblement différents à regarder pour voir et ils offrent dès lors au non conforme et à l’informel leur temps. Ils vagabondent... Ils abordent la terre inconnue d’un avenir partageable qui s’étendra bien au-delà de ce qu’on aurait pu imaginer, c’est la terre de leur histoire, de leur voyage.

 

Deux livres :
Laurence Loutre-Barbier, Voyage Parfait, Fage éditions
Jean-Pierre Verdier, Fage éditions, collection Paroles d’artiste

 

15 avril 2025

Ange Musso, maire du Revest avec le livre de Sandrine Gendre / 2 avril journée mondiale de sensibilisation à l'autisme / avril bleu, mois de l'autisme

"J’ai récemment rencontré Sandrine Gendre, cette maman qui a écrit son livre Dodo, Eco, Kakan, Lettres à Mathis, autiste. Elle y décrit son quotidien et ses douleurs. Le regard des français sur le handicap doit évoluer. Les obstacles et les discriminations restent bien réels.

Soutenons les métiers du soin et de l’accompagnement. Soutenons les Accompagnants des Élèves en Situation de Handicap par la formation initiale et continue à l’autisme par exemple. N’attendons pas le mois d’avril, mois de l’autisme, pour agir. Il faut étoffer notre système de solidarité."

Ange Musso, le 14 février 2025, sur sa page FB

4 pages d'un des trois livres d'artiste présentés par Germaine Raccah; âgée de 70 ans, elle en a réalisé 200 dans sa vie, exemplaires uniques, dispersés au gré de...
4 pages d'un des trois livres d'artiste présentés par Germaine Raccah; âgée de 70 ans, elle en a réalisé 200 dans sa vie, exemplaires uniques, dispersés au gré de...
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4 pages d'un des trois livres d'artiste présentés par Germaine Raccah; âgée de 70 ans, elle en a réalisé 200 dans sa vie, exemplaires uniques, dispersés au gré de...

Docteur Bernard Hoffman

Avant de vous décrire la schizophrénie,  je vais vous raconter une brève histoire, un bref contact avec la maladie et sa réalité bien que ma spécialité ne soit pas la psychiatrie.

Je venais d’être nommé interne en médecine et effectuais mon service militaire quand le Médecin chef de la base aérienne m’appelle pour me demander de le  remplacer pour la  consultation d’un général d’aviation qu’il reçoit tous les mois . Ce patient est Schizophrène.
Ne t’inquiète pas, je sais que tu n’es pas psychiatre,  tu l’écoutes 10mn, c’est tout .
Bien mon commandant!
Heure prévue, arrive le général en grand uniforme. Je n’ai pas le temps de lui dire de s’installer qu’il part dans un déluge de paroles incohérentes, sans que je puisse placer un mot.
Au bout d’un moment qui m’a semblé très long, Il fait une pause. Un peu abasourdi, je profite de cet intervalle pour le remercier et lui dire que la consultation est terminée.
Cet épisode très frustrant m’a permis cependant de comprendre deux choses. La première, qu’entre la psychiatrie théorique de la faculté et la pratique il y a un monde que je n’imaginais pas. ce type de patient ne peut évidemment être soigné et suivi par un médecin non psychiatre. Il ne peut être guéri d’un coup de bistouri comme on vide un abcès.
La deuxième conséquence, à défaut de toute communication possible avec lui, me fut de tenter d’imaginer quelle pouvait être la vie de ce général.
La maladie mentale n’est pas une maladie comme les autres, ni pour le Patient, ni pour son entourage.
Un peu de psychologie ne suffit pas.
Pour vous exposer quelques notions sur cette terrible affection, j’ai donc choisi de vous décrire la vie d’un schizophrène depuis sa conception jusqu’à sa mort parce que derrière la maladie existe un être humain qui souffre.
En effet, même si les causes précises de cette pathologie restent inconnues, un certain nombre d’observations, font penser qu’elle a  une origine génétique associée à des actions environnementales.
Ces deux éléments étant totalement imbriqués.
De par son origine génétique, la schizophrénie débute donc dès la conception du nouvel être.
Les chercheurs ont montré qu’existait effectivement non pas une anomalie génétique bien précise, mais plutôt un dysfonctionnement sur de multiples gènes.
Il s’agirait d’un désordre entre les messages donnés par ces gènes communiquant entre eux mais aussi des erreurs dans leurs réponses aux stimuli de l’environnement.
Nous savons que la vie consiste en bonne partie en une succession de réponses aux évènements naturels auxquels notre corps est soumis.
La personne victime de ce désordre schizophrénique va réagir de façon soit inadaptée, soit disproportionnée à ces stimuli.
De cette constatation,  la recherche actuelle émet l’hypothèse, qu’une grande partie du dysfonctionnement chez le schizophrène provient d’une réponse immunitaire exagérée lors des agressions virales ou bactériennes. Les agents nocifs sur la substance cérébrale seraient les cytokines.  Ces molécules sont les moyens de défense de nos globules blancs. Leur production excessive chez le malade  interfère avec la transmission électro chimique situé au niveau des synapses neuronales.
La synapse étant je vous le rappelle, la prise électro-chimique entre deux neurones.
Il a été montré que tout stress, tout traumatisme intervenant, soit au cours de la grossesse, soit au cours de l’accouchement serait susceptible d’engendrer ou de faire le lit des dysfonctionnements neurologiques de type schizophrénique.
Au total donc, dés la conception puis l’accouchement et la petite enfance, tous stress d’ordre mécanique, infectieux ou psychologique pourra en théorie construire un premier dysfonctionnement propice au développement de la maladie.
Cet enfant va cependant évoluer le plus souvent jusqu’à la puberté de façon quasiment normale. La maladie se développe rarement dans l’enfance.
Ce n’est qu’à l’âge de 18, 20 ans, la plupart du temps qu’apparaissent les premiers signes pouvant évoquer un début de schizophrénie.
L’apparition à l’adolescence et chez l’homme jeune,  a pu être expliqué par le fait qu’à la puberté, un certain nombre de connexions neuronales, disparaissent, pour être remplacées par d’autres connexions.                                    Chez  le schizophrène , ces connexions, ne seraient pas remplacées ou serait bloquées. Cette anomalie sans doute prédisposée génétiquement elle aussi, serait majorée par un certain nombre de facteurs environnementaux existant à cet âge : en particulier un milieu familial perturbé, une vie urbaine stressante, un type de malnutrition , les vaccins multiples  et surtout l’usage de drogues dont principalement le cannabis qui multiplierait par 4 le risque .        Cette première période est donc marquée par des signes le plus souvent frustres qui plus est peuvent, dans le contexte de l’adolescence, période difficile, être relativement négligés .
Et pourtant les  soignants disent que plus le diagnostic est fait tôt meilleur sera le pronostic.
Quels sont ces signes cliniques ?.
Il en existe trois groupes qui sont rarement présents ensemble et à des degrés d’intensité divers.
Les signes dits « positifs »
Positifs parce qu’ils s’ajoutent aux perceptions ordinaires mais de façon exagérée.
Ce sont des hallucinations auditives , olfactives , visuelles  ou des modifications des sensations corporelles. S’y ajoutent des idées délirantes  de type persécution, transmission de pensée, culpabilité…
Vécus comme réels, ces symptômes sont souvent très angoissants et source de souffrance considérable.
Ils peuvent aussi conduire à des actes violents pour le malade lui-même ou son entourage.

les signes dits négatifs
Ils s’expriment par la réduction de l’ensemble des activités mentales et physiques.
Ils se traduisent par un manque d’ énergie, de concentration devant une tache …
Les malades présentent une atténuation de leurs émotions et de leur vie sociale .
ils peuvent être confondus avec un état  de dépression simple.

Il existe au total une désorganisation de la pensée et du comportement rendant cette pensée et le discours totalement flous jusqu’à l’incohérence.

A ce stade la maladie est évidemment évoquée mais du fait que le malade n’a pas la perception objective de ses propres troubles, il ne consulte que tardivement et surtout ne reconnait pas qu’il est malade.
Ceci a pour conséquence que ni lui ni son entourage ne sont capables de gérer la prise en charge mais surtout le traitement médicamenteux, qui , même s’il n’est pas totalement satisfaisant sur bon nombre de points, améliore tout de même la vie des patients dans 30 à 40% des cas.

Je passe sur les difficultés diagnostiques avec d’autres affections psychiatriques ou métaboliques plus « médicales » en précisant que ce diagnostic n’est pas toujours facile car nous ne disposons pas encore de tests biologiques ou IRM marquants .
Ce problème fait que certains praticiens hésitent longtemps avant de cataloguer schizophrène un patient sachant les conséquences énormes que cela implique pour ce patient mais aussi l’entourage.


Le pronostic
La schizophrénie est une maladie lourde pour celui qui en est atteint et difficile à prendre en charge pour le praticien et la famille du malade.
Il existe un taux de suicide important qui montre jusqu’où peut conduire la souffrance de ces malades.
Le traitement fait principalement appel aux neuroleptiques qui agissent non pas encore sur les causes profondes de la maladie, causes encore inconnues, mais améliorent grandement le confort du patient en réduisant considérablement la manifestation des signes indésirables .
Certains reprochent à la recherche actuelle qui dépend essentiellement des laboratoires pharmaceutiques, de se focaliser sur le traitements des symptômes plus que sur le traitement des causes de la maladie pour des raisons financières. C’est sans doute vrai mais nous sommes malgré tout déjà satisfaits des effets de l’aspirine ou du doliprane lorsque nous souffrons et même si cela n’a aucun effet sur la cause de la maladie.
Donc même si on parle de camisole thérapeutique chimique , elle a son intérêt dans de nombreux cas , environ 30% des patients qui répondent très bien aux neuroleptiques.
C’est pourquoi le psychiatre peut selon l’apparition ou la prédominance d’un type de symptôme prescrire un neuroleptique adapté à ce symptôme.
A cause de l’échec relatif des traitements neuroleptiques, ont été définies des thérapeutiques psychosociales.                    Leur premier intérêt est d’épauler la mise en place des médicaments . Comme on l’a vu il y a chez le schizophrène un problème de mauvaise observance des traitements cause principale de rechute. Il est donc fondamental de tenter de faire accepter au malade sa thérapeutiques. Leurs effets sont très bénéfiques .
Elles doivent quasiment persister toute la vie .
Il faut aussi accompagner la famille qui se trouve souvent désemparée face à la maladie et soumise à une contrainte et des efforts psychologique et matériels très importants .
Elles abordent la maladie sur son coté positif c’est à dire par exemple en développant le caractère créatif et artistique du schizophrène.
C’est bien pourquoi je termine sur cette note plus joyeuse et positive qui sera décrite par nos conférenciers et les patients présents à cette soirée, patients qui par des moyens personnels et appropriés à leurs symptômes  ont pu se dégager de l’emprise de cette maladie.

 

5 jours avant, le 10 avril 2025, le projet Artaud avait été présenté accompagné de 3 conférences à l'Université de Toulon; par le lien ci-dessous, vous accédez à l'ensemble des travaux exceptionnels de Frank auquel un lien particulier me lie : je fus son professeur au lycée Rouvière, il se souvient de moi, il fut mon élève, je ne m'en souviens pas mais je suis heureux de nos retrouvailles depuis la manifestation TUTOR organisée par des Revestois d'accueil d'artistes chez l'habitant; c'est lui qui a pris la photo de l'Olivetti d'Andy Warhol, vue dans un appartement, photo que je mets parfois en couverture

l'Olivetti sur laquelle je travaillerai peut-être un jour à tenter de dire le Rien de "je n'ai rien à dire"; c'est l'Olivetti d'Andy Wharhol, photographiée au Revest par Frank Lovisolo lors d'une manifestation qui a eu 2 épisodes : Tutor 2

l'Olivetti sur laquelle je travaillerai peut-être un jour à tenter de dire le Rien de "je n'ai rien à dire"; c'est l'Olivetti d'Andy Wharhol, photographiée au Revest par Frank Lovisolo lors d'une manifestation qui a eu 2 épisodes : Tutor 2

affiche de Il dentro réalisé par Nathalie Havez
affiche de Il dentro réalisé par Nathalie Havez
affiche de Il dentro réalisé par Nathalie Havez
affiche de Il dentro réalisé par Nathalie Havez

affiche de Il dentro réalisé par Nathalie Havez

Il dentro, court-métrage de Nathalie Havez

SYNOPSIS :

Un jeune homme anonyme entame un parcours allégorique et initiatique entre les murs de mémoires, à la recherche d’une voie, et voix vers la libération.

An anonymous young man starts an allegorical and initiatic journey between the walls of memories, looking for a path and voice towards release.

NOTE D’INTENTION :

« Il n’y a qu’un voyage, le voyage au‐dedans de soi. » Rainer Maria RILKE

LA GENÈSE

Est‐il possible de mémoriser toute connaissance humaine au moyen d’un nombre fini d’images ?

C’était le pari audacieux de l’humaniste Giulio Camillo (1480‐1544), considéré comme l’un des personnages les plus célèbres de son temps, celui de la Renaissance Italienne. En bâtissant son « théâtre de la mémoire », qui restera inachevé, Guilio avait l’utopie d’élaborer un système mnémonique universel : Un théâtre fait d’une scène, sur laquelle se tenait un unique spectateur, et de 49 gradins, sur lesquels étaient peints différents « lieux ». Dans chaque lieu, le spectateur‐acteur pouvait associer mentalement des images, chacune renvoyant à des concepts ou des correspondances et symboliques. La finalité : créer un outil mnémotechnique pouvant servir à la formation du parfait orateur et savant.

« L’homme qui est incapable de s’asseoir au seuil de l’instant en oubliant tous les événements dupassé, celui qui ne peut pas, sans vertige et sans peur, se dresser un instant tout debout, commeune victoire, ne saura jamais ce qu’est un bonheur […] Imaginez l’exemple extrême : un homme qui serait incapable de ne rien oublier et qui serait condamné à ne voir partout qu’un devenir ; celui‐là ne croirait pas à sa propre existence, il ne croirait plus en soi, il verrait tout se dissoudre en une infinité de points mouvants et finirait par se perdre dans ce torrent du devenir [… ] Toute action exige l’oubli, comme la vie des êtres organiques exige non seulement la lumière mais aussi l’obscurité. » Nietzsche

"Giancarlo Giordano, les couleurs du noir" est un mini-documentaire écrit par Francesco Occhetto et réalisé par Eugenio Scarsi. C'est un hommage à Giancarlo Giordano (Racconigi, 1940), un peintre piémontais de longue date qui, en 1969, a découvert la souffrance en tant qu'agent de santé à l'hôpital psychiatrique de sa ville, où il a travaillé pendant vingt-trois ans, jusqu'en 1992, vivant avec la démission de l'homme emprisonné dans une institution dégradante. Un témoignage humain et pictural, le sien, qui a voulu être dévoilé à travers ce court-métrage – tourné dans l'atelier de l'artiste et dans l'asile de Racconigi en septembre 2021 – afin qu'une trace vivante reste, comme vivant est l'art douloureux et expressif de Giordano, « la déclaration de l'amour qui vient des cercles infernaux mais regarde la lumière d'une hypothétique rédemption collective. Nous remercions, pour le soutien technique, les « Artistes collectifs par hasard » de Canale d’Alba; pour la musique la chanteuse et violoncelliste Simona Colonna; pour le matériel photographique de la sculptrice Marina Pepino; pour le matériel photographique Marina Pepino; pour les interventions critiques de l’historien Tommaso Salzotti et le professeur Giovanni Tesio.
Nathalie Havez a réalisé il dentro dans l'asile devenu urbex de Racconigi et a rencontré Giancarlo Giordano
court-métrage montré le mardi 15 avril vers 21 H 21, aux Comoni au Revest
 
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un perdant magnifique Victor Ponomarev

14 Février 2025 , Rédigé par grossel Publié dans #FINS DE PARTIES, #Le Revest-les-Eaux, #Corsavy, #les 4 saisons d'ailleurs, #pour toujours, #spectacles, #voyages, #écriture, #bocals agités, #engagement

un perdant magnifique Victor Ponomarev
un perdant magnifique Victor Ponomarev
avis au lecteur :
cet article ne pourrait d'aucune manière devenir un livre, plein d'hyper-liens à ouvrir, revenir à l'article, télécharger deux PDF de livres dont un de 332 pages; c'est une réalisation rendu possible par internet; la lecture en mosaïque sur la page de l'ordi est-elle possible ? je n'ai pas essayé; ChatGPT pourrait-il être sollicité en cours de lecture, sans doute
amusez-vous donc : il y en a pour des heures et des heures donc prendre tout son temps, faire défiler, prendre l'atmosphère, lire ensuite en 6 moments le récit, la légende en 6 chapitres que je fabrique, revenir et ouvrir en fonction des attractions étranges...
carte envoyée depuis St Petersbourg par Vitya, le 10 mai 2023, les deux vieux amoureux ressemblent de dos à JC et A. / photo d'A prise par Edouard Gordeev, un photographe renommé de Saint-Pétersbourg, à la demande de V, depuis un café dont je ne me souviens plus le nom, sur l'esplanade donnant sur la cathédrale Saint-Isaac; c'est Edouard qui avait prêté le parapluie; il en avait toujours 2 ou 3 selon les filles ou femmes qu'il souhaitait photographier; c'était en juillet 2004
carte envoyée depuis St Petersbourg par Vitya, le 10 mai 2023, les deux vieux amoureux ressemblent de dos à JC et A. / photo d'A prise par Edouard Gordeev, un photographe renommé de Saint-Pétersbourg, à la demande de V, depuis un café dont je ne me souviens plus le nom, sur l'esplanade donnant sur la cathédrale Saint-Isaac; c'est Edouard qui avait prêté le parapluie; il en avait toujours 2 ou 3 selon les filles ou femmes qu'il souhaitait photographier; c'était en juillet 2004
carte envoyée depuis St Petersbourg par Vitya, le 10 mai 2023, les deux vieux amoureux ressemblent de dos à JC et A. / photo d'A prise par Edouard Gordeev, un photographe renommé de Saint-Pétersbourg, à la demande de V, depuis un café dont je ne me souviens plus le nom, sur l'esplanade donnant sur la cathédrale Saint-Isaac; c'est Edouard qui avait prêté le parapluie; il en avait toujours 2 ou 3 selon les filles ou femmes qu'il souhaitait photographier; c'était en juillet 2004

carte envoyée depuis St Petersbourg par Vitya, le 10 mai 2023, les deux vieux amoureux ressemblent de dos à JC et A. / photo d'A prise par Edouard Gordeev, un photographe renommé de Saint-Pétersbourg, à la demande de V, depuis un café dont je ne me souviens plus le nom, sur l'esplanade donnant sur la cathédrale Saint-Isaac; c'est Edouard qui avait prêté le parapluie; il en avait toujours 2 ou 3 selon les filles ou femmes qu'il souhaitait photographier; c'était en juillet 2004

note au lecteur

jouer et être joué, être un perdant magnifique face à αἰὼν l'enfant roi d'Héraclite fragment 130

Aiôn est un terme issu de la philosophie antique, désignant le temps cyclique, par opposition à Chronos (le temps physique) et Kairos (le temps métaphysique).

être un perdant magnifique avec la mort
(pas face à la mort ou contre la mort, avec)
c'est ce que fut me semble-t-il Vitya, Victor Ponomarev, débarqué dans notre famille en 1994, il avait 20 ans
faisant un travail d'épitaphier le concernant, sans vouloir être exhaustif (chacun-personne reste un mystère avec ses secrets, ses peurs, ses espoirs, ses blessures), je fouille mes mémoires (souvenirs, photos, vidéos, articles, spectacles) et écris cet article fort long comme tous ceux que j'écris, donc survolé par les gens pressés, article constellé d'hyper-liens, faits pour être ouverts, que beaucoup de lecteurs sur les 110 abonnés hésiteront à ouvrir, ne sachant lequel ouvrir
auteur de l'article, je me laisse porter par les propositions nocturnes et celles du matin au moment de la méditation; propositions, suggestions, associations me viennent, je ne les trouve pas
Vitya est au coeur du récit, d'une légende car je me garderai bien de prétendre à la vérité de ce récit => tout récit est légende même les autobiographies
mais aussi le couple que nous formions et formons encore car faisant ce travail, je me rends compte des empreintes laissées par un être aimé, complexe, secret au possible, un Verrseau, généreux dans le jeu, toujours jouant, autodidacte tant en théâtre que dans tout ce qu'il avait appris par lui-même en cherchant sur la toile (très informé des actualités, très orienté politiquement, une métaphysique de l'animalité humaine en lien avec l'instinct de survie ne laissant pas de place semble-t-il au 3° ordre, celui du coeur, croyant tout de même à l'âme)
une discussion avec lui était toujours redoutable : il ne laissait rien passer et ne lâchait jamais sur une conviction; sa puissance argumentative usant de tous les procédés rhétoriques (élever le ton, s'énerver (un jeu), injurier, prendre un ton câlin (je te charrie), jouant le cynisme sans remords) était perturbante plutôt que convaincante
Vitya me bousculait, c'est ainsi qu'il est devenu l'antagoniste, Boris Siderev, du futur Vita Nova que jeuh J.-C. suis devenu
cher lecteur, je n'ai donc aucun conseil à te donner, fais ton chemin de lecture dans un article qui remonte à la mythologie grecque, passe par Héraclite, Dante et sa Divine comédie, Pétrarque et son Triomphe de la mort, Goya, Leonard Cohen, voyage dans les espaces interstellaires et les univers parallèles
 
1994, 20 ans, 2024, 50 ans / dans un TGV / 1 juillet 2022 Paris Saint-Lazare /
1994, 20 ans, 2024, 50 ans / dans un TGV / 1 juillet 2022 Paris Saint-Lazare /
1994, 20 ans, 2024, 50 ans / dans un TGV / 1 juillet 2022 Paris Saint-Lazare /
1994, 20 ans, 2024, 50 ans / dans un TGV / 1 juillet 2022 Paris Saint-Lazare /

1994, 20 ans, 2024, 50 ans / dans un TGV / 1 juillet 2022 Paris Saint-Lazare /

d'entrée de jeu, ne pas se méprendre sur ce titre, pouvant être reçu comme provocateur, malveillant

avec la mort - je dis avec et non contre la mort, face à la mort - nous sommes tous des perdants

Vitya fut un perdant magnifique

les derniers moments

Depuis le 24 janvier 2024, la Terre a tourné.
 

Chose commune que commencement et fin sur le circuit du cercle. Héraclite fragment 119.
Le chemin montant descendant est un et le même. Héraclite fragment 118.

Le 24 janvier 2024, je souhaitais par téléphone, ses 50 ans à Victor Ponomarev, Vitya
un fils pour nous depuis 1994,
également un gendre depuis 1997
acteur formidable dans de nombreux spectacles
Il avait assuré malgré la douleur et sa faiblesse physique les représentations des 20 et 21 décembre 2023 à la scène nationale de Flers dans
D’autres mondes
et L’horizon des événements de Frédéric Sonntag..
Il n’avait pu passer Noël 2023 avec nous.
Son dernier Noël avec nous fut celui de 2022, qu’il passa surtout dans son cabanon.
Il avait été hospitalisé le 15 janvier 2024 après deux chimiothérapies, destinées comme les précédentes à le prolonger.
Le 31 janvier, je suis monté à l’hôpital Saint-Louis pour le voir. Je l’ai vu le 31, le 1° février, les 3 et 4.
Vitya est décédé le 4 février 2024 à 50 ans et onze jours.
La magnifique et terrible discussion entre une voix fatiguée (lui) et une oreille un peu sourde (moi) que nous avons eue le 1° février vers 15 H m’a profondément marqué.  
Il fut question du Temps éternel αἰὼν et du temps qui passe chronos avec h.

Aiôn est un terme issu de la philosophie antique, désignant le temps cyclique, par opposition à Chronos (le temps physique) et Kairos (le temps métaphysique).


Surgit une oeuvre noire de Goya Cronos sans h dévorant un de ses enfants, oeuvre qui le hante depuis quelques jours
et d'agiter ses bras maigres comme s'il voulait chasser des fantômes
de crier « maman » parce que des mains cherchent à l’attraper.

Il voit tantôt l’enfer, tantôt le paradis.
Il me parle de façon hachée de l'inachèvement de l'homme, du mystère qui enveloppe toutes nos questions existentielles, de la nécessité de se taire.
L’homme se rassure par des certitudes scientifiques éphémères et des croyances. Il faut accepter que le début et la fin de la vie sont des mystères.
J'ai l'impression d'entendre Héraclite l'obscur parfaitement clair.
Il me dit aussi savoir quand il a attrapé son cancer, quand une metteur en scène l'a humilié, ne l'a pas considéré comme un être humain sensible et vivant pouvant proposer pour en faire un acteur robot manipulé harcelé par elle pour obtenir ce qu’elle voulait.
On parle Théâtre avec un T majuscule. J’évoque l'âme éternelle de la Tragédie et de la Comédie, les deux tentatives de l’homme de se représenter les destins humains, tragiques, comiques et leurs mille et une nuances.
Il me rappelle ce qu'il a gravé dans le caveau familial à Corsavy sur l'emplacement de Cyril : tu as été la porte vers mon THÉÂTRE, merci.
Le Temps avec majuscule (Aiôn) est un enfant qui joue en déplaçant les pions : la royauté d’un enfant. Héraclite fragment 130, un des plus célèbres et difficiles.
Nous avons le pion blanc vie mais à Aiôn appartient le pion noir mort.
Nous avons le pion blanc santé, Aiôn, le pion noir maladie. Nous avons le pion blanc jeunesse, Aiôn, le pion  noir vieillesse.
Peu à peu, le temps chronos passant, nous sommes cernés par la maladie, la vieillesse jusqu’à l’issue fatale.
Aiôn, l’enfant joueur gagne, il est le roi.
J’ai reçu l’oeuvre noire de Goya, de façon personnelle.
C’est quoi un père perdant ses fils. D’abord Cyril, maintenant Vitya. Cela me renvoie à la question de Cyril, un jour à Châteauvallon : c’est quoi être père ? J’ai bafouillé sur la transmission.
Puis, j’ai vu le circuit du cercle du fragment 119 :
Vitya s’est trouvé lui aussi confronté à cette question : quel père suis-je avec et pour Kristian ?
Il a eu le désir fort de partir avec Rosalie, voir pendant 18 jours, Kristian et Olga à Saint-Petersbourg, du 19 avril au 11 mai 2023.
Voyage rocambolesque puisque frontières russes interdites. Il leur a fallu passer par le chemin des réfugiés afghans ou pakistanais, en bus à Tallin, en Estonie.
J’ai reçu aussi cette perte des fils d’un point de vue sociologique quand la génération au pouvoir, adulte, ne se soucie pas de ce qu’on appelle les générations futures, quand la jeunesse est sacrifiée (celles de 14-18). C’est ce qu’on appelle le syndrome de Cronos.
Nous sommes à nouveau dans ce cercle.
Cronos mangeant son fils c'est aussi le père qui parce qu'il vieillit enterre de plus jeunes que lui donc ses fils ou des amis plus jeunes.
Après Vitya, ce fut Georges, ce fut Alain, ce fut Christian entre autres.
Ce qui me frappe en vivant la préparation des obsèques de Vitya, le 14 février 2024, c’est le pouvoir rassembleur d'une disparition, pouvoir rassembleur à l'image de la vie de Vitya :
il y aura cette cérémonie laïque à Corsavy, le 14 février, jour anniversaire de l’épousée que Vitya considérait comme sa mère
il y aura deux cérémonies orthodoxes à Saint-Petersbourg et à Oulan-Oudé,
deux familles,
trois générations,
deux cultures,
quatre pratiques : laïque, orthodoxe, bouddhiste, chamanique.
Tout s'est fait en concertation et dans le souci d'honorer Vitya.
Distances abolies par la fraternité, l’amour, l’amitié
et temps aboli grâce à internet, cette cérémonie se déroulant en temps réel par zoom.
Suite à la grève des agriculteurs espagnols dans cette période, la réalité pour mes acolytes et moi, fut que nous sommes arrivés après l’enterrement à 16 H 30.
Je n’ai pas cherché de signe là-dedans.
À la date du 24 janvier 2025, je n’ai toujours pas vu l’enregistrement du zoom.
Dans une vidéo qu'est-ce que la mort, Etienne Klein dit : le temps n'existe pas, la mort en est le visage.
Stéphane Allix et bien d’autres avancent : la mort n’existe pas, le temps non plus.
Tu ne sais pas à quel point tu ne sais pas ce que tu ne sais pas.

Un geste affectueux de Vitya, il nous reniflait comme un hérisson derrière l’oreille. C’était particulièrement agréable, chatouilleux, jubilatoire. Kdo de Vitya à ceux qui aimeront jouer aux hérissons en train de disparaître.
Au 28 octobre 2024, le hérisson européen a été classé comme « quasi menacé

 

 

 

rap de Kristian, 14 ans, fils de Vitya et Olga avec en fin de rap la voix fatiguée de Vitya; traduit en français ci-dessous

"Je me tiens devant le miroir à quatre heures du matin, je me regarde et je ne comprends pas qui je suis devenu. 
Je me tue la nuit Je veux être avec ceux que j'ai perdus Mon feu s'éteint
Il n'a pas brillé depuis le décès de Pono.
Je fais de mon mieux pour garder ta mémoire vivante, le grand Pono vit dans le cœur du petit
J'ai abandonné deux albums parce que ça fait mal de les écouter. 
Les larmes me viennent aux yeux à chaque ligne du putain de sixième sens
Et c'est un cercle vicieux, j'écris à nouveau des textes amers
J’ai même pensé à arrêter de lire, mais cela m’est étranger.
J'ai promis de continuer à faire de la musique, ce qui signifie que je dois continuer. 
Et je mentionne la France dans chaque morceau, non pas parce que je pense que c'est cool 
Montmartre garde notre bonheur, Montmartre garde ce que je n'oublierai jamais 

 

Nous nous battrons, nous avons des armes 
Je suis vraiment désolé que tu nous aies quitté si soudainement, je ne peux pas le comprendre.
Je suis en colère contre le monde, je ne peux pas l'accepter
Tu m'as promis que tu m'aimerais même du paradis 
Je continuerai à t'aimer d'ici 
Vitya, je n'aurais pas dû vivre ça
 
[Voix de Viti]
 
Tout va bien, tout va bien, j'espère... que... cette année il y aura quelque chose de mieux... J'espère bien sûr... Que tu enregistres enfin ton album cette année, que tu l'enregistres bien, avec un micro, avec des paroles, avec toutes les choses, je t’aime… » 

Cher Jean-Claude !
 
L’occasion qui me fait écrire est triste, sublime, complètement détachée de tout ce qu’on peut étreindre. Je ne savais rien de la maladie de Vitya, donc, quand j’ai lu votre lettre précédente où vous dites qu’il sera inhumé, j’avais un long moment de doute et d’engourdissement, espérant que j’ai oublié ce mot en français et que cela doit signifier quelque chose de positive. Mais hélas, des mots ne changent pas leurs signifiés tellement vite.
Frappante n'était pas seulement la nouvelle elle-même mais aussi le fait que Vitya est une des personnes les plus vitales que j’ai jamais rencontrée. Une personnalité énorme, de l’énergie même peut-être excessive pour ce monde, l’énergie qui rayonnait beaucoup, trop beaucoup mais n’était pas facile à vivre avec (pour lui en premier lieu).
Je ne suis pas capable de dire beaucoup et ne veux pas répéter des lieux communs, mais ce fait insondable qu`il  est parti s'intègre pour moi dans la chaîne des morts que vous avez survécu. (Si on peut dire "survivre la mort'). C'est pourquoi vous êtes ici pour moi la figure principale d'échelle énorme qui témoigne la présence de la lignée entière a сhaque instant éphémère aussi que dans l'éternité. Cela me reste inconcevable, comment vous laissez partir les plus proches, les plus talentueux, les plus lumineux et continuez votre vie, aussi tellement profonde et riche. Pour "tenir" tout ça il faut avoir de la sagesse très spécifique.
En pensant de Vitya, de vous, de nos voyages,de votre cimetière familiale à Corsavy et tous autres détails,  j'arrive à comprendre que la rencontre avec vous et par conséquent toute votre famille (comme ils sont tous visibles dans vous et se manifestent à travers de vous, vous faisant plus fort), donc, j`ai compris que cette rencontre avec vous tous étaient un des moments les plus magiques dans ma vie. La richesse indescriptible des gens des talents extraordinaires (aussi artistiques que spirituels) dans votre famille m'étonnait toujours. Finalement, ce que j`admire en particulier c`est la présence absolue de la beauté dans toutes ses histoires dures: la beauté physique, la beauté de leurs actions, de l`art qu`ils créent, et la beauté de ce, comment vous les voyez partir, en moudrant la douleur dans la poésie. La poésie pure - voilà le lien réel entre vous, votre famille et autres secrets de la vie et de la mort les plus beaux. Je suis infiniment reconnaissante d'avoir la possibilité de faire connaissance avec vous et votre famille, de toucher juste un peu ce monde magique, dont vous êtes à juste titre gardien. Que c'est beau que Vitya sera commémoré au quatre vents de religions différentes! Que ce soit le véritable mystère et initiation, libre et puissante comme Vitya était et que vous, son père, êtes.
 
Dasha,  depuis Saint-Petersbourg
avec gratitude et admiration la plus sincère à vous tous. 10 février 2024, 18 H 25
message lu lors de l'inhumation, le 14 février 2024
me
Saturne dévorant ses enfants / L'enfer de Dante vu par Miquel Barceló
Saturne dévorant ses enfants / L'enfer de Dante vu par Miquel Barceló
Saturne dévorant ses enfants / L'enfer de Dante vu par Miquel Barceló
Saturne dévorant ses enfants / L'enfer de Dante vu par Miquel Barceló
Saturne dévorant ses enfants / L'enfer de Dante vu par Miquel Barceló
Saturne dévorant ses enfants / L'enfer de Dante vu par Miquel Barceló

Saturne dévorant ses enfants / L'enfer de Dante vu par Miquel Barceló

la maman de Vitya, assassinée en 1993 rap d'accompagnement Je vous aime d'Axiom / plaque de Vitya, posée le 13 août 2024, à 11 H 30 avec un texte d'Ossip Mandelstam, 6 mois après son inhumation
la maman de Vitya, assassinée en 1993 rap d'accompagnement Je vous aime d'Axiom / plaque de Vitya, posée le 13 août 2024, à 11 H 30 avec un texte d'Ossip Mandelstam, 6 mois après son inhumation

la maman de Vitya, assassinée en 1993 rap d'accompagnement Je vous aime d'Axiom / plaque de Vitya, posée le 13 août 2024, à 11 H 30 avec un texte d'Ossip Mandelstam, 6 mois après son inhumation

Je vous aime (2006)
Axiom

verse
La haine irrigue nos veines
Et alimente nos peines
On ne sait qui consoler et partager les chagrins
La veuve ou l′orphelin
verse
Entre nous des différences
Nous partageons les souffrances
Et même si adversité rime avec diversité
Ensemble pouvoir dire en liberté
chorus
Je vous aime
Qui que vous soyez
Qui que je sois
Nous ensemble
Je vous aime quand même
chorus
Je vous aime
Qui que vous soyez
Qui que je sois
Nous ensemble
Je vous aime quand même
verse
La haine irrigue nos veines trop souvent
Xénophobie nous enchaîne
On se sert de la culture comme le front d'une clôture
Pour couver l′intolérance
verse
Les âmes sans humanité
Les larmes et le sang liés
Entachent les ailes du symbole, l'unité
chorus
Je vous aime
Qui que vous soyez
Qui que je sois
Nous ensemble
Je vous aime quand même
verse
Je vous aime (ô liberté)
Qui que vous soyez
Qui que je sois
Nous ensemble
Je vous aime quand même
verse
On peut se réconcilier
Panser les blessures
Et gommer les ratures qui salissent
La page que l'on doit écrire
Nos projets à venir
Accepter
Respecter
Et changer pour vous dire
chorus
Je vous aime (ô liberté)
Qui que vous soyez
Qui que je sois
Nous ensemble
Je vous aime quand même
chorus
Je vous aime (je vous aime, je vous aime)
Qui que vous soyez
Qui que je sois
Nous ensemble
Je vous aime quand même
verse
Les âmes sans humanité
Les larmes et le sang liés
Entachent les ailes du symbole, l′unité
Et même si adversité rime avec diversité
Ensemble pouvoir dire en liberté
chorus
Je vous aime
Qui que vous soyez
Qui que je sois
Nous ensemble
Je vous aime quand même
chorus
Je vous aime
Qui que vous soyez
Qui que je sois
Nous ensemble
Je vous aime quand même
chorus
Je vous aime
Je vous aime
Qui que vous soyez
Qui que je sois
Nous ensemble
Je vous aime quand même

 

Aujourd'hui, 4 février 2024, je vous quitte. Je quitte la rive et les gens. Je vous le dis encore vivant.

Aujourd'hui, 4 février 2024, je vous quitte. Je quitte la rive et les gens. Je vous le dis encore vivant.

Aujourd'hui, 4 février 2024, je vous quitte.
Je quitte la rive et les gens. Je vous le dis encore vivant.
Victor Ponomarev
24 01 1974 - 04 02 2024
Et quand je vais mourir, ayant servi mon temps,
Moi de tout temps l'ami de tout vivant sur terre,
Retentira plus haut et plus immensément
L'écho du ciel dans ma poitrine tout entière
Ossip Mandelstam
 
Corbeau blanc (2013)
Julien Doré
Ce soir je vous quitte
Je quitte la rive et les gens
Depuis mon île politique
Je prends l'exil des corbeaux blancs
Alors ce soir je vous quitte
Pour la force des puants
Je suis sale et plein de tiques
Je prends l'exil des corbeaux blancs
Je suis la courbe bleue tangible
Je suis l'herbe puis le vent
Tant mieux si ce soir je vous quitte
Je prends l'exil des corbeaux blancs
Tais-toi ce soir je vous quitte
De cette fièvre romantique
Je rends la couronne à vos dents
A vos mâchoires robotiques
A vos ventres de géants
Je sais que ce soir je vous quitte
Je vous le dis encore vivant
Je ne reviens pas des cimes
De là où la neige se pend
Je ne sortirai pas des lignes
Tracées par les corbeaux blancs
Si d'en bas vous me faites un signe
J'oublierai les liens du sang
Pour qu'une pluie d'atropine
Perce vos yeux de déments
Pour une de vos maigres épines
Je prends le nuage de corbeaux blancs
Pour qu'une pluie d'atropine
Perce vos yeux de déments
Moi je suis nu pour qu'on soit quittes
Je suis devenu corbeau blanc
Ça y est ce soir je vous quitte
mardi 11 février 2025, 19 H, Le petit chicago /
mardi 11 février 2025, 19 H, Le petit chicago /

mardi 11 février 2025, 19 H, Le petit chicago /

mardi 11 février, 19 H, Le Petit Chicago, place de l'équerre, Toulon
scène ouverte de poésie, animée par Cédric Lerible et Olivier Sadoul /
inscription                          poesiechicago@gmail.com
je me propose de dire deux textes (2 fois 3-4') si c'est possible
en lien avec l'inhumation de Vitya, le 14 février 2024, jour aussi de l'anniversaire d'A.B., le 14 février 1948
Annie, Vitya, Katia, Olga, 2007 sortie de résidence de création de Rien ne sera plus jamais comme avant
Annie, Vitya, Katia, Olga, 2007 sortie de résidence de création de Rien ne sera plus jamais comme avant

Annie, Vitya, Katia, Olga, 2007 sortie de résidence de création de Rien ne sera plus jamais comme avant

Vitya inhumé le 14 février 2024

La discussion que nous avons eue, Vitya et moi, le 1° février 2024 vers 15 H dans l’unité des soins palliatifs de l’hôpital Saint-Louis à Paris m’a profondément marqué.   Il fut question du Temps éternel Aiôn et du temps qui passe Chronos avec h.
Il me parle de façon hachée de l'inachèvement de l'homme, du mystère qui enveloppe toutes nos questions existentielles, de la nécessité de se taire. « Tu ne sais pas à quel point, tu ne sais pas ce que tu ne sais pas. » J'ai l'impression d'entendre Héraclite l'obscur parfaitement clair.
Aiôn est un enfant qui joue en déplaçant les pions : la royauté d’un enfant. Héraclite fragment 130. Nous avons le pion blanc vie, Aiôn, le pion noir mort. Nous avons le pion blanc santé, Aiôn, le pion noir maladie. Nous avons le pion blanc jeunesse, Aiôn, le pion  noir vieillesse. Peu à peu, chronos passant, nous sommes cernés par la maladie, la vieillesse jusqu’à l’issue fatale. Aiôn, l’enfant joueur gagne, il est le roi.
On parle Théâtre avec un T majuscule. J’évoque l'âme éternelle de la Tragédie et de la Comédie, les deux tentatives de l’homme de se représenter les destins humains, tragiques, comiques et leurs mille et une nuances. Il me rappelle ce qu'il a gravé dans le caveau familial à Corsavy sur l'emplacement de Cyril : tu as été la porte vers mon THÉÂTRE, merci.
Surgit une oeuvre noire de Goya Cronos sans h dévorant un de ses enfants, oeuvre qui le hante depuis quelques jours et d'agiter ses bras maigres comme s'il voulait chasser des fantômes de crier « maman » parce que des mains cherchent à l’attraper. Il voit tantôt l’enfer, tantôt le paradis. J’ai reçu l’oeuvre noire de Goya, de façon personnelle. C’est quoi un père perdant ses fils. D’abord Cyril, maintenant Vitya. Cela me renvoie à la question de Cyril, une nuit à Châteauvallon, au passage à l’an 2000 : c’est quoi être père ? J’ai bafouillé sur la transmission. Puis, j’ai vu le circuit du cercle. Vitya s’est trouvé lui aussi confronté à cette question : quel père suis-je pour Kristian ?
Cronos mangeant son fils c'est aussi le père qui parce qu'il vieillit enterre de plus jeunes que lui, donc des fils.
Quand la génération adulte au pouvoir ne se soucie pas de ce qu’on appelle les générations futures, quand la jeunesse est sacrifiée comme en 14-18, on appelle cela le syndrome de Cronos. Nous sommes à nouveau dans ce cercle.
Un geste affectueux de Vitya : il nous reniflait comme un hérisson derrière l’oreille. C’était particulièrement  chatouilleux. Le 28 octobre 2024, le hérisson européen a été classé comme « quasi menacé ».

 

Annie née le 14 février 1948

Apparemment, c’est une femme de l’absence. Toujours ailleurs. Perdue dans ses pensées. Fille d’air et de rêve. Mais à la pratiquer, avec amour, depuis quarante six ans, j’ai compris que c’est une femme de la présence, une présence légère, dans le présent. Elle ne pèse pas. Elle ne pose pas. Avec elle, tout est danse. Le présent n’est pas que l’instant. C’est le moment de maintenant, avec une pointe de souvenir. Une fleur, chaque jour, pour notre chat parti sans retour. Son nom parfois et alors, une bouffée de nostalgie. Elle est attachée à tout ce à quoi elle a donné de l’amour. Des photos et des mots pour les disparus, la mère, d’une embolie qu’elle embellit, le fils et le frère, dans le même accident. Des cartes aux anniversaires. Des cadeaux sans destinataire pour les recevoir. Quelle aptitude à ne rien laisser mourir malgré la souffrance, évidente, inconsolable. Chaque objet est à la fois d’hier et de maintenant, pas figé, souvent déplacé. L’œil toujours sollicité par quelque nouveauté, une disposition rare, un rapprochement inattendu, un éloignement surprenant. Tout ce qu’elle aime est sans cesse repris, reconsidéré. Petits riens qui changent tout. Combat de chaque instant contre la dégradation, l’usure, l’habitude, l’oubli. La maison vit, est habitée. Pas d’ennui possible avec une femme qui fait de sa maison, de notre vie, un récit, un poème. Avec elle, les simples jours deviennent les simples beaux jours, embellis par le regard, le sourire radieux qu’elle pose sur les choses et les gens. Les tristes jours deviennent les inoubliables tristes jours, adoucis par son sourire mélancolique. Elle rayonne d’amour. Solaire, elle donne le meilleur d’elle, une écoute qui apaise angoisses et peines, aide à mettre en mots, petits maux et grandes douleurs. Mais de ses angoisses et souffrances, vous ne saurez rien, les mots ne sont pas pour elle. Elle ne s’en sert pas pour elle. Tout se passe dans le regard, souvent mouillé, toujours caché. Ah ! la légère, l’aérienne ! Depuis quarante six ans, elle me fait la vie légère. Je l’aime sans comprendre pleinement la force du don qui l’habite. Mais en le vivant pleinement, passant des heures à contempler son visage sur lequel je ne vois pas passer l’âge. Elle a l’âge de son cœur, celui de l’adolescente qui m’a choisi une fois pour toutes. Mon désir d’elle et mon amour pour elle sont restés intacts à son contact.

Les perdants magnifiques de Leonard Cohen, 1966 / sainte Catherine Tekakwitha
Les perdants magnifiques de Leonard Cohen, 1966 / sainte Catherine Tekakwitha

Les perdants magnifiques de Leonard Cohen, 1966 / sainte Catherine Tekakwitha

le pion noir mort de l'enfant-roi du fragment 130 d'Héraclite est le pion ultime de la partie que nous jouons avec le pion blanc vie

αἰὼν παῖς ἐστι παίζων πεσσεύων· παιδὸς ἡ βασιληίη

« Le temps est un enfant qui joue : la royauté de l’enfant. »

nous sommes donc tous des perdants avec la mort

certains sont des perdants magnifiques

Leonard Cohen en fut un; il a écrit un roman : Les perdants magnifiques, 1966

Le narrateur est obsédé par le souvenir de sa femme Edith, suicidée dans une cage d'ascenseur, et tyrannisé par l'amant de cette dernière, le mystérieux et méphistophélique F. Le narrateur tente de conjurer ses obsessions par l'invocation, de plus en plus scabreuse au fil des pages, de la première sainte indienne du Canada, l'Iroquoise Catherine Tekakwitha, convertie par les Jésuites au XVII e siècle, si bien que le livre se déploie dans plusieurs directions - récit bourgeois d'un ménage à trois, biographie romancée d'une sainte historique, considérations hallucinées sur la drogue, Dieu, la culture pop, la guerre d'Espagne, les orgies et les Juifs, bref, l'univers de Cohen -, le cadre romanesque explosant à mesure, en poèmes, sketches, dialogues, prières.

Aujourd'hui Les Perdants magnifiques reste comme un pur joyau de pop-culture, parfaitement déjanté.

Comment puis-je commencer quelque chose de nouveau avec tout cet hier en moi ?

Catherine Tekakwitha, qui es-tu ? Es-tu (1656-1680) ? Est-ce assez ? Es-tu la Vierge Iroquoise ? Es-tu le lis des rives de la rivière Mohawk ? Puis-je t’aimer à ma façon ? Je suis un vieil érudit, plutôt mieux de ma personne maintenant que lorsque j’étais jeune. C’est ainsi que l’on améliore ses traits à rester assis sur son cul. Je t’ai suivie, Catherine Tekakwitha. Je veux savoir ce qui se passe sous cette couverture rose. En ai-je le droit ? Je suis tombé amoureux d’une image pieuse de toi. Tu te tenais parmi des bouleaux, mes arbres favoris. Dieu sait jusqu’à quelle hauteur tes mocassins étaient lacés. Derrière toi il y avait une rivière, sans doute la rivière Mohawk. Deux oiseaux au premier plan à gauche seraient ravis que tu leur chatouilles la gorge, ou si seulement tu te servais d’eux dans une parabole. Ai-je le droit de te suivre avec mon esprit poussiéreux plein du fatras de peut-être cinq mille livres ? Je vais même si rarement à la campagne. Peut-être pourrais-tu m’apprendre quelque chose sur les feuilles ? Que sais-tu des champignons narcotiques ? Lady Marilyn est morte il y a quelques années. Puis-je dire qu’un vieil érudit, dans quatre cent ans, peut-être de mon propre sang, s’intéressera à elle comme je m’intéresse à toi ? Mais pour le moment tu dois en savoir plus sur le ciel. Est-ce que ça ressemble à ces petits autels en plastique qui brillent dans le noir ? Je jure que ça ne me choquerait pas. Est-ce qu’après tout les étoiles sont minuscules ?

J'aurais voulu vivre dans le "folk song" comme Joe Hill, pleurer pour les innocents que ma bombe aurait mutilés, remercier le vieux paysan qui nous aurait nourris pendant notre fuite. J'aurais voulu avoir une manche vide retenue par une épingle double, et voir les gens sourire tandis que je saluais de la mauvaise main. [...] J'aurais voulu avoir ma tête portée à Pékin, avec un poème écrit sur mon épaule, sourire au dogme qui écrasait ma personnalité, faire face aux machines de Broadway. J'aurais voulu que la Cinquième Avenue se souvienne des pistes indiennes [...] J'aurais voulu écrire un pamphlet contre le contrôle des naissances, dans une langue très simple, un pamphlet qui serait venu au foyer, illustré de dessins [...] J'aurais voulu trafiquer dans l'immobilier, représentant d'un milliardaire anonyme et sans âge. J'aurais voulu bien écrire sur les Juifs. J'aurais voulu être fusillé dans les rangs des Basques pour avoir apporté l'Eucharistie contre Franco sur le champ de bataille....

Une soupe délicieuse me brûle la main. Un geyser visqueux m’inonde le poignet. Une pluie magnétique met ma montre Bulova à l’épreuve. Elle vacille à la recherche de son équilibre, puis elle s’abat sur mon poing comme un filet à gorille. Je m’étais faufilé dans sa fourrure humide, que je pressais entre mes doigts comme de la barbe-à-papa. Je suis au centre maintenant d’une exubérante artésienne de collerettes, d’innombrables bulbes, d’une constellation de cœurs muqueux en train de pomper. Des messages en morse moite me remontent le long du bras, paralysant mon cerveau, par des zones obscures, ils choisissent de nouveaux rois pour les prétendants épuisés de l’esprit. Je suis un phoque inventant des ondulations dans une vaste piscine électrique, je suis un fil de tungstène dans un océan d’ampoules, je suis créature des cavernes de Mary, je suis écume sur vague, les fesses de nurse Mary applaudissent avidement comme elle manœuvre pour frotter le trou de son cul sur mon bras, le rose de son rectum glissant comme le rêve d’une rampe démoniaque.

Le 30 août 2023, le pape François a évoqué Catherine Tekakwitha

François a souligné qu'"en Catherine Tekakwitha, nous trouvons donc une femme qui a témoigné de l'Évangile, non pas tant par de grandes œuvres, car elle n'a jamais fondé de communauté religieuse ni d'institution éducative ou caritative, mais par la joie silencieuse et la liberté d'une vie ouverte au Seigneur et aux autres". Même avant sa mort, survenue le 17 avril 1680 à l'âge de 24 ans, Catherine a accompli sa vocation avec simplicité, en aimant et en louant Dieu et en apprenant à ceux avec qui elle vivait à faire de même. Ses dernières paroles furent d'ailleurs : "Jésus, je t'aime".

"En bref, a conclu le pape, elle a su témoigner de l'Évangile en vivant l'ordinaire avec fidélité et simplicité. Puissions-nous, nous aussi, savoir vivre l'ordinaire de manière extraordinaire, en demandant la grâce d'être, comme cette jeune sainte, d'authentiques disciples de Jésus". 

un message d'anniversaire, envoyé le 28 janvier 2025 à 8 H 40

Que ce jour ordinaire te soit extra-ordinaire
Et que ce jour extraordinaire te soit ordinaire
Tu pourras ainsi balader-ballader le curseur d’un extrême, ordinaire, à l’autre, extraordinaire, et apprécier les mille et une nuances entre ces deux extrêmes

αἰὼν παῖς ἐστι παίζων πεσσεύων· παιδὸς ἡ βασιληίη

« Le temps est un enfant qui joue : la royauté de l’enfant. »

dans le texte consacré aux derniers jours de Vitya, m'appuyant sur le fragment 130, j'ai mis l'accent sur les pions noirs de l'enfant-roi qu'il joue contre les pions blancs que nous avons entre les mains

j'ai donc mis l'accent sur les pions du jeu

mais pourquoi αἰὼν est-il dit enfant ?

les jeux d'enfants et pour enfants avaient une grande importance dans la Grèce antique. Dans le cadre du projet ERC Locus Ludi. The Cultural Fabric of Play and Games in Classical Antiquity, une réflexion collective s’imposait sur l’énigmatique fragment d’Héraclite : « Le temps est un enfant qui joue : la royauté de l’enfant. »

Véronique Dasen est professeure d’archéologie classique à l’Université de Fribourg, rattachée au laboratoire ANHIMA, Paris (UMR 8210). Elle explore de manière pluridisciplinaire et anthropologique des facettes moins connues de l’Antiquité : l’histoire du corps et de ses pratiques, médicales et magiques, l’histoire de l'enfant et du genre, la culture ludique en tant que métaphore et fabrique d’une société. Elle dirige plusieurs projets de recherches, en dernier lieu le projet financé par le Conseil Européen de la Recherche (ERC) Locus ludi. The Cultural Fabric of Play and Games in Classical Antiquity (2017-2022, no 741520).

Un livre collectif a été publié par Les presses universittaires de Liège en 2020

Héraclite :
le temps est un enfant qui joue
David BOUVIER, Véronique DASEN (éds)
Presses Universitaires de Liège

 

couverture de l'essai collectif sur les jeux éducatifs en Grèce antique

couverture de l'essai collectif sur les jeux éducatifs en Grèce antique

le PDF du livre collectif, 14 contributions, 338 pages

on ira voir la mer / nous serons vieux aussi / d'autres mondes / l'horizon des événements
on ira voir la mer / nous serons vieux aussi / d'autres mondes / l'horizon des événements
on ira voir la mer / nous serons vieux aussi / d'autres mondes / l'horizon des événements
on ira voir la mer / nous serons vieux aussi / d'autres mondes / l'horizon des événements

on ira voir la mer / nous serons vieux aussi / d'autres mondes / l'horizon des événements

Vitya fut un perdant magnifique

le comédien, le récitant

au Revest en 1999, à Corsavy en 2009
au Revest en 1999, à Corsavy en 2009

au Revest en 1999, à Corsavy en 2009

l'énergie vityale (expression due à K.P.) lors d'une fête des voisins à Saint-Denis en 2022
l'énergie vityale (expression due à K.P.) lors d'une fête des voisins à Saint-Denis en 2022
l'énergie vityale (expression due à K.P.) lors d'une fête des voisins à Saint-Denis en 2022
l'énergie vityale (expression due à K.P.) lors d'une fête des voisins à Saint-Denis en 2022

l'énergie vityale (expression due à K.P.) lors d'une fête des voisins à Saint-Denis en 2022

Vitya dans le théâtre du goulag, parmi d'autres zeks en 2004 (spectacle accueilli au Revest)
Vitya dans le théâtre du goulag, parmi d'autres zeks en 2004 (spectacle accueilli au Revest)
Vitya dans le théâtre du goulag, parmi d'autres zeks en 2004 (spectacle accueilli au Revest)
Vitya dans le théâtre du goulag, parmi d'autres zeks en 2004 (spectacle accueilli au Revest)

Vitya dans le théâtre du goulag, parmi d'autres zeks en 2004 (spectacle accueilli au Revest)

Qui ne travaille pas ne mange pas

expose, sur le mode de la revue, le destin d’artistes détenus qui ont pratiqués le théâtre dans les camps staliniens.

Cie Mabel Octobre, 2004

disponible en DVD

« Au cours de plusieurs voyages en Russie, j’ai pu me rendre sur d’ex-lieux de détention (Magadan, Vorkouta, Pétchora, Inta) et recueillir de nombreux documents sur le théâtre au Goulag (archives papier, audio et vidéo, dont près de 40 interviews d’anciens détenus ayant pratiqué ou fréquenté le théâtre dans les camps staliniens). Comment aborder la représentation d’un monde révolu dans un monde actuel où le devoir de mémoire heurte nos consciences ? Sans me plier à l’exercice de la reconstitution historique, il m’importe de donner à voir et à entendre des visions du théâtre au Goulag en ne partant que de faits véridiques mais en les inscrivant dans un temps présent.

S’interroger sur un thème grave tel que le Théâtre au Goulag, pose la question essentielle de « comment se fait-il que l’art suive l’évolution de l’humanité, comment se fait-il que même dans les situations les plus extrêmes, sous des régimes totalitaires, dans les terribles conditions d’enfermement du Goulag, l’art puisse exister et, à sa façon, prospérer ? »

Judith Depaule

Vitya dans Vous en rêvez Youri l'a fait de la Cie Mabel Octobre 2007 (spectacle accueilli au Revest)
Vitya dans Vous en rêvez Youri l'a fait de la Cie Mabel Octobre 2007 (spectacle accueilli au Revest)
Vitya dans Vous en rêvez Youri l'a fait de la Cie Mabel Octobre 2007 (spectacle accueilli au Revest)
Vitya dans Vous en rêvez Youri l'a fait de la Cie Mabel Octobre 2007 (spectacle accueilli au Revest)

Vitya dans Vous en rêvez Youri l'a fait de la Cie Mabel Octobre 2007 (spectacle accueilli au Revest)

Vous en rêvez (Youri l’a fait)

chronique épique du premier homme cosmique

Cie Mabel Octobre (2007)

En quoi peut-on dire que Gagarine est le dernier grand héros positif d’une époque désormais révolue ? Quelles sont les images qui nous en restent ? Qu’est-ce qu’un héros du 20e siècle, a fortiori communiste ? Comment ça se fabrique ? Quels mécanismes de propagande cela induit ? Qu’en est-il du regard que nous portons sur lui et dans quelle mesure sommes-nous responsables de son héroïsation ? Où en est notre fascination pour le cosmos 50 ans après l’envoi du premier spoutnik le 4 octobre 1957 qui émut le monde entier ? Que reste-t-il du 1er homme de l’univers et de son sourire légendaire ?
À partir de documents d’archives (papier, photo, vidéo et audio), de témoignages recueillis pour l’occasion, d’un univers onirique musical et visuel, le spectacle explore ces questions et réinterroge notre envie ancestrale de nous élever dans les airs en quête d’une inaccessible liberté.

durée 1h30
disponible en DVD

monté à Paris le 31 janvier 2024 voir Vitya à l'hôpital Saint-Louis
faisant depuis le 24 janvier 2025, anniversaire de ses 51 ans, un travail d'épitaphier le concernant, travail passionnant, je me suis rendu compte que Vitya avait joué dans le spectacle sur Youri Gagarine de Judith Depaule en 2007 (accueilli au Revest), que dans D'autres mondes (2020) de Frédéric Sonntag - Asanisimasa il était Alexei Zinoviev, écrivain soviétique de science-fiction imaginant des mondes parallèles, que dans L'horizon des événements (2022) de Frédéric Sonntag - Asanisimasa il est un astrophysicien
je me suis donc dit qu'il nous fallait voyager dans l'univers, quitter un peu bruits et fureurs, folies meurtrières collectives et individuelles, folies des grandeurs, retrouver l'humilité évoquée par Carl Sagan
je connaissais ce documentaire de 1 H 01, mis en ligne le 27 avril 2020 et dédié à Carl Sagan
les voyages extraordinaires des deux sondes Voyager, toutes deux sorties du système solaire et continuant à envoyer des données depuis l'espace interstellaire, sans doute jusqu'en 2030
« On dit que l’astronomie incite à l’humilité et forge le caractère. Il n’y a peut-être pas de meilleure démonstration de la vanité humaine que cette lointaine image. Pour moi, cela souligne notre responsabilité de cohabiter plus fraternellement les uns avec les autres, et de préserver et chérir le point bleu pâle, la seule maison que nous ayons jamais connue. »
Carl Sagan, Pale Blue Dot, 1994.
Carl Sagan Pale Blue Dot 1994 / photo prise le 14 février 1990, le jour de ses 42 ans Le 14 février 1990, 13 ans après son lancement, la sonde Voyager 1, alors qu’elle se trouve à plus de 6 milliards de kilomètres de la Terre et avant de dire définitivement adieu au système solaire, prend un cliché mémorable et émouvant. On y voit un point bleu pâle, minuscule, qui passe presque inaperçu : c'est notre Terre.

Carl Sagan Pale Blue Dot 1994 / photo prise le 14 février 1990, le jour de ses 42 ans Le 14 février 1990, 13 ans après son lancement, la sonde Voyager 1, alors qu’elle se trouve à plus de 6 milliards de kilomètres de la Terre et avant de dire définitivement adieu au système solaire, prend un cliché mémorable et émouvant. On y voit un point bleu pâle, minuscule, qui passe presque inaperçu : c'est notre Terre.

« Regardez ce point. C’est ici. C’est notre foyer. C’est nous. Dessus se trouvent tous ceux que vous aimez, tous ceux que vous connaissez, tous ceux dont vous avez jamais entendu parler, tous les êtres humains qui aient jamais vécu. La somme de nos joies et de nos souffrances. Des milliers de religions, d’idéologies et de doctrines économiques remplies de certitudes. Tous les chasseurs et cueilleurs, tous les héros et tous les lâches, tous les créateurs et destructeurs de civilisations. Tous les rois et paysans, tous les jeunes couples d’amoureux, tous les pères, mères, enfants remplis d’espoir, inventeurs et explorateurs. Tous les moralisateurs, tous les politiciens corrompus, toutes les “superstars”, tous les “guides suprêmes”, tous les saints et pécheurs de l’histoire de notre espèce ont vécu ici… Sur ce grain de poussière suspendu dans un rayon de soleil.
La Terre est une scène minuscule dans l’immense arène cosmique. Songez aux rivières de sang déversées par tous ces généraux et empereurs afin que, nimbés de triomphe et de gloire, ils puissent devenir les maîtres temporaires d’une fraction… d’un point. Songez aux cruautés sans fin infligées par les habitants d’un recoin de ce pixel aux habitants à peine différents d’un autre recoin. Comme ils peinent à s’entendre, comme ils sont prompts à s’entretuer, comme leurs haines sont ferventes. Nos postures, notre soi-disant importance, l’illusion que nous avons quelque position privilégiée dans l’univers, sont mises en perspective par ce point de lumière pâle.
Notre planète est une poussière isolée, enveloppée dans la grande nuit cosmique. Dans notre obscurité, dans toute cette immensité, rien ne laisse présager qu’une aide viendra d’ailleurs, pour nous sauver de nous-mêmes. La Terre est jusqu’à présent le seul monde connu à abriter la vie. Il n’y a nulle part ailleurs, au moins dans un futur proche, vers où notre espèce pourrait migrer. Visiter, oui. S’installer, pas encore. Que vous le vouliez ou non, pour le moment, c’est sur Terre que nous nous trouvons.
On dit que l’astronomie incite à l’humilité et forge le caractère. Il n’y a peut-être pas de meilleure démonstration de la vanité humaine que cette lointaine image. Pour moi, cela souligne notre responsabilité de cohabiter plus fraternellement les uns avec les autres, et de préserver et chérir le point bleu pâle, la seule maison que nous ayons jamais connue. »
Carl Sagan, Pale Blue Dot, 1994.

Vitya fut un perdant magnifique

l'antagoniste

Dialogue à venir, le 21 mars 2028, entre celui qu'on appelait communément J.-C. et Boris Siderev
 
" J.-C. − Depuis le 21 décembre 2020, on est entré dans l’ère du Verseau.
Après 2160 ans d’ère des Poissons dirigée par la planète Neptune, période de dualité, de compétition, d’individualisme où la spiritualité (Christianisme) et l’égo (le Père, le Fils...) ont régné. Ce fut l’ère du Fils du Père communément appelé J.-C. dont le message ne pouvait être qu’inaudible
Matthieu 5…43 Vous avez appris qu'il a été dit: Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. 44 Mais moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, 45 afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes
il est né le divin enfant a été pendant plus de 2000 ans, extériorisé, objectivé, objet de cultes et rituels formalistes sauf chez les mystiques et les hystériques.
Entrés dans l’ère du Verseau, nous avons 2160 ans devant nous pour développer notre intelligence du cœur, le 3° ordre de Blaise Pascal (le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point).
2160 ans si nous le voulons de travail sur nous, de nettoyage, pacification, apaisement ; de développement de notre puissance d’amour inconditionnel qui suppose non-jugement et non-agir
/ dans le même temps, hommes politiques, financiers, technocrates, bureaucrates, médiocrates, peurs collectives persisteront à user, abuser de leurs pulsions de pouvoir sur l’autre, contre l’autre, pulsions dont l’extinction se réalisera par exténuation lente et mortifère et parce qu’elles glisseront sur certains d’entre nous comme pluie acide sur nos plumes de canard.
2160 ans devant nous : nous avons donc le temps de mijoter les nouvelles recettes relationnelles, de tricoter l’éternité du moment présent.
Je t’invite à suivre ce chemin, pour toi, ton chemin qui est aussi le chemin d’un nombre grandissant. Se constituent des égrégores positifs, des groupes d’amis préférant les échanges cœur à cœur aux échanges sur les réseaux sociaux. Comme les chenilles qui engendrent des papillons par prolifération de cellules imaginatives d’abord combattues par les cellules normales de la chenille, 1% d’égrégores positifs ignorés par les accros, les addicts au pouvoir sur l’autre suffira à changer de civilisation.
 
Boris Siderev − D’où tiens-tu ce chiffre « rassurant » ?
 
− C’est un chiffre qui court. Il suffit d’y croire pour que ça devienne la réalité, c’est l’effet placebo, applicable à tout.
 
− T’es un allumé !
 
− Sur la voie de l’illumination. À défaut d’être un illuminé.
 
− Ton changement de civilisation bute sur une donnée évacuée par la plupart des gens. Lévi-Strauss avait nettement soulevé ce problème : on est trop nombreux pour cette planète, 7 milliards et demi pour une planète à 2,5 milliards ; 5 milliards de trop. Tu la prends en compte ou pas cette donnée ?
 
D’où tiens-tu ce chiffre « effrayant » ?
 
− C’est un chiffre qui court. Il suffit d’y croire pour que ça devienne la réalité, c’est l’effet nocebo, applicable à tout. À ce niveau de surpopulation, le changement personnel n’est pas suffisant. Des choix et décisions politiques, économiques sont à faire, par quel gouvernement mondial, universel ? Or on en est encore aux nations et grands ensembles de nations sans aucune visée et vision universalistes. Comme on entre dans l’ère robotique, que donc les robots assumeront la plupart des tâches, que ce seront eux les producteurs et les serviteurs, le travail comme moyen de gagner sa vie sera de plus en plus rare. Le chômage sera de plus en plus massif. La lutte des places sera pratiquée avec encore plus d’agressivité par celles et ceux qui croient que c’est par l’effort et le travail personnel qu’on réussit sa vie. Il faudra de plus en plus assister les assistés pour éviter les explosions populaires, les émeutes de la faim, les grèves insurrectionnelles, les révolutions. La violence se développera. Gangs, mafias et milices se développeront. L’insécurité gagnera. Les gouvernements seront de plus en plus autoritaires. Les libertés individuelles et collectives seront bridées, voire supprimées. Cela ne diminuera pas la population. On vivra à crédit sur le dos de la planète de plus en plus tôt dans l’année. L’effet domino se fera sentir par la conjonction de tous les dérèglements. La planète deviendra de plus en plus invivable. Tes 2160 ans seront nécessaires pour faire émerger du chaos, une civilisation de l’harmonie et de l’amour. Entre temps, pandémies, faim, guerres feront un peu le nettoyage nécessaire. Romans et films de science-fiction annoncent depuis longtemps ces temps de catastrophes, d’apocalypses. Nous sommes prévenus donc potentiellement prémunis. Tu connais l’apoptose. C’est ce suicide collectif décidé par les cellules pour préserver la survie de l’organisme. Le suicide collectif est pratiqué dans des communautés sectaires pour préserver l’esprit de la secte et la survie du gourou. L’humanité saura choisir le suicide collectif de 5 milliards de gens, des pauvres de préférence, pour assurer la vie heureuse des 2,5 milliards d’heureux élus, tirés au sort comme le veut toute vraie démocratie, inspirée de la démocratie athénienne à 5000 citoyens sur le dos de 500.000 esclaves. Mon chemin comme tu vois ne ressemble pas à celui que tu me proposes. Mon chemin est celui de la servitude volontaire, garante de la paix civile et donc de la conservation de la société et de l’humanité.
Je suis volontaire pour le suicide collectif d’intérêt général.
 
− Je vois. Je reconnais là une forme supérieure d’altruisme, se sacrifier pour autrui. Les 5 milliards qui se suicideront volontairement seront tous et chacun des J.-C. se sacrifiant seul sur la croix pour nous sauver tous. Ça va au-delà du suicide métaphysique à la Camus, du suicide assisté pour mourir dans la dignité, du suicide à deux quand un couple veut finir en beauté. Poursuivons une autre fois cette discussion. Excuse-moi, j’ai envie de vomir, faut que j’aille aux toilettes.
 
− Va aux toilettes, imposteur. C’est bien que tu aies développé ce réflexe de vomissement chaque fois que tu mens.
 
− Et toi, quel réflexe as-tu développé ?

− Mon visage se masque, chaque fois que je dis la vérité.

− Pour un comédien comme toi, Boris, ça te va bien le masque.
 
− Un comédien, même s’il va chercher dans ses mémoires émotionnelles pour nourrir son jeu, est avant tout centré sur le personnage qu’il tente d’incarner. Il se met véritablement, corps et âme, au service du personnage. Il est en empathie profonde avec lui et c’est seulement ainsi que toi, spectateur, tu peux t’identifier au personnage, le recevoir comme si tu te voyais dans un miroir. Ma démarche est à l’opposé de la tienne. Comme tu sais que tout jugement, toute réaction est projection de toi sur l’autre, tu te décentres de l’autre, jamais responsable de ce que tu lui attribues, reproches, jamais bouc émissaire, tu te décentres de toi aussi, tu ne colles pas à tes émotions, réactions, tu te mets en témoin, en observateur curieux et aimant de celui que tu veux transformer consciemment. Est- ce bien ta démarche?
 
− Tu ne peux savoir comme je suis content de t’avoir comme interlocuteur et antagoniste et je l’espère comme ami, mon ours sibérien. Prends bien soin de toi. "
 
21 mars 2028
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mais qui est Boris Siderev ?

*** note d’un chercheur : Qui est Boris Siderev ?

Personnage antagoniste, il faut bien se demander d’où il sort ?

Comme tout chercheur, j’ai commencé par l’encyclopédie en ligne et à partir de là par d’autres entrées.
Boris Siderev est un comédien russe, né d’un père polonais qu’il n’a jamais connu et d’une mère russe qui après avoir été abandonnée a refait sa vie avec celui qui fut le beau-père de Boris, un alcoolique qui déserta très vite le milieu familial.
Boris enfant, adolescent se retrouva souvent seul pendant que sa mère travaillait, faisait des ménages. Elle buvait, avait des rapports naturels avec ses amants de passage, elle ne se cachait pas. L’enfant haletait.Il découvrit la rue, ses embûches, ses drames, ses rencontres, ses satisfactions épidermiques, ses violences, ses codes et la loi du plus fort ou du plus malin.

Enfant des rues, Boris eut l’idée un jour (c’était après le viol et l’assassinat de sa mère par un policier, un soir d’ivresse à la russe, un soir d’hiver, sa mère mourant de froid dans la rue, par moins 40°) de pénétrer dans le sous-sol, la chaufferie d’un immeuble collectif, hébergeant un théâtre indépendant, le Molodiojni Theatr’.
Il proposa ses services, accomplit toutes les tâches d’un technicien, apprit l’art russe de l’acteur, vivant et dormant au théâtre, comme gardien.

Il se vit confier le rôle de Zilov dans La chasse au canard d’Alexandre Vampilov.
Puis il fut Le moujik, la tête posée sur les rails, dans la pièce de Nina Sadour Allez, Roulez !
Une apprentie-comédienne-metteur en scène venue de France pour un stage de 6 mois, fut éblouie par l’acteur et le jeune homme de 20 ans.

ls se plurent. Elle le ramena dans ses bagages. Ils se marièrent, n’eurent pas d’enfant. Il entra dans le cercle familial de l’épousée et de l’épousé. Il devint un comédien français reconnu.

Il fut de plusieurs spectacles de L'Insolite Traversée, compagnie créée par Cyril Grossse (1971-2001) avec Jeanne Mathis et Frédéric Andrau.

Il fut Le prince de Hombourg de von Kleist, Pierrot dans Dom Juan, le récitant dans Testimony de Charles Reznikov.

Il fut remarqué par Le Canard enchaîné pour son interprétation d’un écrivain de science-fiction soviétique, Alexei Zinoviev, aussi alcoolisé que Charles Bukowski chez Bernard Pivot, dans le spectacle D’autres mondes de Frédéric Sonntag au Théâtre de Montreuil.

Il joua dans les spectacles de L’Ensemble À Nouveau, un ensemble reconnu comme continuateur de Pina Bausch.
Cette recherche permet-elle d’éclairer son rôle dans la métamorphose du vieux connard ? Le bonnard-Bonnard est né de leurs confrontations pendant les fêtes de fin d’année 2020.

manuscrit du Triomphe de la Mort / Enluminure du Triomphe de la Mort de Pétrarque - Ms Français 12423, fol.37v (détail) - XVIe s. - Bibliothèque nationale de France
manuscrit du Triomphe de la Mort / Enluminure du Triomphe de la Mort de Pétrarque - Ms Français 12423, fol.37v (détail) - XVIe s. - Bibliothèque nationale de France

manuscrit du Triomphe de la Mort / Enluminure du Triomphe de la Mort de Pétrarque - Ms Français 12423, fol.37v (détail) - XVIe s. - Bibliothèque nationale de France

le triomphe de la mort traduction Jean-Yves Masson

2 – La déclaration inaugurale


Pourquoi es-tu descendu regarder dans le placard les chemises où tuconserves tes écrits de jeunesse et d’autres plus récents jugés indécents, où tu as rangé la petite valise en osier des lettres de la jeune fille amoureuse de son professeur ?
Ces souvenirs, tu ne les as jamais cultivés. Tu n’avais nul besoin de ces écritures. Tu vivais au jour le jour, un amour dont tu ne fus pas l’initiateur.
Un professeur ne s’intéresse qu’à des élèves. Tu as été choisi par une élève, s’exprimant un jour, le 25 octobre 1964, dans un couloir de lycée.
– Je pense à vous autrement qu’à un professeur.
C’était une déclaration sans détour, sans ambiguïté, l’expression du désir d’une jeune fille, d’une jeune femme.
4 ans avant ce qui est devenue l’affaire Gabrielle Russier.
Il n’a offert aucune résistance. Il s’est laissé happer par cette demande. Il a dit oui avec le cœur. Dans sa tête, ce fut brouillard pendant 46 ans.
Il n’a reconnu cette déclaration pour ce qu’elle était, une déclaration de désir d’une jeune femme et non une déclaration d’admiration d’une élève, que le 28 août 2010. Au retour d’une aventure artistique de trois semaines au Baïkal. Il y était tombé amoureux d’une des traductrices, l’avait transformée en sirène du Baïkal entraînant dans les profondeurs du lac les pécheurs charmés dont lui.
C’était sa façon de sublimer une pulsion, une émotion, un sentiment, derendre l’autre inaccessible pour l’aimer à l’ancienne, à la troubadour.
C’était sa façon de rester fidèle à l’épousée pour toujours et fidèle à l’élue d’un jour.
Il avait raconté cet épisode d’exaltation fiévreuse à l’épousée.
- Mais ta Baïkalal, telle que tu me la décris, c’est ton fils, notre fils tel que nous
le connaissons. T’as fait un coup de jeune. Tu t’es pris pour lui, dix ans avant,
tombant amoureux de sa Baïkala. T’as télescopé les temps.

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Boris Siderev – je t’ai trouvé abject au Baïkal, baver après Baïkalal, trahir l’épousée pour une fille ayant 50 ans de moins que toi, ta petite fill en somme, un pédophile en puissance, aucune décence, aucune retenue, la toute puissance d’un gamin qui ne s’interdit rien et qui bien sûr est impuissant à réaliser son rêve parce que pour ça, il faut être un homme, un mâle. T’as sublimé parce qu’elle t’a préféré Tolia. Lui, il est beau, magnétique, charismatique, il sait plaire aux filles. Toi, t’es pas beau, t’as pas de charisme. Tu faisais pas le poids. Alors tu t’es inventé un amour sublimé, un amour courtois, une Baïkalal inaccessible puisque tu ne pouvais la baiser. Quand t’as fait ton odieuse crise de jalousie, le 17 août 2010, tu m’as dégoûté. Et révélé ton vrai visage, prêt à détruire ce que tu ne peux obtenir. T’es un bel enfoiré, un imposteur. Tu te fais passer pour un artiste de l’amour à l’ancienne, à la troubadour alors que t’es jaloux de celui qui obtient ce que toi, tu cherches vainement. En plus tu as raconté ta trahison à l’épousée. Tu te rends compte ? Lui dire la vérité, une vérité truquée, masquée. Lui faire mal gratuitement. Moi, je te trouve ignoble, à vomir. Quelle magnanimité, équanimité dans sa réponse qui l’arrangeait d’imaginer le télescopage des temps, toi pour ton fils, la sirène pour l’aimée de ton fils.
Lui – merci Boris de me faire part de tes ressentis. Il y a quelques mois, je serais sorti de mes gonds, usant de la dénégation, étant dans le déni. Je t’aurais dit, Tomber en amour, ce n’est pas vouloir baiser. Aujourd’hui, je me regarde dans le miroir de tes ressentis. Tes ressentis, dégoût, vomissements, c’est aussi moi.
Oui, j’avais du désir sexuel pour Baïkalal, un filet de désir. Si elle avait fait retour, l’aurais-je baisé selon ton expression ? Baiser pour moi veut dire baiser comme un mâle, comme un animal, comme une bête et cela m’est arrivé parfois avec l’épousée.
Je crois que nous pouvons aussi nous comporter autrement, en partenaires
consentants et inventifs, créatifs dans nos corps à corps. Le corps ne triche pas. L’autre sait, sent si tu le considères ou s’il n’est qu’un objet.
Cela nous est arrivé avec l’épousée, la lubridicité.
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J’avais de la fascination pour la grâce, l’élégance, la classe de Baïkalal. J’avais
l’intuition de sa riche vie intérieure, de ses contradictions dynamisantes
et paralysantes.
Ma crise de jalousie ne m’a pas empêché d’écrire Dans le sillage de Baïkalal,
un testament amoureux. Peu importe qu’il soit un masque, une imposture comme tu dis. Toute écriture est posture donc imposture.
Ce qui compte, ce sont les effets sur les lecteurs, ce qui peut s’appeler l’effet de vie, théorisé par Marc-Mathieu Münch.
Y croient-ils ? Vibrent-ils ?
S’ils y croient, s’ils vibrent, il y a transmission, passage de relais, partage.
Mots et caresses de papier deviennent mots réels et caresses réelles.
Quant à l’épousée et moi, il me semble que cet amour subit, d’un jour, surgi au détour, nous a rapprochés. L’épousée et moi, nous avons renouvelé notre pacte d’amour le 28 août 2010.
C’était à leur trou d’eau, un trou d’eau au Riu Ferrer où ils aimaient se baigner nus, dans une eau à 12°, comme au Baïkal, l’été. Où ils aimaient jouir sur leur rocher, moussu vert épais pour l’accueil de deux corps allongés, offerts, prêts à recevoir et à donner, femme et homme-fontaines.
Ayant dit oui avec le cœur, il s’était éveillé à cette beauté, s’était émerveillé de cette beauté. Alors qu’elle allait sur 63 ans, il voyait la beauté de ce qu’on appelle vulgairement les outrages du temps. Elle ne s’acceptait pas en train de vieillir mais refusait tout maquillage. Il lisait telle ride comme la trace de ses rires et fous rires, telle autre comme la trace des larmes qui avaient accompagné la mort de leur fils et celle de son frère, 9 ans plus tôt, le 19 septembre 2001 quand l’instant-camion avait heurté l’instant-navire.
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Il l’a lue comme un livre illustré jusqu’à ce qu’elle passe en un mois, 90 jours après le renouvellement de leur serment d’amour et de leur noce mystique.
Ce fut enfin la Baise, comme elle l’avait souhaitée le 14 juillet 1970 à Baklany au Baïkal.
La Baise désirée eut lieu le 28 août 2010, au trou d’eau du Riu Ferrer où ils aimaient se baigner nus, dans une eau à 12°, comme au Baïkal, l’été. Où ils aimaient aussi jouir de tout ce qui les entourait, si vivant, si changeant, si chargé en vibrations, si chargé érotiquement, ombres et lumières, chants du torrent, reflets, odeurs des mousses, arbres bandants, branches ployées, feuilles mortes...
Boris SiderevLa Baise ! La Baise ! Phonétiquement, pour un comédien, c’est fabuleux à gueuler ! La Baise ! La Baise ! t’ouvres grande la bouche et t’exploses la consonne ! La Baise, c’est ça ? C’est quoi qu’est ouvert ? C’est quoi qu'explose ?
Lui – Je n’en sais foutrement rien. C’est pas pour nous, les mâles, exclusivement phalliques. C’est pas pour elles, la plupart des femmes, phalliques aussi, clitoridiennes. C’est pour quelques mystiques et hystériques. Ça s’appelle la voluptas dolendi, l’extase, l’Autre Jouissance.
Boris Siderevla voluptas dolendi, au ra len ti la vo lup tas do len di di len do tas lup vo (rire)
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Le narrateur – la guérison de l’épousée fut étudiée très attentivement par l’équipe des soins intensifs de l’hôpital. L’équipe conclut que le nombre des apnées (14), leur durée (jusqu’à 1H entre deux apnées, de 16 à 21 H) avaient sûrement déboussolés les cellules malignes, qu’elles s’étaient réorientées, qu’elles avaient fait le choix de l’apoptose, de se suicider, phénomène bien connu dans le monde vivant, des cellules se suicident pour permettre à l’organisme de vivre. Ils ne conclurent pas sur l’efficacité de l’empathie manifeste et manifestée à l’égard de l’épousée. Il n’était pas dans leurs compétences d’évaluer le pouvoir de la prière, le pouvoir d’un rituel sonore à 10.000 kms de distance, le pouvoir d’un puissant sentiment d’amour enveloppant de manière palpable la patiente.
L’épousée et la fille déclarèrent à l’équipe que leurs conclusions étaient sans doute trop restrictives, qu’une approche plus holistique, intégrative de ce qui s’était peut-être passé pourrait aider les milliers de patients atteints de cancer. L’équipe répondit que leur priorité était les milliers de cas livrés à l’hôpital, sans soutien, sans environnement affectueux et pas l’exemplarité d’un cas de guérison miraculeuse.
L’épousé et la fille écrivirent un livre sur la guérison de l’épousée Là où ça
ne prend pas fin
. Ils ajoutèrent au constat, l’extraordinaire volonté de vivre
manifestée par l’épousée pendant les 30 jours de son hospitalisation, contredisant sa question initiale
Je sais que je vais passer. Où vais-je passer ?

 

ÉPILOGUE -
À Baklany, au soleil levant, Koulbertichova apprivoise une mouette posée sur le mémorial. La mouette a, à la tête, une tache couleur rouge, du même rouge que les cheveux de l’épousée. Elle enlève délicatement une plume de la mouette, la lance en l’air. La plume vole au gré des vents du Baïkal qui jouent avec le nuage de Chernobylhome et va se poser sur l’océan de Foukirira.
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Boris Siderev – C’est quoi ces récits de résurrection chamanique ? Ces exhortations à l’apnée prolongée, victorieuse des cellules malignes ?
Moi, sibérien, traversé par trois traditions pratiquées, la chamanique, l’orthodoxe, la bouddhiste, j’y crois.
Mais pourquoi pas un mot de ta décision d’homme, d’épousé, pas d’écrivain, de faire débrancher l’épousée, piègée par deux oedèmes, l’un au-dessus de la tente pouvant être partiellement drainé, l’autre sous la tente, comprimant le tronc cérébral d’où le coma, ne pouvant être drainé ?
Tu nous (ta fille, celle qui t’adore et moi, le comédien, ton gendre) as associés à la décison (merci), décision prise à trois, après que tu nous aies décrit la situation à notre arrivée en train le 27 décembre vers midi, durant 3 heures, le temps de « calmer » nos angoisses.
Décision prise à trois, le 27 décembre vers 16 H 30 en concertation avec le chef de service des soins intensifs et après avoir vu l’épousée, sans réactions (apparemment) à nos caresses et paroles.
Tu as écrit des mails très touchants et vrais sur ces moments, jamais publiés mais adressés à plein d’amis de l’épousée.
Pourquoi as-tu fait passer l’écrivain avant l’homme ? La fiction avant la réalité ?
Je suis tenté de te dire : Va au diable ! Il te faut les feux de l’Enfer !

quand je jette Le roi famine de Leonid Andreiev (ça m'arrive parfois d'être rendu fou par un livre) dans le feu de la sant-Joan à Corps Ça Vit le dimanche 23 juin 2024, à 22 H 15 / Le roi famine de Léonid Andréiev, 1908 Une pièce d’une noirceur absolue dont la trame est la révolte désespérée, impitoyable, des « crève-la-faim » poussés et trahis par un personnage étrange, à la fois provocateur, cynique et empathique, Le Roi Famine. Une pièce interdite à la mise en scène du vivant de son auteur mais qui scella la rupture d’Andréïev avec le camp révolutionnaire, indigné par son pessimisme.
quand je jette Le roi famine de Leonid Andreiev (ça m'arrive parfois d'être rendu fou par un livre) dans le feu de la sant-Joan à Corps Ça Vit le dimanche 23 juin 2024, à 22 H 15 / Le roi famine de Léonid Andréiev, 1908 Une pièce d’une noirceur absolue dont la trame est la révolte désespérée, impitoyable, des « crève-la-faim » poussés et trahis par un personnage étrange, à la fois provocateur, cynique et empathique, Le Roi Famine. Une pièce interdite à la mise en scène du vivant de son auteur mais qui scella la rupture d’Andréïev avec le camp révolutionnaire, indigné par son pessimisme.

quand je jette Le roi famine de Leonid Andreiev (ça m'arrive parfois d'être rendu fou par un livre) dans le feu de la sant-Joan à Corps Ça Vit le dimanche 23 juin 2024, à 22 H 15 / Le roi famine de Léonid Andréiev, 1908 Une pièce d’une noirceur absolue dont la trame est la révolte désespérée, impitoyable, des « crève-la-faim » poussés et trahis par un personnage étrange, à la fois provocateur, cynique et empathique, Le Roi Famine. Une pièce interdite à la mise en scène du vivant de son auteur mais qui scella la rupture d’Andréïev avec le camp révolutionnaire, indigné par son pessimisme.

Vitya fut un perdant magnifique

hypocondriaque et addict aux jeux virtuels

Inquiétude permanente concernant la santé, l'état et le fonctionnement de ses organes, provoquée par un trouble psychique bénin (anxiété, par exemple) ou grave (psychose, par exemple)

dans son cabanon au Revest ou dans son appartement du 18°, Vitya passait ses nuits à jouer à des jeux de rôles, parties avec amis, ennemis, discussion en jeu et hors jeu

Qu'es-tu devenu ?
 
Nuits de la lecture du 23 au 26 janvier sur le thème des patrimoines.
"Ce thème renvoie d’abord à la littérature de l’intime : au patrimoine que nous ont légué nos aïeux, à ce qui nous a été transmis, ou non, à travers les générations et que l’auteur choisit d’évoquer dans son œuvre ; un corps, des biens (y compris des livres), une culture, parfois des traumatismes, le patrimoine alors entendu comme l’histoire propre de notre famille, réelle ou construite, sans cesse actualisée." CNL - Centre national du livre
 
Désolé, dès que tu réfléchis mais il t'a fallu plus de 83 ans de vie réfléchie pour y réfléchir (parce que tu ne sais pas combien tu ne sais pas ce que tu ne sais pas !), il n'y a pas de patrimoine se transmettant, d'hérédité, d'héritage puisque remontant le temps des soi-disant généalogies, tu tombes sur une femme sans nom et sur un homme sans nom.
Comme dit géantement Marina Tsvétaïéva dans Du vivant sur du vivant (1932) à propos des poèmes écrits par des femmes, dont elle : « Tous les poèmes qui furent, qui sont et qui seront écrits le sont par une seule femme, une femme - sans nom. »
Soit Toutes les vies qui furent, qui sont, qui seront sont vécues par une seule femme, une femme - sans nom, par un seul homme, un homme - sans nom.
Tu trouves cette proposition réjouissante c’est-à-dire ouvrant des champs de possibles et surtout rendant la vie légère puisque inscrite dans un flux infini et éternel.
Ta contradiction : si tout est écrit d’une part, si tout doit tout de même être écrit par "chacun " (qui n'est personne généalogiquement situable en remontant) d’autre part, pourquoi te rajoutes-tu un travail d’épitaphier ?
L’écriture même sans mots, faite seulement d'attentions aux ressentis, aux émotions, aux intuitions de chacun (personne) s’inscrivant dans le récit infini, éternel, éternellement présent et sans nom d’auteur ne se suffit-elle pas ?
Tu n’as pas de réponse logique à cela.
Tu as l’intuition que c’est nécessaire.
Et tu as tenté de faire cela avec les matériaux laissés par les disparus.
24 janvier 2025, Vitya aurait eu 51 ans. Tu lui avais souhaité par téléphone son anniversaire, il était hospitalisé depuis le 15 janvier à l'hôpital Saint-Louis en soins palliatifs. Il avait remercié "mon pa-poudlard" (rire).
Le 24 au soir, pour toi et l'âme de Vitya, à voix haute, au micro de l'ordi, tu liras le récit de l'échange très haletant que vous avez eu le 1° février 2024 vers 15 H 30, dans sa chambre à l'hôpital Saint-Louis.
Il est décédé le 4 février. Il est inhumé à Corps Ça Vit depuis le 14 février 2024, jour anniversaire de l'épousée.
La grève des agriculteurs espagnols a eu pour effet que tu es arrivé après l'enterrement. Tu n'as pas pu assister à la cérémonie laïque imaginée par K. P.
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Armand Gatti

17 Septembre 2023 , Rédigé par grossel Publié dans #Corsavy, #FINS DE PARTIES, #Le Revest-les-Eaux, #SEL, #agoras, #ateliers d'artistes, #engagement, #notes de lecture, #pour toujours, #poésie, #spectacles, #voyages, #écriture, #épitaphier

Gatti, 100 ans le 26 janvier 2024, portrait Ernest Pignon-Ernest
Gatti, 100 ans le 26 janvier 2024, portrait Ernest Pignon-Ernest
Gatti, 100 ans le 26 janvier 2024, portrait Ernest Pignon-Ernest
Gatti, 100 ans le 26 janvier 2024, portrait Ernest Pignon-Ernest

Gatti, 100 ans le 26 janvier 2024, portrait Ernest Pignon-Ernest

Un poète et un photographe se retrouvent dans ce livre : Armand Gatti et Paolo Gasparini. De leur rencontre à Cuba en 1962 au moment du Débarquement de la Baie des Cochons, naitra plus qu’une complicité, un dialogue. Je me suis demandé comment ce lien avait pu durer jusqu’à la mort de Gatti. Rien n’est simple...

26 janvier 2024, les 100 ans de Gatti, Maison de la Poésie à Paris et à la BAG à La Seyne-sur-mer
26 janvier 2024, les 100 ans de Gatti, Maison de la Poésie à Paris et à la BAG à La Seyne-sur-mer
26 janvier 2024, les 100 ans de Gatti, Maison de la Poésie à Paris et à la BAG à La Seyne-sur-mer
26 janvier 2024, les 100 ans de Gatti, Maison de la Poésie à Paris et à la BAG à La Seyne-sur-mer

26 janvier 2024, les 100 ans de Gatti, Maison de la Poésie à Paris et à la BAG à La Seyne-sur-mer

La poésie de l’étoile
Paroles, textes et parcours
Armand Gatti et Claude Faber, 
postface de Bertrand Cantat
entretiens entre octobre et novembre 1997
Collection Les passeurs de frontières
Descartes et Cie, 1998
Après Golovanov, traduit par Hélène Châtelain, compagne d’Armand Gatti, il me fallait lire en cohérence avec ce que j’avais lu. 
Deux livres d’Armand Gatti me faisaient signe : 
- La poésie de l’étoile, entretiens, 
- La parole errante, 1760 pages, chez Verdier 
(les 3 tomes des oeuvres théâtrales, Verdier, sont au Revest). 
Plusieurs raisons à ce choix : Gatti vu et écouté au banquet du Livre à Lagrasse, deux ans de suite, Gatti et Jean-Jacques Hocquard vus à La parole errante (les anciens studios Méliès) à Montreuil, Gatti vu en Avignon avec les loulous, Gatti vu à la Bibliothèque Armand Gatti à La Seyne-sur-Mer. 
Je n’ai pas échangé avec lui mais j’ai écouté, j’ai lu, j’ai suivi.
Les entretiens sont passionnants. Ce n’est pas une biographie au sens classique, ni des entretiens édifiants sur une stature. Gatti et le journaliste essaient de mettre au jour, ce qui a mis en mouvements 
- l’enfant vivant dans un bidonville de Monaco avec un père d’origine italienne, éboueur, anarchiste, soucieux de verticalité et dont la langue est la Baleine et une mère également italienne et franciscaine, insistant pour qu’il soit le premier en français (sinon, tu lècheras toujours le cul des riches), 
- l’adolescent de 16 ans qui rejoint le maquis de Berbeyrolle en Corrèze avec des livres de poèmes et comme arme, une poire à lavement, 
- le camp de concentration (la cloche sous-marine à - 200 m, les jouets des enfants juifs entassés dehors, les 3 rabbins et leur théâtre, leur humour dans le camp, la question trouvée dans une boîte hermétique : le mot chien aboie-t-il ?, 
- l’évasion et les 3 mois pour rejoindre Bordeaux, le chemin inverse de celui d’Hölderlin, 
- le journalisme, le prix Albert Londres, 
- les grands voyages de reporter en Sibérie, en Chine, au Guatémala, Nicaragua…, 
- le cinéma : L’enclos, primé à Cannes, 
- le théâtre institutionnel avec Jean Vilar, 
- la bifurcation vers un théâtre pour et avec les loulous (chômeurs, prisonniers, délinquants) 
- et en fin d’entretien, le projet L’été indien. 
Gatti a 73 ans en 1997, né en 1924. Il meurt en 2017.
S’il y a une ligne dans cette vie, c’est le choix de la prise de conscience contre toute prise de pouvoir, c’est le choix de la connaissance comme ouvrant les possibles contre tout dogmatisme, religieux, idéologique, c’est la conviction qu’il faut placer la barre haut quand il s’agit d’écriture, de poésie. 
D’où son amitié avec Michaux, 
d’où sa passion pour le hassidisme et la kabbale, pour les idéogrammes chinois, 
d’où sa passion pour la physique quantique dont il parle très bien et dont il montre bien quelle nous permet de voir autrement qu’à travers le déterminisme de la physique newtonienne.
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Depuis ces entretiens de 1988, le boson de Higgs dont il parle a été fabriqué mais aussi a été découverte l’expansion accélérée de l’univers et nous ne sommes peut-être donc pas l'agonie d'une étoile… 
Et le sous-commandant Marcos n'est plus le porte-parole anonyme des Indiens du Chiapas. 
Lire Jérôme Baschet, la rébellion zapatiste.
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De là où j’en suis aujourd’hui, je trouve sa cherche très intéressante avec deux bémols, les mots combat, résistance. 
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Si tu crois que tu es fait pour l’aventure de l’écriture comme renversement du constat de Felipe :
« vos mots racontent mais ils ne disent rien » 
alors pratique tes injonctions : « au commencement était le verbe et le Verbe était Dieu. Voulez-vous être Dieu avec moi… Nous ne dirons plus ici l’Histoire, nous dirons l’Univers. »
et n'en fais pas une croisade, un combat, une résistance; 
t'as pas besoin d'ennemis à désigner; 
crée, invente des langues
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Gatti, l’homme qui faisait parler les arbres, les chiens, les loups, la baleine, qui rendait la parole des morts comme L’inconnu N°5, comme les dix Irlandais en grève de la faim au temps de Bobby Sands, comme Rosa collective ou les Indiens du Chiapas.
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Armand Gatti ne cache pas son intention : « nous préparons la guerre civile des mots »
Claude Faber
Pour moi, une certitude est une capitulation. La qualité principale de l’homme, c’est d’être imprévisible. Il faut aller à l’encontre de toute modélisation. Les normes ne conduisent qu’aux déformations de l’humain.
Armand Gatti
La page du livre
Claude Faber : Mais avec le métier de journaliste, tu vas multiplier les voyages, donc les trajectoires et les rencontres. Peut-on dire que cette période va te servir à collecter la matière que tu utiliseras plus tard pour tes pièces ?
Armand Gatti : Oui, puisque je n’ai rien oublié de ces voyages. Ils m’ont permis de mieux connaître le monde et surtout le destin des hommes. Quand j’ai découvert la Sibérie en 56–57, j’ai pris conscience de tout un continent, d’une véritable aventure humaine, faite de visages, d’immensité et de froid. Sans ce métier, je n’aurais peut-être jamais aussi bien découvert l’Amérique latine et toute cette vie qui prend souvent des airs baroques et exubérants. Prenons l’exemple du Nicaragua, j’ai une anecdote qui mériterait de figurer dans les œuvres de Garcia Lorca. Quand je suis arrivé à Managua, mes valises ont immédiatement disparu. Je suis allée au commissariat pour me plaindre et j’ai gueulé si fort qu’ils m’ont mis en prison. Les policiers m’ont dit que dans la cellule d’à côté, il y avait une petite Française. Alors moi, j’ai essayé de communiquer avec elle, mais elle ne répondait pas. Quand l’ambassadeur français est venu me chercher, j’ai appris qui était la Française. C’était une 4 CV de Renault. Il faut savoir que Somoza, le dictateur du pays, était représentant en automobiles. Là-bas, il n’y avait que des grosses voitures américaines. Or, ces monstres n’étaient pas faits pour les petites routes du Nicaragua. Il fallait voir ces scènes odieuses quand, à certains passages trop étroits ou trop mauvais, les Indiens portaient chaque voiture avec son propriétaire resté au volant. C’était d’un lugubre. Le proprio poussait la compassion parfois à descendre et marcher derrière. Pour « être aimable » avec Somoza, le gouvernement français n’avait rien trouvé de mieux que de lui offrir une petite 4 CV. Comme tout bon dictateur, il n’a pas pu s’empêcher de défiler dans les rues, vantant les mérites de son nouveau véhicule. L’ambassadeur des USA a très mal pris la chose et il est intervenu. Du coup, Somoza à la solde des Américains, s’est excusé, a traité publiquement la voiture de salope et la mise en prison. L’histoire peut sembler incroyable mais c’est vrai.
Ne jamais chercher le prophète
Chercher le combattant,
Seul le combat de chaque jour invente
Seul le combat de chaque jour crée
Ne cherchez pas le prophète
Seul le combat possède le don de la prophétie.
Rosa Collective, Armand Gatti
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Pauline Tanon a avec Jean-Jacques Hocquard consacré une belle étude à Gatti et aux arbres. Dans le maquis des mots. Actes-Sud, 2014.
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Merci à Georges Perpès et à Françoise Trompette d’avoir pensé à lui pour la Bibliothèque de théâtre Armand Gatti qui a démarré à L'abattoir à Cuers et se retrouve depuis 2012, à La Seyne, place Martel Esprit, devenue aussi lieu d’écritures théâtrales et du projet Un auteur dans ma classe qui en est à sa 8° année : Théâtre de la Jeunesse # 8, sous la houlette depuis 4 ans, depuis 2019 de Cyrille Elslander et Hélène Mégy.
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préambule très précis donnant à voir la démarche d'écriture de Gatti par Michel Séonnet
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en lecture, après Gatti, parce que jamais lues et pourtant je les avais depuis 1988, Mémoires d'Hélène de Sophie Chauveau dont j'ai fait la connaissance à à la FDL d'Hyères en mai, éditions Robert Laffont/JJ Pauvert, avec en titres sur le rabat de 4° de couverture : Jean-Claude Carrière (les années sauvages), sans nom d'auteur Le prix d'un Goncourt, Emmanuelle Arsan (Emmanuelle) et deux autres titres
les 3 tomes des 45 oeuvres de Gatti, parution 1° juin 1991; apparemment indisponible chez verdier

les 3 tomes des 45 oeuvres de Gatti, parution 1° juin 1991; apparemment indisponible chez verdier

Résumé

Quatre mille pages, quarante-cinq pièces : l’oeuvre d’Armand Gatti, homme de théâtre et écrivain, est hantée par l’expérience des camps et des maquis (d’abord celui de 40-45 bien sûr, mais aussi ceux du Guatemala, de l’Irlande du Nord et des banlieues d’ici). Hantée par le Verbe aussi, arme de résistance et de révolution. Ses mises en scène ? Jamais dans un théâtre classique, toujours dans des lieux dérangeants, habités, urbains (cités, prisons, usines). Ses spectacles ? Jamais payants, toujours avec banquets d’anarchistes. Jamais répétés, encore moins ressassés, toujours créations uniques. Ils s’étirent sur trois jours et se dispersent parfois même partout, parmi les figures de pierres. Armand Gatti n’est pas seul, bien sûr. Jean-Jacques Hocquart, Gilles Durupt, Hélène Chatelain, Stéphane Gatti, l’accompagnent depuis fort longtemps dans sa guérilla urbaine. Depuis quinze ans, de Toulouse à Marseille, de Fleury-Mérogis à Avignon, ils opèrent dans les villes ensemble. C’est ainsi, qu’à partir d’un lieu dont ils font leur base, ils vont chercher et tirent à eux tous les laissés pour compte avec lesquels ils vont fomenter leurs spectacles.

Gatti dans son bureau à Montreuil le 26/1/2004 et le bureau le 24/8/2023; la maison de Gatti à Montreuil deviendra-t-elle en 2024 pour le centenaire maison des Illustres ?
Gatti dans son bureau à Montreuil le 26/1/2004 et le bureau le 24/8/2023; la maison de Gatti à Montreuil deviendra-t-elle en 2024 pour le centenaire maison des Illustres ?

Gatti dans son bureau à Montreuil le 26/1/2004 et le bureau le 24/8/2023; la maison de Gatti à Montreuil deviendra-t-elle en 2024 pour le centenaire maison des Illustres ?

La rébellion zapatiste

 

Jérôme Baschet

La rébellion zapatiste
Insurrection indienne et résistance planétaire
Édition mise à jour et augmentée d'une nouvelle postface
1er janvier 1994. Dans le Sud du Mexique surgit un mouvement politique absolument neuf. Autour de son porte-parole, le sous-commandant Marcos, émerge une ample dynamique sociale, forte de décennies de luttes menées par les paysans indiens du Chiapas.
La rébellion zapatiste, prenant ses distances à l ’égard des doctrines de Lénine ou de Che Guevara, ouvre la voie à une autre pensée révolutionnaire. Son but n’est pas de prendre le pouvoir, mais de construire un monde où il y ait place pour de nombreux mondes ; son combat pour la justice sociale et la dignité partagée, qui se déploie dans l’expérience de l’autonomie, s’adresse à tous ceux qui résistent à l’ordre néolibéral.
Étude approfondie des idées et des valeurs du zapatisme, ce livre met aussi en perspective les apports et les stratégies d’un mouvement qui continue d’être une source d’inspiration bien au-delà du Mexique, rencontrant un vif écho auprès d’intellectuels et d’activistes du monde entier. Parution 2 janvier 2019
poème aztèque néolithique, entendu hier matin dans un entretien d'Ivan Illich en 1972
et qui me semble convenir au Songe d'une nuit d'été vu hier soir
et à la vie de chacun d'entre nous, 
la vie nous est prêtée pour un petit temps seulement mais elle est couleur, chant, odeur, saveur avant effacement, 
idem pour toute rencontre
"C'est un poème néolithique aztèque écrit par un Espagnol en lettres espagnoles, mais dans le Nahuatl. Ce poème [adressé à un dieu] dit :
Pour un tout petit temps seulement, nous sommes prêtés l'un à l'autre.
Nous vivons parce que tu nous dessines.
Nous avons de la couleur parce que tu nous peins.
Et nous respirons parce que tu nous chantes.
Mais seulement pour un tout petit temps, nous sommes prêtés l'un à l'autre.
Parce que nous nous effaçons comme dans le dessin même quand il est fait dans l'obsidienne.
Nous perdons notre couleur comme même le quetzal, le bel oiseau vert perd sa couleur.
Et nous perdons notre son et notre respir comme même le chant de l'eau.
Pour un tout petit temps, nous sommes prêtés l'un à l'autre."
Ivan Illich, extrait d'un entretien télévisé avec Jean-Marie Domenach en 1972. Illich dit le poème à 49'50"
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3 philosophes face à la bombe

8 Août 2023 , Rédigé par grossel Publié dans #Albert Camus, #FINS DE PARTIES, #JCG, #Corsavy, #Le Revest-les-Eaux, #SEL, #agoras, #amitié, #engagement, #essais, #notes de lecture, #pour toujours, #écriture, #vraie vie

3 philosophes face à la bombe
3 philosophes face à la bombe
3 philosophes face à la bombe
3 philosophes face à la bombe

3 philosophes face à la bombe

Du N° 13, de la revue Front Populaire,  Guerre à la guerre, tu retiens pour t’interroger, l’article Trois philosophes face à la bombe (Albert Camus, Karl Jaspers, Günther Anders) pages 145-151. Tu ignores si le complexe militaro-intellectuel qui vend la guerre sur les plateaux TV, sans la faire, évoque la possibilité de l’usage de l’arme nucléaire dans la guerre russo-ukrainienne otanienne.
L’article de Combat du 8 mai 1945 dans lequel Camus développe sa position est écrit à chaud, deux jours après Hiroshima qui selon la lettre de Claude Heatherly, pilote ayant participé à l’opération, adressée au révérend N., le 8 août 1960, est une erreur accidentelle (la ville n’était pas la cible).

Camus dégage l’enjeu, avec cette arme c’est le suicide collectif de l’humanité qui est possible. La science censée apporter la connaissance et de meilleures conditions d’existence, contribuer au bonheur des gens dans leur vie quotidienne est utilisée pour des meurtres de masse avec une bombe de la grosseur d’un ballon de football.

On a fait de gros progrès depuis, la bombe la plus puissante ayant jamais explosé en essai aérien est la bombe russe Tsar Bomba (3300 fois celle de Hiroshima).
 
Jaspers fait une conférence 11 ans après Camus, en août 1956 « La bombe atomique et l’avenir de l’homme » qu’il développera ensuite dans un livre de 700 pages, épuisé, paru en 1963 chez Buchet-Chastel. Il met en avant le fait que la théorie de la dissuasion est une folie. Croire qu’on empêchera la guerre parce qu’on possède l’arme nucléaire, c’est ne pas comprendre que toute arme nouvelle finit toujours par être utilisée. Donc, une guerre nucléaire est possible. Ce qui confirme cette hypothèse,

ce sont les essais nucléaires (le chiffre des essais aériens, souterrains, sous-marins sur une trentaine d’années est ahurissant)

et l’impossibilité d’empêcher la dissémination de l’arme nucléaire (sauf à faire une injuste guerre juste).

Anders publie en 1956, la même année que Jaspers, le 1° tome de son magistral livre L’obsolescence de l’homme. Il pense comme Jaspers que la bombe est appelée à être utilisée, que c’est pour cela qu’on l’essaie, que ce ne sont pas des essais de dissuasion pour la vitrine. Au delà de Jaspers, il voit les effets désastreux pour de très longues durées  (millénaires) sur les humains, la faune, la flore.

Tchernobyl entre autres est là pour nous raconter ce qui se passe au niveau des sols contaminés, des eaux radioactives, des peaux brûlées, des modifications génétiques…

Avec la guerre russo-ukrainienne otanienne, on est sorti (on est en voie de sortie) de la pax americana c’est-à-dire des guerres innombrables menées par l’impérialisme US depuis la fin de la 2° guerre mondiale (je devrais citer aussi les guerres menées par la France en tout un tas d’endroits en Europe, en Afrique, en Asie) sous couvert de démocratie et de droits de l’homme

pour entrer dans une recomposition géo-politique entre divers impérialismes, dans une ère de choc des civilisations où ce qui était annoncé se déroule tout à fait différemment en dépit des experts (une guerre russe rapide qui s’éternise, un effondrement de l’économie russe suite aux sanctions qui a fort bien résistée, une Europe et un OTAN dépassant toutes les lignes rouges en laissant les Ukrainiens payer le prix fort de la guerre, les États-Unis  faisant ce qui s’appelle une proxy war (une guerre médiée par un adversaire-tampon, l’empire visé au-delà de la Russie étant la Chine), des BRICS de plus en plus nombreux et puissants, optant pour un monde multi-polaire.
Ce qui m’étonne, c’est apparemment, le peu de crédit accordé au risque de nucléarisation de ce conflit.

Je préfère penser le contraire, même si c'est désespérant. Oui, cette guerre peut devenir une guerre nucléaire et le conflit peut se mondialiser. Personne ne me semble maître du « jeu ». On est dans un conflit portant sur des valeurs et pas seulement sur des territoires, sur des ressources. Comme les guerres de religion, les conflits de valeurs, de visions du monde, sont des croisades et donc ce n’est pas la guerre pour faire la paix (la guerre c'est la continuation de la politique par d'autres moyens d'après Clausewitz), c’est la guerre pour s’imposer, imposer sa foi, sa vision. L’enfer est peut-être devant nous. Avec son prix, le meurtre, le suicide  ? collectif d’une partie de l’humanité.
Pour Camus, le suicide dans un monde absurde est l’ultime liberté de l’individu.
Le suicide collectif, comment doit-il être considéré ? Il est clair qu’il ne s’agira en aucune manière d’une décision libre de chacun et de tous. Aucune concertation des peuples n’a eu lieu. Nous sommes en guerre par le fait de « nos » dirigeants. Aucun vote de l’Assemblée, aucun consultation du peuple par référendum. L'ONU est court-circuitée.

Donc, s’il y a suicide collectif, c’est plutôt d’un meurtre de masse qu’il faudra parler, meurtre imposé, subi. Les princes seront des criminels, devant quel tribunal ? Que les princes, dictateurs, présidents puissent en arriver à cette solution finale, cela s’expliquera-t-il par notre passivité, notre soumission volontaire, notre lâcheté, notre impuissance, notre insouciance, notre inconscience ? Quel activisme pourrait nous en garder ? Camus proposait de combattre pour la paix par la raison, aspirant à un gouvernement mondial (ce sera l’ONU en 1948). Jaspers propose la raison et la sensibilité. Vivre en paix, en harmonie avec les gens qu’on côtoie, qu’on aime, avec la nature, en contemplant la beauté de ce qui s’offre, tant que cela s’offre. J’ignore ce qu’Anders propose.

Vers qui se tourner ? Des 300 livres d’Épicure, il ne reste que quelques pensées de lui sur la politique, dans les maximes capitales. Épicure a été « détruit » par le christianisme. Raison : sa philosophie et sa politique sont immanentes et non transcendantes. Il était incompatible avec Dieu et les fables qui en sont issues, la naissance d’un enfant sans père, une femme qui donne naissance sans géniteur, un fils de Dieu qui meurt et ressuscite, l'eucharistie. Ces fables sont puissantes, durables. Elles sont peu en rapport avec des faits réels. Elles ont plutôt à voir avec nos désirs, celui d'éternité par exemple (Le désir d'éternité, Ferdinand Alquié).


« La justice n’est pas quelque chose en soi mais quand les hommes se rassemblent en des lieux, peu importe, chaque fois, lesquels et leur grandeur, un certain contrat sur le point de ne pas faire de tort ou de ne pas en subir. » M.C. XXXVIII.
Pour Épicure, la politique c’est l’art de produire les conditions de possibilités sociales d’une vie hédoniste pour tous. Il veut que le contrat vise l’établissement de lois justes pour tous, pas pour une minorité de privilégiés. Il sait que l’homme n’est pas naturellement bon et que c’est culturellement qu’il peut le devenir par la philosophie politique épicurienne en particulier. Il est le penseur de la puissance de la majorité, l’antidote à la tyrannie des minorités, des maîtres sur les esclaves. (N°12, Front Populaire pages 6-7).
On voit en quoi des initiatives comme Construisons notre bonheur sont éminemment épicuriennes et sans doute une des bonnes façons de passer contrat. C’est du local, de l’action décidée par RIC.

Ou le projet de Jean Delorme avec les Entrepreneurs du sens.


Si on prend en compte, toutes les initiatives, installées dans le temps, à périodicité stable, (mensuelle, bimensuelle), on se rend compte que certes, les dirigeants nous feront tuer en masse (et cela nous dépasse) mais que nous avons encore de la latitude pour nous rencontrer, discuter, décider de faire notre bonheur avec d'autres.

 

3 philosophes face à la bombe
3 philosophes face à la bombe

Après deux N° de la revue des deux mondes, deux N° de la revue Front populaire.
Avec Jean-François Kahn, dans la revue des deux mondes, tu te confirmes dans ce jugement que chiffres et sondages des « experts » de plateau TV et autres tribunes ne sont là que pour habiller, voiler, maquiller, bidouiller, manipuler, orienter, formater l’opinion, ne sont là que pour se substituer à l’opinion, à la voix citoyenne, ne pouvant s’exprimer par la voie référendaire (au sens du RICCARL) localement, régionalement, nationalement, européennement, onusiennement.
Chiffres et sondages, conseils des cabinets de conseils étrangers (américains, allemands) grassement payés contre la voix des gens ordinaires, contre la voie démocratique dégageant une majorité que Tocqueville a décrit comme « le despotisme de la majorité » dans De la démocratie en Amérique.

Voilà une "bible" dont il faut reconsidérer l'impact.


Soit aujourd’hui, « démocratie directe » pas du tout réalisée contre « démocratie représentative » où les représentants élus se servent, s’accordent privilèges et prébendes avec cynisme et mépris du peuple = des gens ordinaires = des périphériques, invisibilisés au profit de minorités agissantes de toutes sortes, les plus gueulardes ayant le plus pignon sur plateau, contribuant à la fragmentation de la société, à son éclatement, à sa décomposition, à la guerre civile, à bas bruits pour le moment, selon Michel Onfray, décrivant par exemple ce qui se passe régulièrement quartier Perseigne, à Alençon, Orne, son département aimé, quartier devenu « territoire perdu de la République » selon un euphémisme pudique, territoire devenu territoire d’une tribu marquant son territoire par « tirs de mortiers, incendies de poubelles et de voitures, barricades, dégradations de mobilier urbain, caillasses, guets-apens de policiers  et de pompiers, une bande d’une cinquantaine de personnes masquées, cagoules, armées de barres de fer est allée au contact de la police forte de 35 membres pendant 3 heures. » N° 12, pages 5-6
Avec les N° de Front populaire, N° 12, La tyrannie des minorités, l’art de détruire la France et N° 13 Guerre à la guerre, contre les impérialismes, te voilà en présence d’analyses argumentées, de droite, de gauche, d’ailleurs et de nulle part comme se présente la revue.
Ça déboulonne, ça renverse les statues, ça jette à bas quantité de logiciels, de paradigmes, de discours admis sans distance, par méconnaissance (puisque tout est voilé, truqué) et ça fait un bien fou, tout en déstabilisant au point de ne pas en dormir, sans doute pour remettre un peu de cohérence dans tes convictions.
Tu es confirmé dans ta conviction récente (depuis 2020 environ) que tout un tas de récits sur des épisodes du roman national sont des faux,

- la révolution française (il vaut mieux lire Taine que Michelet ou Jean Tulard),

- l’universalisme des droits de l’homme,

- la colonisation civilisatrice (le célèbre discours de Victor Hugo du 21 août 1849 au Congrès de la Paix, souvent cité mais toujours caviardé, coupé de ce qui aujourd’hui gêne),

- la résistance sous Vichy,

- le gaullisme, le mitterrandisme, le chiraquisme;
qu’il en est de même de tout un tas de récits sur des épisodes internationaux :

- la révolution bolchevique, le stalinisme,

- la libération de la France par les américains,

- la guerre du Viet-nam,

- les guerres du Golfe (l’énorme mensonge de Colin Powell montrant une fiole d’ « arme bactériologique » du régime de Sadam Hussein aux TV),

- les guerres de l’axe du bien contre les axes du mal,

- les guerres justes qui fonctionnent selon un schéma hérité de Saint-Paul, Saint-Augustin, Saint-Thomas d’Aquin, médiatisé par deux Bernard, BK et BHL: je te fais la guerre préventivement à toi dictateur dangereux, au nom des droits de l’homme, de la démocratie, de l’universalisme, d’une façon active, pas réactive, pour t’empêcher de me faire la guerre liée à ta folie. Je tue des gens réels, je cause des souffrances réelles, des injustices réelles au nom d’injustices virtuelles, de souffrances virtuelles. (N°13, pages 2 à 9)

Tu es effaré de voir comment on est passé
- de la génération de 68, dite des Boomers,  rimbaldienne, utopiste, qui rêvait d’une société différente, de courir le monde, d’inventer une contre-culture, de définir une liberté neuve
- à la génération des Millennials  qui font choix d’un monde fait d’interdits, de censures de tous calibres, de frontières pathologiques entre les races, les cultures, les sexes, les âges.
Comme si on était passé, en quelques décennies, d’« il est interdit d’interdire » à « il faut faire taire celui qui m’offense ». Selon Brice Couturier (N° 12, page 157)

exit avec cette génération, la résilience: ce qui ne te tue pas, te rend plus fort

Tu penses à Marcel Conche, à ses fondements de la morale, au devoir de prendre la parole pour ceux qui ne l'ont pas

(à mettre en contraste avec ce qui est arrivé au Canada à Ariane Mnouchkine, voulant donner la parole dans un spectacle aux indiens autochtones, sans eux et se faisant tailler en pièces, parce que sans eux c'est contre eux = = activisme décolonial; voir aussi ce qui est arrivé à J.K. Rowling)


Woke veut dire éveillé, qui s'éveille, prend conscience. Comment l’éveil a t-il pu engendrer le Wokisme, source de régressions impensables il y a une dizaine d'années ?

Le wokisme est la rencontre selon Jean-François Braunstein d'un courant américain du protestantisme théorisant la notion de péché d'un point de vue collectif et pas seulement individuel (tous coupables, le méchant blanc) et de la french theory, les philosophes français dits de la déconstruction (Foucault, Derrida, Baudrillard).

Pour ma part, j'approuve que l'on révèle la réalité coloniale, dominatrice, exterminatrice, extractrice, prédatrice de l'Occident. Après vient le débat : réparation, repentance... Avec le wokisme, plus de débat possible : il faut passer par la revanche, la vengeance.

Autre point à évoquer : la question de l'identité. Là encore, l'idée de définir, de faire évoluer son identité, ses identités, n'est pas en soi une "mauvaise" idée. Personnellement, je suis favorable à ce que j'appelle la fluidification de l'identité puisque cela correspond à la variété de nos humeurs, sensations, émotions, sentiments, pensées. Mais de là à exiger la reconnaissance par autrui ou par la loi de mes choix personnels me semble correspondre à ce proverbe : les chemins de l'enfer sont pavés de bonnes intentions.

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(Une vague de folie et d’intolérance submerge le monde occidental. Venue des universités américaines, la religion woke, la religion des «  éveillés  », emporte tout sur son passage  : universités, écoles et lycées, entreprises, médias et culture.
  Au nom de la lutte contre les discriminations, elle enseigne des vérités pour le moins inédites. La «  théorie du genre  » professe que sexe et corps n’existent pas et que seule compte la conscience. La «  théorie critique de la race  » affirme que tous les Blancs sont racistes mais qu’aucun «  racisé  » ne l’est. L’«  épistémologie du point de vue  » soutient que tout savoir est «  situé  » et qu’il n’y a pas de science objective, même pas les sciences dures. Le but des wokes : «  déconstruire  » tout l’héritage culturel et scientifique d’un Occident accusé d’être «  systémiquement  » sexiste, raciste et colonialiste. Ces croyances sont redoutables pour nos sociétés dirigées par des élites issues des universités et vivant dans un monde virtuel.
  L’enthousiasme qui anime les wokes évoque bien plus les «  réveils  » religieux protestants américains que la philosophie française des années 70. C’est la première fois dans l’histoire qu’une religion prend naissance dans les universités. Et bon nombre d’universitaires, séduits par l’absurdité de ces croyances, récusent raison et tolérance qui étaient au cœur de leur métier et des idéaux des Lumières. Tout est réuni pour que se mette en place une dictature au nom du "bien" et de la «  justice sociale  ». Il faudra du courage pour dire non à ce monde orwellien qui nous est promis.
Comme dans  La philosophie devenue folle, Braunstein s’appuie sur des textes, des thèses, des conférences, des essais, qu’il cite et explicite abondamment, afin de dénoncer cette religion nouvelle et destructrice pour la liberté.
Un essai choc et salutaire.)

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Appliqué à l'école, ça donne : "l’école inclusive est la « révolution copernicienne » du système éducatif, la fin heureuse d’une école « ségrégationniste et élitiste » avec l'extension du domaine du handicap...La dyslexie a ouvert le bal à la fin du siècle dernier, destinée à camoufler l’échec de l’apprentissage de la lecture par la méthode globale, bientôt suivie de tous ses avatars poursuivant peu ou prou le même objectif : dissimuler l’échec des réformes pédagogiques engagées depuis quarante ans en l’attribuant aux supposés « dysfonctionnements » neurocérébraux d’élèves chaque année plus nombreux. Cette extension organisée du domaine des « dys » explique sans doute l’étrange statistique  selon lequel un quart des élèves français relèverait aujourd’hui du handicap… La déconstruction de la norme – par rapport à laquelle se définit nécessairement le handicap – et l’idéologie victimaire qui sert de boussole aux instances supranationales ont pour effet de pathologiser la société. Pour preuve, la catégorie de « handicap ressenti », strictement déclarative et très sérieusement utilisée par l’INSEE dans l’établissement de ses statistiques sur le handicap en France... Tous handicapés, tous victimes, tel serait donc l’idéal de l’école inclusive." Anne-Sophie Nogaret, N°12, pages 126 à 131.

Vers les confins
Vers les confins

Vers les confins

8 août 2023
7 H 10 balade d’une heure sur la route de Montferrer, 4 kms AR.
Mon ombre portée devant moi avec le soleil rasant atteint 15 m. Je vois ma belle allure d’homme à la Giacometti.
8 H 10 je croise Clive, archi-pressé comme à son habitude et dont j’ai rencontré la fille Charlotte quelques jours avant. Magnifique jeune femme de 25 ans. Très émotive, elle avoue que d’avoir 25 ans l’angoisse car il lui faut décider de son projet de vie. Elle veut devenir maman. Fini le temps de l’insouciance, des virées sac à dos dans le monde entier.
On a envisagé une soirée barbecue à 4.
8 H 15, courses légumes-fruits chez les filles. Café.
Je peux me connecter et travailler sans que ça rame à publier l’article Face à la bombe. Jusqu’à 11 H 30.
Interruption d’une bonne demie heure suite au surgissement de Ninon, psychologue et de son père, éducateur spécialisé en retraite. Reprise d’une discussion sur Irvin Yalom, on parle de Camus. Le père est allé sur la tombe de Camus à Lourmarin. J’évoque la tombe de Gabriel Guez-Ricord, quasiment en face.
12 H 30, repas partagé avec Rosalie et Lula.
Sieste d’une heure, réglée comme papier à musique.
15 H 15, balade de 6 kms sur la route de Montefferrer AR.
17 H, discussion sur la place de la république avec papy gaga et un pompier professionnel de Lyon, en retraite. Papy gaga nous annonce la 3° guerre mondiale pour 2025.
Ne nous empêchons pas de construire notre bonheur. Avec nos proches, des gens rencontrés, des amis.
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Fin d'après-midi et soirée, je décide de me plonger dans Vers les confins de Serge Rezvani, dont j'ai lu La traversée des Monts noirs. Énorme et agréable surprise.
Ce roman foisonnant correspond à ce sur quoi je travaille en rendant compte de mes lectures de revues. Humour ravageur, dommage que je sois seul, je ne peux partager mes rires. Roman dont j'ai déjà lu un tiers. les livres I et II sur 6 livres.  Après reprise du dernier chapitre de La traversée des Monts noirs, et deux jours et une nuit dans le tunnel passant dans les Monts noirs, on prend un convoi de camions militaires en route pour les Confins, désert sans fin où vivent les Esséniens, les descendants de la Bible d'avant sa défiguration par le Nouveau Testament.
Si avec la revue Front populaire, ça déboulonne, avec ce roman, on atteint l'apothéose des déboulonnages, où Spartacus précède de 70 ans, le Christ, où la doctoresse  et la mathématicienne sont les seules femmes du voyage d'élucidation des crimes commis dans les Confins, les autres personnages s'appelant l'ami français, l'enquêteur du district, le criminologue, le chercheur en philosophies oubliés, où la philosophe du deuxième sexe n'est pas nommée mais  déconsrtruite... Bref, un régal.

https://les4saisons.over-blog.com/article-la-traversee-des-monts-noirs-serge-rezvani-103527428.html
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deux extraits par la doctoresse, Déborah
« – Oui, je veux dire que la Vie est sans pensée, elle ! Sans programme, elle ! Que la Vie va s’épanouir là où se trouvent dans la Nature des interstices qui lui sont favorables. Elle s’improvise Vie !  Sans savoir qu’elle est Vie ! Voyez l’Australie. À peine s’était-elle détachée des autres continents qu’en quelques millions d’années elle invente les marsupiaux. N’est-ce pas sublime d’imaginer, avec notre étrange cerveau spécifiquement humain, que l’Univers se peuple à l’infini d’une Vie aveugle, sans conscience et à la fois de la même violence inventive que le Feu, lui aussi aveugle et sans conscience, des Mondes en fusion ? Que la Vie et le Feu cohabitent à l’infini dans l’Univers comme cohabitent Vie et Mort ? N’a-t-on pas découvert dans les abysses des mers les plus profondes – là où les feux telluriques jaillis du magma terrestre luttent avec l’eau – non seulement des particules de vie mais d’étranges amalgames de cellules formant des corps composés, munis d’étranges griffes et de crochets, capables de supporter des chaleurs proches de l’ébullition ?
Quand nous eûmes roulé un moment en silence, elle avait ajouté :
– La Vie ne connaît aucun obstacle. Et même quand je mets en garde ces bergers dont nous parlions tout à l’heure, à propos de la radioactivité des métaux qu’ils arrachent aux carcasses des grandes épaves ensablées, je sais qu’à l’échelle des générations, l’espèce humaine, le jour où elle sera atomisée, comme ces espèces animales ou végétales qui survivent et prolifèrent en dépit de tout autour des centrales nucléaires dévastées, oui l’espèce humaine même si elle est défigurée, même si elle est méconnaissable, je dis bien l’espèce humaine revenue s’il le faut à son animalité la plus primitive qui n’est que Vie sans figure humaine, s’arrangera pour survivre coûte que coûte en se réinventant autre par tâtonnements successifs. » (pages 102-103)
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évidemment, je constate la coïncidence d'inspiration avec un poème écrit en juillet et que j'ai mis en voix (5'45"), non partagé
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Metamorphosis
Cosmogonie orgasmique
Somnolent dans le fauteuil Louis-Philippe,
une image te vient :
La Terre et ses milliers de bouches éruptives,
ses milliers de vulves-geysers,
la Terre ronde est ronde
de toutes les grossesses animales et humaines,
de toutes les germinations florales et végétales,
de toutes les minéralisations calcaires et granitiques.
La Terre est la porteuse, l’accoucheuse
de tout ce qui naît, de tout ce qui prend corps.
Le corps, les corps, encore et encore.
Incarnations en chairs et en os,
en racines et cimes,
en strates et sédiments.
Et tu te vis, foetus en position foetale, dans le ventre-terre.
Du ventre-mer, du ventre-mère
tu es passé au ventre-terre, au ventre-univers........................
Tu as inspiré l’air du Large.
Tu es monté dans la pirogue du Fleuve.
Tu as été fécondé par les abeilles de l’Amour.
Tu accueilles, tu recueilles, tu donnes, tu offres.
Tu ne tries pas, tu ne juges pas, tu n’opposes pas.
Ce qui advient devait arriver,
ce qui adviendra arrive déjà,
ce qui est advenu arrive toujours
parce que le passé ne s’efface pas.
Tout est mémorisé, devient mémoire vivante.
Tu t’es laissé glisser dans l’Océan que tu es.
Tu n’es pas une vie minuscule gouvernée par un zizi ridicule.
Tu es une vie Majuscule reliée au Tout.
Tout copule et consent avec joie à copuler.
Poussières et semences d’étoiles,
germes et spermes de l’orgie de l’évolution,
de l’ontogenèse, de la phylogenèse,  
à la vie à la mort.
La fabrique des corps. Et au coeur du corps, le coeur.
Tu es humble de ton humus,
humain de ton humanité,
universel de ton universalité,
divin de ta divinité.
En ouvrant tes bronches,
en activant ouïes, branchies,
tu retrouves tes éléments, l’air, l’eau.
Tu entres dans l’innocence.
Tu es miracle et mystère de ta naissance.
Tu seras mystère et miracle de ta mort.
Tu fais choix de l’ignorance.
Tu ne refuses pas les connaissances
mais surtout tu sais qu’on ne sait rien.
Rien du début, rien de la fin, rien du sens s’il y en a un.
Tu acceptes d’être dans l’incertitude,
tu ne cherches pas de certitudes.
Tu ne crois plus qu’il y a la Vérité à chercher.
Tu essaies d’être dans la Vie, dans l’Amour, dans la Mort.
Tu montes et descends l’échelle,
Du Tartare à l’Olympe,
du Ciel à l’Enfer
et tu bivouaques sur la Terre.
Du Tartare, tel Orphée, tu ramènes poèmes et mélodies.
Épitaphier de tous les morts aimés.
Dans l’Enfer, pas de damnés condamnés à jamais.
Du Ciel, tu ne fais pas le séjour de Dieu ni le paradis des ressuscités.
Dieu ayant créé se cache, tsimtsoum.
Le ciel est espace de légèreté pour la gente ailée.
Dieu est dans le silence d’un souffle subtil.
Dans l’Olympe, aucune guerre des dieux.
Ils ont eu le temps d’apprendre et de pratiquer l’anarchie.
La Terre est danses et cycles.
La grande roue du Grand Manège tourne
bien huilée
sans grincements de dents.
Dieu et les dieux  sont présences ineffables.
Tu n’es plus un hamster.
Tu es à Parfaire. Tu es un Parfait. Tu es Parfait.

 

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Ecrire sur l'olivier / domaine de Tourris / 16 mai 2021

16 Mai 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #Le Revest-les-Eaux, #album, #poésie, #écriture, #pour toujours, #vraie vie

Lorsque la fleur s'apprête à s'ouvrir, c'est avec une telle volonté que, malgré son apparente fragilité, aucune force extérieure ne pourra l'en détourner. Rainer Maria Rilke

Une fleur tombe même si nous l'aimons;                                                                                      une mauvaise herbe pousse même si nous ne l'aimons pas.

Dogen

Celui qui cueille une fleur dérange une étoile. Théodore Monod

Chaque fleur est un sexe

Y avez-vous pensé quand vous respirez une rose ?

René Barjavel

 

 

 

article dédié à Philippe Borel, père d'Emilie Borel, présent avec Van, la mère d'Émilie Borel, la "muse" de Marcel Conche, à cet atelier d'écriture du 16 mai 2021 au domaine de Tourris

Philippe Borel, haut fonctionnaire de l'ONU dans le cadre de la FAO, est décédé brutalement le 6 septembre 2021 à Beyrouth, de la Covid 19, lors d'une mission sur les conséquences de l'explosion du port de Beyrouth du 4 août 2020

Emilie Borel et son mari Ivo ont réussi en 10 ans à produire en Corse, une des 10 meilleures huiles d'olive au monde

Elle a écrit après 12 ans de silence (le sien et celui de Marcel Conche) dans le livre Le siècle de Marcel Conche, décédé le 27 février 2022 à 28 jours de ses 100 ans

Sa figure et sa passion pour l'olivier sont évoquées dans le livre 21 femmes qui font la Corse, paru aux éditions du Scudo en Corse et dans son livre Les secrets de l'olivier

scudo édition et Les Cahiers de l'Égaré
scudo édition et Les Cahiers de l'Égaré

scudo édition et Les Cahiers de l'Égaré

domaine de Tourris
domaine de Tourris
domaine de Tourris
domaine de Tourris

domaine de Tourris

remerciements aux propriétaires du domaine qui nous ont permis de travailler et nous ont ouvert la chapelle et donné un certain nombre d'informations

Consignes pour l'atelier d'écriture du 16 mai 2021

au Ménage, domaine de Tourris

 

nous allons travailler sur l'olivier en partant de ce constat, c'est un être vivant, sensible et sans faire d'anthropomorphisme, nous allons imaginer, ressentir que lui et nous, nous sommes reliés, faisons partie d'un Tout, la Vie, éternellement créatrice à travers ses cycles, que donc il est une partie du Tout, comme nous, et comme nous, qu'il est le Tout en même temps ; tu n'es pas une goutte dans l'océan, tu es l'océan dans une goutte dit Rûmi ; je rajouterai que partie du Tout et Tout en même temps, ça ne se pense pas, ça se ressent, ça se vit et ce qui est vécu c'est l'amour inconditionnel dont la Vie fait preuve en créant tout ce qui vit ; dit autrement, la Vie comme source, énergie universelle, éternelle, comme information existant de toujours, pour toujours, dans l'instant, dans le présent qui est éternité, le seul temps réel (passé, futur sont des créations de l'homme, pas des animaux ou végétaux), la Vie comme souffle donnant vie, s'incarne, donne forme à la multiplicité de ce qui apparaît, disparaît, ; cette source, elle, est sans forme, elle est vide d'où tout surgit (vision quantique de l'univers et de la vie)

donc, si vous voyez l'olivier, lui aussi vous voit ; si vous lui empruntez une branchette, peut-être faut-il lui demander son accord, ou au moins l'informer de ce que vous allez faire et lui rendre l'équivalent de ce que vous avez pris, une offrande compensatrice

notre travail sera la mise en place d'un rituel, inventé, pas inspiré des traditions animistes et chamaniques même si l'esprit sera le même ; tout ce qui existe matériellement est aussi esprit ; il y a le monde qu'on voit, respire, sent, goûte et le monde parrallèle des esprits ; en lien avec ce que j'ai dit plus haut, je dirai le monde de l'Esprit, de l'Esprit-Saint ; c'est ce que je crois sans vous demander de partager cette croyance ; mais pour l'écriture, vous considèrerez que c'est comme une expérience de pensée (pour nous expérience vécue) au sens d'Einstein qui par exemple se demande que se passe-t-il si je chevauche un rayon lumineux, si je me déplace à la vitesse de la lumière et ça donne la relativité restreinte puis la relativité générale

comme il s'agit d'une démarche de nature spirituelle, il semble à propos de se donner une nouvelle identité

vous décrirez ce nouvel homme ou femme que vous souhaitez être et vous communierez, fusionnerez avec l'olivier, de l'olivier à l'huile d'olive

si Emilie Borel en 10 ans a réussi avec Ivo à produire, en Corse, la 1° huile d'olive française à être reconnue comme une des dix meilleures huiles d'olive du monde dans 7 concours internationaux, c'est en lien avec son amour inconditionnel de ses oliviers, de ses olives ; ça compte énormément, c'est le moteur de l'excellence, ça ne se mesure pas parce que cet amour quasi-mystique c'est l'amour comme force, comme foi qui déplace les montagnes

donc, optez pour l'amour inconditionnel de l'olivier, de ses olives, de ses huiles

vous inventerez pour finir un mantra ; je vous donne un mantra que je pratique chaque jour : 

ram vam lam yam ham aum om ; normalement, il se chante selon la gamme do ré mi fa sol la si 

il est possible aussi de photographier, de réaliser une aquarelle

 

ces consignes, c'est plutôt un état d'esprit, une disposition et une intention que vous posez (j'ai l'intention d'entrer en connexion avec l'olivier, de m'éprouver comme olivier...), je vous demande de les accueillir comme vous les ressentirez, attractives, répulsives... ; regardez-vous en train d'éprouver une déception (vous ne vous attendiez pas à ça), une colère contre l'animateur, un rejet de la communion-fusion ; laissez s'exprimer ces ressentis et mettez-vous en position d'observateur, genre vous marchez dans la rue et depuis un balcon, vous vous regardez marcher ; en une minute, colère, déception passent et vous passez à autre chose, un autre ressenti, en général, plus bienveillant

 

mais d'abord, présentons-nous dans ce que nous croyons être notre identité

 

depuis le 25 décembre, je ne suis plus JCG mais Vita Nova, auteur d'un roman de métamorphose : Alors, ton livre d'éternité, tu le rends quand ?, démarré le 13 décembre 2020 sur une impulsion soudaine, terminé quant au matériau, le 30 mars, écrit dans un flow inconscient qui a déclenché une pemphigoïde bulleuse, dès le 15 décembre, avec traitement jusqu'à mi-avril ; c'est donc une écriture éprouvée, peut-être même sans que je le sache, ce qu'on appelle une crise de guérison

chapelle de Tourris
chapelle de Tourris

chapelle de Tourris

Les textes

 

L'oleastre

 

Evie…Elle est, elle passe, elle se déroule, elle traverse…

Silhouette pesante-corps-terre, tronc-dense.

Elle file, elle fuit, elle évite…

Des yeux verts-fentes.

Elle observe, elle écoute les histoires de rives lointaines, portant des voix de proximité, des voix d’intersection entre des mondes.

Le sentier accroche ses pas, son regard glisse sur l’arbre au bord du chemin.

Des branches hirsutes, un tronc décharné, un feuillage destructuré, épars…

On dit que tu es le bâtard des oliviers, un vulgaire oléastre , tandis que tes pairs arborent des troncs noueux, des éclats argentés et des fruits luisants.

On dit que tu es le gueux, oublié , à côté de tes semblables choyés, taillés, vénérés.

Et pourtant, tes branches fragiles s’élancent vers le ciel, brave expression de ta vitalité.

Tes atouts humbles, frémissants, tes myriades de feuilles captent son attention.

Tu as poussé audacieusement au pied de roches blanches, l’air de rien.

Ton insignifiante existence est un mystère.

Ton feuillage enlace la promeneuse, celle qui vient, l’air de rien, abandonnant ses états encombrants.

« Souffres-tu , l’arbre ? »

Elle enveloppe de ses mains-calice tes bourgeons. Elle ne demande pas d’autorisation, dérisoire passeport pour se lier, s’entrelacer.

Elle t’effleure , sans te froisser, sans te plier.

Une respiration profonde accompagne l’émotion, le face à face devient une évidence.

Elle dépose au cœur de ton feuillage son visage.

Tu en gardes l’empreinte durant une seconde d’éternité.

Les décomptes, les postures, les mesures sont à ton contact insondés, insensés.

Elle te contourne…

Des arbustes t’étouffent , t’enserrent.

 

Tes frondaisons sont des cris de résilience.

Tes racines sont des espaces de résistance.

 

« Porteras-tu des fruits, l’arbre ? »

 

Tu lui murmures :

« Ris à l’ire !

Sois olive, vert de vie !

Enivre toi d ardence ! »

 

Myriam.B

Tourris 16 mai 2021

 

BRAVONE

 

Pour la troisième nuit je me suis réveillée dans le corps de Bravone. C’est ainsi que l’on me nomme de l’autre côté de la nuit. Bravone…, certainement parce que le courage est ce qui me manque le plus.

Non pas que je sois dépourvue de cœur, au contraire. J’accueille volontiers la nature humaine dans ce qu’elle a de brut et d’inconstant. Et ma bienveillance donne facilement protection à celui qui en aurait besoin. Mais le courage !

Je pense à ces résistants naguère égayés dans le maquis. Les ruines d’un hameau, au revers de la colline de Tourris, guide ma pensée vers eux. Je pense aussi aux « Justes », qui sauvaient les juifs au péril de leur vie. L’odeur de la menthe froissée sur cette parcelle de colline où je me suis assise, m’entraîne à leur suite, dans les chemins de l’espoir entre la France et la Suisse. Tant de vies sauvées !

Bravone , pour signifier au monde entier ce que je ne suis pas, ou du moins pas encore, et peut-être jamais ?

Au cœur de mes interrogations, un olivier s’offre à moi, dans la pleine lumière de midi. A l’aplomb du soleil, il est sans ombre.

Viens, m’invite-t-il et tiens-toi, toi aussi, à l’aplomb de TA vérité, de TA réalité. Ainsi, mettant en lumière le TOUT de ton unité, tu seras. Oubliés les coins d’ombre où l’on relègue si facilement ses faiblesses et ses défauts.

Mon corps se redresse et s’imprègne de la sagesse de ce bel arbre centenaire au feuillage gris argent.

Un chant doux et humble se forme dans ma gorge, comme un mantra. Il circule entre l’arbre et moi : va, vis, vois, bois, moi, toi, JOIE

Cela arrive et cela repart, ça tourne, je danse, je ris. Je sens la chaleur de la joie sortir du cœur de Bravone et inonder chaque cellule, en paix.

Ce rituel m’a réconciliée. Je suis ce que je suis et Monsieur Courage me rendra visite un jour, s’il le veut, s’il se peut…

 

Tourris le 16 mai 2021

Michelle Lissillour

 

Au détour du chemin, une panoplie d’arbres, pas très hauts, gris, presque métalliques, froids ! Enfin les visualiser car je ne m’y déplacerai pas.

J’écoute, je regarde, je sens, je touche... dans mon silence cérébral.

L’olivier est un arbre fruitier sur lequel on ne peut rien cueillir ni manger en instantané, rien ! Le goût, mais pour plus tard, si on est patient et accepte la servilité de la communauté.

Peut-être pour ça que je ne l’aime pas, lui. Pour apprécier ses fruits, il faut être domestiqué, devoir passer par la main humaine pour en accueillir la substance. Il est rêche, retors, je le laisse à ses manigances millénaires.

Je n’arrive même pas à comprendre pourquoi il est le symbole de tant d’émotions, je dirai même d’aliénations humaines.

Paix... mais c’est parce qu’il y a eu guerre

Réconciliation... mais c’est parce qu’il y a eu discorde

Pardon... mais c’est parce qu’il y a eu offense, ou mal

Force et victoire... mais de quoi parle-t-on et sur quoi ?

Sa longévité est associée à ce qu’en ont fait des générations de nous, son huile a servi de récompense aux jeux, récompense aux combats de nous... sur nous.

De moi, l’olivier est éloigné.

Il me met mal à l’aise, car il sait que je ne l’aime pas.

Son ombre, quand je la trouve, ne me procure aucun bien-être. Elle est rachitique comme ses rameaux.

De lui, je suis éloignée aussi.

Ce qui m’interroge, c’est sa fascination sur les nous justement, qui semblent retrouver en lui les étapes civilisationnelles de leur passé, la matrice nourricière des débuts. Mais peut-être alors moins les chasseurs-cueilleurs !

De plus, je me méfie des petits qui ont cette sorte de déguisement naturel pour mieux attendrir.

La prochaine fois, j’irai à l’olivier pour lui dire tout ça. Mais je n’arracherai rien à sa vie car je sais que je ne lui donnerai rien en échange.

Je commencerai par l’ancien, celui à côté de la ruine, dont tout le monde a oublié l’existence, je lui demanderai de me raconter ce qu’il en pense.

Il faudra du temps, peut-être de la sagesse, un peu d’intérêt réciproque... pour s’apprivoiser.

 

Sylvie Combe

17 mai 2021, Le Ménage, domaine de Tourris

en fleurs
en fleurs
en fleurs
en fleurs

en fleurs

Sans étiquette et sans identité, vierge de tout, je nais à moi-même, chargé de tout un héritage, mais rien n’est encore fixé, riveté à mon âme, tatoué sur ma peau.

 

Libre de choisir ou de ne pas choisir, je prends mon temps.

 

Je n’ai ni forme ni genre, simplement je suis.

J’existe par vos regards, je me construis de vos mots, de vos chants.

Je laisse grandir ma nature…

 

OLIVE LIVRE LIBRE OLIVE LIVRE LIBRE OLIVE LIVRE LIBRE OLIVE LIVRE LIBRE OLIVE LIVRE LIBRE !

 

Mes racines sont ici, ici ou là, enfin je crois…

Mais avant de me planter là, que l’on me plante là, ma mémoire génétique parcellaire me rappelle avoir beaucoup voyagé, de l’Asie Mineure à tout le pourtour méditerranéen.

 

Je me suis frotté aux terres les plus arides où seul, je serais mort de soif, j’ai goûté avec délices le voisinage des cerisiers, abricotiers, amandiers, j’ai profité de l’attention des hommes à leur égard, de la luxuriance de leur floraison, de la fluidité de mouvement de leur feuillage souple sous la caresse du vent, du parfum sucré de leurs fruits sous les rayons du soleil.

 

Moi qui garde mes feuilles tout au long de l’hiver, je durcis ma peau dans les intempéries, mon cuir épaissi, changé en vert de gris, doit résister à tout, morsures du froid sous les assauts du mistral, brûlure des feux de plein été, des canicules meurtrières.

Ma plus grande gloire, ce sont mes fruits, verts, charnus, noircis par la maturité, dont le jus pressé doré irrigue toute la culture méditerranéenne, en est le lait nourricier.

 

À ce prix je suis délocalisé, arraché, déplacé, replanté, taillé, mutilé parfois, à la mesure de l’homme qui vit des fruits que je produis ; un oiseau doit pouvoir le traverser sans en frôler une branche dit un proverbe que nul oléiculteur n’ignore.

 

Je me suis pourtant rebellé, j’ai refusé de grandir. Ma tige très courte n’est qu’un moignon boursouflé, laissant surgir cinq branches en grand désordre habillées d’une frondaison échevelée ;
j’ai échappé sans doute à une taille en règle, trop mal parti, trop mal dégrossi. Au bout de la rangée, à la lisière de la forêt de chênes verts, je me suis fait oublier au milieu des herbes folles, mes fruits ne sont d’aucune économie.

 

Les oiseaux me trouvent très beau et se prélassent dans mes branches, le sauvage oléastre me tient pour frère, les hommes et les bêtes s’endorment à mes pieds, sous mon ombre généreuse.

Je ne regrette rien…

 

Marie-Hélène Taillard

17 mai 2021, Le Ménage, domaine de Tourris

 

Je m'appelle Léo, j'ai 12 ans. Je viens d'être viré de mon collège. Une raison : harcèlement. Tous les matins, j'ai emmerdé méchamment une petite fille de sixième. Je suis très lâche. Je l'appelle le bouledogue. Bouledogue par-ci, bouledogue par la. J'ai 12 ans. Et je n'ai même pas rire, je n'aime pas tout simplement. Au foyer, on a fait de la boxe. J'ai tellement tapé fort sur un garçon que je lui ai cassé une dent à la salle. Je n'ai pas été puni parce que c'est du sport.

Je m'appelle Léo et j'ai 12 ans. Je vis à Chaumont. Je n'aime personne, je n'ai pas de parents. Je vis dans un foyer d'accueil. Avant je vivais dans une famille d'accueil. Je déteste ce mot. Accueil. Moi je n'accueille personne. Je n'accueillerai jamais personne. Ils ont fait venir au foyer un clown. Ça pue les clowns. Puis il a disparu ce jour-là, je suis né entre la buanderie et le jardin. Je suis né de sa connerie. Puis il a disparu et moi, je suis apparu. Je suis apparu entre les machines à laver et les bosquets de Marguerite.

Je m'appelle Léo, j'ai 12 ans, je ne suis pas très beau, assez grand avec un gros cul. C'est pas beau les gros cul, c'est ce que dit l'éducatrice. Le soir, je suis bien quand il fait nuit, je regarde la télévision au foyer. Je regarde ce qu'il y a. Je m'en fous. L'éducatrice a dit qu'un jour je passerai au journal. Je n'ai pas compris. Elle est conne. Alors on est parti à la campagne dans un domaine. Je crois que ça s'appelait Tourris. C'est moche. Et la il y avait Jean Michel le baron du lieu. On a regardé des arbres, des oliviers je crois. Trop bizarre !!! Putain d'arbres. Des années. Ils étaient là avant la construction du foyer. Il y en a un qui était mort, ça faisait comme une grande table. Et de cette table, il y avait cinq arbres qui étaient nés. Trop classe ! On croirait que les cinq arbres gigantesques se mettent à table pour manger.

Le Baron a dit : « Posez vos mains sur les troncs ! Et laissez-vous aller ! » Qu'est-ce que j'en ai à foutre du tronc. Et puis, j'ai fait comme tout le monde. J'aime pas ça mais je l'ai fait. Drôle de sensation ! Pas mal, pas mal du tout. Je me suis installé, assis sur le plateau du vieil arbre mort et j'ai posé mes mains. L'arbre m'a dit : « Pourquoi as-tu fait ça ? » « Je ne sais pas. » Il a demandé qu'on le fasse. J'ai parlé longtemps avec l'arbre jusqu'au soir, c'est mieux que la télévision. Ils sont venus me chercher pour manger. Je n'ai pas dormi.

Le lendemain matin, je suis directement venu rencontrer l'Olivier. Je l'ai serré dans mes bras. Et j'ai ressenti puis encore ressenti et enfin je l'ai compris. Jean-Michel a dit : « Récitez un mantra que vous inventez ! » « C'est quoi ça ? » Ai-je répondu. « Des mots que tu ajoutes les uns aux autres et que tu répètes indéfiniment. Comme si tu les récitais. » « Je ne connais pas des mots qu'on ajoute pour les réciter. » Alors j'ai choisi. J'ai regardé l'arbre et je lui ai dit : « Lego Kapla Mario kart Play mobil. » J'ai répété ces mots une vingtaine de fois sans m'arrêter.

Aujourd'hui je les répète encore. Je m'appelle toujours Léo, j'ai 72 ans. Je vis dans les collines de Turquie proche de la ville de Bursa en Asie Mineure. Je fabrique de l'huile, j'ai un domaine avec des hectares d'oliviers. Et je répète tous les jours ma phrase à mes arbres.

 

Philip Segura

ânes, brebis, pages d'écriture, offrande
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Je m’appelle…

Mon nom porte sang et sons.

Il vibre quand on le prononce, il vibre quand j’aime et suis aimé. 

Il fait résonance.

Il reçoit et offre et se nourrit des deux.

Mon nom permet que l’on me nomme… 

Que l’on me désigne, non pour me séparer du reste, mais pour me prendre en compte, me considérer comme être, entité parmi les autres.

Car, tant qu’on ne nomme pas, on n’existe pas. Enfin, pas tout à fait…

 

Je suis fait de bois et de la tendresse des feuilles.

Mes mains ont des routes et mon corps des étoiles.

Comme chacun, je suis géographique et les cercles sont ma principale forme géométrique.

Je tourne de ronds en ronds. J’avance. J’essaie.

 

Emilio. Voici mon prénom. E-MIII-LIO. Sa sonorité est un appel et une respiration.

Il avance et recule : on pourrait croire et ça peut l’être…

Il faut juste, arrivé au « i », bien l’étirer et puiser, extraire, récolter les fruits à ramener.

Ainsi, ce n’est plus recul, mais retour, retour avec un peu de mieux, de plus profond, de plus vaste.

 

Tant qu’il y a flux, tant qu’il y a tension, il y a vie et sa capacité d’amélioration et d’expansion.

Alors voilà, je tends, je tends vers, j’aspire. 

Un peu comme le tir à l’arc japonais où le départ de la flèche et sa juste visée est presque anecdotique, sans importance.

 

Mon nom de famille, mon nom de la famille des hommes, c’est Contini.

Je m’appelle Emilio Contini. Voilà mon nom complet.

 

Je m’appelle, je me rappelle…

Je m’appelle comme je me rappelle, je me rappelle à moi-même.

Je m’appelle, comme je me cherche et je me rapproche.

Tension, toujours, fil tendu.

 

Comment je m’appelle ? Emilio Contini.

Non.

Comment je m’appelle ?

Je me remets dans un tout. Je me remets en moi-même pour mieux me remettre dans le tout.

Je me rappelle pour m’oublier.

 

Parfois, il faut laver son nom. Le laver de ce qu’on y met et de ce qu’il reçoit.

 

Emilio ! Tu seras toujours un vaurien !

Contini, t’es vraiment qu’un abruti !

Emilio, t’as vu ta gueule ?

Contini ! Disparais de ma vie !

 

 

Avant, j’allais dans la montage, à la petite source.

Maintenant, je vais chercher mes propres larmes et, voilà, ce sont elles qui lavent et je me sens mieux.

 

 

Je suis Emilio Contini. J’ai des années derrière et des années à venir.

Je suis un peu voûté et mes mains voudraient tout garder, tout retenir.

Mes pieds souhaiteraient garder la terre, s’y enfoncer.

Mes yeux n’osent pas assez.

Ma caresse est douce et robuste.

Mon cœur apprend l’écoute, la navigation.

 

Tant à dire et si peu, si petit, si minuscule. Une fourmi me regarde et me dit : « C’est drôle, c’est tout comme moi ! »

 

Je m’appelle Emilio Contini.

J’appelle. Je me rappelle.

Je suis.

Suis.

Suivre. Longer. Tourner.

S’y perdre.

 

Mais la bougie, toujours,

La flamme

Le phare

 

Navigation.

***

 

Olivier.

 

Tu parles à ce qu’il n’y a pas d’uni en moi.

 

Tu parles à ce qui m’empêche de m’unir à l’autre.

 

Tu parles à moi indécis.

 

Tu parles à moi qui fleuris.

 

Tu parles à ma tendresse contrariée, à mes désirs.

 

Tu parles aux conflits d’aujourd’hui, d’hier et d’avant-moi.

 

Tu parles rudesse, tu parles s’adapter, tu parles pacifier, réconcilier.

 

Tu parles souvenons-nous.

 

Tu parles les fruits de l’arbre.

 

Tu parles souffrance.

 

Tu parles beauté.

 

Je parle beaucoup.

 

Tu ne dis rien et tu

 

Dis tout.

***

 

Les fruits m’appellent

Que j’en sente l’odeur et le parfum

Et que le soleil me montre le chemin

 

Thomas Astegiano

pages d'écriture et lectures à voix haute
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Mon écriture

 

Le Ménage, mas des métayers autrefois, domaine de Tourris

tout est en fleurs, abondance de coquelicots et autres fleurs que je suis incapable de nommer, un mutilé qui ne peut reconnaître et nommer ce qu'il a sous les yeux ; oliviers en floraison, une orgie de fleurs non encore écloses, bourgeons plutôt

des oiseaux chantent dans les arbres ; j'entends loriot, pinson ; merci à notre guide de me guider; je les avais pris pour des rossignols qui ne chantent, trillent que la nuit

dimanche 16 mai entre ascension et pentecôte, entre montée au ciel du ressuscité et descente de l'Esprit-Saint

comment je comprends ces événements ?

 

La résurrection, c'est l'éveil, le réveil ; on était endormi, aveugle, sourd, on se croyait le centre, au centre, égo = palmier mais pourquoi pas olivier millénaire au cœur du nombril et soudain mais préparé par un long chemin ou comme une illumination, l'éveil, l'appel, l'éveil à cette évidence, tu es divin, l'appel brûlant, sois lumière, rayonne d'amour ; la résurrection, c'est pas après la mort, c'est pendant qu'on vit, un réveil qui nous met debout

 

L'Esprit-Saint, c'est le 3° larron de la Trinité, le Père, le Fils et le Saint-Esprit ; 1 (Dieu) = > 3 (Père, Fils, Saint-Esprit) ; c'est quoi ce mystère = incompréhensible, de la Trinité, monothéisme ? à 3 têtes 

Le mot Esprit traduit dans le Nouveau Testament le mot grec Pneuma (littéralement Souffle). C'est pourquoi l'étude du Saint-Esprit est appelée la pneumatologie.

L'introduction de l'encyclique Fides et ratio précise :

« La foi et la raison sont comme les deux ailes qui permettent à l'esprit humain de s'élever vers la contemplation de la vérité. C'est Dieu qui a mis au cœur de l'homme le désir de connaître la vérité et, au terme, de Le connaître lui-même afin que, Le connaissant et L'aimant, il puisse atteindre la pleine vérité sur lui-même. »

L'encyclique poursuit :

« Il a plu à Dieu, dans sa bonté et sa sagesse, de se révéler lui-même et de faire connaître le mystère de sa volonté (cf. Ep 1, 9), par lequel les hommes ont accès auprès du Père par le Christ, Verbe fait chair, dans l'Esprit saint, et sont rendus participants de la nature divine. »

Dans le catéchisme de l'Église catholique, l'Esprit saint est présenté comme l'interprète de l'Écriture

Le catéchisme rappelle les multiples sens de l'Écriture, le sens littéral et le sens spirituel, ce dernier étant subdivisé en trois, ce qui fait parler de quatre sens de l'Écriture :

  • sens littéral ;

  • sens allégorique ;

  • sens moral (ou tropologique) ;

  • sens anagogique

    Le mot qui désigne l'Esprit saint dans la Bible hébraïque est le substantif féminin, rûah, qui signifie très concrètement le souffle ou le vent ; Il en est ainsi en grec ancien (πνεῦμα, « pneũma ») et en latin (spiritus).

Dans le Nouveau Testament, il est représenté par des symboles : la colombe (Mc 1,10), la tempête, les langues de feu (Ac 2, 2-3). Saint Jean le désigne comme Paraclet, ce qui veut dire « Consolateur » ou « Avocat »

Le souffle est le signe et le principe de la vie : Adam, l'homme, devient vivant par insufflation

Celui qui reçoit l'empreinte du Saint-Esprit, gage de notre héritage possède la plus riche dotation qui se puisse imaginer en sagesse, piété et force, celui-là marche dans les voies de Dieu en anticipant le futur, il prophétise, dans un esprit de justice et de sérénité.

« En effet, à l'un est donnée par l'Esprit une parole de sagesse, à l'autre une parole de connaissance, selon le même Esprit ; à un autre, la foi, par le même Esprit; à un autre, le don des guérisons, par ce seul et même Esprit ; à un autre, la puissance d'opérer des miracles ; à un autre la prophétie ; à un autre, le discernement des esprits ; à un autre la diversité des langues ; à un autre le don de les interpréter.
Mais c'est le seul et même Esprit qui produit tous ces dons, les distribuant à chacun en particulier, comme il lui plaît. Car, comme le corps est un et a plusieurs membres, et comme tous les membres du corps, malgré leur nombre, ne forment qu'un seul corps, ainsi en est-il du Christ. Tous, en effet, nous avons été baptisés dans un seul esprit pour former un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons tous été abreuvés d'un seul Esprit. »
De ce développement tiré de wikipédia, je retire que l'Esprit-Saint c'est le Souffle créateur, le Souffle divin, le Souffle de Vie, de la Vie créatrice, éternellement créatrice, héritage immémorial inscrit, interprété par des traditions fort anciennes d'où nécessité de l'étude, que ce Souffle qui donne vie, donne aussi des dons, variables selon celui qui les reçoit, lequel doit être prêt à les recevoir, ce qui signifie que nous ne sommes pas tous investis par l'Esprit-Saint ou plutôt que nous le sommes tous mais que beaucoup refusent de se reconnaître comme incarnation du Souffle de Vie. Il faut une disposition d'âme, une motivation, une vocation, une mission de vie.

Qui suis-je ?

Je suis Olivier Olive, identifié à ces noms

Olivier très ancien, riche de vies d'avant, sans répétition karmique

de vie en vie, nettoyage, purification favorables au surgissement de la curiosité, du désir, de l'avidité, de la passion, de l'amour de l'expérimentation de l'homme qui a faim, qui cultive pour mettre en réserve, pour temps de détresse, temps d'abondance et enfin de l'amour inconditionnel de l'Olivier, partie du Tout et Tout en même temps

Olives aussi variées que les espèces d'oliviers (des milliers) nés dans des pays variés de Méditerranée : kalamata, lucques, nyons, picholine...

Rituel :

Olive d'Olivier offre-moi ta chair, ta rondeur

d'amour inconditionnel, mon cœur t'aimera

Tu es aimée / tu es ma bien-aimée

Le souffle de la Vie souffle cet air partout, sur tout, de toute éternité, à tout instant

Si tu te sens aimée olive d'olivier, à égalité avec tout ce qui existe, éprouveras-tu de la jalousie ? Auras-tu peur d'être moins aimée ? Voudras-tu que les autres t'aiment plus que je ne t'aime ?
Si tu es ma bien aimée, olive d'olivier, si tu es aimée dans ta singularité, dans ton unicité, trouveras-tu que je ne t'aime pas comme il faut, que je t'aime sans avoir les mots, sans te dire les mots que tu attends, les mots qui t'exhaussent ?
Sous un olivier dressé devant l'entrée du Ménage à Tourris, j'ai tourné, tourné, derviche tourneur honorant la roue du temps
horizontalement d'avant en après
verticalement, de bas en haut
de vie à cessation de la vie
ne pas employer le mot mort, on ne peut rien en dire
cessation de la vie = renaissance par cycle
naissance, croissance, ex-croissance, décroissance, renaissance
Olivier du Ménage, je t'ai demandé puis-je cueillir une branchette en bourgeons ?
pas attendu la réponse par impatience
connard !
Je t'ai cueillie, branchette en fleurs-bourgeons, une orgie de fleurs hermaphrodites, parfaites
je t'ai cueillie sans ton accord
mon offrande c'est le juron que je m'attribue : connard !
Je t'ai vue en fleurs
tu m'as vu
qu'as-tu vu ?
- un connard en train de devenir Bonnard !
 
Jean-Claude Grosse, animateur de l'atelier
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Cahier des Futurs Désirés à Corps Ça Vit

29 Juillet 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #Corsavy, #Le Revest-les-Eaux, #agoras, #bocals agités, #cahiers de l'égaré, #engagement, #écriture, #FINS DE PARTIES, #voyages, #pour toujours

deux cahiers format 21 X 29,7 avec deux pages de notes, une formule très pratique pour stimuler
deux cahiers format 21 X 29,7 avec deux pages de notes, une formule très pratique pour stimuler

deux cahiers format 21 X 29,7 avec deux pages de notes, une formule très pratique pour stimuler

de retour à Corsavy depuis le samedi 24 juillet 7 H 44 après 4 H 40 d'autoroute depuis Le Revest (450 kilomètres et deux pauses de 10', partis à 3 H 04), j'ai vite constaté la présence de nouveaux bancs, plus d'une dizaine pour un village de 217 habitants recensés plus les gens au camping, dans les résidences secondaires, le contraire de ce qui se fait dans les villes, genre Toulon (3 bancs, place de la Liberté, tout est fait pour dissuader SDF, marginaux, paumés); déjà de nombreuses rencontres, discussions (faut dire que j'ose m'adresser aux gens, même les inconnus; ma gueule de moine zen, crâne rasé, barbe rasée tous les 10 jours donc tantôt vieux, tantôt gamin semble favoriser les échanges) et une surprise: l'enseignante de français à l'université de New York qui vient l'été à Corsavy avec son mari, professeur de sport à l'université aussi, m'a dit qu'elle traduisait ma pièce Histoire de places, offerte il y a deux ans (l'été dernier, ils n'étaient pas venus) et qui avait été créée en Avignon off en 2016; pour vous allécher, sachez que Dennis Meadows (Halte à la croissance, club de Rome, 1972) avait acheté le mas de la Taillède avec un scientifique hollandais Hubert de Vries (je les avais rencontrés tous les deux; leur projet refusé par la direction départementale de l'agriculture les a amenés à revendre le mas, aujourd'hui néo-zélandais)

je profite de mes déambulations pour proposer le Cahier des Futurs Désirés, issu de deux réunions d'intelligence collective en août-septembre 2020

venir cet été à Corsavy, à 800 m d'altitude
le camping est ouvert
on peut s’installer ailleurs (en hauteur ou en cours d’eau) pour les sauvages; faut du matériel de camping, léger
ou au gîte de Batère à 1500 m
y a des balades horizontales ou pentues vers en haut, vers en bas
la piscine est fermée
les 3 restaurants sont ouverts (les filles, la crêperie, le camping)
la fromagerie de la Cazette (le maire est éleveur et fromager) est ouverte
les brebis bêlent et font du lait et 
les soeurs, filles du maire, font d’excellentes brousses, yaourts, tomme de brebis au lait cru, caillé, fromage à pâte molle avec beaucoup de caractère, à boire avec le vin du canigou qui n'existe pas ou un caramany…
l’épicerie (restaurant des filles, d'autres), une institution, est d’excellente qualité
 
une dizaine de bancs nouveaux ont été installés, utilisés par personne
pas comme dans les villes où on les retire pour se protéger des paumés
cela dit, la vie sociale n'existe quasiment plus; les réunions sur les padriss le soir en été c'est fini depuis au moins 10 ans, femmes sur l'un, hommes sur un autre, parfois mixtes; seuls les "sénateurs" se réunissent tous les matins sur la terrasse des filles (une majorité de chasseurs, des propos de cafés du commerce = commentaires sur ceci ou cela, tiré de l'actualité); ne pas chercher à s'asseoir à leur table; les boules, le soir 
 
Corsavy, pays de guérison pour quelques traumatisés (ce n’est pas le mot juste, "rescapés") de la vie (en face de chez moi, G., 17 ans de rue, à Corsavy depuis 9 ans ou M.,  une sacrée estropiée, métamorphosée)
 
quelques manifestations artistiques
concert de jazz de clôture de Jazz en Tech, le 6 août à 21 H avec un quartette féminin, au parc communal
conférence sur l’histoire ancienne de Corsavy, le 22 août à 17 H 30
concert classique par les stagiaires internationaux, de haut niveau, de Vilalte, le 30 août au parc communal
 
évidemment, si vous êtes du genre tête baissée sur votre smartphone, vous serez surpris par la très mauvaise desserte aussi bien en internet qu’en téléphonie mobile
ça a un charme fou
même au-dessus du cimetière, ça passe pas
le caveau de Cyril Grosse et de sa mère Annie Grosse-Bories

le caveau de Cyril Grosse et de sa mère Annie Grosse-Bories

Comme la démarche initiée en 2020 est dans la perspective d’un changement de paradigme, voici trois textes de lumière pouvant nous éclairer :

 

PAR LES VILLAGES
Joue le jeu. Menace le travail encore plus. Ne sois pas le personnage principal. Cherche la confrontation. Mais n'aie pas d'intention. Évite les arrière-pensées. Ne tais rien. Sois doux et fort. Sois malin, interviens et méprise la victoire. N'observe pas, n'examine pas, mais reste prêt pour les signes, vigilant. Sois ébranlable. Montre tes yeux, entraîne les autres dans ce qui est profond, prends soin de l'espace et considère chacun dans son image. Ne décide qu'enthousiasmé. Échoue avec tranquillité. Surtout aie du temps et fais des détours. Laisse-toi distraire. Mets toi pour ainsi dire en congé. Ne néglige la voix d'aucun arbre, d'aucune eau. Entre où tu as envie et accorde toi le soleil. Oublie ta famille, donne des forces aux inconnus, penche toi sur les détails, pars où il n'y a personne, fous toi du drame du destin, dédaigne le malheur, apaise le conflit de ton rire. Mets toi dans tes couleurs, sois droit, et que le bruit de feuilles devienne doux. Passe par les villages, je te suis." PETER HANDKE.

 

«Les biologistes ont découvert qu'à l'intérieur des cellules du tissu de la chenille, il y a des cellules appelées cellules imaginatives. Elles résonnent sur une fréquence différente. De plus, elles sont si différentes des autres cellules de vers que le système immunitaire de la chenille les prend pour des ennemis et tente de les détruire. Mais de nouvelles cellules imaginatives continuent d'apparaître, et de plus en plus... Soudain, le système immunitaire de la chenille ne peut plus les détruire assez vite et elles deviennent plus fortes en se connectant les unes aux autres pour former une masse critique qui reconnaît leur mission de réaliser l'incroyable naissance d'un papillon. 
En 1969 Margaret Mead a déclaré : "Nous ne devons jamais douter qu'un petit groupe de citoyens motivés et déterminés puisse changer le monde. Ce sera certainement ainsi que, malgré tout, nous nous sommes trouvés. Je crois fermement, comme beaucoup d'autres, qu'il y a une effervescence évolutive dans le tissu de la société actuelle. Malgré la clameur de la peur, de la cupidité, de la surconsommation et de la violence qui s'exprime à travers le tissu social, il existe une union d'hommes et de femmes que nous pouvons appeler des cellules imaginatives, qui révèlent un monde différent, une transformation, une métamorphose. 
Le poète uruguayen Mario Benedetti a écrit : "Que se passerait-il si un jour, au réveil, nous réalisions que nous sommes la majorité? Je prétends que les cellules imaginatives domineraient et feraient sortir le papillon d'un monde de vers. C'est le temps de l'éveil. Des groupes de cellules imaginatives se rassemblent partout ; elles commencent à se reconnaître ; elles développent les outils d'organisation pour augmenter le niveau de conscience, afin que la prochaine étape de notre société humaine se manifeste, pour créer une nouvelle société qui cessera d'être une chenille et deviendra un papillon. Une nouvelle dimension de la Vie, une société plus compatissante et plus juste, une humanité enracinée dans le bonheur et la compréhension mutuelle... 
Soyez des cellules enthousiastes ! Connectez-vous avec les autres, rassemblez-vous, rassemblez-vous... et unissons-nous tous pour construire une Humanité Nouvelle !» 

(On dit qu’il faut être 7% de créatifs culturels, de cellules imaginatives pour faire muter le système de l’intérieur). DEEPAK CHOPRA

Et pour les 5 enfants de Corsavy ayant participé le 27 août 2020

"Das Lied vom Kindsei" ("Lorsque l’enfant était enfant"), Peter Handke

Lorsque l’enfant était enfant,

Il marchait les bras ballants, Il voulait que le ruisseau soit une rivière

Et la rivière un fleuve, Et que cette flaque d’eau soit la mer.

Lorsque l’enfant était enfant,

Il ne savait pas qu’il était enfant, Pour lui, tout avait une âme

Et toutes les âmes n’en faisaient qu’une.

Lorsque l’enfant était enfant,

Il n’avait d’opinion sur rien, Il n’avait pas d’habitude

Souvent, il s’asseyait en tailleur, Partait en courant,

Il avait une mèche rebelle, Et il ne faisait pas de mines quand on le photographiait.

Lorsque l’enfant était enfant, vint le temps des questions comme celles-ci : Pourquoi est-ce que je suis moi et pourquoi est-ce que je ne suis pas toi ? Pourquoi est-ce que je suis ici et pourquoi est-ce que je ne suis pas ailleurs ? Quand a commencé le temps et où finit l’espace ? La vie sous le soleil n’est-elle rien d’autre qu’un rêve ? Ce que je vois, ce que j’entends, ce que je sens, n’est-ce pas simplement l’apparence d’un monde devant le monde ? Est-ce que le mal existe véritablement ? Est-ce qu’il y a des gens qui sont vraiment mauvais ? Comment se fait-il que moi qui suis moi, avant que je le devienne, je ne l’étais pas,

Et qu’un jour moi qui suis moi, je ne serai plus ce moi que je suis ?

[…] Lorsque l’enfant était enfant, Il s’est réveillé un jour dans un lit qui n’était pas le sien Et maintenant, ça lui arrive souvent. Beaucoup de gens lui paraissaient beaux Et maintenant, avec beaucoup de chance, quelques-uns. […]

Lorsque l’enfant était enfant, Le jeu était sa grande affaire Et maintenant, il s’affaire comme naguère Mais seulement quand il s’agit de son travail.

Lorsque l’enfant était enfant, Les pommes et du pain lui suffisaient comme nourriture, Et c’est toujours ainsi. […]

Au sommet de chaque montagne, il avait le désir d’une montagne encore plus haute,

Et dans chaque ville, le désir d’une ville encore plus grande, Et c’est toujours ainsi. […] Un inconnu l’intimidait, Et c’est toujours ainsi. Il attendait la première neige et toujours il l’attendra.

Lorsque l’enfant était enfant, il a lancé un bâton contre un arbre, comme un javelot Et il y vibre toujours.

Pendant ce mois d'août 2021, je vais tenter de réunir quelques filles et quelques garçons de 10 à 13 ans et leur proposer d'écrire une légende pour Corsavy. L'idée m'en est venue quand Rosalie, 13 ans, m'a demandé de lui raconter une histoire. Ça a donné ceci : une sirène, va savoir pourquoi, s'était égarée dans les bois, une forêt immense avec au milieu une petite mer. La sirène  s'accrocha aux branches, sauta de branche en branche et finit par s'arrimer au mât d'un trois mâts sans matelots ni capitaine. Une violente tempête provoquée par des vents violents fit couler le trois mâts et la sirène retrouva son élément. Là, Rosalie en quelques minutes, démonta ce récit, m'en montra les illogismes. 

Cahier des Futurs Désirés à Corps Ça Vit

25 participants à la réunion du 27 août 2020, salle des fêtes de Corsavy, 5 enfants, 20 adultes dont 2 « touristes » qui ont fait secrétaires de séance

de 8 à 85-86 ans

des habitants permanents et secondaires du village et des habitants de mas (5)

3 élus dont le maire 

 

déroulement:

- présentation de la soirée: 

réunion d’harmonie et d’harmonisation pour des futurs désirables pour Corsavy

réunion visant à produire par écritures individuelles des scénariis de futurs désirables

les textes écrits seront rassemblés dans un classeur mis à disposition des gens à la mairie

les textes écrits seront édités d’ici un an, avec d’autres éventuellement à venir, par Les Cahiers de l’Égaré, maison d’édition animée par JCG depuis 1988

ce livre sera vendu à prix coûtant (5 €) dès l’été 2021 et fera ainsi trace

 

- 2 temps d’écriture à partir de 18 H 10

        - 1° travail d’écriture, coeur ou raison: en quelques points, pas plus de 10, en faisant abstraction de vos peurs, de ce que vous croyez être des limites, que souhaitez-vous le plus, que désirez-vous le plus pour le futur à 6-10 ans pour Corsavy ; faites parler votre cœur, votre imagination mais si vous préférez la raison que souhaitez-vous de plus raisonnable pour Corsavy ?

 

- restitution à partir de 18 H 30 par chacun de son travail, sans discussions, ni commentaires

 

        - 2° travail d’écriture, jeu avec l’inconscient, si puissant, générer des coïncidences, poser des intentions

1 mettre Gratitude en acrostiche, soit 9 lignes puis un mot par lettre. 

2 chacun choisit 2 mots de son acrostiche

3 chacun relie ses 2 mots par à, de, par, pour ou sans. Cela devient le titre de son texte 

4 écrire son texte en incluant rêve, désir, gratitude, corsavy et les autres mots de l’acrostiche 

 

- restitution par chacun, à partir de 19 H 40, de son acrostiche, sans discussions ni commentaire

 

- remarque: un participant, le plus ancien, n’a pas « joué » le jeu des écritures; 

il a cependant pris longuement la parole pour dire ce qu’il souhaitait partager; 

ce fut le moment respect de la « différence »

 

- fin de réunion, 20 H 15

ma participation

  • Jean-Claude, 79 ans : futurs désirables pour Corsavy ; gratitude envers ce qu'offre Corsavy c'est-à-dire « profiter » de ce que nous donne Corsavy avec en retour se demander ce que l'on peut offrir (pas seulement « consommer » bon air, beau ciel étoilé, tempêtueux ciel orageux, beaux paysages, gibier, champignons, truites, saucisse catalane, escargots grillés, viande d'agneau et fromages de brebis, de chèvres, miels, mûres et framboises mais aussi remercier en paroles, en actes) ; retrouver ou trouver une nouvelle agriculture nourricière sur les terrasses inexploitées en pratiquant la permaculture (légumes, fruits, céréales, plantes médicinales, châtaignes, vers à soie...) ; retour partiel à la terre avec des jeunes ou familles passionnées par la sobriété heureuse ; favoriser des implantations en télé-travail. Gravitation Réalité Altitude Terre Interaction Temps Uchronie Démocratie Elévation. Réalité de l'élévation. Corsavy est territoire de gravitation et terre de magnétisme. Montagnes, vallées, torrents pèsent lourds et attirent-repoussent. Corsavy est terre d'altitude. Tout y est vivant, puissant, sacré, en interaction. Corsavy par ses estives est terre de libre pâturage, terre de démocratie, d'égalité entre règnes minéral, végétal, animal et espèces. Nous humains ne devons plus nous mettre au centre mais trouver notre place sans supériorité. Corsavy est terre de Vie, de temps immémorial, d'Eternité. Corsavy est terre d'uchronie (de fictions, de légendes écrites, de légendes non formulées, latentes, à écrire), propice aux rêves, aux désirs d'harmonie, d'élévation. Corsavy est propice à la pratique de l'essentielle solitude pour « communier » avec tout ce qui existe, sans dispersion, sans distraction.

  • (Parenthèse de JCG : Le passage de la "tête" au "coeur", de la mise en valeur à la mise en vie, ça c'est le plus difficile à comprendre pour les gens. Se déposséder de toute attente personnelle pour laisser vivre, indépendamment de soi. D'où la difficulté de la projection dans le futur car "on n'y sera plus". Aller du centre à la périphérie. Peut-être formuler une consigne dans ce sens. L'humain n'est plus au centre de Corsavy. Il regarde, il vit Corsavy dans une harmonie avec l'ensemble du vivant. Comment pourrait-il définir sa place, son identité, dans un système où l'oiseau, la vache, l'herbe, auraient la même valeur que lui?  Actuellement l'humain ne voit qu'à travers lui. Son environnement n'est qu'utilitaire, même du point de vue de la beauté, c'est un beau décor. On en profite. Reconsidérer tout cela. Se placer dans la peau d'un arbre pourquoi pas ? Un de ces vieux qui en a vu depuis des siècles et qui vit en parfaite symbiose avec son entourage. 

Trouver un autre vocabulaire, qu’on soit dans une démarche de gratitude, de respect du vivant

Pour une chose obtenue, retirée, extraite, une action de grâce-une offrande comme autrefois dans les sociétés animistes ; hier, les récits fondateurs du passé mythique éclairaient, organisaient le présent et le futur (oracles, offrandes…) ; aujourd’hui, si on ne veut pas que les dystopies de catastrophe (cinéma américain évidemment) se réalisent, il nous faut écrire les histoires d’un futur désirable ; évitons le vocabulaire de la maîtrise : pas de mise en valeur, d’exploitation du territoire ; parler de terreau, d'humus, plus que de territoire.

 

un parmi la cinquantaine de documents que j'ai rassemblés sur le changement de paradigme nécessaire; en cours de lecture Réparons le monde de Corine Pelluchon qui vient de recevoir le prix de la pensée critique Günther Anders (l'auteur essentiel de l'obsolescence de l'homme)

Notre capacité à relever le défi climatique et à promouvoir plus de justice envers les autres, y compris envers les animaux, suppose un remaniement profond de nos représentations sur la place de l’humain dans la nature. Dès que nous prenons au sérieux notre vulnérabilité et notre dépendance à l’égard des écosystèmes, nous comprenons que notre habitation de la Terre est toujours une cohabitation avec les autres. Ainsi, l’écologie, la cause animale et le respect dû aux personnes vulnérables ne peuvent être séparés. De plus, la conscience du lien qui nous unit aux autres vivants fait naître en nous le désir de réparer le monde et de transmettre une planète habitable. C’est à cette éthique qui n’a rien à voir avec des injonctions moralisatrices et culpabilisantes que ce recueil ouvre la voie.

Notre capacité à relever le défi climatique et à promouvoir plus de justice envers les autres, y compris envers les animaux, suppose un remaniement profond de nos représentations sur la place de l’humain dans la nature. Dès que nous prenons au sérieux notre vulnérabilité et notre dépendance à l’égard des écosystèmes, nous comprenons que notre habitation de la Terre est toujours une cohabitation avec les autres. Ainsi, l’écologie, la cause animale et le respect dû aux personnes vulnérables ne peuvent être séparés. De plus, la conscience du lien qui nous unit aux autres vivants fait naître en nous le désir de réparer le monde et de transmettre une planète habitable. C’est à cette éthique qui n’a rien à voir avec des injonctions moralisatrices et culpabilisantes que ce recueil ouvre la voie.


Publié dans #agora, #cahiers de l'égaré, #écriture, #JCG

un mois d'intelligence collective : 19 août-19 septembre 2020 ont abouti à Corps Ça Vit au Cahier des Futurs Désirés, 48 pages au format 21 X 29,7

un mois d'intelligence collective : 19 août-19 septembre 2020 ont abouti à Corps Ça Vit au Cahier des Futurs Désirés, 48 pages au format 21 X 29,7

19 août 2020, lettre d’appel à la réunion du 27 août 2020

- 19 septembre 2020, réunion conclusive

217 habitants recensés, 105 votants aux municipales de mars 2020 

40 participants aux réunions conflictuelles sur l’emplacement de l’antenne 4G, mercredi 29 juillet et lundi 3 août 2020

(en 2021, de ces réunions conflictuelles, sont sorties des réunions de concertation entre les différentes parties et un consensus s'est fait sur l'emplacement le plus approprié, celui du Pla de Couma comme proposé par les opposants et pas au-dessus de la Tour de Corsavy)

(je ne suis pas aller voir si les deux slogans antagonistes ont été effacés sur le mur à l'entrée du village : Non à l'antenne / Non aux doryphores. Oui à l'antenne)

25 à la réunion d’harmonie et d’harmonisation du 27 août 

8 à la réunion conclusive du 19 septembre =>

une radiographie de Corsavy aujourd’hui

pendant ce mois de pratique d’intelligence collective, un seul geste d’hostilité (l’enlèvement d’une affiche plastifiée sur un portail « privé » ai-je appris plus tard où étaient déjà affichés des documents) ; beaucoup de silence (quelques personnes sont venues à ma rencontre pour me parler ou me communiquer leurs propositions : Thierry, François, Elisabeth, Charlène, Jean, Rolande, Mireille, Roland, Antoine, Denise) ; des gens se sont excusés de ne pouvoir venir ; sur une liste de plus de 60 adresses mails, 3 à 4 retours à mes messages d’appels ou de compte-rendus => une radiographie de Corsavy aujourd’hui

8 personnes à la réunion conclusive = 8% des 105 votants = le % de créatifs culturels, de cellules imaginatives nécessaire pour que des changements s’opèrent, même minimes. Des graines ont été semées qui se développeront pendant que d’autres s’épuiseront avant terme.

C’est la Vie à Corps Ça Vit

Ce 2° Cahier après celui sur Qui est Antigone aujourd'hui ? est disponible depuis le 22 octobre 2020.

ISBN 978-2-35502-121-3, format 21 X 29,7, 48 pages, PVP : 5 €

 gravure de Michel Bories, artiste peintre, enfant du village, 1972, décédé à Cuba avec son neveu Cyril Grosse, autre enfant du village, écrivain, comédien, metteur en scène, le 19 septembre 2001

gravure de Michel Bories, artiste peintre, enfant du village, 1972, décédé  avec son neveu Cyril Grosse, autre enfant du village, écrivain, comédien, metteur en scène, le 19 septembre 2001 à Cuba au triangle de la mort; j'avais envisagé de célébrer les 20 ans de leur disparition (3 semaines du 10 au 30 septembre 2021) avec un réalisateur de FR3 Perpignan, Alain Sabatier  (son idée et envie) mais la situation sanitaire ne permet pas cette aventure qui aurait été artistique et littéraire et aurait donné naissance à un film, un peu comme j'ai fait en 2010 en allant avec des artistes au Baïkal, là où Cyril avait créé son dernier spectacle;  titre : (c'est possible) ça va ou l'un de nous est en trop (comprenne qui pourra mais le spectacle s'il ne fournissait aucune explication faisait ressentir vivement toutes les émotions éprouvées lors d'un exil comme lors d'un deuil)

Ce 19 septembre 2020, de 19 à 21 H, deuxième réunion sur quels futurs désirés pour Corsavy, le jour du 19° anniversaire de la disparition à Cuba, au triangle de la mort à Jaguëy-Grande de Cyril Grosse et Michel Bories, le neveu et l'oncle, tous deux artistes à se consumer. 19-19-19, insistance du 19, y compris dans la Covid 19. Leur âme participera de la créativité de la rencontre.

 gravure de Michel Bories, artiste peintre, enfant du village, 1973, décédé à Cuba, le 19 septembre 2001

gravure de Michel Bories, artiste peintre, enfant du village, 1973, décédé à Cuba, le 19 septembre 2001

Ce 15 octobre 2020 vers 11 H, discussion avec le maire du Revest, informé de la démarche effectuée à Corsavy.

- c'est une démarche intéressante. Dommage que ça ne mobilise pas davantage

- dans l'état actuel des consciences, ça ne peut pas mobiliser beaucoup, ça mobilise au mieux les créatifs culturels, les cellules imaginatives

- ça a au moins eu le mérite de décrisper la situation provoquée par l'emplacement de la 4G ; avec la 5G, on va être confronté à un sacré problème ; comme les antennes font moins de 15 m, les fournisseurs n'auront pas besoin de demander une autorisation ; la seule façon que nous aurons de réagir sera d'empêcher le raccordement sur le réseau électrique; action en justice du fournisseur...

- quand tu penses que ça sera pour voir des films, des séries, du porno sur son smartphone

- oui et pour jouer; plus de vie sociale, le confinement permanent dans sa bulle

dans le sillage de Baïkala, testament amoureux de JCG, reproduit sur papier de dentelles végétales par Aïdée Bernard, 5 m de long sur 12 cm, 1 exemplaire d'artiste acheté par la médiathèque Méjanes d'Aix-en-Provence; la subway dress réalisée par Aïdée Bernard; la jupe de correspondance réalisée par Aïdée Bernard (1 jupe achetée par la médiathèque d'Albi); la robe-peau d'Aïdée Bernard
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