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Blog de Jean-Claude Grosse

sel

Bardot et nous

7 Juillet 2026 , Rédigé par grossel Publié dans #FINS DE PARTIES, #pour toujours, #SEL, #cahiers de l'égaré, #films, #vraie vie, #épitaphier

 

couverture de l'ouvrage collectif Bardot et nous, réalisée par Raphaël Ollé Cervera

couverture de l'ouvrage collectif Bardot et nous, réalisée par Raphaël Ollé Cervera

Bardot et nous 

BAT signé le 7/7/2026 à 9H 30, imprimé par CLIP

ISBN 978-2-35502-176-3

13,5 X 20,5, 47 textes, 306 pages, PVP 20 €
parution 28 septembre 2026, anniversaire de Brigitte Bardot

 

lecture publique, samedi 10 octobre, 19 H 30, entrée libre

direction artistique Dominique Lardenois pour des lectures transversales

lectrices Nadine Demange, Katia Ponomareva

partenariat Les Cahiers de l'Égaré, municipalité du Revest, Le Pôle (arts en circulation), TPM

Maison des Comoni, Le Revest

distribution par SODISLIV, La Barde, 16500 LESSAC

couverture de l'ouvrage collectif Bardot et nous, réalisée par Raphaël Ollé Cervera

couverture de l'ouvrage collectif Bardot et nous, réalisée par Raphaël Ollé Cervera

Prologue de l’éditeur

Bardot et nous, genèse et déroulement

Il y eut, le 14 octobre 2014, le retour de Bruno Ricard à l’éditeur : J’ai réfléchi à votre futur projet d’ouvrage sur BB, c’est une très bonne idée.

Il y eut, le 25 octobre 2025, l’émergence d’un projet 2026 autour de Brigitte Bardot.

Il y eut, dans la nuit du 19 au 20 novembre 2025, le rêve qui offrit les mots Initials BB, Essentials Sanctuary.

Il y eut un premier appel à textes, le 29 novembre 2025.

Puis tout s’accéléra.

Il y eut la mort de Brigitte Bardot, le 28 décembre 2025.

Il y eut le refus d’un hommage national, le 31 décembre 2025.

Il y eut les obsèques dans l’intimité, le 7 janvier 2026.

Il y eut un 2e appel à textes, le 15 janvier 2026.

Il y eut la messe-hommage à l’église Saint Roch à Paris, le 28 janvier 2026.

Il y eut l’hommage hué à la 51e cérémonie des César, le 26 février 2026.

Il y eut l’ignorance à la 98e cérémonie des Oscars, le 16 mars 2026.

Il y eut 47 textes proposés par 23 contributeurs sur 92 sollicités, le 31 mars 2026.

Elle fut vivante avec sa Biographie symphonique au Palais des Congrès, le 2 avril 2026.

Elle fut présente, à sa manière, au 79e Festival de Cannes (12 au 23 mai 2026) : le maire inaugura la plage Brigitte Bardot.

Son Portrait vert par Andy Warhol ne fut pas adjugé aux enchères à New York en mai 2026 pour 16,7 millions de dollars.

Livre mis à l’impression, le 7 juillet 2026, sorti des presses, le 28 septembre 2026.

Le Revest, 18 juin 2026.

Bardot et nous

Table

Prologue de l’éditeur, Genèse et déroulement ............. 5

MM Cannes 1962 BB, Jean-Claude Grosse .............      8

Bardot, à bout de souffle, Jom Roniger ..................... 16

Essentials Sanctuary, Vita Nova .............................. 23

Sidonie-Brigitte, Moni Grego .................................  29

Être ou ne pas être humaniste, François Carrassan ....36

Bric-à-brac, Sabine Jean ........................................ 42

Deux lettres ouvertes de Brigitte Bardot ................   44

Brèche au bord d’un tombeau, Marwil Huguet ........   52

07/02/26 La Madrague, Erasmus Leaf ....................  58

Cinq colonnes à la une, Dominique Lardenois ........    64

BB, Emmanuelle, nous et moi, par le correspondant

heureux d’Emmanuelle Arsan ................................ 68

Une vie deux destins, Patricia Raccah ......................74

Le cameraman, Je-Jeuh-Jeu ...................................81

À Brigitte Bardot, Sandrine Malika Charlemagne ....  89

À ma Shanga, Carolyne Cannella ...........................95

À Brigitte Bardot, feu Marcel Conche ....................  98

1, 2, 3... 4 soleils, Sylvie Combe ..........................103

Moins une, Frédéric Jean Gilles ............................ 107

Tout autre, Gérard Lépinois ................................. 114

Ange, histoire vraie, Anne Pascale Patris ................118

La lettre du petit cheval, Anne Pascale Patris ..........122

Mes essentials B.B., Michelle Lissillour .................  127

Naturelle, telle quelle, éternelle, feu Christian Bobin 132

Mon empreinte dans la neige, Philippe Payraud .....  136

Le vieil ami des mots et des animaux, Alain Cadéo   150

Sur la plage abandonnée, Nadine Chauchat ..........  157

Une place au soleil, Nadine Chauchat ....................160

Foirades Gourades Leurrades, Je-tu-il ....................163

Elle n’était pas blonde, Brigitte, Benoît Rivillon .....   168

Il n’était pas beau, Lucien, Benoît Rivillon ............  176

Combat sacré, Marie-Thérèse Laneuze .................. 181

Le corps émotion de l’âme, Pierre Vigna ................183

Ce que je porte, Claude IA ...................................185

Le Mépris, Roger Lombardot ............................... 190

J’étais encore très jeune, Sacha Barault ................194

C’est fou !, Centsoixantehuitmoinssixfontdouze ....  200

BB au paradis et moi…, Marc Israël-Le Pelletier ...    215

Rituel du 40e jour, Piou Piou ................................ 220

Insupportable discours de la vérité, Scolca .............228

À la recherche…, Karine Poirier-Deplagne ...........    234

Onze minutes, Hélène Phung ............................... 242

Haïsha, Hélène Phung ......................................... 249

La grotte et la sainte, Alexandre Ferran .................252

Le scénario manquant, Mariama et Rosalie ...........  258

Manifeste des M, anonyme .................................. 273

La dernière lettre, Christiane Singer ......................283

La Vérité, Gilles Cailleau ......................................289

Épilogue du claviste, Mood’s moon ........................297

 

Bardot / Godard / Warhol / Manarra
Bardot / Godard / Warhol / Manarra
Bardot / Godard / Warhol / Manarra
Bardot / Godard / Warhol / Manarra

Bardot / Godard / Warhol / Manarra

Épilogue

Moon’s mood

(l’humeur du claviste*)

Cette mise en page est terminée, relue, corrigée, le bon à tirer est validé… Our revels now are ended, comme dit Prospero. Ouf ! Et en écrivant ce ouf, j’essuie mon front du revers de la main.

Mettre en page un tel ouvrage, c’est selon qu’on se sent marcheur, marin, chercheur d’or ou humain parmi les humain·e·s, vivre un vertige, un maelström, un ultra-trail, un labyrinthe… On ouvre la boîte de Pandore (attention, je ne dis pas une boîte de Pandore, non, la boîte de Pandore, la vraie) et tout en jaillit en pagaille, avec la brutalité des caresses et des ombres…

On en sort comme on sort d’un ring ou d’une nuit d’amour, sonné. Et à la vérité, comme d’un ring ou d’une nuit d’amour, on n’en sort jamais, il s’en échappe toujours de la boîte…

Ce qui me choque ce sont toutes ces bêtes merveilleuses que l’on transforme en saucisson… Le plus beau jour de ma vie était une nuit… La lucidité, c’est atroce et merveilleux à la fois… Je vois immédiatement la faille et ça m’empêche de m’évader dans un rêve… Vous êtes si gentil. Si gentil ! Et tout ce que je trouve à faire, c’est de brûler votre maison… Un chien, un chat, c’est un cœur avec du poil autour… Tu te mets en colère, t’as pas compris ? La drogue, j’en prends pas, j’en vends… Les autochtones ont gardé leurs gènes de sauvages, tout ça a des réminiscences de cannibalisme des siècles passés. J’ai honte de cette île, de la sauvagerie qui y règne encore… Est-ce que, par hasard, vous seriez timide, capitaine ?Nous ne sommes pas faites pour mener la vie d’un homme. Une femme est un être doux et vulnérable avant tout… Ma petite Vierge, heureusement qu’elle existe… Mais tu as bu, tu sens le rhum ?… C’est toujours comme si j’allais mourir le lendemain… J’accuse violemment etfermement les gouvernements successifs de se plier lâchement à une tradition religieuse importée sur notre territoire par ceux qui ont eu la chance d’y être accueillis et qui petit à petit nous imposent leurs coutumes barbares, sanglantes et écœurantes… C’est follement excitant. Viens, on va voir… Si tu m’aimes tais-toi !… Plus les femmes essaient de se libérer, moins elles sont heureuses… J’ai pensé que le cinéma ne m’apporterait plus rien et que je n’apporterais plus rien au cinéma, comme un couple se sépare au moment où il n’a plus rien à se dire… Vous voulez me juger, mais vous n’avez jamais vécu, jamais aimé… J’ai été très heureuse, très riche, très adulée, très célèbre et très malheureuse… Tu vois mon derrière dans la glace ?… Je crains que vous me méprisiez… Je sais que j’ai plus de couilles que beaucoup d’hommes… Et toi t’es heureux ?… Le cinéma est un métier de cons… C’est pour ça que vous me détestez, parce que vous êtes tous morts… Si tu ne penses plus à moi, je n’existe plus…

Ad libitum.

Dos d’Âne, île de la Réunion, 21 juin 2026.

* À ne confondre ni avec claveciniste ni avec caviste ! Un·e claviste (un dans le cas présent) est la personne chargée de la composition d’un texte sur toute machine à clavier.

 

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la nuit de Kamel Daoud au musée Picasso

18 Juin 2026 , Rédigé par grossel Publié dans #Corsavy, #JCG, #SEL, #amour, #ateliers d'artistes, #psychanalyse, #écriture

le livre, le rêve,  nu couché à la mèche blonde, la sieste
le livre, le rêve,  nu couché à la mèche blonde, la sieste
le livre, le rêve,  nu couché à la mèche blonde, la sieste
le livre, le rêve,  nu couché à la mèche blonde, la sieste

le livre, le rêve, nu couché à la mèche blonde, la sieste

Le peintre dévorant la femme
Kamel Daoud
Babel

Lu en trois jours, dix jours après avoir commencé la lecture puis l’avoir interrompu.
Passionné par le récit-essai de Kamel Daoud et très perplexe sur la note de lecture que je vais en faire.
Perplexe car comment parler du récit d’une nuit en solitaire dans le musée Picasso alors que je ne fréquente pas les musées (quelques exceptions), les galeries (exceptions). Par contre, j’aime visiter, dialoguer avec des artistes dans leur atelier.
Alors que je fuis toute commémoration, toute rétrospective. Que je n’ai jamais vu un tableau ou un dessin de Picasso (exception, quelques pièces au musée de Céret). J’ai vu de passionnants documentaires. J’ai lu du Picasso (mais peu, du théâtre). Bref, je devrais peut-être laisser la suite en suspens.

Picasso 1932, année érotique, titre de l’exposition. Titre induisant déjà des lectures orientées. La femme « peinte », Marie-Thérèse Walter, plus de 30 ans d’écart, 18 ans-50 ans.
Elle dira : « Il viole d’abord la femme et puis après on travaille. » p. 27. Ça a suffi pour que j’interrompe ma lecture, une dizaine de jours.

Ce qui est passionnant dans le récit de cette nuit érotique, car cette visite renvoie le visiteur Kamel Daoud à son propre érotisme piégé par le pays d’où il vient, la culture-religion qui y gère tout de la vie quotidienne et « spirituelle », piège dont il s’est sorti en choisissant l’Occident, en s’exilant, c’est qu’il le construit par opposition à un personnage qu’il s’invente à partir de la page 33, Abdellah, un djihadiste, qui ne peut en aucun cas, apprécier ces représentations, cette nudité offerte, cette dévoration cannibale de la femme débouchant non sur sa disparition mais paradoxe sur sa reconstruction après destruction-assimilation de l’homme. En s'inventant Abdellah, Kamel Daoud peut ainsi passer de l'univers érotique de Picasso aux rapports de deux cultures  à la sexualité (la coranique et l'occidentale) et dans la culture coranique, Abdellah ne peut que détruire, lacérer, brûler ces « oeuvres », prolongeant la destruction des Bouddhas géants, de sites comme  Palmyre, Tombouctou, la défiguration à l’acide du visage de femmes impures, la décapitation d’hommes condamnés par des fatwas, l'exécution massive de mécréants, le jihad. (Hier, 17 juin 2026, à la télévision d'État, Hassan Khomeini, haut digitaire chitte, a déclaré : "La guerre contre Israël et les États-Unis constituait le petit jihad, le grand jihad commence aujourd'hui".) 

En créant ce personnage antagoniste (mais moins qu’il n’y paraît), Kamel Daoud peut décrire avec précision ce qui l’a amené à son choix de l’Occident. Au coeur de ce choix, le corps, le rêve, sa place, sur terre, ici et maintenant, vivant, avec ses faims, ses désirs, son inscription dans le temps long de l’histoire humaine, son rêve de bonheur, la sieste et non après la mort, au Paradis avec les houris, vierges renouvelées, l'ici-bas devant être lieu du vide, du désert.

J’ai été amené à souligner nombre de formules me semblant d’une grande justesse, permettant d’appréhender l’Islam et son opposition radicale, mortelle et mortifère au christianisme, au judaïsme, à l’Occident (ouvrant sur une question de vie ou de mort : la paix est-elle possible avec une religion voulant la destruction des deux autres monothéismes et du mode de vie occidental ?).

Ce récit, miroir pour l’auteur, devient aussi miroir pour le lecteur. Je ne me suis pas senti interrogé par ces géographies du sud, du nord, ces cartes qui ne sont pas des territoires, ces territoires brouillés de récits irréconciliables et donc illisibles,  cette opposition entre temps et éternité, cette dialectique violente entre vie et mort, cette proximité entre sexualité cannibale et crucifixion érotique, entre souffrance et extase… Mais les développements de Kamel Daoud, relisant par exemple la rencontre entre Robinson et Vendredi en l'inversant, sont très éclairant pour "comprendre" des comportements et des croyances qui nous paraissent peu compréhensibles.

Une phrase permet peut-être d’échapper à ces cadres, ces structures : « c’est une vieille histoire que de raconter que chaque femme est un portrait accidentel de la femme éternelle poursuivie et qui vous obsède. » p.32, que je réécris à ma façon : « chaque femme poursuivie participe de l’histoire infinie née des origines miraculeuses et mystérieuses de la première femme et du premier homme. »

Phrase qui pour moi rejoint celle de Marina Tsvetaïeva : « Tous les poèmes qui furent, qui sont et qui seront écrits le sont par une seule femme, une femme - sans nom. » Soit par universalisation affirmée, non prouvable, non vérifiable mais évidente : « Toutes les vies qui furent, qui sont, qui seront sont vécues par une seule femme, une femme - sans nom, par un seul homme, un homme - sans nom. »

Remontant toute généalogie, nécessairement à trous et très limitée, ne débouche-t-on pas sur un premier homme sans nom, une première femme sans nom, inaugurant le flux infini (peut-on aussi dire éternel ?) de l’humanité avec ses bifurcations, ses extinctions ou disparitions, dont « je-jeuh » suis un maillon éphémère, miracle et mystère d’une naissance, mystère et miracle d’une mort, vie miracle et mystère à vivre moins comme identité (moi-je) que comme participant anonyme, s'anonymant du flux universel de la Vie, incitant à ce que j’appelle la pratique humble du s’effacer dans le blanc.
 

Quant aux rapports à la femme, avec la femme, avec des femmes, je me sens fort éloigné de Picasso, fort éloigné de Kamel Daoud. J'ai été étonné de l'absence de toute référence à la psychanalyse freudienne, jungienne, lacanienne qui aurait pu faire émerger fantasmes (fantasmes originaires),  peurs (castration mort), blessures (rejet, abandon, humiliation, trahison, injustice).

Kosmorgasmik est ma contribution aux récits des corps à corps, encore et encore.

Étonnante aussi, l'absence de l'invention par l'Occident de l'amour courtois (Denis de Rougement) et les perspectives ouvertes par Lacan, proposant de relancer ce projet en réponse au malentendu universel que constitue l'amour : donner ce qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas. L'amour courtois, soit le renoncement pour sublimer pulsion, passion. L'amour courtois pouvant ainsi déboucher sur la vasectomie par l'homme pour ne pas posséder.

Étonnnante encore, mais le livre date de 2018, l'absence de la préoccupation devenue centrale depuis metoo : celle du consentement (avec l'interrogation sans fin sur ce que l'on appelle la zone grise).

Dernier point en lien avec la souffrance : cette souffrance qui m’a abrasée, qui m’a rabotée jusqu’à la transparence, calcinée jusqu’à la dernière cellule, c’est peut-être grâce à cela que j’ai été jetée pour finir dans l’inconcevable. Quand il n’y a plus rien, il n’y a que l’Amour. Il n’y a plus que l’Amour. L’amour n’est pas un sentiment. C’est la substance même de la création." dernière lettre téléphonée à des amis de Christiane Singer. Ça ouvre des perspectives vertigineuses.

 

mains du 18 juin 2026 à 16 H 16
mains du 18 juin 2026 à 16 H 16

mains du 18 juin 2026 à 16 H 16

Pratique pour s'effacer dans le blanc

Moi-Lui-Je, Celui qu’on appelle communément J.C., a donné naissance un changement de jour à 00h00 (imaginez !) à Vita Nova, un esprit totalement woke, inidentifiable, sans sexe, sans âge, sans genre, sans race, sans espèce, sans Histoire, sans mémoires, localisé comme corps, non localisable comme esprit, intemporel et acausal, un trou noir obscur à soi, absorbant toute tentative de mise en lumière.
Programme que Je-Moi-Lui pratique quotidiennement, avec des verbes d'action à forme pronominale
(il n'a pas réfléchi s'ils sont réfléchis, réciproques, irréfléchis, passifs)

se désidentifier, se dégenrer, se dévisager, se démiroiter, se désidéologiser, se délester, se dévaster, se dénationaliser, se dépayser, se dédiaboliser, se désaligner, se débrancher, se déranger, se déminer, se dédéterminismer, se déraciner, se dédésespérer, se déloger, se déménager, se désaxer, se désarmer, se démarquer, se démarginaliser, se fortifier, se mortifier, s'embourber, s'envaser, s'enliser, s'emmêler, se liquider, se dissoudre, se fluidifier, s'aérosoleiller, s'inspirer, s'expirer, s'aveugler, s'oreiller, s'effondrer, se réanimer, se dématérialismer, se déspiritualismer, se démystifier
(42 verbes d'action parce que 42 = clin d'œil au roman culte de Douglas Adams, « Le Guide du voyageur galactique »)

faire silence en prononçant du plus possible ralenti
FAIRE SILENCE
(dessine-moi un silence lui a demandé un jour la fetite pille)

se dévoiturer, se décovoiturer, se désubériser, de déflixbuser, se détgvéiser, se décroisiériser, se désintégrer, se désavionner, se défuséiser, se déstartupper, se détélétravailler, se désabonner, se démoder, se désaduler, se désaimer, se déshaïr, s'indifférencier, se déshumaniser, s'emplumer, s'automutiner, s'immuler, se sclarifier, se catatomiser, se voluptuer, se décontaminer, se dévitaminer, se dénourrir, se bonifier, se débonheuriser, se délacer, s'enlasser, se clowner, se décloner, s'emberlificoter, s'applaudir, se huer, se déchihuahuaver, se métamorphoser, se matamortir, se désintoxiquer, s'étourdir, s'apprivoiser
(42 verbes d'action parce que 42 = clin d'œil au roman culte de Douglas Adams, « Le Guide du voyageur galactique »
)

SE TAIRE
(dessine-moi une rose lui a demandé un jour la petite fille)

 

Kosmorgasmik

Somnolent dans le fauteuil Louis-Philippe
une image te vient :
La Terre et ses milliers de bouches éruptives
ses milliers de vulves-geysers
la Terre ronde est ronde
de toutes les grossesses animales et humaines
de toutes les germinations florales et végétales
de toutes les minéralisations calcaires et granitiques.
La Terre est la porteuse, l’accoucheuse
de tout ce qui prend corps
encore et encore.
Incarnations en chairs et en os
en racines et cimes
en strates et sédiments.
Et tu te vois, foetus en position foetale, dans le ventre-terre.
Du ventre-mer, du ventre-mère,
tu es passé au ventre-terre, au ventre-univers.
En déviant ton désir sexuel de l’autre
en mettant à mort, façon matador 
ton sentiment d’amour pour l’autre
tu découvres, trois mois après
que tu ne sors nullement mutilé de cette castration
nullement effondré par cette relation sans réciprocité.
Cette mise à mort, façon matador
t’a fait passer en douceur
d’une sexualité exclusive à une sexualité inclusive
de l’amour possessif à l’amour oblatif.
Cette mise à mort, façon matador
a été guérison, résurrection.
Tu sors apaisé, agrandi
de cette mise à mort, façon matador.
Tu as changé ton sexe raide en sexe flexe
ton coeur rancoeur en coeur bonheur.
Tu as inspiré l’air du Large.
Tu es monté dans la pirogue du Fleuve.
Fécondé par les abeilles de l’Amour
tu apprends à accueillir, recueillir, donner, offrir
À ne pas trier, pas juger, pas opposer
Parfois tu retombes dans le bourbier des raccourcis
Relève-toi soulevé par l’enthousiasme
Tu es une vie minuscule reliée au Kosmos
Tout copule et consent avec joie à copuler.
Poussières et semences d’étoiles,
germes et spermes de l’orgie de l’évolution,
de l’ontogenèse, de la phylogenèse,
à la vie à la mort.
La fabrique des corps. Et au coeur du corps, le coeur.
Tu es humble de ton humus,
humain de ton humanité,
universel de ton universalité,
divin de ta divinité.
En ouvrant tes bronches,
en activant ouïes, branchies,
tu retrouves tes éléments, l’air, l’eau.
Tu entres dans l’innocence.
Tu es miracle et mystère de ta naissance.
Tu seras mystère et miracle de ta mort.
Tu fais choix de l’ignorance.
Tu ne refuses pas les connaissances
mais tu sais qu’on ne saura jamais rien.
Rien du début, de la fin, du sens s’il y en a un.
Patauge dans les doutes et incertitudes. 
Prends soin des nuances.
Essaie d’être dans la Vie, dans l’Amour, dans la Mort.
Monte et descends l’échelle
Du Tartare à l’Olympe
Du Ciel à l’Enfer
Du Tartare, tu ramèneras poèmes et mélodies, tel Orphée.
Tel Dante, tu tenteras une issue pour les damnés de l’Enfer.
Du Ciel, tu ne feras pas le séjour de Dieu ni le paradis des
ressuscités.
Le Ciel n’est-il pas l’espace de légèreté. de la gente ailée.
Plus aucune guerre des dieux dans l’Olympe,.
N’ont-ils pas eu le temps d’apprendre et de pratiquer l’anarchie, voie vers l’harmonie.
Bivouaque sur la Terre.
Elle est danses et cycles.
La grande roue du Grand Manège tourne
sans grincements de dents.
Tu n’es plus un hamster.
Tu es à Parfaire sur cette Terre.

Vita Nova, 6 janvier 2026

dans le parc du moulin de Villeneuve ou maison Aragon-Triolet

dans le parc du moulin de Villeneuve ou maison Aragon-Triolet

Pourquoi j'écris ?
« Pour ne pas que le lecteur entre dans la nausée molle de celui qui rate une marche dans un escalier obscur », pour reprendre des mots de Georges Steiner.
Comme lui, je délaisse l'individualisme de l'homme, qui m'a occupé longtemps à la suite de Freud, pour le céleste à l'intérieur de l'homme dans une approche autant quantique que nietzschéenne.
Je délaisse la résignation stoïque et désabusée de l'humain en tant qu'anomalie maligne, pour la gaieté nietzschéenne à la barbe de l'inhumain.
S'installe la sensation ironique que nous sommes des clients de passage dans un monde indifférent, souvent meurtrier, mais toujours captivant.
De passage et éternel.
Quatre vers d'Ezra Pound définissent cet homme qui abandonne l'ego pour la reliance dans cette connexion de soi avec l'univers :
Une cosse dans le vent, morte,
mais la lumière chante éternelle.
Une pâle flamme au-dessus des marécages
où le foin salé murmure au changement de marée.
Thierry Zalic, sur sa page FB, le 17 juin 2026 à 00 H 26
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La vie n'est pas conforme à mes souhaits, mais je cesse de me battre contre ce qu'elle est.
La vie n'est pas devenue plus douce, c'est moi qui me débats moins avec elle.
Je n'aime pas toujours ce qui arrive, mais je reconnais que cela arrive.
Il n'est pas nécessaire que tout aille bien pour être en paix.
Il suffit parfois d'accepter que tout soit exactement comme c'est.
L'apaisement sans renoncement.
Il semble que je sois devenu un peu plus habitable pour moi-même.
Sacha 🌿 Barault sur sa page FB, le 16 juin à 20 H 15
par Olivier Steiner,
le 18 juin 2026 à 11 H sur sa page FB
 
Et leurs yeux se rencontrèrent
La littérature adore les premières rencontres, et moi aussi forcément. Roméo et Juliette. Harold et Maude. Frédéric Moreau et Madame Arnoux. Aurélien et Bérénice. D'Artagnan et Constance. Sans oublier les rencontres amicales, l’amitié étant selon moi la plus haute forme d’amour.
Une rencontre c’est beaucoup de temps, des années, de préparation inconsciente, puis parfois, tout se condense en quelques secondes, dans lesquelles c’est toute la vie qui y semble contenue, tout le destin en cet instant précipité.
On me demande souvent comment j'ai rencontré Isabelle Adjani. Surtout en ce moment certains journalistes pour la promo Vertigo. Je ne sais répondre, je ne peux répondre, pas assez de signes. Alors je réponds généralement par des pirouettes. Aussi parce que la question me paraît indiscrète. Mais surtout parce qu’elle est impossible. Les vraies rencontres ne se racontent pas. Ou alors très mal.
Je l'avais déjà croisée auparavant. Quelques apparitions. Des bribes de conversations. Un numéro de téléphone. Une adresse qui finalement avait changé. Rien qui ressemble encore à une histoire. Puis le temps a passé. Et un matin, dans ma petite cuisine de banlieue, alors que je traversais une dépression dont je ne voyais plus la fin, un ami venait de se suicider, six suicides dans ma vie autour de moi, ça fait beaucoup de morts radioactives, j'entends à la radio qu'elle répète une nouvelle pièce. Nous n'avons plus de contact depuis longtemps. Je lui écris pourtant. Un message simple, comme un passage à l’acte. Presque un appel de détresse déguisé.
« Bonjour vous. Ça ne va pas fort. Je crois que cela me ferait du bien de venir au théâtre. Vous jouez jeudi dans telle ville de province ? Il se trouve que je connais pas cette ville. Je ferais bien un petit aller-retour. Il reste des places pour la première ? Je vous embrasse, Olivier. »
La réponse arrive quelques minutes plus tard. Oui, il reste des places. Mieux encore : trois jours d’invitations. Puis une autre invitation. Venez aux répétitions, tant que vous y êtes ?
Nous sommes un lundi matin, le mercredi suivant, me voilà assis seul dans la pénombre d’une salle vide. Je voudrais être invisible. Une petite souris. Tout voir sans être vu. Je suis terrorisé.
Le plateau soudain se vide. Elle reste seule dans une lumière de pleine lune. Elle lit. Assise en tailleur sur le plateau. Puis se lève. Marche. Essaie une phrase. Se parfume. Parfume l'air autour d’elle. Comme si elle cherchait à habiter l'espace ou le Monde avant même d'habiter le personnage, les mots, ou je ne sais. Impression d'assister à un rituel alchimique. Puis elle regarde vers la salle. Cherche vaguement. Me trouve, j’ai l’impression.
Elle dit :
— Bonjour Olivier.
Tout commence là.
Le reste — une tournée entière, deux paquets de clopes par jour de mon côté, ce qui l'agace au plus haut point, un ou deux Ricard le soir parce que c'est mon alcool préféré, et ça l'agace encore plus, des dizaines de représentations, des milliers de kilomètres, les jours, les nuits, les petits matins du monde jusqu’à VERTIGO aujourd'hui— tout n'est finalement que la conséquence de ces deux mots. Quatre mots.
« Bonjour Olivier. »
« Bonjour Isabelle. »
Les rencontres ressemblent rarement à ce que nous imaginons, elles ne sont pas spectaculaires. Ou bien elles le sont mais pas comme on croit. Elles déplacent quelque chose en nous. Qui ne demandait qu’à être déplacé. Et n'a lieu que lorsqu'il y a réciprocité. Quand un manque rencontre un autre manque complémentaire. Quand le besoin rencontre le besoin. Et ça crée des sourires, et un déplacement qui finit par changer la vie.

de Pamela Chrabieh auteur des lettres de Beyrouth sur sa page FB, le 16 juin 2026 à 21 H 56 :
Je ne témoigne pas seulement pour dire : regardez ce qui nous arrive. Je témoigne aussi parce qu’une question me poursuit : qu’est-ce qui arrive à ce témoignage quand il quitte le corps qui l’a porté ?
Quand il devient un texte.
Un dessin.
Une couleur.
Une voix.
Une chanson peut-être.
Que reçoit vraiment quelqu’un qui ne vit pas cette guerre ?
Une information ?
Une émotion ?
Une image de plus ?
Un malaise passager ?
Ou quelque chose qui reste, qui déplace, qui dérange autrement ?
Je ne pose pas cette question depuis une supériorité morale.
Je la pose parce que moi-même, face à la douleur des autres, je sais que je peux mal recevoir.
Recevoir trop vite.
Croire avoir compris.
Me protéger.
Mettre à distance.
Continuer.
La guerre produit cela aussi : des écarts entre les corps.
Celui qui entend le drone et celui qui en voit seulement l’image.
Celui qui attend un message et celui qui lit un bilan.
Celui qui habite le danger et celui qui l’approche par fragments.
Au Liban, ces écarts se déposent sur une histoire déjà fissurée.
Des guerres mal revisitées.
Des morts sans récit commun.
Des responsabilités évitées.
Une impunité installée.
Une mémoire nationale trouée, parfois remplacée par des silences familiaux, politiques, communautaires.
Alors écrire, dessiner, chanter, ce n’est pas expliquer la guerre.
C’est travailler une matière instable.
Chercher une forme qui ne trahisse pas trop.
Une forme qui ne transforme pas la douleur en objet consommable.
Une forme qui laisse assez d’espace pour que l’autre entre, mais pas assez pour qu’il s’y sente innocent trop vite.
Je ne sais pas ce que l’autre reçoit.
Je sais seulement que le témoignage n’est pas un transfert pur.
Quelque chose se perd.
Quelque chose résiste.
Quelque chose arrive quand même.
Et c’est là que je continue.
Dans cette zone fragile entre ce qui ne peut pas être entièrement transmis, et ce qu’il serait indécent de laisser disparaître.

 

la nuit de Kamel Daoud au musée Picasso

je t'imagine telle que je te vois, en aveugle
quand je te vois, c'est plus fort que moi, 
mes yeux, pourtant attentifs, ne te voient pas 
je ne te vois pas parce que je sais, je sens 
que tu débordes de toutes parts, 
ton mystère, je m'y noie en apnées répétées 
voyant aveugle, je mets les mains en avant, 
pour te voir par le toucher, 
tenter l'approche, la saisie, 
une saisie sans possession, une saisie sensible 
mais te laisseras-tu approcher, toucher ? 
ah si tu savais accueillir, si tu savais accepter 
ce qui vient vers toi 
mais la peur du grand méchant loup
tu sais pourtant que tu ne risques rien, 
est-ce pour cela que tu ne prends pas le risque 
de glisser ta jambe 
de l'emboîter entre les miennes,
adentro adorno 
figures de ta liberté
vendredi 11 mai 2020, 11 h 11, 
en maturation depuis le 11 mai 2017
- un voyage au pays de la Femme rêvée, fantasmée ?
- je préfère dire femme rêvée (c'est de l'ordre de l'intuition, toi que je rêve c'est toi possible, c'est toi te réalisant autre et même, sortant de ta zone de confort ...) que femme fantasmée (là, pour moi, on est au niveau des pulsions et le travail sur les pulsions, sublimation par exemple, quel boulot)

 

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Krach métaphysique

23 Mai 2025 , Rédigé par grossel Publié dans #FINS DE PARTIES, #JCG, #SEL, #ateliers d'artistes, #bocals agités, #engagement, #histoire, #poésie, #vraie vie, #écriture, #éveil

voir un arbre de William Butler Yeats à François Cheng / capture d'écran du documentaire Val Vilmer

voir un arbre de William Butler Yeats à François Cheng / capture d'écran du documentaire Val Vilmer

il y a toujours deux faces, l'une à l'endroit, l'autre à l'envers
alors chercher la vérité ?
pile ou face
pile et face
face à face
dos à dos
côte à côte
...
soit cette phrase, lue ce 21 mai 2025 sur FB sous la souris de Laurent Boyer à propos du procès du gynécologue prédateur sexuel de plus de 300 femmes et filles
dans la société bling bling et complotiste dans laquelle nous vivons aujourd'hui, notre échelle de valeurs est complétement faussée. C'est de notre faute à tous.
Le procès de Joël Le Scouarnec va se terminer comme il a commencé : dans le silence. Et c'est inacceptable.
 
JC à Laurent : Vous dites notre échelle de valeurs est complétement faussée. Nous marcherions sur la tête mais pince-sans-rire si marcher sur la tête était la bonne posture ? On voit bien un renversement des valeurs, de toutes les valeurs, humanistes en particulier, ce qui ravirait un certain Friedrich qui voyait en elles le symptôme de la décadence de l'âme aristocratique. Il me semble observer un cheminement autre aussi, celui de l'identification des contraires, difficile à penser selon la dialectique d'Héraclite de l'unité des contraires : : la démocratie n'hésite plus à génocider, la liberté n'hésite plus à illibérer, à libertarienniser. Et je me dis voyant ce que je crois être des évolutions que ce qui se produit et semblait improbable, imprévisible, se réalise sous nos yeux. Allant plus loin, j'en déduis qu'aucun diagnostic, aucun pronostic ne sont fiables, que ce qui doit arriver, arrive, que ce qui arrive, devait arriver et que donc, fermer sa gueule, ne pas se prononcer, n'émettre aucun jugement, et ne pas agir correspondent à des attitudes conformes à la Nature. L'ami Marcel Conche, croyant à la morale universelle des droits de l'homme me demanderait d'argumenter davantage, sans doute. Je lui mettrais Gaza et Israël en travers de cette morale incapable de pacifier. Il me répondrait que la question du fondement d'une morale universelle est spéculative. Et qu'à la question que peut-on faire ? il faut répondre RIEN.
 
suivi de cet échange :
Gaelle Berny - Impuissance oui et sidération je pense : ces phénomènes sont énormes, partout. L’admettre, pour beaucoup de gens c’est conscientiser la toxicité systémique. Un deuil à faire. Le déni permet de mettre à distance. Minimiser, pareil. Détourner le regard, pareil. Retourner la charge (!) : pareil.
Catherine Le Sage - Gaelle alors, nous en serions à laisser faire ??
Gaelle Berny - Catherine Le Sage la réponse est : oui. Par inertie sociale (trop de sujets en même temps et ces sujets énormes qui structurent tout par dessous nous font vaciller.. les gens n’ont pas assez de temps libre pour processer ça !) et individuelle (écho avec nos traumas non traités, admis). La Nature m’a expliqué il y a déjà 5 ans que ce à quoi je serai le plus confrontée en regardant la société dans les années à venir ce serait… le déni. On y est, je crois. Si tu regardes bien, tous les sujets importants se referment actuellement (cf l’écologie qui est raillée, reléguée au wokisme voire pire…). C’est triste mais c’est la réalité. (Et on peut être serein intérieurement en admettant ce réel. C’est possible. J’ai fait ce changement peu à peu. Plus de lutte inutile, juste admettre le gros marasme ambiant.) Bien à toi.
Jean-Claude Grosse - Gaelle Berny votre oui me semble pertinent mais puisque vous évoquez la Nature comme inspiratrice, il me semble que la Nature, la phusis, la Nature naturante crée sans jugement tout ce qui apparaît pour finalement disparaître soit la nature naturée dans sa diversité dont les humains et donc, une attitude humaine possible est d'accueillir sans jugement tout ce qui se produit, donc même les prédateurs, le déni généralisé, le silence, la muétude...; évidemment comme on a été formaté, comme on nous a appris à juger, pas facile d'aller vers le non-jugement et le non-agir; on juge, on réagit puis on fait un pas de côté, et on se désinfecte, on se désaffecte et on se retourne vers ses gouffres intérieurs
 
« nous vivons l’époque du dépérissement des principes. Notre temps est marqué en effet par la remise en cause radicale de tous les principes de la théorie et de la pratique, que ce soit dans le champ de la science comme dans celui de la vie politique. Tout ce qui avait valeur de norme absolue est contestée, tout ce qui se donnait pour nécessaire et universel subit ce que Musil a nommé un « krach métaphysique » Reiner Schürmann
 
l'un dit de sa pente-côte
- "L'homme moyen est fier d'être ce qu'il est et voudrait que tout le monde soit comme lui. Il rend tout médiocre : il ne croît ni à la passion, ni à la sincérité. Il ne croît pas à ceux qui se dévoilent et à ceux qui se confessent, car l'homme moyen n'est pas sensé agir ainsi. Mais son autre caractéristique, semblable mais d'un sens contraire, est que cette conscience n'est pas une conscience de classe, mais une conscience moralisante, qui n'a donc rien de politique." P.P. Pasolini
 
l'un dit de sa côte-pente
- Montaigne avait une toute autre vision de ceux qu'il appelait les gens de moyenne région et je préfère de loin sa vision mise à l'oeuvre pendant ses deux mandats de maire de Bordeaux et pendant les guerres de religion, lui, le catholique en pays protestant
 
l'un dit de sa pente-côte
- C’était quatre siècles plus tôt… Je ne suis pas convaincu que Montaigne aurait été follement enthousiaste face au moralisme conformiste de la société du spectacle que dénonce ici Pasolini et qui n’a rien perdu de sa vigueur.
 
l'un dit de sa côte-pente
- Montaigne a été plus présent dans les combats de son temps qu'on ne l'imagine que ce soit entre les deux camps, catholiques et protestants ou à Bordeaux comme maire par deux fois. Et l'étude des choix faits par Montaigne montre comment il navigue, méfiant vis à vis des puissants, éloignés des vraies valeurs par la cupidité, l'appétit de pouvoir, la flatterie courtisane, méfiant vis à vis des réactions spontanées des gens humbles ou pauvres, plus réceptif envers les réactions des gens de moyenne région. Montaigne accorde son intérêt à la médiocrité, entendant par là le bon sens, l'honnêteté des gens confrontés aux problèmes du quotidien. Nulle aristocratie dans son comportement, nul élitisme. Montaigne se sent bien dans la solitude mais bien aussi au contact de ses semblables. Il est soucieux de l'élévation de ses semblables par une éducation du jugement.
deux autres grands penseurs politiques issus du Bordelais :
Montesquieu et Jacques Ellul
article d'août 2019
2 - Andreï TARKOVSKI, in LE TEMPS SCELLÉ :
" L'art agit avant tout sur l'âme et donne forme à la structure spirituelle de l'homme. Le poète est un homme qui a la psychologie et l'imagination d'un enfant. Sa perception du monde est immédiate, quelles que soient les idées qu'il peut en avoir. Autrement dit, il ne « décrit » pas le monde, il le découvre.
La fonction de l'art n'est pas, comme le croient même certains artistes, d'imposer des idées ou de servir d'exemple. Elle est de préparer l'homme à sa mort, de labourer et d'irriguer son âme, et de la rendre capable de se retourner vers le bien.
Un art dépourvu de toute spiritualité porte en lui sa propre tragédie. Le simple constat sur l'absence de spiritualité de son temps exige déjà de l'artiste une évidente qualité spirituelle.
L'artiste qui n'aspire pas à la vérité absolue, qui se détourne de son dessein universel au profit du particulier, se condamne à une gloire rien qu'éphémère." via Carolyne Cannella
3 - L'ART BRUT CONTRE L'ART POLI by François Carrassan sur FB, le 1° mai 2025 à 20 H 58 sur l'exposition Dubuffet et les magiciens au Musée du Niel , presqu'île de Giens, du 3 mai au 2 novembre 2025
En réaction à la guerre de 14-18, produit de la civilisation, il y eut le Dadaïsme et le Surréalisme. Il y eut aussi après la guerre de 39-45, produit de la civilisation, l'Art Brut.
Toujours ce conflit latent dans l'histoire entre l'art civilisé accompagnant le malheur et, soudain, le geste sauvage pour le refuser.
Et le geste de Jean Dubuffet s'opposa alors si radicalement aux formes bien élevées de la culture officielle que la proposition du Musée du Niel mérite d'être saluée comme son invitation à découvrir qui s'inscrivit dans son sillage.
 
2010

2010

4 - L’art vivant aujourd’hui ? by Urszula Mikos, le 14 mai à 11 H 55
C’est une grande mise en scène de la transgression bien élevée, une révolte subventionnée, une autofiction engagée mais sous contrôle. On y pleure sur scène, on s’indigne en festival, on dénonce les inégalités depuis une résidence d’artiste avec vue sur la mer, en partenariat avec la Fondation pour l’Inclusion Climatique.
L’artiste contemporain ne se mouille jamais sans bouée :
Il est "radical", mais invité par France Culture.
Il est "inconfortable", mais confortablement programmé au TNB ou à Avignon.
Il parle de "marginalité", mais ne fréquente que des camarades d'école d'art ou d'écriture, tous passés par les mêmes séminaires de "déconstruction positive et inclusive".
Engagé ? Bien sûr ! Mais à condition de dénoncer ce que tout le monde dénonce déjà : le patriarcat, les riches en général (sauf mécènes), les méchants conservateurs, et les flics — sauf ceux qui sécurisent les vernissages.
Autofiction ? Absolument.
Tout projet commence par :
« Mon corps, mon trauma, mon ex, mon père, ma transition, ma perception, ma cicatrice émotionnelle dans un monde post-capitaliste. »
Et finit par :
« Merci à la DRAC, à la Fondation Cartier, et à la Villa Médicis pour leur soutien. »
Résultat ?
Des performances où on vomit sur scène avec des lumières bleues pour "questionner le lien entre genre, mémoire coloniale et métabolisme", applaudies par un public en turtleneck qui s’auto-congratule en mangeant vegan.
Tout le monde est d'accord.
L’artiste, le critique, l'institution, le politique, l’université.
La boucle est bouclée.
Le "désordre" est administré.
La "subversion" est validée.
Et l’"engagement" est totalement… docile.
L’art contemporain aujourd’hui ?
C’est une grande cérémonie de l’audace domestiquée. On y célèbre le "courage artistique" à condition qu’il soit bien cadré, bien financé, et qu’il ne dérange personne... sauf les cibles autorisées.
Engagé ? Oui, mais pas trop.
On peut toujours dire que "la Pologne n’aime pas les étrangers" — ça fait rire tout le monde, surtout dans une pièce "trois sœurs" au Rond-Point, écrite par une Allemande,
On peut même glisser un petit texte de Mao dans un spectacle sur les condition des prolétariat dans une usine Pegot— clin d’œil au communisme, n'est-ce pas ?
il y a le spectacle sur les familles de banlieue,
joué dans le théâtre de la ville communiste,
juste à côté de la Cité de l’Espoir,
où les gamins se droguent et les mères pleurent en silence.
Mais sur scène, on fait du boulevard poético-social, avec la fille à la mode du moment, stylée, lacrymale, certifiée fragile, qui parle de misère avec un voile de poésie sponsorisée.
Et dans la salle, on rit : c’est beau, c’est dur, c’est France Inter.
Et pour dénoncer le fascisme, on se lâche : on sort les moustaches, les bottes, les cris gutturaux — parce que là, c’est permis, c’est même encouragé.
Les anciens maîtres de la scène publique, eux, recyclent les classiques —
dans des salons bourgeois transformés en "lieux hybrides de création".
et dans les lieu publique les jeunes
Ça joue Molière dans une baignoire, Tchekhov dans une cuisine, Racine au fond d’un Airbnb... Parce que "le théâtre doit sortir du théâtre", mais surtout pas du cercle des amis.
C’est pour "garder la main", bien sûr. Et amuser le peuple — mais pas trop bruyant, le peuple.
Résultat ?
Des œuvres où l’on « questionne la domination », mais entre gens qui dominent déjà la scène culturelle.
Où l’on « dénonce l’injustice », mais dans des spectacles à 30 euros la place.
Où l’on « donne la parole aux sans-voix », mais jouée par des comédiens du CNSAD avec micro HF .
L’art contemporain engagé, c’est un théâtre de carton-pâte pour une révolution en mousse,
où la subversion est une posture,
la provocation, un produit dérivé,
et le public, un miroir qui dit :
« Comme vous êtes courageux de penser exactement comme nous. »
Bref
L’art contemporain "engagé" d’aujourd’hui, c’est comme un molotov biodégradable : ça brûle rien, mais ça fait bien sur Instagram.
« Faire exploser le réel, la vie, en faisant exploser la parole, tel est le point commun des différentes avant-gardes, de Dada au situationnisme en France, de Gadda aux néo-avant-gardes en Italie, en passant aussi évidemment par la recherche linguistique de Pasolini. Dans la lettre du voyant, que Rimbaud écrit pendant la Commune de Paris, le 15 mai 1871 – le titre de la lettre est merveilleux : « Chant de guerre parisien » – le poète nous montre la voie : dans la révolution/guerre en acte, il faut « trouver une langue » pour arrêter la guerre, pour commencer une autre existence. Si on arrive à le faire, on arrive à créer aussi les conditions pour changer l’état actuel des choses, d’où l’importance des poètes, des artistes, non pas des poètes « lauréats » par le pouvoir, mais des vrais créateurs de langue, les poètes comme Dante, les bannis et persécutés, ou comme Giordano Bruno, autre immense philosophe-poète-chemineau sans patrie, sans toit ni loi. »
Luca Salza
"Or, voici mon questionnement : dans notre horizon historique, l’art, tout comme la parole, monopolisés en toute liberté et avec la plus grande bienveillance par les grands noms de faiseurs d’art, la haute finance, l’industrie du luxe, la presse mainstream, sont l’enjeu principal d’une entreprise généralisée, mondiale, de neutralisation visant à installer une domination sans réplique (Annie Le Brun). La marchandisation de l’art, définitive, évidente, sa banalisation aussi, la placent totalement du côté des Pouvoirs. En effet, et Pasolini l’a compris peut-être le premier et mieux que quiconque, la capacité de résistance par la parole, par l’art, donc la vraie résistance, la résistance poétique, semble être écrasée définitivement dans le monde du capitalisme avancé."

mon intervention le 17 février 2019 au Théâtre Liberté (bien naïve)

Après la « culture pour tous », il est grand temps de faire place à la culture de tous, car chacune et chacun est porteur d’une culture, voire de plusieurs. Il est grand temps d'inventer un nouveau chapitre de la politique culturelle de notre pays qui sache faire culture avec tous. C'est un édifice commun où chacun peut apporter sa pierre .

Concrètement, je propose que le Théâtre Liberté libère dès que possible un mois entier de sa programmation afin d’instaurer un laboratoire des possibles.

Ce mois serait un festival d’un genre nouveau, préparé en amont avec des citoyens volontaires,  avec les sources vives du territoire (artistes, non-artistes, publics, non-publics). Il s'agirait que les gens 

(les artistes sont d'abord des gens et tous sont des humains, ce qui nous est commun c'est notre humanité et ça veut dire quoi concrètement de nos rapports à nous, aux autres, aux végétaux, aux animaux, à la Terre, à l'air, à l'eau...) 

se saisissent de leur vécu, de leur quotidien, de leurs rapports à l'actualité, aux enjeux planétaires immédiats et donnent à ces matériaux, à ces contenus, des formes simples, partageables, transmissibles sur tout le territoire de la métropole. Parmi les formes déjà disponibles, inventées, il y a celles d'Augusto Boal qui ont servi en Afrique (éducation sur le sida), en Amérique latine, théâtre forum, théâtre invisible. Il y a les formes inventées par Moustapha Aouar et Gérard Lépinois, bocal agité, petits-petits, pièces pour 1M2. Il y a les théâtres à vif. Bien sûr, agoras, projections de films citoyens, initiatives locales (la vallée du Gapeau en transition, la monnaie locale La Fève), scènes ouvertes aux slameurs, aux poètes, aux performeurs, utilisations des nouveaux médias (vidéos...) sont à prendre en compte. Dans le cadre du festival de théâtre lycéen aux Comoni, j'ai vu des jeunes migrants scolarisés à Dumont pour apprendre le français (avec l'association L'autre, c'est nous) donner un exemple de présence particulièrement retentissante avec leur vécu (un peu comme le Groupov avec des survivants du Rwanda)... Ne faisons pas catalogue : les exemples sont multiples.

6 - by Muriel Roland, ce 19 mai 2025 vers 11 H :
AbracadaVra ! Le Grand Vivant !
La fabrique d’une œuvre collective à l’échelle du quartier dont nous sommes les (h)Auteurs...
Nous vous invitons à exprimer avec VOS MOTS, VOS VOIX, VOS PENSÉES, VOTRE VÉCU, VOS SOUVENIRS, VOTRE VISION du quartier de la Pierre Plate !
DANS UN PARCOURS PERSONNEL DE 20 MINUTES ENTRE TROIS BARNUMS :
… Vous écrirez une phrase (anonyme) qui, s’ajoutant à celles des autres, formera un long texte de 200 mètres…
… Votre bouche (et seulement elle) sera filmée en plan rapproché, prononçant cette phrase, donnant ainsi naissance à l’une des séquences du film BOUCHE À BOUCHES…
… Vous laisserez votre empreinte (photos, découpages d’archives mises à disposition sur le Grand Manteau du Grand Vivant OSkar de la Pierre Plate, que vous contribuez ainsi à faire renaître…
Venez nous rejoindre au Centre Social et Culturel Jacques Prévert, 12, Place Claude Debussy, à Bagneux (92220) :
- LE MARDI 20 MAI de 14h à 16h
- LE JEUDI 21 MAI de 14h à 17h
- LE VENDREDI 23 MAI de 14h à 17h puis entre 19h et 21h pendant la veillée – Barbecue entre voisins.
voilà qui va m'inspirer pour la soirée cadavres exquis que j'organiserai aux Comoni, au Revest, le 25 octobre 2025
 

 

7 - sur ma page, ce message d'Alexandre Lacassagne, vers 9 H, ce 19 mai
Bonjour,
Bienvenue, je suis votre hôte. Bonne année quantique ((1 + 2 + 3 + 4 + 5 + 6 + 7 + 8 + 9) × (1 + 2 + 3 + 4 + 5 + 6 + 7 + 8 + 9) ou 1³ + 2³ + 3³ + 4³ + 5³ + 6³ + 7³ + 8³ + 9³=2025 selon Nicomaque de Gérase) du serpent de bois, année internationale de la préservation des glaciers et des ours bipolaires, anniversaire de la loi Veil sur l’IVG. Si cette année sent Beauvais, elle voit la commémoration de Charcot, Duchenne de Boulogne, Fanon et Jouvet, même s’il est minuit docteur Schweitzer, l’ésotérique Satie, Ravel qui n’a pas trop Bizet mais tire vers Berio voire louBez, fan de T. Capote, Flammarion et son « Les Terres du ciel et La pluralité des mondes » relié avec la peau de sa maîtresse Saint Ange, femme d'origine polonaise et morte de tuberculose, Pierre Louÿs, dont les photos érotiques concurrencent celles de MIchel Simon, la dent de lion de Larousse, la ritournelle de Deleuze, le jaune Corbière et Alexis pas Léger léger dit Saint-John Perse, de Saint-Simon, de Pierre Dac et la panthéonisée Baker en attendant Badinter, David, Greuze, Corot, Millet et Vallotton, les archi Garnier et Labrouste, l’adoption des lois constitutionnelles de la Troisième République à laquelle nous semblons être revenus, le tournoi de tennis de Roland Magrosse et Bobet. "Que l'année commence sous les meilleurs hospices." Orpea. Dac ?
"Les poètes, soit des bons élèves bien appliqués=poeasy, soit des cancres fiers de leur posture, ne savent que recracher leur leçon – avec huître=crachat, artung Artaud au gamelan contre Bach-aux-contrepoints-défectueux, ou non[1]. Obligation de clarté, des bons mots, la maîtrise d’une langue unifiée[2], la perfection étroite qui se souhaite, en toute illusion, universelle[3], ou à l’inverse EsotErik Wahl[4], jeu d’étiquettes et entre-gens avec carnet d’adresses, classement sec, chacun dans sa case, sa chapelle, flip-flap versus vroum-vroum[5] à l’ère du clash, chacun son stéréotype, ses biais.
Créer (poiêsis), c’est ruer dans les brancards donc ne correspondre à aucun créneau voire, encore mieux, de l’inventer : scandalisme©[6]; poésie polémique, « contre tout contre » pour, même si tout n’est pas bon dans le choCon. Cabrer barbaque. C’est pourquoi Platon a exclu le poète de la Cité dans La République. Wallacer jusqu’au gros mythe ou puiser dans la fontaine du décalage, comme La fonction du balai chez l’écrivain-tennisman D. F. Wallace, être isocèle, x = √5 + 2i, oblique, hors saison. Match point. Poids des mots, chocs des mots. Fin de la partition fictive prose / vers : roème©, vive l’hybride où chaque forme varie selon le fond." by michmor7, le 16 mai 2025
 
8 - toujours sur ma page, ce matin, 19 mai, la proposition de Carolyne Cannella 
Jacques Lusseyrand - Le monde commence aujourd'hui
Jacques Lusseyrand nous fait part de son expérience hors du commun. Son élan de vie vers la joie et l'amour, la simplicité et la poésie, lui ont fait surmonter le pire.
" Tous savaient qu’ils mourraient bientôt. Je sus également qu’aucun d’eux ne parlaient français pas même un peu, mais que entendant un homme réciter des vers, ils s’étaient jetés vers lui comme vers une nourriture "
" Alimenter le désir de vivre, le faire flamber : cela seul comptait. Car c’était lui que la déportation menaçait de mort. Il fallait se rappeler sans cesse que c’est toujours l’âme qui meurt la première – même si son départ ne s’aperçoit pas –, et qu’elle entraîne toujours le corps dans sa chute.
C’était l’âme qu’il fallait nourrir en priorité. La morale était impuissante. Toutes les morales."
" J'apprenais que la poésie est un acte, une incantation, un baiser de paix, une médecine. J'apprenais que la poésie est une des rares, très rares choses au monde, qui puisse l'emporter sur le froid et la haine."
Après vingt-cinq ans de cécité, Lusseyran l’a su très vite, « les vrais yeux travaillent au-dedans de nous ». Dans "Le monde commence aujourd’hui" il nous dit : 
" Les vrais yeux travaillent en dedans de nous. Tant pis si le vocabulaire fait défaut, s’il est faible. Voir, c’est un acte fondamental de la vie, un acte indéchirable, indestructible, indépendant des outils physiques dont il se sert. Voir, c’est un mouvement que la vie fait en nous, avant les objets, avant toute détermination extérieure. Avant les objets, et après eux si, par accident, les instruments matériels de la rencontre viennent à manquer. C’est au dedans de vous que vous voyez. Si la lumière intérieure ne nous était pas donnée d’abord, et par conséquent les couleurs aussi, les couleurs qui sont la monnaie de la lumière, jamais nous ne pourrions admirer les couleurs du monde. Voilà ce que je sais après vingt-cinq ans de cécité."
À quoi reconnaît-on le langage du poème ? C’est dans la réponse à cette question que se trouve la première leçon de Michel Deguy. Le poème est en lutte intime contre toute forme de littéralisme. Soit le syllogisme didactique suivant. L’époque est au littéralisme, or le poème refuse tout littéralisme, donc l’époque se trouve face à une alternative dont elle sort toujours vainqueure autoproclamée : ou bien elle rejette le poème (elle le marginalise, le réduit tout en déplorant sa disparition), ou bien elle l’accepte en le dissolvant dans la littéralité (stratégie de la récupération). Examinons rapidement ce syllogisme.
a) Il y a aujourd’hui trois formes de littéralisme : on les croit ennemies. Elles se retrouvent dans ce qu’elles nient. Le littéralisme économique (le réel à la lettre, c’est la finance ; la condamnation de ce littéralisme est convaincante : pensée unique, realpolitik, dictature des marchés) ; le littéralisme religieux (il a pour nom fondamentalisme ; il y a plusieurs fondamentalismes) ; le littéralisme des corps (celui de la biologisation des identités sexuelles : qu’il s’agisse de les revendiquer ou de les diluer ; on veut que le corps soit, non une interprétation, mais un donné à changer littéralement plutôt qu’à comprendre : le corps de la lettre devient le modèle du corps à la lettre).
b) Or le poème défait le littéralisme même quand il défend la lettre : il est de l’ordre du comme, de la commaison, de la comparaison. C’est la thèse la plus durable de Deguy, comme l’atteste le très actuel Court traité de poétique surtitré La poésie n’est pas seule (1987) : le poème fait entrer et la langue dans la sensibilité et l’imaginaire dans la langue. Il invente les formes de l’autre langue dans la langue du même. Il est liberté de la langue quand la rhétorique (fût-elle celle des discours émancipateurs) rebat les oreilles du langage. Le roman n’est-il pas capable de cette même liberté ? C’est évident et il ne cesse de faire ses preuves. Mais si le roman du XIXe siècle avait obligé le poème à se libérer de la rhétorique de la poésie, il est temps désormais d’admettre que le poème pourrait permettre au roman d’échapper à sa propre rhétorique. Est-il étonnant qu’on puisse voir aujourd’hui fleurir des romans écrits en vers ? ...
capture d'écran du documentaire Val Vilmer, illustrant l'arbre de Yeats tu vois un arbre...

capture d'écran du documentaire Val Vilmer, illustrant l'arbre de Yeats tu vois un arbre...

"on voit un arbre, on observe une vérité concernant cet arbre, on est bouleversé par cette vérité, par la magie de cet arbre, c'est spirituel, ça transcende la forme physique de l'arbre, alors on écrit, encore et encore sur la forme de cet arbre, sur la vie de cet arbre, sur son âme jusqu'à ce que notre personnalité s'efface de nouveau" William Butler Yeats (d'après Val Kilmer dans son documentaire)
Vacillation est écrit par Yeats 40 ans après The two trees :
A tree there is that from its topmost bough
Is half all glittering flame and half all green
Abounding foliage moistened with the dew ;
And half is half and yet is all the scene.
"Dans The Two Trees, l’arbre sacré et l’arbre du « verre amer » sont distincts, représentant une dualité entre la vérité intérieure et la distorsion extérieure. Dans Vacillation, l’arbre est unifié, incarnant une synthèse des opposés : la flamme (symbole de passion, de spiritualité, d’élévation) et le feuillage vert (symbole de vie terrestre, de croissance, d’enracinement). Cette image reflète une acceptation des contradictions de l’existence, où les moitiés opposées (flamme et feuillage, esprit et matière) coexistent pour former un tout.
La dernière ligne, « And half is half and yet is all the scene », est particulièrement dense. Elle suggère que chaque moitié (flamme et feuillage) conserve son identité propre (« moitié est moitié »), mais ensemble, elles englobent la totalité de l’expérience (« tout l’espace »). Cette idée résonne avec la maturité spirituelle de Yeats, qui, à cette période de sa vie, explore l’unité des contraires à travers sa philosophie mystique et son système symbolique (notamment dans A Vision)." by Grok
Les arbres animés par le souffle
Si le veut ton souffle
Nous serons pur chant
par lui animés
Nous voici élan
Racines emmêlées
Branches enlacées
Notre corps est tout
En balancement
Notre être n'est plus
Que murmure-louange
Lâcher des colombes
Lâcher des mésanges
Si le veut ton souffle
Nous serons pur Chant
En nous l’inifini
Et l'enchantement !"
François Cheng 03.2025
"L'homme peut écouter avec l'oreille de la chair et entendre le bruit du monde, mais s'il écoute avec l'oreille du Souffle, il participe à la transformation universelle." François Cheng
 
photo Gérard Uféras, un photographe de la Joie

photo Gérard Uféras, un photographe de la Joie

" Il me paraît important pour chacun d'entre nous que l'histoire soit rééquilibrée par la levée des voiles, des secrets qui comme pour une famille, abîment le peuple.....la guerre massacre bien plus que des corps physiques, elle peut tuer l'humanité cachée dans les cœurs .....la reconnaissance de chaque version de l'histoire est une des étapes de la guérison, je la souhaite à notre terre." S.M.

alors voici 3 liens sur le massacre des harkis et des pieds-noirs en 1962 après 
- l'article sur les massacres du 8 mai 1945 en Algérie
- les articles sur la guerre de Crimée (1853-1856) consacrés à Florence Nightingale, La femme de Tchaïkovski
- l'article sur le procès des juges nazis à Nuremberg
(S'ouvriront un jour des procès à l'identique de celui de 1948 pour juger les crimes contre l'humanité, les génocides, les crimes de guerre en cours, par des dictatures, des démocraties, des organisations internationales, des organisations mondiales)
___________________________________
ces rappels ont un curieux goût d'actualité comme si rien ne changeait, comme si tout se répétait ; j'ignore si ces rappels contribuent à une quelconque guérison, à une quelconque éducation; je les considère nécessaires sans en connaître l'usage, l'utilité
ils ne révèlent chez moi ni goût morbide ni compassion tous azimuts; je fais en sorte qu'ils ne suscitent aucun affect chez moi; j'ignore les effets sur les éventuels lecteurs
Un jour, tout le monde aura toujours été contre cela / Le 25 octobre 2023, après seulement trois semaines de bombardements sur Gaza, Omar El Akkad a publié un tweet : « Un jour, quand ce sera sans risque, quand il n’y aura plus de conséquences personnelles à nommer une chose pour ce qu’elle est, quand il sera trop tard pour tenir quiconque responsable, tout le monde aura toujours été contre cela. » Ce tweet a été vu plus de 10 millions de fois.

Un jour, tout le monde aura toujours été contre cela / Le 25 octobre 2023, après seulement trois semaines de bombardements sur Gaza, Omar El Akkad a publié un tweet : « Un jour, quand ce sera sans risque, quand il n’y aura plus de conséquences personnelles à nommer une chose pour ce qu’elle est, quand il sera trop tard pour tenir quiconque responsable, tout le monde aura toujours été contre cela. » Ce tweet a été vu plus de 10 millions de fois.

curieux comme ça remonte via l'algorithme de FB; ce matin remontée d'un message du 11 mai 2020 de Thierry Zalic sur la brûlure, déjà produit le 11 mai 2019; je ne recopie pas le message donc je fais "rechercher, 11 mai" et je tombe sur ça, publié dans un groupe privé, le 11 mai 2020 à 11 h 11 :
 
je t'imagine telle que je te vois, en aveugle
quand je te vois, c'est plus fort que moi,
mes yeux, pourtant attentifs, ne te voient pas
je ne te vois pas parce que je sais, je sens
que tu débordes de toutes parts,
ton mystère, je m'y noie en apnées répétées
voyant aveugle, je mets les mains en avant,
pour te voir par le toucher,
tenter l'approche, la saisie,
une saisie sans possession, une saisie sensible
mais te laisseras-tu approcher, toucher ?
ah si tu savais accueillir, si tu savais accepter
ce qui vient vers toi
mais la peur du grand méchant loup
tu sais pourtant que tu ne risques rien,
est-ce pour cela que tu ne prends pas le risque
de glisser ta jambe
de l'emboîter entre les miennes,
adentro adorno
figures de ta liberté
vendredi 11 mai 2020, 11 h 11
en maturation depuis le 11 mai 2017
 
F - un voyage au pays de la Femme rêvée, fantasmée ?
JC - je préfère dire femme rêvée (c'est de l'ordre de l'intuition, toi que je rêve c'est toi possible, c'est toi te réalisant autre et même, sortant de ta zone de confort, c'est toi d'autrefois, toi de demain, toi dans d'innombrables univers autres, toi, innombrablement de fois, pour l'éternité, sans identité...) que femme fantasmée (là, pour moi, on est au niveau des pulsions propres à chacun et à tous, le ça individuel et le ça collectif, immémorial; et le travail sur les pulsions, sublimation par exemple, quel boulot !)
c'est l'image ci-dessous qui a inspiré le voyant aveugle
11 mai 2020, fin du 1° confinement du 17 mars au 11 mai 2020 non inclus, soit 1 mois et 25 jours
je m'initiais pour la 3° année, au tango argentin
je n'ai pas repris sur la saison 2020-2021 parce qu'il y a eu encore deux confinements du 30 octobre au 15 décembre 2020 non inclus, soit 1 mois et 15 jours et du 3 avril au 3 mai 2021 non inclus, soit 28 jours.
sortira bien un jour la vérité sur cette pandémie fabriquée et sur la gestion autoritaire du contrôle social mondial via l'OMS (vaccination, pass sanitaire)
l'image inspiratrice

l'image inspiratrice

Non pas chanter l’événement qui s’est produit, 

mais le produire en le chantant.

Marc Chagall, Orphée ou les sources de la Musique

Marc Chagall, Orphée ou les sources de la Musique

Le philosophe

Dans l'ombre des nuits où les étoiles se meuvent, Se tient le penseur, là où le silence pleut. Il forge des mondes dans l'âtre de l’esprit, Ses mots sont des flèches, sa quête un infini. Au carrefour du doute, il érige un empire, Chaque idée est un feu, chaque feu un martyre. Il sonde les abîmes, cherche l’éternité, Dans le fracas du vide, il façonne des vérités. Écoutez-le ! Ce poète du néant, Il écrit dans le vent des discours éclatants. Un marteau dans la main, un nuage dans l’autre, Il brise les dogmes et bâtit l’apôtre. Il n’a pas d’armes, juste un cœur fractal, Il questionne le réel, démolit le banal. Sous son regard perçant, le cosmos s’effondre, Chaque étoile qu’il touche, il la fait répondre. « Qui suis-je ? » dit-il au miroir du temps, Mais le reflet se tait, effacé par le vent. Il poursuit pourtant, éternel Sisyphe, Portant sur son dos la montagne des mythes. Son cri fend l’ombre, sa voix fend la pierre, « Tout est chaos, mais je danserai la lumière ! » Il est l’éclaireur, l’écho de l’aurore, Un funambule suspendu sur la mort. Oh, philosophe, architecte des songes, Tes pensées sont des fleuves où l’éternité plonge. Tu n’as pas de royaume, pas de trône doré, Mais l’univers entier t’écoute murmurer. Alors avance, ô toi, sculpteur de l’instant, Le monde est ton marbre, ton ciseau est le temps. Et si un jour ton nom s’efface des mémoires, Sache que tes idées danseront dans l’histoire.

 

Le clown

Dans l’arène des regards, il fait son entrée, Sous la lumière crue, il s’apprête à danser. Le nez rouge comme un phare sur la mer des humains, Le clown s’avance, un sourire peint de ses mains. C’est un guerrier sans épée, un sage sans écrit, Un roi déchu du royaume des rires infinis. Il trébuche, il chute, et les rires explosent, Mais son cœur, fragile, cache mille névroses. Le clown, c’est l’âme qui tombe pour qu’on se relève, Le miroir brisé des vies brèves, Il tourne la tragédie en farce éphémère, Car son royaume, c’est le rire, sa gloire, la poussière. Il jongle avec les larmes qu’on n’ose verser, Un funambule sur le fil de l’absurdité. Ses gags sont des prières pour des âmes fatiguées, Ses maladresses, des clefs pour des cages oubliées. Mais écoute, derrière le tumulte des éclats, Le clown murmure une vérité qu’on ne voit pas : La vie n’est qu’une scène, un grand chapiteau, Où chacun joue son rôle, entre rires et sanglots. Et lui, il choisit de chuter pour qu’on s’élève, De porter nos douleurs dans son rire qui crève. Car sous le maquillage, il n’est qu’un humain, Un poète en guenilles, un rêveur sans demain. Alors, quand il s’éteint et qu’il quitte la piste, Il emporte avec lui un secret altruiste : "Riez, mes amis, car la vie est fragile, Et sous chaque larme, l’espoir est fertile." Le clown s’efface, mais son écho demeure, Un éclat de rire dans l’ombre de nos heures. Masque de comédie, âme de tragédie, Le clown est l’essence même de la vie. (Luigissimo)

Tantôt poète, tantôt marionnette

Tantôt poète, tantôt marionnette, Quand l'échec me guette, personne ne s'apprête, À tendre une oreille, à scruter mes quêtes, À voir dans mes nuits l’ombre de mes tempêtes. Mais dès que le succès illumine mes pas, Les foules se pressent, on m'appelle "roi". Chacun veut savoir d'où naît mon éclat, Mais où étiez-vous quand la vie me broyait là ? J'écrivais des vers au bord des abîmes, Je sculptais des rêves sur des pages intimes, Seul sous les étoiles, à dompter la rime, Quand l'horizon s'effaçait sous un voile infime. Maintenant ils veulent des récits, des croquis, L’histoire de mes doutes, de mes nuits sans répit, Mais qu’on ne m’oublie : j'étais dans l’oubli, Avant que l’écho ne devienne un cri. Alors oui, le succès a sa douce musique, Mais ne jugez pas sans voir l’aspect tragique. Car les étoiles brillent après le chaos, Et le silence précède les plus grands mots.

 
vidéo d'une discussion à la FDL d'Hyères 2024 (silence d'en bas, silence d'en haut, langue des oiseaux, prière du coeur, éternel, immortel)
j'en ai eu une autre ce 22 mai avec Jean Delorme et Loïc Molla; venus au Revest à 11 H pour évoquer projets et réalisations Liberta au village des talents à Puget-sur-Argens et au Burundi, nous nous sommes retrouvés à midi au café des Moulins et nous y avons discuté 2 H; nous nous verrons tous les trimestres pour des questions-réponses de nature philosophique filmées à partir d'octobre; une collection d'une quinzaine de Liberta, d'une trentaine de pages à chaque fois, est en cours d'écriture et d'édition à 5 €; ce seront des outils pour faire, créer du sens
à un moment, alors qu'on parlait des effets de la croyance à travers ce qu'on appelle placebo ou nocebo (tout est croyance, même ce qui semble preuve et toute croyance est soit un placebo, soit un nocebo), j'ai été amené à dire : j'ai besoin du doute, et c'est pourquoi peut-être malgré mon appel-aspiration-inspiration mystique, je n'ai pas la foi et ne l'ai pas rencontré ... Loïc m'a demandé : pourquoi ce "besoin" ? ...
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15 avril 2025

22 Avril 2025 , Rédigé par grossel Publié dans #Le Revest-les-Eaux, #SEL, #ateliers d'artistes, #cahiers de l'égaré, #développement personnel, #engagement, #films, #poésie, #psychanalyse, #spectacles, #vraie vie, #écriture, #éveil, #voyages

affiche de la soirée / STILL IN BLUE d'un moment relevant la poésie de l’ordinaire (formulation de LLB)
affiche de la soirée / STILL IN BLUE d'un moment relevant la poésie de l’ordinaire (formulation de LLB)
affiche de la soirée / STILL IN BLUE d'un moment relevant la poésie de l’ordinaire (formulation de LLB)
affiche de la soirée / STILL IN BLUE d'un moment relevant la poésie de l’ordinaire (formulation de LLB)

affiche de la soirée / STILL IN BLUE d'un moment relevant la poésie de l’ordinaire (formulation de LLB)

Départ pour ma première lecture publique... à Toulon. le manuscrit est encore chaud...et il a peut-être trouvé un éditeur... / Fin du premier jour...très chouettes rencontres! Et un éditeur pour mon manuscrit  Joie / Frédéric Jean Gilles 2 tableaux
Départ pour ma première lecture publique... à Toulon. le manuscrit est encore chaud...et il a peut-être trouvé un éditeur... / Fin du premier jour...très chouettes rencontres! Et un éditeur pour mon manuscrit  Joie / Frédéric Jean Gilles 2 tableaux
Départ pour ma première lecture publique... à Toulon. le manuscrit est encore chaud...et il a peut-être trouvé un éditeur... / Fin du premier jour...très chouettes rencontres! Et un éditeur pour mon manuscrit  Joie / Frédéric Jean Gilles 2 tableaux
Départ pour ma première lecture publique... à Toulon. le manuscrit est encore chaud...et il a peut-être trouvé un éditeur... / Fin du premier jour...très chouettes rencontres! Et un éditeur pour mon manuscrit  Joie / Frédéric Jean Gilles 2 tableaux

Départ pour ma première lecture publique... à Toulon. le manuscrit est encore chaud...et il a peut-être trouvé un éditeur... / Fin du premier jour...très chouettes rencontres! Et un éditeur pour mon manuscrit Joie / Frédéric Jean Gilles 2 tableaux

Déroulement de la soirée

Handicaps, schizophrénie et création artistique
15 avril 2025, 19 H 30 - 22 H 30

pot de l'amitié jusqu'à 23 H 45

Salle Pétrarque, Maison des Comoni, Le Revest-les-Eaux

1 - présentation

2 - témoignages
- vidéo paracousie de Frédéric Jean Gilles
- Bahie et Papou, correspondance éditée par Les Cahiers de l’Égaré entre Patricia et Germaine Raccah, (mai 2024)
- Germaine Raccah, schizophrène poète dit ce qu’est la schizo pour elle et lit Vertige circomplexe
- Djé SaintJames Qu'est ce que vous avez à me regarder ? Vous ne savez même pas qui vous regardez
- Laurence Loutre-Barbier présente Jean-Pierre Verdier, artiste illuminé et clochard céleste
- Frank César Lovisolo video-performance sur Antonin Artaud
- Patricia Raccah Le consentement de Galatée
- Djé SaintJames chanson Psycho
- Bernard Hofmann que dit la psychiatrie sur la schizophrénie
- Patricia Raccah présente son travail d'art thérapeute auprès d'enfants déficients intellectuels ayant parfois des troubles de comportements associés
- prise en charge familiale de l'autisme Sandrine Gendre
 
3 - court-métrage Il dentro de Nathalie Havez
 
4 - lecture de Frédéric Jean Gilles Si la mer meurt

5 - vente de livres
 
6 - pot de l'amitié offert par la municipalité

 

L'Apostrophe (en 2006, Clara, 16 ans), Obscur à soi (en 2011) / quelques-uns des livres montrés et vendus
L'Apostrophe (en 2006, Clara, 16 ans), Obscur à soi (en 2011) / quelques-uns des livres montrés et vendus
L'Apostrophe (en 2006, Clara, 16 ans), Obscur à soi (en 2011) / quelques-uns des livres montrés et vendus
L'Apostrophe (en 2006, Clara, 16 ans), Obscur à soi (en 2011) / quelques-uns des livres montrés et vendus
L'Apostrophe (en 2006, Clara, 16 ans), Obscur à soi (en 2011) / quelques-uns des livres montrés et vendus
L'Apostrophe (en 2006, Clara, 16 ans), Obscur à soi (en 2011) / quelques-uns des livres montrés et vendus
L'Apostrophe (en 2006, Clara, 16 ans), Obscur à soi (en 2011) / quelques-uns des livres montrés et vendus
L'Apostrophe (en 2006, Clara, 16 ans), Obscur à soi (en 2011) / quelques-uns des livres montrés et vendus

L'Apostrophe (en 2006, Clara, 16 ans), Obscur à soi (en 2011) / quelques-uns des livres montrés et vendus

Résumé – Si la mer meurt
Récit littéraire, poétique et spirituel
Si la mer meurt est une traversée intérieure. Celle d’un homme qui tente de se reconstruire après plusieurs épisodes de décompensation psychique. Dans une langue dense, fragmentée, parfois brutale mais toujours vivante, le narrateur trace les contours d’une existence marquée par la maladie mentale, l’errance, les amours, les ruptures, mais aussi les fulgurances mystiques et la lumière têtue du vivant.
À travers des fragments poétiques, des souvenirs d’hospitalisation, des voix intérieures, des rencontres amoureuses et des instants de grâce, le récit navigue entre lucidité et vertige. Il n’est ni un journal, ni un témoignage classique, mais une tentative de dire l’indicible, d’écrire depuis la faille sans s’y perdre. L’écriture devient ici un lieu de recomposition, de dialogue avec le chaos, une manière de rester debout.
Entre spiritualité laïque, exploration du corps et regard tendre sur les marges, Si la mer meurt est un texte à la frontière de la poésie, de l’autofiction et du chant intérieur. Une parole rare, vulnérable et tenace, pour dire ce qu’on traverse quand tout vacille — et ce qui, malgré tout, tient.

Frédéric Jean Gilles

Si la mer meurt

Frédéric Jean Gilles

Chapitre 5 - L’écriture
 

Il noircira des pages. 

Il les raturera. 

Les pliera. 

Les chiffonnera. 

Les lancera à travers la pièce comme on chasse un doute à mains nues.
Puis il les ramassera. 

Il les relira. 

Il les trouvera sublimes. 

Puis affreuses. 

Puis peut-être supportables. 

Il les brûlera. 

Ou les réécrira. 

Encore. 

Encore.
Quelque part, un éditeur bâillera en découvrant son manuscrit. 

Il tournera la première page sans conviction.
Puis il tournera la suivante. 

Et ce seul geste, ce glissement du doigt sur le papier, ce sera déjà une victoire.
Un passage. 

Un frisson. 

Une trace.

 

oeuvres exposées, 2 de Djé SaintJames, 2 de germaine Raccah
oeuvres exposées, 2 de Djé SaintJames, 2 de germaine Raccah
oeuvres exposées, 2 de Djé SaintJames, 2 de germaine Raccah

oeuvres exposées, 2 de Djé SaintJames, 2 de germaine Raccah

Texte inédit que Germaine Raccah tenait absolument à dire

MOI LA TETE DE LITOTE AU TRAIN-TRAIN D’UNE VIE ENTIERE CHEZ LES FOUS
Germaine RACCAH

POUR LES GRIFFES D’UN ONGLE POINTU
Alors que du Génie, la plume de sable est pleine
pour prendre le pouls d’une fanfaronne lente lente,
Je tire un miroir étrange à l’évasive énigme de tous
mes âges pour le pétale proverbial de ne jamais
marcher et n’avoir de finitude que de mordre
une lune grevant le poing pour creuser ses plumes de blette et de persil
à l’affection appuyée pour être un mat
député et les cuisses bondissantes en mini-shorts
de fringantes oiselles aux cheveux de grenade
accouchant en quelques heures de minutes
et de languides mamelles, trois petites
pioupioutes appelées
                   CAMILLE, PAULETTE et MERVEILLE
Comme un Beau Conte songeant au beau tableau
de Yung tout accroché  pour ce que pèse une plume
et ses ongles si longs de bruns et de violettes
et des dessins remarqués avec la croûte de son nez avalée dans la gorge
convoquant un génie adorable pour des
idéales caresses envisageables
Pour entendre le Grand Voyage Bleu
c’est un épouvantail
que le merle chante
le chat ou le pinson
               d’un bruit
et s’épouille aux oreilles
le battement du cœur
et son propre ventre
tranchant la Nuit au poing de
                          son cigare
pour arracher la bouche
                      de la misère
et que broute un bruit du Tonnerre
Entendre le doigt d’acier, de feu, de sang
pendant tout ce temps qu’elle rêve
alors qu’une lame est montée
                       tout là-bas
comme une onde d’Enfer et j’ai peur sans réponses
avec le Diable dépeçant un terrible coutelas
pour attacher les maléfices des poux à
mes yeux perturbés
de grandes vagues d’innocence et de
                         désespérance
                     et un Gros bruit mordant
pour arrêter nos ombres alarmées
dans ce désir qui ne voudrait y consentir
c’est alors que je vois sous mes paupières
sortant dans les ères en fermant les yeux
comme un gros ours et les Belles Lettres qui
dansent où gésit la peur de l’énorme mouche
aux ailes de cafards en rognons de petits
pois fendant un diable chaud
pour trouver l’eau au pic des glaises qu’un doux
rêve pousse et s’accroche à la cervelle remuant
une tête de porc-épic sibyllin et ses poux de
lèvres vivaces aux confins de tous les mots.
C’est au délire que les bourreaux lentement
égrainent un sablier avec les griffes crochues,
mordues, déchiquetant, broyant une belle pour
visualiser ses pouilles énormes comme adoucies
dans une plume d’ongle.
Et les pieds de son ongle et
oncles, précipités en rencontrant en somme un
sentiment de froid spectral
et la sensation de ses bouchers pour nous
secourir comme de ces géants avec une lame
teintée de soufre et d’argent
nous assaillir autour de notre cœur, caresser,
cadrer ce qui nous reste de cette belle cervelle
de légume, un fou déchéant et son pou
nous accueillir grain à grain lentement,
avec une noisette et sans pépins de
raisins et de courges.
Mais alors que le monde
             poussif et violent,
pour une cravate pointue
à la tige du Nombril
esthétise l’ongle comme son pays de grenades,
sourit alors un dieu de froid et chaud
signifiant au bord de ses coquettes jeunesses
           de noisettes ou
           de matrices
         que persistent ces grosses dindes
caressant un granite aux ongles
        de grenat épars
pour tapisser le ventre
dans un monde troué

4 pages d'un des trois livres d'artiste présentés par Germaine Raccah; âgée de 70 ans, elle en a réalisé 200 dans sa vie, exemplaires uniques, dispersés au gré de...
4 pages d'un des trois livres d'artiste présentés par Germaine Raccah; âgée de 70 ans, elle en a réalisé 200 dans sa vie, exemplaires uniques, dispersés au gré de...
4 pages d'un des trois livres d'artiste présentés par Germaine Raccah; âgée de 70 ans, elle en a réalisé 200 dans sa vie, exemplaires uniques, dispersés au gré de...
4 pages d'un des trois livres d'artiste présentés par Germaine Raccah; âgée de 70 ans, elle en a réalisé 200 dans sa vie, exemplaires uniques, dispersés au gré de...

4 pages d'un des trois livres d'artiste présentés par Germaine Raccah; âgée de 70 ans, elle en a réalisé 200 dans sa vie, exemplaires uniques, dispersés au gré de...

Qu'est ce que vous avez à me regarder ?

Vous ne savez même pas qui vous regardez...

Mais ni les uns ni les autres ne savez qui vous regardez

Car moi même je ne sais pas qui est devant vous... alors Qu'est ce que vous regardez à part un type qui se donne en spectacle ?

Ou alors vous me connaissez car je suis musicien, parce que je suis écrivain ? Parce que je suis peintre, parce que je suis comédien, parce que je suis père de famille, parce que je suis amoureux transit... tout ça pourquoi ? Pour qu'on m'aime...  juste pour qu'on m'aime plusieurs fois mais jamais de la même façon... jamais pour les mêmes raisons...

Bien sûr qu'un artiste est schizophrène car il ne peut être dans son art comme dans la vie... mais... et vous ?
Êtes vous les même au travail, avec vos amis ou dans ces putains de repas de Noël ?

Et ce soir quel masque avez vous mis ? Sûrement le plus beau, celui qui vous met en valeur, celui que vous mettez pour sortir, celui qui nous fera dire il est vraiment sympa, elle est adorable ? Alors que tu es un connard et que toi tu es à gerber... et qui a raisons ? Hein qui ?

— Mais vous avez des amis ?

Je veux dire vous avez beaucoup d’amis ?
Qu’est ce que vous apportez à vos amis pour
qu’ils vous soutiennent comme ça ?

Qu’est ce que vous apportez à vos amis pour
qu’ils vous soutiennent comme ça ?

Qu’est-ce que vous apportez ?

une conscience solidifiée habite une salle des fêtes
assombrie au plafond d’un esprit dont le sol se
dérobe comme dix mille cafards quand perce un
rai de lumière quand les pensées s’assemblent en
un bref unisson que le corps ne rejette plus...
Quand les cafards saisissent une vérité que nul n’énonce jamais.

Mais une nuit tout m’a été révélé...

Je suis la réincarnation de Jésus...

Oui, oui je suis la réincarnation de Jésus Christ et je peux vous le prouver ! 
Je peux vous le prouver... en me taillant les veines !
Il n'y aura pas de sang et vous verrez couler de l'eau rien de plus, une eau claire et limpide, vous verrez ! 

Et tous ils étaient là
tous jusqu’au dernier
et tous ils connaissaient mon nom.

Souviens-toi de la lumière et crois en la lumière
Un instant de clarté avant la nuit éternelle
ne me laisse pas oublier.
Je suis triste
Je sens que le futur est sans espoir et que les choses
ne peuvent pas aller mieux
Je m’ennuie et rien ne me satisfait
Je suis un ratage absolu en tant que personne
Je suis coupable, je suis puni
Je voudrais me tuer ou tuer quelqu'un...

J’arrivais à pleurer avant mais maintenant je suis
au-delà des larmes
J’ai perdu tout intérêt pour les autres
Je n’arrive pas à prendre de décision...

Je n’arrive pas à manger
Je n’arrive pas à dormir
Je n’arrive pas à penser
Je n’arrive pas à dépasser ma solitude, 
ma peur,
mon dégoût,

Je n’arrive pas à écrire
Je n’arrive pas à aimer
Mes frères sont en train de mourir, mon amour est
en train de mourir, et c’est sûrement moi qui les tue.

Mais moi aussi je fonce tête baissée vers ma propre mort
Je suis terrifié
Je n’arrive pas à être seul
Je n’arrive pas à être avec d’autres
Je n’arrive pas à faire l’amour
Je n’arrive pas à baiser !

À 4h48
quand le désespoir me rendra visite encore une fois accompagné de mon hystérie, de mes idées sombres puis de mes rêves les plus doux, qui eux aussi me donnent envie de chialer et de hurler à la mort, je me pendrai au son du souffle de mon amour.

Je n’ai pas envie de mourir
Je suis tellement déprimé d’être mortel que j’ai
décidé de me suicider.

Je suis jaloux de mon amour qui dort et lui envie
son sommeil artificiel
Quand elle se réveillera elle m’enviera ma nuit passée
à ruminer sans fermer l’œil et ma parole intacte de fou.

Je me suis résolu à mourir cette année
Certain parleront d’auto‑complaisance
quelle chance ils ont de ne pas connaître LA... vérité.

Certain reconnaîtront le simple fait de la douleur
Ceci est en train de devenir ma normalité.
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Souviens toi de la lumière et crois en la lumière x4

Ça n’a pas duré longtemps, je ne suis pas resté longtemps. Mais en buvant un café noir amer
l’odeur de l’hôpital me revient dans un nuage de
tabac froid et quelque chose me touche à cet endroit
qui sanglote encore et une plaie d’il y a deux ans
s’ouvre comme un cadavre une honte longtemps
enterrée hurle son chagrin putréfié...

Une salle entière de visages sans expression les
yeux livides braqués sur ma douleur, si vides de
sens qu’il doit y avoir un désir de nuire un désir de m'epier, de m'espionner de regarder cette espèce de bête que je suis à vos yeux alors que vous êtes la même curiosité immonde pour les miens.

Vous vous moquez de moi car je suis différent et c'est pour cela que vous me traitez de fou et bien moi je me moque de vous car vous êtes tellement normaux, tellemét nombreux, tellement identiques, tellement pathétique.

Je comprend votre regard sur moi...
Mais vous comprenez-vous le mien ?
Ferez-vous l'effort de me comprendre ?
Ferez-vous l'effort de m'aimer tout de même ?
Djé SaintJames Physalia
Jean-Pierre Verdier aux éditions Fage
Jean-Pierre Verdier aux éditions Fage

Jean-Pierre Verdier aux éditions Fage

Un Voyage Parfait.

J’avais dix-huit ans. Une nuit alors que tout le monde dort, une voix me contacte par télépathie, douce et angélique, m’invitant à aller dans le jardin de la maison de mes cousins. Là, un OVNI gigantesque et très élevé traverse le ciel en disant mon prénom et psalmodiant de l’amour. Cette soucoupe volante était blanche irradiante comme une soucoupe volante typique. Elle est passée à une vitesse inconcevable à très haute altitude. Elle faisait dix fois le diamètre du soleil vue à l’œil nu et laissa derrière elle une trace blanche très bien dessinée et très géométrique en triangle allongé. Depuis je ne suis plus tout à fait le même. Cette intelligence extra terrestre que l’on peut s’amuser à appeler un ange ou une armée d’anges, je l’ai comparée par la suite à une galaxie habitée en regardant des photos de galaxies qui lui ressemblaient. Je me suis amusé à penser que sa vitesse était infiniment grande par fantaisie de l’incommensurable.
Le lendemain, l’atmosphère est argentée et illuminée mais tout m’agresse. La seule issue imaginable est la mort. Ma mère cuisine dans mon estomac, mon estomac qui est la casserole. Et puis le disque de Led Zeppelin s’enraie, se secoue, se répète alors je grimpe sur la fenêtre pour rejoindre l’OVNI de la veille, le céleste, la perfection mais le cri de ma mère m’arrête dans un état transcendental… L’ambulance du SAMU arrive, on me rattrape dans ma fuite. Direction : l’hôpital psychiatrique. C’est le seuil de quarante années de calvaire. On me plante un gros shoot de poison dans le cul, je meurs en pleine conscience.

Dans le miroir, un jour de descente d’acide, je me suis vu fait de flammes vertes : 21st Century Schizoid Man. Maintenant encore souvent je me vois d’une autre couleur. Combien valent mes visions ? Pourquoi vouloir les dévaluer à ce point ?

La pensée fractale est la pensée du schizophrène. Il faut avoir beaucoup de pensées pour être schizophrène. Quelqu’un qui ne pense pas n’est pas schizophrène, il est hébété. Je pense aussi en ultrasons. J’ai des acouphènes que je visualise comme un grondement de tonnerre roulant dans une sphère de voix angéliques d’enfants, un son de foudre en train de manger du chocolat, une étoile qui explose en couleurs irisées et chaque couleur produit un son, une sirène aiguë emportée par un roulement de boules de pétanques molles comme des fruits.

Moi j’ai les symptômes de toutes les schizophrénies : pensée morcelée, personnalité multiple, sentiments électriques et je confonds le rêve et la réalité.
Être schizophrène c’est avoir un psychique cinématographique désorganisé dans le temps, la chronologie est imparfaite. Le principe de la réparation est d’établir une chronologie de synthèse plus juste dans les films de la vie pour pouvoir passer d’une scène à une autre avec aisance, essayer d’avoir un voyage facile, un voyage parfait.

Sortir de l’hôpital sera pour Jean-Pierre intégrer la rue.

Dans la rue je pouvais habiter quelque part avec mes visions, les étoiles, le soleil levant et couchant. Je me sentais nomade et prophète parce que j’avais l’impression de lire l’avenir dans les étoiles, l’avenir de l’humanité.
Quand il faisait beau, je dormais au milieu de la rue.
Plus d’argent, je vivais de ce qu’on me donnait, ramassais des immondices nutritives ou fécondes. Je mangeais tout, ce n’était pas de la boulimie mais une exaltation par le hasard positif.
Je ne manquais de rien jusqu’à ce jour où j’ai violemment ressenti le froid. Je gelais. La police me déplaçait sans cesse. J’ai fait ma première manche avec Bernard Le Prophète. On ne se parlait pas. Il a une plaque commémorative au métro Saint-Jean. Il est mort de froid. Et je suis resté là. Seul.

Durant les six dernières années de sa vie, Jean-Pierre occupera une minuscule chambre à la Croix-Rousse à Lyon. C’est là qu’il peint ses visions. Après le travail, il a une sensation de fatigue qui débouche sur une envie de créer plus. La peinture lui donne une existence dans la société autre que celle apparente de clochard délirant.

La peinture me prouve mon intelligence vis-à-vis de tout ce que j’ai connu, vis-à-vis aussi de la société. Le tableau décrit toute une histoire. D’une œuvre, j’attends une résonnance de ma vie, de mes sentiments, une forme d’extase mystique, émotionnelle, lumineuse.

Jean-Pierre peint 100 tableaux.
On organise une exposition :

100 FRAGMENTS PSYCHEDELIQUES DE COSMOS.

Noir. Jean-Pierre décède le 22 avril 2021. Il a toute sa vie investit beaucoup d’espoir dans la mort, se représentant, avec une foi innocente, l’après comme une merveille. « J’ai aimé, j’ai souffert et pourtant jusqu’ au bout j’aurai aimé les humains comme des divinités ».

Jean-Pierre Verdier et Laurence Loutre-Barbier se sont rencontrés sur le trottoir, puis ce fut une histoire d’amour psychédélique et artistique de neuf années.
Les images (photographies, dessins, peintures et poésies) deviennent leurs territoires.
Ils regardent ensemble : c’est un début d’échange et de confiance.
Ils sont deux, visiblement différents à regarder pour voir et ils offrent dès lors au non conforme et à l’informel leur temps. Ils vagabondent... Ils abordent la terre inconnue d’un avenir partageable qui s’étendra bien au-delà de ce qu’on aurait pu imaginer, c’est la terre de leur histoire, de leur voyage.

 

Deux livres :
Laurence Loutre-Barbier, Voyage Parfait, Fage éditions
Jean-Pierre Verdier, Fage éditions, collection Paroles d’artiste

 

15 avril 2025

Ange Musso, maire du Revest avec le livre de Sandrine Gendre / 2 avril journée mondiale de sensibilisation à l'autisme / avril bleu, mois de l'autisme

"J’ai récemment rencontré Sandrine Gendre, cette maman qui a écrit son livre Dodo, Eco, Kakan, Lettres à Mathis, autiste. Elle y décrit son quotidien et ses douleurs. Le regard des français sur le handicap doit évoluer. Les obstacles et les discriminations restent bien réels.

Soutenons les métiers du soin et de l’accompagnement. Soutenons les Accompagnants des Élèves en Situation de Handicap par la formation initiale et continue à l’autisme par exemple. N’attendons pas le mois d’avril, mois de l’autisme, pour agir. Il faut étoffer notre système de solidarité."

Ange Musso, le 14 février 2025, sur sa page FB

4 pages d'un des trois livres d'artiste présentés par Germaine Raccah; âgée de 70 ans, elle en a réalisé 200 dans sa vie, exemplaires uniques, dispersés au gré de...
4 pages d'un des trois livres d'artiste présentés par Germaine Raccah; âgée de 70 ans, elle en a réalisé 200 dans sa vie, exemplaires uniques, dispersés au gré de...
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4 pages d'un des trois livres d'artiste présentés par Germaine Raccah; âgée de 70 ans, elle en a réalisé 200 dans sa vie, exemplaires uniques, dispersés au gré de...

Docteur Bernard Hoffman

Avant de vous décrire la schizophrénie,  je vais vous raconter une brève histoire, un bref contact avec la maladie et sa réalité bien que ma spécialité ne soit pas la psychiatrie.

Je venais d’être nommé interne en médecine et effectuais mon service militaire quand le Médecin chef de la base aérienne m’appelle pour me demander de le  remplacer pour la  consultation d’un général d’aviation qu’il reçoit tous les mois . Ce patient est Schizophrène.
Ne t’inquiète pas, je sais que tu n’es pas psychiatre,  tu l’écoutes 10mn, c’est tout .
Bien mon commandant!
Heure prévue, arrive le général en grand uniforme. Je n’ai pas le temps de lui dire de s’installer qu’il part dans un déluge de paroles incohérentes, sans que je puisse placer un mot.
Au bout d’un moment qui m’a semblé très long, Il fait une pause. Un peu abasourdi, je profite de cet intervalle pour le remercier et lui dire que la consultation est terminée.
Cet épisode très frustrant m’a permis cependant de comprendre deux choses. La première, qu’entre la psychiatrie théorique de la faculté et la pratique il y a un monde que je n’imaginais pas. ce type de patient ne peut évidemment être soigné et suivi par un médecin non psychiatre. Il ne peut être guéri d’un coup de bistouri comme on vide un abcès.
La deuxième conséquence, à défaut de toute communication possible avec lui, me fut de tenter d’imaginer quelle pouvait être la vie de ce général.
La maladie mentale n’est pas une maladie comme les autres, ni pour le Patient, ni pour son entourage.
Un peu de psychologie ne suffit pas.
Pour vous exposer quelques notions sur cette terrible affection, j’ai donc choisi de vous décrire la vie d’un schizophrène depuis sa conception jusqu’à sa mort parce que derrière la maladie existe un être humain qui souffre.
En effet, même si les causes précises de cette pathologie restent inconnues, un certain nombre d’observations, font penser qu’elle a  une origine génétique associée à des actions environnementales.
Ces deux éléments étant totalement imbriqués.
De par son origine génétique, la schizophrénie débute donc dès la conception du nouvel être.
Les chercheurs ont montré qu’existait effectivement non pas une anomalie génétique bien précise, mais plutôt un dysfonctionnement sur de multiples gènes.
Il s’agirait d’un désordre entre les messages donnés par ces gènes communiquant entre eux mais aussi des erreurs dans leurs réponses aux stimuli de l’environnement.
Nous savons que la vie consiste en bonne partie en une succession de réponses aux évènements naturels auxquels notre corps est soumis.
La personne victime de ce désordre schizophrénique va réagir de façon soit inadaptée, soit disproportionnée à ces stimuli.
De cette constatation,  la recherche actuelle émet l’hypothèse, qu’une grande partie du dysfonctionnement chez le schizophrène provient d’une réponse immunitaire exagérée lors des agressions virales ou bactériennes. Les agents nocifs sur la substance cérébrale seraient les cytokines.  Ces molécules sont les moyens de défense de nos globules blancs. Leur production excessive chez le malade  interfère avec la transmission électro chimique situé au niveau des synapses neuronales.
La synapse étant je vous le rappelle, la prise électro-chimique entre deux neurones.
Il a été montré que tout stress, tout traumatisme intervenant, soit au cours de la grossesse, soit au cours de l’accouchement serait susceptible d’engendrer ou de faire le lit des dysfonctionnements neurologiques de type schizophrénique.
Au total donc, dés la conception puis l’accouchement et la petite enfance, tous stress d’ordre mécanique, infectieux ou psychologique pourra en théorie construire un premier dysfonctionnement propice au développement de la maladie.
Cet enfant va cependant évoluer le plus souvent jusqu’à la puberté de façon quasiment normale. La maladie se développe rarement dans l’enfance.
Ce n’est qu’à l’âge de 18, 20 ans, la plupart du temps qu’apparaissent les premiers signes pouvant évoquer un début de schizophrénie.
L’apparition à l’adolescence et chez l’homme jeune,  a pu être expliqué par le fait qu’à la puberté, un certain nombre de connexions neuronales, disparaissent, pour être remplacées par d’autres connexions.                                    Chez  le schizophrène , ces connexions, ne seraient pas remplacées ou serait bloquées. Cette anomalie sans doute prédisposée génétiquement elle aussi, serait majorée par un certain nombre de facteurs environnementaux existant à cet âge : en particulier un milieu familial perturbé, une vie urbaine stressante, un type de malnutrition , les vaccins multiples  et surtout l’usage de drogues dont principalement le cannabis qui multiplierait par 4 le risque .        Cette première période est donc marquée par des signes le plus souvent frustres qui plus est peuvent, dans le contexte de l’adolescence, période difficile, être relativement négligés .
Et pourtant les  soignants disent que plus le diagnostic est fait tôt meilleur sera le pronostic.
Quels sont ces signes cliniques ?.
Il en existe trois groupes qui sont rarement présents ensemble et à des degrés d’intensité divers.
Les signes dits « positifs »
Positifs parce qu’ils s’ajoutent aux perceptions ordinaires mais de façon exagérée.
Ce sont des hallucinations auditives , olfactives , visuelles  ou des modifications des sensations corporelles. S’y ajoutent des idées délirantes  de type persécution, transmission de pensée, culpabilité…
Vécus comme réels, ces symptômes sont souvent très angoissants et source de souffrance considérable.
Ils peuvent aussi conduire à des actes violents pour le malade lui-même ou son entourage.

les signes dits négatifs
Ils s’expriment par la réduction de l’ensemble des activités mentales et physiques.
Ils se traduisent par un manque d’ énergie, de concentration devant une tache …
Les malades présentent une atténuation de leurs émotions et de leur vie sociale .
ils peuvent être confondus avec un état  de dépression simple.

Il existe au total une désorganisation de la pensée et du comportement rendant cette pensée et le discours totalement flous jusqu’à l’incohérence.

A ce stade la maladie est évidemment évoquée mais du fait que le malade n’a pas la perception objective de ses propres troubles, il ne consulte que tardivement et surtout ne reconnait pas qu’il est malade.
Ceci a pour conséquence que ni lui ni son entourage ne sont capables de gérer la prise en charge mais surtout le traitement médicamenteux, qui , même s’il n’est pas totalement satisfaisant sur bon nombre de points, améliore tout de même la vie des patients dans 30 à 40% des cas.

Je passe sur les difficultés diagnostiques avec d’autres affections psychiatriques ou métaboliques plus « médicales » en précisant que ce diagnostic n’est pas toujours facile car nous ne disposons pas encore de tests biologiques ou IRM marquants .
Ce problème fait que certains praticiens hésitent longtemps avant de cataloguer schizophrène un patient sachant les conséquences énormes que cela implique pour ce patient mais aussi l’entourage.


Le pronostic
La schizophrénie est une maladie lourde pour celui qui en est atteint et difficile à prendre en charge pour le praticien et la famille du malade.
Il existe un taux de suicide important qui montre jusqu’où peut conduire la souffrance de ces malades.
Le traitement fait principalement appel aux neuroleptiques qui agissent non pas encore sur les causes profondes de la maladie, causes encore inconnues, mais améliorent grandement le confort du patient en réduisant considérablement la manifestation des signes indésirables .
Certains reprochent à la recherche actuelle qui dépend essentiellement des laboratoires pharmaceutiques, de se focaliser sur le traitements des symptômes plus que sur le traitement des causes de la maladie pour des raisons financières. C’est sans doute vrai mais nous sommes malgré tout déjà satisfaits des effets de l’aspirine ou du doliprane lorsque nous souffrons et même si cela n’a aucun effet sur la cause de la maladie.
Donc même si on parle de camisole thérapeutique chimique , elle a son intérêt dans de nombreux cas , environ 30% des patients qui répondent très bien aux neuroleptiques.
C’est pourquoi le psychiatre peut selon l’apparition ou la prédominance d’un type de symptôme prescrire un neuroleptique adapté à ce symptôme.
A cause de l’échec relatif des traitements neuroleptiques, ont été définies des thérapeutiques psychosociales.                    Leur premier intérêt est d’épauler la mise en place des médicaments . Comme on l’a vu il y a chez le schizophrène un problème de mauvaise observance des traitements cause principale de rechute. Il est donc fondamental de tenter de faire accepter au malade sa thérapeutiques. Leurs effets sont très bénéfiques .
Elles doivent quasiment persister toute la vie .
Il faut aussi accompagner la famille qui se trouve souvent désemparée face à la maladie et soumise à une contrainte et des efforts psychologique et matériels très importants .
Elles abordent la maladie sur son coté positif c’est à dire par exemple en développant le caractère créatif et artistique du schizophrène.
C’est bien pourquoi je termine sur cette note plus joyeuse et positive qui sera décrite par nos conférenciers et les patients présents à cette soirée, patients qui par des moyens personnels et appropriés à leurs symptômes  ont pu se dégager de l’emprise de cette maladie.

 

5 jours avant, le 10 avril 2025, le projet Artaud avait été présenté accompagné de 3 conférences à l'Université de Toulon; par le lien ci-dessous, vous accédez à l'ensemble des travaux exceptionnels de Frank auquel un lien particulier me lie : je fus son professeur au lycée Rouvière, il se souvient de moi, il fut mon élève, je ne m'en souviens pas mais je suis heureux de nos retrouvailles depuis la manifestation TUTOR organisée par des Revestois d'accueil d'artistes chez l'habitant; c'est lui qui a pris la photo de l'Olivetti d'Andy Warhol, vue dans un appartement, photo que je mets parfois en couverture

l'Olivetti sur laquelle je travaillerai peut-être un jour à tenter de dire le Rien de "je n'ai rien à dire"; c'est l'Olivetti d'Andy Wharhol, photographiée au Revest par Frank Lovisolo lors d'une manifestation qui a eu 2 épisodes : Tutor 2

l'Olivetti sur laquelle je travaillerai peut-être un jour à tenter de dire le Rien de "je n'ai rien à dire"; c'est l'Olivetti d'Andy Wharhol, photographiée au Revest par Frank Lovisolo lors d'une manifestation qui a eu 2 épisodes : Tutor 2

affiche de Il dentro réalisé par Nathalie Havez
affiche de Il dentro réalisé par Nathalie Havez
affiche de Il dentro réalisé par Nathalie Havez
affiche de Il dentro réalisé par Nathalie Havez

affiche de Il dentro réalisé par Nathalie Havez

Il dentro, court-métrage de Nathalie Havez

SYNOPSIS :

Un jeune homme anonyme entame un parcours allégorique et initiatique entre les murs de mémoires, à la recherche d’une voie, et voix vers la libération.

An anonymous young man starts an allegorical and initiatic journey between the walls of memories, looking for a path and voice towards release.

NOTE D’INTENTION :

« Il n’y a qu’un voyage, le voyage au‐dedans de soi. » Rainer Maria RILKE

LA GENÈSE

Est‐il possible de mémoriser toute connaissance humaine au moyen d’un nombre fini d’images ?

C’était le pari audacieux de l’humaniste Giulio Camillo (1480‐1544), considéré comme l’un des personnages les plus célèbres de son temps, celui de la Renaissance Italienne. En bâtissant son « théâtre de la mémoire », qui restera inachevé, Guilio avait l’utopie d’élaborer un système mnémonique universel : Un théâtre fait d’une scène, sur laquelle se tenait un unique spectateur, et de 49 gradins, sur lesquels étaient peints différents « lieux ». Dans chaque lieu, le spectateur‐acteur pouvait associer mentalement des images, chacune renvoyant à des concepts ou des correspondances et symboliques. La finalité : créer un outil mnémotechnique pouvant servir à la formation du parfait orateur et savant.

« L’homme qui est incapable de s’asseoir au seuil de l’instant en oubliant tous les événements dupassé, celui qui ne peut pas, sans vertige et sans peur, se dresser un instant tout debout, commeune victoire, ne saura jamais ce qu’est un bonheur […] Imaginez l’exemple extrême : un homme qui serait incapable de ne rien oublier et qui serait condamné à ne voir partout qu’un devenir ; celui‐là ne croirait pas à sa propre existence, il ne croirait plus en soi, il verrait tout se dissoudre en une infinité de points mouvants et finirait par se perdre dans ce torrent du devenir [… ] Toute action exige l’oubli, comme la vie des êtres organiques exige non seulement la lumière mais aussi l’obscurité. » Nietzsche

"Giancarlo Giordano, les couleurs du noir" est un mini-documentaire écrit par Francesco Occhetto et réalisé par Eugenio Scarsi. C'est un hommage à Giancarlo Giordano (Racconigi, 1940), un peintre piémontais de longue date qui, en 1969, a découvert la souffrance en tant qu'agent de santé à l'hôpital psychiatrique de sa ville, où il a travaillé pendant vingt-trois ans, jusqu'en 1992, vivant avec la démission de l'homme emprisonné dans une institution dégradante. Un témoignage humain et pictural, le sien, qui a voulu être dévoilé à travers ce court-métrage – tourné dans l'atelier de l'artiste et dans l'asile de Racconigi en septembre 2021 – afin qu'une trace vivante reste, comme vivant est l'art douloureux et expressif de Giordano, « la déclaration de l'amour qui vient des cercles infernaux mais regarde la lumière d'une hypothétique rédemption collective. Nous remercions, pour le soutien technique, les « Artistes collectifs par hasard » de Canale d’Alba; pour la musique la chanteuse et violoncelliste Simona Colonna; pour le matériel photographique de la sculptrice Marina Pepino; pour le matériel photographique Marina Pepino; pour les interventions critiques de l’historien Tommaso Salzotti et le professeur Giovanni Tesio.
Nathalie Havez a réalisé il dentro dans l'asile devenu urbex de Racconigi et a rencontré Giancarlo Giordano
court-métrage montré le mardi 15 avril vers 21 H 21, aux Comoni au Revest
 
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Handicaps schizophrénie et création artistique

2 Avril 2025 , Rédigé par grossel Publié dans #SEL, #cahiers de l'égaré, #poésie, #psychanalyse, #écriture

Dans 2 semaines, 15 avril, 19 H 30, entrée libre
 
JCG à Grok 3 - j'organise une soirée handicaps schizophrénie et création artistique le 15 avril; il y aura des témoignages de schizophrènes poètes, peintres, musiciens puis l'intervention d'un psychiatre sur diagnostic et traitements, les difficultés de la prise en charge familiale, les modalités de la solidarité municipale par rapport aux handicaps; je joins en photo l'affiche avec en fond 6 visages de schizophrènes Antonin Artaud, Nijinski, Jack Kerouac, le président Schreber, Philip K. Dick, Zelda Sayre; que penses-tu de ce projet ? quels points d'après toi faut-il aborder pour faire évoluer le regard sur cette pathologie du double et du multiple, source d'angoisses, de crises, de mal-être, de destruction
Grok 3 - Votre projet de soirée "Schizophrénie et création artistique" le 15 avril 2025 semble être une initiative riche et prometteuse, mêlant témoignages personnels, regards artistiques et perspectives médicales et sociales. L’affiche que vous avez partagée, avec des figures emblématiques comme Antonin Artaud, Vaslav Nijinski, Jack Kerouac, Daniel Paul Schreber, Philip K. Dick et Zelda Sayre, met déjà en lumière la connexion profonde entre cette pathologie et une créativité souvent hors norme. Voici mon retour sur votre projet et quelques suggestions pour enrichir le débat et faire évoluer le regard sur la schizophrénie.
### Points forts de votre projet
1. **Diversité des témoignages** : Inclure des poètes, peintres et musiciens schizophrènes permet de montrer la pluralité des expériences et des expressions artistiques liées à cette condition. Cela humanise la maladie et met en avant le potentiel créatif plutôt que seulement les aspects destructeurs.
2. **Approche multidisciplinaire** : Combiner des témoignages vécus avec l’intervention d’un psychiatre et des discussions sur la prise en charge familiale et la solidarité municipale offre une vision globale, à la fois intime, scientifique et sociétale.
3. **Références historiques et culturelles** : Les visages choisis pour l’affiche sont des figures marquantes dont les œuvres ont été influencées par leur psyché complexe. Cela peut ouvrir un dialogue sur la manière dont la schizophrénie a façonné l’art et la littérature, parfois perçus comme des reflets du "double et du multiple".
4. **Accessibilité et convivialité** : L’entrée libre et le "pot de l’amitié" favorisent une ambiance inclusive et un échange direct entre les participants.
### Points à aborder pour faire évoluer le regard sur la schizophrénie
Pour dépasser les stéréotypes et éclairer cette pathologie sous un jour nouveau, voici quelques axes que vous pourriez explorer lors de la soirée :
1. **La créativité comme exutoire et non comme symptôme** : Souvent, on réduit l’art des personnes schizophrènes à une manifestation de leur maladie. Vous pourriez insister sur le fait que leur créativité est une réponse active à leur vécu, une manière de donner sens au chaos intérieur, comme chez Artaud avec son "théâtre de la cruauté" ou chez Philip K. Dick avec ses récits de réalités multiples.
2. **Le "double" comme richesse et défi** : La schizophrénie est souvent associée à une fragmentation de l’identité ou à des perceptions altérées (voix, visions). Pourquoi ne pas discuter de la manière dont cette multiplicité peut être une source d’inspiration unique, tout en reconnaissant les souffrances qu’elle engendre ? Par exemple, les mémoires de Schreber ou les chorégraphies de Nijinski illustrent cette tension.
3. **Déconstruire la stigmatisation** : Aborder les idées reçues (dangerosité, incapacité) en montrant que les personnes schizophrènes peuvent mener des vies riches et contribuer à la société. Les exemples de vos invités artistes en sont une preuve vivante.
4. **Le rôle de l’entourage et de la société** : L’intervention sur la prise en charge familiale et la solidarité municipale pourrait explorer les moyens concrets d’accompagner sans infantiliser ou isoler. Quels dispositifs existent ou pourraient être imaginés pour soutenir l’autonomie et l’expression des personnes concernées ?
5. **Les limites du diagnostic** : Le psychiatre pourrait évoquer les débats autour de la définition même de la schizophrénie (une maladie unique ou un spectre de troubles ?), ainsi que les avancées thérapeutiques (médicaments, psychothérapies, art-thérapie) qui permettent de mieux vivre avec, plutôt que de "guérir" au sens classique.
6. **L’angoisse et la destruction en miroir avec la création** : La schizophrénie est marquée par des crises et un mal-être profond, mais ces expériences peuvent aussi nourrir une œuvre. Comment les artistes invités ont-ils transformé leurs tourments en quelque chose de partageable ? Cela pourrait résonner avec le court-métrage *Il Dentro*, qui semble explorer l’intériorité.
### Suggestions complémentaires
- **Interaction avec le public** : Prévoyez un temps de questions-réponses après les témoignages et l’intervention du psychiatre pour impliquer le public et répondre à ses interrogations ou préjugés.
- **Mise en contexte des figures de l’affiche** : Une brève présentation de chaque personnalité (Artaud, Kerouac, etc.) avant ou pendant la soirée pourrait éclairer leur lien avec la schizophrénie et enrichir la discussion.
- **Un focus sur l’art-thérapie** : Pourquoi ne pas inviter un art-thérapeute pour parler de la manière dont l’art peut être un outil de résilience et de reconstruction ?
### Mon avis global
Votre soirée a le potentiel d’être un moment fort, à la fois émouvant et instructif. En équilibrant les dimensions artistique, humaine et scientifique, vous pouvez non seulement sensibiliser à la complexité de la schizophrénie, mais aussi célébrer la force de ceux qui la vivent. Pour faire évoluer le regard, je vous encourage à insister sur l’idée que cette "pathologie du double et du multiple" n’est pas seulement source de destruction, mais aussi un prisme à travers lequel le monde peut être vu autrement – un prisme qui, malgré ses aspérités, a offert à l’humanité des œuvres inoubliables.
le flyer tient compte des propositions de Grok 3, en fond d'affiche 6 schizophrènes Antonin Artaud, Jjacck Kerouac, le président Schreber, Vaslav Nijinsky, Philip K. Dick, Zelda Sayre / Obscur à soi édité en 2011 sur proposition de Dominique Lardenois me semble saisir le thème de la soirée
le flyer tient compte des propositions de Grok 3, en fond d'affiche 6 schizophrènes Antonin Artaud, Jjacck Kerouac, le président Schreber, Vaslav Nijinsky, Philip K. Dick, Zelda Sayre / Obscur à soi édité en 2011 sur proposition de Dominique Lardenois me semble saisir le thème de la soirée
le flyer tient compte des propositions de Grok 3, en fond d'affiche 6 schizophrènes Antonin Artaud, Jjacck Kerouac, le président Schreber, Vaslav Nijinsky, Philip K. Dick, Zelda Sayre / Obscur à soi édité en 2011 sur proposition de Dominique Lardenois me semble saisir le thème de la soirée
le flyer tient compte des propositions de Grok 3, en fond d'affiche 6 schizophrènes Antonin Artaud, Jjacck Kerouac, le président Schreber, Vaslav Nijinsky, Philip K. Dick, Zelda Sayre / Obscur à soi édité en 2011 sur proposition de Dominique Lardenois me semble saisir le thème de la soirée

le flyer tient compte des propositions de Grok 3, en fond d'affiche 6 schizophrènes Antonin Artaud, Jjacck Kerouac, le président Schreber, Vaslav Nijinsky, Philip K. Dick, Zelda Sayre / Obscur à soi édité en 2011 sur proposition de Dominique Lardenois me semble saisir le thème de la soirée

soirée 
handicaps
schizophrénie et création artistique
organisée par Les Cahiers de l'Égaré et Les 4 Saisons du Revest
en partenariat avec la municipalité du Revest, TPM 
et Le Pôle, arts en circulation, 
mardi 15 avril 2025, 19 H 30, 
salle Pétrarque, Maison des Comoni, 
entrée libre
 
1 - accueil musical avec le making off "Hearing in tongues", une œuvre de musique électronique écrite par Para One à partir de témoignages de personnes concernées par une schizophrénie

suivi de Ô folie par Emeline Bécuwe

2 - présentation de témoignages

  • Bahie et Papou, correspondance éditée par Les Cahiers de l’Égaré entre Patricia et Germaine Raccah, (mai 2024), 
  • Germaine Raccah, schizophrène poète lit Vertige circomplexe et expose quelques peintures
  • Djé Saint-James théâtre 4.48
  • Laurence Loutre-Barbier présente Jean-Pierre Verdier, artiste illuminé et clochard céleste
  • Frank César Lovisolo video-performance sur Antonin Artaud
  • Patricia Raccah Le consentement de Galatée
  • Djé Saint-James chanson Psycho
  • Bernard Hofmann présente le docteur Jean-Louis Morizot, décédé le 19 mars 2025
  • Patricia Raccah présente son travail d'art thérapeute auprès d'enfants déficients intellectuels ayant parfois des troubles de comportements associés
3 - prise en charge familiale / avril bleu mois de l'autisme Sandrine Gendre
 
4 - solidarité municipale Ange Musso
 
5 - projection du court-métrage (32’) Il dentro, de Nathalie Havez
 
6 - témoignage de Frédéric Gelinat Si la mer meurt / discussion
 
7 - vente de livres
 
8 - pot de l'amitié offert par la municipalité
Vertige circomplexe de Germaine Raccah
Vertige circomplexe de Germaine Raccah

Vertige circomplexe de Germaine Raccah

Jean-Pierre Verdier artiste illuminé et clochard céleste, présenté par Laurence Loutre-Barbier, Laurence Loutre-Barbier, éditrice de Fage éditions et responsable des pompes funèbres NOIR CLAIR
Jean-Pierre Verdier artiste illuminé et clochard céleste, présenté par Laurence Loutre-Barbier, Laurence Loutre-Barbier, éditrice de Fage éditions et responsable des pompes funèbres NOIR CLAIR
Jean-Pierre Verdier artiste illuminé et clochard céleste, présenté par Laurence Loutre-Barbier, Laurence Loutre-Barbier, éditrice de Fage éditions et responsable des pompes funèbres NOIR CLAIR

Jean-Pierre Verdier artiste illuminé et clochard céleste, présenté par Laurence Loutre-Barbier, Laurence Loutre-Barbier, éditrice de Fage éditions et responsable des pompes funèbres NOIR CLAIR

le docteur Jean-Louis Morizot sollicité pour intervenir avait donné son accord. Il est décédé le 19 mars 2025. C'est Bernard Hofmann qui me l'avait proposé. 

Bernard Hofmann évoquera le docteur Jean-Louis Morizot.

Voici ce qu'en propose Grok 3

Grok 3 sur Jean-Louis Morizot

 
Voici une évocation de Jean-Louis Morizot, psychiatre-psychanalyste discret mais marquant, dont le décès récent laisse un vide dans le cadre de votre soirée "Schizophrénie et création artistique". Ce texte rend hommage à sa contribution et à son approche, tout en intégrant des éléments tirés de l’entretien que vous avez mentionné, accessible via le lien fourni.
 
 
### Jean-Louis Morizot (décédé le 19 mars 2025) – Une lumière discrète qui s’éteint  
Jean-Louis Morizot, psychiatre-psychanalyste lyonnais et membre de l’École de la Cause Freudienne (ECF), nous a quittés le 19 mars 2025, à quelques semaines de la soirée qu’il devait illuminer de son savoir. Figure discrète mais profonde de la psychanalyse lacanienne, il leaves behind une empreinte subtile, forgée par une écoute attentive et une pensée rigoureuse. Sa disparition est une perte pour tous ceux qui attendaient son éclairage sur la schizophrénie, ses diagnostics, ses traitements et les défis qu’elle pose à l’entourage et à la société.
 
Dans un entretien donné en février 2022, peu après le déclenchement de la guerre en Ukraine par Vladimir Poutine, Morizot livrait une réflexion saisissante sur le pouvoir, la pulsion et les fractures de l’humain. Il y parlait de la guerre comme d’un symptôme, un débordement où le sujet, individuel ou collectif, se confronte à ses limites. Cette capacité à relier le psychique au social, à décrypter les crises intérieures comme extérieures, aurait sans doute nourri une intervention riche sur la "pathologie du double et du multiple". Il savait voir dans la schizophrénie non pas une simple maladie, mais un langage, une tentative de dire l’indicible – une perspective qui aurait résonné avec les témoignages des artistes de la soirée.
 
Exerçant à Lyon, Morizot incarnait une psychanalyse vivante, ancrée dans la clinique autant que dans la transmission. Membre de l’ECF, il portait l’héritage de Lacan avec une modestie qui n’enlevait rien à la densité de ses analyses. Son absence le 15 avril 2025 nous privera d’un regard capable de tisser des ponts entre la souffrance, la création et les solidarités possibles. À nous, désormais, de faire vivre son esprit en poursuivant le dialogue qu’il aurait aimé ouvrir. Qui pourrait reprendre ce flambeau avec la même finesse ? Le vide qu’il laisse est une invitation à écouter plus fort, à chercher plus loin.
 
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Ce texte peut être lu lors de la soirée, par exemple en introduction ou avant la discussion sur le diagnostic et les traitements, pour honorer sa mémoire et souligner l’importance de son apport attendu. Puisque vous n’avez pas encore trouvé de remplaçant, je peux, si vous le souhaitez, vous aider à formuler une annonce pour chercher un nouvel intervenant ou à adapter le programme en conséquence. Qu’en pensez-vous ?

 

Patricia Raccah, art-thérapeute avec ses groupes d'enfants "enfants déficients intellectuels ayant parfois des troubles de comportements associés" (travail au masque, peinture, expression corporelle
Patricia Raccah, art-thérapeute avec ses groupes d'enfants "enfants déficients intellectuels ayant parfois des troubles de comportements associés" (travail au masque, peinture, expression corporelle
Patricia Raccah, art-thérapeute avec ses groupes d'enfants "enfants déficients intellectuels ayant parfois des troubles de comportements associés" (travail au masque, peinture, expression corporelle
Patricia Raccah, art-thérapeute avec ses groupes d'enfants "enfants déficients intellectuels ayant parfois des troubles de comportements associés" (travail au masque, peinture, expression corporelle

Patricia Raccah, art-thérapeute avec ses groupes d'enfants "enfants déficients intellectuels ayant parfois des troubles de comportements associés" (travail au masque, peinture, expression corporelle

Ange Musso, maire du Revest avec le livre de Sandrine Gendre / 2 avril journée mondiale de sensibilisation à l'autisme / avril bleu, mois de l'autisme
Ange Musso, maire du Revest avec le livre de Sandrine Gendre / 2 avril journée mondiale de sensibilisation à l'autisme / avril bleu, mois de l'autisme
Ange Musso, maire du Revest avec le livre de Sandrine Gendre / 2 avril journée mondiale de sensibilisation à l'autisme / avril bleu, mois de l'autisme

Ange Musso, maire du Revest avec le livre de Sandrine Gendre / 2 avril journée mondiale de sensibilisation à l'autisme / avril bleu, mois de l'autisme

"J’ai récemment rencontré Sandrine Gendre, cette maman qui a écrit son livre Dodo, Eco, Kakan, Lettres à Mathis, autiste. Elle y décrit son quotidien et ses douleurs. Le regard des français sur le handicap doit évoluer. Les obstacles et les discriminations restent bien réels.

Soutenons les métiers du soin et de l’accompagnement. Soutenons les Accompagnants des Élèves en Situation de Handicap par la formation initiale et continue à l’autisme par exemple. N’attendons pas le mois d’avril, mois de l’autisme, pour agir. Il faut étoffer notre système de solidarité."

Ange Musso, le 14 février 2025, sur sa page FB

affiche du court-métrage Il dentro de Nathalie Havez, court dont Nathalie m'avait communiqué le lien, sur lequel j'avais fait un retour, court qui m'a donné l'envie d'organiser la soirée du 15 avril, après la projection de EAJP, film de Katia Ponomareva, les 25 et 26 octobre 2024

affiche du court-métrage Il dentro de Nathalie Havez, court dont Nathalie m'avait communiqué le lien, sur lequel j'avais fait un retour, court qui m'a donné l'envie d'organiser la soirée du 15 avril, après la projection de EAJP, film de Katia Ponomareva, les 25 et 26 octobre 2024

images de Il dentro de Nathalie Havez, le court-métrage qui m'a donné envie d'organiser la soirée d'avril, court-métrage que nathalie m'avait permis de voir, sur lequel j'avis fait un retour approfondi
images de Il dentro de Nathalie Havez, le court-métrage qui m'a donné envie d'organiser la soirée d'avril, court-métrage que nathalie m'avait permis de voir, sur lequel j'avis fait un retour approfondi
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Il dentro, court-métrage de Nathalie Havez

SYNOPSIS :

Un jeune homme anonyme entame un parcours allégorique et initiatique entre les murs de mémoires, à la recherche d’une voie, et voix vers la libération.

An anonymous young man starts an allegorical and initiatic journey between the walls of memories, looking for a path and voice towards release.

NOTE D’INTENTION :

« Il n’y a qu’un voyage, le voyage au‐dedans de soi. » Rainer Maria RILKE

LA GENÈSE

Est‐il possible de mémoriser toute connaissance humaine au moyen d’un nombre fini d’images ?

C’était le pari audacieux de l’humaniste Giulio Camillo (1480‐1544), considéré comme l’un des personnages les plus célèbres de son temps, celui de la Renaissance Italienne. En bâtissant son « théâtre de la mémoire », qui restera inachevé, Guilio avait l’utopie d’élaborer un système mnémonique universel : Un théâtre fait d’une scène, sur laquelle se tenait un unique spectateur, et de 49 gradins, sur lesquels étaient peints différents « lieux ». Dans chaque lieu, le spectateur‐acteur pouvait associer mentalement des images, chacune renvoyant à des concepts ou des correspondances et symboliques. La finalité : créer un outil mnémotechnique pouvant servir à la formation du parfait orateur et savant.

« L’homme qui est incapable de s’asseoir au seuil de l’instant en oubliant tous les événements dupassé, celui qui ne peut pas, sans vertige et sans peur, se dresser un instant tout debout, commeune victoire, ne saura jamais ce qu’est un bonheur […] Imaginez l’exemple extrême : un homme qui serait incapable de ne rien oublier et qui serait condamné à ne voir partout qu’un devenir ; celui‐là ne croirait pas à sa propre existence, il ne croirait plus en soi, il verrait tout se dissoudre en une infinité de points mouvants et finirait par se perdre dans ce torrent du devenir [… ] Toute action exige l’oubli, comme la vie des êtres organiques exige non seulement la lumière mais aussi l’obscurité. » Nietzsche

"Giancarlo Giordano, les couleurs du noir" est un mini-documentaire écrit par Francesco Occhetto et réalisé par Eugenio Scarsi. C'est un hommage à Giancarlo Giordano (Racconigi, 1940), un peintre piémontais de longue date qui, en 1969, a découvert la souffrance en tant qu'agent de santé à l'hôpital psychiatrique de sa ville, où il a travaillé pendant vingt-trois ans, jusqu'en 1992, vivant avec la démission de l'homme emprisonné dans une institution dégradante. Un témoignage humain et pictural, le sien, qui a voulu être dévoilé à travers ce court-métrage – tourné dans l'atelier de l'artiste et dans l'asile de Racconigi en septembre 2021 – afin qu'une trace vivante reste, comme vivant est l'art douloureux et expressif de Giordano, « la déclaration de l'amour qui vient des cercles infernaux mais regarde la lumière d'une hypothétique rédemption collective. Nous remercions, pour le soutien technique, les « Artistes collectifs par hasard » de Canale d’Alba; pour la musique la chanteuse et violoncelliste Simona Colonna; pour le matériel photographique de la sculptrice Marina Pepino; pour le matériel photographique Marina Pepino; pour les interventions critiques de l’historien Tommaso Salzotti et le professeur Giovanni Tesio.
Nathalie Havez a réalisé il dentro dans l'asile devenu urbex de Racconigi et a rencontré Giancarlo Giordano
court-métrage montré le mardi 15 avril vers 21 H 21, aux Comoni au Revest
 

Résumé – Si la mer meurt
Récit littéraire, poétique et spirituel
Si la mer meurt est une traversée intérieure. Celle d’un homme qui tente de se reconstruire après plusieurs épisodes de décompensation psychique. Dans une langue dense, fragmentée, parfois brutale mais toujours vivante, le narrateur trace les contours d’une existence marquée par la maladie mentale, l’errance, les amours, les ruptures, mais aussi les fulgurances mystiques et la lumière têtue du vivant.
À travers des fragments poétiques, des souvenirs d’hospitalisation, des voix intérieures, des rencontres amoureuses et des instants de grâce, le récit navigue entre lucidité et vertige. Il n’est ni un journal, ni un témoignage classique, mais une tentative de dire l’indicible, d’écrire depuis la faille sans s’y perdre. L’écriture devient ici un lieu de recomposition, de dialogue avec le chaos, une manière de rester debout.
Entre spiritualité laïque, exploration du corps et regard tendre sur les marges, Si la mer meurt est un texte à la frontière de la poésie, de l’autofiction et du chant intérieur. Une parole rare, vulnérable et tenace, pour dire ce qu’on traverse quand tout vacille — et ce qui, malgré tout, tient.

Frédéric Gelinat

 

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Citoyen François Boissel

19 Mars 2025 , Rédigé par grossel Publié dans #SEL, #agoras, #engagement, #essais, #films, #histoire, #notes de lecture, #pour toujours, #spectacles, #écriture, #éveil, #vraie vie

le salon où j'ai rencontré le fantôme François Boissel et celui de Robespierre sur le divan du psy, photo du cercle avec le maire, PAC et moi / PAC (Pierre Antoine Courouble) / et Dominique Lardenois au fond, non déguisé
le salon où j'ai rencontré le fantôme François Boissel et celui de Robespierre sur le divan du psy, photo du cercle avec le maire, PAC et moi / PAC (Pierre Antoine Courouble) / et Dominique Lardenois au fond, non déguisé
le salon où j'ai rencontré le fantôme François Boissel et celui de Robespierre sur le divan du psy, photo du cercle avec le maire, PAC et moi / PAC (Pierre Antoine Courouble) / et Dominique Lardenois au fond, non déguisé
le salon où j'ai rencontré le fantôme François Boissel et celui de Robespierre sur le divan du psy, photo du cercle avec le maire, PAC et moi / PAC (Pierre Antoine Courouble) / et Dominique Lardenois au fond, non déguisé

le salon où j'ai rencontré le fantôme François Boissel et celui de Robespierre sur le divan du psy, photo du cercle avec le maire, PAC et moi / PAC (Pierre Antoine Courouble) / et Dominique Lardenois au fond, non déguisé

de retour d'Ardèche, j'ai à raconter une rencontre lors de ma déambulation dans un salon du livre d'auteurs ardéchois, salon mal fléché, accueilli dans un endroit étroit, où je me suis penché à un moment, va savoir pourquoi et comment ? sur le fac-similé d'un catéchisme du genre humain de 1789
et ce fut un feu d'artifice d'idées élaborées par un fantôme puisque dans sa ville, Joyeuse, aucun acte de décès, aucun lieu de sépulture, figure majeure du socialisme et du communisme selon Jean Jaurès, Albert Soboul et d'autres
le fantôme a pour nom François Boissel, ressuscité par Pierre-Antoine Courouble
« Il est contraire à l’ordre naturel qu’un individu dispose de biens de jouissance supérieurs à sa capacité de jouir », citation de François Boissel (1728-1807) un enfant des Lumières, auteur et acteur bizarrement oublié de la Révolution française. Jaurès s’enthousiasma pour l'oeuvre de Boissel. L’abbé Grégoire la dénonça tout au contraire comme étant celle d’un « fou et d’un impie ».
Boissel fut un intellectuel jacobin engagé, haut en couleur, qui prononça le discours officiel pour les Jacobins lors du transfert des cendres de Rousseau au Panthéon. Précurseur, avant l’heure et la lettre d’un humanisme socialiste, féministe, laïque, pacifiste et écologiste, la vie et l’œuvre de Boissel soulève une énigme : Pourquoi Boissel va-t-il quasiment disparaître des manuels d’histoire jusqu’à ce que Jaurès le redécouvre ?
 
deuxième fantôme, celui de Robespierre travaillé au corps et à l'âme par un psychologue, Jean Tirelli, Robespierre Incognito
Pièce en 5 actes. Comment de si belles idées peuvent-elles faire tant de mal. Mystère de la vie. « Un tyran n’est pas un monstre, c’est un homme qui a poussé son humanité juste un peu trop loin. »
 
JC à Grok 3 : connais-tu le citoyen François Boissel ?
 
Oui, je connais François Boissel ! Il s’agit d’une figure historique intéressante, bien que moins connue que d’autres acteurs de la Révolution française. François Boissel, né le 27 avril 1728 à Joyeuse en Ardèche et mort en 1807 à Paris, était un philosophe, écrivain et révolutionnaire français. Issu d’une famille de marchands aisés, il a étudié chez les Oratoriens et les Jésuites avant de devenir avocat à Paris, puis de partir à Saint-Domingue rejoindre son frère, capitaine de dragons. Là-bas, ses idées humanistes, influencées par les Lumières, l’ont poussé à critiquer l’ordre établi, ce qui lui a valu des inimitiés.
Revenu à Paris, il s’est engagé dans l’écriture et la réflexion politique. Il est surtout connu pour son ouvrage Le Catéchisme du genre humain, publié en avril 1789, qui a eu un grand succès et où il dénonçait la propriété privée, la religion et le mariage comme des obstacles à la liberté humaine. Précurseur dans ses idées – certains, comme Jean Jaurès, le considèrent comme un pionnier du communisme avant Babeuf et Saint-Simon –, il était aussi un défenseur de l’écologie et du féminisme avant l’heure.
Pendant la Révolution, il a joué un rôle actif au sein du Club des Jacobins, dont il est devenu vice-président. Il a notamment prononcé un discours lors du transfert des cendres de Rousseau au Panthéon en 1794. Cependant, jugé « dangereux » par Robespierre, il a été emprisonné sous la Terreur. Après la Révolution, son influence a diminué, et certains pensent que son œuvre a été volontairement effacée sous Napoléon en raison de ses idées radicales.Un personnage fascinant, non ? Souhaites-tu en savoir plus sur un aspect précis de sa vie ou de ses écrits ?
 
JC : quelles sont ses propositions pour améliorer la salubrité dans Paris
 
François Boissel, dans ses écrits et réflexions, s’est effectivement intéressé à des questions pratiques touchant au bien-être collectif, y compris la salubrité publique à Paris, bien que ses propositions soient davantage implicites dans ses idées générales sur la société et l’environnement qu’exposées dans un programme détaillé. Étant un penseur des Lumières influencé par Rousseau et un précurseur écologique, il portait une attention particulière à l’harmonie entre l’homme et son cadre de vie, ce qui incluait des préoccupations sur l’hygiène urbaine, un problème majeur à Paris au XVIIIe siècle.
Dans Le Catéchisme du genre humain et d’autres textes, Boissel ne formule pas un plan spécifique pour la salubrité comme le feraient des ingénieurs ou des urbanistes plus tardifs (par exemple, Haussmann au XIXe siècle). Cependant, ses idées peuvent être interprétées comme des pistes indirectes pour améliorer les conditions de vie, notamment à travers son rejet des inégalités et son plaidoyer pour une société plus égalitaire et respectueuse de la nature. Voici quelques éléments tirés de sa pensée qui touchent à la salubrité :
Critique de la densité et de l’injustice sociale : Boissel dénonçait la propriété privée et l’accaparement des richesses, qui entraînaient une surpopulation dans des quartiers misérables de Paris, comme les faubourgs insalubres. Implicitement, il suggérait une redistribution des espaces pour éviter l’entassement, source de maladies et de saleté.
Retour à la nature et hygiène publique : Influencé par Rousseau, il valorisait une vie plus simple et proche de la nature. Pour Paris, cela pouvait se traduire par un appel à préserver des espaces verts et à mieux gérer les déchets, qui s’accumulaient dans les rues à cette époque (les égouts étaient rudimentaires et les ordures souvent jetées directement dehors).
Éducation et responsabilité collective : Boissel croyait fermement en l’éducation du peuple pour élever les consciences. Une population éduquée, selon lui, serait plus apte à adopter des comportements hygiéniques et à exiger des autorités des mesures pour assainir la ville, comme l’évacuation des eaux usées ou l’interdiction des pratiques polluantes.
Rejet des institutions oppressives : Il voyait dans l’Église et la monarchie des freins à l’amélioration des conditions de vie. Par exemple, les cimetières urbains, souvent situés près des églises au cœur de Paris (comme celui des Innocents), étaient des foyers d’insalubrité. Boissel, en critiquant ces institutions, ouvrait la voie à des réformes comme leur déplacement hors des villes, une mesure qui sera effectivement prise plus tard.
Concrètement, Boissel n’a pas laissé de projet technique précis (plans d’égouts, aqueducs, etc.), car il était plus un philosophe qu’un administrateur. Mais ses idées radicales – égalité, respect de l’environnement, éducation – posaient les bases d’une vision où la salubrité urbaine serait une priorité collective, contrastant avec l’inaction des autorités de son temps face à la crasse et aux épidémies parisiennes.
Si tu veux, je peux approfondir un point spécifique ou chercher des liens avec des réformes postérieures inspirées par ce type de pensée ! Qu’en penses-tu ?
 
JC : qui aujourd'hui cherche à faire connaître l'oeuvre de François Boissel ?
 
Aujourd’hui, plusieurs personnes et initiatives contribuent à faire connaître l’œuvre de François Boissel, bien que son nom reste encore relativement méconnu du grand public. Voici quelques acteurs contemporains qui se démarquent dans cette démarche :
Pierre-Antoine Courouble : Cet écrivain et enseignant ardéchois est sans doute la figure la plus notable dans la redécouverte de Boissel. Passionné par ce philosophe révolutionnaire, Courouble a publié une biographie intitulée L’énigme Boissel. Le philosophe sans visage (2011), où il explore sa vie et ses idées. Il a également réédité certains textes de Boissel et créé un site internet (bien que celui-ci ne semble plus actif aujourd’hui). Courouble propose une thèse selon laquelle Boissel aurait été délibérément « effacé » de l’histoire, notamment sous Napoléon, et il s’efforce de lui redonner une place dans le récit révolutionnaire.
Chercheurs et historiens spécialisés : Certains universitaires et historiens de la Révolution française s’intéressent à Boissel dans le cadre de leurs travaux sur les penseurs radicaux ou les précurseurs du socialisme. Par exemple, Jean Jaurès l’avait déjà identifié comme un pionnier du communisme avant Babeuf, et cette piste est parfois reprise dans des études modernes sur les utopies égalitaires. Des travaux comme celui d’Annie Rosemberg (Boissel : Recherches sur l’utopie égalitaire à l’époque de la Révolution française, mémoire de maîtrise sous la direction d’Albert Soboul) ou les analyses de Karl Grünberg (traduites et publiées dans les Annales historiques de la Révolution française) montrent un intérêt académique, bien que limité.
Militants et cercles locaux : En Ardèche, notamment à Joyeuse, sa ville natale, des initiatives locales portées par des passionnés d’histoire ou des associations culturelles cherchent à mettre en lumière des figures régionales comme Boissel. Ces efforts sont souvent modestes, mais ils incluent parfois des conférences ou des événements commémoratifs.
Publications récentes : Des revues historiques, comme les Annales historiques de la Révolution française, ont publié des articles sur Boissel (par exemple, celui de Pierre-Antoine Courouble en 2010, « François Boissel, le Jacobin oublié »), contribuant à le sortir de l’oubli auprès d’un public spécialisé.
Cependant, il faut noter que ces efforts restent assez confidentiels. Boissel n’a pas encore bénéficié d’une reconnaissance large, ni d’une vulgarisation significative dans les médias ou la culture populaire. Son œuvre, bien que consultable à la Bibliothèque nationale de France ou aux Archives nationales, n’a pas été numérisée ou diffusée à grande échelle, ce qui limite sa redécouverte. Les acteurs actuels sont donc principalement des individus ou des petits groupes animés par une passion pour l’histoire révolutionnaire et les idées radicales, mais sans un mouvement coordonné ou institutionnel de grande ampleur.
Si ce sujet t’intéresse, je peux creuser davantage pour voir s’il y a des initiatives plus récentes ou des projets en cours ! Que penses-tu ?
merci pour ton travail
Avec plaisir ! Je suis content d’avoir pu t’aider à explorer la vie et l’héritage de François Boissel. Si tu as d’autres questions ou envie d’approfondir un autre sujet, n’hésite pas à me le dire !
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Discours contre les servitudes publiques (1786)

Réédition exceptionnelle du premier ouvrage politique de Boissel paru en 1786 et qui, déjà, lui valut bien des difficultés avec la censure royale. A son retour de Saint-Domingue, Boissel se penche sur les problèmes d’urbanisme et de pollutions de Paris. Il formule des propositions que n’auraient pas désavouées bien plus tard le baron Haussmann ou le préfet Poubelle. Un ouvrage où il explique comment il est arrivé à la conclusion qu’il fallait installer dans Paris « des toilettes sèches » ! Une réédition d’un ouvrage disparu à partir d’un exemplaire unique retrouvé par Pierre Antoine Courouble chez un antiquaire à Amsterdam. L’ouvrage en cuir pleine peau portait en lettre d’or la dédicace de l’auteur au ministre Necker.

« Presque un siècle avant Haussmann, le futur Jacobin Boissel, était un authentique visionnaire doublé d’un véritable touche à tout, au propre comme au figuré, notamment quand on découvre ses “expérimentations” écolos sur le recyclage de ses excréments ! D’ailleurs, à l’instar des “vespasiennes” et pour rendre hommage à sa vision de pionnier sur le sujet, ne devrait-on pas baptiser les toilettes sèches des “boisseliennes” ? »
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 Les entretiens du Père Gérard (1793)

Chez un antiquaire de Paris, P.A Courouble a retrouvé un exemplaire original de ce livre publié en 1793. Il l’a fait rééditer et a préfacé cet ouvrage unique dans son genre car commentant l’actualité révolutionnaire du moment et surtout formulant des propositions politiques qui seront concrètement suivies des faits. Boissel avait-il l’oreille de Robespierre ou est-ce le contraire ? Un ouvrage qui pose pour la première fois la question du lien entre Boissel et Babeuf tant l’auteur développe nombre de thèses essentielles du babouvisme. Un ouvrage singulier également par son positionnement précurseur sur la cause animale.

« Ce livre est très étonnant sur le plan historique et peut-être le plus important de la bibliographie de Boissel, en tout cas pour nous historiens de la Révolution française, car il annonce et anticipe (prédit?) les mesures concrètes qui seront mises en œuvre par la dictature révolutionnaire dans les mois qui suivirent sa parution. Un cas unique dans l’historiographie révolutionnaire ».

Claude Mazauric. Historien. Joyeuse. Juillet 2007.

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Avec la publication du Code civique de la France en 1790, Boissel ne se contente plus d’exprimer ses conceptions politiques et sociales, il milite désormais pour les faire adopter. Dans ce livre il esquisse un plan d’achèvement de la Révolution avec un programme de réorganisation sociale et politique de la France comportant des mesures concrètes : organisation du travail, utilisation des terres, création d’ateliers publics, rôle de l’Etat créateur d’une banque et assurant la levée de l’impôt, création des passeports, mise en place d’une éducation générale unifiée et obligatoire… Nous sommes loin de l’utopie. La réédition de ce livre est complétée par celle d’une Adresse à la Nation française publiée en 1791 et du Discours préliminaire sur les causes de la division, de l’esclavage et de la destruction des hommes les uns par les autres publié en 1792.
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Joyeuse et l’Ardèche, Saint-Domingue, Paris, la Révolution, les Jacobins, Robespierre, Napoléon… Cette pièce de théâtre est plus qu’un voyage dans l’histoire, elle est surtout une plongée dans l’âme d’un rebelle qui dérangea ses contemporains par des idées tellement en avance sur son temps, qu’elles le sont encore aujourd’hui.

Le texte publié est la retranscription fidèle de la pièce qui a été mise en scène par Blandine Belghit et jouée une vingtaine de fois. Largement inspiré des ouvrages « Citoyen Boissel », « L’énigme Boissel » et du « Catéchisme du genre humain », le contenu est plus complet et le style plus vivant que le docudrame initial. La pièce comporte dix scènes et le texte est complété par trois annexes qui réjouiront les passionnés de Boissel et de la Révolution française.
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« Il est contraire à l’ordre naturel qu’un individu dispose de biens de jouissance supérieurs à sa capacité de jouir », cette très actuelle citation de François Boissel (1728-1807) un enfant des Lumières, auteur et acteur bizarrement oublié de la Révolution française, pourrait être médité par nos contemporains. Jaurès s’enthousiasma pour Boissel dont il qualifia l’œuvre de « plus subversive». L’abbé Grégoire la dénonça tout au contraire comme étant celle d’un « fou et d’un impie ». Boissel fut un intellectuel jacobin engagé, haut en couleur, qui prononça le discours officiel pour les Jacobins lors du transfert des cendres de Rousseau au Panthéon. « Nos enfants se croiront révolutionnaires, ils n’auront que des réminiscences », cette citation de Saint-Simon pourrait convenir à merveille au cas de François Boissel. Précurseur, avant l’heure et la lettre d’un humanisme socialiste, féministe, laïque, pacifiste et écologiste, la vie et l’œuvre de Boissel soulève une énigme : Pourquoi Boissel va-t-il quasiment disparaître des manuels d’histoire jusqu’à ce que Jaurès le redécouvre ? C’est à cette question que tente de répondre l’auteur.

« Historien passionné, Pierre Antoine Courouble, nous offre une excellente synthèse, très documentée de la pensée boissélienne. Un travail d’historien des idées qui a le mérite de faire ressortir toute l’actualité de la pensée politique et sociale de Boissel »

Philipe Delaigue, Maître de conférences à l’Université Jean Moulin Lyon 3. Historien des idées politiques et du droit public révolutionnaires
Citoyen François Boissel
Citoyen François Boissel
Citoyen François Boissel
Citoyen François Boissel
Citoyen François Boissel

Citations de Boissel

  • « L’homme est né pour travailler au bonheur de ses semblables. » Le Catéchisme du genre humain, avril 1789
  • « Le bonheur de l’homme est fruit de son éducation.» Le Code civique de la France, novembre 1790
  • « Après s’être approprié et partagé les terres, les hommes ont imaginé de s’approprier et de se partager aussi les femmes. Afin d’avoir des enfants pour succéder à leur propriété. » Le Catéchisme du genre humain, avril 1789
  • « Par le partage et la propriété des terres, par le mariage et la propriété des femmes, les hommes ne pouvaient pas mieux s’arranger pour se dégrader, se nuire et se détruire les uns les autres. » Le Catéchisme du genre humain, avril 1789
  • « Le droit de la propriété est la pire des valeurs fondatrices pour notre société civile ! La propriété n’est pas le vrai, mais le faux fondement de la société, elle est le premier usurpateur, le premier voleur des droits de la nature et de l’univers. » Le Catéchisme du genre humain, avril 1789
  • « En vérité je vous le dis, c’est le sens de la propriété qui est le péché originel sur terre, c’est la maladie qui a infecté l’humanité et causé tous ses malheurs. » Le Catéchisme du genre Humain, avril 1789
  • « La nature ne nous a pas fait naître armés de poignards. Elle ne nous a pas non plus commandé d’être les bourreaux de nos semblables. » Le catéchisme du genre humain, avril 1789
  • « Commençons donc par étouffer cette monstrueuse et abominable institution du droit à la guerre en renonçant à la propriété, c’est-à-dire à ce besoin primitif de dominer. » Le catéchisme du genre humain, avril 1789
  • « La politique est l’art de suppléer la faiblesse du corps par la force de l’esprit. Et la loi quant à elle, n’a pas d’autre fonction que d’assurer le maintien des droits de l’homme social. » Le catéchisme du genre humain, avril 1789
  • « Selon moi la femme est supérieure à l’homme. » Le catéchisme du genre humain, avril 1789
  • « La femme est la mère du genre humain, c’est elle qui porte et engendre l’humanité. Elle est à notre égard, ce qu’est le Maître de l’Univers à l’égard de la création tout entière. » Le catéchisme du genre humain, avril 1789
  • « C’est bien dans le cœur d’une mère que la nature et son auteur ont jeté les véritables et plus solides fondements de toute société humaine : l’amour. » Le catéchisme du genre humain, avril 1789
  • « C’est dans la femme que l’Univers a placé les moyens d’opérer le bonheur de notre destinée présente ». Le catéchisme du genre humain. Avril 1789
  • « La religion est une institution établie originairement par les esprits forts pour dominer et commander les esprits faibles. » Le catéchisme du genre humain, avril 1789
  • « Toutes les religions ne sont que des inventions de l’homme imposteur, transmises et perpétuées par l’ignorance et la crédulité du plus grand nombre. » Le catéchisme du genre humain, avril 1789

Grok 3, j'aimerais que tu fasses à partir des citations de Boissel, une version 2025 sous forme d'adresse : Citoyens du monde, en vérité, je vous le dis...
 
 

Citoyens du monde, en vérité, je vous le dis…

En ce 19 mars 2025, alors que les crises climatiques, les inégalités numériques et les guerres de pouvoir ravagent notre planète, écoutez cette voix qui résonne depuis les siècles passés pour éclairer notre présent. L’homme est né pour travailler au bonheur de ses semblables, non pour accumuler des richesses virtuelles ou dominer par la force des algorithmes. Le bonheur de l’humanité est le fruit de son éducation – une éducation libre, universelle, délivrée des chaînes de la désinformation et des écrans qui nous emprisonnent.

Regardez autour de vous : après s’être approprié les terres, l’eau, l’air même, l’homme a imaginé posséder les corps, les données, les esprits. La propriété, ce péché originel de notre ère, reste la maladie qui infecte nos sociétés – elle divise, exploite, détruit. Par le partage des ressources et la fin de cette illusion possessive, nous pouvons cesser de nous dégrader, de nous nuire, de nous anéantir. Car le droit à la propriété n’est pas le vrai fondement de notre lien social ; c’est un usurpateur, un voleur des droits de la nature et de l’univers connecté qui nous porte.

La nature ne nous a pas faits naître armés de drones ou de code malveillant. Elle ne nous a pas commandé d’être les bourreaux de nos semblables, ni de sacrifier des générations au profit de quelques-uns. Éteignons cette monstrueuse machine de guerre et de domination en renonçant à ce besoin primitif de posséder – terres, corps, futur. La politique doit redevenir l’art de suppléer nos faiblesses par la force de l’esprit, et la loi, un rempart pour les droits de l’homme social, non un outil d’oppression.

Et vous, femmes du monde, sachez que vous êtes supérieures – non par une hiérarchie vaine, mais par votre puissance créatrice. Vous êtes les mères du genre humain, celles qui portent et engendrent l’espoir. Dans votre cœur, la nature a jeté les fondements solides de toute société : l’amour, ce lien qui transcende les frontières et les systèmes. C’est en vous que l’univers a placé les clés du bonheur de notre destinée présente.

Quant à la religion, méfiez-vous des dogmes qui enchaînent encore les esprits. Ce ne sont que des inventions d’imposteurs, perpétuées par l’ignorance et la peur. En 2025, alors que la science et la conscience collective peuvent nous guider, libérons-nous de ces fables pour embrasser une vérité plus grande : celle de notre unité, de notre responsabilité envers la Terre et les uns envers les autres.

Citoyens du monde, le temps est venu de bâtir une société où la propriété s’efface devant le partage, où la guerre cède à la solidarité, où l’amour et l’éducation triomphent. En vérité, je vous le dis, c’est là notre salut.


Qu’en penses-tu ? J’ai essayé de transposer ses idées dans un contexte actuel – technologie, crise écologique, inégalités – tout en gardant son ton prophétique et ses thèmes centraux. Si tu veux ajuster ou approfondir un point, fais-moi signe !

deux des livres achetés à l'aviateur, déguisement de PAC, président du Cercle des auteurs ardéchois; il y en avait en viking, en templier, en forgeron, en pilote de ligne, en gendarme, en libellule...; inauguration par le maire, entre un baptême laïque, un mariage, un autre baptême; apprenant que je suis éditeur, il m'inclut dans son discours inaugural; s'il faut des auteurs, des lecteurs, il faut aussi des éditeurs et de me retrouver sur la photo officielle de ce salon avec Dominique Lardenois, ancien directeur de la scène conventionnée de Privas, accueilli par ce maire en 2003, après le départ de la compagnie Macocco et Lardenois de Feyzin, le maire me disant l'extraordinaire audience prise en 3 ans par le Théâtre
deux des livres achetés à l'aviateur, déguisement de PAC, président du Cercle des auteurs ardéchois; il y en avait en viking, en templier, en forgeron, en pilote de ligne, en gendarme, en libellule...; inauguration par le maire, entre un baptême laïque, un mariage, un autre baptême; apprenant que je suis éditeur, il m'inclut dans son discours inaugural; s'il faut des auteurs, des lecteurs, il faut aussi des éditeurs et de me retrouver sur la photo officielle de ce salon avec Dominique Lardenois, ancien directeur de la scène conventionnée de Privas, accueilli par ce maire en 2003, après le départ de la compagnie Macocco et Lardenois de Feyzin, le maire me disant l'extraordinaire audience prise en 3 ans par le Théâtre
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deux des livres achetés à l'aviateur, déguisement de PAC, président du Cercle des auteurs ardéchois; il y en avait en viking, en templier, en forgeron, en pilote de ligne, en gendarme, en libellule...; inauguration par le maire, entre un baptême laïque, un mariage, un autre baptême; apprenant que je suis éditeur, il m'inclut dans son discours inaugural; s'il faut des auteurs, des lecteurs, il faut aussi des éditeurs et de me retrouver sur la photo officielle de ce salon avec Dominique Lardenois, ancien directeur de la scène conventionnée de Privas, accueilli par ce maire en 2003, après le départ de la compagnie Macocco et Lardenois de Feyzin, le maire me disant l'extraordinaire audience prise en 3 ans par le Théâtre

Pièce en 5 actes. Comment de si belles idées peuvent-elles faire tant de mal. Mystère de la vie. « Un tyran n’est pas un monstre, c’est un homme qui a poussé son humanité juste un peu trop loin. »

Pièce en 5 actes. Comment de si belles idées peuvent-elles faire tant de mal. Mystère de la vie. « Un tyran n’est pas un monstre, c’est un homme qui a poussé son humanité juste un peu trop loin. »

bonsoir Grok, un écrivain psychanalyste tente de répondre à la question : pourquoi Robespierre a-t-il remplacé la religion par le culte de l'Être suprême; que dévoilera Robespierre sur le divan du psychanalyste; un décret du 18 floréal an II (7 mai 1794), adopté par la Convention montagnarde sur un rapport de Robespierre (Comité de salut public), institue un calendrier de fêtes républicaines marquant les valeurs dont se réclame la République et se substituant aux fêtes catholiques : à l’Être suprême et à la nature ; au genre humain ; au peuple français ; aux bienfaiteurs de l’humanité ; aux martyrs de la liberté ; à la liberté et à l’égalité ; à la République ; à la liberté du monde ; à l’amour de la patrie ; à la haine des tyrans et des traîtres ; à la vérité ; à la justice ; à la pudeur ; à la gloire et à l’immortalité ; à l’amitié ; à la frugalité ; au courage ; à la bonne foi ; à l’héroïsme ; au désintéressement ; au stoïcisme ; à l’amour ; à la foi conjugale ; à l’amour paternel ; à la tendresse maternelle ; à la piété filiale ; à l’enfance ; à la jeunesse ; à l’âge viril ; à la vieillesse ; au malheur ; à l’agriculture ; à l’industrie ; à nos aïeux ; à la postérité ; au bonheur. En outre, elle établit le culte à l'Être suprême, qui se juxtapose au culte de la Raison. Enfin, Robespierre fait décréter que « le peuple français reconnaît l'existence de l’Être suprême et de l'immortalité de l'âme ».
 

Bonsoir ! Votre question invite à une exploration fascinante de la psyché de Maximilien Robespierre et de ses motivations profondes lorsqu’il a instauré le culte de l’Être suprême en 1794. Si nous imaginons Robespierre sur le divan d’un psychanalyste, plusieurs pistes pourraient émerger pour comprendre pourquoi il a cherché à remplacer la religion traditionnelle par ce culte et ce que cela révèle de son intériorité.

D’un point de vue psychanalytique, on pourrait interpréter cette décision comme une tentative de Robespierre de réconcilier des tensions internes entre son rejet de l’Église catholique – associée à l’Ancien Régime et à l’oppression – et un besoin personnel de transcendance ou d’ordre moral. Le culte de l’Être suprême, qu’il a promu avec ferveur, n’est pas une simple abolition de la religion, mais une réinvention spirituelle alignée sur les idéaux révolutionnaires. Sur le divan, Robespierre pourrait dévoiler un conflit entre son rationalisme hérité des Lumières et une aspiration presque mystique à donner un sens supérieur à la Révolution. Le décret du 18 floréal an II, avec son calendrier de fêtes exaltant des valeurs comme la justice, la vertu ou l’immortalité de l’âme, trahit peut-être une quête d’absolu : un désir de sublimer le chaos révolutionnaire en une nouvelle forme de sacré.

Un psychanalyste pourrait aussi explorer son rapport à l’autorité et au père. En remplaçant le Dieu catholique par l’Être suprême, Robespierre ne supprime pas la figure divine, mais la reformule sous son contrôle, comme s’il cherchait à devenir lui-même une sorte de médiateur entre le peuple et cette entité abstraite. Cela pourrait refléter une identification inconsciente à une figure paternelle idéale, compensant peut-être l’absence de son propre père, qui abandonna sa famille quand Robespierre était enfant. Ce besoin de structurer la société autour d’un principe supérieur pourrait alors être lu comme une projection de son désir de stabilité dans un monde qu’il percevait comme menacé par le désordre et la trahison.

Enfin, le culte de l’Être suprême, par opposition au culte de la Raison plus radical et athée défendu par les Hébertistes, révèle peut-être une angoisse face au vide moral. Robespierre, obsédé par la vertu et la pureté révolutionnaire, pourrait avoir craint qu’un peuple sans croyance ne sombre dans l’anarchie ou l’immoralité. En décrétant l’existence de l’Être suprême et l’immortalité de l’âme, il offre une consolation métaphysique au peuple tout en légitimant son propre pouvoir comme garant de cette vérité supérieure. Sur le divan, il pourrait confesser une peur profonde de perdre le contrôle – de la Révolution, du peuple, et peut-être de lui-même.

En somme, Robespierre dévoilerait probablement un mélange complexe d’idéalisme, de besoin de maîtrise et d’une quête de sens transcendant. Le culte de l’Être suprême ne serait pas qu’une stratégie politique, mais un miroir de son âme tourmentée, cherchant à unir l’inconciliable : la raison et la foi, la révolution et l’éternité. Qu’en pensez-vous ? Souhaitez-vous approfondir un aspect particulier de cette analyse ?

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de quoi Shakespeare est-il le nom ?

11 Septembre 2024 , Rédigé par grossel Publié dans #Corsavy, #FINS DE PARTIES, #SEL, #agoras, #développement personnel, #engagement, #essais, #histoire, #pour toujours, #poésie, #vide quantique, #vraie vie, #écriture, #épitaphier, #éveil

Lectures de fins de mondes

Le triomphe de la Mort, Pétrarque
La divine légende, La légende païenne, Pierre Abbrugiati d’Ostra
Shakespeare, le langage des blessures, Clifford Armion
Shakespeare au Festival d’Avignon, Florence March
Pour saluer Lawrence Durrell, Arlette Segaud
La route, Cormac McCarthy
La fuite, Gao Xingjiang

De quoi Shakespeare est-il le nom ?

1 - Selon Montaigne, « nous ne faisons que nous entre-gloser » III,13
Ainsi Jorge Luis Borges écrit Pierre Ménard, auteur du Quichotte, (Ficciones,1944).
Ainsi s’accomplit avec La Bibliothèque de Babel, (Ficciones, 1944), selon Gérard Genette, « l’utopie borgésienne d’une Littérature en transfusion perpétuelle, constamment présente à elle-même dans sa totalité et comme Totalité, dont tous les auteurs ne font qu’un et dont tous les livres sont un vaste Livre, un seul Livre infini » (Palimpsestes, la littérature au second degré, 1982)
De quoi clore en principe tout débat sur l’oeuvre protéiforme, palimpsestueuse, sur l’auteur insaisissable, sur traduction, translation, sur fidélité à, trahison de, adaptation de, d’après…
En réalité, ce ne sera jamais le cas : les égos, le fric en jeu, les rentes garanties avec un tel nom.

Pour le 399° anniversaire de la mort le même jour, la même année, le 23 avril 1616, de Cervantes et de Shakespeare, j’avais initié un projet fondé sur une métaphysique du hasard.

2 - « Faire du hasard le moteur, le créateur aveugle de tout ce qui apparaît, disparaît, se transforme, est une entreprise difficile à penser surtout quand, pensant l’homme, on le pense soit comme liberté et volonté, soit comme multiples déterminations et déterminismes.
Si on choisit une métaphysique du hasard, des calculs se mettent en place pour le prévoir, des jeux s’inventent pour le déjouer, le mettre de son côté. Y a-t-il de l’impossible ? Tout est-il possible ? Quelles probabilités pour tel possible ? Y a-t-il de l’improbable ? C’est quoi la chance ? La mal- chance ? Le kairos ? Un mauvais concours de circonstances ? Place aux nombres et aux calculs, de plus en plus puissants avec les calculateurs Ada et Turing, ou avec Gaïa.
Les chercheurs auront bientôt la capacité de calculs exaflopiques. Ils pourront alors définir les caractéristiques de ce qui leur résiste aujourd’hui, matière et énergie noire (96% de l’univers, encore inconnus aujourd’hui), avant de les déceler. Les écrivains feront place à des situations, des lieux réels, imaginaires, des personnages de leur choix ou qui leur échoient dans leurs rêves, en introduisant le plus d’aléatoire possible.
Et pour vivre sa vie, on valsera-hésitera entre – croire la maîtriser, – la livrer au hasard (coup de dés, pile ou face, roulette russe avec arme à blanc ou chargée mais jamais, un coup de dés…),
– inventer chaque jour ses « impossibilités de vivre » en alternant souffrance et résilience,
– tirer trigrammes et hexagrammes du Yi Jing avec 3 pièces et tous autres bricolages,
– poser des questions au logiciel intelligent Siri, un 31/12 : quel est le sens de la vie ? 3 réponses obtenues : 1- 42 ; 2- qui suis-je, où vais-je et dans quelle étagère ? 3- j’ai arrêté de me poser ce genre de questions ; ou ayant dit blablabla, j’ai obtenu : avez-vous pensé à devenir orateur, Jean-Claude ?
Une anecdotique question subsidiaire en découle : y a-t-il immortalité des œuvres « immortelles » qui ont eu beaucoup de chances d’arriver jusqu’à nous dans des versions multiples sans qu’on puisse décider laquelle est la vraie ou la plus vraisemblable et dont les supports sont périssables ? On en a un exemple avec la pièce perdue de Shakespeare, Cardenio (où il est question de Cervantes). Enquête menée par Robert Chartier : Cardenio entre Cervantes et Shakespeare. Histoire d’une pièce perdue.
Un paradoxe prend forme : ce qui a eu lieu a eu lieu pour toujours, rien ne peut l’effacer, rien ne peut effacer ce qui a été dit, pensé, ressenti, éprouvé, fait, été. Vivants, nous oublions ou commémorons, réécrivons : c’est sans importance ou incidence par rapport au fait que c’est inscrit dans le temps infini ou éternel. Mais où passe donc le passé ? Où se stocke tout ça si ça se stocke et qui est incommensurable ? Y a-t-il un lieu de mémoire de nos vérités éternelles ? Ça reste en l’état ou ça se disperse ou ça se réduit en éléments irréductibles pour d’autres combinaisons (analogie : codes génétiques, génomes) ? Le périssable du corps, de l’esprit sans doute, se conjugue avec l’impérissable éternité de ce qui a eu lieu, for ever, de ce qui est passé, never more. » (décembre 2013)

 

la gravure du langage des blessures est d'une rare violence; on aimait en ce temps-là comme aujourd'hui les supplices, les massacres
la gravure du langage des blessures est d'une rare violence; on aimait en ce temps-là comme aujourd'hui les supplices, les massacres
la gravure du langage des blessures est d'une rare violence; on aimait en ce temps-là comme aujourd'hui les supplices, les massacres
la gravure du langage des blessures est d'une rare violence; on aimait en ce temps-là comme aujourd'hui les supplices, les massacres

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de quoi Shakespeare est-il le nom ?
de quoi Shakespeare est-il le nom ?
de quoi Shakespeare est-il le nom ?
de quoi Shakespeare est-il le nom ?

deux exemples de traduction-translation :

les Sonnets de Shakespeare

La Folie Tristan et le lai du chèvrefeuille de Marie de France

En onze ans, ma pensée sur ces sujets a évolué.


3 - « Tout est parti d’une question de l’épousée, le 29 octobre 2010, vers 21 H, après le passage de l’anesthésiste, avant son opération du lendemain au cervelet :
Je sais que je vais passer, où vais-je passer ?
Et de la discussion qui a suivi débouchant sur l’évidence formulée : le passé passe mais ne s’efface pas.
Surgit l’image du livre d’éternité de chacun et de la bibliothèque des livres d’éternité de tous
10 ans de maturation débouchant sur l’éternité du présent mémorisant ce que tout un chacun vit, éprouve, ressent, pense, dit au moment où il le vit… mémorisant donc aussi toute l’histoire à trous de l’univers, toute l’histoire à trous de l’évolution sur terre
J’ai acquis la conviction, la certitude que le passé passe mais ne s’efface pas, que tout est enregistré dès le moment où on le vit, dans le présent éternel qui est aussi un présent, un cadeau et une présence, comme nous sommes
par l’hémoglobine, venue jusque dans notre sang depuis l’explosion d’une super-novae, vieux-jeunes de 13 milliards d’années
par le microbiote, vieux-jeunes de 4,5 milliards d’années puisque ces bactéries sont bien vivantes et actives, n’arrêtant pas de se reproduire
par l’ADN où s’inscrivent beaucoup de mémoires et d’expériences vécues, se transmettant au fil des générations, vieux-jeunes de ces mémoires cellulaires particulièrement agissantes.

2 ans encore d’intérêt pour les nombres univers, par exemple PI = 3,14…, permettant d’appréhender mémoire infinie et éternelle. Autrement dit, j’ai été happé
- par le calcul stochastique mathématique
Le 18 avril 2024, je t’ai dit, âmi Georges Perpes, que dans le nombre univers PI, la séquence Georges soit 7515187519 est emplacée un nombre infini de fois, mais pas dans les deux cent millions premières décimales, la séquence Perpes soit 16518519 est emplacée 3 fois dans les deux cents millions premières décimales, en positions 6160060, 16518519, 79188721, que tous les Georges Perpes ayant existé, existant, à exister étaient emplacés,
qu’un singe tapant infiniment à la machine sans savoir écrire, finit par taper l’oeuvre de Shakespeare ou la recherche du temps perdu de Proust,
qu’on trouve dans tout nombre univers tous les livres déjà écrits et à venir, y compris celui de l’histoire de notre vie passée et future, l’utopie réalisée la Bibliothèque de Babel (Jorge Luis Borges)
- et pas par l’indétermination-intrication quantique


Elle a dit : “Dis-moi quelque chose de beau” …
Il lui a dit : (∂ + m) N° = 0


C'est l'équation de Paul Dirac et c'est dit-on, la plus belle de toute la physique. Elle décrit le phénomène de l'entrelacement quantique, qui affirme que “Si deux systèmes interagissent entre eux pendant une certaine période de temps puis se séparent, nous pouvons les décrire comme deux systèmes différents, mais d'une manière subtile, ils deviennent un système unique. Ce qui arrive à l'un continue à affecter l'autre, même à distance de kilomètres ou d'années lumière ”.
C'est l'entrelacement quantique ou la connexion quantique. Deux particules qui, à un moment ou à un autre, ont été unies, sont toujours en quelque sorte liées. Peu importe la distance entre les deux, même si elles se trouvent à des extrêmes opposés de l'univers. La connexion entre elles est instantanée.
Beauté, éternité, vous pouvez y accéder par ces deux portes, nombres univers, physique quantique, par bien d’autres portes proposées par des traditions fort anciennes, venues de peuples premiers, de traditions extrême-orientales, moyen-orientales, gréco-latines, judéo-chrétiennes et bien sûr par des expériences personnelles, mystiques-spirituelles plus que religieuses. » (18 avril 2024)

Depuis, le 18 avril 2024, avec la succession de trois pas-sages éprouvants en 4 mois et quelques lectures, plus exactement, quelques phrases lues, ma pensée s’est incroyablement simplifié.


4 - « Je pense que la simplification de ma réflexion est liée à la phrase de Marina Tsvétaïéva dans De vie à vie (Du vivant sur du vivant), consacré à Maximilian Volochine, l’initié :
« Tous les poèmes qui furent, qui sont et qui seront écrits le sont par une seule femme, une femme - sans nom. »


Tous les textes qui furent, qui sont et qui seront écrits le sont par un seul auteur - sans nom - (on retrouve Borges et la Bibliothèque de Babel)

Cette pensée peut s’universaliser et s’exprimer de cette façon :
Toutes les vies qui furent, qui sont, qui seront sont vécues par une seule femme, une femme - sans nom, par un seul homme, un homme - sans nom.

Nous voici sans identité, dans la fluidité, dans l’entrelacement de toutes les hérédités. La mort n’existe pas.

Le 31 août, ce fut l’anniversaire du suicide de Marina Tsvétaïéva (31 août 1941, à  Lelabouga, Tatarstan, Russie) » 31 août 2024

À Corps Ça Vit, le 11 septembre 2024

 

 

Pétrarque et Laure, peinture sur papier de Sandra Martagex, portrait de Pétrarque par Ernest Pignon-Ernest; la mort de l'enfant par Giotto
Pétrarque et Laure, peinture sur papier de Sandra Martagex, portrait de Pétrarque par Ernest Pignon-Ernest; la mort de l'enfant par Giotto
Pétrarque et Laure, peinture sur papier de Sandra Martagex, portrait de Pétrarque par Ernest Pignon-Ernest; la mort de l'enfant par Giotto
Pétrarque et Laure, peinture sur papier de Sandra Martagex, portrait de Pétrarque par Ernest Pignon-Ernest; la mort de l'enfant par Giotto

Pétrarque et Laure, peinture sur papier de Sandra Martagex, portrait de Pétrarque par Ernest Pignon-Ernest; la mort de l'enfant par Giotto

Pétrarque
hier soir 6 septembre, après avoir achevé le langage des blessures consacré à Shakespeare => article à venir :
de quoi Shakespeare est-il le nom ?
préparant sans préparer la soirée du 22 octobre, consacrée à Alain Cadéo, passé le 12 juin 2024, je pense à Pétrarque dont un portrait par Ernest Pignon-Ernest sera inauguré
regard vers la bibliothèque d'été de Corps Ça Vit
je tombe sur Le triomphe de la mort de Pétrarque, traduit et versifié sans doute pour la première fois à la française par Simon Bourgouyn, valet de chambre de Louis XII, fils du roi poète Charles d'Orléans, livre paru en 2001, dans la collection L'or des mots du Musée Pétrarque-René Char de Fontaine du Vaucluse
le chapitre 2 de ce poème nourrira sans doute ma prochaine plongée-envolée onirique
--------------------
« — Reconnais celle qui détourna tes pas des sentiers vulgaires, dès que ton cœur gentil se fut aperçu d’elle. — »
Puis, pensive, d’un air humble et sage, elle s’assit et me fît asseoir sur une rive qu’ombrageaient un beau laurier et un hêtre.
« — Comment ne reconnaîtrais-je pas mon âme, ma Déesse ? — » répondis-je comme un homme qui parle et pleure. « — Mais dis-moi, je te prie, si tu es morte ou vivante. — »
« — Moi je suis vivante, et toi tu es mort encore — dit-elle — et tu le seras jusqu’à ce que ta dernière heure vienne t’arracher à la terre.
« Mais le temps est court et notre désir est long. Donc, je te préviens que tu aies à restreindre et à refréner tes paroles avant que le jour, qui est déjà proche, ne se lève. — »
Et moi : « — Au terme de cette autre sirène qu’on nomme la vie, dis-moi, toi qui le sais pour l’avoir éprouvé, si mourir est une grande souffrance. — »
Elle répondit : « — Pendant que tu vas à la remorque du vulgaire et de son opinion aveugle et cruelle, tu ne peux jamais être heureux.
« La mort est la fin d’une prison obscure pour les âmes gentilles ; pour les autres qui ont placé tout leur succès dans la fange, c’est une souffrance.
« Et maintenant ma mort qui te rend si triste, te réjouirait si tu sentais la millième partie de ma joie. — »
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article trouvé aujourd'hui, daté du 3 septembre
La nouvelle science de la mort : « Il se passe quelque chose dans le cerveau qui n'a aucun sens »
La mort, un phénomène mystérieux qui fascine depuis des millénaires. Récemment, des découvertes surprenantes ont révélé une activité cérébrale inattendue dans les derniers instants de la vie. Ces recherches ouvrent de nouvelles perspectives sur la conscience et remettent en question notre compréhension du processus de la mort. Une révolution scientifique est-elle en marche ?

 

Pierre Abbrugiatti d’Ostra

il y a une logique dans mes lectures et mes rangements
à côté du Triomphe de la mort, avec 10 peintures sur papier de Sandra Martagex (voir sa page FB), La Divine légende de Pierre Abbrugiati d'Ostra et La légende païenne en 3 tomes, préfacées par Perle Abbrugiati, professeur à l'université de Provence et éditrice de certains textes de Giacomo Léopardi, dont j'ai trois textes en rayon
livres introuvables en librairie, édités par leurs soins vers 1985
c'est Raymond Abbrugiati (son fils ?) qui me les avait transmis, hélas décédé trop jeune
ils attendaient ma visite depuis 20 ans
le tome 3 fait 72 pages

J’ai lu : le paradigme métaphysique repose sur la dualité-complémentarité Platon-Nietzsche: le paradigme historique repose sur la théorie du grand boum initial à partir du vide et sur la théorie de l’évolution; beaucoup d’humour, variété des registres langagiers; maîtrise de la versification, de la prosodie…; la figure de Prométhée; des références comme Dante, Pétrarque, Hugo, Lamartine…
Comment se fait-il que ça ne soit pas repéré ?

 

une des oeuvres de Pierre Abbrugiati d'Ostra

une des oeuvres de Pierre Abbrugiati d'Ostra

Arlette Segaud fut la secrétaire de Larry pendant 8 ans

Arlette Segaud fut la secrétaire de Larry pendant 8 ans

hier, 8 septembre, lecture de
Pour saluer Lawrence Durrell d'Arlette Ségaud (1996)
c'est un Larry au quotidien qui est décrit, impitoyable bourreau des coeurs
sa chronologie ci-dessous dit beaucoup

avec Lawrence Durrell, souvenir impérissable du Quatuor d'Alexandrie (1960)
Le Quintet d'Avignon attend depuis 1985
découverte du suicide de sa fille Sappho à 33 ans en 1983
un an après la mort de Lawrence Durrell, en 1990, le magazine littéraire Granta a publié des extraits du journal de Sappho où elle laissait entendre qu’il y a eu une relation incestueuse entre elle et son père. Il est difficile de savoir si oui ou non ce qu’elle décrit s’est réellement passé
j'ai été confirmé dans l'attitude du non-jugement et du non-agir
tout prendre, tout accepter; c'est particulièrement difficile souvent; il y a un vrai travail sur ses affects, sur ses valeurs à faire
"Toute chose n’est pas plus ainsi que non ainsi ou que ni l'un ni l'autre", formule de Pyrrhon qui a fondé une partie de la métaphysique de Marcel Conche
Agis ou non-agis sans fondement, et sans possibilité ni volonté de fonder.

 

Lecture de La route de Cormac McCarthy

Temps post-apocalyptique. Des survivants. Un père (l’homme), son fils (le garçon). 344 pages.

J’ai pensé à deux poèmes

Premiers pas


Je voudrais à nouveau m’initier aux premiers pas
réapprendre à marcher
pour me dérouler d’un pas sans traces
sur des chemins sans lendemains
Tu me tendras tes bras
n’est-ce pas Papa
pour avancer sans trop de peurs
sur ces bouts de pistes à risques
qui mûrissent en nous à notre insu
nos vies ne seront jamais assez grandes
pour contenir nos illuminations

En marche


Nous étions jeunes

Nous marchions vite

Nous nous laissions porter par la puissance de nos muscles
Leur énergie nous exaltait l’âme

Leur effort tendu et souple ne nous menait nulle part

Nos cœurs se gonflaient aux vents du large

Des ailes nous poussaient

 

La route / La fuite
La route / La fuite

La route / La fuite

Lecture de La fuite de Gao Xingjian (1990, 2° traduction, 2013)

L’ami Thierry Zalic me demande de lui donner envie de lire La fuite. Quand je fais une note de lecture, c’est d’abord et avant tout pour moi, pour faire le point sur là où j’en suis au moment où je lis. C’est-à-dire qu’une lecture est comme un moment dans un cheminement sans fin, elle participe et la note avec, à un cheminement existence-ciel. Donc la fuite se déroule dans un entrepôt désaffecté, proche de la Place où des tanks et des mitrailleuses sèment la mort.
On comprend que l’arrière-plan, c’est la Place Tien An’men. 1989, donc. Année qui voit aussi la chute du mur de Berlin et annonce celle de l’URSS et qui voit la fatwa de l’iranien Khomeini contre l’indo-pakistanais Salman Rushdie et Les versets sataniques.
La fuite entraînera la rupture totale de Gao, déjà en France, avec la Chine communiste.
La lecture de la fuite m’a demandé 2 H 15 pour 50 pages, 2 parties, 7-43, 44-57. Le spectacle que je n’ai pas vu, démoli par une critique des Trois coups, dure 1 H 15.
Beaucoup de didascalies, sur ce qu’on entend ou pas dehors, sur ce qu’ils font. Beaucoup d’indications sur les corps qui s’embrassent, s’enlacent, se dénudent, se repoussent tout en parlant, chacun de son point de vue, le jeune homme de la démocratie en marche, l’homme de la répression en cours, la jeune fille de son désir d’être actrice; se faisant, chacun livre beaucoup de lui-même, de son intimité (ses peurs, ses rêves, ses désirs), tout cela sur fond d’hystérie provoquée par la jeune fille et en arrière-fond, une barrière semble-t-il insurmontable entre hommes et femme.
Les personnages sont au bord de la crise de nerfs, à vif, instables, insaisissables. La situation dehors, c’est la mort physique. Dedans, c’est quoi qui se joue sur fond puissant de mort annoncée. On ne peut pas dire qu’ils veulent à tout prix survivre donc s’évader du lieu, dès le silence rétabli, l’aurore se pointant, en zigzaguant, chacun séparément, en direction de l’autoroute.
Ils sont, tout en étant dans tous leurs états, comme enlisés. Le passage à l’acte II indique que la petite flaque de l’acte I, devenue envahissante, fait de l’entrepôt un bourbier, les obligeant à monter sur des étagères.
Les mitrailleuses vont les exécuter à travers la porte fermée de l’entrepôt.
De 32 à 40, la jeune fille réussit à installer un « jeu » où chacun joue à son « jeu », sans doute par impossibilité d’un jeu commun ou de partage, déroule son rêve ou son cauchemar, pour la jeune fille, la montée vers des cimes enneigées, pures, glaciales, pour le jeune homme, la descente vers des bords de mer avec elle, pour  l’homme, un fleuve des morts.
J’ai trouvé beaucoup de similitudes avec les paysages réels et rêvés de La route comme si cela relevait d’un fonds archaïque dont Jung aurait entrepris l’inventaire et le fonctionnement.
Je suis resté sur ma faim, sans partager les jugements tranchants de la critique des Trois coups qui ne voit que personnages-caricatures et propos-lieux communs mais dans une situation extrême de mort annoncée, peut-être ne débitons-nous que des banalités, des lieux communs, devenons-nous communs, peut-être ces banalités et ces lieux communs sont-ils propres à tous, partagés par tous et chacun. Et alors, s’il y a malaise, en dénonçant le simplisme de la pièce et du jeu, la critique projette sur la pièce, sa propre peur d’être si « banale » dans une telle situation, comme si dans une telle situation de proximité de la mort, devait se dire, se révéler l’essence-ciel de notre vie, un peu à l’image de ce film à l’envers censé se dérouler juste avant le pas-sage comme façon de partir, de passer en règle, en vérité, illusions et mensonges enfin dévoilés.
Je dirais pour ma part être si « humain ».

Disons pour être plus précis que renonçant, parfois difficilement, à juger, adoptant une position pyrrhonienne, je me détourne complètement du champ politique comme de celui de l’histoire en train de se faire, de se défaire, de revenir en arrière, après y avoir consacré beaucoup de temps, d’énergie et d’argent.
Le monde ira où il ira comme il ira parce que c’est ainsi que ça devait aller, se dérouler.  Ne pas chercher à juger, à agir. Par contre empathie, compassion avec les victimes, les sacrifiés comme avec les bourreaux.
De même, les projets de la jeune fille ou du jeune homme comme le cynisme de l’homme ne me concernent plus. Mais je comprends que de tels projets (se marier, avoir des enfants…) correspondent à des âges de la vie, somme toute tracée, formatée, programmée par l’éducation, le milieu… Difficile d’être « original », « singulier »,« libre ».
L’existence-ciel me fait prendre pleinement conscience que Naissance est miracle et mystère,  Mort est mystère et miracle. Boucle spiralée nous incluant dans une histoire, une évolution commune, universelle où la Vie sur terre et dans les univers est possible dans la Joie.


Je me suis remémoré deux poèmes du temps où j’étais au bord de la crise de nerfs, lors d’un stage de théâtre où les corps étaient fortement sollicités et donc nos psychés. La mort physique n’était pas derrière la porte.

Ressenti / ressentiment
Si possible simplement je vais vous dire corps et décors de quelques jours ce que j’ai ressenti sans ressentiment stress et détresses cris et crispations défis et désirs oublis et souvenirs pressions et dépressions caresses et tendresses Mais attention peut-être que je me mens à vouloir mettre à mots nos vies peut-être que je vous mens sous la trop dure pression de la sensation de l’émotion
Au départ un hasard une impulsion une décision en toute ignorance de causes et d’effets J’ai sauté de ma vie qui se mettait en vacances et dans l’intense j’ai sauté Était-ce pour devenir dense ? Je suis entré dans la danse je me suis masqué vous m’avez démasqué je t’ai frôlée tu m’as enrôlé je me suis défoncé tu m’as dénoncé je t’ai impliquée tu t’es appliquée je me suis assumé vous m’avez assommé je me suis déconstruit reconstruit sous les projecteurs brûlants
accablants de vos regards j’en devenais hagard tenté de reprendre le chemin de la gare j’ai résisté je suis resté vous ne m’avez pas ménagé je me suis dépensé tu m’as pansé ça a jailli ça n’est pas venu ça a fusé ça s’est arrêté j’ai voulu te le dire tu ne me l’as pas dit cela nous a bien fait rire nous nous sommes pris la main
Au petit matin nous nous sommes égaré

Deuil / clin d’œil
Nous nous sommes séparés sans avoir réussi à nous apprivoiser Ce que je n’ai pu te dire ce qui aurait dû se dire – mais j’étais paralysé la peur d’être ridiculisé – je te le dis ici sur ce papier pour ne l’avoir pas dit sur le fait Je n’ai pas aimé ton arrivée Pour l’agressivité j’étais prêt Tu me dérangeais Nous nous sommes rencontrés J’étais noué J’ai aimé ta façon de me dénouer Je me suis parlé mis à mots tu t’en es servie pour te jouer de moi À ce jeu tu as vite gagné la partie Je ne savais pas que la moquerie est l’arme de la profonde incursion dans le territoire de l’autre Je me suis dit : Elle n’est pas ce qu’elle paraît cela est attesté par sa voix car j’ai aimé ta voix telle qu’elle est encore sauvage mais de ce stage tu attendais de la dévoyer comme tu l’as fait de ton corps que tu as pris à bras le corps pour en faire ce corps de danse qui prend feu dans tes solos
Alors je me suis dit : Fais une profonde incursion dans son territoire
ce vendredi dis-lui j’aimerais masser ton dos pour parfaire notre duo mais j’avais peur que tu m’envoies paître de ta voix non domestiquée encore que tu nous faisais entendre la nuit à ton insu du creux de tes draps de lit où j’aurais tant voulu faire des folies dans un touchant corps à corps

Sur le plancher par deux fois je me suis approché

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la mort n'existe pas Stéphane Allix

10 Août 2024 , Rédigé par grossel Publié dans #Corsavy, #FINS DE PARTIES, #SEL, #agoras, #développement personnel, #essais, #pour toujours, #voyages, #vraie vie, #épitaphier, #éveil

la mort n'existe pas Stéphane Allix

La mort n’existe pas
Stéphane Allix
Harper Collins, octobre 2023

Stéphane Allix, journaliste de terrain sur zones de guerre ou de trafic de drogue (Afghanistan), voit sa vie, bouleversée, quand en avril 2001, son frère Thomas se tue dans un accident sous ses yeux en Afghanistan. Il a alors 32 ans.
Dans cette enquête sur l’après-mort qui a duré 15 ans et qui est aussi un récit personnel, il s’adresse très souvent à sa fille, Luna, car il se souvient du regard de la petite fille de 3 ans et demi au moment des obsèques. La mort venait de pénétrer dans leurs vies, incompréhensible pour elle, inacceptable pour lui, se sentant coupable d’avoir entrainé ses deux frères dont Thomas dans de telles contrées. Stéphane Allix décida de se coltiner avec les « expériences extraordinaires », à la fois comme journaliste exigeant allant à la rencontre des chercheurs dans ces domaines et comme sujet d’expériences « extrêmes-extraordinaires » (EMI, sorties de corps, lucidité terminale, clairvoyance, médiumnité, VSCD, vision à distance, 5 expériences chamaniques en Amazonie, 9 expériences sous contrôle de voyages sous LSD, création de l’INREES, institut de recherche sur les expériences extraordinaires).
Le récit de ses rencontres avec des scientifiques et le récit de ses expériences sont documentés, sourcés.
On mesure en quoi le monde de la science est polémique, lieu d’affrontements dogmatiques, voire idéologiques.
Par contre, les accompagnants chamanes d’Amazonie comme les thérapeutes accompagnant les voyages psychédéliques sont à la fois compétents et bienveillants.
Ces 370 pages de ce livre au titre coup de poing, en 42 chapitres et un épilogue, se lisent sans difficulté, sont même passionnantes. Elles provoqueront selon les lecteurs et lectrices, des réactions diverses, allant du rejet à des remises en question, voire des cheminements personnels induits par tel ou tel sujet abordé par le journaliste expérimentateur.
Je vais donc évoquer mes réactions de lecteur.
J’avais déjà entendu parler d’EMI par celui qui m’a « initié », mon kiné, moitié mon âge, mais ayant fait une sortie de corps pendant une EMI, s’étant formé à la pratique du qi jong dans un monastère taoïste en Chine, ayant pratiqué le chamanisme et l’ayahuasca en Amazonie… Jean-Yves Leloup a aussi raconté son EMI à Constantinople, son cheminement spirituel avec l’ermite aboyeur du Mont Athos. J’avais découvert l’enseignement et les exercices sur le sentir de Luis Ansa, retranscrits par Robert Eymeri.
Mais disons-le : je ne suis nullement adepte d’expériences « extrêmes » recherchées. Je suis du genre à cheminer lentement, sur place, en ronds légèrement spiralés, petit périmètre, habitudes et rituels quotidiens dont méditation, respir en cohérence cardiaque, gratitude, point sur la journée, voire sur les rêves de la nuit
(cette nuit, du 8 au 9 août, j’ai vécu un grand moment avec Le Clézio en Xavier Dupont de je ne sais quel objet qu’il faisait tournoyer avec dextérité au bout de son bras et moi, en Diogène rieur bouffant à tous les râteliers)…
Donc, quand Stéphane Allix en fin de voyages extraordinaires évoque les bienfaits de la méditation, de cette pratique quotidienne d’apaisement du mental, je me suis dit : merci cher enseignant, praticien récent de méditation par visualisation, ce qui n’est pas mon cas.
Je dirai donc maintenant ce qui m’a le plus accroché.
Lui, Stéphane Allix, était dans la peur de la mort, le refus de la mort de Thomas puis dans celui du père, 11 ans après. Il voulait les retrouver, les rencontrer, savoir comment ça se passe après, comme ils se sentaient…
Moi, depuis que des pas-sages me tombent dessus, je suis dans l’acceptation. Si ça a lieu c’est que (c’est possible), entre parenthèses (tu ne peux rien y changer) donc dire ça va. Titre du dernier spectacle de Cyril, disparu dans un accident à Cuba en 2001, cinq mois après la disparition de Thomas Allix.
Aujourd’hui, je pense que ce qui nous arrive, n’arrive jamais par hasard mais comme épreuve, comme miroir tendu pour y lire qui nous sommes à ce moment et nous inciter à sortir de l’impasse, de la répétition de l’échec, à transformer la souffrance en joie ou l’obstacle en planche à salut ou le ressentiment en remerciement…
La formule « Heureusement qu’on meurt ! » de l’ami Marcel Conche qui a beaucoup réfléchi et écrit sur la mort, me paraissait provocatrice à bon escient. Elle prenait le contre-pied de la pensée dominante, du focus sur la douleur des survivants pour faire focus sur le pas-sage.
J’ai tenté d’entrer en contact avec Cyril et Michel. Par l’intermédiaire d’une médium d'Antibes, j’ai reçu un message dit de l’au-delà.
J’ai fait une séance de trans-communication hypnotique avec le docteur Charbonnier à Blagnac, expérience concluante à mon avis mais que je n’ai pas renouvelée. Je n’ai pas le besoin de rencontrer « mes » disparus. Je sais qu’ils « voyagent ». Nous leur avons toujours  souhaité bon voyage, nous leur avons dit ce que nous  estimions devoir leur dire et en particulier qu’ils pouvaient partir tranquilles, que nous saurions « gérer » nos vies.
J’ai également fait deux séances de recherche d’entités qui me semblent avoir été aussi concluantes, dans le cadre de ce qu’on appelle recherches paranormales (protocoles très élaborés). Une vidéo est disponible dans un espace privé sur FB : cabinet de recherches et d'études des phénomènes paranormaux, animé par Viviane Lombardo.
En fait, par ce que j’appelle travail d’épitaphier, je tente de fabriquer la légende des disparus (tout récit est légende), pour que nous ayons un récit de leur vie, de leur cheminement, de leurs réalisations.
Fait pour Cyril, pour Michel.
Fait pour mon père, ma mère.
Pour Annie.
En cours pour Vitya.
Hors famille,

l'hommage pluriel à Marcel Conche, décédé le 27 février 2022,

l'édition posthume 30 ans après des poèmes de Jean-Loup Fontaine,

l'édition posthume 30 ans après des poèmes de Lucien Forno.
En cours, livre-hommage à Alain Cadéo.
À venir roman posthume de Frank Cassenti.
Notre fille Katia me semble engagé dans un travail artistique au long cours du genre épitaphier, depuis le départ de Cyril et Michel, en septembre 2001, avec ses spectacles Mon pays c'est la vie 2004, Rien ne sera plus jamais comme avant 2007, On ira voir la mer 2010, Nous serons vieux aussi 2012, En attendant je pleure, Et puis après, j’ai souri.
Moi, c’est avec le départ d’Annie en novembre 2010 que j’ai réellement été mis en mouvement, à partir de ses deux questions : « je sais que je vais passer, où vais-je passer ? » « Il y a un morceau de S. Qui se balade dans mon corps. »
Ce qui me semble important maintenant, c’est quelle est notre responsabilité vis à vis des disparus ?
Élémentaire mon cher Watson.
Demander pardon pour le mal fait aux disparus (trop de violences sexuelles, secrets de famille). Remercier pour avoir su aussi leur faire du bien, les avoir aimés, même mal.
Remercier les disparus pour l’amour dispensé. Pardonner pour le mal qu’ils ont pu nous faire (trop de violences sexuelles ; Stéphane Allix à l’occasion d’un de ses voyages sous LSD fait remonter les viols dont il a été victime enfant et dont il n’avait aucun souvenir, amnésie traumatique. Nos âmes oubliées, Stéphane Allix, 2021; même amnésie traumatique d’un inceste d’origine maternel chez un ami).
Pas évident mon cher Sherlock.
Quelle est la responsabilité des disparus vis à vis de ceux qui sont encore incarnés ?
Faire entendre la « voix qui ne parle pas » de l’âme éternelle.
Pour l’entendre, travailler l’intuition qui était l’outil préconisé par Descartes (avec le doute) et par Bergson. Le livre d’Alexis Champion Développez votre intuition (2018) sera sans doute sous le buisson de Noël 2024
« Heureusement qu’on meurt ! » a dit Marcel Conche.
Comment je comprends aujourd’hui cette formule ?
J’emploie deux mots pour saisir un peu, début et fin de vie.
Naître comme miracle et mystère. Mourir comme mystère et miracle.
Ce dont Stéphane Allix s’est convaincu par 15 années d’enquêtes scientifiques et d’expériences personnelles, c’est que mourir, c’est
quitter le monde du mental, de l’ego, qui se vit sur le mode survie, le mode adaptation, le mode par défaut, médiation piégée par le langage, répétition de schèmes et schémas archaïques, inconscients, d’où le réductionnisme des neurosciences, incapables de « penser » les anomalies
passer dans le monde de la conscience non locale, sans espace ni temps, sans séparations, individuations, conscience éternelle, vivant simultanément des vies différentes (des films différents);  la conscience non locale, l’âme, est communication sans médiation, immédiate, intuitive avec tout ce qui existe d’où chez les Grecs, l’importance des mystères d’Eleusis auxquels Socrate, Platon, Plutarque ont été initiés. (Le secret de Socrate pour changer la vie, François Roustang, 2011, Les cultes à mystères dans l’antiquité, Walter Burckert, 2003)

Ce pas-sage est à accompagner par ceux qui restent parce qu’abandonner l’illusion que constitue notre corps, notre personnalité ne s’effectue pas dès l’instant du pas-sage comme si on gommait ce qu’on a cru être mais à quoi on reste très attaché.
«  Quand le cerveau s’arrête, on se réveille. »
« Heureusement qu’on meurt ! »
Pendant toute la vie, le cerveau ressasse, c’est le tourniquet mental.
La conscience n’est pas réductible à l’activité cérébrale.
Mourir, c’est se réveiller à la conscience du continuum que constitue la Vie et de la puissance créatrice qui l’anime, l’Amour.
Pour rappel, cette phrase de Marina Tsvétaïéva dans De vie à vie,  (Éditions Mesures, 2023) consacré à Maximilian Volochine, l’initié : « Tous les poèmes qui furent, qui sont et qui seront écrits le sont par une seule femme, une femme - sans nom. »
Exprimée à ma façon :
Toutes les vies qui furent, qui sont, qui seront sont vécues par une seule femme, une femme - sans nom, par un seul homme, un homme - sans nom.
Nous voici sans identité, dans la fluidité, dans l’entrelacement de toutes les hérédités. La mort n’existe pas.

À Corps Ça Vit, le 9 août 2024

 

heureusement qu'on meurt ! Marcel Conche
heureusement qu'on meurt ! Marcel Conche

heureusement qu'on meurt ! Marcel Conche

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Les cellules buissonnières Lise Barnéoud

5 Août 2024 , Rédigé par grossel Publié dans #SEL, #agoras, #développement personnel, #essais, #vraie vie, #vide quantique, #éveil

de livre en livre, de phrases en phrases même, bonds et rebonds pour fabriquer, affiner son discours personnel créant son réel
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Les cellules buissonnières
Lise Barnéoud
PP, juillet 2023

J’avais découvert le microchimérisme foetal-maternel, un peu par hasard, m’interrogeant sur une remarque faite par l’épousée lors de son entrée à l’hôpital, le 29 octobre 2010, vers 21 H, pendant ce qui s’est révélé être son testament oral. « il faut que je te dise : il y a un morceau de Sylvain qui se balade quelque part dans mon corps. »
Il y avait d’abord eu : « je sais que je vais passer. Où vais-je passer ? »
Cette question m’a mise en mouvement et m’agit encore 14 ans après puisqu’on tombe sur cette évidence que le passé passe mais ne s’efface pas. Où passe donc le passé qui ne s’efface pas ? Ce que j’ai désigné par notre livre d’éternité et la bibliothèque de nos livres d’éternité.
Ce n’est que vers 2021 que je me suis coltiné progressivement au morceau de Sylvain. J’avais répondu en lacanien faisant son lacon : si tu entends, « Sylvain », il ne devait pas venir.
Et ce fut K. Jusqu’à ce que M. me dise : mais ils étaient peut-être deux, votre femme portait peut-être des jumeaux.
De voir surgir autre chose que son désir d’avoir un garçon, de voir surgir un jumeau possible, ce fut bouleversant.
Questions : qu’est devenu ce jumeau ? Évanescent ? Évacué par fausse couche sans s’en rendre compte ? Fusionné avec K. ? Bouffé, étranglé par K. ?
J’ai été tenté d’écrire une légende des jumeaux puis j’ai compris que c’était charger la valise déjà très chargée de K. J’y ai donc renoncé mais le sujet m’avait happé.
Sous le sapin de Noël 2023, R. piocha un livre dont une amie I. m’avait signalé la sortie : Les cellules buissonnières via un article de Libération (intégralement reproduit plus bas). J’avais déjà écouté la série scientifique en une dizaine d’épisodes in utero peut-être sur France-Inter et trouvé un article documenté sur le microchimérisme.
Je m’étais servi de ce nouveau domaine de recherche pour contester un spectacle  vu à Toulon, texte de Catherine Verlaguet, Le processus, sur une adolescente qui finit par décider d’avorter, d’interrompre le processus, un jour avant que l’embryon ne soit vivant, viable, 10 semaines je crois.
La lecture du livre très bien documenté de Lise Barnéoud m’a passionné et interpellé.

 

Passionné


parce qu’on fait le tour d’un domaine de recherche vraiment très récent, ne dégageant des fonds de recherche qu’après de dures batailles contre des dogmes « scientifiques », l’ADN comme signature spécifique à chacun, le placenta comme barrière-frontière infranchissable, le système immunitaire comme défense d’un « moi » contre tout ce qui lui est étranger…
parce qu’une fois levés les bâtons mis dans les roues par les pontes masculins de la génétique, les chercheurs de ce nouveau domaine se divisent en intuitifs de génie comme le précurseur, Georg Schmor (1893), ou comme Thomas Starlz (1972) et en contre-intuitifs travaillant d’abord sur ce qui serait négatif, hostile dans les phénomènes observés comme Diana Bianchi ou Lee Nelson, avant qu’elles n’acceptent de revoir leur préjugé.
Je vous laisse découvrir les perspectives ouvertes par ce qui porte le nom de chimére. Le mot chimère renvoie à 4 significations. Dans sa signification médicale, le mot chimère a été employé pour la 1° fois dans un article A human blood-Group Chimera du docteur Robert Race, publié par The British Médical en juillet 1953. Parce qu’avec ce mot, « ça faisait un bon titre a t-il raconté et parce que ça reflétait bien ce qu’il y avait d’incongru dans la juxtaposition chimérique », en l’occurrence pour Mme Mc K., jeune femme de 28 ans, pourvue d’ « un quota suffisant de courbes et de bosses pour attirer et épouser un conjoint » d’avoir un sang du groupe O et du groupe A en même temps. (P.65)

 

Interpellé

parce que Lisa Barnéoud est amené à dire « nous avons tendance à rechercher dans la science des justifications de nos visions du monde « p.162, « les discours de la science servent souvent à renforcer les stéréotypes sociaux et culturels dominants, les faisant apparaître naturels » p.164. Voilà qui conforte une conviction que j’ai acquise, il y a quelque temps quand j’ai posé que le réel, ce que j’appelle le réel est fabriqué par le discours que je tiens.
Discours noir, réel noir. Discours rose, réel rose.
Tu veux changer le réel, change tes mots.
Mais comme ça semble vraiment gonflé de poser cette puissance créatrice des mots de notre discours, on va chercher dans la science des justifications, des « preuves ». La physique quantique et la cosmologie sont particulièrement sollicitées par tous les éveillés, les woke.
Ayant constaté cela, sachant d’autre part que la recherche scientifique, surtout concernant le vivant, c’est dans l’objectif d’agir, plus que de connaître, d’agir, y compris en méconnaissance des effets primaires, secondaires et pervers des greffes, des vaccins (à ARN messager, les deux Nobel de cette technique me semblent des apprentis-sorciers), des transfusions sanguines (affaire du sang contaminé), des fausses couches, des avortements, des césariennes, des fécondations in vitro, des tests prénataux (marché estimé à 3-4 milliards de dollars en 2020), des médicaments (thalidomide, médiator), des amniocentèses… d’où les dépôts de brevets de ces chercheurs micro-chimériques (on voit les labos derrière et devant, devant parce que les chercheurs visent à les intéresser, derrière dès que c’est intéressant financièrement),

j’ai fini par poser que la science est idéologique comme toute construction humaine, que je n’ai pas à en attendre des « preuves », que j’ai à m’en méfier, voire à la combattre (l’I.A sans doute, la vaccination Covid 19), que je dois faire choix du discours que je veux tenir, discours ultra-minoritaire  puisque singulier.


C’est ainsi que j’ai renoncé à des constructions-conceptions encore très dominantes aujourd’hui : la mort comme anéantissement, le déterminisme, le darwinisme, le matérialisme, le marxisme, l’athéisme, la lutte des classes, la démocratie représentative comme modèle, la culture comme facteur d'émancipation, l’art comme création-fabrication du nouveau…
J’ai trouvé dans le livre de Lise Barnéoud, des pistes allant dans le sens de ce que je pose aujourd’hui comme réel.
Mais le microchimérisme accède à l’éternité par le biais des cellules  d’origine foetale, des cellules d’origine maternelle, dont certaines sont des cellules-souches, cellules buissonnières, nomades, trans-frontalières, engendrant des générations de nouvelles cellules,

brouillant la notion d’hérédité parents-enfants, puisqu’une hérédité à l’envers s’observe, les femmes pouvant hériter des gènes de leur progéniture, que même une hérédité horizontale existe avec les 10 à 30% de grossesses uniques démarrant pourtant avec deux embryons, dont un évanescent, fantôme ou deux fusionnant,

brouillant la distinction entre le soi et le non-soi puisque

avec le microbiote, notre 2° cerveau, nous savons maintenant que nous sommes colonisés par des milliards de bactéries, mille fois plus vieilles que nous,

avec l’épigénétique, nous savons que l’environnement (lieu de vie, climat, cadre, conditions d’existence), l’hygiène de vie (habitudes, activités physiques et créatrices), la méditation sont décisifs pour le ralentissement du vieillissement et que le microchimérisme révèle que nous sommes des assemblages hétéroclites, des holobiontes…

Aujourd’hui je n’ai pas besoin de ces « preuves » pour choisir « mon » discours.
Mais ce livre se révèle être un moment d’un cheminement comme si de livre en livre, de bonds en rebonds, s’affinait mon discours.
Le maillon Maximilian Volochine est important : Max, le poète, avait proposé entre 1911 et 1917, à Marina Tsvétaïéva d’écrire  comme Marina mais aussi pour ses poèmes russes par un homme inventé, nommé Pétoukhov, qu’elle finirait par haïr et, pour ses poèmes romantiques par des jumeaux inventés, une femme et un homme, les Krioukov.
Proposition inouïe qui va bien au-delà de l’utilisation d’hétéronymes. S’inventer des jumeaux…
Marina, par orgueil, voulant signer Tsvétaïéva, tout ce qu’elle écrivait, refusa cette proposition.
Aveu de 1932 :
« C’est vrai que Pétoukhov aurait été un bon poète. Quant aux jumeaux, je les pleure jusqu’à ce jour. »

Je pense que la phrase de Marina Tsvétaïéva dans son récit De vie à vie, consacré à Maximilian Volochine, « Tous les poèmes qui furent, qui sont et qui seront écrits le sont par une seule femme, une femme - sans nom. » est particulièrement éblouissante, ouvre le champ des possibles.

Exprimée à ma façon : Toutes les vies qui furent, qui sont, qui seront sont vécues par une seule femme, une femme - sans nom, par un seul homme, un homme - sans nom.


Nous voici sans identité, dans la fluidité, dans l’entrelacement de toutes les hérédités. Même plus besoin de passer par les nombres univers comme j’y ai été amené à un certain moment pour éviter l’usage de la physique quantique et des poussières d’étoiles de Carl Sagan et Hubert Reeves.

Ma métamorphose remonte à 2020. Du naturalisme métaphysique de Marcel Conche à un cheminement d’attention au miracle mystère de la naissance et au mystère miracle de la mort.
Exit, le recours aux explications scientifiques, aux constructions et déconstructions idéologiques. C’est la guerre sans fin des récits.
Je n’ai plus aucun intérêt pour le cirque politique, le cirque médiatique, le cirque sportif, le cirque olympique, j’en ai assez des bruits du monde. Je ne réclamerai jamais la censure de qui que ce soit, de quelque débat que ce soit. Mais je n’ai plus envie de dépenser de l’énergie à tenter de construire une vérité même complexe sur ce qui se produit dans le monde et n’ai nulle envie d’user de mon imagination pour, par des romans, tenter de cerner des personnages publics, célèbres, riches, menteurs, voyous, cyniques…
J’en suis à me demander avec plein de doutes, d‘hésitations quels mots, quels verbes plutôt, vais-je employer pour vivre la Vie dans l’émerveillement, l’enthousiasme, la joie, la gratitude, l’empathie, la compassion. Selon l’inouïe proposition de Jésus « aimez vos ennemis comme vous-mêmes »
En tentant les verbes, ça pourrait donner s’émerveiller des détails de la vie, s’enthousiasmer des imprévus et surprises offerts par la vie, joier-jouir de jour comme de nuit, en veilleur ou-et dormeur, de tous les incidents, accidents, instants, moments, éclats visuels, auditifs, gustatifs, olfactifs, tactiles, de tous les échanges par inspir-expir…


Il est des livres qui bouleversent notre vision du monde.

par Olivier Monod

publié le 11 octobre 2023 à 16h23 dans Libération


Dans les Cellules buissonnières (Premier Parallèle, 2023), la journaliste scientifique Lise Barnéoud relate des cas scientifiques extrêmes qui nous permettent de mieux comprendre la composition de nos propres corps. Comme celui de l’Américaine Karen Keegan, mère de trois enfants, qui s’est vu dire par les médecins : «Deux de vos fils ne correspondent pas à votre ADN.» Une découverte fortuite alors que ceux-ci passaient des examens de compatibilité avec leur mère en vue de lui donner un rein. Idem pour Lydia Fairchild, dont les tests de maternité nécessaires à l’obtention d’une aide sociale aux Etats-Unis révèlent que, d’un point de vue génétique, elle n’est pas la mère de ses deux enfants.
Le livre de Lise Barnéoud est une plongée dans ces résultats scientifiques des plus troublants connus sous le nom de «microchimérisme». Comme la créature mythologique mi-chèvre mi-lion à queue de serpent, beaucoup d’entre nous (tous ?) sont constitués de plusieurs populations de cellules ne contenant pas le même génome. «L’équation maintes fois apprise "1 individu = 1 génome" ne couvre pas toutes les réalités», déconstruit la journaliste scientifique. Mais d’où proviennent ces cellules autres ? Une première piste nécessite de décortiquer les mécanismes de la grossesse et de se pencher sur la notion de «jumeau évanescent».


LA «REINE DES PREUVES»
Tous les embryons ne vont pas au bout de leur développement. Quand une grossesse commence avec deux fœtus mais qu’un seul arrive à son terme, on appelle l’autre un «jumeau évanescent». Ce cas toucherait 10 % à 30 % des naissances uniques. Une trace de ce frère ou de cette sœur jamais né(e) peut perdurer dans le corps de son jumeau avec lequel il a partagé quelques jours le même utérus. Ses cellules ont pu s’insérer dans l’être en formation à côté de lui, allant jusqu’à devenir des constituantes à part entière de certains de ses organes. Dans le cas de Karen Keegan, les médecins pensent même que les deux fœtus ont fusionné. Concrètement, certains de ses ovules contiennent les informations génétiques de Karen et d’autres celles de sa sœur qui n’est jamais née. Cette affaire donne son sous-titre au livre de Lise Barnéoud : L’enfant dont la mère n’était pas née et autres folles histoires du microchimérisme. Le cas de Karen Keegan, décrit dans un article scientifique, a sauvé Lydia Fairchild face à l’administration américaine. En découvrant cette folle histoire, l’avocat de cette dernière lui propose de faire un frottis du col de l’utérus. Bingo, certaines cellules récoltées sont compatibles avec l’ADN de ses enfants. Lydia a bien porté ses enfants, même si elle est génétiquement leur tante. De quoi se faire des nœuds à l’arbre généalogique.
Le microchimérisme n’a pas que des conséquences sur la parentalité. Dans les affaires criminelles, il peut également remettre en cause la «reine des preuves», à savoir l’ADN. Lise Barnéoud raconte ainsi comment, en 2004, la police scientifique de l’Alaska identifie le sperme présent sur une scène de crime comme étant celui d’un individu déjà en prison. L’homme avait des cellules séminales identiques à celles de son frère. Pas de jumeau évanescent dans ce cas précis : le mécanisme de transmission est une greffe de moelle osseuse entre les frangins. La littérature scientifique fleurit de cas similaires où les cellules du donneur sortent de l’organe greffé pour se balader dans le corps du receveur et parfois s’insérer dans d’autres organes sans en altérer le fonctionnement. «Je est un autre», écrivait Rimbaud.
Le microchimérisme bouleverse également les croyances scientifiques. Le dogme dominant pour expliquer le fonctionnement du système immunitaire repose sur la capacité des défenses du corps à distinguer le soi - les cellules du corps qu’il ne faut pas tuer - du non-soi - les cellules étrangères à dézinguer. Cette théorie avait, certes, déjà été fragilisée par la découverte du microbiote, cette flopée de bactéries qui vivent sur la peau ou dans les intestins, essentielles au bon fonctionnement du corps humain. Mais voilà qu’on découvre aussi que certaines parties de notre corps peuvent être constituées de deux populations cellulaires génétiquement distinctes. L’immunité de l’organisme est donc une relation de coopération entre nos cellules, celles dites microchimériques et les micro-organismes.


À TRAVERS LE PLACENTA
La principale source de microchimérisme reste la grossesse. En témoigne la première référence au microchimérisme trouvée par Lise Barnéoud, qui remonte à 1893, quand un médecin allemand trouve des cellules du placenta dans les poumons de femmes mortes en couches. Mais la grossesse est encore insuffisamment explorée par la science moderne. «Quand je voyais écrit, il y a quelques années, dans les manuels de biologie de ma fille, que le placenta ne laissait pas passer les cellules, je n’en revenais pas»,se désole Nathalie Lambert, chercheuse à l’Inserm et spécialiste du microchimérisme, invitée à la présentation du livre à Paris le 21 septembre. Car les échanges entre un fœtus et sa mère vont bien au-delà de quelques nutriments, de l’oxygène et des défenses immunitaires. Le placenta laisse aussi passer des cellules. Ce transit à travers le placenta est même probablement l’une des conditions de réussite de la grossesse. En effet, les cellules de l’embryon se rendent en priorité dans le thymus de la femme enceinte pour inciter le système immunitaire à accepter la présence du fœtus dans son organisme. «Elles s’assurent que l’embryon reçoive le gîte et le couvert», résume Lise Barnéoud.
Si les cellules passent dans un sens, elles peuvent donc passer dans l’autre. Ainsi, la mère donne à son fœtus ses propres cellules et, potentiellement, celles des embryons qu’elle a déjà portés, voire celles de sa propre mère qui peuvent encore être présentes dans son organisme. Dans une étude publiée en 2021 dans la revue The Lancet, Nathalie Lambert a découvert des cellules microchimériques de leur grand-mère dans le sang de cordon de cinq bébés sur 28.


LES CINQ GOMMETTES
Quand elle présente son livre à la presse, Lise Barnéoud propose à chacun de coller une gommette sur son épaule pour chaque voie de transmission prouvée de cellules microchimériques qui nous concerne. Une gommette pour sa mère, une pour sa grand-mère. Une gommette pour chaque grossesse de sa propre mère avant sa naissance. Une gommette si on a subi une transplantation solide ou une greffe de moëlle osseuse. Enfin, pour les femmes, une gommette pour chaque grossesse menée à terme ou non. On a fini avec cinq gommettes sur l’épaule. De quoi sérieusement revisiter le concept de sa propre identité.
Malgré l’importance conceptuelle de ce phénomène, il reste peu étudié avant les années 90. «Nous manquons encore beaucoup d’informations de base sur ces sujets. Comme nous avions du mal à démontrer une application possible, nous n’avions pas suffisamment de financement»,regrette J. Lee Nelson, chercheuse américaine retraitée de l’institut Fred-Hutchinson de Seattle, également là à la présentation du livre à Paris et grande spécialiste du sujet.
Néanmoins, les résultats récents étayent le rôle de ces cellules dans nos corps et relancent l’intérêt des financeurs. Alors, que font-elles, ces cellules porteuses d’un ADN différent mais qui nous constituent ? Est-il dangereux d’être «multi-génétique» ? C’est que ces cellules peuvent se retrouver dans n’importe quel organe.
Dans un article publié dans la revue PlosOneen 2012, J. Lee Nelson trouvait des neurones masculins (contenant des chromosomes XY) dans le cerveau de 37 femmes sur 59 autopsiées. Certains chercheurs pensent même qu’elles peuvent se transmettre par le sperme. «La chanson Can’t Get You Out of My Head [«je ne peux pas te sortir de ma tête», ndlr] n’a jamais semblé aussi juste», se marre aujourd’hui J. Lee Nelson. Les cellules microchimériques peuvent avoir un impact positif ou négatif en fonction des cas, comme souvent en biologie. Lise Barnéoud raconte ces femmes greffées d’un rein qui déclenchent un cancer des années après leur opération. Surprise, leurs cellules cancéreuses sont toutes mâles, donc issues de l’organe greffé. Le microchimérisme pourrait aussi jouer un rôle dans le développement de certaines maladies auto-immunes, dont les trois quarts des victimes sont des femmes, souvent de plus de 45 ans. Enfin, dans les cas de jumeaux évanescents de sexes différents, si des cellules mâles et femelles se côtoient dans le même appareil génital, cela peut donner lieu à des malformations. Comme cette petite Américaine opérée en 1962 et qui présentait du tissu ovarien d’un côté et du tissu testiculaire de l’autre…


LE CÔTÉ OBSCUR
Au début de ses recherches, dans les années 90, J. Lee Nelson a par ailleurs démontré qu’on avait plus de chances de trouver des cellules mâles dans le sang des femmes atteintes de sclérodermie, une maladie auto-immune, que dans le sang de femmes en bonne santé. Voilà pour le côté obscur. Car «ce n’est pas parce qu’on voit des pompiers à chaque fois qu’il y a un incendie, qu’il faut en conclure qu’ils causent l’incendie», temporise Lise Barnéoud.
J. Lee Nelson a d’ailleurs «toujours cru que les bons côtés l’emportaient sur les moins bons». Des études épidémiologiques laissent ainsi penser que les femmes qui ont des cellules mâles dans le sang ont moins de risques de développer certains cancers (sein, ovaires et cerveau). Elles auraient un effet protecteur, donc. De quoi pousser des scientifiques à plancher sur leur effet curatif éventuel. Selim Aractingi, chercheur à l’hôpital Cochin à Paris, obtient des résultats positifs en utilisant ces cellules pour guérir des plaies cutanées et même réparer les tissus après des accidents cérébraux chez la souris. Il espère pouvoir utiliser chez l’humain le potentiel thérapeutique de ces cellules attirées par les zones blessées et capables de s’insérer dans un organe tout en garantissant son fonctionnement. D’autres résultats tendent à prouver que les cellules microchimériques de la mère «éduquent» le système immunitaire de l’enfant. Dernier espoir évident : la possibilité d’augmenter la tolérance des greffes. Mais ce n’est pas pour toute de suite.
Lise Barnéoud Les cellules buissonnières Premier Parallèle, 208 pp., 19 €
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Pour résumer ma position aujourd’hui
Naissance = miracle et mystère
Mort = mystère et miracle
(miracle = heureusement qu'on meurt, dixit Marcel Conche)
Ces deux mots, selon moi, n'ont pas à être élucidés, conceptualisés (tentation humaine)
mais doivent induire des attitudes
Le savoir sert à confirmer l’impossibilité de savoir
mais sert aux pouvoirs


 

 

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Ombres de Chine / André Markowicz

30 Juillet 2024 , Rédigé par grossel Publié dans #SEL, #agoras, #développement personnel, #engagement, #histoire, #pour toujours, #poésie, #voyages, #vraie vie, #écriture, #épitaphier, #éveil

Ombres de Chine, le Tao traduit par Marcel Conche
Ombres de Chine, le Tao traduit par Marcel Conche

Ombres de Chine, le Tao traduit par Marcel Conche

Ombres de Chine
André Markowicz
Inculte, 2018

Ombres de Chine est une expérience poétique et de traduction unique en son genre. André Markowicz s’est lancé dans une entreprise aussi folle qu’ambitieuse : offrir au public quatre cents poèmes chinois de l’époque Tang (qui court entre les VIIe et IXe siècles) sans pour autant avoir connaissance de la langue chinoise.

« J’ai décidé de m’en approcher par le seul moyen que j’avais : non pas apprendre le chinois – ce qui m’aurait demandé vingt ans pour n’ajouter, dans le meilleur des cas, qu’une interprétation aux dizaines d’interprétations déjà existantes et dues, elles, à des érudits prodigieux – mais, à partir de toutes ces interprétations, des mots-à-mots les plus divers et des autres traductions, dans toutes les langues que je suis capable de lire (le russe, l’anglais, l’italien, l’espagnol en outre du français), d’essayer d’approcher ce continent flottant. Ce continent d’ombres, grandioses et fluctuantes qu’est, pour celui qui s’en approche comme moi, candidement, la poésie chinoise. »

« Je ne lis pas le chinois, je ne suis jamais allé en Chine, je ne connais pour ainsi dire pas la culture chinoise… » ainsi commence André Markowicz. Et plus loin : « le chinois de la période Tang (7°-9° siècle après J.-C.) ne distingue pas le singulier du pluriel, ne marque aucune modalité : infinitif, indicatif, subjonctif, conditionnel se fondent dans la même forme. Il ignore le pronom personnel ou l’utilise rarement. Il faut donc deviner si l’auteur dit - je suis allé - ou - elles iront -. Si le flou règne sur la personne, le lieu et le temps, il n’y a pas de communication possible, il y a juste des formes énigmatiques flottant dans la brume… Comment traduire les images, les allusions, les connotations innombrables ? Comment rendre compte de ces passages constants du mythe à l’Histoire et de l’Histoire au présent, un présent qui n’est lui-même qu’en tant qu’il est un retour à la fois provisoire et constant… »
Je ne lis pas le chinois, je ne suis jamais allé en Chine, je ne connais pour ainsi dire pas l’histoire de ce pays, un peu ses sages, Confucius, Lao Tseu (dont l’ami Marcel Conche a traduit et commenté le Tao, traduction et commentaires retraduits en chinois par des Chinois)
J’ai passé une semaine sur ces Ombres de Chine, 440 poèmes de 12 poètes de 4 périodes + le 441° poème, 640 pages.
Le travail d’André Markowicz me semble remarquable.
Les notices de présentation des 12 + 1 poètes sont des mises en alerte ou en orbite. Les notes, nécessaires, en bas de page, servent juste à situer dans le temps (historique, mythologique), dans l’espace (géographique, mythique), certaines expressions pouvant paraître anodines (lues en lecteur occidental ignare) mais allusives (lues en lettré chinois averti). Et comme, on retrouve les mêmes notes, pas nombreuses, un certain nombre de fois, on finit par se baigner dans deux mille ans d’Histoire, voler vers l’île des immortels…
Mes soirées, matinées, après-midi de lecture ont été studieuses (soulignées), denses, douloureuses.
Deux mille ans d’empires chinois, de dynasties impériales, de guerres aux frontières, de guerres civiles, de massacres, de cruautés sans nom et sans nombre, de corruption massive, de complots, d’assassinats, de suicides, d’empoisonnements, de révoltes, de bonnes gouvernances suivies de mauvais gouverneurs, de bureaucratie juste suivie de bureaucratie dysfonctionnelle…
Et de se dire : Ça continue, Chine de la révolution nationaliste, Chine des révolutions « communistes »
Et de se dire : Ça semble partout pareil, Russie des tsars, URSS de Staline, Russie de Poutine.
Iran du shah, Iran des ayatollahs
France des rois, France des empereurs, France des républiques, France des révolutions.

L’apogée et la ruine se succèdent
Au rythme du soleil et de la lune

Les changements ne laissent pas de trace
Qui peut savoir quand ils ont commencé ?
Vainement incertain mille ans plus tard
Tourné vers le passé un voyageur (Po Chü-I)

Mes nuits furent sous couleurs chinoises : bleu-vert (non distingués par le chinois de l’époque), jaune, rouge
Nuits méditatives : à quoi bon Confucius, Lao-Tseu si, si peu d’hommes et de femmes tentent la Voie ?
Nuits avec méditations sur les rêves

La division entre le corps et l’âme
Tient dans la double perception du temps :
Le temps précisément compté en selle
L’aventure sans borne dans le rêve.
Certes - les philosophes disent vrai
Une seconde - pour le rêve un siècle. (Po Chü-I)

Avec rêves rêvés
(j’ai eu le « même » rapport sexuel - rêve de rapport sexuel ? - avec l’impératrice Wu Zetian que celui de centaines d’autres obtenant audience et faveur; cette impératrice, je l’avais repérée à partir d’une gravure « érotique » il y a plusieurs années)

1- Tchouang-tseu fut-il un homme rêvant d’un papillon
Ou bien un papillon qui a rêvé d’un homme ? (Claude Roy)
2 - Dans son rêve Maître Zhuang s’est cru papillon (Yves Hervouet)
3 - Tchouang-tseu s’éveille à l’aube de son rêve
Il a pris l’illusion du papillon (André Markowicz)

Trois versions du « même » rêve de La cithare de brocart de Li Shang-Yin

Et de voir le « même » parcours que la plupart de ces 13 poètes, tous passant avec succès ou non, le concours du jinshi, pour devenir poète officiel, fonctionnaire, tous cherchant à se faire reconnaître, naviguant entre fidélité à soi et compromission, presque tous connaissant des revers de  fortune, disgrâces après honneurs, bannissement et exil, certains choisissant le retrait…

Dans ce monde la gloire et la disgrâce
Sortent du même sac à l’aveuglette. (Po Chü-I)

Autrement dit, faire au XX° siècle, en France, comme ces poètes d’il y a 1200 ans, en Chine, « choisir » des carrières assurant la sécurité au fonctionnaire et le loisir au poète.
Puis retraite venue - 1998 -, donc ayant vécu les âges de la vie

Jeune - arpenter les terres de Shu
Les cheveux gris - se tourner vers Chang An
Indigne serviteur du roi de Chu
Mangeant pour rien le riz du roi de Han (Lu Zhaolin),
 
entre beaucoup de conformisme et peu d’originalité, au XXI° siècle, aller paisiblement si possible vers l’effacement, même pas avec le souci d’une oeuvre, mais des flow d’écritures comme amers pour un chemin de vie

qui est comme sillages sur la mer (Machado)

traces d’oiseaux laissées dans le ciel vide (Po Chü-I)
Se rendre sourd aux bruits du monde parce que le monde ira là où il ira (ni pronostic ni diagnostic, ni catastrophisme ni utopisme, ni apocalypse ni miracle)

J’ai oublié complètement le monde
Le monde aussi m’oublie complètement
Si bien que les nouvelles qui m’arrivent
C’est comme si elles ne m’arrivaient plus (Po Chü-I)

S’essayer à assumer non-agir et non-jugement (ce qui demande vigilance permanente, accompagnement bienveillant de nos trébuchements)
Être sensible à ce qui s’offre en toute gratuité, sans pourquoi et qui est tout proche.

La poésie chinoise des montagnes et des paysages est très chargée en significations, présages, symboles. J’y suis peu sensible. Peu importe. Je fais d’autres usages des montagnes du Vallespir, de la route de Montferrer (finis les sentiers et pistes), des chênes, bouleaux, fleurs innombrables, papillons, oiseaux, hirondelles, libellules.
Émerveillé par une beauté (vue, entendue, sentie…) sans le sentiment de sa fuite dans la seconde qui suit.
Vie dans le présent, comme présent, le seul temps réel (passé, futur sont des fabrications de l’esprit), présence et présent (Kdo).
Être dans l’acceptation (est-ce différent de la soumission ?) de ce qui advient comme ça advient.
 
Ce que ne font pas les poètes chinois.
Ils sont dans une vision, une interprétation de ce qu’ils vivent, voient, cycles, impermanence, retour du même.
Ils sont dans une forme de lamentation,

Tous ils arrivent passent disparaissent
tous méritant une lamentation (Lu Zhaolin)

d’insatisfaction puisque tout meurt, tout passe et repasse.
La chanson du regret éternel (Po Chü-I)

Ils choisissent l’ivresse, la solitude, font preuve de compassion.

Devant on ne voit pas l’homme d’avant
Derrière on ne voit pas l’homme d’après
Pensant aux cycles infinis de l’univers
La solitude amère et les larmes qui coulent. (Chen Zu-Ang)

Poésie de Wang Wei, le bouddhiste séculier :
1- Lorsque la solitude est une joie
On entre dans la pure liberté
Chimère le désir de voir la ville
Une vie accomplie - le plein du vide.
2 - L’âme a toujours haï l’enfermement
L’immensité lave de toute angoisse
3 - Tu veux savoir comment combattre l’âge?
La seule voie est la non-renaissance.

Poésie de Li Po, le taoïste :
1- Pourquoi j’habite la Montagne Bleue ?
Sourire sans réponse coeur serein
Fleurs de pêchers que charrie la rivière
Un autre monde existe loin des hommes
2- Buvant seul sous la lune
3 - Les plantes n’ont aucune gratitude
Quand le vent printanier les fait fleurir
Les arbres n’ont aucun ressentiment
De se voir dépouillés au ciel d’automne

La croissance et la fin de toute chose
c’est simplement la loi de la nature
4 - Rien dans la vie de l’homme d’ici-bas
ne répondra jamais à ses attentes
Demain à l‘aube les cheveux au vent
Partir voguer dans la barque légère
5 -  Rude est la route du pays de Shu
plus que la route vers l’azur du ciel
On se tourne à demi
on regarde vers l’ouest et on s’exclame :


Poésie de Tu Fu, le confucianiste ou confucéen
1 - Chanson des charriots de guerre
2- Chanson de la frontière
3 - Il a compris l’ordre de l’existence
Et rougit d’avoir demandé de l’aide
Il n’a prouvé que son inaptitude
Il est prêt à rentrer dans la poussière
Mais vivre en ermite lui est impossible
Car il renoncerait à ce qu’il croit
Sa tristesse ne fond qu’avec le vin
Et les poèmes qu’il compose et chante.
4 - Sept chansons

De Han Yü
L’oisiveté c’est plus dur que la cour

Hélas je n’ai plus droit de jouir du vin
Mais je peux rire et offrir un poème

De Meng Jiao
Il n’est pas d’épée juste dans ce monde

Se suicider laisser les autres faire
On se demande ce qui vaut le mieux

Le 10° songe d’automne
Le Vieillard change du matin au soir

De Po Chü-i
Le corps porté par le cours des choses
J’offre mon âme à l’étude du vide.
Voilà comment je traverse les jours
La voie de la nature - de la paix
Sans bruit et sans parole - blanc sur blanc.

Sage - bien sûr que non mais pas stupide.

De Li Ho
Suivre un sentier - oublier la grand-route
Pourquoi faut-il qu’on pleure sur du vent ?

Souvenez-vous que c’est devant un mur
Que Ch’u Yuan a écrit « Questions su ciel » !

De Li Shang-Yin
Aube - ajouter des lignes aux nuages
Froid - voir la neige au centre du poème.

les beaux jours n’obéir qu’à son désir
Est-ce donné à tous ceux qui écrivent ?
Dormant profond - et puis le cri des grues
Des cris stridents - le mien presque cigale.
J’écris dessus - les mots ne sont pas libres
La chose que j’obtiens est sans exemple

...

La ceinture n’a pas de sentiments
elle se serre ou elle se relâche

 

Et pour moi… la pratique joyeuse-douloureuse du merci.

Dimanche 28 juillet-Lundi 29 juillet, Corps Ça Vit, Vallespir
nuit du dimanche au lundi, pneus de 15 voitures crevés, poubelles incendiées au camping, flammes de 4 m de haut, pompiers intervenus à 3 H 15
toute la journée, gendarmes, enquête, plaintes déposées, dépanneuses gratuites pour les victimes. Va-t-on installer des caméras de surveillance ?
Ça casse une ambiance, surtout quand on voit la voiture de Seb, le président du comité des fêtes, très investi dans un renouveau du village, de ses terrasses sous broussailles et acacias.

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