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Blog de Jean-Claude Grosse

cahiers de l'egare

le pas-sage de Marcel Conche

Rédigé par grossel Publié dans #Albert Camus, #FINS DE PARTIES, #amitié, #cahiers de l'égaré, #essais, #les entretiens d'Altillac, #pour toujours, #vraie vie, #écriture, #voyages, #poésie

contemplant la grande prairie depuis la fenêtre de son bureau à Treffort

contemplant la grande prairie depuis la fenêtre de son bureau à Treffort

un hommage à Marcel Conche, inédit, qui aurait pu être lu le 9 avril 2022

 

Ce naïf que fut Marcel Conche

 

Je me souviens très bien de ma première rencontre avec Marcel Conche. Ce qui l’a caractérisée, c’était non seulement la gentillesse avec laquelle il me reçût, mais aussi l’intérêt qu’il accordait à votre personne.

Ce jour, je venais lui demander la dédicace d’un de ses livres, il voulut savoir pour quelle raison je m’intéressais à la philosophie. Je lui expliquais que ce n’était pas pour moi, mais que je souhaitais offrir ce livre pour l’anniversaire d’un ami qui avait découvert sa philosophie avec beaucoup d’intérêt.

Mais vous, me demanda-t-il, que pensez-vous de la philosophie ?

Peu habitué à ce genre de questions, surtout posées par l’un de ses plus éminents spécialistes, je préférais botter en touche.

- Euh, moi je m’intéresse plutôt au bouddhisme.

- Ah ! me fit-il, je ne connais pas cette religion, et vous en pensez quoi ? Il se gardait bien de me dire qu’il avait écrit un ouvrage intitulé « Nietzche et le bouddhisme ».

Je ne pouvais à nouveau échapper à la question et je fis appel à mes dernières lectures qui étaient relativement fraîches, car l’apprenti bouddhiste, que j’étais, avait été accroché par le sourire irrésistible du Dalaï-Lama qui était en couverture d’un livre censé parler du bonheur.

Néanmoins méfiant, je ne me lançais pas dans de longues explications et je m’en tins à l’essentiel.

Je lui parlais de la douleur perpétuelle compagne de nos vies, et qu’aucune félicité n’est durable, ça j’étais sûr de mon coup, que cette douleur naît de la «soif» de vivre, des désirs et des passions qui font naître la convoitise, la jalousie, la haine et l'erreur. Jusque-là j’étais en phase totale avec le bouddhisme tout autant qu’avec le principe de causalité qui explique qu’en supprimant la cause, on annule son effet ; lorsque j’avançais cela à cette époque, j’en étais certain. Mais j’appris, grâce à Marcel Conche, qu’il faut s’apprêter parfois à changer nos convictions. Ceci ne manqua pas d’arriver avec le principe de causalité. Je découvrais qu’il n’était vrai qu’en apparence ; et qu’en supprimant la cause, on n’annule pas toujours les effets, mais, bien au contraire, que les effets eux- mêmes étaient générateur d’autres causes. Depuis je m’intéresse plus au principe du tao avec le Yin et le yang qui ont plus satisfait mon goût de la vérité, car, en éteignant les désirs, on n’annihile pas totalement la souffrance, il reste toujours un peu de Yin dans le Yang ; ainsi renaissent d’autres souffrances. C’est sans doute pour cette raison que je me suis arrêté en chemin et que je ne pourrais jamais parler de la quatrième vérité, qui est la «Voie des huit vertus» qui conduit au Nirvana des bouddhistes. Cependant, je n’arrêtais pas totalement mes recherches, Marcel Conche prit le relais de mon éducation spirituelle. Il m’enseigna les principes d’Épicure qui me convenaient mieux, il ne conseillait pas d’éteindre en nous toute cette soif de vivre, mais de s’en tenir aux désirs essentiels. J’interprétais ce conseil à ma manière en agrémentant parfois mes repas avec un petit verre de vin que je trouve essentiel pour border ma vie avec le bonheur avec qui j’ai décidé depuis longtemps d’entretenir de bonnes relations, car, à ce jour, je ne vois pas en quoi il y a quelque chose d’intelligent à ne pas vouloir être heureux.

 

C’est en me questionnant avec cette naïveté socratique, ce que faisait souvent Marcel Conche, qu’il ouvrit en moi une curiosité philosophique qui depuis ne m’a jamais quittée. C’est ainsi qu’il interrogeait le monde et les hommes avec cette fausse naïveté qui lui permettait de mieux vous analyser et ci-besoin était de vous placer en face de vos incohérences. Des amis qui souhaitaient le rencontrer s’en souviennent encore.

Durant des dizaines d’années, j’allais avoir l’honneur de recevoir les leçons particulières de ce grand professeur qu’il fut également. Il ne me posait que des questions auxquelles j’étais capable de répondre. Il ne chercha à aucun moment à me mettre en difficulté, mais sans m’en rendre compte il me fit progresser sur la voie de la réflexion. Je l’en remercie encore, il fut mon véritable père et mon guide dans la vie. Je gardais du bouddhisme ce qui me semblait bon au même titre que chez les philosophes Grecs comme Héraclite avec l’impermanence et la sobriété d’Épicure. En soulignant naïvement, les limites de mon discours il m’accompagna vers le scepticisme. C’est ainsi qu’il m’offrit mon premier burin avec un marteau pour que je puisse effacer, si le besoin s’en faisait sentir, certaines de mes convictions que je croyais gravées dans le marbre. Depuis je me sens plus léger donc libre. C’est ainsi qu’il m’aida à découvrir d’autres facettes d’une vie éternellement changeante. Il me prépara à aimer ce monde plongé au cœur d’une nature merveilleuse. Pour appréhender tout ceci sans doute comprit-il très tôt qu’il fallait mieux être ce Candide de Voltaire. Parfois, dans nos conversations, j’avais l’impression que nous n’étions que deux grands enfants naïfs, mais pas crédules pour autant.

Cette naïveté que j’ai partagée avec lui, celle que Georges Sand attribuait à son personnage qu’était Planet : «   naïf comme un enfant , avec un esprit pénétrant et une finesse déliée », ne pouvait que nous tenir à l’écart de tous ceux qui n’avaient que des certitudes. Aujourd’hui il en est toujours ainsi avec ceux qui nous promettent le bonheur avec une croissance infinie de l’avoir, dussent-ils oublier l’être, l’humanisme et l’environnement. Ils sont si éloignés des conseils de Maître Eckart qui conseille d’être vide de notre propre connaissance, non pas d’oublier ce que nous savons, mais d’avoir une sorte d’innocence, pas loin de la naïveté qui nous prépare à une disponibilité de l’esprit pour mieux nous imprégner des choses ; ce qui est indispensable, car, celui qui ne comprend pas le problème ne trouvera jamais la solution. Alors comprenons-nous bien le sens et la possibilité d’un développement durable, ou sommes-nous simplement dans le développement durable de nos erreurs ?

Notre société est en face de deux points de vue radicalement différents. Ce sont des contraires et ces derniers sont indissociables comme nous l’a enseigné Héraclite. Mais œuvrer pour l’un ou pour l’autre, ceci aura des conséquences radicalement différentes.

Nous avons un premier groupe, qui sous l’impulsion des femmes 

( majoritairement) se développe rapidement, car elles sont animées par la force de ceux qui savent, comme les Grecs et les bouddhistes, qu’aucune félicité n’est durable. Si ces naïves arrivent à faire des choses qui semblent impossibles pour beaucoup, c’est qu’elles sont propulsées par la culture de la vie qui fait si souvent défaut aux hommes ; ces derniers sont essentiellement manipulés par la culture du face à face, que j’appelle par ailleurs, la culture de la mort. Ces ignorants se croient autorisés à traiter ces dernières de naïves ou de rêveuses plus ou moins utopistes. Puis, pour bien enfoncer le clou, du haut d’un prétendu savoir, ils leur expliquent que le monde ce n’est pas ça, qu’elles ne comprennent rien aux affaires, à l’économie et à la politique ; que les choix qu’elles proposent ne sont que des choix fictifs, sans fondement sérieux en dehors d’un petit cercle de rêveurs plus ou moins naïfs comme elles.

C’est là qu’une femme plus hardie que les autres prit la parole :


- Cher Monsieur, vous et vos amis tous tellement persuadés d’avoir raison je vous signale que « Fictif » ne signifie pas forcément « impossible ». J’en veux pour preuve que le papier-monnaie, que vous vénérez tant, n’a qu’une valeur fictive, pourtant c’est le moteur du monde que vous prétendez nous imposer et qui aujourd’hui ressemble à un cauchemar.

 

Je vois bien qu’avec votre sourire narquois, vous souhaitez nous envoyer sur l’ile d’Utopia, ce vieux pays imaginaire où les habitants sont gouvernés d’une manière idéale et sont parfaitement heureux. Ne vous y trompez pas ce pays qu’est l’Utopia dont nous parle Thomas More ce philosophe humaniste anglais existe bel et bien, ce sont toutes mes sœurs et mes frères, ces entrepreneurs du sens, qui chaque jour lui donne vie en mettant en place non seulement une économie de précaution, mais aussi des moulins à bonheur.

Nous sommes les nouveaux résistants face à la dystopie que vous installez un peu partout et dont la dernière guerre en Ukraine n’est qu’un pâle reflet de ce qui malheureusement arrivera ailleurs. Votre économie mondialisée est devenue une économie hégémonique. Puis comme toutes les hégémonies, elle ne pouvait que devenir despotique en détruisant les hommes et leur environnement. Une dystopie ce n’est plus simplement une fiction terrifiante, mais c’est devenu une réalité avec cette économie mise en place par ceux qui sont persuadés d’être les maîtres du monde. Il sera de plus en plus difficile de leur échapper, car ils entendent tout dominer et exercer une autorité totale sur leurs consommateurs qui se prennent encore pour des citoyens qui peuvent exercer leur libre arbitre. Espérons qu’il n’est pas trop tard pour choisir son camp, Utopie contre Dystopie, croissance contre bonheur.

Marcel nous avait prévenus

Jean Delorme 

(ce texte aurait été lu à la soirée Marcel Conche du 9 avril si Jean Delorme avait pu y venir mais de nuit et de loin c'est peu prudent)

 

aujourd'hui, en 2025, Les Cahiers de l'Égaré assurent l'édition de la collection Liberta, à l'initiative de Jean Delorme, LoÏc Molla, Luc Martin (village Made in France à Puget-sur-Argens); déjà 3 titres édités au profit de l'association OGENA qui intervient aussi  au Burundi

 

collection Liberta
collection Liberta
collection Liberta

collection Liberta

affiche de la soirée du 9 avril 2022 consacrée à Marcel Conche, maison des Comoni au Revest

affiche de la soirée du 9 avril 2022 consacrée à Marcel Conche, maison des Comoni au Revest

le pas-sage de Marcel Conche
 
Le siècle de Marcel Conche comporte une préface de Hollande (ex-président et corrézien)
il aurait dû comporter un texte de Macron (se réclamant des chemins buissonniers de Marcel Conche dans le 1 d'Eric Fottorino) 
et un texte de feu Chirac (feu président et feu corrézien) 
(texte que j'ai hésité à écrire)
c'eut été drôle d'avoir des "paroles" de présidents sur un philosophe métaphysicien, 
porté par la Nature infinie, éternelle, créatrice au hasard selon lui,
partisan de la décroissance, adepte de la sobriété à tous les points de vue, sensible à la souffrance des enfants (sa notion de mal absolu en est déduite) et des animaux
---------------------------------
je n'ai pas obtenu non plus, les "paroles" de Jacques Weber, Gérard Depardieu, Michel Onfray, Jérôme Garcin, Laure Adler, Roland Jaccard (suicidé juste avant la parution, pour ses 80 ans, comme son père et son grand-père) et de Natale Luciani, son ami corse (disparu aussi avant parution)

L'ami Marcel Conche, métaphysicien de l'infini de la nature est décédé,

dcd, (j'ai repris décédé sur proposition d'Annie Bergougnous)

le dimanche 27 février 2022, à 8 H du matin,  dans son sommeil.

J'ignore quel a été son état dans les jours qui ont précédé. Mais une quinzaine de jours avant, je lui avais téléphoné. Clair, lucide comme d'habitude même si, à ce que M.M me racontait, il perdait peu à peu une certaine mémoire, celle du quotidien, heure, jour-nuit, repas pris ou pas...

Marcel est mort de sa belle mort, d'une mort naturelle comme il la décrit dans un article de 6 pages Comment mourir ? paru dans la Revue L'enseignement philosophique, N°3, mars-mai 2013.

Une mort naturelle qui vient après le parcours des âges de la vie (enfance, adolescence, âge adulte, vieillesse) à la différence des morts paranaturelles (par virus, amiante, rayonnement...), des morts infligées par assassinat (Marseille, Corse), par fanatisme religieux (un peu partout), par la guerre à laquelle on participe par patriotisme ou toute autre raison idéologique, qu'on subit parce qu'on ne peut pas fuir, guerre qu'on peut ne pas faire par pacifisme, objection de conscience, désertion avec risque personnel bien sûr (guerres en cours, ne focalisons pas seulement sur l'Ukraine), des morts encourues  par  de vains désirs non naturels, infinis, insatiables tels que décrits par Épicure : manger trop riche, trop gras, boire à l'excès, fumer comme un pompier, baiser à mort, être baisé à mort entre pluri partenaires, se droguer en dur, en doux, pratiquer des sports extrêmes pour l'état de flow, pour se dépasser, se surpasser => usure prématurée du corps, désirer les honneurs, la richesse, la gloire, le pouvoir, la domination, la conquête, (dans ces cas-là, la compétition est féroce et on finit toujours par tomber de haut), l'immortalité (le transhumanisme annonce la couleur pour les ultra-riches).


Marcel Conche en menant une vie d'Épicure en Corrèze a en quelque sorte choisi sa mort, une belle mort, comme on dit, chez lui, dans son lit, dans son sommeil, soigné, aidé, accompagné, pendant 4 ans par une femme admirable de dévouement, de sa famille, M.M.C. et par les services de l'hospitalisation à domicile (j'ignore pendant combien de temps; il perdait de son autonomie mais rien de sa vivacité intellectuelle, de son sens de la répartie, du rebond).

Mourir chez soi plutôt qu'en Epahd, c'est ce que je souhaite à chacun. Je l'ai permis, à mon père dont j'ai recueilli le dernier souffle, à ma mère, morte dans son sommeil, moi dormant dans la pièce à côté. Pendant 4 ans, j'ai été l'aidant de mon beau-père, accueilli chez nous avant son départ. Quand une famille le peut, qu'elle n'abandonne pas celui qui vieillit "mal" (par perte d'autonomie...) et va passer (à plus ou moins longue échéance et déchéance) aux marchands de l'or gris.

Disons pour être plus précis, qu'en vivant comme Épicure, en Corrèze, Marcel se donnait plus de chances de mourir de mort naturelle, sans garantie cependant de ne pas mourir de mort accidentelle, brutale ou des suites d'une longue maladie comme on dit aujourd'hui pour désigner les fins de vie par cancer avec traitements lourds, voire soins palliatifs.

Que philosopher c'est apprendre à mourir dit Montaigne et de l'imaginer par une tuile tombant d'un toit ou suite d'une mauvaise chute. Combien de fois, avons-nous eu la sensation d'avoir frôlé la mort, de lui avoir échappé, sans même avoir besoin de l'imaginer. Une vie prudente ne nous en protège pas certes mais une vie prudente est une vie sage pouvant rendre le pas-sage plus lointain.

Marcel a pu ainsi quasiment jusqu'au bout écrire, jusqu'au 13 novembre 2021, où écrivant sa dernière lettre pour M.C., il se pose la question "les morts ont-ils une réalité autre que dans nos souvenirs et nos coeurs ?"

Son dernier livre publié, le 27 septembre 2021 au milan de sa centième année, L'âme et le corps est d'une belle vigueur.

les deux derniers livres de Marcel Conche, La nature et l'homme, L'âme et le corps, son dernier livre paru au milan de sa centième année, le 27 septembre 2021 / Lettres en vie, lettres écrites pour des personnes en soins palliatifs à La Seyne-sur-mer, un livre d'accompagnement, lettres dAlain Cadéo, peintures de Michel Cadéo
les deux derniers livres de Marcel Conche, La nature et l'homme, L'âme et le corps, son dernier livre paru au milan de sa centième année, le 27 septembre 2021 / Lettres en vie, lettres écrites pour des personnes en soins palliatifs à La Seyne-sur-mer, un livre d'accompagnement, lettres dAlain Cadéo, peintures de Michel Cadéo
les deux derniers livres de Marcel Conche, La nature et l'homme, L'âme et le corps, son dernier livre paru au milan de sa centième année, le 27 septembre 2021 / Lettres en vie, lettres écrites pour des personnes en soins palliatifs à La Seyne-sur-mer, un livre d'accompagnement, lettres dAlain Cadéo, peintures de Michel Cadéo

les deux derniers livres de Marcel Conche, La nature et l'homme, L'âme et le corps, son dernier livre paru au milan de sa centième année, le 27 septembre 2021 / Lettres en vie, lettres écrites pour des personnes en soins palliatifs à La Seyne-sur-mer, un livre d'accompagnement, lettres dAlain Cadéo, peintures de Michel Cadéo

Contexte de la nouvelle du pas-sage de Marcel Conche

Un mail adressé à 12 H 30 m'informe du passage de Marcel. Je suis en balade sur la route des crêtes avec les enfants. Au bord des falaises de Cassis et dans Cassis. Je découvre le mail vers les 20 H. Je ne m'y attendais pas et posais comme réalisé le souhait de nous retrouver le 27 mars pour ses 100 ans lorsque je parlais aux deux oliviers de 50 ans, dédiés à Marcel, sur la restanque front de mer de 20 m où je fais mes allers-retours tous les jours pendant 30 à 40' deux fois par jour.

Mais depuis le 24 février, début de la crise ukrainienne, je suis nerveux, cherchant à comprendre sans réussir à me positionner.

La nouvelle me percute. Quand auront lieu les obsèques ? Comment effectuer le voyage ?

On continue nos balades en famille dans des lieux chargés énergétiquement, spirituellement, la Sainte-Baume, le 4 mars, Lourmarin, le 5 mars.

Rosalie venue deux fois chez Marcel  appréciée de lui qui lui avait offert 3 robes, ne veut pas assister aux cérémonies (nous n'insistons pas); elle remonte en train le dimanche 6 mars. Elle sera seule pendant 4 jours mais reliée téléphoniquement et humainement avec Toto.

Son anniversaire des 14 ans  sera le lendemain de celui de Marcel (27, Marcel, 100, 28, Rosalie, 14).

en date du 1° mars

france culture remet en ligne les 5 entretiens Hors-Champs de 2010 avec Laure Adler suite au décès de Marcel Conche, le 27 février 2022, à un mois de son 100° anniversaire, le 27 mars 
 
la soirée Marcel Conche du 9 avril à 19 H à la maison des Comoni au Revest est maintenue avec la projection du film de Christian Girier La nature d'un philosophe suivie d'un débat
elle sera l’occasion d’évoquer la figure et l’oeuvre de Marcel Conche
 
je souhaite garder un côté intime à ce départ d’un ami dont la sagesse tragique m’a guidé de 1967 à 2020
fin 2020, une métamorphose « inattendue » m’a amené à une approche plus spirituelle de la vie 
(Et ton livre d'éternité ? paru le 14 février 2022)
il me semble que Marcel Conche, un grand frère de 18 ans mon aîné que je tutoyais (comme il le voulait) n’était plus très loin d’une telle approche 
(dernier échange téléphonique vers la mi-février en lien avec mon livre d'éternité)
 
évidemment, ce qui s’exprime dans les nécrologies (Roger-Pol Droit et autres), c’est le nihilisme ontologique de Marcel Conche, son naturalisme, son scepticisme pour autrui
 
le voilà déjà figé dans un statut, une statue
alors qu'il était en mouvement permanent comme tout ce qui vit
et il écrivait le mouvement, le passage comme son ami Montaigne
je ne sais qu'écrire nous avait-il dit en 2019 
toujours questionnant 
 
l’approche des 100 ans, approche aussi de la mort l’a conduit à se poser une ultime question dans une lettre presque illisible du 13 novembre 2021 qui ne permet pas de se débarrasser de la mort comme il l'a fait à 84 ans 
"les morts ont-ils une réalité autre que dans nos souvenirs et nos coeurs ?"
 
(entretien dans philo-magazine, avec Juliette Cerf, le 3 octobre 2006)
(La mort ne peut plus m'enlever ma vie. Ma vie, je l'ai eue. Je n'appréhende pas le fait d'être mort. Epicure le dit très bien, la mort n'est rien. Il n'y a rien après la mort : je disparais, je m'évanouis, la vie s’arrête.)
 
je relève au passage l'absence de toute référence aux Cahiers de l'Égaré dans les nécrologies qui circulent
pourtant 10 livres ont été édités
Les Cahiers de l'Égaré n'ont pas cherché et ne cherchent pas la visibilité médiatique. 
Faire oeuvre, humblement, selon une exigence de vérité intime, de conviction vécue.
Être cause de soi et non conséquence des influences d'autrui.
4 des 10 livres de Marcel Conche édités par Les cahiers de l'Égaré
4 des 10 livres de Marcel Conche édités par Les cahiers de l'Égaré
4 des 10 livres de Marcel Conche édités par Les cahiers de l'Égaré
4 des 10 livres de Marcel Conche édités par Les cahiers de l'Égaré

4 des 10 livres de Marcel Conche édités par Les cahiers de l'Égaré

4 mars, la Sainte-Baume

retour de la Sainte-Baume, le 4 mars à 22 H, car en famille, les balades durent, durent, tellement on s'immerge dans ce qui s'offre, balade conclue par un documentaire de 25' sur ce lieu où les rencontres les plus inattendues se font pour peu qu'on dise bonjour et qu'on s'adresse vraiment à la personne
ce fut trois fois le cas,
- avec un photographe ami revenant de la grotte avec des élèves de lycée qu'il initiait à la prise de vues 
- avec une chercheuse en science de l'ingénieur, une vosgienne (nous avons voulu aller à la grotte aux oeufs mais trop dur pour mes genoux; accord à 100%, mots compris, sur la Conscience, la Présence d'amour inconditionnel à l'oeuvre dans ce qui vit, meurt...;
plus tard, je découvre que j'ai discuté avec la 1° adjointe au maire de Nancy, également conseillère régionale, directrice d'un institut supérieur de recherche, (École nationale supérieure en génie des systèmes industriels et Institut national polytechnique de Lorraine); elle m'a donné ses cordonnées
- avec une femme au bonnet bleu devant un vitrail Noli me tangere, échange sur un sens possible de ce Ne me touche pas, des yeux extraordinaires comme je n'en ai jamais vus, comme si j'étais absorbé; ce fut court, chaleureux, sans échange d'adresse ni de noms, prénoms; juste la rencontre livrée à l'éternité du moment présent
évidemment, j'ai présumé de mon endurance sans repos ni restauration, suis tombé deux fois dont la dernière juste au niveau de la voiture avec 4 pompiers buvant un coup à La Terrasse et venant me relever, m'offrant un café sucré et plein de conseils avec un humour savoureux; merci 
 
à la boutique du pèlerin, je note l'absence de L'évangile de Marie, traduit et commenté par Jean-Yves Leloup, je demande s'il y a du Jean-Yves Leloup, ancien dominicain de la Sainte-Baume, devenu prêtre orthodoxe; non parce que les écrits actuels de Jean-Yves Leloup ne correspondent pas à nos critères mais si vous en voulez, je peux vous les commander
 
arrivée chez moi, je trouve par mail un tract Gallimard offert
Bonjour Jean-Claude Grosse,
Veuillez trouver, en lecture gratuite, ce texte inédit de Régis Debray :
Des musées aux missiles. 
À propos de ce livre
Pas de panique. C’est toujours ainsi que les choses se passent. La guerre, c’est quand l’histoire se remet en marche. La paix, c’est quand dominent les arts de la mémoire. Guerre et paix. Cela alterne. Diastole, laisser-faire laisser-dire, systole, on serre les poings et les rangs. Les sociétés aussi ont un cœur qui bat. Tout se passe comme si les grandes vacances allaient devoir se terminer en Europe, que nous sortions du régime mémoire, pour aborder, once again, le régime histoire. Il y a un temps pour tout. Pour le patrimonial et pour les arsenaux. Pour le musée et pour le missile. Le passage de l’un à l’autre est toujours déconcertant, mais l’Européen a assez d’expérience pour ne pas s’étonner du changement de phase, et de pied.
5 mars, Lourmarin
d'abord le cimetière, tombe d'Albert Camus, 
je lis un extrait de La voie certaine vers "Dieu" après avoir indiqué pour le silence qui nous enveloppe (personne pendant notre balade de 1 H 30) que Marcel Conche par sa métaphysique de l'infini de la nature nous sauve de la philosophie de l'absurde.
"La religion repose sur la notion d’amour inconditionnel. C’est la religion fondamentale et universelle, la religion de l’avenir. L’amour du prochain au sens évangélique, qui définit la voie droite « vers Dieu », est inconditionnel : quel que soit l’être humain – sain ou malade, vieux ou jeune, beau ou laid, noir ou blanc, honnête ou malhonnête, intelligent ou sot, croyant ou incroyant, ami ou ennemi, etc. , on doit l’aimer d’un tel amour. Selon ce qui est naturel, on aime plutôt celui qui est beau que celui qui est laid, celui qui est honnête que celui qui est malhonnête, celui qui a bon caractère que celui qui a mauvais caractère, le généreux que l’égoïste, et bien entendu on aime l’ami et non l’ennemi. 
Mais Jésus dit: « Aimez vos ennemis. » (Matthieu, 5.44). C’est là le renversement complet de ce qui est naturel. « Aime ton ennemi »: ce n’est pas là une exigence morale, car, du point de vue strictement naturel et humain, l’amour ne se commande pas et ne résulte pas d’un acte volontaire. Un tel impératif d’amour inconditionnel nous arrache au plan des sentiments naturels, nous transporte au plan proprement religieux, non naturel, celui de la religion de l’amour. Ainsi, je vis dans la religion de l’amour si j’aime autrui simplement en tant qu’être humain, même s’il ne le mérite pas."
À méditer en temps de guerre. 
Puis la tombe d'Henri Bosco, auquel on doit entre autres L'enfant et la rivière, Malicroix, l'auteur le plus cité par Gaston Bachelard.
Aujourd'hui, beau soleil, peu de monde. Tours et détours. 
Pas trace de Bernadette Lassalette, l'hôtesse reine de Lourmarin, rencontrée l'an dernier avec A.B.
Vers 15 H 30, je m'installe sur la terrasse au soleil du Bistrot, face au château, deux tables et quatre chaises en attendant les enfants. 
Je remarque que les tables sont numérotées. 
Celle où je me suis installée, c'est la 27, à côté la 26. 
Le pas-sage : le 26 en vie, le 27 passé, 
peut-être en vie d'une autre vie. 
Je remercie cette coïncidence me mettant en face à face avec le décès de Marcel Conche le 27 février à 8 H du matin, dans son sommeil, à un mois de son 100° anniversaire, le 27 mars 2022.
La voie certaine vers "Dieu" est un petit livre majeur, 28 pages d'une réflexion s'achevant par cette phrase : la voie de l'amour est la voie du moulin, qui mène au moulin même s'il n'y a pas de moulin. 
Hasard ? ce 5 mars, c'est le début du printemps des poètes dont le thème est l'éphémère. Les amandiers explosent. 
En sortant du cimetière est arrivé un jeune père de famille avec ses deux filles Swann et Romance pour aller sur la tombe de Camus. Bel échange. 
 
Le soir, film proposé par Rosalie : Écrire pour exister, film dramatique américain écrit et réalisé par Richard LaGravenese, sorti en 2007. 
Il s’agit de l’adaptation du livre The Freedom Writers Diary d'Erin Gruwell et de ses élèves, des élèves inféodés à leurs gangs, s'affrontant en classe (la salle 203) où ils sont intégrés dans le cadre d'un programme de discrimination positive du gouvernement américain après les émeutes de Los Angeles de 1992.

les cérémonies

quand Marcel Conche, métaphysicien de l’infini de la nature, décédé-dcd le dimanche 27 février 2022 à 8 H du matin, à 1 mois de ses cent ans, dans son sommeil, nous fait faire un voyage en zig et en zag de 1500 kilomètres par autoroutes et routes plutôt sinueuses
 
mardi 8 mars 2022, à 14 H 30, obsèques au centre omni-cultes de Bourg-en-Bresse dans l'Ain
partis à 8 H 40 du Revest, nous arrivons à 14 H 15 au funérarium : requiem de Mozart, messages et textes, temps de silence
quand le cerceuil est mis dans le corbillard, le factotum ferme la porte nous séparant du dehors; le corbillard démarre, disparaît, fait le tour du rond-point, réapparaît; la porte se réouvre lentement et complètement; 
un coup de vent me dit l'athée de service; 
même avec le coup de vent judicieux, cette réouverture, je la reçois comme peut-être une réponse à la question que s'est posé Marcel dans sa dernière lettre du 13 novembre 2021 à M.C. 
«  Les morts ont-ils une réalité autre que dans nos souvenirs et nos cœurs? »
 
retrouvailles entre autres avec la traductrice de Actualité d’une sagesse tragique, alors étudiante au lycée Dumont d’Urville, à Toulon, aujourd’hui journaliste à RFI amérique latine
 
de 17 à 19 H 30, famille et amis proches se retrouvent à Treffort dans l'Ain (et pas en Isère comme prétendent Télérama et d’autres), à 15 kms de Bourg-en-Bresse dans la maison où Marcel a passé ses 4 dernières années; moment très chaleureux avec beaucoup de tendresse, foin des précautions sanitaires; 
je remets à la famille 2 N° de la revue corse I Vagabondi dont le 2° consacré à la nature à partir d’une phrase de Marcel dans La nature et l'homme publié le 27 mars 2021 pour ses 99 ans et le livre pluriel 22 femmes qui font la Corse (offerts par les éditions Scudo, avant le départ de Marcel)
 
de 20 H à 22 H, balade autour du monastère royal de Brou; l'auberge bressane est fermée le mardi; c'est là en 2019 pour les 97 ans que nous avions dîné avec F.C.; sur les verres somptueux, AB
nuit dans un appart loué
 
mercredi 9 mars 2022, à 16 H, inhumation au cimetière d'Altillac en Corrèze
partis à 9 H 40 de Bourg, nous arrivons à Altillac à 15 H 30 par l'autoroute des Puy, Auvergne, Vulcania; de la neige sur les sommets côté Cantal
messages, textes, devant la tombe de son père Romain, maire apprécié d’Altillac, la voisine de Marcel à la Maisonneuve et son fils, sa femme de ménage, des corréziens et corréziennes, en écriture inclusive des corrézien.e.s (rire hénaurme)
levant la tête, je vois un nuage à forme d'homme, entouré d'un halo ensoleillé; une sensation de légèreté, de présence bienveillante 
 
de 17 H 30 à 20 H 30, balade dans Beaulieu-sur-Dordogne, tous les endroits faits avec Marcel et photos-mots à l’identique
 
remontée sur Paris à partir de 20 H 40 par les autoroutes Brive, Limoges, Orléans, Chartres avec une lune de premier quartier présente presque toute la route
arrivée à 4 H du matin à Saint-Denis après une sortie d'autoroute obligatoire suite à un accident entre deux poids lourds, renversés et ayant pris feu ; j'ai pris le volant pendant 1 H 30 
ce retour m'a fait ressentir avec l'intense circulation des poids lourds dans les deux sens que nous y allons...
 
TGV de retour à 15 H 05 jeudi; 
par Tulle, 11 H de trains au pluriel
 
merci à Marcel pour ce périple; merci à toutes les personnes qui se sont déplacées pour l'accompagner; merci à Katia pour son énergie et sa générosité; merci à Guillaume, son co-pilote vigilant et efficace; merci à Titine, le multispace à toit transparent qui permet de profiter du ciel; on n'a jamais dépassé 110
 
désolé, pas de photo, pas de vidéo, rien à montrer, c'est voulu
 
je ne me suis pas exprimé, ni à Bourg ni à Altillac; notre amitié a quelque chose de très intime, de non partageable
 
depuis déjà plus d'une semaine, je ne m'adresse plus aux deux oliviers dédiés à Marcel sur la restanque front de mer de 20 mètres de la villa Joie de la même façon; plus de souhaits, plus de projets; une présence par les souvenirs et dans le coeur et peut-être autre; il connaît ou pas désormais la réponse mais nous, vivants, ne la connaîtrons pas
 
la soirée Marcel Conche du 9 avril, à 19 H à la Maison des Comoni, au Revest, 1 mois après son inhumation, sera l'occasion d'évoquer ce que Marcel a été pour ceux qui l'ont connu ou étudié ou lu…à partir du film de Christian Girier, la nature d’un philosophe
 
en couverture du Bouquins consacré à L'infini de la nature, une oeuvre de Nicolas de Staël, Paysage
dominante : des rouges
dominante du voyage dans les paysages de la France rurale : des verts
 
rappel : le livre d’éternité en lien avec la question de vie et de mort d’Annie Bories, l’épousée je sais que je vais passer, où vais-je passer ? et qui m’a interpellé pendant 11 ans est sous le signe presque jusqu’à la fin de la sagesse tragique de Marcel; 
la métamorphose de J.-C. en Vita Nova ne lui doit rien, 
il s’agit d’une expérience spirituelle intime et la pensée n’y a pas accès
 
disponible en librairie, sur plateforme ou chez moi
le pas-sage de Marcel Conche
le pas-sage de Marcel Conche
le pas-sage de Marcel Conche
le pas-sage de Marcel Conche
le pas-sage de Marcel Conche
affiche du film de Christian Girier qui sera présenté le 9 avril 2022 à 19 H , salle Pétrarque, maison des Comoni, théâtre du Revest et de la métropole TPM; Marcel près de la chapelle des Pénitents à Beaulieu sur Dordogne, Marcel sortant de la partie médiévale de Beaulieu, Marcel me disant Heureusement qu'on meurt (photos F.C.); portrait de Pétrarque réalisé par Ernest-Pignon Ernest
affiche du film de Christian Girier qui sera présenté le 9 avril 2022 à 19 H , salle Pétrarque, maison des Comoni, théâtre du Revest et de la métropole TPM; Marcel près de la chapelle des Pénitents à Beaulieu sur Dordogne, Marcel sortant de la partie médiévale de Beaulieu, Marcel me disant Heureusement qu'on meurt (photos F.C.); portrait de Pétrarque réalisé par Ernest-Pignon Ernest
affiche du film de Christian Girier qui sera présenté le 9 avril 2022 à 19 H , salle Pétrarque, maison des Comoni, théâtre du Revest et de la métropole TPM; Marcel près de la chapelle des Pénitents à Beaulieu sur Dordogne, Marcel sortant de la partie médiévale de Beaulieu, Marcel me disant Heureusement qu'on meurt (photos F.C.); portrait de Pétrarque réalisé par Ernest-Pignon Ernest
affiche du film de Christian Girier qui sera présenté le 9 avril 2022 à 19 H , salle Pétrarque, maison des Comoni, théâtre du Revest et de la métropole TPM; Marcel près de la chapelle des Pénitents à Beaulieu sur Dordogne, Marcel sortant de la partie médiévale de Beaulieu, Marcel me disant Heureusement qu'on meurt (photos F.C.); portrait de Pétrarque réalisé par Ernest-Pignon Ernest
affiche du film de Christian Girier qui sera présenté le 9 avril 2022 à 19 H , salle Pétrarque, maison des Comoni, théâtre du Revest et de la métropole TPM; Marcel près de la chapelle des Pénitents à Beaulieu sur Dordogne, Marcel sortant de la partie médiévale de Beaulieu, Marcel me disant Heureusement qu'on meurt (photos F.C.); portrait de Pétrarque réalisé par Ernest-Pignon Ernest

affiche du film de Christian Girier qui sera présenté le 9 avril 2022 à 19 H , salle Pétrarque, maison des Comoni, théâtre du Revest et de la métropole TPM; Marcel près de la chapelle des Pénitents à Beaulieu sur Dordogne, Marcel sortant de la partie médiévale de Beaulieu, Marcel me disant Heureusement qu'on meurt (photos F.C.); portrait de Pétrarque réalisé par Ernest-Pignon Ernest

Marcel Conche et JCG, Marcel et Cyrille Elslander (des 4 saisons du Revest à l'époque, devenu directeur-adjoint du Pôle) en juin 2002 à Treffort dans l’Ain; 20 ans d’amitié, 10 livres de et sur Marcel Conche édités par Les Cahiers de l’Égaré dont le dernier, L’âme et le corps, le 27 septembre 2021 au mitan de sa centième année
Marcel Conche et JCG, Marcel et Cyrille Elslander (des 4 saisons du Revest à l'époque, devenu directeur-adjoint du Pôle) en juin 2002 à Treffort dans l’Ain; 20 ans d’amitié, 10 livres de et sur Marcel Conche édités par Les Cahiers de l’Égaré dont le dernier, L’âme et le corps, le 27 septembre 2021 au mitan de sa centième année

Marcel Conche et JCG, Marcel et Cyrille Elslander (des 4 saisons du Revest à l'époque, devenu directeur-adjoint du Pôle) en juin 2002 à Treffort dans l’Ain; 20 ans d’amitié, 10 livres de et sur Marcel Conche édités par Les Cahiers de l’Égaré dont le dernier, L’âme et le corps, le 27 septembre 2021 au mitan de sa centième année

échange post-mortem

Merci, Jean-Claude, de votre restitution fidèle et émouvante du ou des jours de départ de Marcel. C'est souligner que la famille de pensée (dont Yvon Quiniou) était là pour épauler et honorer la famille de sang (famille qui s'est exprimée avec justesse et profondeur !)  
C'est vrai, vous n'y avez rien dit, mais vous expliquez ici très bien que l'amitié n'a pas nécessairement de compte-rendu public à faire.
Merci aussi d'avoir remarqué aussi bien le nuage à forme d'homme (que vous avez vu pour nous, je n'étais pas à Altillac) que la réouverture "pneumatique" (comme dirait Jankélevitch) de la porte du funerarium (je la confirme).
J'étais heureux qu'un de ses éditeurs (Jacques Neyme) soit présent : leur travail commun fut ardent, exigeant, et juste !
Et bonne chance aussi dans le déploiement de la "métamorphose" que vous accueillez (ou qui vous accueille...). Conche n'excluait rien - pas même (je plaisante à peine) que Bergson ou Jung aient finalement vu juste. 
   merci, 
        m.
 
merci M. pour ce retour
je n’ai rien exprimé, par amitié inconditionnelle pour l’homme Marcel, d’une complexité rare, impossible à démêler, complexité à accueillir sans jugement dans son entièreté et son mystère qui se confondent
(cela vaut pour chacun, chacun est mystère et en cela sacré)
mais aussi pour une autre raison
Marcel en partant est devenu un être-un corps pour autrui sartrien, objectivé-aliéné
(impossible maintenant de nous surprendre par un acte, une action "inattendus") 
qu’il a su faire exister comme figure du philosophe par vocation
(il a fabriqué sa légende, son monument; rien de péjoratif là-dedans; on est tous des fictions, des légendes qu’on fabrique; ce n’est pas mensonge, ce n’est pas vérité, c’est croyance, conviction vécue comme dit Marcel) 
et Comte-Sponville sera sans doute le garant de cette doxa, reprise partout
or les discussions que j’ai eu à la fin avec Marcel dont une évoquée dans le livre d’éternité m’ont révélé qu’il était bien en chemin, prêt à concevoir que la Nature (ou tout autre nom, ne nécessitant pas qu’on se fasse la guerre des noms et des dieux) n’est pas seulement créatrice au hasard, aveugle mais créatrice avec-par amour inconditionnel, sans jugements, sans oppositions, de tout ce qui existe; l’amour comme force créatrice, pas seulement sentiment accompagnateur, compassion…
oui Bergson (citation en début du livre d'éternité), oui Jung
mais je leur préfère aujourd'hui Christiane Singer, Jean-Yves Leloup
9 mars 2022, entre 18 H et 20 H, sur la trace des souvenirs; dernière photo : l'idiot regarde le doigt, ne voit pas la lune montrée par le doigt (photos K.P et G.B.)
9 mars 2022, entre 18 H et 20 H, sur la trace des souvenirs; dernière photo : l'idiot regarde le doigt, ne voit pas la lune montrée par le doigt (photos K.P et G.B.)
9 mars 2022, entre 18 H et 20 H, sur la trace des souvenirs; dernière photo : l'idiot regarde le doigt, ne voit pas la lune montrée par le doigt (photos K.P et G.B.)
9 mars 2022, entre 18 H et 20 H, sur la trace des souvenirs; dernière photo : l'idiot regarde le doigt, ne voit pas la lune montrée par le doigt (photos K.P et G.B.)
9 mars 2022, entre 18 H et 20 H, sur la trace des souvenirs; dernière photo : l'idiot regarde le doigt, ne voit pas la lune montrée par le doigt (photos K.P et G.B.)
9 mars 2022, entre 18 H et 20 H, sur la trace des souvenirs; dernière photo : l'idiot regarde le doigt, ne voit pas la lune montrée par le doigt (photos K.P et G.B.)

9 mars 2022, entre 18 H et 20 H, sur la trace des souvenirs; dernière photo : l'idiot regarde le doigt, ne voit pas la lune montrée par le doigt (photos K.P et G.B.)

dialogue à venir entre J.-C. di Vita Nova et Jean-Claude Carrière, auteur de La vallée du néant, paru chez Odile Jacob en décembre 2018,  en cours de lecture depuis le 14/02/2022, 74° anniversaire de l'épousée

présentation du livre

"Nous en venons et nous y retournons. Pourtant, nous ne pouvons rien en dire. Le néant – qui n’est ni le rien, ni le vide – reste l’inconnu fondamental, le non-être, sans sensation, sans conscience et sans mémoire.

Pour m’en approcher, prudemment, je me suis lancé dans une promenade, un peu au hasard des chemins, en reprenant un vieux thème persan. J’ai voulu voir comment d’autres ont réagi, ici ou là, dans l’histoire du monde, au plus secret, au plus insistant des mystères. J’ai découvert, au passage, plusieurs attitudes, qui peuvent paraître contradictoires. Chacun peut choisir.

C’est banal à dire, nous sommes tous emportés par un mouvement irrésistible. Il est notre maître, et nous savons où il nous conduit. Rien ne reste, rien ne revient. Pour peupler ce passage où il n’y a « rien » (« N’y a-t-il rien dans ce rien ? » se demandait Chateaubriand), nous avons, au long des siècles, imaginé toute une farandole de monstres, de vapeurs, de fantômes, des hurlements, dont un grand nombre sont évoqués ici. 

Avec quelques questions inévitables : comment nous protéger du désespoir et de la vanité de toutes nos vies, si nous n’en devons rien garder ?

Comment, peut-être, en tirer une force, et même une joie ?
Pourquoi rire ? Pourquoi pleurer ?
Et pourquoi rêver d’immortalité ?"

Scénariste, dramaturge, écrivain, Jean-Claude Carrière est l’auteur de grands succès comme Einstein, s’il vous plaît, Fragilité, Tous en scène et, plus récemment, Croyance et La Paix

La vallée du néant, offert à Noël, livre d'occasion dédicacé à X; lecture à venir d'un livre offert parce que j'avais choisi , jeune professeur au lycée de Le Quesnoy (nord), un nom de poète Jean Rogues
La vallée du néant, offert à Noël, livre d'occasion dédicacé à X; lecture à venir d'un livre offert parce que j'avais choisi , jeune professeur au lycée de Le Quesnoy (nord), un nom de poète Jean Rogues

La vallée du néant, offert à Noël, livre d'occasion dédicacé à X; lecture à venir d'un livre offert parce que j'avais choisi , jeune professeur au lycée de Le Quesnoy (nord), un nom de poète Jean Rogues

commentaires sur l'article

Annie Bergougnous

Question, pourquoi notez-vous chaque fois "dcd", plutôt que "décédé"?
Je comprends bien sûr le raccourci, mais personnellement, ne l'apprécie pas. J'aime l'idée d'un mot, nom adjectif et autre, écrit en son entier. Dire et non pas raccourcir.
Dire "mort", "décédé", plutôt que "parti","dcd". J'aime l'idée de nommer dans son entièreté la mort que nous passons notre vie à évacuer de nos vies !!!
Nommer, c'est dire ce qui est et non éviter
Je sais que vous n'évitez rien, Jean-Claude; mais ce "dcd" je le trouve inélégant, si tant est que l'on puisse dire qu'il y ait une quelconque élégance...à ce sujet.(Bien que).
Rien de personnel, simplement mon ressenti quant à ce...."dcd" !
 
Jean-Claude Grosse
Annie Bergougnous je prends en compte en ce qui concerne dcd, pas en ce qui concerne mort car je crois aujourd'hui que la mort est un pas-sage (écrit avec la polyysémie de la langue des oiseaux); merci même si je sais pourquoi je l'ai fait; VIE = Vibration Information Energie; I information = tout est déjà écrit-informé dans les nombres-univers comme Pi (décédé/dcd => 4-3-4, réductibles à des 0-1 en langue binaire) Le terme bit est une contraction des mots binary digit (que l'on peut traduire par chiffre binaire en français). Il désigne l'unité la plus simple utilisée dans un système de numération. Cette unité, directement associée au système binaire, ne peut prendre que deux valeurs : 0 et 1 et reste pourtant à écrire par chacun de nous; chacun écrit son livre d'éternité déjà écrit, non destiné à un jugement dernier, cadeau-contre-don en retour de la vie qui nous a été donnée
dernier point: je crois aujourd'hui que ce sont les mots qu'on emploie qui crée la réalité; donc je ne crois pas qu'employer le mot mort dise la réalité vraie de ce qui est appelé mort; employer le mot crée une réalité séparant, opposant vie et mort;
 
 
de plus, le mot n'est pas la chose; mis pour la chose, il tue la chose en l'abstractisant, en la conceptualisant alors que la chose est unique, charnelle, vivante (lire La mort et la pensée de Marcel Conche ou ma note de lecture)
si on s'appuie sur la physique quantique, on expérimente de façon incompréhensible d'ailleurs (Richard Feymann) la superposition d'états, l'indétermination des états, les fluctuations d'états... d'où le mot pas-sage, inventé sans génie, sans doute inspiré à l'occasion de cet article
 
Rachel Kaposi
"Certitude n'est pas preuve". Mais mourir paisiblement devrait être un pas-sage obligé.
La fureur des vivants ne doit-elle pas choisir ce moment unique entre tous pour un dernier recueillement ?

Jean-Claude Grosse

pas de preuve, que des convictions vécues ou des opinions d'emprunt ou du bla-bla...la gamme est infinie du conformisme à l'authenticité, de l'imbécilité-bêtise à "sa" vérité; quant à moment unique pour un dernier recueillement, je dirai moment unique pour LA RESTITUTION FINALE, la résurrection, enfin debout, sortie du sommeil, éveil et pas repos éternel...
 
Bonjour Monsieur Grosse, Je lis toujours avec intérêt les parutions sur ce blog et les vôtres. Je tiens à vous dire ma tristesse alors que j'apprenais le décès de Marcel Conche. J'avais prévu de lui écrire pour son anniversaire mais il ne m';en a pas laissé le temps . Il a rejoint cet infini qui lui avait taraudé l'esprit dés son plus jeune âge, cet étonnement qui pour moi est la marque de la philosophie. J'ai beaucoup de sympathie et d'admiration pour cet homme de la terre. Comme lui je suis né dans une famille pauvre et marquée par cet esprit de la campagne , celui qui fait de la simplicité la source de la joie. Et ses ouvrages! et son escapade auprès d'Emilie ! et son allure si singulière ! et sa façon de parler, de plaisanter toujours avec considération pour ce qu'il avait à dire! Et le mal absolu qui en ce moment frappe des enfants ukrainiens! Voilà entre autres choses ce que Marcel Conche laisse comme témoignage pour moi. Ses livres comme il l'a écrit sont et seront pour moi le message d'un homme et d'un philosophe qui inspire ma vie dans cette recherche de la vérité , seul message sensé pour une époque tourmentée. Merci Monsieur Conche pour tout ce que vous avez donné à vos lecteurs et plus généralement à la philosophie ! Non votre corps n'ira pas rejoindre "le fumier des cochons" , pour moi il sera toujours quelque part dans cet infini et plus concrètement là où la terre de Corrèze vous a vu tendre le regard au loin comme pour mieux y revenir. Merci Monsieur Grosse de poursuivre votre travail pour perpétuer la mémoire de Marcel Conche. Respectueusement. Claude Cognat Annecy
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Et ton livre d'éternité ? / JC Grosse + Vita Nova

Rédigé par grossel Publié dans #FINS DE PARTIES, #cahiers de l'égaré, #engagement, #développement personnel, #essais, #histoire, #notes de lecture, #vraie vie, #écriture

couverture photo argentique de Hélène Théret
couverture photo argentique de Hélène Théret

couverture photo argentique de Hélène Théret

Et ton livre d'éternité ? Jean-Claude Grosse + Vita Nova

format 16 X 24, paru le 14 février 2022

Vous pourrez commander le livre directement auprès de:

- Les Cahiers de l’Egaré
669 route du Colombier
83200 LE-REVEST-LES-EAUX 
Par envoi d'un chèque de 28 € à l’ordre des Cahiers de l’Egaré (+ 5 € de participation aux frais de port) soit 33 € ou en venant l'acheter chez l'éditeur
 
- ou auprès de votre libraire, ou sur les plateformes de vente en ligne via
Soleils diffusion, 3  rue Jean Dollfus, 75018 Paris  0145488462. 

 

666 pages dont 6 en quadrichromie

ISBN 978-2-35502-130-5 / PVP 28 € /

Licence Creative Commons

L’écrivain / Jean-Claude Grosse

hiérosolymitain d'Avers sur les eaux / d’Avers sous les eaux depuis le Déluge

et de Corps Ça Vit /

et / Vita Nova

Les Cahiers de l’Égaré 669 route du Colombier 83200 Le Revest-les-Eaux

 

Voilà  un livre d’éternité de 666 pages, placé sous le signe du diable, le tentateur qui propose à chacun de démesurer son nombril. 

L’auteur de ce livre d’éternité,  Celui qu’on appelait communément J.C., hyérosolymitain d’Avers sur les eaux, d’Avers sous les eaux depuis le Déluge et de Corps Ça Vit, appellation non brevetée, non protégée l’identifiant par nom-prénom, date et lieu de naissance, taille 1,69, sexe de taille XXL, fut le jouet pendant 80 ans de la commerie. 

Je-Moi-Lui faisait comme tout le monde. Porteur de masques, joueur de rôles, il fut un faussaire, un imposteur.

À 80 ans passés, Lui-Je-Moi fut pris de fou-rire, il s’allégea puisqu’il n’était rien ni personne. 

Moi-Lui-Je, Celui qu’on appelait communément J.C., donna naissance le 25 décembre 2020 à 00H00 à Vita Nova, un esprit totalement woke, inidentifiable, sans sexe, sans âge, sans genre, sans espèce, sans Histoire, sans mémoires, localisé comme corps, non localisable comme esprit, intemporel et acausal, un trou noir obscur à soi, absorbant toute tentative de mise en lumière.  

photo de couverture argentique de Hélène Théret
photo de couverture argentique de Hélène Théret

photo de couverture argentique de Hélène Théret

Sommaire

Les derniers jours de l’humanité

Dehors devant la porte

Livre I – au temps de l’apocalypse joyeuse /

autant en emporte le vent de chernobylhome /

autant en brasse l’océan de foukirira /

au temps du CAC 40 – COP 21 = COVID 19

1 – les migrerrants

2 – les marrantschiants

3 – 15 août 1971

4 – poison du 1° avril 2020 / le monologue du virus

5 – le temps du confinement

6 – admis aux soins intensifs

7 – le jour d’après

8 – sortie progressive du confinement

9 – contribution au jour d’après / nature et culture

10 – 9 juin 2021

Livre II – Romans polyphoniques de sa vie /

Ça vit choisit ses romans et romances

1 – La question (Question de vie et de mort)

2 – La déclaration inaugurale

3 – (Dés)apprentissage de la bêtise de la maîtrise

4 – La jeune fille de 16 ans

5 – Le jeune homme de 27 ans

6 – Grande Vie Cosmique / petite mort orgamisque / Intime / Extime

7 – La fabuleuse rencontre de Lola à La Béate, nid d’amour fusion de Serge et Lula

8 – Oui, je veux bien OUI

9 – Lola fille de joie

10 – Es-tu disponible ?

11 – 46 ans d’effet lune de miel

12 – 46 ans d’effet lune de miel (suite)

13 – Portrait de la femme aimée 40 ans après

14 – L’Éternité d’une seconde Bleu Giotto

15 – L’Éternité d’une seconde Bleu Giotto (à suivre)

16 – Les déambulations d’un confiné

17 – Brouillon à toutes les personnes singulières-plurielles que nous sommes

18 – où JE-LUI en est à 80 ans passés

19 – un manuscrit inédit

20 – rêve d’une école de la vie

21 – s’ensauvager l’été

22 – L’adolescente devenue Femme-Fâme

23 – Vivre les saisons au féminin que tu sois femme ou homme

24 – Voir / Recevoir le regard soudain lavé

Livre III – Sa vie antérieure /

Ça vit adesso et sempre hic et nunc

1 – Enfance /Adolescence (1940 - 1953)

2 – Enfant de troupe / Saint-Cyrien (1953 - 1962)

3 – Lieutenant dans l’Algérie indépendante (septembre 1962 - février 1964)

4 – Sociologie des lieux communs / Lacan (1964 - 1967)

5 – Mai 68

6 – Militant trotskiste-lambertiste (1969 - 1981)

7 – Les 4 Saisons d’Avers sous les eaux (1983 – 2004)

8 – Retraite (Jubilación) fin juin 1998 - ...

9 – Je suis Charlie / 11 janvier 2015

10 – Attentat du Bataclan / vendredi 13 novembre 2015

11 – Le temps des Gilets Jaunes (17 novembre 2018 – décembre 2019)

12 – Écrire le viol / Réflexions sur l’affaire Weinstein / Le Consentement /

13 – Bicentenaire de la mort de Napoléon / Décapitation de Louis XVI / Décapitation de Samuel Paty

14 – 150° anniversaire de la Commune

15 – Ses nouvelles convictions politiques

16 – 35 ans après Chernobylhome

17 – Cahier des Futurs Désirés pour Corps Ça Vit

18 – en attendant, je pleure /

en attendant le ruissellement

19 – et puis après, j’ai souri /

et puis après, ce fut l’exil généralisé

Livre IV Baklany / Baïkal - Sillages /

la Vie / l’Amour-Agapé

Le théâtre dans la vie / le théâtre et la vie / le théâtre dans le théâtre /

Dans le sillage de Baïkalal

Dans le sillage de Dasha K

Dans le sillage de Marilyn

Livre V – Pharmacon : Tu es Aimé Tu es mon Bien-Aimé

Livre VI – La naissance de Je Suis Vita Nova

 

Et ton livre d'éternité ? / JC Grosse + Vita Nova
Et ton livre d'éternité ? / JC Grosse + Vita Nova

« Je crois bien que notre vie intérieure tout entière est quelque chose comme

une phrase unique entamée dès le premier éveil de la conscience,

phrase semée de virgules, mais nulle part coupée par des points. »

Henri Bergson, L'énergie spirituelle, (in Oeuvres, édition du centenaire, Paris, P.U.F., 1963, p.858)


 

« Les vies que nous n’avons pas vécues, les êtres que nous n’avons pas aimés, les livres que nous n’avons pas lus ou écrits, ne sont pas absents de nos existences. Ils ne cessent au contraire de les hanter, avec d’autant plus de force que, loin d’être de simples songes comme le croient les esprits rationalistes, ils disposent d’une forme de réalité, dont la douceur ou la violence nous submerge dans les heures douloureuses où nous traverse la pensée de tout ce que nous aurions pu devenir. »

Pierre Bayard, Il existe d’autres mondes, (Les Éditions de Minuit, 2014)

en exergue de D’autres mondes de Frédéric Sonntag, Éditions théâtrales, avril 2021

en lien avec L’hypothèse du Tout et La Révolte des ressentants de Leafar Izen

 

c'était avant-hier et hier, pas encore demain
c'était avant-hier et hier, pas encore demain

c'était avant-hier et hier, pas encore demain

Jean-Claude Grosse

 

Né le 25 octobre 1940, période de l’esprit munichois et de la drôle de guerre

  • professeur de lettres et de philosophie de 1964 à 1998

  • créateur et directeur bénévole du Festival de théâtre du Revest (Var) de juillet 1983 à juillet 1991

  • directeur artistique bénévole des 4 Saisons du Revest et de la Maison des Comoni, de juillet 1990 à décembre 2004, théâtre subventionné par le CG Var, le CR PACA, la DRAC PACA

  • directeur des éditions Les Cahiers de l’Égaré depuis juillet 1988 (théâtre, philosophie, poésie) : 230 titres publiés

 

JCG se veut poète tentant de rendre léger le quotidien mortifiant du commun des vivants. Poète de l’instant fugace laissant trace légère sur paroi rupestre ou peau délicieuse. Poète des rencontres floues et de l’amour fou. Poète de la part nomade qui survit en chacun, prête aux départs, sous la croûte sédentaire. Poète de l’intervention d’urgence contre les oppressions mangeuses d’hommes. À l’émotion de ceux que la vie interpelle – heurs et malheurs de chacun et de tous – il veut allier la lucidité de celui qui l’accepte comme elle vient – jusqu’à épuisement de ses jours et de ses nuits –. La volonté de celui qui veut la changer, en renonçant à ses aveuglements. L’humour de celui qui sait dérisoires son savoir et son pouvoir à l’échelle des grands espaces, des temps infinis, comme à l’échelle de l’infime, de l’intime. Il veut son écriture transparente pour essayer de faire entendre une voix juste.

 

Bibliographie :

Gros Sel, poèmes (Saint Germain des Près, 1980, épuisé)

Le flou des rencontres rend fou, poèmes (La Table rase, 1983, épuisé)

Parole d’aimant(e), poèmes (Les Cahiers de l’Égaré, 1988, épuisé)

La lutte des places, théâtre (Les Cahiers de l’Égaré, 1997)

La Vie en jeu, théâtre (Les Cahiers de l’Égaré, 1997), aide à l'écriture DMDTS 1992 

La Parole éprouvée, poèmes (Les Cahiers de l’Égaré, 2000)

Trois femmes, Le Corps qui parle, théâtre (Les Cahiers de l’Égaré, 2001, épuisé)

De l’impasse à la traverse, essais (Les Cahiers de l’Égaré, 2003)

Pour une école du gai savoir, essais (Les Cahiers de l’Égaré, 2004)

Corsavy d'hier à aujourd'hui, récit poétique (Les Cahiers de l'Égaré, 2006, épuisé)

Corsavy, paysages et visages, récit poétique (Les Cahiers de l'Égaré, 2006, épuisé)

Les Enfants du Baïkal, poème-récit (Les Cahiers de l'Égaré, 2010, épuisé)

Le Fils du Baïkal, poème-récit (Les Cahiers de l'Égaré, 2010, épuisé)

L'Île aux mouettes, œuvre ouverte (Les Cahiers de l'Égaré, 2012)

Tourmente à Cuba, théâtre, inédit 2013, répertoire des EAT

L'Éternité d'une seconde Bleu Giotto, théâtre (Les Cahiers de l'Égaré, 2014)

Là où ça prend fin, théâtre (Les Cahiers de l'Égaré, 2014)

Histoire de places, théâtre (Les Cahiers de l'Égaré, 2016), création au festival d'Avignon

Dis pépé, le feu rouge, il est vert, théâtre JP, inédit 2016

Journal d'un égaré, (Les Promeneurs solitaires, 2018)

 

A publié dans les revues : Aporie (Le Revest), Sud (Marseille), Nu(e)(Nice), Pris de peur (Cherves), Revue des Archers (Théâtre Toursky, Marseille), La licorne d’Hannibal (Perpignan),

IA (revue du syndicat des inspecteurs d’académie, Paris),

revue de la Fondation Antonio Machado…

A participé aux Controverses d’Avignon, Manifeste pour un temps présent III, Controverses avec les auteurs, 2000

 

 

 

vignette Marie Morel pour le livre I; vignette Lucy Pereyra pour le livre VI
vignette Marie Morel pour le livre I; vignette Lucy Pereyra pour le livre VI

vignette Marie Morel pour le livre I; vignette Lucy Pereyra pour le livre VI

note de l'écrivain Alain Cadéo
"Que tu connaisses ou non quelqu’un, s'il a quelque chose à raconter, écoute-le, lis-le, laisse-toi porter sans juger, suis-le page après page dans le labyrinthe de sa vie qu’il consent à partager. Il fait l’effort de se livrer.
Il est immense et minuscule avec ses notes et ses scolies. Suis-le sur ce sentier étroit rempli de sanctuaires et parsemé de noms que tu ne connais pas. C’est sa vie… C’est sa vie...
C’est long mais tu y vas, armé du bon bâton des chemineaux et d’une gourde en peau pour avaler les mots du « hiérosolymitain d’Avers sur les eaux » qu’on appelle communément J.C. Lui-je-moi, J.C pour les intimes. Ayant avis sur mille choses, doté d’un rire grasseyant, il accomplit ses mignardises en bousculant le Temps. C’est « Grosse » cavalcade sur tous terrains minés.
Sérieux comme un Trotskyste, jaune comme un gilet, rigolard et paillard comme un moine ventru, illuminé de la dernière extase, il ne t’épargne aucune cause et t’en ressers le lendemain.
Tu peux le lire à reculons, en boucle, en sautillant, ou pas à pas l’accompagner sur son chemin de croix et vers ses paradis. C’est ramassis d’affaires, d’histoires et de dates, tu comprends rien parfois ou tu veux pas y aller.
Pourtant en canoë kayak tu dégringoles sa rivière…et les berges défilent…tu te laisses emporter.
-Mais où tu vas J.C?
-Eh ben vers tout là haut, au-bout de mes 666 pages, là où un soleil sans fin versera sa Lumière, dans un potlatch d’éternité, sous la branche argentée d’un olivier sacré."
 
 
retour de lecteur :
Comme la 1ère épreuve, le livre est déroutant et on ne saurait le classer … ce qui est probablement un compliment. Je l’ai lu jusqu’au bout.
Sachant que c’était une 2nde lecture, ça signifie qu’il a réussi à susciter ma curiosité et mon intérêt jusqu’à la fin!
Bien entendu, on y retrouve de tout : pièces de théâtre, poèmes, questionnements profonds sur la société et autres sujets, notes de lecture, éléments de biographie et, enrobant le tout, une ode magnifique à l’amour (d’Annie).
Je l’ai trouvé beaucoup plus structuré que le 1er jet, même si effectivement on peut le lire n’importe comment.
Une chose m’a dérangé : on sent bien qu’on a affaire à une grosse tête extrêmement cultivée et même s’il est clair que l’intention n’est pas d’étaler son savoir, ça agace parfois (moi du moins … je ne supporte pas les téléphones qui prétendent être plus intelligents que moi !).
En conclusion : une belle œuvre … même si elle donne des démangeaisons (à l’auteur !)
 
 
 
retours quantiques sur Et ton livre d'éternité ?
énigme : qui est l'auteur de ces retours ?
1 - Une écriture vitale multidimensionnelle. Une logique de ces multiples dimensions est assise sur un bonhomme, en tant qu'axiome vivant, qui se traite plus d'une fois comme un postulat. Tout se passe alors comme s'il demandait, et se demandait, qu'un tel bonhomme puisse exister, en de multiples existences tout de même coordonnées par une logique assise sur l'irrationalité continue d'un coeur qui bat et de neurones qui déchargent leur électricité. Ce bonhomme est unique et à la fois comme tous. Il (se) demande aussi comment il peut exister, pourquoi, en quoi et même par quel miracle, voire damnation.
Aucune vie d'écriture ne rend compte d'une vie, moins encore de la Vie. Pour ce bonhomme, problématisant le bon, il s'agit donc plutôt, en toute franchise parfois biscornue, de se fictionner le dos et le reste. Il a multiplié les efforts et versions herméneutiques, en ayant tendance à y croire à chaque fois mordicus. La dernière version à ce jour commande à la narration des autres, mais je crois que le lecteur gagnera à les faire jouer toutes ensemble. Je ne crois pas que, chez un tel bonhomme, il y ait trop sérieusement une version définitive de l'interprétation de sa vie, la Vie, la Matière, le Vide, le divin, etc. C'est que ce bonhomme se traite aussi comme tel : un sacré pote, un rigolo fort sérieux et même un Popol partisan d'un fieffé recul de l'âge de la retraite. C'en est donc un qui se frotte aussi le dos, en plus de se le fictionner.
Un fragmenté continu flottant, ce livre est surtout à sa non-image subsumable. C'est qu'il touche ou croit toucher à un divin, il ne fait pas seulement figure d'ours sur le seuil de la Caverne de (l'amour à la) Platon. Même s'il croit y toucher, il y touche, en cela aussi légère danseuse sur beaucoup de fils, jolie araignée ayant pour prénom J.C. comme l'Autre.
2 - Un Livre de vrai jeune homme attire les mouches. On est ici en présence d'un Livre qui attire jusqu'aux mouches quantiques, soit certaines des plus belles demoiselles du Vide, en tant que fluctuations de la notion de jambe dégainée. En effet, le bas de soie n'est plus de saison dans une architecture cosmique en marche où il est question de Soi, peut-être de non-Soi, mais en tout cas pas d'abord de toi.
Une intrication des modulations de poules permet au bon garçon, même de cent un ans, de dépasser la notion de poule et de perchoir, et aussi d'oeuf à la coque et de petite cuillère.
La vie est belle comme avant-dernier mouvement dans une Nature totale, où même un Zemmour fait figure de fougère bien heureusement merdée par un épervier sans père légitime. Une pénultième gymnastique douce dans la vibration du grand Tout.
En même temps, la vie singulière d'un poète et d'abord d'un homme (tel Macron sur le mont Hollande ?) apparaît comme la condition sine qua non d'une vision singulière, irréductible, incommentable en son noyau, malgré les apparences, car inégale à toute autre.
Le problème, c'est moins d'avoir raison que de proposer une raie horizon franche, complexe comme une rhapsodie, éclairante comme un fanal dans la brume. La fonction de raie horizon est commune à mon coiffeur, au physicien et aussi à la mère Michel comme brave femme, mathématicienne de choc et déesse de l'auto-fécondité. C'est ainsi que l'auteur qui fut aimé par beaucoup plus jeune que lui, le fut aussi, encore enfant, par une vieille peau, colonelle de réserve qui en avait encore, notamment au beurre ontologique.
Bref, la question de l'amour parcourt ce Livre,comme l'éclair la salade de fruits du Médor qui garde l'entrée des landes bien concrètes de la Jérusalem céleste.
 
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Germain Nouveau, trimardeur céleste de la poésie/José Lenzini

Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré, #essais, #poésie, #pour toujours

mon plus récent article sur Germain Nouveau, article s'éloignant complètement de la question qui est l'auteur des Illuminations; là, on est dans les enchères, de vraies enchères très chères avec des collectionneurs privés, des querelles dans la famille, des autodafés volontaires tellement le cousin fait honte, surenchères d'enquêteurs universitaires à l'opposé de son souci de faire disparaître toute trace de son oeuvre
l'auteur n'est pas l'homme 
et le poète illuminé n'est pas le chemineau allumé par sa quête de pauvreté; 
je devine comment va s'orienter la soirée du 28 mars 2022 à 19 H aux Comoni au Revest consacrée au 1/2 saint, au 1/2 fou; 
merci à la Méjanes de m'avoir fait comprendre ce que je ne dois pas faire (je ne dis pas Je par ego mais pour être à l'écoute de Nouveau), même si ça marche (il y a eu du monde)
couverture, pages 4 et 8, 1° poème de Germain Nouveau, élève de rhétorique au collège d'Aix-en-Provence, paru dans le Cahier d'honneur qui regroupait nationalement les meilleures productions des élèves, validées par leur enseignant, poème retrouvé assez récemment et que m'a communiqué Guillaume Zeller
couverture, pages 4 et 8, 1° poème de Germain Nouveau, élève de rhétorique au collège d'Aix-en-Provence, paru dans le Cahier d'honneur qui regroupait nationalement les meilleures productions des élèves, validées par leur enseignant, poème retrouvé assez récemment et que m'a communiqué Guillaume Zeller
couverture, pages 4 et 8, 1° poème de Germain Nouveau, élève de rhétorique au collège d'Aix-en-Provence, paru dans le Cahier d'honneur qui regroupait nationalement les meilleures productions des élèves, validées par leur enseignant, poème retrouvé assez récemment et que m'a communiqué Guillaume Zeller
couverture, pages 4 et 8, 1° poème de Germain Nouveau, élève de rhétorique au collège d'Aix-en-Provence, paru dans le Cahier d'honneur qui regroupait nationalement les meilleures productions des élèves, validées par leur enseignant, poème retrouvé assez récemment et que m'a communiqué Guillaume Zeller

couverture, pages 4 et 8, 1° poème de Germain Nouveau, élève de rhétorique au collège d'Aix-en-Provence, paru dans le Cahier d'honneur qui regroupait nationalement les meilleures productions des élèves, validées par leur enseignant, poème retrouvé assez récemment et que m'a communiqué Guillaume Zeller

Je suis heureux de vous faire savoir que Les Cahiers de l’Égaré, installée au Revest-les-Eaux depuis juillet 1988 ont publié en septembre 2020 (pour le centenaire de sa disparition) la  biographie de Germain Nouveau, trimardeur céleste de la poésie, réalisée par José Lenzini, un spécialiste de Camus, ancien journaliste au Monde qui a travaillé durant près de dix ans sur cet ouvrage. La préface est signée Patrick Lorenzini, ancien journaliste et poète. 

Le livre au format 14 X 22 fait 248 pages

ISBN 2-908-35502-113-8. PVP : 15 €

Germain Nouveau (1851-1920), est né et mort à Pourrières, Var. À Pourrières, il sera d'après Léon Vérane le mendiant mystique, Humilis. Mais cela apparaît comme une légende aujourd'hui, mendiant oui, Humilis, non.

Une anecdote à son propos : Un Pléiade est paru en 1970, réédité en 1993, consacré à Lautréamont et à Germain Nouveau avec photo de Germain Nouveau sur le coffret. Ce volume de la Pléiade est depuis 2009 remplacé par un volume seulement consacré à Lautréamont. Germain Nouveau dont le souhait était de disparaître, de ne pas laisser de traces, a été exaucé par Gallimard et c'est le seul écrivain dans la Pléiade à avoir connu ce sort.

Germain Nouveau (1851-1920), ami de Rimbaud et de Verlaine, est à la fois l'auteur de lestes Dixains réalistes, de vers mystiques Ave Maris Stella, son dernier recueil qu'il édite à 8 exemplaires, et de poèmes où un sentiment amoureux parfois panique s'exprime avec bonheur, Valentines, La Doctrine de l'Amour. Il condamnera toute son œuvre et se fera mendiant, avant de se laisser mourir d'inanition.

Ses liens avec les Illuminations de Rimbaud sont encore mystérieux. Il a recopié certains textes, a été chargé par Verlaine de les éditer. Il y a du Nouveau chez Rimbaud (essai d'Eddie Breuil) mais évidemment les rimbaldiens ne sont pas prêts à concéder ne serait-ce que la possibilité d'une participation de Nouveau à cette composition très difficile à reconstituer de ce qui n'a pas été une oeuvre conçue comme telle puisque ce sont les imprimeurs qui l'ont composée.

Un regret, ne pas pouvoir demander à Salah Stétié, disparu le 19 mai 2020, l'écriture d'un texte inspiré comme il en avait l'habitude, lui qui a tant écrit sur Rimbaud.

L'édition de cette biographie de José Lenzini est le juste prolongement du 1° colloque varois, consacré à Germain Nouveau et qui s’est déroulé en juin 2001, à la Maison des Comoni, le théâtre du Revest, pour le cent cinquantième anniversaire de sa naissance, avec des invités et spécialistes comme Guillaume Zeller, Georges Lauris, Jacques Lovichi, Pierre Borel…

Depuis 2001 il y a eu aussi quatre Cahiers Germain Nouveau en 2008, 2009, 2011 et 2018, édités par des collectionneurs belges, Jean-Philippe Dewind et Pascale Vandegeerde.

Ces publications ont apporté plusieurs textes, correspondances et documents inédits. 
Les études sur Germain Nouveau doivent tout à ce couple de chercheurs passionnés et totalement désintéressés; sans eux rien de tout ce qui arrive actuellement n'aurait eu lieu ; ils sont les gardiens du phare dans la tempête de l'oubli.
Ajoutons en 2015 et 2005 un ouvrage du regretté Jacques Lovichi et une édition de Germain Nouveau provoquée par ses soins.
Références à tout cela dans la bibliographie de José Lenzini.
 :
Le poète illuminé, Germain Nouveau (1851-1920) de Christian Philibert
documentaire historique - 84 minutes - réalisé en 2020 pour le centenaire de la disparition de Germain Nouveau.
 
Né et mort à Pourrières, dans le Var, Germain Nouveau (1851-1920) forme avec ses amis Rimbaud et Verlaine le plus célèbre trio de la poésie française. Révélé par les surréalistes (Breton, Aragon), il demeure méconnu du grand public, sa mémoire ayant longtemps été occultée par celle de Rimbaud. Plusieurs chercheurs affirment aujourd'hui qu'il est le véritable auteur des Illuminations.
A travers les interviews des principaux biographes et spécialistes de Germain Nouveau, ce long métrage documentaire, tourné sur une période de 25 ans et illustré par une abondante iconographie, dévoile l'histoire et l'oeuvre de ce poète hors du commun. 
 
Réalisation : Christian Philibert, Image et son : Patrick Barra.
Production : Les Films d'Espigoule en partenariat avec Les Amis d'Espigoule (2020)

 

Pour illustrer le livre de José Lenzini, j'ai sollicité la participation de Ernest Pignon-Ernest qui nous a offert la vignette de couverture et une vignette pour l’intérieur. 

Jean-Claude Grosse, 20 juin 2020, éditeur des Cahiers de l'Égaré

pour être informé de l'actualité: http://cahiersegare.over-blog.com

PS : je profite de cet article pour évoquer la lettre de Rimbaud à Jules Andrieu, une figure de la Commune, exilé à Londres, lettre du 16 avril 1874, découverte en 2018 et rendue publique le 24 février 2019 par son découvreur Frédéric Thomas, lettre pouvant contribuer à modifier notre regard sur Rimbaud et la Commune

le dernier lien de cet article, l'enregistrement des Illuminations par Patti Smith et des maîtres soufis éthiopiens, création de 2018 diffusée par France-Culture, à écouter, réécouter, fabuleux moment

TABLE DES MATIÈRES

 

Page 4         Tu es notre frère                    Préface de Patrick Lorenzini

Page 9         À cheval sur un rossignol

Page 17       Vierges, morts et macaronis glutinés

Page 41       Dans le silence de Marseille assourdie

Page 67       Le temps des voyants

Page 105      Cythère sur Tamise

Page 133      Des Illuminations manquant de clarté

Page 153      La naissance d’Humilis

Page 175      La lettre muette

Page 201      L’aube du trimardeur céleste

Page 225      Mémoire de la fosse commune 

Page 241      Bibliographie

 

affiche du film de Christian Philibert; le 30 octobre 2021 à la Méjanes; Germain Nouveau a été invité à participer au livre Le siècle de Marcel Conche, pages 119 à 124
affiche du film de Christian Philibert; le 30 octobre 2021 à la Méjanes; Germain Nouveau a été invité à participer au livre Le siècle de Marcel Conche, pages 119 à 124
affiche du film de Christian Philibert; le 30 octobre 2021 à la Méjanes; Germain Nouveau a été invité à participer au livre Le siècle de Marcel Conche, pages 119 à 124
affiche du film de Christian Philibert; le 30 octobre 2021 à la Méjanes; Germain Nouveau a été invité à participer au livre Le siècle de Marcel Conche, pages 119 à 124

affiche du film de Christian Philibert; le 30 octobre 2021 à la Méjanes; Germain Nouveau a été invité à participer au livre Le siècle de Marcel Conche, pages 119 à 124

un retour suite aux 1000 mails envoyés, le 23 juin 

C'est un de mes grand oncle du côté de ma mère...
Il avait cet amour de Montmartre qu'il connaissait comme sa poche et le goût du dépouillement qui inspira aussi mes grands parents, le mépris des mondanités et une appétence certaine pour l'indocilité. Il a transmis des chansons montmartoises que je connais encore, je crois que je suis le dernier de la famille à m'y intéresser, le dernier des mohicans.
Amitiés, Amaury
 

Le 7 avril 1891, Arthur Rimbaud quitta Harar (Ethiopie), après 10 ans passés dans la corne de l'Afrique entre Aden et l'ancienne Abyssinie, dans un silence poétique aussi profond et limpide que les nuits du désert. Au cours des 125 dernières années, Rimbaud a été traduit dans des centaines de langues, mais paradoxalement jamais dans les dialectes des régions où il a choisi de vivre et de disparaître de la surface du monde.

En hommage à la terre et au peuple qui ont été témoins et qui ont partagé le silence du poète, ses poèmes ont été traduits dans les différents dialectes traditionnels de l'ancien royaume d’ Abyssinie (Amharic, Oromo, Harari) et enregistrés par des maîtres soufis accompagnés de leurs groupes dans les rituels traditionnels de « question et réponse » Zikri, dans une volonté symbolique et surréaliste de faire résonner les paroles de Rimbaud avec celles des mystiques qui incarnent la tradition soufie.

 

Les rituels soufis ont été un élément fondamental de l'expérience de Rimbaud à Harar.

Sa quête spirituelle et sa libération par la poésie sont en résonance permanente avec le soufisme.

Il prétendait autrefois que les poètes se rendent  voyants par un long et immense déraillement calculé  de tous les sens, par la connaissance de toutes les formes d'amour, de souffrance et de folie.

Le but ultime du soufisme est de devenir un avec l'invisible, c'est-à-dire l'absolu.

La poésie d'Arthur Rimbaud aspire au même objectif, à la nature de l'absolu.

Rimbaud trouve ses sources dans l'expérience visionnaire car il crée un monde original.

Il animait une concorde de sons, qui comprend toutes les possibilités qui nous entourent et que nous ne voyons pas.

Il était toujours à la recherche de l'unicité. C'est aussi ce que les Soufis cherchaient à leur manière.

Cela signifie que l'univers n'est pas composé de matière inanimée et animée.

L'unicité est une seule présence vivante, dans laquelle il n’y a pas de distinction entre la mort et la vie.

Au cours des dix dernières années de sa vie, Rimbaud a toujours été dépeint comme un commerçant africain qui n’a plus jamais écrit une seule ligne de poésie. Mais que se passerait-il si sa prose-poème hallucinatoire était secrètement maintenue en vie par les tribus soufies au pays de l'Abyssinie, comme une ultime tentative de Rimbaud pour redonner vie à la poésie ?

Et si Rimbaud avait secrètement enseigné des fragments de ses poèmes aux maîtres soufis, volant le feu de l'Europe pour l'apporter au voyant - celui qui pouvait enfin l'entendre et chanter toute la nuit avec lui, à la recherche de l'invisible, de l'inaudible, de l'intangible et de la permanence sans limite.

 

Chants Patti Smith avec les disciples soufis de Sheik Ibrahim

Voix  Mulatu Astatke, Abel Ferrara, Melvil Poupaud, Charlotte Rampling, Patti Smith

Textes :

  • Chanson de la plus haute tour et Sensation par Arthur Rimbaud
  • Lettres de Vitalie Rimbaud à sa fille Isabelle
  • Lettres d’Arthur Rimbaud 
  • Texte original : Alain Sancerni

Prise de son à Harar Simone Merli (Soundwalk Collective)

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Your last video (porn theater) /JC Grosse

Rédigé par grossel Publié dans #jean-claude grosse, #pour toujours, #écriture, #cahiers de l'égaré

lecture de Your last video (porn theater) salon de La Coquette, samedi 22 septembre 2018 à 19 H, photos Carine Chambelland et Florian Nicolas
lecture de Your last video (porn theater) salon de La Coquette, samedi 22 septembre 2018 à 19 H, photos Carine Chambelland et Florian Nicolas
lecture de Your last video (porn theater) salon de La Coquette, samedi 22 septembre 2018 à 19 H, photos Carine Chambelland et Florian Nicolas
lecture de Your last video (porn theater) salon de La Coquette, samedi 22 septembre 2018 à 19 H, photos Carine Chambelland et Florian Nicolas
lecture de Your last video (porn theater) salon de La Coquette, samedi 22 septembre 2018 à 19 H, photos Carine Chambelland et Florian Nicolas
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lecture de Your last video (porn theater) salon de La Coquette, samedi 22 septembre 2018 à 19 H, photos Carine Chambelland et Florian Nicolas
lecture de Your last video (porn theater) salon de La Coquette, samedi 22 septembre 2018 à 19 H, photos Carine Chambelland et Florian Nicolas
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lecture de Your last video (porn theater) salon de La Coquette, samedi 22 septembre 2018 à 19 H, photos Carine Chambelland et Florian Nicolas
lecture de Your last video (porn theater) salon de La Coquette, samedi 22 septembre 2018 à 19 H, photos Carine Chambelland et Florian Nicolas

lecture de Your last video (porn theater) salon de La Coquette, samedi 22 septembre 2018 à 19 H, photos Carine Chambelland et Florian Nicolas

les qualia et l'écriture, l'écriture des qualia
les qualia et l'écriture, l'écriture des qualia

les qualia et l'écriture, l'écriture des qualia

Cette pièce, toujours en cours d'écriture parce que la vie parfois te fait bifurquer, reprendre là où tu pensais avoir mis un point final alors que ce n'était qu'une virgule, a donné un texte intitulé Alors, ton livre d'éternité, tu le rends quand ?

paru dans Le Passage du temps (Les Cahiers de l'Égaré, octobre 2018)

lu le 27 septembre 2019 à la librairie Le port de tête à Montréal, Québec.

Une version raccourcie à 50' a été lue à La Coquette à Toulon, le 22 septembre 2018, avec Philip Segura, Thomas Astegiano, Pascal Rozand, Florian Onno, Marilyne Brunet, Sophie Johnson et JCG.

Your last video

(porn theater)

Jean-Claude Grosse

premières pages

Face à la caméra de son ordinateur, un vieil homme, assis ; le dispositif est tel qu'on voit le vieil homme, de dos sur scène, son image de face sur l'ordinateur et sur grand écran

 

Le vieil homme  pourquoi je m'installe là

aujourd'hui, mercredi 25 octobre 2017 à 7 H du matin

il se tourne vers le public

c'est mon anniversaire, 77 ans

arrivé au monde depuis déjà 6 H

il se retourne vers l'ordinateur

putain, tu te rends compte de ce que tu dis

hénaurme

77 ans !

(silence)

donc le temps existe ?

(rire)

faut-il en douter ?

arrivé au monde !

(silence)

donc le monde existe ?

(rire)

faut-il en douter ?

(silence)

c'est aussi le centenaire de la révolution d'octobre

certains disent le coup d'état bolchevik

un mythe s'effondre-t-il ?

L'Histoire ? Blabla ??

(rire)

je me plante devant l'ordi

compagnon de mes jours et nuits de solitude

connecté au savoir disponible sur la toile

savoir toujours sûr de savoir

Le Savoir ? Blabla ??

(rire)

depuis deux jours, je suis sous traitement

contre cette putain de toux spasmodique que j'attrape trop souvent, l'automne venu 

c'est ma fragilité

avec l'autre, la cardiaque 

je suis attentif aux signes qui peuvent m'être envoyés

dès la fin de l'été poil au nez je mets une écharpe autour du cou 

le moindre picotement poil au piment je serre l'écharpe

mets deux doigts sur l'endroit irritant

(silence)

j'ai accompli mes petits rituels du matin

ça me prend 2 heures, réveil 5 H, laudes jaculatoires matutinalement joyeuses

bonjour le jour, nouveau jour, merci la vie

bonjour mes chéris, vivants et autrement vivants, vous les trans-parents

que cette journée de plus, quel que soit le temps, soit une journée de paix, de silence

(silence)

évite de te faire la guerre, de faire la guerre à d'autres

sois courtois, l'art d'être toi, adresse la parole et des sourires aux rares que tu croiseras

(silence)

étirements dans le lit, abdominaux sans excès

il fait encore un tout petit peu nuit, j'ouvre les volets, côté cuisine

sors les croquettes de la chatte fidèle au lieu

– n'entre jamais mais se laisse caresser avant de croquer –

petit déjeuner d'une durée de 40'

dont 20' yeux fermés – méditation sans soumission aux traditions de là-bas

esprit concentré sur inspir, expir – parfois sur le corps (silence) ou tel ou tel organe (silence)

– mon préféré, l'érectile – très sensible

(il fait entendre sa respiration)

toilettes au pluriel

le moment de la lecture des (il se lève, va chercher un livre, le montre) Essais

les Essais, je dis – comment dire ? je lis les Essais

à sauts et à gambades

aux toilettes

depuis 52 ans

quand devenu professeur

les Essais livre du passage, du changement

régalades et rigolades

pas livre de l'état

fadaise l'état du moi

que le je de ce moment mouvant, quand je danse, je danse

(silence)

ça pas clair moi, je, état, moment mouvant, à reprendre

(silence)

toilette au singulier, toilette de chat

pas de rasage durant 7 jours, jamais de parfum

petite gymnastique dans la chambre

huiles essentielles pour les voies respiratoires

enfin prêt, content d'être ici et maintenant, dans le silence

(silence)

comment dire ?

ici et maintenant

création de mon mental ?

état instable de conscience mouvante de ce moment ?

un quale ?

expérience subjective / intime / privée / ineffable / immédiate /

rien d'objectif dans ces ici et maintenant

pas deux ici et maintenant identiques

localisation spatiale de l'ici impossible

datation temporelle du maintenant impossible

mon monde aussi impermanent que l'univers

ma bulle aussi réelle que le réel

inaccessibles aux autres

(silence)

sans radio, sans nouvelles, sans musiques

avec les petits bruits du dehors amortis par le double-vitrage

putain, ce gros chien blanc qui aboie, il m'emmerde

(silence)

bon le soliloque, ça suffit

je convoque doubles sonores et visuels

merci les techniques modernes de communication que j'utilise comme techniques d'expression

(rire)

c'est bon la compagnie

(silence)

 

le monologue ou soliloque, grâce aux techniques modernes, se transforme en dialogue

une voix, on dirait la sienne, prend la parole ; c'est une voix de machine l'imitant parfaitement ; c'est une voix qui répond, questionne, ou l'inverse ; c'est peut-être une voix d'intelligence artificielle ; c'est peut-être la voix d'un de ses clones

 

La voix – des laudes jaculatoires matutinalement joyeuses ?

(rire)

d'où te vient cette soudaine envie de dire bonjour au jour ?

dis-tu bonsoir au soir ?

tu n'as pas toujours laudativé

et j'ignore si tu complies

pourquoi ces rituels ?

t'es-tu inventé une sagesse ?

ça fait des mois que tu portes ce projet

Écrire ta dernière bande

(silence)

tu veux te mettre l'éditeur héritier de Samuel Beckett sur le dos ?

Écrire ton dernier branle 

(silence)

l'homme de la branloire pérenne est depuis longtemps le compagnon préféré des bronzées de l'été

Pourquoi tu hésites entre deux titres ?

(silence)

 

Le vieil homme – suite à une conversation avec une vieille dame dans un train, un sous-titre m'est venu  – poil au cul – rendre l'âme (rire) ; sur le titre je n'ai rien à dire, il faudrait que je sache où je vais

 

La voix – tu écris sans plan, sans intrigue, sans péripétie, sans acmé, sans personnages ? t'as pas fait de formation à l'écriture dramatique ?

 

Le vieil homme – j'écris à l'aveugle, archer aveugle qui tire dans le noir et ne rate pas sa cible – parce qu'il ne la vise pas

 

La voix – je n'en crois pas mes yeux ; ta métaphore, l'ar-cher-a-veu-gle-qui-ti-re-dans-le-noir, je la visualise 5 sur 5 alors que tout est noir, noir de l'aveugle, noire la nuit, noir de mon cerveau et je vois le tir

si c'est pas un quale, qu'est-ce ? la puissance du mental ?

(silence)

ton sous-titre rendre l'âme c'est pas plutôt rendre le corps ?

la mort, ça concerne d'abord le corps non ?

(silence)

 

Le vieil homme – j'ai parlé à la vieille dame de (il se lève, va chercher un livre, le montre)

L'éternité d'une seconde Bleu Giotto

j'y dis, enfin comment dire – l'auteur dit que tout passe, never more

mais qu'il sera toujours vrai que ça a passé, for ever 

(silence)

je pose, enfin (à la Dali) commennt diiirrrre – l'auteur pose une question

où passe le passé qui ne s'efface pas ?

(silence)

que devient le livre d'éternité que nous écrivons de notre premier cri à notre dernier souffle ?

réalise – sans interruption / un jet continu / une seule phrase hachée menue / des milliards de phraselettes décousues / avec un espace entre deux / cet espace, ce blanc, ce silence entre deux jets discrets = un gap / le vide créateur

(silence)

et dire y en a qui disent : cerveau = ordinateur fait de viande

moi, dis : pas demain la veille qu'ordinateur découdra décousu / ment – poil au piment –

(rire)

 

face à la montagne ferrifère à Corsavy
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(porn theater)

Jean-Claude Grosse

dernières pages

É Say Salé – en disant Point, vous avez eu le dernier mot, ELLE ; la réciprocité en amour (et c'est pareil pour le Q) est une condition de sa réalité et de sa durée ; vous n'avez pas voulu être sa réciproque. Point. Mon rôle d'hétéronyme est terminé. Point.
Samuel Beckett – cette histoire d'amour à sens unique / fiasco / foirade / histoire de rien / texte pour rien /

Le vieil homme – pas texte pour rien / comment faire l'amour de manière divine / ça que lui voulait LUI / ça qu'elle pas voulu ELLE /

 

La voix – pourquoi le vieil homme, l'éditeur, É Say Salé, LUI, et moi ?

 

Le vieil homme – c'est le même mais à des places et moments différents ; c'est la superposition des identités à la sauce quantique ou botanique ; là je suis moi sauf erreur, ici, maintenant, aujourd'hui 25 juillet 2018, 3 mois avant mon 78° anniversaire, 16 : 28 ; toi ?

 

La voix – pour te stimuler le bulbe ; ton livre d'éternité s'imprime à tout instant, indépendamment de ta volonté,

dans tes neurones hippocampiques mais long temps ne fait pas éternité 

mort de ton corps = mort de ton cerveau / plat l'électro /

mort de tes neurones même si ADN vit encore 1 million d'années après toi /

donc clonable le vieil homme = éternité enfin trouvée ?

clone c'est toi mais pas à l'identique donc pas toi, sauf erreur

est-ce la fin des questions ?

s'il est vrai que le passé ne s'efface pas, sauf erreur

il y a bien alors des traces éternelles de ce qui s'est passé, sauf erreur

tu as accepté d'appeler ce livre d'éternité âme, ton âme

âme que tu acceptes de rendre, que la faucheuse te prend serait plus juste

l'âme tu pourrais l'appeler aussi la conscience

il y a tant à dire sur la conscience – savoir polémique en cours d'élaboration –

je choisis le silence –

que la lumière te vienne, archer aveugle 

de l'intérieur, du noir du crâne

il n'y a pas d'extérieur, tout y est noir sans ton cerveau qui voit 

 

(blanc de 14 jours)

le témoin silencieux d'une scène, résolument quantique (sans doute une Fâme, connue, aimée du vieil homme, jadis, aujourd'hui disparue) :

s'installant sur un banc d'une allée de platanes face à une montagne ferrifère le mercredi 8 août 2018 à partir de 17 : 05, le vieil homme pense au très long voyage du fer / l'explosion d'une supernova il y a des milliards d'années / le nuage d'atomes de métaux lourds fabriqués par cette explosion à température autrement supérieure à celle du soleil / la formation par gravitation des planètes dans le système solaire / le fer en fusion au coeur du magma terrestre / la circulation de ce fer par des rivières souterraines jusqu'à la croûte terrestre / il passe plein d'autres étapes / et enfin la couleur rouge de son sang, grâce à ce fer venu de si loin et qui est un de ses éléments constituants / tant de coïncidences / se superpose la vision des coïncidences entre ELLE et LUI / il regarde la petite goutte de sang qui perle à son doigt majeur, griffé par une ronce qu'il n'a pas vue / superposition / il voit le doigt de Rilke piqué par la rose qui va le tuer d'une septicémie / il ferme les yeux, respire lentement, profondément ; parfois, sa respiration se fait plus forte, plus rapide, sans doute son arythmie ; il finit par retrouver une respiration ample et lente ; il est concentré sur elle, fait le vide, chasse même la pensée : ne pense pas ; on voit peu à peu sa tête s'incliner comme s'il s'assoupissait ; il se reprend, se redresse, lutte contre la somnolence, se concentre sur le souffle et le silence extérieur et intérieur, les deux silences en harmonie, de même qualité ; soudain, il voit surgir dans le noir de son cerveau, une pensée lumineuse ; un sourire éclaire son visage : le livre d'éternité que chacun écrit n'est pas à rendre à la fin de sa vie ; il n'y a pas de bibliothèque pour conserver nos livres d'éternité ni à l'intérieur du cerveau ni à l'extérieur, quelque part dans un monde des Vérités ; s'il n'y a que le présent, l'éternité c'est le présent et notre livre d'éternité s'écrit au présent ; il n'y a ni début ni fin, ni passé ni futur, ni naissance ni mort, ni ici-bas ni très-haut ; c'est par notre présence au présent que nous participons ; présence plus ou moins consciente ; la présence la plus consciente possible est la plus souhaitable, la plus désirable ; à trancher, un jour : Hasard ? Destin ? Dessein ?

 

Samuel Beckett – vieil écrivain oublié donne conseil à Fâme, témoin silencieux : supprime ce que j'ai souligné ; ça pue le gourouille, poil aux couilles

 

à peine formulée, la suppression s'effectue, il ne reste pas trace de ce qui a été écrit, comment dire, de ce qui a été silencieusement évoqué par le témoin féminin de la scène de révélation

 

Le vieil homme – Les répliques qui suivent

 

Samuel Beckett vieil écrivain oublié donne conseil à vieil auteur ; supprime ce dialogue ridicule entre tes deux de sexes opposés pas foutus de se frotter sur l'émeri du sexe cru

 

à peine formulée, la suppression s'effectue, il ne reste pas trace du dialogue ridicule entre Lui et Elle


 

Le vieil homme, 14 février 2028 – j'ai déjà écrit ça, peut-être : arriver / là où ça prend fin / avec des bras remplis de rien ...

La petite fille – pépé, mamie a écrit riens avec s ; pourquoi t'enlèves l's ?

 

Le vieil homme, 14 février 2028 – il me semble que c'est la fin (il se lève, va chercher un livre, le montre) de L'éternité d'une seconde Bleu Giotto (silence)

je corrige légèrement

J'arriverai là où ça ne prend pas fin avec les bras remplis de riens avec s

comme l'avait écrit l'épousée au commencement de nos étonnements

Laisser l's, c'est ce que la vie m'a appris

l'épousée le savait d'intuition dès ses 16 ans

on ne laisse pas rien sans s

on sème des riens de conscience et de participation agissante à tout instant

parfois gravés en lettres d'or sur du marbre noir

 

Samuel Beckett – vieil écrivain oublié donne avis d'auteur autrefois honoré Nobel : tout ce fatras avec un S et pour un S

(s'adressant au public) écoutez bien ou dites à voix haute : laisse l'S, enlève l'S ;

est-ce Ta laisse ? est-ce Une laisse ? (rire)

t'as entendu ? (rire)

 

Le vieil homme, 14 février 2028 – je t'ai entendu (rire)

STU précédé de PQR (rire)

 

Samuel Beckett – trouver un peu d'ordre alphabétique dans le chaos absurdo-cosmique et dans le désordre amoureux des coups de foudre à sens unique débouchant sur un sens interdit, est-ce cela que nous cherchions, toi et moi, deux vieux au bout du rouleau (suspens) de papier Q ? (rire)

 

apparaît sur un écran une épitaphe, recueillie par l'épitaphier dans la mémoire d'un ordinateur orphelin de son utilisateur

 

L'épitaphe du 19 septembre 2001 (impossible de géolocaliser le cimetière où on peut la lire) –

Il existe encore des possibilités de départs, d’infimes moments d’absence où se retirer.
Il existe encore dans le reflux des vagues, des lieux pour rêver, des rues qui sont des ports, des instants-navires, de longues mers pour changer d’enveloppe terrestre, de carte d’identité.
Il suffit parfois de prendre à droite, ce chemin que je ne connais pas.

À nouveau. Voilà, peut-être, le plus beau des titres.
Il suffirait de s’accorder une trêve, un répit.
Suis-je responsable des mouvements de la lune ? Et des courants de la mer ?

Suis-je responsable du temps ?
L’eau et les vagues, le sel, l’écume, l’horizon inachevé,

à nouveau.

1° septembre 2016 – inachevé 

en PDF au lien ci-dessous, Your last video (porn theater), non paginé dans la version papier, non indiqué dans le sommaire

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version publiée dans Et ton livre d'éternité ? le 14 février 2022

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Gabrielle Russier/Anne Riebel

Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré

Le 1° septembre 2014 paraît un témoignage fort d'une élève de Gabrielle Russier, Anne Riebel. Soit 45 ans après son suicide à Marseille, le 1° septembre 1969.

Un an d'enseignement, un an dans le cercle de poésie et d'amitié de Gabrielle Russier. Anne Riebel a gardé jusqu'à ce jour, les lettres et petits mots de Gabrielle Russier pendant cette année d'utopie qui l'a marquée à vie. 15 lettres entre le 15 juin 1968 et juin 1969, deux textes inédits de Gabrielle Russier, une carte postale, deux petits mots (des conseils écrits de sa main), voilà le trésor offert aujourd'hui par une élève devenue femme, 46 ans après la rencontre, après toi, le reste de ma vie.

Ce témoignage réussit en quelques pages à nous restituer un contexte et à mesurer la traque dont non seulement Gabrielle Russier a été victime mais aussi les jeunes qui étaient attirés par son enseignement et sa manière d'être avec eux comme jeunes et pas seulement comme élèves.

L'édition de ce livre aux Cahiers de l'Égaré doit beaucoup au précédent livre que nous lui avions consacré, Gabrielle Russier/Antigone, paru le 1° septembre 2009 pour le 40° anniversaire de sa disparition. Un an avant, les 3 et 4 décembre 2008, 7 écrivains s'étaient retrouvés à la bagagerie du Lycée du Golf Hôtel à Hyères. Ce furent deux journées riches.

Le livre édité, offert aux enfants de Gabrielle (sa fille était entrée en contact avec moi) est aujourd'hui épuisé mais il a cheminé.

Le 10 février 2014 à 23 H 35, je recevais ce message par le formulaire de mon blog :

Bonsoir, je suis la petite-fille de Gabrielle Russier, j'aimerais savoir si vous l'aviez connu.

Bien à vous,

je répondais le 12 février à 19 H 15, s'ensuivirent quelques autres messages avec cette jeune fille de 18 ans qui allait passer son bac.

Et le 26 mars 2014, je reçois un mail par le formulaire de mon blog, Anne Riebel me propose de lire son témoignage. J'accepte et devant l'indéniable intérêt et émotion de ce document, partagé avec deux autres lectrices, j'en décide la publication.

J'ai pris conscience en faisant ce travail éditorial d'une coïncidence comme je les aime : Gabrielle est une valentine (14 février 1937), la mouette à tête rouge, Annie, qui fut mon élève en 1964, 4 ans avant l'affaire, mais dans le nord, fut aussi une valentine (14 février 1948).

Déjà le 24 janvier, j'avais reçu un mail étonnant :

Bonjour,

Mon nom est Jocelyne Hermann Salley issue de l'école des Beaux Arts de Troyes; j'ai abordé la peinture en 1990; aujourd'hui je vis de ma peinture

en 2006 j'ai eu entre mes mains complètement par "hasard" le livre Beverly trouvé sur les quais à Paris

Le plus étonnant lorsque j'ai découvert les peintures de Michel Bories je travaillais à cette époque les mêmes couleurs.

Je voulais juste vous en parler, ce livre m'a donné confiance en moi encore maintenant dans les moments de doutes

merci de m'avoir lu

bien cordialement

JHS

Beverly est un roman écrit par Cyril Grosse avec le peintre Michel Bories, entre 1992 et 1994 dans le cadre d'un projet Défi-Jeunes, Ulysse à Hollywood. Il avait 21 ans. Le roman est suivi d'Un carnet d'Hermann Salley, écrit par Michel Bories, Hermann Salley étant un peintre, peut-être faussaire, inventé par Cyril Grosse. Page 18, ligne 5 de ce roman, le narrateur écrit cette phrase: À peine seize ans, impatient d'en avoir trente et un. Cyril Grosse est mort accidentellement à Cuba entre 30 et 31 ans. Michel Bories est décédé le même jour dans le même accident ainsi que deux Cubaines, une mère et sa fille, le 19 septembre 2001 à 16 H au carrefour surnommé le Triangle de la mort à Jaguey-Grande. Le 19 septembre 2001, à l'heure française de l'accident, je dégueulais tripes et boyaux. Ce n'est qu'après coup que j'ai fait le rapprochement.

Pour évoquer ces coïncidences, je suis assez tenté par l'hypothèse de l'holomouvement posée par David Bohm dans La plénitude de l'univers, l'univers comme hologramme conservant toutes les informations et en créant sans cesse des nouvelles; hypothèse que je formule ainsi, nous concernant: tout instant que je vis, passe, never more mais rien ne peut faire que ce que j'ai vécu n'ait pas eu lieu, donc il est vrai éternellement que j'ai écrit ce message, ce jour à 14 H 30, for ever; c'est un des thèmes abordés dans ma pièce L'éternité d'une seconde bleu Giotto, inédite.

Dernière coïncidence, TNT m'a livré les livres le 11 août à 11 h 55. Et c'est le 11 août 2014, à approximativement 11h 55 dit la police que Robin Williams s'est suicidé, délivré à 63 ans, Robin Williams, le professeur du Cercle des poètes disparus. Anne Riebel donne à son livre ce sous-titre : À Gabrielle Russier. Dans son cercle de poésie et d'amitié.

Ceux qui sont intéressés par le livre d'Anne Riebel doivent le commander aux Cahiers de l'Égaré, 669 route du Colombier, 83200 Le Revest, 14 €, frais de port compris, par chèque à l'ordre des Cahiers de l'Égaré. Le livre ne sera pas disponible en librairie.

Jean-Claude Grosse, directeur des Cahiers de l'Égaré

Gabrielle Russier/Anne Riebel
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Manifestations Cervantes-Shakespeare/Éclats de rires

Rédigé par grossel Publié dans #cahiers de l'égaré, #écriture, #EAT (Écrivains Associés du Théâtre), #pour toujours, #bocals agités

Manifestations Cervantes-Shakespeare/Éclats de rires

Je vous en informe, le 23 avril 2015 pour le 100° anniversaire de la relativité générale coïncidant avec le 399° anniversaire de la mort de Cervantes et de Shakespeare, des égaux morts même jour, même mois, même année dans 2 calendriers différents, indifférents aux calendriers donc, l'espace va devenir enfin élastique; quant au temps, il se mettra à passer de temps en temps en prenant son temps car il en a marre de se dérouler en continu ou en boucles pour des gens qui ne ressentent plus grand-chose. Et je peux le dire, le poète de l'éternité des secondes Bleu Giotto est en train petit à petit de trouver des mots de poète pour dire que rien ne se perd, que tout se crée au hasard et par hasard, que chaque paraître se transforme ; en clair rien n'est voué au néant, tout laisse traces dans des langues inouïes, rarement entendues, peut-être en langue binaire 0 - 1 indéfiniment. Mais il y a tellement d'autres langages mathématiques, logiques, poétiques, métaphysiques à explorer, à inventer. Bref, les cabarets du futur ont-ils pensé à l'espace et au temps de demain ?

Ce fut donc la 1° fête du livre d'Hyères, les 11 et 12 avril 2015

18 Cervantes-Shakespeare vendus, 5 L'éternité d'une seconde Bleu Giotto à signaler : toute la recette va à l'éditeur, pas un % à l'organisateur, la librairie Charlemagne, prestataire pour la ville de la manifestation, très bien organisée, avec du monde, de la fluidité (je ne m'attendais pas du tout à vendre mon texte; je demandais à la personne qui regardait, de lire à voix haute un passage, moi à côté pour lui donner confiance; eh bien, elles aimaient) d'autres livres vendus, François Carrassan sur Port-Cros, Diderot, Marilyn

anti-salonnard depuis des lustres, me voici donc sous le regard du public au début, je regarde défiler les gens aux attitudes diverses devant tant de livres impudiquement offerts; je m'ennuie profondément : je n'arrête pas d'aller à l'espace détente boire un coup de blanc de Porquerolles, offert pompette, je décide l'intrusion d'un vendeur de BTS force de vente en hyper-surface : oui oui, il est là le livre que vous cherchez, qui vous attend, ayez du nez, vous le trouverez et hop, sourires, rires, certains s'arrêtent, d'autres disent un mot

à un historien ami, de passage, je me plains : vous dépoétisez tout, à preuve, vous avez démoli la légende de la coïncidence stupéfiante de la date de mort de Cervantes-Shakespeare; que nenni me répond-il, c'est encore plus stupéfiant, mourir le même jour, la même année, dans deux calendriers différents, ça prouve qu'ils transcendaient les calendriers l'idée chemine

Alain Cadéo, l'auteur des Réveillés de l'ombre (avec Quichotte et Sancho), l'ami solitaire et solaire du Broussan, qui était initialement sur notre projet et qui n'a pas livré de texte, est présent avec un roman remarqué, Zoé, au Mercure de France; il fait une intervention expéditive quand il est interviewé dans le salon Edith Warthon; il ne court après rien, il a passé l'âge, il écrit, point; son frère achète notre livre,

je lui signale qu'Henri Aparis, mon locataire indélogeable du rez-de-chaussée de la Villa Joie, parle de la création de la pièce d'Alain à Mataterre; page 27; Alain m'alpague et me dit qu'Aparis a commis une grave erreur, Mataterre n'existe pas; je lui rétorque qu'Aparis lui a fait un clin d'oeil en le citant dans le livre, hors contribution annoncée et non livrée et que s'il y a erreur sur la ville de création de sa pièce c'est sans doute que Borges est passé par là; il m'embrasse la pièce sera jouée à Bandol le 23 mai au Théâtre Jules Verne

brève 1: j'ai rencontré une superbe jeune femme, toute de noir vêtue, l'élégance suprême, à l'espace détente des auteurs, qui se remettant en marche sur les dalles du forum avec ses hauts-talons, glisse, se rattrape in extremis, moi déjà près d'elle pour la ramasser et la relever; je ne sais pas continuer l'histoire

brève 2: une médecin-orthopédiste de Sardaigne, au bon français, à l'accent délicieux, m'achète L'éternité d'une seconde Bleu Giotto pour me porter chance; elle fait un selfie de nous deux; je ne sais pas continuer l'histoire

Jean-Claude Grosse, le 14 avril 2015

depuis la parution, plein de bizarreries sont apparues

la préface signée par moi annonce 45 textes j'en ai compté 47 la préface annonce 42 auteurs, j'en trouve 44 la préface annonce 20 F / 22 H; je trouve 20 F / 24 H serait-ce que des textes se sont immiscés à mon insu dans le livre ? j'avoue avoir été très intrigué voire dérangé par certaines allégations trouvées dans une note dite de l'éditeur pages 232-233 alors que je n'ai pas le souvenir d'avoir écrit de note surpris bien sûr par la faute énorme qui nous a échappé puisque un texte dont je n'avais pas eu connaissance a été signé par un faussaire Marc Ysraël Le Pelletier il y a bien un auteur du nom de Marc Israël Le Pelletier avec I, pas avec Y faux grossier ou faute non repérée, c'est énorme bref, notre livre sent l'embrouille la citation Shakespeare was a black woman attribuée à Maya Angelou page 381 est un faux;

je n'ai rien trouvé de tel dans son oeuvre je ne vois pas ce que vient faire l'étrange texte sur l'étrange Monsieur Ménard dans notre opus sauf à considérer que l'auteur est très bien renseigné sur les moeurs de notre tribu il décrit des incidents de voyage on ne peut plus réels qu'ai-je trouvé encore page 4, est évoquée la photo d'un cheval blanc au premier plan, page 280 or le cheval est noir et toujours page 4, il est parlé de deux auteures alors que sur décision du sommet de la pyramide des EAT, il faut dire et écrire autrice nous sommes en retard d'une orthographe

Marc Israël-Le Pelletier m'a signalé un nouveau problème : "... une dernière chose. Dans les deux exemplaires reçus, la photo de Pierre Ménard page 382 a une macule, un texte fantôme qui circule sur l'image, je croyais au début que c'était un manque d'encrage, en fait c'est un texte, on peut d'ailleurs lire Monaco. Pascal m'a dit qu'il n'y avait rien sur son exemplaire, quoi qu'il en soit vérifie sur ton stock, Quelques rares exemplaires ça passe encore, bien que, c'est pas gratuit, mais si c'est un exemplaire sur deux, à mon sens l'imprimeur doit refaire…" j'en informe l'imprimeur au cas où il y aurait trop de Monaco, ville que je déteste et cocktail dont j'ignore la recette je reste au blanc de Porquerolles ou à celui du domaine de la Vernède à Puget-sur-Argens

....................................................................................................................................................

Le livre Cervantes-Shakespeare, cadavres exquis, a été livré au sud du sud par un camion aléatoire conduit par un pilote automatique non soumis au stress ni victime d'un burnout.

Il a été stocké dans un garage réfrigéré pour bonne et longue conservation car toute oeuvre veut durer, ne pas connaître l'épreuve du pilon suite à une distribution-diffusion déficiente.

Les 408 pages des 500 exemplaires imprimés pour la postérité ne seront pas marchandisées en librairie ni salonisées au Salon du Livre à Paris.

L'équation ne peut être : pas d'auteurs, pas de livres comme le prétend un slogan rétréci. Car les livres pullulent. Donc les auteurs de ces livres.

Dans une librairie, j'ai la nausée devant cette abondance d'objets présentés comme des livres, dont certains sont les coups de coeur des vendeurs de la librairie, brrr....

Lecteur, je sais ce que je veux, j'ai choisi avant d'entrer et aucune découverte de fouine ne me tente. Trop peu de temps à consacrer à la lecture de distraction d'ouvrages formatés. La lecture pour se construire, se déconstruire, oui. Pour passer un moment même palpitant, non.

L'équation serait plutôt : sans auteur écrivant par nécessité vitale (au sens de Rilke, de Pessoa ... écrivant parce qu'agité par un séisme intérieur et non en suivant un scénario, en construisant des personnages, en travaillant situation et suspense) et se moquant par suite d'être publié, pas d'oeuvre ayant une minuscule chance d'être impérissable.

Toute marchandise est périssable. Un livre en librairie a une durée de vie éphémère raccourcie encore par la mise au pilon ; cette menace du pilon menaçant toute édition n'a aucune chance de menacer l'improbable immortalité de l'oeuvre trouvée par hasard dans la malle abandonnée d'un auteur qui ne se croyait pas tel, inconnu voire anonyme.

44 auteurs mortels (20 F, 24 H), français, espagnols, mexicains, cubains, canadiens, néo-zélandais, indépendantistes ont travaillé pendant 15 mois pour écrire 47 cadavres exquis immortels sur les deux figures quantiques que sont Cervantes et Shakespeare.

Et selon un principe posé dès le début des projets pluriels (Envies de Méditerranée, Marilyn après tout, Diderot pour tout savoir) tous les textes proposés par les auteurs volontaires sont retenus ; aucune censure; aucun rejet.

On ne pouvait mieux rendre hommage à ces deux écrivains qu'en les restituant dans leur insaisissable mystère.

Il va de soi qu'il sera très difficile de se procurer l'ouvrage. En même pas 15 jours, 140 exemplaires se sont envolés vers leurs lecteurs sur les 500 tirés. Comme d'habitude et par principe injustifiable, il n'y aura pas de retirage.

Il a toutefois été communiqué au pape Py car le Sha sans Cer de Schrödinger est l'hôte privilégié de la cité des Papous (c'est tout à fait exceptionnel car en principe, je ne sers pas ce genre de personnage, je suis athée même si je crèche l'été en Avignon, pas à Noël). On espère que le pape Py en fera bon usage. Si à l'été 2016, les 2 cadavres exquis sont célébrés dans la cité des papes, cela voudra dire que le pape Py a pyqué l'idée.

En tout cas, la ville d'Hyères va célébrer les deux cadavres exquis en avril 2016. On y travaille sérieusement. Seront investis la médiathèque, le Théâtre Denis, l'église anglicane, le cinéma Olbia et un espace leur sera dédié lors de la 2° fête du livre. Hyères sera sans doute la seule ville de France à traier les deux géants, les anglais pensant à Will, les espagnols à Miguel, le pape Py à lui.

Il faudra pour tomber sur le Sha sans Cer de Schrödinger, autant de persévérance que celle manifestée par les chercheurs du squelette de Cervantes ou de celui du roi Richard III.

On pourra avoir la chance de tomber dans quelques décennies sur un exemplaire du livre, soumis à la critique rongeuse comme ce fut le cas pour un first-folio des oeuvres de sir William, trouvé inopinément dans la bibliothèque municipale de Saint-Omer, le 23 avril 2015 (je suis un peu en avance pour cette révélation).

Les textes devaient être livrés le 31 décembre 2014 après un appel à textes début janvier 2014, ouvert pendant une semaine.

Quel ne fut pas mon étonnement de découvrir par la bande que Fernando Arrabal (je lui avais communiqué une version papier du projet) livra le 31 décembre 2014, le texte d'une pièce inédite, Pinguinas, inspirée par le 2° livre du Don Quichotte, qui sera créée le 23 april 2015 dans un théâtre de Madrid.

Et coïncidence encore plus surprenante, le Théâtre de l'exil créera le 23 avril 2015, une pièce d'Alain Cadéo, Les Réveillés de l'ombre (Quichotte et Sancho revenus d'entre les morts) au Palace, rue des déportés, à Malataterre, la bourgade au plus fort score FN aux élections démocratiques départementales françaises.

Enfin, pour vous décourager définitivement de comprendre ce qui se déroule dans le monde, sachez que Juan Goytisolo recevra le 23 april 2015, les 125000 € du prix Cervantes 2014,

dans une bourgade de la Mancha dont il ne peut pas se rappeler le nom.

La date du 25 avril 2015 s'annonce particulièrement riche en disparitions, réapparitions, épaississements de mystères, dévoilement d'énigmes puisque pour les 100 ans de la relativité générale, ce jour-là et pour on ne sait combien de temps, l'espace deviendra élastique et le temps ne se déroulera pas en continu ou en boucles mais il passera de temps en temps en prenant son temps.

Jean-Claude Grosse, le 1° avril 2015

le sommaire de l'ouvrage fantôme, à l'identique du membre fantôme de Miguel de Cervantes
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