ecriture
une histoire de la vraie vie / Croix de Vie
https://fr.wikipedia.org/wiki/Lac_de_Grand-Lieu
Mon aimée : tout s'est accompli.
J'étais nu-pieds, tu me chaussas
De cheveux et de larmes -
De leur pluie.
Je ne demande pas combien
T'auront coûté ces huiles.
J'étais nu - alors tu m'as ceint
Des vagues de ton corps,
Comme une île.
Plus légers que l'herbe mes doigts
Vont effleurer ta nudité.
Tu m'appris - moi qui étais droit -
La tendre inclinaison, en tombant à mes pieds.
Dans tes cheveux laisse m'enfouir,
De lin ne m'enveloppe pas trop.
Myrrhophore ! à quoi bon la myrrhe ?
Tu m'as baigné toi-même,
Telle un flot.
26-31 août 1923
bienvenue dans les fermes de l'agro-alimentaire vendéen et breton
le magnifique livre numérique de 35 pages qui mériterait d'être accessible par internet pour s'y attarder
Réserve naturelle nationale du Lac de Grand-Lieu Photo satellite du lac (crédit : CNES - Spot Image) Adresse Aires protégées Réserve naturelle nationale du lac de Grand-Lieu (d ), réserve nat...
bienvenue dans le paradoxe : mère Nature nous a créés, en retour nous l'exploitons, elle n'en peut plus, on lui réserve des réserves pseudo-régénératrices, le comble du paradoxe, l'englobant de tout ce qui existe réduit à portions congrues
Lac de Grand-Lieu : protégé, et pourtant pollué - Regarder le documentaire complet | ARTE
Le lac de Grand-Lieu, situé près de Nantes, est un site classé et protégé depuis 40 ans. La biodiversité qu'abrite la réserve naturelle en fait l'un des sites les plus précieux d'Europe. D'...
https://www.arte.tv/fr/videos/105105-000-A/lac-de-grand-lieu-protege-et-pourtant-pollue/
le pavillon de chasse du parfumeur Jean-Pierre Guerlain, aujourd'hui lieu de propositions artistiques surprenantes; rencontre avec la poétesse Marina Tsvetaeva à Saint-Gilles; natuno de l'artiste colombienne Lucy Pereyra
/https%3A%2F%2Fwww.mobilis-paysdelaloire.fr%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Fstyles%2Fmobilis_image_full%2Fpublic%2Fmobilis_image%2Fmagazine%2Fst_gilles_002.jpg%3Fitok%3Dw8LeIrGG)
Une poétesse russe à Saint-Gilles-Croix-de-Vie
Désargentée, volontairement exilée de l'Union soviétique depuis quatre ans et vivant alors à l'étroit avec ses deux enfants à Paris, chez une amie russe qui en a trois, elle veut prendre le ...
https://www.mobilis-paysdelaloire.fr/magazine/livre-lieu/poetesse-russe-a-saint-gilles-croix-de-vie
Massacre d'Oradour-sur-Glane - Wikipédia
Le massacre d'Oradour-sur-Glane est la destruction, le , de ce village français de la Haute-Vienne, situé à environ vingt kilomètres au nord-ouest de Limoges, et l'assassinat de ses habitants (...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_d%27Oradour-sur-Glane
article détaillé, montrant la complexité en particulier du procès de Bordeaux où sont jugés des SS mais aussi des Alsaciens, des malgré-nous, procès qui provoqua des réactions contradictoires en Limousin et en Alsace
tu as quand même réussi à lire, tu as choisi des lectures estivales
Sur le peu de révolution de Bernard Noël et Michel Surya, 71 pages
Liberté, Égalité, Fraternité avec Mona Ozouf, Michelle Perrot, Cynthia Fleury, 75 pages
êtes-vous par l'ardeur à comprendre emportés ?
une chose te frappe : ces écrits, ces entretiens s'appuyant sur l'histoire, la sociologie, intégrant la longue durée chère à Braudel, ne te paraissent pas suffisamment prendre en compte un universalisme plus englobant que celui des droits de l'homme (droits de la Terre, droits du Vivant, de tous les vivants), te paraissent aveugles à ce qui a nom la domination masculine et à ce qui se développe en réaction à cette domination, en particulier, les techniques de développement personnel, d'éveil spirituel (travail sur soi, très méticuleux, au millimètre, avec dans le collimateur la source de toutes les tensions: le jugement; prise de conscience aussi de la place majeure que doit jouer l'Amour inconditionnel, l'agapé; ce que tu ramènes au pharmacon: tu es aimé, tu es mon bien-aimé, objet du roman Alors, ton livre d'éternité, tu le rends quand ?)
un livre édité par La Nerthe, à Toulon, un livre édité par Les éditions de l'aube à la Tour d'Aigues
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Bernard Noël, un solitaire solidaire
Bernard Noël s'est éteint le 13 avril, à l'âge de 90 ans. En En 2016, l'Académie française avait consacré l'ensemble de son œuvre poétique en lui attribuant son Grand Prix de poésie. Reto...
https://www.franceculture.fr/emissions/la-compagnie-des-poetes/hommage-a-bernard-noel
La voix du Moloch / Sandrine-Malika Charlemagne
La voix du Moloch
Sandrine-Malika Charlemagne
préface René de Ceccatty
collection Souffles
Velvet
L'auteur de La voix du Moloch, lauréate du CNL pour ce livre, est présentée p. 9. Présentation classique de C.V.
Je préfère vous la présenter au travers de son témoignage audio et écrit paru le 14 février 2021 dans Front Populaire. Le jour de la Saint-Valentin, alors qu'elle constate combien difficile semble être de pouvoir vivre en harmonie. Et pourtant. N’est-ce pas vers cet idéal qu’il nous faudrait tendre tous ensemble ? Sans distinction de « race » ou de religion. Elle dit idéal et non rêve, utopie. L'harmonie comme idéal mais aussi comme réalité quand jouent l'orphéon du village, la fanfare du quartier, l'orchestre symphonique de la région, quand le choeur féminin-masculin du pays chante L'hymne à la joie de Beethoven. Chacun sa partition, son instrument et de ces identités, de ces différences sous la houlette du chef d'orchestre ou de choeur, une œuvre, à l'unisson, en harmonie.
Moi, Sandrine-Malika C., métisse, prolétaire, fille d’un père algérien (cuisinier) et d’une mère française (vendeuse au Printemps), je revendique ici mon altérité et mon refus de m’inscrire dans une case. J’ai passé mon enfance dans un petit deux-pièces du 10e arrondissement de Paris, sans douche et sans eau chaude. C’était dans les années 80. Je partageais ma chambre avec ma sœur cadette, Sabrina. Mes parents dormaient dans la salle à manger. La précarité fut notre lot. Les sorties culturelles inexistantes, les achats superflus bannis du budget, les habits achetés le plus souvent chez Tati, aucun vêtement de marque à la maison. Il fallait faire avec à l’école, malgré la honte d’être une gamine qui n’était pas fringuée à la mode. Rêver d’un jean Levis ou Lee Cooper et regarder les boutiques des magasins parisiens avec envie. Et se demander parfois ce qu’on faisait dans cette ville qui vous offrait tant alors que vous aviez si peu à dépenser. Par chance, vous n’étiez que quatre dans votre 33 mètres carrés. Pour ta mère, nourrir deux petites bouches, c’était déjà bien difficile. Tu n’oses imaginer ce qu’il en aurait été si vous aviez été plus nombreux … Ta mère disait souvent : « Vous me coûtez trop chers ! Je me crève au boulot, tout ça pour les marmots ! » La misère peut rendre fou. Fou de frustrations. Fou de désirs inassouvis. Et en conduire certains sur de mauvais chemins. Ce qui serait ton cas. Suivie par la PJJ (protection de la jeunesse judiciaire) pendant un an. Mais grâce à ton éducateur, qui saurait trouver les mots justes, tu fuirais les magouilles à la petite semaine et chercherais à te construire avec d’autres outils. Les moyens du bord. Non, je n’étais pas une jeune victime mais une jeune fille-femme à qui la chance faisait défaut et qui devait se battre plus que celles et ceux mieux lotis qu’elle. Je suis donc une française d’origine algérienne par son père, et picarde par sa mère. Alors qui suis-je ? … Pas 100% algérienne pour rentrer dans la case « racisée ». Pas 100% européenne pour rentrer dans celle de « la blanchité ». C’est pourquoi je préfère l’altérité, l’appartenance multiple. Les liens du sang ne sont-ils pas rouges pour tous ? Sans doute ce que nous oublions. La couleur du sang. La même pour tous. C’est pourquoi aussi je préfère la foi tranquille, sans prosélytisme, sans chercher à imposer à d’autres des valeurs qui ne sont pas les leurs. Et que je préfèrerais en rire si je voyais un petit Mahomet nu sur une trottinette ou en robe de chambre sur un âne, plutôt que d’en appeler à la vengeance, au lynchage … Je ne reconnais le sacré que dans la bonté et l’humilité des cœurs. Et combien je me sens révoltée quand la mort frappe. Attentats terroristes. Bavures policières. Les guerres. Oh combien difficile semble être de pouvoir vivre en harmonie. Et pourtant. N’est-ce pas vers cet idéal qu’il nous faudrait tendre tous ensemble ? Sans distinction de « race » ou de religion … Mais voilà. Le plus souvent, les humains ne sont pas ainsi. Au contraire, ils raffolent de distinctions, ça évite de perdre son temps à essayer de comprendre les gens, ça permet de les ranger dans une petite case, ou de leur coller une étiquette sur le front. Ce qui est fort dommageable, c’est qu’on en arrive à se haïr et à s’entretuer au nom de ces petites étiquettes. Et qu’au nom de telle ou telle cause, des hiérarchies s’établissent. A se demander si nous ne participerions pas collectivement à un concours, une sorte de marathon, dont le prix serait décerné à la plus « victimisée » des victimes. Quel est donc ce monde, où une telle course semble le seul moyen de retrouver la paix ? Je dédie ces mots à mon père, mort à 49 ans, enterré en Algérie, et à ma mère qui, à l’âge de 65 ans, s’est enfin offert un ballon d’eau chaude, pour son deux-pièces à Paris.
Lettre-témoignage publiée dans Front Populaire, 14 février 2021
Un roman titré La voix du Moloch demande qu'on s'interroge sur qui est le Moloch ?
1- Dans la démonologie chrétienne, Moloch est le Prince du pays des larmes, qui se repaît des pleurs des mères à qui l'on vole leurs enfants.
Dans le roman, la voix du Moloch envahit, possède Alice, la fille détestée par sa mère. Moloch est cette voix intérieure, ce démon dont l'emprise séductrice est irrésistible.
La mère, elle, n'entend que des voix, mauvaises conseillères, pour choisir ses dadas au tiercé. Arrivée à l'âge de la retraite, de plus en plus dépendante, elle ne rêve que de gagner gros par le jeu, le hasard heureux, la chance, elle qui n'a gagné que si peu par le travail. Evidemment, cela ne se produit pas.
Aparté d'un vieux tentant de devenir sage : L'abondance ne s'obtient pas ainsi. C'est de la mauvaise abondance, imitant l'abondance des riches, abondance souvent mal gagnée, non partagée et qui déhumanise ceux qui croit la posséder alors qu'elle les possède, les dépossède de leur être au profit de leurs avoirs. L'abondance ne vient que si on en pose l'intention, que si l'on fait attention aux coïncidences et synchronicités (pas au hasard), que si on livre-délivre l'intention au Tout, à la Source, au Souffle, que si l'on n'attend pas le résultat, que si on laisse faire, que si on lache prise.
La fille entend la voix du Moloch l'invitant, l'incitant à tuer sa mère, devenue quasi-clocharde, quasi-folle, internée, et dont la fille habitée par la haine, autre visage de l'impossible rupture du lien familial, a honte. Honte de sa mère, honte d'elle-même, hontes en miroir, hontes en cascades. Les préparatifs du meutre sont étalés dans le roman jusqu'au passage à l'acte dans le chapitre 13. Las, le coup de fusil tiré dans la nuque de la mère ne l'a pas tuée parce que la balle est restée à un endroit du canon. Coup de tonnerre. On comprend que ce projet pour lequel elle sollicite ou tente de solliciter des amis est un projet destiné à ne pas se réaliser. Alice ne sera pas une meutrière. Elle n'est pas dans le dilemme : tuer ou mourir puisqu'elle tente plusieurs fois de vaines tentatives de suicide tout en envisageant le meurtre. L'ambivalence d'Alice envers elle-même comme envers sa mère est sa prison mentale, faite d'envie d'amour, de tendresse et de haine, faite de hontes multiples et aussi de fierté, de dignité, de devoir.
Aparté d'un vieux tentant de devenir sage : la psychologie à l'oeuvre dans cette autofiction, nourrie d'auto-biographie (mais inutile de chercher à démêler) est ce qu'on appelle la psychologie victimaire. Victime, c'est toujours la faute à l'autre, aux autres. C'est une position confortable puisqu'on est dans son bon droit, puisqu'on réclame justice, reconnaissance. Si lutte, il y a, elle est légitime et généralement sont légitimés les moyens de la lutte, même illégaux. C'est le fameux distinguo entre droit naturel et droit positif. Mais Alice même si elle cite Daniel Bensaïd, même si elle semble tentée par la lutte révolutionnaire (on pose une utopie, un projet, un idéal, d'harmonie entre les gens pour elle) ou anti-capitaliste (on est contre, systématiquement contre ce système, on est dans la préservation des acquis, dans d'évenuelles extensions de droits, on s'accommode en fait du système en prétendant le combattre) est bien obligée de constater l'apathie de sa mère, son incapacité à envisager une sortie, une issue par le haut. De même pour les luttes collectives. Elle est surprise par le fait que la colère réelle, sourde de millions de gens ne produise pas des raz de marée de contestation, d'insurrection, de désobéissance, de prise et d'exercice de pouvoirs jusque-là refusés, inaccessibles.
Le roman d'Alice (pas celui de Sandrine) est le roman de toutes les sortes de vie qu'elle côtoie, pratique dans 3 arrondissements de Paris, le XVIII°, le XI° et le X°.
2 - Par analogie, Moloch désigne Individu, institution ou chose barbare, cruel(le), qui exige des sacrifices. État moloch, moloch économique. La Dette est le Moloch auquel sont sacrifiés les plus nombreux, les plus démunis, les plus précaires, les générations futures.
L'unité nationale est devenue une sorte de divinité terrible, un Moloch, auquel les Français sacrifient la diversité ethnique, linguistique et historique de leurs provinces, comme autrefois les Carthaginois leurs enfants. Le Monde, 9 sept. 1981.
Dans le roman, il est question de ces sujets particulièrement clivants : identité, diversité, migrants, assistés, marginaux. Alice a la chance d'avoir la peau blanche. Cette métisse aux longs cheveux épais ne passe pas pour une arabe. Elle est préservée en partie des insultes, humiliations des racistes comme elle est préservée de la soumission aux rituels religieux. Précaire mais cultivée, Alice a des outils pour apprécier la vie. Le paradoxe de ce roman, c'est qu'Alice la haine-la hyène nous fait vivre par petits tableaux et récits de très beaux moments de poésie. Impossible de détester la ville. Avec Alice, nous partageons des moments de vie intenses et authentiques, avec Nicole, avec Aminata. Alice aime la vie, nous la fait aimer, elle nous fait aimer ses amours, Juba, Michel et d'autres, elle nous fait aimer son quotidien, les terrasses de cafés où on se livre, les balades à toute heure, surtout le soir, au bord du canal de l'Ourcq ou les soirées où tout est possible, chez Marie, la femme d'un couple libre à la Beauvoir-Sartre.
3 - Metropolis est le film incontournable sur la ville-Moloch.
Le roman se passe dans certains quartiers de Paris, XVIII°, XI°, X°. Paris est-elle ville-Moloch ? Le quartier de La Chapelle, la Goutte d'or sont des lieux de la précarité à Paris. Les tentes sous le pont de la Chapelle montrent-cachent la marginalisation des migrants livrés à la débrouille. Les tentes sous les ponts du canal montrent-cachent la marginalisation des SDF livrés aussi à la débrouille. Aucun misérabilisme dans les récits d'Alice. Des descriptions en empathie, en compassion avec ces frères et sœurs de condition, avec la même couleur de sang : rouge. La débrouille, c'est aussi ce qui caractérise la bohême artiste que fréquente Alice. Il y a une porosité des milieux (bourgeoisie bobo et artistes) permettant le frottement si pas le mélange, l'assimilation en place de la ségrégation, de la discrimination.
La voix du Moloch n'a pas le côté terrifiant, glaçant annoncé par l'évocation de ce démon sanguinaire, cruel. Et cela par la grâce avec laquelle Alice vit sa vie de précaire, de bohême.
Au bout de la patience, il y a le ciel. Un des proverbes d'Aminata.
Aparté d'un vieux tentant de devenir sage : Sandrine-Malika Charlemagne est sur un chemin d'éveil qui lui fera découvir que l'important, l'essentiel est le travail sur soi, travail lent, exigeant, patient, humble pour se connecter-reconnecter en clairvoyance, en clairaudience avec le Tout, la Source, le Souffle.
It’s not the daily increase but daily decrease. Hack away at the unessential. — Bruce Lee
Ce n’est pas l’augmentation quotidienne, mais la diminution quotidienne. Supprimez ce qui n’est pas essentiel.
En Dyonisie, le 7 juin 2021, 10 H 00.
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La voix du Moloch Sandrine Malika Charlemagne
Sandrine-Malika Charlemagne préface René de Ceccatty collection Souffles L'auteur de La voix du Moloch, lauréate duu CNL pour ce livre, est présentée p. 9. Présentation classique de C.V. Je p...
ma note sur médiapart
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La Voix du Moloch - Sandrine-Malika Charlemagne
La voix du Moloch Sandrine-Malika Charlemagne préface René de Ceccatty collection SoufflesVelvet L'auteur de la voix du Moloch, lauréate duu CNL pour ce livre, est présentée p. 9. Présentatio...
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ma note sur babelio
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La voix du Moloch par Sandrine-Malika Charlemagne
L'auteur de La voix du Moloch, lauréate du CNL pour ce livre, est présentée p.9. Présentation classique de C.V. Je préfère vous la présenter au travers de son témoignage audio et écrit par...
ma note sur le salon littéraire
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Les sans papiers de la Chapelle
Écritures Nomades
http://ecrituresnomades.weebly.com/les-sans-papiers-de-la-chapelle.html
quelle expérience d'aller à la rencontre des sans papiers de La Chapelle; le lendemain de notre immersion, c'était l'évacuation du campement par bulldozers, arrachant tout; et le surlendemain d'en retrouver aux abords du square jouxtant la célèbre église Saint-Bernard, entre la rue Saint-Mathieu et la rue Saint-Bruno
Jean-Claude Grosse
Les marchands
il y a longtemps
un philosophe a inventé
sur papyrus grec
la cité idéale la cité communiste
les enfants étaient retirés aux parents éduqués par la cité
les femmes libérées occupaient les mêmes fonctions que les hommes
les citoyens délibéraient la cité était gouvernée par le philosophe-roi
les marchands n'avaient pas droit de cité restaient aux portes de la cité
les échanges se faisaient à l'extérieur de la cité par des citoyens incorruptibles
parce que les marchands sont des voleurs des corrupteurs
les marchands étaient sous contrôle dans la cité idéale de Platon
les marchands ont vendu le philosophe communiste comme esclave à un roi-philosophe
lui c'est une figure de légende
il a chassé les marchands du Temple
il a pris une longue corde avec un gros nœud au bout il l'a faite tournoyer
elle cinglait les visages et les jambes des marchands courant dans tous les sens
les étalages des étals s'étalaient par terre
les affamés de Judée se vautraient dans les restes de substantifique moelle
les marchands ont crucifié le justicier
le temps passe
l'eau coule sous les ponts de Paris
sous le pont de La Chapelle il n'y a pas d'eau
sous le pont de La Chapelle il y a des migrants
sous le pont de La Chapelle il y a des rêves
on veut rejoindre l'Europe
on veut l'asile politique
on veut la maison
on veut l'argent pour vivre
on veut la santé gratuite
on veut faire venir la famille
sous le pont de La Chapelle il y a des rêves
de là-bas
de pays quittés
d'Érythrée
d'Éthiopie
de Somalie
du Mali
du Soudan
du Niger
du Tchad
de Libye
de Mauritanie
d' Afghanistan
du Pakistan
du Maroc
de Tunisie
là-bas il y a les marchands de rêves
ici il y a les marchands de sommeil
partout il y a les marchands d'armes
marchands de canons
marchands de Rafale
marchands de mines anti-personnelles
marchands de kalachnikov
marchands de Mistral
partout il y a les marchands d'argent
les prêteurs aux taux d'usure
les traders à la nanoseconde
partout les marchands de corps
de femmes de filles et fillettes
de garçonnets à enculer
les marchands d'organes
les marchands de drogues
les marchands de cultes
de prédictions d'avenir de pronostics
de passé à ne pas oublier pour manipuler
shoah génocides crimes contre l'humanité
les marchands de graines de semences d'OGM
les marchands de terres de biens immobiliers
les marchands d'art d'oeuvres d'art et de faux
heureusement il passe tous les soirs
pour faire le noir
le marchand de sable
il n'est pas passé pour moi la nuit dernière
sous le pont de La Chapelle je suis allé
sous le pont de La Chapelle j'ai écouté
j'ai écouté Rachid 51 ans parti depuis 2002 du Maroc
sous le pont depuis le 28 février 2015
j'ai écouté Hassan 28 ans parti du Maroc depuis 2006
sous le pont depuis le 8 mai 2015
ils m'ont parlé
je leur ai donné de quoi téléphoner au pays
Rachid a laissé une femme et deux filles 12 et 17 ans
Hassan n'a pas de femme
sous le pont de La Chapelle une belle Africaine m'a accroché
je lui ai offert des makrouts
achetés pour donner au hasard sous le pont
j'aurais bien accepté une tentation
j'ai reçu le sourire de deux jeunes Érythréennes
assises sur des matelas
il m'a transpercé
sourire de l'innocence de la grâce
aucun sourire de cette beauté dans nos cités polluées
et là sous le pont de La Chapelle
l'annonciation
l'évidence
l'humanité peut être belle
le soir dans mon lit
je me suis branlé
le midi je m'étais lancé dans l'apologie de la maxime d'Épicure
le bonheur malgré tout
Épicure se promenant et voyant le campement sous le pont de La Chapelle
passe son chemin
ne répond pas aux bonjours
ne met pas un billet dans la gamelle sur le trottoir
ne jette pas un œil sur la musulmane voilée qui en voiture
apporte un grand plat de semoule et une cocotte de légumes
de quoi pour 10
20 se jettent dessus
s'arrachent les assiettes
des chameaux furieux dit Rachid
Yanna me dit c'est pareil au pays des castes
si ces migrants sont là c'est à cause de leur karma
il y a de l'expiation dans l'air
on ne doit pas intervenir
et au pays des castes on n'intervient pas
Rachid dit les Italiens sont égoïstes
les Français sont bons
les flics italiens sont cool
les flics français sont féroces
tous les migrants passent par la Libye
pas de visa
tu prends l'avion
tu débarques
tu paies un bateau pour traverser
tu peux ne pas débarquer
nous on a débarqué en Italie
le train la France
on ne rêve pas d'arriver à Calais pour passer la Manche
on n'a pas la gare du nord en point de mire ni l'eurostar
l'Angleterre ne nous tente pas
notre vie sous la tente c'est pas marrant
entre communautés c'est pas marrant
y a que 2 toilettes de chantier
on arrive à se doucher 2 fois par semaine
les gars de la corne d'Afrique veulent pas se laver
leur douche c'est la pluie
j'ai tenté d'assurer la propreté
de ramasser les pollutions
je vois un gars pisser dans une bouteille
lui demande la bouteille pour l'évacuer
il la jette dans la rue où elle explose
des sauvages ces Africains
ils ne méritent pas l'Europe
quand des Africains apportent de la nourriture
ce n'est que pour les leurs
ils sont musulmans
et ils font la charité à une vitesse
ils ne méritent pas le paradis
oui la vie sous la tente c'est pas tentant
2 petits dej offerts par Jaurès
des assos nous aident un peu à survivre
France Terre d'asile rue Doudeauville
oui je vois la queue plusieurs fois par semaine
quand je conduis Rosalie à l'école
ils sont forts à Terre d'asile
ça demande des mois
en tout cas crois pas
que la vie sous la tente sous le pont de La Chapelle c'est un choix
non je ne le crois pas
ce qui me paraît
le mot manque
c'est que la vie précaire
la vie errante
la vie sous tente
la vie de tente en tente
ça peut durer des années
incroyable
je suis là dans mon petit confort
qui suppose que l'enfer soit installé ailleurs
je suis là à rêver de sécurité
toutes les sécurités avec les clefs allant avec
ce qui suppose que l'insécurité règne ailleurs
et des hommes survivent aux conditions de vie que nous leur infligeons
le lendemain soir
seul dans mon lit
j'ai posé la question à voix haute
essaiera-t-on l'hypothèse communiste ?
Journal d'un égaré/Les promeneurs solitaires
Est paru le 17 octobre, Journal d'un égaré de Jean-Claude Grosse, 317 pages, 43 entrées.
Journal d'un égaré
Jean-Claude Grosse
Sommaire
1 – Que dire sur le commencement ?
2 – La vie des plantes (Emanuel Coccia) / La Réunion, le choc végétal /
3 – De la grotte de Lascaux à la grotte du Vallon Pont d'Arc
4 – Invitation à création : 1000 mots pour la grotte Chauvet et l'Ardèche méridionale
5 – Lettres familières de Pétrarque à son frère Gherardo, moine à la Chartreuse de Montrieux
6 – On donne quoi quand on ne donne pas son temps
7 – L'été du Léthé du 1° juillet 2017 : Marie Madeleine
8 – Colloque sentimental (Paul Verlaine et Stefan Zweig)
9 – Propositions pour une pensée élaborée par frottements entre plusieurs corps et pensées
10 – La Liberté (Marcel Conche)
11 – Présentation de ma philosophie (Marcel Conche)
12 – Ultimes réflexions (Marcel Conche)
13 – Métaphysique (Marcel Conche)
14 – Penser encore (Marcel Conche)
15 – Épicure en Corrèze (Marcel Conche)
16 – Un peu de temps sur le Temps
17 – Un de mes voyages au Maroc
18 – Le dit des dunes de l'erg Chebbi à Merzouga
19 – Le dit de la petite pierre tirée de la mer à Port-Cros
20 – La vie / la poésie
21 – Exercices d'admiration
22 – La mort de la bien-aimée (Marc Bernard)
23 – Au-delà de l'absence (Marc Bernard)
24 – Tout est bien ainsi (Marc Bernard)
25 – Le corps quantique (Deppak Chopra)
26 – Le fabuleux pouvoir de vos gènes (Deepak Chopra)
27 – Albert Camus, l'engagement est-il absurde ?
28 – Marx, le retour (Yvon Quiniou)
29 – Marx (Yvon Quiniou)
30 – La dernière génération d'Octobre (Benjamin Stora)
31 – L'homme qui aimait les chiens (Leonardo Padura)
32 – Théologie de la provocation / Causes et enjeux du principe totalitaire (Gérard Conio)
33 – Le triomphe de l'artiste / La Révolution et les artistes / Russie 1917 – 1941 (Tzvetan Todorov)
34 – Le cauchemar de Don Quichotte (Matthieu Amiech et Julien Mattern)
35 – Internet, un séisme dans la culture ? (Marc Le Glatin)
36 – Nouveaux médias, nouveaux langages, nouvelles écritures
37 – Qui doit être au centre : l'élève ou l'enseignant ?
38 – Propositions sur l'éducation artistique, la culture et l'école
39 – Quel gay sçavoir pour le 3° millénaire ?
40 – Rêve d'une école de la vie
41 – Jeu de l'invitation à la vie
42 – Le cosmos et le lotus (Trinh Xuan Thuan) /
Opacité / Clarté, entretien entre une cosmologue et un philosophe
43 – Que dire sur la fin ?
1-2-3- Décroissez !
Changer la ville, changer la vie !
Tout commencement est arbitraire.
Il n'y a pas de point zéro
le point zéro de tout big bang est inaccessible.
Tu ne peux tout réinventer, tout recréer.
Pars de ce qui est donné
et que tu ne peux refuser.
Pars de cette violence qui t'est faite
et que tu peux organiser.
Dieu nous a donné la Terre.
Nous la lui rendrons retournée, cultivée.
Il a fait l'animal humain.
Nous lui rendrons l'Homme. (1966)
J'ai osé cela, il y a 50 ans. Osé mêler Dieu à notre aventure terrestre et cosmique. Osé évoquer par trois fois un "nous", espoir d'unité et d'élévation très affirmé. Deux ans après, c'était 1968. Beaucoup, aujourd'hui, critiquent les idées de 68. Je souhaite aux jeunes et moins jeunes de connaître ce que nous avons vécu: un temps de parole, de propositions, de décisions et d'actions. J'ai peut-être eu la chance d'être bien placé: professeur dans le nord et doctorant à Nanterre. Membre élu du comité de grève du lycée et membre du comité de grève de la ville, Le Quesnoy. Le nouveau pouvoir, pendant trois semaines, ce fut l'assemblée générale quotidienne rassemblant 700 personnes en moyenne et qui décidait des tâches du jour pendant qu'au lycée, on jetait les bases, on posait les principes d'autres relations professeurs-élèves et aux savoirs dont on percevait avec acuité les contenus idéologiques. Et quand j'allais à Nanterre où j'étais doctorant sur une Sociologie des lieux communs, c'était pour retrouver un grand professeur, Henri Lefebvre (Critique de la vie quotidienne, Le droit à la ville, La somme et le reste) et quelques leaders du mouvement du 22 mars dont Daniel Cohn-Bendit que j'ai enregistré en interview pendant 2 H.
Qui oserait 50 ans après, croire au "nous" ? Je vois triompher le "moi". Du "nous" exacerbé au "moi" enflé, tel est notre trajet majoritaire. Je note cependant l'émergence des créatifs culturels. Ils produisent de l'innovation. Cela suffira-t-il ?
Dans l'état actuel des connaissances, il semble qu'aucun Dieu n'a de projet pour l'Homme, que la Terre et le Cosmos n'attendent rien de l'Homme. L'humanité est vouée à disparaître. Puis la Terre. Puis le Soleil. Règnent le hasard et le chaos, avec de ci de là, dans le désordre universel, quelques zones d'ordre éphémère. Cela, nous pouvons en être à peu près sûrs malgré tous les créationnistes.
Dans l'état actuel de la pensée, il semble que des preuves n'existent ni pour une philosophie (une métaphysique) ni pour une religion.
Pour une religion, on a affaire à des croyances intimes ou forcées par coutumes et traditions.
Pour une philosophie, on a affaire à des convictions argumentées mais qui ne peuvent convaincre que celui qui veut être convaincu.
Je préfère les convictions aux croyances, les arguments fondés en raison plutôt qu'une adhésion irrationnelle à des dogmes ou une adhésion intime, indicible.
Donc, ma recherche de la vérité, but de la pensée et expression de ma liberté, ne peut être qu'une recherche ininterrompue jusqu'à ma mort. Cela ne veut pas dire que je change de convictions (il y a des convictions vécues qui se renforcent avec le temps, d'autres qui perdent de leur vigueur) alors qu'il peut m'arriver de changer d'opinions, plus fluctuantes parce que sans doute assez anecdotiques et superficielles (il en est ainsi pour moi des opinions politiques, même si j'observe ma fidélité parfois contre vents et marées et désillusions amères aux choix politiques, aux valeurs dites de gauche ; la seule opinion dite de gauche ou républicaine que j'ai refusée par deux fois, faire barrage au FN, la manipulation était énorme, tant et tant sont tombés dans le piège). Aujourd'hui, je m'abstiens.
Il peut aussi y avoir des tournants dans notre manière de voir, de sentir, de penser le monde.....
Que dire sur la fin ?
La fin est connue :
Individuellement
ma mort, ta mort, sa mort, notre mort, votre mort, leur mort.
Cette destination ne décide pas du dessin
de ma vie, de ta vie, de sa vie, de notre vie, de votre vie, de leur vie.
Quand les dessins de vie sont devenus destins, je parle de FINS DE PARTIES.
Les FINS DE PARTIES des « miens »
je m'en fais l'épitaphier
pour mon père :
Sur la pointe du pied
je suis parti
Crainte de déranger
même en faisant si peu de bruit (7 février 1986)
pour ma mère :
Au secret
je pars à regret
Beau jeu de ma vie
par quelle sortie
pour quelle impasse (19 mai 2001)
Je ne publierai pas de livre ayant pour titre FINS DE PARTIES.
J'ai écrit des articles sur mon blog : Disparition du Père, Disparition de maman, L'Insolite traversée de Cyril Grosse, Pensée pour Antonio Machado et Michel Bories dit Pof, Ultime performance de la mouette à tête rouge et d'autres. D'autres sont à venir.
On les trouve dans la catégorie FINS DE PARTIES, POUR TOUJOURS sur mon blog.
Je trouve qu'internet est un outil à utiliser contre l'oubli, pour se souvenir, pour transmettre un peu de ce que furent nos aimés (ou pas), pour faire le point aussi sur nos relations, mettre des mots sur les maux, heurs, bonheurs, malheurs.
Collectivement
Imaginez la scène. L’espace vide envahi tout à coup par des balles de ping-pong, animées chacune de sa vitesse, qui se touchent, se heurtent, se frôlent. Rebondissent. Incohérentes. Incapables de trajectoires.
Toujours détournées, arrêtées, relancées. Un désordre perpétuel.
- Aujourd'hui nous sommes 7 366 305 303… il accélère 304 305 306… 7, 8 puis la gestuelle qui annonce les autres tout en poursuivant, balles de ping-pong, qui nous agitons dans le
bocal du loto pour faire de bons numéros.
Vous imaginez l’agitation ? Quelqu’un peut comprendre le présent et prédire l’avenir avec une pagaille pareille ? Les expertises, c’est comme les médicaments. Ça a des effets secondaires prévisibles.
Nous sommes sur la pente :
je t'épuise, je m'épuise à t'épuiser,
tu l'épuises, tu t'épuises à l'épuiser, il l'épuise, nous l'épuisons, vous l'épuisez
quoi ?
La planète
Nous nous rendons très bien compte de la 6° extinction des espèces
et de notre disparition,
morts que nous sommes,
du bulbe, de la moelle, du cerveau, du cœur
depuis l'enfance.
Aucun sursaut.
Plus besoin de stimuli.
Achevés pour l'éternité ?
Ou ultime salto réflexe ?
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