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Blog de Jean-Claude Grosse

ecriture

Lectures d'été

11 Juillet 2023 , Rédigé par grossel Publié dans #Corsavy, #FINS DE PARTIES, #JCG, #SEL, #agoras, #amitié, #amour, #développement personnel, #engagement, #essais, #histoire, #notes de lecture, #pour toujours, #poésie, #voyages, #vraie vie, #écriture, #épitaphier

livre fabuleux sur un mythe fabuleux

livre fabuleux sur un mythe fabuleux

La part du héros

Le mythe des argonautes

et le courage d’aimer

Andrea Marcolongo

Ls Belles Lettres, 2019

 

Le choix des livres qu’on se propose de lire à quoi tient-il ?

De J.-C. et moi de Martine Roffinella, je suis passé à Une question de vie et de mort de Irvin et Marilyn Yalom. Et à La part du héros.  Dans le carton de livres emportés m’attendent Les Juifs, une pièce russe, La traversée des confins de Serge Rezvani et d’autres sur les rayons des étagères dont Le livre rouge de Jung. Le prochain, ou Jung ou Rezvani, je sens bien en point contre-point de La part du héros.

Avec La part du héros, consacré au plus ancien mythe grec (avant L’Odyssée et L’Iliade), à la première expédition maritime, avec le premier navire mis à flots, je savais d’avance de quel pied marin et ailé, j’allais m’affubler, quel coup de jeune, j’allais me faire.

Ce sont donc 116 pages sur 259 que j’ai lues avec gourmandise, ce 8 juillet après-midi.

Andrea a une façon bien à elle de présenter le mythe. Il y a les adresses à ses lecteurs de La langue géniale, vous mes lecteurs, lui posant de multiples questions, auxquelles je vous répondrai. Comme les questions ont trait à la modernité des textes grecs, en quoi ces textes continuent à pouvoir nous dire des choses essentielles sur nous et le monde chaotique dans lequel nous vivons, Andrea alterne considérations sur notre temps et passages commentés du mythe. Je le dis tout net : les considérations sur le monde tel qu’il est, tel qu’il va ne peuvent intéresser que les branchés. Soit la majorité.

Quelqu’un qui s’est volontairement débranché ou qui fait un usage très sélectif des outils disponibles n’est pas réceptif à ces descriptions polémiques pas plus qu’il n’est pollué, empoisonné par ce monde qui ira là où il ira parce que c’est là qu’il doit aller. Ce qui a lieu c’est que c’était possible, tu mets des (   ) et tu dis ça va sans (    ); tu acceptes.   Donc à 82 ans passés, nul désir chez moi de partir ailleurs, de changer d’endroit, de vie. Par contre persévérer dans le travail sur moi pour accueillir tout ce qui s’offre, sans tri, sans jugement, pour ne pas ajouter par une vision binaire, dualiste, de la guerre à la guerre.

Venu de l’enseignement, m’étant conduit en éducateur, qui tire vers le meilleur de soi (la part du héros), en autorité (elle dit guide, préféré à maître),  c’est-à dire dans ma pratique celui qui autorise l’autre, le jeune, à s’autoriser, le contraire de l’imitation parce que s’autoriser à être soi-même, moi-m’aime, c’est user de la parole avec sincérité, sans mensonge, sans non-dits, passionnément, sans arrière-pensées, sans silences qui sont masques, c’est avoir confiance (la fidanza de Dante, ce mot si beau qui n’existe plus) et conscience qu’on sera entendu par l’éducateur d’abord,

donc venu de l’éducation, c’est quand Andrea se balade, nous balade dans l’étymologie des mots, des racines que je retrouve des pieds marins et ailés, que je prends un coup de jeune.

Je ne vais pas suivre le récit de cette expédition, passionnante, parce que les 50 argonautes montant sur Argô pour récupérer la Toison d’or et la ramener sont des jeunes gens qui ne savent rien de la vie, de la navigation, d’eux-mêmes, ils sont sans expériences et sans connaissances, inexpérimentés et innocents, vierges. Je ne le suis plus.

Jason, en prenant au pied de la lettre, le défi moqueur de son oncle Pélias qui a usurpé le trône de son père : Va, prends la Toison d’or, reviens, alors je libèrerai ton père, va larguer les amarres en fils de son père, non pour le venger, mais pour obtenir sa libération donc faire tenir sa promesse à Pélias.

En larguant les amarres, cette expédition aux multiples rebondissements va révéler  aux 50 argonautes, leurs faiblesses, leurs capacités, leurs peurs, leurs désirs de rebrousser chemin ou de s’arrêter à Lemnos, leur solidarité et leurs caractères (quand Jason pardonne à Télamon, les injures dont il a été abreuvé parce qu’ils ont oublié trois de leurs compagnons dont Heracles, après l’épisode de Kyzicos, il fait preuve d’une maturité, acquise déjà par les épreuves traversées). Les jeunes gens deviennent hommes, mûrs, matures et ces mots ne désignent pas des états définitifs mais des mouvements, ils sont en mouvement, en transformation, ils mûrissent, seuls, par leur parcours, pour donner des fruits, fructifier, être féconds. Héros, ils le deviennent parce qu’humains, humains d’abord et non parce qu’ils ont des qualités physiques et mentales exceptionnelles.

Trois balades en étymologies :

Métaphore mener à travers, en tenant par la main (à Athènes, les véhicules livrant des fleurs sont des métaphores).

Mémoire a pour racines men, me, mente = esprit (garder à l’esprit, le mental). Pour les Grecs, le siège de l’esprit était l’âme, du même mot (anémos) que vent, souffle. C’est l’âme-souffle qui éveille l’intellect, la mémoire, l’activité vitale de la psyché. La mémoire se conserve à l’aide de l’esprit mais c’est avec le coeur qu’on se rappelle. Se rappeler quelqu’un nous oblige à en prendre soin dans notre esprit puis, depuis l’âme, à faire tourner son souvenir dans le vent jusqu’à ce qu’il vienne toucher notre coeur. Se rappeler au sens premier c’est conserver en son esprit et en son coeur, l’image de son passé et de celui des autres.

C’est très différent de mémoriser, mémorisation, commémoration (tout ça de force, imposé, calendrier des commémorations, par peur d’oublier et parce que de fait, l’époque oublie, de l’écume des jours à l’écume des jours ou du bruit du monde au bruit du monde, journal après journal où la seule chose qui change, c’est le nom des assassins, des voleurs, des violeurs, des hommes politiques, des stars).

Meta, ce n’est pas le point d’arrivée, le but,

c’est le point d’irréversibilité,

c’est le point à partir duquel le parcours ne peut plus être modifié, où le rebrousse-chemin n’est plus possible, où il faut donc accepter le changement que le parcours porte en lui

c’est aussi le point intime de notre changement sans retour, notre devenir-autre

La meta, c’est le motif qui vaut la peine de faire la traversée,

C’est ta Toison d’or.

Pour Jason, outre la Toison d’or, ce sera l’amour dont il ne sait rien, qu’il n’a jamais éprouvé, dont il ignore les signes, les manifestations, les effets, les troubles, la durée, pour et avec Médée.

 

 

 

Lecture des 143 pages restantes, le dimanche 9 juillet, entre une balade de 4 kms sur la route de Montferrer (avec discussion de près d’une heure au kilomètre 2 avec Walter, ses deux chiens loups hollandais à poils longs, son passé de commando marine, sa pratique de l’aïkido) et ma première séance d’aquagym à la piscine (nous étions 7)

La part de critique de ce que nous sommes, de comment nous vivons, du monde que nous fabriquons et consommons est importante; elle est pour moi, excessive et idéologique, fonctionne comme ce qu’elle dénonce: il faut un bouc-émissaire pour expliquer nos démissions, lâchetés., pleutreries. Évidemment, dans ce genre de perception, le dénonciateur ne s’inclue pas dans ceux qu’ils dénoncent.

Lui, elle, ont le courage d’être ce qu’ils sont, ont l’audace de grandir, d’apprendre par et de la souffrance parce qu’ils savent, osent, le moment venu, au bon moment, le kaïros, larguer les amarres, partir sur une mer qui est un pont entre deux ports, le port de départ, familier, familial et le port inconnu, étranger vers lequel un désir inassouvi, indicible les porte, refusant toute tentation de rebrousser chemin, toute tentation de facilité offerte par l’expédition, en sachant que le point d’irréversibilité a été franchi, que le futur est derrière eux, qu’aller de l’avant ainsi, vivant au parfait (mode grec du temps, ce que le temps provoque en soi de changement, et non écoulement chronologique du temps), c’est trouver sa mesure, devenir à partir de son humanité, le héros de sa vie, en réalisant plus grand que soi, en dépassant ses limites, en découvrant que, oui, c’est possible, quitte à devoir brûler ses vaisseaux.

C’est toute l’expédition des argonautes et de Jason que je viens de raconter, porté par les mots anciens, grecs du récit d’Apollonios de Rhodes, mots éclairés par Andrea.

La part personnelle est également importante. Sans entrer dans le détail, Andréa révèle des événements et des lieux de son histoire personnelle, la perte en 3 mois d’un cancer foudroyant de sa mère, alors qu’elle a 16 ou 17 ans, l’anorexie qui s’en suit (une faute de frappe, un acte manqué, lui font taper aMorexie), les études de philologie, deux tatouages (sans paroles = sans voix et le labyrinthe de Cnossos), une ville de coeur choisie parce que blessée, Sarajevo, l’importance des lecteurs dans son écriture.

Elle écrit pour eux, pour ceux qui cherchent à s’éclairer à la lumière des mots premiers, des mots anciens, au temps où la beauté n’était pas seulement dans les. corps (des blonds aux yeux bleus, à l’iris arc-en-ciel capables de susciter des visions dans l’oeil de l’autre comme le fait la magicienne Médée en regardant le terrifiant serpent gardien de la Toison d’or) mais dans les mots et dans le soin apporté à les utiliser au moment opportun, le kaïros.

Prendre soin des mots pour ne pas sombrer dans la démesure, l’excentricité, l’hubris, toujours insignifiante, pour vivre dans la félicité qui est énergie d’agir, joie de faire, volonté de changer, d’être fertiles, être en harmonie, en mesure, dans les bonnes proportions, le nombre d’or de l’architecture, les proportions de l’arithmétique, science du nombre.

 

Balades en étymologie :

Discerner, séparer le grain de son enveloppe, tamiser la farine pour la rendre plus fine. Le discernement, l’aptitude à affiner pour exercer une critique raisonnée est aujourd’hui affaibli par toutes les attaques contre l’esprit critique, complotisme, fake-news, surabondance d’informations, vitesse de rotation des informations.

Empathie, être dans et non avec, être dans la même douleur, dans le même bonheur ; et comme celui ou celle qui accompagne par empathie celle ou celui qui souffre ou jouit n’est pas dans cet état émotionnel, l’imaginer par fantasia, fantaisie, imagination, extraordinaire capacité humaine d’être dans la douleur de l’autre sans l’avoir vécue soi-même, en souffrir pourtant comme si c’était nous, en fantasmant.

Une formule saisissante : Les Anciens savaient que l’amour demande de la force, du courage (le mot vient du mot coeur, le courage vient du coeur) pour être choisi mais de la tendresse pour être vécu.  Jason et Médée tombèrent amoureux instantanément et comblés de joie comme dit Platon. Ils se firent la promesse  de s’unir et surtout l’un et l’autre demandèrent, exigèrent de l’autre, surtout Médée, exigeant la fidélité, le respect, l’action. « Tu partageras notre lit dans la chambre d’un hymen légitime et rien ne nous séparera dans notre amour jusqu’à ce que la mort fixée par le destin nous couvre de son voile. » (os phatos, il dit.) Point. Fin du discours. Le poète n’a plus rien à dire.

Considération historique : l’expédition des argonautes semble avoir eu lieu 10 à 20 ans avant les récits homériques (l’Iliade et l’Odyssée) mais il ne reste nulle trace archaïque de cette aventure. C’est Apollonios de Rhode qui reprend le mythe, depuis la bibliothèque d’Alexandrie, dont il est le conservateur, plusieurs siècles après le cycle troyen homérique et qui eut le génie de distinguer le voyage aller du voyage retour. Le voyage aller est le voyage vers l’inconnue Colchide  où le jeune homme Jason devient homme, héros, découvre éros, l’amour (Platon relie héros et éros dans le Cratyle), où la jeune fille Médée devient femme en découvrant l’amour, éros.

Le voyage retour se fait sur les traces de l’Odyssée, donc en pays connus, tellement le récit homérique a été partagé, raconté, illustré.

Ma conclusion sous forme d’une question à Andrea :

pourquoi avez-vous eu besoin de noircir à outrance le tableau de notre époque et de ce que selon vous, nous sommes devenus, pour mieux nous faire goûter, savourer le monde grec. En fonctionnant selon ce schéma d’opposition, vous avez affaibli selon moi, votre démonstration.

Vous vous référez à Platon.

Dans le Cratyle, Platon écrivait : « quand on connaît les noms, on connaît aussi les choses. » Dit autrement et cela est dit dans votre texte, ce sont les mots qui créent la réalité, la font naître. « Si dire a le pouvoir de rendre réel, les mots servent à se choisir. » pages 33-34.

Wittgenstein dira la même chose : ce sont nos mots qui créent le monde, qui le rendent petit ou immense. page 63.

La réalité n’existe que par les mots que nous employons.

Platon écrit aussi que « penser est un discours que se tient l’âme tout au long à elle-même sur les objets qu’elle examine. » Théétète

 

Ce monde contemporain est noir, déprimant, insignifiant parce que vos mots sont noirs. Nous sommes lâches parce que vous nous dites lâches.

Personnellement, dans votre miroir, je ne vois ni noirceur ni lâcheté. Je vois de pauvres hommes, beaucoup d’hommes pauvres demandant compassion, empathie et tendresse, écoute pour qu’ils se disent, se choisissent.

Les Grecs appelaient Améchania, l’impuissance qui paralyse tout élan vers la vie, soeur et compagne de l’une des conditions humaines les plus pénibles, la pauvreté, Penia.

 

Améchania et Penia  représentaient pour les Grecs, le plus grand danger pour les hommes parce qu’elles les poussaient à se diminuer, à se faire petits au lieu de s‘élever vers le haut, pour essayer chacun dans sa vie d’être un héros selon son propre mètre, sa propre mesure. page 71.

J’imagine la rencontre nécessaire parce que désirée entre Andrea et Marcel. Andrea a 31 ans, Marcel, 97 ans. Quand La part du héros paraît, Marcel l’apprend, se le procure, le lit, est émerveillé et dubitatif. Il écrit à Andrea via l’éditeur. Il a écrit un essai essentiel sur Homère, l’éducateur du peuple grec. Il a écrit un essai inactuel Devenir Grec. De la Grèce antique, il a traduit et commenté Anaximandre, Héraclite, Parménide. La réputation de ses travaux lui ont valu d’être élu membre de l’académie d’Athènes.

« Voulez-vous bien que nous nous rencontrions à Treffort, dans mon bureau d’où je contemple par la fenêtre, le clos, la nature naturée et pense la Nature naturante, créatrice, le premier poète.

Il me semble chère Andrea dont je suis déjà amoureux (j’ai vu des photos de vous, je vous ai entendu parler dans La grande librairie) que vous mettez trop l’accent sur l’homme, sur le connais-toi toi-même de Delphes puis de Socrate.

« L’homme n’est qu’une éloise dans la nuit éternelle »  dit Montaigne.

Ce que vous nous invitez à devenir, des héros mus par éros, pour nous dépasser, créer, réaliser plus grand que nous, j’appelle cela sagesse tragique. Nous pourrions échanger sur cela et bien d’autres choses. J’ai entre autres relever votre désir de ne pas vous trahir. Qu’entendez-vous par se trahir soi-même ?

Nous sommes faits pour nous connaître. Je vous le demande du plus intime de mon coeur. »

 

À Corps ça vit, le 10 juillet, 17 H 17

un livre essentiel pour qui veut vivre en se sachant et se voulant mortel

un livre essentiel pour qui veut vivre en se sachant et se voulant mortel

Une question de mort et de vie

Irvin Yalom Marilyn Yalom

Albin Michel, octobre 2021

 

Marilyn Yalom va subir en quelques mois deux traitements violents en lien avec un cancer douloureux. Entre avril et novembre 2020. Les effets secondaires sont tels qu’elle en arrive à demander à mourir par suicide assisté.

Le suicide par dose létale diluée dans deux verres à boire par la patiente consciente en présence d’un médecin, d’une infirmière et de sa famille eut lieu le 20 novembre 2020. C’est l’objet du chapitre 21 du livre pages 201 à 205.

Les 20 chapitres qui précèdent sont écrits à deux mains, alternativement, par Irvin et Marilyn. C’est Marilyn qui a exigé l’écriture à deux de ce livre. Irvin dans son rôle d’aidant, d’accompagnant de fin de vie,  fait tout ce qui est en son pouvoir pour soulager Marilyn, pour être à ses côtés lors des séances de chimiothérapie comme des séance de perfusion d’immunoglobulines. Concernant la fin imminente de Marilyn, il est dans le déni. Elle est pour lui, inconcevable. Il ne pourra vivre sans Marilyn. Le suicide aura lieu sur décision et choix de Marilyn avant le Noël 2020.

Toute cette période, 8 mois, est source d’échanges entre eux, de réflexions de la part d’Irvin.

« La mort d’une femme de 87 ans qui ne regrette rien n’est pas une tragédie.’ » dit Marilyn, page 310. Plus pleinement vous avez vécu, moins la mort est une tragédie. L’angoisse de la mort touche plus fortement celles et ceux qui pensent à tout ce qu’ils n’auront pas fait s’ils meurent ou qui pensent avoir mal vécus. Ce sentiment peut provoquer au dernier moment des transformations majeures, une sorte de conversion, une expérience d’éveil (Ivan Illich chez Tolstoï, Scrooge chez Dickens).

L’angoisse de la mort a aussi beaucoup à voir avec le passé. Milan Kundera a dit : « ce qui me terrifie le plus dans la mort ce n’est pas la perte de l’avenir mais la perte du passé. En réalité, l’oubli est une forme de mort toujours présente à l’intérieur de la vie. » Irvin à 88 ans est sujet à des pertes de mémoire. Il apprend tardivement que la mémoire n’est pas une, qu’il y a des mémoires, la mémoire procédurale, implicite, inconsciente, la mémoire déclarative, explicite, consciente, que ces mémoires peuvent jouer l’une contre l’autre. page 252.

Sans Marilyn qui avait une excellente mémoire, ce sont donc des pans entiers de vie qui disparaissent pour toujours. Puisqu’il en est ainsi, autant retarder les décisions d’où la procrastination, ou reporter sur les enfants les choix à faire quant au devenir des bijoux, livres de Marilyn.

Prolongeant la réflexion, il comprend qu’il va lui aussi et son oeuvre sombrer dans l’oubli quand il n’y aura plus de témoins pour raconter.

Impermanence de toute chose vouée au néant.

Épicure offre aux incroyants, sceptiques, matérialistes, rationalistes de bons arguments pour calmer la peur  de la mort. En particulier celui-là : « Si la mort est là, c’est que je ne suis plus là. Pourquoi craindre quelque chose que nous ne pourrons jamais percevoir. » Irvin de compléter, le néant qui nous attend après la mort est identique au néant dans lequel nous étions avant la naissance. page 109. De souligner aussi que nos idées et nos actes atteignent les autres comme les ondes se propageant au jeter d’un caillou dans une mare. S’il y a disparition, il y a aussi transmission.

Du chapitre 22 au chapitre 35, Irvin fait le récit de son chemin de deuil, s’appuyant sur ses connaissances acquises, transmises  en soutien à des centaines de personnes en fin de vie. (Thérapies de groupes ou individuelles, en face à face ou en zoom).

Ce qui est assez fascinant c’est que ce psychothérapeute réputé qui « réussit » à soulager les autres, ne réussit pas pour lui-même, qu’il se livre à d’autres thérapeutes pour clarifier, tenter de comprendre car comprendre affirme-t-il page 251 finit par soulager, contribue à débloquer les pensées, émotions, images obsessionnelles comme par exemple au début du deuil, ces chars de la place Tienanmen écrasant les étudiants, rêve interprété comme la sensation d’écrasement ressenti par ce qu’il vient de vivre, la perte de l’être aimé. Partiellement vrai. L’image des chars s’estompe, se dissout en quelques jours. Il saisit vite qu’il y a la pensée rationnelle de l’homme enfin adulte, vivant seul, de façon indépendante (ils ont eu 73 ans de vie amoureuse, depuis l’âge de 15 ans en 3°, 65 ans de vie commune), qui sait la réalité de l’événement : que Marilyn est morte, n’est plus là, n’entend plus ses pleurs, regrets, désirs, espoirs; et qu’il y a la pensée magique, irrationnelle, l’envie de rejoindre Marilyn pour l’éternité, pourquoi pas, dans un cercueil à deux places; et de constater que l’idée magique apporte un réconfort et pas la réalité.

Autres points que je veux mettre en évidence : deuil et sexualité. Il constate mais c’est peu évoqué par les articles scientifiques que la sexualité soit se met en berne, soit est fortement réactivée, à l’issue d’un deuil surtout chez les hommes, pour peu que les veufs échappent à une mort rapide, leur taux de mortalité est important par rapport aux veuves, chapitre 25. Tout le monde comprendra ce que signifie cette remontée des appétits sexuels. Si le chagrin conduit à l’insensibilité, la sexualité conduit à ressentir à nouveau quelque chose. Souvent accompagnée de culpabilité, je trahis la femme aimée suivi de mais je dois continuer à vivre, je veux continuer à vivre sans la femme aimée, je veux pouvoir éprouver du plaisir sans me référer continuellement à la femme aimée qui n’est plus là, qui n’a plus de réalité, seulement une existence dans mon esprit, mes souvenirs. D’où son rapport à une superbe photo de Marilyn : il la retourne contre le mur pour ne pas la voir, ça le fait trop souffrir et il s’en veut de ce geste. De même, pas de visite au cimetière pendant les 125 jours d’après l’enterrement. Et sa fascination pour les gros seins d’une amie « ouh ouh, c’est là-haut que ça se passe » lui dit-elle.

Le rôle des rituels, au moins la première année, parfois deux, comprenant anniversaires de naissance, de mariage, de mort, les grandes fêtes : Noël, Nouvel-An, le déroulement des 4 saisons et le cycle des 12 mois, les vacances. Au bout d’un an, nous commençons à moins souffrir, au bout de deux ans, nous recommençons  à vivre. page 98. Et de constater aussi que les veufs ou veuves ayant vécu les mariages les plus heureux effectuent plus facilement le détachement d’avec leur conjoint décédé que ceux qui se sont moins épanouis dans leur vie de couple et regrettent les années gâchées.

La rencontre avec une patiente prénommée Irene est particulièrement savoureuse, chapitre 33 : « Nous autres endeuillés, nous avons appris à donner à vous autres chercheurs, les réponses que vous attendez.» « Votre vie n’est pas réelle. Vie douillette, confortable, entouré de votre famille. Que pouvez-vous savoir de la perte ? » « Irene, je suis convaincu que vous aviez raison. Arrogant et bien au chaud, disiez-vous de moi, et vous aviez raison. Maintenant que j’ai vécu la mort de Marilyn, j’entrerais en relation avec vous de façon plus authentique. »

Le livre s’achève par une lettre à Marilyn et sur une superbe photo. La lettre est écrite en plein confinement, 125 jours après le suicide assisté de Marilyn. Ce confinement mondial implique des restrictions sanitaires mais il ne s’inquiète pas outre mesure pour sa vulnérabilité. Il conclut, lui le rationaliste, pourfendeur dans La méthode Schopenhauer des croyances religieuses et spirituelles, sur son « respect renouvelé pour la puissance et la capacité de soulagement de la pensée magique. » page 309.

« Le berceau se balance au dessus d’un abîme, et le sens commun nous apprend que notre existence n’est que la brève lumière d’une fente entre deux éternités de ténèbres. » premières lignes de l’autobiographie de Nabokov. Page 310 et fin.

 

(JC : Montaigne  « pourquoi donnons-nous titre d’être à une éloise dans la nuit éternelle ? »

 

Pas de conclusion à cette note de lecture.

Autant de pertes, autant de personnes concernées directement, autant de deuils, autant de chemins.

 

Ce livre à deux voix pendant 200 pages et à une voix pendant 115 pages va être un élément dans la poursuite d’un travail d’écriture en cours depuis le 29 octobre 2010, depuis donc presque 13 ans en lien avec la question inaugurale que m’a posée l’épousée : je sais que je vais passer, où vais-je passer ? et qui a provoqué chez moi, une évolution du naturalisme et d’une métaphysique du hasard à un spiritualisme fondé sur la croyance en un principe créateur : l’Amour comme potentiel créateur de Vie et de Mort.

Je sens que je me dirige vers des formulations qui devraient être cristallines, limpides, immédiatement recevables, évidentes.

Au bout de ce cheminement, le retrait du co-créateur que nous sommes tous, se cacher, se retirer, tsimtsoum, pour laisser la création vivre sa vie, inventer son chemin de vie jusqu’à disparition avant d’autres apparitions.

Lectures d'été

J.-C. et moi de Martine Roffinella.

Sa lecture de pauvre - sans savoir et sans pouvoir, de docte ignorante, tirant sur ses bottes pour s’extirper de la boue dans laquelle elle s’enfonce par ses addictions, sa soumission narcissique aux pervers et aux prédateurs - du discours des Béatitudes et du 10° commandement, le dernier proposé mais qui commande aux 9 très anciens, proposé sous deux formes : Tu aimeras ton prochain comme toi-même / Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés, ramenée à la Passion du Christ est savoureusement sanguinolente. C’est peut-être moi qui en rajoute.

Le corps du Christ sur la croix est l’échelle par laquelle tu t’élèveras si tu écoutes l’appel, celui qui attend d’être entendu dans ton coeur. Tu te hisseras à la force de tes mains et de tes bras en prenant appui sur les pieds ensanglantés du Christ. Puis tu te glisseras le long du corps déformé par les tortures en t’aidant du trou percé dans le flanc du crucifié et tu atteindras la bouche crachant des caillots de sang d’où sortira le dernier râle, le dernier souffle de Jésus, fils incarné du Père.

Cette escalade, cette ascension, tu l’imagines filmée par Alejandro Jodorowsky ou par Terri Gillian. Ce serait du sanguinolent, un peu grand-guignolesque, sans doute plus parlant, plus évocateur qu’un récit au 1° degré. Ça ne pourrait pas être au Christ-Roi à Lisboa. Trop majestueux, trop fréquenté. L’inspiratrice de cette image d’escalade n’est autre que Catherine de Sienne, appelant le corps crucifié du Christ, le Pont sublime. La traversée du Pont semble difficile, mais elle n’est rien comparée au calvaire du Christ, enduré une fois pour toutes pour tous les hommes, les lavant de tout péché, par Amour. Cette traversée, si on la tente, est en fait une élévation par purification (à préciser) des tentations sataniques fourmillant en toi et exploités par les satanistes, producteurs de dérivatifs à la quête spirituelle, d’artifices, d’addictions, de péchés contre le corps, maltraité, et contre l’esprit, pollué, empoisonné. S’élever en s’agrippant au corps ensanglanté du Christ, c’est se délivrer (à préciser) de nos démons, de nos tentations, de nos désirs vains, c’est libérer la part de ciel qui est en nous dès l’origine, la part d’amour divin. Cette escalade, cette ascension, cette traversée est délivrance de l’aspiration que nous bloquons par nos peurs et nos désirs, de ce à quoi nous aspirons dès l’origine, aimer avec excès, sans crainte de quelque jugement que ce soit, de quelque situation que ce soit (souffrance extrême, enfermement concentrationnaire et torturant), aimer sans modération, comme dit Christiane Singer.

 

C’est le récit d’une expérience mystique, vécue par une femme revenue des enfers addictifs, la cinquantaine passée et qui découvre tant la Bible que les Évangiles dont celui de Matthieu dans lequel le 10° commandement se formule de 3 façons : Aimez-vous les uns les autres, Aimez-vous comme je vous ai aimés, Aimez votre ennemi.

Ce qui me frappe dans cette quête - où la volonté de l’impétrante est secondaire, où le moteur de son chemin de croix est plutôt l’appel enfin entendu, appel venu du plus intime du coeur, indice de sa Présence depuis toujours - est son côté paradoxal.

L’accès à notre Essence divine, à notre Être divin, nous sommes à l’image de Dieu, ne peut se faire que lorsque nous cessons d’être dans le jugement. Or la narratrice n’arrête pas de juger, de stigmatiser l’ego et ses tentations, l’époque et ses satanistes, prédateurs et pervers, fabricants et fournisseurs d’addictions. Et dans la Bible comme dans les Évangiles, ça n’arrête pas non plus de juger. Jésus lui-même n’est pas exempt de jugement : Père, pardonne-leur parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font.

De là où j’en suis aujourd’hui, je me dis qu’il faut tout accepter.

Ne pas rejeter l’ego, ses boursouflures…, repérer ses manifestations et faire le petit pas de côté : Tiens J.-C., tu es en train de tenter de te mettre en valeur pour te faire aimer ? Soit, j’accepte ton intention, ta tentation mais elle n’ira pas jusqu’à se réaliser, elle se dissout dès que repérée, nommée.

Ne pas rejeter quoi que ce soit se produisant dans le monde. N’applaudir à aucune bonne action individuelle ou collective, ne condamner aucune action abominable, individuelle et collective. Tout ce qui se produit doit se produire. Pas de tri entre bien et mal, bon et méchant, beau et laid. Certes, on voit bien les oppositions, on a été formaté par l’éducation à opposer, à fonctionner de façon binaire, dualiste et on a peut-être un premier réflexe de tri, qui se dissout dès que repéré, nommé. J.-C. tu es en train de trier, de séparer le bon grain de l’ivraie. STP, l’ivraie est aussi nécessaire que le bon grain.

Il t’apparaît que la création est continue, que toi-même est créateur, co-créateur, participant de la création y compris en étant prédateur, destructeur, exploiteur. Ce qui est détruit (peut-être l’humanité et son suicide collectif en vue) sera remplacé par autre chose. Comme Je Suis, principe créateur qui se retire de la création, qui se cache, laissant libre sa création de vivre son chemin de vie et de mort, tu comprends que toi-même dois te retirer, te cacher. Ta création c’est la vie que tu as menée, l’amour que tu as donné ou pas. Laisse ta vie finir de se vivre. Laisse l’amour finir se donner. Ne te soucie pas de l’oeuvre, de « ton » oeuvre.

Ton retirement, ton tsimtsoun, ton retrait, ta retraite, auront lieu le 29 septembre 2023 à 19 H 30 avec la balade dans tes mots dont tu ne seras ni le concepteur ni l’interprète.

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L'impitoyable aujourd'hui / Emmanuelle Loyer

8 Décembre 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #FINS DE PARTIES, #JCG, #SEL, #agoras, #engagement, #développement personnel, #essais, #histoire, #notes de lecture, #écriture, #vraie vie

J'ai profité des 29 jours de censure de FB et de sevrage de cet outil (5 novembre-5 décembre) pour me demander quoi faire avec FB : je ne relaierai plus aucune polémique même en proposant les points de vue opposés, par exemple sur le film Les amandiers, ou sur Annie Ernaux; je ne dirai rien sur les affrontements en cours, en Ukraine, en Iran et ailleurs non parce que je choisirais d'être aveugle, sourd et muet mais parce que je sais que nous baignons à nous y noyer dans un milieu de propagandes visant à manipuler, à fabriquer le consentement et à faire passer en force des politiques discutables non-discutées à tous les niveaux, du local au mondial
d'où l'importance de lire pour ne pas vivre avec son temps comme dit le bandeau de l'essai, majeur d'après moi, d'Emmanuelle Loyer qui m'amène à remettre en cause tous les paradigmes auxquels je croyais depuis 60 ans
Emmanuelle Loyer dans un autre essai se devra d'aller lire certains livres d'anticipation et de science-fiction et aussi le devenir Grec (le premier regard d'Homère, d'Anaximandre, de Parménide, d'Héraclite) du philosophe Marcel Conche qui pour moi a la même valeur que le regard éloigné (le dernier regard du dernier témoin des sociétés premières) de Claude Lévi-Strauss.
J'en ai profité pour réactiver un blog mis en sommeil en juillet 2021 s'intitulant Bric à bracs de broques en briques d'ailleurs et d'ici, pour que personne ne se reconnaisse
bonne lecture
prenez soin de vous et de tout en pansant en vous, autour de vous
L'impitoyable aujourd'hui / Emmanuelle Loyer

L'impitoyable aujourd'hui 

Emmanuelle Loyer 

Flammarion, septembre 2022

 

Ce livre est sorti à point nommé, alors que, suite au livre-labyrinthe Et ton livre d'éternité ?, je remets en question, en perspective, la plupart de mes croyances, de mes paradigmes historiques, scientifiques, métaphysiques, politiques et idéologiques.
Cela me fait du bien de voir s'effondrer ou basculer « mes » croyances, convictions, certitudes d'une soixantaine d'années. À 82 ans, tabula rasa. On ne sait rien. Grande humilité pour accepter le miracle de la naissance, le mystère de la mort, pour vivre la vie avec gratitude, pour respecter la vie dans sa diversité et son unité.

De ce champ de ruines, je ne sors pas effondré mais animé du projet : quoi à la place ?

Ayant pris conscience 

que tout est croyance, les certitudes ou vérités dites scientifiques, les preuves ou faits historiques, les arguments philosophiques et métaphysiques, les convictions politiques et idéologiques

que tout est récit, que ce que je prends pour le réel est l'effet du récit que je tiens sur ce que je crois être le réel et qui l'engendre

que ce sont les mots que j'emploie qui crée le réel, que les mots ne sont pas les traducteurs d'un réel pré-existant, objectif, extérieur

alors la tache devient celle-ci : quel récit veux-tu tenir aujourd'hui puisque tu es l'auteur du récit qui va donner sens ou valeur à ta vie, présence à ton réel ? Quels mots veux-tu utiliser pour créer ton réel ?

 

L'essai d'Emmanuelle Loyer ne répond en aucune façon à cette invention, fabrication du réel que je désire par les mots que j'utiliserai. Il a par contre un pouvoir de remise à l'heure des pendules. Les grands récits, récit national par exemple, s'effondrent, grâce à des frondeurs, des chercheurs de l'autre face des Lumières, des points aveugles des éclairages enseignés, appris sans grand esprit critique. Car il faut du temps pour que les ombres, les fantômes mis sous le tapis se fassent entendre. La révolution française est-elle vraiment une révolution libératrice, émancipatrice ? Liberté, égalité, fraternité, à quels prix ? Avec quels effets dans le monde ? La révolution industrielle anglaise est-elle la continuation technique et économique de la révolution politique française ? D'où vient la croyance au progrès ? D'où viennent les deux guerres mondiales de la 1° moitié du XX° siècle ? Devant ce qui s'appelle 

l'accélération de l'histoire au travers de la modification agressive des frontières dans l'Europe commencée avec l'aventure napoléonienne, suscitant par effets-boomerang la naissance de nationalismes revanchards, 

l'accélération des inventions techno-scientifiques, bouleversant en permanence le quotidien des gens, y a t-il de la résistance, de la résilience, de la survivance ? 

Quelles formes ont pris les manières de ne pas vivre avec son temps ?

 

Emmanuelle Loyer, historienne, ethnologue, lectrice d'oeuvres littéraires nous emmène chez le dernier des Mohicans avec Fenimore Cooper, le dernier trappeur de la taïga, Derzou Ouzala avec Vladimir Arseniev, dans l'île de Sakhaline avec Anton Tchekhov, en Amazonie, chez les Nambikwara avec leur dernier témoin Lévi-Strauss, chez ceux qui sont arrivés trop tôt ou trop tard, les déçus de l'histoire ayant perdu leurs illusions, n'ayant que la peau de chagrin de l'Histoire, ambivalents par rapport à l'Histoire au présent (Chateaubriand, Stendhal, Hugo), dans certaines campagnes françaises, à Nohant dans le Berry chez George Sand devenue grand-mère et sorcière après avoir créé et animé La Cause du peuple (3 N° en 1848), à Minot dans le Doubs où disparaissent les vieilles façons de dire et de faire de la laveuse, la couturière, la cuisinière avec Yvonne Verdier, sur l'Èvre, un affluent méconnu de la Loire avec Julien Gracq, dans l'empire austro-hongrois de La marche de Radetzky avec Joseph Roth, à Donnafugata en Sicile à l'achèvement de l'aristocratisme avec Giusepe Tomasi Lampedusa, à Gagliano où le Christ n'est jamais arrivé avec Carlo Lévi et Ernesto De Martino, à Višegrad sur le pont Mehmed Pacha Sokolović franchissant la Drina avec Ivo Andrić, en Angleterre dans les châteaux gothiques et maisons hantées de Marie Shelley, pendant que le temps devient horloger avec la mécanisation des métiers à tisser, modifiant le temps du sommeil avec Edward Palmer Thompson et Jacques Rancière, en Russie à Borodino dans Guerre et Paix de Tolstoï où Napoléon est vu par l'oeil de son serviteur, par le petit bout de la lorgnette évoquant le petit homme de la boucherie (le mot est dans le roman) et non le grand stratège et où avec Koutouzov, on saisit les mille et unes micro-décisions décidant du sort d'une bataille et d'une armée en déroute, boucherie produite par l'exaltation patriotique des nationalismes en formation et produisant des fous se prenant pour Napoléon, des hallucinés ayant l'angoisse de perdre la tête, d'être décapités (la terreur fut un gouvernement des émotions par les émotions, un déchaînement paranoïaque de politique dite de salut public), en Russie soviétique à Stalingrad avec Vie et destin de Vassili Grossman, en Allemagne année zéro avec Winfried Georg Maximilian Sebald, à Berlin à l'arrivée des troupes soviétiques avec une femme anonyme, dans une ville, aujourd'hui ukrainienne, Lviv, d'où sont issus les inventeurs (Hersch Lauterpacht, Raphaël Lemkin) de deux concepts juridiques : crime contre l'humanité, génocide (18 ans après ce qui s'appellera génocide arménien, décrit par Frantz Werfel dans Les Quarante Jours du Musa Dagh paru en 1933), Lemkin mettant le doigt sur le propre de cette guerre totale « cette guerre n'est pas menée par les nazis seulement pour des frontières mais pour transformer l'humanité à l'intérieur de ces fontières. », sur deux siècles (XIX-XX°) pour terminer par la longue durée étudiée par certains historiens (Lucien Febvre, Fernand Braudel), par la spécificité du temps des isolés (Proust dans sa chambre, Barthes au sanatorium), par la vieillesse vécue comme vita nova pendant une vingtaine d'années par George Sand ou Colette (L'étoile Vesper, 1946) ou Vita Sackville-West (Toute passion abolie, 1933), et par le voyage Dans la nuit et le vent de Patrick Leigh Fermor, 19 ans en 1934, parcourant entre 1933 et 1935 à pied et en diagonale, du nord-ouest (Rotterdam) au sud-est (Istanbul), en suivant deux voies fluviales, le Rhin puis le Danube, la face européenne de la Terre dont Bruno Latour fait un être vivant avec l'hypothèse Gaïa. 

 

Cet essai est tellement riche (l'énumération qui précède en donne un aperçu) que je ne cherche pas à en rendre compte, renvoyant chacun à sa lecture éventuelle.

L'impitoyable aujourd'hui / Emmanuelle Loyer

Par contre, oui, tenter de dire quels mots je souhaite utiliser pour créer le réel dans lequel je désire vivre.

Et ce seront d'abord les mots de Lévi-Strauss, le témoin triste disant dans Tristes tropiques « Le monde a commencé sans l'homme et s'achèvera sans lui. » Mais ce constat, né de l'opposition entre les sociétés froides, les sociétés premières, et les sociétés chaudes (la civilisation moderne née à la Renaissance), particulièrement entropiques, désagrégatrices ne doit pas nous empêcher de jouer notre partie et de la jouer le mieux possible. Là Rousseau est préférable à Descartes. Celui-ci exprime les certitudes du moi (je pense donc je suis), Rousseau exprime la sortie des évidences du moi, l'identification à autrui, la pitié, aujourd'hui, on dirait la compassion ou l'amour inconditionnel (je panse donc je suis, je prends soin). « La conscience de la vanité du sens n'est pas un extincteur de la quête de compréhension, la conscience de la finitude n'est pas un découragement à l'action. » p.125

En 1976, Lévi-Strauss propose à la commission des lois de l'Assemblée Nationale, une charte du vivant, une réforme de la morale et de la politique fondée sur la beauté du monde et sa caducité. La valeur de toute chose est dans son irremplaçabilité. Il faut célébrer les choses mêmes en dehors de l'usage ou de la perception du sujet, dans la réconciliation de la morale avec l'esthétique et de l'homme avec la nature, dans le respect de tout ce qui naît, vit, meurt, de la bactérie à la galaxie en expansion accélérée, du virus au trou noir glouton.

Ce respect intègre le respect de soi, l'estime de soi, l'acceptation, l'affirmation de mon caractère irremplaçable, l'acceptation de mon unicité, de ma singularité.

D'où l'interrogation : Au lieu de se demander « qu'est-ce que je veux de la vie ? », une question plus puissante est : « qu'est-ce que la vie veut de moi ? ». Eckhart Tolle

 

En ce qui me concerne, j'opte pour une curiosité à 360°, circulaire horizontale, sphérique toutes directions, de la bactérie aux galaxies, des virus à nous et nous, à moi et moi,  à je et je est un autre,  à toi et tu...

L'infinie variété du vivant me passionne, l'infinie diversité des humains aussi.

Tout accueillir, tout ce qui se manifeste, sans jugement, sans tri, du salaud au saint, du monstrueux au sublime (il y a du monstre, du sublime, du normal, du foldingue... dans tout humain) ; si ça se manifeste, c'est que c'est nécessaire (y en a qui appellent ça hasard) 

qui suis-je pour trier ? ça c'est bon, ça c'est mauvais ?

du miracle de la naissance au mystère de la mort, se vivre comme goutte dans l'océan-comme océan dans la goutte, comme agitation des vagues de surface-comme immobilité des profondeurs

la VIE comme vibration information énergie

 

 

Le temps du confinement fut un temps de révélation de l'essence-ciel pour certaines et certains.

Le temps du confinement fut un temps de confinement pour tout un chacun du monde

dans la ronde arrêtée du monde

un temps imposé d'isolement par les pouvoirs du monde mais pas sur la ronde du monde

une prison mondiale pour humains, mais pas pour animaux, végétaux, minéraux

chacun chez soi, chacun pour soi

(à chacun de se situer entre les extrêmes de ces deux expressions pouvant comprendre tout le monde, chacun dans sa singularité de situation, de confortable à insupportable, chacun dans sa spécificité d'être, d'altruiste à égoïste)

avec rares autorisations de sorties pour s'approvisionner, s'oxygéner

sans pénurie organisée sans chaos engendré

sans insurrections provoquées sans révoltes spontanées

un parmi huit milliards de prisonniers soumis volontaires

nourris, blanchis, chauffés, « protégés » du virus

né d'une soustraction CAC 40 - COP 21 = COVID 19

facteur d'évolution comme tout virus mutant de variant en variant

contre lequel big pharma était en « guerre » totale

contre lui COVID 19 qui nous avait mis en grève générale

un parmi huit milliards

faisant ce qu'ils voulaient de leur temps d'isolement diversement vécu

faisant ce qu'il voulait de son temps de solitude aimée, oh oui, bien aimée !

même la route passant en dessous de chez lui avait été fermée pour deux ans

pas de travail contraint, de télé-travail

pas de travaux forcés d'intérêt général

découvrant ainsi la liberté intérieure, la fluidité de l'impermanence gommant la rigidité de toutes ses identités, découverte par bien des prisonniers avant lui

prisonniers dans des prisons d'états, dans leur propre prison ou celle d'une maladie, asile d'aliénés, sanatorium de tuberculeux

et qui ont soigné un peu le monde en souffrance parce que s'étant remis synchrones avec leurs rytmes internes et externes (coeur, respir, cycles journaliers, saisonniers...)

découvrant sa liberté créatrice jusque-là potentielle, l'activant, en usant

faisant ainsi de lui non un homme parmi huit milliards d'humains

vivant au petit bonheur la chance au gré des circonstances, des influences

mais un homme singulier, nécessaire car seul à créer ce qu'il créait dans l'humilité et l'intimité, au secret

par un petit pas de côté, un petit glissando de travers, un petit rire sur lui - on n'en finit pas avec l'enflure du moi-je-moi-je -, une larme d'empathie pour le virus traqué dans les labos

ils furent quelques-uns à découvrir un autre usage du temps consistant à prendre le temps, à faire comme si le temps était éternel

plus de compétences à avoir, d'originalité à exhiber, de domination à exercer, plus de temps compté, émietté, mesuré


 

du temps prenant son temps

c'est ce que quelques-unes redécouvrirent

que le temps c'est le présent, que c'est un présent

car c'est depuis toujours, le temps des femmes, le temps de l'attention au présent, au présent de l'enfant en demande, au présent de la vieille en souffrance

découvrir que l'éternité est dans le moment présent

pas dans regrets et souvenirs du passé

dans projets et désirs de lendemains qui chantent et dansent

ce fut ce qui jaillit de la prison mondiale


 

il n'y a rien à ajouter, rien à retrancher au monde

il n'y a rien à juger, rien à séparer

le bon grain de l'ivraie, le bien du mal, le beau du laid, le doux du cruel

tout est déjà là, dans sa diversité, ses contrariétés, ses complémentarités

avec ses effets-miroirs

l'autre détesté c'est moi, l'autre aimé c'est moi

et si tu me détestes, c'est toi et si tu m'aimes, c'est toi

tout est à cueillir, accueillir, recueillir

tout est partageable, tout est à partager

depuis je chante sans forcer la voix, léger comme murmure de filet d'eau, danse avec l'absente dans mes bras ouverts, goûte à ma cuisine-maison, déguste mes breuvages et infusions, redécouvre pissenlits, roquettes, herbes sauvages, baies de myrte, olives, champignons de mon terrain non cultivé

ils et elles chantent ; quelques-uns, quelques-unes ; les autres continuent à s'affronter

ils et elles dansent ; quelques-uns, quelques-unes ; les autres continuent à s'entr'envier

les quelques-uns ne croient même pas utiles de garder traces écrites, dessinées, peintes de leurs bonheurs

ce sont des bonheurs minuscules de vies minuscules centrées sur l'essence-ciel

ils se regardent, s'enlacent, s'embrassent, se caressent

ils se sentent regardés, enlacés, embrassés, caressés par tout ce qui existe, vit, meurt de la bactérie à la galaxie en expansion, du virus au trou noir glouton

ils sont en lien, reliés

ils tissent la tapisserie mystique de la dame à la licorne

ils sont un point à l’endroit, un point à l’envers de la grande tapisserie cosmique

les fleurs séchées égrènent leurs graines

de nouvelles germinations engendreront de nouvelles floraisons

le temps du confinement en prison mondiale a été pour certaines et certains le temps de la libération de leur puissance créatrice, génitrice de leur liberté intérieure, inaliénable.


 

Jean-Claude Grosse, le 4 décembre 2022, Le Revest

 

 

La vision trinitaire de Jean-Yves Leloup, 83° graine de conscience, parcours gratuit sur inscription

De l’observation au silence 
On entre en sciences
en disant oui à l’être qui est ainsi. 
On entre en philosophie 
en disant oui à l’être qui est « Je suis ». 
On entre en Philocalie
en disant oui à l’être qui se donne en tout ce qui est et en tout ce que je suis.
On entre en sciences avec les sens et la raison.
On entre en philosophie avec les sens, la raison et l'intuition.
On entre en philocalie avec les sens, la raison, l'intuition et le cœur.
On entre en sciences
en faisant l'expérience de ne faire qu'un avec tout ce qui est (interdépendance).
Je suis cela !
On entre en philosophie
en faisant l'expérience de ne faire qu'un avec la conscience de tout ce qui est.
Je suis la conscience de cela.
On entre en philocalie
en faisant l'expérience de ne faire qu'un avec tout ce qui est, consciemment et amoureusement.
J'entre en sciences quand « je vois » que tout cela existe, 
et cela est Vrai.
J'entre en philosophie quand « je vois » la conscience qui voit que tout cela existe 
et cela est Bien.
J'entre en philocalie quand « je vois » que tout cela existe, quand je suis la conscience qui voit que tout cela existe et nous est donné 
et cela est Beau !
J'entre en sciences lorsque j'observe et m'étonne de tout ce qui est.J'entre en philosophie lorsque Je m’émerveille de ma conscience de tout ce qui est, et de la conscience que je suis.
J'entre en philocalie lorsque je suis dans la gratitude d'être, et de devenir la conscience et l'amour que je suis, lorsque je remercie tout ce qui est d'être et de devenir « ainsi ».
On entre en sciences en disant : « cela est ».
On entre en philosophie en disant : « Je suis ».
On entrant en philocalie en disant : « je t'aime ».
A un ami qui vient de mourir :
Lorsque j'entre en silence, maintenant ou à l’heure de ma mort,
le scientifique que je suis deviens tout ce qui est :
poussière parmi toutes les poussières, étoile parmi les autres étoiles.
Lorsque j'entre en silence maintenant et à l’heure de ma mort, 
le philosophe que je suis deviens ce qu'il est depuis toujours, conscience au cœur de la conscience, lumière au cœur de la lumière.
Le poète (le croyant ou le pratiquant de la philocalie) que je suis, deviens l’Agapé qui donne l’être à tout ce qui est et qui m'a donné l'être que j'étais, que je suis, que je serai.
Lorsque j'entre en silence maintenant et à l’heure de ma mort,
j'entre en parousie, plénitude de la présence, « aïn sof », « sans limites ».
Je découvre le silencieux amour partout et toujours, là, depuis toujours et pour toujours…
ah !
oui !
merci !
a o m …
 
l'accueilleuse-guérisseuse et le chasseur, en cours d'écriture, j'ai le chasseur, manque la guérisseuse

l'accueilleuse-guérisseuse et le chasseur, en cours d'écriture, j'ai le chasseur, manque la guérisseuse

l'éternité est épuisée / le livre d'éternité est à livrer
l'éternité est épuisée / le livre d'éternité est à livrer

l'éternité est épuisée / le livre d'éternité est à livrer

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Là où ça prend fin ?

28 Novembre 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #FINS DE PARTIES, #pour toujours, #écriture

12 ans 29 novembre 2010-29 novembre 2022

une histoire de la vraie vie : voyage à trois couples au Maroc en camping-car, sans doute 1978, on s'offre une balade à pieds (en snob d'aujourd'hui, ça donne trek) de 3 jours, 2 nuits dans les gorges de la vallée du M'Goun (Haut-Atlas) avec mulets, guides; le 1° soir, les guides nous proposent un méchoui de chevreau; les trois mecs sont enthousiastes, les trois femmes protestent si violemment, menaçant les mâles de divorce (on entend les chevreaux ligotés par les guides chevroter) que les trois mecs renoncent; guides dépités, ambiance cassée; au petit matin, soulevant les pierres sur lesquelles on a reposé nos têtes de mâlades, des scorpions énormes, frayeur rétrospective, rires des guides, rire général; les deux jours suivants, on a respecté le rythme des femmes s'arrêtant souvent, chantant, dansant dans l'eau

je n'ai pas été l'épitaphier d'Annie à Corsavy, juste sa photo prise en juin 2008 ; je prépare un parcours de vie avec photos, séquences super-8 des années 1965-1970; Katia a réalisé un magnifique montage La danseuse amoureuse de 7'57" destiné à rester privé; j'ai filmé 1'49" du dernier respir d'Annie,  privé aussi 

deux poèmes

Élévation

Un jour enfin nous marcherons
le long des rivages tant désirés
héritiers insatisfaits d’un passé loin des côtes
étonnés de nous retrouver face au grand Océan
Avec la montée sur les falaises
nous abandonnerons de vieilles peurs de vieux espoirs
Tu auras renoncé à remonter aux grandes houles de tes origines

à affronter les fables délicieuses de ta généalogie
J’aurai renoncé aux nostalgies de paradis et d’âges d’or
éloigné de toute maîtrise comme de toute servitude
vivant la vie sans hurler à la mort ni aboyer à la lune
Ce sera si simple de prendre
nus un bain d’écumes le matin
Nos corps se dilateront
Notre âme s’enchantera
Quand nous reviendrons au bord
des sourires ensoleillés s’échangeront
Étourdis nous nous découvrirons aimants
En raison nous nous voudrons parfaits amants
donneurs de voix à des enfants de papier
ouvreurs de voies à nos enfants de chair
jusqu’à épuisement de nos jours et de nos nuits

01/07/1967 Le Quesnoy

 

La levée

Je t’ai connue lumineusement étonnée
et nous avons été emportés par les tourbillons

qui soulèvent jusqu’à la légèreté de l’être
Je t’ai connue farouchement préservée
et nous avons été emportés par les tourbillons

qui creusent jusqu’au malaise de l’âme
Toi que j’accompagne et qui m’accompagnes
franchissons le cap de nos 33 ans tous voiles levés
sur nos corps abîmés sur nos cœurs apaisés

Cultivons l’apprivoisement lent
de nos tourments de vieillissants destinés au mourir
Nos enfants sont grands maintenant
Sur les routes pavées de mépris
de profit et de haine
comme nous ils ne marchent pas
Comme nous ils ont choisi les sentiers
où l’on ne passe qu’un à la fois
que l’on ne trace qu’une fois
Il y faut pour cheminer
l’insolente patience
l’inépuisable confiance
l’amour de sa vie
C’est ce que nous leur avons transmis
C’est de nous ce qu’ils ont appris
La levée peut avoir lieu

 

01/07/1999 Le Revest

années super-8 (captures d'écran à partir de La danseuse amoureuse de Katia Ponomareva)
années super-8 (captures d'écran à partir de La danseuse amoureuse de Katia Ponomareva)
années super-8 (captures d'écran à partir de La danseuse amoureuse de Katia Ponomareva)
années super-8 (captures d'écran à partir de La danseuse amoureuse de Katia Ponomareva)
années super-8 (captures d'écran à partir de La danseuse amoureuse de Katia Ponomareva)
années super-8 (captures d'écran à partir de La danseuse amoureuse de Katia Ponomareva)
années super-8 (captures d'écran à partir de La danseuse amoureuse de Katia Ponomareva)
années super-8 (captures d'écran à partir de La danseuse amoureuse de Katia Ponomareva)
années super-8 (captures d'écran à partir de La danseuse amoureuse de Katia Ponomareva)
années super-8 (captures d'écran à partir de La danseuse amoureuse de Katia Ponomareva)

années super-8 (captures d'écran à partir de La danseuse amoureuse de Katia Ponomareva)

"Je ne fige pas les gens dans mon scan." On adorait danser, ici le 21 juin 2008 pour les 60 ans de la meilleure amie d'Annie, Maïté, à Lille
"Je ne fige pas les gens dans mon scan." On adorait danser, ici le 21 juin 2008 pour les 60 ans de la meilleure amie d'Annie, Maïté, à Lille
"Je ne fige pas les gens dans mon scan." On adorait danser, ici le 21 juin 2008 pour les 60 ans de la meilleure amie d'Annie, Maïté, à Lille
"Je ne fige pas les gens dans mon scan." On adorait danser, ici le 21 juin 2008 pour les 60 ans de la meilleure amie d'Annie, Maïté, à Lille
"Je ne fige pas les gens dans mon scan." On adorait danser, ici le 21 juin 2008 pour les 60 ans de la meilleure amie d'Annie, Maïté, à Lille
"Je ne fige pas les gens dans mon scan." On adorait danser, ici le 21 juin 2008 pour les 60 ans de la meilleure amie d'Annie, Maïté, à Lille
"Je ne fige pas les gens dans mon scan." On adorait danser, ici le 21 juin 2008 pour les 60 ans de la meilleure amie d'Annie, Maïté, à Lille
"Je ne fige pas les gens dans mon scan." On adorait danser, ici le 21 juin 2008 pour les 60 ans de la meilleure amie d'Annie, Maïté, à Lille

"Je ne fige pas les gens dans mon scan." On adorait danser, ici le 21 juin 2008 pour les 60 ans de la meilleure amie d'Annie, Maïté, à Lille

"Je ne fige pas les gens dans mon scan."
Ouah... Par ces mots elliptiques, un jour, ou plutôt une nuit, une femme me claque la porte sur une nostalgie naissante. En même temps, elle m’ouvre des perspectives. 
Comment cette phrase est-elle venue ? Quand j’exprimais des possibles regrets sur l’issue d’une soirée, plusieurs jours après qu’elle ait eu lieu. La réplique fut donc : « "Je ne fige pas les gens dans mon scan."
Pan sur le pif ! Me voilà penaud, petit gamin, face à une phrase qui n’est pas de mon siècle.
Qu'importe son sens réel. Je la traduis alors ainsi : « Tout moment réalisé est parfait. »
Cette superbe injonction, qui devient positive, rompt avec les notions de regret et de nostalgie. Ce qui a été était parfait en fonction des conditions présentes. Tout est parfait.
Vouloir retisser ces conditions, en esprit, est entrer dans une hypnose négative, s'empêtrer dans un moment chu, dans un temps passé réinventé au lieu de profiter du moment présent.
Songer que le moment était parfait, indépendamment de ce qu'il était, est profiter de l’instant qui suit, ouvert et non fermé, aéré et non en bouteille. Un autre instant qui sera parfait et pourra se dérouler autrement, ou non. Mais plus probablement oui, car l’apprentissage de la liberté rompt les amarres. Un instant plus actif. Plus en mouvement.
Sans le regret, on peut jouir de l'instant parfait (même dans l'insatisfaction) pour entrer dans un autre moment plus parfait. Autrement parfait. Une jouissance aérienne, d’oiseau.
Dénué de tout regret, la vie s’élargit, s’ensoleille.
§
Plus tard, comme dans une ellipse qui prend puissance et va de l’avant en se croisant elle-même, je suis revenu sur la fameuse phrase elliptique : "je ne fige jamais les gens dans mon scan".
Qu'est-ce qu'un scan ? C'est exactement ce qui fige les données en un instant. 
Un scan qui ne figerait pas serait un scan quantique qui pourrait visualiser les différents états de la personne avant qu'un se soit figé, ou réalisé, ou chu, dans ce qui s’appelle en physique une réduction de la fonction d'onde. 
Pendant que nous devisions, en nous flairant à la fois, la créatrice de cette formule m'avait parlé de Georges Steiner que j'adore, le premier à m'avoir introduit à la notion de polysémie, cette multitude de sens que peut avoir un mot ou une phrase. 
Cette notion de polysémie est au cœur de la physique quantique et des théories holistiques où chaque individu englobe et redistribue le tout.
D'où la puissance de cette phrase plus oxymorienne que contradictoire: "je ne fige jamais les gens dans mon scan."
Ne juge pas, même tes actes passés.
Thierry Zalic
 
Thich Nhat Hanh, une conférence du 2 avril 1996
Respire, tu es vivant ...
Donc chaque fois que vous avez une énergie négative comme la jalousie, le désespoir ou la peur, alors la pleine conscience doit se manifester pour prendre bien soin de cette énergie négative. 
Si vous ne voulez pas que cette énergie vous détruise, touchez la graine de la pleine conscience et invitez-la à s’épanouir ; embrassez tendrement votre douleur. Quand une maman entend son bébé crier, elle pose ce qu’elle est en train de faire, elle entre dans la chambre et prend le bébé. 
Une maman sait ce qu’est l’énergie de la pleine conscience ; dès le moment où l’enfant est dans ses bras, cette énergie de sagesse commence déjà à pénétrer son corps. La maman ne sait pas encore ce qui ne va pas avec le bébé, mais par sa présence, il obtient déjà un soulagement. Ensuite la maman naturellement pratique le regard profond et il lui faut seulement deux ou trois minutes pour se rendre compte de ce qui ne va pas avec le bébé : peut-être que ce sont les couches, peut-être que le bébé a une petite fièvre, peut-être qu’il a faim. . . Alors la compréhension vient et la maman peut transformer la situation...
C’est la même chose avec la méditation. Quand nous avons une douleur en nous, la première chose est de générer l’énergie de la pleine conscience pour embrasser et prendre soin de cette douleur, pour générer de l’amour, de la tendresse et de la compassion.
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ce 29 novembre 2021, à 21 h, 11° année du passage de la mouette à tête rouge, l'épousée, qui par sa question lors de son admission à l'hôpital Sainte-Anne, le 29 octobre vers 19 h: je sais que je vais passer, où vais-je passer ? me mit sur le chemin qui m'a conduit au livre d'éternité, livré à l'imprimeur, ce vendredi 26 novembre, pour parution le 14 février 2022

1 – La question (question de vie et de mort) Livre II du livre d'éternité

Imagine, tu vas à l’hôpital pour rencontrer le chirurgien. Il veut t’informer des résultats des investigations effectuées depuis 9 H du matin sur l’épousée. Il est 18 H.

− nous avons découvert un carcinum de 5 cm dans le cervelet de votre épouse

l’épousée, docteur. C’est quoi un carcinum, docteur ?
− une tumeur. À cette étape, on ne sait pas si elle est bénigne ou maligne

− je l’ai amenée pour des douleurs insupportables dans le dos et des vomissements de bile

− oui mais l’urgence, c’est le carcinum. Elle sera opérée demain, au cervelet, j’ignore l’heure. Rassurez-vous : tout va bien se passer. Allez voir l’épousée – c’est joli votre appellation – et rassurez-là

− vous êtes un drôle, docteur. Je dois me rassurer et rassurer l’épousée

− il vaut mieux être rassuré et rassurant dans ce genre de situation. Moi, j’ai l’habitude. Je ne saurais pas vous dire ce que vous devez faire et comment le faire mais c’est nécessaire que vous installiez l’épousée dans un climat de calme et de confiance

Imagine, te voilà missionné : instaurer un climat de calme et de confiance entre l’épousée et ce qu’elle va affronter, une trépanation, l’ouverture de sa boîte crânienne, au niveau du cervelet, pour ablater le carcinum.

Il imagine le trépan, entend le bruit du foret, les craquements de la boîte osseuse, ressent les vibrations, il a comme une nausée, le ventre secoué par des spasmes intestinaux. Il s’installe sur un fauteuil du couloir desservant la chambre de l’épousée, respire profondément, calmement comme il a appris dans des séances de gymnastique douce. Il peut enfin entrer dans la chambre, croisant l’anesthésiste venu visiter la patiente.

− elle vous attend

Souriante, elle l’accueille.

Je sais que je vais passer. Où vais-je passer ?

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livré à l'imprimeur le 26 novembre; au départ, une question : je sais que je vais passer; où vais-je passer ?

livré à l'imprimeur le 26 novembre; au départ, une question : je sais que je vais passer; où vais-je passer ?

scène 4 – Le narrateur

On est le 29 novembre 2010. Dans la chambre N° 8 des soins continus. L’épousée y est depuis 8 jours. Elle est dans le coma depuis le 25 novembre. Le 23 novembre, un pet-scan a révélé où se situe le cancer primitif, dans l’utérus, avec métastases dans un ganglion, dans les vertèbres lombaires et au cervelet. Une grenade explosive dans le corps de l’épousée. L’épousé a révélé le résultat à l’épousée. L’oncologue qui a étudié le dossier ne donne pas plus de six mois d’espérance de vie dans le meilleur des cas si l’épousée sort de son état critique entre la vie et la mort. Son gynécologue n’avait rien décelé par échographie quelques mois auparavant. Quand le cancer s’est-il déclenché ? Attendait-il son moment ? Quand s’est-il mis à flamber ? Des questions sont sans réponse : pourquoi un cancer de l’utérus – lieu de la femme-mère ? quelle est la part du choc provoqué par la disparition du fils, 9 ans plus tôt ? quelle est la part du traitement substitutif pris depuis 12 ans par l’épousée, voulant rester femme, jeune, belle ? et la peur de la retraite, prise presque contre son grè ? la peur de vieillir tout en rêvant d’être une grand-mère aimante et drôle ? la peur de mourir d’un cancer depuis des années ? la charge du père ? l’ambivalence vis à vis de ce père qui enterre tous les siens, survivant à tous les deuils ? le conflit, à la limite de la rupture, avec l’épousé à propos du père à charge ? pourquoi l’épousée est-elle en analyse depuis 30 ans ? a t-elle hérité de valises dans l’enfance, l’adolescence qui en ont fait une femme à s’étouffer d’angoisse, à se lever vingt fois dans la nuit pour uriner ? Il est 21 H. L’épousée est sortie de sa 13° apnée. Les précédentes apnées ont duré 1/4 H chacune. Elles ont commencé à 16 H. Cela fait 5 heures que la mère se bat. Elle n’est pas seule. À Baklany, depuis qu’elles ont été informées par i-phone, Koulbertichova et les sœurs Gorenko se sont réunies sur la plage à l’endroit de chute de la mouette. Elles ont allumé un grand feu. Il est sept heures de plus, donc déjà 4 H du matin, le 30 novembre. Koulbertichova prépare des plantes de la forêt qu’elle pile et mélange. Elle étale le mélange sur un plateau, le secoue comme un tamis. Les poudres se dispersent. Elle trace à chaque apnée, un chemin, avec son index gauche, inhale trois pincées, absorbe trois pincées, boit trois gorgées d’eau du lac. Elle vocalise, kouarr kriièh kouêk, accompagnée par les sœurs Gorenko. Comme la première fois, elle cesse de respirer,

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out-of-the-body experience. Sur l’île aux mouettes, on entend un vacarme insoutenable : kouarr kriièh kouêk. Jamais, il n’a été si puissant, si effrayant. À l’hôpital, la fille met la poupée musicale Kitty en marche. Elle l’a mise en marche à chaque apnée. Chaque fois, l’épousée est sortie d’apnée.

Le père - disons-lui tout ce que nous avons à lui dire !

La fille - maman, on est tous là, avec toi ! ... commence, papa !

Le père - mon amour ! je te remercie pour ce que tu me fais vivre depuis un mois ! c’est si intense ! si éprouvant ! aujourd’hui, c’est encore plus violent ! je sens au plus profond le combat de la vie ! ta vie ! contre la mort ! ta mort ! oscillation ! hésitation ! respirer ! ne plus respirer ! cœur battant ! cessant de battre ! cerveau avec influx ! sans influx ! La vie simplifiée ! la mort simplificatrice ! l’apnée comme entre-deux ! mon amour ! entre la vie et la mort ! essai de la mort ! essai de trompe-la- mort ! c’est toi qui vas décider ! si tu décides de rejoindre tes morts ! pars sereine ! tu nous as laissé le temps de nous préparer ! d’accepter ! si tu décides de rester avec tes vivants ! nous serons heureux de te retrouver !

La fille - ah ! maman ! nos virées à Cannes au moment du festival ! comme on s’amuse ! des midinettes ! tu es d’un culot monstre ! au moment des projections ! pour te retrouver avec les stars ! Comme Nina ! Quel monde merveilleux ! Un seul sur un million reçoit en partage une vie intéressante, lumineuse, pleine de signification ... Tu aimes courser les acteurs que tu adores, pour un autographe ! ça marche ! papa ne veut jamais venir avec nous !

Le père - ... je n’aime pas ce cinéma !

La fille - et nos courses ! fringues ! décoration ! alimentation ! plantes ! nous choisissons ensemble ! j’adore ! comme on est bien ! ça va continuer maman ! tu te bats comme une mouette ! tu vas les avoir ! j’ai prévu de te faire danser avec ta robe de mariée ! Mouette ! dans mon prochain

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spectacle ! Nous sortons tous de la mer ! un spectacle sans mots ! sur la grossesse vécue par la mère ! son rêve d’enfant ! ... par le fœtus ! investi d’imaginaire ! ... sur l’accouchement ! ... la mère ! sa joie ! sa déception ! ... le nourrisson ! rejeté ! accueilli ! ... papa a pris de trop belles photos de moi avec toi ! après la tétée ! je sais que je t’ai déçue ! puis que tu m’as accueillie ! tu ne peux pas partir aujourd’hui ! maman ! c’est le jour de ma naissance ! je ne veux pas être ta maladie !

Le père - je note ! phrase terrible de notre fille ! je suis ta maladie ! ... mon amour ! je t’explique ce qui se passe ! tu as un excès d’eau dans le cerveau ! deux millilitres ! une goutte d’eau en trop ! drainage inefficace ! les médecins ne peuvent pas résorber les deux oedèmes de ton cerveau ! Nous avons dû décider ! retrait thérapeutique ! tu es seule ! sans aide médicale aucune ! sauf notre présence active ! sers-toi de tes ressources ! ... ma fille ! si ta mère part aujourd’hui ! ce ne sera pas à cause de toi mais à cause de la maladie ! je te dis même plus ! si la maladie l’emporte aujourd’hui ! c’est comme si ta mère te disait ! je te donne la vie ! ta vie ! c’est le jour de ta naissance ! je t’offre sans réserve ! tu es ma fille rêvée ! vis ta vie pleinement ! sans culpabilité ! tu n’es coupable de rien ! ... Dites-lui ce que vous avez à lui dire !

Le frère de la mère, artiste peintre - ma chère soeur, tu sais combien tu m’énerves ! toujours en retard ! à prendre ton temps ! aujourd’hui ! c’est une qualité ! prends ton temps ! trompe l’adversaire ! toi qui as affronté le scandale de la mort d’un fils ! et d’un artiste !... Quand je pense à ma vocation d’artiste, je n’ai pas peur de la vie dit Nina à Treplev ! Faut trouver sa vocation ! Ton fils ! le théâtre, l’écriture ! Moi ! le street art ! ... depuis peu ! je réalise des groupes de centaines d’aveugles en papier mâché installés aux endroits les plus fréquentés ! des séries nommées a certain vision of life ! des nains ! des géants ! des noirs ! des jaunes ! pas de normaux ! des obèses ! des anorexiques ! ... ça dérange ! c’est arraché ! vandalisé ! tagué ! ça fait bouger ! dans deux sens opposés ! donc ça bouge pas ! ... Ta vocation ? l’écoute des jeunes en mal d’amour ! Sans un peu d’amour de soi ! pas un peu d’amour possible pour l’autre ! aimez-vous les uns les autres ! c’est sans doute simpliste ! partage encore ton don pour l’amour ! nous sommes des aveugles en ce domaine ! dans tous d’ailleurs !

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Le vieil ami philosophe, 90 ans - je ne comprends pas bien ce qui se passe ! ma chère étudiante d’hier ! vous êtes magnifique ! vous avez un visage de jeune fille ! vous ressemblez par l’âme et la beauté à Elizaveta ! rencontrée cet été ! à Baklany !... comment Koulbertichova a-t-elle pu anticiper cette rencontre ? c’est sidérant ! aucune évidence là-dedans ! quoique ! ... ma chère amie ! vos apnées m’impressionnent ! comment votre corps, réduit à ses deux fonctions les plus vitales, respiration, circulation, peut-il faire preuve d’autant de résistance ? ma raison échoue à expliquer la dissociation des fonctions ! ... j’ai tenu à être avec vous en ces moments difficiles ! vous me faites vivre l’expérience quasi-physique du passage ! ça relève du mystère ! ça nous dépasse ! il faut accepter sans explication ! lâcher prise ! Koulbertichova en a donné la formule pour tous ! la paix est l’aile ! l’arme, l’amour !

Le père de l’épousée, 90 ans - ma fille ! ma chérie ! c’est ton père qui te parle ! j’ai retrouvé un peu de forces et tous mes esprits pour venir ! ça fait deux ans et un jour que vous m’avez accueilli chez vous ! j’y suis bien ! c’est bien pour un vieux con comme moi de savoir qu’on s’occupe bien de lui ! je marche dans le séjour avec le déambulateur ! arrêts sur photos ! je sais ! je prends Cyril, pour mon père ! je suis peu regardant ! baisers envoyés à ceux que j’ai perdus : mon père, ma mère, ma femme, un fils, un petit-fils ! j’ai vite compris ce qui t’arrivait ! j’ai attendu que ça passe ! que tu me reviennes ! faut pas te laisser aspirer ! j’en sais quelque chose ! 3 juillet 1940 ! cuirassé Provence à Mers el-Kébir ! nos amis anglais nous ont attaqués ! la soute à munitions est en flammes ! nous sommes sur le pont ! l’aumônier nous dit : vous devez mourir avec courage ! en hommes ! il nous bénit ! un marin se précipite dans la soute ! ouvre les vannes ! il périt ! nous sommes sauvés ! je n’ai jamais su le nom de ce marin ! 16 février 1942 ! le jour de mes 20 ans ! le transport de troupes qui nous emmène à Alexandrie est torpillé par un sous-marin italien ! en 10 minutes, tout a sombré ! je suis accroché à une poutre ! nous sommes une quinzaine ! je vois mes compagnons d’infortune sombrer l’un après l’autre ! pour rester en vie ! je mets parfois la tête sous l’eau ! pour m’effrayer et la ressortir ! vite ! je reste accroché 17 heures ! au moment où je vais céder, un navire anglais me repère et me repêche ! sors la tête de l’eau, ma fille ! sors l’eau de ta tête, l’eau en trop ! ! tu es entre la vie et la mort ! tu dois choisir la

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vie ! choisir ta petite-fille ! mon arrière petite-fille ! j’insiste ! je ne veux pas te visiter aux Champs-Élysées ! sur le plateau ! là-haut ! c’est trop haut ! il y en a déjà trop ! à toi de partir après moi ! le moment venu ! je dois pouvoir vivre toute ma vie ! tu comprends ?

Le narrateur - Tous sont dans la chambre N°8, debout, sauf les 90 ans, assis. Quatre chaises restent vides. À Baklany, Koulbertichova est toujours inanimée, en nage.

Le père - mon amour ! nous sommes tous dans ta chambre ! les vivants et les morts. Il y a la chaise vide de ta mère ! celle de Sylvain ! celle de Cyril. Ton père et notre vieil ami sont assis aussi. Ils occupent leur chaise ! tiendront leur place tant qu’ils le pourront ! en menant une vie prudente ! Ta chaise t’attend ! tu peux la laisser vide ou venir t’y asseoir ! Nous, nous t’attendons ! Viens occuper ta place ! Nous avons encore tant de choses à nous dire et à vivre ! ensemble ! Notre histoire d’amour sauce Psyché et Cupidon compte déjà 16 825 jours ! ne compte que 16 825 jours !

Shakespeare - ma douce Ophélie, tu es Verseau, verse l’eau de ton cerveau, ne bois pas sa voix d’eau, sa voie d’eau, ne te laisse pas enlacer par son corps d’eau, son cordeau, joue au cerceau d’eau, toi qui aimes faire des ronds dans l’eau avec les bateaux de Roro !

La fetite pille, 3 ans - mamie o ! o ! annie ! dodo bobo ! o ! o !

Le narrateur - Tout d’un coup, de l’eau sort de la capeline que la mouette porte sur la tête. L’oreiller est inondé. Au même moment, à Baklany, Koulbertichova vomit de l’eau frémissante.

La fetite pille - mamie annie o ! plus bobo o ! plus dodo !

Le père - ... encore une apnée ! mon amour ! ... j’essaye avec toi ! ... (lente inspiration, profonde)

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La fille - ... une apnée ! maman ! (lente inspiration, profonde) (tous les imitent)

Shakespeare - Ophélie ! va au profond de toi ! plonge dans le tourbillon pulsionnel ! la musique de la vie se joue avec du souffle ! la musique des mots ! avec du souffle expiré ! la musique des baisers ! avec du souffle inspiré ! il n’y a pas de musique de la mort ! c’est silence ! cesse de faire la morte ! belle et pure Ophélie de légende ! tes émanations d’amour ! nous voulons les respirer encore ! Allez ! inspire avec nous ! allez ! expire avec nous !

(Ophélie entre dans sa 14° apnée)

Le narrateur - Depuis le démarrage de l’apnée, tous, après une lente inspiration, retiennent leur souffle, ferment les yeux, s’immobilisent. Ils tiennent plus ou moins longtemps. La poupée Kitty fait entendre sa musique. L’épousée, soudain, sort d’apnée, après un hoquet d’une grande violence, elle crache du sang noir et fumant, elle émerge du coma, ses paupières s’agitent, sa main gauche serre la main droite de l’épousé. À Baklany, Koulbertichova sort de son rêve lucide. Elle crache du sang noir et fumant. Elle bave, éructe. Elle est trempée. Les sœurs Gorenko, en nage aussi, vocalisent kouarr kriièh kouêk. Sur l’île aux mouettes, le vacarme diminue d’intensité.

Shakespeare - Ophélie ! reviens ici-haut ! ta chaise t’attend ! Ne te laisse pas baiser par Hamlet ! Mourir ... dormir, rien de plus ... qu’il dit ! ... par ce sommeil nous mettons fin aux maux du cœur et aux mille tortures naturelles qui sont le legs de la chair : c’est là un dénouement qu’on doit souhaiter avec ferveur. Mourir ! dormir ! dormir ! peut-être rêver ! Moi, William Shakespeare, je te dis ! Mourir ce n’est pas dormir ! dormir ce n’est pas rêver ! ... Vivre ! ... Dormir ! ... Rêver ! c’est bien séparé ... ! Ophélie ! ta chaise ...

Ce ne sera pas ton dénouement, Ophélie ! Ta chaise t’attend ! Reprends ta place !

Le narrateur - L’épousée ouvre les yeux, sourit. Le brancardier de la

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morgue arrive, trop tard, trop tôt. Le personnel médical est sidéré. Le médecin réanimateur annule le PV du décès.

Ophélie - kouarr kriièh kouêk
(
tous poussent un profond soupir de soulagement, vocalisent kouarr kriièh kouêk, tous

embrassent la mouette, se pressent sur elle ! bienvenue !

à Baklany, la chamane Koulbertichova danse, les sœurs Gorenko vocalisent)

Le narrateur - Se peut-il qu’on ait affaire à une guérison due à la cérémonie chamanique ? Prendre à son compte la maladie de l’autre de la manière la plus participative, avec la plus grande humilité, comme Koulbertichova, éprouver aussi intensément, aussi sincèrement l’apnée de l’épousée comme les témoins actifs de la scène produirait-il cet effet de guérison ?

Shakespeare (hurlant pour l’obtenir) - ... Silence ! (puis chuchotant) ... Le reste ... c’est silence ...

pour le 40° jour,
pour le voyage de l’âme de notre mouette, 24 roses rouges pour le voyage de l’âme de la mouette, 24 roses blanches

Le narrateur – la guérison de l’épousée fut étudiée très attentivement par l’équipe des soins intensifs de l’hôpital. L’équipe conclut que le nombre des apnées (14), leur durée (jusqu’à 1H entre deux apnées, de 16 à 21 H) avaient sûrement déboussolés les cellules malignes, qu’elles s’étaient réorientées, qu’elles avaient fait le choix de l’apoptose, de se suicider, phénomène bien connu dans le monde vivant, des cellules se suicident pour permettre à l’organisme de vivre. Ils ne conclurent pas sur l’efficacité de l’empathie manifeste et manifestée à l’égard de l’épousée. Il n’était pas dans leurs compétences d’évaluer le pouvoir de la prière, le pouvoir d’un rituel sonore à 10.000 kms de distance, le pouvoir d’un puissant sentiment d’amour enveloppant de manière palpable la patiente. L’épousé et la fille déclarèrent à l’équipe que leurs conclusions étaient

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sans doute trop restrictives, qu’une approche plus holistique, intégrative de ce qui s’était peut-être passé pourrait aider les milliers de patients atteints de cancer. L’équipe répondit que leur priorité était les milliers de cas livrés à l’hôpital, sans soutien, sans environnement affectueux et pas l’exemplarité d’un cas de guérison miraculeuse.

L’épousé et la fille écrivirent un livre sur la guérison de l’épousée Là où ça ne prend pas fin. Ils ajoutèrent au constat, l’extraordinaire volonté de vivre manifestée par l’épousée pendant les 30 jours de son hospitalisation, contredisant sa question initiale

Je sais que je vais passer. Où vais-je passer ?

hommage à Annie Grosse-Bories en ce 29 novembre 2021 by Katia Ponomareva

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deux livres essentiels sur Hamlet; 3 livres dont les écritures sont de sangs mêlées
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deux livres essentiels sur Hamlet; 3 livres dont les écritures sont de sangs mêlées

deux livres essentiels sur Hamlet; 3 livres dont les écritures sont de sangs mêlées

Je raconte un échange téléphonique avec Marcel Conche que j'ai eu sur deux jours les 25 et 26 novembre 2019; je lui parle de la mort => lui : je retourne à la nature; moi : à la nature naturée ? lui : oui; moi : pourquoi pas la Nature naturante; lui : si tu penses que tu retrouves la Nature naturante, c'est ta métaphysique, développe-là, argumente; et me voici sommé de devenir métaphysicien comme lui l'est devenu à partir de l'expérience de la souffrance des enfants, le mal absolu, expérience qui l'a amené à déconstruire toute la métaphysique théologisée et à retrouver la métaphysique d'avant Socrate, celle des physiciens, les philosophes de la phusis, la Nature, Anaximandre, Héraclite, Parménide...; moi, c'est à partir de la question de l'épousée, le 29 octobre 2010: je sais que je vais passer, où vais-je passer ? que je me suis mis à cheminer cahin-caha, en zigs et en zags; je l'avais amenée le matin aux urgences, une opération au cervelet avait été programmée pour le lendemain, 30 octobre, l'anesthésiste venait de passer, c'était vers 20 H; sa question était à ce moment-là irrecevable; je ne pouvais accepter qu'elle passe, que notre histoire se termine alors qu'elle venait de rentrer à l'hôpital, qu'elle allait être opérée le lendemain d'un carcinum au cervelet dont on ne savait pas s'il était bénin ou malin; on ne connaîtra le cancer primitif que le 23 novembre après un petscan, cancer de l'utérus, 4 jours après une deuxième intervention sur métastases au cervelet; sa question, à laquelle ensemble nous avons tenté de répondre en séparant corps et esprit, tout en étant personnelle, existentielle est en même temps universelle puisque chacun passe et peut-être tous aussi (mort de l'humanité); c'est donc à une question à valeur universelle qu'elle m'a confronté; elle m'a passé un sacré relais qui m'occupe depuis déjà 9 ans et qui m'a fait varier dans mes tentatives de réponses 

JCG, 29 novembre 2019,

juré, pour les 10 ans du départ de la Mouette et pour mes 80 ans, ce sera GÉANT

ci-dessous, ce que j'ai écrit le 25 novembre 2020, qui tente de faire le point sur là où j'en suis de mon cheminement sans fin ?

le 25 novembre 2020

sur 12 personnalités du monde penser quantique citées par une plaquette de présentation

1. Stéphane Allix  2. Luc Bodin  3. Gregg Braden  4. Deepak Chopra  5. Jean-Jacques Crèvecoeur  6. Joe Dispenza  7. Grigori Grabovoï 8. Thich Nhat Hanh 9. Bruce Lipton  10. Lynne MacTaggart  11. Eckhart Tolle 12. Neale Donald Walsch

j’en connais 10, 6 en détail pour avoir lu des livres ou-et suivi des master-class, 4 superficiellement ;

cheminement « théorique » depuis 5-6 ans,

« pratique » depuis 2 ans dont une année de Qi Jong (le qijong mystérieux de la grande ourse);

cheminement amorcé par la question posée par ma femme, à peine entrée à l’hôpital (du 29 octobre au 29 novembre 2010, date de son départ) : je sais que je vais passer, où vais-je passer ?;

cheminement qui a donné L’éternité d’une seconde Bleu Giotto en 2014 (épuisé)

je constate que ma réflexion sur ce monde du développement personnel, de l’éveil spirituel évolue beaucoup
je ne me situe plus sur le terrain peut-on y croire ? quelles preuves ? j’évite de juger le côté marketing, forcing des plateformes, je vois bien la séduction des propositions: vivre la vie de ses rêves, réaliser ses rêves, développer ses pouvoirs...
je préfère pratiquer: quelles pratiques, comment les pratiquer ? (méditations de plusieurs sortes, cohérence cardiaque, activation ou inhibition de neuro-transmetteurs, élévation du taux vibratoire, auto-hypnose, tango argentin, qijong, hygiène de vie dont marche, hygiène alimentaire, soins du corps…); je vais essayer sous peu la voie du sentir de Luis Ansa
je note que des expressions comme changer de paradigme, monde en transition, masse critique des créatifs culturels faisant basculer le monde induisent une vision des choses, constituent un récit, une histoire à laquelle on croit, qu’on invente, qui invente peut-être un nouveau monde (« meilleur », ouvert, accueillant, bienfaisant) en inventant des gens travaillant sur eux (s’éveillant, s’élevant, se purifiant en se nettoyant, contrôlant leurs émotions, croyant en leurs pouvoirs, actifs, créatifs et ne se sentant plus impuissants, restant passifs, victimes) et constituant des égrégores positifs
et je me rends compte qu’il n’y a pas qu’un récit, qu’il y en a beaucoup, collectifs (religieux: animistes, chamaniques, polythéistes, monothéistes; idéologiques, philosophiques, sophistiques, scientifiques, scientistes, déterministes, quantiques, matérialistes, spiritualistes, sectaires, occultes, complotistes, souterrains, camouflés, oxymoriques, performatifs, cyniques…), individuels (coïncidences, synchronicités, destin, dessein, hasard, chaos, ordre-désordre, pleine conscience, pouvoir de l’intention et de l’attention, inconscient individuel, collectif…), qu’il n’y a sans doute que des histoires qu’on s’invente, créant ou non la « réalité » qu’on croit voir et vivre
et il me semble qu’il serait bon de lister chacun pour soi au moins quelques-uns de ces récits avec leurs hypothèses, leurs « preuves », leurs effets pratiques pour se demander quel est le récit qui me convient le mieux, dans lequel je veux m’inscrire (la dualité, la conscience unifiée...)
on échapperait peut-être ainsi aux effets de mode, on se créerait ainsi « son » récit, mixte de récits collectifs et de récit personnel
 
j’en suis au point où il me semble que je suis au plus près du vide quantique (potentiel de possibilités = conscience pure chez Deepak Chopra = le sans forme chez Eckart Tolle) quand je dors (sommeil profond ou sommeil paradoxal, je n’éprouve plus les limites de mon corps dans un espace-temps; que deviens-je au dodo, le temps de la petite mort) et que c’est dans la somnolence, la rêverie sans objet, sans pensée (si possible) qu’en régime diurne je suis au plus près de l’indétermination
 
car ce que je crois chercher en suivant mon corps plus fort que moi, c’est la dissolution des identités multiples dont je suis constitué, que je me suis fabriquées, dont on m’a affublé (multiplicité des rôles sociaux, souvent contradictoires et donc recherche de sens, de cohérence semble tâche infinie et peut-être inutile), identités qui me font vivre dans la séparation : toi différent de moi, séparé de moi, dissolution que j’appelle le non-jugement et le non-agir (je reviendrai une autre fois là-dessus puisque je suis éveillé environ 4 H sur 24, donc peut-être agis-je un peu)
vivre comme feuilles au vent suivant l’image d’Homère me paraissait du gâchis, j’aimais la sagesse tragique d’un Marcel Conche, j'aime la vision des choses d’un Deepak Chopra ou d’un Eckart Tolle; n’est pas cité dans le livret  Jean-Yves Leloup mais il n’est pas quantique 
je m’en vais de ce pas m’installer dans le fauteuil au soleil et me laisser somnoler, marmotte d’hiver songeant à répondre à la question posée par une d’âme dans un train fantôme glissant sur la surface gelée du lac Baïkal, ma dâme Alors, ton livre d’éternité, tu le rends quand ? (première version lue au Bateau Lavoir à Paris en octobre 2018)
 
À Le Revest, le 25 novembre 2020, 1 mois après mes 80 ans, 4 jours avant l'anniversaire des 10 ans du départ de la mouette à tête rouge

pourquoi souhaiter l'indétermination (via le sommeil, la somnolence) plutôt que l'identité ? parce que d'après ce que nous savons comme d'après ce que disent la plupart des traditions de sagesse, tout est relié, interconnecté et que par l'effet papillon, un événement ici entraîne un autre événement ailleurs donc si on pousse au bout, toute pensée, tout sentiment, toute émotion que j'éprouve n'est pas neutre, ne concerne pas que moi, ne m'est pas propre, que des effets sont provoqués, ma négativité renforce la négativité déjà existante, ma positivité renforce la positivité existante; je suis donc dans un univers participatif et co-créateur de cet univers; autant l'être quand on est au plus près de l'état quantique;  les programmes qui nous agissent ont été acquis entre le 6° mois de notre état de foetus et l'âge de 7 ans, sous onde téta, en quasi-hypnose, ce sont des programmes inconscients, subconscients venus de notre milieu familial, socio-culturel, programmes hérités de notre "éducation", de l'éducation reçue, très souvent coercitive, pour notre "bien", éducation à la performance, à toujours se dépasser qui paradoxalement nous apprend à ne pas nous aimer, à nous juger négativement en permanence; à partir de 7 ans, le néo-cortex ou lobe frontal entre en fonction, sous onde alpha, on pense, réfléchit, évalue, décide éventuellement de modifier le programme; il se trouve que 95% de nos programmes inconscients nous pilotent quasi-automatiquement, que nous tentons d'agir sur nous avec 5% de conscience; on ne fait pas le poids; d'où les thérapies nouvelles à base d'hypnose pour reprogrammer ce qui est inconscient

comment participer, être co-créateur ? si c'est la conscience, le récit que je tiens qui crée la réalité, alors la croyance a un pouvoir très fort; tu es malade, je souhaite ta guérison, je crois à ta guérison, je te crois guéri et tu guéris; le futur réalisé dans mon esprit ou mon coeur modifie ton présent de malade, te guérit; stop ! tu fais une lecture non-quantique de ce qui se passe, tu parles en 1° et 2° personnes, donc en termes séparés et c'est ton ego qui veut guérir l'être cher; plus ton désir de changer le monde est fort et plus ton pouvoir de le faire t'échappe; ce n'est pas comme ça que ça se passe, tu pries, ce n'est pas ta prière, tes mots qui comptent, ce qui compte c'est ce que tu crées en toi, par la prière durant des heures, le sentiment; le langage de l'action sur la matière c'est le sentiment, l'émotion; et le sentiment commun  comme force de la nature et comme expérience humaine, c'est la compassion; c'est elle qui relie toutes chosesau-delà des idées de mal agir et de bien agir, il y a un champ: je t'y donne rendez-vous dit Rûmi; ou selon les textes gnostiques de Dag Hammadi demandez donc sans motif caché et entourez-vous de votre réponse, soyez enveloppés par votre désir pour que votre joie soit complète; quand nous sentons que nos êtes chers sont guéris, que la paix du monde nous enveloppe, voilà le langage qui donne accès à toutes les possibilités, rendant possible le saut quantique, le passage d'un état à un autre; c'est parce que j'ai dans le coeur le sentiment de la guérison, de l'abondance et de la paix, c'est donc parce que j'ai dans le coeur, les réponses à mes prières qui sont sans attente de résultat, détachées du résultat, sans jugement sur ce qui devrait ou pas advenir qu'elles arriveront dans la réalité.

Je me signale à moi-même que dans le récit de mon cheminement, des expressions comme peut-être, il me semble introduisent un doute, laissent place au doute qu'il soit de nature scientifique ou de nature philosophique; ce faisant, mon récit m'éloigne du bonheur dans la soupe quantique où je suis un électron, ce qui m'amènera à retravailler la métaphore filée dans Histoire de places (2016), celle des balles de ping pong lancées sur la scène du monde pour achever Alors, ton livre d'éternité, tu le rends quand ?

JCG, le 27 novembre 2020.

On est en novembre 2020 et se dessine un voyage à Cuba du 10 septembre au 30 septembre 2021 pour les 20 ans, reprenant le périple de Cyril et Michel, en compagnie d'un réalisateur de FR3 Perpignan, ami de Michel, proposition faite à Corsavy par ce réalisateur le 17 juillet 2020. Cette proposition ne venant pas de moi, nous ferons ce pèlerinage, inventif, créatif.

Annie à Le Quesnoy en 1966 et en Grèce à Naxos; "Il y a peu, j'ai trouvé cette photo. Elle a été prise en Grèce, à Naxos  . Nous avions parcouru l'île à moto. Annie avait son petit rire frais des jours légers et cette envie de tout voir, de s'émerveiller de tout, jusqu'au moindre caillou. J'avais envie de la partager avec vous aujourd'hui." Maïté G.
Annie à Le Quesnoy en 1966 et en Grèce à Naxos; "Il y a peu, j'ai trouvé cette photo. Elle a été prise en Grèce, à Naxos  . Nous avions parcouru l'île à moto. Annie avait son petit rire frais des jours légers et cette envie de tout voir, de s'émerveiller de tout, jusqu'au moindre caillou. J'avais envie de la partager avec vous aujourd'hui." Maïté G.

Annie à Le Quesnoy en 1966 et en Grèce à Naxos; "Il y a peu, j'ai trouvé cette photo. Elle a été prise en Grèce, à Naxos . Nous avions parcouru l'île à moto. Annie avait son petit rire frais des jours légers et cette envie de tout voir, de s'émerveiller de tout, jusqu'au moindre caillou. J'avais envie de la partager avec vous aujourd'hui." Maïté G.

Me rendant avec l'ami François Carrassan chez l'ami Marcel Conche en Corrèze du vendredi 8 avril au lundi 11 avril 2016, nous avons écouté la première partie de l'émission La grande table sur France Culture le 8 avril 2016, consacrée au manuscrit retrouvé de Hamlet par Gérard Mordillat.

Hamlet, la pièce la plus célèbre du répertoire mondial, a toujours fait l’objet de nombreuses spéculations érudites, notamment au sujet d’une éventuelle version antérieure. Ces hypothèses seraient-elle en passe d’être levées ? C’est la conviction de Gérard Mordillat, qui présente ici la formidable découverte qu’il doit à un universitaire anglais excentrique, Gerald Mortimer-Smith. Grâce à ce dernier, Mordillat a eu entre les mains une version d’Hamlet inédite, précédant de toute évidence la plus ancienne connue : le fameux « proto-Hamlet », écrit à quatre mains par Thomas Kyd et William Shakespeare ! A partir de ce document désormais disparu, Gérard Mordillat a reconstitué la pièce d’origine et il nous en propose ici la lecture, précédée du récit de sa découverte, dans lequel il reprend les hypothèses les plus audacieuses de Mortimer-Smith. On lit ici Shakespeare comme on ne l’a jamais lu. Il y aura un avant et un après Hamlet le vrai.

Écoute par hasard, bien sûr, et par hasard, Gérard Mordillat évoque le passage où Ophélie, Valentine, évoque sa défloration, son viol peut-être, sûrement même par Hamlet, comme elle a dû l'être par le Roi; elle est donc bonne pour le nonnery, le couvent ou le bordel...

L'enquête de Pierre Bayard sur Hamlet est également évoquée dans cette émission :

Aucun texte littéraire n’a probablement suscité autant de lectures et interprétations qu’Hamlet et n’a à ce point fasciné les critiques, qui n’ont cessé de débattre des ambiguïtés et des contradictions de la pièce, dont les principales concernent les circonstances dans lesquelles est mort le père du héros. Mais tous ces auteurs parlent-ils bien du même texte ? Ce dont témoigne Hamlet, en raison du nombre de ses commentaires, est de la difficulté, dans l’échange littéraire, à éviter le dialogue de sourds. Il est en effet impossible, quand nous discutons d’une œuvre, de sélectionner des passages identiques, de les percevoir à travers des théories semblables, d’inventer des questions qui ne soient pas marquées par une époque et par la personnalité de celui qui les pose. Bref, de parler de la même chose que les autres lecteurs. Trouver la solution à ce problème du dialogue de sourds est pourtant un passage obligé si nous voulons reprendre l’enquête inachevée sur la mort du père d’Hamlet. Et tenter, en reconstituant ce qui s’est passé il y a cinq siècles à Elseneur, de résoudre l’une des plus vieilles énigmes de la littérature mondiale.

Il se trouve que fin 2010, début 2011 pour les 40 jours du départ de la mouette à tête rouge (moment rituel dans beaucoup d'endroits du monde), j'ai beaucoup écrit sur cette disparition, pensant à La Mouette de Tchekhov dont la structure reprend celle d'Hamlet et pensant bien sûr à Hamlet. Tout ce travail d'écriture a donné 3 textes édités :

L'île aux mouettes, 2012

L'éternité d'une seconde Bleu Giotto, 2014

Là où ça prend fin, 2014.

 

Ce que je rends public ici n'a pas été retenu pour ces éditions. Mais ces scènes continuent de m'habiter. Les ordinateurs sont des mémoires conservant si on le souhaite les différents états d'un texte.

En voici un.

8 – Le narrateur - Lors d’une visite de l’époux à l’épousée, à l’hôpital. Une deuxième opération au cervelet a été réalisée, elle s’est bien passée. L’épousée sort de son coma artificiel progressivement. Elle est en réanimation. On est le 19 novembre vers 21 H. A-t-elle toute sa tête ? Les effets d’une anesthésie sont parfois surprenants avant le retour du patient à la conscience claire.

L’épousée - Bonjour ! c'est la Saint-Valentin. Tous sont levés de grand matin. Me voici, vierge, à votre fenêtre. Pour être votre Valentine. Alors, il se leva et mit ses habits, Et ouvrit la porte de sa chambre. Et vierge, elle y entra, et puis jamais vierge, elle n'en sortit.

L'époux - suave Ophélie ! ô cieux ! est-il possible que la raison d'une jeune fille soit aussi mortelle que la vie d'un vieillard ? Sa nature s'est dissoute en amour ; et, devenue subtile, elle envoie les plus précieuses émanations de son essence vers l'être aimé.

La fille – maman délire ! à quoi joues-tu ?

L'époux - je lui donne la réplique !

L'épousée - je ne délire pas ! croyez-moi ! je suis née le jour de la Saint-Valentin ! je suis femme de l'amour ! pour l'amour ! je vais vous dire ! c'est un jeu ! ils veulent me faire l’amour ! ils veulent me faire mourir ! amour à mort ! amour amor ! je les entends chuchoter ! je les entends rire ! ils me triturent partout ! ils entrent leurs doigts dans tous mes endroits ! je témoignerai ! je les reconnaîtrai à leurs voix ! méfiez-vous du docteur ! il dit qu'entre lui et moi, il y a un fil ! c'est lui qui veut couper le fil ! ne le laissez pas s'approcher de moi ! soyez prudents ! discrets ! ne les laissez pas abuser de moi ! me salir ! je me sens sale ! salie !

La fille - maman, veux-tu le bassin pour uriner pendant que je suis là avec toi ?

La mère - tu me comprends ma fille ! je ne délire pas ! croyez-moi !

(Elle se met à chanter)

Ils l'ont porté tête nue sur la civière. Hey no nonny ! nonny hey nonny ! Et sur son tombeau à Corsavy, il a plu bien des larmes. Adieu, mon fils de lumière ! Voici du romarin et voici des pensées, en guise de pensées

(À l'époux) Voici pour toi du fenouil et des ancolies.

(À la fille) Voilà de la rue pour toi, et en voici un peu pour moi ; nous pouvons bien toutes deux l'appeler herbe de grâce, mais elle doit avoir à ta main un autre sens qu'à la mienne... Voici une pâquerette. Effeuille-la pour savoir combien je t’aime !

- Elle m’aime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie … pas du tout ! (Treplev rit)

Je t’aurais bien donné des violettes, mais elles se sont toutes fanées, quand Cyril est mort ... On dit qu'il a fait une bonne fin. Car le passionné Cyril était toute ma joie. Et ne reviendra-t-il pas ? Non ! Non ! il est mort. Il ne viendra jamais. Il est parti ! il est parti ! Et je perds mes cris.

La fille - d'où sors-tu ça, maman ?

L'épousée - c'est le chant d'Ophélie ! mon chant !

L'époux - nous veillons sur toi ! nous allons veiller sur toi ! nuit et jour !

Le narrateur - Shakespeare, un comédien allemand, ami proche de la famille, célèbre pour ses interprétations des pièces de l'Anglais, est entré dans la chambre N° 8 des soins continus ; il est venu exprès de Fribourg, ayant compris la gravité de la situation

Shakespeare - ma chère Ophélie ! ne donne pas raison à la Reine ! (il joue la Reine)

La Reine - Il y a en travers d'un ruisseau un saule qui mire ses feuilles grises dans la glace du courant. C'est là qu'elle est venue, portant de fantasques guirlandes de renoncules, d'orties, de marguerites et de ces longues fleurs pourpres que les bergers licencieux nomment d'un nom plus grossier, mais que nos froides vierges appellent doigts d'hommes morts. Là, tandis qu'elle grimpait pour suspendre sa sauvage couronne aux rameaux inclinés, une branche envieuse s'est cassée, et tous ses trophées champêtres sont, comme elle, tombés dans le ruisseau en pleurs.

Ses vêtements se sont étalés et l'ont soutenue un moment, nouvelle sirène, pendant qu'elle chantait des bribes de vieilles chansons, comme insensible à sa propre détresse, ou comme une créature naturellement formée pour cet élément. Mais cela n'a pu durer longtemps : ses vêtements, alourdis par ce qu'ils avaient bu, ont entraîné la pauvre malheureuse de son chant mélodieux à une mort fangeuse.

L'épousée - la Reine n'aura pas raison ! ni l'eau du ruisseau ni l’eau du cerveau !

La fille - sers-toi de ta maîtrise de l'apnée, maman ! tu les auras !

L'époux – oui ! tu les auras !

L'épousée - je les aurai !

(elle s'endort, apaisée)

…..............................

Le narrateur - tous rentrent dans la chambre N°8

Shakespeare - ma douce Ophélie, tu es Verseau, comme Jeannot, verse l’eau de ton cerveau, joue au cerceau, toi qui aime faire des ronds dans l’eau avec les bateaux de Roro !

La fetite pille - mamie annie dodo bobo ! o ! o !

Le narrateur - tout d’un coup, de l’eau sort de la capeline que la mouette porte sur la tête, l’oreiller est inondé ; ils n’avertissent pas le personnel soignant

La fetite pille - mamie annie o ! plus bobo o ! plus dodo !

Le père - ma mouette rieuse ! tu as un cancer au niveau de l’utérus, là où tu as porté la vie deux fois ! cette grenade a métastasé dans le cervelet, dans les vertèbres lombaires, dans un ganglion

La fille - tous les endroits où tu dis avoir mal !

Le gendre - tu dois désactiver la grenade !

Le père - par apnée !

La fille - par apnée, maman !

Shakespeare - ma douce Ophélie, sors du noir ! entre dans la grande bleue ! dans le bleu du lac ! toi la magnifique aux cheveux rouges, voici les 24 roses rouges de notre mouette ! toi la magnifique en robe Mouette, voici les 24 roses blanches de la mouette ! va au profond de toi ! toi qui écoutes tant les autres et si peu toi ! écoute les mouettes criardes, les mouettes rieuses ! elles veulent te déchiqueter crue, vivante, toi, la mouette blessée ! fais la morte ! ma belle et pure Ophélie aux émanations d’amour ! elles détestent le silence !

(Ophélie entre dans sa 14° apnée ; une infirmière vient)

L’infirmière - dites-lui au revoir, elle est en train de partir

Le père - veuillez nous laisser avec elle s’il vous plaît ! Merci !

(Ophélie est en apnée depuis une heure)

Le médecin réanimateur - votre épouse est décédée depuis une heure ! nous avons prévenu la morgue ! ils viendront la récupérer dans une heure !

Le père - veuillez nous laisser avec elle s’il vous plaît ! merci !

Le narrateur - Depuis le démarrage de l’apnée, tous, après une lente inspiration, retiennent leur souffle, ferment les yeux, s’immobilisent. Ils tiennent plus ou moins longtemps. La poupée Kitty fait entendre sa musique. L’épousée soudain, sort d’apnée, après un hoquet d’une grande violence, replonge, reste quelques minutes, hoquet très violent, elle crache du sang noir et fumant, elle émerge du coma, ses paupières s’agitent, sa main gauche serre la main droite de l’époux. Là bas, à Baklany, au Baïkal, en synchronicité avec ce qui se passe ici, la chamane Koulbertichova sort de son rêve lucide. Elle vomit du sang noir et fumant. Elle bave, éructe. Elle est trempée par la transpiration. Les sœurs Gorenko, koutouroutsouks de la chamane, qui vivent à Baklany, sont en nage aussi, elles vocalisent kouarr kriièh kouêk, le cri de la mouette abattue dans La Mouette et tombée sur la plage, la même ou une autre.

Le père - tu nous reviens ?... elle nous revient !

Shakespeare - Ophélie, ma douce Ophélie, reviens-nous ! ta chaise t’attend ! tu sais que l'eau veut détruire ton cerveau. Tiens ! voici le crâne de César ! Que devient César une fois mort et changé en boue, poussière et eau ? il pourrait boucher un trou et arrêter le vent du dehors. Oh ! que cette argile, qui a tenu le monde en effroi, serve à calfeutrer un mur et à repousser la rafale d'hiver !

Ophélie, toi qui distilles le sublime amour, tu n’es pas encore destinée à l’eau et à la poussière ! à devenir boue bouche-trou !

Hamlet est fasciné par la mort ! Mourir … dormir, rien de plus ... et dire que par ce sommeil nous mettons fin aux maux du cœur et aux mille tortures naturelles qui sont le legs de la chair : c’est là un dénouement qu’on doit souhaiter avec ferveur. Mourir … dormir, dormir ! peut-être rêver !

Ce ne sera pas ton dénouement, Ophélie ! Ta chaise t’attend ! Reprends ta place !

Le narrateur - L’épousée ouvre les yeux, sourit. Le brancardier de la morgue arrive, trop tard, trop tôt. Le personnel médical est sidéré. Le médecin réanimateur annule le PV du décès.

Ophélie - kouarr kriièh kouêk

(tous poussent un profond soupir de soulagement, vocalisent kouarr kriièh kouêk, tous embrassent la mouette, se pressent sur elle ! bienvenue ! à Baklany, la chamane Koulbertichova danse, les sœurs Gorenko vocalisent)

Shakespeare (hurlant pour l’obtenir) - … Silence ! (puis chuchotant) … Le reste … c’est silence …

À Marrakech,

du 22 décembre 2010 au 18 janvier 2011, pour le 40° jour,

pour le voyage de l’âme de notre mouette, 24 roses rouges

pour le voyage de l’âme de la mouette, 24 roses blanches

Jean-Claude Grosse

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l'amour et la vie

13 Octobre 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #FINS DE PARTIES, #amitié, #amour, #développement personnel, #histoire, #notes de lecture, #psychanalyse, #écriture, #vraie vie

lectures en cours

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se réparer
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lu mercredi matin 12 octobre 2022
L’amour et la vie, titre en rouge,
reçu mardi 11 octobre
voici ce que j'ai écrit à l'auteur
le récit en 52 pages de votre enfance, adolescence, vie d’adulte et maintenant de grand-mère m'a profondément touché
content pour vous que vous ayez réussi à parcourir pour le pacifier le territoire des lieux où vous avez été baladée, trimbalée, ceux de la lignée maternelle, ceux de la lignée paternelle, ceux d'amis de la famille, lieux où vous avez vécu des moments fort contrastés
quelques belles personnes, quelques belles rencontres mais aussi de très laides, persécutrices, maltraitantes dans l'enfance et l'adolescence, une famille en construction dès la sortie de l'adolescence, une psycho-thérapie, la musique et le chant, vous ont sauvé d’une répétition dramatique, d'un destin (mot à employer quand on n'a pas réussi, à partir de nos données initiales : milieu et lieu d'origine, époque..., à créer la vie qu'on veut vivre, qu'on ne mène que la vie qu'on peut vivre, dit-on, semblable à celle de nos semblables, démarche semble-t-il d'Annie Ernaux)
52 ans après et en 52 pages, vous trouvez l'énergie, le courage de mettre des mots sur une omerta familiale et une vie chaotique en zigs en zags engendrant pourtant une ligne droite, dans la fierté et ce dans le cadre d'un atelier d'écriture (dont les productions sont souvent de grande qualité, sans publicité ou écho mais font du bien à qui les produit, je pense à Points de mire : récits du confinement, à venir, à L'écrit-plume)
je vous souhaite le meilleur qui pour moi est dans l’accueil sans jugement de ce qui vient à nous si nous savons le voir, le ressentir et aussi dans le don, l’amour, l’attention, l’écoute que nous accordons aux gens, aux choses, aux esprits et aux âmes...
52 ans après, en 52 pages, vous réussissez autrement et efficacement ce que Annie Ernaux a, semble-t-il, tenté en 1100 pages
nous faire ressentir l’intime d’une vie déracinée, tourmentée, secouée puis s'apaisant, prenant son temps
(voir le texte ci-dessous attribué à Chaplin)
personne ne peut nous sauver à notre place
mais
les bons, les justes accompagnements, fournis parfois par le hasard mais surtout par les amis, un compliment, une judicieuse remarque sont les petites lumières, les pépites qui nous font repalpiter quand on est tétanisée, qu'on est quasi-anorexique, qu'on refuse le repas pendant des heures
et comme vous dites à la fin : les loups ne sont pas loin, ne sont jamais loin
non seulement dans la triste éducation nationale que vous avez connue
mais aussi dans le monde
à commencer par chez nous avec la double offensive soft de
l’en@tris//me&isl#amo€gôschiste§des<côlôn%ial&du-woke=isthme
contre notre langue
les loups cela fait penser à la chanson de Serge Reggiani,
les loups sont entrés dans Paris
aujourd'hui, j'en suis sûr, il n'emploierait pas la métaphore, fausse, des loups
on ne voit plus les animaux dits sauvages de la même façon;
il n'y a que les chasseurs, braconniers pour garder la vision d'avant-avant-avant-hier
du loup,
écouter sans fin la fabuleuse chanson de Vissotski La chasse aux loups
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“Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai compris qu’en toutes circonstances, j’étais à la bonne place, au bon moment.
Et alors, j’ai pu me relaxer.
Aujourd'hui je sais que cela s’appelle… l’Estime de soi.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle n’étaient rien d’autre qu’un signal lorsque je vais à l’encontre de mes convictions.
Aujourd'hui je sais que cela s’appelle… l’Authenticité.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai cessé de vouloir une vie différente et j’ai commencé à voir que tout ce qui m’arrive contribue à ma croissance personnelle.
Aujourd'hui , je sais que cela s’appelle… la Maturité.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai commencé à percevoir l’abus dans le fait de forcer une situation ou une personne, dans le seul but d’obtenir ce que je veux, sachant très bien que ni la personne ni moi-même ne sommes prêts et que ce n’est pas le moment…
Aujourd'hui , je sais que cela s’appelle… le Respect.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai commencé à me libérer de tout ce qui n’était pas salutaire, personnes, situations, tout ce qui baissait mon énergie.
Au début, ma raison appelait cela de l’égoïsme.
Aujourd'hui, je sais que cela s’appelle… l’Amour propre.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai cessé d’avoir peur du temps libre et j’ai arrêté de faire de grands plans, j’ai abandonné les méga-projets du futur.
Aujourd'hui, je fais ce qui est correct, ce que j’aime quand cela me plait et à mon rythme.
Aujourd'hui, je sais que cela s’appelle… la Simplicité.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai cessé de chercher à avoir toujours raison, et je me suis rendu compte de toutes les fois où je me suis trompé. Aujourd'hui, j’ai découvert… l’Humilité.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai cessé de revivre le passé et de me préoccuper de l’avenir.
Aujourd'hui, je vis au présent, là où toute la vie se passe.
Aujourd'hui, je vis une seule journée à la fois. Et cela s’appelle… la Plénitude.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir. Mais si je la mets au service de mon coeur, elle devient une alliée très précieuse !
Tout ceci, c’est… le Savoir vivre.
Nous ne devons pas avoir peur de nous confronter. Du chaos naissent les étoiles.”
Kim McMillen, attribué à Charlie Chaplin (FB c'est aussi les fakes)
images trouvées sur la page psychanalyse jungienne
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L'amour de la vie

15 Août 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #JCG, #cahiers de l'égaré, #développement personnel, #engagement, #poésie, #vraie vie, #écriture

j'illustre ce carnet par une nouvelle particulièrement prenante de Jack London, en situation extrême dans le Grand Nord : l'amour de la vie  (le trappeur sur la couverture est trop joyeux d’après moi)  les situations extrêmes sont aujourd'hui de sècheresse, de températures très au-dessus des normales saisonnières, de méga-feux, d’inondations, de famines, de pollutions nocives, d’épidémies, de migrations dramatiques, de contrôle social total…
j'illustre ce carnet par une nouvelle particulièrement prenante de Jack London, en situation extrême dans le Grand Nord : l'amour de la vie  (le trappeur sur la couverture est trop joyeux d’après moi)  les situations extrêmes sont aujourd'hui de sècheresse, de températures très au-dessus des normales saisonnières, de méga-feux, d’inondations, de famines, de pollutions nocives, d’épidémies, de migrations dramatiques, de contrôle social total…
j'illustre ce carnet par une nouvelle particulièrement prenante de Jack London, en situation extrême dans le Grand Nord : l'amour de la vie  (le trappeur sur la couverture est trop joyeux d’après moi)  les situations extrêmes sont aujourd'hui de sècheresse, de températures très au-dessus des normales saisonnières, de méga-feux, d’inondations, de famines, de pollutions nocives, d’épidémies, de migrations dramatiques, de contrôle social total…
j'illustre ce carnet par une nouvelle particulièrement prenante de Jack London, en situation extrême dans le Grand Nord : l'amour de la vie  (le trappeur sur la couverture est trop joyeux d’après moi)  les situations extrêmes sont aujourd'hui de sècheresse, de températures très au-dessus des normales saisonnières, de méga-feux, d’inondations, de famines, de pollutions nocives, d’épidémies, de migrations dramatiques, de contrôle social total…

j'illustre ce carnet par une nouvelle particulièrement prenante de Jack London, en situation extrême dans le Grand Nord : l'amour de la vie  (le trappeur sur la couverture est trop joyeux d’après moi) les situations extrêmes sont aujourd'hui de sècheresse, de températures très au-dessus des normales saisonnières, de méga-feux, d’inondations, de famines, de pollutions nocives, d’épidémies, de migrations dramatiques, de contrôle social total…

La révolte positive de deux octogénaires

Jean Delorme, ami proche de Marcel Conche, le philosophe centenaire,

octogénaire comme moi, m'a proposé, il y a quelques semaines, d'éditer une collection Les Carnets de la culture de la vie

qui aurait pensé qu'amis et éditeur de Marcel Conche, deux octogénaires, décident de produire des carnets de la culture de la vie;

une révolte positive dans les sillages tracés sur la mer par le philosophe de l'infini de la Nature

Jean m'a envoyé un premier carnet : Le calme, une drogue bienfaisante

puis un deuxième carnet : Une nouvelle classe émergente, la classe des entrepreneurs du sens

me demandant de réagir, voire de contribuer

 

j'ai pris la mouche, les nerfs à fleur de peau, les poils hérissés, de la sueur aux aisselles, me suis levé du pied gauche et après quatre journées de marche-démarche, je peux livrer le carnet L'amour de la vie, écrit à l'encre sympathique à partir de là où j'en suis aujourd'hui

 

étant passé d'une approche naturaliste

(accord quasi-total avec les métaphysiques de Marcel Conche)

à une approche spiritualiste expérientielle

(reposant sur un vécu sensoriel, émotionnel, sans mots, sans pensées dans la tête = très difficile)

mes propositions-affirmations sont sans preuves

ce sont mes croyances actuelles (je crois que tout est croyance)

d'où l'importance des effets placebo et nocebo des croyances

d'où l'importance de la méthode Coué, pharmacien génial, précurseur des thérapies brèves

(croire est générateur d'effets)

“Si toute vie va inévitablement vers sa fin, nous devons durant la nôtre, la colorier avec nos couleurs d’amour et d’espoir” Marc Chagall
“Si toute vie va inévitablement vers sa fin, nous devons durant la nôtre, la colorier avec nos couleurs d’amour et d’espoir” Marc Chagall
“Si toute vie va inévitablement vers sa fin, nous devons durant la nôtre, la colorier avec nos couleurs d’amour et d’espoir” Marc Chagall
“Si toute vie va inévitablement vers sa fin, nous devons durant la nôtre, la colorier avec nos couleurs d’amour et d’espoir” Marc Chagall

“Si toute vie va inévitablement vers sa fin, nous devons durant la nôtre, la colorier avec nos couleurs d’amour et d’espoir” Marc Chagall

carnet N° 1 

 

LE CALME 

Une drogue bienfaisante

Éditeur Les cahiers de l‘égaré
Collections les carnets de la culture de la vie Inès Nezzerwe et Jean Delorme

Le calme est une drogue bienfaisante, naturelle et durable. Elle ne coûte rien à la différence d’autres drogues dont la liste s’agrandit au même rythme que nos déséquilibres psychiques* qui suivent une courbe exponentielle comme celle des inventions inutiles. La première chose à faire pour échapper à cette spirale infernale, dans laquelle nous pousse la société, c’est de cultiver le calme. Le calme rallonge ta vie, la colère détruit tes jours et raccourcit ton existence.

Mon maître Marcel Conche me disait, il faut mettre la distance la plus grande entre ce qui vaut et ce qui ne vaut rien. Après de longues années de pratique, je sais que nul ne peut être calme s’il ne respecte pas ce précepte.

* L’Oms signale qu’en 2020 la première cause invalidante dans nos sociétés a été les troubles psychiques, elle souligne qu’en Europe 1 personne sur 4 en souffre.

 

Table des matières

1 – FAIS ATTENTION A TES PENSEES 4

Confidence 5

Mieux définir le calme 8

La recherche d’un maître 10

2- TES PENSEES CONDITIONNENT TES ACTIONS 13

Penser ou calculer ? 14

Puissance et limite de la parole 16

Paroles de grand-mère 19

3- TES BONNES HABITUDES T’AIDERONT DANS TES ACTIONS. 21

Emploi du temps, ordre et rangement 22

Pour une méditation active 24

Le contrôle de la respiration ! 26

4 -CES ACTIONS FORGERONT TON CARACTERE. 28

Le calme rend notre temps plus doux 29

Remise en cause 31

Le calme dans le champ des possibles 32

5 – ET CE CARACTÈRE DEVINT MON DESTIN 35

Il y a toujours un départ 36

Puis arriva une lettre 37

Confidence

Ce carnet est le récit d’un court instant de la rencontre entre Oumalon, un philosophe atypique qui se présente souvent comme un égaré heureux dans l’aventure humaine, et une jeune étudiante prénommée Nezza venue d’un pays lointain. Doctorante en philosophie, elle était chez lui depuis plus de six mois, et venait de terminer d’écrire sa thèse sur ce philosophe, quand, quelques jours avant son départ elle lui fit cette confidence :

C’était un lundi matin, après les salutations d’usage autour d’un café, Nezza

- Je suis souvent stressée, et tu ne peux pas savoir combien ceci me handicape, peux-tu me donner quelques conseils pour être plus calme en toutes circonstances ?

Oumalon :

Pour commencer, je dirais, c’est bien que tu remarques ton état de stress, beaucoup sont incapables de le constater ; chez eux c’est un état normal, alors ils ne voient pas l’intérêt de changer. Tu as mille fois raison de considérer que ton manque de calme est un handicap. Pour commencer, sache que le calme ne se décrète pas, c’est le fruit d’une vie bien construite, c’est un peu le jardin de Voltaire que l’on doit cultiver et entretenir tous les jours. Si tu te donnes cette peine, tu auras de belles récompenses. Une dispute comme un problème ont toujours une histoire, le calme, tout comme le bonheur eux aussi doivent assez peu au hasard. Car rien ne se crée à partir de rien. Les Hommes* ont toujours eu du mal à identifier les causes réelles de leurs difficultés, qui passent dans un premier temps par un ressenti émotionnel donc subjectif qui exclut pratiquement toute analyse. Pour commencer, la première idée qui me vient à l’esprit c’est le chemin de la beauté. Dostoïevski disait : la beauté sauvera le monde. Ici la beauté est prise dans son sens le plus large qui va de la beauté d’un paysage aux qualités d’une belle personne jusqu’au caractère de ce qui est moralement ou intellectuellement admirable.

Nezza :

Si elle peut sauver le monde, elle aura bien la bonté de m’aider dans ma quête du calme, dit-elle avec un petit sourire au coin des lèvres.
Oumalon non moins malicieusement
Si j’ai choisi de passer par la beauté, c’est que j’ai deviné que ton absence de calme à trop de causes et qu’il serait trop long de les identifier précisément. En te proposant la beauté comme remède, c’est que personnellement je m’en sers régulièrement pour mettre la distance la plus grande entre ce qui vaut et ce qui ne vaut rien.

* Homme lorsque j’écris Homme avec une lettre majuscule veuillez lire les femmes et les hommes en attendant qu’on invente un meilleur mot que les humains que je réserve à la biologie, quant au mot individu pour parler de notre espèce je trouve ce mot un peu trivial. Alors on se servira de cette vieille règle de grammaire où le masculin l’emporte, mais sachez que c’est une victoire à la Pyrrhus, car le féminin finit toujours par l’emporter.

ce que nous faisons de la planète, un chaudron; et nous pensons nous en sortir avec du green washing
ce que nous faisons de la planète, un chaudron; et nous pensons nous en sortir avec du green washing

ce que nous faisons de la planète, un chaudron; et nous pensons nous en sortir avec du green washing

carnet N° 2

UNE NOUVELLE CLASSE

ÉMERGENTE

Loin des sociologues et autres instituts d’analyses, depuis un certain temps émerge une nouvelle classe sociale, « la classe du sens ».

 

Les politiques, les intellectuels comme tous ceux qui quelque part pensent avoir un droit* plus ou moins affiché sur le peuple ne savent pas qui sont ces nouveaux résistants qui revendiquent ce sens. Pour une raison très simple, ils ne comprennent pas ce que veut dire le sens en dehors des sens interdits et des sens uniques dans lesquels nous devons filer droit si nous voulons avoir une chance de figurer dans l’arbre généalogique des bonnes figures de notre République.

Une guerre de l’incompréhension est engagée entre nous, les entrepreneurs du sens, (j’explique qui ils sont dans le chapitre suivant) et la République de nos aïeux à qui nous devons beaucoup, car nous savons qu’au bout de tous ces sens uniques, que nous proposent nos dirigeants, cette nouvelle classe sociale sait, depuis assez longtemps, qu’ils finissent pour la plupart dans un cul-de-sac.

Malheureusement avec le temps, notre vieille République,  s’apparente plus à une sorte de monstre fabuleux des temps modernes avec toutes ses têtes pensantes qui appartiennent aux castes  universitaires, industrialo économiques, politiques, voire religieuses. L’hydre républicaine ne pense plus, elle ne fait que régenter tout ceci à grand coup de sens. Les lois qui sont des sens interdits, puis tous ces sens uniques, qui, tels des cours d’eau viennent alimenter le grand lac des héritages désastreux* qu’ils soient scientifiques ou culturels.  Mieux que n’importe quel président, fût-il par ailleurs intelligent, cette nouvelle classe du sens,  forte de ses millions de têtes pensantes*, a le devoir de lutter contre l’hydre Républicaine* ce monstre fabuleux de la mythologie moderne qui prétend nous aimer en nous détruisant.

 

* Si je dis pensent avoir un droit, c’est tout simplement que la notion du devoir ne veut plus rien dire, et que nos éminents académiciens, bientôt,  pourront rayer ce mot de leur dictionnaire. La majorité de nos responsables pensent qu’ils sont les plus aptes à diriger, pour eux ceci ne fait aucun doute, une sorte de droit divin. Notre République a basculé.

 

*Héritage désastreux, je ne ferai pas l’affront à mes lecteurs qui savent, aussi bien que moi, combien en si peu de temps avec tous ceux qui se prennent pour les maîtres du monde nous avons détruit notre maison commune «  La Terre ». Si, comme mes amis, nous respectons la partie de cet héritage qui constitue nos plus belles avancées civilisationnelles ; par contre, nous entendons lutter contre cette autre partie représentée par la part négative de cet héritage, mise en place et soutenue par ceux qui se prennent pour les maîtres du monde, et ils le sont, mais d’un monde qui s’écroule.

* Têtes pensantes. Nous avons l’habitude de dire, et ceci à juste titre, qu’il y en a plus dans 100 têtes que dans une, alors des millions ! qu’en pensez-vous Monsieur Macron ?

* L’Hydre Républicaine, je sais que la démocratie est le moins mauvais des systèmes, et je salue tout ce que nous lui devons. Je sais aussi qu’une majorité d’États de par le monde mènent une politique plus dévastatrice pour notre planète et l’humanité. Mais, si nous ne dénonçons pas ces erreurs qui vont de toutes ces oppressions administratives que l’on paie avec trop d’impôts au cercle infernal qui consiste à déclarer des guerres que nous aurions pu éviter. Seule, cette classe du sens, la cheffe de file de la société civile peut instaurer une République réellement fraternelle qui pourra servir de modèle pour ceux qui veulent lutter contre toutes ces oppressions qui ne sont ni notre destin ni une fatalité. 

Alors ensemble, ouvrons une voie nouvelle qui ne manquera pas de nous éclairer au fur et à mesure que sortiront tels ou tels carnets qui auront tous vocation à nous accompagner et à prouver qu’une autre façon de vivre est possible, plus fraternelle, plus heureuse, protectrice de la nature et de l’humanité.

 

 

 

la langue des oiseaux pour se libérer, que ta volonté soit fête...
la langue des oiseaux pour se libérer, que ta volonté soit fête...
la langue des oiseaux pour se libérer, que ta volonté soit fête...
la langue des oiseaux pour se libérer, que ta volonté soit fête...

la langue des oiseaux pour se libérer, que ta volonté soit fête...

carnet N° 3

 

ce carnet renvoie en moins allumé, illuminé à Et ton livre d’éternité ?

666 pages écrites en « état » de flow

livre paru le 14 février 2022

 

L'amour de la vie

 

1 – l'amour de la vie est notre éventuelle réponse individuelle à l'Amour inconditionnel de la Vie pour tout ce qu'elle crée selon ses deux pharmacons :

Tu es aimé, à égalité avec tout ce que je crée, de la bactérie à la galaxie.

Tu es mon bien-aimé, dans ta singularité, dans ton unicité.

En te réjouissant, tu me réjouis. 

 

Lire, relire le chapitre 5 de l'évangile selon Matthieu; tout est dit et fort, propositions inouïes, inaudibles

https://www.aelf.org/bible/Mt/5

 

2 – la Vie crée ; elle est puissance créatrice ; elle crée par et avec amour inconditionnel ; source éternelle, sans forme, énergie infinie, elle donne forme et vie temporaire à tout ce qu'elle crée ; l'amour inconditionnel est une puissance génitrice, pas un sentiment

 

3 – l'amour de la vie ne juge pas, ne sépare pas, ne classe pas, ne hiérachise pas.

Aimer la vie, c'est aimer tout ce qui existe, c'est respecter tout ce qui existe.

À commencer par soi. S'aimer, se mettre au centre, être auto-centré

pas au sens narcissique de l'ego gonflant son nombril, ses muscles, ses compétences, sa fortune

au sens de je suis au centre, je suis le centre de ma vie, j'en suis le co-responsable, le co-créateur, le co-développeur.

C'est en étant auto-centré, co-créateur de ma vie, que je deviens un être rayonnant, aimant ce qui m'entoure, nature, sociétés, cultures, Histoire, histoires et légendes, vrais mensonges et fausses vérités, gens, animaux, végétaux, minéraux, étoiles, bactéries et virus, vivants et morts, curieux du proche comme du lointain, allant facilement au contact, accueillant ce qui s'offre dans sa diversité, sa variété. La peur a disparu.

 

Proposition d'Hélène Tysman sur une page de Thierry Zalic :

En langue des oiseaux : j'ai peur => j'épure

 

GAME OVER

«  Et si je faisais comme si « je » était mort ?

Juste un jeu… parce qu’on ne sait pas encore faire « pour de vrai ».

Alors on ferait comme si…

Comme si tout était déjà fini, conclu, accompli, réalisé.

Comme lorsqu’on assiste aux funérailles de quelqu’un et que l’on voit la fin de cette histoire. La fin de l’histoire de cet individu.

Mais que réalise-t-on vraiment de cet incompréhensible ?

Cela me fait penser au train qui passe. Au train qui passe devant les vaches.

La vache regarde le train qui passe une seconde dans sa vie de vache. Il ne fait que passer.

De même, cette vache n’est qu’une apparition dans la vie du train.

Ainsi est le personnage.

Une apparition.

Si l’esprit décide que tout est déjà terminé, que se passe-t-il ?

Ne serait-ce pas cela que l’on nomme l’abandon, au sens mystique ?

Pas celui d’une résignation mal placée.

Au contraire, celui qui permet le véritable commencement de toute chose.

En un mot : liberté.

Le personnage est mort. Vive le personnage !

Comment vous comporteriez-vous si vous aviez appris que vous étiez mort et assisté à vos propres funérailles pour ensuite avoir un boulevard devant vous ?

A quoi ressemblerait ce chemin quand tout conditionnement est mort ?

Lâchées les attentes, lâchés le début et la fin, lâchés l’histoire, les doutes et les croyances…

Imaginez.

Que verriez-vous du monde ?

De vous ?

Des nuages dans le ciel ?

De vos pas qui vous mènent ici ou là par les odeurs et les sons ?

Si « je » n’existe plus… tout prend la forme de la vastitude. L’infini.

Les frontières n’existent plus.

Une goute de pluie devient un océan, un grain de sable le désert entier.

Je pense à @alejandro.jodorowsky à l’instant et me dit :

voilà le rituel magique que nous pourrions faire, à peine nés.

Mourir à soi ! La folle sagesse.

Sans souffrance nécessairement.

Juste un râle.

Juste un souffle.

Le dépôt d’une illusion dans une boîte.

Rendre la finitude à la finitude.

Puis gonfler à bloc les poumons déchargés de ce bagage inutile.

Alors commence la Vérité !

Ni le train ni la vache.

Seul existe l’instant.

 

Selon cette manière de voir, arrive ce qui arrive, arrivera ce qui arrivera : je suis l'attracteur de ce qui m'arrive ; cela est vrai individuellement, sans doute collectivement.

Dans cette optique, je ne suis jamais victime, j'accueille ce qui arrive, bonheurs, malheurs, comme moments, épreuves pour, si je le décide, le désire, me nettoyer, me guérir,

par exemple d'une blessure d'enfant, enfouie au tréfonds, devenue programme me faisant répéter des relations amoureuses sans retour, moi, le petit enfant rejeté au moment de l'arrivée du cadet

ou pour une évolution plus consciente, une élévation de conscience,

par exemple en expliquant la martingale d'un nouveau CNR faisant exploser le plafond de verre créé par Miterrand, pour voter RN au 2° tour de la présidentielle

ce qui a eu pour effet d'éloigner de moi, tout un tas d'"amis" du monde de la culture

mais dont les résultats aux législatives sont clairs :

pas une voix au RN fait monter le RN depuis 20 ans

et les GJ entre autres ont par leur vote de 2° tour donné 89 députés RN contre 25 à 40 d'après les sondeurs, empêchant un 2° mandat à majorité absolue de Macron.

https://www.bfmtv.com/politique/elections/legislatives/legislatives-pourquoi-les-scores-du-rn-ont-ils-ete-sous-evalues-par-les-sondages_AN-202206200384.html

 

 

4 – s'aimer, se mettre au centre, c'est cultiver la fluidité, ne pas se figer dans une identité, reconnaître les variations d'humeur, les influences multiples, multiformes, repérer les coïncidences, provoquer les synchronicités, aller vers, au risque, au plaisir de se perdre ; aller vers, c'est s'ouvrir à la différence, à l'altérité, c'est en être modifié, bonifié, même quand ça rate, qu'on croit que c'est raté ; rater pour mieux rater propose Beckett

 

5 – aimer la vie, c'est l'aimer dans l'immédiateté des ressentis. Corps, esprit, âme, cœur, ventre, pieds, mains sont les organes de nos ressentis, incroyablement riches, subtils et qui n'attendent que notre écoute.

Être à l'écoute du corps, du pied gauche au réveil, du pied droit au coucher, être à l'écoute du ventre, de l'alchimie fumante et pétaradante qui y est à l'oeuvre, être à l'écoute du cœur au sens pascalien et pour son magnétisme aux 40000 neurones.

Enfants, nous avons été des praticiens sans connaissances de ces écoutes des ressentis. Puis est venu le temps des formatages, des programmes inconscients distillés par les parents puis des programmes scolaires à attraper des scolioses pour devenir aveugle, sourd et muet.

On est passé à la médiation par mots et concepts, à la déréalisation du réel.

Est fustigée la dictature de l'émotion par les réseaux sociaux.

Les fustigeurs ? Hommes des mots, de la rationalité, des raisons, devenus souvent insensibles, voire cyniques.

Que la multitude use des réseaux sociaux pour exprimer ses émotions, ses ressentis, primaires disent les fustigeurs, me semble un laboratoire pour un grand nettoyage émotionnel qui donnera ce qu'il donnera.

Je ne partage donc plus la négativité des jugements portés sur le narcissime à l'oeuvre dans les selfis, exprimé par les like sur les posts, même si personnellement, je limite ces usages.

Retrouver l'immédiateté des ressentis demande attention, intention et intuition.

 

Satisfaire mes 7 corps :

« Mon corps Physique me réclame du confort, de la douceur, de la tendresse, de la sensualité, de la sécurité, une alimentation moindre, plus saine et de l'exercice mesuré. Il aime que je sois attentif à son rythme biologique et à ses messages. Il aime quand je GOÛTE la vie, avec l'acuité de mes 5 sens.

Mon Corps Mental désire toujours plus de simplicité, d'autonomie, d'évidence, de pouvoir personnel et d'amplitude d'action. Je lui offre de la reconnaissance intérieure. Il sait ce qu'il veut : de la fluidité et rien d'autre.

Mon Corps Emotionnel me demande de la musique, de la lecture, que je lui propose des histoires enchantées, des contes, que je joue et que je crée en permanence avec ma vie.

Mon Corps Christique me réclame de l'Amour et désir l'offrir aux autres en retour. Il aime servir et partager sans rien attendre en retour, parce qu'il sait que donner est recevoir. Il apprécie particulièrement quand j'offre mes clefs de compréhension, quand je fais des trocs, quand la notion d'argent n'existe plus.

Mon Corps Ethérique cherche un dialogue énergétique permanent et harmonieux avec toutes les consciences et avec tous les règnes ... il adore "guérir", apaiser, ressentir le subtil vibratoire.

Mon Corps Astral se nourrit du discernement, de l'inspiration, de l'imagination, de visions et de la hauteur de vue sur mon expérience de vie, ou sur celle des personnes qui me sollicitent. Tel un voyageur de l'invisible, il est constamment sur le qui-vive, toujours prêt à aller chercher l'information au-delà du temps et de l'espace.

Mon Corps Causal me réclame de l' Art, du Sacré, de l'humour, du rêve, de la magie, la beauté mathématique invisible de la nature, des architectures et des lois de l' Univers. La règle est qu'il n'y en a plus. Ma pure liberté d'être est son délice.

Peu à peu, mes 7 corps sont passés aux commandes de ma vie. Je ne contrôle plus rien.

Il est définitivement terminé le temps de la demi-mesure ou de la négociation envers moi-même.

En retour, selon mes actes, mon attitude ou mes pensées, je reçois une claque ou une caresse.

J'apprends.

Je suis attentif à leurs moindres DESIRS.

Mon corps est mon maître intérieur.

Mon coeur vibre avec l'univers.

Je sais qu'un désir, une intention, une envie est toujours un APPÂT envoyé par l' UNIVERS.

UNE LECON se trouve dans le CHEMIN qui mène au DESIR. »

 

by Jacky Le Faucheur relayé par Nathalie Froment sur une page de Thierry Zalic

 

 

 

cahier des futurs désirés, un travail d'intelligence collective pour et avec Corsavy / la beauté à Collioure, racines et rocher, le peuple y est
cahier des futurs désirés, un travail d'intelligence collective pour et avec Corsavy / la beauté à Collioure, racines et rocher, le peuple y est
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cahier des futurs désirés, un travail d'intelligence collective pour et avec Corsavy / la beauté à Collioure, racines et rocher, le peuple y est

cahier des futurs désirés, un travail d'intelligence collective pour et avec Corsavy / la beauté à Collioure, racines et rocher, le peuple y est

6 – La gratitude permet de dire merci à ce qu'on vient de vivre, de prendre conscience de ce vécu : rien ne nous est dû, tout nous est donné, l'abondance est en nous, autour de nous, dans un regard, un sourire, une poignée de mains, une caresse.

L'abondance s'offre sans demande de résultats, sans attente de résultats, sans prières pour obtenir.

L'abondance dont je parle se moque de la sècheresse. La beauté est partout présente à qui veut la recevoir. L'amour est à l'oeuvre dans toute germination, toute éclosion, dans tout chant d'oiseau, tout croassement de noir corbeau, dans tout vol de papillon, dans toute poussée de sève, dans toute montée de désir où le fantasme joue sa partition en lien avec l'impossible coïncidence-fusion avec l'autre, jamais aimé tel qu'il est puisque mystère et opacité.

 

7 – la beauté (et la beauté de la laideur, du monstrueux) offerte par la nature, la beauté créée par l'homme, la beauté donc est aussi une puissance ; elle a des effets ; il suffit de voir un coucher de soleil sur l'Atlantique, d'entendre les applaudissements au moment de la disparition du disque. En Méditerranée, on n'applaudit pas, il y a dans la Méditerranée des milliiers de migrants noyés.

 

8 – aimer la vie, c'est la vivre comme miracle pour notre irruption dans le monde, comme mystère pour notre sortie du monde.

Aucun savoir, aucune théorie de quelque science que ce soit ne rendront compte de ce miracle de la naissance, de ce mystère de la mort. On peut donc allègrement s'émanciper de l’influence des chercheurs, des experts.

Tout au plus, les connaissances scientifiques confirmeront l'évidence qu'à n'importe quel moment du chemin de connaissance, on ne sait rien selon le paradoxe que ce que l'on sait augmente le champ de ce que l'on ne sait pas.

Il n'y a pas de savoir ultime.

Éventuellement, les connaissances scientifiques consolideront notre curiosité et notre émerveillement.

 

9 – aimer la vie avec gratitude, c'est prendre conscience que ce qui nous entoure est miroirs, que dans ces miroirs c'est toujours une partie de moi que je projette, que je perçois.

La tendance dominante est de prendre ces reflets pour des réalités, autrement dit ce que je n'aime pas ou que j'aime chez l'autre est objectivé et je ne perçois pas que c'est une partie de moi que je n'aime pas ou que j'aime.

Si on a conscience que c'est notre regard, les mots qu'on emploie qui créent ce que l'on croit réel, extérieur, alors l'autre n'est jamais un ennemi, on n'a aucun ressentiment à son égard, on ne le jalouse pas, on ne lui veut aucun mal, aucun bien non plus.

J'ai mis longtemps à admettre que je n'ai pas à sauver l'autre, que je ne dois rien lui proposer quand il m'expose ses problèmes. Seulement l'écouter avec bienveillance, compassion. Vouloir aider, sauver, c'est en croyant donner, en donnant, demander un retour, généralement d'amour.

Cela vaut me semble-t-il pour ce que l'on cherche à entreprendre pour résoudre les maux de la société, pour soigner les plaies de la planète.

20 – le féminin ayant été maltraité pendant des siècles (l'inquisition a brûlé des millions de soricères), il faut le résusciter, le remettre debout. Voici quelques indications tirées de Emmanuel Tala formation :  « Le féminin sacré est tout ce qui est liée à l'intuition, la contemplation, l'empathie, la solitude, la douceur, l'introspection et l'intuition.
20 – le féminin ayant été maltraité pendant des siècles (l'inquisition a brûlé des millions de soricères), il faut le résusciter, le remettre debout. Voici quelques indications tirées de Emmanuel Tala formation :  « Le féminin sacré est tout ce qui est liée à l'intuition, la contemplation, l'empathie, la solitude, la douceur, l'introspection et l'intuition.
20 – le féminin ayant été maltraité pendant des siècles (l'inquisition a brûlé des millions de soricères), il faut le résusciter, le remettre debout. Voici quelques indications tirées de Emmanuel Tala formation :  « Le féminin sacré est tout ce qui est liée à l'intuition, la contemplation, l'empathie, la solitude, la douceur, l'introspection et l'intuition.
20 – le féminin ayant été maltraité pendant des siècles (l'inquisition a brûlé des millions de soricères), il faut le résusciter, le remettre debout. Voici quelques indications tirées de Emmanuel Tala formation :  « Le féminin sacré est tout ce qui est liée à l'intuition, la contemplation, l'empathie, la solitude, la douceur, l'introspection et l'intuition.

20 – le féminin ayant été maltraité pendant des siècles (l'inquisition a brûlé des millions de soricères), il faut le résusciter, le remettre debout. Voici quelques indications tirées de Emmanuel Tala formation : « Le féminin sacré est tout ce qui est liée à l'intuition, la contemplation, l'empathie, la solitude, la douceur, l'introspection et l'intuition.

15 – Aller et venir / Laisser le poids dans le fauteuil

 

Laisse le poids dans le fauteuil

S’il te plaît

s’il te plaît

s’il te plaît

là,

enfonce-toi,

laisse tes épaules emplir le dossier du fauteuil, emplir les coussins.

Laisse tes fesses pénétrer le tissu.

Laisse tes bras épouser le bras de ton siège… s’il a des bras…

Tu as pris ta respiration comme on prend un enfant contre soi, puis tu as repoussé cette respiration comme tu l’aurais repoussée sur une balançoire,

et maintenant elle revient… puis repart… et revient…

Par ses deux temps, aller, et venir, s’emplir, puis se vider… elle vient, et elle va…

Tu t’enfonces, ton poids s’enfonce. Ce qui va de l’autre côté y va, et revient… Au moment où le souffle te quitte, éprouve entièrement qu’il te quitte.

Et quand il revient, éprouve entièrement qu’il revient.

Tu es ni triste ni soulagé, tu es dans le va-et-vient, tu es soulagé sans même te le dire, tu t’es retrouvé au contact de toi-même par le va-et-vient.

Un nouveau contact.

Et ça va, et ça vient, en rythme des marées, et ça nettoie ce qui avait besoin d’être nettoyé.

Là…

tu retrouves le contact, autant quand ça va, que quand ça vient.

Là… tu es là.

Les déchets partent avec la marée, et tu retrouves le contact.

Le poids s’évacue par tes fesses,

il s’évacue par tes pieds, il s’évacue par tes oreilles.

Tu ne fais rien. Une neige chaude tombe sur toi, une neige de chaleur, ou une brume, une brume claire, à moins qu’une fée t’enveloppe, te lange.

C’est bizarre.

Les images se succèdent, différentes, toujours soyeuses.

Tu entres dans l’œuf en même temps que tu en sors.

Tu vas-et-viens en entrant et sortant de l’œuf, sans même entrer ni sortir. Tu es dans la frontière du va-et-vient, dans l’oxymore des grammairiens qui t’introduit à la suspension active et dynamique.

Tu es dans le rythme immobile de la marée vivante, dans son souffle va-et-venant qui te recouvre de l’intérieur comme un linge doux, qui te caresse les lèvres, un éternel instant.

Thierry Zalic Extrait de Hypnose quantique 3 : La Joie

des images, des photos, des montages sont souvent des déclencheurs d'envies, de désirs, de rêves, d'énergies, de vibrations ; les mots et concepts n'ont pas ces pouvoirs
des images, des photos, des montages sont souvent des déclencheurs d'envies, de désirs, de rêves, d'énergies, de vibrations ; les mots et concepts n'ont pas ces pouvoirs
des images, des photos, des montages sont souvent des déclencheurs d'envies, de désirs, de rêves, d'énergies, de vibrations ; les mots et concepts n'ont pas ces pouvoirs
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des images, des photos, des montages sont souvent des déclencheurs d'envies, de désirs, de rêves, d'énergies, de vibrations ; les mots et concepts n'ont pas ces pouvoirs
des images, des photos, des montages sont souvent des déclencheurs d'envies, de désirs, de rêves, d'énergies, de vibrations ; les mots et concepts n'ont pas ces pouvoirs
des images, des photos, des montages sont souvent des déclencheurs d'envies, de désirs, de rêves, d'énergies, de vibrations ; les mots et concepts n'ont pas ces pouvoirs

des images, des photos, des montages sont souvent des déclencheurs d'envies, de désirs, de rêves, d'énergies, de vibrations ; les mots et concepts n'ont pas ces pouvoirs

21 – un billet d'Alain Cadéo : Légèreté

Si il y a une chose que nous avons bien oublié, c’est de se laisser porter, par les vents, les idées, un tourbillon d’instants vivants. Nous avons tant voulu tout contrôler et tout nous a échappé. C’est bien fait ! Un crétin prévoyant ne vaudra jamais un idiot insouciant. Alors évidemment, vous me direz: « Oui, l’insouciance c’est bien joli, mais il faut tout de même assurer ses arrières ! » Quelle vilaine expression ! Car à trop protéger son cul, de plomb, d’or ou de barbelés, on finit par couler, s’enliser, bardé de certitudes. Non, rien ne vaut d’être léger comme un sentier de plumes, sans calcul ni arrière pensée, car si la joie existe c’est devant, avec l’œil rond de l’innocent.
 
« si les anges volent, c'est parce qu'ils se prennent eux-mêmes à la légère »
G.K. Chesterton
L'amour de la vie

l'amour de la vie, offert en pdf, 24 pages, 25 articles, oeuvre en partie plurielle; les emprunts sont indiqués

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La vie ? processus ? mystère ?

16 Mai 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #SEL, #agoras, #développement personnel, #engagement, #essais, #jean-claude grosse, #poésie, #spectacles, #vraie vie, #écriture

hier après-midi et soirée, 21 février 2024, goûter de retrouvailles à 7,
3 comédiennes, la cinquantaine passée, 2 techniciens du spectacle, même génération, une jeune fille et un pépé, soit 4 générations
6 heures d'échanges, drôles (beaucoup d'humour, de rires), de souvenirs, joyeux ou nostalgiques, de choses qui sortent (de quoi gerber), de discussion sur ce qui se passe dans les milieux du cinéma, du théâtre, du sport
on parle longuement de Lévi-Strauss, de la prohibition universelle de l'inceste, permettant de passer de l'endogamie à l'exogamie, de la nature à la culture ; je fais remarquer que la réponse mâle à ce tabou est la pratique universelle du viol puis avec Françoise Héritier que l'assujettissement des femmes par les mâles est dû à ce qu'elles font les fils dont les mâles ont besoin pour perpétuer leur domination
on évoque longuement le micro-chimérisme foetal-maternel
voici donc un article de mars 2022 que je complèterai avec ma note de lecture sur un livre majeur : Les cellules buissonnières
deux dessins des jumeaux exécutés yeux fermés, le 2° avec les deux mains alternativement
deux dessins des jumeaux exécutés yeux fermés, le 2° avec les deux mains alternativement
deux dessins des jumeaux exécutés yeux fermés, le 2° avec les deux mains alternativement

deux dessins des jumeaux exécutés yeux fermés, le 2° avec les deux mains alternativement

les jumeaux ? 
c'est une remontée inattendue d'une des dernières paroles d'Annie, le 29 octobre 2010 : il y a un morceau de Sylvain qui se balade quelque part (chimérisme foetal-maternel ?);
attendant Sylvain, c'est Katia qui est arrivée 
jusqu'à ce que Magali B. me mette le nez dessus, le 21 mars 2022 : mais peut-être ils étaient deux ?
21 mars, jour du printemps, jour de Nowruz, de sainte Clémence (morte le 21 mars 1176), de la trisomie 21, pour l'élimination de la discrimination raciale (quelle légèreté une journée pareille)
vrai ou faux, impossible de trancher 
donc le défi des prochains mois, retourner dans le ventre porteur d'Annie et écrire la légende des jumeaux Sylvain (s'il vînt, il ne devait pas venir, avais-je répondu) et Katia (bien là)
que s'est-il passé entre eux ?
ces dessins yeux fermés sont déjà façon de les palper, de les sentir, ressentir
avant les mots, des sensations
les 9 mois du paradis foetal : processus descriptible ? processus miraculeux ? sait-on ce qu'on interrompt dans une interruption volontaire de grossesse ? sait-on ce qu'est le ciel vécu par le foetus nautilus dans les profondeurs amniotiques ?
les 9 mois du paradis foetal : processus descriptible ? processus miraculeux ? sait-on ce qu'on interrompt dans une interruption volontaire de grossesse ? sait-on ce qu'est le ciel vécu par le foetus nautilus dans les profondeurs amniotiques ?
les 9 mois du paradis foetal : processus descriptible ? processus miraculeux ? sait-on ce qu'on interrompt dans une interruption volontaire de grossesse ? sait-on ce qu'est le ciel vécu par le foetus nautilus dans les profondeurs amniotiques ?
les 9 mois du paradis foetal : processus descriptible ? processus miraculeux ? sait-on ce qu'on interrompt dans une interruption volontaire de grossesse ? sait-on ce qu'est le ciel vécu par le foetus nautilus dans les profondeurs amniotiques ?

les 9 mois du paradis foetal : processus descriptible ? processus miraculeux ? sait-on ce qu'on interrompt dans une interruption volontaire de grossesse ? sait-on ce qu'est le ciel vécu par le foetus nautilus dans les profondeurs amniotiques ?

J'ai vu « Le Processus » de Catherine Verlaguet, lauréate du Prix de la Pièce de théâtre contemporain pour le Jeune Public 2022, sélection 3ème/2nd, au Telegraphe ce mercredi 6 avril à 19h30 en partenariat avec le Planning Familial Varois.

C’est ton corps, dit-il (Fabien, son petit ami). Je te suivrai quelle que soit ta décision.

Claire est au lycée. Elle tombe amoureuse et enceinte de Fabien, qui est aussi amoureux d’elle mais pas vraiment prêt à affronter ce qui leur arrive. Claire entame alors un processus d’avortement…

« C’est ce processus que je vous propose de suivre sans manichéisme : le positionnement des proches, l’efficacité des médecins, les doutes et les certitudes qui se mélangent, le tout entrecoupé de flash-back sur l’histoire d’amour, la naissance du désir et ce premier émoi entre Claire et Fabien.

« Je suis pour l’avortement. Je suis pour que les femmes disposent de leur corps. Je suis pour le fait que la décision d’avorter leur appartienne.

Je pense aussi qu’il est des cicatrices que l’on ne regrette pas, mais que l’on n’oublie pas pour autant." écrit C.V. comme Claire Valège, C.V., comme C.V., Curriculum Vitae.

Ce spectacle se vit en immersion sonore, casque sur la tête, sauf à la fin, 1° cachet abortif absorbé.

C'est très bien joué par Juliette Allain qui a, à son actif, au moins 80 représentations.

Dispositif simple, une table, une chaise.

Des techniques d'acteur également simples mais efficces pour les changements de personnages (il s'agit d'un solo d'actrice jouant tous les personnages).

Metteur en scène Johanny Bert, Théâtre de Romette (Auvergne).

Le débat avec le public et le planning familial, avec lecture de textes datant du manifeste des 343 (1971), du manifeste des 331 (1973) et de la loi Simone Veil (17 janvier 1975) a été centré sur les motivations de l'autrice-auteure, sur le personnage de Claire et son choix (c'est mon corps, c'est ma vie), sur la qualité de l'interprétation et sur le dispositif avec casque permettant d'être en direct et de façon intime avec Claire.

L'auteure-autrice a signalé l'importance pour elle d'éviter les clichés, de renverser la relation habituelle mettant l'intime sous la coupe du politique (on se sent et on se met sous le regard et le pouvoir de l'Autre, la pharmacienne, la mère, le médecin, le petit ami, les copines...), elle cherchant plutôt à montrer l'impact possible de l'intime sur le politique (je tiens à décider par moi-même, même si j'ai des doutes, des hésitations, des peurs, je tiens à les gérer moi-même ; les autres, l'Autre, les dispositifs légaux d'aide à l'avortement se mettant au service de mon choix).

Ce débat m'a fait remonter aux années 1974-1980 (retour à Toulon) parce qu'Annie Grosse-Bories a été longtemps secrétaire bénévole au Planning familial 83, avant de devenir assistante sociale, éducatrice spécialisée, puis psychologue clinicienne au CMPP de La Seyne, formatrice à l'école d'assistantes sociales de la Croix-Rouge et enfin psychanalyste (je cite ce parcours parce que révélant sa force d'engagement). C'était rue Peiresc sous la houlette de Jeanine Braendlin à l'époque.

C'est dire si j'ai suivi les luttes du planning familial. Et bien sûr, j'ai soutenu les interventions d'éducation sexuelle du Planning familial au Lycée Rouvière, avec humour déstabilisateur parfois quand par exemple j'ai fait croire que le sida, très destructeur, était renforcé par une autre maladie, le stob, attrapé quand on fait l'amour sans amour.

Dois-je dire que je perçois aujourd'hui le poids terrible de l'initiation sexuelle sur les jeunes, et ce de plus en plus jeune, dès 7 ans, garçons mais aussi filles (on se provoque, alors tu t'es branlée cette nuit...), parce que l'industrie pornographique (particulièrement florissante, entre les mains de mafias) est à l'oeuvre au travers des réseaux sociaux, parce que les réseaux pédophiles, pédo-criminels sont particulièrement puissants et opaques, parce que le tourisme sexuel et la prostitution sont pratiques courantes, ouvertes ou cachées, parce que tellement de possibilités sont proposées, y compris de changements de sexe (homo, lesbienne, drag-queen, bi, trans, woke, cancel-culture), parce que tout semble devenir possible (PMA, GPA grâce aux ventres ukrainiennes, clones, chimères...). Avec l'homme augmenté, l'intelligence artificielle, on va être pucé, prothésé, bionisé, remisé à l'éternité. 

La vie comme la mort sont devenues de vastes champs d'expérimentations, de manipulations (suicide assisté, éternité par cryogénisation... ; film Soleil vert)
En écoutant ce qui se disait, j'ai soudain pris conscience que cette soirée était sous le signe d'une idéologie scientiste, d'un matérialisme dogmatique, d'un athéisme réducteur.

Pris de je ne sais quelle émotion devant l'ampleur de ce que je ressens comme un désastre, j'ai failli ne pas intervenir.

Je l'ai fait tout de même en tentant de socratiser le débat : qu'est-ce qui permet à Claire de dire avec cette certitude, cette assurance qu'à un jour près le cœur du foetus ne bat pas, donc pas de vie, donc pouvant se dédouaner, je ne tue pas.

L'affirmation c'est mon corps et j'en dispose comme je veux, aujourd'hui, me paraît d'une démesure, d'un orgueil décalés par rapport à ce qui m'apparaît comme mystère et miracle.

Ton corps est mystère parce qu'il est une incarnation de la Vie qui te le reprendra puisque naître c'est être voué à la mort, elle-même mystère.

Bienheureux ceux qui savent ce qu'est la mort, néantisation par exemple.

Ta liberté sera le suicide ou l'euthanasie.

Ton corps à naître, ta naissance est miracle même avec le soutien du corps médical, d'une science médicale devenue domination sanitaire d'experts sur les patients (voir avec la Covid).

Il y a un processus en cours bien plus mystérieux que le simple récit qu'en fait un cours de SVT, une rencontre entre spermatozoïde et ovule, division cellulaire, spécialisation cellulaire... Aujourd'hui, on sait que le fameux ADN, (1%), la soi-disant identité infalsifiable, génétiquement immuable (avec maladies génétiques prévisibles) de chacun est un dogme scientiste battu en brèche par les découvertes de l'épigénétique et par les travaux sur les 99% d'ADN dits poubelle, méprisés par les chercheurs américains et étudiés avec succès par les chercheurs russes.

Pour complexifier le tableau, je rajouterai que nous sommes mémoires, que ce sont toutes les mémoires de ce qu'on appelle évolution qui nous constituent, par exemple, l'extraordinaire parcours de l'atome de fer depuis l'explosion d'une super-novae jusqu'à ce qui caractérise notre sang, l'hémoglobine, en passant, oui, oui par le magma terrestre (une molécule d'hémoglobine qui se trouve à l'intérieur d'un globule rouge, ce sont 10000 atomes dont 4 de fer pour capter 4 atomes d'oxygène, transporté par circulation sanguine à chaque cellule du corps).

ou autre fantaisie, les 50000 milliards de bactéries, vieilles de 3,5 à 4,5 milliards d'années et qui colonisent notre ventre, le 2° cerveau, et sans lesquelles il n'y aurait aucune transformation de ce que nous mangeons.
Donc, il y a de quoi même avec la science s'émerveiller et se dire, on ne sait rien car savoir c'est savoir que ce qui reste à trouver est de plus en plus difficile à percer. 

Allant ailleurs vers des traditions spirituelles fort anciennes et quasi-universelles (présentes dans toutes les aires et sociétés), ne peut-on supposer, poser qu'une âme vient s'incarner dans un corps, le temps d'une vie, d'une réincarnation, d'une résurrection et que la mort c'est rendre l'âme, l'âme hors pour une nouvelle réincarnation.

Prolongeant cette intervention, je pense qu'il y a deux approches que je ne souhaite pas opposer, n'invitant personne à faire un choix plutôt qu'un autre

- une approche scientiste qui se sert de la science pour séparer : ça c'est la vie, ça c'est la mort; ça c'est vivant, ça non; distinguer le plaisir et la procréation, ça c'est le propre de l'homme, ce n'est pas le propre des animaux qui rutent par nécessité de reproduction (moins le propre de la femme, dans une société patriarcale mais aujourd'hui elles revendiquent et pratiquent de plus en plus le droit de jouir sans entraves, de vivre leur plaisir clitoridien en solitaire ou pas avec godes ou pas), baiser ou faire l'amour pour le plaisir et par plaisir à 99,9999 % pour deux enfants dans une vie (on peut en devenir addict sans doute), abstinence, beurk, sublimation, késako, satisfaction immédiate, oui, oui, ça urge (d'où viols, forçages de toutes sortes, chantages, méprises sur le consentement non-consenti-consenti-consentant, la fameuse zone grise) ; on le devine : l'éducation sexuelle pour gérer toute cette complexité seulement physique, épidermique (qui ne prend pas en compte, émois, émotions, sentiments, désirs, fantasmes, résistances, réticences, rythmes...) n'est pas une éducation sentimentale, encore moins une éducation à l'amour.
- une approche spirituelle où je considère ma vie comme un cadeau, un don, gratuit fait par la Vie (le contraire du je n'ai pas demandé à naître), cadeau fait par la Vie, sans jugement, par amour inconditionnel, m'aimant aussi bien salaud que saint, héros que bourreau, avorteuse de « mon » fœtus que jeune mère accueillante du fœtus dont une légende raconte
que quand un bébé vient au monde, il connaît les mystères de la création. Mais juste avant sa naissance, un ange pose le doigt sur sa bouche : « chut ! » et l’enfant oublie tout, il vient ainsi au monde innocent…
C’est pourquoi nous avons tous un petit creux au-dessus de la lèvre supérieure, signe de L’Empreinte de l’ange.

« Avant sa naissance, dit le Talmud, l'homme est un pur esprit et possède encore le savoir ultime de ses vies antérieures. C'est alors qu'un ange apparaît et lui enjoint de tenir ce savoir secret. L'ange pose son doigt sur la lèvre de l'enfant et à cet instant précis, le bébé oublie tout pour entrer dans la vie. Du geste de l'ange, il reste une trace: le petit creux qui dessine un fossé entre notre lèvre supérieure et la base de notre nez... Alors seulement, il peut pousser son premier cri. »

La tradition dit, en effet, qu'avant la naissance, l'âme "descendue" dans l'embryon connait "toute la Torah", qu'elle voit la vie qu'elle va mener lors de l'incarnation, les choix qu'elle devra faire et leurs conséquences....
Lors de la naissance, l'ange, en effet, lui pose le doigt sur la bouche afin qu'il oublie ce qu'il sait et ait le plaisir de le redécouvrir, de faire ses choix librement et la trace de ce doigt angélique est le sillon naso labial.

Cette tradition est parfaitement bien exploitée dans "Les bienveillantes" de Jonathan Little lorsque le "héros" rencontre ce vieux juif à qui il manque justement ce sillon naso labial, qui se "souvient" donc de tout y compris du moment de sa mort, et dont la rencontre donne lieu à un dialogue entre la "pensée occidentale" et la tradition juive.

Dit autrement et ça se dit aujourd'hui, ce ne sont pas les parents qui font les enfants mais les enfants (leur âme) qui choisissent leurs parents.

Avec le temps, à 80 ans passés, je suis passé d'une approche à l'autre.

Car la vie nous fait vivre, revivre des expériences. Par exemple Annie qui, entrée à l'hôpital en octobre 2010, revient sur la naissance de Sylvain-Katia et qui me dit un morceau de Sylvain se balade quelque part.

Elle croyait attendre un garçon, arriva une fille. Pas d'échographie à l'époque, en 1968. Et en 2022, je découvre que peut-être, elle attendait des jumeaux homo ou hétérozygotes et qu'un n'est pas apparu.

Voici de récentes découvertes sur ce qui se passe, le microchimérisme foetal-maternel

Pendant la grossesse, les cellules du bébé migrent dans la circulation sanguine de la mère et retournent ensuite dans le bébé, c'est ce qu'on appelle le « microchimérisme fœtal-maternel ». ⁠

Pendant 41 semaines, les cellules circulent et fusionnent et après la naissance du bébé, beaucoup de ces cellules restent dans le corps de la mère, laissant une empreinte permanente dans les tissus, les os, le cerveau et la peau de la mère, et y restent souvent pendant des décennies.

Chaque enfant laissera une empreinte similaire.

Des études ont également montré des cellules d'un fœtus dans le cerveau d'une mère 18 ans après son accouchement.

Des recherches ont montré que si le cœur d'une mère est blessé, les cellules fœtales se précipitent vers le site de la blessure et se transforment en différents types de cellules spécialisées dans la réparation du cœur.

Le bébé aide à réparer la mère, tandis que la mère construit le bébé.

C'est souvent pourquoi certaines maladies disparaissent pendant la grossesse.

C'est incroyable de voir comment le corps de la mère protège le bébé à tout prix, et comment le bébé protège et reconstruit sa mère - afin qu’il puisse se développer en toute sécurité et survivre.

Si vous êtes une maman, vous savez que vous pouvez ressentir intuitivement votre enfant même quand il n'est pas là ...

Eh bien, maintenant il y a une preuve scientifique que les mamans portent leurs enfants pendant des années et des années, même après qu'elles les aient mis au monde.

Pour conclure, à partir de là où j'en suis, je crois que tout est croyance, qu'il n'y a de preuve de rien, des arguments peut-être, que donc ce sont les mots que l'on emploie qui crée ce que l'on prend pour la réalité. Change de mots et tu changes la réalité. Change de mots et tes maux changent.

Dans cet état d'esprit, je trouve particulièrement beau, le récit d'Alain Cadéo, Le ciel au ventre, qui date d'avril 1993 et qui est le dialogue d'un père avec le foetus nautilus attendu par sa femme, foetus qui n'a rien d'inerte, de passif, riche déjà de toutes les convulsions galactiques, de toutes les incandescenses.
C'est aussi ce que j'ai tenté avec le texte Trois femmes (Le corps qui parle)

À Le Revest, le 8 avril 2022

 

 

 

 

un livre majeur

un livre majeur

dans une conversation hier, mercredi 11 octobre 2023, j'ai été amené à dire que depuis quelques temps, je me sentais travaillé par le ventre des femmes, et d'abord celui de l'épousée
sans doute en lien avec une histoire de jumeaux, une phrase de l'épousée lors de son testament oral, le 29 octobre 2010 (il y a un morceau de S. qui se balade quelque part en moi), un mois avant son passage, le 29 novembre 2010,
avec l'intérêt que je porte au micro-chimérisme foetal-maternel depuis qu'il m'a été évoqué lors d'une séance de guérison avec 1.2.3. Soleil (ainsi s'appelle-t-elle), il y a deux ans environ
et voici qu'aujourd'hui sort cet article de Libération sur un livre qui s'annonce essentiel
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Il est des livres qui bouleversent notre vision du monde.
Dans les Cellules buissonnières (Premier Parallèle, 2023), la journaliste scientifique Lise Barnéoud relate des cas scientifiques extrêmes qui nous permettent de mieux comprendre la composition de nos propres corps. Comme celui de l’Américaine Karen Keegan, mère de trois enfants, qui s’est vu dire par les médecins : «Deux de vos fils ne correspondent pas à votre ADN.» Une découverte fortuite alors que ceux-ci passaient des examens de compatibilité avec leur mère en vue de lui donner un rein. Idem pour Lydia Fairchild, dont les tests de maternité nécessaires à l’obtention d’une aide sociale aux Etats-Unis révèlent que, d’un point de vue génétique, elle n’est pas la mère de ses deux enfants.
Le livre de Lise Barnéoud est une plongée dans ces résultats scientifiques des plus troublants connus sous le nom de «microchimérisme». Comme la créature mythologique mi-chèvre mi-lion à queue de serpent, beaucoup d’entre nous (tous ?) sont constitués de plusieurs populations de cellules ne contenant pas le même génome. «L’équation maintes fois apprise "1 individu = 1 génome" ne couvre pas toutes les réalités», déconstruit la journaliste scientifique. Mais d’où proviennent ces cellules autres ? Une première piste nécessite de décortiquer les mécanismes de la grossesse et de se pencher sur la notion de «jumeau évanescent».
LA «REINE DES PREUVES»
Tous les embryons ne vont pas au bout de leur développement. Quand une grossesse commence avec deux fœtus mais qu’un seul arrive à son terme, on appelle l’autre un «jumeau évanescent». Ce cas toucherait 10 % à 30 % des naissances uniques. Une trace de ce frère ou de cette sœur jamais né(e) peut perdurer dans le corps de son jumeau avec lequel il a partagé quelques jours le même utérus. Ses cellules ont pu s’insérer dans l’être en formation à côté de lui, allant jusqu’à devenir des constituantes à part entière de certains de ses organes. Dans le cas de Karen Keegan, les médecins pensent même que les deux fœtus ont fusionné. Concrètement, certains de ses ovules contiennent les informations génétiques de Karen et d’autres celles de sa sœur qui n’est jamais née. Cette affaire donne son sous-titre au livre de Lise Barnéoud : L’enfant dont la mère n’était pas née et autres folles histoires du microchimérisme. Le cas de Karen Keegan, décrit dans un article scientifique, a sauvé Lydia Fairchild face à l’administration américaine. En découvrant cette folle histoire, l’avocat de cette dernière lui propose de faire un frottis du col de l’utérus. Bingo, certaines cellules récoltées sont compatibles avec l’ADN de ses enfants. Lydia a bien porté ses enfants, même si elle est génétiquement leur tante. De quoi se faire des nœuds à l’arbre généalogique.
Le microchimérisme n’a pas que des conséquences sur la parentalité. Dans les affaires criminelles, il peut également remettre en cause la «reine des preuves», à savoir l’ADN. Lise Barnéoud raconte ainsi comment, en 2004, la police scientifique de l’Alaska identifie le sperme présent sur une scène de crime comme étant celui d’un individu déjà en prison. L’homme avait des cellules séminales identiques à celles de son frère. Pas de jumeau évanescent dans ce cas précis : le mécanisme de transmission est une greffe de moelle osseuse entre les frangins. La littérature scientifique fleurit de cas similaires où les cellules du donneur sortent de l’organe greffé pour se balader dans le corps du receveur et parfois s’insérer dans d’autres organes sans en altérer le fonctionnement. «Je est un autre», écrivait Rimbaud.
Le microchimérisme bouleverse également les croyances scientifiques. Le dogme dominant pour expliquer le fonctionnement du système immunitaire repose sur la capacité des défenses du corps à distinguer le soi - les cellules du corps qu’il ne faut pas tuer - du non-soi - les cellules étrangères à dézinguer. Cette théorie avait, certes, déjà été fragilisée par la découverte du microbiote, cette flopée de bactéries qui vivent sur la peau ou dans les intestins, essentielles au bon fonctionnement du corps humain. Mais voilà qu’on découvre aussi que certaines parties de notre corps peuvent être constituées de deux populations cellulaires génétiquement distinctes. L’immunité de l’organisme est donc une relation de coopération entre nos cellules, celles dites microchimériques et les micro-organismes.
À TRAVERS LE PLACENTA
La principale source de microchimérisme reste la grossesse. En témoigne la première référence au microchimérisme trouvée par Lise Barnéoud, qui remonte à 1893, quand un médecin allemand trouve des cellules du placenta dans les poumons de femmes mortes en couches. Mais la grossesse est encore insuffisamment explorée par la science moderne. «Quand je voyais écrit, il y a quelques années, dans les manuels de biologie de ma fille, que le placenta ne laissait pas passer les cellules, je n’en revenais pas»,se désole Nathalie Lambert, chercheuse à l’Inserm et spécialiste du microchimérisme, invitée à la présentation du livre à Paris le 21 septembre. Car les échanges entre un fœtus et sa mère vont bien au-delà de quelques nutriments, de l’oxygène et des défenses immunitaires. Le placenta laisse aussi passer des cellules. Ce transit à travers le placenta est même probablement l’une des conditions de réussite de la grossesse. En effet, les cellules de l’embryon se rendent en priorité dans le thymus de la femme enceinte pour inciter le système immunitaire à accepter la présence du fœtus dans son organisme. «Elles s’assurent que l’embryon reçoive le gîte et le couvert», résume Lise Barnéoud.
Si les cellules passent dans un sens, elles peuvent donc passer dans l’autre. Ainsi, la mère donne à son fœtus ses propres cellules et, potentiellement, celles des embryons qu’elle a déjà portés, voire celles de sa propre mère qui peuvent encore être présentes dans son organisme. Dans une étude publiée en 2021 dans la revue The Lancet,Nathalie Lambert a découvert des cellules microchimériques de leur grand-mère dans le sang de cordon de cinq bébés sur 28.
LES CINQ GOMMETTES
Quand elle présente son livre à la presse, Lise Barnéoud propose à chacun de coller une gommette sur son épaule pour chaque voie de transmission prouvée de cellules microchimériques qui nous concerne. Une gommette pour sa mère, une pour sa grand-mère. Une gommette pour chaque grossesse de sa propre mère avant sa naissance. Une gommette si on a subi une transplantation solide ou une greffe de moëlle osseuse. Enfin, pour les femmes, une gommette pour chaque grossesse menée à terme ou non. On a fini avec cinq gommettes sur l’épaule. De quoi sérieusement revisiter le concept de sa propre identité.
Malgré l’importance conceptuelle de ce phénomène, il reste peu étudié avant les années 90. «Nous manquons encore beaucoup d’informations de base sur ces sujets. Comme nous avions du mal à démontrer une application possible, nous n’avions pas suffisamment de financement»,regrette J. Lee Nelson, chercheuse américaine retraitée de l’institut Fred-Hutchinson de Seattle, également là à la présentation du livre à Paris et grande spécialiste du sujet.
Néanmoins, les résultats récents étayent le rôle de ces cellules dans nos corps et relancent l’intérêt des financeurs. Alors, que font-elles, ces cellules porteuses d’un ADN différent mais qui nous constituent ? Est-il dangereux d’être «multi-génétique» ? C’est que ces cellules peuvent se retrouver dans n’importe quel organe.
Dans un article publié dans la revue PlosOneen 2012, J. Lee Nelson trouvait des neurones masculins (contenant des chromosomes XY) dans le cerveau de 37 femmes sur 59 autopsiées. Certains chercheurs pensent même qu’elles peuvent se transmettre par le sperme. «La chanson Can’t Get You Out of My Head [«je ne peux pas te sortir de ma tête», ndlr] n’a jamais semblé aussi juste», se marre aujourd’hui J. Lee Nelson. Les cellules microchimériques peuvent avoir un impact positif ou négatif en fonction des cas, comme souvent en biologie. Lise Barnéoud raconte ces femmes greffées d’un rein qui déclenchent un cancer des années après leur opération. Surprise, leurs cellules cancéreuses sont toutes mâles, donc issues de l’organe greffé. Le microchimérisme pourrait aussi jouer un rôle dans le développement de certaines maladies auto-immunes, dont les trois quarts des victimes sont des femmes, souvent de plus de 45 ans. Enfin, dans les cas de jumeaux évanescents de sexes différents, si des cellules mâles et femelles se côtoient dans le même appareil génital, cela peut donner lieu à des malformations. Comme cette petite Américaine opérée en 1962 et qui présentait du tissu ovarien d’un côté et du tissu testiculaire de l’autre…
LE CÔTÉ OBSCUR
Au début de ses recherches, dans les années 90, J. Lee Nelson a par ailleurs démontré qu’on avait plus de chances de trouver des cellules mâles dans le sang des femmes atteintes de sclérodermie, une maladie auto-immune, que dans le sang de femmes en bonne santé. Voilà pour le côté obscur. Car «ce n’est pas parce qu’on voit des pompiers à chaque fois qu’il y a un incendie, qu’il faut en conclure qu’ils causent l’incendie», temporise Lise Barnéoud.
J. Lee Nelson a d’ailleurs «toujours cru que les bons côtés l’emportaient sur les moins bons». Des études épidémiologiques laissent ainsi penser que les femmes qui ont des cellules mâles dans le sang ont moins de risques de développer certains cancers (sein, ovaires et cerveau). Elles auraient un effet protecteur, donc. De quoi pousser des scientifiques à plancher sur leur effet curatif éventuel. Selim Aractingi, chercheur à l’hôpital Cochin à Paris, obtient des résultats positifs en utilisant ces cellules pour guérir des plaies cutanées et même réparer les tissus après des accidents cérébraux chez la souris. Il espère pouvoir utiliser chez l’humain le potentiel thérapeutique de ces cellules attirées par les zones blessées et capables de s’insérer dans un organe tout en garantissant son fonctionnement. D’autres résultats tendent à prouver que les cellules microchimériques de la mère «éduquent» le système immunitaire de l’enfant. Dernier espoir évident : la possibilité d’augmenter la tolérance des greffes. Mais ce n’est pas pour toute de suite.
Lise Barnéoud Les cellules buissonnières Premier Parallèle, 208 pp., 19 €
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évidemment, j'assisterai jeudi 19 octobre à 19 H à la projection au Royal à Toulon du documentaire de Claire Simon, Notre corps, en sa présence
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Pour résumer ma position aujourd’hui
Naissance = miracle et mystère
Mort = mystère et miracle
(miracle = heureusement qu'on meurt, dixit Marcel Conche)
Ces deux mots, selon moi, n'ont pas à être élucidés, conceptualisés (tentation humaine)
mais doivent induire des attitudes
Le savoir sert à confirmer l’impossibilité de savoir
mais sert aux pouvoirs
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une histoire de la vraie vie / Gabriel/le Guez Ricord

14 Mai 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #Albert Camus, #FINS DE PARTIES, #poésie, #pour toujours, #écriture, #vraie vie

découverte par hasard ? et par étapes de la tombe du poète Christian Gabriel/le Guez Ricord (1948-1988)
découverte par hasard ? et par étapes de la tombe du poète Christian Gabriel/le Guez Ricord (1948-1988)
découverte par hasard ? et par étapes de la tombe du poète Christian Gabriel/le Guez Ricord (1948-1988)
découverte par hasard ? et par étapes de la tombe du poète Christian Gabriel/le Guez Ricord (1948-1988)

découverte par hasard ? et par étapes de la tombe du poète Christian Gabriel/le Guez Ricord (1948-1988)

12 heures d'escapade dans le sud lubéron, mercredi 11 mai 2022
avant Rognes, un superbe champ de coquelicots
Rognes, halte au marché, la boulangerie au bon pain, le cercle des travailleurs
Lourmarin, très long moment au cimetière dès l'arrivée, comme à chaque fois
tombe d'Albert Camus
tombe d'Henri Bosco
lectures de textes
parce qu'il fait chaud, Annie Bergougnous se met à l'ombre d'un monument funéraire, discret, peu visible, presque en vis à vis de la stèle d'Albert Camus
profondément surprise et émue de découvrir par étapes ce qui va se révéler être la tombe du poète Christian Gabriel/le Guez Ricord.
"Faisant presque face à celle d'Albert Camus, en me penchant par hasard et curiosité sur le carré de pierre reposant aux angles sur quatre cubes de verre que j'ai ensuite pris soin de nettoyer, une émotion puissante à la lecture de ce vers, gravé sur la fine bande de marbre incrustée sur trois de quatre côtés du carré de pierre.
Dépôt de deux roses Pierre de Ronsard
puis lecture de quelques lignes de Velibor Čolič -Manuel d'exil-". A.B.
Impossible de déchiffrer le nom.
arrive une dame qui intéressée par la description que lui fait Annie Bergougnous se met à déchiffrer avec son doigt :
Gabrielle Guez Ricord 1948-1988
Je réagis immédiatement, connaissant bien le parcours de Christian Gabriel/le Guez Ricord, un poète majeur né et mort à Marseille, prix Paul Valéry dès son premier recueil à 17 ans.
Je connais ce poète car il fut un temps au Revest, lors de mon premier mandat municipal avec Charles Vidal et Jacques Rullier (1983-1989), où un imprimeur à l'ancienne éditait Spectres familiers.
L'Annoncée [I], Spectres familiers, Le Revest-les-Eaux, 1983.
Emmanuel Ponsart quitta Le Revest, peu propice à la reconnaissance d'une telle activité et devint le directeur du CipM, le Centre international de poésie de Marseille, installlé à la Vieille Charité.
C'était à l'époque d'un adjoint à la culture de Marseille, Christian Poitevin, connu sous le nom de Julien Blaine, poète performeur
L'inscription :
tu peux voir le corps
et pour lui, l'Ange
la mort a ses images
Or une oeuvre de Guez Ricord porte ce titre
La Mort a ses images, dessin de Jean-Jacques Ceccarelli, Thierry Bouchard, Losne, 1985.
En cherchant dans la biographie de Guez Ricord, je n'ai trouvé nulle part l'indication de son lieu d'inhumation, discret, très fortement pensé et conçu
photos d'Annie Bergougnous dont la curiosité insatiable a permis cette mise à jour
si vous vous rendez au cimetière de Lourmarin pour Camus et Bosco, pensez dorénavant à Guez Ricord
la phrase en trois bribes sur la tranche de la tombe du poète fou et mystique Christian Gabriel/le Guez Ricord (1948-1988) au cimetière de Lourmarin rien à la face Tu peux voir le corps (côté gauche) et pour lui  l'ange, (côté droit) la mort a ses images (à l'arrière en capitales) voilà une inscription bien pensée, la tombe étant elle-même bien conçue, pieds de verre, plateau granitique, tranche en marbre photos et découverte Annie Bergougnous
la phrase en trois bribes sur la tranche de la tombe du poète fou et mystique Christian Gabriel/le Guez Ricord (1948-1988) au cimetière de Lourmarin rien à la face Tu peux voir le corps (côté gauche) et pour lui  l'ange, (côté droit) la mort a ses images (à l'arrière en capitales) voilà une inscription bien pensée, la tombe étant elle-même bien conçue, pieds de verre, plateau granitique, tranche en marbre photos et découverte Annie Bergougnous
la phrase en trois bribes sur la tranche de la tombe du poète fou et mystique Christian Gabriel/le Guez Ricord (1948-1988) au cimetière de Lourmarin rien à la face Tu peux voir le corps (côté gauche) et pour lui  l'ange, (côté droit) la mort a ses images (à l'arrière en capitales) voilà une inscription bien pensée, la tombe étant elle-même bien conçue, pieds de verre, plateau granitique, tranche en marbre photos et découverte Annie Bergougnous

la phrase en trois bribes sur la tranche de la tombe du poète fou et mystique Christian Gabriel/le Guez Ricord (1948-1988) au cimetière de Lourmarin rien à la face Tu peux voir le corps (côté gauche) et pour lui l'ange, (côté droit) la mort a ses images (à l'arrière en capitales) voilà une inscription bien pensée, la tombe étant elle-même bien conçue, pieds de verre, plateau granitique, tranche en marbre photos et découverte Annie Bergougnous

Samedi 5 juillet 2025 – 9h30 à 12h
Lieux insolites et Espace Camus à Lourmarin
Dans le cadre du festival des Arts de la parole, deux temps forts se succèderont ce samedi 5 juillet: à 9h30 une promenade animée par Dominique Sorrente et des membres du collectif du Scriptorium avec lectures de textes à la découverte de lieux fréquentés par le poète à Lourmarin. Départ: espace Albert Camus.
À 11h, espace Albert Camus, Dominique Sorrente proposera une conférence-lecture, dite "conférence ponctuée". Celle-ci alternera des évocations prises sur le réel vécu avec des lectures de poèmes en écho et de textes de l’auteur du Cantique qui est à Gabriel/le.
article sur Vincent La Soudière, paru dans Le Monde le jour de l'annonce publique de la mort de Christian Bobin / Jean-Claude Grâce à vos indications, j'étais aujourd'hui sur la route du cimetière de Lourmarin, pour saluer Christian Guez, quand j'ai appris, à la radio, la mort de Bobin. Un article élogieux (de Roger-Pol Droit) sur Vincent La Soudière (Eschaton, édité par Sylvia Massias) venait de paraître dans le Monde du matin. En une journée, étrangement les trois poètes qui ont le plus compté dans ma vie ont été réunis par les circonstances. Au cimetière de Lourmarin, j'ai bien trouvé la tombe là où vous l'avez découverte, et j'ai pensé à vous, aussi.   Merci   marc

article sur Vincent La Soudière, paru dans Le Monde le jour de l'annonce publique de la mort de Christian Bobin / Jean-Claude Grâce à vos indications, j'étais aujourd'hui sur la route du cimetière de Lourmarin, pour saluer Christian Guez, quand j'ai appris, à la radio, la mort de Bobin. Un article élogieux (de Roger-Pol Droit) sur Vincent La Soudière (Eschaton, édité par Sylvia Massias) venait de paraître dans le Monde du matin. En une journée, étrangement les trois poètes qui ont le plus compté dans ma vie ont été réunis par les circonstances. Au cimetière de Lourmarin, j'ai bien trouvé la tombe là où vous l'avez découverte, et j'ai pensé à vous, aussi. Merci marc

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Et ton livre d'éternité ? Jean-Claude Grosse + Vita Nova

28 Novembre 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #JCG, #écriture, #pour toujours, #poésie, #psychanalyse, #vide quantique, #développement personnel, #engagement, #essais

couverture ; photographie argentique d'Hélène Théret

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au travail de relecture, près de 15 jours
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Et ton livre d'éternité ? Jean-Claude Grosse + Vita Nova

format 16 X 24, à paraître le 14 février 2022

 

666 pages dont 6 en quadrichromie

ISBN 978-2-35502-130-5 / PVP 28 € / poids : 1107 gr

Licence Creative Commons

L’écrivain / Jean-Claude Grosse

hiérosolymitain d'Avers sur les eaux / d’Avers sous les eaux depuis le Déluge / et de Corps Ça Vit /

et / Vita Nova

Les Cahiers de l’Égaré 669 route du Colombier 83200 Le Revest-les-Eaux

oeuvres de Marie Morel et de l'artiste colombienne Lucy Pereyra accompagneront les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique de 666 pages pour 81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le  14 février 2022
oeuvres de Marie Morel et de l'artiste colombienne Lucy Pereyra accompagneront les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique de 666 pages pour 81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le  14 février 2022
oeuvres de Marie Morel et de l'artiste colombienne Lucy Pereyra accompagneront les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique de 666 pages pour 81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le  14 février 2022
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oeuvres de Marie Morel et de l'artiste colombienne Lucy Pereyra accompagneront les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique de 666 pages pour 81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le  14 février 2022
oeuvres de Marie Morel et de l'artiste colombienne Lucy Pereyra accompagneront les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique de 666 pages pour 81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le  14 février 2022

oeuvres de Marie Morel et de l'artiste colombienne Lucy Pereyra accompagneront les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique de 666 pages pour 81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le 14 février 2022

« Je crois bien que notre vie intérieure tout entière est quelque chose comme

une phrase unique entamée dès le premier éveil de la conscience,

phrase semée de virgules, mais nulle part coupée par des points. »

Henri Bergson, L'énergie spirituelle, (in Oeuvres, édition du centenaire, Paris, P.U.F., 1963, p.858)


 

« Les vies que nous n’avons pas vécues, les êtres que nous n’avons pas aimés, les livres que nous n’avons pas lus ou écrits, ne sont pas absents de nos existences. Ils ne cessent au contraire de les hanter, avec d’autant plus de force que, loin d’être de simples songes comme le croient les esprits rationalistes, ils disposent d’une forme de réalité, dont la douceur ou la violence nous submerge dans les heures douloureuses où nous traverse la pensée de tout ce que nous aurions pu devenir. »

Pierre Bayard, Il existe d’autres mondes, (Les Éditions de Minuit, 2014)

en exergue de D’autres mondes de Frédéric Sonntag, Éditions théâtrales, avril 2021

en lien avec L’hypothèse du Tout et La Révolte des ressentants de Leafar Izen

 

Mise en gar_e

 

Καταστροφή / catastrophe

(définition trouvée dans les ruines de Pompéi par Pascal Quignard et rapportée dans Le sexe et l'effroi, p.79 ap. J.C., AD 79)

Καταστροφή / catastrophe est la rupture grave du fonctionnement d'une communauté ou d'une société impliquant d'importants impacts et pertes humaines, matérielles, économiques ou environnementales que la communauté ou la société affectée ne peut surmonter avec ses seules ressources

(définition transportée vers Mars par la navette Atlantis 2 financée par Élan Muské de Space-XXL et propulsée avec les dernières gouttes de combustible fossile après la catastrophe provoquée par la rencontre probable mais imprévue entre une plaque continentale et une plaque océanique coupant une moitié de la Terre en deux, laissant le magma à 1200° s’épandre en lave à la surface des deux moitiés de la moitié de

Terre cherchant à se réconcilier avec l’autre moitié)


 

Les derniers jours de l'humanité

Au secours, les tués ! Assistez-moi, que je ne sois pas obligé de vivre parmi ces hommes qui ont ordonné que des cœurs cessent de battre ! Revenez ! Demandez-leur ce qu’ils ont fait de vous ! Ce qu’ils ont fait quand vous souffriez par leur faute avant de mourir par leur faute ! Cadavres en armes, formez les rangs et hantez leur sommeil. Ce n’est pas votre mort – c’est votre vie que je veux venger sur ceux qui vous l’ont infligée ! J’ai dessiné les ombres qu’ils sont et je les ai dépecés de leur chair ! Mais les pensées nées de leur bêtise, les sentiments nés de leur malignité, je les ai affublés de corps ! Si on avait conservé les voix de cette époque, la vérité extérieure aurait démenti la vérité intérieure, et l’oreille n’aurait reconnu ni l’une ni l’autre. J’ai sauvegardé la substance et mon oreille a découvert la résonance des actes, mon œil le geste des discours, et ma voix, chaque fois qu’elle citait, a retenu la note fondamentale, jusqu’à la fin des jours.

Écrite entre 1915 et 1919, cette pièce action éclatée en centaines de tableaux et une foule de personnages sans héros.

L’auteur Karl Kraus fut poursuivi pour pacifisme quelques mois avant la fin de la guerre. Pourtant, les faits mis en scène ici se sont réellement produits ; les conversations les plus invraisemblables ont été tenues mot pour mot ; les inventions les plus criardes sont des citations ; la chronique a reçu une bouche, de grandes phrases sont plantées sur deux jambes – et bien des hommes n’en ont plus qu’une


 

Devant la porte

Un homme rentre en Allemagne. Mille jours durant, il a attendu dans le froid. Et après avoir attendu mille nuits dans le froid, il peut enfin rentrer chez lui. Et la vie qui l’attend ressemble à un film hallucinant. Il doit se pincer, ne sachant pas s’il rêve. Il s’aperçoit alors qu’il y a des gens qui vivent la même chose que lui. Il se rend compte que c’est un film ordinaire. L’histoire d’un homme qui rentre en Allemagne, comme tant d’autres. Tous ces gens qui reviennent chez eux sans pourtant rentrer car ils ne savent plus où aller. Chez eux, c’est dehors, devant la porte. Leur Allemagne, elle est là dehors, dans la nuit, dans la pluie, dans la rue. Voilà leur Allemagne !

Né à Hambourg en 1921, envoyé sur le front russe en 1941. Il en revient blessé et malade et passe la guerre entre l’hôpital, le front, et la prison, pour automutilation et activités subversives.

En janvier 1947, il écrit en une semaine la pièce qui fait de lui le premier écrivain célèbre de l’après-guerre allemande et, avec Heinrich Böll, l’un des représentants majeurs de la littérature des ruines : Dehors devant la porte, le récit du retour de Beckmann, simple soldat dont le foyer n’existe plus.

Beckmann a plongé dans le fleuve pour mettre fin à ses jours. À l'Elbe qui désire savoir ce à quoi il aspire, il répond : Pioncer. Là-haut, à la surface, je ne tiens plus. Je ne supporte plus. C'est pioncer que je veux. Etre mort, toute la vie. Et pioncer. Enfin pioncer en paix. Pioncer dix mille nuits d'affilée.

Mais l'Elbe lui répond résolument qu'il ne peut rester : Commence par vivre. Commence par vivre. 

Wolfgang Borchert meurt le 20 novembre 1947, la veille de la première de sa pièce, à 26 ans.


 

paradoxe, le sommaire du Livre d'éternité, traversée dantesque en 6 livres des enfers anciens et modernes, se trouve en fin de livre; voici donc un livre finissant par son commencement
paradoxe, le sommaire du Livre d'éternité, traversée dantesque en 6 livres des enfers anciens et modernes, se trouve en fin de livre; voici donc un livre finissant par son commencement
paradoxe, le sommaire du Livre d'éternité, traversée dantesque en 6 livres des enfers anciens et modernes, se trouve en fin de livre; voici donc un livre finissant par son commencement

paradoxe, le sommaire du Livre d'éternité, traversée dantesque en 6 livres des enfers anciens et modernes, se trouve en fin de livre; voici donc un livre finissant par son commencement

Sommaire

Les derniers jours de l'humanité

Dehors devant la porte

Livre I – au temps de l'apocalypse joyeuse / autant en emporte le vent de chernobylhome / autant en brasse l'océan de foukirira

au temps du CAC 40 – COP 21 = COVID 19

1 – les migrerrants

2 – les marrantschiants

3 – 15 août 1971

4 – poison du 1° avril 2020 / le monologue du virus

5 – le temps du confinement

6 – admis aux soins intensifs

7 – le jour d'après

8 – sortie progressive du confinement

9 – contribution au jour d'après / nature et culture

10 – 9 juin 2021

Livre II – Romans polyphoniques de sa vie / Ça vit choisit ses romans et romances

1 – La question (Question de vie et de mort)

2 – La déclaration inaugurale

3(Dés)apprentissage de la bêtise de la maîtrise

4 – La jeune fille de 16 ans

5 – Le jeune homme de 27 ans

6 – Grande Vie Cosmique / petite mort orgamisque / Intime / Extime

7 – La fabuleuse rencontre de Lola à La Béate, nid d'amour fusion de Serge et Lula

8 – Oui, je veux bien OUI

9 – Lola fille de joie

10 – Es-tu disponible ?

11 –  46 ans d'effet lune de miel

12 –  46 ans d'effet lune de miel (suite)

13 – Portrait de la femme aimée 40 ans après

14 – L'Éternité d'une seconde Bleu Giotto

15 – L’Éternité d’une seconde Bleu Giotto (à suivre)

16 – Les déambulations d'un confiné

17 – Brouillon à la 1° personne

18 –  où j'en suis à 80 ans passés

19 – un manuscrit inédit

20 – rêve d'une école de la vie

21 – s'ensauvager l'été

22 – L’adolescente devenue Femme-Fâme

23  – Vivre les saisons au féminin que tu sois femme ou homme

24 – Voir / Recevoir le regard soudain lavé

Livre III – Sa vie antérieure / Ça vit adesso et sempre hic et nunc

1 – Enfance /Adolescence (1940 - 1953)

2 – Enfant de troupe / Saint-Cyrien (1954 - 1962)

3 – Lieutenant dans l'Algérie indépendante (septembre 1962 - février 1964)

4 – Sociologie des lieux communs / Lacan (1964 – 1967)

5 – Mai 68

6 – Militant trotskiste-lambertiste (1969 - 1981)

7 – Les 4 Saisons d'Avers sous les eaux (1983 – 2004)

8 – Retraite (Jubilación) fin juin 1998 - ...

9 – Je suis Charlie / 11 janvier 2015

10 – Attentat du Bataclan / vendredi 13 novembre 2015

11 – Le temps des Gilets Jaunes (17 novembre 2018 – décembre 2019)

12 – Écrire le viol / Réflexions sur l'affaire Weinstein / Le Consentement /

13 – Bicentenaire de la mort de Napoléon /

Décapitation de Louis XVI /

Décapitation de Samuel Paty

14 – 150° anniversaire de la Commune

15 – Ses nouvelles convictions politiques

16 – 35 ans après Chernobylhome

17 - Cahier des futurs désirés pour Corps Ça Vit

18 - En attendant, je pleure

19 - Et puis après, j'ai souri

Livre IVBaklany / Baïkal - Sillages / la Vie / l'Amour-Agapé

Le théâtre dans la vie / le théâtre et la vie / le théâtre dans le théâtre /

Dans le sillage de Baïkalal

Dans le sillage de Dasha K

Dans le sillage de Marilyn

Livre V – Pharmacon : Tu es Aimé Tu es mon Bien-Aimé

Livre VI – La naissance de Je Suis Vita Nova

Histoire de la vraie vie racontée par Samuel le barbier

Et ton livre d'éternité ? Jean-Claude Grosse + Vita Nova

le paradoxe de l’écriture du livre d’éternité est que remplir 666 pages en format 16 X 24 pour 81 ans de commerie vide totalement de son énergie,
le scripteur ;
un feu intérieur le consume, particulièrement agressif au niveau de la peau qui le dé-mange,
écorché vif
déquasmant = démasquant
ses écailles et peaux mortes ;
le scripteur ignore comment l’homme va ressortir
de ces vases communicants
de sa Vie à son Livre
de son Livre à sa Vie

VIDE ?
à moitié vide, à moitié plein,

oscillant de moitié en moitié sans retrouver l’UN

=
en langage des oiseaux

VIE D’EUX =
VIE 2

comme maladie = mal a dit comme soigné = soi nié comme guérir = gai rire

le livre d’éternité s’achève dans le rire pour passer à une vie étrange comme étrange = être ange

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une histoire de la vraie vie / l'ultime port-folio

16 Octobre 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #FINS DE PARTIES, #album, #pour toujours, #voyages, #vraie vie, #écriture

Une histoire de la vraie vie
vendredi 15 octobre 2001, 5 H 15, je me lève, descends dans la cuisine ; deux annonces de messages se font entendre ; je lis : message énigmatique de Leila, la messagère d'un 15 août (il y a 2 ou 3 ans) qui avait souhaité me rencontrer pour parler de Cyril, professeur de théâtre au Lycée d'Arles ; rencontre qui eut lieu sur le chemin Corsavy-Le Revest, renouvelée quelque temps après où je lui donnais toute une série de textes de Cyril); dans le message, elle exprime le manque de Cyril
petit-déjeuner pris, je téléphone à Leila : 1 H 10 d'échanges
et à la fin, un moment sublime : nous étions toutes amoureuses de Cyril, il avait un tel charisme. Moi, j'étais timide, réservée. Il me propose de faire une impro. Je choisis d'être une directrice de pensionnat de jeunes filles, lunettes, pincée, coincée, étriquée, yeux baissées. Cyril toujours très intense dans son regard, très présent, très animal par rapport à ce que je tente. Soudain, il vient vers moi, clope au bec, me prend par la taille et me fait valser à m'étourdir puis soudain : maintenant tu es une femme, regarde-moi dans les yeux ; j'ai levé les yeux, il m'a percé l'âme, traversé le cœur ; je vis avec ça depuis plus de 20 ans ; il me manque
j'en ai les larmes aux yeux ; quelle puissance dans la proposition ; par sa valse, il a fait naître Leila à son désir
on n'est plus dans l'apprentissage du théâtre (avec les risques et pratiques dénoncés aujourd'hui), on est dans du coaching de vie
 
aujourd'hui, 19 septembre 2019,

il est parti sans être parti depuis 18 ans

et je me dis

mais c'était un ressuscité

(comme en parle Jean-Yves Leloup)

"Le mot « résurrection » vient du mot grec anastasis qui signifie « se lever après le sommeil, se poser dans l’espace, dans la hauteur ». Ainsi, celui qui est ressuscité est celui qui est passé de l’état de conscience limitée à un état de conscience sans limite. C’est pour cette raison que dans la tradition on dira que le Christ était ressuscité avant de mourir. Et lorsque saint Jean parle de « vie éternelle » cela signifie que la vie éternelle n’est pas opposée à la mort, qu’elle est avant, pendant et après la vie ; c’est la dimension d’éternité qui est au cœur de la vie.
Et c’est à cette dimension qu’il s’agit de s’éveiller, à ce non-né, non-fait, non-créé, à cette dimension de l’incréé. C’est cela la résurrection. Aussi lorsqu’on dit que le Christ est ressuscité et que nous sommes appelés à la résurrection, cela signifie que nous ne sommes pas appelés à nous réanimer, mais à nous éveiller au cœur de notre finitude, à la dimension d’éternité, dimension que dans un autre langage on appellera l’Eveil…

…Nous avons donc la liberté de nous ouvrir ou la liberté de nous fermer ; nous avons le choix entre l’ouvert et l’enfer. En nous ouvrant au cœur même des conditions dans lesquelles nous sommes, en nous ouvrant à cet infini qui nous habite, nous entrons dans le monde de la résurrection. Dans toutes les traditions, le but n’est jamais la réincarnation mais l’Eveil, la résurrection, la délivrance du Karma. 

Dans l’Evangile de Philippe il nous est rappelé (logion 21) que la Résurrection (Anastasis) n’est pas une réanimation…L’Evangile de Philippe, à la suite du Christ, nous invite à nous éveiller dès cette vie à ce qui en nous ne meurt pas et que Saint Jean appelle la Vie éternelle. La vie Eternelle n’est pas la vie « après la mort », mais la dimension d’éternité qui habite notre vie mortelle, et à laquelle il s’agit de s’éveiller comme le Christ avant de mourir.
Par ailleurs l’apôtre Paul précise bien que ce n’est pas notre corps biopsychique qui ressuscite, mais notre corps spirituel « pneumatique ».

Qu’est-il ce corps dit « spirituel » ? Ne se tisse-t-il pas déjà dès cette vie, à travers nos actes de générosité et de don ? Car la seule chose que la mort ne peut pas nous enlever, c’est ce qu’on aura donné. L’Evangile de Philippe insiste sur cette puissance du don, cette capacité d’offrande que le Soter (Sauveur) vient libérer en nous…" 

JY Leloup

 
 
dorénavant, je n'écrirai plus que des histoires de la vraie vie, toujours brèves, intenses
tu ne provoques rien, tu n'attends rien et l'abondance te tombe dessus comme flocons de neige ou pluies de saison, à te transpercer
 
je vis depuis un mois, des moments incroyables, par exemple, le surgissement sans préavis du fils de Michel, mon neveu donc, samedi 9 octobre ; il avait besoin de poser un acte, 20 ans après la mort de son père à Cuba, il avait 12 ans ; je ne connais rien de mon père, je dois me reconstruire, je veux voir son œuvre, entendre sa voix, aller à Cuba, mettre en valeur son œuvre jusqu'au ciel ; 450 kilomètres et 450 kilomètres = 900 kilomètres sans savoir si je serais là, sans savoir comment je le recevrais et même si je le reconnaîtrais ; je l'ai reçu comme je suis devenu, dans le présent, sans préjugés venus d'il y a 9 ans en arrière et nous avons passés 7 heures ensemble, très intenses ; tout d'un coup le voyage à Cuba que je devais faire du 10 au 30 septembre (qui me paraissait un peu réchauffé) et qui n'a pas eu lieu prend toute sa signification : un passage de relais à un adulte de 32 ans, parlant de pardon et de rédemption, complètement investi dans une mission d'épitaphier et pas d'héritier ; merci la Vie ; il est reparti avec 11 gouaches, un carton d'oeuvres sur papier, avec l'ultime port-folio des gouaches de Cuba... 
 
parlerai-je de ce qui se passe avec Les pieds tanqués dont une enseignante universitaire anglaise assure la traduction pour que cette pièce sur la guerre d'Algérie soit largement exploitée par les jeunes anglais ? Ou de la traduction de mon Histoire de places par une enseignante de l'université de New York ?
 
Et ce soir, l'inauguration d'un café-culture se réunissant au bar de Dardennes 21 participants et quel panel : mathématicien, médecins, GJ, cosmologiste, historien … et les piliers du bar...
à Cuba place de la cathédrale, plage de Santa Maria; l'ultime port-folio
à Cuba place de la cathédrale, plage de Santa Maria; l'ultime port-folio
à Cuba place de la cathédrale, plage de Santa Maria; l'ultime port-folio
à Cuba place de la cathédrale, plage de Santa Maria; l'ultime port-folio

à Cuba place de la cathédrale, plage de Santa Maria; l'ultime port-folio

le Casot aujourd'hui, retapé, habité par Félix, Leila et bientôt un enfant; merci la Vie
le Casot aujourd'hui, retapé, habité par Félix, Leila et bientôt un enfant; merci la Vie
le Casot aujourd'hui, retapé, habité par Félix, Leila et bientôt un enfant; merci la Vie
le Casot aujourd'hui, retapé, habité par Félix, Leila et bientôt un enfant; merci la Vie

le Casot aujourd'hui, retapé, habité par Félix, Leila et bientôt un enfant; merci la Vie

couvertures des livres en traduction; une partie des participants au café culture du bar de Dardennes et un pilier de bar, vendredi 15 octobre 2021 de 18 H 30 à 20 H
couvertures des livres en traduction; une partie des participants au café culture du bar de Dardennes et un pilier de bar, vendredi 15 octobre 2021 de 18 H 30 à 20 H
couvertures des livres en traduction; une partie des participants au café culture du bar de Dardennes et un pilier de bar, vendredi 15 octobre 2021 de 18 H 30 à 20 H
couvertures des livres en traduction; une partie des participants au café culture du bar de Dardennes et un pilier de bar, vendredi 15 octobre 2021 de 18 H 30 à 20 H

couvertures des livres en traduction; une partie des participants au café culture du bar de Dardennes et un pilier de bar, vendredi 15 octobre 2021 de 18 H 30 à 20 H

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Confessions / Alain Cadéo

7 Octobre 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #essais, #notes de lecture, #pour toujours, #écriture, #vraie vie

Confessions (ou les spams d'une âme en peine, Gaspard Staccato) / Lettre en vie
Confessions (ou les spams d'une âme en peine, Gaspard Staccato) / Lettre en vie

Confessions (ou les spams d'une âme en peine, Gaspard Staccato) / Lettre en vie


Confessions

(ou les spams d'une âme en peine)

Alain Cadéo

Éditions La Trace, 2021

 

Qui souhaiterait recevoir les mails délirants d’un parfait inconnu prétendant être une âme perdue entre Ciel et Terre ?
Comment et pourquoi ces satanés messages ne s’effacent qu’une fois lus ?
Qui répondrait à cette farce inquiétante et macabre d’un étranger dérangeant, un fantôme, devenant objet de haine, de sarcasmes ou d’amour ?

 

cher monsieur Gaspard Staccato,

 

J'ai reçu les premiers de vos mails dans ma boîte spams, indésirables plus exactement (j’ignore quel logiciel à la con décide de ce qui est indésirable ou pas ; pour ma part, je regarde toujours ma boîte indésirables et assez souvent, j'en sors quelques-uns pour les placer dans la bonne boîte, j'en ai 6, épinglés quand même spam)

et je dois vous dire que je me régale car ce qui est fabuleux avec vos messages d’âme errante, c’est qu’on peut en inverser les signes comme se retourne un gant.

Vous semblez souhaiter être d'une noirceur absolue, trou noir avalant toute possibilité de lumière (et il suffit de croire à cela pour qu'effectivement, on devienne noir absolu, éructant cris, injures, jurons, vomissant l'espèce) mais paradoxe, tout trou noir, selon Stephen Hawking, produit de l'évaporation.

L'évaporation d'un trou noir, qui se traduit par le rayonnement de Hawking (dit aussi de Bekenstein-Hawking), est le phénomène selon lequel un observateur regardant un trou noir peut détecter un infime rayonnement de corps noir, évaporation émanant de la zone proche de son horizon des événements soit à la surface d'un trou noir, le point de non-retour au-delà duquel rien ne peut sortir. Par extension il s'agit de la séparation pour un observateur entre la région de l'espace-temps d'où aucun signal ne peut lui parvenir et celle où il se trouve.

Ainsi donc, lecteur du trou noir que vous semblez vouloir être, je vois s'évaporer un infime rayonnement qui me permet de recevoir votre transparence dans l'opacité où vous vous installez.

De voir que couleur de lie, vomi deviennent couleur de paradis, nectar, ambroisie. De sentir la lourdeur de la douleur affirmée, affichée s'alléger en bulles de savons de Marseille ou d'Alep, en soupirs et caresses de zéphirs. Je ne vais pas compléter cette grille de lecture qui grille vos envois, vos renvois comme rots de mauvaise digestion car en fait, vous digérez, déféquez, assimilez fort bien. Hypocondriaque par choix et pas par destin de la condition humaine, vous êtes d'une santé de malade.

Bref, on peut passer de l’enfer ou du purgatoire que vous décrivez au paradis en changeant de lunettes, des roses au lieu des noires

et on peut chevaucher avec des bottes de sept lieues ou même s’embourber, s’envaser et s’en sortir en tirant sur ses bottes comme fait l’ami amphibien  Münchhausen par bootstrap.

Et d'ailleurs, c'est ce qui se produit. La petite communauté qui vous lit, ayant saisi qu'en lisant, votre message, aléatoire quant aux destinataires s'efface, vous répond, chacun à sa façon et là, leurs messages de vivants ne s'effacent pas, vous obligent au dialogue et par cette médiation, vous amènent à vous transformer, à vous métamorphoser, chenille devenant papillon selon le processus si bien décrit par Deepak Chopra :

«Les biologistes ont découvert qu’à l’intérieur des cellules du tissu de la chenille, il y a des cellules appelées cellules imaginatives. Elles résonnent sur une fréquence différente. De plus, elles sont si différentes des autres cellules de vers que le système immunitaire de la chenille les prend pour des ennemis et tente de les détruire. Mais de nouvelles cellules imaginatives continuent d’apparaître, et de plus en plus…

Soudain, le système immunitaire de la chenille ne peut plus les détruire assez vite et elles deviennent plus fortes en se connectant les unes aux autres pour former une masse critique qui reconnaît leur mission de réaliser l’incroyable naissance d’un papillon.

En 1969 Margaret Mead a déclaré : « Nous ne devons jamais douter qu’un petit groupe de citoyens motivés et déterminés puisse changer le monde. Ce sera certainement ainsi que, malgré tout, nous nous sommes trouvés.

Je crois fermement, comme beaucoup d’autres, qu’il y a une effervescence évolutive dans le tissu de la société actuelle. Malgré la clameur de la peur, de la cupidité, de la surconsommation et de la violence qui s’exprime à travers le tissu social, il existe une union d’hommes et de femmes que nous pouvons appeler des cellules imaginatives, qui révèlent un monde différent, une transformation, une métamorphose. »

Le poète uruguayen Mario Benedetti a écrit : « Que se passerait-il si un jour, au réveil, nous réalisions que nous sommes la majorité ? » Je prétends que les cellules imaginatives domineraient et feraient sortir le papillon d’un monde de vers. C’est le temps de l’éveil. Des groupes de cellules imaginatives se rassemblent partout ; elles commencent à se reconnaître ; elles développent les outils d’organisation pour augmenter le niveau de conscience, afin que la prochaine étape de notre société humaine se manifeste, pour créer une nouvelle société qui cessera d’être une chenille et deviendra un papillon.

Une nouvelle dimension de la Vie, une société plus compatissante et plus juste, une humanité enracinée dans le bonheur et la compréhension mutuelle…
Soyez des cellules enthousiastes ! Connectez-vous avec les autres, rassemblez-vous, rassemblez-vous… et unissons-nous tous pour construire une Humanité Nouvelle !»

Comme j'aime être concret, voici une histoire de la vraie vie qui parlera à l'âme errante qu'est Gaspard Staccato.


UN SALE MOMENT À PASSER par Annie Bergougnous

La première chose que je trouve en arrivant chez Edmée,

cent cinq ans,

est le contrat "Pompes funèbres",

que quelqu'un a posé sur la table du séjour

à la vue de tous.

À son nom.

Edmée,

pas encore morte,

ne cesse de regarder vers la fenêtre, le doux soleil venant la saluer.

Boit avec plaisir une pleine tasse de tisane additionnée de miel que j'ai laissée refroidir.

Après s'être assise péniblement.

muette,

elle regarde à ses pieds, la nacre du carelage scintiller.

Elle se penche pour le toucher.

Elle balance ses pieds comme une enfant au bord d'une balançoire.

Patiente,

je la sens penser.

Ne proteste pas lorsque je coiffe soigneusement ses longs cheveux soyeux.

Son regard me suit silencieusement.

Je la laisse en compagnie de l'astre solaire.

Toute seule,

dans cette maison dont plus personne n'ouvre les fenêtres.

Elle attend,

Impuissante, au fond de son lit tout blanc.

Elle attend le rdv ultime,

bouclée à double tour,

là,

nichée au fond du petit jardin regorgeant d'oiseaux.

Combien de temps,

ce temps va-t-il durer ?

Mon coeur me fait mal

mais il faut pas,

on me dit "c'est le processus".

Et ce p-tain de soleil.

Qui continue d'irradier,

parfaitement indifférent.

Cela,

- son indifférence,

il n'en a que faire.

Ce n'est pas son rôle.

Ce que je n'accepte pas, personnellement, c'est de la part du corps médical (médecin, infirmiers et même aides de vie) d'objetiser un être humain en fin de vie; chacun se déresponsabilise en utilisant un vocabulaire formaté et un comportement protocolaire purement et à peine technique.

Edmée meurt ?

Ok, "c'est le processus".

Mais est-ce une raison pour ne plus la nourrir (plutôt que de lui proposer une nourriture solide qu'elle ne peut plus ingurgiter, POURQUOI le médecin ne lui propose-t-elle pas des produits adaptés tels eaux gelifiées etc) et l'hydrater, la laver ?

Ce "processus"(sic) entraine tout un vocabulaire déshumanisé qui déshumanise les personnes soignantes et Edmée elle-même, qu'on laisse livrée à elle-même,

-parce-que-c'est-le-processus.

Question : combien ce processus met-il de temps à arriver à son terme ? Des jours, voire des semaines où un être humain meurt ET dépérit par dénutrition et déshydratation, voire négligence hygiénique aussi

Ce cynisme monstrueux et ces négligences sont révoltants.

Ce "traitement" déshumanisant un "encore être vivant en fin de vie", en "déjà mort" alors qu'il ne l'est pas encore, m'interroge beaucoup.

 

À quoi j'ai répondu : pour Edmée, tente d’aller parce qu’elle en est là, jusqu’à son être le plus profond, le vrai

tout ce que tu fais est essentiel, soins et affection mais vois-la non comme quelqu’un aux yeux terreux qui voit avec terreur la mort arriver mais comme quelqu’un qui dépouillé de tous les masques d’hier, d’avant-hier révèle son être le plus intime, son souffle, ce qui fait qu’elle vit et non survit, son souffle, expression du Souffle. Son souffle même court est à chaque inspir, à chaque expir, un échange cosmique, une communion avec le Tout ; avec l'inspir c'est toute la mémoire de l'évolution qui la pénètre ; avec l'expir, c'est la restitution d'un poison potentiel, le dioxyde de carbone pour recyclage par la grande purification végétale planétaire ; donc, comment l'accompagner dans son souffle, sans mots.

« Chacun de nos souvenirs est une interprétation, chacun de nos désirs est un choix. Notre vrai moi est celui qui fait une interprétation ou un choix. Les pensées naissent du karma. Toute notre histoire est inscrite dans la moindre de nos pensées et chacune engendre nécessairement la suivante. La plus fugace d'entre elle contient toute notre histoire karmique depuis le commencement des temps. Et avant de mourir, notre dernière pensée recèle la totalité de notre karma. » Deepak Chopra, Ma science de la vie, p.81.

 

Ce matin, en me promenant sur la restanque où sont les arbres dédiés dont le tien, un acte à faire s’est offert à moi, ce n’est surtout pas une idée que j’ai eue

l’acte a consisté à couper les lianes de lierre mort entourant l’olivier Annie

j’ai posé l’intention que cet acte livré aux potentialités infinies de l’univers soit un jalon de ton déchaînement, de ta libération des répétitions toxiques, des entraves empêchant le déploiement de tes capacités créatrices

après l’intention, vient l’attention, être à l’écoute, percevoir les coïncidences, voire synchronicités, accueillir ce qui s’offre souvent sous forme anodine, presque imperceptible, sans attente de résultat ni action volontaire

donc, cet acte offert n’est pas une aide que je voudrais t’apporter, il est offert par la bienveillance de la source, du souffle qui crée sans cesse 

je ne suis que le passeur de cette bienveillance ou amour inconditionnel, agapé qui ne fait pas de distinction entre les êtres et en même temps aime chacun dans sa singularité 

c'est le pharmacon qui m'a libéré du tourniquet mental, la CAC 40, la conscience analytique cérébrale, puissance 40, encore plus toxique que le CAC 40 : tu es aimé, tu es mon bien-aimé.

voilà pour ce moment de partage

accueille-le avec légèreté, sans culpabilité, évacue par rituels inventés le négatif, les pensées tourne-en-rond, pose des attitudes positives.
 

Je pense que l'auteur Alain Cadéo, auteur des Confessions de Gaspard Staccato mais aussi de Lettres en vie, livre écrit en lien avec l'unité de soins palliatifs pendant 6 ans, un jour par semaine, de l'hôpital de La Seyne saisit très bien la différence entre l'écriture empathique, compasionnelle des Lettres en vie et l'écriture d'un volontairement obscur à soi voulant tout de même éclairer, éveiller quelque lecteur de ses spams

mais sent-il intimement que la personne qui lit mes mots n'est ni dans son corps ni dans son cerveau : elle n'est pas là ; ce qui est lu est localisé, le processus d'observation, de lecture est partiellement localisé : à telle heure, en tel endroit de l'espace-temps ; mais l'observateur, le lecteur n'est pas localisée ni localisable, c'est un esprit, pas un corps, un cerveau. Corps, cerveau sont des incarnations unifiés par l'esprit qui est partout à la fois, non-localisable et cosmique.

 

Affectueusement, d'esprit à esprit.
 

Jean-Claude Grosse, Le Revest, mercredi 6 octobre 2021

 

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