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Blog de Jean-Claude Grosse

Ultime scène à la Sainte Baume

30 Juin 2017 , Rédigé par grossel Publié dans #jean-claude grosse

Marie Madeleine vue par Le Tintoret, Francisco Hayez, Jean-Jacques Henner, Georges de La Tour
Marie Madeleine vue par Le Tintoret, Francisco Hayez, Jean-Jacques Henner, Georges de La Tour
Marie Madeleine vue par Le Tintoret, Francisco Hayez, Jean-Jacques Henner, Georges de La Tour
Marie Madeleine vue par Le Tintoret, Francisco Hayez, Jean-Jacques Henner, Georges de La Tour
Marie Madeleine vue par Le Tintoret, Francisco Hayez, Jean-Jacques Henner, Georges de La Tour
Marie Madeleine vue par Le Tintoret, Francisco Hayez, Jean-Jacques Henner, Georges de La Tour
Marie Madeleine vue par Le Tintoret, Francisco Hayez, Jean-Jacques Henner, Georges de La Tour

Marie Madeleine vue par Le Tintoret, Francisco Hayez, Jean-Jacques Henner, Georges de La Tour

De retour de la Sainte-Baume, avec Moni Grego qui connut le lieu dans les années 1970 quand y travaillèrent Grotowski, Peter Brook, Koltès, le Bread and Puppet, à l'instigation du frère Philippe Maillard, directeur du Centre international de la Sainte-Baume. En ces années d’après Mai 68, ce lieu de pèlerinage accueillit de nombreux jeunes et artistes en recherche. Philippe Maillard fit venir des conférenciers, bâtit une chapelle avec le peintre et sculpteur Thomas Gleb, organisa un festival de cinéma chrétien et des sessions de yoga. Pas de traces de cette période dans la mémoire des frères actuels. Quant à moi, c'est dans les années 75-80 que je fus invité à partager la notion d'action exemplaire par de jeunes étudiants chrétiens (la JEC); il en est résulté deux fascicules; c'était une tentative pour décliner au quotidien, la notion d'action exemplaire, héritée des "gauchistes" de 68: provocation, répression, généralisation; évidemment, on ne peut pas avec le temps, ne pas voir le "mépris" sous-jacent de la classe ouvrière qui a besoin d'être réveillée de son sommeil par des actions exemplaires; aujourd'hui, je crois aux actions genre colibris, faire sa part, dans l'humilité et le partage, dans la sobriété heureuse.

Montée vendredi 7 avril après-midi à la grotte par le chemin des Rois, 214 m de dénivelé en 2,5 Kms et 150 marches à l'arrivée puis montée à la chapelle du Pilon; 3 H 1/2 AR; coïncidences: je rencontre Tamara du cabaret russe du Toursky, une 1° fois à la grotte, une 2° fois au Pilon; rencontre à l'hostellerie avec une Allemande charismatique, Marie-Josée; 2 repas partagés; discussion passionnée au bar de La Terrasse avec Martine sur Madeleine, sainte controversée, disons plutôt composite parce que mélange de plusieurs personnages féminins des Écritures. Depuis 1969, l'Église tente de restaurer une image plus pure, ce n'est plus une pècheresse, une prostituée, une repentante; moi, c'est la sexualité spiritualisée de Madeleine qui me semble la voie d'approche la plus féconde, en plus de sa traversée, légendaire sans doute, de la Méditerranée sur une barque sans voile, sans rame, sans gouvernail; olé!; et en plus de sa traversée au désert du Plan d'Aups où bonheur, les sources donnent de l'eau fraîche ce qui doit rendre plus facile, le renoncement aux Tentations.
Je me suis procuré les actes d'un colloque organisé en 1988 par le Musée Pétrarque; évidemment, et c'est une coïncidence, j'ai raté ma rencontre avec la grotte, croyant la batterie de ma caméra déchargée, je n'ai donc pas filmé et je dois donc une nouvelle visite à la grotte pour mon chemin de la Consolation, le chemin que parcourent celles et ceux qui veulent que leurs enfants non-nés trouvent la paix.
Une grande envie d'y retourner régulièrement, en semaine.

Je me suis approprié les diverses salles, la bibliothèque, la boutique du pèlerin où deux titres m'ont fait frémir: Épouse-la et meurs pour elle (des hommes vrais pour des femmes sans peur), Marie-toi et sois soumise (Pratique extrême pour femmes ardentes), les extérieurs. Je ne peux dire encore les effets d'un tel environnement, propice au silence, à la contemplation, à la méditation et aux rencontres chaleureuses.

J'ai enregistré samedi 8 avril vers 11 H, Moni Grego lisant les dernières pages de L'Ultime Scène, le monologue théâtral d'une sentinelle, gardienne d'un théâtre en ruines, qui sera publié par Les Cahiers de l'Égaré pour fin juin.
J'ai choisi pour illustrer cet article quelques représentations de Madeleine par Le Tintoret, Jean-Jacques Henner, Georges de La Tour, Francisco Hayez.

Après cette ultime scène à la Sainte Baume, nouvelle lecture par Moni Grego et jeux d'écriture pour le 2° été du léthé dans un lieu toulonnais magique, théâtre en ruines, au riche passé; je compte y inviter quelques personnes; ça se passera fin juin, début juillet, peut-être sur deux jours.

Marie Madeleine et ses traversées (de la Méditerranée dans une barque sans voile, sans rame, sans gouvernail, au désert du Plan d'Aups où bonheur, il y a de l'eau fraîche) seront au coeur des consignes et conseils d'écriture que je me fais déjà un plaisir d'élaborer.
JCG

Madelein pieds-nus, Madeleine nue habillée par sa chevelure qui descend jusqu'aux pieds; deux titres dans la Boutique du Pèlerin m'ont fait frémir
Madelein pieds-nus, Madeleine nue habillée par sa chevelure qui descend jusqu'aux pieds; deux titres dans la Boutique du Pèlerin m'ont fait frémir
Madelein pieds-nus, Madeleine nue habillée par sa chevelure qui descend jusqu'aux pieds; deux titres dans la Boutique du Pèlerin m'ont fait frémir
Madelein pieds-nus, Madeleine nue habillée par sa chevelure qui descend jusqu'aux pieds; deux titres dans la Boutique du Pèlerin m'ont fait frémir
Madelein pieds-nus, Madeleine nue habillée par sa chevelure qui descend jusqu'aux pieds; deux titres dans la Boutique du Pèlerin m'ont fait frémir
Madelein pieds-nus, Madeleine nue habillée par sa chevelure qui descend jusqu'aux pieds; deux titres dans la Boutique du Pèlerin m'ont fait frémir

Madelein pieds-nus, Madeleine nue habillée par sa chevelure qui descend jusqu'aux pieds; deux titres dans la Boutique du Pèlerin m'ont fait frémir

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Ivresse

24 Juin 2017 , Rédigé par grossel Publié dans #pour toujours

Ivresse
Ivresse
Ivresse
Ivresse
Ivresse

Ivresse est sculptée dans du châtaignier. Ce châtaignier a été déraciné par une tempête en 2004. Le sculpteur, Michel Gloaguen, a débité l'arbre en 2010, sculpté Ivresse puis mis le feu à l'œuvre lors d’une cérémonie pyrénéenne traditionnelle : la grilladerie (grillades, vins bus au pourou et rires) à Coudaruque, dans le Val d’Azun, en août 2010. Avant destruction de la sculpture, sur intervention d’amis soucieux de conserver L’Ivresse, arrêt de la mise à feu et à mort. Long travail de nettoyage au chiffon pour enlever le noir de fumée. Ponçage et peaufinage à la cire d'abeille.

Ivresse est la dernière œuvre d’une série de 10 pièces Intimités réalisées par Michel Gloaguen (idée et bois) et Françoise Gourvès (verre). Un an de travail pour évoquer l’union entre deux corps, leurs positions possibles (69, 96, fellation, jouissance, extase, symbiose 1 et 2, abandon), leurs états d’âme, leurs émotions. Grande retenue dans ces œuvres élégantes, raffinées, délicates mais aussi puissance latente des pulsions sexuelles, des élans passionnés qui nous envahissent parfois, nous mettent hors de nous. C’est la marque de l’amour. Certaines amours ne durent qu'un jour. D'autres durent jour après jour jusqu'à ce que ça fasse toujours.

La série a été exposée à la galerie L'if à Elne, en septembre 2010. La galerie L'if, dirigée par Odette Traby (décédée depuis) fut un lieu remarquable d'expositions, de rencontres poétiques animées par Les Authentiques Cabochards avec Gilbert Desclaux, Michel Gloaguen, Michel Gorsse et bien d'autres.

Michel Bories dit Pof, inventeur du Pof Art, fut bien sûr défendu, exposé par Odette Traby.

Vernissage le 3 septembre 2010. Annie et moi avons décidé d'acheter Ivresse. La sculpture, osée, correspondait à notre état du moment. Je revenais du bocal agité au Baïkal. J'avais rencontré la sirène Baïkala. Tourmente affective. Tourment sexuel et amoureux. Nous étions très proches à ce moment-là. Et cela dura jusqu'à là où ça prend fin.  Annie prit sa retraite le 17 septembre 2010. Entre le 17 septembre et le 18 octobre, elle s'occupa de réinstaller et réaménager la maison. Je n'ai rien changé depuis son départ, je vis dans sa maison, son univers. Le 18 octobre, elle se plaignit de violentes douleurs dorsales. Le 29 octobre, je l'amenais aux urgences. Le 29 novembre, elle s'en allait.
 

La série est reproduite (avec l'accord de Michel Gloaguen) dans le livre Le Fils du Baïkal, épuisé, non réédité. Mon analyste (une femme) m'a fait comprendre que ce titre (sur les conseils d'Annie mais que je partageais) était très mauvais. L'hommage au fils disparu revenait à mettre à l'écart la fille, la soeur, elle bien vivante, à l'oublier. Place aux vivants, pensez à vos vivants m'a-t-elle dit, aimez-les encore plus, encore mieux, dites le leur, ce sont ces mots, des mots d'amour, des Je t'aime, qu'ils veulent entendre. J'ai donc réécrit une partie du livre qui est devenu Les Enfants du Baïkal, épuisé aussi, avec dédicace spéciale à Katia, ouvreuse de la voie théâtrale à son frère cadet.

J'ai compris suite à cet épisode que les survivants ont à être encore plus et mieux aimés, ils souffrent comme nous et donc ont besoin de voir qu'on les aime mieux et autrement que les disparus. Quelle place accorder aux morts, quelles relations avoir avec eux, quelle place accorder aux vivants, aux survivants, c'est un des enjeux de L'Île aux mouettes (2012) entre la chamane et l'épousée, pages 142 à 147. La chamane qui a charge des morts et de leur âme sait combien on a tendance à oublier ceux qui restent. Cela m'a amené à changer d'attitude vis à vis de ma fille, à être très proche d'elle, à l'écoute, en soutien.

Merci à cette sagesse qui me gagne petit à petit, avec l'âge, que je ne vis plus comme vieillissement programmé, inéluctable (merci Deepak Chopra) mais comme potentialités inédites de longévité, de maturité du jugement, de créativité renouvelée ou approfondie, de spiritualité de la vision, sagesse que je m'incite à acquérir par exercices et nouvelles attitudes, habitudes, par vigilance reposée et maîtrise active, en ayant des projets à long terme (2028 à Baklany avec Katia et Rosalie, 2019: 50° anniversaire du suicide de Gabrielle Russier au Théâtre Toursky à Marseille, 2018 : 30 ans des Cahiers de l'Égaré au Revest et au Bateau Lavoir à Paris) ;

comme dit Byron: Ce que l'homme atteint devrait être hors de sa portée, sinon à quoi sert le ciel ?

merci à l'ouverture d'esprit et de coeur toujours un peu plus grande qui en résulte, accueil toujours plus vivant de la Vie qui nous habite et nous traverse et qui inclut la mort, accueil donc aussi de cet horizon destinal qui donne à la vie sa dimension tragique, son "prix", sa valeur (c'est nous, chacun, individuellement, librement, qui décidons de cette valeur car attention, lisez attentivement, la vie n'a pas de sens puisque le sens de la mort est inconnaissable mais elle n'est pas absurde, c'est l'erreur de Camus d'avoir déduit l'absurdité de la vie du néant auquel la mort conduit) d'où cette sagesse qui m'habite de plus en plus est une sagesse tragique. Les liens vers des articles de mes blogs montrent que la méditation sur la mort est partie vivante de mon cheminement spirituel, non religieux. Bien sûr, ce qu'on appelle la petite mort, la jouissance mérite attention surtout si certaines femmes accèdent à l'Autre Jouissance.

Échange entre le père et la mère dans L'Éternité d'une seconde Bleu Giotto (2014):

Le père – c’était le soir, on avait allumé un feu pour faire griller les omouls qu’on avait péchés, on avait porté deux toasts de kedrovaïa au lac, à l’amour, ça nous avait émoustillés, nous avons fait l’amour sur le plancher de l’isba de rondins blonds

La mère – j’aurais voulu que tu me baises
Le père – je t’ai fait l’amour
La mère – tu ne m’as pas baisée, tu m’as fait l’amour, pas comme j’attendais
Le père – tu m’as surpris, tu n’avais jamais été aussi ouverte
La mère – tu t’es retiré
Le père – tu m’as ramené en toi, tu l’as eu, ça ne te suffit pas
La mère – je n’ai plus jamais été Ouverte comme ce soir-là
Le père – je suis désolé, j’avais envie de m’abandonner, de me livrer à ton étreinte, ça s’est bloqué
La mère – chez moi aussi
Le père – te plains-tu de nos étreintes
La mère – on fait l’amour comme tu dis, on ne baise pas, j’étais Ouverte par l’Appel de la Vie,
ça pouvait ressembler à de l’indécence,
je me suis sentie jugée, quelle violence, cette impression, pour la vie. Tu vois, mon sexe n’a pas oublié l’obscénité de ton retrait
Le père – je regrette vraiment de m’être refusé, peut-être par trop de respect pour ton corps que je ne voulais pas outrager
La mère – c’est ça, mon p’tit chat ; depuis, tu es le maître de cérémonies minutées avec paliers et plateaux, plus de place pour les effondrements dionysiaques, pour les envols mystiques. Tu ne ressentiras jamais où t’aurait mené une plongée sauvage, sans calculs, dans ma béance
Le père – tu as quand même du plaisir
La mère plaisir, plaisir, petit mot qui convient bien à une pâle jouissance, sans retentissement au profond du corps et de l’âme. Fusionner avec le Tout, des Femmes rares connaissent.
Aurais-je pu connaître la Grande Vie Cosmique, pas la petite mort orgasmique ?

Ivresse est devenue le totem de la villa joie au Revest. Le soleil de fin d'après-midi caresse les fesses de la belle, plantée sur son beau. Vivant à l'extérieur, sans soins ni entretien, le temps finira par avoir sa peau mais ce sera dans très très longtemps, le châtaignier étant quasi-imputrescible.

Tout près d'Ivresse, les fesses sublimes de Laurent Ribeirat, un ami peintre de Michel Bories et Gilbert Desclaux, parti aussi. J'aime ces quelques sculptures en plein air sans parler des tableaux accrochés dans la maison, une vingtaine et les objets en dentelles végétales d'Aïdée Bernard.

Un univers sensible grâce à des oeuvres d'artistes.

Jean-Claude Grosse

Extrait de L'Île aux mouettes (2012):

Réel 1 – Bande blanche du zèbre

L’épousé et l’épousée se promènent sur la plage de Baklany. Soudain, une mouette pique sur eux, inattendue ; l’époux la chasse ; elle recommence son vol en piqué plusieurs fois ; à chaque fois, l’époux la chasse ; que dérangent-ils ? puis la mouette tombe devant l’épousée, morte ?

on n’a entendu aucun coup de feu ; la mouette a, à la tête, une tache couleur rouge, du même rouge que les cheveux de l’épousée ; aucune trace de blessure.

L’épousée – qu’est-ce qui t’arrive, la mouette ? (elle la prend dans ses mains, la caresse)

L’épousé – étranges, ces attaques !...

La fille – an other perfect fucking day in Baklany !

L’épousée – c’est un signe !

L’épousé – annonçant quoi ?

L’épousée – je ne sais pas ! nos amis sibériens ont toujours des explications ! il y en a bien un qui va nous dire !

Baïkala – шаманка Бакланьего мыса ! Матрёна Петровна кулбертичёва ! la chamane de Baklany ! Matrena Petrovna Koulbertichova !

La chamane a assisté à la chute de la mouette. Elle a revêtu le manteau aux pendeloques portant les emblèmes du soleil, de la lune, d’Emeget, l’esprit universel et d’Ekgetou, l’oiseau mythique à deux têtes. Au dos du manteau, la bride, tenue par Baïkala, qui lui permet de retenir Koulbertichova, si jamais elle s’éloigne trop des vivants présents. Sur la tête, Matrena Petrovna porte la coiffe surmontée d’une ramure de renne. Les franges de la coiffe représentent les mouettes qui vont lui permettre de voler, de plonger. Elle trace un grand cercle autour de la mouette, tape sur son tambour d’abord doucement et lentement en tournant à l’extérieur du cercle dans le sens contraire aux aiguilles d’une montre puis elle accélère tournant dans le sens horaire. Elle vocalise, assistée par Baïkala ! koutou- routsouk de la chamane, chants hystériques préparatoires au voyage. Brusquement, Koulbertichova s’arrête.

Baïkala (traduisant) – une âme n’est pas partie après les 40 jours de la disparition de son corps ! des vivants ne l’ont pas laissé partir ! la chute de cette mouette dit que si cette âme ne s’en va pas ! elle fera un malheur ! je pars à la chasse de cette âme malheureuse ! devenue malveillante ! pour la gagner... mes semblables, nous allons nous adresser aux âmes de nos ancêtres, eux qui ont vécu longtemps avant nous, pour qu’ils nous aident ! Âmes de nos ancêtres ! rassemblez-vous pour une longue route avec moi ! Nous volerons vers l’île aux mouettes à tête rouge, comme une nuée de mouettes, pour gagner l’âme de cette mouette ! L’île lui sera-t-elle port d’attache, rupture de direction, vol cassé ou propice aux insolites traversées ?... Vents du Baïkal ! bargouzine ! sarma ! gournaïa déferlant de l’est ! koultouk du sud ! verkhovik du nord ! chelonnik de la Selenga ! Kharakhaïkha de l’Angara ! à vous de décider !

Elle crie, stridences aigües devenant progressivement graves, de plus en plus faibles, puis silence. Elle a cessé de respirer, elle est inanimée, out-of-the-body experience ; la transe profonde dure 1/2 h. Tout le monde retient sa respiration. C’est la première fois que les Français voient une chamane, une chamane en transe. Elle sort lentement de son état inerte ; recommence à respirer ; elle est en nage. Tous ont repris leur souffle depuis longtemps sauf l’épousée qui a épousé le rythme de Matrena Petrovna. Elle sort en nage de cette expérience extrême. La mouette sort de son état inerte. Elle s’envole en tournant autour de l’épousée puis s’éloigne au large, vers l’île aux mouettes où l’agitation a cessé. Matrena Petrovna s’allonge dans le cercle, face au ciel, écarte bras et jambes, offre son vieux corps à la dévoration par les âmes des mouettes.

Koulbertichova – вы потеряли кого-то, к кому были очень привязаны ? vous avez perdu quelqu’un auquel vous étiez très attachée !

L’épousée – mon fils !... noyé ! ici ! à Baklany ! мой сын !... утонул ! Здесь ! на Бакланьем мысе !

Koulbertichova – его душа была узницей вашей любви ! мне удалось её освободить ! вы сильно сопротивлялись ! вы разделились ! клан ваших мертвых зовет вас ! очень сильно ! клан ваших живых тоже ! намного меньше ! вам нужно поменять знак !

Baïkala (traduisant) – son âme était prisonnière de votre amour ! j’ai pu la libérer ! vous avez beaucoup résisté ! vous êtes divisée ! le clan de vos morts vous aspire ! très fort ! l’eau ! le clan de vos vivants aussi ! beaucoup moins fort ! l’air ! vous devez inverser le signe !

L’épousée –... pourquoi ? Почему ?
Koulbertichova – если мы живы, надо жить ! tant qu’on respire on vit !
L’épousée – comment ?
как ?

Koulbertichova – вылейте водку на пляж ! возьмите горсть песка ! Зайдите ! Голыми ! в озеро ! по пояс ! скажите Мать-моржиха дай нам солнца! три раза! выпейте три глотка озерной воды ! вдохните трижды воздух озера ! рассейте в три подхода песок в воду ! Вода! Земля ! Воздх ! они разделены !... это должно бы заставить вас порой не валить все в одну кучу !...

Baïkala (traduisant) – versez de la vodka sur la plage ! prenez une poignée de sable ! entrez ! nue ! dans le lac ! jusqu’à la taille ! dites Мать-моржиха даи нам солнца trois fois ! buvez trois gorgées d’eau du lac ! inspirez trois fois l’air du lac ! dispersez en trois fois le sable dans l’eau ! Terre ! Eau ! Air ! bien séparés !... ça devrait vous faire renoncer à tout confondre parfois !... surtout ne buvez pas la vodka ! il faut la jeter !

L’épousée s’exécute sous les yeux médusés de l’époux et du camp ! il pleut à verse ! elle plonge en apnée ! tout le monde retient sa respiration ! plus ou moins longtemps ! il y a ceux qui y croient ! ceux qui n’y croient pas ! elle réapparaît des minutes après !... tous reprennent leur souffle ! il fait soleil !

Baïkala – averse!... arc-en-ciel!... soleil!... je le répète ! la vie est comme un zèbre ! une bande noire !... une bande blanche !...

Koulbertichova – мадам, да вы шаманка ! мир это ваши крылья ! ваше оружие, любовь ! вы прошли ужасные испытания ! ужасные испытания ждут вас ! используйте вашу способность останавливать дыхание ! вырвите с корнем из вашего нутра желание пропасть ! если вы

Baïkala (traduisant) – vous êtes une chamane ! la paix est votre aile ! votre arme, l’amour ! vous avez traversé des épreuves terribles! des épreuves terribles vous attendent ! utilisez votre maîtrise de l’apnée ! extirpez de votre ventre les désirs de vous sortir de la vie ! je vous accompagne ! Ouvrez la bouche, gardez, mélangez et avalez ! (Koulbertichova crache une mixture dans la bouche de l’épousée qui s’exécute sans dégoût ; réactions partagées des autres)

69, 96, fellation, jouissance, extase, symbiose, symbiose 1, abandon, ivresse (4, face, dos), l'ivresse totem au soleil, les fesses de Laurent Ribeirat sur leur restanque; extases de Ernest Pignon Ernest et du Bernin
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On donne quoi quand on ne donne pas son temps ?/JC Grosse

14 Juin 2017 , Rédigé par grossel Publié dans #pour toujours

1° juillet 1967 à Le Quesnoy, Nord, agapes au chalet de l'étang au Quesnoy, 6 juillet 2003 au Revest, Annie en led déclarant son amour pour toujours
1° juillet 1967 à Le Quesnoy, Nord, agapes au chalet de l'étang au Quesnoy, 6 juillet 2003 au Revest, Annie en led déclarant son amour pour toujours
1° juillet 1967 à Le Quesnoy, Nord, agapes au chalet de l'étang au Quesnoy, 6 juillet 2003 au Revest, Annie en led déclarant son amour pour toujours
1° juillet 1967 à Le Quesnoy, Nord, agapes au chalet de l'étang au Quesnoy, 6 juillet 2003 au Revest, Annie en led déclarant son amour pour toujours
1° juillet 1967 à Le Quesnoy, Nord, agapes au chalet de l'étang au Quesnoy, 6 juillet 2003 au Revest, Annie en led déclarant son amour pour toujours
1° juillet 1967 à Le Quesnoy, Nord, agapes au chalet de l'étang au Quesnoy, 6 juillet 2003 au Revest, Annie en led déclarant son amour pour toujours
1° juillet 1967 à Le Quesnoy, Nord, agapes au chalet de l'étang au Quesnoy, 6 juillet 2003 au Revest, Annie en led déclarant son amour pour toujours
1° juillet 1967 à Le Quesnoy, Nord, agapes au chalet de l'étang au Quesnoy, 6 juillet 2003 au Revest, Annie en led déclarant son amour pour toujours

1° juillet 1967 à Le Quesnoy, Nord, agapes au chalet de l'étang au Quesnoy, 6 juillet 2003 au Revest, Annie en led déclarant son amour pour toujours

Je viens de me rendre compte d’une coïncidence extraordinaire
ce 1° juillet je fêterai mes 50 ans de mariage avec  Annie Grosse Bories, partie le 29 novembre 2010; ça remonte donc au 1° juillet 1967, photos prises à la sortie de l’église et oui et oui (alors que nos convictions athées étaient solides; pour son enterrement, point d'église, une cérémonie laïque dans la salle des fêtes de Corsavy, une fête inventée avec tous ceux nombreux, tout le village particulièrement secoué, venus l'accompagner),
à la mairie, c’est le maire du Quesnoy, Eugène Thomas, ancien ministre des postes sous de Gaulle à la Libération qui nous a réunis, le prof et l’élève, en présence du proviseur du lycée, de nombreux collègues, ça n’avait pas fait scandale, un an après, en 1968-1969, ce sera le scandale de Mourir d'aimer à Marseille (suicide de la prof Gabrielle Russier)
les photos de 2003 nous montrent dansant comme des marionnettes pour les 20 ans des 4 Saisons du Revest, le 6 juillet, notre fille Katia Ponomareva, comédienne et metteur en scène ayant eu la responsabilité artistique de la journée du 6, le danseur William Petit, la responsabilité d'une des 4 autres journées; Katia nous proposa un remariage symbolique à la mairie du Revest, ce que nous acceptâmes, moment intense sans maire et sans curé pour ce faire
Je comprends tout d’un coup le choix inconscient de la date, du lieu, du thème du 2° été du Léthé, ce 1° juillet à La Coquette à Toulon 
- la date, 1° juillet pour moi c’est 1/2 + 1/2 = 1, les deux moitiés de l’année, chacun sa moitié, quitte à empiéter sur la moitié de l’année de l'autre et réciproquement, les deux moitiés du couple qui ne fait qu’un, bref, le cirque, parce que c'est rond, que ça tourne rond, en rond, ce rond rond ronron en indisposant plus d'un, le soi-disant morne ennui quotidien alors que c'est la vie, la vraie vie et de choisir l'aventure sous toutes ses formes où l'infidélité a sa place; évidemment, je ne porte aucun jugement, chacun son chemin et quand un chemin m'est raconté, bien raconté, j'écoute toujours avec plaisir et prends plaisir à être dérouté car beaucoup de chemins sont déroutants (qu'est-ce que tu racontes ?); moi, j'ai fait choix de fidélité, ça me convient, je m'y sens bien; je me, je nous donne le temps; on donne quoi quand on ne donne pas son temps ? réplique dans le superbe film Danse avec lui de Valérie Guignabodet (2007)
- le lieu La Coquette a le même côté romanesque (romantique ?) que le chalet de l’étang du Quesnoy où nous nous sommes agapés; ce fut une très belle fête avec danses, poèmes (déjà, j’ai fait écrire chaque qu'on-Vive), chansons à boire d'où la photo floue que j'ai prise du frère d'Annie, Michel Bories (Pof), parti dans le même accident que Cyril Grosse;

la robe de mariée s'appelait Mouette, elle a resservi pour les 20 ans des 4 Saisons du Revest, le 6 juillet 2003 et au mariage de la plus ancienne amie d'Annie; on comprend pourquoi l'épousée est aussi la mouette à tête rouge, un personnage pour l'éternité, c'est la magie de l'écriture, de la parole éprouvée
- le thème c’est l’amour sublime, ça je m’y connais en sublimation mais sublimer un amour (j’en ai sublimé 2) n’est pas égal à amour sublime
ce 2° été du Léthé va être chargé et léger, ça finira en danses et lectures

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Elle n'était pas d'ici / Cioran / Exercices d'admiration /JCG

3 Juin 2017 , Rédigé par grossel Publié dans #pour toujours

46 ans en 32 photos et 2 textes; dans les landes de Haworth, oui je l'y voyais bien mais aussi bien à Le Quesnoy, Corsavy, Paris, au Revest, à Toulon, Hyères, au Rayol, en Camargue, à Thassos, Marrakech, Carthage, à Cuba La Havane, au Riuferrer (ses 2 dernières photos à J85), en montagne, sur les quais, au Rond-Point, dans le transsibérien
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Elle n'était pas d'ici

Je ne l'ai rencontrée que deux fois. C'est peu. Mais l'extraordinaire ne se mesure pas en termes de temps. Je fus conquis d'emblée par son air d'absence et de dépaysement, ses chuchotements (elle ne parlait pas), ses gestes mal assurés, ses regards qui n'adhéraient aux êtres ni aux choses, son allure de spectre adorable. Qui êtes-vous ? D'où venez-vous ? Était la question qu'on avait envie de lui poser à brûle-pourpoint. Elle n'eût pu y répondre, tant elle se confondait avec son mystère ou répugnait à le trahir. Personne ne saura jamais comment elle s'arrangeait pour respirer, par quel égarement elle cédait aux prestiges du souffle, ni ce qu'elle cherchait parmi nous. Ce qui est certain c'est qu'elle n'était pas d'ici, et qu'elle ne partageait notre déchéance que par politesse ou par quelque curiosité morbide. Seuls les anges et les incurables peuvent inspirer un sentiment analogue à celui qu'on éprouvait en sa présence. Fascination, malaise surnaturel !

À l'instant même où je la vis, je devins amoureux de sa timidité, une timidité unique, inoubliable qui lui prêtait l'apparence d'une vestale épuisée au service d'un dieu clandestin ou alors d'une mystique ravagée par la nostalgie ou l'abus de l'extase, à jamais inapte à réintégrer les évidences !

Accablée de biens, comblée selon le monde, elle paraissait néanmoins destituée de tout, au seuil d'une mendicité idéale, vouée à murmurer son dénuement au sein de l'imperceptible. Au reste que pouvait-elle posséder et proférer, quand le silence lui tenait lieu d'âme et la perplexité d'univers ? Et n'évoquait-elle pas ces créatures de la lumière lunaire dont parle Rozanov ? Plus on songeait à elle, moins on était enclin à la considérer selon les goûts et les vues du temps.Un genre inactuel de malédiction pesait sur elle. Par bonheur, son charme même s'inscrivait dans le révolu. Elle aurait dû naître ailleurs, et à une autre époque, au milieu des landes de Haworth, dans le brouillard et la désolation, aux côtés des sœurs Brontë...

Qui sait déchiffrer les visages lisait aisément dans le sien qu'elle n'était pas condamné à durer, que le cauchemar des années lui serait épargné. Vivante, elle semblait si peu complice de la vie, qu'on ne pouvait la regarder sans penser qu'on ne la reverrait jamais. L'adieu était le signe et la loi de sa nature, l'éclat de sa prédestination, la marque de son passage sur terre ; aussi le portait-elle comme un nimbe, non point par indiscrétion, mais par solidarité avec l'invisible.

Cioran, Exercices d'admiration, Arcades, Gallimard

Anna,

Je t’aime parce que tu existes, que tu as été mise, inattendue, à la croisée de chemins de terre détrempée, que je peux te regarder jusqu’à ravissement, être souffle coupé par ta beauté, déchiré par l’essentiel détail : ce mouvement d’oiseau de ta main pour chasser les cheveux de tes yeux. Pour cette douceur-douleur : te respirer, te contempler, pour ces émois délicats, qui dis-moi, dois-je remercier ?

Te caresser une fois les cheveux, mettre une fois ma main sur ton épaule, c’est dire ma gratitude à tous ces hasards qui m’ont conduit jusqu’à toi, mon présent.

Serons-nous de ceux qui purent dire : parce que c’était lui, parce que c’était moi ? De complicité en hostilité, nous oscillons. Long peut-être sera le temps de l’apprivoisement.

Je me souviens du jour où tu m’as parlé de ton prénom, comment il t’a été attribué. Je venais de te dire l’Ode maritime de Fernando Pessoa. Nous avions partagé son hystérie de sensations. Je t’ai demandé de me raconter une belle histoire de largage d’amarres. Tu me fis un long récit de généalogie, souvent joyeux – version rose de maman –, ponctué de rires en mal d’envol – version bleue de papa – dit de ta voix douce qui me remue si fort que je me laisse, corps-mort, rouler par elle. Triste tu étais, mais bien, aussi. Ces tristesses, tu me l’as dit, sont formes retournées d’érotisme. L’évidence de ton prénom, Anna, ce jour-là se déchira.

J’accepte ce qu’annoncent les désirs contraires de père et mère te l’attribuant en désaccord sur son orthographe, mais l’une l’emportant sur l’autre pour l’état civil, toi, leur miracle portant le prénom orthographié différemment de ton aînée, morte trop tôt, Hannah.

Toi, mon mirage balançant d’une orthographe à l’autre, j’accepte toutes les charmantes étrangetés qui me viendront de toi.

Je ne te déclare pas mon amour pour t’obliger à m’aimer en retour. T’aimant, je suis capable de renoncer à tout jeu pour te séduire (qui, en grec, voulait dire détruire). T’aimer, c’est vouloir être moi, n’être que moi, être vrai, n’attendre rien de toi, n’avoir aucun projet pour toi, au risque de te perdre puisque je ne veux pas te gagner. Être aimée de moi ne te donne pas davantage le pouvoir de me faire souffrir à me faire attendre. Car, ne voulant rien pour toi, pas même ton bien, je ne peux me faire mal en t’en voulant de ne pas répondre à des attentes que je n’ai pas.

T’aimer, c’est être irradié par tout ce qui me vient de toi, et d’abord par ton existence, que tu sois présente ou absente. Pour t’aimer, je n’ai pas besoin d’entendre ta voix, de lire ton écriture. Je n’ai besoin ni de rêves, ni de souvenirs, pas même une photo, pas même une image. Il me suffit de ton prénom : Anna.

Jean-Claude Grosse, le 14 février 1965, j'avais 25 ans, elle, 17, publié dans L'Île aux mouettes, le 14 février 2012
 

PORTRAIT DE LA FEMME AIMÉE DEPUIS 40 ANS

Apparemment, c’est une femme de l’absence. Toujours ailleurs. Perdue dans ses pensées. Fille d’air et de rêve. Mais à la pratiquer, avec amour, depuis quarante ans, j’ai compris que c’est une femme de la présence, une présence légère, dans le présent. Elle ne pèse pas. Elle ne pose pas. Avec elle, tout est danse. Le présent n’est pas que l’instant. C’est le moment de maintenant, avec une pointe de souvenir. Une fleur, chaque jour, pour notre chat parti sans retour. Son nom parfois et alors, une bouffée de nostalgie. Elle est attachée à tout ce à quoi elle a donné de l’amour. Des photos et des mots pour les disparus, la mère, d’une embolie qu’elle embellit, le fils et le frère, dans le même accident. Des cartes aux anniversaires. Des cadeaux sans destinataire pour les recevoir. Quelle aptitude à ne rien laisser mourir malgré la souffrance, évidente, inconsolable. Chaque objet est à la fois d’hier et de maintenant, pas figé, souvent déplacé. L’œil toujours sollicité par quelque nouveauté, une disposition rare, un rapprochement inattendu, un éloignement surprenant. Tout ce qu’elle aime est sans cesse repris, reconsidéré. Petits riens qui changent tout. Combat de chaque instant contre la dégradation, l’usure, l’habitude, l’oubli. La maison vit, est habitée. Pas d’ennui possible avec une femme qui fait de sa maison, de notre vie, un récit, un poème. Avec elle, les simples jours deviennent les simples beaux jours, embellis par le regard, le sourire radieux qu’elle pose sur les choses et les gens. Les tristes jours deviennent les inoubliables tristes jours, adoucis par son sourire mélancolique. Elle rayonne d’amour. Solaire, elle donne le meilleur d’elle, une écoute qui apaise angoisses et peines, aide à mettre en mots, petits maux et grandes douleurs. Mais de ses angoisses et souffrances, vous ne saurez rien, les mots ne sont pas pour elle. Elle ne s’en sert pas pour elle. Tout se passe dans le regard, souvent mouillé, toujours caché. Ah ! la légère, l’aérienne ! Depuis quarante ans, elle me fait la vie légère. Je l’aime sans comprendre pleinement la force du don qui l’habite. Mais en le vivant pleinement, passant des heures à contempler son visage sur lequel je ne vois pas passer l’âge. Elle a l’âge de son cœur, celui de l’adolescente qui m’a choisi une fois pour toutes. Mon désir d’elle et mon amour pour elle sont restés intacts à son contact.

Jean-Claude Grosse, le 14 février 2005, j'avais 65 ans, elle 57, publié dans L'Île aux mouettes, le 14 février 2012 (c'était une Valentine)

quant à la jeune fille d'alors, quelle déclaration elle me fait, c'est du feu ! 
Mon p’tit chat,
J’attends le Transsibérien, gare Iarolavski à Moscou. Toi tu m’attends quelque part au Baïkal mais je ne sais rien de là où tu es, où je vais. La vie m’attend aujourd’hui, cuisses ouvertes. Si tu veux savoir où tu es dans mon corps et dans mon cœur, ouvre la chaumière de mes yeux, emprunte les chemins de mes soleils levants, affronte les cycles de mes pleines lunes. Je voudrais avoir des ailes pour t’apporter du paradis. Des ailes de mouette à tête rouge, ça m’irait bien pour rejoindre ton île au Baïkal. Je transfigurerai les mots à l’image de nos futurs transports. Je te donnerai des sourires à dresser ta queue en obélisque sur mon ventre-concorde. Nos corps nus feront fondre la glace de nos vies. Avec des rameaux de bouleaux, nous fouetterons nos corps nouveaux dans des banyas de fortune. Je t’aimerai dans ta nuit la plus désespérée, dans l’embrume de tes réveils d’assommoir, dans l’écume de tes chavirements. Je courrai sur les fuseaux horaires de ta peau, vers tes pays solaire et polaire. Nous dépasserons nos horizons bornés, assoirons nos corps dans des autobus de grandes distances, irons jusqu’à des rives encore vierges. Nous nous exploserons dans des huttes de paille jaune ou des isbas de rondins blonds. J’aimerais mêler les sangs des morsures de nos lèvres, éparpiller les bulles de nos cœurs sur l’urine des nuits frisées, sous toutes les lunes de toutes les latitudes. Je m’appuierai sur ton bras pour découvrir la vie, ne jamais lâcher tes rives éblouies, arriver là où ça prend fin avec des bras remplis de riens... J’aime les cris de nos corps qui s’accordent de vivre. Je t’ai ouvert un cahier d’amour où il n’y aura jamais de mots, jamais de chiffres.
Il n’y aura que des traces de chair, des effluves de caresses et des signatures de mains tendres. Il y aura des braises dans notre ciel, des fesses dans nos réveils. À la fin du cahier, je t’aimerai toujours et nous pourrons le brûler plein de sperme et de joie.
Ton p’tit chat

dans les épis, au fond des yeux, à côté de mon arbre, celle qui est d'ici, du côté de Sanary mais aussi de Lourmarin, de Mirepoix, Gordes, Lacoste, Bonnieux et de la Cupola d'Antonioni et Vitti
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