L'impitoyable aujourd'hui / Emmanuelle Loyer
L'impitoyable aujourd'hui
Emmanuelle Loyer
Flammarion, septembre 2022
Ce livre est sorti à point nommé, alors que, suite au livre-labyrinthe Et ton livre d'éternité ?, je remets en question, en perspective, la plupart de mes croyances, de mes paradigmes historiques, scientifiques, métaphysiques, politiques et idéologiques.
Cela me fait du bien de voir s'effondrer ou basculer « mes » croyances, convictions, certitudes d'une soixantaine d'années. À 82 ans, tabula rasa. On ne sait rien. Grande humilité pour accepter le miracle de la naissance, le mystère de la mort, pour vivre la vie avec gratitude, pour respecter la vie dans sa diversité et son unité.
De ce champ de ruines, je ne sors pas effondré mais animé du projet : quoi à la place ?
Ayant pris conscience
que tout est croyance, les certitudes ou vérités dites scientifiques, les preuves ou faits historiques, les arguments philosophiques et métaphysiques, les convictions politiques et idéologiques
que tout est récit, que ce que je prends pour le réel est l'effet du récit que je tiens sur ce que je crois être le réel et qui l'engendre
que ce sont les mots que j'emploie qui crée le réel, que les mots ne sont pas les traducteurs d'un réel pré-existant, objectif, extérieur
alors la tache devient celle-ci : quel récit veux-tu tenir aujourd'hui puisque tu es l'auteur du récit qui va donner sens ou valeur à ta vie, présence à ton réel ? Quels mots veux-tu utiliser pour créer ton réel ?
L'essai d'Emmanuelle Loyer ne répond en aucune façon à cette invention, fabrication du réel que je désire par les mots que j'utiliserai. Il a par contre un pouvoir de remise à l'heure des pendules. Les grands récits, récit national par exemple, s'effondrent, grâce à des frondeurs, des chercheurs de l'autre face des Lumières, des points aveugles des éclairages enseignés, appris sans grand esprit critique. Car il faut du temps pour que les ombres, les fantômes mis sous le tapis se fassent entendre. La révolution française est-elle vraiment une révolution libératrice, émancipatrice ? Liberté, égalité, fraternité, à quels prix ? Avec quels effets dans le monde ? La révolution industrielle anglaise est-elle la continuation technique et économique de la révolution politique française ? D'où vient la croyance au progrès ? D'où viennent les deux guerres mondiales de la 1° moitié du XX° siècle ? Devant ce qui s'appelle
l'accélération de l'histoire au travers de la modification agressive des frontières dans l'Europe commencée avec l'aventure napoléonienne, suscitant par effets-boomerang la naissance de nationalismes revanchards,
l'accélération des inventions techno-scientifiques, bouleversant en permanence le quotidien des gens, y a t-il de la résistance, de la résilience, de la survivance ?
Quelles formes ont pris les manières de ne pas vivre avec son temps ?
Emmanuelle Loyer, historienne, ethnologue, lectrice d'oeuvres littéraires nous emmène chez le dernier des Mohicans avec Fenimore Cooper, le dernier trappeur de la taïga, Derzou Ouzala avec Vladimir Arseniev, dans l'île de Sakhaline avec Anton Tchekhov, en Amazonie, chez les Nambikwara avec leur dernier témoin Lévi-Strauss, chez ceux qui sont arrivés trop tôt ou trop tard, les déçus de l'histoire ayant perdu leurs illusions, n'ayant que la peau de chagrin de l'Histoire, ambivalents par rapport à l'Histoire au présent (Chateaubriand, Stendhal, Hugo), dans certaines campagnes françaises, à Nohant dans le Berry chez George Sand devenue grand-mère et sorcière après avoir créé et animé La Cause du peuple (3 N° en 1848), à Minot dans le Doubs où disparaissent les vieilles façons de dire et de faire de la laveuse, la couturière, la cuisinière avec Yvonne Verdier, sur l'Èvre, un affluent méconnu de la Loire avec Julien Gracq, dans l'empire austro-hongrois de La marche de Radetzky avec Joseph Roth, à Donnafugata en Sicile à l'achèvement de l'aristocratisme avec Giusepe Tomasi Lampedusa, à Gagliano où le Christ n'est jamais arrivé avec Carlo Lévi et Ernesto De Martino, à Višegrad sur le pont Mehmed Pacha Sokolović franchissant la Drina avec Ivo Andrić, en Angleterre dans les châteaux gothiques et maisons hantées de Marie Shelley, pendant que le temps devient horloger avec la mécanisation des métiers à tisser, modifiant le temps du sommeil avec Edward Palmer Thompson et Jacques Rancière, en Russie à Borodino dans Guerre et Paix de Tolstoï où Napoléon est vu par l'oeil de son serviteur, par le petit bout de la lorgnette évoquant le petit homme de la boucherie (le mot est dans le roman) et non le grand stratège et où avec Koutouzov, on saisit les mille et unes micro-décisions décidant du sort d'une bataille et d'une armée en déroute, boucherie produite par l'exaltation patriotique des nationalismes en formation et produisant des fous se prenant pour Napoléon, des hallucinés ayant l'angoisse de perdre la tête, d'être décapités (la terreur fut un gouvernement des émotions par les émotions, un déchaînement paranoïaque de politique dite de salut public), en Russie soviétique à Stalingrad avec Vie et destin de Vassili Grossman, en Allemagne année zéro avec Winfried Georg Maximilian Sebald, à Berlin à l'arrivée des troupes soviétiques avec une femme anonyme, dans une ville, aujourd'hui ukrainienne, Lviv, d'où sont issus les inventeurs (Hersch Lauterpacht, Raphaël Lemkin) de deux concepts juridiques : crime contre l'humanité, génocide (18 ans après ce qui s'appellera génocide arménien, décrit par Frantz Werfel dans Les Quarante Jours du Musa Dagh paru en 1933), Lemkin mettant le doigt sur le propre de cette guerre totale « cette guerre n'est pas menée par les nazis seulement pour des frontières mais pour transformer l'humanité à l'intérieur de ces fontières. », sur deux siècles (XIX-XX°) pour terminer par la longue durée étudiée par certains historiens (Lucien Febvre, Fernand Braudel), par la spécificité du temps des isolés (Proust dans sa chambre, Barthes au sanatorium), par la vieillesse vécue comme vita nova pendant une vingtaine d'années par George Sand ou Colette (L'étoile Vesper, 1946) ou Vita Sackville-West (Toute passion abolie, 1933), et par le voyage Dans la nuit et le vent de Patrick Leigh Fermor, 19 ans en 1934, parcourant entre 1933 et 1935 à pied et en diagonale, du nord-ouest (Rotterdam) au sud-est (Istanbul), en suivant deux voies fluviales, le Rhin puis le Danube, la face européenne de la Terre dont Bruno Latour fait un être vivant avec l'hypothèse Gaïa.
Cet essai est tellement riche (l'énumération qui précède en donne un aperçu) que je ne cherche pas à en rendre compte, renvoyant chacun à sa lecture éventuelle.
Par contre, oui, tenter de dire quels mots je souhaite utiliser pour créer le réel dans lequel je désire vivre.
Et ce seront d'abord les mots de Lévi-Strauss, le témoin triste disant dans Tristes tropiques « Le monde a commencé sans l'homme et s'achèvera sans lui. » Mais ce constat, né de l'opposition entre les sociétés froides, les sociétés premières, et les sociétés chaudes (la civilisation moderne née à la Renaissance), particulièrement entropiques, désagrégatrices ne doit pas nous empêcher de jouer notre partie et de la jouer le mieux possible. Là Rousseau est préférable à Descartes. Celui-ci exprime les certitudes du moi (je pense donc je suis), Rousseau exprime la sortie des évidences du moi, l'identification à autrui, la pitié, aujourd'hui, on dirait la compassion ou l'amour inconditionnel (je panse donc je suis, je prends soin). « La conscience de la vanité du sens n'est pas un extincteur de la quête de compréhension, la conscience de la finitude n'est pas un découragement à l'action. » p.125
En 1976, Lévi-Strauss propose à la commission des lois de l'Assemblée Nationale, une charte du vivant, une réforme de la morale et de la politique fondée sur la beauté du monde et sa caducité. La valeur de toute chose est dans son irremplaçabilité. Il faut célébrer les choses mêmes en dehors de l'usage ou de la perception du sujet, dans la réconciliation de la morale avec l'esthétique et de l'homme avec la nature, dans le respect de tout ce qui naît, vit, meurt, de la bactérie à la galaxie en expansion accélérée, du virus au trou noir glouton.
Ce respect intègre le respect de soi, l'estime de soi, l'acceptation, l'affirmation de mon caractère irremplaçable, l'acceptation de mon unicité, de ma singularité.
D'où l'interrogation : Au lieu de se demander « qu'est-ce que je veux de la vie ? », une question plus puissante est : « qu'est-ce que la vie veut de moi ? ». Eckhart Tolle
En ce qui me concerne, j'opte pour une curiosité à 360°, circulaire horizontale, sphérique toutes directions, de la bactérie aux galaxies, des virus à nous et nous, à moi et moi, à je et je est un autre, à toi et tu...
L'infinie variété du vivant me passionne, l'infinie diversité des humains aussi.
Tout accueillir, tout ce qui se manifeste, sans jugement, sans tri, du salaud au saint, du monstrueux au sublime (il y a du monstre, du sublime, du normal, du foldingue... dans tout humain) ; si ça se manifeste, c'est que c'est nécessaire (y en a qui appellent ça hasard)
qui suis-je pour trier ? ça c'est bon, ça c'est mauvais ?
du miracle de la naissance au mystère de la mort, se vivre comme goutte dans l'océan-comme océan dans la goutte, comme agitation des vagues de surface-comme immobilité des profondeurs
la VIE comme vibration information énergie
adoptée à Rio en 2010
Le temps du confinement fut un temps de révélation de l'essence-ciel pour certaines et certains.
Le temps du confinement fut un temps de confinement pour tout un chacun du monde
dans la ronde arrêtée du monde
un temps imposé d'isolement par les pouvoirs du monde mais pas sur la ronde du monde
une prison mondiale pour humains, mais pas pour animaux, végétaux, minéraux
chacun chez soi, chacun pour soi
(à chacun de se situer entre les extrêmes de ces deux expressions pouvant comprendre tout le monde, chacun dans sa singularité de situation, de confortable à insupportable, chacun dans sa spécificité d'être, d'altruiste à égoïste)
avec rares autorisations de sorties pour s'approvisionner, s'oxygéner
sans pénurie organisée sans chaos engendré
sans insurrections provoquées sans révoltes spontanées
un parmi huit milliards de prisonniers soumis volontaires
nourris, blanchis, chauffés, « protégés » du virus
né d'une soustraction CAC 40 - COP 21 = COVID 19
facteur d'évolution comme tout virus mutant de variant en variant
contre lequel big pharma était en « guerre » totale
contre lui COVID 19 qui nous avait mis en grève générale
un parmi huit milliards
faisant ce qu'ils voulaient de leur temps d'isolement diversement vécu
faisant ce qu'il voulait de son temps de solitude aimée, oh oui, bien aimée !
même la route passant en dessous de chez lui avait été fermée pour deux ans
pas de travail contraint, de télé-travail
pas de travaux forcés d'intérêt général
découvrant ainsi la liberté intérieure, la fluidité de l'impermanence gommant la rigidité de toutes ses identités, découverte par bien des prisonniers avant lui
prisonniers dans des prisons d'états, dans leur propre prison ou celle d'une maladie, asile d'aliénés, sanatorium de tuberculeux
et qui ont soigné un peu le monde en souffrance parce que s'étant remis synchrones avec leurs rytmes internes et externes (coeur, respir, cycles journaliers, saisonniers...)
découvrant sa liberté créatrice jusque-là potentielle, l'activant, en usant
faisant ainsi de lui non un homme parmi huit milliards d'humains
vivant au petit bonheur la chance au gré des circonstances, des influences
mais un homme singulier, nécessaire car seul à créer ce qu'il créait dans l'humilité et l'intimité, au secret
par un petit pas de côté, un petit glissando de travers, un petit rire sur lui - on n'en finit pas avec l'enflure du moi-je-moi-je -, une larme d'empathie pour le virus traqué dans les labos
ils furent quelques-uns à découvrir un autre usage du temps consistant à prendre le temps, à faire comme si le temps était éternel
plus de compétences à avoir, d'originalité à exhiber, de domination à exercer, plus de temps compté, émietté, mesuré
du temps prenant son temps
c'est ce que quelques-unes redécouvrirent
que le temps c'est le présent, que c'est un présent
car c'est depuis toujours, le temps des femmes, le temps de l'attention au présent, au présent de l'enfant en demande, au présent de la vieille en souffrance
découvrir que l'éternité est dans le moment présent
pas dans regrets et souvenirs du passé
dans projets et désirs de lendemains qui chantent et dansent
ce fut ce qui jaillit de la prison mondiale
il n'y a rien à ajouter, rien à retrancher au monde
il n'y a rien à juger, rien à séparer
le bon grain de l'ivraie, le bien du mal, le beau du laid, le doux du cruel
tout est déjà là, dans sa diversité, ses contrariétés, ses complémentarités
avec ses effets-miroirs
l'autre détesté c'est moi, l'autre aimé c'est moi
et si tu me détestes, c'est toi et si tu m'aimes, c'est toi
tout est à cueillir, accueillir, recueillir
tout est partageable, tout est à partager
depuis je chante sans forcer la voix, léger comme murmure de filet d'eau, danse avec l'absente dans mes bras ouverts, goûte à ma cuisine-maison, déguste mes breuvages et infusions, redécouvre pissenlits, roquettes, herbes sauvages, baies de myrte, olives, champignons de mon terrain non cultivé
ils et elles chantent ; quelques-uns, quelques-unes ; les autres continuent à s'affronter
ils et elles dansent ; quelques-uns, quelques-unes ; les autres continuent à s'entr'envier
les quelques-uns ne croient même pas utiles de garder traces écrites, dessinées, peintes de leurs bonheurs
ce sont des bonheurs minuscules de vies minuscules centrées sur l'essence-ciel
ils se regardent, s'enlacent, s'embrassent, se caressent
ils se sentent regardés, enlacés, embrassés, caressés par tout ce qui existe, vit, meurt de la bactérie à la galaxie en expansion, du virus au trou noir glouton
ils sont en lien, reliés
ils tissent la tapisserie mystique de la dame à la licorne
ils sont un point à l’endroit, un point à l’envers de la grande tapisserie cosmique
les fleurs séchées égrènent leurs graines
de nouvelles germinations engendreront de nouvelles floraisons
le temps du confinement en prison mondiale a été pour certaines et certains le temps de la libération de leur puissance créatrice, génitrice de leur liberté intérieure, inaliénable.
Jean-Claude Grosse, le 4 décembre 2022, Le Revest
La vision trinitaire de Jean-Yves Leloup, 83° graine de conscience, parcours gratuit sur inscription
/https%3A%2F%2Fimport.cdn.thinkific.com%2F201731%2Fcourses%2F1740777%2FwvY1kfcQGf9KqxLlSP4w_au%20commencement%203%C2%A9Jean%20Yves%20Leloup.jpg)
Jean Yves Leloup explore depuis une cinquantaine d'années les voies de la transformation intérieure et de la "conscience exercée" ou méditation. Écrivain, philosophe et théologien, il est l'a...
le parcours des graines de conscience est gratuit, sur inscription
l'accueilleuse-guérisseuse et le chasseur, en cours d'écriture, j'ai le chasseur, manque la guérisseuse
Là où ça prend fin ?
12 ans 29 novembre 2010-29 novembre 2022
une histoire de la vraie vie : voyage à trois couples au Maroc en camping-car, sans doute 1978, on s'offre une balade à pieds (en snob d'aujourd'hui, ça donne trek) de 3 jours, 2 nuits dans les gorges de la vallée du M'Goun (Haut-Atlas) avec mulets, guides; le 1° soir, les guides nous proposent un méchoui de chevreau; les trois mecs sont enthousiastes, les trois femmes protestent si violemment, menaçant les mâles de divorce (on entend les chevreaux ligotés par les guides chevroter) que les trois mecs renoncent; guides dépités, ambiance cassée; au petit matin, soulevant les pierres sur lesquelles on a reposé nos têtes de mâlades, des scorpions énormes, frayeur rétrospective, rires des guides, rire général; les deux jours suivants, on a respecté le rythme des femmes s'arrêtant souvent, chantant, dansant dans l'eau
je n'ai pas été l'épitaphier d'Annie à Corsavy, juste sa photo prise en juin 2008 ; je prépare un parcours de vie avec photos, séquences super-8 des années 1965-1970; Katia a réalisé un magnifique montage La danseuse amoureuse de 7'57" destiné à rester privé; j'ai filmé 1'49" du dernier respir d'Annie, privé aussi
deux poèmes
Élévation
Un jour enfin nous marcherons
le long des rivages tant désirés
héritiers insatisfaits d’un passé loin des côtes
étonnés de nous retrouver face au grand Océan
Avec la montée sur les falaises
nous abandonnerons de vieilles peurs de vieux espoirs
Tu auras renoncé à remonter aux grandes houles de tes origines
à affronter les fables délicieuses de ta généalogie
J’aurai renoncé aux nostalgies de paradis et d’âges d’or
éloigné de toute maîtrise comme de toute servitude
vivant la vie sans hurler à la mort ni aboyer à la lune
Ce sera si simple de prendre
nus un bain d’écumes le matin
Nos corps se dilateront
Notre âme s’enchantera
Quand nous reviendrons au bord
des sourires ensoleillés s’échangeront
Étourdis nous nous découvrirons aimants
En raison nous nous voudrons parfaits amants
donneurs de voix à des enfants de papier
ouvreurs de voies à nos enfants de chair
jusqu’à épuisement de nos jours et de nos nuits
01/07/1967 Le Quesnoy
Je t’ai connue lumineusement étonnée
et nous avons été emportés par les tourbillons
qui soulèvent jusqu’à la légèreté de l’être
Je t’ai connue farouchement préservée
et nous avons été emportés par les tourbillons
qui creusent jusqu’au malaise de l’âme
Toi que j’accompagne et qui m’accompagnes
franchissons le cap de nos 33 ans tous voiles levés
sur nos corps abîmés sur nos cœurs apaisés
Cultivons l’apprivoisement lent
de nos tourments de vieillissants destinés au mourir
Nos enfants sont grands maintenant
Sur les routes pavées de mépris
de profit et de haine
comme nous ils ne marchent pas
Comme nous ils ont choisi les sentiers
où l’on ne passe qu’un à la fois
que l’on ne trace qu’une fois
Il y faut pour cheminer
l’insolente patience
l’inépuisable confiance
l’amour de sa vie
C’est ce que nous leur avons transmis
C’est de nous ce qu’ils ont appris
La levée peut avoir lieu
01/07/1999 Le Revest
/image%2F0551669%2F20201127%2Fob_8fc75f_annie-jc-fevrier.jpg)
Ultime performance de la mouette à tête rouge - Blog de Jean-Claude Grosse
hommage à Annie Grosse-Bories, la mouette à tête rouge, en ce 29 novembre 2019, by Katia Ponomareva le baiser/6 juillet 2003 au Revest pour notre remariage, mis en scène par Katia Ponomareva; l...
https://les4saisons.over-blog.com/article-la-mouette-115756926.html
les mails envoyés aux amis pendant le mois du passage
/image%2F0551669%2F20160211%2Fob_5938a9_anniebelle.jpg)
Pour ma Valentine du 14 février 1948 - Blog de Jean-Claude Grosse
comment se relever de ses morts ? question vitale, foudroyante, sans réponse; des dates, des gestes, des actes, des mots, des pensées, des émotions, des sentiments, tristesse, joie, nostalgie, a...
la valentine du 14 février a fait 14 apnées entre 16 H et 21 H le 29 novembre 2010
"Je ne fige pas les gens dans mon scan." On adorait danser, ici le 21 juin 2008 pour les 60 ans de la meilleure amie d'Annie, Maïté, à Lille
/https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2F8z6OYs6RNUk%2Fhqdefault.jpg)
toute l'ingénuité de la mouette à tête rouge en 35 secondes, filmée et interrogée par Bernd Lafrenz, comédien allemand; c'était à Corsavy, au-dessus de Batère fin août 2008; un document ...
25 juin 2013 toute l'ingénuité de la mouette à tête rouge en 35 secondes, filmée et interrogée par Bernd Lafrenz, comédien allemand; c'était à Corsavy, au-dessus de Batère fin août 2008; un document irremplaçable car ce qui part d'un être cher c'est d'abord la voix; on a toujours des images; aujourd'hui on peut avoir visage et voix, l'âme ou l'esprit; enregistrons donc ceux qu'on aime! mais n'en faisons pas des scans.
villa joie où règne le silence, pas de musique, pas de radio (les nouvelles, l'actualité) depuis le 11 septembre 2001, pas de télé (les nouvelles, l'actualité) depuis le 11 septembre 2001, parfois des replay de qualité / début décembre 2022, dès que j'ai récupéré mon compte FB, allez tchao / 1° iris 22/11/2022 / olivier Annie / deux oliviers de 50 X 2 => les 100 ans de Marcel Conche / parterre à olives / restanque front de mer / restanque corniche à vertige / restanque savane sèche / restanque sentier de colline / rites improvisés pour Annie / la licorne / propos de petite fille de 6 ans
ce 29 novembre 2021, à 21 h, 11° année du passage de la mouette à tête rouge, l'épousée, qui par sa question lors de son admission à l'hôpital Sainte-Anne, le 29 octobre vers 19 h: je sais que je vais passer, où vais-je passer ? me mit sur le chemin qui m'a conduit au livre d'éternité, livré à l'imprimeur, ce vendredi 26 novembre, pour parution le 14 février 2022
1 – La question (question de vie et de mort) Livre II du livre d'éternité
Imagine, tu vas à l’hôpital pour rencontrer le chirurgien. Il veut t’informer des résultats des investigations effectuées depuis 9 H du matin sur l’épousée. Il est 18 H.
− nous avons découvert un carcinum de 5 cm dans le cervelet de votre épouse
− l’épousée, docteur. C’est quoi un carcinum, docteur ?
− une tumeur. À cette étape, on ne sait pas si elle est bénigne ou maligne
− je l’ai amenée pour des douleurs insupportables dans le dos et des vomissements de bile
− oui mais l’urgence, c’est le carcinum. Elle sera opérée demain, au cervelet, j’ignore l’heure. Rassurez-vous : tout va bien se passer. Allez voir l’épousée – c’est joli votre appellation – et rassurez-là
− vous êtes un drôle, docteur. Je dois me rassurer et rassurer l’épousée
− il vaut mieux être rassuré et rassurant dans ce genre de situation. Moi, j’ai l’habitude. Je ne saurais pas vous dire ce que vous devez faire et comment le faire mais c’est nécessaire que vous installiez l’épousée dans un climat de calme et de confiance
Imagine, te voilà missionné : instaurer un climat de calme et de confiance entre l’épousée et ce qu’elle va affronter, une trépanation, l’ouverture de sa boîte crânienne, au niveau du cervelet, pour ablater le carcinum.
Il imagine le trépan, entend le bruit du foret, les craquements de la boîte osseuse, ressent les vibrations, il a comme une nausée, le ventre secoué par des spasmes intestinaux. Il s’installe sur un fauteuil du couloir desservant la chambre de l’épousée, respire profondément, calmement comme il a appris dans des séances de gymnastique douce. Il peut enfin entrer dans la chambre, croisant l’anesthésiste venu visiter la patiente.
− elle vous attend
Souriante, elle l’accueille.
– Je sais que je vais passer. Où vais-je passer ?
107
livré à l'imprimeur le 26 novembre; au départ, une question : je sais que je vais passer; où vais-je passer ?
scène 4 – Le narrateur
On est le 29 novembre 2010. Dans la chambre N° 8 des soins continus. L’épousée y est depuis 8 jours. Elle est dans le coma depuis le 25 novembre. Le 23 novembre, un pet-scan a révélé où se situe le cancer primitif, dans l’utérus, avec métastases dans un ganglion, dans les vertèbres lombaires et au cervelet. Une grenade explosive dans le corps de l’épousée. L’épousé a révélé le résultat à l’épousée. L’oncologue qui a étudié le dossier ne donne pas plus de six mois d’espérance de vie dans le meilleur des cas si l’épousée sort de son état critique entre la vie et la mort. Son gynécologue n’avait rien décelé par échographie quelques mois auparavant. Quand le cancer s’est-il déclenché ? Attendait-il son moment ? Quand s’est-il mis à flamber ? Des questions sont sans réponse : pourquoi un cancer de l’utérus – lieu de la femme-mère ? quelle est la part du choc provoqué par la disparition du fils, 9 ans plus tôt ? quelle est la part du traitement substitutif pris depuis 12 ans par l’épousée, voulant rester femme, jeune, belle ? et la peur de la retraite, prise presque contre son grè ? la peur de vieillir tout en rêvant d’être une grand-mère aimante et drôle ? la peur de mourir d’un cancer depuis des années ? la charge du père ? l’ambivalence vis à vis de ce père qui enterre tous les siens, survivant à tous les deuils ? le conflit, à la limite de la rupture, avec l’épousé à propos du père à charge ? pourquoi l’épousée est-elle en analyse depuis 30 ans ? a t-elle hérité de valises dans l’enfance, l’adolescence qui en ont fait une femme à s’étouffer d’angoisse, à se lever vingt fois dans la nuit pour uriner ? Il est 21 H. L’épousée est sortie de sa 13° apnée. Les précédentes apnées ont duré 1/4 H chacune. Elles ont commencé à 16 H. Cela fait 5 heures que la mère se bat. Elle n’est pas seule. À Baklany, depuis qu’elles ont été informées par i-phone, Koulbertichova et les sœurs Gorenko se sont réunies sur la plage à l’endroit de chute de la mouette. Elles ont allumé un grand feu. Il est sept heures de plus, donc déjà 4 H du matin, le 30 novembre. Koulbertichova prépare des plantes de la forêt qu’elle pile et mélange. Elle étale le mélange sur un plateau, le secoue comme un tamis. Les poudres se dispersent. Elle trace à chaque apnée, un chemin, avec son index gauche, inhale trois pincées, absorbe trois pincées, boit trois gorgées d’eau du lac. Elle vocalise, kouarr kriièh kouêk, accompagnée par les sœurs Gorenko. Comme la première fois, elle cesse de respirer,
551
out-of-the-body experience. Sur l’île aux mouettes, on entend un vacarme insoutenable : kouarr kriièh kouêk. Jamais, il n’a été si puissant, si effrayant. À l’hôpital, la fille met la poupée musicale Kitty en marche. Elle l’a mise en marche à chaque apnée. Chaque fois, l’épousée est sortie d’apnée.
Le père - disons-lui tout ce que nous avons à lui dire !
La fille - maman, on est tous là, avec toi ! ... commence, papa !
Le père - mon amour ! je te remercie pour ce que tu me fais vivre depuis un mois ! c’est si intense ! si éprouvant ! aujourd’hui, c’est encore plus violent ! je sens au plus profond le combat de la vie ! ta vie ! contre la mort ! ta mort ! oscillation ! hésitation ! respirer ! ne plus respirer ! cœur battant ! cessant de battre ! cerveau avec influx ! sans influx ! La vie simplifiée ! la mort simplificatrice ! l’apnée comme entre-deux ! mon amour ! entre la vie et la mort ! essai de la mort ! essai de trompe-la- mort ! c’est toi qui vas décider ! si tu décides de rejoindre tes morts ! pars sereine ! tu nous as laissé le temps de nous préparer ! d’accepter ! si tu décides de rester avec tes vivants ! nous serons heureux de te retrouver !
La fille - ah ! maman ! nos virées à Cannes au moment du festival ! comme on s’amuse ! des midinettes ! tu es d’un culot monstre ! au moment des projections ! pour te retrouver avec les stars ! Comme Nina ! Quel monde merveilleux ! Un seul sur un million reçoit en partage une vie intéressante, lumineuse, pleine de signification ... Tu aimes courser les acteurs que tu adores, pour un autographe ! ça marche ! papa ne veut jamais venir avec nous !
Le père - ... je n’aime pas ce cinéma !
La fille - et nos courses ! fringues ! décoration ! alimentation ! plantes ! nous choisissons ensemble ! j’adore ! comme on est bien ! ça va continuer maman ! tu te bats comme une mouette ! tu vas les avoir ! j’ai prévu de te faire danser avec ta robe de mariée ! Mouette ! dans mon prochain
552
spectacle ! Nous sortons tous de la mer ! un spectacle sans mots ! sur la grossesse vécue par la mère ! son rêve d’enfant ! ... par le fœtus ! investi d’imaginaire ! ... sur l’accouchement ! ... la mère ! sa joie ! sa déception ! ... le nourrisson ! rejeté ! accueilli ! ... papa a pris de trop belles photos de moi avec toi ! après la tétée ! je sais que je t’ai déçue ! puis que tu m’as accueillie ! tu ne peux pas partir aujourd’hui ! maman ! c’est le jour de ma naissance ! je ne veux pas être ta maladie !
Le père - je note ! phrase terrible de notre fille ! je suis ta maladie ! ... mon amour ! je t’explique ce qui se passe ! tu as un excès d’eau dans le cerveau ! deux millilitres ! une goutte d’eau en trop ! drainage inefficace ! les médecins ne peuvent pas résorber les deux oedèmes de ton cerveau ! Nous avons dû décider ! retrait thérapeutique ! tu es seule ! sans aide médicale aucune ! sauf notre présence active ! sers-toi de tes ressources ! ... ma fille ! si ta mère part aujourd’hui ! ce ne sera pas à cause de toi mais à cause de la maladie ! je te dis même plus ! si la maladie l’emporte aujourd’hui ! c’est comme si ta mère te disait ! je te donne la vie ! ta vie ! c’est le jour de ta naissance ! je t’offre sans réserve ! tu es ma fille rêvée ! vis ta vie pleinement ! sans culpabilité ! tu n’es coupable de rien ! ... Dites-lui ce que vous avez à lui dire !
Le frère de la mère, artiste peintre - ma chère soeur, tu sais combien tu m’énerves ! toujours en retard ! à prendre ton temps ! aujourd’hui ! c’est une qualité ! prends ton temps ! trompe l’adversaire ! toi qui as affronté le scandale de la mort d’un fils ! et d’un artiste !... Quand je pense à ma vocation d’artiste, je n’ai pas peur de la vie dit Nina à Treplev ! Faut trouver sa vocation ! Ton fils ! le théâtre, l’écriture ! Moi ! le street art ! ... depuis peu ! je réalise des groupes de centaines d’aveugles en papier mâché installés aux endroits les plus fréquentés ! des séries nommées a certain vision of life ! des nains ! des géants ! des noirs ! des jaunes ! pas de normaux ! des obèses ! des anorexiques ! ... ça dérange ! c’est arraché ! vandalisé ! tagué ! ça fait bouger ! dans deux sens opposés ! donc ça bouge pas ! ... Ta vocation ? l’écoute des jeunes en mal d’amour ! Sans un peu d’amour de soi ! pas un peu d’amour possible pour l’autre ! aimez-vous les uns les autres ! c’est sans doute simpliste ! partage encore ton don pour l’amour ! nous sommes des aveugles en ce domaine ! dans tous d’ailleurs !
553
Le vieil ami philosophe, 90 ans - je ne comprends pas bien ce qui se passe ! ma chère étudiante d’hier ! vous êtes magnifique ! vous avez un visage de jeune fille ! vous ressemblez par l’âme et la beauté à Elizaveta ! rencontrée cet été ! à Baklany !... comment Koulbertichova a-t-elle pu anticiper cette rencontre ? c’est sidérant ! aucune évidence là-dedans ! quoique ! ... ma chère amie ! vos apnées m’impressionnent ! comment votre corps, réduit à ses deux fonctions les plus vitales, respiration, circulation, peut-il faire preuve d’autant de résistance ? ma raison échoue à expliquer la dissociation des fonctions ! ... j’ai tenu à être avec vous en ces moments difficiles ! vous me faites vivre l’expérience quasi-physique du passage ! ça relève du mystère ! ça nous dépasse ! il faut accepter sans explication ! lâcher prise ! Koulbertichova en a donné la formule pour tous ! la paix est l’aile ! l’arme, l’amour !
Le père de l’épousée, 90 ans - ma fille ! ma chérie ! c’est ton père qui te parle ! j’ai retrouvé un peu de forces et tous mes esprits pour venir ! ça fait deux ans et un jour que vous m’avez accueilli chez vous ! j’y suis bien ! c’est bien pour un vieux con comme moi de savoir qu’on s’occupe bien de lui ! je marche dans le séjour avec le déambulateur ! arrêts sur photos ! je sais ! je prends Cyril, pour mon père ! je suis peu regardant ! baisers envoyés à ceux que j’ai perdus : mon père, ma mère, ma femme, un fils, un petit-fils ! j’ai vite compris ce qui t’arrivait ! j’ai attendu que ça passe ! que tu me reviennes ! faut pas te laisser aspirer ! j’en sais quelque chose ! 3 juillet 1940 ! cuirassé Provence à Mers el-Kébir ! nos amis anglais nous ont attaqués ! la soute à munitions est en flammes ! nous sommes sur le pont ! l’aumônier nous dit : vous devez mourir avec courage ! en hommes ! il nous bénit ! un marin se précipite dans la soute ! ouvre les vannes ! il périt ! nous sommes sauvés ! je n’ai jamais su le nom de ce marin ! 16 février 1942 ! le jour de mes 20 ans ! le transport de troupes qui nous emmène à Alexandrie est torpillé par un sous-marin italien ! en 10 minutes, tout a sombré ! je suis accroché à une poutre ! nous sommes une quinzaine ! je vois mes compagnons d’infortune sombrer l’un après l’autre ! pour rester en vie ! je mets parfois la tête sous l’eau ! pour m’effrayer et la ressortir ! vite ! je reste accroché 17 heures ! au moment où je vais céder, un navire anglais me repère et me repêche ! sors la tête de l’eau, ma fille ! sors l’eau de ta tête, l’eau en trop ! ! tu es entre la vie et la mort ! tu dois choisir la
554
vie ! choisir ta petite-fille ! mon arrière petite-fille ! j’insiste ! je ne veux pas te visiter aux Champs-Élysées ! sur le plateau ! là-haut ! c’est trop haut ! il y en a déjà trop ! à toi de partir après moi ! le moment venu ! je dois pouvoir vivre toute ma vie ! tu comprends ?
Le narrateur - Tous sont dans la chambre N°8, debout, sauf les 90 ans, assis. Quatre chaises restent vides. À Baklany, Koulbertichova est toujours inanimée, en nage.
Le père - mon amour ! nous sommes tous dans ta chambre ! les vivants et les morts. Il y a la chaise vide de ta mère ! celle de Sylvain ! celle de Cyril. Ton père et notre vieil ami sont assis aussi. Ils occupent leur chaise ! tiendront leur place tant qu’ils le pourront ! en menant une vie prudente ! Ta chaise t’attend ! tu peux la laisser vide ou venir t’y asseoir ! Nous, nous t’attendons ! Viens occuper ta place ! Nous avons encore tant de choses à nous dire et à vivre ! ensemble ! Notre histoire d’amour sauce Psyché et Cupidon compte déjà 16 825 jours ! ne compte que 16 825 jours !
Shakespeare - ma douce Ophélie, tu es Verseau, verse l’eau de ton cerveau, ne bois pas sa voix d’eau, sa voie d’eau, ne te laisse pas enlacer par son corps d’eau, son cordeau, joue au cerceau d’eau, toi qui aimes faire des ronds dans l’eau avec les bateaux de Roro !
La fetite pille, 3 ans - mamie o ! o ! annie ! dodo bobo ! o ! o !
Le narrateur - Tout d’un coup, de l’eau sort de la capeline que la mouette porte sur la tête. L’oreiller est inondé. Au même moment, à Baklany, Koulbertichova vomit de l’eau frémissante.
La fetite pille - mamie annie o ! plus bobo o ! plus dodo !
Le père - ... encore une apnée ! mon amour ! ... j’essaye avec toi ! ... (lente inspiration, profonde)
555
La fille - ... une apnée ! maman ! (lente inspiration, profonde) (tous les imitent)
Shakespeare - Ophélie ! va au profond de toi ! plonge dans le tourbillon pulsionnel ! la musique de la vie se joue avec du souffle ! la musique des mots ! avec du souffle expiré ! la musique des baisers ! avec du souffle inspiré ! il n’y a pas de musique de la mort ! c’est silence ! cesse de faire la morte ! belle et pure Ophélie de légende ! tes émanations d’amour ! nous voulons les respirer encore ! Allez ! inspire avec nous ! allez ! expire avec nous !
(Ophélie entre dans sa 14° apnée)
Le narrateur - Depuis le démarrage de l’apnée, tous, après une lente inspiration, retiennent leur souffle, ferment les yeux, s’immobilisent. Ils tiennent plus ou moins longtemps. La poupée Kitty fait entendre sa musique. L’épousée, soudain, sort d’apnée, après un hoquet d’une grande violence, elle crache du sang noir et fumant, elle émerge du coma, ses paupières s’agitent, sa main gauche serre la main droite de l’épousé. À Baklany, Koulbertichova sort de son rêve lucide. Elle crache du sang noir et fumant. Elle bave, éructe. Elle est trempée. Les sœurs Gorenko, en nage aussi, vocalisent kouarr kriièh kouêk. Sur l’île aux mouettes, le vacarme diminue d’intensité.
Shakespeare - Ophélie ! reviens ici-haut ! ta chaise t’attend ! Ne te laisse pas baiser par Hamlet ! Mourir ... dormir, rien de plus ... qu’il dit ! ... par ce sommeil nous mettons fin aux maux du cœur et aux mille tortures naturelles qui sont le legs de la chair : c’est là un dénouement qu’on doit souhaiter avec ferveur. Mourir ! dormir ! dormir ! peut-être rêver ! Moi, William Shakespeare, je te dis ! Mourir ce n’est pas dormir ! dormir ce n’est pas rêver ! ... Vivre ! ... Dormir ! ... Rêver ! c’est bien séparé ... ! Ophélie ! ta chaise ...
Ce ne sera pas ton dénouement, Ophélie ! Ta chaise t’attend ! Reprends ta place !
Le narrateur - L’épousée ouvre les yeux, sourit. Le brancardier de la
556
morgue arrive, trop tard, trop tôt. Le personnel médical est sidéré. Le médecin réanimateur annule le PV du décès.
Ophélie - kouarr kriièh kouêk
(tous poussent un profond soupir de soulagement, vocalisent kouarr kriièh kouêk, tous
embrassent la mouette, se pressent sur elle ! bienvenue !
à Baklany, la chamane Koulbertichova danse, les sœurs Gorenko vocalisent)
Le narrateur - Se peut-il qu’on ait affaire à une guérison due à la cérémonie chamanique ? Prendre à son compte la maladie de l’autre de la manière la plus participative, avec la plus grande humilité, comme Koulbertichova, éprouver aussi intensément, aussi sincèrement l’apnée de l’épousée comme les témoins actifs de la scène produirait-il cet effet de guérison ?
Shakespeare (hurlant pour l’obtenir) - ... Silence ! (puis chuchotant) ... Le reste ... c’est silence ...
pour le 40° jour,
pour le voyage de l’âme de notre mouette, 24 roses rouges pour le voyage de l’âme de la mouette, 24 roses blanches
Le narrateur – la guérison de l’épousée fut étudiée très attentivement par l’équipe des soins intensifs de l’hôpital. L’équipe conclut que le nombre des apnées (14), leur durée (jusqu’à 1H entre deux apnées, de 16 à 21 H) avaient sûrement déboussolés les cellules malignes, qu’elles s’étaient réorientées, qu’elles avaient fait le choix de l’apoptose, de se suicider, phénomène bien connu dans le monde vivant, des cellules se suicident pour permettre à l’organisme de vivre. Ils ne conclurent pas sur l’efficacité de l’empathie manifeste et manifestée à l’égard de l’épousée. Il n’était pas dans leurs compétences d’évaluer le pouvoir de la prière, le pouvoir d’un rituel sonore à 10.000 kms de distance, le pouvoir d’un puissant sentiment d’amour enveloppant de manière palpable la patiente. L’épousé et la fille déclarèrent à l’équipe que leurs conclusions étaient
557
sans doute trop restrictives, qu’une approche plus holistique, intégrative de ce qui s’était peut-être passé pourrait aider les milliers de patients atteints de cancer. L’équipe répondit que leur priorité était les milliers de cas livrés à l’hôpital, sans soutien, sans environnement affectueux et pas l’exemplarité d’un cas de guérison miraculeuse.
L’épousé et la fille écrivirent un livre sur la guérison de l’épousée Là où ça ne prend pas fin. Ils ajoutèrent au constat, l’extraordinaire volonté de vivre manifestée par l’épousée pendant les 30 jours de son hospitalisation, contredisant sa question initiale
– Je sais que je vais passer. Où vais-je passer ?
/image%2F0551669%2F20170603%2Fob_968dce_ailleurs.jpg)
Elle n'était pas d'ici / Cioran / Exercices d'admiration /JCG - Blog de Jean-Claude Grosse
http://les4saisons.over-blog.com/2016/03/elle-n-etait-pas-d-ici-cioran.html
être un explorateur ravi, émerveillé du visage aimé, pas un chercheur éperdu d'unité fusionnelle
Je raconte un échange téléphonique avec Marcel Conche que j'ai eu sur deux jours les 25 et 26 novembre 2019; je lui parle de la mort => lui : je retourne à la nature; moi : à la nature naturée ? lui : oui; moi : pourquoi pas la Nature naturante; lui : si tu penses que tu retrouves la Nature naturante, c'est ta métaphysique, développe-là, argumente; et me voici sommé de devenir métaphysicien comme lui l'est devenu à partir de l'expérience de la souffrance des enfants, le mal absolu, expérience qui l'a amené à déconstruire toute la métaphysique théologisée et à retrouver la métaphysique d'avant Socrate, celle des physiciens, les philosophes de la phusis, la Nature, Anaximandre, Héraclite, Parménide...; moi, c'est à partir de la question de l'épousée, le 29 octobre 2010: je sais que je vais passer, où vais-je passer ? que je me suis mis à cheminer cahin-caha, en zigs et en zags; je l'avais amenée le matin aux urgences, une opération au cervelet avait été programmée pour le lendemain, 30 octobre, l'anesthésiste venait de passer, c'était vers 20 H; sa question était à ce moment-là irrecevable; je ne pouvais accepter qu'elle passe, que notre histoire se termine alors qu'elle venait de rentrer à l'hôpital, qu'elle allait être opérée le lendemain d'un carcinum au cervelet dont on ne savait pas s'il était bénin ou malin; on ne connaîtra le cancer primitif que le 23 novembre après un petscan, cancer de l'utérus, 4 jours après une deuxième intervention sur métastases au cervelet; sa question, à laquelle ensemble nous avons tenté de répondre en séparant corps et esprit, tout en étant personnelle, existentielle est en même temps universelle puisque chacun passe et peut-être tous aussi (mort de l'humanité); c'est donc à une question à valeur universelle qu'elle m'a confronté; elle m'a passé un sacré relais qui m'occupe depuis déjà 9 ans et qui m'a fait varier dans mes tentatives de réponses
JCG, 29 novembre 2019,
juré, pour les 10 ans du départ de la Mouette et pour mes 80 ans, ce sera GÉANT
ci-dessous, ce que j'ai écrit le 25 novembre 2020, qui tente de faire le point sur là où j'en suis de mon cheminement sans fin ?
le 25 novembre 2020
sur 12 personnalités du monde penser quantique citées par une plaquette de présentation
1. Stéphane Allix 2. Luc Bodin 3. Gregg Braden 4. Deepak Chopra 5. Jean-Jacques Crèvecoeur 6. Joe Dispenza 7. Grigori Grabovoï 8. Thich Nhat Hanh 9. Bruce Lipton 10. Lynne MacTaggart 11. Eckhart Tolle 12. Neale Donald Walsch
j’en connais 10, 6 en détail pour avoir lu des livres ou-et suivi des master-class, 4 superficiellement ;
cheminement « théorique » depuis 5-6 ans,
« pratique » depuis 2 ans dont une année de Qi Jong (le qijong mystérieux de la grande ourse);
cheminement amorcé par la question posée par ma femme, à peine entrée à l’hôpital (du 29 octobre au 29 novembre 2010, date de son départ) : je sais que je vais passer, où vais-je passer ?;
cheminement qui a donné L’éternité d’une seconde Bleu Giotto en 2014 (épuisé)
je constate que ma réflexion sur ce monde du développement personnel, de l’éveil spirituel évolue beaucoupje ne me situe plus sur le terrain peut-on y croire ? quelles preuves ? j’évite de juger le côté marketing, forcing des plateformes, je vois bien la séduction des propositions: vivre la vie de ses rêves, réaliser ses rêves, développer ses pouvoirs...je préfère pratiquer: quelles pratiques, comment les pratiquer ? (méditations de plusieurs sortes, cohérence cardiaque, activation ou inhibition de neuro-transmetteurs, élévation du taux vibratoire, auto-hypnose, tango argentin, qijong, hygiène de vie dont marche, hygiène alimentaire, soins du corps…); je vais essayer sous peu la voie du sentir de Luis Ansaje note que des expressions comme changer de paradigme, monde en transition, masse critique des créatifs culturels faisant basculer le monde induisent une vision des choses, constituent un récit, une histoire à laquelle on croit, qu’on invente, qui invente peut-être un nouveau monde (« meilleur », ouvert, accueillant, bienfaisant) en inventant des gens travaillant sur eux (s’éveillant, s’élevant, se purifiant en se nettoyant, contrôlant leurs émotions, croyant en leurs pouvoirs, actifs, créatifs et ne se sentant plus impuissants, restant passifs, victimes) et constituant des égrégores positifset je me rends compte qu’il n’y a pas qu’un récit, qu’il y en a beaucoup, collectifs (religieux: animistes, chamaniques, polythéistes, monothéistes; idéologiques, philosophiques, sophistiques, scientifiques, scientistes, déterministes, quantiques, matérialistes, spiritualistes, sectaires, occultes, complotistes, souterrains, camouflés, oxymoriques, performatifs, cyniques…), individuels (coïncidences, synchronicités, destin, dessein, hasard, chaos, ordre-désordre, pleine conscience, pouvoir de l’intention et de l’attention, inconscient individuel, collectif…), qu’il n’y a sans doute que des histoires qu’on s’invente, créant ou non la « réalité » qu’on croit voir et vivre
et il me semble qu’il serait bon de lister chacun pour soi au moins quelques-uns de ces récits avec leurs hypothèses, leurs « preuves », leurs effets pratiques pour se demander quel est le récit qui me convient le mieux, dans lequel je veux m’inscrire (la dualité, la conscience unifiée...)on échapperait peut-être ainsi aux effets de mode, on se créerait ainsi « son » récit, mixte de récits collectifs et de récit personnelj’en suis au point où il me semble que je suis au plus près du vide quantique (potentiel de possibilités = conscience pure chez Deepak Chopra = le sans forme chez Eckart Tolle) quand je dors (sommeil profond ou sommeil paradoxal, je n’éprouve plus les limites de mon corps dans un espace-temps; que deviens-je au dodo, le temps de la petite mort) et que c’est dans la somnolence, la rêverie sans objet, sans pensée (si possible) qu’en régime diurne je suis au plus près de l’indéterminationcar ce que je crois chercher en suivant mon corps plus fort que moi, c’est la dissolution des identités multiples dont je suis constitué, que je me suis fabriquées, dont on m’a affublé (multiplicité des rôles sociaux, souvent contradictoires et donc recherche de sens, de cohérence semble tâche infinie et peut-être inutile), identités qui me font vivre dans la séparation : toi différent de moi, séparé de moi, dissolution que j’appelle le non-jugement et le non-agir (je reviendrai une autre fois là-dessus puisque je suis éveillé environ 4 H sur 24, donc peut-être agis-je un peu)vivre comme feuilles au vent suivant l’image d’Homère me paraissait du gâchis, j’aimais la sagesse tragique d’un Marcel Conche, j'aime la vision des choses d’un Deepak Chopra ou d’un Eckart Tolle; n’est pas cité dans le livret Jean-Yves Leloup mais il n’est pas quantiqueje m’en vais de ce pas m’installer dans le fauteuil au soleil et me laisser somnoler, marmotte d’hiver songeant à répondre à la question posée par une d’âme dans un train fantôme glissant sur la surface gelée du lac Baïkal, ma dâme Alors, ton livre d’éternité, tu le rends quand ? (première version lue au Bateau Lavoir à Paris en octobre 2018)À Le Revest, le 25 novembre 2020, 1 mois après mes 80 ans, 4 jours avant l'anniversaire des 10 ans du départ de la mouette à tête rouge
pourquoi souhaiter l'indétermination (via le sommeil, la somnolence) plutôt que l'identité ? parce que d'après ce que nous savons comme d'après ce que disent la plupart des traditions de sagesse, tout est relié, interconnecté et que par l'effet papillon, un événement ici entraîne un autre événement ailleurs donc si on pousse au bout, toute pensée, tout sentiment, toute émotion que j'éprouve n'est pas neutre, ne concerne pas que moi, ne m'est pas propre, que des effets sont provoqués, ma négativité renforce la négativité déjà existante, ma positivité renforce la positivité existante; je suis donc dans un univers participatif et co-créateur de cet univers; autant l'être quand on est au plus près de l'état quantique; les programmes qui nous agissent ont été acquis entre le 6° mois de notre état de foetus et l'âge de 7 ans, sous onde téta, en quasi-hypnose, ce sont des programmes inconscients, subconscients venus de notre milieu familial, socio-culturel, programmes hérités de notre "éducation", de l'éducation reçue, très souvent coercitive, pour notre "bien", éducation à la performance, à toujours se dépasser qui paradoxalement nous apprend à ne pas nous aimer, à nous juger négativement en permanence; à partir de 7 ans, le néo-cortex ou lobe frontal entre en fonction, sous onde alpha, on pense, réfléchit, évalue, décide éventuellement de modifier le programme; il se trouve que 95% de nos programmes inconscients nous pilotent quasi-automatiquement, que nous tentons d'agir sur nous avec 5% de conscience; on ne fait pas le poids; d'où les thérapies nouvelles à base d'hypnose pour reprogrammer ce qui est inconscient
comment participer, être co-créateur ? si c'est la conscience, le récit que je tiens qui crée la réalité, alors la croyance a un pouvoir très fort; tu es malade, je souhaite ta guérison, je crois à ta guérison, je te crois guéri et tu guéris; le futur réalisé dans mon esprit ou mon coeur modifie ton présent de malade, te guérit; stop ! tu fais une lecture non-quantique de ce qui se passe, tu parles en 1° et 2° personnes, donc en termes séparés et c'est ton ego qui veut guérir l'être cher; plus ton désir de changer le monde est fort et plus ton pouvoir de le faire t'échappe; ce n'est pas comme ça que ça se passe, tu pries, ce n'est pas ta prière, tes mots qui comptent, ce qui compte c'est ce que tu crées en toi, par la prière durant des heures, le sentiment; le langage de l'action sur la matière c'est le sentiment, l'émotion; et le sentiment commun comme force de la nature et comme expérience humaine, c'est la compassion; c'est elle qui relie toutes choses; au-delà des idées de mal agir et de bien agir, il y a un champ: je t'y donne rendez-vous dit Rûmi; ou selon les textes gnostiques de Dag Hammadi demandez donc sans motif caché et entourez-vous de votre réponse, soyez enveloppés par votre désir pour que votre joie soit complète; quand nous sentons que nos êtes chers sont guéris, que la paix du monde nous enveloppe, voilà le langage qui donne accès à toutes les possibilités, rendant possible le saut quantique, le passage d'un état à un autre; c'est parce que j'ai dans le coeur le sentiment de la guérison, de l'abondance et de la paix, c'est donc parce que j'ai dans le coeur, les réponses à mes prières qui sont sans attente de résultat, détachées du résultat, sans jugement sur ce qui devrait ou pas advenir qu'elles arriveront dans la réalité.
Je me signale à moi-même que dans le récit de mon cheminement, des expressions comme peut-être, il me semble introduisent un doute, laissent place au doute qu'il soit de nature scientifique ou de nature philosophique; ce faisant, mon récit m'éloigne du bonheur dans la soupe quantique où je suis un électron, ce qui m'amènera à retravailler la métaphore filée dans Histoire de places (2016), celle des balles de ping pong lancées sur la scène du monde pour achever Alors, ton livre d'éternité, tu le rends quand ?
JCG, le 27 novembre 2020.
On est en novembre 2020 et se dessine un voyage à Cuba du 10 septembre au 30 septembre 2021 pour les 20 ans, reprenant le périple de Cyril et Michel, en compagnie d'un réalisateur de FR3 Perpignan, ami de Michel, proposition faite à Corsavy par ce réalisateur le 17 juillet 2020. Cette proposition ne venant pas de moi, nous ferons ce pèlerinage, inventif, créatif.
/image%2F0551669%2F20161001%2Fob_5b155b_la-havane-12-9-2001.jpg)
Partis en avion le 11 septembre 2001, pour toujours le 19 septembre - Blog de Jean-Claude Grosse
photos prises à Cuba pendant leur dernière semaine du 12 au 19 septembre 2001; photos exhumées et scannées 15 ans après; photos prises par Nadia qui a su nous retrouver et nous les communiquer...
http://les4saisons.over-blog.com/article-ils-sont-partis-le-11-septembre-2001-110337197.html
L'Éternité d'une seconde Bleu Giotto/J.C.Grosse - Les Cahiers de l'Égaré
après 13 années de quel travail, L'Éternité d'une seconde Bleu Giotto est sorti, 4 ans jour pour jour après une entrée à l'hôpital où l'épousée restera jusqu'au 29 novembre 2010, date d'...
http://cahiersegare.over-blog.com/2014/10/l-eternite-d-une-seconde-bleu-giotto-j-c-grosse.html
Annie à Le Quesnoy en 1966 et en Grèce à Naxos; "Il y a peu, j'ai trouvé cette photo. Elle a été prise en Grèce, à Naxos . Nous avions parcouru l'île à moto. Annie avait son petit rire frais des jours légers et cette envie de tout voir, de s'émerveiller de tout, jusqu'au moindre caillou. J'avais envie de la partager avec vous aujourd'hui." Maïté G.
Me rendant avec l'ami François Carrassan chez l'ami Marcel Conche en Corrèze du vendredi 8 avril au lundi 11 avril 2016, nous avons écouté la première partie de l'émission La grande table sur France Culture le 8 avril 2016, consacrée au manuscrit retrouvé de Hamlet par Gérard Mordillat.
Hamlet, la pièce la plus célèbre du répertoire mondial, a toujours fait l’objet de nombreuses spéculations érudites, notamment au sujet d’une éventuelle version antérieure. Ces hypothèses seraient-elle en passe d’être levées ? C’est la conviction de Gérard Mordillat, qui présente ici la formidable découverte qu’il doit à un universitaire anglais excentrique, Gerald Mortimer-Smith. Grâce à ce dernier, Mordillat a eu entre les mains une version d’Hamlet inédite, précédant de toute évidence la plus ancienne connue : le fameux « proto-Hamlet », écrit à quatre mains par Thomas Kyd et William Shakespeare ! A partir de ce document désormais disparu, Gérard Mordillat a reconstitué la pièce d’origine et il nous en propose ici la lecture, précédée du récit de sa découverte, dans lequel il reprend les hypothèses les plus audacieuses de Mortimer-Smith. On lit ici Shakespeare comme on ne l’a jamais lu. Il y aura un avant et un après Hamlet le vrai.
Écoute par hasard, bien sûr, et par hasard, Gérard Mordillat évoque le passage où Ophélie, Valentine, évoque sa défloration, son viol peut-être, sûrement même par Hamlet, comme elle a dû l'être par le Roi; elle est donc bonne pour le nonnery, le couvent ou le bordel...
L'enquête de Pierre Bayard sur Hamlet est également évoquée dans cette émission :
Aucun texte littéraire n’a probablement suscité autant de lectures et interprétations qu’Hamlet et n’a à ce point fasciné les critiques, qui n’ont cessé de débattre des ambiguïtés et des contradictions de la pièce, dont les principales concernent les circonstances dans lesquelles est mort le père du héros. Mais tous ces auteurs parlent-ils bien du même texte ? Ce dont témoigne Hamlet, en raison du nombre de ses commentaires, est de la difficulté, dans l’échange littéraire, à éviter le dialogue de sourds. Il est en effet impossible, quand nous discutons d’une œuvre, de sélectionner des passages identiques, de les percevoir à travers des théories semblables, d’inventer des questions qui ne soient pas marquées par une époque et par la personnalité de celui qui les pose. Bref, de parler de la même chose que les autres lecteurs. Trouver la solution à ce problème du dialogue de sourds est pourtant un passage obligé si nous voulons reprendre l’enquête inachevée sur la mort du père d’Hamlet. Et tenter, en reconstituant ce qui s’est passé il y a cinq siècles à Elseneur, de résoudre l’une des plus vieilles énigmes de la littérature mondiale.
Il se trouve que fin 2010, début 2011 pour les 40 jours du départ de la mouette à tête rouge (moment rituel dans beaucoup d'endroits du monde), j'ai beaucoup écrit sur cette disparition, pensant à La Mouette de Tchekhov dont la structure reprend celle d'Hamlet et pensant bien sûr à Hamlet. Tout ce travail d'écriture a donné 3 textes édités :
L'île aux mouettes, 2012
L'éternité d'une seconde Bleu Giotto, 2014
Là où ça prend fin, 2014.
Ce que je rends public ici n'a pas été retenu pour ces éditions. Mais ces scènes continuent de m'habiter. Les ordinateurs sont des mémoires conservant si on le souhaite les différents états d'un texte.
En voici un.
8 – Le narrateur - Lors d’une visite de l’époux à l’épousée, à l’hôpital. Une deuxième opération au cervelet a été réalisée, elle s’est bien passée. L’épousée sort de son coma artificiel progressivement. Elle est en réanimation. On est le 19 novembre vers 21 H. A-t-elle toute sa tête ? Les effets d’une anesthésie sont parfois surprenants avant le retour du patient à la conscience claire.
L’épousée - Bonjour ! c'est la Saint-Valentin. Tous sont levés de grand matin. Me voici, vierge, à votre fenêtre. Pour être votre Valentine. Alors, il se leva et mit ses habits, Et ouvrit la porte de sa chambre. Et vierge, elle y entra, et puis jamais vierge, elle n'en sortit.
L'époux - suave Ophélie ! ô cieux ! est-il possible que la raison d'une jeune fille soit aussi mortelle que la vie d'un vieillard ? Sa nature s'est dissoute en amour ; et, devenue subtile, elle envoie les plus précieuses émanations de son essence vers l'être aimé.
La fille – maman délire ! à quoi joues-tu ?
L'époux - je lui donne la réplique !
L'épousée - je ne délire pas ! croyez-moi ! je suis née le jour de la Saint-Valentin ! je suis femme de l'amour ! pour l'amour ! je vais vous dire ! c'est un jeu ! ils veulent me faire l’amour ! ils veulent me faire mourir ! amour à mort ! amour amor ! je les entends chuchoter ! je les entends rire ! ils me triturent partout ! ils entrent leurs doigts dans tous mes endroits ! je témoignerai ! je les reconnaîtrai à leurs voix ! méfiez-vous du docteur ! il dit qu'entre lui et moi, il y a un fil ! c'est lui qui veut couper le fil ! ne le laissez pas s'approcher de moi ! soyez prudents ! discrets ! ne les laissez pas abuser de moi ! me salir ! je me sens sale ! salie !
La fille - maman, veux-tu le bassin pour uriner pendant que je suis là avec toi ?
La mère - tu me comprends ma fille ! je ne délire pas ! croyez-moi !
(Elle se met à chanter)
Ils l'ont porté tête nue sur la civière. Hey no nonny ! nonny hey nonny ! Et sur son tombeau à Corsavy, il a plu bien des larmes. Adieu, mon fils de lumière ! Voici du romarin et voici des pensées, en guise de pensées
(À l'époux) Voici pour toi du fenouil et des ancolies.
(À la fille) Voilà de la rue pour toi, et en voici un peu pour moi ; nous pouvons bien toutes deux l'appeler herbe de grâce, mais elle doit avoir à ta main un autre sens qu'à la mienne... Voici une pâquerette. Effeuille-la pour savoir combien je t’aime !
- Elle m’aime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie … pas du tout ! (Treplev rit)
Je t’aurais bien donné des violettes, mais elles se sont toutes fanées, quand Cyril est mort ... On dit qu'il a fait une bonne fin. Car le passionné Cyril était toute ma joie. Et ne reviendra-t-il pas ? Non ! Non ! il est mort. Il ne viendra jamais. Il est parti ! il est parti ! Et je perds mes cris.
La fille - d'où sors-tu ça, maman ?
L'épousée - c'est le chant d'Ophélie ! mon chant !
L'époux - nous veillons sur toi ! nous allons veiller sur toi ! nuit et jour !
Le narrateur - Shakespeare, un comédien allemand, ami proche de la famille, célèbre pour ses interprétations des pièces de l'Anglais, est entré dans la chambre N° 8 des soins continus ; il est venu exprès de Fribourg, ayant compris la gravité de la situation
Shakespeare - ma chère Ophélie ! ne donne pas raison à la Reine ! (il joue la Reine)
La Reine - Il y a en travers d'un ruisseau un saule qui mire ses feuilles grises dans la glace du courant. C'est là qu'elle est venue, portant de fantasques guirlandes de renoncules, d'orties, de marguerites et de ces longues fleurs pourpres que les bergers licencieux nomment d'un nom plus grossier, mais que nos froides vierges appellent doigts d'hommes morts. Là, tandis qu'elle grimpait pour suspendre sa sauvage couronne aux rameaux inclinés, une branche envieuse s'est cassée, et tous ses trophées champêtres sont, comme elle, tombés dans le ruisseau en pleurs.
Ses vêtements se sont étalés et l'ont soutenue un moment, nouvelle sirène, pendant qu'elle chantait des bribes de vieilles chansons, comme insensible à sa propre détresse, ou comme une créature naturellement formée pour cet élément. Mais cela n'a pu durer longtemps : ses vêtements, alourdis par ce qu'ils avaient bu, ont entraîné la pauvre malheureuse de son chant mélodieux à une mort fangeuse.
L'épousée - la Reine n'aura pas raison ! ni l'eau du ruisseau ni l’eau du cerveau !
La fille - sers-toi de ta maîtrise de l'apnée, maman ! tu les auras !
L'époux – oui ! tu les auras !
L'épousée - je les aurai !
(elle s'endort, apaisée)
…..............................
Le narrateur - tous rentrent dans la chambre N°8
Shakespeare - ma douce Ophélie, tu es Verseau, comme Jeannot, verse l’eau de ton cerveau, joue au cerceau, toi qui aime faire des ronds dans l’eau avec les bateaux de Roro !
La fetite pille - mamie annie dodo bobo ! o ! o !
Le narrateur - tout d’un coup, de l’eau sort de la capeline que la mouette porte sur la tête, l’oreiller est inondé ; ils n’avertissent pas le personnel soignant
La fetite pille - mamie annie o ! plus bobo o ! plus dodo !
Le père - ma mouette rieuse ! tu as un cancer au niveau de l’utérus, là où tu as porté la vie deux fois ! cette grenade a métastasé dans le cervelet, dans les vertèbres lombaires, dans un ganglion
La fille - tous les endroits où tu dis avoir mal !
Le gendre - tu dois désactiver la grenade !
Le père - par apnée !
La fille - par apnée, maman !
Shakespeare - ma douce Ophélie, sors du noir ! entre dans la grande bleue ! dans le bleu du lac ! toi la magnifique aux cheveux rouges, voici les 24 roses rouges de notre mouette ! toi la magnifique en robe Mouette, voici les 24 roses blanches de la mouette ! va au profond de toi ! toi qui écoutes tant les autres et si peu toi ! écoute les mouettes criardes, les mouettes rieuses ! elles veulent te déchiqueter crue, vivante, toi, la mouette blessée ! fais la morte ! ma belle et pure Ophélie aux émanations d’amour ! elles détestent le silence !
(Ophélie entre dans sa 14° apnée ; une infirmière vient)
L’infirmière - dites-lui au revoir, elle est en train de partir
Le père - veuillez nous laisser avec elle s’il vous plaît ! Merci !
(Ophélie est en apnée depuis une heure)
Le médecin réanimateur - votre épouse est décédée depuis une heure ! nous avons prévenu la morgue ! ils viendront la récupérer dans une heure !
Le père - veuillez nous laisser avec elle s’il vous plaît ! merci !
Le narrateur - Depuis le démarrage de l’apnée, tous, après une lente inspiration, retiennent leur souffle, ferment les yeux, s’immobilisent. Ils tiennent plus ou moins longtemps. La poupée Kitty fait entendre sa musique. L’épousée soudain, sort d’apnée, après un hoquet d’une grande violence, replonge, reste quelques minutes, hoquet très violent, elle crache du sang noir et fumant, elle émerge du coma, ses paupières s’agitent, sa main gauche serre la main droite de l’époux. Là bas, à Baklany, au Baïkal, en synchronicité avec ce qui se passe ici, la chamane Koulbertichova sort de son rêve lucide. Elle vomit du sang noir et fumant. Elle bave, éructe. Elle est trempée par la transpiration. Les sœurs Gorenko, koutouroutsouks de la chamane, qui vivent à Baklany, sont en nage aussi, elles vocalisent kouarr kriièh kouêk, le cri de la mouette abattue dans La Mouette et tombée sur la plage, la même ou une autre.
Le père - tu nous reviens ?... elle nous revient !
Shakespeare - Ophélie, ma douce Ophélie, reviens-nous ! ta chaise t’attend ! tu sais que l'eau veut détruire ton cerveau. Tiens ! voici le crâne de César ! Que devient César une fois mort et changé en boue, poussière et eau ? il pourrait boucher un trou et arrêter le vent du dehors. Oh ! que cette argile, qui a tenu le monde en effroi, serve à calfeutrer un mur et à repousser la rafale d'hiver !
Ophélie, toi qui distilles le sublime amour, tu n’es pas encore destinée à l’eau et à la poussière ! à devenir boue bouche-trou !
Hamlet est fasciné par la mort ! Mourir … dormir, rien de plus ... et dire que par ce sommeil nous mettons fin aux maux du cœur et aux mille tortures naturelles qui sont le legs de la chair : c’est là un dénouement qu’on doit souhaiter avec ferveur. Mourir … dormir, dormir ! peut-être rêver !
Ce ne sera pas ton dénouement, Ophélie ! Ta chaise t’attend ! Reprends ta place !
Le narrateur - L’épousée ouvre les yeux, sourit. Le brancardier de la morgue arrive, trop tard, trop tôt. Le personnel médical est sidéré. Le médecin réanimateur annule le PV du décès.
Ophélie - kouarr kriièh kouêk
(tous poussent un profond soupir de soulagement, vocalisent kouarr kriièh kouêk, tous embrassent la mouette, se pressent sur elle ! bienvenue ! à Baklany, la chamane Koulbertichova danse, les sœurs Gorenko vocalisent)
Shakespeare (hurlant pour l’obtenir) - … Silence ! (puis chuchotant) … Le reste … c’est silence …
À Marrakech,
du 22 décembre 2010 au 18 janvier 2011, pour le 40° jour,
pour le voyage de l’âme de notre mouette, 24 roses rouges
pour le voyage de l’âme de la mouette, 24 roses blanches
Jean-Claude Grosse
"Etre ou ne pas être?", Gérard Mordillat répond à sa façon à la question de Hamlet
L'un des auteurs de la série "Corpus Christi" applique à la pièce de Shakespeare une version personnelle, drôle et stimulante de la méthode historico-critique. Avec, en prime, la traduction d'...
https://www.letemps.ch/culture/ne-gerard-mordillat-repond-facon-question-hamlet
j'ai cru un peu hâtivement à l'histoire inventée par Gérard Mordillat, conduit sur le chemin du vrai Hamlet par un Gérard Mortimer-Smith, étonnants les words
/image%2F0555840%2F20200511%2Fob_5f8a93_baiser-de-bonzais.jpg)
Peut-on rencontrer l'autre ?/J.C. Grosse - Les agoras d'ailleurs
le baiser des bonsaïs (un siècle d'acrobaties pour atteindre ce résultat) le baiser comme don, l'épousée La rencontre d'autrui Pour Sartre, autrui n'est pas seulement celui que je vois, il est...
un de mes cours de philo, 1971, il doit beaucoup dans sa partie attitude de disponibilité à l'amour qui nous unissait Annie et moi depuis 1964
/image%2F0551669%2F20221126%2Fob_b724db_317271206-10220834749914400-2283132921.jpg)
la merveille et l'obscur / Christian Bobin - Blog de Jean-Claude Grosse
un envol d'âme-d'ange et l'ange en surplomb sans qu'on s'en aperçoive sauf à lever la tête via a.b. / aujourd'hui 25 novembre - délibérément en voyant l'ombre portée de l'oiseau - un anonym...
https://les4saisons.over-blog.com/2019/07/la-merveille-et-l-obscur/christian-bobin.html
Jean-Luc Godard 13 septembre 2022, Pierre Soulages 25 octobre 2022, Christian Bobin, 23 novembre 2022, Hans Magnus Enzensberger 24 novembre 2022
l'amour et la vie
/https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2FK9VFqvGRhNs%2Fhqdefault.jpg)
Serge Reggiani, "Les loups sont entrés dans Paris" | Archive INA
Abonnez-vous http://bit.ly/inachansons Numéro un TF1 24/09/1977 Serge REGGIANI interprète "Les loups sont entrés dans Paris", en déambulant entre les voitures, sous le regard de leurs passagers...
/https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2Fx_HhWosCvYc%2Fhqdefault.jpg)
Vladimir Vissotski "Chasse au loup"
Vladimir Visotsky est un acteur, chanteur, poete russe. Il vivait en Russie et en France, il etait mari d'une actrice francaise Marina Vlady. Il etait dissident et le pouvoir sovietique ne ...
L'amour de la vie
/image%2F0552430%2F20220721%2Fob_92d364_logo-24-fevrier-copie-3.jpg)
18 septembre Le Revest 1° salon des artistes et écrivains - Les Cahiers de l'Égaré
quelques-uns des invités : Alain Cadeo, Philippe Chuyen, Julien Daillère, Moni Grego, la collection privée du capitaine, Gilles Cailleau, Guillaume Cantillon 1° salon des écrivains et des arti...
le projet initial
j'illustre ce carnet par une nouvelle particulièrement prenante de Jack London, en situation extrême dans le Grand Nord : l'amour de la vie (le trappeur sur la couverture est trop joyeux d’après moi) les situations extrêmes sont aujourd'hui de sècheresse, de températures très au-dessus des normales saisonnières, de méga-feux, d’inondations, de famines, de pollutions nocives, d’épidémies, de migrations dramatiques, de contrôle social total…
La révolte positive de deux octogénaires
Jean Delorme, ami proche de Marcel Conche, le philosophe centenaire,
octogénaire comme moi, m'a proposé, il y a quelques semaines, d'éditer une collection Les Carnets de la culture de la vie
qui aurait pensé qu'amis et éditeur de Marcel Conche, deux octogénaires, décident de produire des carnets de la culture de la vie;
une révolte positive dans les sillages tracés sur la mer par le philosophe de l'infini de la Nature
Jean m'a envoyé un premier carnet : Le calme, une drogue bienfaisante
puis un deuxième carnet : Une nouvelle classe émergente, la classe des entrepreneurs du sens
me demandant de réagir, voire de contribuer
j'ai pris la mouche, les nerfs à fleur de peau, les poils hérissés, de la sueur aux aisselles, me suis levé du pied gauche et après quatre journées de marche-démarche, je peux livrer le carnet L'amour de la vie, écrit à l'encre sympathique à partir de là où j'en suis aujourd'hui
étant passé d'une approche naturaliste
(accord quasi-total avec les métaphysiques de Marcel Conche)
à une approche spiritualiste expérientielle
(reposant sur un vécu sensoriel, émotionnel, sans mots, sans pensées dans la tête = très difficile)
mes propositions-affirmations sont sans preuves
ce sont mes croyances actuelles (je crois que tout est croyance)
d'où l'importance des effets placebo et nocebo des croyances
d'où l'importance de la méthode Coué, pharmacien génial, précurseur des thérapies brèves
(croire est générateur d'effets)
/image%2F0552430%2F20220529%2Fob_e8effe_280287830-720538535646918-305057903018.jpg)
projet Les Cahiers Culture de la vie - Les Cahiers de l'Égaré
ce ne sera pas un mur, ce sera un four, un chaudron de magma Roberto JUARROZ Aujourd'hui je n'ai rien fait. Mais beaucoup de choses se sont faites en moi. Des oiseaux qui n'existent pas ont trouvé...
https://cahiersegare.over-blog.com/2022/05/projet-les-cahiers-culture-de-la-vie.html
un bel hommage à Marcel Conche par Jean Delorme
“Si toute vie va inévitablement vers sa fin, nous devons durant la nôtre, la colorier avec nos couleurs d’amour et d’espoir” Marc Chagall
carnet N° 1
LE CALME
Une drogue bienfaisante
Éditeur Les cahiers de l‘égaré
Collections les carnets de la culture de la vie Inès Nezzerwe et Jean Delorme
Le calme est une drogue bienfaisante, naturelle et durable. Elle ne coûte rien à la différence d’autres drogues dont la liste s’agrandit au même rythme que nos déséquilibres psychiques* qui suivent une courbe exponentielle comme celle des inventions inutiles. La première chose à faire pour échapper à cette spirale infernale, dans laquelle nous pousse la société, c’est de cultiver le calme. Le calme rallonge ta vie, la colère détruit tes jours et raccourcit ton existence.
Mon maître Marcel Conche me disait, il faut mettre la distance la plus grande entre ce qui vaut et ce qui ne vaut rien. Après de longues années de pratique, je sais que nul ne peut être calme s’il ne respecte pas ce précepte.
* L’Oms signale qu’en 2020 la première cause invalidante dans nos sociétés a été les troubles psychiques, elle souligne qu’en Europe 1 personne sur 4 en souffre.
Table des matières
1 – FAIS ATTENTION A TES PENSEES 4
Confidence 5
Mieux définir le calme 8
La recherche d’un maître 10
2- TES PENSEES CONDITIONNENT TES ACTIONS 13
Penser ou calculer ? 14
Puissance et limite de la parole 16
Paroles de grand-mère 19
3- TES BONNES HABITUDES T’AIDERONT DANS TES ACTIONS. 21
Emploi du temps, ordre et rangement 22
Pour une méditation active 24
Le contrôle de la respiration ! 26
4 -CES ACTIONS FORGERONT TON CARACTERE. 28
Le calme rend notre temps plus doux 29
Remise en cause 31
Le calme dans le champ des possibles 32
5 – ET CE CARACTÈRE DEVINT MON DESTIN 35
Il y a toujours un départ 36
Puis arriva une lettre 37
Confidence
Ce carnet est le récit d’un court instant de la rencontre entre Oumalon, un philosophe atypique qui se présente souvent comme un égaré heureux dans l’aventure humaine, et une jeune étudiante prénommée Nezza venue d’un pays lointain. Doctorante en philosophie, elle était chez lui depuis plus de six mois, et venait de terminer d’écrire sa thèse sur ce philosophe, quand, quelques jours avant son départ elle lui fit cette confidence :
C’était un lundi matin, après les salutations d’usage autour d’un café, Nezza
- Je suis souvent stressée, et tu ne peux pas savoir combien ceci me handicape, peux-tu me donner quelques conseils pour être plus calme en toutes circonstances ?
Oumalon :
Pour commencer, je dirais, c’est bien que tu remarques ton état de stress, beaucoup sont incapables de le constater ; chez eux c’est un état normal, alors ils ne voient pas l’intérêt de changer. Tu as mille fois raison de considérer que ton manque de calme est un handicap. Pour commencer, sache que le calme ne se décrète pas, c’est le fruit d’une vie bien construite, c’est un peu le jardin de Voltaire que l’on doit cultiver et entretenir tous les jours. Si tu te donnes cette peine, tu auras de belles récompenses. Une dispute comme un problème ont toujours une histoire, le calme, tout comme le bonheur eux aussi doivent assez peu au hasard. Car rien ne se crée à partir de rien. Les Hommes* ont toujours eu du mal à identifier les causes réelles de leurs difficultés, qui passent dans un premier temps par un ressenti émotionnel donc subjectif qui exclut pratiquement toute analyse. Pour commencer, la première idée qui me vient à l’esprit c’est le chemin de la beauté. Dostoïevski disait : la beauté sauvera le monde. Ici la beauté est prise dans son sens le plus large qui va de la beauté d’un paysage aux qualités d’une belle personne jusqu’au caractère de ce qui est moralement ou intellectuellement admirable.
Nezza :
Si elle peut sauver le monde, elle aura bien la bonté de m’aider dans ma quête du calme, dit-elle avec un petit sourire au coin des lèvres.
Oumalon non moins malicieusement
Si j’ai choisi de passer par la beauté, c’est que j’ai deviné que ton absence de calme à trop de causes et qu’il serait trop long de les identifier précisément. En te proposant la beauté comme remède, c’est que personnellement je m’en sers régulièrement pour mettre la distance la plus grande entre ce qui vaut et ce qui ne vaut rien.
* Homme lorsque j’écris Homme avec une lettre majuscule veuillez lire les femmes et les hommes en attendant qu’on invente un meilleur mot que les humains que je réserve à la biologie, quant au mot individu pour parler de notre espèce je trouve ce mot un peu trivial. Alors on se servira de cette vieille règle de grammaire où le masculin l’emporte, mais sachez que c’est une victoire à la Pyrrhus, car le féminin finit toujours par l’emporter.
ce que nous faisons de la planète, un chaudron; et nous pensons nous en sortir avec du green washing
carnet N° 2
ÉMERGENTE
Loin des sociologues et autres instituts d’analyses, depuis un certain temps émerge une nouvelle classe sociale, « la classe du sens ».
Les politiques, les intellectuels comme tous ceux qui quelque part pensent avoir un droit* plus ou moins affiché sur le peuple ne savent pas qui sont ces nouveaux résistants qui revendiquent ce sens. Pour une raison très simple, ils ne comprennent pas ce que veut dire le sens en dehors des sens interdits et des sens uniques dans lesquels nous devons filer droit si nous voulons avoir une chance de figurer dans l’arbre généalogique des bonnes figures de notre République.
Une guerre de l’incompréhension est engagée entre nous, les entrepreneurs du sens, (j’explique qui ils sont dans le chapitre suivant) et la République de nos aïeux à qui nous devons beaucoup, car nous savons qu’au bout de tous ces sens uniques, que nous proposent nos dirigeants, cette nouvelle classe sociale sait, depuis assez longtemps, qu’ils finissent pour la plupart dans un cul-de-sac.
Malheureusement avec le temps, notre vieille République, s’apparente plus à une sorte de monstre fabuleux des temps modernes avec toutes ses têtes pensantes qui appartiennent aux castes universitaires, industrialo économiques, politiques, voire religieuses. L’hydre républicaine ne pense plus, elle ne fait que régenter tout ceci à grand coup de sens. Les lois qui sont des sens interdits, puis tous ces sens uniques, qui, tels des cours d’eau viennent alimenter le grand lac des héritages désastreux* qu’ils soient scientifiques ou culturels. Mieux que n’importe quel président, fût-il par ailleurs intelligent, cette nouvelle classe du sens, forte de ses millions de têtes pensantes*, a le devoir de lutter contre l’hydre Républicaine* ce monstre fabuleux de la mythologie moderne qui prétend nous aimer en nous détruisant.
* Si je dis pensent avoir un droit, c’est tout simplement que la notion du devoir ne veut plus rien dire, et que nos éminents académiciens, bientôt, pourront rayer ce mot de leur dictionnaire. La majorité de nos responsables pensent qu’ils sont les plus aptes à diriger, pour eux ceci ne fait aucun doute, une sorte de droit divin. Notre République a basculé.
*Héritage désastreux, je ne ferai pas l’affront à mes lecteurs qui savent, aussi bien que moi, combien en si peu de temps avec tous ceux qui se prennent pour les maîtres du monde nous avons détruit notre maison commune « La Terre ». Si, comme mes amis, nous respectons la partie de cet héritage qui constitue nos plus belles avancées civilisationnelles ; par contre, nous entendons lutter contre cette autre partie représentée par la part négative de cet héritage, mise en place et soutenue par ceux qui se prennent pour les maîtres du monde, et ils le sont, mais d’un monde qui s’écroule.
* Têtes pensantes. Nous avons l’habitude de dire, et ceci à juste titre, qu’il y en a plus dans 100 têtes que dans une, alors des millions ! qu’en pensez-vous Monsieur Macron ?
* L’Hydre Républicaine, je sais que la démocratie est le moins mauvais des systèmes, et je salue tout ce que nous lui devons. Je sais aussi qu’une majorité d’États de par le monde mènent une politique plus dévastatrice pour notre planète et l’humanité. Mais, si nous ne dénonçons pas ces erreurs qui vont de toutes ces oppressions administratives que l’on paie avec trop d’impôts au cercle infernal qui consiste à déclarer des guerres que nous aurions pu éviter. Seule, cette classe du sens, la cheffe de file de la société civile peut instaurer une République réellement fraternelle qui pourra servir de modèle pour ceux qui veulent lutter contre toutes ces oppressions qui ne sont ni notre destin ni une fatalité.
Alors ensemble, ouvrons une voie nouvelle qui ne manquera pas de nous éclairer au fur et à mesure que sortiront tels ou tels carnets qui auront tous vocation à nous accompagner et à prouver qu’une autre façon de vivre est possible, plus fraternelle, plus heureuse, protectrice de la nature et de l’humanité.
carnet N° 3
ce carnet renvoie en moins allumé, illuminé à Et ton livre d’éternité ?
666 pages écrites en « état » de flow
livre paru le 14 février 2022
L'amour de la vie
1 – l'amour de la vie est notre éventuelle réponse individuelle à l'Amour inconditionnel de la Vie pour tout ce qu'elle crée selon ses deux pharmacons :
Tu es aimé, à égalité avec tout ce que je crée, de la bactérie à la galaxie.
Tu es mon bien-aimé, dans ta singularité, dans ton unicité.
En te réjouissant, tu me réjouis.
Lire, relire le chapitre 5 de l'évangile selon Matthieu; tout est dit et fort, propositions inouïes, inaudibles
https://www.aelf.org/bible/Mt/5
2 – la Vie crée ; elle est puissance créatrice ; elle crée par et avec amour inconditionnel ; source éternelle, sans forme, énergie infinie, elle donne forme et vie temporaire à tout ce qu'elle crée ; l'amour inconditionnel est une puissance génitrice, pas un sentiment
3 – l'amour de la vie ne juge pas, ne sépare pas, ne classe pas, ne hiérachise pas.
Aimer la vie, c'est aimer tout ce qui existe, c'est respecter tout ce qui existe.
À commencer par soi. S'aimer, se mettre au centre, être auto-centré
pas au sens narcissique de l'ego gonflant son nombril, ses muscles, ses compétences, sa fortune
au sens de je suis au centre, je suis le centre de ma vie, j'en suis le co-responsable, le co-créateur, le co-développeur.
C'est en étant auto-centré, co-créateur de ma vie, que je deviens un être rayonnant, aimant ce qui m'entoure, nature, sociétés, cultures, Histoire, histoires et légendes, vrais mensonges et fausses vérités, gens, animaux, végétaux, minéraux, étoiles, bactéries et virus, vivants et morts, curieux du proche comme du lointain, allant facilement au contact, accueillant ce qui s'offre dans sa diversité, sa variété. La peur a disparu.
Proposition d'Hélène Tysman sur une page de Thierry Zalic :
En langue des oiseaux : j'ai peur => j'épure
GAME OVER
« Et si je faisais comme si « je » était mort ?
Juste un jeu… parce qu’on ne sait pas encore faire « pour de vrai ».
Alors on ferait comme si…
Comme si tout était déjà fini, conclu, accompli, réalisé.
Comme lorsqu’on assiste aux funérailles de quelqu’un et que l’on voit la fin de cette histoire. La fin de l’histoire de cet individu.
Mais que réalise-t-on vraiment de cet incompréhensible ?
Cela me fait penser au train qui passe. Au train qui passe devant les vaches.
La vache regarde le train qui passe une seconde dans sa vie de vache. Il ne fait que passer.
De même, cette vache n’est qu’une apparition dans la vie du train.
Ainsi est le personnage.
Une apparition.
Si l’esprit décide que tout est déjà terminé, que se passe-t-il ?
Ne serait-ce pas cela que l’on nomme l’abandon, au sens mystique ?
Pas celui d’une résignation mal placée.
Au contraire, celui qui permet le véritable commencement de toute chose.
En un mot : liberté.
Le personnage est mort. Vive le personnage !
Comment vous comporteriez-vous si vous aviez appris que vous étiez mort et assisté à vos propres funérailles pour ensuite avoir un boulevard devant vous ?
A quoi ressemblerait ce chemin quand tout conditionnement est mort ?
Lâchées les attentes, lâchés le début et la fin, lâchés l’histoire, les doutes et les croyances…
Imaginez.
Que verriez-vous du monde ?
De vous ?
Des nuages dans le ciel ?
De vos pas qui vous mènent ici ou là par les odeurs et les sons ?
Si « je » n’existe plus… tout prend la forme de la vastitude. L’infini.
Les frontières n’existent plus.
Une goute de pluie devient un océan, un grain de sable le désert entier.
Je pense à @alejandro.jodorowsky à l’instant et me dit :
voilà le rituel magique que nous pourrions faire, à peine nés.
Mourir à soi ! La folle sagesse.
Sans souffrance nécessairement.
Juste un râle.
Juste un souffle.
Le dépôt d’une illusion dans une boîte.
Rendre la finitude à la finitude.
Puis gonfler à bloc les poumons déchargés de ce bagage inutile.
Alors commence la Vérité !
Ni le train ni la vache.
Seul existe l’instant.
Selon cette manière de voir, arrive ce qui arrive, arrivera ce qui arrivera : je suis l'attracteur de ce qui m'arrive ; cela est vrai individuellement, sans doute collectivement.
Dans cette optique, je ne suis jamais victime, j'accueille ce qui arrive, bonheurs, malheurs, comme moments, épreuves pour, si je le décide, le désire, me nettoyer, me guérir,
par exemple d'une blessure d'enfant, enfouie au tréfonds, devenue programme me faisant répéter des relations amoureuses sans retour, moi, le petit enfant rejeté au moment de l'arrivée du cadet
ou pour une évolution plus consciente, une élévation de conscience,
par exemple en expliquant la martingale d'un nouveau CNR faisant exploser le plafond de verre créé par Miterrand, pour voter RN au 2° tour de la présidentielle
ce qui a eu pour effet d'éloigner de moi, tout un tas d'"amis" du monde de la culture
mais dont les résultats aux législatives sont clairs :
pas une voix au RN fait monter le RN depuis 20 ans
et les GJ entre autres ont par leur vote de 2° tour donné 89 députés RN contre 25 à 40 d'après les sondeurs, empêchant un 2° mandat à majorité absolue de Macron.
/https%3A%2F%2Fwww.aelf.org%2Fimages%2Flogo-big.png)
AELF - Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu - chapitre 5
01 Voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s'assit, et ses disciples s'approchèrent de lui. 02 Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait : 03 " Heureux les pauvres de cœur, car
/https%3A%2F%2Fimages.bfmtv.com%2FviVIpxZHhKTOUeaedcih82Uem5o%3D%2F0x30%3A2048x1182%2F2048x0%2Fimages%2FMarine-Le-Pen-au-lendemain-de-la-percee-historique-du-RN-aux-legislatives-lundi-20-juin-2022-1435305.jpg)
Législatives: pourquoi les scores du RN ont-ils été sous-évalués par les sondages?
La parti d'extrême droite a obtenu le double d'élus par rapport à ce que les enquêtes lui prédisaient ces dernières semaines. Un score historique. Ce dimanche soir, et contre toute attente, l...
4 – s'aimer, se mettre au centre, c'est cultiver la fluidité, ne pas se figer dans une identité, reconnaître les variations d'humeur, les influences multiples, multiformes, repérer les coïncidences, provoquer les synchronicités, aller vers, au risque, au plaisir de se perdre ; aller vers, c'est s'ouvrir à la différence, à l'altérité, c'est en être modifié, bonifié, même quand ça rate, qu'on croit que c'est raté ; rater pour mieux rater propose Beckett
5 – aimer la vie, c'est l'aimer dans l'immédiateté des ressentis. Corps, esprit, âme, cœur, ventre, pieds, mains sont les organes de nos ressentis, incroyablement riches, subtils et qui n'attendent que notre écoute.
Être à l'écoute du corps, du pied gauche au réveil, du pied droit au coucher, être à l'écoute du ventre, de l'alchimie fumante et pétaradante qui y est à l'oeuvre, être à l'écoute du cœur au sens pascalien et pour son magnétisme aux 40000 neurones.
Enfants, nous avons été des praticiens sans connaissances de ces écoutes des ressentis. Puis est venu le temps des formatages, des programmes inconscients distillés par les parents puis des programmes scolaires à attraper des scolioses pour devenir aveugle, sourd et muet.
On est passé à la médiation par mots et concepts, à la déréalisation du réel.
Est fustigée la dictature de l'émotion par les réseaux sociaux.
Les fustigeurs ? Hommes des mots, de la rationalité, des raisons, devenus souvent insensibles, voire cyniques.
Que la multitude use des réseaux sociaux pour exprimer ses émotions, ses ressentis, primaires disent les fustigeurs, me semble un laboratoire pour un grand nettoyage émotionnel qui donnera ce qu'il donnera.
Je ne partage donc plus la négativité des jugements portés sur le narcissime à l'oeuvre dans les selfis, exprimé par les like sur les posts, même si personnellement, je limite ces usages.
Retrouver l'immédiateté des ressentis demande attention, intention et intuition.
Satisfaire mes 7 corps :
« Mon corps Physique me réclame du confort, de la douceur, de la tendresse, de la sensualité, de la sécurité, une alimentation moindre, plus saine et de l'exercice mesuré. Il aime que je sois attentif à son rythme biologique et à ses messages. Il aime quand je GOÛTE la vie, avec l'acuité de mes 5 sens.
Mon Corps Mental désire toujours plus de simplicité, d'autonomie, d'évidence, de pouvoir personnel et d'amplitude d'action. Je lui offre de la reconnaissance intérieure. Il sait ce qu'il veut : de la fluidité et rien d'autre.
Mon Corps Emotionnel me demande de la musique, de la lecture, que je lui propose des histoires enchantées, des contes, que je joue et que je crée en permanence avec ma vie.
Mon Corps Christique me réclame de l'Amour et désir l'offrir aux autres en retour. Il aime servir et partager sans rien attendre en retour, parce qu'il sait que donner est recevoir. Il apprécie particulièrement quand j'offre mes clefs de compréhension, quand je fais des trocs, quand la notion d'argent n'existe plus.
Mon Corps Ethérique cherche un dialogue énergétique permanent et harmonieux avec toutes les consciences et avec tous les règnes ... il adore "guérir", apaiser, ressentir le subtil vibratoire.
Mon Corps Astral se nourrit du discernement, de l'inspiration, de l'imagination, de visions et de la hauteur de vue sur mon expérience de vie, ou sur celle des personnes qui me sollicitent. Tel un voyageur de l'invisible, il est constamment sur le qui-vive, toujours prêt à aller chercher l'information au-delà du temps et de l'espace.
Mon Corps Causal me réclame de l' Art, du Sacré, de l'humour, du rêve, de la magie, la beauté mathématique invisible de la nature, des architectures et des lois de l' Univers. La règle est qu'il n'y en a plus. Ma pure liberté d'être est son délice.
Peu à peu, mes 7 corps sont passés aux commandes de ma vie. Je ne contrôle plus rien.
Il est définitivement terminé le temps de la demi-mesure ou de la négociation envers moi-même.
En retour, selon mes actes, mon attitude ou mes pensées, je reçois une claque ou une caresse.
J'apprends.
Je suis attentif à leurs moindres DESIRS.
Mon corps est mon maître intérieur.
Mon coeur vibre avec l'univers.
Je sais qu'un désir, une intention, une envie est toujours un APPÂT envoyé par l' UNIVERS.
UNE LECON se trouve dans le CHEMIN qui mène au DESIR. »
by Jacky Le Faucheur relayé par Nathalie Froment sur une page de Thierry Zalic
cahier des futurs désirés, un travail d'intelligence collective pour et avec Corsavy / la beauté à Collioure, racines et rocher, le peuple y est
6 – La gratitude permet de dire merci à ce qu'on vient de vivre, de prendre conscience de ce vécu : rien ne nous est dû, tout nous est donné, l'abondance est en nous, autour de nous, dans un regard, un sourire, une poignée de mains, une caresse.
L'abondance s'offre sans demande de résultats, sans attente de résultats, sans prières pour obtenir.
L'abondance dont je parle se moque de la sècheresse. La beauté est partout présente à qui veut la recevoir. L'amour est à l'oeuvre dans toute germination, toute éclosion, dans tout chant d'oiseau, tout croassement de noir corbeau, dans tout vol de papillon, dans toute poussée de sève, dans toute montée de désir où le fantasme joue sa partition en lien avec l'impossible coïncidence-fusion avec l'autre, jamais aimé tel qu'il est puisque mystère et opacité.
7 – la beauté (et la beauté de la laideur, du monstrueux) offerte par la nature, la beauté créée par l'homme, la beauté donc est aussi une puissance ; elle a des effets ; il suffit de voir un coucher de soleil sur l'Atlantique, d'entendre les applaudissements au moment de la disparition du disque. En Méditerranée, on n'applaudit pas, il y a dans la Méditerranée des milliiers de migrants noyés.
8 – aimer la vie, c'est la vivre comme miracle pour notre irruption dans le monde, comme mystère pour notre sortie du monde.
Aucun savoir, aucune théorie de quelque science que ce soit ne rendront compte de ce miracle de la naissance, de ce mystère de la mort. On peut donc allègrement s'émanciper de l’influence des chercheurs, des experts.
Tout au plus, les connaissances scientifiques confirmeront l'évidence qu'à n'importe quel moment du chemin de connaissance, on ne sait rien selon le paradoxe que ce que l'on sait augmente le champ de ce que l'on ne sait pas.
Il n'y a pas de savoir ultime.
Éventuellement, les connaissances scientifiques consolideront notre curiosité et notre émerveillement.
9 – aimer la vie avec gratitude, c'est prendre conscience que ce qui nous entoure est miroirs, que dans ces miroirs c'est toujours une partie de moi que je projette, que je perçois.
La tendance dominante est de prendre ces reflets pour des réalités, autrement dit ce que je n'aime pas ou que j'aime chez l'autre est objectivé et je ne perçois pas que c'est une partie de moi que je n'aime pas ou que j'aime.
Si on a conscience que c'est notre regard, les mots qu'on emploie qui créent ce que l'on croit réel, extérieur, alors l'autre n'est jamais un ennemi, on n'a aucun ressentiment à son égard, on ne le jalouse pas, on ne lui veut aucun mal, aucun bien non plus.
J'ai mis longtemps à admettre que je n'ai pas à sauver l'autre, que je ne dois rien lui proposer quand il m'expose ses problèmes. Seulement l'écouter avec bienveillance, compassion. Vouloir aider, sauver, c'est en croyant donner, en donnant, demander un retour, généralement d'amour.
Cela vaut me semble-t-il pour ce que l'on cherche à entreprendre pour résoudre les maux de la société, pour soigner les plaies de la planète.
20 – le féminin ayant été maltraité pendant des siècles (l'inquisition a brûlé des millions de soricères), il faut le résusciter, le remettre debout. Voici quelques indications tirées de Emmanuel Tala formation : « Le féminin sacré est tout ce qui est liée à l'intuition, la contemplation, l'empathie, la solitude, la douceur, l'introspection et l'intuition.
15 – Aller et venir / Laisser le poids dans le fauteuil
Laisse le poids dans le fauteuil
S’il te plaît
s’il te plaît
s’il te plaît
là,
enfonce-toi,
laisse tes épaules emplir le dossier du fauteuil, emplir les coussins.
Laisse tes fesses pénétrer le tissu.
Laisse tes bras épouser le bras de ton siège… s’il a des bras…
Tu as pris ta respiration comme on prend un enfant contre soi, puis tu as repoussé cette respiration comme tu l’aurais repoussée sur une balançoire,
et maintenant elle revient… puis repart… et revient…
Par ses deux temps, aller, et venir, s’emplir, puis se vider… elle vient, et elle va…
Tu t’enfonces, ton poids s’enfonce. Ce qui va de l’autre côté y va, et revient… Au moment où le souffle te quitte, éprouve entièrement qu’il te quitte.
Et quand il revient, éprouve entièrement qu’il revient.
Tu es ni triste ni soulagé, tu es dans le va-et-vient, tu es soulagé sans même te le dire, tu t’es retrouvé au contact de toi-même par le va-et-vient.
Un nouveau contact.
Et ça va, et ça vient, en rythme des marées, et ça nettoie ce qui avait besoin d’être nettoyé.
Là…
tu retrouves le contact, autant quand ça va, que quand ça vient.
Là… tu es là.
Les déchets partent avec la marée, et tu retrouves le contact.
Le poids s’évacue par tes fesses,
il s’évacue par tes pieds, il s’évacue par tes oreilles.
Tu ne fais rien. Une neige chaude tombe sur toi, une neige de chaleur, ou une brume, une brume claire, à moins qu’une fée t’enveloppe, te lange.
C’est bizarre.
Les images se succèdent, différentes, toujours soyeuses.
Tu entres dans l’œuf en même temps que tu en sors.
Tu vas-et-viens en entrant et sortant de l’œuf, sans même entrer ni sortir. Tu es dans la frontière du va-et-vient, dans l’oxymore des grammairiens qui t’introduit à la suspension active et dynamique.
Tu es dans le rythme immobile de la marée vivante, dans son souffle va-et-venant qui te recouvre de l’intérieur comme un linge doux, qui te caresse les lèvres, un éternel instant.
Thierry Zalic Extrait de Hypnose quantique 3 : La Joie
des images, des photos, des montages sont souvent des déclencheurs d'envies, de désirs, de rêves, d'énergies, de vibrations ; les mots et concepts n'ont pas ces pouvoirs
21 – un billet d'Alain Cadéo : Légèreté
Si il y a une chose que nous avons bien oublié, c’est de se laisser porter, par les vents, les idées, un tourbillon d’instants vivants. Nous avons tant voulu tout contrôler et tout nous a échappé. C’est bien fait ! Un crétin prévoyant ne vaudra jamais un idiot insouciant. Alors évidemment, vous me direz: « Oui, l’insouciance c’est bien joli, mais il faut tout de même assurer ses arrières ! » Quelle vilaine expression ! Car à trop protéger son cul, de plomb, d’or ou de barbelés, on finit par couler, s’enliser, bardé de certitudes. Non, rien ne vaut d’être léger comme un sentier de plumes, sans calcul ni arrière pensée, car si la joie existe c’est devant, avec l’œil rond de l’innocent.
« si les anges volent, c'est parce qu'ils se prennent eux-mêmes à la légère »
G.K. Chesterton
/https%3A%2F%2Fi1.wp.com%2Fwww.contrepoints.org%2Fwp-content%2Fuploads%2F2021%2F08%2FPhoto-by-Fakurian-Design-on-Unsplash--scaled.jpg%3Ffit%3D2560%2C1318%26ssl%3D1)
Covid : comment l'irrationalité s'est emparée de nos sociétés
Face au covid, il existe un dilemme fondamental entre liberté et santé, entre la sévérité des restrictions et le nombre de vies sauvées. Le rôle des pouvoirs publics est de trouver le bon co...
Texte de Samuel Fitoussi sur les biais cognitifs appliqués à la gestion de la covid ou comment les dirigeants dirigent une société paranoïaque sous hypnose collective, eux-mêmes, hypnotisés
/https%3A%2F%2Fwww.francesoir.fr%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2F2022-07%2Fcover-r4x3w1000-5b211b83d6f36-qi-quotient-intellectuelle-baisse-depuis-annees-1970-1975-norvege.jpeg)
Imbécilisation de l'espèce, le passage à l'Idiocène | FranceSoir
CHRONIQUE - Entre toutes les menaces existentielles, il en est une absente de tous les agendas. Et pourtant elle détermine le futur de notre espèce. Il s'agit du déclin global du coefficient ...
https://www.francesoir.fr/societe-sante/imbecilisation-de-l-espece-le-passage-l-idiocene
la crétinisation de masse est en marche, en haut, en bas, au milieu, aux extrêmes
/https%3A%2F%2Fi.la-croix.com%2F1400x933%2Fsmart%2F2022%2F08%2F12%2F1201228662%2Fplupart-dentre-aspirons-vivre-labondance-besoins-volontairement-limites-travailler-autant-necessaireceux_0.jpg)
" Courir derrière des besoins illimités est une impasse écologique et existentielle "
Cofondateur du Mouvement français pour un revenu de base, Solenne Vaulot Morel soulève la question des liens entre les formes contemporaines du travail, orienté vers la production sans limites, ...
/https%3A%2F%2Fcreateur-recherche-paix-interieure.com%2Fwp-content%2Fuploads%2F2018%2F07%2FRecette-du-bonheur-Picasso-Createur-Recherche-Paix-Interieure.jpg)
▷ Picasso : la recette du bonheur - Créateur ✵ Paix intérieure
ll➤ Découvrez la vie et le parcours de Picasso ☆ Artiste insolite et audacieux, entre deux peintures, il nous partage sa RECETTE du BONHEUR.
https://createur-recherche-paix-interieure.com/recette-du-bonheur-picasso/
peut-être écrite par Picasso, une belle recette du bonheur pouvant servir au groupe Construisons notre bonheur, basé à Solliès dans le Var
l'amour de la vie, offert en pdf, 24 pages, 25 articles, oeuvre en partie plurielle; les emprunts sont indiqués
Disparition de maman/19 mai 2001
réactualisé ce mercredi 20 Juillet 2022
maman a 102 ans
un bon jour pour lancer le salon des écrivains et des artistes du 18 septembre 2022 au Revest, la veille du 21° anniversaire de la disparition de Cyril Grosse et Michel Bories
--------------------------------------------------------------------------------
Aujourd'hui 20 juillet 2020, maman aurait eu 100 ans. Je ressors cet article jusqu'au jeudi 23 juillet. Après, retour aux archives. Les articles en lien en bas de l'article sont également mis en archives et seulement réactualisés aux dates anniversaires.
Je profite de cette actualisation pour préciser deux choses:
- ces récits de fins de parties me sont personnels, ils n'ont pas d'objectif biographique, ils sont en lien avec des remontées de souvenirs, avec des sentiments, des ressentis, avec l'humeur au moment de l'écriture et à chaque réactualisation, je les reçois en fonction de mon cheminement que j'ose dire spirituel depuis surtout deux ans.
- ces récits, transmis un jour peut-être, partagés régulièrement n'ont pas pour objectif non plus de transmettre des valises, des héritages trans-générationnels, des mémoires affectives ou émotionnelles, des blessures, des culpabilités... Cela peut se produire à mon insu, à un niveau inconscient. Je considère ces récits de fins de parties comme des histoires, des légendes et donc chacun est libre de se fabriquer ses légendes. C'est ce que j'entends par l'expression "devenir l'épitaphier des passants", hier j'aurais dit des "trépassés".
En sortant l'article des archives me sont revenus plusieurs souvenirs. Tout se concentre sur la Toussaint 1998 et l'année 1999. Voyant approcher ses 80 ans, j'eus l'idée d'emmener ma mère en Lorraine où elle n'était pas retournée depuis de très nombreuses années. Ce voyage, nous le fîmes avec Cyril. Deux chauffeurs, c'était parfait. Nous avions le temps. Voir la maison natale à Kuntzig, près de Thionville, aller voir sa soeur cadette Anna et son mari Nicolas à l'hospice de Sierck les bains. Revoir Metz où avait été caserné mon père. En redescendant, arrêt à Langres et surtout Vézelay. Repas fabuleux, fromages au marc de Bourgogne.
La longue visite à l'hospice de Sierck les bains est à l'origine de la page 108 du Peintre de Cyril Grosse (on passe de la Lorraine à New York), que j'ai édité en 2002, manuscrit trouvé dans son ordinateur.
Anna est passée le 28 avril 1999, Nicolas le 21 octobre 1999. Leur fils Charly qui venait tous les étés nous voir, le 9 septembre 1999. Je refis le voyage avec ma mère pour son enterrement. Quelques lignes sur Nicolas : lorrain à l'accent particulièrement prononcé, embrigadé de force par les nazis, il se retrouva sur le front soviétique, fut fait prisonnier et survécut au camp; il ne fut libéré que bien après la fin de la guerre. Nous lui devons l'escalier qui conduit en haut de la colline au Revest. Quel bosseur de force.
Le Peintre, pages 108-111, Cyril Grosse, édité aux Cahiers de l'Égaré, le 22 février 2002, jour de la création au Gymnase à Marseille du spectacle Père de Stringberg, roman inachevé trouvé dans son ordinateur, récupéré après sa disparition à Cuba, le 19 septembre 2001
Comme ces vieux qu’ils allaient, avec sa mère, visiter, des années auparavant, au milieu des années cinquante. Hospices de Brooklyn et du Bronx, charité chrétienne, conformisme de sa maman. Hospices, mouroirs organisés dans lesquels des vieilles et des vieux hurlaient et se chiaient dessus, prostrés dans leurs cages, les yeux dans le vide, pleurant lorsqu’ils leur parlaient ; et le long de couloirs qui puaient la maladie, la dégénérescence et la mort déjà, d’autres, débraillés et se grattant les couilles dans de mauvais pantalons, quémandaient une cigarette, comme s’il s’agissait de sauver leur peau. Sa mère passait de chambre en chambre, s’asseyait et discutait, et lui, gardait le souvenir de ces jours de visite. Jamais il n’oublierait ces cris, ces membres tordus, bleuis, rouges et cette vieille qui lui avait raconté les supplices qu’ils enduraient, tous, les infirmières sadiques et les repas qu’elle vomissait. Miss Brockett, qui l’avait embrassé sur la bouche, et qu’il était revenu voir plusieurs fois, jusqu’à ce qu’on lui annonce – une grosse blonde, un peu tarée et nymphomane – qu’elle avait changé de service. Qu’est-ce que ça voulait dire un service, puisqu’il l’avait cherchée partout et qu’il ne l’avait pas trouvée ? Des couloirs gris et blancs et verdâtres, interminables, des clameurs de désespoir, des rires de dingues, des visages marqués et ce type de quarante-cinq ans qui avait passé la moitié de sa vie dans des hôpitaux à se faire greffer des organes et poser des plaques en métal, sur tous les membres, tous les os, toutes les parties de son corps – mais avait-il encore un corps –, des vis, des bouts de ferraille, plantés à coups de marteau, et qui riait de ses propres blagues. Ses rires résonnaient encore, stridents et brutaux, rires de mouettes agonisantes, se posant sur l’une des fenêtres, cris d’oiseaux. Il devait avoir quinze, seize ans à l’époque, et il sortait à peine d’une enfance et d’une adolescence choyées par sa mère, une éducation artiste et pieuse – longues heures de prières et de sermons, chez lui ou dans des nefs, sur des bancs de bois dur –. Mais il savait que, bientôt, il ne croirait plus ; une ironie malveillante l’empêchait de pénétrer ces rengaines ; et les visites aux hospices entretenaient cet état d’esprit, le métamorphosant en une colère froide dont il contenait l’explosion. Pendant dix-huit ans, il serait l’enfant modèle, dont rêvait Rose O’Brien. Archipels cristallins de son enfance, que venaient troubler les lamentations de vieux handicapés dans des chambres blafardes et les rosaires d’ecclésiastes pantelants. Archipels, douceur dorée, bras des femmes veillant sur lui, femmes de chambre, cuisinières, maîtresses de chant et de musique, préceptrices de langues, professeurs de mathématiques, pédagogues en jupes froufroutantes sous de sévères lunettes. Après les premières années de son apparition dans le monde de la discorde, années de soins, de veilles, d’allers-retours dans des hôpitaux privés, partout dans le pays, Rose, lorsque sa vie ne fut plus en danger et que, selon les termes des médecins, son état devint stable et presque normal, imagina pour lui un monde parfait où il ne côtoierait que des femmes. Bien sûr, il avait vite décrypté les vagues raisons psychologiques que d’autres que lui – savants obsédés par la révélation du tour – auraient dévoilées : ce monde de cristal aux tintements si délicieusement féminins était une revanche que Rose prenait sur son mari et les patriarcats qu’elle subissait depuis toujours, un féminisme sans tapage imaginé entre les murs d’un luxueux appartement, à New York. Bien sûr, se disait-il, mais il gardait un autre souvenir de son enfance et de cette ronde de femmes qui la peuplait. D’autres raisons plus secrètes avaient poussé Rose à cette combinaison magique ; des rires complices résonnaient dans toutes les pièces ; et elle-même riait. Les photos de cette époque le montraient en compagnie de sa mère, en costume. Il souriait, l’air un peu débile, au début, avec des yeux qui louchaient, puis de plus en plus rose et poupon, de plus en plus malicieux. Un petit être bercé par les livres, la musique et les femmes, comme une utopie domestique que Rose mettait en œuvre pour lui seul, naturellement, sans programme établi. Et New York était une contrée végétale, réduite, dans l’espace et dans le temps, aux dimensions rêvées de ce peuple d’Amazones, et de rares lieux de promenades : Central Park, certains après-midi, et la Cinquième Avenue, son terrain de jeu. Ainsi le rejeton qui menaçait de mourir à chaque instant devint un enfant heureux, sans aucune conscience de la réalité extérieure, plongé dans un univers merveilleux et factice. Journées rythmées par l’étude, la lecture et d’autres jeux sans fin. Et même sa maladie devint un jeu. Jusqu’à l’âge de trois ans, il avait eu besoin d’une assistance respiratoire et sa chambre avait été envahie par des appareils sophistiqués, puis, peu à peu, son état général s’était amélioré, et l’unique trace de ses débuts compliqués dans l’existence furent ses yeux. Une pièce spéciale fut aménagée afin de rééduquer un strabisme si violent que son père – et la plupart de ses visiteurs – l’avait considéré, longtemps, comme un enfant attardé ; rien ne l’énervait plus que leurs mines attristés, que ces expressions infantiles s’adressant à un débile mental ; il avait appris très tôt à se faire plus intelligent que les enfants de son âge, et il répondait à ces agitations stupides par des répliques qui laissaient ses interlocuteurs stupéfaits. Tous les après-midi, entre une heure et deux, son œil gauche vissé à l’extrémité d’une machine très chère, importée d’Allemagne, il replaçait des éléphants dans leur cage, des clowns sous leur chapiteau ; à l’autre bout, manipulant les personnages colorés, une certaine Miss Dolorès – blonde menue dont, aujourd’hui encore, il gardait un souvenir tressaillant – s’esclaffait lorsqu’il parvenait à l’exploit de rentrer la panthère dans sa prison mécanique. Elle le poussait à se concentrer, s’enthousiasmait avec lui, et son visage – sec et anguleux – et sa bouche pointue exprimaient si bien la réussite ou l’échec qu’elle paraissait sortir d’un film muet des années vingt. Une atmosphère orientale régnait dans l’appartement – confidences de femmes entre elles, occupées à la marche des heures –, un temps suspendu, détaché. Et les noms des gouvernantes et préceptrices, ophtalmologues, infirmières étaient une déclinaison de ces années : Miss Dolorès en blouse blanche, Miss Barbara – dont les B et les A opulents étaient contredits par la petite taille et la fragilité de ce timide professeur de mathématiques –, Miss Éléonore – qui, grimpée à hauteur de ce prénom emphatique, lui enseignait les lettres, et aucune pédagogue ne l’avait autant attiré que cette jeune femme distinguée, à la poitrine si proéminente que, de longues nuits durant, il en avait rêvé –, Miss Cathy, la gouvernante en chef qui commandait à toutes les autres filles – blanchisseuses, repasseuses, etc. – et qui avait été comme une seconde grand-mère, une grand-mère potelée, endurante, sévère. Toute cette tribu fonctionnait comme un corps, une société à l’écart, régie par des règles à la fois strictes et souples, parce que Rose – qui en était la Reine, des abeilles, des guêpes, il ne savait pas trop – laissait à chacune, dans ses fonctions, une entière liberté. L’énergie des trente femmes qui vivaient avec eux – bien que toutes eussent une famille et une autre maison, les relais étaient si harmonieux que Thomas ne s’était pas rendu compte de leurs départs et arrivées et avait l’impression d’avoir passé tous ses instants avec elles – se déployait sans violence, sans ordre définitif, avec grâce et simplicité. Rose était une mère avant tout soucieuse du bonheur de son fils unique, le pouvoir, la hiérarchie étaient des notions qui n’avaient pas cours chez elle. Reine d’abeilles amoureuses et empressées, Thomas revenait toujours à elle, la guettant, la surprenant pour l’embrasser.
peinture en cours de JP Grosse; différentes étapes du travail; photos de famille, entre 1945 et 1998; épitaphes (travail de l'épitaphier JCG); 3 des 100 mots pour maman (maman, amour, origine) de Michel Bories dit Pof, inventeur du PofArt, autoportrait de JPG, JCG saisi sur le vif
17 ans avant d'écrire sur maman et sa disparition, le 19 mai 2001, 4 mois avant celle de Cyril et de Michel, le 19 septembre 2001.
Petit à petit, j'écris le livre FINS DE PARTIES que je veux léguer à ceux qui restent. Les liens en bas d'article sont autant de pierres à ce travail de mémoire (je repense au très beau film Coco sur la nécessaire mémoire des morts à avoir car ils ont peur d'être oubliés). J'ai déjà écrit mais pas publié sur papy Jean parti le 20 septembre 2012. Pour mamie Guiguitte, c'est Anna Faix (pseudonyme de deux auteurs, Annie Grosse-Bories et Cyril Grosse, Anna Faix étant la grand-mère paternelle d'Annie) qui a écrit 30 mots pour maman avec 30 des 100 mots, peintures-objets réalisés par Michel Bories pour sa mère, partie le 2 avril 1998. Je n'ai pas encore écrit sur ma grand-mère paternelle, Victorine Engel, qui m'a fasciné par sa verve, son énergie quand elle est venue au Revest vers 1977-1978. Elle a écrit, En mai, fais ce qui te plaît, paru dans la revue Aporie, elle raconte comment elle tapait sur les doigts de DCB (Daniel Cohn-Bendit) quand elle l'avait eu en primaire.
Nouvelle pierre, le livre aura sans doute cette forme. Blog personnel, catégorie FINS DE PARTIES. S'assurer de la sauvegarde des blogs par la plate-forme over-blog. Internet, si on sauvegarde, est une fabuleuse mémoire.
Disparition de maman
Tu es partie dans la nuit du 19 mai 2001, vers 1 H du matin, partie dans ton sommeil. Je dormais sur un lit de camp dans la pièce voisine, au cas où. Vers 23 H, nous nous étions dits : « À demain ». Cet « à demain » vint après une déclaration d'amour à Jean-Pierre et à moi.
-
Dites-vous bien que nous vous avons aimés, ton père et moi, que nous vous avons laissé ce que nous avons pu. Nous n'avons jamais dépensé bêtement. Nous avons travaillé dur pour avoir le peu que nous avons et qui vous reviendra. Vous penserez à nous, n'est-ce pas ?
-
Mais maman, ce n'est pas le moment de parler de ça. Tu sais bien que Jean-Pierre et moi, nous t'aimons comme nous avons aimé et aimons, papa. Quand il est parti le 7 février 1986, nous n'avons absolument pas voulu notre part d'héritage. C'est le fruit de votre travail. Pourquoi voudrions-nous cela ? Nous sommes installés, nous avons ce qu'il nous faut. On n'a pas besoin de savoir qu'il y a un héritage pour t'aimer, vous aimer. Jean-Pierre avant de retourner pour l'Afrique du Sud a dû te dire qu'il t'aimait. Je l'ai vu te dessiner dans le lit, te croquant pour demain.
-
Et toi, tu m'aimes ?
-
Moi aussi je t'aime maman !
-
C'est dommage qu'il soit reparti, c'est si loin l'Afrique du Sud. Tu te rends compte s'il m'arrive quelque chose. Dis-lui bien que je l'aime comme je t'aime.
-
Oui, je le lui dirai. Maintenant, il est l'heure de t'endormir, passe une bonne nuit, je suis à côté, tu appelles si tu as besoin. Bonne nuit maman. À demain.
-
À demain.
J'ai éteint la lumière, laissé la porte entr'ouverte. Je me suis levé vers 3 H du matin pour la recouvrir, ainsi que je le faisais depuis plusieurs jours. Après avoir allumé, je me penche sur elle pour sentir son souffle. Rien. Je comprends vite qu'elle est partie, dans son sommeil, paisible. Je vais à notre maison, juste à côté, prévenir Annie et les enfants qui se lèvent et viennent tenir compagnie à maman, en attendant qu'un médecin arrive pour constater le décès. Ils s'étaient couchés vers 1 H du matin, après avoir vu un film italien La chambre du fils.
Pouvions-nous savoir, deviner que ce film nous reviendrait en pleine figure avec la disparition accidentelle du fils, 4 mois après, le 19 septembre 2001 ? Cette disparition avec celle du frère d'Annie, Michel, dans le même accident à Jagüey-Grande à Cuba, aurait pu entraîner comme dans le film, la dislocation de notre couple. Nous avons échappé à cette "fatalité" mais Annie, à mon avis, a payé de sa vie, cette catastrophe. Elle est partie en un mois d'un cancer foudroyant le 29 novembre 2010.
Jean-Pierre alerté à peine débarqué à Johannesburg (il était venu 2 ou 3 jours pour s'occuper des comptes et était retourné à Johannesburg le 18 mai) reprit un avion dans la foulée pour assister aux obsèques au Revest. Maman est enterrée dans le cimetière du village. Comme notre père. J'aimerais les emmener à Corsavy. Et libérer le caveau du Revest.
Nous avons fait ce qui se fait dans de telles circonstances, on a offert une collation aux gens venus rendre hommage à maman, au bar du Groupe Revestois. Un tel moment permet aux gens d'échanger encore, après les condoléances. Les 5 fois où j'ai mis en pratique cette tradition, ce furent des moments chaleureux.
C'est la première fois que je réussis à écrire sur maman depuis son départ.
17 ans de silence.
Je l'avais faite sortir de l'hôpital, environ deux mois plus tôt . Elle était traitée pour un cancer de la plèvre. La chef de service m'avait donné raison de vouloir la ramener à la maison. Il n'était plus question de radio ou de chimiothérapie. Le cancer la rongeait. Il s'était généralisé. Comme pour mon père. Et lui aussi, nous l'avions fait sortir de la clinique pour qu'il finisse ses jours à la maison. Cela prit une quinzaine de jours, après son amputation. Pour ma mère, le pronostic était de quelques semaines à quelques mois. Je m'étais tenu ce raisonnement : c'est elle qui s'est occupée de toi, bébé, enfant; tu t'occupes d'elle à ton tour. Quand je voulus lui donner son premier bain, ce fut une catastrophe. Chute dans la baignoire, impossible de la relever tant je la trouve lourde alors qu'elle pèse à peine plus de 30 kilos. Je comprends que je ne suis pas infirmier, aide-soignant, même pas un aidant (je le serai pour le papy entre novembre 2008 et septembre 2012), que les soins seront donc confiés à un professionnel de santé. Ayant par ailleurs beaucoup d'activités, je trouvai judicieux de lui proposer une compagnie pendant la journée. Je ne sais comment ils atterrirent chez nous mais nous confiâmes maman à un couple d'homosexuels, Marc et Christian. Ce fut une réussite. Elle apprécia beaucoup leur compagnie, leurs soins bienveillants, leurs petites attentions. Après le départ de maman, nous décidâmes de leur offrir un séjour au Maroc. Il n'eut pas lieu, Marc disparaissant d'un cancer au cerveau dans les mois qui suivirent.
Pendant cette période, il ne fut pas difficile de réconcilier maman et Annie. Leurs relations en 35 ans, surtout après notre installation au Revest en 1981, furent chaotiques, houleuses, faites de ruptures et de réconciliations. Ce n'est jamais ma mère qui fit le premier pas, je faisais tampon, je faisais le médiateur, et quand je sentais Annie prête à faire ce fameux premier pas, je le lui demandais puis demandais à ma mère. Une période d'apaisement de plusieurs semaines ou mois s'installait avant un nouvel accrochage. Toujours suite à des reproches, à des remarques, sans doute blessantes, car ma mère considérait encore Annie comme une jeune fille à éduquer, comme sa fille éducable. La rupture pouvait durer un an, voire deux. Pendant ce temps, je voyais ma mère chez elle, régulièrement. Parfois elle m'invitait à manger. C'était toujours excellent. J'ai même passé Noël avec elle plusieurs années d'affilée pendant qu'Annie allait chez ses parents, on se coupait en deux pour ne blesser personne. Mais la rivalité était difficile à gérer.
Indéniablement, nos enfants préféraient les parents d'Annie, grands-parents gâteau, aux miens, souvent dans le reproche, ne laissant rien passer, exerçant un chantage affectif classique : - qui préférez-vous ? - Ah oui, parce qu'ils vous gâtent mais nous, on ne veut pas vous acheter, on ne veut pas de petits-enfants capricieux.
Évidemment, ces reproches détournent inévitablement et vous vous retrouvez seuls sauf brefs épisodes à l'occasion d'anniversaires. Je pense que mes parents aimaient leur belle-fille et leurs petits-enfants mais ils aimaient mal parce qu'ils voulaient être aimés d'une certaine façon, sans être très précis à ce sujet. Et quand on fait passer son désir d'être aimé comme ci, comme ça, on est nécessairement déçu par la manière dont on est aimé et qu'on ne sait pas apprécier. C'est pareil du côté des enfants. C'est quoi cette manière d'aimer faite de reproches, de leçons de morale permanentes. On n'est jamais pris comme on est, on est toujours comparé à ce qu'on devrait être.
Je pense que c'est cette volonté de soumettre l'autre, le plus jeune, qui doit faire preuve de respect et d'obéissance, qui m'a rendu distant vis à vis de ma mère. Je n'ai jamais voulu provoquer la rupture; j'ai été dans la coexistence pacifique par devoir et non par amour. Je n'éprouve pas d'amour pour mes parents comme j'en éprouve pour Annie, mon fils Cyril ou ma fille Katia et sa fille Rosalie.
À quand remonte cette indifférence polie, pacifique, soucieuse de conserver malgré tout le lien ? J'ai l'impression que ça doit remonter au moment où nous avons décidé de rentrer, moi l'aîné, aux enfants de troupe à Tulle, Jean-Pierre, le cadet, au Prytanée à La Flèche. Brusquement, on quittait la maison pour un pensionnat d'où on ne sortait que 3 mois après, pour de brèves vacances. Sentiment d'abandon ? Choix par devoir ? Nos parents ne pouvant nous payer d'études, le choix de ces écoles militaires semblait le bon choix, gratuité moyennant 10 ans de service, discipline militaire sans faille, enseignement de qualité avec un corps de professeurs très qualifiés. Je me souviens que revenu à Toulon, comme professeur après avoir démissionné de l'armée, je leur ai fait voir au moment de sa sortie, en 1981, le film Allon z'enfants d'Yves Boisset d'après le livre d'Yves Gibeau qui se déroule là où j'ai été pensionnaire, à Tulle.
- C'est ça que tu as vécu ? - Oui, en pire.
Pas d'autre échange. Mais du ressentiment et de la culpabilité dans l'air. Je pense que Tulle, Autun, Coëtquidan Saint-Cyr, Montargis et enfin l'Algérie (El Aneb, Miliana, Tizi-Ouzou) m'ont rendu antimilitariste. Antimilitariste mais pas pacifiste. Dès 1968, j'ai attrapé le virus du militantisme révolutionnaire sous la bannière du marxisme et du trotskysme. J'en suis revenu tout en restant convaincu que la lutte des classes est un des moteurs de la vie sociale. Guerre et (ou) diplomatie, conflit et (ou) compromis, nous sommes des funambules entre ces contraires.
De la famille de ma mère, je ne sais rien si ce n'est qu'elle perd sa mère jeune, à 10 ans, se retrouve en charge des autres enfants (2 garçons, 3 filles), quitte l'école très tôt, à 11 ans, ne passe pas le certificat d'études, fait des ménages, s'entend mal avec sa nouvelle belle-mère, quitte la maison à 14 ans, se retrouve serveuse au Café de la gare de Réding, flashe sur un jeune et fringant militaire, prend le train à Sarrebourg pour le rejoindre à Toulon, elle ignore que c'est loin, elle ne connaît pas la géographie de son pays, elle se retrouve seule dans cette ville de matelots, le jeune militaire semble sensible au charme et à l'amour de la jeune fille, ils se marient et ont deux enfants, nés à Toulon. Quid de la Syrie ? (je n'arrive pas à dater le séjour en Syrie de mon père, il a fait 18 ans dans l'armée pour une petite retraite, il quitte l'armée vers 1946, il s'est donc engagé vers 1928). En 1942, notre père rejoint Dakar, notre mère reste seule avec nous à Toulon, femme de ménage chez un docteur, époque des bombardements alliés et allemands, nous vivons à Rodeilhac, une bombe tombe dans une malle ouverte de ma chambre, n'explose pas, l'oeil gauche vire, blanc de l'oeil, je récupère mon œil à la Libération après opération réalisée par le docteur-ophtalmologue Koutzeff, merci à lui. Nous rejoignons Dakar en 1945. Ma mère ouvre un commerce pour les militaires français. Ça marche bien. Mais elle attrape une saloperie, rapatriée sanitaire en France, nous nous retrouvons à Castres.
Je me souviens de l'appartement du Boulevard Léon Bourgeois, de la colline du Corporal, de gamines avec lesquelles nous jouions dans un grand pré après avoir franchi un mur couronné de tessons de bouteilles, je me souviens de l'arrivée par l'avenue de Lavaur du club de rugby champion de France deux fois en 1949 et 1950, à l'époque des frères Jacques et Maurice Siman, je me souviens de l'Agoût et des maisons donnant sur cette rivière traversant la ville, je me souviens des sorties le dimanche à la rivière, pique-niques entre amis, baignades à La Salvetat sur Agoût, promenades dans le Sidobre et même jusqu'à Bort les Orgues, je me souviens du marché le samedi matin où nous allions récupérer les fruits et légumes abandonnés par les marchands , tellement c'était chiche à la maison, je me souviens des foires que fréquentaient nos parents devenus commerçants-ambulants en mercerie et de ce marché de Lacaune où on retrouva mon frère cuvant une cuite attrapée on ne sait comment. Ce fut l'époque de la voiture avec ses bouteilles de gaz sur le toit, une Hotchkiss. Un accident en 1952 mit un terme à cette aventure commerciale et ruina mes parents.
Notre père trouva un emploi réservé d'archiviste au Crédit Foncier de France. Ce fut le temps de l'hôtel à la Goutte d'Or, au temps de la guerre entre le MNA et le FLN en plein couvre-feu et le temps du choix des écoles militaires, 1953, j'avais 13 ans, Jean-Pierre 11.
Puis ma mère trouva une place de concierge au 42 rue Notre-Dame des Victoires, en face de la Bourse des Valeurs. Elle faisait le ménage à la Côte Desfossés, devenue la Tribune. L'été, ils prenaient leurs vacances au Revest où ils avaient acheté un terrain et m'avaient fait acheter le terrain voisin pendant que j'étais en Algérie.
J'ai fait le ménage à Paris dans des bureaux quasiment vides, l'été, entre 1954 et 1961 puis après 1964 quand devenu professeur, j'ai rencontré Annie. Nous profitions du Paris estival et nous adorions les deux chambres sous les toits mansardés, côté cour. Cela dura jusqu'à leur retraite en 1972 avec entre-temps la construction d'un pavillon à Croissy près du Vésinet. Joli coin, joli pavillon où furent reçues une bombe sexuelle, Nicole (vers 1962) puis Annie (après 1965).
Installés au Revest, villa Marie-Ju, nos parents surent se mêler de la vie au village en participant aux activités des amis du Vieux Revest. Notre mère était la championne des aubades. Cet argent servait ensuite à des expositions dans les rues et ruelles du village, à des animations musicales, à des conférences ou des livres sur le village. Charles Aude, président de cette association, apprécia leur contribution.
J'ai toujours connu ma mère comme une femme dévouée, attentive à l'autre, plus faible, dépendant. Je l'ai vue rendre visite chaque jour pendant des années à une vieille dame, 500 mètres plus haut, faisant son ménage, repassant, discutant. Elle était croyante à sa façon, allait à la messe, aidait le curé, altruiste envers qui lui plaisait ou avait besoin, ne cachant pas ses inimitiés, femme de tête, très volontaire, forte personnalité, autoritaire.
Petite, menue, élégante, soucieuse de son apparence, avec sa longue chevelure descendant jusqu'au bas du dos, maman avait été une belle jeune fille et jeune femme et je l'ai trouvée belle jusqu'à la fin.
Pourquoi prenait-elle des concoctions tous les soirs ?
Sa peur de la constipation, ça s'appelle l'apopathodiaphulatophobie, l'a conduite à des aberrations avec ces laxatifs puissants qui devaient tout drainer, y compris ce dont son organisme avait besoin.
Maniaque de la propreté, je ne saurais dire ce que cachaient ces manies. Protection contre des saletés commises quand elle avait la charge d'une famille et qu'elle était terrorisée par la marâtre ? Peur de ne pas être irréprochable ?
Ce fut une excellente cuisinière et quand nous revenions à la maison, chaque trimestre, nous avions droit aux raviolis faits maison, aux frites maison, aux quenelles de pommes de terre (vieilles et nouvelles), une recette lorraine succulente, aux quenelles de farine, au kouglof. Sa choucroute était particulièrement soignée. Sûr, elle voulait qu'on ne manque de rien, comme si elle voulait remplir un vide, un manque, elle nous incitait toujours à reprendre et il était difficile de résister à un tel traitement.
Elle aimait les réunions familiales un peu élargies, les réunions amicales où les gens se laissent aller à boire et aux histoires salaces, elle aimait les histoires salées, crues, elle riait fort dans ces occasions.
Quand papa est parti, elle a tenu à ce que je la prenne en photos entourant son Juju. Photos que je ne peux regarder. Figer la mort qui est figement, ça me paraît pesant.
Je connais trop le poids des morts sur les vivants. Souvent, ce poids est tel qu'il empêche de vivre, d'être heureux parce que les morts sont morts pour nous, pour le droit de vote, le droit de grève et que nous devons respecter ce que nous leur devons.
Avec vous, nous avons appris à nous libérer de ce poids, contre vous plutôt parce que nous ne vous avons pas souvent écouté. On n'en faisait qu'à notre tête, en cachette. Découverts, nous avions droit au martinet ou à un nerf de bœuf. Je morflais comme aîné pendant que le cadet était protégé par la mère. Drôle d'éducation, celle d'hier, dressage plutôt qu'éducation.
Je dirai en achevant ce papier que vous avez fait de nous des indociles. C'est un peu moins que des insoumis. C'est une posture qui me convient bien. Je reconnais à Jean-Pierre la même posture. Nous ne nous laissons pas conduire par le bout du nez, nous ne sommes pas des soumis volontaires. Nous usons de notre esprit critique et de notre liberté, celle de pouvoir dire NON.
Bien sûr, je sais qu'on vous doit des valeurs: honnêteté, ponctualité, franchise, conformité entre les paroles et les actes, volonté, fidélité en amitié, en amour, solidarité, souci des siens et des autres, se fier à son jugement, se méfier des "conseilleurs", ne pas péter plus haut que son cul, souci de bien faire, de faire du mieux qu'on peut, aptitude à se contenter de peu, pas de frime, d'exhibitionnisme, simplicité dans les relations, les contacts, faire, agir plus que parler pour ne rien dire, dans le vide. De ce point de vue, nous avons été tous les deux, des hommes d'action. Jean-Pierre raconte cela, certaines de ses aventures, dans le livre Aux couleurs de la vie. Moi, je raconte l'aventure des 4 Saisons du Revest (théâtre, édition) dans Donjon Soleil et dans De l'impasse à la traverse... Bien sûr, on vous doit d'être là et ainsi de tenter de faire bon usage de la Vie. Comme pour Montaigne, pour nous : Nature est un doux guide, notre nature, ce qui nous est propre, et la Nature, la naturée, celle qui s'offre, comme la naturante, celle qui crée, invente.
Dernier souvenir: en une semaine votre maison a été vendue, en une semaine, une vie a été dispersée, votre vie. Ce fut une séparation, une dispersion très rapide, trop rapide mais l'Afrique du Sud est à 10.000 kms au sud. Aucun conflit pour l'héritage, répartition conforme aux souhaits de l'un ou de l'autre.
Jean-Claude Grosse
Épitaphe pour maman non retenue :
Au secret
je pars à regret
Beau jeu de ma vie
par quelle sortie
pour quelle impasse
Épitaphe retenue :
Au secret
je pars à regret
Beau jeu de ma vie
par où la sortie
Épitaphe pour papa :
Sur la pointe du pied
je suis parti
Crainte de déranger
même en faisant si peu de bruit
/image%2F0551669%2F20160215%2Fob_fbcc77_le-pe-re-1987.jpg)
Disparition du Père / 7 février 1986 - Blog de Jean-Claude Grosse
peinture de notre père par Jean-Pierre Grosse en 1987 Disparition du Père, il y a 32 ans, 7 février 1986 32 ans déjà. Je suis allé ce matin, 7 février 2018, au cimetière du Revest, j'y vais...
http://les4saisons.over-blog.com/2016/02/disparition-du-pere-7-fevrier-1986.html
/image%2F0551669%2F20161001%2Fob_5b155b_la-havane-12-9-2001.jpg)
Partis en avion le 11 septembre 2001, pour toujours le 19 septembre - Blog de Jean-Claude Grosse
photos prises à Cuba pendant leur dernière semaine du 12 au 19 septembre 2001; photos exhumées et scannées 15 ans après; photos prises par Nadia qui a su nous retrouver et nous les communiquer...
http://les4saisons.over-blog.com/article-ils-sont-partis-le-11-septembre-2001-110337197.html
ce qu'il reste, des photos prises par une voyageuse sur le même vol, avec laquelle ils ont sympathisé, Nadia, pendant les 13 H d'attente à Madrid, qui nous retrouve et nous communique les photos; une chance; en 2002, nous avons fait le voyage avec Nadia
/image%2F0551669%2F201309%2Fob_48f98a_cyril-au-coeur-le-ger-comme-les-ble-s.jpg)
L'insolite traversée de Cyril Grosse (13/4/1971-19/9/2001) - Blog de Jean-Claude Grosse
Réalisation d'un court documentaire d'archives photos et vidéos sur l'insolite traversée de Cyril Grosse (1971-2001). Au piano et au chant, Dasha Baskakova. hommage à Cyril Grosse réalisé par...
disparu à Jaguey-Grande, Cuba
Histoire du mémorial de Cyril Grosse au Baïkal - Les agoras d'ailleurs
http://agoradurevest.over-blog.com/histoire-d-un-m%C3%A9morial-celui-de-cyril-g.-au-ba%C3%AFkal
mémorial au Baïkal
/image%2F0551669%2F20160920%2Fob_91b23f_origines-bleu.jpg)
Pensée pour Michel Bories (12/12/1949 - 19/9/2001) - Blog de Jean-Claude Grosse
3 horizons dont 2 au Musée de Collioure, 3 origines, le couple, effritement de la catalogne au CG 66, le maire des USA proposé à Barak Obama aujourd'hui, 19 septembre 2016, 16 H, heure de là-ba...
http://les4saisons.over-blog.com/article-pensee-pour-antonio-machado-michel-bories-37489667.html
disparu à Jaguey-Grande, Cuba
/image%2F0551669%2F20180301%2Fob_88686a_couvdisparitionbories.jpg)
Disparaître dans le blanc/JCG - Blog de Jean-Claude Grosse
Michel Bories dit Pof, inventeur du Pof Art, consistant à se maculer le plus salement possible puis à s'immaculer dans un linceul blanc, Vénus Africa et Disparition dans le blanc, l'olivier Pof ...
http://les4saisons.over-blog.com/2018/01/disparaitre-dans-le-blanc/jcg.html
la fin souhaitée de Pof
L'Éternité d'une seconde Bleu Giotto/J.C.Grosse - Les Cahiers de l'Égaré
après 13 années de quel travail, L'Éternité d'une seconde Bleu Giotto est sorti, 4 ans jour pour jour après une entrée à l'hôpital où l'épousée restera jusqu'au 29 novembre 2010, date d'...
http://cahiersegare.over-blog.com/2014/10/l-eternite-d-une-seconde-bleu-giotto-j-c-grosse.html
quand une panne d'écriture prend 8 ans, quand un choc amoureux vous offre ce que vous n'attendiez plus, la fin de l'histoire
/image%2F0551669%2F20160211%2Fob_6dd9ca_annie-a-le-quesnoy.jpg)
Pour ma Valentine du 14 février 1948 - Blog de Jean-Claude Grosse
comment se relever de ses morts ? question vitale, foudroyante, sans réponse; des dates, des gestes, des actes, des mots, des pensées, des émotions, des sentiments, tristesse, joie, nostalgie, a...
disparue en un mois
/image%2F0551669%2F20160309%2Fob_7e50b9_annie-aux-champs-dans-le-nord.jpg)
Elle n'était pas d'ici / Cioran / Exercices d'admiration /JCG - Blog de Jean-Claude Grosse
46 ans en 32 photos et 2 textes; dans les landes de Haworth, oui je l'y voyais bien mais aussi bien à Le Quesnoy, Corsavy, Paris, au Revest, à Toulon, Hyères, au Rayol, en Camargue, à Thassos ...
http://les4saisons.over-blog.com/2016/03/elle-n-etait-pas-d-ici-cioran.html
disparue en un mois après 43 ans de vie commune, de belle vie à 2, à 3, à 4 puis à 3, puis à 2
/image%2F0551669%2F20170614%2Fob_d71a2a_annie-en-led.jpg)
On donne quoi quand on ne donne pas son temps ?/JC Grosse - Blog de Jean-Claude Grosse
1° juillet 1967 à Le Quesnoy, Nord, agapes au chalet de l'étang au Quesnoy, 6 juillet 2003 au Revest, Annie en led déclarant son amour pour toujours Je viens de me rendre compte d'une coïncide...
http://les4saisons.over-blog.com/2017/06/on-donne-quoi-quand-on-ne-donne-pas-le-temps/jc-grosse.html
/image%2F0555840%2F20160414%2Fob_6d11f6_couv-l-i-le-aux-mouettes.jpg)
Shakespeare et la mouette à tête rouge - Les agoras d'ailleurs
ou il est question de Valentine, de Valentin, de nonnery, de count, de country..; évidemment, ce vrai Hamlet est un faux 3 textes à partir d'un même événement : la disparition de la mouette à...
http://agoradurevest.over-blog.com/2016/04/shakespeare-et-la-mouette-a-tete-rouge.html
une scène non publiée, inédite, sur la disparition de la mouette à tête rouge
/image%2F0551669%2F20171128%2Fob_70e69a_le-baiser-le-revest-1.jpg)
Il y a 7 ans, ultime performance de la mouette à tête rouge - Blog de Jean-Claude Grosse
le baiser/6 juillet 2003 au Revest pour notre remariage, mis en scène par Katia Ponomareva (dernière réplique) L'hôpital - La vie n'a pas de prix. Sauver ou pas une vie, a un coût. Votre Det...
http://les4saisons.over-blog.com/article-la-mouette-115756926.html
Et ton livre d'éternité ? Jean-Claude Grosse + Vita Nova - Les Cahiers de l'Égaré
Dans ce roman polyphonique et labyrinthique de 666 pages, Jean-Claude Grosse, facétieux porteur de masque et joueur de rôle, praticien fantasque de la " commerie " nous livre à 81 ans, une œuvr...
https://cahiersegare.over-blog.com/2021/07/alors-ton-livre-d-eternite-tu-le-rends-quand.html
/image%2F0552430%2F20180317%2Fob_d725eb_10-de-gaulle1.jpg)
En Mai, fais ce qui te plaît !/ Victorine Engel - Les Cahiers de l'Égaré
EN MAI, FAIS CE QUI TE PLAIT ! J'ai 75 ans. Institutrice en retraite depuis 20 ans, je suis une fidèle du club des retraités de la M.G.E.N. Il m'arrive d'y lire la revue APORIE. Nous nous sommes ...
Victorine Engel a été l'institutrice de Cohn Bendit, son récit est succulent
La vie ? processus ? mystère ?
/image%2F0551669%2F20240221%2Fob_0a87bf_capture-d-e-cran-2024-02-21-a-12.png)
# balance ton pygmalion Judith Godrèche
entrons dans le vif d'une polémique en lien sans doute avec un basculement lent, inexorable, nécessaire de modes, de mondes et de comportements tant individuels que collectifs ce qu'on appelle un...
https://les4saisons.over-blog.com/2024/02/balance-ton-pygmalion-judith-godreche.html
/image%2F0551669%2F20200412%2Fob_7901de_machine-bleue.jpg)
le jour d'après/nature et culture/JCG - Blog de Jean-Claude Grosse
Claude Lévi-Strauss, Françoise Héritier, Rousseau, Marshall Sahlins, Pierre Clastres, Sébastien Bohler, Marcel Conche, David Bohm déjà des contributions de poids pour un monde plus léger dè...
https://les4saisons.over-blog.com/2020/04/le-jour-d-apres/nature-et-culture/jcg.html
les 9 mois du paradis foetal : processus descriptible ? processus miraculeux ? sait-on ce qu'on interrompt dans une interruption volontaire de grossesse ? sait-on ce qu'est le ciel vécu par le foetus nautilus dans les profondeurs amniotiques ?
De la coquille au placenta, un coup de pouce viral de génie
Au cours du développement, chez les mammifères, le placenta est le premier organe à se former à partir des cellules du foetus. Il permet un ancrage du fœtus dans l'uterus maternel et des écha...
https://www.museum.toulouse.fr/-/de-la-coquille-au-placenta-un-coup-de-pouce-viral-de-genie
découverte fabuleuse, hasard, dessein ? qui peut trancher ?
Théâtralalère. Catherine Verlaguet. Mercredi 28 janvier 2015 dans le Club de la médiathèque Hermeland de Saint-Herblain. En partenariat avec le Théâtre Athénor.
sur Les Vilains Petits, et pour faire connaissance avec Catherine Verlaguet
J'ai vu « Le Processus » de Catherine Verlaguet, lauréate du Prix de la Pièce de théâtre contemporain pour le Jeune Public 2022, sélection 3ème/2nd, au Telegraphe ce mercredi 6 avril à 19h30 en partenariat avec le Planning Familial Varois.
— C’est ton corps, dit-il (Fabien, son petit ami). Je te suivrai quelle que soit ta décision.
Claire est au lycée. Elle tombe amoureuse et enceinte de Fabien, qui est aussi amoureux d’elle mais pas vraiment prêt à affronter ce qui leur arrive. Claire entame alors un processus d’avortement…
« C’est ce processus que je vous propose de suivre sans manichéisme : le positionnement des proches, l’efficacité des médecins, les doutes et les certitudes qui se mélangent, le tout entrecoupé de flash-back sur l’histoire d’amour, la naissance du désir et ce premier émoi entre Claire et Fabien.
« Je suis pour l’avortement. Je suis pour que les femmes disposent de leur corps. Je suis pour le fait que la décision d’avorter leur appartienne.
Je pense aussi qu’il est des cicatrices que l’on ne regrette pas, mais que l’on n’oublie pas pour autant." écrit C.V. comme Claire Valège, C.V., comme C.V., Curriculum Vitae.
Ce spectacle se vit en immersion sonore, casque sur la tête, sauf à la fin, 1° cachet abortif absorbé.
C'est très bien joué par Juliette Allain qui a, à son actif, au moins 80 représentations.
Dispositif simple, une table, une chaise.
Des techniques d'acteur également simples mais efficces pour les changements de personnages (il s'agit d'un solo d'actrice jouant tous les personnages).
Metteur en scène Johanny Bert, Théâtre de Romette (Auvergne).
Le débat avec le public et le planning familial, avec lecture de textes datant du manifeste des 343 (1971), du manifeste des 331 (1973) et de la loi Simone Veil (17 janvier 1975) a été centré sur les motivations de l'autrice-auteure, sur le personnage de Claire et son choix (c'est mon corps, c'est ma vie), sur la qualité de l'interprétation et sur le dispositif avec casque permettant d'être en direct et de façon intime avec Claire.
L'auteure-autrice a signalé l'importance pour elle d'éviter les clichés, de renverser la relation habituelle mettant l'intime sous la coupe du politique (on se sent et on se met sous le regard et le pouvoir de l'Autre, la pharmacienne, la mère, le médecin, le petit ami, les copines...), elle cherchant plutôt à montrer l'impact possible de l'intime sur le politique (je tiens à décider par moi-même, même si j'ai des doutes, des hésitations, des peurs, je tiens à les gérer moi-même ; les autres, l'Autre, les dispositifs légaux d'aide à l'avortement se mettant au service de mon choix).
Ce débat m'a fait remonter aux années 1974-1980 (retour à Toulon) parce qu'Annie Grosse-Bories a été longtemps secrétaire bénévole au Planning familial 83, avant de devenir assistante sociale, éducatrice spécialisée, puis psychologue clinicienne au CMPP de La Seyne, formatrice à l'école d'assistantes sociales de la Croix-Rouge et enfin psychanalyste (je cite ce parcours parce que révélant sa force d'engagement). C'était rue Peiresc sous la houlette de Jeanine Braendlin à l'époque.
C'est dire si j'ai suivi les luttes du planning familial. Et bien sûr, j'ai soutenu les interventions d'éducation sexuelle du Planning familial au Lycée Rouvière, avec humour déstabilisateur parfois quand par exemple j'ai fait croire que le sida, très destructeur, était renforcé par une autre maladie, le stob, attrapé quand on fait l'amour sans amour.
Dois-je dire que je perçois aujourd'hui le poids terrible de l'initiation sexuelle sur les jeunes, et ce de plus en plus jeune, dès 7 ans, garçons mais aussi filles (on se provoque, alors tu t'es branlée cette nuit...), parce que l'industrie pornographique (particulièrement florissante, entre les mains de mafias) est à l'oeuvre au travers des réseaux sociaux, parce que les réseaux pédophiles, pédo-criminels sont particulièrement puissants et opaques, parce que le tourisme sexuel et la prostitution sont pratiques courantes, ouvertes ou cachées, parce que tellement de possibilités sont proposées, y compris de changements de sexe (homo, lesbienne, drag-queen, bi, trans, woke, cancel-culture), parce que tout semble devenir possible (PMA, GPA grâce aux ventres ukrainiennes, clones, chimères...). Avec l'homme augmenté, l'intelligence artificielle, on va être pucé, prothésé, bionisé, remisé à l'éternité.
La vie comme la mort sont devenues de vastes champs d'expérimentations, de manipulations (suicide assisté, éternité par cryogénisation... ; film Soleil vert)
En écoutant ce qui se disait, j'ai soudain pris conscience que cette soirée était sous le signe d'une idéologie scientiste, d'un matérialisme dogmatique, d'un athéisme réducteur.
Pris de je ne sais quelle émotion devant l'ampleur de ce que je ressens comme un désastre, j'ai failli ne pas intervenir.
Je l'ai fait tout de même en tentant de socratiser le débat : qu'est-ce qui permet à Claire de dire avec cette certitude, cette assurance qu'à un jour près le cœur du foetus ne bat pas, donc pas de vie, donc pouvant se dédouaner, je ne tue pas.
L'affirmation c'est mon corps et j'en dispose comme je veux, aujourd'hui, me paraît d'une démesure, d'un orgueil décalés par rapport à ce qui m'apparaît comme mystère et miracle.
Ton corps est mystère parce qu'il est une incarnation de la Vie qui te le reprendra puisque naître c'est être voué à la mort, elle-même mystère.
Bienheureux ceux qui savent ce qu'est la mort, néantisation par exemple.
Ta liberté sera le suicide ou l'euthanasie.
Ton corps à naître, ta naissance est miracle même avec le soutien du corps médical, d'une science médicale devenue domination sanitaire d'experts sur les patients (voir avec la Covid).
Il y a un processus en cours bien plus mystérieux que le simple récit qu'en fait un cours de SVT, une rencontre entre spermatozoïde et ovule, division cellulaire, spécialisation cellulaire... Aujourd'hui, on sait que le fameux ADN, (1%), la soi-disant identité infalsifiable, génétiquement immuable (avec maladies génétiques prévisibles) de chacun est un dogme scientiste battu en brèche par les découvertes de l'épigénétique et par les travaux sur les 99% d'ADN dits poubelle, méprisés par les chercheurs américains et étudiés avec succès par les chercheurs russes.
Pour complexifier le tableau, je rajouterai que nous sommes mémoires, que ce sont toutes les mémoires de ce qu'on appelle évolution qui nous constituent, par exemple, l'extraordinaire parcours de l'atome de fer depuis l'explosion d'une super-novae jusqu'à ce qui caractérise notre sang, l'hémoglobine, en passant, oui, oui par le magma terrestre (une molécule d'hémoglobine qui se trouve à l'intérieur d'un globule rouge, ce sont 10000 atomes dont 4 de fer pour capter 4 atomes d'oxygène, transporté par circulation sanguine à chaque cellule du corps).
ou autre fantaisie, les 50000 milliards de bactéries, vieilles de 3,5 à 4,5 milliards d'années et qui colonisent notre ventre, le 2° cerveau, et sans lesquelles il n'y aurait aucune transformation de ce que nous mangeons.
Donc, il y a de quoi même avec la science s'émerveiller et se dire, on ne sait rien car savoir c'est savoir que ce qui reste à trouver est de plus en plus difficile à percer.
Allant ailleurs vers des traditions spirituelles fort anciennes et quasi-universelles (présentes dans toutes les aires et sociétés), ne peut-on supposer, poser qu'une âme vient s'incarner dans un corps, le temps d'une vie, d'une réincarnation, d'une résurrection et que la mort c'est rendre l'âme, l'âme hors pour une nouvelle réincarnation.
Prolongeant cette intervention, je pense qu'il y a deux approches que je ne souhaite pas opposer, n'invitant personne à faire un choix plutôt qu'un autre
- une approche scientiste qui se sert de la science pour séparer : ça c'est la vie, ça c'est la mort; ça c'est vivant, ça non; distinguer le plaisir et la procréation, ça c'est le propre de l'homme, ce n'est pas le propre des animaux qui rutent par nécessité de reproduction (moins le propre de la femme, dans une société patriarcale mais aujourd'hui elles revendiquent et pratiquent de plus en plus le droit de jouir sans entraves, de vivre leur plaisir clitoridien en solitaire ou pas avec godes ou pas), baiser ou faire l'amour pour le plaisir et par plaisir à 99,9999 % pour deux enfants dans une vie (on peut en devenir addict sans doute), abstinence, beurk, sublimation, késako, satisfaction immédiate, oui, oui, ça urge (d'où viols, forçages de toutes sortes, chantages, méprises sur le consentement non-consenti-consenti-consentant, la fameuse zone grise) ; on le devine : l'éducation sexuelle pour gérer toute cette complexité seulement physique, épidermique (qui ne prend pas en compte, émois, émotions, sentiments, désirs, fantasmes, résistances, réticences, rythmes...) n'est pas une éducation sentimentale, encore moins une éducation à l'amour.
- une approche spirituelle où je considère ma vie comme un cadeau, un don, gratuit fait par la Vie (le contraire du je n'ai pas demandé à naître), cadeau fait par la Vie, sans jugement, par amour inconditionnel, m'aimant aussi bien salaud que saint, héros que bourreau, avorteuse de « mon » fœtus que jeune mère accueillante du fœtus dont une légende raconte que quand un bébé vient au monde, il connaît les mystères de la création. Mais juste avant sa naissance, un ange pose le doigt sur sa bouche : « chut ! » et l’enfant oublie tout, il vient ainsi au monde innocent…
C’est pourquoi nous avons tous un petit creux au-dessus de la lèvre supérieure, signe de L’Empreinte de l’ange.
« Avant sa naissance, dit le Talmud, l'homme est un pur esprit et possède encore le savoir ultime de ses vies antérieures. C'est alors qu'un ange apparaît et lui enjoint de tenir ce savoir secret. L'ange pose son doigt sur la lèvre de l'enfant et à cet instant précis, le bébé oublie tout pour entrer dans la vie. Du geste de l'ange, il reste une trace: le petit creux qui dessine un fossé entre notre lèvre supérieure et la base de notre nez... Alors seulement, il peut pousser son premier cri. »
La tradition dit, en effet, qu'avant la naissance, l'âme "descendue" dans l'embryon connait "toute la Torah", qu'elle voit la vie qu'elle va mener lors de l'incarnation, les choix qu'elle devra faire et leurs conséquences....
Lors de la naissance, l'ange, en effet, lui pose le doigt sur la bouche afin qu'il oublie ce qu'il sait et ait le plaisir de le redécouvrir, de faire ses choix librement et la trace de ce doigt angélique est le sillon naso labial.
Cette tradition est parfaitement bien exploitée dans "Les bienveillantes" de Jonathan Little lorsque le "héros" rencontre ce vieux juif à qui il manque justement ce sillon naso labial, qui se "souvient" donc de tout y compris du moment de sa mort, et dont la rencontre donne lieu à un dialogue entre la "pensée occidentale" et la tradition juive.
Dit autrement et ça se dit aujourd'hui, ce ne sont pas les parents qui font les enfants mais les enfants (leur âme) qui choisissent leurs parents.
Avec le temps, à 80 ans passés, je suis passé d'une approche à l'autre.
Car la vie nous fait vivre, revivre des expériences. Par exemple Annie qui, entrée à l'hôpital en octobre 2010, revient sur la naissance de Sylvain-Katia et qui me dit un morceau de Sylvain se balade quelque part.
Elle croyait attendre un garçon, arriva une fille. Pas d'échographie à l'époque, en 1968. Et en 2022, je découvre que peut-être, elle attendait des jumeaux homo ou hétérozygotes et qu'un n'est pas apparu.
Voici de récentes découvertes sur ce qui se passe, le microchimérisme foetal-maternel
Pendant la grossesse, les cellules du bébé migrent dans la circulation sanguine de la mère et retournent ensuite dans le bébé, c'est ce qu'on appelle le « microchimérisme fœtal-maternel ».
Pendant 41 semaines, les cellules circulent et fusionnent et après la naissance du bébé, beaucoup de ces cellules restent dans le corps de la mère, laissant une empreinte permanente dans les tissus, les os, le cerveau et la peau de la mère, et y restent souvent pendant des décennies.
Chaque enfant laissera une empreinte similaire.
Des études ont également montré des cellules d'un fœtus dans le cerveau d'une mère 18 ans après son accouchement.
Des recherches ont montré que si le cœur d'une mère est blessé, les cellules fœtales se précipitent vers le site de la blessure et se transforment en différents types de cellules spécialisées dans la réparation du cœur.
Le bébé aide à réparer la mère, tandis que la mère construit le bébé.
C'est souvent pourquoi certaines maladies disparaissent pendant la grossesse.
C'est incroyable de voir comment le corps de la mère protège le bébé à tout prix, et comment le bébé protège et reconstruit sa mère - afin qu’il puisse se développer en toute sécurité et survivre.
Si vous êtes une maman, vous savez que vous pouvez ressentir intuitivement votre enfant même quand il n'est pas là ...
Eh bien, maintenant il y a une preuve scientifique que les mamans portent leurs enfants pendant des années et des années, même après qu'elles les aient mis au monde.
Pour conclure, à partir de là où j'en suis, je crois que tout est croyance, qu'il n'y a de preuve de rien, des arguments peut-être, que donc ce sont les mots que l'on emploie qui crée ce que l'on prend pour la réalité. Change de mots et tu changes la réalité. Change de mots et tes maux changent.
Dans cet état d'esprit, je trouve particulièrement beau, le récit d'Alain Cadéo, Le ciel au ventre, qui date d'avril 1993 et qui est le dialogue d'un père avec le foetus nautilus attendu par sa femme, foetus qui n'a rien d'inerte, de passif, riche déjà de toutes les convulsions galactiques, de toutes les incandescenses.
C'est aussi ce que j'ai tenté avec le texte Trois femmes (Le corps qui parle)
À Le Revest, le 8 avril 2022
/https%3A%2F%2Fars.els-cdn.com%2Fcontent%2Fimage%2F1-s2.0-S1297958911X00048-cov150h.gif)
Microchimérisme fœtal : un bien ou un mal pour le fœtus et sa mère ?
Durant la grossesse, des cellules fœtales migrent chez la mère. Ces cellules peuvent persister plusieurs décennies dans des niches maternelles. Ce microchimérisme fœtal a quelques effets néga...
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1297958911000476
/https%3A%2F%2Fwww.francetvinfo.fr%2Fpictures%2FY_vAnUcygEsg1zro4VZ8X3PxQOY%2F1500x843%2Fetl%2Fstorage%2F2015%2F09%2F04%2FetlDataImage55e94fff0c508.jpg)
Quel rôle jouent les cellules foetales sur le corps de la mère ?
Grâce au placenta, mère et enfant communiquent en continu pendant la grossesse. Et il peut arriver que le fœtus transmette à sa mère certaines de ses cellules, via le sang. Quelles conséquenc...
/image%2F0552430%2F20200305%2Fob_0a64ee_bonbon004.jpg)
Trois Femmes/J.C. Grosse - Les Cahiers de l'Égaré
Bonbon de et avec Katia Ponomareva Je mets en ligne ce texte commandé par la compagnie de Cyril Grosse (1971-2001) et qui aurait dû être mis en scène par lui les 19 et 20 octobre 2001. Le 19 ...
en attendant deux spectacles de Katia Ponomareva En attendant, je pleure Et puis après, j'ai souri
/image%2F0551669%2F20170104%2Fob_cf05f4_ge-nes.jpg)
Le fabuleux pouvoir de vos gènes/Deepak Chopra - Blog de Jean-Claude Grosse
deux livres stimulants, accessibles, sans concessions Le fabuleux pouvoir de vos gènes Deepak Chopra, 2016 Livre de 384 pages, le fabuleux pouvoir de vos gènes demande de l'attention et de la ...
https://les4saisons.over-blog.com/2017/01/le-fabuleux-pouvoir-de-vos-genes/deepak-chopra.html
deux livres qui changent vraiment la manière de voir et de vivre
/image%2F0551669%2F20180822%2Fob_9fc9c7_deepak-l-univers-est-en-vous.jpeg)
le pouvoir de l'univers est en vous/Deepak Chopra - Blog de Jean-Claude Grosse
Le pouvoir de l'univers est en vous Deepak Chopra et Menas Kafatos Deepak Chopra a écrit des livres importants, toujours en collaboration avec d'autres scientifiques, avec Rudolf Tanzi, sur le ...
https://les4saisons.over-blog.com/2018/08/le-pouvoir-de-l-univers-est-en-vous/deepak-chopra.html
une histoire de la vraie vie / Gabriel/le Guez Ricord
découverte par hasard ? et par étapes de la tombe du poète Christian Gabriel/le Guez Ricord (1948-1988)
la phrase en trois bribes sur la tranche de la tombe du poète fou et mystique Christian Gabriel/le Guez Ricord (1948-1988) au cimetière de Lourmarin rien à la face Tu peux voir le corps (côté gauche) et pour lui l'ange, (côté droit) la mort a ses images (à l'arrière en capitales) voilà une inscription bien pensée, la tombe étant elle-même bien conçue, pieds de verre, plateau granitique, tranche en marbre photos et découverte Annie Bergougnous
lecture par Annie Bergougnous d'un court texte de Velibor Čolič -Manuel d'exil- devant la tombe de Gabrielle Guez Ricord à Lourmarin, presque en face de celle d'Albert Camus
Lieux insolites et Espace Camus à Lourmarin
/https%3A%2F%2Ffr.wikipedia.org%2Fstatic%2Fimages%2Fmobile%2Fcopyright%2Fwikipedia.png)
Christian Gabrielle Guez Ricord - Wikipédia
Christian Gabriel (puis Gabrielle et finalement Gabriel/le selon la forme définitivement choisie par l'auteur à partir de 1986-1987 et reprise par l'éditeur à partir de 1992 pour les publicatio...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Gabrielle_Guez_Ricord
Marie Möör lit "L'épée d'Orphée" de Christian Gabriel Guez Ricord (avec Laurent Chambert)
http://remue.net/spip.php?article6232 Au Cirque électrique, avec le Monte en l'air. Dimanche 29 septembre 2013 Dans le cadre de Satan Trismégiste. Vidéo MG
/https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2FYFb3sioS0XU%2Fhqdefault.jpg)
Quatre chants pour franchir le seuil for Soprano & Ensemble: Prélude - I. La mort de l'ange
Provided to YouTube by IDOL Quatre chants pour franchir le seuil for Soprano & Ensemble: Prélude - I. La mort de l'ange · Barbara Hannigan · Ludwig Orchestra La Passione: Nono, Haydn & Grisey ...
en lien avec Gabrielle Guez-Ricord (1948-1988)/ Le compositeur Gérard Grisey, qu'il croisa à la Villa Medicis, mettra en musique un passage sur la mort tiré de les heures à la nuit dans le premier mouvement des quatre chants pour franchir le seuil (1998), œuvre elle-même posthume : "de qui se doit / de mourir / comme un ange.. / comme il se doit de mourir / comme un ange / je me dois / de mourir / moi-même / il se doit son mourir, / son ange est de mourir / comme il s'est mort / comme un ange"
article sur Vincent La Soudière, paru dans Le Monde le jour de l'annonce publique de la mort de Christian Bobin / Jean-Claude Grâce à vos indications, j'étais aujourd'hui sur la route du cimetière de Lourmarin, pour saluer Christian Guez, quand j'ai appris, à la radio, la mort de Bobin. Un article élogieux (de Roger-Pol Droit) sur Vincent La Soudière (Eschaton, édité par Sylvia Massias) venait de paraître dans le Monde du matin. En une journée, étrangement les trois poètes qui ont le plus compté dans ma vie ont été réunis par les circonstances. Au cimetière de Lourmarin, j'ai bien trouvé la tombe là où vous l'avez découverte, et j'ai pensé à vous, aussi. Merci marc
/image%2F0551669%2F20221126%2Fob_b724db_317271206-10220834749914400-2283132921.jpg)
la merveille et l'obscur / Christian Bobin - Blog de Jean-Claude Grosse
un envol d'âme-d'ange et l'ange en surplomb sans qu'on s'en aperçoive sauf à lever la tête via a.b. / aujourd'hui 25 novembre - délibérément en voyant l'ombre portée de l'oiseau - un anonym...
https://les4saisons.over-blog.com/2019/07/la-merveille-et-l-obscur/christian-bobin.html
Et ton livre d'éternité ? Jean-Claude Grosse + Vita Nova
Et ton livre d'éternité ? Jean-Claude Grosse + Vita Nova
format 16 X 24, à paraître le 14 février 2022
666 pages dont 6 en quadrichromie
ISBN 978-2-35502-130-5 / PVP 28 € / poids : 1107 gr
Licence Creative Commons
L’écrivain / Jean-Claude Grosse
hiérosolymitain d'Avers sur les eaux / d’Avers sous les eaux depuis le Déluge / et de Corps Ça Vit /
et / Vita Nova
Les Cahiers de l’Égaré 669 route du Colombier 83200 Le Revest-les-Eaux
oeuvres de Marie Morel et de l'artiste colombienne Lucy Pereyra accompagneront les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique de 666 pages pour 81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le 14 février 2022
« Je crois bien que notre vie intérieure tout entière est quelque chose comme
une phrase unique entamée dès le premier éveil de la conscience,
phrase semée de virgules, mais nulle part coupée par des points. »
Henri Bergson, L'énergie spirituelle, (in Oeuvres, édition du centenaire, Paris, P.U.F., 1963, p.858)
« Les vies que nous n’avons pas vécues, les êtres que nous n’avons pas aimés, les livres que nous n’avons pas lus ou écrits, ne sont pas absents de nos existences. Ils ne cessent au contraire de les hanter, avec d’autant plus de force que, loin d’être de simples songes comme le croient les esprits rationalistes, ils disposent d’une forme de réalité, dont la douceur ou la violence nous submerge dans les heures douloureuses où nous traverse la pensée de tout ce que nous aurions pu devenir. »
Pierre Bayard, Il existe d’autres mondes, (Les Éditions de Minuit, 2014)
en exergue de D’autres mondes de Frédéric Sonntag, Éditions théâtrales, avril 2021
en lien avec L’hypothèse du Tout et La Révolte des ressentants de Leafar Izen
Mise en gar_e
Καταστροφή / catastrophe
(définition trouvée dans les ruines de Pompéi par Pascal Quignard et rapportée dans Le sexe et l'effroi, p.79 ap. J.C., AD 79)
Καταστροφή / catastrophe est la rupture grave du fonctionnement d'une communauté ou d'une société impliquant d'importants impacts et pertes humaines, matérielles, économiques ou environnementales que la communauté ou la société affectée ne peut surmonter avec ses seules ressources
(définition transportée vers Mars par la navette Atlantis 2 financée par Élan Muské de Space-XXL et propulsée avec les dernières gouttes de combustible fossile après la catastrophe provoquée par la rencontre probable mais imprévue entre une plaque continentale et une plaque océanique coupant une moitié de la Terre en deux, laissant le magma à 1200° s’épandre en lave à la surface des deux moitiés de la moitié de
Terre cherchant à se réconcilier avec l’autre moitié)
Les derniers jours de l'humanité
Au secours, les tués ! Assistez-moi, que je ne sois pas obligé de vivre parmi ces hommes qui ont ordonné que des cœurs cessent de battre ! Revenez ! Demandez-leur ce qu’ils ont fait de vous ! Ce qu’ils ont fait quand vous souffriez par leur faute avant de mourir par leur faute ! Cadavres en armes, formez les rangs et hantez leur sommeil. Ce n’est pas votre mort – c’est votre vie que je veux venger sur ceux qui vous l’ont infligée ! J’ai dessiné les ombres qu’ils sont et je les ai dépecés de leur chair ! Mais les pensées nées de leur bêtise, les sentiments nés de leur malignité, je les ai affublés de corps ! Si on avait conservé les voix de cette époque, la vérité extérieure aurait démenti la vérité intérieure, et l’oreille n’aurait reconnu ni l’une ni l’autre. J’ai sauvegardé la substance et mon oreille a découvert la résonance des actes, mon œil le geste des discours, et ma voix, chaque fois qu’elle citait, a retenu la note fondamentale, jusqu’à la fin des jours.
Écrite entre 1915 et 1919, cette pièce action éclatée en centaines de tableaux et une foule de personnages sans héros.
L’auteur Karl Kraus fut poursuivi pour pacifisme quelques mois avant la fin de la guerre. Pourtant, les faits mis en scène ici se sont réellement produits ; les conversations les plus invraisemblables ont été tenues mot pour mot ; les inventions les plus criardes sont des citations ; la chronique a reçu une bouche, de grandes phrases sont plantées sur deux jambes – et bien des hommes n’en ont plus qu’une…
Devant la porte
Un homme rentre en Allemagne. Mille jours durant, il a attendu dans le froid. Et après avoir attendu mille nuits dans le froid, il peut enfin rentrer chez lui. Et la vie qui l’attend ressemble à un film hallucinant. Il doit se pincer, ne sachant pas s’il rêve. Il s’aperçoit alors qu’il y a des gens qui vivent la même chose que lui. Il se rend compte que c’est un film ordinaire. L’histoire d’un homme qui rentre en Allemagne, comme tant d’autres. Tous ces gens qui reviennent chez eux sans pourtant rentrer car ils ne savent plus où aller. Chez eux, c’est dehors, devant la porte. Leur Allemagne, elle est là dehors, dans la nuit, dans la pluie, dans la rue. Voilà leur Allemagne !
Né à Hambourg en 1921, envoyé sur le front russe en 1941. Il en revient blessé et malade et passe la guerre entre l’hôpital, le front, et la prison, pour automutilation et activités subversives.
En janvier 1947, il écrit en une semaine la pièce qui fait de lui le premier écrivain célèbre de l’après-guerre allemande et, avec Heinrich Böll, l’un des représentants majeurs de la littérature des ruines : Dehors devant la porte, le récit du retour de Beckmann, simple soldat dont le foyer n’existe plus.
Beckmann a plongé dans le fleuve pour mettre fin à ses jours. À l'Elbe qui désire savoir ce à quoi il aspire, il répond : Pioncer. Là-haut, à la surface, je ne tiens plus. Je ne supporte plus. C'est pioncer que je veux. Etre mort, toute la vie. Et pioncer. Enfin pioncer en paix. Pioncer dix mille nuits d'affilée.
Mais l'Elbe lui répond résolument qu'il ne peut rester : Commence par vivre. Commence par vivre.
Wolfgang Borchert meurt le 20 novembre 1947, la veille de la première de sa pièce, à 26 ans.
/http%3A%2F%2Fi.vimeocdn.com%2Fvideo%2F519622332_640.jpg)
FOCUS AUTEUR #9 JEAN-CLAUDE GROSSE
LE PORTRAIT HEBDO DES AUTEURS eat (Ecrivains Associés du Théâtre). On connaît JEAN-CLAUDE GROSSE comme éditeur des Cahiers de l'Égaré (depuis 1988), président de la filiale eat-méditerran...
en 5'44, un portrait d'auteur; le paradoxe de ce portrait c'est que l'auteur critique les gens atteints de "commerie", qui font comme et effet-miroir, son journal lui révèle comme il a fait "comme", un praticien de longue durée de la "commerie"
paradoxe, le sommaire du Livre d'éternité, traversée dantesque en 6 livres des enfers anciens et modernes, se trouve en fin de livre; voici donc un livre finissant par son commencement
Sommaire
Les derniers jours de l'humanité
Dehors devant la porte
Livre I – au temps de l'apocalypse joyeuse / autant en emporte le vent de chernobylhome / autant en brasse l'océan de foukirira /
au temps du CAC 40 – COP 21 = COVID 19
1 – les migrerrants
2 – les marrantschiants
3 – 15 août 1971
4 – poison du 1° avril 2020 / le monologue du virus
5 – le temps du confinement
6 – admis aux soins intensifs
7 – le jour d'après
8 – sortie progressive du confinement
9 – contribution au jour d'après / nature et culture
10 – 9 juin 2021
Livre II – Romans polyphoniques de sa vie / Ça vit choisit ses romans et romances
1 – La question (Question de vie et de mort)
2 – La déclaration inaugurale
3 – (Dés)apprentissage de la bêtise de la maîtrise
4 – La jeune fille de 16 ans
5 – Le jeune homme de 27 ans
6 – Grande Vie Cosmique / petite mort orgamisque / Intime / Extime
7 – La fabuleuse rencontre de Lola à La Béate, nid d'amour fusion de Serge et Lula
8 – Oui, je veux bien OUI
9 – Lola fille de joie
10 – Es-tu disponible ?
11 – 46 ans d'effet lune de miel
12 – 46 ans d'effet lune de miel (suite)
13 – Portrait de la femme aimée 40 ans après
14 – L'Éternité d'une seconde Bleu Giotto
15 – L’Éternité d’une seconde Bleu Giotto (à suivre)
16 – Les déambulations d'un confiné
17 – Brouillon à la 1° personne
18 – où j'en suis à 80 ans passés
19 – un manuscrit inédit
20 – rêve d'une école de la vie
21 – s'ensauvager l'été
22 – L’adolescente devenue Femme-Fâme
23 – Vivre les saisons au féminin que tu sois femme ou homme
24 – Voir / Recevoir le regard soudain lavé
Livre III – Sa vie antérieure / Ça vit adesso et sempre hic et nunc
1 – Enfance /Adolescence (1940 - 1953)
2 – Enfant de troupe / Saint-Cyrien (1954 - 1962)
3 – Lieutenant dans l'Algérie indépendante (septembre 1962 - février 1964)
4 – Sociologie des lieux communs / Lacan (1964 – 1967)
5 – Mai 68
6 – Militant trotskiste-lambertiste (1969 - 1981)
7 – Les 4 Saisons d'Avers sous les eaux (1983 – 2004)
8 – Retraite (Jubilación) fin juin 1998 - ...
9 – Je suis Charlie / 11 janvier 2015
10 – Attentat du Bataclan / vendredi 13 novembre 2015
11 – Le temps des Gilets Jaunes (17 novembre 2018 – décembre 2019)
12 – Écrire le viol / Réflexions sur l'affaire Weinstein / Le Consentement /
13 – Bicentenaire de la mort de Napoléon /
Décapitation de Louis XVI /
Décapitation de Samuel Paty
14 – 150° anniversaire de la Commune
15 – Ses nouvelles convictions politiques
16 – 35 ans après Chernobylhome
17 - Cahier des futurs désirés pour Corps Ça Vit
18 - En attendant, je pleure
19 - Et puis après, j'ai souri
Livre IV – Baklany / Baïkal - Sillages / la Vie / l'Amour-Agapé
Le théâtre dans la vie / le théâtre et la vie / le théâtre dans le théâtre /
Dans le sillage de Baïkalal
Dans le sillage de Dasha K
Dans le sillage de Marilyn
Livre V – Pharmacon : Tu es Aimé Tu es mon Bien-Aimé
Livre VI – La naissance de Je Suis Vita Nova
Histoire de la vraie vie racontée par Samuel le barbier
le paradoxe de l’écriture du livre d’éternité est que remplir 666 pages en format 16 X 24 pour 81 ans de commerie vide totalement de son énergie,
le scripteur ;
un feu intérieur le consume, particulièrement agressif au niveau de la peau qui le dé-mange,
écorché vif
déquasmant = démasquant
ses écailles et peaux mortes ;
le scripteur ignore comment l’homme va ressortir
de ces vases communicants
de sa Vie à son Livre
de son Livre à sa Vie
VIDE ?
à moitié vide, à moitié plein,
oscillant de moitié en moitié sans retrouver l’UN
=
en langage des oiseaux
VIE D’EUX =
VIE 2
comme maladie = mal a dit comme soigné = soi nié comme guérir = gai rire
le livre d’éternité s’achève dans le rire pour passer à une vie étrange comme étrange = être ange
une histoire de la vraie vie / l'ultime port-folio
/image%2F0551669%2F20161001%2Fob_5b155b_la-havane-12-9-2001.jpg)
Partis en avion le 11 septembre 2001, pour toujours le 19 septembre - Blog de Jean-Claude Grosse
photos prises à Cuba pendant leur dernière semaine du 12 au 19 septembre 2001; photos exhumées et scannées 15 ans après; photos prises par Nadia qui a su nous retrouver et nous les communiquer...
https://les4saisons.over-blog.com/article-ils-sont-partis-le-11-septembre-2001-110337197.html
Le 19 septembre 2021, pour les 20 ans de leur disparition, je n'ai rien célébré; je n'ai fait que dormir, par tranches de 1H 30; ce fut plus fort que moi, une volonté du corps, lourd et douloureux
il est parti sans être parti depuis 18 ans
et je me dis
mais c'était un ressuscité
(comme en parle Jean-Yves Leloup)
"Le mot « résurrection » vient du mot grec anastasis qui signifie « se lever après le sommeil, se poser dans l’espace, dans la hauteur ». Ainsi, celui qui est ressuscité est celui qui est passé de l’état de conscience limitée à un état de conscience sans limite. C’est pour cette raison que dans la tradition on dira que le Christ était ressuscité avant de mourir. Et lorsque saint Jean parle de « vie éternelle » cela signifie que la vie éternelle n’est pas opposée à la mort, qu’elle est avant, pendant et après la vie ; c’est la dimension d’éternité qui est au cœur de la vie.
Et c’est à cette dimension qu’il s’agit de s’éveiller, à ce non-né, non-fait, non-créé, à cette dimension de l’incréé. C’est cela la résurrection. Aussi lorsqu’on dit que le Christ est ressuscité et que nous sommes appelés à la résurrection, cela signifie que nous ne sommes pas appelés à nous réanimer, mais à nous éveiller au cœur de notre finitude, à la dimension d’éternité, dimension que dans un autre langage on appellera l’Eveil…
…Nous avons donc la liberté de nous ouvrir ou la liberté de nous fermer ; nous avons le choix entre l’ouvert et l’enfer. En nous ouvrant au cœur même des conditions dans lesquelles nous sommes, en nous ouvrant à cet infini qui nous habite, nous entrons dans le monde de la résurrection. Dans toutes les traditions, le but n’est jamais la réincarnation mais l’Eveil, la résurrection, la délivrance du Karma.
Dans l’Evangile de Philippe il nous est rappelé (logion 21) que la Résurrection (Anastasis) n’est pas une réanimation…L’Evangile de Philippe, à la suite du Christ, nous invite à nous éveiller dès cette vie à ce qui en nous ne meurt pas et que Saint Jean appelle la Vie éternelle. La vie Eternelle n’est pas la vie « après la mort », mais la dimension d’éternité qui habite notre vie mortelle, et à laquelle il s’agit de s’éveiller comme le Christ avant de mourir.
Par ailleurs l’apôtre Paul précise bien que ce n’est pas notre corps biopsychique qui ressuscite, mais notre corps spirituel « pneumatique ».
Qu’est-il ce corps dit « spirituel » ? Ne se tisse-t-il pas déjà dès cette vie, à travers nos actes de générosité et de don ? Car la seule chose que la mort ne peut pas nous enlever, c’est ce qu’on aura donné. L’Evangile de Philippe insiste sur cette puissance du don, cette capacité d’offrande que le Soter (Sauveur) vient libérer en nous…"
JY Leloup
/image%2F0551669%2F201309%2Fob_48f98a_cyril-au-coeur-le-ger-comme-les-ble-s.jpg)
L'insolite traversée de Cyril Grosse (13/4/1971-19/9/2001) - Blog de Jean-Claude Grosse
Réalisation d'un court documentaire d'archives photos et vidéos sur l'insolite traversée de Cyril Grosse (1971-2001). Au piano et au chant, Dasha Baskakova. hommage à Cyril Grosse réalisé par...
couvertures des livres en traduction; une partie des participants au café culture du bar de Dardennes et un pilier de bar, vendredi 15 octobre 2021 de 18 H 30 à 20 H
/image%2F0551669%2F20211012%2Fob_9c2ebe_couverture-et-ton-livre-d-eternite2.jpg)
Et ton livre d'éternité ? Jean-Claude Grosse + Vita Nova - Blog de Jean-Claude Grosse
couverture provisoire; photographie argentique d'Hélène Théret Et ton livre d'éternité ? Jean-Claude Grosse + Vita Nova format 16 X 24, à paraître le 29 novembre 2021 après la fête du livr...
https://les4saisons.over-blog.com/2021/03/alors-ton-livre-d-eternite-tu-le-rends-quand/l-auteur.html
roman de 666 pages à paraître le 29 novembre 2021 pour le 11° anniversaire de la disparition de l'épousée dont la question je sais que je vais passer, où vais-je passer m'a mise en mouvement
Confessions / Alain Cadéo
Confessions
(ou les spams d'une âme en peine)
Alain Cadéo
Éditions La Trace, 2021
Qui souhaiterait recevoir les mails délirants d’un parfait inconnu prétendant être une âme perdue entre Ciel et Terre ?
Comment et pourquoi ces satanés messages ne s’effacent qu’une fois lus ?
Qui répondrait à cette farce inquiétante et macabre d’un étranger dérangeant, un fantôme, devenant objet de haine, de sarcasmes ou d’amour ?
cher monsieur Gaspard Staccato,
J'ai reçu les premiers de vos mails dans ma boîte spams, indésirables plus exactement (j’ignore quel logiciel à la con décide de ce qui est indésirable ou pas ; pour ma part, je regarde toujours ma boîte indésirables et assez souvent, j'en sors quelques-uns pour les placer dans la bonne boîte, j'en ai 6, épinglés quand même spam)
et je dois vous dire que je me régale car ce qui est fabuleux avec vos messages d’âme errante, c’est qu’on peut en inverser les signes comme se retourne un gant.
Vous semblez souhaiter être d'une noirceur absolue, trou noir avalant toute possibilité de lumière (et il suffit de croire à cela pour qu'effectivement, on devienne noir absolu, éructant cris, injures, jurons, vomissant l'espèce) mais paradoxe, tout trou noir, selon Stephen Hawking, produit de l'évaporation.
L'évaporation d'un trou noir, qui se traduit par le rayonnement de Hawking (dit aussi de Bekenstein-Hawking), est le phénomène selon lequel un observateur regardant un trou noir peut détecter un infime rayonnement de corps noir, évaporation émanant de la zone proche de son horizon des événements soit à la surface d'un trou noir, le point de non-retour au-delà duquel rien ne peut sortir. Par extension il s'agit de la séparation pour un observateur entre la région de l'espace-temps d'où aucun signal ne peut lui parvenir et celle où il se trouve.
Ainsi donc, lecteur du trou noir que vous semblez vouloir être, je vois s'évaporer un infime rayonnement qui me permet de recevoir votre transparence dans l'opacité où vous vous installez.
De voir que couleur de lie, vomi deviennent couleur de paradis, nectar, ambroisie. De sentir la lourdeur de la douleur affirmée, affichée s'alléger en bulles de savons de Marseille ou d'Alep, en soupirs et caresses de zéphirs. Je ne vais pas compléter cette grille de lecture qui grille vos envois, vos renvois comme rots de mauvaise digestion car en fait, vous digérez, déféquez, assimilez fort bien. Hypocondriaque par choix et pas par destin de la condition humaine, vous êtes d'une santé de malade.
Bref, on peut passer de l’enfer ou du purgatoire que vous décrivez au paradis en changeant de lunettes, des roses au lieu des noires
et on peut chevaucher avec des bottes de sept lieues ou même s’embourber, s’envaser et s’en sortir en tirant sur ses bottes comme fait l’ami amphibien Münchhausen par bootstrap.
Et d'ailleurs, c'est ce qui se produit. La petite communauté qui vous lit, ayant saisi qu'en lisant, votre message, aléatoire quant aux destinataires s'efface, vous répond, chacun à sa façon et là, leurs messages de vivants ne s'effacent pas, vous obligent au dialogue et par cette médiation, vous amènent à vous transformer, à vous métamorphoser, chenille devenant papillon selon le processus si bien décrit par Deepak Chopra :
«Les biologistes ont découvert qu’à l’intérieur des cellules du tissu de la chenille, il y a des cellules appelées cellules imaginatives. Elles résonnent sur une fréquence différente. De plus, elles sont si différentes des autres cellules de vers que le système immunitaire de la chenille les prend pour des ennemis et tente de les détruire. Mais de nouvelles cellules imaginatives continuent d’apparaître, et de plus en plus…
Soudain, le système immunitaire de la chenille ne peut plus les détruire assez vite et elles deviennent plus fortes en se connectant les unes aux autres pour former une masse critique qui reconnaît leur mission de réaliser l’incroyable naissance d’un papillon.
En 1969 Margaret Mead a déclaré : « Nous ne devons jamais douter qu’un petit groupe de citoyens motivés et déterminés puisse changer le monde. Ce sera certainement ainsi que, malgré tout, nous nous sommes trouvés.
Je crois fermement, comme beaucoup d’autres, qu’il y a une effervescence évolutive dans le tissu de la société actuelle. Malgré la clameur de la peur, de la cupidité, de la surconsommation et de la violence qui s’exprime à travers le tissu social, il existe une union d’hommes et de femmes que nous pouvons appeler des cellules imaginatives, qui révèlent un monde différent, une transformation, une métamorphose. »
Le poète uruguayen Mario Benedetti a écrit : « Que se passerait-il si un jour, au réveil, nous réalisions que nous sommes la majorité ? » Je prétends que les cellules imaginatives domineraient et feraient sortir le papillon d’un monde de vers. C’est le temps de l’éveil. Des groupes de cellules imaginatives se rassemblent partout ; elles commencent à se reconnaître ; elles développent les outils d’organisation pour augmenter le niveau de conscience, afin que la prochaine étape de notre société humaine se manifeste, pour créer une nouvelle société qui cessera d’être une chenille et deviendra un papillon.
Une nouvelle dimension de la Vie, une société plus compatissante et plus juste, une humanité enracinée dans le bonheur et la compréhension mutuelle…
Soyez des cellules enthousiastes ! Connectez-vous avec les autres, rassemblez-vous, rassemblez-vous… et unissons-nous tous pour construire une Humanité Nouvelle !»
Comme j'aime être concret, voici une histoire de la vraie vie qui parlera à l'âme errante qu'est Gaspard Staccato.
UN SALE MOMENT À PASSER par Annie Bergougnous
La première chose que je trouve en arrivant chez Edmée,
cent cinq ans,
est le contrat "Pompes funèbres",
que quelqu'un a posé sur la table du séjour
à la vue de tous.
À son nom.
Edmée,
pas encore morte,
ne cesse de regarder vers la fenêtre, le doux soleil venant la saluer.
Boit avec plaisir une pleine tasse de tisane additionnée de miel que j'ai laissée refroidir.
Après s'être assise péniblement.
muette,
elle regarde à ses pieds, la nacre du carelage scintiller.
Elle se penche pour le toucher.
Elle balance ses pieds comme une enfant au bord d'une balançoire.
Patiente,
je la sens penser.
Ne proteste pas lorsque je coiffe soigneusement ses longs cheveux soyeux.
Son regard me suit silencieusement.
Je la laisse en compagnie de l'astre solaire.
Toute seule,
dans cette maison dont plus personne n'ouvre les fenêtres.
Elle attend,
Impuissante, au fond de son lit tout blanc.
Elle attend le rdv ultime,
bouclée à double tour,
là,
nichée au fond du petit jardin regorgeant d'oiseaux.
Combien de temps,
ce temps va-t-il durer ?
Mon coeur me fait mal
mais il faut pas,
on me dit "c'est le processus".
Et ce p-tain de soleil.
Qui continue d'irradier,
parfaitement indifférent.
Cela,
- son indifférence,
il n'en a que faire.
Ce n'est pas son rôle.
Ce que je n'accepte pas, personnellement, c'est de la part du corps médical (médecin, infirmiers et même aides de vie) d'objetiser un être humain en fin de vie; chacun se déresponsabilise en utilisant un vocabulaire formaté et un comportement protocolaire purement et à peine technique.
Edmée meurt ?
Ok, "c'est le processus".
Mais est-ce une raison pour ne plus la nourrir (plutôt que de lui proposer une nourriture solide qu'elle ne peut plus ingurgiter, POURQUOI le médecin ne lui propose-t-elle pas des produits adaptés tels eaux gelifiées etc) et l'hydrater, la laver ?
Ce "processus"(sic) entraine tout un vocabulaire déshumanisé qui déshumanise les personnes soignantes et Edmée elle-même, qu'on laisse livrée à elle-même,
-parce-que-c'est-le-processus.
Question : combien ce processus met-il de temps à arriver à son terme ? Des jours, voire des semaines où un être humain meurt ET dépérit par dénutrition et déshydratation, voire négligence hygiénique aussi
Ce cynisme monstrueux et ces négligences sont révoltants.
Ce "traitement" déshumanisant un "encore être vivant en fin de vie", en "déjà mort" alors qu'il ne l'est pas encore, m'interroge beaucoup.
À quoi j'ai répondu : pour Edmée, tente d’aller parce qu’elle en est là, jusqu’à son être le plus profond, le vrai
tout ce que tu fais est essentiel, soins et affection mais vois-la non comme quelqu’un aux yeux terreux qui voit avec terreur la mort arriver mais comme quelqu’un qui dépouillé de tous les masques d’hier, d’avant-hier révèle son être le plus intime, son souffle, ce qui fait qu’elle vit et non survit, son souffle, expression du Souffle. Son souffle même court est à chaque inspir, à chaque expir, un échange cosmique, une communion avec le Tout ; avec l'inspir c'est toute la mémoire de l'évolution qui la pénètre ; avec l'expir, c'est la restitution d'un poison potentiel, le dioxyde de carbone pour recyclage par la grande purification végétale planétaire ; donc, comment l'accompagner dans son souffle, sans mots.
« Chacun de nos souvenirs est une interprétation, chacun de nos désirs est un choix. Notre vrai moi est celui qui fait une interprétation ou un choix. Les pensées naissent du karma. Toute notre histoire est inscrite dans la moindre de nos pensées et chacune engendre nécessairement la suivante. La plus fugace d'entre elle contient toute notre histoire karmique depuis le commencement des temps. Et avant de mourir, notre dernière pensée recèle la totalité de notre karma. » Deepak Chopra, Ma science de la vie, p.81.
Ce matin, en me promenant sur la restanque où sont les arbres dédiés dont le tien, un acte à faire s’est offert à moi, ce n’est surtout pas une idée que j’ai eue
l’acte a consisté à couper les lianes de lierre mort entourant l’olivier Annie
j’ai posé l’intention que cet acte livré aux potentialités infinies de l’univers soit un jalon de ton déchaînement, de ta libération des répétitions toxiques, des entraves empêchant le déploiement de tes capacités créatrices
après l’intention, vient l’attention, être à l’écoute, percevoir les coïncidences, voire synchronicités, accueillir ce qui s’offre souvent sous forme anodine, presque imperceptible, sans attente de résultat ni action volontaire
donc, cet acte offert n’est pas une aide que je voudrais t’apporter, il est offert par la bienveillance de la source, du souffle qui crée sans cesse
je ne suis que le passeur de cette bienveillance ou amour inconditionnel, agapé qui ne fait pas de distinction entre les êtres et en même temps aime chacun dans sa singularité
c'est le pharmacon qui m'a libéré du tourniquet mental, la CAC 40, la conscience analytique cérébrale, puissance 40, encore plus toxique que le CAC 40 : tu es aimé, tu es mon bien-aimé.
voilà pour ce moment de partage
accueille-le avec légèreté, sans culpabilité, évacue par rituels inventés le négatif, les pensées tourne-en-rond, pose des attitudes positives.
Je pense que l'auteur Alain Cadéo, auteur des Confessions de Gaspard Staccato mais aussi de Lettres en vie, livre écrit en lien avec l'unité de soins palliatifs pendant 6 ans, un jour par semaine, de l'hôpital de La Seyne saisit très bien la différence entre l'écriture empathique, compasionnelle des Lettres en vie et l'écriture d'un volontairement obscur à soi voulant tout de même éclairer, éveiller quelque lecteur de ses spams
mais sent-il intimement que la personne qui lit mes mots n'est ni dans son corps ni dans son cerveau : elle n'est pas là ; ce qui est lu est localisé, le processus d'observation, de lecture est partiellement localisé : à telle heure, en tel endroit de l'espace-temps ; mais l'observateur, le lecteur n'est pas localisée ni localisable, c'est un esprit, pas un corps, un cerveau. Corps, cerveau sont des incarnations unifiés par l'esprit qui est partout à la fois, non-localisable et cosmique.
Affectueusement, d'esprit à esprit.
Jean-Claude Grosse, Le Revest, mercredi 6 octobre 2021
/image%2F0551669%2F20201019%2Fob_71b6cd_lettres-en-vie.jpg)
Lettres en vie / Soins palliatifs / Alain et Michel Cadéo - Blog de Jean-Claude Grosse
un livre d'exceptions, un livre pour oser, un livre d'édification; quand la poésie et la peinture sont forces vives, donnant à vivre Lettres en vie six années de rencontres au sein de l'unité ...
https://les4saisons.over-blog.com/2020/10/lettres-en-vie.html
/image%2F0551669%2F20221208%2Fob_343b47_l-impitoyable-aujourd-hui.jpg)
/image%2F0551669%2F20221208%2Fob_472a81_l-impitoyable-aujourd-hui.jpg)
/image%2F0551669%2F20221208%2Fob_00dd3f_la-guerisseuse.jpg)
/image%2F0551669%2F20221208%2Fob_7723c1_eternite-couv.jpeg)
/image%2F0551669%2F20221128%2Fob_ecf27b_capture-d-ecran-2022-11-28-a-15-45.png)
/image%2F0551669%2F20221128%2Fob_638e86_capture-d-ecran-2022-11-28-a-15-52.png)
/image%2F0551669%2F20221128%2Fob_8ad6cb_capture-d-ecran-2022-11-28-a-15-53.png)
/image%2F0551669%2F20221128%2Fob_792d24_capture-d-ecran-2022-11-28-a-15-46.png)
/image%2F0551669%2F20221128%2Fob_aa20ec_capture-d-ecran-2022-11-28-a-15-49.png)
/image%2F0551669%2F20221128%2Fob_e9757a_capture-d-ecran-2022-11-28-a-15-50.png)
/image%2F0551669%2F20221128%2Fob_e8a5c6_capture-d-ecran-2022-11-28-a-15-56.png)
/image%2F0551669%2F20221128%2Fob_ecbd79_capture-d-ecran-2022-11-28-a-15-54.png)
/image%2F0551669%2F20221128%2Fob_c0ceba_capture-d-ecran-2022-11-28-a-15-58.png)
/image%2F0551669%2F20221128%2Fob_0c5c4e_capture-d-ecran-2022-11-28-a-15-57.png)
/https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2FQE3P-yIhV38%2Fhqdefault.jpg)
/image%2F0551669%2F20221127%2Fob_5d2536_annie-autel-intime.jpg)
/image%2F0551669%2F20221127%2Fob_1f9064_annie-eclairee-par-led.jpg)
/image%2F0551669%2F20221127%2Fob_0cd859_annie-magnifique-improbable.jpg)
/image%2F0551669%2F20221127%2Fob_075b2d_annie-puissante.jpg)
/image%2F0551669%2F20221127%2Fob_80d574_annie-jc-corps-ca-vit.jpg)
/image%2F0551669%2F20221127%2Fob_2b2e24_iris-du-22-11-2022.jpg)
/image%2F0551669%2F20221127%2Fob_a2cfbd_olivier-dedie-annie.jpg)
/image%2F0551669%2F20221127%2Fob_8f6092_2-oliviers-dedies-marcel.jpg)
/image%2F0551669%2F20221127%2Fob_6924b5_parterre-a-olives.jpg)
/image%2F0551669%2F20221127%2Fob_94996a_front-de-mer.jpg)
/image%2F0551669%2F20221127%2Fob_a5ea8d_corniche-a-vertige.jpg)
/image%2F0551669%2F20221127%2Fob_7b4a6c_savane-seche.jpg)
/image%2F0551669%2F20221127%2Fob_23474a_sentier-collinaire.jpg)
/image%2F0551669%2F20221127%2Fob_28d369_sentier-de-colline.jpg)
/image%2F0551669%2F20221127%2Fob_837507_rituel-annie.jpg)
/image%2F0551669%2F20221127%2Fob_5c15f1_licorne-annie.jpg)
/image%2F0551669%2F20221127%2Fob_7cc5a5_propos-de-petite-fille-6-ans.jpg)









/image%2F0551669%2F20221013%2Fob_73aed2_livres-en-cours.jpg)
/image%2F0551669%2F20221013%2Fob_a566be_310858837-1863698630638583-31773033535.jpg)
/image%2F0551669%2F20221013%2Fob_9f39aa_310958442-5586541454725054-74265953327.jpg)
/image%2F0551669%2F20220816%2Fob_4bd6c7_couverture-le-siecle-de-conche.jpg)
/image%2F0551669%2F20220816%2Fob_4d8857_couverture-l-ame-et-le-corps.jpg)
/image%2F0551669%2F20220816%2Fob_99badc_couverture-conchedef.jpg)
/image%2F0551669%2F20220815%2Fob_7f57bb_capture-d-ecran-2022-08-12-a-22-24.png)
/image%2F0551669%2F20220816%2Fob_9261ca_la-vie-chagall.jpg)
/image%2F0551669%2F20220816%2Fob_a60871_tre-attracteur.jpg)
/image%2F0551669%2F20220816%2Fob_4c677c_le-vinyle-cosmique.jpg)
/image%2F0551669%2F20220816%2Fob_b98bd4_corbeau-zele.png)
/image%2F0551669%2F20220815%2Fob_fb5470_le-chaudron.jpg)
/image%2F0551669%2F20220816%2Fob_51be89_green-washing.jpg)
/image%2F0551669%2F20220815%2Fob_378f65_j-ai-peur-j-epure.jpg)
/image%2F0551669%2F20220815%2Fob_386806_l-amour-de-la-vie.jpg)
/image%2F0551669%2F20220815%2Fob_35a30b_osons.jpg)
/image%2F0551669%2F20220816%2Fob_75322f_futurs-desires.jpg)
/image%2F0551669%2F20220815%2Fob_734ab2_80-page1-e-card5.jpg)
/image%2F0551669%2F20220816%2Fob_af386a_racines-et-rocher.jpg)
/image%2F0551669%2F20220816%2Fob_f1e405_les-peupliers.jpg)
/image%2F0551669%2F20220815%2Fob_4b8a31_emmanuelle-la-chaise.jpg)
/image%2F0551669%2F20220815%2Fob_aeb91e_32-nasrine.jpg)
/image%2F0551669%2F20220815%2Fob_099f8b_l-ange.jpg)
/image%2F0551669%2F20220816%2Fob_60583b_arbre-dans-la-tete.jpg)
/image%2F0551669%2F20220816%2Fob_89ff65_chene-au-feminin.jpg)
/image%2F0551669%2F20220816%2Fob_783586_fontaine-de-leca.jpg)
/image%2F0551669%2F20220816%2Fob_fdac56_autel-naturel.jpg)
/image%2F0551669%2F20220816%2Fob_7c42a3_harmmonie-naturelle.jpg)
/image%2F0551669%2F20220816%2Fob_efe214_harmonie-verte.jpg)
/image%2F0551669%2F20220816%2Fob_b6a25c_riverette.jpg)
/image%2F0551669%2F20220816%2Fob_a4eb09_rocher-des-sorcieres.jpg)
/image%2F0551669%2F20220816%2Fob_481bf7_jardin.jpg)
/image%2F0551669%2F20220817%2Fob_42d0a9_300059041-1820548768286903-39810278608.jpg)



































/image%2F0551669%2F20220520%2Fob_c0606b_31w3uf-dn0l-sx298-bo1-204-203-200.jpg)
/image%2F0551669%2F20220614%2Fob_bd0fff_les-jumeaux.jpg)
/image%2F0551669%2F20220614%2Fob_bd503f_les-jumeaux1.jpg)
/image%2F0551669%2F20220614%2Fob_b5297f_un-morceau-se-balade.jpg)
/image%2F0551669%2F20220408%2Fob_237d3d_264864480-10216303165371656-2030107155.jpg)
/image%2F0551669%2F20220408%2Fob_f00e87_foetus.png)
/image%2F0551669%2F20220408%2Fob_3954e0_cvt-le-processus-7456.jpg)
/image%2F0551669%2F20220408%2Fob_80ebd8_le-ciel-au-ventre.jpg)
/image%2F0551669%2F20240222%2Fob_b47437_les-cellules-buissonnie-res.jpg)
/image%2F0551669%2F20220514%2Fob_05c789_280356450-3217582688567146-14504139429.jpg)
/image%2F0551669%2F20220514%2Fob_343122_280496718-945352132825112-236156954038.jpg)
/image%2F0551669%2F20220514%2Fob_db68bb_280239148-398299612167942-461642651493.jpg)
/image%2F0551669%2F20220514%2Fob_b15801_280048488-1102740636948085-88247745861.jpg)
/image%2F0551669%2F20220518%2Fob_60f24b_tu-peux-voir-le-corps.jpg)
/image%2F0551669%2F20220518%2Fob_0efb93_et-pour-lui-l-ange.jpg)
/image%2F0551669%2F20220518%2Fob_f4d8e7_la-mort-a-ses-images.jpg)
/https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2FyvKZGdzkBmI%2Fhqdefault.jpg)
/https%3A%2F%2Fsize.blogspirit.net%2Fscriptorium-marseille.fr%2Fwww%2F560%2Fmedia%2F00%2F01%2F4178959650.jpg)
/https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2F_wqWp1J7hjo%2Fhqdefault.jpg)
/https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2Fvg6xoAZEaRE%2Fhqdefault.jpg)
/image%2F0551669%2F20221126%2Fob_b31323_vincent-la-soudiere.png)
/image%2F0551669%2F20211128%2Fob_7cf529_img-4539.jpeg)
/image%2F0551669%2F20211128%2Fob_bc17bc_img-4540.jpeg)
/image%2F0551669%2F20211128%2Fob_c756d5_img-4541.jpeg)
/image%2F0551669%2F20211128%2Fob_6dde5c_img-6384.jpg)
/image%2F0551669%2F20211128%2Fob_1ca580_img-6386.jpg)
/image%2F0551669%2F20211128%2Fob_346a7d_img-6393.jpg)
/image%2F0551669%2F20211128%2Fob_74302d_img-6394.jpg)
/image%2F0551669%2F20211128%2Fob_152112_img-6395.jpg)
/image%2F0551669%2F20210720%2Fob_acf7bc_vignette-marie-morel-pour-jean-claude.jpg)
/image%2F0551669%2F20210720%2Fob_107db2_vignette-marie-morel-pour-jean-claude.jpg)
/image%2F0551669%2F20211012%2Fob_d2dc38_vignette-marie-morel-pour-jean-claude.jpg)
/image%2F0551669%2F20210720%2Fob_a62bac_natuno.png)
/image%2F0551669%2F20210720%2Fob_070f45_existerup.png)
/image%2F0551669%2F20210720%2Fob_0d95b0_dibujodos.png)
/image%2F0551669%2F20211128%2Fob_24b384_4-de-couv.png)
/image%2F0551669%2F20211128%2Fob_a46cba_une-page-d-e-ternite.jpg)
/image%2F0551669%2F20211016%2Fob_ec84c2_ob-4d6f42-9.jpg)
/image%2F0551669%2F20211016%2Fob_78233b_ob-d7d27e-32.jpg)
/image%2F0551669%2F20211016%2Fob_102c87_image-0551669-20200911-ob-837631-pdf-c.jpg)
/image%2F0551669%2F20211016%2Fob_e5945f_img-2911.jpg)
/image%2F0551669%2F20211016%2Fob_3f2b62_img-3036.jpg)
/image%2F0551669%2F20211016%2Fob_016de3_img-2927.jpg)
/image%2F0551669%2F20211016%2Fob_f8be52_img-3893.jpg)
/image%2F0551669%2F20211016%2Fob_ae3307_0-couverture-les-pieds-tanques.jpg)
/image%2F0551669%2F20211016%2Fob_02c428_1603-057-histoire-places-couv.png)
/image%2F0551669%2F20211007%2Fob_5d49fa_confessions.jpg)
/image%2F0551669%2F20211007%2Fob_5b386c_lettres-en-vie.jpg)