(mise à jour : )
Ce blog est consacré à la culture et aux arts, aux questions politiques et sociales. Et depuis deux ans au développement personnel, à l'éveil spirituel.
de retour à Corsavy depuis le samedi 24 juillet 7 H 44 après 4 H 40 d'autoroute depuis Le Revest (450 kilomètres et deux pauses de 10', partis à 3 H 04), j'ai vite constaté la présence de nouveaux bancs, plus d'une dizaine pour un village de 217 habitants recensés plus les gens au camping, dans les résidences secondaires, le contraire de ce qui se fait dans les villes, genre Toulon (3 bancs, place de la Liberté, tout est fait pour dissuader SDF, marginaux, paumés); déjà de nombreuses rencontres, discussions (faut dire que j'ose m'adresser aux gens, même les inconnus; ma gueule de moine zen, crâne rasé, barbe rasée tous les 10 jours donc tantôt vieux, tantôt gamin semble favoriser les échanges) et une surprise: l'enseignante de français à l'université de New York qui vient l'été à Corsavy avec son mari, professeur de sport à l'université aussi, m'a dit qu'elle traduisait ma pièce Histoire de places, offerte il y a deux ans (l'été dernier, ils n'étaient pas venus) et qui avait été créée en Avignon off en 2016; pour vous allécher, sachez que Dennis Meadows (Halte à la croissance, club de Rome, 1972) avait acheté le mas de la Taillède avec un scientifique hollandais Hubert de Vries (je les avais rencontrés tous les deux; leur projet refusé par la direction départementale de l'agriculture les a amenés à revendre le mas, aujourd'hui néo-zélandais)
je profite de mes déambulations pour proposer le Cahier des Futurs Désirés, issu de deux réunions d'intelligence collective en août-septembre 2020
Comme la démarche initiée en 2020 est dans la perspective d’un changement de paradigme, voici trois textes de lumière pouvant nous éclairer :
PAR LES VILLAGES
“Joue le jeu. Menace le travail encore plus. Ne sois pas le personnage principal. Cherche la confrontation. Mais n'aie pas d'intention. Évite les arrière-pensées. Ne tais rien. Sois doux et fort. Sois malin, interviens et méprise la victoire. N'observe pas, n'examine pas, mais reste prêt pour les signes, vigilant. Sois ébranlable. Montre tes yeux, entraîne les autres dans ce qui est profond, prends soin de l'espace et considère chacun dans son image. Ne décide qu'enthousiasmé. Échoue avec tranquillité. Surtout aie du temps et fais des détours. Laisse-toi distraire. Mets toi pour ainsi dire en congé. Ne néglige la voix d'aucun arbre, d'aucune eau. Entre où tu as envie et accorde toi le soleil. Oublie ta famille, donne des forces aux inconnus, penche toi sur les détails, pars où il n'y a personne, fous toi du drame du destin, dédaigne le malheur, apaise le conflit de ton rire. Mets toi dans tes couleurs, sois droit, et que le bruit de feuilles devienne doux. Passe par les villages, je te suis." PETER HANDKE.
«Les biologistes ont découvert qu'à l'intérieur des cellules du tissu de la chenille, il y a des cellules appelées cellules imaginatives. Elles résonnent sur une fréquence différente. De plus, elles sont si différentes des autres cellules de vers que le système immunitaire de la chenille les prend pour des ennemis et tente de les détruire. Mais de nouvelles cellules imaginatives continuent d'apparaître, et de plus en plus... Soudain, le système immunitaire de la chenille ne peut plus les détruire assez vite et elles deviennent plus fortes en se connectant les unes aux autres pour former une masse critique qui reconnaît leur mission de réaliser l'incroyable naissance d'un papillon.
En 1969 Margaret Mead a déclaré : "Nous ne devons jamais douter qu'un petit groupe de citoyens motivés et déterminés puisse changer le monde. Ce sera certainement ainsi que, malgré tout, nous nous sommes trouvés. Je crois fermement, comme beaucoup d'autres, qu'il y a une effervescence évolutive dans le tissu de la société actuelle. Malgré la clameur de la peur, de la cupidité, de la surconsommation et de la violence qui s'exprime à travers le tissu social, il existe une union d'hommes et de femmes que nous pouvons appeler des cellules imaginatives, qui révèlent un monde différent, une transformation, une métamorphose.
Le poète uruguayen Mario Benedetti a écrit : "Que se passerait-il si un jour, au réveil, nous réalisions que nous sommes la majorité? Je prétends que les cellules imaginatives domineraient et feraient sortir le papillon d'un monde de vers. C'est le temps de l'éveil. Des groupes de cellules imaginatives se rassemblent partout ; elles commencent à se reconnaître ; elles développent les outils d'organisation pour augmenter le niveau de conscience, afin que la prochaine étape de notre société humaine se manifeste, pour créer une nouvelle société qui cessera d'être une chenille et deviendra un papillon. Une nouvelle dimension de la Vie, une société plus compatissante et plus juste, une humanité enracinée dans le bonheur et la compréhension mutuelle...
Soyez des cellules enthousiastes ! Connectez-vous avec les autres, rassemblez-vous, rassemblez-vous... et unissons-nous tous pour construire une Humanité Nouvelle !»
(On dit qu’il faut être 7% de créatifs culturels, de cellules imaginatives pour faire muter le système de l’intérieur). DEEPAK CHOPRA
Et pour les 5 enfants de Corsavy ayant participé le 27 août 2020
"Das Lied vom Kindsei" ("Lorsque l’enfant était enfant"), Peter Handke
Lorsque l’enfant était enfant,
Il marchait les bras ballants, Il voulait que le ruisseau soit une rivière
Et la rivière un fleuve, Et que cette flaque d’eau soit la mer.
Lorsque l’enfant était enfant,
Il ne savait pas qu’il était enfant, Pour lui, tout avait une âme
Et toutes les âmes n’en faisaient qu’une.
Lorsque l’enfant était enfant,
Il n’avait d’opinion sur rien, Il n’avait pas d’habitude
Souvent, il s’asseyait en tailleur, Partait en courant,
Il avait une mèche rebelle, Et il ne faisait pas de mines quand on le photographiait.
Lorsque l’enfant était enfant, vint le temps des questions comme celles-ci : Pourquoi est-ce que je suis moi et pourquoi est-ce que je ne suis pas toi ? Pourquoi est-ce que je suis ici et pourquoi est-ce que je ne suis pas ailleurs ? Quand a commencé le temps et où finit l’espace ? La vie sous le soleil n’est-elle rien d’autre qu’un rêve ? Ce que je vois, ce que j’entends, ce que je sens, n’est-ce pas simplement l’apparence d’un monde devant le monde ? Est-ce que le mal existe véritablement ? Est-ce qu’il y a des gens qui sont vraiment mauvais ? Comment se fait-il que moi qui suis moi, avant que je le devienne, je ne l’étais pas,
Et qu’un jour moi qui suis moi, je ne serai plus ce moi que je suis ?
[…] Lorsque l’enfant était enfant, Il s’est réveillé un jour dans un lit qui n’était pas le sien Et maintenant, ça lui arrive souvent. Beaucoup de gens lui paraissaient beaux Et maintenant, avec beaucoup de chance, quelques-uns. […]
Lorsque l’enfant était enfant, Le jeu était sa grande affaire Et maintenant, il s’affaire comme naguère Mais seulement quand il s’agit de son travail.
Lorsque l’enfant était enfant, Les pommes et du pain lui suffisaient comme nourriture, Et c’est toujours ainsi. […]
Au sommet de chaque montagne, il avait le désir d’une montagne encore plus haute,
Et dans chaque ville, le désir d’une ville encore plus grande, Et c’est toujours ainsi. […] Un inconnu l’intimidait, Et c’est toujours ainsi. Il attendait la première neige et toujours il l’attendra.
Lorsque l’enfant était enfant, il a lancé un bâton contre un arbre, comme un javelot Et il y vibre toujours.
Pendant ce mois d'août 2021, je vais tenter de réunir quelques filles et quelques garçons de 10 à 13 ans et leur proposer d'écrire une légende pour Corsavy. L'idée m'en est venue quand Rosalie, 13 ans, m'a demandé de lui raconter une histoire. Ça a donné ceci : une sirène, va savoir pourquoi, s'était égarée dans les bois, une forêt immense avec au milieu une petite mer. La sirène s'accrocha aux branches, sauta de branche en branche et finit par s'arrimer au mât d'un trois mâts sans matelots ni capitaine. Une violente tempête provoquée par des vents violents fit couler le trois mâts et la sirène retrouva son élément. Là, Rosalie en quelques minutes, démonta ce récit, m'en montra les illogismes.
25 participants à la réunion du 27 août 2020, salle des fêtes de Corsavy, 5 enfants, 20 adultes dont 2 « touristes » qui ont fait secrétaires de séance
de 8 à 85-86 ans
des habitants permanents et secondaires du village et des habitants de mas (5)
3 élus dont le maire
déroulement:
- présentation de la soirée:
réunion d’harmonie et d’harmonisation pour des futurs désirables pour Corsavy
réunion visant à produire par écritures individuelles des scénariis de futurs désirables
les textes écrits seront rassemblés dans un classeur mis à disposition des gens à la mairie
les textes écrits seront édités d’ici un an, avec d’autres éventuellement à venir, par Les Cahiers de l’Égaré, maison d’édition animée par JCG depuis 1988
ce livre sera vendu à prix coûtant (5 €) dès l’été 2021 et fera ainsi trace
- 2 temps d’écriture à partir de 18 H 10
- 1° travail d’écriture, coeur ou raison: en quelques points, pas plus de 10, en faisant abstraction de vos peurs, de ce que vous croyez être des limites, que souhaitez-vous le plus, que désirez-vous le plus pour le futur à 6-10 ans pour Corsavy ; faites parler votre cœur, votre imagination mais si vous préférez la raison que souhaitez-vous de plus raisonnable pour Corsavy ?
- restitution à partir de 18 H 30 par chacun de son travail, sans discussions, ni commentaires
- 2° travail d’écriture, jeu avec l’inconscient, si puissant, générer des coïncidences, poser des intentions
1 mettre Gratitude en acrostiche, soit 9 lignes puis un mot par lettre.
2 chacun choisit 2 mots de son acrostiche
3 chacun relie ses 2 mots par à, de, par, pour ou sans. Cela devient le titre de son texte
4 écrire son texte en incluant rêve, désir, gratitude, corsavy et les autres mots de l’acrostiche
- restitution par chacun, à partir de 19 H 40, de son acrostiche, sans discussions ni commentaire
- remarque: un participant, le plus ancien, n’a pas « joué » le jeu des écritures;
il a cependant pris longuement la parole pour dire ce qu’il souhaitait partager;
ce fut le moment respect de la « différence »
- fin de réunion, 20 H 15
ma participation
Jean-Claude, 79 ans : futurs désirables pour Corsavy ; gratitude envers ce qu'offre Corsavy c'est-à-dire « profiter » de ce que nous donne Corsavy avec en retour se demander ce que l'on peut offrir (pas seulement « consommer » bon air, beau ciel étoilé, tempêtueux ciel orageux, beaux paysages, gibier, champignons, truites, saucisse catalane, escargots grillés, viande d'agneau et fromages de brebis, de chèvres, miels, mûres et framboises mais aussi remercier en paroles, en actes) ; retrouver ou trouver une nouvelle agriculture nourricière sur les terrasses inexploitées en pratiquant la permaculture (légumes, fruits, céréales, plantes médicinales, châtaignes, vers à soie...) ; retour partiel à la terre avec des jeunes ou familles passionnées par la sobriété heureuse ; favoriser des implantations en télé-travail. Gravitation Réalité Altitude Terre Interaction Temps Uchronie Démocratie Elévation. Réalité de l'élévation. Corsavy est territoire de gravitation et terre de magnétisme. Montagnes, vallées, torrents pèsent lourds et attirent-repoussent. Corsavy est terre d'altitude. Tout y est vivant, puissant, sacré, en interaction. Corsavy par ses estives est terre de libre pâturage, terre de démocratie, d'égalité entre règnes minéral, végétal, animal et espèces. Nous humains ne devons plus nous mettre au centre mais trouver notre place sans supériorité. Corsavy est terre de Vie, de temps immémorial, d'Eternité. Corsavy est terre d'uchronie (de fictions, de légendes écrites, de légendes non formulées, latentes, à écrire), propice aux rêves, aux désirs d'harmonie, d'élévation. Corsavy est propice à la pratique de l'essentielle solitude pour « communier » avec tout ce qui existe, sans dispersion, sans distraction.
(Parenthèse de JCG : Le passage de la "tête" au "coeur", de la mise en valeur à la mise en vie, ça c'est le plus difficile à comprendre pour les gens. Se déposséder de toute attente personnelle pour laisser vivre, indépendamment de soi. D'où la difficulté de la projection dans le futur car "on n'y sera plus". Aller du centre à la périphérie. Peut-être formuler une consigne dans ce sens. L'humain n'est plus au centre de Corsavy. Il regarde, il vit Corsavy dans une harmonie avec l'ensemble du vivant. Comment pourrait-il définir sa place, son identité, dans un système où l'oiseau, la vache, l'herbe, auraient la même valeur que lui? Actuellement l'humain ne voit qu'à travers lui. Son environnement n'est qu'utilitaire, même du point de vue de la beauté, c'est un beau décor. On en profite. Reconsidérer tout cela. Se placer dans la peau d'un arbre pourquoi pas ? Un de ces vieux qui en a vu depuis des siècles et qui vit en parfaite symbiose avec son entourage.
Trouver un autre vocabulaire, qu’on soit dans une démarche de gratitude, de respect du vivant
Pour une chose obtenue, retirée, extraite, une action de grâce-une offrande comme autrefois dans les sociétés animistes ; hier, les récits fondateurs du passé mythique éclairaient, organisaient le présent et le futur (oracles, offrandes…) ; aujourd’hui, si on ne veut pas que les dystopies de catastrophe (cinéma américain évidemment) se réalisent, il nous faut écrire les histoires d’un futur désirable ; évitons le vocabulaire de la maîtrise : pas de mise en valeur, d’exploitation du territoire ; parler de terreau, d'humus, plus que de territoire.
un parmi la cinquantaine de documents que j'ai rassemblés sur le changement de paradigme nécessaire; en cours de lecture Réparons le monde de Corine Pelluchon qui vient de recevoir le prix de la pensée critique Günther Anders (l'auteur essentiel de l'obsolescence de l'homme)
Notre capacité à relever le défi climatique et à promouvoir plus de justice envers les autres, y compris envers les animaux, suppose un remaniement profond de nos représentations sur la place de l’humain dans la nature. Dès que nous prenons au sérieux notre vulnérabilité et notre dépendance à l’égard des écosystèmes, nous comprenons que notre habitation de la Terre est toujours une cohabitation avec les autres. Ainsi, l’écologie, la cause animale et le respect dû aux personnes vulnérables ne peuvent être séparés. De plus, la conscience du lien qui nous unit aux autres vivants fait naître en nous le désir de réparer le monde et de transmettre une planète habitable. C’est à cette éthique qui n’a rien à voir avec des injonctions moralisatrices et culpabilisantes que ce recueil ouvre la voie.
un mois d'intelligence collective : 19 août-19 septembre 2020 ont abouti à Corps Ça Vit au Cahier des Futurs Désirés, 48 pages au format 21 X 29,7
19 août 2020, lettre d’appel à la réunion du 27 août 2020
- 19 septembre 2020, réunion conclusive
217 habitants recensés, 105 votants aux municipales de mars 2020
40 participants aux réunions conflictuelles sur l’emplacement de l’antenne 4G, mercredi 29 juillet et lundi 3 août 2020
(en 2021, de ces réunions conflictuelles, sont sorties des réunions de concertation entre les différentes parties et un consensus s'est fait sur l'emplacement le plus approprié, celui du Pla de Couma comme proposé par les opposants et pas au-dessus de la Tour de Corsavy)
(je ne suis pas aller voir si les deux slogans antagonistes ont été effacés sur le mur à l'entrée du village : Non à l'antenne / Non aux doryphores. Oui à l'antenne)
25 à la réunion d’harmonie et d’harmonisation du 27 août
8 à la réunion conclusive du 19 septembre =>
une radiographie de Corsavy aujourd’hui
pendant ce mois de pratique d’intelligence collective, un seul geste d’hostilité (l’enlèvement d’une affiche plastifiée sur un portail « privé » ai-je appris plus tard où étaient déjà affichés des documents) ; beaucoup de silence (quelques personnes sont venues à ma rencontre pour me parler ou me communiquer leurs propositions : Thierry, François, Elisabeth, Charlène, Jean, Rolande, Mireille, Roland, Antoine, Denise) ; des gens se sont excusés de ne pouvoir venir ; sur une liste de plus de 60 adresses mails, 3 à 4 retours à mes messages d’appels ou de compte-rendus => une radiographie de Corsavy aujourd’hui
8 personnes à la réunion conclusive = 8% des 105 votants = le % de créatifs culturels, de cellules imaginatives nécessaire pour que des changements s’opèrent, même minimes. Des graines ont été semées qui se développeront pendant que d’autres s’épuiseront avant terme.
C’est la Vie à Corps Ça Vit
Ce 2° Cahier après celui sur Qui est Antigone aujourd'hui ? est disponible depuis le 22 octobre 2020.
ISBN 978-2-35502-121-3, format 21 X 29,7, 48 pages, PVP : 5 €
gravure de Michel Bories, artiste peintre, enfant du village, 1972, décédé avec son neveu Cyril Grosse, autre enfant du village, écrivain, comédien, metteur en scène, le 19 septembre 2001 à Cuba au triangle de la mort; j'avais envisagé de célébrer les 20 ans de leur disparition (3 semaines du 10 au 30 septembre 2021) avec un réalisateur de FR3 Perpignan, Alain Sabatier (son idée et envie) mais la situation sanitaire ne permet pas cette aventure qui aurait été artistique et littéraire et aurait donné naissance à un film, un peu comme j'ai fait en 2010 en allant avec des artistes au Baïkal, là où Cyril avait créé son dernier spectacle; titre : (c'est possible) ça va ou l'un de nous est en trop (comprenne qui pourra mais le spectacle s'il ne fournissait aucune explication faisait ressentir vivement toutes les émotions éprouvées lors d'un exil comme lors d'un deuil)
Ce 19 septembre 2020, de 19 à 21 H, deuxième réunion sur quels futurs désirés pour Corsavy, le jour du 19° anniversaire de la disparition à Cuba, au triangle de la mort à Jaguëy-Grande de Cyril Grosse et Michel Bories, le neveu et l'oncle, tous deux artistes à se consumer. 19-19-19, insistance du 19, y compris dans la Covid 19. Leur âme participera de la créativité de la rencontre.
gravure de Michel Bories, artiste peintre, enfant du village, 1973, décédé à Cuba, le 19 septembre 2001
Ce 15 octobre 2020 vers 11 H, discussion avec le maire du Revest, informé de la démarche effectuée à Corsavy.
- c'est une démarche intéressante. Dommage que ça ne mobilise pas davantage
- dans l'état actuel des consciences, ça ne peut pas mobiliser beaucoup, ça mobilise au mieux les créatifs culturels, les cellules imaginatives
- ça a au moins eu le mérite de décrisper la situation provoquée par l'emplacement de la 4G ; avec la 5G, on va être confronté à un sacré problème ; comme les antennes font moins de 15 m, les fournisseurs n'auront pas besoin de demander une autorisation ; la seule façon que nous aurons de réagir sera d'empêcher le raccordement sur le réseau électrique; action en justice du fournisseur...
- quand tu penses que ça sera pour voir des films, des séries, du porno sur son smartphone
- oui et pour jouer; plus de vie sociale, le confinement permanent dans sa bulle
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L'insolite traversée de Cyril Grosse
Réalisation d'un court documentaire d'archives photos et vidéos sur l'insolite traversée de Cyril Grosse (1971-2001). Au piano et au chant, Dasha Baskakova.
dans le sillage de Baïkala, testament amoureux de JCG, reproduit sur papier de dentelles végétales par Aïdée Bernard, 5 m de long sur 12 cm, 1 exemplaire d'artiste acheté par la médiathèque Méjanes d'Aix-en-Provence; la subway dress réalisée par Aïdée Bernard; la jupe de correspondance réalisée par Aïdée Bernard (1 jupe achetée par la médiathèque d'Albi); la robe-peau d'Aïdée Bernard
L'éternité d'une seconde bleu Giotto / du papier créé aux mots déposés - Les Cahiers de l'Égaré
du papier créé aux mots déposés bonjour, voici un reportage photos sur un stage de papier de 5 jours du 16 au 20 juillet à Puisserguier, dans l'atelier d'Aïdée Bernard qui a participé au pr...
https://cahiersegare.over-blog.com/2014/07/l-eternite-d-une-seconde-bleu-giotto.html
du papier créé aux mots déposés
Nous serons vieux aussi [A Nouveau, fragments 4]
Pour ce qui est la dernière aventure qu'il nous reste à vivre ... sur le chemin de cette fin de vie, nous avançons tout doucement, certains sans voix, d'autres hurlant comme des bêtes, certains...
un spectacle de Katia Ponomareva, présenté au Chêne Noir en 2013; aujourd'hui elle prépare un dyptique En attendant, je pleure (voir ma note sur ce blog) Et puis après j'ai souri; les titres évoquent la réparation, mot que je préfère à résilience
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en attendant je pleure - Blog de Jean-Claude Grosse
dibujodos par Lucy Pereyra, artiste colombien mardi 6 juillet, nous fûmes 3 dans un appartement de Saint-Denis, vers 21 H 30, à être cueilli par la présentation de sortie de résidence au Begat...
https://les4saisons.over-blog.com/2021/07/en-attendant-je-pleure.html
quel moment, la restitution de la résidence d'écriture d'un mois au begat theater à Gréoux-les-bains; bon vent à ce travail en gestation depuis 8 ans
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toute l'ingénuité de la mouette à tête rouge en 35 secondes, filmée et interrogée par Bernd Lafrenz, comédien allemand; c'était à Corsavy, au-dessus de Batèr...
9 ans après la disparition de Cyril Grosse et de Michel Bories, le 19 septembre 2001 à Cuba (partis le 11 septembre 2001), ce fut celle d'Annie Grosse-Bories, l'épousée pendant 46 ans, en un mois, 29 octobre-29 novembre 2010
https://fr.wikipedia.org/wiki/Lac_de_Grand-Lieu
bienvenue dans les fermes de l'agro-alimentaire vendéen et breton
le magnifique livre numérique de 35 pages qui mériterait d'être accessible par internet pour s'y attarder
Réserve naturelle nationale du Lac de Grand-Lieu Photo satellite du lac (crédit : CNES - Spot Image) Adresse Aires protégées Réserve naturelle nationale du lac de Grand-Lieu (d ), réserve nat...
bienvenue dans le paradoxe : mère Nature nous a créés, en retour nous l'exploitons, elle n'en peut plus, on lui réserve des réserves pseudo-régénératrices, le comble du paradoxe, l'englobant de tout ce qui existe réduit à portions congrues
Lac de Grand-Lieu : protégé, et pourtant pollué - Regarder le documentaire complet | ARTE
Le lac de Grand-Lieu, situé près de Nantes, est un site classé et protégé depuis 40 ans. La biodiversité qu'abrite la réserve naturelle en fait l'un des sites les plus précieux d'Europe. D'...
https://www.arte.tv/fr/videos/105105-000-A/lac-de-grand-lieu-protege-et-pourtant-pollue/
le pavillon de chasse du parfumeur Jean-Pierre Guerlain, aujourd'hui lieu de propositions artistiques surprenantes; rencontre avec la poétesse Marina Tsvetaeva à Saint-Gilles; natuno de l'artiste colombienne Lucy Pereyra
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Une poétesse russe à Saint-Gilles-Croix-de-Vie
Désargentée, volontairement exilée de l'Union soviétique depuis quatre ans et vivant alors à l'étroit avec ses deux enfants à Paris, chez une amie russe qui en a trois, elle veut prendre le ...
https://www.mobilis-paysdelaloire.fr/magazine/livre-lieu/poetesse-russe-a-saint-gilles-croix-de-vie
Massacre d'Oradour-sur-Glane - Wikipédia
Le massacre d'Oradour-sur-Glane est la destruction, le , de ce village français de la Haute-Vienne, situé à environ vingt kilomètres au nord-ouest de Limoges, et l'assassinat de ses habitants (...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_d%27Oradour-sur-Glane
article détaillé, montrant la complexité en particulier du procès de Bordeaux où sont jugés des SS mais aussi des Alsaciens, des malgré-nous, procès qui provoqua des réactions contradictoires en Limousin et en Alsace
tu as quand même réussi à lire, tu as choisi des lectures estivales
Sur le peu de révolution de Bernard Noël et Michel Surya, 71 pages
Liberté, Égalité, Fraternité avec Mona Ozouf, Michelle Perrot, Cynthia Fleury, 75 pages
êtes-vous par l'ardeur à comprendre emportés ?
une chose te frappe : ces écrits, ces entretiens s'appuyant sur l'histoire, la sociologie, intégrant la longue durée chère à Braudel, ne te paraissent pas suffisamment prendre en compte un universalisme plus englobant que celui des droits de l'homme (droits de la Terre, droits du Vivant, de tous les vivants), te paraissent aveugles à ce qui a nom la domination masculine et à ce qui se développe en réaction à cette domination, en particulier, les techniques de développement personnel, d'éveil spirituel (travail sur soi, très méticuleux, au millimètre, avec dans le collimateur la source de toutes les tensions: le jugement; prise de conscience aussi de la place majeure que doit jouer l'Amour inconditionnel, l'agapé; ce que tu ramènes au pharmacon: tu es aimé, tu es mon bien-aimé, objet du roman Alors, ton livre d'éternité, tu le rends quand ?)
un livre édité par La Nerthe, à Toulon, un livre édité par Les éditions de l'aube à la Tour d'Aigues
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Bernard Noël, un solitaire solidaire
Bernard Noël s'est éteint le 13 avril, à l'âge de 90 ans. En En 2016, l'Académie française avait consacré l'ensemble de son œuvre poétique en lui attribuant son Grand Prix de poésie. Reto...
https://www.franceculture.fr/emissions/la-compagnie-des-poetes/hommage-a-bernard-noel
PHILOSOPHIE. « La Nature et l’Homme », de Marchel Conche
Né en 1922, le philosophe Marcel Conche a eu 99 ans le 27 mars. Cela ne l’empêche nullement de réfléchir, ni d’écrire. Pour preuve cette série de 109 fragments où se répondent, comme autant de courts chapitres, interrogations métaphysiques et souvenirs d’une vie. Il est ici question de la nature qui doit remplacer Dieu, d’Héraclite et du changement universel, des femmes aimées, des amis présents ou perdus, des souvenirs toujours vifs d’une enfance rurale – entre autres et tour à tour. Par-dessus tout, avec humour ou gravité, se trouve célébrée la philosophie, considérée comme vocation et choix de vie originaire. Un petit paysan fit à 13 ans des Pensées de Pascal son livre de chevet, ne put aller au lycée, apprit tard le latin et le grec, édita finalement Héraclite aussi bien qu’Epicure et devint professeur à la Sorbonne. La recherche de la vérité organise cette existence, ce qui constitue une rareté. R.-P. D.
compte-rendu du Monde des Livres, rédigé par Roger-Pol-Droit, publié jeudi 6 mai
Est paru, le 27 mars 2021, pour ses 99 ans, le dernier livre de Marcel Conche : La nature et l'homme.
ISBN : 978-2-35502-123-7
192 pages / 19 €
référencé et distribué par Soleils Diffusion, 3 rue Jean Dollfus, 75018 Paris
Avant-propos
La nature est le lieu sans limites où naissent et persistent des mondes innombrables. On peut parcourir indéfiniment la nature : elle est donc in- définie. Mais elle est aussi infinie, car on ne peut rien lui ajouter qui ne serait pas naturel. Un monde est une totalité structurée. Une grenouille perçoit d’innombrables excitations. Ces excitations ne forment pas un ensemble disparate : elles ont une unité car la grenouille est une, l’ensemble des excitations est donc une totalité structurée, un monde. C’est le monde de la grenouille. La grenouille ne peut sortir de son monde, pas plus que le serpent du sien. Autant d’êtres vivants, autant de mondes qui mutuellement s’ignorent. Aucun être vivant ne peut se mettre à la place d’un autre pour percevoir la nature comme il la perçoit. Autant d’êtres vivants, autant de perceptions différentes de la nature. Autre est la cour de la ferme pour le canard, autre pour le crapaud, autre pour le hérisson. Le canard ne peut se mettre à la place du hérisson pour voir la cour de la ferme en hérisson. Mais l’homme non plus ne le peut. La nature se diversifie selon la diversité des êtres qui vivent et la perçoivent. Encore en est-il de même pour la diversité des humains. La forêt n’est pas la même pour le charbonnier, pour le chasseur qui dans les bêtes innocentes voit des proies, pour le peintre ou le poète, et pour le philosophe amateur des chemins qui ne mènent nulle part. Que faire d’autre que d’avancer comme on peut dans l’obscurité des choses ? Depuis quand cette obscurité s’est-elle éclaircie ? Nous sommes, humains, sur la planète Terre. Par quelle cause ? Selon la théorie de la panspermie, les germes de vie sont venus de l’espace, apportés par des météorites ou des comètes. Cela explique le comment. Reste le pourquoi. Après la cause qui explique vient la raison qui justifie. Justifier et montrer que ce qui a lieu est bon, existe en vue du bien. L’homme est sur cette Terre pour faire être le bien, pour agir en vue du bien. « L’homme » ce sont les hommes, les nations, les États. Chaque chef d’État doit avoir en vue, non pas seulement l’intérêt de son État, mais l’intérêt de l’ensemble des États, qui est de réaliser la paix universelle, préface à l’amour universel.
LXVI
Le non engagement
Si l’on considère l’ensemble de ma vie, on peut dire que j’ai choisi le non engagement.
Mon cousin germain Fernand s’est engagé dans l’armée. Il est venu à Altillac se montrer chez mes parents, avec son bel uniforme de sergent-chef. Je n’ai pas vu en lui un exemple à suivre et je ne l’ai pas admiré. Mais j’ai souffert lorsqu’il a été tué à la guerre.
Je n’ai combattu pour aucune cause : ni la cause politique, car je n’ai adhéré à aucun parti, ni la cause nationale, car je ne me suis pas engagé dans la Résistance, contrairement à Marie-Thérèse et à mon père, ni la cause internationale.
Nous vivons tous une brève vie. Il ne faut pas par imprudence, la raccourcir encore – en fumant la cigarette, en buvant des apéritifs alcoolisés, en pré- férant trop souvent le vin à l’orangina, en fatiguant son corps par des efforts excessifs. Il faut surtout ne pas risquer de la raccourcir en s’engageant dans des actions où l’on risque sa vie.
Je pense aux guerres de 14-18 et de 39-45. Je n’ai pas participé à la guerre de 39-45. Il est certain que je n’aurais pas participé à celle de 14-18. Cette certitude tient à la conscience que j’ai de moi-même.
« Connais-toi toi-même » : telle est la leçon des Grecs. Je me connais en ce sens que je sais ce que je veux et aussi ce que je peux vouloir et ne vouloir pas.
Je sais que je ne peux rien vouloir de ce qui porterait préjudice à ceux que j’aime, à mes amis, à mon pays, et qu’au contraire, je veux travailler de façon à réaliser une œuvre qui ait de la durée.
Vienne la nuit sonne l’heure Les jours s’en vont je demeure
Certes, je vais mourir. Mais mon âme ne meurt pas, car mon âme est dans les livres. Et comme auteur de mes livres, mon nom est dans le dictionnaire Larousse, lequel ne disparaîtra qu’avec la civilisation.
Ne pas s’engager c’est ne pas risquer de faire naufrage, c’est ne pas susciter des rivaux et des jalousies, c’est préserver ses forces comme Napoléon le faisait de sa garde. Ne pas s’engager, c’est aussi laisser les événements suivre leur cours, sans intervenir plus que sur des phénomènes météorologiques.
LXXIV
Le moi et Héraclite
Puisque « tout s’écoule », selon Héraclite, le moi, comme toutes choses doit s’écouler. Pas plus que le fleuve dans lequel on entre à midi n’est le même que celui dans lequel on est entré ce matin, le moi qui s’éveille le jeudi matin ne saurait être le même que celui qui s’est endormi le mercredi soir. Cependant la carte d’identité me dit que c’est la même personne. Si la société devait tenir compte du fait que chaque personne varie sans cesse, l’ordre social serait impossible, et même l’ordre familial. Le père reste le « père », le fils reste le « fils », l’oncle reste « l’oncle », même si chacun a beaucoup changé. Certes rejoignant Alfred après plusieurs années où il était au Maroc, je puis dire : « Comme il a changé ! ». Je le reconnais néanmoins. Nous faisons continuellement abstraction des changements que nous constatons chez les personnes, nous rangeant au point de vue de la société qui veut qu’elles soient les mêmes. Le « tout s’écoule » d’Héraclite est une vérité philosophique qui contredit l’expérience et la vie quotidiennes. Pour Héraclite, le fixe n’est qu’une apparence. Il n’y a rien de fixe. Même la tour Eiffel bouge quelque peu. Or, l’homme agit, et il ne pourrait agir si son action ne pouvait s’appuyer sur des choses fixes, telles que la charrue, la bicyclette, le tracteur, les outils (du menuisier, du charpentier, etc.). La philosophie fait voir les choses en profondeur et dans ce qu’elles ont d’éternel. Mais l’on vit dans le présent et l’écoulement, entre le passé, écoulé et voué au non-être, et l’avenir, non encore écoulé. Sous la fixité des apparences, la mouvance maintient son règne. Car tout se meut, s’écoule et, écoulé, va au néant. De toutes les actions de l’homme, de toute l’histoire humaine, que peut-il rester au bout de 106 milliards d’années ? Mais l’âme n’est pas à oublier. La religion et certains philosophes disent qu’elle est immortelle. Mon âme est dans mes livres. Ai-je une âme autre que celle qui est dans mes livres ? Je n’incline pas à le croire – tout en suspendant mon jugement.
Marcel Conche, philosophe, psychologue et moraliste
Dans ce nouveau livre, le philosophe Marcel Conche se révèle un étonnant psychologue et moraliste. Il rappelle l'importance qu'il donne à la nature, mais analyse aussi avec finesse divers senti...
une note de lecture de Yvon Quiniou
note de lecture de Gérard Lépinois
note de lecture de Jacques Larrue
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| Chapeau Marcel ! |
La voix du Moloch
Sandrine-Malika Charlemagne
préface René de Ceccatty
collection Souffles
Velvet
L'auteur de La voix du Moloch, lauréate du CNL pour ce livre, est présentée p. 9. Présentation classique de C.V.
Je préfère vous la présenter au travers de son témoignage audio et écrit paru le 14 février 2021 dans Front Populaire. Le jour de la Saint-Valentin, alors qu'elle constate combien difficile semble être de pouvoir vivre en harmonie. Et pourtant. N’est-ce pas vers cet idéal qu’il nous faudrait tendre tous ensemble ? Sans distinction de « race » ou de religion. Elle dit idéal et non rêve, utopie. L'harmonie comme idéal mais aussi comme réalité quand jouent l'orphéon du village, la fanfare du quartier, l'orchestre symphonique de la région, quand le choeur féminin-masculin du pays chante L'hymne à la joie de Beethoven. Chacun sa partition, son instrument et de ces identités, de ces différences sous la houlette du chef d'orchestre ou de choeur, une œuvre, à l'unisson, en harmonie.
Moi, Sandrine-Malika C., métisse, prolétaire, fille d’un père algérien (cuisinier) et d’une mère française (vendeuse au Printemps), je revendique ici mon altérité et mon refus de m’inscrire dans une case. J’ai passé mon enfance dans un petit deux-pièces du 10e arrondissement de Paris, sans douche et sans eau chaude. C’était dans les années 80. Je partageais ma chambre avec ma sœur cadette, Sabrina. Mes parents dormaient dans la salle à manger. La précarité fut notre lot. Les sorties culturelles inexistantes, les achats superflus bannis du budget, les habits achetés le plus souvent chez Tati, aucun vêtement de marque à la maison. Il fallait faire avec à l’école, malgré la honte d’être une gamine qui n’était pas fringuée à la mode. Rêver d’un jean Levis ou Lee Cooper et regarder les boutiques des magasins parisiens avec envie. Et se demander parfois ce qu’on faisait dans cette ville qui vous offrait tant alors que vous aviez si peu à dépenser. Par chance, vous n’étiez que quatre dans votre 33 mètres carrés. Pour ta mère, nourrir deux petites bouches, c’était déjà bien difficile. Tu n’oses imaginer ce qu’il en aurait été si vous aviez été plus nombreux … Ta mère disait souvent : « Vous me coûtez trop chers ! Je me crève au boulot, tout ça pour les marmots ! » La misère peut rendre fou. Fou de frustrations. Fou de désirs inassouvis. Et en conduire certains sur de mauvais chemins. Ce qui serait ton cas. Suivie par la PJJ (protection de la jeunesse judiciaire) pendant un an. Mais grâce à ton éducateur, qui saurait trouver les mots justes, tu fuirais les magouilles à la petite semaine et chercherais à te construire avec d’autres outils. Les moyens du bord. Non, je n’étais pas une jeune victime mais une jeune fille-femme à qui la chance faisait défaut et qui devait se battre plus que celles et ceux mieux lotis qu’elle. Je suis donc une française d’origine algérienne par son père, et picarde par sa mère. Alors qui suis-je ? … Pas 100% algérienne pour rentrer dans la case « racisée ». Pas 100% européenne pour rentrer dans celle de « la blanchité ». C’est pourquoi je préfère l’altérité, l’appartenance multiple. Les liens du sang ne sont-ils pas rouges pour tous ? Sans doute ce que nous oublions. La couleur du sang. La même pour tous. C’est pourquoi aussi je préfère la foi tranquille, sans prosélytisme, sans chercher à imposer à d’autres des valeurs qui ne sont pas les leurs. Et que je préfèrerais en rire si je voyais un petit Mahomet nu sur une trottinette ou en robe de chambre sur un âne, plutôt que d’en appeler à la vengeance, au lynchage … Je ne reconnais le sacré que dans la bonté et l’humilité des cœurs. Et combien je me sens révoltée quand la mort frappe. Attentats terroristes. Bavures policières. Les guerres. Oh combien difficile semble être de pouvoir vivre en harmonie. Et pourtant. N’est-ce pas vers cet idéal qu’il nous faudrait tendre tous ensemble ? Sans distinction de « race » ou de religion … Mais voilà. Le plus souvent, les humains ne sont pas ainsi. Au contraire, ils raffolent de distinctions, ça évite de perdre son temps à essayer de comprendre les gens, ça permet de les ranger dans une petite case, ou de leur coller une étiquette sur le front. Ce qui est fort dommageable, c’est qu’on en arrive à se haïr et à s’entretuer au nom de ces petites étiquettes. Et qu’au nom de telle ou telle cause, des hiérarchies s’établissent. A se demander si nous ne participerions pas collectivement à un concours, une sorte de marathon, dont le prix serait décerné à la plus « victimisée » des victimes. Quel est donc ce monde, où une telle course semble le seul moyen de retrouver la paix ? Je dédie ces mots à mon père, mort à 49 ans, enterré en Algérie, et à ma mère qui, à l’âge de 65 ans, s’est enfin offert un ballon d’eau chaude, pour son deux-pièces à Paris.
Lettre-témoignage publiée dans Front Populaire, 14 février 2021
Un roman titré La voix du Moloch demande qu'on s'interroge sur qui est le Moloch ?
1- Dans la démonologie chrétienne, Moloch est le Prince du pays des larmes, qui se repaît des pleurs des mères à qui l'on vole leurs enfants.
Dans le roman, la voix du Moloch envahit, possède Alice, la fille détestée par sa mère. Moloch est cette voix intérieure, ce démon dont l'emprise séductrice est irrésistible.
La mère, elle, n'entend que des voix, mauvaises conseillères, pour choisir ses dadas au tiercé. Arrivée à l'âge de la retraite, de plus en plus dépendante, elle ne rêve que de gagner gros par le jeu, le hasard heureux, la chance, elle qui n'a gagné que si peu par le travail. Evidemment, cela ne se produit pas.
Aparté d'un vieux tentant de devenir sage : L'abondance ne s'obtient pas ainsi. C'est de la mauvaise abondance, imitant l'abondance des riches, abondance souvent mal gagnée, non partagée et qui déhumanise ceux qui croit la posséder alors qu'elle les possède, les dépossède de leur être au profit de leurs avoirs. L'abondance ne vient que si on en pose l'intention, que si l'on fait attention aux coïncidences et synchronicités (pas au hasard), que si on livre-délivre l'intention au Tout, à la Source, au Souffle, que si l'on n'attend pas le résultat, que si on laisse faire, que si on lache prise.
La fille entend la voix du Moloch l'invitant, l'incitant à tuer sa mère, devenue quasi-clocharde, quasi-folle, internée, et dont la fille habitée par la haine, autre visage de l'impossible rupture du lien familial, a honte. Honte de sa mère, honte d'elle-même, hontes en miroir, hontes en cascades. Les préparatifs du meutre sont étalés dans le roman jusqu'au passage à l'acte dans le chapitre 13. Las, le coup de fusil tiré dans la nuque de la mère ne l'a pas tuée parce que la balle est restée à un endroit du canon. Coup de tonnerre. On comprend que ce projet pour lequel elle sollicite ou tente de solliciter des amis est un projet destiné à ne pas se réaliser. Alice ne sera pas une meutrière. Elle n'est pas dans le dilemme : tuer ou mourir puisqu'elle tente plusieurs fois de vaines tentatives de suicide tout en envisageant le meurtre. L'ambivalence d'Alice envers elle-même comme envers sa mère est sa prison mentale, faite d'envie d'amour, de tendresse et de haine, faite de hontes multiples et aussi de fierté, de dignité, de devoir.
Aparté d'un vieux tentant de devenir sage : la psychologie à l'oeuvre dans cette autofiction, nourrie d'auto-biographie (mais inutile de chercher à démêler) est ce qu'on appelle la psychologie victimaire. Victime, c'est toujours la faute à l'autre, aux autres. C'est une position confortable puisqu'on est dans son bon droit, puisqu'on réclame justice, reconnaissance. Si lutte, il y a, elle est légitime et généralement sont légitimés les moyens de la lutte, même illégaux. C'est le fameux distinguo entre droit naturel et droit positif. Mais Alice même si elle cite Daniel Bensaïd, même si elle semble tentée par la lutte révolutionnaire (on pose une utopie, un projet, un idéal, d'harmonie entre les gens pour elle) ou anti-capitaliste (on est contre, systématiquement contre ce système, on est dans la préservation des acquis, dans d'évenuelles extensions de droits, on s'accommode en fait du système en prétendant le combattre) est bien obligée de constater l'apathie de sa mère, son incapacité à envisager une sortie, une issue par le haut. De même pour les luttes collectives. Elle est surprise par le fait que la colère réelle, sourde de millions de gens ne produise pas des raz de marée de contestation, d'insurrection, de désobéissance, de prise et d'exercice de pouvoirs jusque-là refusés, inaccessibles.
Le roman d'Alice (pas celui de Sandrine) est le roman de toutes les sortes de vie qu'elle côtoie, pratique dans 3 arrondissements de Paris, le XVIII°, le XI° et le X°.
2 - Par analogie, Moloch désigne Individu, institution ou chose barbare, cruel(le), qui exige des sacrifices. État moloch, moloch économique. La Dette est le Moloch auquel sont sacrifiés les plus nombreux, les plus démunis, les plus précaires, les générations futures.
L'unité nationale est devenue une sorte de divinité terrible, un Moloch, auquel les Français sacrifient la diversité ethnique, linguistique et historique de leurs provinces, comme autrefois les Carthaginois leurs enfants. Le Monde, 9 sept. 1981.
Dans le roman, il est question de ces sujets particulièrement clivants : identité, diversité, migrants, assistés, marginaux. Alice a la chance d'avoir la peau blanche. Cette métisse aux longs cheveux épais ne passe pas pour une arabe. Elle est préservée en partie des insultes, humiliations des racistes comme elle est préservée de la soumission aux rituels religieux. Précaire mais cultivée, Alice a des outils pour apprécier la vie. Le paradoxe de ce roman, c'est qu'Alice la haine-la hyène nous fait vivre par petits tableaux et récits de très beaux moments de poésie. Impossible de détester la ville. Avec Alice, nous partageons des moments de vie intenses et authentiques, avec Nicole, avec Aminata. Alice aime la vie, nous la fait aimer, elle nous fait aimer ses amours, Juba, Michel et d'autres, elle nous fait aimer son quotidien, les terrasses de cafés où on se livre, les balades à toute heure, surtout le soir, au bord du canal de l'Ourcq ou les soirées où tout est possible, chez Marie, la femme d'un couple libre à la Beauvoir-Sartre.
3 - Metropolis est le film incontournable sur la ville-Moloch.
Le roman se passe dans certains quartiers de Paris, XVIII°, XI°, X°. Paris est-elle ville-Moloch ? Le quartier de La Chapelle, la Goutte d'or sont des lieux de la précarité à Paris. Les tentes sous le pont de la Chapelle montrent-cachent la marginalisation des migrants livrés à la débrouille. Les tentes sous les ponts du canal montrent-cachent la marginalisation des SDF livrés aussi à la débrouille. Aucun misérabilisme dans les récits d'Alice. Des descriptions en empathie, en compassion avec ces frères et sœurs de condition, avec la même couleur de sang : rouge. La débrouille, c'est aussi ce qui caractérise la bohême artiste que fréquente Alice. Il y a une porosité des milieux (bourgeoisie bobo et artistes) permettant le frottement si pas le mélange, l'assimilation en place de la ségrégation, de la discrimination.
La voix du Moloch n'a pas le côté terrifiant, glaçant annoncé par l'évocation de ce démon sanguinaire, cruel. Et cela par la grâce avec laquelle Alice vit sa vie de précaire, de bohême.
Au bout de la patience, il y a le ciel. Un des proverbes d'Aminata.
Aparté d'un vieux tentant de devenir sage : Sandrine-Malika Charlemagne est sur un chemin d'éveil qui lui fera découvir que l'important, l'essentiel est le travail sur soi, travail lent, exigeant, patient, humble pour se connecter-reconnecter en clairvoyance, en clairaudience avec le Tout, la Source, le Souffle.
It’s not the daily increase but daily decrease. Hack away at the unessential. — Bruce Lee
Ce n’est pas l’augmentation quotidienne, mais la diminution quotidienne. Supprimez ce qui n’est pas essentiel.
En Dyonisie, le 7 juin 2021, 10 H 00.
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La voix du Moloch Sandrine Malika Charlemagne
Sandrine-Malika Charlemagne préface René de Ceccatty collection Souffles L'auteur de La voix du Moloch, lauréate duu CNL pour ce livre, est présentée p. 9. Présentation classique de C.V. Je p...
ma note sur médiapart
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La Voix du Moloch - Sandrine-Malika Charlemagne
La voix du Moloch Sandrine-Malika Charlemagne préface René de Ceccatty collection SoufflesVelvet L'auteur de la voix du Moloch, lauréate duu CNL pour ce livre, est présentée p. 9. Présentatio...
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La voix du Moloch par Sandrine-Malika Charlemagne
L'auteur de La voix du Moloch, lauréate du CNL pour ce livre, est présentée p.9. Présentation classique de C.V. Je préfère vous la présenter au travers de son témoignage audio et écrit par...
ma note sur le salon littéraire
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Les sans papiers de la Chapelle
Écritures Nomades
http://ecrituresnomades.weebly.com/les-sans-papiers-de-la-chapelle.html
quelle expérience d'aller à la rencontre des sans papiers de La Chapelle; le lendemain de notre immersion, c'était l'évacuation du campement par bulldozers, arrachant tout; et le surlendemain d'en retrouver aux abords du square jouxtant la célèbre église Saint-Bernard, entre la rue Saint-Mathieu et la rue Saint-Bruno
Jean-Claude Grosse
Les marchands
il y a longtemps
un philosophe a inventé
sur papyrus grec
la cité idéale la cité communiste
les enfants étaient retirés aux parents éduqués par la cité
les femmes libérées occupaient les mêmes fonctions que les hommes
les citoyens délibéraient la cité était gouvernée par le philosophe-roi
les marchands n'avaient pas droit de cité restaient aux portes de la cité
les échanges se faisaient à l'extérieur de la cité par des citoyens incorruptibles
parce que les marchands sont des voleurs des corrupteurs
les marchands étaient sous contrôle dans la cité idéale de Platon
les marchands ont vendu le philosophe communiste comme esclave à un roi-philosophe
lui c'est une figure de légende
il a chassé les marchands du Temple
il a pris une longue corde avec un gros nœud au bout il l'a faite tournoyer
elle cinglait les visages et les jambes des marchands courant dans tous les sens
les étalages des étals s'étalaient par terre
les affamés de Judée se vautraient dans les restes de substantifique moelle
les marchands ont crucifié le justicier
le temps passe
l'eau coule sous les ponts de Paris
sous le pont de La Chapelle il n'y a pas d'eau
sous le pont de La Chapelle il y a des migrants
sous le pont de La Chapelle il y a des rêves
on veut rejoindre l'Europe
on veut l'asile politique
on veut la maison
on veut l'argent pour vivre
on veut la santé gratuite
on veut faire venir la famille
sous le pont de La Chapelle il y a des rêves
de là-bas
de pays quittés
d'Érythrée
d'Éthiopie
de Somalie
du Mali
du Soudan
du Niger
du Tchad
de Libye
de Mauritanie
d' Afghanistan
du Pakistan
du Maroc
de Tunisie
là-bas il y a les marchands de rêves
ici il y a les marchands de sommeil
partout il y a les marchands d'armes
marchands de canons
marchands de Rafale
marchands de mines anti-personnelles
marchands de kalachnikov
marchands de Mistral
partout il y a les marchands d'argent
les prêteurs aux taux d'usure
les traders à la nanoseconde
partout les marchands de corps
de femmes de filles et fillettes
de garçonnets à enculer
les marchands d'organes
les marchands de drogues
les marchands de cultes
de prédictions d'avenir de pronostics
de passé à ne pas oublier pour manipuler
shoah génocides crimes contre l'humanité
les marchands de graines de semences d'OGM
les marchands de terres de biens immobiliers
les marchands d'art d'oeuvres d'art et de faux
heureusement il passe tous les soirs
pour faire le noir
le marchand de sable
il n'est pas passé pour moi la nuit dernière
sous le pont de La Chapelle je suis allé
sous le pont de La Chapelle j'ai écouté
j'ai écouté Rachid 51 ans parti depuis 2002 du Maroc
sous le pont depuis le 28 février 2015
j'ai écouté Hassan 28 ans parti du Maroc depuis 2006
sous le pont depuis le 8 mai 2015
ils m'ont parlé
je leur ai donné de quoi téléphoner au pays
Rachid a laissé une femme et deux filles 12 et 17 ans
Hassan n'a pas de femme
sous le pont de La Chapelle une belle Africaine m'a accroché
je lui ai offert des makrouts
achetés pour donner au hasard sous le pont
j'aurais bien accepté une tentation
j'ai reçu le sourire de deux jeunes Érythréennes
assises sur des matelas
il m'a transpercé
sourire de l'innocence de la grâce
aucun sourire de cette beauté dans nos cités polluées
et là sous le pont de La Chapelle
l'annonciation
l'évidence
l'humanité peut être belle
le soir dans mon lit
je me suis branlé
le midi je m'étais lancé dans l'apologie de la maxime d'Épicure
le bonheur malgré tout
Épicure se promenant et voyant le campement sous le pont de La Chapelle
passe son chemin
ne répond pas aux bonjours
ne met pas un billet dans la gamelle sur le trottoir
ne jette pas un œil sur la musulmane voilée qui en voiture
apporte un grand plat de semoule et une cocotte de légumes
de quoi pour 10
20 se jettent dessus
s'arrachent les assiettes
des chameaux furieux dit Rachid
Yanna me dit c'est pareil au pays des castes
si ces migrants sont là c'est à cause de leur karma
il y a de l'expiation dans l'air
on ne doit pas intervenir
et au pays des castes on n'intervient pas
Rachid dit les Italiens sont égoïstes
les Français sont bons
les flics italiens sont cool
les flics français sont féroces
tous les migrants passent par la Libye
pas de visa
tu prends l'avion
tu débarques
tu paies un bateau pour traverser
tu peux ne pas débarquer
nous on a débarqué en Italie
le train la France
on ne rêve pas d'arriver à Calais pour passer la Manche
on n'a pas la gare du nord en point de mire ni l'eurostar
l'Angleterre ne nous tente pas
notre vie sous la tente c'est pas marrant
entre communautés c'est pas marrant
y a que 2 toilettes de chantier
on arrive à se doucher 2 fois par semaine
les gars de la corne d'Afrique veulent pas se laver
leur douche c'est la pluie
j'ai tenté d'assurer la propreté
de ramasser les pollutions
je vois un gars pisser dans une bouteille
lui demande la bouteille pour l'évacuer
il la jette dans la rue où elle explose
des sauvages ces Africains
ils ne méritent pas l'Europe
quand des Africains apportent de la nourriture
ce n'est que pour les leurs
ils sont musulmans
et ils font la charité à une vitesse
ils ne méritent pas le paradis
oui la vie sous la tente c'est pas tentant
2 petits dej offerts par Jaurès
des assos nous aident un peu à survivre
France Terre d'asile rue Doudeauville
oui je vois la queue plusieurs fois par semaine
quand je conduis Rosalie à l'école
ils sont forts à Terre d'asile
ça demande des mois
en tout cas crois pas
que la vie sous la tente sous le pont de La Chapelle c'est un choix
non je ne le crois pas
ce qui me paraît
le mot manque
c'est que la vie précaire
la vie errante
la vie sous tente
la vie de tente en tente
ça peut durer des années
incroyable
je suis là dans mon petit confort
qui suppose que l'enfer soit installé ailleurs
je suis là à rêver de sécurité
toutes les sécurités avec les clefs allant avec
ce qui suppose que l'insécurité règne ailleurs
et des hommes survivent aux conditions de vie que nous leur infligeons
le lendemain soir
seul dans mon lit
j'ai posé la question à voix haute
essaiera-t-on l'hypothèse communiste ?
le baiser/6 juillet 2003 au Revest pour notre remariage, mis en scène par Katia Ponomareva; le baiser à Corsavy photographié par Shakespeare, Bernd Lafrenz
Annie à Le Quesnoy en 1966. Et en Grèce, à Naxos. "Il y a peu, j'ai trouvé cette photo. Elle a été prise en Grèce, à Naxos. Nous avions parcouru l'île à moto. Annie avait son petit rire frais des jours légers et cette envie de tout voir, de s'émerveiller de tout, jusqu'au moindre caillou. J'avais envie de la partager avec vous aujourd'hui." Maïté G.
aucune fiction, les derniers mails envoyés aux amis qui ont pu suivre le voyage d'Annie
Chers amis, mail 6 du 29 novembre 2010
je demande à Vitya et à Katia de redescendre de Paris, le week-end à venir sera décisif
ils arrivent le 27 à 11 H 47
je prends 3 H pour les informer de façon détaillée et pour qu'on adopte la bonne attitude
nous voyons Annie vers 15 H 30, heures normales, le médecin nous montre le scanner
décision de retrait thérapeutique étalée sur deux jours
tous les produits actifs sont arrêtés
seuls les soins de confort sont prodigués
Annie partira naturellement
elle est dans le coma depuis le matin, fin de matinée du 27
24-25-26 c'était un semi coma sans échange verbal, avec quelques réactions
27-28, nous pouvons passer tout le temps que nous voulons avec Annie
Katia et Vitya passent la nuit du 27 au 28
Katia qui doit jouer 5 fois à Bruxelles repart sur Paris le 28 au soir
elle sait que c'est la fin
elle ne sait pas quand
Annie sait (on le lui a dit) que Katia s'en va
Vitya passe la nuit du 28 au 29
pour le 29, vous savez: 14 apnées entre 16 H 15 et 21 H
14 comme son jour de naissance
29 comme le jour de naissance de Katia
14° apnée dernière au moment du retour de Vitya
merci Annie
Vitya repart aujourd'hui car lui aussi joue à Pau et au Mans
ils seront à Corsavy le 6 décembre, seul jour disponible pour ces deux artistes responsables
je vous salue
je signe
Jean-Claude, Katia, Vitya, Guillaume, Rosalie, Olga, Kristian
Chers amis, mail 7 du 29 novembre 2010
Annie est partie ce 29 novembre à 21 H
la mouette a plongé 14 fois en apnée entre 16 H 15 et 21 H
la 14° fut la dernière
son amie du Nord est arrivée à 19 H 30 pour les 6 dernières apnées
Vitya, parti à la 8° apnée par obligation à la maison, est revenu à la 14° apnée, à temps; l'a-t-elle attendu ?
chaque apnée suivie au monitoring fut une épreuve
(n'imaginez pas ! rien ne vaut le réel)
un jour, parce qu'on s'est raconté des histoires d'espoir, je raconterai l'histoire vraie de ce mois (29 octobre, entrée à Sainte-Anne, 29 novembre, sortie de la vie)
ça s'appellera: La Mouette (quel défi !)
je vous donnerai les détails de la suite du voyage dès que je les connaîtrai
en tout cas, on sera à Corsavy le 6 décembre, seul jour où je peux réunir Katia et Vitya, pris par leurs engagements
mais très présents, très accompagnants pour ce départ
nous avons eu le temps de nous préparer: 27-28-29
elle nous a laissé ce temps
elle a pris son temps
battante jusqu'au bout
passez la nouvelle de ce départ à vos amis car je dois oublier des destinataires
évitez de me répondre ou téléphoner dans les jours qui viennent
je n'assurerai pas le café-philo du 30 novembre au Liber Thé
je ne serai pas à la réunion des EAT MED le 4 décembre à Nîmes
je ne sais pas encore pour la pause-philo du 11 décembre à Hyères
Jean-Claude Grosse
Chers amis, mail 8 du 1° décembre 2010
Nous sommes le 1° décembre, il est 7 H. Il pleut sur le toit que je venais de faire hydrofuger, en accord avec Annie mais elle, déjà à l’hôpital. Nous avions mis des années à trouver une solution à une infiltration nous obligeant aux bassines.
L’eau, encore l’eau, l’eau du cerveau, l’eau du Baïkal, la goutte d’eau, source de vie écrivais-je pour le bocal agité d’août, source de mort, aurais-je dû penser aussi, pas assez héraclitéen. Et disparaître, c’est encore de l’eau, c’est l’eau du corps qui part en premier. Quel est son chant ?
Mon ami Marcel Conche, (qui va sur 89 ans), un des plus proches dans ce drame par téléphone ayant le refus de l’internet, n’est pas encore informé. J’attends que sa 2° opération en un mois ait eu lieu (aujourd’hui, 1° décembre) et qu’il soit revenu chez lui. Le 6 décembre.
Le père d’Annie (qui va vers 89 ans et qui vit chez nous depuis le 28 novembre 2008) n’est pas informé non plus. En 2001, il avait été très affecté par la disparition de Michel, son fils, et de Cyril, son petit-fils. Je crois sage l’attitude que nous avons adoptée. Je ne l’informerai que s’il nous demande où est Annie. Chaque jour où nous sommes allé à l’hôpital, nous lui avons dit que nous allions la voir et il nous disait de l’embrasser bien fort, la « pauvrette », terme catalan affectueux. Mais comme il mélange les temps, nous espérons qu’il ne réalise pas, pas trop. Quand il tourne dans la cuisine, il fait de nombreuses haltes (des TOC, dit-on) et devant la photo de Cyril, si je lui demande qu’est-ce qu’il regarde, il me répond : je regarde mon papa.
C’est un vrai personnage, ce papy. Après des mois d’agressivité contre lui, contre Annie qui me l’avait imposé (bien que ce soit moi qui l’ai amené d’office à la maison en 2008, à sa sortie de la clinique de Céret où on me l’avait décrit comme atteint de schizophrénie aigue) j’ai fini par me faire à lui et nous sommes en train de devenir un couple de veufs. Il est le dernier de la famille Bories (il y a bien Félix, le fils de Michel, vu à l’exposition de Collioure en 2009, mais nous n’arrivons pas à avoir de relations entre nous). Et donc, on va s’en occuper du mieux qu’on peut tant que sa forme est plutôt bonne.
Ne croyez pas que je m’étale. En vous écrivant, (pas tout, j’ai d’autres moments d’écriture, intimes), je constitue et rassemble sans doute les matériaux du livre pour et sur Annie : La Mouette.
Hier, j’ai souhaité votre silence parce qu’il me fallait le temps d’organiser le début du voyage d’Annie.
C’est fait.
Voici donc les modalités :
Samedi 4 décembre à partir de 16 H jusqu’au dimanche 5 décembre à 24 H, donc toute la nuit du 4 au 5 où nous veillerons, vous pourrez voir Annie à Toulon, Étoile funéraire des Lys, 22 boulevard Ferdinand de Lesseps.
C’est tout en haut du cimetière central. Je ne connais pas encore le nom du salon de réception mais comme Annie la solaire vous guidera, vous trouverez.
Ce que nous souhaitons : une cérémonie non religieuse, une cérémonie inventive, personnelle, partageuse entre gens se connaissant et gens se découvrant ; pas d’avis de décès, surtout dans Var-Matin ; c’est donc le mail à mail, le bouche à oreille qui vont fonctionner ; prévenez qui a aimé Annie ; rien n’a été demandé à la municipalité Musso du Revest (surtout pas un espace public pour une cérémonie civile, laïque, pourtant souhaitée ; Annie a trop souffert de ce que Musso a fait à son homme en septembre 2004 après les fêtes de juillet 2003 pour les 20 ans des 4 Saisons du Revest, continuées en 4 Saisons d’ailleurs, une des activités que je garderai)
- pas de fleurs sauf si vous y tenez vraiment ; quelques unes seront transportées à Corsavy
une grande liberté et une grande légèreté dans vos manifestations d’amour et d’amitié pour la belle ; lectures, chants et chansons, lettres écrites d’avance ou dans l’émotion, mots dits, chuchotés, bises et baisers, caresses, toasts à la russe sans vodka, bougies, odeurs et parfums, saveurs
autorisez-vous un partage de gâteaux, chocolats et autres bonnes choses y compris liquides avec des amis connus et inconnus
je ne serai l’ordonnateur de rien
improvisez vos manifestations qu’il y ait ou pas des amis pour vous écouter, déguster, savourer
pour les timides, les émus, les autres, les modestes, les légers, à l’image d’Annie… un cahier de doléances sera à la disposition de tous
Le lundi 6, vers 9 H, départ pour Corsavy. Je voyage avec elle.
Arrivée vers 13 H 30.
Annie sera présentée à ses amis du village, des Pyrénées-Orientales, d’Espagne et d’ailleurs à la salle des fêtes, mise à disposition par la municipalité, à partir de 14 H 30.
Katia, Vitya et moi, nous dirons des textes. Dasha ne pourra pas chanter pour Annie. Elle le fera à Hyères en septembre 2011 pour le bocal agité franco-russe Baïkal-Méditerranée qui se déroulera du 5 au 17 septembre.
Nous porterons Annie, hommes et femmes pouvant se relayer, jusqu’au cimetière où elle sera inhumée sous la tombe de Cyril selon son souhait depuis 2001. Ce sera vers 15 H 30.
Une collation sera offerte chez Françoise comme nous l’avions fait en 2001.
Amitiés
Je raconte un échange téléphonique avec Marcel Conche que j'ai eu sur deux jours les 25 et 26 novembre 2019; je lui parle de la mort => lui : je retourne à la nature; moi : à la nature naturée ? lui : oui; moi : pourquoi pas la Nature naturante; lui: si tu penses que tu retrouves la Nature naturante, c'est ta métaphysique, développe-là, argumente; et me voici sommé de devenir métaphysicien comme lui l'est devenu à partir de l'expérience de la souffrance des enfants, le mal absolu, expérience qui l'a amené à déconstruire toute la métaphysique théologisée et à retrouver la métaphysique d'avant Socrate, celle des physiciens, les philosophes de la phusis, la Nature, Anaximandre, Héraclite, Parménide...; moi, c'est à partir de la question de l'épousée, le 29 octobre 2010: je sais que je vais passer, où vais-je passer ? que je me suis mis à cheminer cahin-caha, en zigs et en zags; elle venait de rentrer aux urgences, l'anesthésiste venait de passer, c'était vers 20 H; sa question était à ce moment-là irrecevable; je ne pouvais accepter qu'elle passe, que notre histoire se termine alors qu'elle venait de rentrer à l'hôpital, qu'elle allait être opérée le lendemain, 30 octobre, d'un carcinum au cervelet dont on ne savait pas s'il était bénin ou malin; on ne connaîtra le cancer primitif que le 23 novembre après un petscan, cancer de l'utérus, 4 jours après une deuxième intervention sur métastases au cervelet; sa question, à laquelle ensemble nous avons tenté de répondre en séparant corps et esprit, tout en étant personnelle, existentielle est en même temps universelle puisque chacun passe et peut-être tous aussi (mort de l'humanité); c'est donc à une question à valeur universelle qu'elle m'a confronté; elle m'a passé un sacré relais qui m'occupe depuis déjà 9 ans et qui m'a fait varier dans mes tentatives de réponses,
JCG, 29 novembre 2019,
juré, pour les 10 ans du départ de la Mouette et pour mes 80 ans, ce sera GÉANT
ci-dessous, ce que j'ai écrit le 25 novembre 2020, qui tente de faire le point sur là où j'en suis de mon cheminement sans fin ?
le 25 novembre 2020
sur 12 personnalités du monde penser quantique citées par une plaquette de présentation
1. Stéphane Allix 2. Luc Bodin 3. Gregg Braden 4. Deepak Chopra 5. Jean-Jacques Crèvecoeur 6. Joe Dispenza 7. Grigori Grabovoï 8. Thich Nhat Hanh 9. Bruce Lipton 10. Lynne MacTaggart 11. Eckhart Tolle 12. Neale Donald Walsch
j’en connais 10, 6 en détail pour avoir lu des livres ou-et suivi des master-class, 4 superficiellement ;
cheminement « théorique » depuis 5-6 ans,
« pratique » depuis 2 ans dont une année de Qi Jong (le qijong mystérieux de la grande ourse);
cheminement amorcé par la question posée par ma femme, l'épousée, à peine entrée à l’hôpital (du 29 octobre au 29 novembre 2010, date de son départ) : je sais que je vais passer, où vais-je passer ?;
cheminement qui a donné L’éternité d’une seconde Bleu Giotto en 2014 (épuisé)
je constate que ma réflexion sur ce monde du développement personnel, de l’éveil spirituel évolue beaucoupje ne me situe plus sur le terrain peut-on y croire ? quelles preuves ? j’évite de juger le côté marketing, forcing des plateformes, je vois bien la séduction des propositions: vivre la vie de ses rêves, réaliser ses rêves, développer ses pouvoirs...je préfère pratiquer: quelles pratiques, comment les pratiquer ? (méditations de plusieurs sortes, cohérence cardiaque, activation ou inhibition de neuro-transmetteurs, élévation du taux vibratoire, auto-hypnose, tango argentin, qijong, hygiène de vie dont marche, hygiène alimentaire, soins du corps…); je vais essayer sous peu la voie du sentir de Luis Ansaje note que des expressions comme changer de paradigme, monde en transition, masse critique des créatifs culturels faisant basculer le monde induisent une vision des choses, constituent un récit, une histoire à laquelle on croit, qu’on invente, qui invente peut-être un nouveau monde (« meilleur », ouvert, accueillant, bienfaisant) en inventant des gens travaillant sur eux (s’éveillant, s’élevant, se purifiant en se nettoyant, contrôlant leurs émotions, croyant en leurs pouvoirs, actifs, créatifs et ne se sentant plus impuissants, restant passifs, victimes) et constituant des égrégores positifset je me rends compte qu’il n’y a pas qu’un récit, qu’il y en a beaucoup, collectifs (religieux: animistes, chamaniques, polythéistes, monothéistes; idéologiques, philosophiques, sophistiques, scientifiques, scientistes, déterministes, quantiques, matérialistes, spiritualistes, sectaires, occultes, complotistes, souterrains, camouflés, oxymoriques, performatifs, cyniques…), individuels (coïncidences, synchronicités, destin, dessein, hasard, chaos, ordre-désordre, pleine conscience, pouvoir de l’intention et de l’attention, inconscient individuel, collectif…), qu’il n’y a sans doute que des histoires qu’on s’invente, créant ou non la « réalité » qu’on croit voir et vivre
et il me semble qu’il serait bon de lister chacun pour soi au moins quelques-uns de ces récits avec leurs hypothèses, leurs « preuves », leurs effets pratiques pour se demander quel est le récit qui me convient le mieux, dans lequel je veux m’inscrire (la dualité, la conscience unifiée...)on échapperait peut-être ainsi aux effets de mode, on se créerait ainsi « son » récit, mixte de récits collectifs et de récit personnelj’en suis au point où il me semble que je suis au plus près du vide quantique (potentiel de possibilités = conscience pure chez Deepak Chopra = le sans forme chez Eckart Tolle) quand je dors (sommeil profond ou sommeil paradoxal, je n’éprouve plus les limites de mon corps dans un espace-temps; que deviens-je au dodo, le temps de la petite mort) et que c’est dans la somnolence, la rêverie sans objet, sans pensée (si possible) qu’en régime diurne je suis au plus près de l’indéterminationcar ce que je crois chercher en suivant mon corps plus fort que moi, c’est la dissolution des identités multiples dont je suis constitué, que je me suis fabriquées, dont on m’a affublé (multiplicité des rôles sociaux, souvent contradictoires et donc recherche de sens, de cohérence semble tâche infinie et peut-être inutile), identités qui me font vivre dans la séparation : toi différent de moi, séparé de moi, dissolution que j’appelle le non-jugement et le non-agir (je reviendrai une autre fois là-dessus puisque je suis éveillé environ 4 H sur 24, donc peut-être agis-je un peu)vivre comme feuilles au vent suivant l’image d’Homère me paraissait du gâchis, j’aimais la sagesse tragique d’un Marcel Conche, j'aime la vision des choses d’un Deepak Chopra ou d’un Eckart Tolle; n’est pas cité dans le livret Jean-Yves Leloup mais il n’est pas quantiqueje m’en vais de ce pas m’installer dans le fauteuil au soleil et me laisser somnoler, marmotte d’hiver songeant à répondre à la question posée par une d’âme dans un train fantôme, ma dâme Alors, ton livre d’éternité, tu le rends quand ? (première version lue au Bateau Lavoir à Paris en octobre 2018)À Le Revest, le 25 novembre 2020, 1 mois après mes 80 ans, 4 jours avant l'anniversaire des 10 ans du départ de la mouette à tête rouge
pourquoi souhaiter l'indétermination (via le sommeil, la somnolence) plutôt que l'identité ? parce que d'après ce que nous savons comme d'après ce que disent la plupart des traditions de sagesse, tout est relié, interconnecté et que par l'effet papillon, un événement ici entraîne un autre événement ailleurs donc si on pousse au bout, toute pensée, tout sentiment, toute émotion que j'éprouve n'est pas neutre, ne concerne pas que moi, ne m'est pas propre, que des effets sont provoqués, ma négativité renforce la négativité déjà existante, ma positivité renforce la positivité existante; je suis donc dans un univers participatif et co-créateur de cet univers; autant l'être quand on est au plus près de l'état quantique; les programmes qui nous agissent ont été acquis entre le 6° mois de notre état de foetus et l'âge de 7 ans, sous onde téta, en quasi-hypnose, ce sont des programmes inconscients, subconscients venus de notre milieu familial, socio-culturel, programmes hérités de notre "éducation", de l'éducation reçue, très souvent coercitive, pour notre "bien", éducation à la performance, à toujours se dépasser qui paradoxalement nous apprend à ne pas nous aimer, à nous juger négativement en permanence; à partir de 7 ans, le néo-cortex ou lobe frontal entre en fonction, sous onde alpha, on pense, réfléchit, évalue, décide éventuellement de modifier le programme; il se trouve que 95% de nos programmes inconscients nous pilotent quasi-automatiquement, que nous tentons d'agir sur nous avec 5% de conscience; on ne fait pas le poids; d'où les thérapies nouvelles à base d'hypnose pour reprogrammer ce qui est inconscient
comment participer, être co-créateur ? si c'est la conscience, le récit que je tiens qui crée la réalité, alors la croyance a un pouvoir très fort; tu es malade, je souhaite ta guérison, je crois à ta guérison, je te crois guéri et tu guéris; le futur réalisé dans mon esprit ou mon coeur modifie ton présent de malade, te guérit; stop ! tu fais une lecture non-quantique de ce qui se passe, tu parles en 1° et 2° personnes, donc en termes séparés et c'est ton ego qui veut guérir l'être cher; plus ton désir de changer le monde est fort et plus ton pouvoir de le faire t'échappe; ce n'est pas comme ça que ça se passe, tu pries, ce n'est pas ta prière, tes mots qui comptent, ce qui compte c'est ce que tu crées en toi, par la prière durant des heures, le sentiment; le langage de l'action sur la matière c'est le sentiment, l'émotion; et le sentiment commun comme force de la nature et comme expérience humaine, c'est la compassion; c'est elle qui relie toutes choses; au-delà des idées de mal agir et de bien agir, il y a un champ: je t'y donne rendez-vous dit Rûmi; ou selon les textes gnostiques de Dag Hammadi demandez donc sans motif caché et entourez-vous de votre réponse, soyez enveloppés par votre désir pour que votre joie soit complète; quand nous sentons que nos êtes chers sont guéris, que la paix du monde nous enveloppe, voilà le langage qui donne accès à toutes les possibilités, rendant possible le saut quantique, le passage d'un état à un autre; c'est parce que j'ai dans le coeur le sentiment de la guérison, de l'abondance et de la paix, c'est donc parce que j'ai dans le coeur, les réponses à mes prières qui sont sans attente de résultat, détachées du résultat, sans jugement sur ce qui devrait ou pas advenir qu'elles arriveront dans la réalité.
Je me signale à moi-même que dans le récit de mon cheminement, des expressions comme peut-être, il me semble introduisent un doute, laissent place au doute qu'il soit de nature scientifique ou de nature philosophique; ce faisant, mon récit m'éloigne du bonheur dans la soupe quantique où je suis un électron, ce qui m'amènera à retravailler la métaphore filée dans Histoire de places (2016), celle des balles de ping pong lancées sur la scène du monde pour achever Alors, ton livre d'éternité, tu le rends quand ?
JCG, le 27 novembre 2020.
Je fais remonter cet article datant du 29 novembre 2013.
Le 29 novembre 2014, j'ai publié L'Éternité d'une seconde Bleu Giotto. Avec ce texte, j'en ai fini avec Tourmente à Cuba. Irai-je à Cuba pour les 15 ans de la disparition de Cyril Grosse et de Michel Bories, de Lili et de sa mère, en septembre 2016 ? Je n'ai encore rien décidé. Cuba c'est la mort. Le Baïkal c'est la vie. 10000 kms à l'ouest, 10000 kms à l'est. Et au milieu, Le Revest, la Villa Joie ???
On est fin 2017, je ne suis pas retourné à Cuba, je n'y retournerai pas.
Pour ce 3° anniversaire (2013) du départ de la mouette à tête rouge, j'ai entrepris la lecture de Tombé hors du temps de David Grossman. Je me suis installé au Café, Les petites gouttes, esplanade Nathalie Sarraute, rue Pajol, dans le XVIII°, vers 15 H. Coin salon. J'ai lu 100 pages. Puis rentré, je suis tombé sur la lecture de ce texte le 13 juillet dans la cour du Musée Calvet en Avignon. J'ai écouté ce que je venais de lire, dit par des comédiens fabuleux, de 17 H à 18 H 30. Le temps de récupérer la petite Rosalie, d'acheter une bouteille de Pouilly Fuissé pour la soirée, d'acheter du chinois, de déguster le vin en pensant à elle qui aimait ces bons moments. À 21 H, heure de son départ, après 14 apnées, comme la date de sa naissance, j'allume la télé pour regarder Le hasard et la violence de Philippe Labro avec Yves Montand, Katharine Ross, film de 1974. Le hasard avait voulu que ce film soit programmé sur ciné polar et il a très bien convenu à ce que je pense en tentant de le mettre en mots. Tout est fait de séquences, de brefs moments, d'êtres, éphémères mystères qui se rencontrent, ne se rencontrent pas. Ainsi du 19 septembre 2001 à 16 H sur la via Isabel au Triangle de la mort à Jaguëy Grande à Cuba, la rencontre improbable entre un poids lourd russe, chargé d'agrumes, et une Matiz d'occasion avec 4 occupants, tués sur ou sous le coup. Événement impossible à oublier pour la mère et la soeur et le père. La mère a pris 9 ans de temps avant de partir à son tour. Quel périple a-t-elle fait pendant ces 9 ans ? Quelle tourmente a déclenché un jour ce cancer foudroyant qui l'a emportée en un mois ? Et pourquoi ce cancer fut-il un cancer de l'utérus ? Qui ne devine ce qui se destine souterrainement ? Suis-je celui qui reste encore un peu pour tenter de mettre des mots sur ça ? En août 2010, j'avais organisé un bocal agité au Baïkal pour les 10 ans du séjour du fils en cet endroit, un an avant sa disparition à Cuba. Un livre en est sorti, Baïkal's Bocal. Après la disparition de la mouette à tête rouge, 3 mois après le Baïkal, ce fut l'écriture de L'Île aux mouettes sur laquelle je reçois parfois des retours qui me disent que j'ai peut-être réussi à dire un peu du mystère du deuil, écriture où j'ai tout transporté de Cuba au Baïkal, 20000 kilomètres d'écart. Me voici depuis 3 mois replongé dans les ouragans cubains. Et des hasards viennent me télescoper, le récit de Grossman, Tombé hors du temps, celui de Coetzee, L'été de la vie, des nouvelles de La Havane Noir, présentées par Achy Obejas, l'assassinat par hasard de Kennedy vu par Philippe Labro dans On a tiré sur le Président, son film Le hasard et la violence où un bel amour est contrarié, meurtri par une altercation de hasard sur une plage de galets, entraînant la mort de l'homme. Autant de rencontres improbables dont, araignée tisseuse de liens, je me saisis pour de futurs récits si le temps m'en est laissé. Déjà a vu le jour Tourmente à Cuba, sans doute premier d'une série, déjà traduit en cubain pour un improbable destin à Cuba. Retour sur les lieux du drame, en 2016, 15 ans après, pour y inventer quelque histoire, y laisser une autre trace qu'un mémorial, une pierre tombale, un fragment d'étoile tombé là.
On est Fin 2017, je dis définitivement NON à un retour à Cuba.
On est en novembre 2020 et se dessine un voyage à Cuba du 10 septembre au 30 septembre 2021 pour les 20 ans, reprenant le périple de Cyril et Michel, en compagnie d'un réalisateur de FR3 Perpignan, ami de Michel, proposition faite à Corsavy par ce réalisateur le 17 juillet 2020. Cette proposition ne venant pas de moi, je vais l'accepter.
Le 30 novembre 2013, JCG.
Le hasard et la violence qui pourrait s'appeler aussi Le hasard et l'amour :
Auteur d'un ouvrage polémique intitulé Le Hasard et la Violence, le criminologue Laurent Bermann cherche en vain dans le midi une villa susceptible de lui apporter calme et confort, pour rédiger une réponse à ses détracteurs, La violence du hasard.
Installé dans un palace bordant la mer, il se fait agresser un soir dans les toilettes par un maniaque du karaté. Refusant de porter plainte par conviction, Laurent reste évasif lorsque la police l'interroge, il ne songe qu'à faire soigner son poignet blessé.
En découvrant le médecin-remplaçant de l'hôtel, la jeune et belle Constance Weber, Laurent ne songe plus à travailler. Un amour passionné les réunit bientôt. Laurent préfère à l'écriture la réflexion et la méditation avant de retrouver Constance pour de longues promenades en bateau.
Confronté à la violence en reconnaissant à la morgue le cadavre de son agresseur abattu de sang-froid par un pâtissier, Laurent s'interroge. Il voit resurgir son passé de résistant en visitant une prison. Se souvenant alors de sa tentative d'évasion, il donne sa chance à un prisonnier et téléphone ensuite à Constance; il lui faut expliquer au plus vite son geste.
La jeune femme abandonne ses malades et le rejoint. Sur la plage, des voyous l'importunent, Laurent s'interpose et une bagarre s'ensuit. Frappé sauvagement, Laurent repousse ses assaillants mais, quelques instants plus tard, vacille et meurt dans les bras de Constance. Le livre ne sera jamais achevé...
Il y a trois ans, le 17 septembre 2010, la mouette offrait un pot de départ à la retraite à ses collègues de travail.
Pendant un mois, elle a abattu un travail considérable chez nous, extérieur et intérieur. Des changements prévus depuis longtemps étaient enfin réalisés.
Dès le 18 octobre, des douleurs dans le dos la clouèrent au lit. Elle ne put se rendre aux soirées Baïkal's Bocal et Envies de Méditerranée des 19 et 21 octobre 2010 au théâtre Denis à Hyères.
Le 29 octobre, elle entrait à l'hôpital Sainte-Anne à Toulon.
Le 29 novembre 2010, elle nous quittait.
Après plusieurs heures d'apnée, 14, comme le jour de sa naissance, le 14 février, jour des amoureux. Ce fut une sublime amoureuse.
dernière réplique de L'Île aux mouettes
L’Hôpital – La vie n’a pas de prix. Sauver ou pas une vie a un coût. Votre Dette, madame, pour la période du 29 octobre au 29 novembre 2010 dans notre établissement s’élève à 32.989 euros et 99 centimes d’euros, prise en charge par la sécurité sociale.
Dans son spectacle, Nous serons vieux aussi, Katia Ponomareva a rendu un magnifique hommage à sa mère, à partir des films que nous avions tournés comme tout un chacun.
Ce qui disparaît le plus vite c'est la voix. Il reste toujours des images, photos ou films.
Dans le noir, on entend des rafales de vent, des hurlements et chants de loups
Dans le silence et le noir, une voix de jeune fille, pure, douce, affirmée, sans hésitations :
on entend
Mon p'tit chat ! attends mon p'tit mot !
J'attends le transsibérien. Tu m'attends mais je ne sais rien de là où tu es, où je vais. La vie m'attend aujourd'hui, cuisses ouvertes. Si tu veux savoir où tu es dans mon corps et dans mon cœur, ouvre la chaumière de mes yeux, emprunte les chemins de mes soleils levants, affronte les cycles de mes pleines lunes. Je voudrais avoir des ailes pour t'apporter du paradis. Des ailes de mouette à tête rouge ça m'irait bien pour rejoindre ton île au Baïkal. Je transfigurerai les mots à l'image de nos futurs transports. Je te donnerai des sourires à dresser ta queue en obélisque sur mon ventre-concorde. Nos corps nus feront fondre la glace de nos vies. Avec des rameaux de bouleaux, nous fouetterons nos corps nouveaux dans des banyas de fortune. Je t'aimerai dans ta nuit la plus désespérée, dans l'embrume de tes réveils d'assommoir, dans l'écume de tes chavirements. Je courrai sur les fuseaux horaires de ta peau, vers tes pays solaire et polaire. Nous dépasserons nos horizons bornés, assoirons nos corps dans des autobus de grandes distances, irons jusqu'à des rives encore vierges. Nous nous exploserons dans des huttes de paille jaune ou des isbas de rondins blonds. J'aimerais mêler les sangs des morsures de nos lèvres, éparpiller les bulles de nos cœurs sur l'urine des nuits frisées, sous toutes les lunes de toutes les latitudes. Je m'appuierai sur ton bras pour découvrir la vie, ne jamais lâcher tes rives éblouies, arriver là où ça prend fin avec des bras remplis de rien … J'aime les cris de nos corps qui s'épuisent à vivre. Je t'ai ouvert un cahier d'amour où il n'y aura jamais de mots, jamais de chiffres. Il n'y aura que des traces de chair, des effluves de caresses et des signatures de mains tendres. Il y aura des braises dans notre ciel, des fesses dans nos réveils. À la fin du cahier, je t'aimerai toujours et nous pourrons le brûler plein de sperme et de joie.
Ton p'tit chat
Une voix d'homme
Errance
Je m’en irai par les avenues des villes de Sibérie
Terre endormie
Novossibirsk Krasnoïarsk Irkoutsk Oulan-Oudé
je m’en irai sans me laisser séduire
par les promesses qui s’affichent
je m’en irai à ta rencontre
sans te chercher
car je sais que là où s’achèvent
ces villes aux filles de rêve
qui enlèvent le haut puis les bas
je ne t’aurai pas trouvé(e)
Alors j’irai par les rues défoncées des villages sibériens
Enkhelouk Sukhaya Zarech'e Boldakova
abandonnés à l’ivraie livrés à l'ivresse
j’irai sans m’attarder dans les bazars de misère
sans m’attacher aux filles légères
qui te montrent tout par petits bouts
j’irai à ta rencontre sans te chercher
car je sais que là où se tarissent
les nostalgies de belle époque soviétique
je ne t’aurai pas trouvé(e)
Mais quand j'arriverai
où s'affrontent houles et ressacs
sur les granits de l'île aux mouettes à tête rouge
au Baïkal mugissant
à 10000 kilomètres de nos lieux de surgissement
je te verrai
et je saurai
Une voix d'homme
À la croisée des chemins
Elle attendait
corps fermé à jamais sur son passé
Elle attendait à Moscou gare Iarolavski
sur le quai des départs transsibériens
ouverte à l’indéfini de la voie ferrée
prête à se saisir d’un hasard
pour en faire une chance
La fumée bleue des cigarettes avait donné ciel à ses rêves
la fumée blanche des trains avait agité ses sommeils
Elle attendait
qu’un train l’entraîne
gorge déployée voyelle après voyelle
o qui fait écho dans le dos
a qui s’exclame par le thorax
Qu’il l’entraîne
toutes chansons dehors
le ciel enfin au-dessus de sa tête
Demain
à la croisée de chemins de terre détrempée
assez loin de la gare de Babushkin
au bord du Baïkal
sur la rive bouriate
la rive du soleil levant
face au soleil couchant
les rêves de ses sommeils feront de moi
son arc-en-ciel
quand je lui demandera
dans quelle isba de la taïga
mêler les sangs circulant dans nos lèvres
porter nos toasts de Kedrovaïa
au lac aux morts à l'amour
pour vivre deux saisons
de cavale
en cabane
Une voix de femme
Prends
Je t’apporte un corps des lèvres une peau
des yeux une voix des gestes
je t’apporte mes caresses mes mots
mon cafard mes espoirs mes cuisses mon ventre
Prends-moi dans tes bras dans tes draps
Je t’apporte tout cela
et plus encore
mon cœur et ses faiblesses
ses angoisses sa force et son mystère
et ma tête ni bien pleine ni bien faite
Je t’apporte tout cela
sans calcul sans pari
sans savoir si je me donne ou me refuse
spontanément facilement
Je t’apporte tout cela
sans tendre la main
ni pour trouver toit
sans cris ni larmes
dispersée rassemblée
enracinée déracinée
dans un sourire pour aujourd’hui
Prends-moi dans tes bras dans tes draps
Débrouille-toi avec tout cela
Je ne sais faire ni vaisselle ni cuisine
pas même l’amour
Je ne sais que croire
sans savoir à quoi et sans savoir pourquoi
Débrouille-toi avec tout cela
aujourd’hui
peut-être demain
ici n’importe où
peut-être ailleurs
Peut-être que demain tu ne seras plus comme tu es
peut-être qu’ailleurs ce sera un nouveau départ
néant ou nouvel élan
peut-être qu’ici ce sera une foi nouvelle
ou une fois de plus
Prends maintenant
que je me délivre
car peut-être tout à l’heure
me verra partir sans bagages
à cause d’un vieux souvenir
qui vient me presser la tête
au milieu de la fête
poussée par le bargouzine
de l’impossible oubli
Jean-Claude Grosse
toute l'ingénuité de la mouette à tête rouge en 35 secondes, filmée et interrogée par Bernd Lafrenz, comédien allemand; c'était à Corsavy, au-dessus de Batère fin août 2008; un document ...
https://www.youtube.com/watch?v=8z6OYs6RNUk&feature=youtu.be
un petit bijou filmé en 2008, fin août, vers Batère par Bernd Lafrenz, comédien allemand jouant en solo les pièces de William Shakespeare, et récupéré le 9 juin 2011 à Antibes vers minuit, place nationale, à une terrasse de restaurant fermé, après son spectacle Othello, soirée dédiée aux trois disparus, fabuleuse performance d'acteur se saisissant de tout ce qui se passe, se dit dans la salle, dehors, une aptitude rare à saisir, à rebondir, faire rebondir; ça fait clac ! c'est la mouette ! c'est la vision, le souvenir, juste, de la mouette ! face à ce départ, je peux dire : seulement 16825 jours ensemble ! quelle malchance ! 16825 jours ensemble ! quelle chance ! j'ai connu 16825 jours de chance ! j'ai aussi compté en secondes d'éternité Bleu Giotto
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Là où ça prend fin ? - Blog de Jean-Claude Grosse
12 ans 29 novembre 2010-29 novembre 2022 une histoire de la vraie vie : voyage à trois couples au Maroc en camping-car, sans doute 1978, on s'offre une balade à pieds (en snob d'aujourd'hui, ça ...
https://les4saisons.over-blog.com/2016/04/shakespeare-et-la-mouette-a-tete-rouge.html
29 novembre 2025, 18 H 30 où en suis-je ?
Effacement dans le blanc
et si on passait aux verbes d'action à forme pronominale
Moi-Lui-Je, Celui qu’on appelle communément J.C., a donné naissance un changement de jour à 00h00 (imaginez !) à Vita Nova, un esprit totalement woke, inidentifiable, sans sexe, sans âge, sans genre, sans race, sans espèce, sans Histoire, sans mémoires, localisé comme corps, non localisable comme esprit, intemporel et acausal, un trou noir obscur à soi, absorbant toute tentative de mise en lumière.
Programme que Je-Moi-Lui pratique quotidiennement, avec des verbes d'action à forme pronominale
(il n'a pas réfléchi s'ils sont réfléchis, réciproques, irréfléchis, passifs)
se désidentifier, se dégenrer, se dévisager, se démiroiter, se désidéologizer, se délester, se dévaster, se dénationaliser, se dépayser, se dédiaboliser, se désaligner, se débrancher, se déranger, se déminer, se dédéterminismer, se déraciner, se dédésespérer, se déloger, se déménager, se désaxer, se désarmer, se démarquer, se démarginaliser, se fortifier, se mortifier, s'embourber, s'envaser, s'enliser, s'emmêler, se liquider, se dissoudre, se fluidifier, s'aérosoleiller, s'inspirer, s'expirer, s'aveugler, s'oreiller, s'effondrer, se réanimer, se dématérialismer, se déspiritualismer, se démystifier
(42 verbes d'action parce que 42 = clin d'œil au roman culte de Douglas Adams, « Le Guide du voyageur galactique » => série sur Arte)
faire silence en prononçant du plus possible ralenti
FAIRE SILENCE
(dessine-moi un silence lui a demandé un jour la fetite pille)
se dévoiturer, se décovoiturer, se désubériser, de déflixbuser, se détgvéiser, se décroisiériser, se désintégrer, se désavionner, se défuséiser, se déstartupper, se détélétravailler, se désabonner, se démoder, se désaduler, se désaimer, se déshaïr, s'indifférencier, se déshumaniser, s'emplumer, s'automutiner, s'immuler, se sclarifier, se catatomiser, se voluptuer, se décontaminer, se dévitaminer, se dénourrir, se bonifier, se débonheuriser, se délacer, s'enlasser, se clowner, se décloner, s'emberlificoter, s'applaudir, se huer, se déchihuahuaver, se métamorphoser, se matamortir, se désintoxiquer, s'étourdir, s'apprivoiser
(42 verbes d'action parce que 42 = clin d'œil au roman culte de Douglas Adams, « Le Guide du voyageur galactique » => série sur Arte)
SE TAIRE
(dessine-moi une rose lui a demandé un jour la petite fille)
le 21 mars 2024
Comment l’agapé, la beauté, l’éternité m’ont happé
Tout est parti d’une question de l’épousée, le 29 octobre 2010, vers 21 H, après le passage de l’anesthésiste, avant son opération du lendemain au cervelet : Je sais que je vais passer, où vais-je passer ?
Et de la discussion qui a suivi débouchant sur l’évidence formulée :
le passé passe mais ne s’efface pas.
Surgit l’image du livre d’éternité de chacun et de la bibliothèque des livres d’éternité de tous
10 ans de maturation débouchant sur l’éternité du présent mémorisant ce que tout un chacun vit, éprouve, ressent, pense, dit au moment où il le vit...
Puis 2 ans encore d’intérêt pour les nombres univers, par exemple Pi = 3,14..., permettant d’appréhender mémoire infinie et éternelle. Autrement dit, j’ai été happé - par le calcul stochastique mathématique
Le 18 avril 2024, je t’ai dit, âmi Georges Perpes, que dans le nombre univers PI, la séquence Georges soit 7515187519 est emplacée un nombre infini de fois, mais pas dans les deux cent millions premières décimales, la séquence Perpes soit 16518519 est emplacée 3 fois dans les deux cents millions premières décimales, en positions 6160060, 16518519, 79188721, que tous les Georges Perpes ayant existé, existant, à exister étaient emplacés,
qu’un singe tapant infiniment à la machine sans savoir écrire, finit par taper l’oeuvre de Shakespeare ou la recherche du temps perdu de Proust, qu’on trouve dans tout nombre univers tous les livres déjà écrits et à venir, y compris celui de l’histoire de notre vie passée et future.
- et pas par l’indétermination-intrication quantique
Elle a dit : “Dis-moi quelque chose de beau” ... Il lui a dit : (∂ + m) N° = 0 C'est l'équation de Paul Dirac et c'est dit-on, la plus belle de toute la physique. Elle décrit le phénomène de l'entrelacement quantique, qui affirme que “Si deux systèmes interagissent entre eux pendant une certaine période de temps puis se séparent, nous pouvons les décrire comme deux systèmes différents, mais d'une manière subtile, ils deviennent un système unique. Ce qui arrive à l’un continue à affecter l'autre, même à distance de kilomètres ou d'années lumière ”. C'est l'entrelacement quantique ou la connexion quantique. Deux particules qui, à un moment ou à un autre, ont été unies, sont toujours en quelque sorte liées. Peu importe la distance entre les deux, même si elles se trouvent à des extrêmes opposés de l'univers. La connexion entre elles est instantanée.
Beauté, éternité, vous pouvez y accéder par ces deux portes, nombres univers, physique quantique, par bien d’autres portes proposées par des traditions fort anciennes, venues de peuples premiers, de traditions extrême-orientales, moyen-orientales, gréco-latines, judéo-chrétiennes et bien sûr par des expériences personnelles, mystiques-spirituelles plus que religieuses.
Être happé par l’agapé, s’immerger dans l’amour inconditionnel, créateur de tout ce qui existe, amour infini, éternel, force cosmique, universelle reliant tout, est histoire personnelle, pain de vie-train de vie, chemin de terre singulier, sillages éphémères sur l'eaumère où se découvre peut-être le divin en nous, goutte d'eau dans l'océan et océan dans la goutte (Rûmi).
À chacun de cheminer sur un chemin dont le sens est d’être un chemin sans but défini à l’avance ni destination connue à l’arrivée.
À chacun de sillager sur mer intérieure ou océans du monde.
À chacun de grimper-dégringoler de l'échelle à dix échelons où s'expérimentent les harmonieuses amours, les amours tumultueurs.
JCG, le 29 mai 2024
hier, 28 novembre 2025 à 18 H
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Nicole Croisille - La fleur de l'été - B.O.F "Un soir, un train" (1968)
Bande originale du film "Un soir, un train" (1968) de André Delvaux avec Yves Montand, Anouk Aimée, Adriana Bogdan, Hector Camerlynck, François Beukelaers, Michael Gough, Senne Rouffaer, Domien ...
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Le poème de ceux qui partent - Blog de Jean-Claude Grosse
Tu sais, je t'entends, je ne suis pas loin, je suis là, juste de l'autre coté. Ainsi parlent Michel, Cyril, Annie, Mamie Guiguite, Papi Jean, le Père, maman, Vitya. magnifique réalisation de Th...
https://les4saisons.over-blog.com/2016/04/le-poeme-de-ceux-qui-partent-mary-elizabeth-frye.html
un livre d'histoire important sur une période-charnière en Afrique centrale, découvert, acheté et en cours de lecture à Corsavy
contexte de la découverte, le lendemain du 14 juillet, non fêté à Corsavy, alors 4 voisins ont organisé une soirée-grillade sur la place, 2 grills, le grill à saucisse catalane, le grill à escargots de cargolade; je passe une bonne partie de la soirée à discuter avec Kim, 15 ans, d'origine néerlandaise, installé à Corsavy avec sa famille et scolarisé à Arles sur Tech; nous parlons enfant intérieur, ses blessures, ses rêves et enfant des étoiles; on est au pays de l'inconscient, de l'absorption quasi-hypnotique de patterns, de modèles de comportements, de peurs, de valeurs... de la période foetale à 12 ans, héritage à nettoyer
le 15 juillet, matin, première rencontre avec "ma" femme de ménage à Corsavy, Charline, 4 enfants; rebelote sur l'enfant intérieur et l'enfant des étoiles
15 juillet après-midi, conversation improvisée avec une habitante que je connais parce qu'elle fréquente la piscine et qu'elle apprécie Rosalie; elle m'apprend qu'elle a passé le confinement à Corsavy, descente sur le village le week-end précédent la décision de Macron du 17 mars (ce que beaucoup de gens ayant les moyens ont fait depuis Paris, Lyon); elle m'apprend qu'elle enseigne l'histoire en lycée et qu'elle est chercheuse; elle vient de sortir un livre : Leaders assassinés en Afrique centrale 1958-1961, 8 ans de travail; je devine de suite l'intérêt du sujet, moi-même m'étant intéressé à des figures assassinées, de Trotsky au Che en passant par Gandhi, Malcolm X et Luther King. Je suis étonné par mon impasse sur Patrice Lumumba alors même que je me suis intéressé aux pièces d'Aimé Césaire (Une saison au Congo, La tempête) ou sur Thomas Sankara, beaucoup plus tard. Je décide de lui acheter le livre, plus de 570 pages avec les annexes. Imprimé chez Corlet Numeric, mon imprimeur des 2 dernières années. Ce livre acheté de façon improbable, par hasard dans un village (ou alors, est-ce une coïncidence ? auquel cas, je dois me poser la question : pourquoi ce livre à ce moment ? il est entre tes mains pour que tu nettoies tes croyances en un changement radical de paradigme) mérite lecture, note de lecture et présentation à quelques personnes du village, une fin d'après-midi d'août dans la cour de la salle des fêtes.
Avant ma note de lecture, voici quelques documents. Ce livre, sorti fin avril 2020 chez L'Harmattan, a déjà eu droit à deux articles et à deux émissions radio.
(mise à jour : )
Questions à Karine Ramondy, chercheuse-associée à l’UMR SIRICE Paris I Panthéon-Sorbonne. Elle est spécialiste de l’histoire de l’Afrique dans les relations internationales au XXe siècle, l’histoire des violences coloniales et post-coloniales et de l’anthropologie historique du combattant. Elle vient de publier Leaders assassinés en Afrique centrale 1958-1961 : Entre construction nationale et régulation des relations internationales (Paris : L’Harmattan, 2020).
Comment avez-vous réussi à reconstruire l’histoire de ces quatre disparitions ?
Enquêter sur les leaders charismatiques assassinés au temps des indépendances (Patrice Lumumba, Ruben Um Nyobè, Félix Moumié) ou soupçonnés de l’avoir été (Barthélémy Boganda) n’est pas chose aisée.
Les assassinats sont des meurtres extrajudiciaires commis avec préméditation par les organes d’un État à des fins politiques. Ce sont des actions planifiées et exécutées de façon à ce que les commanditaires ne soient pas identifiables. Cette pratique permet aux gouvernements autoritaires mais aussi démocratiques de s’affranchir de certaines des normes qui régissent le système international telles que la souveraineté et les droits de l’homme. Cependant la clandestinité de ces covert action ne garantit pas un secret absolu et c’est l’une des marges de manœuvre de l’historien.
Ces leaders ont été des « victimes », mais l’enjeu est aussi de ne pas parler le langage des héros. Il faut décrypter, historiciser et questionner à nouveau de ce qui va de soi.
Pour réaliser ce travail, j’ai consulté de nombreuses sources en Europe, aux États-Unis, en Afrique afin de reconstituer l’enchaînement des évènements et laisser place à de nouvelles interprétations : archives privées et des témoignages oraux inédits, des archives militaires et politiques dont certaines ont été déclassifiées permettant, par exemple, l’analyse de l’accident d’avion du président Boganda. Une partie de ma démarche d’investigation a reposé sur la constitution d’une commission informelle d’experts à la DGAC pour réexaminer le rapport d’enquête sur ce crash.
Mêlant les approches classiques des relations internationales, ce travail a aussi mobilisé les apports de l’anthropologie historique et de la méthode comparative.
L’approche comparée m’a permis de cerner des connexions politiques, médiatiques et financières qu’avait interrompues le narratif national ou l’approche métropole-colonies et d’appréhender pleinement le rôle des décideurs et acteurs à toutes les échelles dans ces disparitions. Le croisement des sources dans les domaines de la Défense et du renseignement apporte, par exemple, un éclairage précis sur les actions réalisées par les puissances pour entraver celle des leaders étudiés et les faire disparaître.
Pourquoi ces dirigeants d’Afrique centrale ont-ils été assassinés en si peu de temps entre 1958 et 1961 ?
Cette restriction chronologique résulte d’une adaptation réaliste au moment d’accélération de l’Histoire que représente l’indépendance de nombreuses colonies. La puissance explosive de ce terme – indépendance- va se révéler pratiquement très meurtrier à un moment-clé où les puissances coloniales perdent le contrôle de la « rente coloniale » pour un avenir incertain dont il est urgent d’en maîtriser les enjeux en pleine guerre froide.
Par ailleurs, cette concentration d’assassinats politiques au tournant des années 60 au moment des indépendances africaines trouve l’une de ses origines dans la combinaison sans précédent d’espérances et d’occasions nouvelles mais aussi de soupçons nés de l’indépendance. Le tracé des frontières de l’Afrique à l’époque coloniale a été bien souvent arbitraire, ne tenant guère compte des différences ethnolinguistiques, ni des unités plus anciennes d’organisation sociale. Le résultat a été, au temps des indépendances, le déclenchement simultané de crises distinctes, mais étroitement liées, l’une centrée sur la question de la construction nationale, l’autre sur la légitimité politique parfois liée à la question ethnique.
Il est clair que ces leaders, au parcours atypique et fulgurant, ont repéré un chemin dans une situation de rupture et parviennent à expliciter les sentiments d’une large partie de leurs compatriotes. Ce sont aussi des hommes porteurs de projets ambitieux et indépendants pour leurs jeunes nations qui refusent ou/et tentent de se jouer de la bipolarisation avec d’ailleurs peu de succès. Les réseaux panafricains et la tribune de l’ONU ne suffisent pas à les protéger efficacement de leurs ennemis
En quoi ces assassinats politiques diffèrent-ils ou pas d’autres disparitions similaires dans le reste de l’Afrique dans les contextes de décolonisation et de guerre froide ?
L’approche comparée des quatre trajectoires étudiées m’a permis d’établir des invariants liés à l’assassinat politique avec le rôle de la justice, l’implication des médias, l’absence de sépultures décentes ou encore les condamnations mémorielles dont ces leaders sont frappés et qui aboutissent a contrario à leur célébration. Le traitement des assassinats de Sylvanus Olympio au Togo en 1963 ou du Prince Rwagasore au Burundi en 1961 devaient, à l’origine, être intégrés à ce travail doctoral mais il a été nécessaire de resserrer le champ d’études chronologiquement et géographiquement.
Cette recherche aidera, je l’espère, à poursuivre et à renouveler l’histoire de ces nombreux autres assassinats qui ont émaillé l’indépendance et les premiers pas de pays aussi divers que le Maroc (Mehdi Ben Barka, 1965) et du Cap –Vert et Guinée Bissau (Amilcar Cabral, 1973) pour ne citer que ceux-là. Mais la pratique de l’assassinat dépasse largement le cadre de l’Afrique et de la guerre froide. Il apparaît même comme une arme utilisée de façon de plus en plus décomplexée comme le révèlent les récents exemples des assassinats de Kim Jong Nam en 2017, le demi-frère du dictateur actuel ou encore le récent assassinat du journaliste Jamal Khashoggi à l’intérieur du consulat d’Arabie Saoudite à Istanbul en 2018.
L’assassinat politique, comme pratique des relations internationales, est promis à un bel avenir car il permet d’affirmer la puissance des commanditaires sans les impliquer ouvertement tout cela à peu de frais pour le résultat apporté.
Bibliographie très succincte :
Jean-Pierre BAT, La fabrique des barbouzes- Histoire des réseaux Foccart en Afrique, Paris, Nouveau Monde, 2015.
Florence BERNAULT, Démocraties ambiguës en Afrique centrale. Congo-Brazzavile, Gabon (1940-1965), Paris, Karthala, 1996.
Olivier FORCADE, Sébastien LAURENT, Secrets d’État. Pouvoirs et renseignement dans le monde contemporain.Paris, Armand Colin, coll. « L’histoire au présent », 2005.
Lise NAMIKAS, Battleground Africa – Cold War in the Congo, Stanford, W.Wilson Center, 2012
Luc SINDJOUN, Sociologie des relations internationales africaines, Paris, Khartala, 2002.
Publié mardi 30 juin 2020 à 20:00 dans Le Temps
Modifié mercredi 1 juillet 2020 à 10:48
La République démocratique du Congo commémorait mardi le 60e anniversaire de son indépendance et se souvenait de son principal artisan Patrice Lumumba, tué quelques mois plus tard, comme d’autres leaders indépendantistes africains, dont le Camerounais Félix Moumié empoisonné à Genève en 1961
Point de festivités pour cause de Covid-19 à Kinshasa pour le 60e anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo (RDC). L’humeur n’est pas à la fête tant les promesses de l’indépendance ne se sont pas concrétisées. Les énormes réserves minières, au lieu de favoriser le développement, suscitent bien des convoitises et nourrissent la déstabilisation du Congo.
Mardi, les Congolais se sont souvenus du sacrifice de Patrice Lumumba. Le 30 juin 1960, le jeune leader annonçait triomphalement l’indépendance. Il rappelait la cruauté du régime colonialiste et appelait à une relation «d’égal à égal» avec la Belgique. «Nous allons montrer au monde ce que peut faire l’homme noir quand il travaille dans la liberté. […] L’indépendance du Congo marque un pas décisif vers la libération de tout le continent africain», lançait-il.
L’éphémère premier ministre fut assassiné le 17 janvier 1961 par des séparatistes de la province du Katanga, sous l’œil d’officiers belges. Mais Patrice Lumumba n’est pas la seule personnalité africaine à avoir été tuée à la fin des années 1950 et au début de la décennie suivante. Une période charnière pour le continent noir, durant laquelle de nombreux pays ont accédé à l’indépendance.
Trois ans avant la mort de Lumumba, l’armée française tue de sang-froid le leader indépendantiste camerounais Ruben Um Nyobé, revenu clandestinement au pays. Le 29 mars 1959, l’avion de Barthélemy Boganda, le premier président de la République centrafricaine, s’écrase en pleine savane dans des circonstances suspectes. Enfin, le 3 novembre 1960, Félix Moumié, le successeur de Nyobé, meurt à Genève, après une atroce agonie consécutive à un empoisonnement.
«Ces assassinats ont été un tournant, car ces leaders n’ont pas été remplacés, expose la chercheuse française Karine Ramondy, qui s’est penchée sur ces quatre assassinats, dans un livre qui vient de paraître (Leaders assassinés en Afrique centrale, L’Harmattan, 2020). La France et la Belgique avaient pris soin de ne pas généraliser l’éducation. Les élites n’étaient pas légion. En faisant disparaître les têtes de ces mouvements nationalistes, la relève n’était pas assurée et on pouvait facilement les remplacer par des dirigeants plus accommodants», analyse-t-elle. Comme le maréchal Mobutu, le chef d’état-major qui avait trahi et fait livrer Lumumba à ses tueurs, et qui est resté au pouvoir jusqu’en 1997, siphonnant les ressources du pays.
S’agissait-il d’un plan concerté? La chercheuse n’a pas de certitude mais certains leaders, à l’instar de Patrice Lumumba, s’étaient fait beaucoup d’ennemis: la Belgique et la France mais aussi le Royaume-Uni et les Etats-Unis, qui voyaient en lui un communiste, peut-être le Portugal, accroché à ses colonies, mais aussi le régime d’apartheid d’Afrique du Sud, inquiet des appels de Lumumba à la libération des Noirs. «Patrice Lumumba n’avait aucune chance», tranche Karine Ramondy.
La Française s’est aussi replongée dans le dossier de Félix Moumié, en s’intéressant au parcours de William Bechtel, le barbouze français qui a, selon toute vraisemblance, versé du thalium dans son Pernot dans un hôtel genevois. L’empoisonnement a fait alors les gros titres de la presse genevoise.
Entre-temps, le suspect a pris la fuite. La police retrouve dans son appartement des plans pour pister Moumié, qu’il a approché sous une couverture de journaliste, ainsi que des traces du poison. Karine Ramondy a déterré les états de service de Bechtel. Il ne s’agissait pas du premier venu. Ce héros de la résistance devenu réserviste des services secrets était un spécialiste de la traque de personnalités honnies de la France d’alors, comme les leaders du FLN algérien.
Malgré les éléments accablants accumulés contre lui, William Bechtel, défendu par le jeune avocat Marc Bonnant, a bénéficié d’un non-lieu devant la justice genevoise. Le dossier judiciaire est depuis introuvable. Qui a commandité l’empoisonnement? Karine Ramondy a retrouvé la trace de feux verts à d’autres assassinats annotés de la main de Jacques Foccart, l’éminence grise à l’Elysée chargée de la perpétuation des relations de dépendance avec les anciennes colonies. Des documents judiciaires ont aussi été transmis par la Confédération à la France, alors que, dès 1960, la Suisse reconnaît rapidement les nouveaux pays africains, afin de se placer sur le continent.
entretien de 48'30" entre Valérie Nivelon et Karine Ramondy / Panafricaniste, radical et incontrôlable, le Premier ministre de l'indépendance congolaise Patrice Lumumba a été réduit au silence, le 17 janvier 1961, et son corps intégralement dissous dans la soude.
Mayacumbra
Alain Cadéo
Editions La Trace, 2019
La lecture de ce roman d'Alain Cadéo, 417 pages, m'a pris environ quinze jours mais j'ai lu en un jour les 150 dernières pages. Parce que ça s'emballe. Un mauvais pressentiment. Et il suffit de penser mauvais pressentiment pour que ça arrive. Car le réel n'est que la projection, la réalisation de nos pensées, désirs, rêves. On est en pleine mousse, mouise aussi, quantique. Ce qui n'était pas se met à exister parce qu'un désir le fait exister. Désirs de vie, désirs de mort, éros et thanatos.
Mayacumbra est le roman d'un éveillé. Cela est rare. Cela donne lieu à des bonheurs d'écriture innombrables. Un éveillé c'est-à-dire un homme qui sent, éprouve, vibre, au plus intime, du plus infime à l'infini, du moment présent, ici et maintenant à l'éternité installée dans ce moment présent, un homme qui ressent combien tout est relié parfois en harmonie, en grâce, en beauté, parfois en chaos, en conflit, en violence. C'est la qualité d'éveil de l'homme qui est le tremplin de l'écriture, inspirée, traversée de l'écrivain. Qui écrit ? L'homme, l'écrivain, la Voix derrière, la Source, la Bouche d'Ombre, la Bouche de Lumière, le Vide à haut potentiel d'où tout jaillit en fragmentation comme lave d'un volcan, la corne de Dieu.
Mayacumbra c'est une géographie à 4 niveaux,
la forêt humide où vivent les hommes invisibles, sans doute une tribu primitive, très organisée, adaptée à ce milieu, ce climat d'insectes, de serpents, d'animaux venimeux et d'oiseaux comme les ibis, aux environs de 1000 mètres d'altitude
la zone tampon, faite d'arbustes, buissons, herbes de toutes sortes, une sorte de bush entre 1000 et 1500 m
la zone du volcan éteint, la corne de Dieu, entre 1500 et 2300 m avec 3 étages / l'étage de la source qui, abondante, transforme le bas en bourbier, on patauge dans la boue à Mayacumbra, / la plateforme à 2000 m, où le jeune Théo, 27 ans, va s'installer, construire sa cabane, son refuge en bois puis l'habiller de pierres du volcan, choisies et jointées par ses mains et au-dessus jusqu'au sommet, jusqu'au cratère, / une zone de laves sèches, sans végétation
et si avec un camion, on descend la piste sinueuse puis la route droite, on arrive à la ville à environ 50 kms de Mayacumbra, fin de piste, rien après, cul de sac ; la ville et ses trafics, ses marchés, ses plaisirs monnayés, ses tentations, ses mystères et secrets (celui de Lisbeth)
Mayacumbra, ce sont de drôles de zozos, de drôles d'oizeaux, des hommes cabossés, en fuite, au bout du rouleau, au bout de la piste, en quête d'absolu, d'argent, d'émotions fortes, d'invisibilité, d'amour, de chair humaine ; s'y côtoient les contraires qui s'assemblent, les semblables qui se supportent jusqu'à ce que ça craque ; je ne donnerai pas leurs noms ; il y a une vraie jubilation à les découvrir ainsi que leur portrait, leurs actions, leurs interactions ; il y a deux femmes, la chinoise et Lita, la magnifique Lita, jeune femme entre trois mondes, médiatrice entre la forêt et le volcan, entre le marais et le bush, femme entre deux hommes, parlant d'elle à la 3°personne quand elle monte à la cabane voir celui qui se considère comme le gardien du volcan, Théo, le bâtisseur, contemplatif et actif « tu lui liras ? tes mots lui font du bien ; elle se souvient de tes phrases ; en bas elle se les récite ; c'est comme une prière »; là-haut, à 2000 m, sur une plateforme protectrice, la solide cabane qu'a construite Théo, 27 ans ; il cultive son jardin, cherche des pierres, aime Lita (il la rêve, elle viendra à lui), il tient son cahier de formules comme Montaigne en sa librairie, il sculpte érotiquement les poteaux porteurs de son refuge en compagnie de Ferdinand, l'âne; il est le facteur Cheval, le Gaudi du volcan.
Mayacumbra, c'est un roman de confinés aux confins du monde quand la vie, résumée aux petites habitudes, aux détails du quotidien pesant, soudain devient Vie par la part divine en nous, la part du jeu, de l'invention, de la créativité, la part du rêve éveillé, la part d'une graine qui envahit tout (le corps, le coeur, l'âme, l'espace) puis disparaît aussi vite qu'elle est apparue, la joie, quand aussi se déchaîne le Mal, la violence, la mort atroce, infligée par des hommes, quand enfin le feu, destructeur et salvateur à la fois, du volcan, bien vivant, de très ancienne mémoire, se déverse en lave en fusion emportant tout sur son passage, y compris la cabane et statufiant Théo.
C'est un roman de vibrations (p. 248) et pour l'écrire, il faut être un diapason et au diapason.
retour sur Mayacumbra : on ne se débarrasse pas d'un tel roman en une note de lecture puisque lire c'est écrire l'oeuvre
la mort est fort présente à la fin et c'est par ce thème que se termine le roman
Mayacumbra se termine par la lavification, la pétrification de Théo, gardien auto-proclamé du volcan et qui avait su, pu tisser des liens (vibratoires, au diapason) avec lui
avant l’éruption, une série d’assassinats particulièrement cruels, à froid, sadiques au possible, 3 assassins, 3 sortes d’assassins, Arnosen, le muet, Solstice, trois sortes de motivations
le nettoyage a été fait par Solstice, on peut penser que l’écrasement du muet libèrera le village mais l’absence d’Arnosen prive le village d’une sorte de régulateur, protecteur
survit Solstice qui, sûr, va se barrer; il a l'étoffe pour une nouvelle vie
Théo, le poète, le bâtisseur, statufié par la lave en fusion, se retrouve vite au milieu d’un petit jardin fertilisé par la lave (c’est toujours les fougères qui apparaissent en 1°, 3-4 ans après, vu à La Réunion)
par sa mort, il devient légende et protecteur bien plus efficace de cette zone entre 1500 et 2300 m car hommes invisibles de la forêt et petits blancs du village craignent les légendes, toujours chargées de menaces
l’éruption n’est pas rétablissement d’une justice immanente, elle coïncide avec des événements humains, une séquence violente et cruelle, l’éruption détruit et fertilise; le poète-bâtisseur est victime consentante par son obstination à monter, comme un sacrifice
il acquiert une dimension de légende par la parole d’autrui; d’être de chair, de poète avec ses mots, de bâtisseur avec ses mains, il devient poète de légende, porté par les mots des survivants et de leurs descendants, il s’est multiplié (il est multiplié) comme les petits pains; sa légende est à l'opposé de ce qu'il a été; vivant, c'est un voyant; pétrifié, c'est un rebrousse-chemin, un épouvantail
le paradoxe de ce roman est que ça finit « mal » alors qu’on avait affaire à un personnage fabuleux Théo, nous faisant aimer, la Vie, la Joie, l’infini, l’éternité, le présent et la présence, amoureux délicat, presque à l'ancienne; et tout bascule suite à un mauvais pressentiment, tout bascule dans la mort donnée à coeur joie et dans la mort donnée sans état d’âme (quoique) par le volcan
le roman nous laisse sur un mystère, le sort de Lita, la femme magnifique parlant d’elle à la 3° personne, comme absente d’elle-même alors qu’elle est si présente, si vivante au contact de Théo; on a aimé, on aimera encore cette chimère; bienvenue Lita dans les rêves où je t'inventerai
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Zoé / roman d'Alain Cadéo - Blog de Jean-Claude Grosse
Zoé d'Alain Cadéo Mercure de France, janvier 2015 Voilà un court roman de 151 pages en format 11,5 X 18,5, qu'on a très bien en mains et qu'on ne lâche pas. Deux personnages, un vieil homme ...
http://les4saisons.over-blog.com/2015/04/zoe-roman-d-alain-cadeo.html
Comme un enfant qui joue tout seul
Alain Cadéo
Éditions La Trace, 2019
D'abord, noter la qualité du livre. L'éditeur aime le beau livre, belle couverture à rabats, belle photo aux beaux bleus, comme aquarellée, papier ivoire, caractères lisibles et aérés. Invitation à la lecture avec un livre bien en mains et marque-page indispensable pour un voyage qui a duré presque un mois. Refus de crayonner, d'éterniser ce qui s'offrait dans l'instant. Ô mémoire quels tours vas-tu me jouer ?
En 4° de couverture : Il faut peut-être des millénaires de gestation pour fabriquer une Rencontre...
Un sacré coup de pouce du destin pour la favoriser...
Un seul instant pour s’en saisir...
Une seule seconde pour passer simplement à côté.
Raphaël, Eléna... ou le destin croisé de deux âmes errantes.
Il y a ainsi, toujours, si vous cherchez, aussi minime, aussi lointaine soit-elle, une histoire en commun entre deux êtres qui finissent par se trouver..
Au sortir de son travail, dans un bureau d'un grand ministère, un homme, un cadre, un homme du pouvoir est apostrophé par un clochard qui, lui demandant une cigarette, lui crache au visage : pourquoi es-tu si dur ? Le clochard se retire sans autre mot d'explication. Cette question portée par cet anonyme, ce vagabond de la grande ville amène l'homme du pouvoir anonyme, lui-même anonyme mais se croyant indispensable, à quitter du jour au lendemain, sa carrière, son confort, ses certitudes et à partir à l'aventure, avec sa voiture, direction ?
Une petite ville de province, ville d'enfance, retour en passé mais depuis ici et maintenant, réappropriation, revisitation de souvenirs, de sensations, d'émotions, de sentiments, rencontres d'anciens, de voisins, de connaissances qui racontent. Remontées au présent dans le passé vers celles et ceux qui ont compté, galerie de portraits reconstitués à partir de photos, d'un tableau, de lettres ou billets, d'objets aussi reçus comme talismans, scapulaires, porte-bonheur, fétiches chargés de sens, d'émotions, de souvenirs et Retour par étapes vers l'océan, l'Océan, cette mémoire immémoriale d'où vient la Vie, où se noie les vivants, en passant par le restaurant Roméro, bien planté dans le sable à quelques pas de l'océan, mugissant sur tous les registres et s'y attardant parce qu'il y a Eléna.
Deux corps, deux cœurs, deux histoires, deux âmes se trouvent, se retrouvent près de l'étang aux carpes. Étaient-ils destinés l'un à l'autre ? Deux itinéraires, à un moment, le bon moment ? le kaïros ? se croisent, auraient pu ne pas se croiser. L'improbable est devenu l'évidence. Le hasard fait bien les choses dit-on. Il s'agit plutôt du cheminement spirituel de chacun, se saisissant ou pas d'événements, d'incidents, de mots, de signes, d'objets pour se relier à ce qui existe de toujours, l'éternité de nos récits imbriqués, réels, imaginés et participant d'un grand Tout, mouvant, remuant, vivant, chaotique et ordonné. Retrouvailles (ou trouvailles, enfin on voit, les yeux se décillent) avec les arbres-mères, avec le scarabée, la carpe guetteuse, la mésange et l'alouette, les saisons, les pluies et tempêtes.
Roman composé en récits alternés, Barnabé Raphaël, Eléna, pour finir par Raphaël, Eléna, enfin réunis au bord de l'océan dont les vagues ne jouent plus comme un enfant qui joue tout seul.
Roman qui donne envie de goûter instants et gens, rencontres et solitude.
Roman qui fait du bien, loin du bruit urbain, du gouvernement imbécile, calculateur des choses et des gens.
Roman du détail qui donne sens, prend sens, fait signe, roman du mot juste, qui alerte, provoque l'arrêt-sur-image.
Jean-Claude Grosse, 5 novembre 2019
EXTRAIT :
p.12/13
(…)
Mon premier prénom, celui que j'ai longtemps refoulé dans le grenier des oubliés, me revient aujourd'hui en fanfare : Barnabé. Le second, Raphaël, fut plus facile à porter. Prénom si répandu de nos jours, comme un lâcher de pauvres archanges ne sachant plus voler. Mais Barnabé me plaît. Sa double labiale me rappelle «A.O. Barnabooth», ses «borborygmes», Valéry Larbaud, dont j'ai toujours aimé le dandysme, son regard fiévreusement mélancolique, sa nonchalance de gosse de riches à bord de paquebots et des grands trains de luxe.
On fait tous sa vie. Moi, j'ai défait la mienne. Maille après maille. Jour après jour. Sans calculs ni trompettes. J'ai désappris, tout désappris, et «je suis un berceau qu'une main balance, au creux d'un caveau : Silence, silence».
J'ai désappris ou je me suis défait, lambeau par lambeau, de tout ce qu'on m'a enseigné.
Et j'en suis là, désincarné, marchant sur un trottoir bordé de tulipiers.
Dans cette ville de province du sud-ouest, vieillotte et surannée aux maisons basses, avril offre à mes yeux neufs, la couleur blanche de toutes les naissances.
Oui, j'ai trente-sept ans, toutes mes dents et l'énergie d'un condottiere. J'ai sillonné le monde à grandes enjambées. J'ai travaillé comme un bourricot, noria des forçats de l'ère post-moderne. J'ai séduit, intrigué, connu l'ivresse du pouvoir, pauvre de moi... Et la voix d'un clochard un jour m'a remis à ma place : «Pourquoi es-tu si dur ?» Je me souviens toujours de cette voix. Elle fut le déclencheur de ma dégringolade ou de mon ascension. C'est selon.
(...)
Petite note sur Mots de contrebande d'Alain Cadéo
ce matin, j'ai fini les mots de contrebande d'Alain Cadéo, 105 mots et ce qui émergeait c'était ce que j'étais en train de devenir, assis devant mon grand bureau, sans ordi, avec une grande feuille de papier canson et une plume à tremper dans l'encrier, le grand bureau soudain barque, pirogue pour aventures sur des rives éblouies et des captures d'argent-vif frétillant puis le grand bureau soudain traineau pour glissades infinies sur lac gelé et flambées jusqu'au ciel sans risque d'incendie se propageant sans limite; bref, avec Alain Cadéo et ses mots prenant au lasso les cavales des désirs inconfortables, toujours insatisfaits, pour les apprivoiser, je me sentais grandi avec humilité, essentiel, sans enflure nombrilique, apte à prendre toutes les dimensions (nain, géant, famélique, efflanqué, obèse) pour avec les mains, les dents, mordre, mâcher, palper les beautés du monde, du cosmos sous les moisissures, les putréfactions organisées par ceux qui prétendent savoir; je redevenais un chasseur, pêcheur, cueilleur, un sauvage, un primitif en connexion avec le Mystère, ce qui a été avalé par les trous noirs, pas prêts à rendre la Lumière (4% de l'univers est composé de matière lumineuse donc observable)
Jean-Claude Grosse
Ivresse est sculptée dans du châtaignier. Ce châtaignier a été déraciné par une tempête en 2004. Le sculpteur, Michel Gloaguen, a débité l'arbre en 2010, sculpté Ivresse puis mis le feu à l'œuvre lors d’une cérémonie pyrénéenne traditionnelle : la grilladerie (grillades, vins bus au pourou et rires) à Coudaruque, dans le Val d’Azun, en août 2010. Avant destruction de la sculpture, sur intervention d’amis soucieux de conserver L’Ivresse, arrêt de la mise à feu et à mort. Long travail de nettoyage au chiffon pour enlever le noir de fumée. Ponçage et peaufinage à la cire d'abeille.
Ivresse est la dernière œuvre d’une série de 10 pièces Intimités réalisées par Michel Gloaguen (idée et bois) et Françoise Gourvès (verre). Un an de travail pour évoquer l’union entre deux corps, leurs positions possibles (69, 96, fellation, jouissance, extase, symbiose 1 et 2, abandon), leurs états d’âme, leurs émotions. Grande retenue dans ces œuvres élégantes, raffinées, délicates mais aussi puissance latente des pulsions sexuelles, des élans passionnés qui nous envahissent parfois, nous mettent hors de nous. C’est la marque de l’amour. Certaines amours ne durent qu'un jour. D'autres durent jour après jour jusqu'à ce que ça fasse toujours.
La série a été exposée à la galerie L'if à Elne, en septembre 2010. La galerie L'if, dirigée par Odette Traby (décédée depuis) fut un lieu remarquable d'expositions, de rencontres poétiques animées par Les Authentiques Cabochards avec Gilbert Desclaux, Michel Gloaguen, Michel Gorsse et bien d'autres.
Michel Bories dit Pof, inventeur du Pof Art, fut bien sûr défendu, exposé par Odette Traby.
Vernissage le 3 septembre 2010. Annie et moi avons décidé d'acheter Ivresse. La sculpture, osée, correspondait à notre état du moment. Je revenais du bocal agité au Baïkal. J'avais rencontré la sirène Baïkala. Tourmente affective. Tourment sexuel et amoureux. Nous étions très proches à ce moment-là. Et cela dura jusqu'à là où ça prend fin. Annie prit sa retraite le 17 septembre 2010. Entre le 17 septembre et le 18 octobre, elle s'occupa de réinstaller et réaménager la maison. Je n'ai rien changé depuis son départ, je vis dans sa maison, son univers. Le 18 octobre, elle se plaignit de violentes douleurs dorsales. Le 29 octobre, je l'amenais aux urgences. Le 29 novembre, elle s'en allait.
La série est reproduite (avec l'accord de Michel Gloaguen) dans le livre Le Fils du Baïkal, épuisé, non réédité. Mon analyste (une femme) m'a fait comprendre que ce titre (sur les conseils d'Annie mais que je partageais) était très mauvais. L'hommage au fils disparu revenait à mettre à l'écart la fille, la soeur, elle bien vivante, à l'oublier. Place aux vivants, pensez à vos vivants m'a-t-elle dit, aimez-les encore plus, encore mieux, dites le leur, ce sont ces mots, des mots d'amour, des Je t'aime, qu'ils veulent entendre. J'ai donc réécrit une partie du livre qui est devenu Les Enfants du Baïkal, épuisé aussi, avec dédicace spéciale à Katia, ouvreuse de la voie théâtrale à son frère cadet.
J'ai compris suite à cet épisode que les survivants ont à être encore plus et mieux aimés, ils souffrent comme nous et donc ont besoin de voir qu'on les aime mieux et autrement que les disparus. Quelle place accorder aux morts, quelles relations avoir avec eux, quelle place accorder aux vivants, aux survivants, c'est un des enjeux de L'Île aux mouettes (2012) entre la chamane et l'épousée, pages 142 à 147. La chamane qui a charge des morts et de leur âme sait combien on a tendance à oublier ceux qui restent. Cela m'a amené à changer d'attitude vis à vis de ma fille, à être très proche d'elle, à l'écoute, en soutien.
Merci à cette sagesse qui me gagne petit à petit, avec l'âge, que je ne vis plus comme vieillissement programmé, inéluctable (merci Deepak Chopra) mais comme potentialités inédites de longévité, de maturité du jugement, de créativité renouvelée ou approfondie, de spiritualité de la vision, sagesse que je m'incite à acquérir par exercices et nouvelles attitudes, habitudes, par vigilance reposée et maîtrise active, en ayant des projets à long terme (2028 à Baklany avec Katia et Rosalie, 2019: 50° anniversaire du suicide de Gabrielle Russier au Théâtre Toursky à Marseille, 2018 : 30 ans des Cahiers de l'Égaré au Revest et au Bateau Lavoir à Paris) ;
comme dit Byron: Ce que l'homme atteint devrait être hors de sa portée, sinon à quoi sert le ciel ?
merci à l'ouverture d'esprit et de coeur toujours un peu plus grande qui en résulte, accueil toujours plus vivant de la Vie qui nous habite et nous traverse et qui inclut la mort, accueil donc aussi de cet horizon destinal qui donne à la vie sa dimension tragique, son "prix", sa valeur (c'est nous, chacun, individuellement, librement, qui décidons de cette valeur car attention, lisez attentivement, la vie n'a pas de sens puisque le sens de la mort est inconnaissable mais elle n'est pas absurde, c'est l'erreur de Camus d'avoir déduit l'absurdité de la vie du néant auquel la mort conduit) d'où cette sagesse qui m'habite de plus en plus est une sagesse tragique. Les liens vers des articles de mes blogs montrent que la méditation sur la mort est partie vivante de mon cheminement spirituel, non religieux. Bien sûr, ce qu'on appelle la petite mort, la jouissance mérite attention surtout si certaines femmes accèdent à l'Autre Jouissance.
Échange entre le père et la mère dans L'Éternité d'une seconde Bleu Giotto (2014) :
Le père – c’était le soir, on avait allumé un feu pour faire griller les omouls qu’on avait péchés, on avait porté deux toasts de kedrovaïa au lac, à l’amour, ça nous avait émoustillés, nous avons fait l’amour sur le plancher de l’isba de rondins blonds
La mère – j’aurais voulu que tu me baises
Le père – je t’ai fait l’amour
La mère – tu ne m’as pas baisée, tu m’as fait l’amour, pas comme j’attendais
Le père – tu m’as surpris, tu n’avais jamais été aussi ouverte
La mère – tu t’es retiré
Le père – tu m’as ramené en toi, tu l’as eu, ça ne te suffit pas
La mère – je n’ai plus jamais été Ouverte comme ce soir-là
Le père – je suis désolé, j’avais envie de m’abandonner, de me livrer à ton étreinte, ça s’est bloqué
La mère – chez moi aussi
Le père – te plains-tu de nos étreintes
La mère – on fait l’amour comme tu dis, on ne baise pas, j’étais Ouverte par l’Appel de la Vie, ça pouvait ressembler à de l’indécence, je me suis sentie jugée, quelle violence, cette impression, pour la vie. Tu vois, mon sexe n’a pas oublié l’obscénité de ton retrait
Le père – je regrette vraiment de m’être refusé, peut-être par trop de respect pour ton corps que je ne voulais pas outrager
La mère – c’est ça, mon p’tit chat ; depuis, tu es le maître de cérémonies minutées avec paliers et plateaux, plus de place pour les effondrements dionysiaques, pour les envols mystiques. Tu ne ressentiras jamais où t’aurait mené une plongée sauvage, sans calculs, dans ma béance
Le père – tu as quand même du plaisir
La mère – plaisir, plaisir, petit mot qui convient bien à une pâle jouissance, sans retentissement au profond du corps et de l’âme. Fusionner avec le Tout, des Femmes rares connaissent. Aurais-je pu connaître la Grande Vie Cosmique, pas la petite mort orgasmique ?
Ivresse est devenue le totem de la villa joie au Revest. Le soleil de fin d'après-midi caresse les fesses de la belle, plantée sur son beau. Vivant à l'extérieur, sans soins ni entretien, le temps finira par avoir sa peau mais ce sera dans très très longtemps, le châtaignier étant quasi-imputrescible.
Tout près d'Ivresse, les fesses sublimes de Laurent Ribeirat, un ami peintre de Michel Bories et Gilbert Desclaux, parti aussi. J'aime ces quelques sculptures en plein air sans parler des tableaux accrochés dans la maison, une vingtaine et les objets en dentelles végétales d'Aïdée Bernard.
Un univers sensible grâce à des oeuvres d'artistes.
Jean-Claude Grosse
Extrait de L'Île aux mouettes (2012) :
Réel 1 – Bande blanche du zèbre
L’épousé et l’épousée se promènent sur la plage de Baklany. Soudain, une mouette pique sur eux, inattendue ; l’époux la chasse ; elle recommence son vol en piqué plusieurs fois ; à chaque fois, l’époux la chasse ; que dérangent-ils ? puis la mouette tombe devant l’épousée, morte ?
on n’a entendu aucun coup de feu ; la mouette a, à la tête, une tache couleur rouge, du même rouge que les cheveux de l’épousée ; aucune trace de blessure.
L’épousée – qu’est-ce qui t’arrive, la mouette ? (elle la prend dans ses mains, la caresse)
L’épousé – étranges, ces attaques !...
La fille – an other perfect fucking day in Baklany !
L’épousée – c’est un signe !
L’épousé – annonçant quoi ?
L’épousée – je ne sais pas ! nos amis sibériens ont toujours des explications ! il y en a bien un qui va nous dire !
Baïkala – шаманка Бакланьего мыса ! Матрёна Петровна кулбертичёва ! la chamane de Baklany ! Matrena Petrovna Koulbertichova !
La chamane a assisté à la chute de la mouette. Elle a revêtu le manteau aux pendeloques portant les emblèmes du soleil, de la lune, d’Emeget, l’esprit universel et d’Ekgetou, l’oiseau mythique à deux têtes. Au dos du manteau, la bride, tenue par Baïkala, qui lui permet de retenir Koulbertichova, si jamais elle s’éloigne trop des vivants présents. Sur la tête, Matrena Petrovna porte la coiffe surmontée d’une ramure de renne. Les franges de la coiffe représentent les mouettes qui vont lui permettre de voler, de plonger. Elle trace un grand cercle autour de la mouette, tape sur son tambour d’abord doucement et lentement en tournant à l’extérieur du cercle dans le sens contraire aux aiguilles d’une montre puis elle accélère tournant dans le sens horaire. Elle vocalise, assistée par Baïkala ! koutouroutsouk de la chamane, chants hystériques préparatoires au voyage. Brusquement, Koulbertichova s’arrête.
Baïkala (traduisant) – une âme n’est pas partie après les 40 jours de la disparition de son corps ! des vivants ne l’ont pas laissé partir ! la chute de cette mouette dit que si cette âme ne s’en va pas ! elle fera un malheur ! je pars à la chasse de cette âme malheureuse ! devenue malveillante ! pour la gagner... mes semblables, nous allons nous adresser aux âmes de nos ancêtres, eux qui ont vécu longtemps avant nous, pour qu’ils nous aident ! Âmes de nos ancêtres ! rassemblez-vous pour une longue route avec moi ! Nous volerons vers l’île aux mouettes à tête rouge, comme une nuée de mouettes, pour gagner l’âme de cette mouette ! L’île lui sera-t-elle port d’attache, rupture de direction, vol cassé ou propice aux insolites traversées ?... Vents du Baïkal ! bargouzine ! sarma ! gournaïa déferlant de l’est ! koultouk du sud ! verkhovik du nord ! chelonnik de la Selenga ! Kharakhaïkha de l’Angara ! à vous de décider !
Elle crie, stridences aigües devenant progressivement graves, de plus en plus faibles, puis silence. Elle a cessé de respirer, elle est inanimée, out-of-the-body experience ; la transe profonde dure 1/2 h. Tout le monde retient sa respiration. C’est la première fois que les Français voient une chamane, une chamane en transe. Elle sort lentement de son état inerte ; recommence à respirer ; elle est en nage. Tous ont repris leur souffle depuis longtemps sauf l’épousée qui a épousé le rythme de Matrena Petrovna. Elle sort en nage de cette expérience extrême. La mouette sort de son état inerte. Elle s’envole en tournant autour de l’épousée puis s’éloigne au large, vers l’île aux mouettes où l’agitation a cessé. Matrena Petrovna s’allonge dans le cercle, face au ciel, écarte bras et jambes, offre son vieux corps à la dévoration par les âmes des mouettes.
Koulbertichova – вы потеряли кого-то, к кому были очень привязаны ? vous avez perdu quelqu’un auquel vous étiez très attachée !
L’épousée – mon fils !... noyé ! ici ! à Baklany ! мой сын !... утонул ! Здесь ! на Бакланьем мысе !
Koulbertichova – его душа была узницей вашей любви ! мне удалось её освободить ! вы сильно сопротивлялись ! вы разделились ! клан ваших мертвых зовет вас ! очень сильно ! клан ваших живых тоже ! намного меньше ! вам нужно поменять знак !
Baïkala (traduisant) – son âme était prisonnière de votre amour ! j’ai pu la libérer ! vous avez beaucoup résisté ! vous êtes divisée ! le clan de vos morts vous aspire ! très fort ! l’eau ! le clan de vos vivants aussi ! beaucoup moins fort ! l’air ! vous devez inverser le signe !
L’épousée –... pourquoi ? Почему ?
Koulbertichova – если мы живы, надо жить ! tant qu’on respire on vit !
L’épousée – comment ? как ?
Koulbertichova – вылейте водку на пляж ! возьмите горсть песка ! Зайдите ! Голыми ! в озеро ! по пояс ! скажите Мать-моржиха дай нам солнца! три раза! выпейте три глотка озерной воды ! вдохните трижды воздух озера ! рассейте в три подхода песок в воду ! Вода! Земля ! Воздх ! они разделены !... это должно бы заставить вас порой не валить все в одну кучу !...
Baïkala (traduisant) – versez de la vodka sur la plage ! prenez une poignée de sable ! entrez ! nue ! dans le lac ! jusqu’à la taille ! dites Мать-моржиха даи нам солнца trois fois ! buvez trois gorgées d’eau du lac ! inspirez trois fois l’air du lac ! dispersez en trois fois le sable dans l’eau ! Terre ! Eau ! Air ! bien séparés !... ça devrait vous faire renoncer à tout confondre parfois !... surtout ne buvez pas la vodka ! il faut la jeter !
L’épousée s’exécute sous les yeux médusés de l’époux et du camp ! il pleut à verse ! elle plonge en apnée ! tout le monde retient sa respiration ! plus ou moins longtemps ! il y a ceux qui y croient ! ceux qui n’y croient pas ! elle réapparaît des minutes après !... tous reprennent leur souffle ! il fait soleil !
Baiïkala – averse!... arc-en-ciel!... soleil!... je le répète ! la vie est comme un zèbre ! une bande noire !... une bande blanche !...
Koulbertichova – мадам, да вы шаманка ! мир это ваши крылья ! ваше оружие, любовь ! вы прошли ужасные испытания ! ужасные испытания ждут вас ! используйте вашу способность останавливать дыхание ! вырвите с корнем из вашего нутра желание пропасть ! если вы
Baïkala (traduisant) – vous êtes une chamane ! la paix est votre aile ! votre arme, l’amour ! vous avez traversé des épreuves terribles! des épreuves terribles vous attendent ! utilisez votre maîtrise de l’apnée ! extirpez de votre ventre les désirs de vous sortir de la vie ! je vous accompagne ! Ouvrez la bouche, gardez, mélangez et avalez ! (Koulbertichova crache une mixture dans la bouche de l’épousée qui s’exécute sans dégoût ; réactions partagées des autres)
69, 96, fellation, jouissance, extase, symbiose, symbiose 1, abandon, ivresse (4, face, dos), l'ivresse totem au soleil, les fesses de Laurent Ribeirat sur leur restanque; extases de Ernest Pignon Ernest et du Bernin
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Note sur La mort et la pensée de Marcel Conche (2° édition aux éditions Cécile Defaut, Nantes) paru en février 2007 Marcel Conche par Jean Leyssenne J'ai lu La mort et la pensée dans sa 1° ...
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Homme, Femme ?/ Mode d'emploi ! - Blog de Jean-Claude Grosse
Patrick Roux, consultant au CPCT-M, interviendra sous le titre : "La princesse du désert". Afin d'introduire le travail de réflexion de cet Après-Midi "Homme, Femme ? Mode d'emploi !", il nous ...
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extrait du film réalisé par Cyril Grosse (1971-2001) sur le peintre Michel Bories (1949-2001), inventeur du Pof Art dont il est l'unique représentant.
https://www.youtube.com/watch?v=AZB4AleTawA&feature=youtu.be
articles de Var Matin, le bocal varois de juin 2002 avec des auteurs algériens et des auteurs pieds-noirs, le livre franco-russe né du bocal agité au lac Baïkal en août 2010 pour les 10 ans du séjour de Cyril Grosse pour la création du spectacle C'est possible, ça va; le schéma de l'euro éthique présenté par un gilet jaune, Olivier; le roman inachevé de Cyril Grosse
Grand débat : culture et citoyenneté
Captation réalisée au Liberté, scène nationale de Toulon le 17 février 2019 Châteauvallon et Le Liberté, scène nationale de Toulon, fidèles à leurs vocations de lieux de création, d'ouve...
j'interviens à 23' pendant une dizaine de minutes; l'atelier constituant intervient à 37'
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Le comédien, co-directeur du Théâtre Liberté à Toulon est l'invité de Patricia Martin. Châteauvallon et Le Liberté, scène nationale de Toulon, organisent deux débats publics ouverts à to...
voilà une base utile pour interroger Charles Berling, dans un esprit constructif
ce que j'entreprends, je le fais par conviction et avec passion mais aussi parce que m'a précédé Cyril Grosse (1971-2001), écrivain, metteur en scène, comédien
Renouer le dialogue entre ceux qui ne veulent plus parler et ceux qui ne veulent pas les écouter c'est toujours une victoire, peu importe le nombre. Ça porte toujours ses fruits. Bravo ! Aline
Compte-rendu du débat du 17 février au Théâtre Liberté
Quand j'ai proposé par lettre ouverte portée avec une gilette jaune le 1° février que le Théâtre Liberté, Châteauvallon, l'Opéra de Toulon s'ouvrent à des débats citoyens en écho au mouvement des Gilets Jaunes, j'avais le projet que se créent des passerelles entre deux mondes, celui de la culture administrée selon des impératifs de « rentabilité » et celui des GJ, en majorité des actifs, des gens au RSA, des chômeurs, des retraités aux revenus modestes les situant plus dans la survie, la galère que dans une vie choisie.
Quand samedi 16 février, j'ai évoqué le débat citoyen du dimanche au Théâtre Liberté, les GJ auxquels je m'adressais me demandaient : où est ce théâtre ? - derrière vous ! Qu'on le veuille ou non, il y a bien des gens qui n'ont pas accès à la culture proposée, qui sans doute aussi ne se sentent pas concernés par cette culture qu'ils trouvent « élitiste ».
Donc, d'une part le Théâtre a communiqué, newsletter, presse, radio et d'autre part j'ai informé largement différents groupes de GJ, de l'initiative. J'ai même adressé un mail à plus de 150 « amis ». J'observe que depuis que je m'affiche gilet jaune, un bon nombre d' « amis » me boudent, m'isolent, m'ignorent. C'est leur choix. C'est vrai en particulier chez les artistes. Très peu d'échos, de propositions, d'échanges. Et pourtant je connais bien ce milieu mais silence radio côté collectif 83 des compagnies s'il existe encore, côté La Réplique en sommeil et réactivée, côté compagnies varoises, théâtres des villes voisines, côté comédiens...
À mon avis, nous nous sommes retrouvés à 150 maxi dans la salle Albert Camus (quelle belle figure tutélaire !). Donc avec deux forces de frappe communicationnelles (Liberté, GJ), on a rassemblé presque 10 fois moins que pour l'Agora du Zénith, le 18 janvier, agora préparée en 15 jours par 4 femmes GJ au départ (1350 participants comptés, chiffre divisé par 2 par le journaliste Claude Ardid dans un article fielleux et mensonger paru dans Charlie-Hebdo). Cela fait question.
Le débat au Théâtre Liberté dimanche 17 février 2019 a duré 2 H, 19 h 30-21 h 30. Il a été démocratique sans monopolisation par la direction. Salle et scène faisaient un presque cercle, 130 ? dans la salle, 20 personnes sur le plateau = celles qui ont voulu monter, dont 7 GJ. Ont été posées deux questions de forme sans que cela entraîne une modification du cours des choses (question sur la captation non prévue pour un live donc quid de la restitution, question sur les remontées au national). J'ai laissé tomber la question de la présidence et modération par un duo de citoyens ce qui est peut-être une erreur mais ce débat citoyen montre ses limites quand choix n'est pas fait de démocratie directe avec vote sur les propositions nées de l'intelligence collective en acte; on débat, on ne décide pas. Un débat citoyen n'est pas encore une assemblée citoyenne.
Le déroulement a été correct selon moi, la parole a bien circulé. Des propositions ont été faites dont le festival des possibles sur un mois; la quasi-absence des artistes (9 peut-être) n'a pas contribué à relayer cette proposition de festival hors programmation préparé en amont avec des citoyens volontaires et le Théâtre. Pas de décision prise. Il faudra renouveler la proposition à Châteauvallon.
À toutes les demandes d'ouverture citoyenne, à toutes les remarques sur l'accessibilité, il a été répondu que le Théâtre Liberté le faisait déjà, que c'était sa vocation, dans ses gènes. Comme étaient présentes des associations en lien et partenariat avec le Théâtre, on a eu droit à des exemples concrets d'interventions sur le territoire sous des formes diverses, genre école de la 2° chance. Donc, le Théâtre est satisfait de ce qu'il fait (c'est son droit le plus légitime, il fait bien et au mieux, ce qu'il fait, c'est incontestable) et on sait le lui dire, des usagers lui renvoient une image gratifiante. Mais peut-être aux dires de la gilette jaune qui a porté la lettre ouverte avec moi faudrait-il apporter davantage de lisibilité sur les actions nées de ces partenariats parce que ça pourrait donner envie de connaitre le lieu, de le fréquenter, de le rendre plus « populaire ». Peut-être aussi donner des idées d’autres utilisations possibles. (Beaucoup de "peut-être" qui disent beaucoup sur le rapport au lieu).
Mais le débat a été beaucoup plus large que les missions ou vocations du théâtre. Par suite le rôle du lieu se trouve décalé quand sont mises en cause les politiques municipales et de quartiers. Le lieu théâtre n'est pas responsable de la carence en lieux là où ils seraient nécessaires (maisons du peuple ou maisons des citoyens, maisons du droit, maisons de quartiers, maisons des jeunes, maisons inter-générationnelles). Les retraités sont bien servis sur Toulon, 27 foyers des anciens. Les comités de quartiers sont en sommeil.
Les jeunes ont été au coeur du débat pendant un bon moment. Ont disparu les maisons des jeunes et de la culture, fort utiles au temps de l'éducation populaire. Différentes interventions ont fait remarquer que plein d'expressions artistiques sont nées ailleurs que dans les lieux officiels, que des lieux alternatifs existent, se créent, que les jeunes savent aussi investir des espaces publics où barbecue et musique font bon ménage. La musique adoucit-elle les mœurs ? en lien avec la question : la culture permet-elle de faire barrage à la violence ? Réponses négatives chez Hannah Harendt, George Steiner.
Ont été évoqués deux exemples de prise de responsabilité de leur destin par des jeunes : la manifestation-grève scolaire des lycéens contre l'inaction des gouvernements sur le plan climatique à l'appel de Greta Thunberg et l'émouvant discours d'Emma Gonzalez sur la tuerie de Parkland. Paradoxe, il a été très peu question des artistes, très peu présents d'ailleurs. A été signalé que beaucoup d'étudiants qui se forment en arts à Toulon s'en vont ensuite vers Arles, Marseille, Avignon. La ville ne profite pas du vivier d'artistes qu'elle forme.
Les GJ présents ont été présents et ont dit ce qu'il fallait dire sur le revenu universel de base, sur le pouvoir constituant à récupérer par les citoyens, sur les inégalités socio-culturelles, sur la diversité des cultures, sur l'euro éthique.
Le journaliste Claude Ardid (qui dans Charlie Hebdo a écrit un article dénaturant l'agora GJ du Zénith Oméga du 18 janvier) a rajouté une couche fielleuse hostile aux GJ traversés affirme-t-il par des propos racistes, antisémites. Je le laisse à ses « accusations » et à son dithyrambe pro-France = pro-Macron. Il a toutefois fait remarquer à juste titre qu'il y avait moyen de s'informer et de s'instruire en France y compris par les chaînes de télévision. C'est vrai. Encore faut-il la curiosité et l'envie de devenir citoyen => celui qui s'occupe de ce qui ne le regarde pas, à savoir l'intérêt général. Et là, il y a tout un travail d'éducation populaire et politique à faire, ce que font les ateliers constituants en ce moment un peu partout en France.
Une anecdote nous fut racontée par un monsieur de plus de 80 ans. Il y a plus de 50 ans, il avait avec deux autres amis peint en blanc sur une magnifique Chevrolet, le slogan : US Go Home. Le débat n'eut point lieu mais se posait la question pertinente de la domination culturelle américaine (je dirai même la guerre culturelle à travers le droit à la propriété des biens immatériels) avec en filigrane la peu pertinente question : y a-t-il une exception culturelle française ?
Grâce au metteur en scène Jean-Baptiste Sastre, j'ai appris que Georges Bernanos dont il a mis en scène le texte La France contre les robots a écrit Les grands cimetières sous la lune à Toulon au Grand Café de la rade. Il a même écrit un texte sur Toulon. Nous avons aussi évoqué Simone Weil, philosophe et militante dont Albert Camus a publié L'enracinement. François Cheng évoque magnifiquement cette figure de l'absolu dans la 6° lettre de son livre De l'âme.
En conclusion, l'essentiel de ce débat semble être la nécessité de lieux de proximité pour les jeunes. De même que les stades de foot sont de partout, les maisons de jeunes et inter-générationnelles doivent s'édifier partout sur le territoire. Doit aussi être réinvesti l'espace public comme les GJ l'ont brillamment fait en ouvrant les Champs-Elysées aux manifestations contre les riches, pour la dignité humaine et le respect de la Vie, hier encore reléguées de la Nation à la Bastille et à République.
Reste à préparer le débat citoyen de Châteauvallon du lundi 25 février à 19 H. Doit-il s'orienter vers ce qu'on pourrait appeler le 2° acte de l'éducation populaire en lien avec le 2° acte de la décentralisation culturelle ayant pour axe : des cultures de tous aux cultures avec tous, des Je aux Nous ?
Jean-Claude Grosse
78 ans, GJ, auteur dramatique, éditeur
Lettre partiellement lue pendant le débat (ce que j'ai mis en italiques)
Propositions pour un théâtre en liberté
Le Théâtre Liberté porte un joli nom.
La liberté est une valeur première de la République. Elle se décline en libertés individuelles et collectives. Les libertés constitutionnelles ont été réclamées et obtenues par des mouvements, révolutions, insurrections. La liberté ne se limite pas aux libertés arrachées puis octroyées. La liberté est une histoire individuelle et collective en cours où de nouvelles libertés restent sans cesse à proclamer, la liberté c'est une histoire de libérations successives avec parfois des régressions politiques majeures. Cette succession de libérations repose sur ce qui fonde la liberté absolue de chacun : le pouvoir de dire NON (ce qu'a si bien énoncé La Boétie), pouvoir lié au fait que l'homme pense, et n'est pas un perroquet. Comme disait hier à Toulon un slogan : « je pense donc je gêne ».
Le théâtre Liberté a décidé d'organiser un débat citoyen sur culture et citoyenneté, sur « la place de l'art et de la culture dans notre société en mutation ». Mais il faut dire au préalable que sans le mouvement des Gilets jaunes, enceint de 3 mois d'existence et qui n'est pas prêt de s'arrêter, il n'y aurait pas eu ce grand débat national appelé de ses vœux par le Président de la République, dont il bat l’estrade pour faire one-man-show.
Pendant trois mois, les lieux de culture sont restés étrangement silencieux. Ce n'est que depuis peu que certains se réveillent, à la suite d’appels lancés par certaines personnalités, dont l’ancien directeur de la revue Mouvement, et à la suite de la tribune de Marie-José Malis, présidente du Syndicat des entreprises artistiques et culturelles, le Syndeac, parue le 21 janvier 2019 dans « Libération », qui appelait à un 2° acte de la décentralisation culturelle.
Un premier débat citoyen a eu lieu au Théâtre de la Cité à Toulouse, le 8 février.
La forme n’étant pas étrangère au fond, il ne peut revenir à la direction du théâtre Liberté le soin de conduire le débat qui nous assemble. Ici, chaque voix doit compter, et nous devons, toutes et tous, être sur un pied d’égalité afin que puisse s’exercer la pleine fraternité d’un échange démocratique. Je propose en conséquence qu’un duo de citoyen.ne.s issue de cette assemblée préside et modère le débat qui va suivre. La désignation pourrait se faire par tirage au sort, on se satisfera pour ce soir du volontariat.
De toute manière, il est évident que ce débat ne peut être qu'un début, si nous voulons œuvrer durablement à la « mutation » qu’évoque l’intitulé de ce débat.
Dans le champ culturel, comment pouvons-nous percevoir la mutation qui s'annonce ? La politique culturelle, telle qu’elle s’est développée en France, débute avec le Front populaire, et s’inscrit dans une revendication de temps libéré du travail, ce qu’on appela le loisir. André Malraux a ultérieurement forgé la notion de « culture pour tous ». Antoine Vitez parlait pour sa part de « culture élitaire pour tous ». Et tout récemment, Frédéric Mitterrand parlait de « culture pour chacun ». Mais il semble déraisonnable que « la » culture (quelle culture, y en a-t-il une seule ?) puisse être égale pour tous , pas plus que pour chacun d'entre nous. Comme le rappelle Jacques Rancière dans « le partage du sensible », il n'est pas de démocratie sans capacité de distinction. Lorsque la gauche est arrivée au pouvoir en 1981 avec François Mitterrand, Jack Lang s'est proclamé ministre des artistes, et a voulu faire croire qu'un pouvoir -fut-il socialiste- pouvait lui aussi être créatif voire créateur . Mais à partir de ces mêmes années 1980 a été paupérisé et démantelé tout le réseau de l'éducation populaire et des lieux d'action culturelle . Le ministère de la culture a labellisé à tour de bras des équipements culturels qu’il a lestés de « cahiers des charges » puis d'obligations de résultats et maintenant de contrats de performance. Comme tout domaine d'activité humaine (l’'éducation, la santé, la science, le sport, etc., etc ), La culture a été mise sous la tutelle de paradigmes exclusivement économiques. Il est grand temps de constater la faillite d'une telle entreprise, y compris en terme de démocratisation culturelle ; Il est grand temps de rappeler à la finance qu'elle ne doit être qu'un outil -certes utile- mais qu’elle ne peut avoir prétention à gouverner L'entièreté de nos vies.
Dans la diversité qui le constitue, le mouvement des Gilets jaunes manifeste à l'évidence un profond désir de citoyenneté et de dignité . Les gens ne veulent plus laisser la conduite des affaires à quelques puissants auto-proclamés qui, depuis des années, nous mènent droit dans le mur . À l'instar des lycéens qui, samedi dernier, manifestaient encore leur colère contre l'inaction climatique et proclamaient : « Nous, enfants du XXIe siècle, allons prendre les commandes », la culture ne saurait être en reste .
Je suis poète, éditeur, militant associatif et citoyen. J’ai 78 ans et tant qu’il me reste un souffle de vie, j’entends bien être l’un de ces enfants du 21ème siècle. Ce n'est qu’ensemble, les uns et les autres, que nous pouvons reprendre les choses en main en faisant intelligence collective.
Après la « culture pour tous », il est grand temps de faire place à la culture de tous, car chacune et chacun est porteur d’une culture, voire de plusieurs. Il est grand temps d'inventer un nouveau chapitre de la politique culturelle de notre pays qui sache faire culture avec tous. C'est un édifice commun où chacun peut apporter sa pierre .
Concrètement, je propose que le Théâtre Liberté libère dès que possible un mois entier de sa programmation afin d’instaurer un laboratoire des possibles.
Ce mois serait un festival d’un genre nouveau, préparé en amont avec des citoyens volontaires, avec les sources vives du territoire (artistes, non-artistes, publics, non-publics). Il s'agirait que les gens (les artistes sont d'abord des gens et tous sont des humains, ce qui nous est commun c'est notre humanité et ça veut dire quoi concrètement de nos rapports à nous, aux autres, aux végétaux, aux animaux, à la Terre, à l'air, à l'eau...) se saisissent de leur vécu, de leur quotidien, de leurs rapports à l'actualité, aux enjeux planétaires immédiats et donnent à ces matériaux, à ces contenus, des formes simples, partageables, transmissibles sur tout le territoire de la métropole. Parmi les formes déjà disponibles, inventées, il y a celles d'Augusto Boal qui ont servi en Afrique (éducation sur le sida), en Amérique latine, théâtre forum, théâtre invisible. Il y a les formes inventées par Moustapha Aouar et Gérard Lépinois, bocal agité, petits-petits, pièces pour 1M2. Il y a les théâtres à vif. Bien sûr, agoras, projections de films citoyens, initiatives locales (la vallée du Gapeau en transition, la monnaie locale La Fève), scènes ouvertes aux slameurs, aux poètes, aux performeurs, utilisations des nouveaux médias (vidéos...) sont à prendre en compte. Dans le cadre du festival de théâtre lycéen aux Comoni, j'ai vu des jeunes migrants scolarisés à Dumont pour apprendre le français (avec l'association L'autre, c'est nous) donner un exemple de présence particulièrement retentissante avec leur vécu (un peu comme le Groupov avec des survivants du Rwanda)... Ne faisons pas catalogue : les exemples sont multiples.
Voilà une proposition que je soumets au vote de cette assemblée, afin que la citoyenneté qui vient donne une direction, un cap, au Théâtre Liberté, et que ce lieu-ci fasse école.
Le Théâtre Liberté peut-il se prononcer sur cette perspective, un festival des possibles d'un mois dès la saison 2019-2020, préparé en amont démocratiquement, avec des citoyens volontaires ?
Nous sommes à Toulon. De grâce, ne laissons pas nos désirs en rade, ni même en cale sèche. Prenons le large d’aventures nouvelles.
Jean-Claude Grosse
78 ans, GJ, auteur dramatique, éditeur
ma lettre ouverte du 1° février 2019
Lettre ouverte aux directeurs de la scène nationale de Toulon
(Le Liberté et Châteauvallon)
Bonjour Charles Berling et Pascale Boeglin,
Je vous écris en tant que sympathisant actif des Gilets Jaunes qui à Toulon ont réussi l’exploit d’organiser une agora citoyenne avec 1300 participants au Zénith Oméga le 18 janvier, et aussi en tant qu’ancien directeur artistique bénévole de la Maison des Comoni au Revest (de la création 1984 jusqu’à fin 2004) où nous avons organisé près de 70 agoras entre 1995 et fin 2004.
À ma connaissance, vous ne vous êtes pas exprimés sur ce mouvement ni n'avez fait de proposition d’organisation d'une agora citoyenne sous la responsabilité des Gilets Jaunes alors que d’une part les GJ revendiquent de récupérer et redonner le pouvoir constituant au peuple, que d’autre part un grand débat national est organisé.
Chaque samedi, près de 3000 personnes, les silencieux, celles et ceux qui ne vont pas au Théâtre Liberté, se retrouvent place de la Liberté, quel nom fabuleux, manifestent pacifiquement (avec parfois débordements), se font gazer, éborgner, matraquer (on se souvient d’un certain colonel de la police nationale à Toulon).
Je suppose que vos portes sont fermées les samedi après-midi.
Or vous savez utiliser la Place de la Liberté pour vos présentations de saison, vous savez aussi aller dans différents lieux de la ville à la rencontre de la population (j’en ai profité quelques fois); vous avez des thématiques d’ouverture sur la Méditerranée, ce vaste cimetière de migrants noyés; vous n’hésitez pas à bousculer un peu les codes, les approches; bref, vous êtes un lieu de vie artistique et culturelle où c’est vous qui décidez, proposez. Mais ce lieu que vous dirigez est un lieu public donc appartenant à tous puisque payé avec les impôts. Or la justice fiscale est aussi au coeur des revendications des GJ car ils vivent dans leur corps les inégalités nées des injustices fiscales dont une des conséquences est l'impossibilité pour eux de se payer une place de théâtre. Leur ouvrir les portes ne serait que justice, qu'ils accèdent au moins une fois comme les couches favorisées aux biens culturels.
Il me semble que vous devez et devriez prendre en compte ce désir profond, têtu de démocratie horizontale.
Je suis prêt à discuter avec vous, en compagnie d'organisateurs GJ de l’Agora 2019, des modalités d’une agora citoyenne dans votre théâtre, demande s’appuyant sur l’appel du Syndéac du 22 janvier ;
"A l’école des gilets jaunes
Nous n’avons pas pris la parole collectivement sur le mouvement des gilets jaunes parce que nous étions probes. Nous étions nous aussi à l’école de ces personnes, écoutant leur colère légitime, ses contradictions inévitables et ses inventions. Et comme nous tous, nous savons que ce qui se joue là, porté par les habitants, est une séquence décisive de notre histoire. Elle pèsera sur nous tous, si elle est maltraitée. Notre destin s’y joue, en grande partie.
Les adhérents du Syndeac, dans leurs lieux, leurs compagnies, se disent prêts à accueillir tous les débats que voudront organiser les habitants, avec les intellectuels et tous ceux qui se sont déclarés prêts à les accompagner ; ils disent et diront sur les lieux des réunions populaires, sur les ronds-points et ailleurs, qu’ils ont beaucoup à y apprendre, qu’ils veulent partager la difficulté nouvelle des questions, y venir avec ce qu’ils sont : des gens dont la fonction est de travailler à mettre en formules éclaircies, désirables, et libératrices, les points en impasse de notre vie. Et que pour cela, plus que jamais, car pour tout le monde dans ce moment de l’histoire une manière nouvelle de nommer le monde et d’y organiser notre action, doivent être inventées, ils ont besoin des autres, du réel des existences. »
Marie-José Malis Présidente du Syndeac
En espérant une réponse positive à cette demande que je rends publique.
Bien cordialement,
Jean-Claude Grosse
PS: j'avais écrit cette lettre suite à la lettre écrite par Jeanne-valérie Held au Théâtre de la Cité à Toulouse ce qui eut pour effet de provoquer un débat citoyen sur la culture, le 8 février, débat qu'on peut suivre sur ce lien
https://www.facebook.com/TheatredelaCiteCDN/videos/2150838134939332/
Prix Ilan Halimi pour les Courts-métrages en Liberté * Le Liberté
C'est avec beaucoup de fierté que nous pouvons annoncer que le projet Dignités des Courts-métrages en Liberté figure parmi les lauréats du Prix Ilan Halimi et...
https://www.theatre-liberte.fr/actions-blog/prix-ilan-halimi-pour-les-courts-metrages-en-liberte
une action de fond initiée par le Théâtre Liberté, déjà 3 ans, la 4° en cours; quelle évaluation portée sur une telle action, ça peut faire l'objet d'un débat: il y aura des pour, des contre, des mitigés
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Si l'année 1968 fut la révolte de la jeunesse, elle fut aussi le prélude d'un grand chambardement politique. L'année qui suivit de Gaulle quittait le pouvoir en démissionnant de son poste de ...
68, de Gaulle et moi de la compagnie varoise Artscénicum théâtre, pièce on ne peut plus d'actualité dont on attend la programmation pour 10-12 représentations au Liberté ou à Châteauvallon
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" C'est le citoyen qu'on intimide et pas le délinquant " François Sureau
Performance inspirée par l'entretien de François Sureau, Le Monde 04/02/2019
une performance d'Olivier de Sagazan qui décoiffe
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Extrait du reportage sur le théâtre blabla Réalisation Viviane Riberaigua http://www.rhizome-juice.com/videos-et-films-d-entreprise/ Production et réalisation de video et reportages d'entrepr...
le théâtre blabla de Toulon a une veine satirique forte: Gargantua blabla, Frankenstein blabla et bientôt Père Ubu et mère Blabla; quand passeront-ils au Liberté ou à Châteauvallon ?
lien de la vidéo de Céline sors de ce corps réalisée par Vincent Lapierre, un morceau d'anthologie: ni texte, ni costume, ni décor, ni scène : quelle artiste ! vous devez vous connecter sur FB; une idée pour le livre rond-point initié par Gabriel Jean-Gil ou pour le Cahier de nos rêves initié par Jeanne-valérie H.
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Céline, sors de ce corps ! #GiletsJaunes LE REPORTAGE EST ICI ! ➜ https://youtu.be/4O8HEyFrsJ4
https://www.facebook.com/VincentLapierre/videos/251041145822326/
un slam pour le livre rond-point initié par Gabriel Jean-Gil
Collapsionniste Songe. Hors de la coquille.
Collapsionniste Songe
Tu casses les z’E : Collapsionist’ Song
Tu as alors un titre d’anthologie pour morceau de rock
à écorcher les stades
Une chanson, c’est un rêve
J’ai traversé la rue avec ça : un mot et un titre
qui se mêlent ensemble de créer un aphorisme…
Sauf que
J’hésite, toujours
entre un pavé ou des petits cailloux
N’avoir que l’embarras du choix
Attendre la suite, savoir déceler les anfractuosités
Infernales expectatives, la mécanique de l’ire
Pour, quelquefois, de divines conclusions
à venir ou à
satisfaire
De quoi le rêve est-il le nom ? Soudain, parti au quart de tour
empêtré de colère, pétri de révolte
Mur de face et de profil. Se lézarde par le milieu
Ode à l’expression. Se fissure
Désir d’écoute et de participation. S’effrite
Envol et poussières, je n’ai pas de mot d’aile
L…
Envol et claquements. Unisson. Explosions.
Collapsionist’Song…
J’ai traversé la rue par un temps de barbeuk
de fromage et d’alcool, un pastiche d’aventure
Kit de survie à la clé, je n’ai que faire de la haine
Un pavé ?
Ou des petits cailloux ?
J’ai traversé la rue, ça aurait pu ressembler à ce rêve
où l’espoir veille à moitié
Mosaïque des enjeux non miscibles
intransmissibles
Sagas cités.
Un pavé ?
Ou des petits cailloux ?
Une flaque de boue ?
Une plaque d’égout ?
Des pages vérolées de cris enroués
Des rages apprivoisées
Un tsunami d’images
J’ai enfin des formes pleines
Certes, parfois artificielles
Certes, parfois incertaines
Des formes expresses et prédécoupées
Toutes prêtes
Toutes pleines de couleurs bêtes
Je ne sais pas si l’art c’est
plutôt donner forme ?
Ou plutôt prendre forme ? Collapsionnist Song
D’ailleurs,
quelle allure a l’art quand on dit
qu’il veaux de l’or ?
Et quel air joue l’art quand mord la terreur ?
Lent roulement
Enrouement
Devient trop lourd à l’ère des yakafokon
Et comment se nomme l’art infâme
de diffuser l’info
tronquée sous d’infimes et feutrés prétextes ?
Roue rit, roue ment, à l’orée du fake fake fake
(-Se sentir un peu fakir, alors ?)
(-Même pas en rêve !) Collapssss… Song
Parfois, une colère élégante. Oui.
Trop.
Zoom sur la face lisse et factice de la statue.
La violence du marbre.
Battre comme plâtre.
Pour nos fractures.
Elle se démultiplie, l’image,
places, monuments, salles communales
Nous sommes un pays d’esthétique.
Portons bonnets, mais dépoitraillés.
S’habiller de gilet n’empêche pas de geler
mais au moins, laisse aux bras leur liberté
de battre des L
Aller fouetter la crème ailleurs
si la crémaillère de ces nouveaux lieux
tourne allègre.
J’ai traversé la rue et des larmes ordinaires
La routine chamaillée avec la clé dans la serrure
La routine se vandalise, se renouvelle
dans les espaces-surprises.
Me voici dans ce hors-champ déchu
à tenter de dompter
ma Collapsionist Song dans un cahier-décharge.
Ceci ne serait qu’une brève de dépotoir
pas encore prête car les aiguilles de ma Rolex (tiens tiens!)
tournent centripètes désormais en sens inverse
Aurais-je raté ma vie ?
Avoir besoin de connaître l’heure malgré tout, conscience du temps.
Glisser les pieds dans les chaussures appropriées, s’appuyer au sol en confiance,
avoir les pieds sur terre.
Eviter de décisionner tant que l’on porte un pyjama, en connaître les rayures, débattre,
se libérer.
La parole est une arme de construction massive
Que faire si c’est la colère qui l’utilise ?
Un pavé ?
Ou des petits cailloux ?
Des couleurs ?
Ou des coulures en apesanteur ?
Comment se souvenir si l’artiste ne dénonce pas ? *
Collapsionist Song.
Inventaire des dégâts
Reconnaissance des fêlures au faciès
Appel des blessés aux meurtrissures sans nom
* Cette question n’est pas de moi, je la copie
* Dans l’urgence je me donne ce droit
* Devant l’effondrement, je me donne ce droit
- C’est vous qui avez fait ça ? *
- Non, c’est vous ! *
- Non, c’est vous ! *
- Non, c’est vous ! *
Mü
Février 2019
Renouer le dialogue entre ceux qui ne veulent plus parler et ceux qui ne veulent pas les écouter c'est toujours une victoire, peu importe le nombre. Ça porte toujours ses fruits. Bravo ! Aline
Quelques réflexions après le débat ouvert au Théâtre Liberté sur Culture et citoyenneté le dimanche 17 février à 19h30.
Ce soir-là, dès le début des échanges, ça partait un peu dans tous le sens (les vaccins, le dernier livre lu, la question du partage des richesses, etc…) et cela m’a fait penser d’emblée à quel point il était difficile de définir le sens du mot Culture.
Ainsi, je voudrais (à l’instar d’un certain JC Grosse qui rappela un peu d’Histoire) prendre appui sur le sens que lui a donné notre société moderne d’Après-guerre avec le programme d’éducation populaire du CNR, puis après 58 avec Malraux et ses politiques de décentralisation, mais aussi un peu avant si on considère l’expérience du Front Populaire de 36 à 39 et l’action d’un Jean Zay, sans oublier dans cette courte liste ce qu’en fit le gouvernement de Vichy.
Donc, il me semble que cette Culture (avec un grand C) au sens moderne, enjeu politique dès lors qu’on a voulu qu’elle contribue à la formation du citoyen et au rayonnement d’un pays (le soft power), marchant sur ses deux jambes que sont l’éducation et l’excellence, avec d’un côté l’apprentissage par la pratique et de l’autre la création (il serait à ce titre opportun de savoir à quel moment le terme de création est apparu pour définir le travail de l’artiste qui créé… ?), a peu à peu penché sur sa deuxième patte (peut être dans les années 80 avec Jack Lang) et viré vers quelque chose que j’appellerais aujourd’hui l’ère de l’artiste démiurge.
Sans vouloir péjorer à outrance ce déséquilibre, je pense qu’il est conforme avec l’évolution d’un individu post moderne et connecté, alternant sans cesse de la position du flatteur à celle du flatté, déviance conforme avec l’évolution de son moi, de ses besoins intarissables de reconnaissance, de sa volonté à montrer à quel point il est beau et intelligents et dans un contexte où le libéralisme irrigue peu à peu tous les recoins de sa vie, avec ses nouvelles aspirations (pour ne pas dire obsessions) à la célébrité.
Il semblerait donc que dans sa marche vers la gloire, l’homme post moderne ne cherche plus à s’éduquer et se grandir par la culture mais à briller et se magnifier par elle, l’artiste reconnu et célébré représentant le modèle suprême, le Graal. Placé en haut de la pyramide de la créativité et de l’innovation humaine, ce dernier est devenu celui qu’on s’arrache, qu’on adule, et opportune adéquation avec le monde marchand, celui qu’on vend (que représente en effet aujourd’hui dans notre société un artiste qui ne se vend pas ?).
C’est sur cette évolution précisément qu’il y aurait, je pense, matière à réfléchir et imaginer collectivement quelles significations nous voudrions donner au mot Culture pour l’avenir.
Renier nos fondamentaux qui voudraient que la Culture fasse partie de la formation du citoyen par la pratique d’une discipline artistique, l’apprentissage de l’histoire de l’art (et de l’histoire tout court), par la formation à ce qui est beau (notion certes difficile à appréhender mais dont la difficulté prouve que l’initiation est fortement conseillée) ? Ou bien nous résoudre définitivement à ce que la Culture ne soit qu’un bien (les artistes) que nous consommerions comme les autres, diffusé par les divers programmateurs et vendeurs de produits culturels et dont l’action servirait de faire valoir à toute politique dite culturelle ?
C’est entendu que la culture marchande montre chaque jour un peu plus (et nous ne reviendrons pas en arrière je pense) son écrasante domination ; bien entendu qu’elle a gagné les pratiques des plus jeunes qui s’identifient à leurs idoles et que la jambe de l’éducation est en piteux état, gangrenée non seulement par l’affaiblissement des vocations à transmettre mais aussi par la part toujours plus petite de l’artistique au sein de l’éducation de l’individu.
Faut-il s’y résoudre et baisser les bras ? L’exemple norvégien (je crois) a démontré que les élèves qui passe le plus temps en activité périscolaire (notamment artistique) sont, des enfants européens, les plus avancés, ceux parlant le plus de langues vivantes, les plus épanouis, bref les plus heureux.
Pourquoi ne faisons-nous pas comme eux ? Pourquoi donc ce pays, la France, si fière de son exception culturelle et si sûre de sa suprématie intellectuelle qui a mis si haut l’éducation du citoyen libre et responsable, ne fait-elle pas aujourd’hui sa Révolution culturelle en investissant massivement dans l’éducation artistique ?
Philippe C.
Renouer le dialogue entre ceux qui ne veulent plus parler et ceux qui ne veulent pas les écouter c'est toujours une victoire, peu importe le nombre. Ça porte toujours ses fruits. Bravo ! Aline
Bonjour Jean-Claude,
Merci de ce compte-rendu et je n'y trouve pas grand chose à redire...
J'étais dimanche au théâtre; mon sentiment est que le liberté en "récupérant"(entre autre) ta proposition d'ouvrir le théâtre au mouvement des GJ, a mené la soirée à sa main en la plaçant sous le sceau de" la place de la culture dans un monde en mutation" (de mémoire), ce qui lui a permis d'égrener le panel des actions entreprises par le théâtre en matière de médiation (ateliers divers et variés,travail d'ouverture du théâtre etc) et de justifier sa présence sur le territoire...le tout conforté par les retours gratifiants de personnes présentes (un peu de brosse à reluire quand même). J'ai malheureusement le sentiment, qu'hors le liberté,il n'y a guère de salut, tant il chapeaute l'ensemble des activités culturelles et socio-cu (il faudra que je retrouve ce papier sur la dérive du culturel vers le socio-cul).
Pour le coup, il s'est avéré compliqué de porter le débat sur ce mouvement des GJ et sur les choses qui clochent dans notre modèle économique et sur la question de la représentativité (ces élu.e.s qui votent sans trop savoir de quoi il retourne); certains l'ont tenté et c'était revigorant comme un cheveu sur la soupe dans ce bouillon (de culture !) ou l'entre-soi et l'auto-satisfaction priment. Ce n'était peut-être pas l'endroit pour imaginer une assemblée citoyenne digne de ce nom , c'était à l'invitation du théâtre et il ne faut peut-être pas trop en demander non plus...
Je repense aux débats abrités par Chateauvallon qui ont suivi l'élection du FN et du relatif consensus qui avait cours autour de valeurs à défendre et d'un bastion à ériger...là, c'est différent, me semble-t-il, le constat n'est pas le même pour tout le monde, les GJ ne font pas l'unanimité non plus (la télé a fait son œuvre qui a mis la focale sur des dérives et autres débordements).
Je crois surtout avoir observé dans le public (et sur la scène) dimanche, une certaine forme d'impatience, de condescendance, voire d'intolérance vis à vis de prises de parole et de propositions atypiques, décalées ou simplement politiques, réactions pas très bienveillantes qui m'auront agacé quelque peu...
C'était comment à Chateauvallon hier ?
Voilà pour ce qui concerne mon maigre ressenti...
Et sinon, je ne "boude" pas, je m'arrête parfois au rond-point de Hyères, je discute avec les gens, les ami.e.s impliqué.e.s, je marchais avec les GJ samedi....j'écoute, j'essaye de comprendre, j'ai des réserves aussi parfois, bref je chemine et n'affiche surtout aucun mépris à l'égard d'un mouvement qui a quelque chose d'historique quand même !
Quand aux artistes, je pense qu'il faut laisser à chacun le soin de s'inscrire à sa façon et à sa mesure dans ce mouvement...Je constate surtout que nous sommes une profession explosée (il est loin le temps des troupes et une compagnie aujourd'hui se résume le plus souvent à deux personnes ) ou chacun essaye d'exister ou en tout cas de ne pas disparaître complètement; plus qu'artiste, j'aurai tendance à me considérer davantage comme un travailleur du spectacle (payé au smic le plus souvent).
Et cette impression depuis quelques années déjà, d'être comme un fantôme qui ne fait que traverser les théâtres le temps d'une ou deux représentations...
Mon activité aujourd'hui est essentiellement sur le terrain (théâtre forum, ateliers dans les collèges autour des discriminations etc et cela me demande pas mal d'énergie) et j'essaye de garder du jus pour de la création aussi...
Tu évoques La Réplique, tu as eu qui ?
Merci d'y croire
Amicalement
Pascal R.
Bonsoir Jean-Claude,
Merci pour ce travail de transcription qui laissera une trace sur les discussions qui ont lieu actuellement sur le thème de la culture et ses enjeux dans cette crise sociale majeure que traverse le pays grâce à la forte mobilisation des GJ.
J'ai trouvé dommage que cette opportunité de rencontre au Théâtre Liberté n'ait pas vraiment eu lieu.
Je ne m’attendais à rien de très nouveau dans ce faux débat présenté dimanche soir au Théâtre Liberté. Je n'ai pas été déçu, il ne s'est pas vraiment dit grand chose qui puisse prétendre à un grand soir.
Je retiens l'intervention de Florance Morali et de son constat pertinent sur la situation à Toulon et celle de Michel Costagutto, que j'ai trouvé magistral sur les jeunes générations et leurs pratiques culturelles.
S’il y a deux choses à retenir de cette soirée, c'est à mon sens ces deux interventions qui font un constat intéressant mais en rien surprenant.
Le constat est le même dans toutes les assemblées sur ce thème depuis 30 ans et rien de neuf sous le soleil de Toulon !
Une personne a dit, c'est dans les quartiers, ceux des banlieues que s'invente l'art d'aujourd'hui ! Je suis entièrement d’accord avec ça ! Dire ainsi que l'art d'aujourd'hui s'invente dans les quartiers populaires c'est accepter l'idée que la liberté d'expression est plus forte à cet endroit-là que dans les quartiers bourgeois.
C'est accepter l'idée que c'est dans ces endroits s'invente aussi ce monde en pleine mutation, et qu’il serait bon d’ouvrir des espaces pour permettre cet élan de créativité de continuer à s'inventer, de continuer à créer, à produire, à chercher et à inventer le monde de demain.
J’aurais aimé que ce débat prenne une tournure plus politique, joue son rôle d’accompagnateur et de soutien à l’émergence d’une pensée innovante.
Toulon ne rattrapera son retard que lorsqu’elle la politique culturelle de cette ville deviendra un enjeu prioritaire dans sa perspective de développement, économique, environnemental, politique et touristique et face à la concurrence qui se joue entre la Métropole de Marseille d’un coté et celle de Nice de l’autre.
Elle est la seule et unique voie possible qui permettra de changer les mentalités, les modes de vie, la manière de vivre cette ville et le fait de se l’approprier durablement sans avoir le désir de la quitter, de sortir de son enclavement et de rayonner durablement, de la rendre plus belle. Il faudrait ne pas la laisser entre les mains de parisiens en villégiature ! Toulon doit devenir une ville étudiante et culturelle. C’est sans doute la seule voie possible d’une survie identitaire pour ce territoire.
Merci beaucoup Jean-Claude ...tu as beaucoup d'humilité car ton initiative n'a été signalé, me semble-t-il, par aucun des deux directeurs du lieu national !
J'espère que le débat à Chateauvallon a rassemblé valablement un peu de monde ?
Je me permets de revenir sur ma question relative aux "remontées"
grâce à ton lien j'ai pu entendre l'interview de Charles Berling sur France Inter..
et une des premières interrogations de Patricia Martin...porte sur les remontées faites par le Théâtre Liberté .... :-)
Pour en revenir au débat au Liberté il me semble que la mobilisation des équipes à un pesant de coût et d'énergie disproportionné avec le bénéfice ...
mais j'espère que les besoins exprimés vont ...remonter
Personnellement, je ne suis pas convaincue de la nécessité et l'intérêt de donner une valeur identique à la parole "lambda"...à vif ...
qui parfois faute de connaissance et/ou d'information réclame des avantages existants !!!
et celle des connaisseurs qui ont étudié, pesé et comparé les sujets avant d'en extraire la substance ...
Par contre je crois à la nécessité et l'intérêt des lieux d'expression, comme les théâtres et les cinémas (pièces ou films suivis de débat)
et à ceux de l'organisation démocratique, filtres utiles de représentativité grâce aux députés, maisons de quartier, (à renflouer d'urgence)
C.I.L., syndicats et autres corporations !
Pourquoi les Gouvernements n'utilisent-ils pas ces leviers ?
Je ne suis pas une spécialiste politique mais en conclusion tout ce que je vois et entends me paraît relever de cette bonne vieille lutte des classes
qui n'est pas prête de s'endormir compte tenu des faramineuses injustices économiques embourbant en outre les dérives identitaires et autres racismes et xénophobies
y compris corporatistes !
Ou sont l'amour et la fraternité dans tout çà ???
Bravo à toi Jean-Claude de donner tant de toi-même pour trouver des carrefours de rencontre, des chemins de parole et des voies d'apaisement.
Je te souhaite un bon week end
Christine V.
Un exemple de bocal agité
Organisé en juin 2002 par Jean-Claude GROSSE Théâtre Les 4 Saisons du Revest
Présenté dans plusieurs lieux du village Le Revest, sur le thème : ”1962, l’exode des premiers pieds-noirs”. Réalisé en liaison internet avec l’Institut d’Art Dramatique à Alger, où les formes ont été présentées simultanément.
L’EDITO (N°16 des Bocals agités, novembre 2002, éditions Gare au théâtre, co-édition Les Cahiers de l'Égaré)
”Le 1er Bocal varois (algéro-varois) est la dernière manifestation de vie de Cyril Grosse (13/04/1971 - 19/09/2001).
Il en avait fait la proposition aux 4 Saisons du Revest en mai 2001. Les dates avaient été calées : 6-7-8 juin 2002, après la tournée de « Père ». Un thème avait été choisi : 1962 - 2002, 40 ans après l’Indépendance de l’Algérie, le retour des Pieds-Noirs. Il devait en être l’agitateur, ayant participé à deux « Bocals » à Vitry. Le 1er bocal varois et ce livre - N° 16 - lui ont été dédiés. Auteurs algériens : deux femmes, deux hommes. Auteurs varois : trois hommes, deux femmes (1 défection). Journée d’écriture à la Bibliothèque de théâtre Armand Gatti à Cuers (à 30 Km du Revest). C’est le jour de France-Uruguay. Une télé est installée pour les accros. Le soir la municipalité reçoit les bocalistes. La distribution des textes et la constitution des équipes selon le principe du choix entraînent des marchandages.
La répartition des lieux : cinq en extérieur, cinq en intérieur, se fait le vendredi matin. Effervescence dans le village. Les jeunes qui se rassemblent place de la mairie, d’abord estomaqués, se prennent au jeu. On les retrouvera le samedi soir pour deux présentations sous la pluie. L’esprit de Clepsydre, premier théâtre-parcours de 6h au Revest, il y a 19 ans, est retrouvé. Le public va de lieu en lieu : cour de l’école maternelle, bureau de vote (le dimanche 9, c’est le 1er tour des législatives, il faut tout remettre en ordre), place de la mairie, salles de l’école de musique et Maison des Comoni. La pluie nous empêche de monter à la Tour, d’aller aux abords du cimetière, dans l’oliveraie. Certains spectateurs sont venus de loin : de Paris (Nabil El Azan - Nicolas Roméas), de Lyon (Les Subsistances), de Nîmes (Jean-Pierre Wollmer), de Bordeaux. Pendant ce temps-là, à Alger, les élèves de l’Institut National d’Art Dramatique mettent en scène et jouent les textes des auteurs français envoyés par Internet. Nous en remercions Sonia, directrice de l’I.N.A.D.
Ce bocal a déjà des retombées annexes : le 11 septembre à la Tour face au Ground Zéro à l’ouest des comédiens projetteront quatre textes sur les attentats ; le 27 novembre dans la Maison des Comoni, le théâtre du Revest, auteurs et artistes évoqueront le sabordage sans gloire de la flotte il y a 60 ans. C’est la reprise des Théâtres à vif, inventés par « L’Insolite Traversée » en 1995. Le 2ème bocal varois est en préparation. Il aura lieu les 30 juin, 1er et 2 juillet 2003. Il sera très ouvert, géographiquement vers Paris, Lyon, Nîmes, l’Algérie... artistiquement à des danseurs, plasticiens, photographes... Il aura pour thème : l’Invitation à la vie. J’en serai l’agitateur.
Et à l’été 2004, en quatre mois, c’est une utopie en caravane que nous réaliserons : 50 artistes partiront du Revest et se rendront à Oulan-Oudé et au lac Baïkal, à 10.000 kms, là où Cyril avait élaboré en quatre mois son dernier spectacle franco-russe « (C’est possible) ça va ou l’un de nous est en trop ».
Mustapha Aouar, entarté pendant le débat, a pris à la légère ce qui reste l’acte-énigme de ce bocal, renvoyant chacun à son image dans un miroir ébréché.”
J.C. Grosse
fondateur et directeur artistique des 4 Saisons du Revest (depuis mars 1983)
Textes de Habib Ayyoub, Mustapha Benfodil, Sylvie Di Roma, Djalila Hajar Bali, Jean-Claude Grosse, Laurence Huet, Philippe Malone, Christophe Pellet, Sallam, Nadjet Taïbouni
Agité par : Gérard Lépinois
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Bilan du Bocal Agité varois raconté par des acteurs de l'événement
A cette occasion, et comme l'un des principe du Bocal agité est l'échange, les textes rédigés par les auteurs varois ont été envoyés par Internet à l'Institut National d'Art Dramatique d'Al...
Les 10 mots qui nous relient - Blog de Jean-Claude Grosse
Le bocal agité sur les 10 mots qui nous relient s'est déroulé mardi 22 mars, 24 rue des Riaux à Toulon. En partenariat avec L'Écrit-Plume de Sylvie Combe et l'association Idéal. Plusieurs ...
http://les4saisons.over-blog.com/article-les-10-mots-qui-nous-relient-22-mars-toulon-70263434.html
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Bocal agité: les 10 mots pour dire demain - Blog de Jean-Claude Grosse
Bocal agité: les 10 mots pour dire demain Ce bocal agité s'est déroulé samedi 28 mars au Café-Culture de Toulon, petit cours La Fayette, à partir de 9 H, en collaboration avec L'Écrit-Plume ...
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Bocal agité sur la mer - Blog de Jean-Claude Grosse
Bocal agité sur la mer le temps de l'écriture Bocal agité du 6 mai au Café-Culture de Toulon, de 10 H à 16 H. Thème : la mer. En partenariat avec le Café-Culture, l'atelier d'écriture : caf...
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BOCAL AGITÉ TOULON - Blog de Jean-Claude Grosse
Prochains bocals agités: le jeudi 15 avril 2006 au collège de La Farlède, avec une classe de 3°, sur le thème: Famille, je vous haime! le samedi 6 mai 2006 au Café-Culture de Toulon, sur le t...
un exemple de Théâtre à vif (27 novembre 2002 sur le sabordage de la flotte à Toulon)
Un Théâtre à vif-Agora consacré au sabordage de la flotte à Toulon le 27 novembre 1942 s’est déroulé le 27 novembre 2002 à La Maison des Comoni, le théâtre du Revest, village aux portes de Toulon.
N’ayant pu faire aboutir le projet de création de la pièce de Jean-Richard Bloch, Toulon 1942, suite aux refus de la municipalité de Toulon et du Conseil Général du Var de soutenir ce projet, et ne voulant pas l’enterrer après quatre ans et demi de travail (juin 1998 - novembre 2002), je me suis décidé à le transformer en Théâtre à vif.
Théâtre à vif est une forme inventée par la compagnie de théâtre L’Insolite Traversée. Il s’agit en trois jours de partir de l’actualité ou d’un événement historique, de faire un montage d’articles de journaux, d’études historiques et de textes littéraires / philosophiques selon des rapports d’opposition, de complémentarité offrant sur l’actualité ou sur l’événement des éclairages multiples, de mettre ce montage en espace dans des lieux non-institutionnels, d’en laisser une trace imprimée.
Les 4 Saisons du Revest ont repris à leur compte, cette forme pour faire vivre l’héritage et l’esprit de L’Insolite Traversée, après la dissolution de la compagnie.
Le premier Théâtre à vif, nouvelle formule, s’est déroulé à la Tour du Revest le 11 septembre 2002, en relation avec les attentats du 11 septembre 2001.
Pour le Théâtre à vif consacré au sabordage, nous avions pensé louer un bateau et effectuer six rotations dans la rade entre 5h et 18h, pour 100 personnes à chaque rotation.
L’absence de moyens nous a contraints à faire appel à la solidarité des écrivains et des comédiens, et à organiser ce Théâtre à vif à La Maison des Comoni. Le 29 juin 2002, nous réunissions les auteurs pressentis pour évoquer l’histoire de la pièce de Jean-Richard Bloch, l’histoire du projet Toulon 1942 depuis juin 1998, les axes possibles d’écritures. Cinq auteurs non rémunérés ont livré huit textes d’un quart d’heure : Gilles Desnots, Philippe Malone, Henri Milian, Sylvie di Roma, Jean-Claude Grosse. Le 23 septembre 2002, le collectif des compagnies varoises se saisissait des textes pour les mettre en espace. Neuf compagnies ont travaillé gratuitement pour rendre possible ce Théâtre à vif.
Le Théâtre à vif du 27 novembre 2002 s’est déroulé de la façon suivante :
- entrée libre
- présentation de la soirée par Jean-Claude Grosse
- mise en espace d’un extrait de Toulon 1942 de Jean-Richard Bloch par la compagnie des Menteurs et le Théâtre de l’Imparfait
- mise en espace de Oui ou Non ? d’Henri Milian par la compagnie Artscénicum et le Théâtre du Nord Varois
- mise en espace de Faites votre choix ! de Sylvie di Roma par la compagnie Sur le Chemin des Collines et Kaïros Théâtre
- pause
- mise en espace d’A la flotte ! de Jean-Claude Grosse par la compagnie des Menteurs et le Théâtre de l’Imparfait
- mise en espace de Triptyque sans sabord de Gilles Desnots par la compagnie Le Bruit des Hommes et la compagnie Hi-Han
- mise en espace de G-7 de Philippe Malone par la compagnie Les Draïs
- débat animé par Philippe Granarolo avec la participation de l’historien Jean-Marie Guillon
- buffet et vin de l’amitié
Le Théâtre à vif-Agora a duré 3 heures (1heure 1/2 de théâtre, 1heure 1/2 de débat) et a rassemblé 150 personnes.
Une exposition de photos et de livres accompagnait le Théâtre à vif. Une vidéo de France 3 et une cassette audio de l’émission Les Jours du Siècle consacrées au sabordage étaient mises à disposition. Un cahier de l’Egaré consacré à ce Théâtre à vif-Agora a été édité à 100 exemplaires. Ce cahier de 108 pages comprend les six textes mis en espace, les trois textes non mis en espace, l’histoire de la pièce de Jean-Richard Bloch, son analyse par Sylvie Jedynack, l’histoire du projet Toulon 1942 depuis juin 1998 avec les articles de presse parus à ce sujet, le dossier écrit par l’historien Jean-Marie Guillon.
Quelle analyse faire de cette histoire ?
- les politiques étaient partagés : soutenir ou non ce projet ?
entre 1998 et 2001 (Toulon FN), aucune aide n’a été demandée à Toulon ; dés 1999, le Conseil Général du Var (Président : Hubert Falco, Vice-Président Culture : Arthur Paecht) est hostile ; la Région (Président : Michel Vauzelle, Vice-Président Culture : Christian Martin) est favorable : elle vote 200.000F dont 50.000 seront dépensés ; l’Etat est d’abord favorable (quand Toulon est FN) puis souhaite le consensus de tous les partenaires (quand Toulon est gagnée par Hubert Falco en mars 2001)
après les élections de mars 2001, une réunion est organisée le 10 mai 2001 au Revest regroupant Le Revest, Toulon, le Département, la Région, l’Etat, les six théâtres de l’aire toulonnaise, le metteur en scène, des membres de la famille de J.R. Bloch ; la réunion débouche sur un accord à hauteur de 1MF. Dés juillet, un dossier d‘aide est déposé à Toulon, à hauteur de 200.000F ; le consensus de façade du 10 mai 2001 est rompu en janvier 2002 : Toulon ne soutient pas, le Conseil Général pas davantage ; je renonce au projet par courrier en février 2002 puis je mets en place le Théâtre à vif qui se déroulera gratuitement. Le texte A la flotte, sur un mode parodique, met en présence et en face à face les arguments des uns et des autres : les politiques et les artistes ; les seuls qui ne se soient pas manifestés, ce sont les gars de la marine, toujours muette mais très influente et ménagée (exception notable : la lettre du préfet maritime en 1998 refusant l’accès au Clémenceau, qui 5 ans après, erre en Méditerranée à la recherche d’un chantier de démolition)
une mention spéciale est à donner à Claude-Henri Bonnet, l’adjoint à la culture d’Hubert Falco ; son hostilité au projet a été motivée à la fois par des considérations personnelles (son père était officier à bord d’un navire au moment du sabordage ; et lui-même a été officier de marine avant d’être à la fois adjoint au maire de Toulon et directeur de l’Opéra de Toulon, lieu fréquenté pour l’essentiel par la bourgeoisie toulonnaise et la marine) et par des considérations historiques, politiques et artistiques (il méprise le réseau des théâtres de l’aire toulonnaise).
- les metteurs en scène pressentis ont joué un double jeu :
*Jean-Louis Hourdin, d’abord enthousiaste, rêvant d’une revue des formes théâtrales des années 30 (cabaret expressionniste, mélodrame bourgeois, théâtre d’agit-prop, théâtre d’avant-garde…) s’est désisté sans motiver ses raisons
*Bernard Bloch, enthousiaste pour des raisons politiques en 1999 (le FN était encore aux commandes à Toulon) considérait en 2001 que l’urgence était ailleurs (Toulon était passée entre les mains de la droite républicaine) ; d’autre part, ses réserves sur la pièce l’avaient conduit à envisager d’abord une réécriture, ensuite une mise à la question de la pièce ; bref, Bernard Bloch porte une responsabilité non négligeable dans le fiasco ( il a attendu le 9 mai 2001 pour dire qu’il n’aimait pas la pièce, affirmant que ce pouvait être une motivation aussi forte pour un metteur en scène que l’amour)
La réussite comme l’échec d’un projet sont liés à des conditions favorables ou défavorables. Pour Toulon 1942, les réticences politiques de la droite toulonnaise et varoise étaient trop fortes. La mise en échec du projet s’est faite en douceur ( en faisant traîner, en laissant espérer, en mettant en avant l’absence de moyens financiers).
Le journal Var-Matin (du groupe Lagardère), pourtant informé par un dossier de presse très détaillé du Théâtre à vif du 27 novembre 2002 et en possession du Cahier de l’Egaré consacré au 60e anniversaire du sabordage n’a pas annoncé la seule manifestation qui ait eu lieu pour cet anniversaire, s’appropriant l’anniversaire en consacrant une page de mémoire au sabordage. Cette partialité, cette hostilité m’ont amené à ne plus communiquer nos activités à ce journal sans déontologie.
Ecrivains et comédiens ont, sans moyens , pris la parole, faisant échec à la censure douce mais réelle du projet initial. Donc, même si les pouvoirs locaux (mairie, département, marine, presse) ont mis en échec le projet de recréation de Toulon 1942 de Jean-Richard Bloch, ils n’ont pas empêché une expression gratuite d’artistes libres sur le sabordage.
La soirée du 27 novembre 2002, inégale sur le plan théâtral (par manque de temps et par absence de moyens) a montré, par la scène représentée de la pièce de Jean-Richard Bloch, que la pièce fonctionne encore bien.
Comme l’a dit l’historien Jean-Marie Guillon, la soirée du 27 novembre 2002 appartient déjà aux historiens car si ceux-ci ont à dire le pourquoi et le comment du sabordage, ils ont aussi à montrer comment et pourquoi le travail de mémoire se fait, dans un rapport de forces entre ceux qui veulent oublier, ceux qui veulent se souvenir, ceux qui veulent comprendre, ceux qui ne voient que par le présent…
En conclusion en me lançant dans ce projet que je savais difficile, je pensais arriver à lever les difficultés. La réalité a été différente de mes espérances. La pièce de Jean-Richard Bloch reste à découvrir.
À la flotte! sabordage à Toulon/théâtre à vif/J.C.Grosse - Les Cahiers de l'Égaré
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Théâtre à vif Frappe au Cœur du Monde Le tayrorisme Dans une radio Le journaliste de radio s'adressant aux oreilles : Il est 15h. Vous écoutez A l'écoute du Monde. C'est l'heure des informati...
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