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Blog de Jean-Claude Grosse
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L'amour de la vie

15 Août 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #JCG, #cahiers de l'égaré, #développement personnel, #engagement, #poésie, #vraie vie, #écriture

j'illustre ce carnet par une nouvelle particulièrement prenante de Jack London, en situation extrême dans le Grand Nord : l'amour de la vie  (le trappeur sur la couverture est trop joyeux d’après moi)  les situations extrêmes sont aujourd'hui de sècheresse, de températures très au-dessus des normales saisonnières, de méga-feux, d’inondations, de famines, de pollutions nocives, d’épidémies, de migrations dramatiques, de contrôle social total…
j'illustre ce carnet par une nouvelle particulièrement prenante de Jack London, en situation extrême dans le Grand Nord : l'amour de la vie  (le trappeur sur la couverture est trop joyeux d’après moi)  les situations extrêmes sont aujourd'hui de sècheresse, de températures très au-dessus des normales saisonnières, de méga-feux, d’inondations, de famines, de pollutions nocives, d’épidémies, de migrations dramatiques, de contrôle social total…
j'illustre ce carnet par une nouvelle particulièrement prenante de Jack London, en situation extrême dans le Grand Nord : l'amour de la vie  (le trappeur sur la couverture est trop joyeux d’après moi)  les situations extrêmes sont aujourd'hui de sècheresse, de températures très au-dessus des normales saisonnières, de méga-feux, d’inondations, de famines, de pollutions nocives, d’épidémies, de migrations dramatiques, de contrôle social total…
j'illustre ce carnet par une nouvelle particulièrement prenante de Jack London, en situation extrême dans le Grand Nord : l'amour de la vie  (le trappeur sur la couverture est trop joyeux d’après moi)  les situations extrêmes sont aujourd'hui de sècheresse, de températures très au-dessus des normales saisonnières, de méga-feux, d’inondations, de famines, de pollutions nocives, d’épidémies, de migrations dramatiques, de contrôle social total…

j'illustre ce carnet par une nouvelle particulièrement prenante de Jack London, en situation extrême dans le Grand Nord : l'amour de la vie  (le trappeur sur la couverture est trop joyeux d’après moi) les situations extrêmes sont aujourd'hui de sècheresse, de températures très au-dessus des normales saisonnières, de méga-feux, d’inondations, de famines, de pollutions nocives, d’épidémies, de migrations dramatiques, de contrôle social total…

La révolte positive de deux octogénaires

Jean Delorme, ami proche de Marcel Conche, le philosophe centenaire,

octogénaire comme moi, m'a proposé, il y a quelques semaines, d'éditer une collection Les Carnets de la culture de la vie

qui aurait pensé qu'amis et éditeur de Marcel Conche, deux octogénaires, décident de produire des carnets de la culture de la vie;

une révolte positive dans les sillages tracés sur la mer par le philosophe de l'infini de la Nature

Jean m'a envoyé un premier carnet : Le calme, une drogue bienfaisante

puis un deuxième carnet : Une nouvelle classe émergente, la classe des entrepreneurs du sens

me demandant de réagir, voire de contribuer

 

j'ai pris la mouche, les nerfs à fleur de peau, les poils hérissés, de la sueur aux aisselles, me suis levé du pied gauche et après quatre journées de marche-démarche, je peux livrer le carnet L'amour de la vie, écrit à l'encre sympathique à partir de là où j'en suis aujourd'hui

 

étant passé d'une approche naturaliste

(accord quasi-total avec les métaphysiques de Marcel Conche)

à une approche spiritualiste expérientielle

(reposant sur un vécu sensoriel, émotionnel, sans mots, sans pensées dans la tête = très difficile)

mes propositions-affirmations sont sans preuves

ce sont mes croyances actuelles (je crois que tout est croyance)

d'où l'importance des effets placebo et nocebo des croyances

d'où l'importance de la méthode Coué, pharmacien génial, précurseur des thérapies brèves

(croire est générateur d'effets)

“Si toute vie va inévitablement vers sa fin, nous devons durant la nôtre, la colorier avec nos couleurs d’amour et d’espoir” Marc Chagall
“Si toute vie va inévitablement vers sa fin, nous devons durant la nôtre, la colorier avec nos couleurs d’amour et d’espoir” Marc Chagall
“Si toute vie va inévitablement vers sa fin, nous devons durant la nôtre, la colorier avec nos couleurs d’amour et d’espoir” Marc Chagall
“Si toute vie va inévitablement vers sa fin, nous devons durant la nôtre, la colorier avec nos couleurs d’amour et d’espoir” Marc Chagall

“Si toute vie va inévitablement vers sa fin, nous devons durant la nôtre, la colorier avec nos couleurs d’amour et d’espoir” Marc Chagall

carnet N° 1 

 

LE CALME 

Une drogue bienfaisante

Éditeur Les cahiers de l‘égaré
Collections les carnets de la culture de la vie Inès Nezzerwe et Jean Delorme

Le calme est une drogue bienfaisante, naturelle et durable. Elle ne coûte rien à la différence d’autres drogues dont la liste s’agrandit au même rythme que nos déséquilibres psychiques* qui suivent une courbe exponentielle comme celle des inventions inutiles. La première chose à faire pour échapper à cette spirale infernale, dans laquelle nous pousse la société, c’est de cultiver le calme. Le calme rallonge ta vie, la colère détruit tes jours et raccourcit ton existence.

Mon maître Marcel Conche me disait, il faut mettre la distance la plus grande entre ce qui vaut et ce qui ne vaut rien. Après de longues années de pratique, je sais que nul ne peut être calme s’il ne respecte pas ce précepte.

* L’Oms signale qu’en 2020 la première cause invalidante dans nos sociétés a été les troubles psychiques, elle souligne qu’en Europe 1 personne sur 4 en souffre.

 

Table des matières

1 – FAIS ATTENTION A TES PENSEES 4

Confidence 5

Mieux définir le calme 8

La recherche d’un maître 10

2- TES PENSEES CONDITIONNENT TES ACTIONS 13

Penser ou calculer ? 14

Puissance et limite de la parole 16

Paroles de grand-mère 19

3- TES BONNES HABITUDES T’AIDERONT DANS TES ACTIONS. 21

Emploi du temps, ordre et rangement 22

Pour une méditation active 24

Le contrôle de la respiration ! 26

4 -CES ACTIONS FORGERONT TON CARACTERE. 28

Le calme rend notre temps plus doux 29

Remise en cause 31

Le calme dans le champ des possibles 32

5 – ET CE CARACTÈRE DEVINT MON DESTIN 35

Il y a toujours un départ 36

Puis arriva une lettre 37

Confidence

Ce carnet est le récit d’un court instant de la rencontre entre Oumalon, un philosophe atypique qui se présente souvent comme un égaré heureux dans l’aventure humaine, et une jeune étudiante prénommée Nezza venue d’un pays lointain. Doctorante en philosophie, elle était chez lui depuis plus de six mois, et venait de terminer d’écrire sa thèse sur ce philosophe, quand, quelques jours avant son départ elle lui fit cette confidence :

C’était un lundi matin, après les salutations d’usage autour d’un café, Nezza

- Je suis souvent stressée, et tu ne peux pas savoir combien ceci me handicape, peux-tu me donner quelques conseils pour être plus calme en toutes circonstances ?

Oumalon :

Pour commencer, je dirais, c’est bien que tu remarques ton état de stress, beaucoup sont incapables de le constater ; chez eux c’est un état normal, alors ils ne voient pas l’intérêt de changer. Tu as mille fois raison de considérer que ton manque de calme est un handicap. Pour commencer, sache que le calme ne se décrète pas, c’est le fruit d’une vie bien construite, c’est un peu le jardin de Voltaire que l’on doit cultiver et entretenir tous les jours. Si tu te donnes cette peine, tu auras de belles récompenses. Une dispute comme un problème ont toujours une histoire, le calme, tout comme le bonheur eux aussi doivent assez peu au hasard. Car rien ne se crée à partir de rien. Les Hommes* ont toujours eu du mal à identifier les causes réelles de leurs difficultés, qui passent dans un premier temps par un ressenti émotionnel donc subjectif qui exclut pratiquement toute analyse. Pour commencer, la première idée qui me vient à l’esprit c’est le chemin de la beauté. Dostoïevski disait : la beauté sauvera le monde. Ici la beauté est prise dans son sens le plus large qui va de la beauté d’un paysage aux qualités d’une belle personne jusqu’au caractère de ce qui est moralement ou intellectuellement admirable.

Nezza :

Si elle peut sauver le monde, elle aura bien la bonté de m’aider dans ma quête du calme, dit-elle avec un petit sourire au coin des lèvres.
Oumalon non moins malicieusement
Si j’ai choisi de passer par la beauté, c’est que j’ai deviné que ton absence de calme à trop de causes et qu’il serait trop long de les identifier précisément. En te proposant la beauté comme remède, c’est que personnellement je m’en sers régulièrement pour mettre la distance la plus grande entre ce qui vaut et ce qui ne vaut rien.

* Homme lorsque j’écris Homme avec une lettre majuscule veuillez lire les femmes et les hommes en attendant qu’on invente un meilleur mot que les humains que je réserve à la biologie, quant au mot individu pour parler de notre espèce je trouve ce mot un peu trivial. Alors on se servira de cette vieille règle de grammaire où le masculin l’emporte, mais sachez que c’est une victoire à la Pyrrhus, car le féminin finit toujours par l’emporter.

ce que nous faisons de la planète, un chaudron; et nous pensons nous en sortir avec du green washing
ce que nous faisons de la planète, un chaudron; et nous pensons nous en sortir avec du green washing

ce que nous faisons de la planète, un chaudron; et nous pensons nous en sortir avec du green washing

carnet N° 2

UNE NOUVELLE CLASSE

ÉMERGENTE

Loin des sociologues et autres instituts d’analyses, depuis un certain temps émerge une nouvelle classe sociale, « la classe du sens ».

 

Les politiques, les intellectuels comme tous ceux qui quelque part pensent avoir un droit* plus ou moins affiché sur le peuple ne savent pas qui sont ces nouveaux résistants qui revendiquent ce sens. Pour une raison très simple, ils ne comprennent pas ce que veut dire le sens en dehors des sens interdits et des sens uniques dans lesquels nous devons filer droit si nous voulons avoir une chance de figurer dans l’arbre généalogique des bonnes figures de notre République.

Une guerre de l’incompréhension est engagée entre nous, les entrepreneurs du sens, (j’explique qui ils sont dans le chapitre suivant) et la République de nos aïeux à qui nous devons beaucoup, car nous savons qu’au bout de tous ces sens uniques, que nous proposent nos dirigeants, cette nouvelle classe sociale sait, depuis assez longtemps, qu’ils finissent pour la plupart dans un cul-de-sac.

Malheureusement avec le temps, notre vieille République,  s’apparente plus à une sorte de monstre fabuleux des temps modernes avec toutes ses têtes pensantes qui appartiennent aux castes  universitaires, industrialo économiques, politiques, voire religieuses. L’hydre républicaine ne pense plus, elle ne fait que régenter tout ceci à grand coup de sens. Les lois qui sont des sens interdits, puis tous ces sens uniques, qui, tels des cours d’eau viennent alimenter le grand lac des héritages désastreux* qu’ils soient scientifiques ou culturels.  Mieux que n’importe quel président, fût-il par ailleurs intelligent, cette nouvelle classe du sens,  forte de ses millions de têtes pensantes*, a le devoir de lutter contre l’hydre Républicaine* ce monstre fabuleux de la mythologie moderne qui prétend nous aimer en nous détruisant.

 

* Si je dis pensent avoir un droit, c’est tout simplement que la notion du devoir ne veut plus rien dire, et que nos éminents académiciens, bientôt,  pourront rayer ce mot de leur dictionnaire. La majorité de nos responsables pensent qu’ils sont les plus aptes à diriger, pour eux ceci ne fait aucun doute, une sorte de droit divin. Notre République a basculé.

 

*Héritage désastreux, je ne ferai pas l’affront à mes lecteurs qui savent, aussi bien que moi, combien en si peu de temps avec tous ceux qui se prennent pour les maîtres du monde nous avons détruit notre maison commune «  La Terre ». Si, comme mes amis, nous respectons la partie de cet héritage qui constitue nos plus belles avancées civilisationnelles ; par contre, nous entendons lutter contre cette autre partie représentée par la part négative de cet héritage, mise en place et soutenue par ceux qui se prennent pour les maîtres du monde, et ils le sont, mais d’un monde qui s’écroule.

* Têtes pensantes. Nous avons l’habitude de dire, et ceci à juste titre, qu’il y en a plus dans 100 têtes que dans une, alors des millions ! qu’en pensez-vous Monsieur Macron ?

* L’Hydre Républicaine, je sais que la démocratie est le moins mauvais des systèmes, et je salue tout ce que nous lui devons. Je sais aussi qu’une majorité d’États de par le monde mènent une politique plus dévastatrice pour notre planète et l’humanité. Mais, si nous ne dénonçons pas ces erreurs qui vont de toutes ces oppressions administratives que l’on paie avec trop d’impôts au cercle infernal qui consiste à déclarer des guerres que nous aurions pu éviter. Seule, cette classe du sens, la cheffe de file de la société civile peut instaurer une République réellement fraternelle qui pourra servir de modèle pour ceux qui veulent lutter contre toutes ces oppressions qui ne sont ni notre destin ni une fatalité. 

Alors ensemble, ouvrons une voie nouvelle qui ne manquera pas de nous éclairer au fur et à mesure que sortiront tels ou tels carnets qui auront tous vocation à nous accompagner et à prouver qu’une autre façon de vivre est possible, plus fraternelle, plus heureuse, protectrice de la nature et de l’humanité.

 

 

 

la langue des oiseaux pour se libérer, que ta volonté soit fête...
la langue des oiseaux pour se libérer, que ta volonté soit fête...
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carnet N° 3

 

ce carnet renvoie en moins allumé, illuminé à Et ton livre d’éternité ?

666 pages écrites en « état » de flow

livre paru le 14 février 2022

 

L'amour de la vie

 

1 – l'amour de la vie est notre éventuelle réponse individuelle à l'Amour inconditionnel de la Vie pour tout ce qu'elle crée selon ses deux pharmacons :

Tu es aimé, à égalité avec tout ce que je crée, de la bactérie à la galaxie.

Tu es mon bien-aimé, dans ta singularité, dans ton unicité.

En te réjouissant, tu me réjouis. 

 

Lire, relire le chapitre 5 de l'évangile selon Matthieu; tout est dit et fort, propositions inouïes, inaudibles

https://www.aelf.org/bible/Mt/5

 

2 – la Vie crée ; elle est puissance créatrice ; elle crée par et avec amour inconditionnel ; source éternelle, sans forme, énergie infinie, elle donne forme et vie temporaire à tout ce qu'elle crée ; l'amour inconditionnel est une puissance génitrice, pas un sentiment

 

3 – l'amour de la vie ne juge pas, ne sépare pas, ne classe pas, ne hiérachise pas.

Aimer la vie, c'est aimer tout ce qui existe, c'est respecter tout ce qui existe.

À commencer par soi. S'aimer, se mettre au centre, être auto-centré

pas au sens narcissique de l'ego gonflant son nombril, ses muscles, ses compétences, sa fortune

au sens de je suis au centre, je suis le centre de ma vie, j'en suis le co-responsable, le co-créateur, le co-développeur.

C'est en étant auto-centré, co-créateur de ma vie, que je deviens un être rayonnant, aimant ce qui m'entoure, nature, sociétés, cultures, Histoire, histoires et légendes, vrais mensonges et fausses vérités, gens, animaux, végétaux, minéraux, étoiles, bactéries et virus, vivants et morts, curieux du proche comme du lointain, allant facilement au contact, accueillant ce qui s'offre dans sa diversité, sa variété. La peur a disparu.

 

Proposition d'Hélène Tysman sur une page de Thierry Zalic :

En langue des oiseaux : j'ai peur => j'épure

 

GAME OVER

«  Et si je faisais comme si « je » était mort ?

Juste un jeu… parce qu’on ne sait pas encore faire « pour de vrai ».

Alors on ferait comme si…

Comme si tout était déjà fini, conclu, accompli, réalisé.

Comme lorsqu’on assiste aux funérailles de quelqu’un et que l’on voit la fin de cette histoire. La fin de l’histoire de cet individu.

Mais que réalise-t-on vraiment de cet incompréhensible ?

Cela me fait penser au train qui passe. Au train qui passe devant les vaches.

La vache regarde le train qui passe une seconde dans sa vie de vache. Il ne fait que passer.

De même, cette vache n’est qu’une apparition dans la vie du train.

Ainsi est le personnage.

Une apparition.

Si l’esprit décide que tout est déjà terminé, que se passe-t-il ?

Ne serait-ce pas cela que l’on nomme l’abandon, au sens mystique ?

Pas celui d’une résignation mal placée.

Au contraire, celui qui permet le véritable commencement de toute chose.

En un mot : liberté.

Le personnage est mort. Vive le personnage !

Comment vous comporteriez-vous si vous aviez appris que vous étiez mort et assisté à vos propres funérailles pour ensuite avoir un boulevard devant vous ?

A quoi ressemblerait ce chemin quand tout conditionnement est mort ?

Lâchées les attentes, lâchés le début et la fin, lâchés l’histoire, les doutes et les croyances…

Imaginez.

Que verriez-vous du monde ?

De vous ?

Des nuages dans le ciel ?

De vos pas qui vous mènent ici ou là par les odeurs et les sons ?

Si « je » n’existe plus… tout prend la forme de la vastitude. L’infini.

Les frontières n’existent plus.

Une goute de pluie devient un océan, un grain de sable le désert entier.

Je pense à @alejandro.jodorowsky à l’instant et me dit :

voilà le rituel magique que nous pourrions faire, à peine nés.

Mourir à soi ! La folle sagesse.

Sans souffrance nécessairement.

Juste un râle.

Juste un souffle.

Le dépôt d’une illusion dans une boîte.

Rendre la finitude à la finitude.

Puis gonfler à bloc les poumons déchargés de ce bagage inutile.

Alors commence la Vérité !

Ni le train ni la vache.

Seul existe l’instant.

 

Selon cette manière de voir, arrive ce qui arrive, arrivera ce qui arrivera : je suis l'attracteur de ce qui m'arrive ; cela est vrai individuellement, sans doute collectivement.

Dans cette optique, je ne suis jamais victime, j'accueille ce qui arrive, bonheurs, malheurs, comme moments, épreuves pour, si je le décide, le désire, me nettoyer, me guérir,

par exemple d'une blessure d'enfant, enfouie au tréfonds, devenue programme me faisant répéter des relations amoureuses sans retour, moi, le petit enfant rejeté au moment de l'arrivée du cadet

ou pour une évolution plus consciente, une élévation de conscience,

par exemple en expliquant la martingale d'un nouveau CNR faisant exploser le plafond de verre créé par Miterrand, pour voter RN au 2° tour de la présidentielle

ce qui a eu pour effet d'éloigner de moi, tout un tas d'"amis" du monde de la culture

mais dont les résultats aux législatives sont clairs :

pas une voix au RN fait monter le RN depuis 20 ans

et les GJ entre autres ont par leur vote de 2° tour donné 89 députés RN contre 25 à 40 d'après les sondeurs, empêchant un 2° mandat à majorité absolue de Macron.

https://www.bfmtv.com/politique/elections/legislatives/legislatives-pourquoi-les-scores-du-rn-ont-ils-ete-sous-evalues-par-les-sondages_AN-202206200384.html

 

 

4 – s'aimer, se mettre au centre, c'est cultiver la fluidité, ne pas se figer dans une identité, reconnaître les variations d'humeur, les influences multiples, multiformes, repérer les coïncidences, provoquer les synchronicités, aller vers, au risque, au plaisir de se perdre ; aller vers, c'est s'ouvrir à la différence, à l'altérité, c'est en être modifié, bonifié, même quand ça rate, qu'on croit que c'est raté ; rater pour mieux rater propose Beckett

 

5 – aimer la vie, c'est l'aimer dans l'immédiateté des ressentis. Corps, esprit, âme, cœur, ventre, pieds, mains sont les organes de nos ressentis, incroyablement riches, subtils et qui n'attendent que notre écoute.

Être à l'écoute du corps, du pied gauche au réveil, du pied droit au coucher, être à l'écoute du ventre, de l'alchimie fumante et pétaradante qui y est à l'oeuvre, être à l'écoute du cœur au sens pascalien et pour son magnétisme aux 40000 neurones.

Enfants, nous avons été des praticiens sans connaissances de ces écoutes des ressentis. Puis est venu le temps des formatages, des programmes inconscients distillés par les parents puis des programmes scolaires à attraper des scolioses pour devenir aveugle, sourd et muet.

On est passé à la médiation par mots et concepts, à la déréalisation du réel.

Est fustigée la dictature de l'émotion par les réseaux sociaux.

Les fustigeurs ? Hommes des mots, de la rationalité, des raisons, devenus souvent insensibles, voire cyniques.

Que la multitude use des réseaux sociaux pour exprimer ses émotions, ses ressentis, primaires disent les fustigeurs, me semble un laboratoire pour un grand nettoyage émotionnel qui donnera ce qu'il donnera.

Je ne partage donc plus la négativité des jugements portés sur le narcissime à l'oeuvre dans les selfis, exprimé par les like sur les posts, même si personnellement, je limite ces usages.

Retrouver l'immédiateté des ressentis demande attention, intention et intuition.

 

Satisfaire mes 7 corps :

« Mon corps Physique me réclame du confort, de la douceur, de la tendresse, de la sensualité, de la sécurité, une alimentation moindre, plus saine et de l'exercice mesuré. Il aime que je sois attentif à son rythme biologique et à ses messages. Il aime quand je GOÛTE la vie, avec l'acuité de mes 5 sens.

Mon Corps Mental désire toujours plus de simplicité, d'autonomie, d'évidence, de pouvoir personnel et d'amplitude d'action. Je lui offre de la reconnaissance intérieure. Il sait ce qu'il veut : de la fluidité et rien d'autre.

Mon Corps Emotionnel me demande de la musique, de la lecture, que je lui propose des histoires enchantées, des contes, que je joue et que je crée en permanence avec ma vie.

Mon Corps Christique me réclame de l'Amour et désir l'offrir aux autres en retour. Il aime servir et partager sans rien attendre en retour, parce qu'il sait que donner est recevoir. Il apprécie particulièrement quand j'offre mes clefs de compréhension, quand je fais des trocs, quand la notion d'argent n'existe plus.

Mon Corps Ethérique cherche un dialogue énergétique permanent et harmonieux avec toutes les consciences et avec tous les règnes ... il adore "guérir", apaiser, ressentir le subtil vibratoire.

Mon Corps Astral se nourrit du discernement, de l'inspiration, de l'imagination, de visions et de la hauteur de vue sur mon expérience de vie, ou sur celle des personnes qui me sollicitent. Tel un voyageur de l'invisible, il est constamment sur le qui-vive, toujours prêt à aller chercher l'information au-delà du temps et de l'espace.

Mon Corps Causal me réclame de l' Art, du Sacré, de l'humour, du rêve, de la magie, la beauté mathématique invisible de la nature, des architectures et des lois de l' Univers. La règle est qu'il n'y en a plus. Ma pure liberté d'être est son délice.

Peu à peu, mes 7 corps sont passés aux commandes de ma vie. Je ne contrôle plus rien.

Il est définitivement terminé le temps de la demi-mesure ou de la négociation envers moi-même.

En retour, selon mes actes, mon attitude ou mes pensées, je reçois une claque ou une caresse.

J'apprends.

Je suis attentif à leurs moindres DESIRS.

Mon corps est mon maître intérieur.

Mon coeur vibre avec l'univers.

Je sais qu'un désir, une intention, une envie est toujours un APPÂT envoyé par l' UNIVERS.

UNE LECON se trouve dans le CHEMIN qui mène au DESIR. »

 

by Jacky Le Faucheur relayé par Nathalie Froment sur une page de Thierry Zalic

 

 

 

cahier des futurs désirés, un travail d'intelligence collective pour et avec Corsavy / la beauté à Collioure, racines et rocher, le peuple y est
cahier des futurs désirés, un travail d'intelligence collective pour et avec Corsavy / la beauté à Collioure, racines et rocher, le peuple y est
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cahier des futurs désirés, un travail d'intelligence collective pour et avec Corsavy / la beauté à Collioure, racines et rocher, le peuple y est

cahier des futurs désirés, un travail d'intelligence collective pour et avec Corsavy / la beauté à Collioure, racines et rocher, le peuple y est

6 – La gratitude permet de dire merci à ce qu'on vient de vivre, de prendre conscience de ce vécu : rien ne nous est dû, tout nous est donné, l'abondance est en nous, autour de nous, dans un regard, un sourire, une poignée de mains, une caresse.

L'abondance s'offre sans demande de résultats, sans attente de résultats, sans prières pour obtenir.

L'abondance dont je parle se moque de la sècheresse. La beauté est partout présente à qui veut la recevoir. L'amour est à l'oeuvre dans toute germination, toute éclosion, dans tout chant d'oiseau, tout croassement de noir corbeau, dans tout vol de papillon, dans toute poussée de sève, dans toute montée de désir où le fantasme joue sa partition en lien avec l'impossible coïncidence-fusion avec l'autre, jamais aimé tel qu'il est puisque mystère et opacité.

 

7 – la beauté (et la beauté de la laideur, du monstrueux) offerte par la nature, la beauté créée par l'homme, la beauté donc est aussi une puissance ; elle a des effets ; il suffit de voir un coucher de soleil sur l'Atlantique, d'entendre les applaudissements au moment de la disparition du disque. En Méditerranée, on n'applaudit pas, il y a dans la Méditerranée des milliiers de migrants noyés.

 

8 – aimer la vie, c'est la vivre comme miracle pour notre irruption dans le monde, comme mystère pour notre sortie du monde.

Aucun savoir, aucune théorie de quelque science que ce soit ne rendront compte de ce miracle de la naissance, de ce mystère de la mort. On peut donc allègrement s'émanciper de l’influence des chercheurs, des experts.

Tout au plus, les connaissances scientifiques confirmeront l'évidence qu'à n'importe quel moment du chemin de connaissance, on ne sait rien selon le paradoxe que ce que l'on sait augmente le champ de ce que l'on ne sait pas.

Il n'y a pas de savoir ultime.

Éventuellement, les connaissances scientifiques consolideront notre curiosité et notre émerveillement.

 

9 – aimer la vie avec gratitude, c'est prendre conscience que ce qui nous entoure est miroirs, que dans ces miroirs c'est toujours une partie de moi que je projette, que je perçois.

La tendance dominante est de prendre ces reflets pour des réalités, autrement dit ce que je n'aime pas ou que j'aime chez l'autre est objectivé et je ne perçois pas que c'est une partie de moi que je n'aime pas ou que j'aime.

Si on a conscience que c'est notre regard, les mots qu'on emploie qui créent ce que l'on croit réel, extérieur, alors l'autre n'est jamais un ennemi, on n'a aucun ressentiment à son égard, on ne le jalouse pas, on ne lui veut aucun mal, aucun bien non plus.

J'ai mis longtemps à admettre que je n'ai pas à sauver l'autre, que je ne dois rien lui proposer quand il m'expose ses problèmes. Seulement l'écouter avec bienveillance, compassion. Vouloir aider, sauver, c'est en croyant donner, en donnant, demander un retour, généralement d'amour.

Cela vaut me semble-t-il pour ce que l'on cherche à entreprendre pour résoudre les maux de la société, pour soigner les plaies de la planète.

20 – le féminin ayant été maltraité pendant des siècles (l'inquisition a brûlé des millions de soricères), il faut le résusciter, le remettre debout. Voici quelques indications tirées de Emmanuel Tala formation :  « Le féminin sacré est tout ce qui est liée à l'intuition, la contemplation, l'empathie, la solitude, la douceur, l'introspection et l'intuition.
20 – le féminin ayant été maltraité pendant des siècles (l'inquisition a brûlé des millions de soricères), il faut le résusciter, le remettre debout. Voici quelques indications tirées de Emmanuel Tala formation :  « Le féminin sacré est tout ce qui est liée à l'intuition, la contemplation, l'empathie, la solitude, la douceur, l'introspection et l'intuition.
20 – le féminin ayant été maltraité pendant des siècles (l'inquisition a brûlé des millions de soricères), il faut le résusciter, le remettre debout. Voici quelques indications tirées de Emmanuel Tala formation :  « Le féminin sacré est tout ce qui est liée à l'intuition, la contemplation, l'empathie, la solitude, la douceur, l'introspection et l'intuition.
20 – le féminin ayant été maltraité pendant des siècles (l'inquisition a brûlé des millions de soricères), il faut le résusciter, le remettre debout. Voici quelques indications tirées de Emmanuel Tala formation :  « Le féminin sacré est tout ce qui est liée à l'intuition, la contemplation, l'empathie, la solitude, la douceur, l'introspection et l'intuition.

20 – le féminin ayant été maltraité pendant des siècles (l'inquisition a brûlé des millions de soricères), il faut le résusciter, le remettre debout. Voici quelques indications tirées de Emmanuel Tala formation : « Le féminin sacré est tout ce qui est liée à l'intuition, la contemplation, l'empathie, la solitude, la douceur, l'introspection et l'intuition.

15 – Aller et venir / Laisser le poids dans le fauteuil

 

Laisse le poids dans le fauteuil

S’il te plaît

s’il te plaît

s’il te plaît

là,

enfonce-toi,

laisse tes épaules emplir le dossier du fauteuil, emplir les coussins.

Laisse tes fesses pénétrer le tissu.

Laisse tes bras épouser le bras de ton siège… s’il a des bras…

Tu as pris ta respiration comme on prend un enfant contre soi, puis tu as repoussé cette respiration comme tu l’aurais repoussée sur une balançoire,

et maintenant elle revient… puis repart… et revient…

Par ses deux temps, aller, et venir, s’emplir, puis se vider… elle vient, et elle va…

Tu t’enfonces, ton poids s’enfonce. Ce qui va de l’autre côté y va, et revient… Au moment où le souffle te quitte, éprouve entièrement qu’il te quitte.

Et quand il revient, éprouve entièrement qu’il revient.

Tu es ni triste ni soulagé, tu es dans le va-et-vient, tu es soulagé sans même te le dire, tu t’es retrouvé au contact de toi-même par le va-et-vient.

Un nouveau contact.

Et ça va, et ça vient, en rythme des marées, et ça nettoie ce qui avait besoin d’être nettoyé.

Là…

tu retrouves le contact, autant quand ça va, que quand ça vient.

Là… tu es là.

Les déchets partent avec la marée, et tu retrouves le contact.

Le poids s’évacue par tes fesses,

il s’évacue par tes pieds, il s’évacue par tes oreilles.

Tu ne fais rien. Une neige chaude tombe sur toi, une neige de chaleur, ou une brume, une brume claire, à moins qu’une fée t’enveloppe, te lange.

C’est bizarre.

Les images se succèdent, différentes, toujours soyeuses.

Tu entres dans l’œuf en même temps que tu en sors.

Tu vas-et-viens en entrant et sortant de l’œuf, sans même entrer ni sortir. Tu es dans la frontière du va-et-vient, dans l’oxymore des grammairiens qui t’introduit à la suspension active et dynamique.

Tu es dans le rythme immobile de la marée vivante, dans son souffle va-et-venant qui te recouvre de l’intérieur comme un linge doux, qui te caresse les lèvres, un éternel instant.

Thierry Zalic Extrait de Hypnose quantique 3 : La Joie

des images, des photos, des montages sont souvent des déclencheurs d'envies, de désirs, de rêves, d'énergies, de vibrations ; les mots et concepts n'ont pas ces pouvoirs
des images, des photos, des montages sont souvent des déclencheurs d'envies, de désirs, de rêves, d'énergies, de vibrations ; les mots et concepts n'ont pas ces pouvoirs
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21 – un billet d'Alain Cadéo : Légèreté

Si il y a une chose que nous avons bien oublié, c’est de se laisser porter, par les vents, les idées, un tourbillon d’instants vivants. Nous avons tant voulu tout contrôler et tout nous a échappé. C’est bien fait ! Un crétin prévoyant ne vaudra jamais un idiot insouciant. Alors évidemment, vous me direz: « Oui, l’insouciance c’est bien joli, mais il faut tout de même assurer ses arrières ! » Quelle vilaine expression ! Car à trop protéger son cul, de plomb, d’or ou de barbelés, on finit par couler, s’enliser, bardé de certitudes. Non, rien ne vaut d’être léger comme un sentier de plumes, sans calcul ni arrière pensée, car si la joie existe c’est devant, avec l’œil rond de l’innocent.
 
« si les anges volent, c'est parce qu'ils se prennent eux-mêmes à la légère »
G.K. Chesterton
L'amour de la vie

l'amour de la vie, offert en pdf, 24 pages, 25 articles, oeuvre en partie plurielle; les emprunts sont indiqués

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Disparition de maman/19 mai 2001

20 Juillet 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #FINS DE PARTIES, #pour toujours

réactualisé ce mercredi 20 Juillet 2022 

maman a 102 ans

un bon jour pour lancer le salon des écrivains et des artistes du 18 septembre 2022 au Revest, la veille du 21° anniversaire de la disparition de Cyril Grosse et Michel Bories

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Aujourd'hui 20 juillet 2020, maman aurait eu 100 ans. Je ressors cet article jusqu'au jeudi 23 juillet. Après, retour aux archives. Les articles en lien en bas de l'article sont également mis en archives et seulement réactualisés aux dates anniversaires.

Je profite de cette actualisation pour préciser deux choses:  

- ces récits de fins de parties me sont personnels, ils n'ont pas d'objectif biographique, ils sont en lien avec des remontées de souvenirs, avec des sentiments, des ressentis, avec l'humeur au moment de l'écriture et à chaque réactualisation, je les reçois en fonction de mon cheminement que j'ose dire spirituel depuis surtout deux ans. 

- ces récits, transmis un jour peut-être, partagés régulièrement n'ont pas pour objectif non plus de transmettre des valises, des héritages trans-générationnels, des mémoires affectives ou émotionnelles, des blessures, des culpabilités... Cela peut se produire à mon insu, à un niveau inconscient. Je considère ces récits de fins de parties comme des histoires, des légendes et donc chacun est libre de se fabriquer ses légendes. C'est ce que j'entends par l'expression "devenir l'épitaphier des passants", hier j'aurais dit des "trépassés".

En sortant l'article des archives me sont revenus plusieurs souvenirs. Tout se concentre sur la Toussaint 1998 et l'année 1999. Voyant approcher ses 80 ans, j'eus l'idée d'emmener ma mère en Lorraine où elle n'était pas retournée depuis de très nombreuses années. Ce voyage, nous le fîmes avec Cyril. Deux chauffeurs, c'était parfait. Nous avions le temps. Voir la maison natale à Kuntzig, près de Thionville, aller voir sa soeur cadette Anna et son mari Nicolas à l'hospice de Sierck les bains. Revoir Metz où avait été caserné mon père. En redescendant, arrêt à Langres et surtout Vézelay. Repas fabuleux, fromages au marc de Bourgogne.

La longue visite à l'hospice de Sierck les bains est à l'origine de la page 108 du Peintre de Cyril Grosse (on passe de la Lorraine à New York), que j'ai édité en 2002, manuscrit trouvé dans son ordinateur.

Anna est passée le 28 avril 1999, Nicolas le 21 octobre 1999. Leur fils Charly qui venait tous les étés nous voir, le 9 septembre 1999. Je refis le voyage avec ma mère pour son enterrement. Quelques lignes sur Nicolas : lorrain à l'accent particulièrement prononcé, embrigadé de force par les nazis, il se retrouva sur le front soviétique, fut fait prisonnier et survécut au camp; il ne fut libéré que bien après la fin de la guerre. Nous lui devons l'escalier qui conduit en haut de la colline au Revest. Quel bosseur de force.

couverture du Peintre / la maison natale de Kuntzig et 3 des enfants d'Anna
couverture du Peintre / la maison natale de Kuntzig et 3 des enfants d'Anna

couverture du Peintre / la maison natale de Kuntzig et 3 des enfants d'Anna

Le Peintre, pages 108-111, Cyril Grosse, édité aux Cahiers de l'Égaré, le 22 février 2002, jour de la création au Gymnase à Marseille du spectacle Père de Stringberg, roman inachevé trouvé dans son ordinateur, récupéré après sa disparition à Cuba, le 19 septembre 2001

Comme ces vieux qu’ils allaient, avec sa mère, visiter, des années auparavant, au milieu des années cinquante. Hospices de Brooklyn et du Bronx, charité chrétienne, conformisme de sa maman. Hospices, mouroirs organisés dans lesquels des vieilles et des vieux hurlaient et se chiaient dessus, prostrés dans leurs cages, les yeux dans le vide, pleurant lorsqu’ils leur parlaient ; et le long de couloirs qui puaient la maladie, la dégénérescence et la mort déjà, d’autres, débraillés et se grattant les couilles dans de mauvais pantalons, quémandaient une cigarette, comme s’il s’agissait de sauver leur peau. Sa mère passait de chambre en chambre, s’asseyait et discutait, et lui, gardait le souvenir de ces jours de visite. Jamais il n’oublierait ces cris, ces membres tordus, bleuis, rouges et cette vieille qui lui avait raconté les supplices qu’ils enduraient, tous, les infirmières sadiques et les repas qu’elle vomissait. Miss Brockett, qui l’avait embrassé sur la bouche, et qu’il était revenu voir plusieurs fois, jusqu’à ce qu’on lui annonce – une grosse blonde, un peu tarée et nymphomane – qu’elle avait changé de service. Qu’est-ce que ça voulait dire un service, puisqu’il l’avait cherchée partout et qu’il ne l’avait pas trouvée ? Des couloirs gris et blancs et verdâtres, interminables, des clameurs de désespoir, des rires de dingues, des visages marqués et ce type de quarante-cinq ans qui avait passé la moitié de sa vie dans des hôpitaux à se faire greffer des organes et poser des plaques en métal, sur tous les membres, tous les os, toutes les parties de son corps – mais avait-il encore un corps –, des vis, des bouts de ferraille, plantés à coups de marteau, et qui riait de ses propres blagues. Ses rires résonnaient encore, stridents et brutaux, rires de mouettes agonisantes, se posant sur l’une des fenêtres, cris d’oiseaux. Il devait avoir quinze, seize ans à l’époque, et il sortait à peine d’une enfance et d’une adolescence choyées par sa mère, une éducation artiste et pieuse – longues heures de prières et de sermons, chez lui ou dans des nefs, sur des bancs de bois dur –. Mais il savait que, bientôt, il ne croirait plus ; une ironie malveillante l’empêchait de pénétrer ces rengaines ; et les visites aux hospices entretenaient cet état d’esprit, le métamorphosant en une colère froide dont il contenait l’explosion. Pendant dix-huit ans, il serait l’enfant modèle, dont rêvait Rose O’Brien. Archipels cristallins de son enfance, que venaient troubler les lamentations de vieux handicapés dans des chambres blafardes et les rosaires d’ecclésiastes pantelants. Archipels, douceur dorée, bras des femmes veillant sur lui, femmes de chambre, cuisinières, maîtresses de chant et de musique, préceptrices de langues, professeurs de mathématiques, pédagogues en jupes froufroutantes sous de sévères lunettes. Après les premières années de son apparition dans le monde de la discorde, années de soins, de veilles, d’allers-retours dans des hôpitaux privés, partout dans le pays, Rose, lorsque sa vie ne fut plus en danger et que, selon les termes des médecins, son état devint stable et presque normal, imagina pour lui un monde parfait où il ne côtoierait que des femmes. Bien sûr, il avait vite décrypté les vagues raisons psychologiques que d’autres que lui – savants obsédés par la révélation du tour – auraient dévoilées : ce monde de cristal aux tintements si délicieusement féminins était une revanche que Rose prenait sur son mari et les patriarcats qu’elle subissait depuis toujours, un féminisme sans tapage imaginé entre les murs d’un luxueux appartement, à New York. Bien sûr, se disait-il, mais il gardait un autre souvenir de son enfance et de cette ronde de femmes qui la peuplait. D’autres raisons plus secrètes avaient poussé Rose à cette combinaison magique ; des rires complices résonnaient dans toutes les pièces ; et elle-même riait. Les photos de cette époque le montraient en compagnie de sa mère, en costume. Il souriait, l’air un peu débile, au début, avec des yeux qui louchaient, puis de plus en plus rose et poupon, de plus en plus malicieux. Un petit être bercé par les livres, la musique et les femmes, comme une utopie domestique que Rose mettait en œuvre pour lui seul, naturellement, sans programme établi. Et New York était une contrée végétale, réduite, dans l’espace et dans le temps, aux dimensions rêvées de ce peuple d’Amazones, et de rares lieux de promenades : Central Park, certains après-midi, et la Cinquième Avenue, son terrain de jeu. Ainsi le rejeton qui menaçait de mourir à chaque instant devint un enfant heureux, sans aucune conscience de la réalité extérieure, plongé dans un univers merveilleux et factice. Journées rythmées par l’étude, la lecture et d’autres jeux sans fin. Et même sa maladie devint un jeu. Jusqu’à l’âge de trois ans, il avait eu besoin d’une assistance respiratoire et sa chambre avait été envahie par des appareils sophistiqués, puis, peu à peu, son état général s’était amélioré, et l’unique trace de ses débuts compliqués dans l’existence furent ses yeux. Une pièce spéciale fut aménagée afin de rééduquer un strabisme si violent que son père – et la plupart de ses visiteurs – l’avait considéré, longtemps, comme un enfant attardé ; rien ne l’énervait plus que leurs mines attristés, que ces expressions infantiles s’adressant à un débile mental ; il avait appris très tôt à se faire plus intelligent que les enfants de son âge, et il répondait à ces agitations stupides par des répliques qui laissaient ses interlocuteurs stupéfaits. Tous les après-midi, entre une heure et deux, son œil gauche vissé à l’extrémité d’une machine très chère, importée d’Allemagne, il replaçait des éléphants dans leur cage, des clowns sous leur chapiteau ; à l’autre bout, manipulant les personnages colorés, une certaine Miss Dolorès – blonde menue dont, aujourd’hui encore, il gardait un souvenir tressaillant – s’esclaffait lorsqu’il parvenait à l’exploit de rentrer la panthère dans sa prison mécanique. Elle le poussait à se concentrer, s’enthousiasmait avec lui, et son visage – sec et anguleux – et sa bouche pointue exprimaient si bien la réussite ou l’échec qu’elle paraissait sortir d’un film muet des années vingt. Une atmosphère orientale régnait dans l’appartement – confidences de femmes entre elles, occupées à la marche des heures –, un temps suspendu, détaché. Et les noms des gouvernantes et préceptrices, ophtalmologues, infirmières étaient une déclinaison de ces années : Miss Dolorès en blouse blanche, Miss Barbara – dont les B et les A opulents étaient contredits par la petite taille et la fragilité de ce timide professeur de mathématiques –, Miss Éléonore – qui, grimpée à hauteur de ce prénom emphatique, lui enseignait les lettres, et aucune pédagogue ne l’avait autant attiré que cette jeune femme distinguée, à la poitrine si proéminente que, de longues nuits durant, il en avait rêvé –, Miss Cathy, la gouvernante en chef qui commandait à toutes les autres filles – blanchisseuses, repasseuses, etc. – et qui avait été comme une seconde grand-mère, une grand-mère potelée, endurante, sévère. Toute cette tribu fonctionnait comme un corps, une société à l’écart, régie par des règles à la fois strictes et souples, parce que Rose – qui en était la Reine, des abeilles, des guêpes, il ne savait pas trop – laissait à chacune, dans ses fonctions, une entière liberté. L’énergie des trente femmes qui vivaient avec eux – bien que toutes eussent une famille et une autre maison, les relais étaient si harmonieux que Thomas ne s’était pas rendu compte de leurs départs et arrivées et avait l’impression d’avoir passé tous ses instants avec elles – se déployait sans violence, sans ordre définitif, avec grâce et simplicité. Rose était une mère avant tout soucieuse du bonheur de son fils unique, le pouvoir, la hiérarchie étaient des notions qui n’avaient pas cours chez elle. Reine d’abeilles amoureuses et empressées, Thomas revenait toujours à elle, la guettant, la surprenant pour l’embrasser.

adieu ma vie, à Dieu ma vie

adieu ma vie, à Dieu ma vie

peinture en cours de JP Grosse; différentes étapes du travail; photos de famille, entre 1945 et 1998; épitaphes (travail de l'épitaphier JCG); 3 des 100 mots pour maman (maman, amour, origine) de Michel Bories dit Pof, inventeur du PofArt, autoportrait de JPG, JCG saisi sur le vif
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17 ans avant d'écrire sur maman et sa disparition, le 19 mai 2001, 4 mois avant celle de Cyril et de Michel, le 19 septembre 2001.

Petit à petit, j'écris le livre FINS DE PARTIES que je veux léguer à ceux qui restent. Les liens en bas d'article sont autant de pierres à ce travail de mémoire (je repense au très beau film Coco sur la nécessaire mémoire des morts à avoir car ils ont peur d'être oubliés). J'ai déjà écrit mais pas publié sur papy Jean parti le 20 septembre 2012. Pour mamie Guiguitte, c'est Anna Faix (pseudonyme de deux auteurs, Annie Grosse-Bories et Cyril Grosse, Anna Faix étant la grand-mère paternelle d'Annie) qui a écrit 30 mots pour maman avec 30 des 100 mots, peintures-objets réalisés par Michel Bories pour sa mère, partie le 2 avril 1998. Je n'ai pas encore écrit sur ma grand-mère paternelle, Victorine Engel, qui m'a fasciné par sa verve, son énergie quand elle est venue au Revest vers 1977-1978. Elle a écrit, En mai, fais ce qui te plaît, paru dans la revue Aporie, elle raconte comment elle tapait sur les doigts de DCB (Daniel Cohn-Bendit) quand elle l'avait eu en primaire.

Nouvelle pierre, le livre aura sans doute cette forme. Blog personnel, catégorie FINS DE PARTIES. S'assurer de la sauvegarde des blogs par la plate-forme over-blog. Internet, si on sauvegarde, est une fabuleuse mémoire.

 

Disparition de maman

 

Tu es partie dans la nuit du 19 mai 2001, vers 1 H du matin, partie dans ton sommeil. Je dormais sur un lit de camp dans la pièce voisine, au cas où. Vers 23 H, nous nous étions dits : « À demain ». Cet « à demain » vint après une déclaration d'amour à Jean-Pierre et à moi.

 

  • Dites-vous bien que nous vous avons aimés, ton père et moi, que nous vous avons laissé ce que nous avons pu. Nous n'avons jamais dépensé bêtement. Nous avons travaillé dur pour avoir le peu que nous avons et qui vous reviendra. Vous penserez à nous, n'est-ce pas ?

  • Mais maman, ce n'est pas le moment de parler de ça. Tu sais bien que Jean-Pierre et moi, nous t'aimons comme nous avons aimé et aimons, papa. Quand il est parti le 7 février 1986, nous n'avons absolument pas voulu notre part d'héritage. C'est le fruit de votre travail. Pourquoi voudrions-nous cela ? Nous sommes installés, nous avons ce qu'il nous faut. On n'a pas besoin de savoir qu'il y a un héritage pour t'aimer, vous aimer. Jean-Pierre avant de retourner pour l'Afrique du Sud a dû te dire qu'il t'aimait. Je l'ai vu te dessiner dans le lit, te croquant pour demain.

  • Et toi, tu m'aimes ?

  • Moi aussi je t'aime maman !

  • C'est dommage qu'il soit reparti, c'est si loin l'Afrique du Sud. Tu te rends compte s'il m'arrive quelque chose. Dis-lui bien que je l'aime comme je t'aime.

  • Oui, je le lui dirai. Maintenant, il est l'heure de t'endormir, passe une bonne nuit, je suis à côté, tu appelles si tu as besoin. Bonne nuit maman. À demain.

  • À demain.

 

J'ai éteint la lumière, laissé la porte entr'ouverte. Je me suis levé vers 3 H du matin pour la recouvrir, ainsi que je le faisais depuis plusieurs jours. Après avoir allumé, je me penche sur elle pour sentir son souffle. Rien. Je comprends vite qu'elle est partie, dans son sommeil, paisible. Je vais à notre maison, juste à côté, prévenir Annie et les enfants qui se lèvent et viennent tenir compagnie à maman, en attendant qu'un médecin arrive pour constater le décès. Ils s'étaient couchés vers 1 H du matin, après avoir vu un film italien La chambre du fils.

Pouvions-nous savoir, deviner que ce film nous reviendrait en pleine figure avec la disparition accidentelle du fils, 4 mois après, le 19 septembre 2001 ? Cette disparition avec celle du frère d'Annie, Michel, dans le même accident à Jagüey-Grande à Cuba, aurait pu entraîner comme dans le film, la dislocation de notre couple. Nous avons échappé à cette "fatalité" mais Annie, à mon avis, a payé de sa vie, cette catastrophe. Elle est partie en un mois d'un cancer foudroyant le 29 novembre 2010.

Jean-Pierre alerté à peine débarqué à Johannesburg (il était venu 2 ou 3 jours pour s'occuper des comptes et était retourné à Johannesburg le 18 mai) reprit un avion dans la foulée pour assister aux obsèques au Revest. Maman est enterrée dans le cimetière du village. Comme notre père. J'aimerais les emmener à Corsavy. Et libérer le caveau du Revest.

Nous avons fait ce qui se fait dans de telles circonstances, on a offert une collation aux gens venus rendre hommage à maman, au bar du Groupe Revestois. Un tel moment permet aux gens d'échanger encore, après les condoléances. Les 5 fois où j'ai mis en pratique cette tradition, ce furent des moments chaleureux.

 

C'est la première fois que je réussis à écrire sur maman depuis son départ.

17 ans de silence.

Je l'avais faite sortir de l'hôpital, environ deux mois plus tôt . Elle était traitée pour un cancer de la plèvre. La chef de service m'avait donné raison de vouloir la ramener à la maison. Il n'était plus question de radio ou de chimiothérapie. Le cancer la rongeait. Il s'était généralisé. Comme pour mon père. Et lui aussi, nous l'avions fait sortir de la clinique pour qu'il finisse ses jours à la maison. Cela prit une quinzaine de jours, après son amputation. Pour ma mère, le pronostic était de quelques semaines à quelques mois. Je m'étais tenu ce raisonnement : c'est elle qui s'est occupée de toi, bébé, enfant; tu t'occupes d'elle à ton tour. Quand je voulus lui donner son premier bain, ce fut une catastrophe. Chute dans la baignoire, impossible de la relever tant je la trouve lourde alors qu'elle pèse à peine plus de 30 kilos. Je comprends que je ne suis pas infirmier, aide-soignant, même pas un aidant (je le serai pour le papy entre novembre 2008 et septembre 2012), que les soins seront donc confiés à un professionnel de santé. Ayant par ailleurs beaucoup d'activités, je trouvai judicieux de lui proposer une compagnie pendant la journée. Je ne sais comment ils atterrirent chez nous mais nous confiâmes maman à un couple d'homosexuels, Marc et Christian. Ce fut une réussite. Elle apprécia beaucoup leur compagnie, leurs soins bienveillants, leurs petites attentions. Après le départ de maman, nous décidâmes de leur offrir un séjour au Maroc. Il n'eut pas lieu, Marc disparaissant d'un cancer au cerveau dans les mois qui suivirent.

Pendant cette période, il ne fut pas difficile de réconcilier maman et Annie. Leurs relations en 35 ans, surtout après notre installation au Revest en 1981, furent chaotiques, houleuses, faites de ruptures et de réconciliations. Ce n'est jamais ma mère qui fit le premier pas, je faisais tampon, je faisais le médiateur, et quand je sentais Annie prête à faire ce fameux premier pas, je le lui demandais puis demandais à ma mère. Une période d'apaisement de plusieurs semaines ou mois s'installait avant un nouvel accrochage. Toujours suite à des reproches, à des remarques, sans doute blessantes, car ma mère considérait encore Annie comme une jeune fille à éduquer, comme sa fille éducable. La rupture pouvait durer un an, voire deux. Pendant ce temps, je voyais ma mère chez elle, régulièrement. Parfois elle m'invitait à manger. C'était toujours excellent. J'ai même passé Noël avec elle plusieurs années d'affilée pendant qu'Annie allait chez ses parents, on se coupait en deux pour ne blesser personne. Mais la rivalité était difficile à gérer.

Indéniablement, nos enfants préféraient les parents d'Annie, grands-parents gâteau, aux miens, souvent dans le reproche, ne laissant rien passer, exerçant un chantage affectif classique : - qui préférez-vous ? - Ah oui, parce qu'ils vous gâtent mais nous, on ne veut pas vous acheter, on ne veut pas de petits-enfants capricieux.

Évidemment, ces reproches détournent inévitablement et vous vous retrouvez seuls sauf brefs épisodes à l'occasion d'anniversaires. Je pense que mes parents aimaient leur belle-fille et leurs petits-enfants mais ils aimaient mal parce qu'ils voulaient être aimés d'une certaine façon, sans être très précis à ce sujet. Et quand on fait passer son désir d'être aimé comme ci, comme ça, on est nécessairement déçu par la manière dont on est aimé et qu'on ne sait pas apprécier. C'est pareil du côté des enfants. C'est quoi cette manière d'aimer faite de reproches, de leçons de morale permanentes. On n'est jamais pris comme on est, on est toujours comparé à ce qu'on devrait être.

Je pense que c'est cette volonté de soumettre l'autre, le plus jeune, qui doit faire preuve de respect et d'obéissance, qui m'a rendu distant vis à vis de ma mère. Je n'ai jamais voulu provoquer la rupture; j'ai été dans la coexistence pacifique par devoir et non par amour. Je n'éprouve pas d'amour pour mes parents comme j'en éprouve pour Annie, mon fils Cyril ou ma fille Katia et sa fille Rosalie.

À quand remonte cette indifférence polie, pacifique, soucieuse de conserver malgré tout le lien ? J'ai l'impression que ça doit remonter au moment où nous avons décidé de rentrer, moi l'aîné, aux enfants de troupe à Tulle, Jean-Pierre, le cadet, au Prytanée à La Flèche. Brusquement, on quittait la maison pour un pensionnat d'où on ne sortait que 3 mois après, pour de brèves vacances. Sentiment d'abandon ? Choix par devoir ? Nos parents ne pouvant nous payer d'études, le choix de ces écoles militaires semblait le bon choix, gratuité moyennant 10 ans de service, discipline militaire sans faille, enseignement de qualité avec un corps de professeurs très qualifiés. Je me souviens que revenu à Toulon, comme professeur après avoir démissionné de l'armée, je leur ai fait voir au moment de sa sortie, en 1981, le film Allon z'enfants d'Yves Boisset d'après le livre d'Yves Gibeau qui se déroule là où j'ai été pensionnaire, à Tulle.

- C'est ça que tu as vécu ? - Oui, en pire.

Pas d'autre échange. Mais du ressentiment et de la culpabilité dans l'air. Je pense que Tulle, Autun, Coëtquidan Saint-Cyr, Montargis et enfin l'Algérie (El Aneb, Miliana, Tizi-Ouzou) m'ont rendu antimilitariste. Antimilitariste mais pas pacifiste. Dès 1968, j'ai attrapé le virus du militantisme révolutionnaire sous la bannière du marxisme et du trotskysme. J'en suis revenu tout en restant convaincu que la lutte des classes est un des moteurs de la vie sociale. Guerre et (ou) diplomatie, conflit et (ou) compromis, nous sommes des funambules entre ces contraires.

De la famille de ma mère, je ne sais rien si ce n'est qu'elle perd sa mère jeune, à 10 ans, se retrouve en charge des autres enfants (2 garçons, 3 filles), quitte l'école très tôt, à 11 ans, ne passe pas le certificat d'études, fait des ménages, s'entend mal avec sa nouvelle belle-mère, quitte la maison à 14 ans, se retrouve serveuse au Café de la gare de Réding, flashe sur un jeune et fringant militaire, prend le train à Sarrebourg pour le rejoindre à Toulon, elle ignore que c'est loin, elle ne connaît pas la géographie de son pays, elle se retrouve seule dans cette ville de matelots, le jeune militaire semble sensible au charme et à l'amour de la jeune fille, ils se marient et ont deux enfants, nés à Toulon. Quid de la Syrie ? (je n'arrive pas à dater le séjour en Syrie de mon père, il a fait 18 ans dans l'armée pour une petite retraite, il quitte l'armée vers 1946, il s'est donc engagé vers 1928). En 1942, notre père rejoint Dakar, notre mère reste seule avec nous à Toulon, femme de ménage chez un docteur, époque des bombardements alliés et allemands, nous vivons à Rodeilhac, une bombe tombe dans une malle ouverte de ma chambre, n'explose pas, l'oeil gauche vire, blanc de l'oeil, je récupère mon œil à la Libération après opération réalisée par le docteur-ophtalmologue Koutzeff, merci à lui. Nous rejoignons Dakar en 1945. Ma mère ouvre un commerce pour les militaires français. Ça marche bien. Mais elle attrape une saloperie, rapatriée sanitaire en France, nous nous retrouvons à Castres.

Je me souviens de l'appartement du Boulevard Léon Bourgeois, de la colline du Corporal, de gamines avec lesquelles nous jouions dans un grand pré après avoir franchi un mur couronné de tessons de bouteilles, je me souviens de l'arrivée par l'avenue de Lavaur du club de rugby champion de France deux fois en 1949 et 1950, à l'époque des frères Jacques et Maurice Siman, je me souviens de l'Agoût et des maisons donnant sur cette rivière traversant la ville, je me souviens des sorties le dimanche à la rivière, pique-niques entre amis, baignades à La Salvetat sur Agoût, promenades dans le Sidobre et même jusqu'à Bort les Orgues, je me souviens du marché le samedi matin où nous allions récupérer les fruits et légumes abandonnés par les marchands , tellement c'était chiche à la maison, je me souviens des foires que fréquentaient nos parents devenus commerçants-ambulants en mercerie et de ce marché de Lacaune où on retrouva mon frère cuvant une cuite attrapée on ne sait comment. Ce fut l'époque de la voiture avec ses bouteilles de gaz sur le toit, une Hotchkiss. Un accident en 1952 mit un terme à cette aventure commerciale et ruina mes parents.

Notre père trouva un emploi réservé d'archiviste au Crédit Foncier de France. Ce fut le temps de l'hôtel à la Goutte d'Or, au temps de la guerre entre le MNA et le FLN en plein couvre-feu et le temps du choix des écoles militaires, 1953, j'avais 13 ans, Jean-Pierre 11.

Puis ma mère trouva une place de concierge au 42 rue Notre-Dame des Victoires, en face de la Bourse des Valeurs. Elle faisait le ménage à la Côte Desfossés, devenue la Tribune. L'été, ils prenaient leurs vacances au Revest où ils avaient acheté un terrain et m'avaient fait acheter le terrain voisin pendant que j'étais en Algérie.

J'ai fait le ménage à Paris dans des bureaux quasiment vides, l'été, entre 1954 et 1961 puis après 1964 quand devenu professeur, j'ai rencontré Annie. Nous profitions du Paris estival et nous adorions les deux chambres sous les toits mansardés, côté cour. Cela dura jusqu'à leur retraite en 1972 avec entre-temps la construction d'un pavillon à Croissy près du Vésinet. Joli coin, joli pavillon où furent reçues une bombe sexuelle, Nicole (vers 1962) puis Annie (après 1965).

Installés au Revest, villa Marie-Ju, nos parents surent se mêler de la vie au village en participant aux activités des amis du Vieux Revest. Notre mère était la championne des aubades. Cet argent servait ensuite à des expositions dans les rues et ruelles du village, à des animations musicales, à des conférences ou des livres sur le village. Charles Aude, président de cette association, apprécia leur contribution.

J'ai toujours connu ma mère comme une femme dévouée, attentive à l'autre, plus faible, dépendant. Je l'ai vue rendre visite chaque jour pendant des années à une vieille dame, 500 mètres plus haut, faisant son ménage, repassant, discutant. Elle était croyante à sa façon, allait à la messe, aidait le curé, altruiste envers qui lui plaisait ou avait besoin, ne cachant pas ses inimitiés, femme de tête, très volontaire, forte personnalité, autoritaire.

Petite, menue, élégante, soucieuse de son apparence, avec sa longue chevelure descendant jusqu'au bas du dos, maman avait été une belle jeune fille et jeune femme et je l'ai trouvée belle jusqu'à la fin.

Pourquoi prenait-elle des concoctions tous les soirs ?

Sa peur de la constipation, ça s'appelle l'apopathodiaphulatophobie, l'a conduite à des aberrations avec ces laxatifs puissants qui devaient tout drainer, y compris ce dont son organisme avait besoin.

Maniaque de la propreté, je ne saurais dire ce que cachaient ces manies. Protection contre des saletés commises quand elle avait la charge d'une famille et qu'elle était terrorisée par la marâtre ? Peur de ne pas être irréprochable ?

Ce fut une excellente cuisinière et quand nous revenions à la maison, chaque trimestre, nous avions droit aux raviolis faits maison, aux frites maison, aux quenelles de pommes de terre (vieilles et nouvelles), une recette lorraine succulente, aux quenelles de farine, au kouglof. Sa choucroute était particulièrement soignée. Sûr, elle voulait qu'on ne manque de rien, comme si elle voulait remplir un vide, un manque, elle nous incitait toujours à reprendre et il était difficile de résister à un tel traitement.

Elle aimait les réunions familiales un peu élargies, les réunions amicales où les gens se laissent aller à boire et aux histoires salaces, elle aimait les histoires salées, crues, elle riait fort dans ces occasions.

Quand papa est parti, elle a tenu à ce que je la prenne en photos entourant son Juju. Photos que je ne peux regarder. Figer la mort qui est figement, ça me paraît pesant.

Je connais trop le poids des morts sur les vivants. Souvent, ce poids est tel qu'il empêche de vivre, d'être heureux parce que les morts sont morts pour nous, pour le droit de vote, le droit de grève et que nous devons respecter ce que nous leur devons.

Avec vous, nous avons appris à nous libérer de ce poids, contre vous plutôt parce que nous ne vous avons pas souvent écouté. On n'en faisait qu'à notre tête, en cachette. Découverts, nous avions droit au martinet ou à un nerf de bœuf. Je morflais comme aîné pendant que le cadet était protégé par la mère. Drôle d'éducation, celle d'hier, dressage plutôt qu'éducation.

Je dirai en achevant ce papier que vous avez fait de nous des indociles. C'est un peu moins que des insoumis. C'est une posture qui me convient bien. Je reconnais à Jean-Pierre la même posture. Nous ne nous laissons pas conduire par le bout du nez, nous ne sommes pas des soumis volontaires. Nous usons de notre esprit critique et de notre liberté, celle de pouvoir dire NON.

Bien sûr, je sais qu'on vous doit des valeurs: honnêteté, ponctualité, franchise, conformité entre les paroles et les actes, volonté, fidélité en amitié, en amour, solidarité, souci des siens et des autres, se fier à son jugement, se méfier des "conseilleurs", ne pas péter plus haut que son cul, souci de bien faire, de faire du mieux qu'on peut, aptitude à se contenter de peu, pas de frime, d'exhibitionnisme, simplicité dans les relations, les contacts, faire, agir plus que parler pour ne rien dire, dans le vide. De ce point de vue, nous avons été tous les deux, des hommes d'action. Jean-Pierre raconte cela, certaines de ses aventures, dans le livre Aux couleurs de la vie. Moi, je raconte l'aventure des 4 Saisons du Revest (théâtre, édition) dans Donjon Soleil et dans De l'impasse à la traverse... Bien sûr, on vous doit d'être là et ainsi de tenter de faire bon usage de la Vie. Comme pour Montaigne, pour nous : Nature est un doux guide, notre nature, ce qui nous est propre, et la Nature, la naturée, celle qui s'offre, comme la naturante, celle qui crée, invente.

Dernier souvenir: en une semaine votre maison a été vendue, en une semaine, une vie a été dispersée, votre vie. Ce fut une séparation, une dispersion très rapide, trop rapide mais l'Afrique du Sud est à 10.000 kms au sud. Aucun conflit pour l'héritage, répartition conforme aux souhaits de l'un ou de l'autre.

Jean-Claude Grosse
 

Épitaphe pour maman non retenue :

Au secret

je pars à regret

Beau jeu de ma vie

par quelle sortie

pour quelle impasse

Épitaphe retenue :

 

Au secret

je pars à regret

Beau jeu de ma vie

par où la sortie

 

Épitaphe pour papa :

Sur la pointe du pied

je suis parti

Crainte de déranger

même en faisant si peu de bruit

 

Disparition de maman/19 mai 2001
Disparition de maman/19 mai 2001
Disparition de maman/19 mai 2001
Disparition de maman/19 mai 2001
le 2 avril 1998, décès de Guiguitte (la mère d'Annie et de Michel) 
par embolie pulmonaire, sous nos yeux et par impuissance à relancer le coeur 
impuissance aussi des pompiers
découverte de la mort par les petits-enfants, Katia et Cyril, en direct
en 10', passage de la fête, des rires à la stupeur, aux tentatives désespérées de sauvetage
belle mort tout de même pour Guiguitte; le chagrin, la douleur des vivants n'a pas à être mise en avant
on trouve trace de cet étonnement, de cet éveil brutal dans le dernier spectacle (j'emploie ce mot mais il ne convient pas; lequel ?) de Cyril : (c'est possible) ça va, créé en 2000
et dans le spectacle de Katia (j'emploie ce mot mais il ne convient pas; lequel ?) Mon pays c'est la vie, créé en 2004, où les personnages n'arrêtent pas de mourir et renaître
(magnifique tango dansé par Vitya Ponomarev avec une morte jouée par Olga Fomenko)
Michel (le fils, artiste -je n'aime pas ce mot non plus- peintre - celui-là me convient) crée en 2 ans, la série 100 mots pour maman, peintures-objets accompagnées d'un livre, édité par Les Cahiers de l'Égaré
les 100 mots n'ont jamais été exposés
Cyril et Michel (le neveu et l'oncle) décèdent à Cuba le 19 septembre 2001 au triangle de la mort à Jagüey-Grande avec une jeune femme et sa mère
Annie, la mère de Cyril, la soeur de Michel décède le 29 novembre 2010, en un mois 
me laissant avec une question : je sais que je vais passer, où vais-je passer ?
question qui a donné plus de 10 ans après Et ton livre d'éternité ? paru le 14 février 2022, livre dont je suis convaincu maintenant qu'il n'a été écrit que pour certains passants
ce retour ce matin 2 avril 2022 : 
A peine Le livre d éternité ouvert que je me suis sentie, comme je l'étais cette fin d'année dernière, m'étant coupée d'absolument tout. Libre de toute implication, libre de toute tentation, de tout orgueil aussi. Libre et heureuse. 
Quel témoignage ! Une épopée dense et farfelue pour comprendre que l'on n'est rien. En une fraction de seconde j'ai ressenti ces années de recherche, depuis le départ de Cyril. Ça m'a fait du bien. Vous êtes un drôle de personnage quand même et je suis contente de vous avoir dans mon panorama. 
30 mots pour maman, écriture à 4 mains (Annie Bories et Cyril Grosse; sous le nom d'Anna Faix)

30 mots pour maman, écriture à 4 mains (Annie Bories et Cyril Grosse; sous le nom d'Anna Faix)

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La vie ? processus ? mystère ?

16 Mai 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #SEL, #agoras, #développement personnel, #engagement, #essais, #jean-claude grosse, #poésie, #spectacles, #vraie vie, #écriture

hier après-midi et soirée, 21 février 2024, goûter de retrouvailles à 7,
3 comédiennes, la cinquantaine passée, 2 techniciens du spectacle, même génération, une jeune fille et un pépé, soit 4 générations
6 heures d'échanges, drôles (beaucoup d'humour, de rires), de souvenirs, joyeux ou nostalgiques, de choses qui sortent (de quoi gerber), de discussion sur ce qui se passe dans les milieux du cinéma, du théâtre, du sport
on parle longuement de Lévi-Strauss, de la prohibition universelle de l'inceste, permettant de passer de l'endogamie à l'exogamie, de la nature à la culture ; je fais remarquer que la réponse mâle à ce tabou est la pratique universelle du viol puis avec Françoise Héritier que l'assujettissement des femmes par les mâles est dû à ce qu'elles font les fils dont les mâles ont besoin pour perpétuer leur domination
on évoque longuement le micro-chimérisme foetal-maternel
voici donc un article de mars 2022 que je complèterai avec ma note de lecture sur un livre majeur : Les cellules buissonnières
deux dessins des jumeaux exécutés yeux fermés, le 2° avec les deux mains alternativement
deux dessins des jumeaux exécutés yeux fermés, le 2° avec les deux mains alternativement
deux dessins des jumeaux exécutés yeux fermés, le 2° avec les deux mains alternativement

deux dessins des jumeaux exécutés yeux fermés, le 2° avec les deux mains alternativement

les jumeaux ? 
c'est une remontée inattendue d'une des dernières paroles d'Annie, le 29 octobre 2010 : il y a un morceau de Sylvain qui se balade quelque part (chimérisme foetal-maternel ?);
attendant Sylvain, c'est Katia qui est arrivée 
jusqu'à ce que Magali B. me mette le nez dessus, le 21 mars 2022 : mais peut-être ils étaient deux ?
21 mars, jour du printemps, jour de Nowruz, de sainte Clémence (morte le 21 mars 1176), de la trisomie 21, pour l'élimination de la discrimination raciale (quelle légèreté une journée pareille)
vrai ou faux, impossible de trancher 
donc le défi des prochains mois, retourner dans le ventre porteur d'Annie et écrire la légende des jumeaux Sylvain (s'il vînt, il ne devait pas venir, avais-je répondu) et Katia (bien là)
que s'est-il passé entre eux ?
ces dessins yeux fermés sont déjà façon de les palper, de les sentir, ressentir
avant les mots, des sensations
les 9 mois du paradis foetal : processus descriptible ? processus miraculeux ? sait-on ce qu'on interrompt dans une interruption volontaire de grossesse ? sait-on ce qu'est le ciel vécu par le foetus nautilus dans les profondeurs amniotiques ?
les 9 mois du paradis foetal : processus descriptible ? processus miraculeux ? sait-on ce qu'on interrompt dans une interruption volontaire de grossesse ? sait-on ce qu'est le ciel vécu par le foetus nautilus dans les profondeurs amniotiques ?
les 9 mois du paradis foetal : processus descriptible ? processus miraculeux ? sait-on ce qu'on interrompt dans une interruption volontaire de grossesse ? sait-on ce qu'est le ciel vécu par le foetus nautilus dans les profondeurs amniotiques ?
les 9 mois du paradis foetal : processus descriptible ? processus miraculeux ? sait-on ce qu'on interrompt dans une interruption volontaire de grossesse ? sait-on ce qu'est le ciel vécu par le foetus nautilus dans les profondeurs amniotiques ?

les 9 mois du paradis foetal : processus descriptible ? processus miraculeux ? sait-on ce qu'on interrompt dans une interruption volontaire de grossesse ? sait-on ce qu'est le ciel vécu par le foetus nautilus dans les profondeurs amniotiques ?

J'ai vu « Le Processus » de Catherine Verlaguet, lauréate du Prix de la Pièce de théâtre contemporain pour le Jeune Public 2022, sélection 3ème/2nd, au Telegraphe ce mercredi 6 avril à 19h30 en partenariat avec le Planning Familial Varois.

— C’est ton corps, dit-il (Fabien, son petit ami). Je te suivrai quelle que soit ta décision.

Claire est au lycée. Elle tombe amoureuse et enceinte de Fabien, qui est aussi amoureux d’elle mais pas vraiment prêt à affronter ce qui leur arrive. Claire entame alors un processus d’avortement…

« C’est ce processus que je vous propose de suivre sans manichéisme : le positionnement des proches, l’efficacité des médecins, les doutes et les certitudes qui se mélangent, le tout entrecoupé de flash-back sur l’histoire d’amour, la naissance du désir et ce premier émoi entre Claire et Fabien.

« Je suis pour l’avortement. Je suis pour que les femmes disposent de leur corps. Je suis pour le fait que la décision d’avorter leur appartienne.

Je pense aussi qu’il est des cicatrices que l’on ne regrette pas, mais que l’on n’oublie pas pour autant." écrit C.V. comme Claire Valège, C.V., comme C.V., Curriculum Vitae.

Ce spectacle se vit en immersion sonore, casque sur la tête, sauf à la fin, 1° cachet abortif absorbé.

C'est très bien joué par Juliette Allain qui a, à son actif, au moins 80 représentations.

Dispositif simple, une table, une chaise.

Des techniques d'acteur également simples mais efficces pour les changements de personnages (il s'agit d'un solo d'actrice jouant tous les personnages).

Metteur en scène Johanny Bert, Théâtre de Romette (Auvergne).

Le débat avec le public et le planning familial, avec lecture de textes datant du manifeste des 343 (1971), du manifeste des 331 (1973) et de la loi Simone Veil (17 janvier 1975) a été centré sur les motivations de l'autrice-auteure, sur le personnage de Claire et son choix (c'est mon corps, c'est ma vie), sur la qualité de l'interprétation et sur le dispositif avec casque permettant d'être en direct et de façon intime avec Claire.

L'auteure-autrice a signalé l'importance pour elle d'éviter les clichés, de renverser la relation habituelle mettant l'intime sous la coupe du politique (on se sent et on se met sous le regard et le pouvoir de l'Autre, la pharmacienne, la mère, le médecin, le petit ami, les copines...), elle cherchant plutôt à montrer l'impact possible de l'intime sur le politique (je tiens à décider par moi-même, même si j'ai des doutes, des hésitations, des peurs, je tiens à les gérer moi-même ; les autres, l'Autre, les dispositifs légaux d'aide à l'avortement se mettant au service de mon choix).

Ce débat m'a fait remonter aux années 1974-1980 (retour à Toulon) parce qu'Annie Grosse-Bories a été longtemps secrétaire bénévole au Planning familial 83, avant de devenir assistante sociale, éducatrice spécialisée, puis psychologue clinicienne au CMPP de La Seyne, formatrice à l'école d'assistantes sociales de la Croix-Rouge et enfin psychanalyste (je cite ce parcours parce que révélant sa force d'engagement). C'était rue Peiresc sous la houlette de Jeanine Braendlin à l'époque.

C'est dire si j'ai suivi les luttes du planning familial. Et bien sûr, j'ai soutenu les interventions d'éducation sexuelle du Planning familial au Lycée Rouvière, avec humour déstabilisateur parfois quand par exemple j'ai fait croire que le sida, très destructeur, était renforcé par une autre maladie, le stob, attrapé quand on fait l'amour sans amour.

Dois-je dire que je perçois aujourd'hui le poids terrible de l'initiation sexuelle sur les jeunes, et ce de plus en plus jeune, dès 7 ans, garçons mais aussi filles (on se provoque, alors tu t'es branlée cette nuit...), parce que l'industrie pornographique (particulièrement florissante, entre les mains de mafias) est à l'oeuvre au travers des réseaux sociaux, parce que les réseaux pédophiles, pédo-criminels sont particulièrement puissants et opaques, parce que le tourisme sexuel et la prostitution sont pratiques courantes, ouvertes ou cachées, parce que tellement de possibilités sont proposées, y compris de changements de sexe (homo, lesbienne, drag-queen, bi, trans, woke, cancel-culture), parce que tout semble devenir possible (PMA, GPA grâce aux ventres ukrainiennes, clones, chimères...). Avec l'homme augmenté, l'intelligence artificielle, on va être pucé, prothésé, bionisé, remisé à l'éternité. 

La vie comme la mort sont devenues de vastes champs d'expérimentations, de manipulations (suicide assisté, éternité par cryogénisation... ; film Soleil vert)
En écoutant ce qui se disait, j'ai soudain pris conscience que cette soirée était sous le signe d'une idéologie scientiste, d'un matérialisme dogmatique, d'un athéisme réducteur.

Pris de je ne sais quelle émotion devant l'ampleur de ce que je ressens comme un désastre, j'ai failli ne pas intervenir.

Je l'ai fait tout de même en tentant de socratiser le débat : qu'est-ce qui permet à Claire de dire avec cette certitude, cette assurance qu'à un jour près le cœur du foetus ne bat pas, donc pas de vie, donc pouvant se dédouaner, je ne tue pas.

L'affirmation c'est mon corps et j'en dispose comme je veux, aujourd'hui, me paraît d'une démesure, d'un orgueil décalés par rapport à ce qui m'apparaît comme mystère et miracle.

Ton corps est mystère parce qu'il est une incarnation de la Vie qui te le reprendra puisque naître c'est être voué à la mort, elle-même mystère.

Bienheureux ceux qui savent ce qu'est la mort, néantisation par exemple.

Ta liberté sera le suicide ou l'euthanasie.

Ton corps à naître, ta naissance est miracle même avec le soutien du corps médical, d'une science médicale devenue domination sanitaire d'experts sur les patients (voir avec la Covid).

Il y a un processus en cours bien plus mystérieux que le simple récit qu'en fait un cours de SVT, une rencontre entre spermatozoïde et ovule, division cellulaire, spécialisation cellulaire... Aujourd'hui, on sait que le fameux ADN, (1%), la soi-disant identité infalsifiable, génétiquement immuable (avec maladies génétiques prévisibles) de chacun est un dogme scientiste battu en brèche par les découvertes de l'épigénétique et par les travaux sur les 99% d'ADN dits poubelle, méprisés par les chercheurs américains et étudiés avec succès par les chercheurs russes.

Pour complexifier le tableau, je rajouterai que nous sommes mémoires, que ce sont toutes les mémoires de ce qu'on appelle évolution qui nous constituent, par exemple, l'extraordinaire parcours de l'atome de fer depuis l'explosion d'une super-novae jusqu'à ce qui caractérise notre sang, l'hémoglobine, en passant, oui, oui par le magma terrestre (une molécule d'hémoglobine qui se trouve à l'intérieur d'un globule rouge, ce sont 10000 atomes dont 4 de fer pour capter 4 atomes d'oxygène, transporté par circulation sanguine à chaque cellule du corps).

ou autre fantaisie, les 50000 milliards de bactéries, vieilles de 3,5 à 4,5 milliards d'années et qui colonisent notre ventre, le 2° cerveau, et sans lesquelles il n'y aurait aucune transformation de ce que nous mangeons.
Donc, il y a de quoi même avec la science s'émerveiller et se dire, on ne sait rien car savoir c'est savoir que ce qui reste à trouver est de plus en plus difficile à percer. 

Allant ailleurs vers des traditions spirituelles fort anciennes et quasi-universelles (présentes dans toutes les aires et sociétés), ne peut-on supposer, poser qu'une âme vient s'incarner dans un corps, le temps d'une vie, d'une réincarnation, d'une résurrection et que la mort c'est rendre l'âme, l'âme hors pour une nouvelle réincarnation.

Prolongeant cette intervention, je pense qu'il y a deux approches que je ne souhaite pas opposer, n'invitant personne à faire un choix plutôt qu'un autre

- une approche scientiste qui se sert de la science pour séparer : ça c'est la vie, ça c'est la mort; ça c'est vivant, ça non; distinguer le plaisir et la procréation, ça c'est le propre de l'homme, ce n'est pas le propre des animaux qui rutent par nécessité de reproduction (moins le propre de la femme, dans une société patriarcale mais aujourd'hui elles revendiquent et pratiquent de plus en plus le droit de jouir sans entraves, de vivre leur plaisir clitoridien en solitaire ou pas avec godes ou pas), baiser ou faire l'amour pour le plaisir et par plaisir à 99,9999 % pour deux enfants dans une vie (on peut en devenir addict sans doute), abstinence, beurk, sublimation, késako, satisfaction immédiate, oui, oui, ça urge (d'où viols, forçages de toutes sortes, chantages, méprises sur le consentement non-consenti-consenti-consentant, la fameuse zone grise) ; on le devine : l'éducation sexuelle pour gérer toute cette complexité seulement physique, épidermique (qui ne prend pas en compte, émois, émotions, sentiments, désirs, fantasmes, résistances, réticences, rythmes...) n'est pas une éducation sentimentale, encore moins une éducation à l'amour.
- une approche spirituelle où je considère ma vie comme un cadeau, un don, gratuit fait par la Vie (le contraire du je n'ai pas demandé à naître), cadeau fait par la Vie, sans jugement, par amour inconditionnel, m'aimant aussi bien salaud que saint, héros que bourreau, avorteuse de « mon » fœtus que jeune mère accueillante du fœtus dont une légende raconte
que quand un bébé vient au monde, il connaît les mystères de la création. Mais juste avant sa naissance, un ange pose le doigt sur sa bouche : « chut ! » et l’enfant oublie tout, il vient ainsi au monde innocent…
C’est pourquoi nous avons tous un petit creux au-dessus de la lèvre supérieure, signe de L’Empreinte de l’ange.

« Avant sa naissance, dit le Talmud, l'homme est un pur esprit et possède encore le savoir ultime de ses vies antérieures. C'est alors qu'un ange apparaît et lui enjoint de tenir ce savoir secret. L'ange pose son doigt sur la lèvre de l'enfant et à cet instant précis, le bébé oublie tout pour entrer dans la vie. Du geste de l'ange, il reste une trace: le petit creux qui dessine un fossé entre notre lèvre supérieure et la base de notre nez... Alors seulement, il peut pousser son premier cri. »

La tradition dit, en effet, qu'avant la naissance, l'âme "descendue" dans l'embryon connait "toute la Torah", qu'elle voit la vie qu'elle va mener lors de l'incarnation, les choix qu'elle devra faire et leurs conséquences....
Lors de la naissance, l'ange, en effet, lui pose le doigt sur la bouche afin qu'il oublie ce qu'il sait et ait le plaisir de le redécouvrir, de faire ses choix librement et la trace de ce doigt angélique est le sillon naso labial.

Cette tradition est parfaitement bien exploitée dans "Les bienveillantes" de Jonathan Little lorsque le "héros" rencontre ce vieux juif à qui il manque justement ce sillon naso labial, qui se "souvient" donc de tout y compris du moment de sa mort, et dont la rencontre donne lieu à un dialogue entre la "pensée occidentale" et la tradition juive.

Dit autrement et ça se dit aujourd'hui, ce ne sont pas les parents qui font les enfants mais les enfants (leur âme) qui choisissent leurs parents.

Avec le temps, à 80 ans passés, je suis passé d'une approche à l'autre.

Car la vie nous fait vivre, revivre des expériences. Par exemple Annie qui, entrée à l'hôpital en octobre 2010, revient sur la naissance de Sylvain-Katia et qui me dit un morceau de Sylvain se balade quelque part.

Elle croyait attendre un garçon, arriva une fille. Pas d'échographie à l'époque, en 1968. Et en 2022, je découvre que peut-être, elle attendait des jumeaux homo ou hétérozygotes et qu'un n'est pas apparu.

Voici de récentes découvertes sur ce qui se passe, le microchimérisme foetal-maternel

Pendant la grossesse, les cellules du bébé migrent dans la circulation sanguine de la mère et retournent ensuite dans le bébé, c'est ce qu'on appelle le « microchimérisme fœtal-maternel ». ⁠

Pendant 41 semaines, les cellules circulent et fusionnent et après la naissance du bébé, beaucoup de ces cellules restent dans le corps de la mère, laissant une empreinte permanente dans les tissus, les os, le cerveau et la peau de la mère, et y restent souvent pendant des décennies.

Chaque enfant laissera une empreinte similaire.

Des études ont également montré des cellules d'un fœtus dans le cerveau d'une mère 18 ans après son accouchement.

Des recherches ont montré que si le cœur d'une mère est blessé, les cellules fœtales se précipitent vers le site de la blessure et se transforment en différents types de cellules spécialisées dans la réparation du cœur.

Le bébé aide à réparer la mère, tandis que la mère construit le bébé.

C'est souvent pourquoi certaines maladies disparaissent pendant la grossesse.

C'est incroyable de voir comment le corps de la mère protège le bébé à tout prix, et comment le bébé protège et reconstruit sa mère - afin qu’il puisse se développer en toute sécurité et survivre.

Si vous êtes une maman, vous savez que vous pouvez ressentir intuitivement votre enfant même quand il n'est pas là ...

Eh bien, maintenant il y a une preuve scientifique que les mamans portent leurs enfants pendant des années et des années, même après qu'elles les aient mis au monde.

Pour conclure, à partir de là où j'en suis, je crois que tout est croyance, qu'il n'y a de preuve de rien, des arguments peut-être, que donc ce sont les mots que l'on emploie qui crée ce que l'on prend pour la réalité. Change de mots et tu changes la réalité. Change de mots et tes maux changent.

Dans cet état d'esprit, je trouve particulièrement beau, le récit d'Alain Cadéo, Le ciel au ventre, qui date d'avril 1993 et qui est le dialogue d'un père avec le foetus nautilus attendu par sa femme, foetus qui n'a rien d'inerte, de passif, riche déjà de toutes les convulsions galactiques, de toutes les incandescenses.
C'est aussi ce que j'ai tenté avec le texte Trois femmes (Le corps qui parle)

À Le Revest, le 8 avril 2022

 

 

 

 

un livre majeur

un livre majeur

dans une conversation hier, mercredi 11 octobre 2023, j'ai été amené à dire que depuis quelques temps, je me sentais travaillé par le ventre des femmes, et d'abord celui de l'épousée
sans doute en lien avec une histoire de jumeaux, une phrase de l'épousée lors de son testament oral, le 29 octobre 2010 (il y a un morceau de S. qui se balade quelque part en moi), un mois avant son passage, le 29 novembre 2010,
avec l'intérêt que je porte au micro-chimérisme foetal-maternel depuis qu'il m'a été évoqué lors d'une séance de guérison avec 1.2.3. Soleil (ainsi s'appelle-t-elle), il y a deux ans environ
et voici qu'aujourd'hui sort cet article de Libération sur un livre qui s'annonce essentiel
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Il est des livres qui bouleversent notre vision du monde.
Dans les Cellules buissonnières (Premier Parallèle, 2023), la journaliste scientifique Lise Barnéoud relate des cas scientifiques extrêmes qui nous permettent de mieux comprendre la composition de nos propres corps. Comme celui de l’Américaine Karen Keegan, mère de trois enfants, qui s’est vu dire par les médecins : «Deux de vos fils ne correspondent pas à votre ADN.» Une découverte fortuite alors que ceux-ci passaient des examens de compatibilité avec leur mère en vue de lui donner un rein. Idem pour Lydia Fairchild, dont les tests de maternité nécessaires à l’obtention d’une aide sociale aux Etats-Unis révèlent que, d’un point de vue génétique, elle n’est pas la mère de ses deux enfants.
Le livre de Lise Barnéoud est une plongée dans ces résultats scientifiques des plus troublants connus sous le nom de «microchimérisme». Comme la créature mythologique mi-chèvre mi-lion à queue de serpent, beaucoup d’entre nous (tous ?) sont constitués de plusieurs populations de cellules ne contenant pas le même génome. «L’équation maintes fois apprise "1 individu = 1 génome" ne couvre pas toutes les réalités», déconstruit la journaliste scientifique. Mais d’où proviennent ces cellules autres ? Une première piste nécessite de décortiquer les mécanismes de la grossesse et de se pencher sur la notion de «jumeau évanescent».
LA «REINE DES PREUVES»
Tous les embryons ne vont pas au bout de leur développement. Quand une grossesse commence avec deux fœtus mais qu’un seul arrive à son terme, on appelle l’autre un «jumeau évanescent». Ce cas toucherait 10 % à 30 % des naissances uniques. Une trace de ce frère ou de cette sœur jamais né(e) peut perdurer dans le corps de son jumeau avec lequel il a partagé quelques jours le même utérus. Ses cellules ont pu s’insérer dans l’être en formation à côté de lui, allant jusqu’à devenir des constituantes à part entière de certains de ses organes. Dans le cas de Karen Keegan, les médecins pensent même que les deux fœtus ont fusionné. Concrètement, certains de ses ovules contiennent les informations génétiques de Karen et d’autres celles de sa sœur qui n’est jamais née. Cette affaire donne son sous-titre au livre de Lise Barnéoud : L’enfant dont la mère n’était pas née et autres folles histoires du microchimérisme. Le cas de Karen Keegan, décrit dans un article scientifique, a sauvé Lydia Fairchild face à l’administration américaine. En découvrant cette folle histoire, l’avocat de cette dernière lui propose de faire un frottis du col de l’utérus. Bingo, certaines cellules récoltées sont compatibles avec l’ADN de ses enfants. Lydia a bien porté ses enfants, même si elle est génétiquement leur tante. De quoi se faire des nœuds à l’arbre généalogique.
Le microchimérisme n’a pas que des conséquences sur la parentalité. Dans les affaires criminelles, il peut également remettre en cause la «reine des preuves», à savoir l’ADN. Lise Barnéoud raconte ainsi comment, en 2004, la police scientifique de l’Alaska identifie le sperme présent sur une scène de crime comme étant celui d’un individu déjà en prison. L’homme avait des cellules séminales identiques à celles de son frère. Pas de jumeau évanescent dans ce cas précis : le mécanisme de transmission est une greffe de moelle osseuse entre les frangins. La littérature scientifique fleurit de cas similaires où les cellules du donneur sortent de l’organe greffé pour se balader dans le corps du receveur et parfois s’insérer dans d’autres organes sans en altérer le fonctionnement. «Je est un autre», écrivait Rimbaud.
Le microchimérisme bouleverse également les croyances scientifiques. Le dogme dominant pour expliquer le fonctionnement du système immunitaire repose sur la capacité des défenses du corps à distinguer le soi - les cellules du corps qu’il ne faut pas tuer - du non-soi - les cellules étrangères à dézinguer. Cette théorie avait, certes, déjà été fragilisée par la découverte du microbiote, cette flopée de bactéries qui vivent sur la peau ou dans les intestins, essentielles au bon fonctionnement du corps humain. Mais voilà qu’on découvre aussi que certaines parties de notre corps peuvent être constituées de deux populations cellulaires génétiquement distinctes. L’immunité de l’organisme est donc une relation de coopération entre nos cellules, celles dites microchimériques et les micro-organismes.
À TRAVERS LE PLACENTA
La principale source de microchimérisme reste la grossesse. En témoigne la première référence au microchimérisme trouvée par Lise Barnéoud, qui remonte à 1893, quand un médecin allemand trouve des cellules du placenta dans les poumons de femmes mortes en couches. Mais la grossesse est encore insuffisamment explorée par la science moderne. «Quand je voyais écrit, il y a quelques années, dans les manuels de biologie de ma fille, que le placenta ne laissait pas passer les cellules, je n’en revenais pas»,se désole Nathalie Lambert, chercheuse à l’Inserm et spécialiste du microchimérisme, invitée à la présentation du livre à Paris le 21 septembre. Car les échanges entre un fœtus et sa mère vont bien au-delà de quelques nutriments, de l’oxygène et des défenses immunitaires. Le placenta laisse aussi passer des cellules. Ce transit à travers le placenta est même probablement l’une des conditions de réussite de la grossesse. En effet, les cellules de l’embryon se rendent en priorité dans le thymus de la femme enceinte pour inciter le système immunitaire à accepter la présence du fœtus dans son organisme. «Elles s’assurent que l’embryon reçoive le gîte et le couvert», résume Lise Barnéoud.
Si les cellules passent dans un sens, elles peuvent donc passer dans l’autre. Ainsi, la mère donne à son fœtus ses propres cellules et, potentiellement, celles des embryons qu’elle a déjà portés, voire celles de sa propre mère qui peuvent encore être présentes dans son organisme. Dans une étude publiée en 2021 dans la revue The Lancet,Nathalie Lambert a découvert des cellules microchimériques de leur grand-mère dans le sang de cordon de cinq bébés sur 28.
LES CINQ GOMMETTES
Quand elle présente son livre à la presse, Lise Barnéoud propose à chacun de coller une gommette sur son épaule pour chaque voie de transmission prouvée de cellules microchimériques qui nous concerne. Une gommette pour sa mère, une pour sa grand-mère. Une gommette pour chaque grossesse de sa propre mère avant sa naissance. Une gommette si on a subi une transplantation solide ou une greffe de moëlle osseuse. Enfin, pour les femmes, une gommette pour chaque grossesse menée à terme ou non. On a fini avec cinq gommettes sur l’épaule. De quoi sérieusement revisiter le concept de sa propre identité.
Malgré l’importance conceptuelle de ce phénomène, il reste peu étudié avant les années 90. «Nous manquons encore beaucoup d’informations de base sur ces sujets. Comme nous avions du mal à démontrer une application possible, nous n’avions pas suffisamment de financement»,regrette J. Lee Nelson, chercheuse américaine retraitée de l’institut Fred-Hutchinson de Seattle, également là à la présentation du livre à Paris et grande spécialiste du sujet.
Néanmoins, les résultats récents étayent le rôle de ces cellules dans nos corps et relancent l’intérêt des financeurs. Alors, que font-elles, ces cellules porteuses d’un ADN différent mais qui nous constituent ? Est-il dangereux d’être «multi-génétique» ? C’est que ces cellules peuvent se retrouver dans n’importe quel organe.
Dans un article publié dans la revue PlosOneen 2012, J. Lee Nelson trouvait des neurones masculins (contenant des chromosomes XY) dans le cerveau de 37 femmes sur 59 autopsiées. Certains chercheurs pensent même qu’elles peuvent se transmettre par le sperme. «La chanson Can’t Get You Out of My Head [«je ne peux pas te sortir de ma tête», ndlr] n’a jamais semblé aussi juste», se marre aujourd’hui J. Lee Nelson. Les cellules microchimériques peuvent avoir un impact positif ou négatif en fonction des cas, comme souvent en biologie. Lise Barnéoud raconte ces femmes greffées d’un rein qui déclenchent un cancer des années après leur opération. Surprise, leurs cellules cancéreuses sont toutes mâles, donc issues de l’organe greffé. Le microchimérisme pourrait aussi jouer un rôle dans le développement de certaines maladies auto-immunes, dont les trois quarts des victimes sont des femmes, souvent de plus de 45 ans. Enfin, dans les cas de jumeaux évanescents de sexes différents, si des cellules mâles et femelles se côtoient dans le même appareil génital, cela peut donner lieu à des malformations. Comme cette petite Américaine opérée en 1962 et qui présentait du tissu ovarien d’un côté et du tissu testiculaire de l’autre…
LE CÔTÉ OBSCUR
Au début de ses recherches, dans les années 90, J. Lee Nelson a par ailleurs démontré qu’on avait plus de chances de trouver des cellules mâles dans le sang des femmes atteintes de sclérodermie, une maladie auto-immune, que dans le sang de femmes en bonne santé. Voilà pour le côté obscur. Car «ce n’est pas parce qu’on voit des pompiers à chaque fois qu’il y a un incendie, qu’il faut en conclure qu’ils causent l’incendie», temporise Lise Barnéoud.
J. Lee Nelson a d’ailleurs «toujours cru que les bons côtés l’emportaient sur les moins bons». Des études épidémiologiques laissent ainsi penser que les femmes qui ont des cellules mâles dans le sang ont moins de risques de développer certains cancers (sein, ovaires et cerveau). Elles auraient un effet protecteur, donc. De quoi pousser des scientifiques à plancher sur leur effet curatif éventuel. Selim Aractingi, chercheur à l’hôpital Cochin à Paris, obtient des résultats positifs en utilisant ces cellules pour guérir des plaies cutanées et même réparer les tissus après des accidents cérébraux chez la souris. Il espère pouvoir utiliser chez l’humain le potentiel thérapeutique de ces cellules attirées par les zones blessées et capables de s’insérer dans un organe tout en garantissant son fonctionnement. D’autres résultats tendent à prouver que les cellules microchimériques de la mère «éduquent» le système immunitaire de l’enfant. Dernier espoir évident : la possibilité d’augmenter la tolérance des greffes. Mais ce n’est pas pour toute de suite.
Lise Barnéoud Les cellules buissonnières Premier Parallèle, 208 pp., 19 €
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évidemment, j'assisterai jeudi 19 octobre à 19 H à la projection au Royal à Toulon du documentaire de Claire Simon, Notre corps, en sa présence
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Pour résumer ma position aujourd’hui
Naissance = miracle et mystère
Mort = mystère et miracle
(miracle = heureusement qu'on meurt, dixit Marcel Conche)
Ces deux mots, selon moi, n'ont pas à être élucidés, conceptualisés (tentation humaine)
mais doivent induire des attitudes
Le savoir sert à confirmer l’impossibilité de savoir
mais sert aux pouvoirs
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Ecrire sur l'olivier / domaine de Tourris / 16 mai 2021

16 Mai 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #Le Revest-les-Eaux, #album, #poésie, #écriture, #pour toujours, #vraie vie

Lorsque la fleur s'apprête à s'ouvrir, c'est avec une telle volonté que, malgré son apparente fragilité, aucune force extérieure ne pourra l'en détourner. Rainer Maria Rilke

Une fleur tombe même si nous l'aimons;                                                                                      une mauvaise herbe pousse même si nous ne l'aimons pas.

Dogen

Celui qui cueille une fleur dérange une étoile. Théodore Monod

Chaque fleur est un sexe

Y avez-vous pensé quand vous respirez une rose ?

René Barjavel

 

 

 

article dédié à Philippe Borel, père d'Emilie Borel, présent avec Van, la mère d'Émilie Borel, la "muse" de Marcel Conche, à cet atelier d'écriture du 16 mai 2021 au domaine de Tourris

Philippe Borel, haut fonctionnaire de l'ONU dans le cadre de la FAO, est décédé brutalement le 6 septembre 2021 à Beyrouth, de la Covid 19, lors d'une mission sur les conséquences de l'explosion du port de Beyrouth du 4 août 2020

Emilie Borel et son mari Ivo ont réussi en 10 ans à produire en Corse, une des 10 meilleures huiles d'olive au monde

Elle a écrit après 12 ans de silence (le sien et celui de Marcel Conche) dans le livre Le siècle de Marcel Conche, décédé le 27 février 2022 à 28 jours de ses 100 ans

Sa figure et sa passion pour l'olivier sont évoquées dans le livre 21 femmes qui font la Corse, paru aux éditions du Scudo en Corse et dans son livre Les secrets de l'olivier

scudo édition et Les Cahiers de l'Égaré
scudo édition et Les Cahiers de l'Égaré

scudo édition et Les Cahiers de l'Égaré

domaine de Tourris
domaine de Tourris
domaine de Tourris
domaine de Tourris

domaine de Tourris

remerciements aux propriétaires du domaine qui nous ont permis de travailler et nous ont ouvert la chapelle et donné un certain nombre d'informations

Consignes pour l'atelier d'écriture du 16 mai 2021

au Ménage, domaine de Tourris

 

nous allons travailler sur l'olivier en partant de ce constat, c'est un être vivant, sensible et sans faire d'anthropomorphisme, nous allons imaginer, ressentir que lui et nous, nous sommes reliés, faisons partie d'un Tout, la Vie, éternellement créatrice à travers ses cycles, que donc il est une partie du Tout, comme nous, et comme nous, qu'il est le Tout en même temps ; tu n'es pas une goutte dans l'océan, tu es l'océan dans une goutte dit Rûmi ; je rajouterai que partie du Tout et Tout en même temps, ça ne se pense pas, ça se ressent, ça se vit et ce qui est vécu c'est l'amour inconditionnel dont la Vie fait preuve en créant tout ce qui vit ; dit autrement, la Vie comme source, énergie universelle, éternelle, comme information existant de toujours, pour toujours, dans l'instant, dans le présent qui est éternité, le seul temps réel (passé, futur sont des créations de l'homme, pas des animaux ou végétaux), la Vie comme souffle donnant vie, s'incarne, donne forme à la multiplicité de ce qui apparaît, disparaît, ; cette source, elle, est sans forme, elle est vide d'où tout surgit (vision quantique de l'univers et de la vie)

donc, si vous voyez l'olivier, lui aussi vous voit ; si vous lui empruntez une branchette, peut-être faut-il lui demander son accord, ou au moins l'informer de ce que vous allez faire et lui rendre l'équivalent de ce que vous avez pris, une offrande compensatrice

notre travail sera la mise en place d'un rituel, inventé, pas inspiré des traditions animistes et chamaniques même si l'esprit sera le même ; tout ce qui existe matériellement est aussi esprit ; il y a le monde qu'on voit, respire, sent, goûte et le monde parrallèle des esprits ; en lien avec ce que j'ai dit plus haut, je dirai le monde de l'Esprit, de l'Esprit-Saint ; c'est ce que je crois sans vous demander de partager cette croyance ; mais pour l'écriture, vous considèrerez que c'est comme une expérience de pensée (pour nous expérience vécue) au sens d'Einstein qui par exemple se demande que se passe-t-il si je chevauche un rayon lumineux, si je me déplace à la vitesse de la lumière et ça donne la relativité restreinte puis la relativité générale

comme il s'agit d'une démarche de nature spirituelle, il semble à propos de se donner une nouvelle identité

vous décrirez ce nouvel homme ou femme que vous souhaitez être et vous communierez, fusionnerez avec l'olivier, de l'olivier à l'huile d'olive

si Emilie Borel en 10 ans a réussi avec Ivo à produire, en Corse, la 1° huile d'olive française à être reconnue comme une des dix meilleures huiles d'olive du monde dans 7 concours internationaux, c'est en lien avec son amour inconditionnel de ses oliviers, de ses olives ; ça compte énormément, c'est le moteur de l'excellence, ça ne se mesure pas parce que cet amour quasi-mystique c'est l'amour comme force, comme foi qui déplace les montagnes

donc, optez pour l'amour inconditionnel de l'olivier, de ses olives, de ses huiles

vous inventerez pour finir un mantra ; je vous donne un mantra que je pratique chaque jour : 

ram vam lam yam ham aum om ; normalement, il se chante selon la gamme do ré mi fa sol la si 

il est possible aussi de photographier, de réaliser une aquarelle

 

ces consignes, c'est plutôt un état d'esprit, une disposition et une intention que vous posez (j'ai l'intention d'entrer en connexion avec l'olivier, de m'éprouver comme olivier...), je vous demande de les accueillir comme vous les ressentirez, attractives, répulsives... ; regardez-vous en train d'éprouver une déception (vous ne vous attendiez pas à ça), une colère contre l'animateur, un rejet de la communion-fusion ; laissez s'exprimer ces ressentis et mettez-vous en position d'observateur, genre vous marchez dans la rue et depuis un balcon, vous vous regardez marcher ; en une minute, colère, déception passent et vous passez à autre chose, un autre ressenti, en général, plus bienveillant

 

mais d'abord, présentons-nous dans ce que nous croyons être notre identité

 

depuis le 25 décembre, je ne suis plus JCG mais Vita Nova, auteur d'un roman de métamorphose : Alors, ton livre d'éternité, tu le rends quand ?, démarré le 13 décembre 2020 sur une impulsion soudaine, terminé quant au matériau, le 30 mars, écrit dans un flow inconscient qui a déclenché une pemphigoïde bulleuse, dès le 15 décembre, avec traitement jusqu'à mi-avril ; c'est donc une écriture éprouvée, peut-être même sans que je le sache, ce qu'on appelle une crise de guérison

chapelle de Tourris
chapelle de Tourris

chapelle de Tourris

Les textes

 

L'oleastre

 

Evie…Elle est, elle passe, elle se déroule, elle traverse…

Silhouette pesante-corps-terre, tronc-dense.

Elle file, elle fuit, elle évite…

Des yeux verts-fentes.

Elle observe, elle écoute les histoires de rives lointaines, portant des voix de proximité, des voix d’intersection entre des mondes.

Le sentier accroche ses pas, son regard glisse sur l’arbre au bord du chemin.

Des branches hirsutes, un tronc décharné, un feuillage destructuré, épars…

On dit que tu es le bâtard des oliviers, un vulgaire oléastre , tandis que tes pairs arborent des troncs noueux, des éclats argentés et des fruits luisants.

On dit que tu es le gueux, oublié , à côté de tes semblables choyés, taillés, vénérés.

Et pourtant, tes branches fragiles s’élancent vers le ciel, brave expression de ta vitalité.

Tes atouts humbles, frémissants, tes myriades de feuilles captent son attention.

Tu as poussé audacieusement au pied de roches blanches, l’air de rien.

Ton insignifiante existence est un mystère.

Ton feuillage enlace la promeneuse, celle qui vient, l’air de rien, abandonnant ses états encombrants.

« Souffres-tu , l’arbre ? »

Elle enveloppe de ses mains-calice tes bourgeons. Elle ne demande pas d’autorisation, dérisoire passeport pour se lier, s’entrelacer.

Elle t’effleure , sans te froisser, sans te plier.

Une respiration profonde accompagne l’émotion, le face à face devient une évidence.

Elle dépose au cœur de ton feuillage son visage.

Tu en gardes l’empreinte durant une seconde d’éternité.

Les décomptes, les postures, les mesures sont à ton contact insondés, insensés.

Elle te contourne…

Des arbustes t’étouffent , t’enserrent.

 

Tes frondaisons sont des cris de résilience.

Tes racines sont des espaces de résistance.

 

« Porteras-tu des fruits, l’arbre ? »

 

Tu lui murmures :

« Ris à l’ire !

Sois olive, vert de vie !

Enivre toi d ardence ! »

 

Myriam.B

Tourris 16 mai 2021

 

BRAVONE

 

Pour la troisième nuit je me suis réveillée dans le corps de Bravone. C’est ainsi que l’on me nomme de l’autre côté de la nuit. Bravone…, certainement parce que le courage est ce qui me manque le plus.

Non pas que je sois dépourvue de cœur, au contraire. J’accueille volontiers la nature humaine dans ce qu’elle a de brut et d’inconstant. Et ma bienveillance donne facilement protection à celui qui en aurait besoin. Mais le courage !

Je pense à ces résistants naguère égayés dans le maquis. Les ruines d’un hameau, au revers de la colline de Tourris, guide ma pensée vers eux. Je pense aussi aux « Justes », qui sauvaient les juifs au péril de leur vie. L’odeur de la menthe froissée sur cette parcelle de colline où je me suis assise, m’entraîne à leur suite, dans les chemins de l’espoir entre la France et la Suisse. Tant de vies sauvées !

Bravone , pour signifier au monde entier ce que je ne suis pas, ou du moins pas encore, et peut-être jamais ?

Au cœur de mes interrogations, un olivier s’offre à moi, dans la pleine lumière de midi. A l’aplomb du soleil, il est sans ombre.

Viens, m’invite-t-il et tiens-toi, toi aussi, à l’aplomb de TA vérité, de TA réalité. Ainsi, mettant en lumière le TOUT de ton unité, tu seras. Oubliés les coins d’ombre où l’on relègue si facilement ses faiblesses et ses défauts.

Mon corps se redresse et s’imprègne de la sagesse de ce bel arbre centenaire au feuillage gris argent.

Un chant doux et humble se forme dans ma gorge, comme un mantra. Il circule entre l’arbre et moi : va, vis, vois, bois, moi, toi, JOIE

Cela arrive et cela repart, ça tourne, je danse, je ris. Je sens la chaleur de la joie sortir du cœur de Bravone et inonder chaque cellule, en paix.

Ce rituel m’a réconciliée. Je suis ce que je suis et Monsieur Courage me rendra visite un jour, s’il le veut, s’il se peut…

 

Tourris le 16 mai 2021

Michelle Lissillour

 

Au détour du chemin, une panoplie d’arbres, pas très hauts, gris, presque métalliques, froids ! Enfin les visualiser car je ne m’y déplacerai pas.

J’écoute, je regarde, je sens, je touche... dans mon silence cérébral.

L’olivier est un arbre fruitier sur lequel on ne peut rien cueillir ni manger en instantané, rien ! Le goût, mais pour plus tard, si on est patient et accepte la servilité de la communauté.

Peut-être pour ça que je ne l’aime pas, lui. Pour apprécier ses fruits, il faut être domestiqué, devoir passer par la main humaine pour en accueillir la substance. Il est rêche, retors, je le laisse à ses manigances millénaires.

Je n’arrive même pas à comprendre pourquoi il est le symbole de tant d’émotions, je dirai même d’aliénations humaines.

Paix... mais c’est parce qu’il y a eu guerre

Réconciliation... mais c’est parce qu’il y a eu discorde

Pardon... mais c’est parce qu’il y a eu offense, ou mal

Force et victoire... mais de quoi parle-t-on et sur quoi ?

Sa longévité est associée à ce qu’en ont fait des générations de nous, son huile a servi de récompense aux jeux, récompense aux combats de nous... sur nous.

De moi, l’olivier est éloigné.

Il me met mal à l’aise, car il sait que je ne l’aime pas.

Son ombre, quand je la trouve, ne me procure aucun bien-être. Elle est rachitique comme ses rameaux.

De lui, je suis éloignée aussi.

Ce qui m’interroge, c’est sa fascination sur les nous justement, qui semblent retrouver en lui les étapes civilisationnelles de leur passé, la matrice nourricière des débuts. Mais peut-être alors moins les chasseurs-cueilleurs !

De plus, je me méfie des petits qui ont cette sorte de déguisement naturel pour mieux attendrir.

La prochaine fois, j’irai à l’olivier pour lui dire tout ça. Mais je n’arracherai rien à sa vie car je sais que je ne lui donnerai rien en échange.

Je commencerai par l’ancien, celui à côté de la ruine, dont tout le monde a oublié l’existence, je lui demanderai de me raconter ce qu’il en pense.

Il faudra du temps, peut-être de la sagesse, un peu d’intérêt réciproque... pour s’apprivoiser.

 

Sylvie Combe

17 mai 2021, Le Ménage, domaine de Tourris

en fleurs
en fleurs
en fleurs
en fleurs

en fleurs

Sans étiquette et sans identité, vierge de tout, je nais à moi-même, chargé de tout un héritage, mais rien n’est encore fixé, riveté à mon âme, tatoué sur ma peau.

 

Libre de choisir ou de ne pas choisir, je prends mon temps.

 

Je n’ai ni forme ni genre, simplement je suis.

J’existe par vos regards, je me construis de vos mots, de vos chants.

Je laisse grandir ma nature…

 

OLIVE LIVRE LIBRE OLIVE LIVRE LIBRE OLIVE LIVRE LIBRE OLIVE LIVRE LIBRE OLIVE LIVRE LIBRE !

 

Mes racines sont ici, ici ou là, enfin je crois…

Mais avant de me planter là, que l’on me plante là, ma mémoire génétique parcellaire me rappelle avoir beaucoup voyagé, de l’Asie Mineure à tout le pourtour méditerranéen.

 

Je me suis frotté aux terres les plus arides où seul, je serais mort de soif, j’ai goûté avec délices le voisinage des cerisiers, abricotiers, amandiers, j’ai profité de l’attention des hommes à leur égard, de la luxuriance de leur floraison, de la fluidité de mouvement de leur feuillage souple sous la caresse du vent, du parfum sucré de leurs fruits sous les rayons du soleil.

 

Moi qui garde mes feuilles tout au long de l’hiver, je durcis ma peau dans les intempéries, mon cuir épaissi, changé en vert de gris, doit résister à tout, morsures du froid sous les assauts du mistral, brûlure des feux de plein été, des canicules meurtrières.

Ma plus grande gloire, ce sont mes fruits, verts, charnus, noircis par la maturité, dont le jus pressé doré irrigue toute la culture méditerranéenne, en est le lait nourricier.

 

À ce prix je suis délocalisé, arraché, déplacé, replanté, taillé, mutilé parfois, à la mesure de l’homme qui vit des fruits que je produis ; un oiseau doit pouvoir le traverser sans en frôler une branche dit un proverbe que nul oléiculteur n’ignore.

 

Je me suis pourtant rebellé, j’ai refusé de grandir. Ma tige très courte n’est qu’un moignon boursouflé, laissant surgir cinq branches en grand désordre habillées d’une frondaison échevelée ;
j’ai échappé sans doute à une taille en règle, trop mal parti, trop mal dégrossi. Au bout de la rangée, à la lisière de la forêt de chênes verts, je me suis fait oublier au milieu des herbes folles, mes fruits ne sont d’aucune économie.

 

Les oiseaux me trouvent très beau et se prélassent dans mes branches, le sauvage oléastre me tient pour frère, les hommes et les bêtes s’endorment à mes pieds, sous mon ombre généreuse.

Je ne regrette rien…

 

Marie-Hélène Taillard

17 mai 2021, Le Ménage, domaine de Tourris

 

Je m'appelle Léo, j'ai 12 ans. Je viens d'être viré de mon collège. Une raison : harcèlement. Tous les matins, j'ai emmerdé méchamment une petite fille de sixième. Je suis très lâche. Je l'appelle le bouledogue. Bouledogue par-ci, bouledogue par la. J'ai 12 ans. Et je n'ai même pas rire, je n'aime pas tout simplement. Au foyer, on a fait de la boxe. J'ai tellement tapé fort sur un garçon que je lui ai cassé une dent à la salle. Je n'ai pas été puni parce que c'est du sport.

Je m'appelle Léo et j'ai 12 ans. Je vis à Chaumont. Je n'aime personne, je n'ai pas de parents. Je vis dans un foyer d'accueil. Avant je vivais dans une famille d'accueil. Je déteste ce mot. Accueil. Moi je n'accueille personne. Je n'accueillerai jamais personne. Ils ont fait venir au foyer un clown. Ça pue les clowns. Puis il a disparu ce jour-là, je suis né entre la buanderie et le jardin. Je suis né de sa connerie. Puis il a disparu et moi, je suis apparu. Je suis apparu entre les machines à laver et les bosquets de Marguerite.

Je m'appelle Léo, j'ai 12 ans, je ne suis pas très beau, assez grand avec un gros cul. C'est pas beau les gros cul, c'est ce que dit l'éducatrice. Le soir, je suis bien quand il fait nuit, je regarde la télévision au foyer. Je regarde ce qu'il y a. Je m'en fous. L'éducatrice a dit qu'un jour je passerai au journal. Je n'ai pas compris. Elle est conne. Alors on est parti à la campagne dans un domaine. Je crois que ça s'appelait Tourris. C'est moche. Et la il y avait Jean Michel le baron du lieu. On a regardé des arbres, des oliviers je crois. Trop bizarre !!! Putain d'arbres. Des années. Ils étaient là avant la construction du foyer. Il y en a un qui était mort, ça faisait comme une grande table. Et de cette table, il y avait cinq arbres qui étaient nés. Trop classe ! On croirait que les cinq arbres gigantesques se mettent à table pour manger.

Le Baron a dit : « Posez vos mains sur les troncs ! Et laissez-vous aller ! » Qu'est-ce que j'en ai à foutre du tronc. Et puis, j'ai fait comme tout le monde. J'aime pas ça mais je l'ai fait. Drôle de sensation ! Pas mal, pas mal du tout. Je me suis installé, assis sur le plateau du vieil arbre mort et j'ai posé mes mains. L'arbre m'a dit : « Pourquoi as-tu fait ça ? » « Je ne sais pas. » Il a demandé qu'on le fasse. J'ai parlé longtemps avec l'arbre jusqu'au soir, c'est mieux que la télévision. Ils sont venus me chercher pour manger. Je n'ai pas dormi.

Le lendemain matin, je suis directement venu rencontrer l'Olivier. Je l'ai serré dans mes bras. Et j'ai ressenti puis encore ressenti et enfin je l'ai compris. Jean-Michel a dit : « Récitez un mantra que vous inventez ! » « C'est quoi ça ? » Ai-je répondu. « Des mots que tu ajoutes les uns aux autres et que tu répètes indéfiniment. Comme si tu les récitais. » « Je ne connais pas des mots qu'on ajoute pour les réciter. » Alors j'ai choisi. J'ai regardé l'arbre et je lui ai dit : « Lego Kapla Mario kart Play mobil. » J'ai répété ces mots une vingtaine de fois sans m'arrêter.

Aujourd'hui je les répète encore. Je m'appelle toujours Léo, j'ai 72 ans. Je vis dans les collines de Turquie proche de la ville de Bursa en Asie Mineure. Je fabrique de l'huile, j'ai un domaine avec des hectares d'oliviers. Et je répète tous les jours ma phrase à mes arbres.

 

Philip Segura

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Je m’appelle…

Mon nom porte sang et sons.

Il vibre quand on le prononce, il vibre quand j’aime et suis aimé. 

Il fait résonance.

Il reçoit et offre et se nourrit des deux.

Mon nom permet que l’on me nomme… 

Que l’on me désigne, non pour me séparer du reste, mais pour me prendre en compte, me considérer comme être, entité parmi les autres.

Car, tant qu’on ne nomme pas, on n’existe pas. Enfin, pas tout à fait…

 

Je suis fait de bois et de la tendresse des feuilles.

Mes mains ont des routes et mon corps des étoiles.

Comme chacun, je suis géographique et les cercles sont ma principale forme géométrique.

Je tourne de ronds en ronds. J’avance. J’essaie.

 

Emilio. Voici mon prénom. E-MIII-LIO. Sa sonorité est un appel et une respiration.

Il avance et recule : on pourrait croire et ça peut l’être…

Il faut juste, arrivé au « i », bien l’étirer et puiser, extraire, récolter les fruits à ramener.

Ainsi, ce n’est plus recul, mais retour, retour avec un peu de mieux, de plus profond, de plus vaste.

 

Tant qu’il y a flux, tant qu’il y a tension, il y a vie et sa capacité d’amélioration et d’expansion.

Alors voilà, je tends, je tends vers, j’aspire. 

Un peu comme le tir à l’arc japonais où le départ de la flèche et sa juste visée est presque anecdotique, sans importance.

 

Mon nom de famille, mon nom de la famille des hommes, c’est Contini.

Je m’appelle Emilio Contini. Voilà mon nom complet.

 

Je m’appelle, je me rappelle…

Je m’appelle comme je me rappelle, je me rappelle à moi-même.

Je m’appelle, comme je me cherche et je me rapproche.

Tension, toujours, fil tendu.

 

Comment je m’appelle ? Emilio Contini.

Non.

Comment je m’appelle ?

Je me remets dans un tout. Je me remets en moi-même pour mieux me remettre dans le tout.

Je me rappelle pour m’oublier.

 

Parfois, il faut laver son nom. Le laver de ce qu’on y met et de ce qu’il reçoit.

 

Emilio ! Tu seras toujours un vaurien !

Contini, t’es vraiment qu’un abruti !

Emilio, t’as vu ta gueule ?

Contini ! Disparais de ma vie !

 

 

Avant, j’allais dans la montage, à la petite source.

Maintenant, je vais chercher mes propres larmes et, voilà, ce sont elles qui lavent et je me sens mieux.

 

 

Je suis Emilio Contini. J’ai des années derrière et des années à venir.

Je suis un peu voûté et mes mains voudraient tout garder, tout retenir.

Mes pieds souhaiteraient garder la terre, s’y enfoncer.

Mes yeux n’osent pas assez.

Ma caresse est douce et robuste.

Mon cœur apprend l’écoute, la navigation.

 

Tant à dire et si peu, si petit, si minuscule. Une fourmi me regarde et me dit : « C’est drôle, c’est tout comme moi ! »

 

Je m’appelle Emilio Contini.

J’appelle. Je me rappelle.

Je suis.

Suis.

Suivre. Longer. Tourner.

S’y perdre.

 

Mais la bougie, toujours,

La flamme

Le phare

 

Navigation.

***

 

Olivier.

 

Tu parles à ce qu’il n’y a pas d’uni en moi.

 

Tu parles à ce qui m’empêche de m’unir à l’autre.

 

Tu parles à moi indécis.

 

Tu parles à moi qui fleuris.

 

Tu parles à ma tendresse contrariée, à mes désirs.

 

Tu parles aux conflits d’aujourd’hui, d’hier et d’avant-moi.

 

Tu parles rudesse, tu parles s’adapter, tu parles pacifier, réconcilier.

 

Tu parles souvenons-nous.

 

Tu parles les fruits de l’arbre.

 

Tu parles souffrance.

 

Tu parles beauté.

 

Je parle beaucoup.

 

Tu ne dis rien et tu

 

Dis tout.

***

 

Les fruits m’appellent

Que j’en sente l’odeur et le parfum

Et que le soleil me montre le chemin

 

Thomas Astegiano

pages d'écriture et lectures à voix haute
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Mon écriture

 

Le Ménage, mas des métayers autrefois, domaine de Tourris

tout est en fleurs, abondance de coquelicots et autres fleurs que je suis incapable de nommer, un mutilé qui ne peut reconnaître et nommer ce qu'il a sous les yeux ; oliviers en floraison, une orgie de fleurs non encore écloses, bourgeons plutôt

des oiseaux chantent dans les arbres ; j'entends loriot, pinson ; merci à notre guide de me guider; je les avais pris pour des rossignols qui ne chantent, trillent que la nuit

dimanche 16 mai entre ascension et pentecôte, entre montée au ciel du ressuscité et descente de l'Esprit-Saint

comment je comprends ces événements ?

 

La résurrection, c'est l'éveil, le réveil ; on était endormi, aveugle, sourd, on se croyait le centre, au centre, égo = palmier mais pourquoi pas olivier millénaire au cœur du nombril et soudain mais préparé par un long chemin ou comme une illumination, l'éveil, l'appel, l'éveil à cette évidence, tu es divin, l'appel brûlant, sois lumière, rayonne d'amour ; la résurrection, c'est pas après la mort, c'est pendant qu'on vit, un réveil qui nous met debout

 

L'Esprit-Saint, c'est le 3° larron de la Trinité, le Père, le Fils et le Saint-Esprit ; 1 (Dieu) = > 3 (Père, Fils, Saint-Esprit) ; c'est quoi ce mystère = incompréhensible, de la Trinité, monothéisme ? à 3 têtes 

Le mot Esprit traduit dans le Nouveau Testament le mot grec Pneuma (littéralement Souffle). C'est pourquoi l'étude du Saint-Esprit est appelée la pneumatologie.

L'introduction de l'encyclique Fides et ratio précise :

« La foi et la raison sont comme les deux ailes qui permettent à l'esprit humain de s'élever vers la contemplation de la vérité. C'est Dieu qui a mis au cœur de l'homme le désir de connaître la vérité et, au terme, de Le connaître lui-même afin que, Le connaissant et L'aimant, il puisse atteindre la pleine vérité sur lui-même. »

L'encyclique poursuit :

« Il a plu à Dieu, dans sa bonté et sa sagesse, de se révéler lui-même et de faire connaître le mystère de sa volonté (cf. Ep 1, 9), par lequel les hommes ont accès auprès du Père par le Christ, Verbe fait chair, dans l'Esprit saint, et sont rendus participants de la nature divine. »

Dans le catéchisme de l'Église catholique, l'Esprit saint est présenté comme l'interprète de l'Écriture

Le catéchisme rappelle les multiples sens de l'Écriture, le sens littéral et le sens spirituel, ce dernier étant subdivisé en trois, ce qui fait parler de quatre sens de l'Écriture :

  • sens littéral ;

  • sens allégorique ;

  • sens moral (ou tropologique) ;

  • sens anagogique

    Le mot qui désigne l'Esprit saint dans la Bible hébraïque est le substantif féminin, rûah, qui signifie très concrètement le souffle ou le vent ; Il en est ainsi en grec ancien (πνεῦμα, « pneũma ») et en latin (spiritus).

Dans le Nouveau Testament, il est représenté par des symboles : la colombe (Mc 1,10), la tempête, les langues de feu (Ac 2, 2-3). Saint Jean le désigne comme Paraclet, ce qui veut dire « Consolateur » ou « Avocat »

Le souffle est le signe et le principe de la vie : Adam, l'homme, devient vivant par insufflation

Celui qui reçoit l'empreinte du Saint-Esprit, gage de notre héritage possède la plus riche dotation qui se puisse imaginer en sagesse, piété et force, celui-là marche dans les voies de Dieu en anticipant le futur, il prophétise, dans un esprit de justice et de sérénité.

« En effet, à l'un est donnée par l'Esprit une parole de sagesse, à l'autre une parole de connaissance, selon le même Esprit ; à un autre, la foi, par le même Esprit; à un autre, le don des guérisons, par ce seul et même Esprit ; à un autre, la puissance d'opérer des miracles ; à un autre la prophétie ; à un autre, le discernement des esprits ; à un autre la diversité des langues ; à un autre le don de les interpréter.
Mais c'est le seul et même Esprit qui produit tous ces dons, les distribuant à chacun en particulier, comme il lui plaît. Car, comme le corps est un et a plusieurs membres, et comme tous les membres du corps, malgré leur nombre, ne forment qu'un seul corps, ainsi en est-il du Christ. Tous, en effet, nous avons été baptisés dans un seul esprit pour former un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons tous été abreuvés d'un seul Esprit. »
De ce développement tiré de wikipédia, je retire que l'Esprit-Saint c'est le Souffle créateur, le Souffle divin, le Souffle de Vie, de la Vie créatrice, éternellement créatrice, héritage immémorial inscrit, interprété par des traditions fort anciennes d'où nécessité de l'étude, que ce Souffle qui donne vie, donne aussi des dons, variables selon celui qui les reçoit, lequel doit être prêt à les recevoir, ce qui signifie que nous ne sommes pas tous investis par l'Esprit-Saint ou plutôt que nous le sommes tous mais que beaucoup refusent de se reconnaître comme incarnation du Souffle de Vie. Il faut une disposition d'âme, une motivation, une vocation, une mission de vie.

Qui suis-je ?

Je suis Olivier Olive, identifié à ces noms

Olivier très ancien, riche de vies d'avant, sans répétition karmique

de vie en vie, nettoyage, purification favorables au surgissement de la curiosité, du désir, de l'avidité, de la passion, de l'amour de l'expérimentation de l'homme qui a faim, qui cultive pour mettre en réserve, pour temps de détresse, temps d'abondance et enfin de l'amour inconditionnel de l'Olivier, partie du Tout et Tout en même temps

Olives aussi variées que les espèces d'oliviers (des milliers) nés dans des pays variés de Méditerranée : kalamata, lucques, nyons, picholine...

Rituel :

Olive d'Olivier offre-moi ta chair, ta rondeur

d'amour inconditionnel, mon cœur t'aimera

Tu es aimée / tu es ma bien-aimée

Le souffle de la Vie souffle cet air partout, sur tout, de toute éternité, à tout instant

Si tu te sens aimée olive d'olivier, à égalité avec tout ce qui existe, éprouveras-tu de la jalousie ? Auras-tu peur d'être moins aimée ? Voudras-tu que les autres t'aiment plus que je ne t'aime ?
Si tu es ma bien aimée, olive d'olivier, si tu es aimée dans ta singularité, dans ton unicité, trouveras-tu que je ne t'aime pas comme il faut, que je t'aime sans avoir les mots, sans te dire les mots que tu attends, les mots qui t'exhaussent ?
Sous un olivier dressé devant l'entrée du Ménage à Tourris, j'ai tourné, tourné, derviche tourneur honorant la roue du temps
horizontalement d'avant en après
verticalement, de bas en haut
de vie à cessation de la vie
ne pas employer le mot mort, on ne peut rien en dire
cessation de la vie = renaissance par cycle
naissance, croissance, ex-croissance, décroissance, renaissance
Olivier du Ménage, je t'ai demandé puis-je cueillir une branchette en bourgeons ?
pas attendu la réponse par impatience
connard !
Je t'ai cueillie, branchette en fleurs-bourgeons, une orgie de fleurs hermaphrodites, parfaites
je t'ai cueillie sans ton accord
mon offrande c'est le juron que je m'attribue : connard !
Je t'ai vue en fleurs
tu m'as vu
qu'as-tu vu ?
- un connard en train de devenir Bonnard !
 
Jean-Claude Grosse, animateur de l'atelier
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une histoire de la vraie vie / Gabriel/le Guez Ricord

14 Mai 2022 , Rédigé par grossel Publié dans #Albert Camus, #FINS DE PARTIES, #poésie, #pour toujours, #écriture, #vraie vie

découverte par hasard ? et par étapes de la tombe du poète Christian Gabriel/le Guez Ricord (1948-1988)
découverte par hasard ? et par étapes de la tombe du poète Christian Gabriel/le Guez Ricord (1948-1988)
découverte par hasard ? et par étapes de la tombe du poète Christian Gabriel/le Guez Ricord (1948-1988)
découverte par hasard ? et par étapes de la tombe du poète Christian Gabriel/le Guez Ricord (1948-1988)

découverte par hasard ? et par étapes de la tombe du poète Christian Gabriel/le Guez Ricord (1948-1988)

12 heures d'escapade dans le sud lubéron, mercredi 11 mai 2022
avant Rognes, un superbe champ de coquelicots
Rognes, halte au marché, la boulangerie au bon pain, le cercle des travailleurs
Lourmarin, très long moment au cimetière dès l'arrivée, comme à chaque fois
tombe d'Albert Camus
tombe d'Henri Bosco
lectures de textes
parce qu'il fait chaud, Annie Bergougnous se met à l'ombre d'un monument funéraire, discret, peu visible, presque en vis à vis de la stèle d'Albert Camus
profondément surprise et émue de découvrir par étapes ce qui va se révéler être la tombe du poète Christian Gabriel/le Guez Ricord.
"Faisant presque face à celle d'Albert Camus, en me penchant par hasard et curiosité sur le carré de pierre reposant aux angles sur quatre cubes de verre que j'ai ensuite pris soin de nettoyer, une émotion puissante à la lecture de ce vers, gravé sur la fine bande de marbre incrustée sur trois de quatre côtés du carré de pierre.
Dépôt de deux roses Pierre de Ronsard
puis lecture de quelques lignes de Velibor Čolič -Manuel d'exil-". A.B.
Impossible de déchiffrer le nom.
arrive une dame qui intéressée par la description que lui fait Annie Bergougnous se met à déchiffrer avec son doigt :
Gabrielle Guez Ricord 1948-1988
Je réagis immédiatement, connaissant bien le parcours de Christian Gabriel/le Guez Ricord, un poète majeur né et mort à Marseille, prix Paul Valéry dès son premier recueil à 17 ans.
Je connais ce poète car il fut un temps au Revest, lors de mon premier mandat municipal avec Charles Vidal et Jacques Rullier (1983-1989), où un imprimeur à l'ancienne éditait Spectres familiers.
L'Annoncée [I], Spectres familiers, Le Revest-les-Eaux, 1983.
Emmanuel Ponsart quitta Le Revest, peu propice à la reconnaissance d'une telle activité et devint le directeur du CipM, le Centre international de poésie de Marseille, installlé à la Vieille Charité.
C'était à l'époque d'un adjoint à la culture de Marseille, Christian Poitevin, connu sous le nom de Julien Blaine, poète performeur
L'inscription :
tu peux voir le corps
et pour lui, l'Ange
la mort a ses images
Or une oeuvre de Guez Ricord porte ce titre
La Mort a ses images, dessin de Jean-Jacques Ceccarelli, Thierry Bouchard, Losne, 1985.
En cherchant dans la biographie de Guez Ricord, je n'ai trouvé nulle part l'indication de son lieu d'inhumation, discret, très fortement pensé et conçu
photos d'Annie Bergougnous dont la curiosité insatiable a permis cette mise à jour
si vous vous rendez au cimetière de Lourmarin pour Camus et Bosco, pensez dorénavant à Guez Ricord
la phrase en trois bribes sur la tranche de la tombe du poète fou et mystique Christian Gabriel/le Guez Ricord (1948-1988) au cimetière de Lourmarin rien à la face Tu peux voir le corps (côté gauche) et pour lui  l'ange, (côté droit) la mort a ses images (à l'arrière en capitales) voilà une inscription bien pensée, la tombe étant elle-même bien conçue, pieds de verre, plateau granitique, tranche en marbre photos et découverte Annie Bergougnous
la phrase en trois bribes sur la tranche de la tombe du poète fou et mystique Christian Gabriel/le Guez Ricord (1948-1988) au cimetière de Lourmarin rien à la face Tu peux voir le corps (côté gauche) et pour lui  l'ange, (côté droit) la mort a ses images (à l'arrière en capitales) voilà une inscription bien pensée, la tombe étant elle-même bien conçue, pieds de verre, plateau granitique, tranche en marbre photos et découverte Annie Bergougnous
la phrase en trois bribes sur la tranche de la tombe du poète fou et mystique Christian Gabriel/le Guez Ricord (1948-1988) au cimetière de Lourmarin rien à la face Tu peux voir le corps (côté gauche) et pour lui  l'ange, (côté droit) la mort a ses images (à l'arrière en capitales) voilà une inscription bien pensée, la tombe étant elle-même bien conçue, pieds de verre, plateau granitique, tranche en marbre photos et découverte Annie Bergougnous

la phrase en trois bribes sur la tranche de la tombe du poète fou et mystique Christian Gabriel/le Guez Ricord (1948-1988) au cimetière de Lourmarin rien à la face Tu peux voir le corps (côté gauche) et pour lui l'ange, (côté droit) la mort a ses images (à l'arrière en capitales) voilà une inscription bien pensée, la tombe étant elle-même bien conçue, pieds de verre, plateau granitique, tranche en marbre photos et découverte Annie Bergougnous

Samedi 5 juillet 2025 – 9h30 à 12h
Lieux insolites et Espace Camus à Lourmarin
Dans le cadre du festival des Arts de la parole, deux temps forts se succèderont ce samedi 5 juillet: à 9h30 une promenade animée par Dominique Sorrente et des membres du collectif du Scriptorium avec lectures de textes à la découverte de lieux fréquentés par le poète à Lourmarin. Départ: espace Albert Camus.
À 11h, espace Albert Camus, Dominique Sorrente proposera une conférence-lecture, dite "conférence ponctuée". Celle-ci alternera des évocations prises sur le réel vécu avec des lectures de poèmes en écho et de textes de l’auteur du Cantique qui est à Gabriel/le.
article sur Vincent La Soudière, paru dans Le Monde le jour de l'annonce publique de la mort de Christian Bobin / Jean-Claude Grâce à vos indications, j'étais aujourd'hui sur la route du cimetière de Lourmarin, pour saluer Christian Guez, quand j'ai appris, à la radio, la mort de Bobin. Un article élogieux (de Roger-Pol Droit) sur Vincent La Soudière (Eschaton, édité par Sylvia Massias) venait de paraître dans le Monde du matin. En une journée, étrangement les trois poètes qui ont le plus compté dans ma vie ont été réunis par les circonstances. Au cimetière de Lourmarin, j'ai bien trouvé la tombe là où vous l'avez découverte, et j'ai pensé à vous, aussi.   Merci   marc

article sur Vincent La Soudière, paru dans Le Monde le jour de l'annonce publique de la mort de Christian Bobin / Jean-Claude Grâce à vos indications, j'étais aujourd'hui sur la route du cimetière de Lourmarin, pour saluer Christian Guez, quand j'ai appris, à la radio, la mort de Bobin. Un article élogieux (de Roger-Pol Droit) sur Vincent La Soudière (Eschaton, édité par Sylvia Massias) venait de paraître dans le Monde du matin. En une journée, étrangement les trois poètes qui ont le plus compté dans ma vie ont été réunis par les circonstances. Au cimetière de Lourmarin, j'ai bien trouvé la tombe là où vous l'avez découverte, et j'ai pensé à vous, aussi. Merci marc

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Et ton livre d'éternité ? Jean-Claude Grosse + Vita Nova

28 Novembre 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #JCG, #écriture, #pour toujours, #poésie, #psychanalyse, #vide quantique, #développement personnel, #engagement, #essais

couverture ; photographie argentique d'Hélène Théret

couverture ; photographie argentique d'Hélène Théret

au travail de relecture, près de 15 jours
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au travail de relecture, près de 15 jours

Et ton livre d'éternité ? Jean-Claude Grosse + Vita Nova

format 16 X 24, à paraître le 14 février 2022

 

666 pages dont 6 en quadrichromie

ISBN 978-2-35502-130-5 / PVP 28 € / poids : 1107 gr

Licence Creative Commons

L’écrivain / Jean-Claude Grosse

hiérosolymitain d'Avers sur les eaux / d’Avers sous les eaux depuis le Déluge / et de Corps Ça Vit /

et / Vita Nova

Les Cahiers de l’Égaré 669 route du Colombier 83200 Le Revest-les-Eaux

oeuvres de Marie Morel et de l'artiste colombienne Lucy Pereyra accompagneront les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique de 666 pages pour 81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le  14 février 2022
oeuvres de Marie Morel et de l'artiste colombienne Lucy Pereyra accompagneront les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique de 666 pages pour 81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le  14 février 2022
oeuvres de Marie Morel et de l'artiste colombienne Lucy Pereyra accompagneront les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique de 666 pages pour 81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le  14 février 2022
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oeuvres de Marie Morel et de l'artiste colombienne Lucy Pereyra accompagneront les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique de 666 pages pour 81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le  14 février 2022

oeuvres de Marie Morel et de l'artiste colombienne Lucy Pereyra accompagneront les 6 livres du Livre d'éternité, un roman polyphonique de 666 pages pour 81 ans de vie disant merci la Vie, à paraître le 14 février 2022

« Je crois bien que notre vie intérieure tout entière est quelque chose comme

une phrase unique entamée dès le premier éveil de la conscience,

phrase semée de virgules, mais nulle part coupée par des points. »

Henri Bergson, L'énergie spirituelle, (in Oeuvres, édition du centenaire, Paris, P.U.F., 1963, p.858)


 

« Les vies que nous n’avons pas vécues, les êtres que nous n’avons pas aimés, les livres que nous n’avons pas lus ou écrits, ne sont pas absents de nos existences. Ils ne cessent au contraire de les hanter, avec d’autant plus de force que, loin d’être de simples songes comme le croient les esprits rationalistes, ils disposent d’une forme de réalité, dont la douceur ou la violence nous submerge dans les heures douloureuses où nous traverse la pensée de tout ce que nous aurions pu devenir. »

Pierre Bayard, Il existe d’autres mondes, (Les Éditions de Minuit, 2014)

en exergue de D’autres mondes de Frédéric Sonntag, Éditions théâtrales, avril 2021

en lien avec L’hypothèse du Tout et La Révolte des ressentants de Leafar Izen

 

Mise en gar_e

 

Καταστροφή / catastrophe

(définition trouvée dans les ruines de Pompéi par Pascal Quignard et rapportée dans Le sexe et l'effroi, p.79 ap. J.C., AD 79)

Καταστροφή / catastrophe est la rupture grave du fonctionnement d'une communauté ou d'une société impliquant d'importants impacts et pertes humaines, matérielles, économiques ou environnementales que la communauté ou la société affectée ne peut surmonter avec ses seules ressources

(définition transportée vers Mars par la navette Atlantis 2 financée par Élan Muské de Space-XXL et propulsée avec les dernières gouttes de combustible fossile après la catastrophe provoquée par la rencontre probable mais imprévue entre une plaque continentale et une plaque océanique coupant une moitié de la Terre en deux, laissant le magma à 1200° s’épandre en lave à la surface des deux moitiés de la moitié de

Terre cherchant à se réconcilier avec l’autre moitié)


 

Les derniers jours de l'humanité

Au secours, les tués ! Assistez-moi, que je ne sois pas obligé de vivre parmi ces hommes qui ont ordonné que des cœurs cessent de battre ! Revenez ! Demandez-leur ce qu’ils ont fait de vous ! Ce qu’ils ont fait quand vous souffriez par leur faute avant de mourir par leur faute ! Cadavres en armes, formez les rangs et hantez leur sommeil. Ce n’est pas votre mort – c’est votre vie que je veux venger sur ceux qui vous l’ont infligée ! J’ai dessiné les ombres qu’ils sont et je les ai dépecés de leur chair ! Mais les pensées nées de leur bêtise, les sentiments nés de leur malignité, je les ai affublés de corps ! Si on avait conservé les voix de cette époque, la vérité extérieure aurait démenti la vérité intérieure, et l’oreille n’aurait reconnu ni l’une ni l’autre. J’ai sauvegardé la substance et mon oreille a découvert la résonance des actes, mon œil le geste des discours, et ma voix, chaque fois qu’elle citait, a retenu la note fondamentale, jusqu’à la fin des jours.

Écrite entre 1915 et 1919, cette pièce action éclatée en centaines de tableaux et une foule de personnages sans héros.

L’auteur Karl Kraus fut poursuivi pour pacifisme quelques mois avant la fin de la guerre. Pourtant, les faits mis en scène ici se sont réellement produits ; les conversations les plus invraisemblables ont été tenues mot pour mot ; les inventions les plus criardes sont des citations ; la chronique a reçu une bouche, de grandes phrases sont plantées sur deux jambes – et bien des hommes n’en ont plus qu’une…


 

Devant la porte

Un homme rentre en Allemagne. Mille jours durant, il a attendu dans le froid. Et après avoir attendu mille nuits dans le froid, il peut enfin rentrer chez lui. Et la vie qui l’attend ressemble à un film hallucinant. Il doit se pincer, ne sachant pas s’il rêve. Il s’aperçoit alors qu’il y a des gens qui vivent la même chose que lui. Il se rend compte que c’est un film ordinaire. L’histoire d’un homme qui rentre en Allemagne, comme tant d’autres. Tous ces gens qui reviennent chez eux sans pourtant rentrer car ils ne savent plus où aller. Chez eux, c’est dehors, devant la porte. Leur Allemagne, elle est là dehors, dans la nuit, dans la pluie, dans la rue. Voilà leur Allemagne !

Né à Hambourg en 1921, envoyé sur le front russe en 1941. Il en revient blessé et malade et passe la guerre entre l’hôpital, le front, et la prison, pour automutilation et activités subversives.

En janvier 1947, il écrit en une semaine la pièce qui fait de lui le premier écrivain célèbre de l’après-guerre allemande et, avec Heinrich Böll, l’un des représentants majeurs de la littérature des ruines : Dehors devant la porte, le récit du retour de Beckmann, simple soldat dont le foyer n’existe plus.

Beckmann a plongé dans le fleuve pour mettre fin à ses jours. À l'Elbe qui désire savoir ce à quoi il aspire, il répond : Pioncer. Là-haut, à la surface, je ne tiens plus. Je ne supporte plus. C'est pioncer que je veux. Etre mort, toute la vie. Et pioncer. Enfin pioncer en paix. Pioncer dix mille nuits d'affilée.

Mais l'Elbe lui répond résolument qu'il ne peut rester : Commence par vivre. Commence par vivre. 

Wolfgang Borchert meurt le 20 novembre 1947, la veille de la première de sa pièce, à 26 ans.


 

paradoxe, le sommaire du Livre d'éternité, traversée dantesque en 6 livres des enfers anciens et modernes, se trouve en fin de livre; voici donc un livre finissant par son commencement
paradoxe, le sommaire du Livre d'éternité, traversée dantesque en 6 livres des enfers anciens et modernes, se trouve en fin de livre; voici donc un livre finissant par son commencement
paradoxe, le sommaire du Livre d'éternité, traversée dantesque en 6 livres des enfers anciens et modernes, se trouve en fin de livre; voici donc un livre finissant par son commencement

paradoxe, le sommaire du Livre d'éternité, traversée dantesque en 6 livres des enfers anciens et modernes, se trouve en fin de livre; voici donc un livre finissant par son commencement

Sommaire

Les derniers jours de l'humanité

Dehors devant la porte

Livre I – au temps de l'apocalypse joyeuse / autant en emporte le vent de chernobylhome / autant en brasse l'océan de foukirira / 

au temps du CAC 40 – COP 21 = COVID 19

1 – les migrerrants

2 – les marrantschiants

3 – 15 août 1971

4 – poison du 1° avril 2020 / le monologue du virus

5 – le temps du confinement

6 – admis aux soins intensifs

7 – le jour d'après

8 – sortie progressive du confinement

9 – contribution au jour d'après / nature et culture

10 – 9 juin 2021

Livre II – Romans polyphoniques de sa vie / Ça vit choisit ses romans et romances

1 – La question (Question de vie et de mort)

2 – La déclaration inaugurale

3 – (Dés)apprentissage de la bêtise de la maîtrise

4 – La jeune fille de 16 ans

5 – Le jeune homme de 27 ans

6 – Grande Vie Cosmique / petite mort orgamisque / Intime / Extime

7 – La fabuleuse rencontre de Lola à La Béate, nid d'amour fusion de Serge et Lula

8 – Oui, je veux bien OUI

9 – Lola fille de joie

10 – Es-tu disponible ?

11 –  46 ans d'effet lune de miel

12 –  46 ans d'effet lune de miel (suite)

13 – Portrait de la femme aimée 40 ans après

14 – L'Éternité d'une seconde Bleu Giotto

15 – L’Éternité d’une seconde Bleu Giotto (à suivre)

16 – Les déambulations d'un confiné

17 – Brouillon à la 1° personne

18 –  où j'en suis à 80 ans passés

19 – un manuscrit inédit

20 – rêve d'une école de la vie

21 – s'ensauvager l'été

22 – L’adolescente devenue Femme-Fâme

23  – Vivre les saisons au féminin que tu sois femme ou homme

24 – Voir / Recevoir le regard soudain lavé

Livre III – Sa vie antérieure / Ça vit adesso et sempre hic et nunc

1 – Enfance /Adolescence (1940 - 1953)

2 – Enfant de troupe / Saint-Cyrien (1954 - 1962)

3 – Lieutenant dans l'Algérie indépendante (septembre 1962 - février 1964)

4 – Sociologie des lieux communs / Lacan (1964 – 1967)

5 – Mai 68

6 – Militant trotskiste-lambertiste (1969 - 1981)

7 – Les 4 Saisons d'Avers sous les eaux (1983 – 2004)

8 – Retraite (Jubilación) fin juin 1998 - ...

9 – Je suis Charlie / 11 janvier 2015

10 – Attentat du Bataclan / vendredi 13 novembre 2015

11 – Le temps des Gilets Jaunes (17 novembre 2018 – décembre 2019)

12 – Écrire le viol / Réflexions sur l'affaire Weinstein / Le Consentement /

13 – Bicentenaire de la mort de Napoléon /

Décapitation de Louis XVI /

Décapitation de Samuel Paty

14 – 150° anniversaire de la Commune

15 – Ses nouvelles convictions politiques

16 – 35 ans après Chernobylhome

17 - Cahier des futurs désirés pour Corps Ça Vit

18 - En attendant, je pleure

19 - Et puis après, j'ai souri

Livre IV – Baklany / Baïkal - Sillages / la Vie / l'Amour-Agapé

Le théâtre dans la vie / le théâtre et la vie / le théâtre dans le théâtre /

Dans le sillage de Baïkalal

Dans le sillage de Dasha K

Dans le sillage de Marilyn

Livre V – Pharmacon : Tu es Aimé Tu es mon Bien-Aimé

Livre VI – La naissance de Je Suis Vita Nova

Histoire de la vraie vie racontée par Samuel le barbier

Et ton livre d'éternité ? Jean-Claude Grosse + Vita Nova

le paradoxe de l’écriture du livre d’éternité est que remplir 666 pages en format 16 X 24 pour 81 ans de commerie vide totalement de son énergie,
le scripteur ;
un feu intérieur le consume, particulièrement agressif au niveau de la peau qui le dé-mange,
écorché vif
déquasmant = démasquant
ses écailles et peaux mortes ;
le scripteur ignore comment l’homme va ressortir
de ces vases communicants
de sa Vie à son Livre
de son Livre à sa Vie

VIDE ?
à moitié vide, à moitié plein,

oscillant de moitié en moitié sans retrouver l’UN

=
en langage des oiseaux

VIE D’EUX =
VIE 2

comme maladie = mal a dit comme soigné = soi nié comme guérir = gai rire

le livre d’éternité s’achève dans le rire pour passer à une vie étrange comme étrange = être ange

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une histoire de la vraie vie / l'ultime port-folio

16 Octobre 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #FINS DE PARTIES, #album, #pour toujours, #voyages, #vraie vie, #écriture

Une histoire de la vraie vie
vendredi 15 octobre 2001, 5 H 15, je me lève, descends dans la cuisine ; deux annonces de messages se font entendre ; je lis : message énigmatique de Leila, la messagère d'un 15 août (il y a 2 ou 3 ans) qui avait souhaité me rencontrer pour parler de Cyril, professeur de théâtre au Lycée d'Arles ; rencontre qui eut lieu sur le chemin Corsavy-Le Revest, renouvelée quelque temps après où je lui donnais toute une série de textes de Cyril); dans le message, elle exprime le manque de Cyril
petit-déjeuner pris, je téléphone à Leila : 1 H 10 d'échanges
et à la fin, un moment sublime : nous étions toutes amoureuses de Cyril, il avait un tel charisme. Moi, j'étais timide, réservée. Il me propose de faire une impro. Je choisis d'être une directrice de pensionnat de jeunes filles, lunettes, pincée, coincée, étriquée, yeux baissées. Cyril toujours très intense dans son regard, très présent, très animal par rapport à ce que je tente. Soudain, il vient vers moi, clope au bec, me prend par la taille et me fait valser à m'étourdir puis soudain : maintenant tu es une femme, regarde-moi dans les yeux ; j'ai levé les yeux, il m'a percé l'âme, traversé le cœur ; je vis avec ça depuis plus de 20 ans ; il me manque
j'en ai les larmes aux yeux ; quelle puissance dans la proposition ; par sa valse, il a fait naître Leila à son désir
on n'est plus dans l'apprentissage du théâtre (avec les risques et pratiques dénoncés aujourd'hui), on est dans du coaching de vie
 
aujourd'hui, 19 septembre 2019,

il est parti sans être parti depuis 18 ans

et je me dis

mais c'était un ressuscité

(comme en parle Jean-Yves Leloup)

"Le mot « résurrection » vient du mot grec anastasis qui signifie « se lever après le sommeil, se poser dans l’espace, dans la hauteur ». Ainsi, celui qui est ressuscité est celui qui est passé de l’état de conscience limitée à un état de conscience sans limite. C’est pour cette raison que dans la tradition on dira que le Christ était ressuscité avant de mourir. Et lorsque saint Jean parle de « vie éternelle » cela signifie que la vie éternelle n’est pas opposée à la mort, qu’elle est avant, pendant et après la vie ; c’est la dimension d’éternité qui est au cœur de la vie.
Et c’est à cette dimension qu’il s’agit de s’éveiller, à ce non-né, non-fait, non-créé, à cette dimension de l’incréé. C’est cela la résurrection. Aussi lorsqu’on dit que le Christ est ressuscité et que nous sommes appelés à la résurrection, cela signifie que nous ne sommes pas appelés à nous réanimer, mais à nous éveiller au cœur de notre finitude, à la dimension d’éternité, dimension que dans un autre langage on appellera l’Eveil…

…Nous avons donc la liberté de nous ouvrir ou la liberté de nous fermer ; nous avons le choix entre l’ouvert et l’enfer. En nous ouvrant au cœur même des conditions dans lesquelles nous sommes, en nous ouvrant à cet infini qui nous habite, nous entrons dans le monde de la résurrection. Dans toutes les traditions, le but n’est jamais la réincarnation mais l’Eveil, la résurrection, la délivrance du Karma. 

Dans l’Evangile de Philippe il nous est rappelé (logion 21) que la Résurrection (Anastasis) n’est pas une réanimation…L’Evangile de Philippe, à la suite du Christ, nous invite à nous éveiller dès cette vie à ce qui en nous ne meurt pas et que Saint Jean appelle la Vie éternelle. La vie Eternelle n’est pas la vie « après la mort », mais la dimension d’éternité qui habite notre vie mortelle, et à laquelle il s’agit de s’éveiller comme le Christ avant de mourir.
Par ailleurs l’apôtre Paul précise bien que ce n’est pas notre corps biopsychique qui ressuscite, mais notre corps spirituel « pneumatique ».

Qu’est-il ce corps dit « spirituel » ? Ne se tisse-t-il pas déjà dès cette vie, à travers nos actes de générosité et de don ? Car la seule chose que la mort ne peut pas nous enlever, c’est ce qu’on aura donné. L’Evangile de Philippe insiste sur cette puissance du don, cette capacité d’offrande que le Soter (Sauveur) vient libérer en nous…" 

JY Leloup

 
 
dorénavant, je n'écrirai plus que des histoires de la vraie vie, toujours brèves, intenses
tu ne provoques rien, tu n'attends rien et l'abondance te tombe dessus comme flocons de neige ou pluies de saison, à te transpercer
 
je vis depuis un mois, des moments incroyables, par exemple, le surgissement sans préavis du fils de Michel, mon neveu donc, samedi 9 octobre ; il avait besoin de poser un acte, 20 ans après la mort de son père à Cuba, il avait 12 ans ; je ne connais rien de mon père, je dois me reconstruire, je veux voir son œuvre, entendre sa voix, aller à Cuba, mettre en valeur son œuvre jusqu'au ciel ; 450 kilomètres et 450 kilomètres = 900 kilomètres sans savoir si je serais là, sans savoir comment je le recevrais et même si je le reconnaîtrais ; je l'ai reçu comme je suis devenu, dans le présent, sans préjugés venus d'il y a 9 ans en arrière et nous avons passés 7 heures ensemble, très intenses ; tout d'un coup le voyage à Cuba que je devais faire du 10 au 30 septembre (qui me paraissait un peu réchauffé) et qui n'a pas eu lieu prend toute sa signification : un passage de relais à un adulte de 32 ans, parlant de pardon et de rédemption, complètement investi dans une mission d'épitaphier et pas d'héritier ; merci la Vie ; il est reparti avec 11 gouaches, un carton d'oeuvres sur papier, avec l'ultime port-folio des gouaches de Cuba... 
 
parlerai-je de ce qui se passe avec Les pieds tanqués dont une enseignante universitaire anglaise assure la traduction pour que cette pièce sur la guerre d'Algérie soit largement exploitée par les jeunes anglais ? Ou de la traduction de mon Histoire de places par une enseignante de l'université de New York ?
 
Et ce soir, l'inauguration d'un café-culture se réunissant au bar de Dardennes 21 participants et quel panel : mathématicien, médecins, GJ, cosmologiste, historien … et les piliers du bar...
à Cuba place de la cathédrale, plage de Santa Maria; l'ultime port-folio
à Cuba place de la cathédrale, plage de Santa Maria; l'ultime port-folio
à Cuba place de la cathédrale, plage de Santa Maria; l'ultime port-folio
à Cuba place de la cathédrale, plage de Santa Maria; l'ultime port-folio

à Cuba place de la cathédrale, plage de Santa Maria; l'ultime port-folio

le Casot aujourd'hui, retapé, habité par Félix, Leila et bientôt un enfant; merci la Vie
le Casot aujourd'hui, retapé, habité par Félix, Leila et bientôt un enfant; merci la Vie
le Casot aujourd'hui, retapé, habité par Félix, Leila et bientôt un enfant; merci la Vie
le Casot aujourd'hui, retapé, habité par Félix, Leila et bientôt un enfant; merci la Vie

le Casot aujourd'hui, retapé, habité par Félix, Leila et bientôt un enfant; merci la Vie

couvertures des livres en traduction; une partie des participants au café culture du bar de Dardennes et un pilier de bar, vendredi 15 octobre 2021 de 18 H 30 à 20 H
couvertures des livres en traduction; une partie des participants au café culture du bar de Dardennes et un pilier de bar, vendredi 15 octobre 2021 de 18 H 30 à 20 H
couvertures des livres en traduction; une partie des participants au café culture du bar de Dardennes et un pilier de bar, vendredi 15 octobre 2021 de 18 H 30 à 20 H
couvertures des livres en traduction; une partie des participants au café culture du bar de Dardennes et un pilier de bar, vendredi 15 octobre 2021 de 18 H 30 à 20 H

couvertures des livres en traduction; une partie des participants au café culture du bar de Dardennes et un pilier de bar, vendredi 15 octobre 2021 de 18 H 30 à 20 H

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Confessions / Alain Cadéo

7 Octobre 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #essais, #notes de lecture, #pour toujours, #écriture, #vraie vie

Confessions (ou les spams d'une âme en peine, Gaspard Staccato) / Lettre en vie
Confessions (ou les spams d'une âme en peine, Gaspard Staccato) / Lettre en vie

Confessions (ou les spams d'une âme en peine, Gaspard Staccato) / Lettre en vie


Confessions

(ou les spams d'une âme en peine)

Alain Cadéo

Éditions La Trace, 2021

 

Qui souhaiterait recevoir les mails délirants d’un parfait inconnu prétendant être une âme perdue entre Ciel et Terre ?
Comment et pourquoi ces satanés messages ne s’effacent qu’une fois lus ?
Qui répondrait à cette farce inquiétante et macabre d’un étranger dérangeant, un fantôme, devenant objet de haine, de sarcasmes ou d’amour ?

 

cher monsieur Gaspard Staccato,

 

J'ai reçu les premiers de vos mails dans ma boîte spams, indésirables plus exactement (j’ignore quel logiciel à la con décide de ce qui est indésirable ou pas ; pour ma part, je regarde toujours ma boîte indésirables et assez souvent, j'en sors quelques-uns pour les placer dans la bonne boîte, j'en ai 6, épinglés quand même spam)

et je dois vous dire que je me régale car ce qui est fabuleux avec vos messages d’âme errante, c’est qu’on peut en inverser les signes comme se retourne un gant.

Vous semblez souhaiter être d'une noirceur absolue, trou noir avalant toute possibilité de lumière (et il suffit de croire à cela pour qu'effectivement, on devienne noir absolu, éructant cris, injures, jurons, vomissant l'espèce) mais paradoxe, tout trou noir, selon Stephen Hawking, produit de l'évaporation.

L'évaporation d'un trou noir, qui se traduit par le rayonnement de Hawking (dit aussi de Bekenstein-Hawking), est le phénomène selon lequel un observateur regardant un trou noir peut détecter un infime rayonnement de corps noir, évaporation émanant de la zone proche de son horizon des événements soit à la surface d'un trou noir, le point de non-retour au-delà duquel rien ne peut sortir. Par extension il s'agit de la séparation pour un observateur entre la région de l'espace-temps d'où aucun signal ne peut lui parvenir et celle où il se trouve.

Ainsi donc, lecteur du trou noir que vous semblez vouloir être, je vois s'évaporer un infime rayonnement qui me permet de recevoir votre transparence dans l'opacité où vous vous installez.

De voir que couleur de lie, vomi deviennent couleur de paradis, nectar, ambroisie. De sentir la lourdeur de la douleur affirmée, affichée s'alléger en bulles de savons de Marseille ou d'Alep, en soupirs et caresses de zéphirs. Je ne vais pas compléter cette grille de lecture qui grille vos envois, vos renvois comme rots de mauvaise digestion car en fait, vous digérez, déféquez, assimilez fort bien. Hypocondriaque par choix et pas par destin de la condition humaine, vous êtes d'une santé de malade.

Bref, on peut passer de l’enfer ou du purgatoire que vous décrivez au paradis en changeant de lunettes, des roses au lieu des noires

et on peut chevaucher avec des bottes de sept lieues ou même s’embourber, s’envaser et s’en sortir en tirant sur ses bottes comme fait l’ami amphibien  Münchhausen par bootstrap.

Et d'ailleurs, c'est ce qui se produit. La petite communauté qui vous lit, ayant saisi qu'en lisant, votre message, aléatoire quant aux destinataires s'efface, vous répond, chacun à sa façon et là, leurs messages de vivants ne s'effacent pas, vous obligent au dialogue et par cette médiation, vous amènent à vous transformer, à vous métamorphoser, chenille devenant papillon selon le processus si bien décrit par Deepak Chopra :

«Les biologistes ont découvert qu’à l’intérieur des cellules du tissu de la chenille, il y a des cellules appelées cellules imaginatives. Elles résonnent sur une fréquence différente. De plus, elles sont si différentes des autres cellules de vers que le système immunitaire de la chenille les prend pour des ennemis et tente de les détruire. Mais de nouvelles cellules imaginatives continuent d’apparaître, et de plus en plus…

Soudain, le système immunitaire de la chenille ne peut plus les détruire assez vite et elles deviennent plus fortes en se connectant les unes aux autres pour former une masse critique qui reconnaît leur mission de réaliser l’incroyable naissance d’un papillon.

En 1969 Margaret Mead a déclaré : « Nous ne devons jamais douter qu’un petit groupe de citoyens motivés et déterminés puisse changer le monde. Ce sera certainement ainsi que, malgré tout, nous nous sommes trouvés.

Je crois fermement, comme beaucoup d’autres, qu’il y a une effervescence évolutive dans le tissu de la société actuelle. Malgré la clameur de la peur, de la cupidité, de la surconsommation et de la violence qui s’exprime à travers le tissu social, il existe une union d’hommes et de femmes que nous pouvons appeler des cellules imaginatives, qui révèlent un monde différent, une transformation, une métamorphose. »

Le poète uruguayen Mario Benedetti a écrit : « Que se passerait-il si un jour, au réveil, nous réalisions que nous sommes la majorité ? » Je prétends que les cellules imaginatives domineraient et feraient sortir le papillon d’un monde de vers. C’est le temps de l’éveil. Des groupes de cellules imaginatives se rassemblent partout ; elles commencent à se reconnaître ; elles développent les outils d’organisation pour augmenter le niveau de conscience, afin que la prochaine étape de notre société humaine se manifeste, pour créer une nouvelle société qui cessera d’être une chenille et deviendra un papillon.

Une nouvelle dimension de la Vie, une société plus compatissante et plus juste, une humanité enracinée dans le bonheur et la compréhension mutuelle…
Soyez des cellules enthousiastes ! Connectez-vous avec les autres, rassemblez-vous, rassemblez-vous… et unissons-nous tous pour construire une Humanité Nouvelle !»

Comme j'aime être concret, voici une histoire de la vraie vie qui parlera à l'âme errante qu'est Gaspard Staccato.


UN SALE MOMENT À PASSER par Annie Bergougnous

La première chose que je trouve en arrivant chez Edmée,

cent cinq ans,

est le contrat "Pompes funèbres",

que quelqu'un a posé sur la table du séjour

à la vue de tous.

À son nom.

Edmée,

pas encore morte,

ne cesse de regarder vers la fenêtre, le doux soleil venant la saluer.

Boit avec plaisir une pleine tasse de tisane additionnée de miel que j'ai laissée refroidir.

Après s'être assise péniblement.

muette,

elle regarde à ses pieds, la nacre du carelage scintiller.

Elle se penche pour le toucher.

Elle balance ses pieds comme une enfant au bord d'une balançoire.

Patiente,

je la sens penser.

Ne proteste pas lorsque je coiffe soigneusement ses longs cheveux soyeux.

Son regard me suit silencieusement.

Je la laisse en compagnie de l'astre solaire.

Toute seule,

dans cette maison dont plus personne n'ouvre les fenêtres.

Elle attend,

Impuissante, au fond de son lit tout blanc.

Elle attend le rdv ultime,

bouclée à double tour,

là,

nichée au fond du petit jardin regorgeant d'oiseaux.

Combien de temps,

ce temps va-t-il durer ?

Mon coeur me fait mal

mais il faut pas,

on me dit "c'est le processus".

Et ce p-tain de soleil.

Qui continue d'irradier,

parfaitement indifférent.

Cela,

- son indifférence,

il n'en a que faire.

Ce n'est pas son rôle.

Ce que je n'accepte pas, personnellement, c'est de la part du corps médical (médecin, infirmiers et même aides de vie) d'objetiser un être humain en fin de vie; chacun se déresponsabilise en utilisant un vocabulaire formaté et un comportement protocolaire purement et à peine technique.

Edmée meurt ?

Ok, "c'est le processus".

Mais est-ce une raison pour ne plus la nourrir (plutôt que de lui proposer une nourriture solide qu'elle ne peut plus ingurgiter, POURQUOI le médecin ne lui propose-t-elle pas des produits adaptés tels eaux gelifiées etc) et l'hydrater, la laver ?

Ce "processus"(sic) entraine tout un vocabulaire déshumanisé qui déshumanise les personnes soignantes et Edmée elle-même, qu'on laisse livrée à elle-même,

-parce-que-c'est-le-processus.

Question : combien ce processus met-il de temps à arriver à son terme ? Des jours, voire des semaines où un être humain meurt ET dépérit par dénutrition et déshydratation, voire négligence hygiénique aussi

Ce cynisme monstrueux et ces négligences sont révoltants.

Ce "traitement" déshumanisant un "encore être vivant en fin de vie", en "déjà mort" alors qu'il ne l'est pas encore, m'interroge beaucoup.

 

À quoi j'ai répondu : pour Edmée, tente d’aller parce qu’elle en est là, jusqu’à son être le plus profond, le vrai

tout ce que tu fais est essentiel, soins et affection mais vois-la non comme quelqu’un aux yeux terreux qui voit avec terreur la mort arriver mais comme quelqu’un qui dépouillé de tous les masques d’hier, d’avant-hier révèle son être le plus intime, son souffle, ce qui fait qu’elle vit et non survit, son souffle, expression du Souffle. Son souffle même court est à chaque inspir, à chaque expir, un échange cosmique, une communion avec le Tout ; avec l'inspir c'est toute la mémoire de l'évolution qui la pénètre ; avec l'expir, c'est la restitution d'un poison potentiel, le dioxyde de carbone pour recyclage par la grande purification végétale planétaire ; donc, comment l'accompagner dans son souffle, sans mots.

« Chacun de nos souvenirs est une interprétation, chacun de nos désirs est un choix. Notre vrai moi est celui qui fait une interprétation ou un choix. Les pensées naissent du karma. Toute notre histoire est inscrite dans la moindre de nos pensées et chacune engendre nécessairement la suivante. La plus fugace d'entre elle contient toute notre histoire karmique depuis le commencement des temps. Et avant de mourir, notre dernière pensée recèle la totalité de notre karma. » Deepak Chopra, Ma science de la vie, p.81.

 

Ce matin, en me promenant sur la restanque où sont les arbres dédiés dont le tien, un acte à faire s’est offert à moi, ce n’est surtout pas une idée que j’ai eue

l’acte a consisté à couper les lianes de lierre mort entourant l’olivier Annie

j’ai posé l’intention que cet acte livré aux potentialités infinies de l’univers soit un jalon de ton déchaînement, de ta libération des répétitions toxiques, des entraves empêchant le déploiement de tes capacités créatrices

après l’intention, vient l’attention, être à l’écoute, percevoir les coïncidences, voire synchronicités, accueillir ce qui s’offre souvent sous forme anodine, presque imperceptible, sans attente de résultat ni action volontaire

donc, cet acte offert n’est pas une aide que je voudrais t’apporter, il est offert par la bienveillance de la source, du souffle qui crée sans cesse 

je ne suis que le passeur de cette bienveillance ou amour inconditionnel, agapé qui ne fait pas de distinction entre les êtres et en même temps aime chacun dans sa singularité 

c'est le pharmacon qui m'a libéré du tourniquet mental, la CAC 40, la conscience analytique cérébrale, puissance 40, encore plus toxique que le CAC 40 : tu es aimé, tu es mon bien-aimé.

voilà pour ce moment de partage

accueille-le avec légèreté, sans culpabilité, évacue par rituels inventés le négatif, les pensées tourne-en-rond, pose des attitudes positives.
 

Je pense que l'auteur Alain Cadéo, auteur des Confessions de Gaspard Staccato mais aussi de Lettres en vie, livre écrit en lien avec l'unité de soins palliatifs pendant 6 ans, un jour par semaine, de l'hôpital de La Seyne saisit très bien la différence entre l'écriture empathique, compasionnelle des Lettres en vie et l'écriture d'un volontairement obscur à soi voulant tout de même éclairer, éveiller quelque lecteur de ses spams

mais sent-il intimement que la personne qui lit mes mots n'est ni dans son corps ni dans son cerveau : elle n'est pas là ; ce qui est lu est localisé, le processus d'observation, de lecture est partiellement localisé : à telle heure, en tel endroit de l'espace-temps ; mais l'observateur, le lecteur n'est pas localisée ni localisable, c'est un esprit, pas un corps, un cerveau. Corps, cerveau sont des incarnations unifiés par l'esprit qui est partout à la fois, non-localisable et cosmique.

 

Affectueusement, d'esprit à esprit.
 

Jean-Claude Grosse, Le Revest, mercredi 6 octobre 2021

 

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Cahier des Futurs Désirés à Corps Ça Vit

29 Juillet 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #Corsavy, #Le Revest-les-Eaux, #agoras, #bocals agités, #cahiers de l'égaré, #engagement, #écriture, #FINS DE PARTIES, #voyages, #pour toujours

deux cahiers format 21 X 29,7 avec deux pages de notes, une formule très pratique pour stimuler
deux cahiers format 21 X 29,7 avec deux pages de notes, une formule très pratique pour stimuler

deux cahiers format 21 X 29,7 avec deux pages de notes, une formule très pratique pour stimuler

de retour à Corsavy depuis le samedi 24 juillet 7 H 44 après 4 H 40 d'autoroute depuis Le Revest (450 kilomètres et deux pauses de 10', partis à 3 H 04), j'ai vite constaté la présence de nouveaux bancs, plus d'une dizaine pour un village de 217 habitants recensés plus les gens au camping, dans les résidences secondaires, le contraire de ce qui se fait dans les villes, genre Toulon (3 bancs, place de la Liberté, tout est fait pour dissuader SDF, marginaux, paumés); déjà de nombreuses rencontres, discussions (faut dire que j'ose m'adresser aux gens, même les inconnus; ma gueule de moine zen, crâne rasé, barbe rasée tous les 10 jours donc tantôt vieux, tantôt gamin semble favoriser les échanges) et une surprise: l'enseignante de français à l'université de New York qui vient l'été à Corsavy avec son mari, professeur de sport à l'université aussi, m'a dit qu'elle traduisait ma pièce Histoire de places, offerte il y a deux ans (l'été dernier, ils n'étaient pas venus) et qui avait été créée en Avignon off en 2016; pour vous allécher, sachez que Dennis Meadows (Halte à la croissance, club de Rome, 1972) avait acheté le mas de la Taillède avec un scientifique hollandais Hubert de Vries (je les avais rencontrés tous les deux; leur projet refusé par la direction départementale de l'agriculture les a amenés à revendre le mas, aujourd'hui néo-zélandais)

je profite de mes déambulations pour proposer le Cahier des Futurs Désirés, issu de deux réunions d'intelligence collective en août-septembre 2020

venir cet été à Corsavy, à 800 m d'altitude
le camping est ouvert
on peut s’installer ailleurs (en hauteur ou en cours d’eau) pour les sauvages; faut du matériel de camping, léger
ou au gîte de Batère à 1500 m
y a des balades horizontales ou pentues vers en haut, vers en bas
la piscine est fermée
les 3 restaurants sont ouverts (les filles, la crêperie, le camping)
la fromagerie de la Cazette (le maire est éleveur et fromager) est ouverte
les brebis bêlent et font du lait et 
les soeurs, filles du maire, font d’excellentes brousses, yaourts, tomme de brebis au lait cru, caillé, fromage à pâte molle avec beaucoup de caractère, à boire avec le vin du canigou qui n'existe pas ou un caramany…
l’épicerie (restaurant des filles, d'autres), une institution, est d’excellente qualité
 
une dizaine de bancs nouveaux ont été installés, utilisés par personne
pas comme dans les villes où on les retire pour se protéger des paumés
cela dit, la vie sociale n'existe quasiment plus; les réunions sur les padriss le soir en été c'est fini depuis au moins 10 ans, femmes sur l'un, hommes sur un autre, parfois mixtes; seuls les "sénateurs" se réunissent tous les matins sur la terrasse des filles (une majorité de chasseurs, des propos de cafés du commerce = commentaires sur ceci ou cela, tiré de l'actualité); ne pas chercher à s'asseoir à leur table; les boules, le soir 
 
Corsavy, pays de guérison pour quelques traumatisés (ce n’est pas le mot juste, "rescapés") de la vie (en face de chez moi, G., 17 ans de rue, à Corsavy depuis 9 ans ou M.,  une sacrée estropiée, métamorphosée)
 
quelques manifestations artistiques
concert de jazz de clôture de Jazz en Tech, le 6 août à 21 H avec un quartette féminin, au parc communal
conférence sur l’histoire ancienne de Corsavy, le 22 août à 17 H 30
concert classique par les stagiaires internationaux, de haut niveau, de Vilalte, le 30 août au parc communal
 
évidemment, si vous êtes du genre tête baissée sur votre smartphone, vous serez surpris par la très mauvaise desserte aussi bien en internet qu’en téléphonie mobile
ça a un charme fou
même au-dessus du cimetière, ça passe pas
le caveau de Cyril Grosse et de sa mère Annie Grosse-Bories

le caveau de Cyril Grosse et de sa mère Annie Grosse-Bories

Comme la démarche initiée en 2020 est dans la perspective d’un changement de paradigme, voici trois textes de lumière pouvant nous éclairer :

 

PAR LES VILLAGES
“Joue le jeu. Menace le travail encore plus. Ne sois pas le personnage principal. Cherche la confrontation. Mais n'aie pas d'intention. Évite les arrière-pensées. Ne tais rien. Sois doux et fort. Sois malin, interviens et méprise la victoire. N'observe pas, n'examine pas, mais reste prêt pour les signes, vigilant. Sois ébranlable. Montre tes yeux, entraîne les autres dans ce qui est profond, prends soin de l'espace et considère chacun dans son image. Ne décide qu'enthousiasmé. Échoue avec tranquillité. Surtout aie du temps et fais des détours. Laisse-toi distraire. Mets toi pour ainsi dire en congé. Ne néglige la voix d'aucun arbre, d'aucune eau. Entre où tu as envie et accorde toi le soleil. Oublie ta famille, donne des forces aux inconnus, penche toi sur les détails, pars où il n'y a personne, fous toi du drame du destin, dédaigne le malheur, apaise le conflit de ton rire. Mets toi dans tes couleurs, sois droit, et que le bruit de feuilles devienne doux. Passe par les villages, je te suis." PETER HANDKE.

 

«Les biologistes ont découvert qu'à l'intérieur des cellules du tissu de la chenille, il y a des cellules appelées cellules imaginatives. Elles résonnent sur une fréquence différente. De plus, elles sont si différentes des autres cellules de vers que le système immunitaire de la chenille les prend pour des ennemis et tente de les détruire. Mais de nouvelles cellules imaginatives continuent d'apparaître, et de plus en plus... Soudain, le système immunitaire de la chenille ne peut plus les détruire assez vite et elles deviennent plus fortes en se connectant les unes aux autres pour former une masse critique qui reconnaît leur mission de réaliser l'incroyable naissance d'un papillon. 
En 1969 Margaret Mead a déclaré : "Nous ne devons jamais douter qu'un petit groupe de citoyens motivés et déterminés puisse changer le monde. Ce sera certainement ainsi que, malgré tout, nous nous sommes trouvés. Je crois fermement, comme beaucoup d'autres, qu'il y a une effervescence évolutive dans le tissu de la société actuelle. Malgré la clameur de la peur, de la cupidité, de la surconsommation et de la violence qui s'exprime à travers le tissu social, il existe une union d'hommes et de femmes que nous pouvons appeler des cellules imaginatives, qui révèlent un monde différent, une transformation, une métamorphose. 
Le poète uruguayen Mario Benedetti a écrit : "Que se passerait-il si un jour, au réveil, nous réalisions que nous sommes la majorité? Je prétends que les cellules imaginatives domineraient et feraient sortir le papillon d'un monde de vers. C'est le temps de l'éveil. Des groupes de cellules imaginatives se rassemblent partout ; elles commencent à se reconnaître ; elles développent les outils d'organisation pour augmenter le niveau de conscience, afin que la prochaine étape de notre société humaine se manifeste, pour créer une nouvelle société qui cessera d'être une chenille et deviendra un papillon. Une nouvelle dimension de la Vie, une société plus compatissante et plus juste, une humanité enracinée dans le bonheur et la compréhension mutuelle... 
Soyez des cellules enthousiastes ! Connectez-vous avec les autres, rassemblez-vous, rassemblez-vous... et unissons-nous tous pour construire une Humanité Nouvelle !» 

(On dit qu’il faut être 7% de créatifs culturels, de cellules imaginatives pour faire muter le système de l’intérieur). DEEPAK CHOPRA

Et pour les 5 enfants de Corsavy ayant participé le 27 août 2020

"Das Lied vom Kindsei" ("Lorsque l’enfant était enfant"), Peter Handke

Lorsque l’enfant était enfant,

Il marchait les bras ballants, Il voulait que le ruisseau soit une rivière

Et la rivière un fleuve, Et que cette flaque d’eau soit la mer.

Lorsque l’enfant était enfant,

Il ne savait pas qu’il était enfant, Pour lui, tout avait une âme

Et toutes les âmes n’en faisaient qu’une.

Lorsque l’enfant était enfant,

Il n’avait d’opinion sur rien, Il n’avait pas d’habitude

Souvent, il s’asseyait en tailleur, Partait en courant,

Il avait une mèche rebelle, Et il ne faisait pas de mines quand on le photographiait.

Lorsque l’enfant était enfant, vint le temps des questions comme celles-ci : Pourquoi est-ce que je suis moi et pourquoi est-ce que je ne suis pas toi ? Pourquoi est-ce que je suis ici et pourquoi est-ce que je ne suis pas ailleurs ? Quand a commencé le temps et où finit l’espace ? La vie sous le soleil n’est-elle rien d’autre qu’un rêve ? Ce que je vois, ce que j’entends, ce que je sens, n’est-ce pas simplement l’apparence d’un monde devant le monde ? Est-ce que le mal existe véritablement ? Est-ce qu’il y a des gens qui sont vraiment mauvais ? Comment se fait-il que moi qui suis moi, avant que je le devienne, je ne l’étais pas,

Et qu’un jour moi qui suis moi, je ne serai plus ce moi que je suis ?

[…] Lorsque l’enfant était enfant, Il s’est réveillé un jour dans un lit qui n’était pas le sien Et maintenant, ça lui arrive souvent. Beaucoup de gens lui paraissaient beaux Et maintenant, avec beaucoup de chance, quelques-uns. […]

Lorsque l’enfant était enfant, Le jeu était sa grande affaire Et maintenant, il s’affaire comme naguère Mais seulement quand il s’agit de son travail.

Lorsque l’enfant était enfant, Les pommes et du pain lui suffisaient comme nourriture, Et c’est toujours ainsi. […]

Au sommet de chaque montagne, il avait le désir d’une montagne encore plus haute,

Et dans chaque ville, le désir d’une ville encore plus grande, Et c’est toujours ainsi. […] Un inconnu l’intimidait, Et c’est toujours ainsi. Il attendait la première neige et toujours il l’attendra.

Lorsque l’enfant était enfant, il a lancé un bâton contre un arbre, comme un javelot Et il y vibre toujours.

Pendant ce mois d'août 2021, je vais tenter de réunir quelques filles et quelques garçons de 10 à 13 ans et leur proposer d'écrire une légende pour Corsavy. L'idée m'en est venue quand Rosalie, 13 ans, m'a demandé de lui raconter une histoire. Ça a donné ceci : une sirène, va savoir pourquoi, s'était égarée dans les bois, une forêt immense avec au milieu une petite mer. La sirène  s'accrocha aux branches, sauta de branche en branche et finit par s'arrimer au mât d'un trois mâts sans matelots ni capitaine. Une violente tempête provoquée par des vents violents fit couler le trois mâts et la sirène retrouva son élément. Là, Rosalie en quelques minutes, démonta ce récit, m'en montra les illogismes. 

Cahier des Futurs Désirés à Corps Ça Vit

25 participants à la réunion du 27 août 2020, salle des fêtes de Corsavy, 5 enfants, 20 adultes dont 2 « touristes » qui ont fait secrétaires de séance

de 8 à 85-86 ans

des habitants permanents et secondaires du village et des habitants de mas (5)

3 élus dont le maire 

 

déroulement:

- présentation de la soirée: 

réunion d’harmonie et d’harmonisation pour des futurs désirables pour Corsavy

réunion visant à produire par écritures individuelles des scénariis de futurs désirables

les textes écrits seront rassemblés dans un classeur mis à disposition des gens à la mairie

les textes écrits seront édités d’ici un an, avec d’autres éventuellement à venir, par Les Cahiers de l’Égaré, maison d’édition animée par JCG depuis 1988

ce livre sera vendu à prix coûtant (5 €) dès l’été 2021 et fera ainsi trace

 

- 2 temps d’écriture à partir de 18 H 10

        - 1° travail d’écriture, coeur ou raison: en quelques points, pas plus de 10, en faisant abstraction de vos peurs, de ce que vous croyez être des limites, que souhaitez-vous le plus, que désirez-vous le plus pour le futur à 6-10 ans pour Corsavy ; faites parler votre cœur, votre imagination mais si vous préférez la raison que souhaitez-vous de plus raisonnable pour Corsavy ?

 

- restitution à partir de 18 H 30 par chacun de son travail, sans discussions, ni commentaires

 

        - 2° travail d’écriture, jeu avec l’inconscient, si puissant, générer des coïncidences, poser des intentions

1 mettre Gratitude en acrostiche, soit 9 lignes puis un mot par lettre. 

2 chacun choisit 2 mots de son acrostiche

3 chacun relie ses 2 mots par à, de, par, pour ou sans. Cela devient le titre de son texte 

4 écrire son texte en incluant rêve, désir, gratitude, corsavy et les autres mots de l’acrostiche 

 

- restitution par chacun, à partir de 19 H 40, de son acrostiche, sans discussions ni commentaire

 

- remarque: un participant, le plus ancien, n’a pas « joué » le jeu des écritures; 

il a cependant pris longuement la parole pour dire ce qu’il souhaitait partager; 

ce fut le moment respect de la « différence »

 

- fin de réunion, 20 H 15

ma participation

  • Jean-Claude, 79 ans : futurs désirables pour Corsavy ; gratitude envers ce qu'offre Corsavy c'est-à-dire « profiter » de ce que nous donne Corsavy avec en retour se demander ce que l'on peut offrir (pas seulement « consommer » bon air, beau ciel étoilé, tempêtueux ciel orageux, beaux paysages, gibier, champignons, truites, saucisse catalane, escargots grillés, viande d'agneau et fromages de brebis, de chèvres, miels, mûres et framboises mais aussi remercier en paroles, en actes) ; retrouver ou trouver une nouvelle agriculture nourricière sur les terrasses inexploitées en pratiquant la permaculture (légumes, fruits, céréales, plantes médicinales, châtaignes, vers à soie...) ; retour partiel à la terre avec des jeunes ou familles passionnées par la sobriété heureuse ; favoriser des implantations en télé-travail. Gravitation Réalité Altitude Terre Interaction Temps Uchronie Démocratie Elévation. Réalité de l'élévation. Corsavy est territoire de gravitation et terre de magnétisme. Montagnes, vallées, torrents pèsent lourds et attirent-repoussent. Corsavy est terre d'altitude. Tout y est vivant, puissant, sacré, en interaction. Corsavy par ses estives est terre de libre pâturage, terre de démocratie, d'égalité entre règnes minéral, végétal, animal et espèces. Nous humains ne devons plus nous mettre au centre mais trouver notre place sans supériorité. Corsavy est terre de Vie, de temps immémorial, d'Eternité. Corsavy est terre d'uchronie (de fictions, de légendes écrites, de légendes non formulées, latentes, à écrire), propice aux rêves, aux désirs d'harmonie, d'élévation. Corsavy est propice à la pratique de l'essentielle solitude pour « communier » avec tout ce qui existe, sans dispersion, sans distraction.

  • (Parenthèse de JCG : Le passage de la "tête" au "coeur", de la mise en valeur à la mise en vie, ça c'est le plus difficile à comprendre pour les gens. Se déposséder de toute attente personnelle pour laisser vivre, indépendamment de soi. D'où la difficulté de la projection dans le futur car "on n'y sera plus". Aller du centre à la périphérie. Peut-être formuler une consigne dans ce sens. L'humain n'est plus au centre de Corsavy. Il regarde, il vit Corsavy dans une harmonie avec l'ensemble du vivant. Comment pourrait-il définir sa place, son identité, dans un système où l'oiseau, la vache, l'herbe, auraient la même valeur que lui?  Actuellement l'humain ne voit qu'à travers lui. Son environnement n'est qu'utilitaire, même du point de vue de la beauté, c'est un beau décor. On en profite. Reconsidérer tout cela. Se placer dans la peau d'un arbre pourquoi pas ? Un de ces vieux qui en a vu depuis des siècles et qui vit en parfaite symbiose avec son entourage. 

Trouver un autre vocabulaire, qu’on soit dans une démarche de gratitude, de respect du vivant

Pour une chose obtenue, retirée, extraite, une action de grâce-une offrande comme autrefois dans les sociétés animistes ; hier, les récits fondateurs du passé mythique éclairaient, organisaient le présent et le futur (oracles, offrandes…) ; aujourd’hui, si on ne veut pas que les dystopies de catastrophe (cinéma américain évidemment) se réalisent, il nous faut écrire les histoires d’un futur désirable ; évitons le vocabulaire de la maîtrise : pas de mise en valeur, d’exploitation du territoire ; parler de terreau, d'humus, plus que de territoire.

 

un parmi la cinquantaine de documents que j'ai rassemblés sur le changement de paradigme nécessaire; en cours de lecture Réparons le monde de Corine Pelluchon qui vient de recevoir le prix de la pensée critique Günther Anders (l'auteur essentiel de l'obsolescence de l'homme)

Notre capacité à relever le défi climatique et à promouvoir plus de justice envers les autres, y compris envers les animaux, suppose un remaniement profond de nos représentations sur la place de l’humain dans la nature. Dès que nous prenons au sérieux notre vulnérabilité et notre dépendance à l’égard des écosystèmes, nous comprenons que notre habitation de la Terre est toujours une cohabitation avec les autres. Ainsi, l’écologie, la cause animale et le respect dû aux personnes vulnérables ne peuvent être séparés. De plus, la conscience du lien qui nous unit aux autres vivants fait naître en nous le désir de réparer le monde et de transmettre une planète habitable. C’est à cette éthique qui n’a rien à voir avec des injonctions moralisatrices et culpabilisantes que ce recueil ouvre la voie.

Notre capacité à relever le défi climatique et à promouvoir plus de justice envers les autres, y compris envers les animaux, suppose un remaniement profond de nos représentations sur la place de l’humain dans la nature. Dès que nous prenons au sérieux notre vulnérabilité et notre dépendance à l’égard des écosystèmes, nous comprenons que notre habitation de la Terre est toujours une cohabitation avec les autres. Ainsi, l’écologie, la cause animale et le respect dû aux personnes vulnérables ne peuvent être séparés. De plus, la conscience du lien qui nous unit aux autres vivants fait naître en nous le désir de réparer le monde et de transmettre une planète habitable. C’est à cette éthique qui n’a rien à voir avec des injonctions moralisatrices et culpabilisantes que ce recueil ouvre la voie.


Publié dans #agora, #cahiers de l'égaré, #écriture, #JCG

un mois d'intelligence collective : 19 août-19 septembre 2020 ont abouti à Corps Ça Vit au Cahier des Futurs Désirés, 48 pages au format 21 X 29,7

un mois d'intelligence collective : 19 août-19 septembre 2020 ont abouti à Corps Ça Vit au Cahier des Futurs Désirés, 48 pages au format 21 X 29,7

19 août 2020, lettre d’appel à la réunion du 27 août 2020

- 19 septembre 2020, réunion conclusive

217 habitants recensés, 105 votants aux municipales de mars 2020 

40 participants aux réunions conflictuelles sur l’emplacement de l’antenne 4G, mercredi 29 juillet et lundi 3 août 2020

(en 2021, de ces réunions conflictuelles, sont sorties des réunions de concertation entre les différentes parties et un consensus s'est fait sur l'emplacement le plus approprié, celui du Pla de Couma comme proposé par les opposants et pas au-dessus de la Tour de Corsavy)

(je ne suis pas aller voir si les deux slogans antagonistes ont été effacés sur le mur à l'entrée du village : Non à l'antenne / Non aux doryphores. Oui à l'antenne)

25 à la réunion d’harmonie et d’harmonisation du 27 août 

8 à la réunion conclusive du 19 septembre =>

une radiographie de Corsavy aujourd’hui

pendant ce mois de pratique d’intelligence collective, un seul geste d’hostilité (l’enlèvement d’une affiche plastifiée sur un portail « privé » ai-je appris plus tard où étaient déjà affichés des documents) ; beaucoup de silence (quelques personnes sont venues à ma rencontre pour me parler ou me communiquer leurs propositions : Thierry, François, Elisabeth, Charlène, Jean, Rolande, Mireille, Roland, Antoine, Denise) ; des gens se sont excusés de ne pouvoir venir ; sur une liste de plus de 60 adresses mails, 3 à 4 retours à mes messages d’appels ou de compte-rendus => une radiographie de Corsavy aujourd’hui

8 personnes à la réunion conclusive = 8% des 105 votants = le % de créatifs culturels, de cellules imaginatives nécessaire pour que des changements s’opèrent, même minimes. Des graines ont été semées qui se développeront pendant que d’autres s’épuiseront avant terme.

C’est la Vie à Corps Ça Vit

Ce 2° Cahier après celui sur Qui est Antigone aujourd'hui ? est disponible depuis le 22 octobre 2020.

ISBN 978-2-35502-121-3, format 21 X 29,7, 48 pages, PVP : 5 €

 gravure de Michel Bories, artiste peintre, enfant du village, 1972, décédé à Cuba avec son neveu Cyril Grosse, autre enfant du village, écrivain, comédien, metteur en scène, le 19 septembre 2001

gravure de Michel Bories, artiste peintre, enfant du village, 1972, décédé  avec son neveu Cyril Grosse, autre enfant du village, écrivain, comédien, metteur en scène, le 19 septembre 2001 à Cuba au triangle de la mort; j'avais envisagé de célébrer les 20 ans de leur disparition (3 semaines du 10 au 30 septembre 2021) avec un réalisateur de FR3 Perpignan, Alain Sabatier  (son idée et envie) mais la situation sanitaire ne permet pas cette aventure qui aurait été artistique et littéraire et aurait donné naissance à un film, un peu comme j'ai fait en 2010 en allant avec des artistes au Baïkal, là où Cyril avait créé son dernier spectacle;  titre : (c'est possible) ça va ou l'un de nous est en trop (comprenne qui pourra mais le spectacle s'il ne fournissait aucune explication faisait ressentir vivement toutes les émotions éprouvées lors d'un exil comme lors d'un deuil)

Ce 19 septembre 2020, de 19 à 21 H, deuxième réunion sur quels futurs désirés pour Corsavy, le jour du 19° anniversaire de la disparition à Cuba, au triangle de la mort à Jaguëy-Grande de Cyril Grosse et Michel Bories, le neveu et l'oncle, tous deux artistes à se consumer. 19-19-19, insistance du 19, y compris dans la Covid 19. Leur âme participera de la créativité de la rencontre.

 gravure de Michel Bories, artiste peintre, enfant du village, 1973, décédé à Cuba, le 19 septembre 2001

gravure de Michel Bories, artiste peintre, enfant du village, 1973, décédé à Cuba, le 19 septembre 2001

Ce 15 octobre 2020 vers 11 H, discussion avec le maire du Revest, informé de la démarche effectuée à Corsavy.

- c'est une démarche intéressante. Dommage que ça ne mobilise pas davantage

- dans l'état actuel des consciences, ça ne peut pas mobiliser beaucoup, ça mobilise au mieux les créatifs culturels, les cellules imaginatives

- ça a au moins eu le mérite de décrisper la situation provoquée par l'emplacement de la 4G ; avec la 5G, on va être confronté à un sacré problème ; comme les antennes font moins de 15 m, les fournisseurs n'auront pas besoin de demander une autorisation ; la seule façon que nous aurons de réagir sera d'empêcher le raccordement sur le réseau électrique; action en justice du fournisseur...

- quand tu penses que ça sera pour voir des films, des séries, du porno sur son smartphone

- oui et pour jouer; plus de vie sociale, le confinement permanent dans sa bulle

dans le sillage de Baïkala, testament amoureux de JCG, reproduit sur papier de dentelles végétales par Aïdée Bernard, 5 m de long sur 12 cm, 1 exemplaire d'artiste acheté par la médiathèque Méjanes d'Aix-en-Provence; la subway dress réalisée par Aïdée Bernard; la jupe de correspondance réalisée par Aïdée Bernard (1 jupe achetée par la médiathèque d'Albi); la robe-peau d'Aïdée Bernard
dans le sillage de Baïkala, testament amoureux de JCG, reproduit sur papier de dentelles végétales par Aïdée Bernard, 5 m de long sur 12 cm, 1 exemplaire d'artiste acheté par la médiathèque Méjanes d'Aix-en-Provence; la subway dress réalisée par Aïdée Bernard; la jupe de correspondance réalisée par Aïdée Bernard (1 jupe achetée par la médiathèque d'Albi); la robe-peau d'Aïdée Bernard
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une histoire de la vraie vie / Croix de Vie

17 Juillet 2021 , Rédigé par grossel Publié dans #poésie, #voyages, #écriture, #notes de lecture

la fontaine aux bretons, le dolmen de Prédaire, carrelets sur le sentier littoral de La Bernerie
la fontaine aux bretons, le dolmen de Prédaire, carrelets sur le sentier littoral de La Bernerie
la fontaine aux bretons, le dolmen de Prédaire, carrelets sur le sentier littoral de La Bernerie
la fontaine aux bretons, le dolmen de Prédaire, carrelets sur le sentier littoral de La Bernerie
la fontaine aux bretons, le dolmen de Prédaire, carrelets sur le sentier littoral de La Bernerie
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la fontaine aux bretons, le dolmen de Prédaire, carrelets sur le sentier littoral de La Bernerie

tu pars en famille pour une semaine, pour un mariage en Vendée, en plein premier week-end de vacances juillettistes; 9 h d'autoroute avec 2 h 30 pour sortir de Paris contre 1 h 15 normalement; le retour des jours heureux a dit le résident de la Rance
tu ne vas pas au mariage, tu ne connais pas cette famille
mais à 5, on a 5 jours d'escapades à inventer; évidemment les propositions via internet sont on ne peut plus variées; le plus difficile est d'être à l'écoute des désirs de chacun et de concilier les sorties communes et les sorties à moins de 5
y a tant de choses à voir dit la chanson
en réalité, ce n'est pas vrai 
 
balade à 4 du dimanche 11 juillet 2021 du côté de La Bernerie; tu t'adresses à certaines des personnes que tu rencontres; et du charme, de la beauté, de la réflexion s'ensuivent, justement sur la beauté devant un des dolmens du site de Prédaire te dit une jeune mère de famille, tu es étonné, la beauté d'une tombe, d'un monument funéraire dont on ne connaît pas bien les fonctions, le symbolisme; beauté comme émotion subjective, goût personnel et ou formaté, Beauté éternelle, beauté sublime de la nature en paix, en colère, sublime dynamique, beauté de la laideur; revue cinq heures après à Pornic, près des glaces de La Fraiserie, une institution, la dame te dit qu'elle réfléchit encore à ce qui s'est échangé
 
lundi 12 juillet, parcours à 3; 28 kilomètres pour faire le Grand Chemin (mal balisé, on s’est perdu deux fois donc retards), partis à 17 h 15, arrivés à 23 H 45 et au gîte loué à 1 h 30 du matin; parcours sans attrait bucolique (pub des offices de tourisme), avec embûches glissantes sur les pistes de VTT (deux chutes dans la gadoue); c’est sur une partie de ce parcours qu’a été filmée le film Le grand chemin avec Anémone et Richard Bohringer en 1987 (Jean-Loup Hubert); sur ce parcours, tu vois ce qu'est l'élevage intensif, grosses fermes à viande (porcs, poulets en batterie, vaches et veaux en prairies, champs de maïs et autres céréales; Vendée et Bretagne sous cet angle ne sont guère enviables et ce n'est pas demain que cette agriculture se transformera)
les 2 qui ne sont pas venus auraient eu du mal à finir ce parcours
 
 
 
mardi 13 juillet, le lac de Grand-Lieu) à 4
 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Lac_de_Grand-Lieu

 
 
au pavillon de chasse de Jean-Pierre Guerlain au lac de Grand-Lieu
j'ai consulté longuement un fabuleux livre numérique de 35 pages sur contes et légendes, appelé légendaire du lac de Grand-Lieu, commençant par la conférence des oiseaux d'Attar (1177), passant par l’eau et les rêves de Bachelard (1942), citant La quête de joie d’un poète que j’avais lu et perdu de vue, Patrice de la Tour du Pin, poème écrit en 1933, à 19 ans; ressurgit à cette occasion, un autre poète lu et perdu de vue Henri Pichette et Les épiphanies; 
ajoutez l’expérience olfactive des odeurs, l’expérience auditive des cris, chants, l’expérience visuelle à la jumelle des vols de milan et autres prédateurs, des envols des aigrettes, des glissades de canards, des poses de hérons, et ... soudain tu réalises: chez ces volatiles, les mâles paradent et la femelle choisit ou chez les mammifères les mâles se battent et le mâle dominant prend possession de la horde, de la harde, de la meute; il te semble que chez l'homme depuis l'origine quelque chose a dévié, engendrant le patriarcat et cette déviation est de loin, la plus nocive, la domination masculine est inscrite très loin dans le temps, striatum oblige; là encore malgré des avancées, des recherches (Sébastien Bohler, Ivan Jablonka), ce n'est pas demain que ça changera 
 
le 14 juillet, on a fait à 5, 3 H de bateau électrique sur une rivière à Port Saint-Père, expérience d’immersion dans un milieu préservé, travaillé, exploité autrement, jouxtant le lac de Grand-Lieu; on était pourtant près du Puy du Fou; on a refusé cette proposition
 
15 juillet
discussion à 5
que fait-on ?
V. émet l’idée de l’océan, aller à l’océan
K. cherche dans un rayon de 30 Kms ce qui se propose
j’avais souhaité pas plus de 30 Kms 
(ils m’appellent pépé Catherine = je me déplace sans rien comme la Deneuve, je me fais tout payer)
elle tombe sur Saint-Gilles Croix de Vie
tilt
j’associe immédiatement avec Marina Tsvetaeva qui y a séjourné en 1926
je sais qu’il y a une statue monumentale d’elle assise sur un banc, 
un bronze du sculpteur Zourab Tsereteli, inauguré le 16 juin 2012, don du peuple russe au peuple français signé Vladimir Poutine, 
poétesse honorée en 1993 par la venue d’Alexandre Soljenitsyne
 
journée très chargée émotionnellement
cette escapade rêvée il y a 3 ans, devenait réalité
j’ai dit un poème de Marina, un poème d’amour bien sûr 
un poème d’un homme adressé à l’aimée qu’il remercie de ce qu’elle lui apporte
 
Je ne scruterai pas tes voies,
Mon aimée : tout s'est accompli.
J'étais nu-pieds, tu me chaussas
De cheveux et de larmes -
De leur pluie.

Je ne demande pas combien
T'auront coûté ces huiles.
J'étais nu - alors tu m'as ceint
Des vagues de ton corps,
Comme une île.

Plus légers que l'herbe mes doigts
Vont effleurer ta nudité.
Tu m'appris - moi qui étais droit -
La tendre inclinaison, en tombant à mes pieds.

Dans tes cheveux laisse m'enfouir,
De lin ne m'enveloppe pas trop.
Myrrhophore ! à quoi bon la myrrhe ?
Tu m'as baigné toi-même,
Telle un flot.

26-31 août 1923         
 
cela fut fait le 15 juillet 2021, 45 jours avant la pendaison de Marina, le 31 août 1941, il y a 80 ans
 
elle avait écrit à Boris Pasternak
“Toi et moi, nous n’avons jamais cru à une rencontre ici-bas, pas plus qu’à une vie ici-bas, n’est-ce pas ?” 
 
lire la fabuleuse correspondance à 3 (Marina, Boris, Rainer Maria) et Ma soeur, la vie de Boris Pasternak
 
merci la Vie
 
un ami me demande si le panneau La Vie est barré; en entrée de ville, le nom n'est pas barré, en sortie de ville, le nom est barré; là, il s'agit d'une rivière, le nom n'est barré nulle part; sans doute parce qu'une rivière s'écoule, jamais deux fois la même, et parce que La Vie est éternelle
 
 
le magnifique livre numérique de 35 pages qui mériterait d'être accessible par internet pour s'y attarder
le magnifique livre numérique de 35 pages qui mériterait d'être accessible par internet pour s'y attarder
le magnifique livre numérique de 35 pages qui mériterait d'être accessible par internet pour s'y attarder

le magnifique livre numérique de 35 pages qui mériterait d'être accessible par internet pour s'y attarder

le pavillon de chasse du parfumeur Jean-Pierre Guerlain, aujourd'hui lieu de propositions artistiques surprenantes; rencontre avec la poétesse Marina Tsvetaeva à Saint-Gilles; natuno de l'artiste colombienne Lucy Pereyra
le pavillon de chasse du parfumeur Jean-Pierre Guerlain, aujourd'hui lieu de propositions artistiques surprenantes; rencontre avec la poétesse Marina Tsvetaeva à Saint-Gilles; natuno de l'artiste colombienne Lucy Pereyra
le pavillon de chasse du parfumeur Jean-Pierre Guerlain, aujourd'hui lieu de propositions artistiques surprenantes; rencontre avec la poétesse Marina Tsvetaeva à Saint-Gilles; natuno de l'artiste colombienne Lucy Pereyra
le pavillon de chasse du parfumeur Jean-Pierre Guerlain, aujourd'hui lieu de propositions artistiques surprenantes; rencontre avec la poétesse Marina Tsvetaeva à Saint-Gilles; natuno de l'artiste colombienne Lucy Pereyra
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le pavillon de chasse du parfumeur Jean-Pierre Guerlain, aujourd'hui lieu de propositions artistiques surprenantes; rencontre avec la poétesse Marina Tsvetaeva à Saint-Gilles; natuno de l'artiste colombienne Lucy Pereyra
le pavillon de chasse du parfumeur Jean-Pierre Guerlain, aujourd'hui lieu de propositions artistiques surprenantes; rencontre avec la poétesse Marina Tsvetaeva à Saint-Gilles; natuno de l'artiste colombienne Lucy Pereyra
le pavillon de chasse du parfumeur Jean-Pierre Guerlain, aujourd'hui lieu de propositions artistiques surprenantes; rencontre avec la poétesse Marina Tsvetaeva à Saint-Gilles; natuno de l'artiste colombienne Lucy Pereyra

le pavillon de chasse du parfumeur Jean-Pierre Guerlain, aujourd'hui lieu de propositions artistiques surprenantes; rencontre avec la poétesse Marina Tsvetaeva à Saint-Gilles; natuno de l'artiste colombienne Lucy Pereyra

le 16 juillet, jour du retour, on fait le choix de la proximité, la forêt d'Aizenay, un massif de 450 hectares avec quelque part à l'intérieur  un étang et le sentier du souvenir, le crash d'un bombardier US, le 27 mars 1944; le cratère creusé par l'appareil déjà explosé, les inscriptions sur les ailes de l'avion = moment d'émotion et conscientisation d'une coïncidence :
Marcel Conche a 22 ans ce jour-là; il raconte dans plusieurs récits sa traversée d'une clairière où se bafrent des nazis, ce qui explique leur désintérêt pour ce jeune homme qui tente de passer le plus normalement possible;  il ne sait pas que ce sont ceux de la 2° division SS Das Reich qui a pendu 99 hommes sans rapport avec la résistance à Tulle le 9 juin 1944, en a envoyé 149 à Dachau avant le massacre d'Oradour-sur-Glane, 642 victimes en moins de 3 h, le 10 juin 1944
 
 
nous n'avons pas trouvé le parking du souvenir; garés dans une zone artisanale, nous tombons sur des pruniers chargés de petits fruits, rouges, jaunes, rosés; ils sont délicieux
le sentier du souvenir à Aizenay
le sentier du souvenir à Aizenay
le sentier du souvenir à Aizenay
le sentier du souvenir à Aizenay

le sentier du souvenir à Aizenay

tu as quand même réussi à lire, tu as choisi des lectures estivales

Sur le peu de révolution de Bernard Noël et Michel Surya, 71 pages

Liberté, Égalité, Fraternité avec Mona Ozouf, Michelle Perrot, Cynthia Fleury, 75 pages

êtes-vous par l'ardeur à comprendre emportés ?

une chose te frappe : ces écrits, ces entretiens s'appuyant sur l'histoire, la sociologie, intégrant la longue durée chère à Braudel, ne te paraissent pas suffisamment prendre en compte un universalisme plus englobant que celui des droits de l'homme (droits de la Terre, droits du Vivant, de tous les vivants), te paraissent aveugles à ce qui a nom la domination masculine et à ce qui se développe en réaction à cette domination, en particulier, les techniques de développement personnel, d'éveil spirituel (travail sur soi, très méticuleux, au millimètre, avec dans le collimateur la source de toutes les tensions: le jugement; prise de conscience aussi de la place majeure que doit jouer l'Amour inconditionnel, l'agapé; ce que tu ramènes au pharmacon: tu es aimé, tu es mon bien-aimé, objet du roman Alors, ton livre d'éternité, tu le rends quand ?)

un livre édité par La Nerthe, à Toulon, un livre édité par Les éditions de l'aube à la Tour d'Aigues
un livre édité par La Nerthe, à Toulon, un livre édité par Les éditions de l'aube à la Tour d'Aigues

un livre édité par La Nerthe, à Toulon, un livre édité par Les éditions de l'aube à la Tour d'Aigues

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